Publié par : Ann & Stéphane | 3 août 2020

16 au 31.07.2020 – Panique à Port Louis (Grenade) !

Jeudi  16.

On se sent tellement bien à notre nouvel emplacement de la marina que nous envisageons la suite des événements avec une toute autre légèreté. Nous souhaitons toujours aller au chantier Peake de Trinidad mais comme la seconde vague du Covid-19 est en train de faire des ravages à cause du manque de civisme des populations pour qui « ce sont d’abord et avant tout, les vacances », nous ne voyons plus notre retour en Europe en toute sérénité.

Comme je le craignais depuis quelques mois (!), il y a fort à parier que nous ne rentrerons pas à la maison cette année !

Journée farniente où nous la partageons entre piscine et lecture.

Vendredi  17.

Nous avons pour voisin direct, « Ananda », un Swan 82’ dédié au charter. Nous sommes donc les premiers témoins de l’activité à bord et malgré toute notre perspicacité ordinaire, nous ne parvenons pas à comprendre « qui est qui » ! Nous assistons à un va-et-vient peu habituel de personnes qui se comportent à bord comme en pays conquis. C’est un peu, beaucoup « l’Auberge espagnole » ! Selon leur site internet, le bateau devrait être en Méditerranée à faire du charter !

Certains jours comme aujourd’hui, nous avons droit à beaucoup d’animation : nous avons ainsi un nouveau voisin américain (bien entendu) sur bâbord, « High Spirits » tandis que « l’Auberge espagnole » est maintenant coincée par « Zingara », un Matrix Yachts 76’, avec un skipper, trois équipières et deux enfants en bas âge ! Je l’ai déjà surnommé « le Harem ».

Juste de l’autre côté du quai, nous avons « Spirit of Catherine », un catamaran australien dont le skipper ne met quasiment jamais le nez dehors. A notre plus grand surprise et sans doute à son insu, nous avons relevé que des hirondelles avaient élu domicile … dans sa bôme de GV !!

Grand apéro à bord de « l’Auberge espagnole » auquel nous avons été indirectement conviés car nous leur avions refilé une bouteille de planteur nettement trop alcoolisée pour nous. Nous avons de toute façon décliné l’invitation car nous ne sommes pas assez stupides pour mettre notre vie en danger (aucun respect à bord, des mesures de distanciation) et qu’en tout état  de cause, nous ne comprenons pas suffisamment bien l’américain. Déjà pour un anglais, l’américain peut se révéler difficile à comprendre mais de surcroît, les américains ne font aucun effort pour vous aider à saisir le sens de leurs propos.

Samedi  18.

Tous les bateaux n’ont pas toujours été bien accastillés : pour descendre de « Zingara »,  l’équipage est contraint à passer par leur annexe !! Aussi, avons nous assisté toute la journée, à la construction d’une solide passerelle (ce qui n’empêche pas qu’elle se détériore rapidement) dont déjà on se demande ce qu’il va en faire quand il quittera la marina …

Notez que « High Spirits »  n’est pas beaucoup mieux loti avec une passerelle amovible qui avec les mouvements du bateau, quitte invariablement le quai … ;

Avec l’arrivée de nouveaux arrivants, les « mesures barrières » ont tendance à disparaître. Ce qui me fait le plus peur c’est lorsque l’aéroport international aura rouvert (en principe, le 1er août). Ce n’est plus alors à des « plaisanciers » déjà contraints à de nombreuses quarantaines auxquels nous aurons à faire face mais à des « vacanciers » … la pire race qui soit !

Dimanche 19.

Journée très calme. Nous en avons profité pour retirer la sonde du speedo-loch et la nettoyer. Comme nous ne bougeons plus beaucoup, je devrais systématiquement l’enlever dès que nous nous posons quelque part. Au moins comme cela, elle est en état de fonctionner dès que nous faisons mouvement.

Pendant ce temps là, Ann a nettoyé notre échelle de coupée qui en avait aussi bien besoin.

Piscine et lecture ont complété le tableau de cette dure journée de labeur.

Lundi  20.

Nous avons été nager à la petite plage située à l’extrémité de la marina. Comme il n’y avait personne, c’était très agréable mais il nous faudra encore apprendre à « beacher ». Comme pour la piscine, nous y allons pour nager et nous rafraîchir et ensuite, nous retournons au confort douillet de notre bateau. C’est toujours la même chanson … nous l’avons à peine quitté que nous le regrettons déjà !

Il devenait impérieux pour moi d’aller chez le coiffeur et en finale, c’est notre chauffeur de taxi qui nous a menés jusqu’à son copain … chauve avec une barbe de taliban !! Je ne vous dis pas comme j’étais à l’aise et ce, d’autant moins qu’aucune mesure de distanciation sociale n’était de mise dans le salon de coiffure !!

Pour une fois que je ne m’étais pas lavé les cheveux en prenant ma douche, je fus consterné de constater qu’il n’entrait pas dans ses habitudes de laver les cheveux de ses clients ! Et alors que je ne l’avais pas remarqué, Ann attira mon attention sur le gamin qui dormait à même le sol, derrière la banquette sur laquelle nous attendions mon tour ! Mais où diable étions nous tombés ?

C’est donc empli de quelques appréhensions que j’ai pris place sur le siège du barbier … pour en ressortir très satisfait de ma coupe !

A notre arrivée à la marina, nous avons pris conscience du départ surprise du bateau de « Jack » (un superbe braque allemand de trois ans) ainsi que d’autres bateaux que nous pensions être amarrés pour toute la saison cyclonique. Ce sont essentiellement des « bateaux de propriétaire » qui quittent la marina pour être sortis de l’eau, nous le supposons. Les bateaux de charter semblent devoir rester à la marina. Il y a donc un va-et-vient de bateaux en mesure telle que la marina voit sa capacité drastiquement diminuer pour ensuite reprendre de belles couleurs ! C’est assez déroutant.

Une marina est par définition, un parking à bateaux et plus elle est grande, plus l’ambiance y est morose voire mortelle ! Il existe cependant quelques rares marinas où l’ambiance est permanente car les équipages et/ou les propriétaires sont à bord durant tout le temps du séjour. Ce fut le cas à Papeete (Tahiti) et c’est le cas à Port louis du moins en cette saison. Nous n’y participons malheureusement que de l’extérieur en raison du barrage de la langue … et de la culture (américaine/ européenne).

Nous n’avons jamais ignoré que de nombreux bateaux avaient un voire deux chiens à leur bord. Mais nous nous attendions pas à voir une dizaine de chiens sur notre portion de marina ! C’est tout simplement dingue … à croire que nous sommes les seuls à ne pas avoir un toutou !

Mardi  21.

C’est toujours un peu quand on s’y attend le moins qu’ils arrivent. Ce matin, c’était au tour d’un nouveau Privilège 745 (2010), « Xénia »,  qui a été placé le long du « Harem ». Il est en vente pour la modique somme de 2.794.000 € … heureux les imbéciles ! Plus tard, c’est « Be Free », un vieux Cruiser 55 (Bavaria) norvégien, qui a été placé à notre quai. Dommage car jusque là il y avait une certaine harmonie à notre ponton …

Comme il y avait quelques personnes à la piscine (toujours aussi criardes ces américaines), nous sommes directement allés à la plage : magnifique. Je serais bien resté beaucoup plus longtemps mais Ann ne m’a pas suivi par crainte d’un courant qui aurait pu nous emporter au large. Par bonheur, je n’ai ressenti aucun courant de cette nature.

Mercredi  22.

« Panique en la Caraïbe », voilà le titre dont pourrait être affublé cet article ! Pour une fois, les météorologistes ne sont pas du tout d’accord entre eux : les prévisions vont de l’estompement de la tempête tropicale qui se rapproche des Antilles, à cyclone de force 2 en passant par tous les stades intermédiaires !!  Faites votre choix …

Certains y ont vu la possibilité de rentrer en force à Trinidad et déjà une flottille s’apprêtait à partir. La réaction des autorités de Trinidad ne s’est pas fait attendre : pas question d’accueillir qui que ce soit sauf en cas d’ouragan de force 4 ou 5 et encore, seulement de manière temporaire. De quoi refroidir les ardeurs.

En ce qui nous concerne, nous nous sentons pleinement en sécurité. Nous avons le sentiment d’être (enfin) payés de notre prudence qui nous a contraints à nous calfeutrer en marina si longtemps. Bien entendu, nous aurions pu profiter de cette période pour caboter dans les Grenadines mais la question n’est pas de naviguer ou de ne pas naviguer (rappelons à toutes fins utiles que nous avons déjà réalisé un tour du monde) mais l’état d’esprit en lequel on le fait.

Depuis que Michèle & Philippe de « Tereva » se sont chargés de nous apporter depuis la Martinique, un des deux isolateurs Mass GI 7.0 (l’autre est en commande) dont nous avons besoin, nous suivons avec  énormément d’intérêt l’acheminement de notre colis. Celui-ci est malheureusement un peu chaotique et dépend essentiellement du moment de la journée !! Nos amis nous informent quitter la « baie Sainte Anne » pour ensuite décider d’attendre le passage de la perturbation prévue pour samedi, pour lever l’ancre …

En cause, un E-mail paniqué des autorités de Grenade qui leur a demandé de postposer leur arrivée sous le prétexte que la zone de mouillage « Covid-19 » allait être évacuée !! En fait et aussi incroyable que cela puisse paraître, tous les « confinés » ont été invités à passer un test de dépistage et de se réfugier là où il le voulait avec la seule contrainte de ne pas quitter leur bateau … et de reprendre le confinement par la suite !

Nous nous trompons peut-être lourdement sur la tempête tropicale qui nous arrive droit dessus mais nous sommes intimement persuadés qu’elle s’estompera (absorbée par la tempête de sable qui vient de l’Est) ou sera déviée vers le nord avant d’atteindre nos côtes.

A cette suite, nous avons assisté à l’arrivée en marina, d’une dizaine de bateaux en plein confinement dont « Mana »,  le Privilège 50 de Nancy & Marc (Gantoise et Bruxellois) qui sont venus très gentiment nous parler.

Si jusqu’à présent, nous n’avons curieusement « matché » avec personne (!!), le courant de sympathie est immédiatement passé entre nous et nous avons hâte de pouvoir mieux faire leur connaissance. Reste maintenant à savoir s’il ne faudra pas attendre la fin de leur confinement ?

Si  les mesures de distanciation sociale étaient globalement bien respectées par les plaisanciers , les nouvelles arrivées semblent avoir bouleversé cet équilibre fragile et je ne compte plus les embrassades, les accolades et les poignées de mains comme si le Covid-19 n’avait jamais existé !!

Jeudi  23.

Journée de folie à la marina : c’est à la queue-leu-leu que les bateaux sont entrés :  une quarantaine dont de très nombreuses vieilles connaissances comme « Dragon Fly », « Freedom », « Aventis », « Désert Eagle » et autres ! Nous pensions jusque là qu’ils  étaient tous partis pour être sorti de l’eau …

En milieu d’après-midi, le flux s’est essoufflé et « Cloud Street », un Amel 52 américain nous était flanqué sur notre bâbord. Amusant mais nous avons eu l’impression que « queue de cheval » nous  faisait une faveur  … comprise de lui seul ! Nous sentions bien que l’emplacement à côté du nôtre ne resterait pas libre très longtemps mais il y a encore une autre place libre un peu plus loin sur le quai !

Journée psychologiquement difficile car un véritable vent de panique a soufflé tout du long. Incroyable le nombre de plaisanciers qui ont acheté des amarres et des défenses supplémentaires … il y a même « Paola Rosa » qui a apporté une dizaine de pneus usagés !!

Si on suit les recommandations de la marina, il faudrait retirer tout ce qui peut faire obstacle au vent comme les voiles, le bimini, la capote etc. Certains ont suivi – en partie – ces directives tandis que d’autres comme nous, n’ont rien enlevé … ou, pas encore !

Il y a aussi les tableaux cocasses comme « l’Auberge espagnole » qui a solidement attaché son annexe sur le pont avant pour ensuite, la recouvrir intégralement d’une bâche qui offrira une superbe résistance au vent … ou encore, « Corrales,NM » où l’équipe de surveillance a été retirer jusqu’aux housses de barre à roue mais ont laissé le génois en place !

Nous sommes réellement dans une marina américaine : les rares autres nationalités se comptent quasiment à l’unité ! Comme nous sommes trois bateaux belges, nous avons apposé un écriteau sur notre poupe : « Ambassade de Belgique ».

Il est aisément facile de reconnaître un Américain d’un autre anglophone. L’Américain est celui qui se ballade partout avec un gros gobelet réfrigérant à la main … la peur d’avoir soif, je suppose.

Vendredi  24.

Le vent de panique (très américain) perdure alors qu’il se précise que la tempête tropicale sera moins forte que prévue et qu’il faut s’attendre, à Grenade, à maximum 30 nœuds de vent dans la nuit de samedi à dimanche. Pas de quoi fouetter un chat mais la panique est toujours contagieuse et donc on finit par rajouter des amarres, des défenses, à penser à enlever le bimini, à tout rentrer, à mettre en place les bastaques etc.  … l’horreur !

Nous avons été confrontés par le passé, à des situations bien plus périlleuses(70 nœuds à Richard’s Bay où les tuiles des toits volaient et les pontons se sont soulevés …) mais le temps de préavis était soit plus court soit même inexistant. Les plaisanciers présents étaient aussi des Européens …

Comme pour nous emmerder, depuis ce matin, nous avons sur notre tribord, une vielle patache de bateau en fer dont le moteur est en panne ! Donc, si ses amarres lâchent, il ne pourra aucunement éviter de nous percuter avec son long nez en métal. Nous sommes par ailleurs, convaincus qu’il n’a pas d’assurance. Nous nous sommes faits percuter en début de saison par un crétin que nous avions prévenu qu’il dérapait  et maintenant, nous avons l’impression d’assister à un remake …

En principe, pour pénétrer dans une marina, il faut avoir une RC et en cas d’alerte cyclonique, avoir un moteur en ordre de marche selon le règlement de « Port Louis » … On est loin de l’époque où nos amis de « Maeva » se sont vus refuser l’accès à la marina en pleine tempête tropicale.

Samedi  25.

Une tempête dans un verre à vodka … voilà ce que fut « Gonzalo », la tempête tropicale dégradée plus tard, en simple dépression tropicale ! Le plus amusant dans tout cela reste que tout le monde a paniqué durant trois jours, depuis nos amis restés en Martinique en passant par Grenade jusqu’aux quinze bateaux qui ont forcé les frontières de Trinidad pour s’y réfugier alors que « Gonzalo » est, en finale, passé sur Tobago & Trinidad !!!

Certes, le trajet d’une tempête tropicale (qui se transforme souvent en cyclone) est le plus souvent totalement imprévisible mais en le cas d’espèce, tous les indices s’accumulaient pour comprendre qu’elle s’essoufflait et que du même coup, elle ne se dirigeait plus vers le nord mais bien vers le sud !

Alors qu’en penser ? Sage précaution des autorités locales, panique irraisonnée ou superbe coup commercial (la marina est full et les magasins des alentours ont été dévalisés) ? Je l’ignore mais je m’insurge contre ce que je considère un peu comme une mise en scène !!

J’ai effectivement un peu de mal à comprendre que ce phénomène météorologique étant saisonnier, les autorités locales ne soient pas plus « expérimentées » en la question et ne sache pas reconnaître le vrai danger, d’une simple bourrasque.

Tout le monde semble vouloir saluer l’initiative comme un excellent exercice cyclonique sauf qu’à force de crier au loup quand un vrai danger se présentera, plus personne ne prendra garde à celui-ci. Par ailleurs, si un vrai cyclone avait dû passer par Grenade, ce ne sont pas les mesures dérisoires prises qui auraient limiter les dégâts …

Côté Covid-19, on a permis à tous les bateaux en quarantaine de se répandre dans la marina avec l’interdiction de quitter le bord … ce qui n’a été respecté par quasiment personne ! De surcroît, nous avons assisté à quantité de « retrouvailles » saluées par des embrassades, des accolades, de solides poignées de main et des apéros sur les bateaux à ne plus en finir. Bienvenue au Coronavirus !

Ne parlons pas non plus de l’attitude des plaisanciers le jour J ! Il est vrai que la bourrasque (enregistré max. 26 nœuds) est arrivée plus tôt que prévu : on l’attendait pour l’après-midi et elle est intervenue en milieu de matinée ! Mais après la bourrasque qui a duré maximum 30 minutes, tout le monde a commencé à se balader sur les pontons comme s’il s’agissait d’un jour de fête !! Ils étaient peut-être devins mais, en principe, le cataclysme devait durer jusque 18 heures et donc, la « bourrasque » n’en était, en principe, que le prélude ! Après la panique des trois jours précédents, j’ai eu l’impression d’une totale inconscience.

Amusant de relever qu’une petite bourrasque fait plus peur que le Covid-19 qui enregistre pourtant des centaines de milliers de morts à son actif …

Pour notre part, nous n’avons pas quitté le bateau de la journée après avoir été mettre en sécurité notre annexe. Cela ne nous serait pas venu à l’esprit d’aller nous balader … même s’il est vrai que nous n’avions plus la possibilité d’aller à terre puisque notre passerelle hydraulique n’avait rien trouvé de mieux que de se bloquer en position mi ouverte/mi fermée !

Le plus chiant de la journée fut la pluie très abondante dans les premières heures et cette attente interminable du vrai coup de vent … qui n’est jamais arrivé !

Toute la journée, l’incident de la passerelle hydraulique nous a chagrinés mais nous n’avons rien osé entreprendre tant que nous n’avons pas été convaincus que le (((cyclone))) était passé. Pour notre plus grand bonheur, nous avons pu la débloquer sans de trop grands problèmes, en fin d’après-midi.

Dimanche 26.

C’est l’heure de tout remettre en place et comme la marina a été assez loin à tout enlever (certains magasins ont été jusqu’à visser des planches devant leurs fenêtres), nous avons assisté à une scène cocasse : un voilier a déposé sur l’un des pontons d’accueil, une femme qui ne s’est rendue compte trop tard que la passerelle en bout de ponton avait été enlevée !! Malgré tous ses signes désespérés en direction du voilier qui l’avait déposée, personne à bord, n’a compris sa situation … délicate.

