Publié par : Ann & Stéphane | 12 octobre 2011

28.09 au 09.10.2011 – San Miguel – Tenerife.

Comme je le relatais dans mon dernier article, je m’adapte très facilement à mon nouvel environnement … Il me faut juste un temps d’adaptation plus ou moins long ! En le cas d’espèce, dès le lendemain de notre arrivée, je me suis « acclimaté ».

En fait,  il y a tout d’abord le « premier choc » c’est-à-dire  celui par lequel je me fais une opinion en quelques minutes sur base de ce que je vois. Celui-ci est souvent déterminant pour les deux ou trois premiers jours : Une mauvaise impression et il me faudra du temps pour la corriger – Une bonne impression et je verrai la vie en rose contre vents et marées. C’est tout dire de l’importance du « premier choc » qui conditionne mon humeur durant ces premiers jours …

La marina de San Miguel est et reste un trou perdu ! Mais l’endroit se révèle fort sympathique et bien entretenu. Vous remarquez immédiatement le changement de ton en deux temps : Le « premier choc » et ensuite,  « l’acclimatation ».

Bien souvent, il me faut peu de chose pour passer d’un état d’âme à un autre. En l’occurrence, c’est notre changement de place sur le long  ponton qui borde le mur d’enceinte de la marina, qui a provoqué ce déclic !!

Que je vous explique … Nous étions en tout début de ponton, quasi au pied de la passerelle qui mène aux locaux de la marina, là où tous les badauds  atterrissent d’une manière ou d’une autre. Bref, question intimité c’était loin d’être super ! De surcroît, nous ne disposions que d’une prise électrique de 16 A qui est totalement insuffisante pour les besoins importants de S.A.S.³

En plus, elle ne fonctionnait même pas !  Qu’est ce que tu dis Ann ? Qu’elle ne fonctionnait pas parce que je n’ai pas branché le câble électrique ! C’est possible mais en tout état de cause, nous n’avions pas à bord, de courant en provenance du quai comme je le disais très adéquatement … Vous êtes toutes les mêmes, vous les nanas : Vous vous immiscez toujours dans des propos techniques qui vous dépassent totalement.

Comme je l’ai déjà mentionné, en général, le personnel des marinas se révèle particulièrement attentif  à nos souhaits  (vous remarquerez que je ne parle pas encore « d’exigences » ou de « caprices » …) en sorte que divers emplacements nous furent proposés. C’est même en voiturette de golf (moyen de locomotion local) que ceux-ci nous furent montrés. Je me demande quand même si la prochaine fois, je n’exigerai pas l’air conditionné pour ce genre de déplacement car la chaleur peut réellement être insupportable à certains moments …

Nous avons,  en finale,  choisi un emplacement situé sur le même ponton mais plus en avant car nous y avions vu une borne de 32 A.  Aussitôt choisi, aussitôt attribué … Le catamaran anglais qui occupait la place fut catapulté (cata-maran … cata-pulté …) deux emplacements plus loin tandis qu’un vieux bateau à moteur était relégué au ponton fuel. Que disait encore Lafontaine : « Suivant que vous serez puissant ou misérable, les jugements seront blanc ou noir » !

Nous en apprécions d’autant plus notre emplacement que le ponton est solide et que le vent de E-S.E. l’écarte du ponton. Que du bonheur ! Que du bonheur !

Depuis que nous sommes sur place, nous avons déjà réalisé quelques  « expéditions de reconnaissance » dans le no man’s land du timesharing  qui nous entoure : Partout ce n’est qu’immenses copropriétés ou hôtels avec piscines privées où s’entassent des centaines de « morses » de toutes les couleurs : Cela va du blanc laiteux au rouge violacé. La moyenne d’âge me fait  d’ailleurs prendre conscience de ma jeunesse retrouvée (il paraît que j’ai rajeuni de 8 ans depuis que j’ai un peu maigri ce qui m’incite évidemment à davantage faire attention à ma ligne. J’ai juste un peu peur de retomber en enfance …Ne dit-on pas que tous les hommes sont des grands enfants !).

Ann y a découvert avec enchantement les petites supérettes locales ainsi que le marché qui se tient tous les vendredis. Ce qui me sidère cependant c’est le peu de magasins que l’on trouve dans les environs ! Par contre, les restaurants ne manquent pas au point que vous pouvez goûter une cuisine nationale différente tous les jours de la semaine si cela vous chante.

