Publié par : Ann & Stéphane | 20 septembre 2011

18 au 20.09.2011 – Marina Rubicon – Lanzarote – Canaries.

Tous les matins, je regarde ma plante de pied pour voir si des racines n’ont pas poussé ! Comment mieux expliquer que cela fait près de deux mois que nous sommes à la même marina ! C’est d’autant plus incroyable que nous n’avons  aucunement  l’impression que nous y sommes depuis  si longtemps. Le temps passe à une telle vitesse que la liste des choses que je dois encore faire à bord est presque aussi longue  que le jour de notre arrivée !

C’est tellement grave que même mon livre de bord ne se noircit plus ! Par chance, l’une de mes fans … ok, ok c’est ma seule et unique fan et encore elle le fait plus par amitié qu’autre chose … m’a rappelé à l’ordre en m’incitant à reprendre la plume.

Ce n’est pas que je n’ai rien à raconter car comme vous le savez maintenant,  je suis capable d’écrire un livre à partir d’une anecdote parfaitement banale … Et en parlant d’anecdote, cela me fait penser à celle qui nous est arrivée il y a déjà quelques temps : Il faisait beau (première banalité : Il fait TOUJOURS beau à Lanzarote) et nous avions décidé d’aller avec notre annexe jusqu’à la baie de Papagayo (deuxième banalité : Tous les plaisanciers du coin vont passer leurs après-midi à Papagayo).

La baie était noire de bateaux de tous types et de tous genres et la plage était blanche de touristes de tous types et de tous genres. Le plus amusant c’est que naturistes, monokinis, strings et maillots de bain se retrouvent tous sur la même plage et parfaitement mélangés.  Je vois déjà d’ici les yeux écarquillés de certains et pour leur malheur, je n’en ai aucune photo ! Pas plus que vous ne retrouvez de photos de votre serviteur en tenue d’Adam …

Je ne voulais pas le dire mais c’est parti plus vite que prévu : Eh oui … Je me suis essayé au naturisme et mon Dieu, ce n’est guère déplaisant !  Je pense que pour certains ce n’est pas tant le retour à la nature qui les incite mais bien plutôt un petit côté « exhibitionniste » car s’exhiber sur une plage qui n’est pas réservée aux naturistes, relève selon moi, de la provocation.  Sur un bateau, c’est fort différent puisque le plus souvent, l’ancre est jetée à une certaine distance de la côte.

Bien évidemment lorsque vous décidez de lever l’ancre pour rentrer au port et que vous ne parvenez plus à mettre la main sur votre maillot et que vous n’avez aucun autre vêtement, c’est nettement plus « délicat » … Par chance, ce dernier ne s’était pas envolé très loin et j’ai pu retrouver toute ma dignité !

Après avoir aidé Ann à remonter l’ancre, à la démonter et à la mettre de côté, j’ai voulu lancer le moteur qui pour la toute première fois de son existence, refusa sèchement de démarrer ! ! Stupeur et consternation … Du jamais vu !

Après plusieurs essais infructueux, je me souviens subitement que mon niveau d’essence n’était pas très élevé en quittant la marina ! Comme il me faut rendre à César, ce qui appartient à César, je me dois d’avouer que  Ann m’avait demandé si j’avais encore assez d’essence … Avant de partir !

C’est fou ce que j’imagine facilement le sourire jubilatoire de certains en pensant que j’étais en panne d’essence … Ok, ok, je reconnais : J’étais bien en panne d’essence mais en homme prévoyant que je suis, j’avais un bidon de 5 litres en réserve.

Bien évidemment et entre-temps, le vent nous poussait vers les rochers qui bordent la plage. Mais non Mesdames, ne tombez pas encore en syncope et réfléchissez un instant : Comment pourrais-je vous raconter mes aventures si d’aventure nous avions été drossés sur les rochers ?

Dans le calme et avec un self contrôle à toute épreuve (je me demande quand même si je ne vais pas un peu trop loin sur ce coup là …), nous avons ressorti l’ancre, nous l’avons montée et nous l’avons jetée à l’eau et poussé un grand « ouf » de soulagement.

Et vous n’y êtes pas du tout … !

Ben non … Malgré ma réserve d’essence, le moteur n’a pas voulu démarrer !! Enfer et damnation ! Que faire ?