Grand Seigneur, j’ai envoyé Ann prévenir les secours qui ont hélitreuillée la malheureuse. Tu parles … « queue de cheval » lui a d’abord passé un fameux savon et ensuite, il l’a aidée à faire le grand écart.

Ils étaient tous arrivés à la queue-leu-leu, ils repartent par petits groupes. Parmi eux, seulement quelques « Covid » … Le plus important pour nous reste que notre voisin sur tribord est reparti comme il est venu, sans nom, sans immatriculation, sans pavillon (et vraisemblablement sans assurance), sans voiles, sans moteur, juste remorqué par un petit bateau de pêche. Je ne voudrais pas l’avoir devant moi au mouillage …

Avec « Gonzalo », l’ambiance déjà festive à la marina  tourne à la rave party ! Bien entendu que j’exagère mais tout de même il est évident que le « Covid-19 » n’est plus qu’un très, très lointain souvenir  pour beaucoup ! Sur « l’Auberge espagnole » on voit même arriver, passé 22 heures, des invités étrangers à la marina. Ils sont de surcroît plutôt bruyants. A quand l’ouverture de la boîte de nuit ? J’ai le sentiment de vivre en la marina, sur une autre planète totalement déconnectée de la réalité.

Lundi  27.

Nos nouveaux amis de « Mana » sont partis ce matin terminer leur quarantaine au mouillage. Nous les avons vus passer tandis que nous faisions trempette dans la piscine. Nous sommes impatients que leur quarantaine s’achève pour être plus libres de les rencontrer. Jusqu’à présent, nous nous parlions de bateau à quai et ce n’est pas ce qui a de plus confortable. Nous apprendrons en fin de journée que leur quarantaine venait à échéance le lendemain …

Je n’en avais pas pris conscience ce dimanche mais beaucoup de bateaux (comme nous, entre autres) ne peuvent quitter la marina sans l’aide des marineros car nos amarres d’étrave sont frappées à une pendille. Ceci explique que peu de « Covid-19 » soient retournés au mouillage ce week-end malgré l’injonction qui leur avait été donnée.

D’un seul coup, l’ambiance est descendue d’un cran et est redevenue plus calme. Il n’empêche que nombreux sont ceux qui sont rentrés dans la marina pour se mettre à l’abri de « Gonzalo » et qui semblent y avoir pris goût : assurément une bonne opération financière pour la marina.

Mardi  28.

Opération de déconfinement : ils étaient nombreux à se presser sur le quai pour obtenir leur sésame.

En revenant de la piscine, nous avons eu la désagréable surprise de relever que notre passerelle hydraulique ne tient plus sa position horizontale : elle descend très rapidement jusqu’à sa position la plus basse. Je m’étonnais que nous ne connaissions plus d’incidents techniques majeurs à bord. Nous voilà à nouveau servi s …

Selon nos informations, soit il s’agit d’un problème d’électrovanne qui pourrait être résolu plus ou moins facilement si tant est que nous trouvons un technicien versé en la matière soit une fuite (joint défaillant) d ‘huile au niveau du vérin auquel cas il faut retirer la passerelle et la réparer en atelier …

A Grenade, il y a très, très peu de techniciens « bateau ». Peut-être que Philippe de « Tereva » pourra nous aider mais il vient à peine de commencer sa quarantaine … A moins que nous ayons beaucoup de chance, nous serons donc privés de passerelle durant de longs mois et bien entendu, au moment où nous en avons besoin mais si ce n’était pas le cas, ce ne serait pas drôle. « Grandeur et décadence » voilà comment pourrait s’intituler cet article.

Entre-temps, nous avons regardé avec la marina si nous pouvions occuper un emplacement avec catway mais le seul « disponible » nous placerait à côté de « Christina Too » (Sunreef Supreme 68 Power), une anomalie nautique que nous refusons de côtoyer. Nous allons donc jouer à « Jane & Tarzan » pendant quelques mois.

Mercredi  29.

Nous avons enfin pu récupérer notre isolateur Mastervolt que Philippe & Michèle de « Tereva » nous ont apporté de Martinique. Le second isolateur est toujours bloqué pour une cause inconnue, à Roissy … Quand il arrivera en Martinique, il nous faudra encore trouver un moyen de l’acheminer jusque Grenade … à moins que nous ne soyons d’ici là, de retour en Martinique.

Si la houle sévit sur le mouillage, elle se ressent également un peu à la marina !! Notre voisin roule pas mal mais par bonheur, « S.A.S.³ » ne bouge quasiment pas d’un cil.

Beaucoup de bateaux ont quitté la marina (ce qui donne envie de suivre le mouvement …) en sorte que le quai des grands catamarans est quasiment vide !!! Le seul emplacement que nous avions en vue, a été attribué à « Miss Pezi » (ancien bateau de pêche réaménagé pour la plaisance) !! Cela nous a pas mal étonné car il est beaucoup plus haut et certainement plus lourd que nous alors que la tête de ponton convoitée était déjà trop fragile pour notre bateau …

En raison du « Covid-19 » nous n’avons plus organisé d’apéro à bord depuis mars ! Seulement voilà, à force de voir tous nos voisins organiser des apéros (ils étaient une dizaine à bord de « l’Auberge espagnole »), nous avons fini par craquer en invitant Nancy & Marc de « Mana ».

A notre corps défendant, ils sortent juste de la quarantaine et nous avons respecté les gestes barrière. A l’évidence, cela nous manquait.

Jeudi 30.

Journée importante puisque j’avais rendez-vous chez le dentiste, Noel Vernessa de « Church Street Dental Clinic ». Si son cabinet est un peu désuet, il est très propre, fonctionnel et proche de la marina. Quant à la praticienne, elle est à la fois douce et compétente. Je la recommande bien volontiers.

Mon mal aux dents (gencives) remonte déjà à plusieurs mois et j’attendais d’être rentré en Belgique pour consulter notre dentiste habituel mais avec ce foutu « Covid-19 » … Ayant connu une nouvelle résurgence du mal, il me devenait  difficile d’attendre plus longtemps.

Durant notre absence, « Cloud Street » avait mis les bouts. Une demie surprise en ce qu’à leur arrivée, ils nous avaient dit ne pas aimer les marinas mais comme après Gonzalo, ils semblaient ne plus vouloir partir. De surcroît, ils semblaient connaître un peu de monde à la marina et pas plus tard que hier, ils avaient un couple d’amis à bord.

Aussi incroyable que cela puisse paraître mais le départ de cet Amel 52 a laissé un grand vide sur notre bâbord, nous redonnant du même coup l’impression d’avoir retrouver de l’espace et de l’air. Que du bonheur.

Vendredi  31.

Par vagues successives, nous avons droit à des seaux d’eau alors que la météo n’annonçait pas de pluie pour la journée. Heureusement, en cours de journée, le beau temps est revenu.

A  la marina de Port Louis, vous n’entendrez parler qu’anglais. Quoi de plus normal me direz vous alors que Grenade est quasiment américaine. En Martinique, vous entendrez pourtant parler indistinctement français et anglais. Quoi de plus normal me direz vous vu le nombre d’étrangers qui y résident. Je partage votre point de vue sauf que je constate avec beaucoup d’amertume que les francophones ont presque honte de parler français en dehors de France !!!! Il m’aura fallu plus d’un mois et demi pour découvrir très incidemment que le jeune couple qui gère à la marina, la flotte de « Yacht Dream Charter » était … français !!!

Au lieu de se serrer les coudes entre francophones pour essayer de préserver la langue française face à un anglais envahissant et dominateur, les francophones préfèrent de loin faire copain/copain avec les anglophones !! Cela en est révoltant surtout lorsque que comme moi, vous ne parlez pas l’anglais ou du moins vous ne le comprenez que trop rarement et du même coup, vous prive de toute vie sociale.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 18 juillet 2020

01 au 15.07.2020 – Marina Port Louis (Grenade).

Mercredi  01.

En écoutant les nouvelles de Trinidad, un vent d’optimisme a soufflé, un temps, à bord … Selon nos informations sur les 500 bateaux attendus, 350 ont déjà fait part avoir opté pour un plan B. Si nous patientons encore un peu, la couille molle de Premier Ministre n’aura plus qu’à autoriser un seul et unique voilier à franchir la frontière : nous.

Comme une fois sur place, se posera alors la question de savoir comment rejoindre la Martinique pour y prendre notre avion, nous consultons tous les jours, les petites annonces en vue de l’achat d’un pédalo d’occasion.

Devant procéder à un lourd avitaillement, nous avons mis l’annexe à l’eau pour nous rendre au « Foodland » situé à la perpendiculaire de notre ponton (à vol d’annexe c’est à côté mais à pied, il faut faire tout le tour du bassin). Mais avant, nous sommes allés jeter un coup d’œil au mouillage situé un peu plus au nord de la marina.

Perso, j’en suis revenu emballé car l’eau y est limpide et surtout, il n’y a qu’une petite dizaine de voiliers ancrés très espacés les uns des autres. Mais bien évidemment, cela roule de la même manière qu’au « mouillage Covid-19 » et quand on est habitué au super calme de la marina …

La vie en marina me pèse d’autant plus que l’on pourrait se croire aux E.U. (il n’y a que des américains …). De surcroît, je trouve constamment que notre voilier n’est pas à son avantage avec ses couvertures de protection et sa multitude de défenses. Et pourtant, c’est en marina, que nous enregistrons le plus de compliments sur notre bateau (un vrai déluge ici à « Port Louis » … il a visiblement la cote).

En clair, je ne suis pas dans mon élément mais dans un autre sens, il me semble que nous nous donnons toutes les excuses plus légitimes les unes que les autres de ne pas quitter la marina !!! Cela m’agace au plus haut point mais la réalité est ce qu’elle est. Si seulement nous pouvions retourner en Martinique …

Jeudi  02.

Nous avons reçu ce matin, le devis de « Turbulence Ltd » pour nous tirer une nouvelle ligne électrique « quai » dédiée exclusivement à l’airco. Comme nous y avons marqué immédiatement notre accord, Jean-Michel est repassé l’après-midi  même pour prendre quelques mesures et analyser la meilleure manière de faire passer le nouveau câble électrique du coffre arrière tribord jusqu’au carré !

J’ai ensuite, passé une bonne partie de mon après-midi à rechercher dans les millions de photos que nous avons du bateau, celles datant de la construction et montrant les trois goulottes métalliques ouvertes, cachées depuis derrière nos boiseries …

Vendredi 03.

En raison de mon scepticisme naturel, j’ai sans doute retardé l’exécution des travaux d’électricité car quand Jean-Michel et Romain sont venus ce matin (plus tôt que prévu … j’étais encore sous la douche !), ils n’avaient aucun matériel avec eux !!

La veille, je m’étais montré sceptique quant au fait qu’ils arriveraient à tirer un nouveau fil électrique et que donc, il valait mieux être prudent avant de monter l’isolateur et de faire un trou dans la coque pour la prise électrique. Ils m’ont tellement pris au mot qu’ils n’avaient même pas acheté le câble électrique à faire passer …

A 12.15 heures, le nouveau câble électrique était en place et tout était remonté très proprement. La suite … après le week-end mais le plus difficile est fait. Ouf. Entre-temps nous continuerons à nous faire bouffer par les moustiques et agacer par les mouches : j’en tue cinq et quelques minutes plus tard, elles sont remplacées par cinq autres !

Notre heure de piscine (12m x 6m) étant dépassée, nous avons dû subir les croassements des Américains venus s’installer pour l’après-midi. Nous n’avons donc pas fait long feu.

Samedi  04.

Il nous aura fallu 10 ans (!) pour découvrir  qu’un panneau de notre cabine arrière qui donne accès à la motorisation de notre passerelle hydraulique, était amovible !! Aussi incroyable que cela puisse paraître cela nous aurait beaucoup aidés si nous l’avions découvert en début de saison lorsque Christophe de « Caraïbe Marine » était venu remettre notre passerelle en ordre de marche, mise à mal par les peintres de Trinidad.  Grâce au ciel, il s’en était finalement bien tiré mais cela avait été assez chaud.

C’est en regardant les photos de la construction du bateau que je me suis convaincu qu’il était impossible que le chantier Garcia n’aie pas prévu un accès à cette motorisation. En tripotant un peu, Ann a eu le panneau dans les mains ! Rien de réellement étonnant en la mesure où, à bord, toute boiserie est démontable grâce à des emboîtements aussi simples qu’astucieux. Nous avions beaucoup insisté sur ce point lors de l’établissement du cahier des charges du bateau.

Déjà hier, j’avais assisté ébahi au retirement du séchoir de son logement dans la salle de douche pour tirer notre nouveau câble électrique. C’est décidément, une période fort féconde en surprises.

Dimanche 05.

Comme tous les jours, nous voyons de nouvelles têtes passer devant le bateau sans saisir à quel bateau elles appartiennent ! Et pourtant, notre ponton n’est pas si étendu et en gros, nous pensons savoir « qui est qui ». J’ai bien essayé de voir où elles se rendaient mais au-delà d’un certain point, la filature peut devenir gênante.

En revenant de la piscine, nous avons assisté au déplacement de notre voisin texan ! Maintenant, il est amarré de l’autre côté du long catway qu’il occupait jusque là. Motif ? Demain matin, un « gros catamaran » devrait prendre sa place et devenir ainsi notre nouveau voisin.

Si je concède volontiers qu’il est plus raisonnable de le placer là où il est maintenant car il ne s’agit que d’un Antares 44i, je redoute d’avoir un building à nos côtés. A tous les coups, ce n’est pas une bonne nouvelle pour nous mais nous n’y pouvons rien.

Pour paraphraser une connaissance, je dirais qu’un catamaran c’est comme une maison sur l’eau … ce n’est pas fait pour bouger.

Lundi  06.

Mon Dieu, quelle journée ! Nous avons eu l’arrivée à la marina, de « Dragon Fly » (Lagoon 620) – de « Ananda » (Swan 82’) et de « Sur L’eau » (Privilège 740 – Hans Yachts) que nous avons dorénavant pour voisin direct ! Que de grosses unités.

Par contre, le monocoque dont nous occupons l’emplacement (eh, non ce n’est pas « Ananda » comme nous l’avons pensé au départ) ne s’est pas encore pointé sur le mouillage !! Nous avons donc encore un peu la paix.

Du côté de Trinidad, manifestement, les autorités ne sont pas pressées de prendre position. Edifiant, horripilant, exaspérant, décourageant, nous sommes poings et pieds liés d’autant plus que l’aéroport de Grenade reste fermé ! Pour notre part, nous avons pris la décision de ne pas quitter la marina en raison d’une météo de plus en plus incertaine.

Alors que nous les attendions aux premières heures de la matinée, Jean-Michel et Romain de « Turbulence Ltd » sont arrivés pour 13 heures … les bras chargés de cadeaux. Malgré une météo dégueulasse, ils sont parvenus à bien avancer mais ce ne sera pas encore pour ce soir, que nous aurons de l’airco.

Entre-temps nous avons reçu de la marina, notre facture d’électricité et d’eau pour la période du 10 au 30.06.2020: 352 € !!! Quand nous allons faire marcher l’airco de manière intensive comme tous les autres plaisanciers de la marina, elle va exploser …

Mardi  07.

Après une matinée de dur labeur, notre ligne électrique spécial « airco » est établie et notre airco fonctionne désormais soit avec le GE soit avec le courant électrique du quai. La nouveauté réside en ce qu’une simple borne de 32A suffit dorénavant. Vous n’imaginez pas le confort qui en résulte car de facto, ce n’est quasiment qu’en marina que la nécessité d’un airco se fait sentir !!

Super, génial, excellent, magnifique jusqu’aux environs de 22 heures où notre isolateur Mastervolt Mass GI 7.0 s’est mis en « court circuit ». Qu’est-ce encore que ce bidule ? Ce bidule est nécessaire pour un bateau en aluminium pour éviter de constituer à lui seul, une terre pour tous les bateaux du ponton …

Mercredi  08.

Comme il s’agissait d’un « court circuit », nous avons rappelé nos électriciens qui n’ont rien trouvé d’anormal sur notre nouvelle ligne électrique ! Nous avons alors fait appel à Simon, dealer Mastervolt de Grenade, qui a diagnostiqué que notre isolateur était grillé en raison d’une surcharge électrique de 45A (notre fusible 40A n’a pas sauté car il s’agirait d’un fusible « lent » …)!!!

Cela fait déjà plusieurs semaines que nous essayons de comprendre quelque chose  à notre installation électrique « quai » et comme nous ne sommes ni électriciens, ni électroniciens, ce n’est pas toujours facile à capter.

Nous pensions avoir trouvé LA solution en faisant tirer une nouvelle ligne électrique mais nous fondant sur des renseignements pas assez précis, nous avons grillé notre isolateur d’un ampérage maximal de 32A.

Webasto nous avait indiqué que notre installation airco consommait 30A mais avait oublié de spécifier qu’en cas de redémarrage des deux compresseurs, des deux pompes et des fancoils, cela pouvait monter jusque 45A !!

Le résultat des courses est ainsi le suivant : un Mass GI 7.0 grillé (délai de réparation de 8 semaines et frais de port de 500 USD ) et la nécessité d’installer un second Mass GI 7.0 en parallèle … Il est donc fort peu probable que nous pourrons profiter cette année de notre nouvelle installation dont le budget initial devrait de surcroît, être multiplié par deux ou par trois ! Que du bonheur, que du bonheur.

Avec l’arrivée de « Christina Too » (Sunreef  Supreme 68 Power qui peut naviguer à 25 nœuds …), j’ai baptisé notre ponton … le « ponton des horreurs ». Enfin, pour celui qui aime les gros catamarans, il sera servi avec un Privilège 74, un Lagoon 620 et un Lagoon 630 Motor Yacht.

Jeudi  09.