Vous connaissez tous la chanson « Yellow  Submarine » des Beatles. Je suis convaincu qu’une fois de plus vous ne me croirez pas mais nous avons retrouvé le petit sous-marin jaune de la chanson ! Mais non pas au fond de l’eau,  biesses que vous êtes,  mais ici à la marina ! Puisque je vous le dis ! Et cerise sur le gâteau, il bat pavillon belgeCocoricooooo … Non, plutôt … Miaouuuuwww (que pensez-vous de mon interprétation du poupousse flamand ?) car il est immatriculé à Antwerpen !

Pour fêter l’événement (mouai, nous ne sommes pas à ce point nationalistes !), nous avons été en fin de journée prendre l’apéro au petit bar de la marina : Il faut reconnaître que la saveur de l’apéritif n’est pas la même si vous le prenez dans un bar public plutôt que sur votre superbe voilier de propriétaire … C’est du moins ce que pense Ann !

A vrai dire, l’endroit m’a surpris. Il est charmant, la musique très au goût du jour et la serveuse attentionnée : J’avais commandé une « large beer » que je dégustais tranquillement mais aussi un peu difficilement (c’est que le verre était plutôt grand) quand soudain …  Zorro est arrivééééé … sans se presser … sur son grand cheval blanc. C’était à peu près cela : Notre petite serveuse m’apportait une seconde  « large beer » offerte par le bar pour une histoire d’heure de la journée que je n’ai pas comprise ! Mais poli, je me suis senti obligé de faire bonne figure en ingurgitant sans sourciller le précieux breuvage … Je ne vous dis pas comme les pontons avaient rétréci lorsque j’ai dû retourner au bateau !

Je me doute que la question vous titille : Et Ann dans tout cela ? Ben comme elle avait commandé un jus d’orange, elle n’a pas eu droit à un second verre …

Au cours de l’une de nos « expéditions de reconnaissance », nous nous étions fixés d’aller nager dans la piscine naturelle qui avait été renseignée par le « Manager »  de la marina qui avait tenu à faire notre connaissance  (que voulez-vous, nous ne parlons plus avec le petit personnel mais seulement avec les hauts cadres de la Direction … Ann baffe moi, je le mérite pour une fois !).

Pauvre Manager … Plus tout-à-fait aux goûts du jour, le brave homme ! Il nous a fait courir pendant des dizaines de kilomètres le long du littoral (ok, ok j’exagère une fois de plus mais cela met tellement plus de couleur à mon récit que de vous dire que nous avons parcouru un petit kilomètre, le long d’une petite « promenade des Anglais » pleine de charme) pour découvrir ce qui fut sans doute dans les années passées, une jolie petite piscine naturelle en bord de mer mais qui aujourd’hui,  était sans eau et mériterait certainement un bon coup de peinture.

En finale, nous avons été nagés aux abords immédiats de la marina, dans une petite anse non aménagée pleine de vilains  cailloux noirs qui font mal aux petits pieds  (je me demande parfois si mon côté homo ne prend pas le dessus sur mon côté hétéro !). Si la mise à l’eau se révèle périlleuse notamment en raison d’un fort ressac, une fois dans l’eau c’est un régal tant la température de l’eau est agréable.

Je m’en voudrais de ne pas signaler la translucidité de l’eau dans la marina. C’est tout simplement incroyable, vous voyez le fond du port comme celui d’une piscine !

Vendredi … La veille du week-end, pas de vent et un soleil à vous rôtir sur pied. Quel moment idéal pour penser à monter au mât ! Au mât du bateau, j’entends  (c’est fou ce qu’il y en a qui ont l’esprit mal tourné tout de même). Aaaaaaaaaaaaaaaannnnn prépare la chaise, je vais m’envoyer en l’air …

Le problème sur S.A.S.³ est que la hauteur du mât (23 m de tube) dépasse largement la moyenne nationale même s’il est loin d’être un mât gigantesque : Nous en avons vu des bien plus grands encore !