Ann était partisante de demander de l’aide auprès d’un des très nombreux bateaux présents sur le site. Perso, j’estimais que c’était peine perdue car ils étaient tous à l’ancre et qu’aucun ne lèverait le petit doigt pour nous porter assistance. Une tentative fut malgré tout initiée auprès d’un bateau à moteur ancré assez près de nous mais celui-ci nous assura ne pas retourner à la marina, avant 20 heures …

Je décidai en conséquence qu’il ne nous restait plus comme seule alternative que les rames pour rejoindre la marina distante de quelques milles … Selon mes calculs, nous trouverions bien sur le trajet, un voilier (c’est pas que je sois raciste mais peut-être quand même un peu …)  qui nous prendrait en pitié et nous viendrait en aide.

Notre exercice de ramage laissa tout le monde parfaitement indifférent. De surcroît au lieu de nous diriger vers la marina, le vent nous poussait vers le fond de la baie ! Enfer et damnation ! Que faire ?

En fait, je ne voyais pas d’autre solution puisque nous avions été à ce point insouciants que nous n’avions ni gsm , ni vhf, ni argent, ni chaussures … Nous étions pour ainsi dire « à poil ».

Non Mesdames, ce n’est pas encore le moment de tomber en syncope …

Puisque les bateaux à moteur nous dédaignaient et les voiliers nous snobaient, il ne nous restait plus comme seul espoir, de trouver un Zodiac ou autre annexe. En d’autres temps, j’aurais peut-être fait le difficile quant à la marque, la couleur ou l’âge du capitaine mais pas en nos circonstances !

Alors que j’entamais une profonde méditation sur l’utilité de notre ramage, un gros point rouge apparut à l’horizon (et c’est reparti … je me prends une fois de plus pour Robinson Crusoë !). Plus prosaïquement, un Zodiac de la Croix Rouge avait aperçu nos signes désespérés et faisait route sur nous.

Comment expliqué le plus clairement possible, notre histoire à nos deux secouristes espagnols lorsqu’on ne parle pas espagnol ?  Simple … On leur demande de vous regarder et vous en profiter pour tourner la clef de contact de votre moteur qui démarre du premier coup !!

Et vous n’y êtes une fois de plus, pas du tout  … !

En effet, après une brève accolade de remerciements et avoir parcouru une dizaine de mètres, le moteur tombait à nouveau en panne et refusa toute nouvelle sollicitation !

Pas d’autre choix donc que solliciter à nouveau l’aide de la Croix Rouge …

Les deux annexes soudées l’une à l’autre, nous avons été très sympathiquement ramenés à la marina. Si pour nous , c’était la honte la plus absolue … Pour nos secouristes, c’était l’heure du bain : Leur Zodiac prenait les vagues de toutes parts !

Le trajet fut interminable car leur 40 cv peinait contre les vagues.

Notre annexe amarrée  au ponton d’accueil de la marina, nos braves secouristes nous quittèrent  en nous spécifiant que comme c’était dimanche, leur intervention était gratuite ! Vous comprendrez d’autant plus aisément que nous ne leur avons pas demandé de nous conduire jusqu’au bateau situé dans le fond de la marina …

Une fois que nos secouristes eurent tourné le coin, nous nous sommes mis en obligation de rejoindre S.A.S.³ … à la rame. L’opération se révéla aussi complexe que périlleuse en raison d’un bon vent qui nous poussait en la direction opposée de celle choisie !

Maintenant , Mesdames, vous pouvez tomber dans les pommes avec ma bénédiction …

Alors que l’annexe était enfin dans ses élingues et avant de la monter, j’ai malgré tout essayé une fois encore  le moteur … qui démarra au quart de tour !

Il semblerait sous réserve de plus amples essais qu’une petite prise d’air à hauteur du filtre à essence soit à l’origine de tous nos déboires.

Depuis lors, je tourne tous les jours, inlassablement en rond dans le port comme test …

Bien évidemment, notre vie de tous les jours ne se limite pas à nous faire remorquer par la Croix Rouge. Nous avons malgré tout d’autres activités récréatives (nettoyer le bateau à l’intérieur ou à l’extérieur, bricolages en tous genres, entretiens et maintenances , avitaillement  etc.) et nous songeons même à changer d’île !!!!!

Assez curieusement ce n’est pas Lanzarote qui nous retient aussi longtemps mais plutôt les nombreux plaisanciers dont nous faisons la connaissance et avec lesquels des liens se nouent . Quasiment tous les soirs, nous avons quelque chose : Quand ce n’est pas un restaurant, c’est « apéritif dînatoire » à bord ou à un autre bord. Et il ne peut être perdu de vue que nous avons accueilli deux fois une semaine, d’abord une ancienne collègue de Ann, Anissa, et ensuite un ami, Henri, à bord.

J’en ai même profité que notre ami Henri avait loué une voiture pour visiter en sa compagnie le parc des volcans qui vaut le détour.