« Paola Rosa » (monocoque de 24 m) est arrivé au mouillage. Il lui reste à faire sa quarantaine avant de pouvoir prétendre à prendre notre emplacement.

Du côté de Trinidad, nous venons d’apprendre que les élections annoncées pour novembre, se tiendraient le 10 août (!)  et que jusqu’à cette date, les autorités seraient trop occupées que pour prendre position sur l’ouverture des frontières. Entre-temps, toutes les autres îles de la Caraïbe ouvrent leurs frontières …

Autre nouvelle : nous avons appris que le petit mouillage situé un peu plus au nord de notre position actuelle et qui m’avait beaucoup attiré car il y avait très peu de bateaux au mouillage, était une réserve naturelle et donc, interdite aux bateaux !! « World at Bay » y a passé trois jours car ils en avaient ras la caisse de la marina … ils sont depuis, de retour à leur emplacement.

Vendredi  10.

Nous savions que nous ne pouvions rester à notre emplacement car celui-ci est réservé à « Paola Rosa ». Notre malheur veut que la quarantaine va être levée (bonjour l’arrivée sur l’île du Covid-19 …) et que mardi prochain, nous aurons à déplacer notre bateau.

La question qui me taraude depuis longtemps, était de savoir quel autre emplacement la marina nous réservait ? Il nous aura fallu attendre aujourd’hui pour en avoir une idée : le même ponton, le même côté, en mode « sardines » avec un Lagoon 620 Motor Yacht comme voisin de catway. En cette hypothèse, je crains de ne pouvoir le supporter et j’envisage donc d’abandonner le bateau et de retourner en Belgique.

Samedi  11.

Avec l’assouplissement (relatif) des mesures anti Covid-19, on rencontre de plus en plus de plaisanciers prévoyant de rentrer au pays. Essentiellement Américains, ils sont divisés entre ceux qui ont peur de rentrer au pays mais entreprendront malgré tout le voyage s’ils parviennent à trouver un avion et ceux qui comme nous, préfèrent rester sous la protection de l’île.

D’un autre côté, la disparition annoncée (pas encore effective à Grenade) de la quarantaine entraîne un afflux massif de plaisanciers qui interprètent la mesure comme une liberté totale de circulation ! Le résultat des courses … des raccompagnements à la limite des eaux territoriales, par les Coast Guard. Grâce au ciel, les autorités de Grenade se montrent beaucoup moins laxistes que les autres îles. Il faut juste espérer qu’elles ne baisseront pas trop vite les bras.

Info ou fake news : l’arrivée massive de jets privés à Saint Vincent, en provenance des E.U. avec des « guest » américains qui embarquent sur des bateaux de location sans masque, ni test, à l’image de leur cher Président. Il nous reste à prier qu’ils resteront dans les Grenadines et ne viendront pas nous infecter. Amen.

Si tous les jours, nous relevons qu’en Europe, les mesures de distanciation sociale et du masque sont passées de mode (!!), à Grenade, le port du masque reste très visible ce qui n’est dans le fond qu’une marque de respect vis-à-vis des autres.

Dimanche 12.

Une rumeur circule sur les pontons selon laquelle après les élections du 10 août, les frontières de Trinidad  s’ouvriraient ! Il n’y a bien entendu rien d’officiel ou même d’officieux en ce sens, il ne s’agit tout au plus que d’une déduction politique.

Vrai ou faux, j’ignore pourquoi mais j’adhère à cette idée. Bien évidemment parce qu’elle me donne la perspective de m’enfuir de cette marina mais également parce que mon intuition m’y pousse. En cette hypothèse se posera ensuite la problématique du retour en Belgique …

Lundi  13.

Cela fait depuis un certain temps que nous savons que nous aurons à libérer notre place mais je ne m’attendais pas à me faire sortir du lit par « queue de cheval » qui soi-dit en passant, est devenu tout-à-fait sympa avec nous (!!) pour  nous dire que « Paola Rosa » arrivait ce matin !!!

En principe, sa quarantaine se terminait en début de semaine prochaine mais il a bénéficié d’une dérogation tenant compte de son temps de navigation pour venir des BVI. En fait, nous avons eu le sentiment ce matin que tout le monde était déconfiné en même temps et pourtant, officiellement, il n’en est rien !!!

Nous avons opté pour l’emplacement le moins mauvais : nous sommes amarrés cul au ponton, l’arrière au vent et contraints à suspendre notre annexe sur notre tribord. Les bons côtés de cet emplacement : le bateau ne rague plus contre un ponton, la poubelle est plus éloignée, notre emplacement est définitif, nous n’auront jamais de voisin sur tribord, jamais de cata sur bâbord, nous avons une vue sur la piscine et sur l’entrée de la marina et l’emplacement est moins cher.

Quand nous avons vu que deux catamarans étaient placés cul à notre ancien emplacement, nous avons béni le ciel d’avoir fait mouvement.

Positionner le bateau de la manière la plus appropriée possible, nous a demandé pas mal de temps et d’énergie !! En fait, nous devons faire extrêmement attention à notre passerelle hydraulique qui ne peut en aucun cas, rentrer en collision avec un obstacle comme le quai ou la borne électrique. Nous avons eu une mauvaise blague de cet ordre lors de notre précédent passage !

Nous avons reçu la facture de « Turbulence Ltd » … 23% d’augmentation par rapport au devis initial !!! Nous avons contesté la facture. Je déplore vivement cette manière de procéder qui s’apparente à de l’arnaque. Dommage, j’avais beaucoup de sympathie pour cette société (française).

Autre surprise … le chantier de « Clarks Court’s Bay » nous a informés qu’il avait une place pour notre bateau ! Cela faisait depuis la mi-avril que nous attendions une réponse de ce chantier. Aujourd’hui, nous n’avons plus aucune envie d’y déposer notre voilier d’autant que nous avons entendu qu’un autre plaisancier s’y était vu voler toute son installation de déssal durant son absence et alors que le bateau était sous gardiennage !!

Mardi  14.

Pour tout l’or du monde je ne voudrais retourner à notre ancien emplacement d’autant qu’un troisième catamaran a été installé cul à notre ancien ponton ! Nous sommes partis juste à temps. Ouf.

En fait et tant que d’autres bateaux ne viennent pas se coller à nous, je revis depuis que nous occupons notre nouvel emplacement. Il y a de l’air, de l’espace et nous avons une vue magnifique. Nous en avons profité pour nettoyer la coque (au-dessus de l’eau) du bateau.

Le côté bâbord nous a donné un mal de chien en raison de nuages de sel mais surtout, d’une ligne de flottaison  particulièrement sale : sur 10 centimètres, on aurait dit du goudron ! Le côté tribord s’est révélé beaucoup plus facile à nettoyer. Quel bonheur de pouvoir travailler sur un plan d’eau parfaitement calme …

Le résultat est magnifique et nous a valu notre petit succès ! Le préposé de notre voisin était prêt à nous engager et en fin d’après-midi, un plaisancier est venu nous demander quel produit nous avions utilisé pour obtenir un résultat aussi magnifique.

Mercredi  15.

Nous relevons que par touches successives (dont nous avons fait partie), les bateaux sont repositionnés en la marina selon leur grandeur ce qui me parait plus logique. Il reste cependant encore de nombreuses « incohérences » dans la gestion des emplacements …

Nous avons trouvé un deal avec « Turbulence Ltd » : nous prenons en charge le montant du devis augmenté de 10%.

Quand nous sommes partis à la piscine ce matin, elle était vide mais le temps d’y arriver et nous avions un peu de compagnie. Il devient de plus en plus difficile d’y avoir la paix.

En le cadre de notre nouvel emplacement, nous nous sentons plus proche du mouillage que nous ne l’avons jamais connu en marina !! C’est très agréable encore faut-il évidemment que cela perdure. De surcroît, nous avons une vue en enfilade sur le ponton : personne n’échappe à notre attention et nous nous amusons beaucoup. Si vous passez par notre bateau, surveillez votre démarche de canard, arquez moins les jambes, rentrez le bidon et redressez le dos.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 2 juillet 2020

16 au 30.06.2020 – Marina Port Louis (Grenade).

Mardi  16.

Nous avions décidé de visiter l’île … en taxi avec  Alexis Jeffery  de « Island Taxi » que vous trouverez facilement sur le parking de la marina : 480 ECD (150 €) pour … 6 heures de visite !!! Nous sommes rentrés fourbus.

Je ne pense pas qu’il y aie un recoin de l’île que nous n’avons pas vu et somme toute, toutes ces îles se ressemblent pour l’essentiel ! Quelques points communs : routes montagneuses, étroites, sinueuses, moyennement entretenues, truffées de casse-vitesse à hauteur des villages et villes traversées, végétation luxuriante, population pauvre ployant sous le soleil, points de vue à couper le souffle, côte atlantique sauvage, côte caribéenne paradisiaque, circulation intense, klaxon comme moyen d’expression, guide qui connaît tout le monde, villes peu étendues.

Cela étant dit, notre guide a fait un maximum pour nous en montrer le plus possible mais pas de chance, en raison du Covid-19, beaucoup d’endroits étaient fermés au public. Nous n’avons pas vu un seul autre touriste !

Notre première halte fut pour un petit magasin d’épices sans intérêt mais notre guide semblait convaincu que notre visite ne serait pas complète sans elle. Oui mais voilà … le magasin était fermé. Résolu à ne pas s’en tenir là, il a été cherché le propriétaire … qui avait égaré les clefs de la porte d’entrée !! C’est ensuite le fils qui a essayé d’ouvrir – en vain – la porte récalcitrante de par l’intérieur ! C’est à ce moment là que nous avons décidé de siffler la fin de la partie.

Comme nous lui avions parlé de nos difficultés à trouver un chantier pour notre bateau, nous avons terminé ce très long périple par une visite intéressante du chantier « Clarkes Court Boatyard » : pas mal mais n’arrive pas à la hauteur du chantier « Peake ». D’ici quelques années (le chantier est assez jeune), il l’aura sans doute rattrapé mais pour l’instant, j’y vois davantage un immense parking à bateaux plutôt qu’un chantier. Le nombre de catamarans entreposés y est impressionnant.

Du même coup, nous avons constaté que le mouillage de « Clarkes Court Bay » (idem pour le mouillage de Carriacou) était déjà fort encombré de bateaux à l’ancre ! Avec la fin des quarantaines chaque semaine, le nombre ne peut que s’élever même si de nombreux bateaux seront sortis de l’eau. Déjà, en revenant à la marina, nous avons relevé la présence de deux nouveaux arrivants à notre ponton dont un volumineux Lagoon 63’ à moteur.

Mercredi  17.

Météo fort pluvieuse depuis ce matin.

A notre réveil, nous avons eu droit à l’arrivée d’un cata Léopard 46’, « Désert Eagle »  battant pavillon anglais qui maintenant nous prive de toute vue sur notre côté bâbord. Grrrrr. Pour les aider, le capitaine du port qui espérait déjà que nous allions partir immédiatement (nous avions réservé pour une semaine), était présent. Avec beaucoup d’agressivité (!!), il nous a signifié que si nous restions un mois supplémentaire, nous devrions prendre un emplacement plus à l’intérieur.

A notre arrivée du Brésil en mai 2016, nous avons laissé quinze jours, le bateau à la marina « Port Louis » pour faire un aller/retour jusqu’ en Belgique. Nos relations avec cet énergumène avaient d’emblée été mauvaises au point que nous avions décidé de ne plus jamais y mettre les pieds. Par bonheur, jusqu’à ce jour, nous n’avons plus eu le moindre contact avec lui. Nous ignorons les motifs de cette aversion à notre égard.

Comme je le crains depuis le départ, la marina va se remplir progressivement et si nous ne pouvons pas partir pour Trinidad le 1er juillet, nous risquons fort de ne plus trouver de place nulle part en cas de mauvaise météo … nos amis « Maeva » s’étaient vu, en son temps, refusé l’accès à la marina alors qu’un coup de vent menaçait, sous le prétexte qu’il n’y avait plus de place !!

Après bien des discussions et des hésitations, nous avons pris la décision de souscrire un mois de marina à 1.395 € !! Nous risquons donc de payer plus de 15 jours de marina pour des nèfles si nous pouvons arriver à Trinidad pour le 1er juillet. Par contre, si nous payons au jour le jour, jusqu’au 15 juillet, nous en aurions pour 2.324 € …

Jeudi  18.

La responsable de la marina est une certaine Charlotte (Française) mais il est assez difficile de la joindre ! Aussi, Ann avait pris rendez-vous avec elle pour aujourd’hui 10.30 heures. Prise par une urgence, le rendez-vous a été reporté à  14.30 heures.

Ann est parvenue à faire rétroagir notre mois de marina, à notre date d’arrivée ce qui nous fera économiser les 575 € que nous avons payés pour une semaine de marina ! Par ailleurs, nous avons appris que nous occupions la place d’un monocoque de 24 mètres qui arrive le 1er juillet mais qui aura une quarantaine à subir … Nous espérons vivement que d’ici là, nous serons partis pour Trinidad !

Une conséquence de notre rapprochement des côtes sont les mouches (difficile de trouver plus énervant comme insecte) et les moustiques ! Ces derniers ne sont pas très visibles mais le matin, je peux en dénombrer le nombre au vu de mes morsures.

Vendredi  19.

Le ras-le-bol de la marina nous submerge chaque jour un peu plus. Nous ne pouvons nous plaindre de nos voisins (sauf de leur présence) qui sont tout à la fois, charmants et discrets … en fait, c’est moi qui suis un ours. Si je parlais couramment l’anglais ou si au moins, je le comprenais, la situation serait peut-être différente mais en le cas d’espèce et avec le Covid-19 qui impose des mesures de distanciation, j’étouffe plus qu’autre chose.

Pour nous protéger des occasionnelles pluies torrentielles, nous avons ressorti nos bâches latérales en sorte de fermer complètement notre cockpit, le transformant du même coup, en véranda. Cela nous donne de l’ombre, nous confère une plus grande intimité et nous protège contre la pluie. Mais comme toutes les vérandas quand le soleil plombe …

Moi qui suis devenu un lecteur assidu, je ne tombe depuis quelques temps que sur des navets ou sur des livres peu enthousiasmants à un tel point que je me détourne un peu de la lecture !!!  Si la marina ne possédait pas une piscine la plupart du temps vide tout occupant (le pied), j’aurais déjà pété un câble depuis longtemps.

Nous pourrions certes aller au mouillage mais ils ne sont pas nombreux en raison de la fermeture des frontières et bondés d’après ce que nous en avons pu voir. Or, nous connaissons par expérience, les « délices » d’avoir un voisin de mouillage trop près de soi. Et cerise sur le gâteau, nous sommes rentrés de plein pied dans la période cyclonique même si les plus optimistes affirmeront ne rien craindre avant le mois d’août.

Samedi  20.

Cela faisait plusieurs jours que nous avions envie d’aller nous balader et de visiter la vielle ville. Le marché du samedi matin en était l’occasion rêvée. Pour cela, Ann m’avait demandé de me réveiller un peu plus tôt que d’habitude en sorte qu’à 6.20 heures j’étais potentiellement prêt ! En finale, il était 9 heures quand nous avons quitté le bateau pour une marche à pied qui nous a paru i-n-t-e-r-m-i-n-a-b-l-e.

La récompense n’était pas véritablement au rendez-vous car en fait de « marché », c’est minuscule et très sale. C’est bien simple, nous en avons fait le tour en deux ou trois minutes et nous sommes repartis sans rien avoir acheté ! Quant à la « vieille ville », elle est effectivement « vieille » mais ne vaut certainement pas le détour.

S’il y a bien une nouvelle habitude qui a été adoptée par la population, c’est le port du masque … même en plein air et pourtant, il fait chaud et lourd ! Impossible de trouver un magasin qui n’autorise son entrée qu’à la condition de porter le masque.

Nous aurions pu prendre un taxi pour le retour mais comme nous n’étions pas chargés, j’ai poussé Ann à poursuivre à pied et quand on connait le chemin, tout parait beaucoup plus court. Avant de revenir à la marina, nous avons fait une halte d’avitaillement au « Foodland ». Les boissons c’est ce qui pèse le plus … mes bras se sont rallongés de quelques centimètres.

En fait, la cerise sur le gâteau nous attendait à la marina !! Nous n’étions pas rentrés à bord d’une demie heure que « Désert Eagle » quittait la marina ! Le pied … le super pied ! Je n’aurais jamais cru pouvoir être si heureux d’enfin retrouver de l’air, notre vue et abandonner ce sentiment d’étouffement qui me plombait le moral.

Dimanche 21.

Douche froide : le Premier Ministre de Trinidad a prononcé son discours : les frontières restent fermées, il verra comment cela évolue dans les autres îles !! Nous sommes donc dans l’impasse la plus totale puisque nous ne savons pas si Trinidad compte ouvrir un jour ses frontières et avec la seconde vague d’épidémie qui s’annonce …

Un peu tôt pour prendre une décision irrévocable mais nous projetons de passer la période cyclonique sur le bateau, à Grenade. Nous remonterions ensuite sur la Martinique pour le carénage du bateau et la remise en peinture de notre flanc tribord. Si tant est  que nous puissions voyager, nous en profiterions pour rentrer au pays pour un mois ou deux. En le cas contraire, nous louons sur place un appartement.

Lundi  22.

Cette journée a été marquée par l’arrivée de « jack », un jeune braque allemand de trois ans. Nous en avons eu jusque cinq avant de partir vivre sur notre bateau ! Autant dire que nous sommes très attachés à cette race de chien et que d’en voir un sur un Lagoon 52 des BVI ne nous laisse pas indifférents.

Quant au catamaran, nous avons eu cinq minutes de chance car encore un peu, on se le payait à la perpendiculaire de notre bateau ! En principe, tous les bateaux amarrés sur l’autre face de notre quai, sont placés cul au quai (sauf « Désert Eagle » qui avait été placé parallèle au quai sans doute parce qu’il n’est resté que trois nuits).