Il n’empêche que si à la première hauteur de barre de flèches, on peut encore jouer les « mâles virils », à la seconde hauteur de barre de flèches, on appelle  maman à la rescousse, à la troisième hauteur de barre de flèches, généralement on fait pipi dans sa culotte tandis qu’une fois arrivé tout en haut, on crie STOOOOOOOP !! C’est qu’avec un winch hydraulique et si vous n’y faites pas attention, vous pouvez très bien redescendre mais par l’intérieur du tube cette fois …

Parti avec l’intention de nettoyer le mât … Je me suis arrêté entre le second et troisième étage de barres de flèches car je suis tombé nez à nez avec la poulie Wichard des lazy jack tribord. Quand je dis « poulie », je devrais plutôt dire avec ce qu’il en reste car tout le réa (la roulette) avait disparu,  liquéfié, atomisé,  évaporé !! Du jamais vu : Il ne restait plus que l’axe en inox du réa qui lui, par contre, n’était même pas déformé !

Il est vrai que le lendemain de notre arrivée à la marina, j’ai retrouvé sur le pont avant un ou deux morceaux de plastique noire déchiqueté provenant à tous les coups, d’un réa mais lequel en l’occurrence ? Maintenant, je sais … « Je sais » comme dirait Gabin dans sa chanson. Le rapport avec la chanson ? Aucun … Pourquoi, il doit y en avoir un ?

Bien évidemment, l’opération de changement de poulie se révéla un vrai casse tête espagnol (si vous ne le saviez pas encore mais les Canaries appartiennent à l’Espagne) car le boute (= la cordelette) du lazy jack passe dans le mât et que bien entendu, le guide s’est calé tellement de fois dans le mât (à la montée comme à la descente) qu’il était moins une que j’abandonne : Oh !

Merci à François et à son fils, François-Xavier, de « Umialtak »  pour leur très efficace coup de main.

Avec tout cela, le mât est toujours aussi dégueulasse mais au moins ma poulie est remplacée …

Samedi 01.10.2011 … Une date qui restera gravée dans l’Histoire : Ma louloute est repartie à Bruxelles pour une semaine ! Je ne devrais pas le raconter car cela va encore être la folie furieuse  sur les pontons : Les louloutes vont encore s’entredéchirer pour passer une nuit  seule avec moi à bord. Et voilà comment je suis convaincu que vous allez tous imaginer le scénario … C’est beau de rêver !

En fait et pour ceux et celles qui ont de la mémoire, j’avais proposé la dernière fois, de mettre à disposition ma cabine de propriétaire, à toute jeune et jolie fille qui aurait souhaité passer quelques jours à bord . Ce fut le super bide, le râteau monumental : Pas une seule candidate ! Vous allez me dire que j’aurais sans doute été bien inspiré de faire passer l’annonce avant que Ann ne rentre au bateau ce qui n’est peut-être pas tout-à-fait faux mais quand même …

Voilà donc que se profile à l’horizon une longue semaine de pâtes et autres conserves que je n’aurai sans doute plus même le courage de manger quand elles atterriront dans mon assiette. Chienne de vie tout de même.

Dimanche 02.10.2011.

Mais qu’est-ce que le bateau peut bouger par moments ! C’en est dingue. Et pourtant, il est solidement attaché au ponton mais une petite houle résiduelle ne peut s’empêcher de rentrer dans la marina (à mon avis, une forte houle se développe à l’entrée du port en raison d’une variation brutale des profondeurs, celle-ci vient buter avec force contre la côte et se réfléchit en partie en la marina)  et de secouer tous les bateaux présents : S.A.S.³ est loin d’être le seul dans le cas mais il n’empêche que quand ses 40 tonnes s’ébrouent, on entend les amarres gémir sérieusement. Celles-ci n’ont qu’un an et pourtant, on leur donnerait l’âge de mes artères c’est dire …

Je passe mon temps à resserrer les amarres. A mon avis, elles auront doublé de longueur après notre passage par San Miguel, ce n’est pas possible autrement !

Encore une excellente raison de préférer le mouillage : Pas de défenses, pas d’amarres qui couinent, juste une bonne chaîne d’ancre avec son bout extenseur pour amortir les vagues … Le super pied !

Ce qui était désagréable voire insupportable parfois, lorsque nous étions à La Rochelle dans l’ancien bassin des chalutiers, c’était le défilé des curieux et admirateurs de tous poils qui profitaient pour ne pas dire abusaient du quai qui surplombait le bateau : Plus moyen d’avoir un instant d’intimité et de tranquillité. Vouloir travailler sur le pont  était  très difficile car immanquablement cela suscitait encore davantage l’attention des promeneurs. Et voilà que le scénario se reproduit fidèlement à la marina de San Miguel ! Horreur et damnation.

