Publié par : Ann & Stéphane | 28 juillet 2011

19 au 22.07.2011 – Portimao – Vilamoura.

Ca y est … Cette fois, on est parti … Loin, très loin … Vilamoura … 20 NM !

Mais avant cela, il nous a fallu cinq jours  d’intense préparation psychologique pour ré-intégrer le droit chemin de la marina. « Courage » « abnégation »  et « devoir » étaient les mots principaux que nous avons récités tous ensemble pendant ce véritable séminaire de la réflexion et du repli sur soi de Portimao.

Et nous voilà dans la marina … Heureux, sereins, détendus, souriants … Nous avons retrouvé la civilisation, ses restaurants, ses magasins, les badauds et leurs superbes voitures, les odeurs de frites, de gasoil et de crème solaire … Mon Dieu !! Comment avons-nous pu vivre sans tout cela ?

Pour y arriver, nous avons dû braver les éléments sans faiblir, ni renoncer dès midi jusque 15 heures : Trois longues et pénibles heures à tirer des bords dans une mer déchaînée ne nous accordant aucun répit, ne nous pardonnant aucune faute ! C’était dantesque …  C’était le prix à payer pour nous purifier de la crasse qui nous collait comme une seconde peau depuis cinq jours.

Détergent, eau de javel, acétone, white spirit … Tous les produits ont été utilisés pour enlever cette odeur de liberté qui faisait de nous des « parias » aux yeux des autres. Nous sommes enfin redevenus des gens « normaux » vivant parmi des gens « normaux » … Le super, super pied !

Bon, maintenant que j’ai dégrisé un bon coup … Revenons-en à nos moutons !

Notre décision d’aller à Vilamoura était fondée sur l’envie de découvrir cet endroit que je qualifierais volontiers de « Saint Tropez » portugais. On aime ou on n’aime pas mais pour y rester deux ou trois nuits c’est plutôt super sympa … Très animé en tous les cas. On a un peu le sentiment que la Jet Set (à vrai dire on ne la voit pas mais tout le monde semble vouloir croire qu’elle est là …)  y côtoie le prolétaire en bonne entente mais ce qui m’a le plus marqué est le nombre impressionnant (90%) de yachts à moteur parqués en rangs d’oignons … Les voiliers se comptent sur les doigts de la main ! Quant aux restaurants, ils sont les uns à côté des autres sur tous les bords du bassin.

Vilamoura … C’est LA marina des vacances, des touristes, des attractions nautiques  les plus diverses, de tout ce qui flotte et se propulse à moteur, des gros yachts qui sortent, qui rentrent, qui se pavanent … C’est le monde du super « bling-bling » et de son lot de gogos.

S.A.S.³ est parqué sur un T de ponton, aux abords de la Capitainerie, à l’entrée du bassin, juste en face du chantier naval (les mises à l’eau et les sorties de l’eau se succèdent à un rythme effréné !!). Mais  « l’animation tropézienne »  se situe dans le fond du bassin où la  profondeur est trop faible pour un grand voilier !

Il est donc bien visible pour les badauds  qui vont ou viennent de la plage mais parfaitement invisible pour les autres.

Le second motif pour lequel nous sommes allés en marina, consiste en notre souhait de faire plus facilement l’avitaillement du bord (encore que … A Portimao, en annexe, nous étions finalement très près de la grande surface locale alors qu’ici nous en sommes loin ! ), de faire le plein d’eau (notre déssalinisateur fonctionne très bien mais c’est quand même plus rapide avec le tuyau de la marina …), de recharger nos parcs de batteries à 100% (cela peut prendre énormément de temps et d’énergie de vouloir recharger ses batteries à 100% avec un groupe électrogène), de faire le plein de gasoil (comme en finale nous n’avons consommé que 100 litres depuis Oeiras, je ne pense pas que nous referons le plein …), de ???        Sans doute un vieux réflexe de terrien mais il nous est difficile d’imaginer nous lancer vers les Canaries au départ d’un mouillage !

Avec un peu de chance, une fenêtre météo semble se confirmer pour vendredi prochain et il devient urgent que nous puissions hisser les toiles avant que notre équipage ne se mutine ! Vilamoura est donc aussi en quelque sorte du « bois de rallonge ».

Nous n’irons normalement pas à Madère !! Je sais, je sais … Nombreux seront ceux qui estimeront que nous faisons une grave erreur mais perso et après ce que j’en ai lu, je ne suis pas très attiré par Madère. Mais surtout le calendrier de notre fils ne se marie pas bien avec la météo en sorte que nous avons peur de rester «bloqués » sur place ce qui induirait beaucoup de complications d’ordre pratique et financier.

Mais pour en revenir sur notre petite navigation du jour, il me faut signaler que malgré un vent bien soutenu (17 nœuds de vent réel), nous avons quand même envoyé notre spi asymétrique là où il aurait fallu envoyer le spi symétrique ! Nous avons d’ailleurs dû l’enlever quasiment aussi vite que nous l’avons établi …

Nous l’avons envoyé malgré tout plus pour essayer … Comme un petit exercice en somme. Quant au spi symétrique qui est encore plus grand (258m² au lieu de 235 m²), je ne me sentais pas prêt à l’essayer pour une première fois en de telles conditions de vent. Le réel problème de la région en laquelle nous naviguons actuellement, ce sont les « alizés portugais » qui se lèvent aussi rapidement qu’ils peuvent forcir aisément jusque force 7.