Avant notre arrivée, un unique catamaran était amarré perpendiculaire au quai. En plaçant le nouvel arrivant sur son bâbord, nous avons évité du même coup de nous le taper. Il faut maintenant espérer que les autres  soient placés systématiquement sur bâbord …

Depuis quelques jours, nous avons droit à une brume de sable qui donne l’impression d’une augmentation de la température par suite de l’absorption de l’humidité ! Il fait étouffant et manque de pot, nous sommes dans l’impossibilité de faire fonctionner notre airco avec le courant du quai. Grrrrrr.

En fin d’après-midi, nous avons eu droit à une légère baisse des températures et de suite, nous avions l’impression d’un bien-être retrouvé. Durant toute la soirée et la nuit, nous n’avons même pas ressenti le besoin de faire marcher le ventilateur !

Mardi  23.

Bien entendu les températures sont reparties à la hausse et il fait à nouveau étouffant. La solution consisterait à passer ses journées à la piscine mais il y a maintenant quasiment toujours quelqu’un et surtout ce ne sont que des anglophones, que des anglophones, que des anglophones ! J’ai compté dans toute la marina que trois bateaux où on parle français mais ils sont sur un autre ponton et on ne les voit nulle part !

Mardi  23.

On n’est pas sorti de l’auberge … Nous souhaitons ajouter une ligne électrique « quai » réservée exclusivement à l’airco pour remédier au problème que nous connaissons actuellement (ampérage insuffisant). Nous avons ainsi eu  la visite ce matin, de la perle de la perle des électroniciens !

Ann lui a expliqué par téléphone, de quoi il retournait. Il nous a fixé rendez-vous ce mardi à 9.30 heures (qu’il a déplacé à 11.30 heures) pour voir le travail. A l’heure dite, il s’est présenté avec deux mallettes (il me faisait déjà la meilleur des impressions). Nous lui avons tout expliqué dans le détail pour nous entendre dire qu’il était désolé mais que ce n’était pas de sa compétence mais de celle d’un électricien ! Lui, il « répare » l’électronique. Chouette ai-je dit nous avons justement un gros chargeur en panne … il nous a conseillé de le reprendre dans nos bagages lorsque nous rentrerons au pays car de toute manière, il doit l’envoyer – sans même l’avoir ouvert – chez Mastervolt à Amsterdam !

Nous avons pris contact avec l’électricien de « Grenada Marine » (chantier dont nous avons entendu pis que pendre) qu’il nous a renseigné. Ce dernier devait venir demain voir le travail mais à notre grande surprise, nous avons reçu en fin de journée, une demande de renseignements très précis notamment, quant à notre carte de crédit ainsi que la demande d’un acompte de 200 USD !!

Mû par une énergie nouvelle (toute la journée, nous voyons des annexes aller dans tous les sens), nous avons mis notre annexe à l’eau. Nous en avons profité pour faire le plein de la nourrice (réservoir de l’annexe), le tour du mouillage et un avitaillement en boissons au « Foodland ». A chacun des deux pontons, je me suis fait quantité « d’amis  locaux » dont un se souvenait même très bien de moi sauf que la seule autre fois où nous sommes venus à Grenade, c’était il y a 4 ans et que nous n’y avons que déposé le bateau !

Mercredi  24.

Comme tous les mercredis, nous avons eu droit à la file des candidats au dépistage du Covid-19 (fin de quarantaine) et de l’animation qui s’ensuit : nouveaux arrivants à la marina (5) et ballets d’annexes de plaisanciers allant au ravitaillement.

Sur plusieurs de nos voisins, les techniciens de tout genre sont à l’œuvre et pour notre malheur, sur notre tribord, ils sont en train de décaper au marteau et au burin, une large bande de gelcoat dans le cockpit !! Nous ignorons toujours la raison de l’opération qui dure maintenant depuis plusieurs jours …

Pour notre part, nos recherches pour trouver un électricien s’avèrent infructueuses. Le dernier en date, « Marine Tech » situé à deux pas de la marina, a trop de travail pour l’instant ! En dernier recours, nous avons appelé Sean (le cousin de Mark de « Dynamite Ltd ») dont nous attendons le résultat de ses démarches.

Si en matinée, la piscine est généralement inoccupée, au cours de l’après-midi, la plupart des anglophones s’y retrouvent pour y prendre l’apéritif (chacun apporte sa propre boisson). Autant dire que nous nous sommes enfuis. En partant, nous avons fait la rencontre d’un couple franco-canadien qui n’en est qu’à ses débuts de l’aventure. Leur Bali 40 se nomme « Maeva ».

L’ouverture des frontières de Trinidad apparaît de plus en plus comme un lointain mirage. Leur Premier Ministre semble être « l’homme qui a peur de son ombre » et comme les élections doivent avoir lieu en novembre de cette année, sa politique semble être : « mieux vaut ne pas se mouiller ».

Une différence de un ou deux degrés et nous passons une soirée et une nuit merveilleuses. C’est la seconde fois que cela arrive mais cela ne dure jamais.

Jeudi  25.

Journée calme et ensoleillée avec toutefois, de subites rafales de forte amplitude.

J’ai retrouvé le plaisir de la lecture et cela change tout : avec un bon bouquin, le temps s’écoule extrêmement plus rapidement. Il faut dire que la perspective de ne quitter la marina qu’en … novembre, n’est pas tout-à-fait ce à quoi nous nous étions attendus.

Un excellent article paru dans la presse de Trinidad, nous redonne un petit espoir que le Premier Ministre se décide enfin mais un mou restera toujours un mou.

En principe, nous allons plonger ce lundi avec le club de plongée « Scubatech » de « Prickly Bay » qui a reçu les autorisations nécessaires !! A la marina de « Port Louis », le club de plongée « Ecodive Grenada » n’a, pour le moment, aucune perspective d’ouverture !! Comme quoi, il y en a qui sont plus débrouillards que d’autres. Reste à voir ce qui nous sera proposé.

Deux nouveaux arrivants (canadien et danois) se sont enregistrés à la marina mais de prime abord, au vu de l’emplacement qui leur a été attribué, ce ne serait que pour quelques nuits.

Vendredi  26.

L’idée que nous allons passer les quatre mois à venir, dans cette marina, me paraît insupportable. Je ne parviens cependant pas à décider de retourner au mouillage en raison de prévisions météo peu avenantes de nature à provoquer le stress. Quitter la douceur et la sécurité de cette marina est facile mais pour aller où ???

Se retrouver au mouillage, encerclé de toutes parts par des crétins ne respectant pas les distanciations sociales par manque de place ou pour tout autre raison, pourrait se révéler très vite plus insupportable encore que la vie en marina. Quant à un retour en marina, à supposer qu’il soit encore possible, pourrait nous contraindre à un emplacement nettement moins agréable que celui que nous connaissons aujourd’hui. La place que nous occupons, n’est d’ailleurs, que temporaire puisqu’elle est réservée par « Ananda » (Swan 82’ – 24.90m) qui vient d’arriver … mais il lui reste la quarantaine à subir. Ouf.

Nous sommes idéalement placés au début du ponton en sorte que nous voyons passer tout le monde. De surcroît, nous avons une vue bien dégagée sur notre bâbord … pour autant qu’on ne nous colle pas un idiot sur ce côté du ponton.

Rien n’est définitif et nous pourrions rapidement en arriver à détester cette marina mais pour le moment, c’est la meilleure solution que nous avons trouvée. Si nous pouvons nous remettre à la plongée sans nous ruiner pour autant, cela nous aiderait certainement à passer le cap.

Samedi  27.

Alors que nous nous apprêtions à aller à la piscine, un soudain, brutal et violent coup de vent (40 nœuds à la marina – 45 nœuds au mouillage) a balayé littéralement la zone avec pluie diluvienne à la clef !

Cela fut tellement violent qu’Ann, installée dans le cockpit, s’est réfugiée dans le carré pour ne pas se faire emporter par le vent tandis que je m’agrippais à l’intérieur pour ne pas tomber en raison d’un subit coup de gîte !! Bonjour le stress …

Comme le coup de vent est venu de notre tribord, le bateau s’est en partie couché sur le ponton ! Grâce au ciel notre peinture de coque n’en a pas souffert car, en finale, c’est notre échelle de coupée qui a tout pris en jouant le rôle de défense !!  Pas une seule griffe … juste le débordoir en inox de notre échelle qui s’est plié en creusant un sillon de 10 cm. dans le mastique de la coque.

Manque de pot, c’est le flanc tribord qui était endommagé et qui va être repeint aux frais de l’assurance de « Sacre Bleu ».

Pour détordre notre échelle de coupée, nous avons fait appel à « Royan’s Marines Service Welding & Fabrication » que nous avions vu travailler sur d’autres bateaux. Il est venu en fin de matinée et nous a détordu notre barreau en inox à la seule force des bras !! Deux nouveaux bouchons en plastique sur les débordoirs et nous en avions pour 270 ECD (+/- 80 €). Nous ne lui avons pas indiqué la taille du bateau, c’était manifestement inutile …

Un peu choqués par ce nouveau coup du sort, nous avons passé la journée au bateau ! Il faut dire que la pluie ne nous a pas beaucoup incités à nous promener. Nécessité faisant loi, Ann s’est tapé un petit détour par le « Foodland » et en est revenue avec un foutu mal de dos.

Contrairement à votre serviteur qui a dû se faire opérer, Ann n’a jamais connu de problème de dos jusqu’à notre arrivée en île Maurice où en pleine nuit, une houle rentrante nous a contraints à jouer le rôle d’amortisseurs entre notre bateau et le mur du quai. Depuis cette nuit de merde, Ann connait des problèmes de dos !

Dimanche 28.

Pour une fois, nous  avons fait la grasse matinée en sorte que quand nous sommes arrivés à la piscine, il y a avait foule. Malheureusement pour nous, tous ces américains ont une conception assez différente de la nôtre quant à l’utilisation d’une piscine et c’est donc en slalomant entre des gens en pleine discussion que nous avons essayé de faire quelques longueurs. Autant dire que nous nous sommes pas attardés.

Lundi  29.

A 9.30 heures, Eveline( Suisse allemande parlant parfaitement français)) de « Scubatech » de « Prickly Bay » venait nous chercher à la marina. Nous sommes directement partis pour  « Shakem », un petit cargo chargé de sacs de ciment qui a coulé en 2001 un peu au large de la zone de mouillage.

Pas de bouée de signalisation, ni filin de descente, nous avons suivi Eveline et grâce à une bonne visibilité, nous avons vu assez rapidement l’épave qui est « cimentée » droite sur le fond. La faune et la flore n’y sont pas très riches comparées à d’autres épaves mais il y a moyen de circuler dans les cales et coursives et c’est cela qui est le plus gai. Autant dire que je me suis amusé comme un petit fou.

Bien évidemment, à cette relative profondeur (-31 m), le compteur tourne nettement plus vite et sans y faire trop attention, j’ai atteint les 6’ de palier obligatoire (réglage pour une plongée à l’air) pour 45’ de plongée. La température de l’eau était de 28°.

Avec un intervalle surface de 45’ (un peu court, selon moi même s’il est vrai que nous plongions au Nitrox 32), nous nous sommes rendus un peu plus vers le sud, à « Purple Rain » présenté comme un tombant allant jusque -30m. En fait de « tombant », il faudrait davantage parler d’une pente inclinée comme on en retrouve en Martinique.

La flore y est très abondante et les gorgones imposantes. Nous y avons vus deux petites murènes tachetées et par miracle, tellement elle était bien cachée, une langouste. Nous avons suivi sagement Bradley, notre guide, avant d’être récupérés en surface. Paramètres de la plongée : – 19m – 58’ – 28°.

De retour à la marina, nous avons pu constater que l’animation était bien présente avec toute une série de nouveaux arrivants dont un couple de Français, « Blue Gate III » amarré de l’autre côté de notre ponton. Par bonheur, ils ont été placés bien en avant de notre position en sorte qu’ils ne nous gâchent pas notre vue. De toute manière, ils ne restent que 3 jours avant de partir au chantier.

Alors que la marina n’est qu’à moitié remplie, certains nouveaux arrivants sont placés en des emplacements impossibles (entre deux bateaux à moteur, entre deux bateaux jouissant seuls d’un catway) sous prétexte que tout est déjà réservé !!!!! Il est impossible de comprendre la logique qui préside à l’octroi des emplacements !

En tant que tel, on s’en moque sauf que d’une part, notre emplacement actuel est réservé à « Andana » et que d’autre part, nous avions justement pris la décision de partir sur le mouillage de « Carriacou » dès la fin de notre contrat soit le 10 juillet. Aussi Ann a-t-elle pris rendez-vous avec Charlotte, la manager de la marina, pour savoir ce que nous risquons si nous partons pour éventuellement revenir plus tard : un emplacement ne vaut pas l’autre !

Alors que nous n’y pensions plus, les électriciens de « Turbulences » sont venus voir le travail consistant à tirer une nouvelle ligne électrique dédiée exclusivement à notre airco. Nous attendons maintenant leur devis.

 Mardi 30.

Depuis quelques temps déjà, nous avons constaté que les règles en vigueur lors de notre arrivée sur l’île, avaient quelque peu « évoluées » ! Il semblerait, en effet, que la quarantaine de 14 jours soit passée à 10 jours !!! En fait, si nous en croyons nos nouveaux voisins français, cela dépendrait de la disponibilité de l’équipe médicale chargée de réaliser les tests : en clair, pour certains, il sera de 14 jours et pour d’autres, de 10 jours ! De même, le jour des arrivées ainsi que celui des tests ne seraient plus les mêmes !

Impossible par ailleurs, de savoir qui est encore en quarantaine et qui ne l’est plus dès lors que certains petits malins arborent le pavillon jaune de quarantaine pour rester impunément au mouillage …

Et puis, il y a les « exceptions » qui permettent – notamment – à un voilier canadien de venir vider ses cuves d’eau noire à la marina alors qu’il est encore en quarantaine ! Tout semble rester sous contrôle mais je pense qu’il ne faudrait pas trop gratter pour découvrir de nombreuses « anomalies ». Le ballet des annexes est également un signe qui ne trompe pas car soit il s’agit de plaisanciers en quarantaine soit de plaisanciers qui ont terminé leur quarantaine et qui sont restés au mouillage … dans les deux cas, ils sont en faute !

Cela fait plusieurs jours qu’Ann avait envie de sushis ! Nous avons donc attendu que le restaurant de la marina rouvre (timidement) ses portes pour y aller manger. Hier, nous avions raté l’occasion car il fallait s’y présenter avant 18 heures en raison de l’heure de fermeture imposée par les autorités.

En nous y rendant, nous sommes passés par la piscine qui était noire … pardon, blanche d’Américains en train de siroter leurs apéritifs ! Amusant mais même moi j’ai pu traduire le panneau interdisant d’apporter ses boissons à la piscine.  Ils étaient au moins une trentaine dans l’eau. Pas convaincu que les règles de distanciation sociale aient été respectées mais pour les Américains (républicains), le Covid-19 n’est somme toute qu’une grosse grippe et le nombre de morts largement exagéré. Et puis, ils sont tellement attachés à leurs libertés, les pauvres petits.

Les Anglophones reçoivent très peu à bord de leur bateau lui préférant la formule d’un rassemblement sur la plage ou au club house de la marina. Cela nous avait frappé lors de notre tour du monde.  

Par esprit de contradiction, le restaurant ne propose des sushis que les mercredi, jeudi, vendredi et samedi !! Nous n’avons pas trop mal mangé mais nous avons dû fuir directement après en raison de la voracité des moustiques.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 17 juin 2020

01 au 15.06.2020 – Quarantaine à Grenade.

Lundi 01 – 6è jour de quarantaine.

Un petit soleil a largement illuminé cette journée. C’était ce qu’il nous fallait pour faire remonter notre morale.

Tout est calme :  le mouillage, le vent, la mer et  même,  le roulis. Seul « Clara Maris » (Privilège 745) nous a surpris en quittant le mouillage pour le nord !! Il est vrai que peu de temps auparavant, il avait passé la matinée à la marina !! Mystère, mystère.

Alors que les premiers jours de notre arrivée, nous avons eu droit à un fort courant nous repoussant vers le large, depuis hier, celui-ci a disparu ce qui rend la baignade particulièrement agréable (la visibilité n’est malheureusement souvent pas terrible !). J’en aurais même profité plus longuement si je n’étais pas tombé dans un banc de petites méduses translucides qui m’a fait rebrousser chemin à toutes jambes …

Mardi 02 – 7è jour de quarantaine.

Le soleil était de la partie ce qui était le plus essentiel. Par contre, nous avons eu droit à des rafales de vent aussi fortes que brutales de nature à tester la solidité de notre ancrage ! J’ai horreur du vent sur un mouillage. Le roulis quant à lui, fait hélas partie du paysage locale …

Comme on s’y attendait, les « resquilleurs » ont pointé le bout du nez dans le courant de la matinée. Nous en avons compté sept, essentiellement canadiens et américains. Tous sont passés par la case de la marina en sorte que nous pensons qu’ils ont pu s’enregistrer alors que pourtant l’ouverture des frontières n’est prévue que les mercredi, jeudi et vendredi de chaque semaine !

Pour une île anglophone dont la souplesse des autorités n’est, en général, pas la qualité première, c’est plutôt surprenant d’apprendre que la règle générale connait bien des exceptions. Ainsi avons nous appris qu’en fait, dès le 20 mai soit une semaine avant l’ouverture officielle, un certain nombre de bateaux venant de Saint Vincent ou de ses îles, s’étaient pointés « à titre de cobayes ».

Il en résulte que la quarantaine est déjà terminée pour eux ! Ceci explique sans doute un subi va-et-vient d’annexes. J’en ai compté une petite dizaine qui se sont toutes rendues à la marina pour le test de dépistage au « Covid-19 » du moins, nous le supposons. Leur départ du mouillage devrait survenir, en toute logique, dès demain.

Les autorités de Trinidad pour leur part, se laissent tirer l’oreille quant à savoir quand (ou si ?) elles vont ouvrir leurs frontières ! Si ce n’était que l’île jouit en quelque sorte d’un quasi monopole de sécurité en matière de cyclones, nous lui tournerions définitivement le dos et c’est peut-être en finale ce qui va arriver. J’espère en tous les cas que leur attitude désinvolte leur fera perdre beaucoup de clients (il paraît que les désistements se succèdent chez Peake) mais cela ne semble pas attrister les autorités locales qui profitent largement de leur gaz et de leur pétrole.