Déjà au mouillage, nous ne pouvons empêcher les nombreux « supporters » qui viennent  littéralement  tourner autour de S.A.S.³ avec leur bateau mais cela reste supportable voire même parfois  sympathique de la part de certains équipages qui nous adressent leurs félicitations.

Maintenant il faut bien avouer que j’ai certainement et encore dans un passé récent, été l’un de ses « supporters » qui pouvait passer une heure à contempler les détails d’un bateau … Mais à mon corps défendant, il n’y avait jamais personne à bord lors de mes « scrutations ».

Les Français ne sont pas très compétents en matière de pavillon national en confondant de manière récurrente notre pavillon belge avec le pavillon allemand mais alors que dire de la couronne qui orne notre pavillon national parce que nous sommes membres d’un club nautique « royal ».

J’ai même parfois un peu le sentiment que cette couronne attise davantage la curiosité que le bateau lui-même :  On nous a même pris en deux ou trois occasions,  pour des membres de la famille royale de Belgique …

S.A.S.³ … C’est plutôt comique mais nous n’avons encore jamais vu un autre bateau s’appeler S.A.S. alors que l’abréviation est pourtant fort usitée : Special Air Service (forces spéciales britanniques), Scandinavian Airlines System, S.A.S. Hôtel à Bruxelles, Société par Actions Simplifiée, Service d’Accréditation Suisse etc. etc.

Quand il faut alors expliquer dans une autre langue  qu’il s’agit de l’abréviation de Son Altesse Sérénissime Je vous laisse juge d’imaginer la scène ! Généralement et à court d’imagination, je lance plus simplement qu’il s’agit de l’abréviation de Stéphane Ann Swinnen et l’exposant  3 pour leurs trois enfants …

Comme je suis convaincu que vous avez tous l’esprit bien plus vif que moi … Encore que je me pose de temps en temps la question … Vous aurez dès lors tous « percuté » quant à la référence au dessin d’Antoine de St Exupéry qui orne nos deux spis et tiré du livre  « Le Petit Prince » !

Oh ! Je vois d’ici les grincheux rechigner sur le lien pouvant exister entre S.A.S.³ et « Le Petit Prince » … Preuve d’un grand manque de culture ! Ben oui quoi ! Qui ne connaît pas « S.A.S. » de Gérard de Villiers dont le héros est Son Altesse Sérénissime le Prince Malko Linge ! Tas d’ignares que vous êtes …

Mais « l’histoire » ne s’arrête pas là ! Déjà que très peu de monde  connaît le chantier  français Garcia qui a construit  S.A.S.³ (le plus souvent, on prend notre bateau pour un Oyster ce qui finit par m’énerver prodigieusement) mais  quand j’entends que vu la consonance, notre curieux du moment croit qu’il s’agit d’une construction espagnole … On m’aura décidément tout fait endurer.

Et avec tout cela, j’ai oublié de vous dire que nous avions fêté en grande pompe (ce qui signifie dans notre jargon que nous avons complètement oublié la date …), le premier anniversaire de notre installation à bord  de S.A.S.³ ! Déjà un an … C’est tellement passé vite que j’ai parfois du mal à y croire ! Mon Dieu, tout cela ne nous rajeunit pas : Cela me fiche sur le coup, un tel cafard que je vais aller me péter la gueule au lait demi-écrémé. Mais non, pas « beuuuurk » c’est très bon le lait froid ou chaud, nature, au chocolat ou en « lait de poule ». Décidément, vous ne savez pas ce qui est bon !

Mardi 04.10.11.

Je suis totalement d-é-c-o-u-r-a-g-é !

La nuit de dimanche à lundi, il a plu du gros rouge qui tâche bien ! Je vous jure, quel pays … J’avais donc décidé de consacrer ma journée de lundi à  en profiter pour un bon rinçage du pont : En finale, j’étais plus trempé que le bateau lui-même mais rien ou presque rien n’avait échappé  à mon jet d’eau même pas notre premier étage de barre de flèches !

Comme nous connaissons des calmes plats de vent depuis quelques jours,  il faisait torride et la houle a une fâcheuse tendance en ces circonstances,  à rentrer dans la marina : J’ai eu beau recommencer plusieurs fois, mon amarrage, pas moyen de stabiliser S.A.S.³ qui ne rate pas une occasion de faire le grand écart. Tout cela pour expliquer que l’eau sur la coque et sur le pont  s’évapore à la vitesse grand V … Laissant de superbes marques blanches sur la coque et brunes sur le pont !!