19.09.11.

Comme nous sommes sur le départ  (retenez bien cette idée car elle est importante pour la suite), la corvée de l’avitaillement reprend pleinement ses droits … Après quelques hésitations partagées avec nos amis français Guy & Isabelle, il est décidé d’aller à Playa Blanca avec notre annexe : Funeste erreur bien entendu !

Le trajet « aller » s’est déroulé dans la bonne humeur et la joie de vivre. Sur place, les « louloutes » comme dirait  Guy, se sont occupées de faire les courses tandis que nous les hommes, sommes restés dans l’annexe amarrée à l’un des pontons du port de pêche.

Alors que nous devisions tous les deux sur les grands bienfaits de la vie, nos « louloutes » chargées comme des mulets montrèrent leur bout du museau.  Tandis que  Guy détachait déjà les amarres pour les rejoindre sur l’autre ponton (l’accès à notre ponton était maintenant fermé par un cadenas !), je relance le moteur.

Jusque là pas de panique, le scénario se tient, tout le monde est encore souriant et votre serviteur voit toujours la vie en rose mais plus pour longtemps …

Au troisième essai, je comprends immédiatement (ok … Je comprends vite mais il faut parfois expliquer un peu longtemps !) que nous sommes – à nouveau – en panne de moteur ! Le plus amusant est que Guy et votre serviteur sommes bloqués sur un ponton tandis que les « louloutes » et nos vivres sont maintenant bloquées sur le ponton d’en face puisque les portes d’accès des deux pontons sont maintenant  fermées à clef  (ne cherchez pas à comprendre … ).

Que du bonheur ! Que du bonheur !

En ce genre de situation, je me pose toujours la même question : Pourquoi n’ai-je pas étudié la philosophie au lieu du droit ?

Par j’ignore quel sortilège, les cadenas de nos deux pontons se sont ouverts en sorte que les « louloutes » (rien à faire, j’adore cette expression) sont venues à bord tandis que Guy repartait à pied vers la marina … chercher sa propre annexe.

Après une petite heure d’attente et quelques essais infructueux, le moteur de l’annexe s’est relancé au quart de tour, nous permettant du même coup de rejoindre par nos propres moyens cette fois … la marina.

Tout cela m’a fait penser à un problème de démarrage que j’avais connu avec l’une de mes BMW. En fait, il s’agissait d’un problème lié à l’alarme du véhicule ! Et de relever que les derniers moteurs Yamaha sont tous équipés d’une alarme dernier cri réputée « inviolable » !

Vous l’aurez compris, si c’est l’alarme qui est en cause,  notre problème n’est pas prêt de se solutionner rapidement … Que du bonheur ! Que du bonheur !

Était-ce pour me consoler ou bien plus parce que j’ai une épouse très sociable (qui contrebalance parfaitement mon côté vieil ours mal léché), le soir était organisé à bord une soirée « internationale » avec des Québecquois, des Français, des Belges et des Anglais le tout sur fond de guitare parfaitement orchestré par notre ami Bernard : Nous étions douze dans le cockpit !! L’ambiance était réellement super et la soirée s’est terminée aux petites heures.

20.09.11.

Cette fois, la décision est bien prise : Nous partons pour Las Palmas (Gran Canaria) –  en ligne directe sans détour par Fuerteventura  – mercredi aux aurores !

En fait, nous devons impérativement arriver à Las Palmas avant le 30 septembre pour l’entretien de notre générateur Northern Lights car à partir d’octobre, la marina est exclusivement réservée aux 256 bateaux de l’Arc ! Nous essaierons d’en profiter pour faire voir le Yamaha de notre annexe par le dealer local.

J’ai malgré tout été surpris en analysant un peu la liste des participants de l’Arc de relever que  80 voiliers font  entre 15 m. et 18 m. – 23 entre 18 m et 20 m et 17 plus de 20 m ! Comme quoi la tendance est aux grands bateaux …

Si l’Arc a fixé unilatéralement la date du grand saut au dimanche 20 novembre, la saison que nous connaissons semble peu propice à un départ anticipé et les plus pessimistes parlent de janvier pour éviter la formation de cyclones tardifs ! Nous ne savons donc plus très bien quand nous partirons car je ne compte pas être le mouton de Panurge.

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Responses

  1. Coucou les amis,

    N’allez pas trop vite, nous allons avoir du mal à vous suivre … et pourtant nous espérons bien vous retrouver histoire de passer d’autres excellents moments avec vous … comme une balade en annexe ou un apéro-diner-concert …
    Guy et sa louloutte, Isabelle😉


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