Mercredi 03 – 8è jour de quarantaine.

Tout au long de la matinée, les bateaux sont arrivés par petits groupes pour se faire enregistrer. Manque de chance, ils ont eu droit à une journée pluvieuse alors que jusqu’à présent, nous avions connu un temps très sec.

Si la première vague du 27 mai comportait principalement des monocoques, cette seconde vague a fait la part belle aux catamarans. Mais comme à chaque fois, des Américains ou des Canadiens et très majoritairement, des anglo-saxons. Amusant de relever comme ces derniers ont tous l’air de se connaître et se manifestent des accueils chaleureux. A l’opposé, les francophones se montrent beaucoup plus réservés même entre eux. Pour notre part, nous essayons d’être les plus antipathiques que possible … histoire qu’ils ne viennent pas s’ancrer près de nous.

Parmi les nouveaux venus, deux monocoques dont « Tropic Bird » battant pavillon américain, sont arrivés par le sud !!!! A défaut d’informations fiables, nous ne pouvons que supputer : soit ils venaient du Brésil, de Guyane voire de Tobago (je n’accorde pas beaucoup de crédit à cette hypothèse), soit ils sont rentrés sur l’île illégalement et les « Coast Guard » les ont contraints à réaliser leur quarantaine … Malgré les fermetures des frontières et les interdictions de naviguer, beaucoup n’en ont tenu aucun compte. 

Vu le fonds de corail de mauvaise tenue, chaque bateau a bien des difficultés à trouver un ancrage satisfaisant. Certains vont même jusqu’à 5 ou 10 essais (!) avant de trouver leur bonheur. Tout ceci a pour conséquence que les nouveaux arrivants sont en perpétuels mouvements et que si vous n’y faites pas gaffe, vous vous les prenez sur le nez !

Dans le courant de l’après-midi, nous avons assisté à quelques mouvements d’annexe nous faisant présumer que quelques chanceux étaient allés rechercher leur certificat sanitaire à la marina. Mais loin du grand exode auquel je m’attendais, nous n’avons enregistré que deux départs du mouillage : le cata « Cloud Nine » battant pavillon anglais et un Hunter avec son macaron « Martinique » souvent vu au « Marin », battant pavillon américain.

Jeudi 04 – 9è jour de quarantaine.

Une météo habituelle : soleil, petites pluies et vent en rafales. Le mouillage est décidément assez venteux et cela nous surprend car chaque fois que nous avons remonté l’île par l’intérieur (côté mer des Caraïbes), nous avons été contraints de naviguer au moteur !

Côté arrivants, j’en ai compté une quinzaine voire un peu plus car je me suis rendu compte que certains avaient échappé à ma vigilance ! Côté départs, nous n’en avons compté que deux dont un Suédois. Là encore, le nombre pourrait être plus important car nous nous sommes levés assez tard et qu’il nous a semblé qu’il y avait des trous dans le mouillage mais impossible de se souvenir qui seraient partis.

Signalons que l’activité maritime du petit port commercial de « Saint Georges » est assez intense.

Vendredi 05 – 10è jour de quarantaine.

« Dépression tropicale » selon la météo. Une journée merdique par excellence, en vérité.

Dès le lever du jour, le vent avait totalement disparu, les températures ont commencé à grimper, la pluie s’est mise de la partie et les bateaux ont tourné dans tous les sens, en se faisant chahuter méchamment. C’est ce qui m’a réveillé ! J’étais en nage et le bateau bruissait de mille bruits désagréables depuis les divers grincements jusqu’aux vagues qui  se fracassaient sur notre jupe arrière.

Nous avons déjà connu cela à la baie Sainte-Anne ! Cela ne dure généralement qu’une bonne heure, souvent le temps d’un changement de marée.

J’ai bien essayé d’aller dormir dans le cockpit mais très rapidement, j’ai compris que je n’y arriverais pas aussi je suis redescendu dans notre cabine où la fée Morphée m’attendait !

Toute la journée ne dénota pas de  cette impression de désolation. Nous avons même entendu le tonnerre ! La pluie nous a empêchés de profiter de notre cockpit.

Il y a eu quelques nouveaux arrivants mais combien ? Nous en avons au moins dénombré trois mais ce chiffre pourrait être plus élevé.

Samedi  06 – 11è jour de quarantaine.

Cette fois, je n’hésiterai plus à le déclarer haut et fort : notre mouillage est rouleur ! Avec l’absence de vent, le phénomène s’est encore aggravé avec des bateaux pivotant dans tous les sens. On a eu à peine le temps de se féliciter que le bateau pointait à nouveau vers la côte … qu’il s’était tourné vers le nord ou vers le sud ! Le résultat des courses était que nous roulions énormément et que les distanciations sociales entre chaque bateau, frôlaient parfois les limites. Si seulement d’un claquement des doigts je pouvais faire disparaître le Hunter 49 australien que nous avons comme voisin tribord … et puis, tant qu’à faire, le catamaran Léopard anglais sur notre bâbord.

Par ailleurs, il pleut par intermittence, avec une belle régularité ! De temps en temps, un grain. Je ne vous dis pas les chaleurs à l’intérieur du bateau ! C’est tout simplement insupportable. Une journée un peu moins merdique que la veille mais pas loin.

Sur le mouillage, nous avons constaté l’arrivée de trois nouveaux arrivants : un Bavaria 43 australien, un monocoque allemand et un catamaran anglais. Il est toujours possible que nous ayons raté l’une ou l’autre arrivée supplémentaire. Nous avons également assisté ébahis au départ vers le nord, de « Ganesha » (Amel 54 anglais) !! Aux dernières nouvelles, il était à hauteur de Sainte Lucie.

Mais la cerise sur le gâteau fut l’arrivée nocturne (19.30 heures) de « The Good Life » (catamaran Léopard battant pavillon français) qui a traversé tout le mouillage pour aller jeter l’ancre à proximité d’un autre catamaran qui ne devait pas être réjoui de l’avoir pour voisin. Son arrivée a correspondu avec une absence totale de vent : la surface de l’eau était un miroir et les bateaux pointaient de manière désordonnée dans toutes les directions.

Dimanche 07 – 12è jour de quarantaine.

S’il y a une journée à marquer d’une pierre blanche, ce serait bien celle-ci : vent agréable, presque pas de roulis, pas de soleil et les bateaux qui restent en place !

Départ sans complexe (aucun enregistrement réalisé) de « The Good Life » pour « Clarkes Court Boatyard ». Nous ignorons comment il va se démerder avec les autorités de l’immigration …

Du côté des nouveaux arrivants : « Aqualuna » (Discovery anglais) arrivé ce matin, à 6.38 heures et « Imagination » (Fountaine Pajot Bahia 46’) arrivé en début d’après-midi. Une fois encore, il est possible que d’autres arrivants aient échappé à ma vigilance puisque beaucoup ne semblent tenir aucun compte des jours officiels d’arrivée …

Un « love boat » est venu accoster à son ponton réservé !! Selon nos informations, il n’aurait fait que débarquer des résidents qui sont tout aussi soumis que nous, à quarantaine …

Nous avons tous reçu ce matin et cet après-midi, un rappel des consignes de quarantaine sous peine de voir les accords négociés, annulés ! Il semblerait bien qu’il s’agisse  d’un sévère «  avertissement » alors que selon moi, la quarantaine est respectée par tout le monde avec énormément de sérieux !!!

Si j’en crois le rappel des mesures à respecter, certains iraient faire courir leur chien sur la plage (il est vrai que j’ai vu une annexe partir en cet esprit), du shopping avec leur annexe (impossible de savoir ce qu’ils vont faire lorsqu’ils partent à la marina), nageraient jusqu’à d’autres bateaux pour faire papelote (un bateau français s’est senti visé …).

Depuis le départ et connaissant l’incivisme crasse des plaisanciers, j’ai toujours été convaincu que les autorités de Grenade reviendraient sur leur décision d’ouvrir leurs frontières … motif pour lequel il m’avait semblé impératif d’être dans les tous premiers. Toutefois et même si notre déconfinement arrive à son terme, ce serait une catastrophe car les autorités de Trinidad y trouveraient prétexte à ne pas ouvrir leurs frontières …

Selon un plaisancier, nous serions 110 bateaux dont 2 catas à moteur, 40 catas et 68 monocoques.

Profitant d’un moment creux, je me suis lancé dans le déplacement du flotteur de la pompe de cale arrière (celle dont l’alarme a gueulé durant notre petite traversée – cfr. article précédent). Cela m’a permis de comprendre l’origine de notre fuite d’eau : c’est le joint de la mèche de safran qui suinte ! Selon nos informations, ce joint se change tous les 5 ans … le nôtre en a 10 !!!

Lundi 08 – 13è jour de quarantaine.

Ensoleillé, mer belle, pas de roulis malgré un vent très faible … une chouette journée. Dommage que les bateaux ont pointé toute la journée vers le nord au lieu de pointer vers la côte.

« Aqualuna » est reparti  ce matin vers le nord  … pour une probable traversée de l’Atlantique ?? « Ganesha », lui, est maintenant pointé à Antigua !

Nous avons reçu un E-mail nous avertissant que les test de dépistage au Covid-19 pour tous les bateaux arrivés les 27, 28 et 29 mai vont débuter mardi. Malheureusement, notre groupe (de P à S) n’est attendu que mercredi à 8.30 heures. En fait, les bateaux sont appelés par ordre alphabétique de leur nom. Et donc, pas de chance car avec « S.A.S.³ » on passe dans les derniers, juste avant ceux arrivés les 28 et 29 mai.

120 personnes sont prévues pour ce test avec un résultat dans les 24 heures . Nous ne quitterons donc le mouillage pas avant jeudi … Nous sommes perdants sur toute la ligne !

Hier, nous avions reçu un avertissement général qui m’avait quelque peu fait bondir. Aussi ai-je demandé à Ann de traduire la réponse suivante : « Ne faites pas payer à la grande majorité des plaisanciers qui respectent scrupuleusement la quarantaine, l’incivilité de quelques-uns. Sanctionnez les si nécessaire ». Du fait de la nécessité de traduire en anglais, j’ai été contraint de faire au plus court …

Aujourd’hui, nous avons reçu une réponse de l’auteur de l’avertissement estimant qu’effectivement, celui-ci était un peu sévère et que les comportements relevés étaient sans doute isolés.

Nous avons vu arriver 2 petits voiliers dont un était visiblement en panne de moteur puisqu’il s’est fait remorquer par un bateau de pêche. En fin d’après-midi, c’est un catamaran Sunsail qui faisait son entrée à la marina sans pavillon jaune ! Nous apprendrons plus tard qu’à la marina, il y a une base Sunsail  …

Nous avons vu par contre, sortir de la marina deux catamarans sud-africain arrivés sur place le 19 mai et donc, plus en quarantaine. Ils ont été rejoindre à l’ancre, un autre catamaran ancré à l’extrémité nord de la baie renseignée comme fort rouleur … Pas vite dégoutés, dirons-nous.

Nous avons également assisté au retour – sans fanfare – de « The good life » qui est allé s’ancrer à l’autre extrémité du mouillage. Sa situation n’est toujours pas claire car selon nous, il ne s’est pas fait enregistrer. A-t-il essayé de forcer la quarantaine obligatoire et s’est-il fait rejeter par le chantier et/ou les « Coast Guard » … mystère.

Enfin, « Imagination » qui est ancré sur notre arrière, semble avoir été chercher en annexe, un couple de guests !

Mardi 09 – 14è jour de quarantaine.

Départ de « Imagination » comme je l’avais correctement supposé … il s’agissait bien d’un couple de guests. Yeeesss …

Journée à petits grains. L’avantage c’est qu’après le passage du grain, le ciel est serein. Il faut bien voir le côté positif ! Autre côté positif, nous n’avons pour ainsi dire pas roulé de la journée !!

Je n’ai enregistré que 5 nouveaux arrivants :  un catamaran Léopard 44 battant pavillon américain, deux monocoques battant pavillon brésilien (« Strega » et « Zenithi »), un Amel 54, « Eloïse » battant pavillon français et le meilleur pour la fin, un First 375, « Maggie May » battant pavillon anglais et qui n’a rien trouvé de mieux que de s’ancrer devant nous …  grrrrr.

En fait, ce crétin (il est seul) s’apprêtait à s’ancrer devant notre voisin anglais de bâbord. Ce dernier s’est alors entretenu avec lui et lui a clairement indiqué de s’ancrer devant nous !!!!! Grrrrr. Mais que voulez-vous dire dès lors que vous ne parlez pas anglais et que rien ne justifie votre irritation puisqu’il est ancré bien en avant de notre orin.

Nous avons bien espéré que comme pour tous ses prédécesseurs, son ancrage ne tienne pas mais à notre grande désolation, celui-ci est parfait ! Pour m’éviter d’avoir à passer une très mauvaise nuit, je suis allé à la nage, vérifier son ancrage. 

Comme déjà indiqué, il s’agissait d’une matinée de tests de dépistage au Covid-19.  54 personnes ont été testées mais ils n’ont reçu que 34 résultats alors que demain, c’est la seconde fournée. En bref, il faut s’attendre à une quarantaine prolongée de quelques jours comme si nous n’avions que cela à faire …

Notre pavillon jaune s’étant enroulé sur lui-même, je tire un peu sur le filin … et je l’attrape en main ! Grrrrrr. Par bonheur, un des deux brins est resté en place mais son extrémité était bloquée à hauteur de la première barre de flèche. Que faire ? Que faire ? La seule solution semblait être de monter au mât mais Ann m’a convaincu de monter sur la bôme et de là, d’essayer d’attraper le filin avec la gaffe. Et vous ne le croirez pas mais j’y suis arrivé sans problème … à la grande déception de mes voisins qui ont assisté avec beaucoup d’attention à toute la manœuvre.

Mercredi 10 – Fin de la quarantaine !

Quelle journée ! Mon dieu quelle journée ! Mais commençons par le début …

Nous n’avons pas beaucoup dormi  en raison, notamment, d’un véritable déluge que nous avons subi  pendant toute la seconde partie de nuit et d’une température intérieure qui nous a obligés à mettre le ventilateur en marche !! Evidemment, de savoir que nous allions être testés au Covid-19 et que nous avions intérêt à être dans les premiers, ne nous a pas aidés à dormir du sommeil du Juste.

A 6 heures du matin, nous ne dormions déjà plus, même si nous avons attendu 7 heures pour nous lever. Nous n’avons pas pris de douche ou de petit déjeuner pour nous mettre immédiatement à l’œuvre.

A 7.45 heures, nous partions en annexe à la marina. Quelques minutes avant notre départ, c’était toujours le déluge …

A mon plus grand étonnement, nous sommes arrivés les tous premiers. Les autres ont commencé à affluer à partir de 8.15 heures. Nous l’ignorions encore mais tous les tests réalisés la veille avec un écouvillon dans le nez, ont dû être recommencés …

Alors que nous subissions le test sanguin (par bonheur, ils ont changé de méthode), les autres plaisanciers étaient divisés en deux groupes avec priorité, pour ceux testés la veille …

Si nous avons connu quelques balbutiements liés à la nouvelle procédure, nous avons été les premiers pour tout : test, résultat 15’ plus tard, douanes, immigration et marina ! Passé 16 heures, il y avait encore des plaisanciers qui faisaient la file devant le bureau des douanes/immigration et en finale, plusieurs devront repasser demain !

Nous avons eu le sentiment de subir plus que tout autre chose, cette quarantaine. Cela, ajouté à un gros coup de vent annoncé pour le milieu de semaine prochaine, nous a décidés de passer une semaine en marina (12 autres bateaux essentiellement américains, suivront notre exemple) !!! Nous détestons être en marina mais cette fois encore, nous avons eu beaucoup de chance car nous avons une place d’enfer (tant que la marina est quasiment vide) avec une borne électrique de 63A !!!

Du côté de Trinidad, les nouvelles ne sont pas bonnes puisque le Premier Ministre ne compte annoncer ses mesures que le 22 juin ! Il serait question de n’accepter un groupe de 35 bateaux que tous les quinze jours ! De surcroît, nous aurions à subir une nouvelle quarantaine … Se posera ensuite la question de savoir quand les liaisons aériennes au départ de Trinidad, rouvriront … Plus que jamais, nous envisageons d’abandonner Trinidad et de laisser le bateau à Grenade.

Jeudi  11.

L’un des inconvénients majeurs de la marina, y est la faiblesse du vent !!! De prime abord, je devrais considérer cela comme un atout majeure mais en le cas d’espèce, nous n’avons aucune circulation d’air dans le bateau et cela en devient vite étouffant. Avec une borne électrique de 63A, nous pouvons faire fonctionner nos quatre chargeurs mais malheureusement, pas notre airco ! Pourquoi, nous y parvenons en Martinique et pas ici, reste encore un mystère que nous essayons d’élucider.

L’un des avantages de cette marina « Camper & Nicholsons » (luxe et confort : 82 €/jour), c’est sa piscine qui n’a été rouverte que le jour de notre arrivée !  Normal, avec la fermeture des frontières, la marina était plutôt déserte.

Nous avons passé la journée sous un soleil de plomb. Nous avions besoin de farniente, de nous laisser vivre et comme sur l’île, il s’agit d’un jour férié, nous n’avions pas de toute manière, beaucoup d’autres options.

Vendredi  12.

Le déluge prévu par la météo, pour la nuit passée, n’a finalement pas eu lieu : la dépression a été déviée en dernière minute, vers Saint Vincent, Sainte Lucie et la Martinique.

Nous avions programmé la location d’une voiture pour nous rendre à « Clarkes Court Boatyard » ce vendredi … histoire de savoir si oui ou non, ils ont de la place pour notre bateau. Mais ce matin à 9 heures, nous n’avons vu arriver aucune voiture (les réservations se réalisent par internet et la société apporte et vient rechercher la voiture à la marina) ! Pandémie, d’un côté et jour férié, de l’autre, nous n’en avons pas été autrement surpris.