Sur la coque c’est en raison d’une eau trop calcaire (autre point commun avec La Rochelle)  et sur le pont, c’est tout à la fois le sable rouge et le teck qui dégurgite.

Sur la coque,  c’est tout simplement horrible mais dans le registre, j’ai déjà donné et je sais maintenant par expérience qu’il ne sert à rien de vouloir y remédier. Sur le pont, c’est évidemment tout différent. Donc  … SUS A LA CRASSE.

J’ai donc frotté, frotté et encore frotté toute la journée.  Pour les hublots  et capots de pont,  j’ai même attendu la tombée du jour pour les nettoyer impeccablement car sinon le produit de nettoyage sèche trop vite !

Et vous n’y êtes pas du tout …

Ben si, pour une fois, vous y êtes complètement : Il a plu durant toute la nuit ! Pas une bonne drache nationale ou mieux encore, un bon grain qui transforme votre bateau, en sous-marin mais une succession de petites ondées de sable rouge qui m’ont obligé à dormir tous les hublots fermés … Je vous jure, quel pays !

05.10.2011

Au secours ! Les « morses »  (Pourquoi les « morses » ?  … Simple quand je les vois gros, gras, ventripotents, difformes  et affalés sur leur transat, je trouve qu’ils ressemblent plus à des morses qu’à des êtres humains) sont en liberté et ils envahissent la marina par couple de deux. C’est incroyable mais depuis le bateau, je peux les voir en file indienne  distants les uns des autres d’une dizaine de mètres, arpenter dans un sens puis l’autre, le quai qui surplombe S.A.S.³ !! C’est insupportable … Bonjour l’intimité.

Bon, je fais un effort pour me réveiller et tous les « morses » auront disparu. Il ne s’agit certainement que d’un cauchemar …

Ben non, je n’ai pas rêvé : Ils sont toujours là ! Je commence à comprendre pourquoi le « manager » de la marina nous avait remerciés d’avoir choisi son port, pour S.A.S.³ … Nous sommes une des « attractions » pour touristes de l’endroit  et de surcroît, nous payons pour en être une !!

Nous subissons depuis hier matin, un vent de  E-SE qui a tendance même à se renforcer ! Le bon côté des choses est que ce vent empêche la houle de rentrer dans le port  mais du mauvais côté, il nous amène la pluie chargée du sable du désert … Je commence à me poser la question : Qu’est-ce qu’il vaut mieux ? La houle qui balance désagréablement le bateau ou ce maudit vent qui obstrue le ciel et salope joyeusement mon bateau.  C’est un peu l’histoire de la bouteille à moitié pleine et à moitié vide sauf que comme c’est moi qui la boit,  j’ai toujours tendance  à  la voir à moitié vide !

Je me demande si en finale, il ne vaudrait pas mieux que je me recouche pour me réveiller d’un meilleur pied ?

Je reviens à l’instant, d’une petite expédition « avitaillement »  de chez les « morses ». Je vous rassure de suite : J’y ai été totalement incognito  (juste mon bermuda beige et mon polo orange aux couleurs de S.A.S.³). J’ai même poussé le vice jusqu’à vérifier qu’il n’y avait pas de caméra de surveillance en prenant de l’argent au distributeur automatique (le seul à causer français sur cette île…). Vous imaginez la catastrophe si on m’avait reconnu … Toute la presse locale me serait tombée dessus ! Je préfère ne pas imaginer … Vous pensez aussi que j’ai une fois de plus pris un sérieux coup sur la cafetière ? Mais que voulez-vous … Toutes ces supers nanas qui me tournent autour, me rendent dingue ! Alors … Quel est la part du vrai et du faux ? Je vous imagine déjà dans vos spéculations  … Là-dessus, je vais prendre une douche froide car j’en ai bien besoin.

Voilà … C’est foutu ! Je suis découvert ! Je le savais que j’aurais dû garder ma perruque, ma casquette et mes lunettes. Vous vous demandez ce qui m’est encore arrivé et je vais vous le dire mais c’est bon pour cette fois car la prochaine, je ne raconte plus rien.

J’étais en train  d’astiquer pour la énième fois les inox du pont lorsque j’entends un morse qui cause français ! J’ai l’oreille qui se dresse (j’ai dit : L’oreille… Bande de pervers que vous êtes).