La navigation me parut excessivement courte malgré le fait que pour éviter d’être plein vent arrière, nous avons tiré deux ou trois bords. S.A.S.³ vous emmène avec une telle douceur que l’on ne sent jamais le vent qui monte … Par contre, notre speedo était à nouveau bloqué !! J’ai réellement été mal inspiré de ne pas écouter le conseil qui m’avait été prodigué par un ami, de mettre une speedo électronique mais j’avais reculé en son temps, face à son coût !!

Sous des latitudes chaudes et très ensoleillées, les micros organismes se développent beaucoup plus rapidement et il ne faut pas grand-chose pour bloquer la roue à aube de votre speedo . On me l’avait dit mais je n’avais pas mesuré la portée du propos. Nous verrons à modifier cela éventuellement plus tard.

Pour notre première journée complète à Vilamoura, nous avons … nettoyé l’intérieur, fait les grandes lessives et ensuite repassage tandis que les enfants faisaient briller les inox du pont. Je sais cela n’a rien de bien enchanteur mais il faut aussi le faire puisque nous n’avons pas de femme à journée comme la grande majorité des grands nantis que vous êtes !

Je m’étais toujours étonné de voir les équipages des grands yachts passer leurs journées  au port à astiquer sans relâche du matin au soir et du soir au matin. Eh bien maintenant « je sais » comme dirait Gabin dans sa chanson … « Je sais » qu’à peine terminé de nettoyer  l’avant,  il faut déjà recommencer à nettoyer au départ de l’arrière ! C’est dingue, c’est affolant, c’est  inimaginable. Quand ce  n’est pas à l’intérieur, c’est à l’extérieur – Quand ce n’est pas sous la ligne de flottaison c’est au-dessus et quand vous pensez que vous en avez malgré tout terminé, levez la tête et regardez votre mât …

Avoir un skipper pour les navigations de nuit et son épouse pour la cuisine et l’entretien est très tentant et se fait beaucoup suivant des formules les plus diverses, sur des unités de la grandeur de S.A.S.³ et plus grand bien entendu mais sans tenir compte du coût financier, il faut supporter d’avoir toujours deux étrangers dans ses pieds ou alors avoir un yacht encore beaucoup plus grand …

Comme je n’imagine ni l’un, ni l’autre … Je crois que nous allons inviter plus souvent des amis à bord ! Pour cela, il faut rendre à nos enfants ce qui appartient à nos enfants … Depuis qu’ils sont à bord, je suis pour ainsi dire dispensé de faire la vaisselle (enfin … de faire MA vaisselle comme dirait Ann !) et ils collaborent énormément  à l’entretien et aux manœuvres  du bateau … Sans devoir les courser ! Nous ne connaissions pas Camille au préalable mais au cours de ce séjour, nous l’avons véritablement découverte : Elle est tout simplement charmante !

Vous ne le croirez ainsi pas mais j’ai été dispensé de la corvée avitaillement aujourd’hui !!! Ann est partie avec les enfants qui sont partis confiants,  avec le sourire et plein d’insouciance … J’attends de voir leurs têtes à leur retour !  Cela promet d’être drôle … Je risque bien d’entendre du « plus jamais ».

C’est terriblement barbant : Vous suivez Ann qui sillonne les rayons au petit galop et vous voyez votre poussette se remplir, se remplir pour finir par déborder. A ce moment précis vous vous dites … Mer..  ! Nous sommes à vélo !

Assez curieusement toutes ces grandes surfaces sont toujours un peu sur les hauteurs ! Le retour à la marina s’effectue toujours plein pot mais gare à bien négocier ses tournants car avec le poids du sac sur l’avant, il n’est pas toujours aisé de garder la bonne direction des opérations. Depuis quelques temps (mangerions-nous beaucoup plus qu’avant ?), nous portons également chacun sur les épaules,  un sac à dos qui doit faire dans la tonne … Pas possible autrement.

D’une manière générale, nous nous prenons pour des services prioritaires : Nous grillons feux rouges et priorités de droite, nous empruntons les sens interdits et les trottoirs, rien ne nous arrête ! En somme,  nous sommes un peu les précurseurs du code de la route de demain pour les vélos … Ce  n’est pas parce que nous sommes loin du pays que nous n’écoutons pas les nouvelles. Alors qui sait que le code la route belge va autoriser d’ici peu, un cycliste à brûler un feu rouge sous certaines conditions … Il est vrai qu’au moment précis de les exposer notre connexion satellitaire s’est interrompue … C’est bête quand même !

J’attendais leur retour des courses avec une certaine impatience … J’ai pas été déçu. Non, ils n’ont rien dit mais cela se lisait sur leurs visages épuisés et puis surtout j’ai quand même remarqué qu’ils m’ont laissé bien seul pour ranger les deux vélos dans les coffres : Il y a des signes qui ne trompent pas …

Le soir, nous avons malgré tout réalisé la « remontée des Champs Elysées » … Toujours autant de monde et d’animation autour du bassin. Quant à la nuit, elle fut courte mais bonne : Nous n’avions aucune appréhension de ce qui nous attendait réellement  … Le sommeil du juste en quelque sorte.

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Responses

  1. Nice blog! Thanks for the photos just to remind us that you do have our 15 degrees, rain & wind 😦
    Hugh


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