Loin d’avoir repris une vie tout-à-fait normale, l’île est encore soumise à un couvre-feu de 21 heures à 5 heures ! A la pizzeria de la marina, il n’est pas possible de manger mais seulement d’emporter. Nous devons encore découvrir le reste.

Nous avons eu la visite de Sean (en quelque sorte le pendant de Mark de « Dynamite Ltd » pour Grenade et de sa famille) qui a ses bureaux au chantier. Par son biais, nous avons appris que le chantier ne disposait de place pour notre bateau que jusque fin juillet …

Nous relevons un trafic important d’annexes se rendant au « Foodland » situé au fond de la baie. Alors soit, il s’agit de plaisanciers qui en ont terminé de la quarantaine et ils devraient avoir quitté le mouillage pour laisser la place aux nouveaux arrivants, soit, il s’agit de plaisanciers en quarantaine … l’incivisme des plaisanciers !

Samedi 13.

Soleil de plomb et vent en rafales : une pas mauvaise combinaison en marina.

Avec le roulis que nous avons connu au mouillage, nos deux lignes de flottaison sont blanches de sel ! Beaucoup plus haut du côté bâbord que du côté tribord !!!

Depuis notre arrivée en marina, nous y pensons quasiment tous les jours car ici le plan d’eau est parfaitement calme (c’est tellement rare) pour nettoyer. Seulement, il faut trouver le courage de le faire et le côté bâbord pose problème puisque le bateau est à quai sur ce côté là … Il suffirait, en fait, de retourner  le bateau ou de le tirer sur le ponton d’en face pour résoudre le problème mais Ann est farouchement opposée à toute idée de ce type sans aide extérieure et moi, je n’ai aucune envie de solliciter de l’aide (vous vous rappelez : je suis du genre ours mal léché) ! Alors, pour le moment, nous n’avons nettoyé que le côté tribord et pour la journée, c’est déjà amplement suffisant. En tout état de cause, il y a un peu trop de vent pour manœuvrer quand ce n’est pas nécessaire.

Notre petit séjour en marina est loin de me déplaire même si tout n’est pas parfait (manque d’air) et que tout pourrait changer du jour où nous aurions un voisin immédiat (celui que nous avions le premier jour n’est resté qu’une nuit). De là, à m’interroger si nous ne prolongerions pas notre séjour est une question qui me taraude car je crains que le mouillage de Carriacou ne soit pas à la hauteur de nos attentes. Certes, nous le connaissons assez bien mais depuis le Covid-19 beaucoup de choses ont changé.

Dimanche 14.

Soleil de plomb, chaleur et rafales de vent.

Notre journée a été perturbée par la découverte de la panne supposée de l’un de nos isolateurs. Ces appareils évitent aux bateaux en aluminium d’être la prise de terre de tout le quai. Nous en avons deux (32A et 16A) montés en parallèle et c’est celui de 16A qui était supposé en panne.

Il en est résulté un abondant échange de mails avec Patrick Marie, l’électricien du bateau, qui nous en a énormément appris sur la question. C’est dingue que nous ayons pu vivre pendant 10 ans sur ce bateau sans comprendre tous ces mécanismes. A notre défense, nous ne sommes quasiment jamais en marina et les rares fois où nous le sommes, nous perdurons nos habitudes de mouillage.

En finale, le 16A ne se met en route que lorsque le 32A atteint un certain ampérage. Ceci explique parfaitement qu’en cas de consommation « normale », seule le 32A est actif.

Lundi  15.

Sean nous avait annoncé qu’il avait dégoté une place pour notre bateau auprès du chantier « Spice Island Marine Services » de Grenade !! Tout à notre bonheur, nous étions prêts à sauter dans un taxi pour aller voir le responsable. Par prudence, nous nous sommes renseignés sur internet pour découvrir que dans la darse, il n’y avait que -2m  alors que notre tirant d’eau est de -2.50 m ! Plouf.

En tout état de cause, il aurait encore fallu voir si la grue pouvait lever le bateau suffisamment haut (T.E. – 2.50m) pour dépasser la marche de la darse. En Jamaïque et en Australie, cela s’est joué à quelques centimètres près !!!

Nous avons quand même pris le taxi mais pour nous rendre au « Real Value Supermarket » faire un avitaillement nettement moins conséquent que nous l’avions espéré. Selon Ann, on trouve beaucoup plus à Trinidad : il nous a, par exemple, été impossible de trouver du Coca-Cola sans sucre !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 5 juin 2020

26 au 31.05.2020 – Transhumance et quarantaine (Covid-19).

Mardi  26.

Le grand jour de notre transhumance vers le sud a enfin sonné ! Dans ce monde d’incertitudes liées au Covid-19, il y a encore un mois nous ne savions pas ce que nous allions faire de notre bateau pour la période cyclonique ! Notre programme reste toujours de le mettre au sec chez Peake (Trinidad) mais cela est toujours impossible aujourd’hui en raison de la fermeture de leurs frontières ! Alors, nous commençons par descendre sur Grenade (152 NM) et verrons sur place comment les choses évoluent.

Comme toujours après une si longue période d’inactivité (6 mois !), un petit stress était bien présent. Sur le mouillage, quatre autres bateaux avaient également déclaré partir pour Grenade qui n’accepte que cinquante bateaux par semaine.

Nous avons levé l’ancre pour 9.30 heures par un très beau ciel bleu et un petit vent sympathique (la météo prévoyait de la pluie mais nous n’avons pas eu une seule goutte !). Pas de fanfare, ni de klaxon, juste un petit signe de la part de nos sympathiques voisins anglais qui nous avaient affirmé en son temps,  trouver notre bateau « so lovely ».

Une fois atteint la limite du mouillage, nous avons hissé la GV et immédiatement pris deux ris ! Perte d’habitude (prise de ris automatiques) … nous avons fait cela tellement comme des manches que nous avons déchiré sur un bon mètre notre GV juste en-dessous de la bosse de ris 2 !! Comme nous naviguons quasiment en permanence sous deux ris, cela n’est pas problématique mais il va quand même falloir penser à la faire réparer. Encore bien des plaisirs pour la retirer et la remettre en place plus tard …

Comme d’habitude, nous sommes partis sur les chapeaux de roue : vent réel de +/- 20 nœuds, angle du vent 65°, vitesse dans l’eau + 10 nœuds avec 2 ris dans la GV et génois déroulé au premier cran. Il y a parfois des moments où je pense que « S.A.S.³ » avancerait tout aussi bien sans voiles ! Et cela a perduré sans interruption jusqu’au nord de Saint Vincent : nous n’avons même pas du mettre le moteur au niveau de Sainte Lucie !

Au début du canal Sainte Lucie / Saint Vincent, nous avons aperçu un splendide cachalot. Les photos ne sont pas très parlantes mais elles attestent malgré tout de cette merveilleuse rencontre.

Durant toute la traversée du canal, nous avons été escortés par un peloton de mouettes chieuses. Elles n’ont pas arrêtés de tournoyer autour du bateau en plongeant dans la mer à la recherche de petits poissons. Comme elles n’ont aucune retenue, elles nous ont bombardés de leur fiente : on en a retrouvé partout, partout … sales bêtes.

A chaque fois je me fais prendre mais pas cette fois : au nord de Saint Vincent, il y a une zone de +/ 5 milles nautiques où il doit y avoir un effet Ventury quelconque qui fait monter sans prévenir le vent jusque 30 à 35 nœuds (32 nœuds en le cas d’espèce) ! En prévision de ce phénomène météorologique, nous avons enroulé notre bout de génois pour lui substituer notre trinquette. Une vraie merveille … le bateau s’est superbement comporté.

A hauteur de Saint Vincent, nous avons dû mettre le moteur. Il était environ 19 heures (nuit noire). Cela faisait quelques minutes que nous profitions d’un peu de calme qu’une alarme se met à retentir à l’intérieur : la pompe de cale arrière … celle qui est installée dans le compartiment de la mèche de safran et des pilotes automatiques !!!

Par définition, elle ne fonctionne jamais car il n’y a pas d’eau dans ce compartiment. Pour ce motif, il faut démonter une armoire rangement pour les écoutes de spi pour y avoir accès ! Bien évidemment, il faut d’abord vider le grand coffre arrière. Et merde, merde, merde.

Comme il était possible que nous étions en train de couler … nous n’avons pas hésité à tout débarrasser et à tout démonter. Et merde, merde, merde.

Par bonheur sinon je ne serais pas là pour vous le raconter, il s’agissait d’une question d’un litre d’eau qui s’est accumulé avec le temps notamment quand je range dans le coffre arrière, nos affaires de plongée. Pas de quoi fouetter un chat.

En début de saison, j’avais profité de l’ouverture de ce compartiment pour refixer le flotteur de la pompe automatique. Mais je n’ai pas bien réfléchi à la problématique et ainsi, j’ai placé le flotteur un peu plus bas que la pompe ! Bête que je suis : quand l’eau s’accumule dans le bas de la pente du coffre, le flotteur se relève mais la pompe n’ayant pas les pieds dans l’eau, elle n’aspire que de l’air … et l’alarme se déclenche …

Après avoir tout remis en place, je constate que j’ai oublié ma lampe torche dans le compartiment … où elle risque de se balader de tous les côtés. Et merde, merde, merde.

Grâce au ciel, la nature m’a doté d’un grand flegme … Une fois le compartiment ouvert, je relève que ma lampe torche trône en fait, sur le sol à côté de mes affaires de plongée. Comme dit plus haut, grâce au ciel, la nature m’a doté d’un grand flegme …

Quand nous avons passé Saint Vincent, le vent était monté à +/- 25 nœuds avec un angle de vent s’ouvrant jusque 85° . Il nous restait plus qu’à traverser toutes les Grenadines (+/- 60 NM).

Si quand nous avons quitté la Martinique, il n’y avait pas un seul bateau (hormis quelques cargos) à l’horizon, tous nos petits copains partis aux premières lueurs du jour ont commencé à éclairer la nuit ! Avec notre vitesse dans l’eau de plus de 10 nœuds, nous avions commencé à les rattraper les uns après les autres.

Oui mais voilà, avec la nuit tombée, le vent forci de quelques degrés, Ann a voulu que nous mettions la trinquette en lieu et place de notre bout de génois. Le résultat ne s’est pas fait attendre, nous marchions à 8 nœuds : perte de vitesse de 2 nœuds !  Malgré cela, nous avons rattrapé un (bateau ?) présentant un feu blanc fixe + un feu blanc clignotant – pas d’AIS !

Ce petit jeu de poursuite a duré tout un temps et puis tout d’un coup, notre bateau inconnu est parti comme une flèche et après un certain temps, il a disparu dans la nuit !!!!!! Nous ne saurons jamais après quoi nous avons couru.

Autre curiosité nocturne : nous avions dépassé quand nous marchions à + 10 nœuds, deux voiliers français qui semblaient ne pas vouloir se quitter. Avec notre chute de vitesse, nous constatons que « Balaou » avait délaissé son copain et nous avait pris en chasse mais ne parvenait pas à nous remonter sous notre  vent.

Il m’énervait car je me rendais compte qu’il se rapprochait latéralement de nous et qu’à ce petit jeu, nos routes finiraient par se croiser … bonjour les dégâts. Je ne déviais cependant pas d’un pouce car nous étions déjà trop largement en deçà de notre route idéale.

Après une bonne heure de stress grandissant, « Balaou » s’est écarté résolument de nous en abattant, a pris de la vitesse, nous a dépassés et joué les filles de l’air !!! Pas question pour nous, de régater, de nuit de surcroît et sans même savoir à qui nous avions à faire. Nous l’avons donc laissé partir et enfin soulagés, nous avons essayé de dormir chacun à notre tour.

Mercredi  27 – 1er jour de quarantaine.

A l’arrivée à la marina « Port Louis » de Grenade, nous relevions que « Balaou » était un catamaran Lipari (Fountaine Pajot) de 41’ ! Pour quelqu’un de si pressé, notre skipper français hésitera tellement à rentrer dans la marina que tout le monde lui est passé devant …

Il a appelé au moins cinq fois la marina mais il ne comprenait visiblement pas la réponse qui lui était donnée quand il n’était pas laissé indéfiniment en attente. Ann a connu les mêmes problèmes mais en écoutant les réponses données en anglais à d’autres bateaux, elle a compris que nous pouvions entrer.

En principe, nous n’avions plus qu’un seul bateau devant nous pour réaliser les formalités d’enregistrement mais en arrivant au mouillage, nous avons constaté que tout le monde n’avait pas joué le jeu et qu’une vingtaine de bateaux étaient arrivés la veille …

C’est donc en file indienne que les bateaux sont entrés à la marina où ils étaient placés immédiatement aux grands pontons de l’entrée. Le problème c’est qu’ils avançaient tous à des allures d’escargot cacochyme et que nous avions droit à des rafales de vent qui faisaient dévier fortement « S.A.S.³ » dans le chenal …

Si Ann me poussait à ressortir et d’attendre un peu plus tard, je ne souhaitais pas perdre ma place dans la file et puis … on a sa fierté que diable. Enfin, tout d’un coup, le catamaran devant moi a enfin avancé.

Le personnel de la marina lui a indiqué le côté au vent du pont tandis que m’était indiqué le côté sous le vent. En principe, c’était mieux ainsi sauf que je me suis rendu compte que les rafales de vent étaient si fortes que nos deux propulseurs ne parvenaient pas à étaler ce vent latéral !

Ann ne parvenant pas à lancer suffisamment loin nos amarres, il était facile de comprendre que j’allais emplafonner (aucun de nous n’avait de défenses de ce côté) les trois bateaux du ponton d’en face … Toujours avec mon flegme légendaire, j’ai pris la décision de repartir plein pot en marche arrière et de revenir ensuite dans la darse en serrant au plus près mon ponton. Ce fut un peu juste comme manœuvre  mais j’y suis arrivé sans la moindre égratignure. Quelques temps plus tard, un catamaran connaissait le même problème mais il a eu la chance que des amarres ont pu être attrapées à temps, par le personnel de la marina.

Un accueil très professionnel, l’une et l’autre vérification dont la prise de température et nous étions contraints de quitter la marina et d’aller mouiller l’ancre pour une quarantaine de 14 jours, juste devant le chenal d’accès à la marina. On nous avait prévenu qu’il s’agissait d’un fond de mauvaise tenue et c’est vrai : il s’agit d’un fond de corail. Autant dire que plus d’un a dû s’y prendre à de multiples reprises.

Au second essai, nous sommes parvenus à coincer l’ancre dans une solide échancrure de corail. Malheureusement, j’ai été contraint de me mettre une bouteille sur le dos pour corriger l’installation de l’orin dont le filin s’était pris dans un corail.

Nous avons procédé alors à une grande remise en ordre du bateau suivi de divers nettoyages. Si c’est super agréable de retrouver un bateau plus propre encore que quand nous sommes partis, avec seulement moins d’une heure de sommeil …

Nous avons eu la visite des « Coast Guard » qui ont vérifié que nous étions bien enregistrés. Ils ont fait également déplacer des bateaux qui étaient en dehors de la zone de mouillage attribuée. Au soir, j’ai compté 76 bateaux !

Avec la tombée de la nuit, le vent s’est totalement apaisé !

Jeudi 28 – 2è jour de quarantaine.

Après une excellente nuit de sommeil, nous nous sommes réveillés perclus de coups de soleil tant il est vrai que la journée de la veille fut particulièrement ensoleillée. Par bonheur, aujourd’hui, il fait couvert.

Les autorités locales ont prévu du mercredi au vendredi  de chaque semaine pour faire son arrivée sur l’île. Durant la matinée, nous avons acté 6 nouveaux bateaux.

Pour le moment, pour l’instant, il n’y a pas un seul bateau qui ne respecte pas la quarantaine : pas une seule annexe en mouvement, pas de rassemblement sur l’un ou l’autre bateau. J’ai du mal à croire qu’ils vont tenir pendant 14 jours … En tout état de cause, ici, les « Coast Guard » montent consciencieusement et quotidiennement la garde.

Vendredi 29 – 3è jour de quarantaine.

Il fait couvert et malheureusement, depuis la veille au soir, cela roule sur le mouillage. Rien de très ou trop désagréable mais on s’en serait bien passé.

Ann a compté l’arrivée de 5 nouveaux bateaux. Un des problèmes soulevés réside en ce que tout le monde sur le mouillage n’est pas soumis à la quarantaine alors que celui-ci est réservé exclusivement aux « Covid-19 ». Les autorités locales ont bien prévu de faire partir les « indésirables » mais comme d’habitude, on ne voit trop rien venir à l’exception de deux voiliers qui sont partis en matinée.

En principe également, tous les bateaux « Covid-19 » doivent arborer le pavillon jaune (normalement, le pavillon de quarantaine est le pavillon L) mais bien évidemment, il y a une petite minorité qui n’arbore aucun pavillon !

La pandémie a bousculé de nombreux programmes en sorte que nous venons d’apprendre qu’une flottille de 8 bateaux avaient quitté les Bahamas pour … Grenade ! Parmi nos amis, « Orpao » – « Obione » – « Tereva » et  « Symy » ont tous modifié leurs destinations de départ pour venir s’abriter dans le sud !

En s’armant de beaucoup de courage, nous avons enfin terminé le récurage du pont en teck !

Quand nous sommes au mouillage à « Sainte Anne », nous ne nous préoccupons jamais du nettoyage du pont !! Je ne saurais pas dire au juste pourquoi mais c’est un fait avéré. Par contre, dès que nous nous trouvons en marina ou comme maintenant,  son esthétique extérieure devient subitement une priorité !!!

J’avais remarqué que le teck était devenu … noir ! Pas gris, pas vert mais noir charbon ! La cause trouve certainement son origine dans le sable noir dont nous avons été saupoudré par le vent durant toute la saison à « Sainte Anne ». N’ayant jamais procédé à un quelconque nettoyage, celui-ci s’est incrusté dans le teck.