« Vous êtes Belge ? » m’est-il demandé avec timidité … « Euh, oui » je réponds.

« Vous êtes le Prince Laurent (de Belgique) ? » m’est-il demandé avec révérence cette fois … « Merde, oui » suis-je bien obligé de répondre.

« Comment m’avez-vous reconnu ? Je suis incognito, merde alors ! » je demande.

« Votre drapeau avec la couronne et le nom du bateau : S.A.S. » !!!  Comme quoi, là où il y en a qui ne percutent jamais, d’autres percutent un peu de trop …

Je n’ai pas eu d’autre choix pour m’assurer de leur silence que de les anoblir séance tenante !

Percuté de la cafetière, vous pensez ? Si vous me regardez trois quart de profil c’est vrai que je lui ressemble quand même un peu … Si, si, je vous assure … Regardez une fois encore mieux. Mais où je suis d’accord avec vous c’est que je suis plus beau que lui quand même.

Je vous imagine une fois de plus : La part du vrai et du faux … Je vous assure que je n’ai pas tout brodé, juste un peu disjoncté sur les bords mais je sais que c’est cela que vous aimez.

Jeudi 06.10.2011

R.A.S. (vous savez bien qu’ils disent tous cela dans les films policiers et cela signifie stupidement : Rien A Signaler …) sauf un couple de Namurois qui m’a demandé si S.A.S.³ était le bateau du Roi (Albert de Belgique) … La routine quoi ! Je devrais peut-être arrêter de les anoblir systématiquement car sinon j’aurai à moi seul créé une nouvelle aristocratie belge …

Vous connaissez le jeu du mimétisme ? Non !! Que je vous explique …

Une marina est comme un village : Tout le monde observe tout le monde ! En ces conditions,  vous prenez un « voisin » (en les cas d’espèce, un Oyster 575’ anglais habité par les parents, la fille et le beau-fils. Pourquoi je dis la fille et le beau-fils et pas l’inverse ? C’est de la psychologie à deux balles … Les parents/propriétaires parce qu’ils sont manifestement chez eux et qu’il faut déjà avoir une carrière derrière soi pour se payer un tel voilier, la fille des proprio parce qu’elle passe sa journée avec sa mère avachie dans le cockpit et le beau-fils qui manifestement ne connaît pas encore bien le bateau et surtout parce qu’il essaie d’être dans les bonnes grâces du  beau-père).

Le jeu du mimétisme consiste à induire consciemment un comportement parfaitement inconscient chez votre « voisin » (Tout le monde a percuté ?) . Cela ne marche pas en toutes les matières mais il y en a certaines où cela marche à tous les coups pour autant bien entendu que votre « voisin » ne vous connaisse pas …

Par exemple, vous commencez à astiquer consciencieusement  et suffisamment longtemps  les inox de votre bateau (il faut qu’il vous remarque et que naisse le sentiment de culpabilité en son chef : Dans le fond, c’est vrai mes inox sont en piteux état …) et c’est garanti qu’après un temps de réflexion plus ou moins long, votre « voisin » se mettra à également astiquer ses inox.

Cela a marché avec mon « voisin » anglais  et a encore plus fonctionné lorsque je me suis mis à l’eau le long du bateau … Et bien évidemment c’est le beau-fils qui a réagi en les deux cas de figure.

Vendredi 07.10 .2011

J’ai dû rater une autre de mes vocations car j’ai passé la journée à « scuuurer » (= nettoyer, frotter, s’esquinter à faire disparaître la crasse, perdre intelligemment son temps en un mot !) comme on dit chez nous …

Samedi 08.10.2011

Ma « louloute »  rentre à la maison aujourd’hui …

Est-ce l’émotion, l’âge ou trop de soleil mais c’est la seconde fois que cela m’arrive !

Ah oui … Quoi ?

Comme je passais ma vie à chercher après mes lunettes, je les porte maintenant  toujours en sautoir (j’aime bien ce terme car il flatte ma part homo en moi). Seulement et comme les « peyes à casquette », il faut – évidemment – les retirer quand on saute à l’eau ou quand on prend sa douche …

Dimanche 09.10.2011

Après une semaine de dure solitude,  vous imaginez sans problème … Comme le bateau était sale à l’intérieur  (Qu’est-ce que vous imaginiez encore, pervers que vous êtes). Nous avons donc « scuuuurer » mais en couple cette fois !

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