Avec une brosse dure (vivement non recommandée pour le teck qui est un bois tendre) et beaucoup d’énergie, nous sommes parvenus à rendre au teck, une couleur blonde du plus bel effet. Le plus amusant reste que nous avons réalisé la plus grande partie du travail, le jour de notre arrivée avec seulement une heure de sommeil dans le coco alors que par la suite, le travail s’est révélé de plus en plus ardu !

Lorsque que tout fut quasiment terminé, nous avons relevé avec horreur que notre coque « navy blue » était maintenant bardée de coulées blanches résultant de notre récurage ! Du coup, du pont et au moyen d’un manche télescopique muni en son extrémité, d’une serpillière, nous avons nettoyé la coque comme nous le pouvions. Le résultat n’est pas exceptionnel de près mais de loin, l’illusion est parfaite.

Samedi 30 – 4è jour de quarantaine.

Question météo, celle-ci n’évolue pour ainsi dire, pas : le ciel est couvert avec des éclaircies, il fait chaud et sec, quant au vent, il souffle en rafales. Seule véritable ombre au tableau: le mouillage est quelque peu  rouleur depuis deux  jours !

A côté des membres du très sélect club « Covid-19 », il y a ceux dont l‘accès au mouillage leur est, en principe, interdit mais qui de bien entendu, n’en ont rien à cirer comme « Foro » qui a arpenté le mouillage de long en large avant de s’ancrer ou encore, « Mili » et son copain « Josi » !

Il n’empêche que jusqu’à présent, la « quarantaine » de Grenade ressemble davantage à ma propre conception plus rigoureuse des choses que ce que nous avons connu en Martinique … Les mauvais esprits diraient que ce n’était pas bien difficile !

Dimanche 31 – 5è jour de quarantaine.

Ciel gris et bas, légère brume … la météo à vous mettre le moral à plat ! Et puis, ce roulis incessant qui ne présentera des signes d’affaiblissement qu’en fin d’après-midi !

Le mouillage reste sous surveillance constance un peu comme le lait sur le feu. Et malgré cela, nous avons assisté à l’arrivée – hors délais – de «Nana » , un voilier en acier battant pavillon allemand qui a pu, semble-t-il, s’enregistrer !!!

Les « Coast Guard » ont fait déguerpir nos trois inséparables : « Foro » – « Mili » et « Josi » qui sont retournés à « Prickly Bay ».

En milieu d’après-midi, nous avons assisté à l’approche d’un love-boat (paquebot de croisière) !!!!!!! Finalement, il est reparti sans accoster. Nous supposons donc qu’il n’a pas reçu les autorisations nécessaires pour débarquer ses passagers. Cela aurait été un comble de nous obliger à une quarantaine et ensuite, d’accueillir sans autre formalité, des milliers de touristes.

Après avoir été vérifié (tardivement), l’état de son ancrage, « Shangri La » (notre voisin sur tribord)  a décidé subitement de changer d’emplacement de mouillage et comme il ne peut déjà plus se passer de nous, il est venu planter son ancre juste derrière nous ! En analysant la carte, j’ai constaté qu’effectivement, nous étions ancrés à la limite de fonds de sable qui malheureusement s’accompagnent d’une profondeur plus importante (-15 m).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Samedi  16.

Gris et venteux … voilà pour la météo du jour.

Depuis le début du déconfinement, les bateaux bougent beaucoup plus sur le mouillage. Généralement, ils vont au « Marin » pou l’une ou l’autre raison et à leur retour, ils changent d’emplacement. Aussi, il faut suivre pour savoir qui reste et qui est déjà parti.

L’impression générale demeure qu’il y a beaucoup de bateaux qui réalisent une Transat de retour … alors que celle-ci a été fortement déconseillée par les autorités en raison de la fermeture des frontières. Plus que les saisons précédentes ? C’est difficile à dire puisque les autres années, ils remontaient dans un premier temps jusqu’à Saint Martin et attendaient là le bon moment pour traverser.

Il y a quelques départs pour les ABC mais ils sont peu nombreux tant les conditions émises par ces îles pour accéder à leur territoire, sont contraignantes et financièrement très lourdes.

Tout le monde s’est imaginé que beaucoup de bateaux rentreraient en Europe par cargo mais le prix du ticket s’est révélé plus dissuasif qu’on aurait pu le croire.

Amusant mais nous connaissions déjà un voilier qui s’appelait « Fou d’Iles » et aujourd’hui, nous avons découvert qu’un catamaran du mouillage se prénommait « Dingod’îles » (Nautitech 482) !! Original ?

Dimanche 17.

Petit bricolage pour bien commencer la journée : changement de l’huile et du charcoal filter du déssalinisateur . Rien de bien compliqué, juste un peu de travail. Pas de souci sauf qu’un tuyau s’était désolidarisé de l’ensemble lors de la manipulation … superbe inondation quand nous avons mis l’appareil en route ! C’est en entendant la pompe de douche (!) fonctionner de manière répétitive qu’Ann s’en est rendue compte.

Malgré une météo peu engageante, je suis parti pour ma petite natation quotidienne. En cours de route, j’ai croisé deux tortues, une raie aigle et la vedette de la Gendarmerie nationale à qui j’ai fait un petit signe.

Il y a quelques temps nous avons baptisé la grosse tortue, Martine, la plus petite, Martineke, la raie aigle mâle, Roméo et la raie aigle femelle, Juliette. Mais voilà que nous nous rendons compte qu’il ne s’agit sans doute pas d’exemplaires uniques …

De retour à bord, nous avons assisté amusés à une course poursuite entre les Pandores et un kit  surfeur ! Dans un premier temps, ils se sont arrêtés à sa hauteur mais juste après, notre kit surfeur est reparti comme si de rien n’était. Les Pandores l’ont donc pris en chasse et il leur a fallu un peu de temps pour le stopper à nouveau. Si nous en croyons ce qui se raconte sur la mouillage, notre kit surfeur est parti se cacher sur la plage et a attendu deux heures avant de reprendre son kit surf !

Lundi  18.

Pour la première fois depuis longtemps, le vent montre des signes d’affaiblissement. Il était plus que temps. Selon la météo, le phénomène devrait se poursuivre. Dans l’ensemble, il fait ensoleillé.

J’ai déposé ce matin, Ann sur la plage, pas loin de la société de voitures de location. De là, elle partait pour le centre commercial de Genipa pour réaliser diverses courses dont le renouvellement de notre abonnement de télévision à Canal+.

De retour à bord, nous avons pris la décision de ne plus attendre la prise de position de Trinidad pour nous inscrire à Grenade pour le mercredi 27 mai : première journée d’ouverture des frontières ! Lors de notre inscription, il ne restait déjà plus que 7 places sur 50 !

La zone de quarantaine juste à l’entrée de la marina de « Port Louis », n’est guère spacieuse et les fonds n’y sont pas de très bonne tenue mais si nous tergiversons encore un peu, nous risquons de ne plus pouvoir descendre jusque Grenade : nous serions plus de mille bateaux en attente !!!

Par ailleurs, les autorités martiniquaises continuent de refuser toute nouvelle entrée sur leur territoire … même aux Français !! Nos amis de « Tereva » viennent de subir un second refus et les autorités de Saint-Martin refusent de leur octroyer une clearance de sortie pour la Martinique en ces conditions. Ils sont piégés. Nous ignorons si tout cela est lié mais la Gendarmerie nationale était très visible sur le plan d’eau cet après-midi !

Une fois à Grenade, nous serons plus tranquilles pour attendre l’ouverture des frontières de Trinidad. Celle-ci risque de prendre un peu de temps car il y a discorde au sein du Gouvernement local …

Mardi  19.

Mon Dieu quelle journée !

Tout d’abord, nous avons été cherché Jacques et Antoine de « Diginav» pour enfin, enfin, enfin solutionner notre problème de Black Box Furuno (il aura fallu juste six petits mois de tâtonnements …). Aussi incroyable que cela puisse paraître mais tout fonctionne et nous n’aurons pas à remplacer notre radôme de radar !!! C’est à peine si j’ose y croire … à quelques jours du gong de départ  comme je l’avais prédit en son temps !

Côté « bonne nouvelle », notre nouvelle version de Navnet (cartographie électronique) est postérieure de dix ans à celle dont nous étions équipés donc il y a plus de fonctionnalités … Côté « mauvaise nouvelle », les fonctionnalités ont changé du tout au tout et il faut s’y retrouver ! Par contre, je ne sais pas trop si nous n’allons pas oublier notre Maxsea (ancienne version) pour notre Navnet (nouvelle version).

Autre grand changement de taille dont je ne suis pas convaincu que nous allons aimer, nos deux écrans d’ordinateur sont désormais totalement indépendants l’un de l’autre avec ses avantages et ses défauts … Par contre, ce que « Pochon sa. » n’était pas parvenu à réaliser, Jacques de « Diginav » y est étonnamment facilement parvenu : notre pilote automatique peut désormais être relié à notre programme de navigation !

En clair, il va falloir voir dans la pratique comment tout cela se goupille.

Autre nouvelle bouleversante, notre « paysan italien » qui en fait, est polonais, est allé prendre du diesel et lors de son retour, il a jeté l’ancre bien plus loin sur notre bâbord avant. Cela fait depuis plus de deux mois que nous attendions ce moment et le comble c’est qu’occupé à autres choses, je ne m’en suis rendu compte que lors de son retour sur le mouillage !!!!!! Rien que pour cela, j’aimerais rester un peu plus longtemps sur le mouillage pour jouir du bonheur …

Mercredi  20.

Nouvelle journée sur des charbons ardents !

8.45 heures, nous levions l’ancre pour le « Marin ». Direction le ponton fuel où pas croyable, nous avions le ponton pour nous et un autre voilier qui comptait se lancer prochainement à l’assaut de la Transat.

Bien évidemment, notre voilier français s’est amarré juste au milieu du ponton (là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir) … mais par bonheur, il y avait juste toute la place pour « S.A.S.³ » pour s’amarrer à l’une des extrémités. Nous avons donc pu tanker en les meilleurs conditions possibles : 970 litres à 1.10 €/litre.

Entre-temps, il y avait déjà deux autres voiliers en attente …

Alors que nous prenions un grain sur la gueule (!), nous avons quitté l’appontement et nous sommes partis au chantier de Carénantilles où pas croyable la grande darse que nous avions réservée pour la matinée, était  vide de tout occupant ! Eh oui, notre nouvelle chaîne d’ancre nous attendait. Au mois de mars 2019, nous avions signalé que notre nouvelle chaîne d’ancre rouillait déjà par endroits ! Il aura fallu attendre un peu plus d’un an pour nous la voir remplacer en garantie …

Quand nous avons quitté le chantier, un second grain menaçait. Nous avons eu le temps juste de jeter l’ancre avant qu’il nous rattrape … Il fait réellement dégueu.

J’essaie de me familiariser avec notre nouveau programme Navnet …

Jeudi 21.

Une journée a marqué d’une croix blanche puisqu’il s’agit du premier jour de déconfinement  où toutes les activités nautiques dont la plongée sont à nouveau autorisées. Youpiiiiiiiiiiiie.

Aussi et sans plus attendre, avons-nous été plonger (-20.60 m – 61’ – 28°) à la bouée du Boucanier. Mais contrairement à ce que je pensais, les clubs de plongée ont également repris leurs activités en limitant le nombre de clients (2) par bateau et en augmentant les rotations.

Nous l’attendions depuis longtemps cette autorisation qui intervient par bonheur, en même temps que celle de notre Ligue de plongée (Lifras) qui impose cependant trois plongées de réadaptation (max. -30m dans la courbe de sécurité) quelque soit la date de la dernière plongée !

Comme nous avons reçu l’autorisation d’entrer à Grenade moyennant quarantaine sur place pour le mercredi 27 mai, cela nous donne peu l’occasion de profiter de cette liberté retrouvée mais c’est toujours bon à prendre.

La plongée en elle-même ne fut pas une des meilleures que nous ayons connue en raison d’une visibilité plutôt médiocre (!!) mais pour nous, l’essentiel était de pouvoir à nouveau plonger. La météo avec du vent et un ciel chargé n’était pas non plus au rendez-vous.

Arrivée ce matin, d’un nouveau transporteur de bateaux : « Super Servantes 4 -Were Dreams » .

Vendredi  22.

Même type de météo que hier sauf que cette fois-ci nous avons eu droit à un grand et beau soleil.

Si nous avions programmé d’aller plonger ce vendredi (j’ai passé une partie de ma soirée à gonfler les deux bocs), il s’en est fallu de peu que nous n’y allions pas simplement parce que nous étions tous les deux pris par notre roman !

En forçant un tantinet la main à Ann, nous sommes partis plonger (-20.10 m – 63’ – 28°) à la bouée du Boucanier : magnifique plongée. Tout d’abord, la visibilité était meilleure que la veille, nous étions beaucoup plus à l’aise avec notre matos, nous avons vu deux belles langoustes et surtout, cerise sur le gâteau, à -17 m. nous sommes tombés nez à nez avec une énorme tortue (1m à 1.50 m la longueur de la carapace) dont la tête perchée sur un très long cou, avait approximativement le volume d’une tête humaine ! Elle se reposait sur la pente et après avoir pu l’observer de très près de longues minutes, elle est partie vers le fond.

Les tortues sont nombreuses sur le mouillage mais aucune de cette taille et encore moins à cette profondeur. Ce n’est que la seconde fois que nous croisons une tortue en plongée, en Martinique.

De retour à bord, nous avons été plus que surpris d’assister au départ du mouillage de « Zula -K H » battant pavillon danois alors que nous avions assisté à son départ en Transat il y a une dizaine de jours déjà  …. du moins le pensions nous  jusqu’à aujourd’hui. Cette fois-ci, il est parti avec son copain « Siberati » battant pavillon allemand, pour les ABC ! Ils étaient  trois jeunes à bord de chaque voilier (deux garçons et une fille).

Samedi  23.

Départ de « Super Servantes 4 » avec sa cargaison de bateaux (essentiellement des bateaux à moteur  … seulement deux voiliers). Un autre transporteur est attendu pour ce lundi.

Nous devions impérativement aller chercher à « Sainte-Anne », les lasagnes que nous avions commandées par téléphone auprès d’un restaurateur local (elles sont délicieuses) et au « Marin », de l’eau glycolée car notre réserve était quasiment épuisée et que nous en avons besoin pour l’entretien de notre GE.

Aux deux débarcadères, il y avait la foule des grands jours et les règles de distanciation semblaient déjà faire partie du passé pour une grande majorité de plaisanciers. Toujours difficile en ces conditions de continuer à jouer le jeu … La plus exposée reste Ann car en ce qui me concerne, je me tiens éloigné comme si tout le monde avait la peste ce qui avec mon caractère d’ours mal léché, me convient assez bien.

De retour à bord, je pensais convaincre Ann de procéder à l’entretien du GE prévu initialement pour dimanche en sorte de pouvoir aller plonger une dernière fois, demain. Mais, en finale, c’est elle qui m’a convaincue de ne pas modifier notre programme.

Fallait-il ou non nettoyer la coque avant de partir ? En principe, c’est ce que nous faisons chaque fin de saison avant de descendre vers Trinidad. Je me suis donc mis à l’eau pour l’inspecter et de constater qu’elle n’en était qu’à la toute première phase de salissure à savoir une très fine couche de mousse sur laquelle, par la suite, toutes sortes de « bâtonnets » viennent s’accrocher provoquant un début de forêt équatoriale qui peut faire perdre au bateau, plus d’un nœud de vitesse !

Convaincu que le nettoyage n’était pas nécessaire … j’ai mis ma bouteille sur le dos pour « épousseter » la coque. Mon « époussetage » m’a pris plus de 70’ d’un travail continu aidé par Ann qui s’est chargée de la ligne de flottaison. A la fin, je n’en voyais plus le bout mais quelle satisfaction de voir sa coque propre.

Le couple de jeunes de « Aventurine » nous avaient proposé leur service de nettoyage : 10 €/mètre soit 200 € pour « S.A.S.³ » ce qui est raisonnable. Toutefois, nous les avons avertis sur base de notre expérience en la matière qu’ils seraient plus prudents d’inspecter au préalable la coque à nettoyer avant de proposer un devis car selon l’état de salissure, le travail peut prendre plus ou moins de temps et d‘ énergie.

En tout début de soirée comme les deux jours précédents, nous avons eu droit à de la houle venant de l’extérieur en sorte que les bateaux ont pas mal roulé. Vers minuit comme les jours précédents, le phénomène disparaissait !!!

Dimanche 24.

Très belle journée ensoleillée que nous avons consacrée toute entière, à l’entretien de notre GE. Avec le remplacement de l’eau glycolée et de l’impeller, cela nous a pris encore plus de temps qu’à l’habitude.

Lundi  25.

Nous avons été faire un gros avitaillement  en vue de notre quarantaine (14 jours) à Grenade. En attendant que Trinidad veuille bien ouvrir ses frontières … nous avons la pris la décision d’au moins mettre notre bateau à l’abri des cyclones à Grenade. Le premier jour d’ouverture des frontières est demain et avant que les autorités locales ne décident de refermer à nouveau leurs frontières …

En fin de matinée, Christophe de « Caraïbe Marine » venait à bord régler un petit problème d’affichage à notre chargeur électronique.

Nous avons passé l’après-midi à tout ranger à bord en vue de notre petite navigation du lendemain.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Vendredi  01.

Nous avons assisté en début d’après-midi, à l’arrivée du transporteur de bateaux « Suomigracht » (destination Brest – Ijmuiden) pour lequel il nous avait été proposé un ticket à 31.970 €.

Perso, j’aurais bien été tenté d’y embarquer « S.A.S.³ » comme une réponse à la période cyclonique qui s’annonce et à la fermeture actuelle des frontières mais d’une part, il s’agit d’un montant important pour un simple transport alors que nous pourrions le faire le cas échéant, par la mer et puis, plus essentiellement, quoi faire une fois de l’autre côté de l’Atlantique !!

Il est bien question de déconfinement un peu partout dans le monde mais nous ne voyons pas encore bien l’intérêt de retourner en Europe avec notre voilier.

Cela bouge autour de nous et d’une manière générale dans le bon sens puisque nous gagnons en espace et en intimité mais pour notre plus grand malheur, notre « paysan italien » de devant qui est , en fait, polonais, ne donne pas le plus petit signe de partir … fut-ce pour aller faire un plein de diesel !!

Ce qui nous intéresse le plus pour le moment c’est de voir quels sont les bateaux qui vont embarquer sur le « Suomigracht ». Nous savons déjà que notre copain « Louise » embarque mais qu’en est-il des autres  et plus spécialement des scandinaves et autres indésirables ??

Samedi  02.

En fin de matinée, nous avons été faire quelques courses d’avitaillement à « Sainte Anne ». C’était le jour des grandes foules au débarcadère. Amusant mais il y avait comme un air de reprise de la vie normale … A partir de 11.30 heures, le débarcadère a commencé à sérieusement se vider.

Nous y sommes retournés l’après-midi pour la pharmacie : le matin, on faisait la file … l’après-midi, il n’y avait plus un chat ! Au débarcadère, il n’y avait plus que les annexes qui venaient s’approvisionner en eau au robinet installé provisoirement par la mairie.

Il y a deux ou trois jours, nous avons vu arriver un voilier battant pavillon allemand, « Siberati » qui fort heureusement s’est ancré à distance respectable de nous. Hélas et comme trop souvent, une fois que vous laissez en arriver un, les copains des premiers se rappliquent par la suite … Ce fut d’abord un voilier battant pavillon danois, « Zula- K H » et aujourd’hui, une sorte de gros catamaran de plage, « Vent Ka Solme »  avec un couple de Hollandais à bord (!) qui est venu s’ancrer encore plus près. Demandez leur d’aller un peu plus loin et tous ces jeunes vous rient au nez : cela les amuse de vous provoquer. De toute manière, tous ces jeunes se moquent éperdument  des règles de confinement … ils ne sont pas concernés !  Ils ont donc pris tous ensemble l’apéro à bord de « Siberati ».

Dimanche 03.

Nos insupportables petits jeunes ont passé la journée ensemble en passant d’un bateau à l’autre. Pas l’ombre d’un Pandore à l’horizon … nous sommes dimanche. En finale, ils nous ont plus divertis qu’autre chose ! Partant du principe qu’ils recherchaient notre compagnie, j’ai passé le plus clair de mon temps à les observer – ostensiblement – à la jumelle. Rien de tel que pour faire comprendre aux incultes, la signification du mot « intimité ».

Lundi  04.

« Zula -K H » est parti pour le « Marin » à 7 heures du matin … pour revenir à sa place,  vers 15 heures. En fin d’après-midi, il partait pour une traversée de l’Atlantique ! Bon débarras.

« Vent Ka Solme » est parti à 8 heures en direction de Sainte Lucie … pour revenir vers 16 heures !! Par bonheur, il est parti directement au « Marin ». Nous espérons vivement qu’il va y rester.

Vent, fetch, ciel gris, il fait plutôt cra-cra. Si le pont de « Suomigracht » est de plus en plus encombré de bateaux, le mouillage ne donne pas beaucoup l’impression de se clairsemer ! Il y a bien entendu ceux qui partent pour l’Europe (c’est la bonne période) et puis ceux qui arrivent comme « Shambala II », gros catamaran allemand qui prend un cargo le 20 mai ! En principe, les nouveaux arrivants sont astreints à une quarantaine de 14 jours mais en l’absence du moindre contrôle …

Mardi  05.

Cela souffle toujours assez fort surtout, dans les rafales. Il fait grisounours.

Malgré cette météo peu accueillante, nous avons été nagés.

Aussi  incroyable qu’imprévisible, nos deux voisins hollandais sur bâbord, « Delizia » (Delher 36’) et «Fidelis »  (Amel 54’) ont été s’ancrer plus près de la côte et du débarcadère !! Il est vrai que d’un seul coup, de grands trous sont apparus au sein du mouillage en sorte que sans être collés les uns aux autres, il y a maintenant moyen de s’ancrer plus à l’abri du vent et du fetch. Du même coup, nous avons retrouvé tant sur bâbord que sur tribord, de l’air et de la vue. Le pied.

Reste encore notre « paysan italien » que nous exécrons, qui nous talonne sur l’avant et un Amel anglais dont nous n’avons rien à redire, sur l’arrière. J’en arrive à me demander si nous ne devrions pas nous aussi changer d’emplacement ! Mais lundi prochain, c’est, en principe, le déconfinement  officiel  et nous attendrons de voir si cela va changer la donne.

Nous avons encore assisté à un nouveau départ en traversée de l’Atlantique. Facile à reconnaître … il suffit de regarder la composition de l’équipage ! Pour le surplus, ces bateaux partent dans l’indifférence la plus totale hormis un ou deux « bateaux amis » qui cornent bruyamment pour l’occasion.  Les arrivées sont encore pire car elles se font toujours dans la discrétion la plus totale.

En le cadre de notre tour du monde, nous en avons connu des départs et des arrivées pour le moins discrètes. Et pourtant ce sont celles qui nous ont valu l’amitié d’autres bateaux (Brésil) ou d’autres personnes rencontrées sur place (Cape Town) qui nous laissent les plus beaux souvenirs. Le moins démoralisant reste de partir à plusieurs bateaux mais les plaisanciers sont tellement jaloux de leur indépendance que cela relève souvent de la gageure !

Juste avant la tombée de la nuit, « Suomigracht » est parti pour Brest avec son chargement d’une petite vingtaine de voiliers. « Louise » avec ses 72 pieds faisait réellement office de « Maxi » parmi tous ces petits bateaux. Il y avait encore de la place disponible …

Mercredi  06.

Il fait toujours affreusement venteux et plutôt couvert. Nous avons assisté à l’arrivée sur le mouillage, de quelques bateaux venus du large mais dans l’ensemble, il fait très, très calme !

Vous pensez qu’avec tous ces trous sur le mouillage, vous êtes définitivement en paix avec tous les casse-pieds et c’est alors que vous voyez arriver un voilier battant pavillon français, dans le style vieux RM vert, qui passe assez loin sur votre arrière. Ouf … ce n’est pas celui-là qui viendra nous emmerder.

Un moment d’inattention et pouf, le vieil emmerdeur prénommé « L’Aventurine »  vient jeter son ancre sur votre flanc tribord !! Nous aurions pu ou du lui demander d’aller ancrer plus loin d’autant que devant lui il n’y a pas un seul bateau sur plusieurs centaines de mètres  mais je redoute par dessus tout que rien que pour nous emmerder, il s’incruste alors qu’à tort ou à raison, je ne pense pas qu’il va rester longtemps sur place. Une fois encore, je ne comprends pas que notre présence si près ne le gêne pas mais il faut croire qu’il a besoin de compagnie …

Jeudi  07.

Journée venteuse, ciel bas et gris, visibilité limitée … la journée de merde par excellence ! C’est bien que j’ai été absorbé toute la journée par un roman palpitant sinon j’aurais eu le morale en berne.

Journée d’avitaillement. Cela a pris un peu plus de temps que la fois passée mais à 10.30 heures, nous étions de retour au bateau.

Sur le mouillage, nous avons assisté à trois nouveaux départs en Transat: deux voiliers norvégiens qui sont partis plein Nord et un voilier allemand, plein Est. En raison de la fermeture des frontières, les retours vers l’Europe se font davantage directement au départ de la Martinique alors qu’en période normale, les candidats au retour remontent tranquillement jusque Saint Martin avant de se lancer dans la traversée de l’Atlantique.

Vendredi  08.

Avec le déconfinement qui approche, les enquiquineurs de tout poil montrent le bout de leur nez. Venant en droite ligne de Dehaye (Guadeloupe), « Orinocot »,  un Fountaine Pajot 42’ battant pavillon belge, n’a rien trouvé de mieux que de venir se coller à notre flanc bâbord. Vous pourriez penser qu’ils jetteraient intelligemment l’ancre sur notre avant ou mieux encore, sur notre arrière … que néni, il faut bien entendu que nos deux cockpits soient à même hauteur. D’autant plus incompréhensible que notre « paysan italien » de devant n’a pas arrêté de leur adresser des signes d’amitié  … alors pourquoi ne pas s’ancrer à sa hauteur ? Quand il s’agit de nous emmerder, il est toujours de la partie celui-là.

Une fois de plus, nous n’avons pas réagi ouvertement car d’une part, la distance entre les bateaux pourrait paraître plus que raisonnable pour une majorité de plaisanciers et d’autre part, parce que nous sommes fatigués de devoir constamment nous batailler pour essayer de préserver notre intimité. Qui sait … avec un peu de chance … ils seront repartis dès lundi. L’espoir fait vivre.

De toute manière, je comprends de plus en plus que si nous ne recherchons pas exactement la solitude, nous souhaiterions vivement rester en dehors de la masse et ce but semble tout simplement impossible à atteindre, du moins dans les Caraïbes.

Samedi  09.

Le vent a soufflé en tempête durant toute la matinée mais, heureusement, s’est calmé lentement au cours de l’après-midi. Amusant mais j’ai le sentiment que plus le vent souffle et plus cela pousse les plaisanciers à vouloir prendre la mer !!! En tous les cas, « Shambala II » en a profité pour faire un longue randonnée (interdite)  en mer.

Rien de spécial sur le mouillage sauf que selon nos informations, nombreux seraient les candidats à vouloir revenir en Martinique mais ils se heurtent à un refus systématique des autorités martiniquaises au motif qu’il y a déjà un trop grand nombre de bateaux … alors que le mouillage se clairseme chaque jour, davantage ! Perso, cela me convient très bien sauf que cela me fait craindre l’attitude des autorités des autres îles ! Selon nos dernières informations, les autorités de Trinidad et de Grenade n’ouvriraient à nouveau leurs frontières que fin juin !!!

Dimanche 10.

Nous avons toujours droit à un vent bien soutenu mais aussi à un soleil resplendissant. Lors de notre natation quasi quotidienne, Ann a vu « Juliette » et moi, « Martine » en train de brouter juste en-dessous du bateau.

En milieu de journée, nous avons assisté au départ en Transat de « Jambo » (Bavaria 38’ battant pavillon allemand). Cela faisait depuis déjà un long moment qu’il était sur le mouillage.

En fin d’après-midi, « Orinocot » s’est lancé dans des manœuvres aussi complexes qu’incompréhensibles de relevage de son ancre ! Malheureusement , après plus d’un gros quart d’heure d’efforts, il relâchait son ancre juste un peu plus loin de nous ! C’est pas grand chose comme distanciation supplémentaire mais nous sommes toujours preneurs. Je ne comprends tout simplement pas pourquoi ils n’ont pas été s’ancrer sur un fond plus accueillant (loin de nous) : ils sont en plein milieu d’une zone de patates de corail !

Cela fait plusieurs jours que nous n’avons plus vu le moindre pandore à l’horizon ! Même plus l’hélicoptère qui chaque jour, survolait les plages de la baie ! Cela sent le déconfinement à plein nez.

Lundi  11.

Nous avons été cherché ce matin, au « Marin », Antoine de « Diginav » pour un peu avancer dans l’installation très, très laborieuse de notre nouvelle Black Box de Furuno. Pour mémoire, celle-ci est tombée en panne lors de notre départ de Trinidad en décembre 2019 et depuis lors, nous en avons confié la réparation à « Diginav » …

L’occasion de relever qu’il y avait nettement plus de monde au « Marin » en ce premier jour de déconfinement « officiel ».

Lorsqu’Antoine nous a quittés pour un autre bateau du mouillage, la liste des problèmes non encore résolus restait assez longue ! Notre plus grand problème demeure que nous ne parvenons pas à faire fonctionner notre radar au départ de notre Black Box (il n’y a pas moyen de le faire fonctionner de manière indépendante) et que maintenant, se pose la question de savoir si ce n’est pas notre radôme qui déconne à son tour !! Il ne manquerait plus que cela mais plus rien ne pourrait encore me surprendre.

Sur base d’une note du préfet qui précise que toutes les activités nautiques professionnelles restent encore interdites malgré le déconfinement (phase 1), les plaisanciers du mouillage en ont déduit qu’à titre privé ces mêmes activités étaient désormais autorisées.

Perso, je m’en serais arrêté à cette interprétation pour aller plonger mais Ann a du se renseigner auprès de la Gendarmerie nationale et la réponse est claire : interdit ! D’autres n’ont pas eu les mêmes scrupules et s’en sont donnés à cœur joie pour faire du kit surf : aux innocents les mains pleines.

Malgré le vent tempétueux ou peut-être à cause de lui, ils étaient nombreux à se mouvoir sur le mouillage. Hélas, les seules qui devraient se bouger le cul et nous lâché la grappe, n’ont pas bougé évidemment.

Nous avons eu des nouvelles de « Obione ». Il vient de se faire refouler de Pueorto Rico au départ de Saint Martin où il était resté confiné, et a donc pris la décision de revenir en Martinique …

Mardi  12.

Toujours aussi venteux … pas de changement. Pire, en fin d’après-midi, nous avons même eu droit à des grains.

Comme chaque jour de ce mois de mai, quelques candidats supplémentaires (5 ?) pour la Transat. Il n’est pas toujours certain lorsqu’on voit un bateau partir vers Sainte Lucie, qu’il va emprunter le canal pour se lancer à l’assaut de l’Atlantique sauf s’il est doté d’un AIS. En certains cas, il y a une foule de petits détails (un équipage jeune et nombreux, par exemple) qui ne trompent pas mais aujourd’hui, nous avons vu partir sous voiles, un vieux petit voilier en acier avec un jeune couple à bord dont il est difficile de s’imaginer qu’ils vont traverser l’Atlantique sur cette coquille de noix et pourtant comme toutes les frontières des îles restent fermées …

Ma hantise du moment est de ne pas avoir de plan B si par malheur, Grenade ou Trinidad n’ouvrait pas leurs frontières pour la fin juin comme annoncé. De fait, rien de précis, d’officiel et de certain ne vient confirmer cette information ! On en reste en le cadre de réunions, de bruits de couloir et de suppositions. On serait 160 bateaux en attente pour Trinidad mais même cette information me laisse quelque peu rêveur. Evidemment, si tous ces bateaux se trouvaient rassemblés en Martinique et que nous pourrions échanger entre nous quant à la situation, je me sentirais plus à l’aise mais ce n’est pas le cas pour le moment du moins.

Visite surprise et plutôt rapide de la vedette des Douanes (DF 44 déjà aperçue le 24 avril – DF31 est sur le tarmac du chantier) qui n’a opéré aucun contrôle alors que nous savons pertinemment que plusieurs bateaux sont en « quarantaine » (14 jours) dont notre voisin belge.

Mercredi  13.

Il fait beau et il y a nettement moins de vent !

Beaucoup de mouvements sur le plan d’eau sans que l’on en comprenne toujours l’utilité. Sauf peut-être pour « Shambala II » qui est venu s’ancrer beaucoup plus à notre hauteur sans doute parce qu’il a compris avec retard,  qu’il y avait beaucoup de moustiques en s’ancrant près des côtes (il était ancré juste devant le Club Med). De surcroît, la dengue fait actuellement des ravages en Martinique en sorte que l’on peut parler d’élémentaire prudence. Cela ne l’a pas empêché de retourner à son emplacement de départ quelques jours plus tard !!!

Mano de « Caraïbes Marine » est venu à la première heure, nettoyer notre sonde Vega 14 de notre tank journalier. Malheureusement, je crains fort qu’il ne faille changer la sonde … Pendant ce temps là, Ann était chez l’esthéticienne du « Marin ».

Rapide visite surprise (on ne la voit jamais sur le mouillage de « Sainte Anne ») de la Police municipale … vous savez, celle qui ne fait jamais son travail en ne maintenant pas « ouvert » le chenal d’accès au chantier.

En parcourant l’horizon à la jumelle, je suis tombé sur un bateau de plongée en pleine action !!! Deux plongeurs à bord mais malheureusement trop loin que pour bien distinguer l’activité à bord.  Une bonne dizaine de minutes après leur départ, la Gendarmerie nationale passait justement par là … J’aurais bien aimé savoir si les Pandores auraient ou non dit quelque chose.

Jeudi  14.

Quand on parle du loup, on voit toujours le bout de sa queue … En nous rendant tous les deux, chez le coiffeur du « Marin », nous sommes tombés sur les gendarmes qui revenaient, une fois de plus, de plongée ! Ils ne se sont jamais autant « entraînés » depuis le début du confinement. Grrr.

Rendez-vous par téléphone obligatoire, attente à l’extérieur, gel hydroalcoolique pour les mains à l’entrée, port du masque obligatoire dans le petit salon de coiffure. Tout est fait dans les normes et c’est réconfortant. L’occasion pour moi d’essayer pour la première fois, notre masque en tissu ! C’est un peu chaud surtout pour les Antilles, les élastiques ne sont pas du tout adaptés à mes oreilles trop molles pour les faire tenir en place et on se sent un peu ridicule mais cela rassure parce qu’il est parfois difficile de maintenir les distances sociales.

Bien qu’on ne soit qu’en phase 1 du déconfinement et que tout est loin d’être ouvert, l’ambiance générale est bien plus détendue et plus agréable. Il en est de même sur le mouillage mais sans doute l’affaiblissement du vent en est une des causes les plus importantes. Tout baigne dans la lumière et le calme. Que du bonheur.

Vendredi  15.

Le vent a déjà refait son retour en force !

Ce matin, les Douanes ont opéré deux ou trois contrôles sur le mouillage : une grande première !! Toutefois, ils n’ont pas contrôlé nos voisins belges qui pourtant arborent le pavillon jaune sollicitant leur passage …

Par ailleurs, un plaisancier s’est vu refusé par le Cross, l’autorisation de sortir en mer pour réglage de son nouveau gréement !! D’autres, moins scrupuleux sortent tous les jours sans demander la moindre autorisation et comme il n’y a pas le moindre contrôle …

« L’Aventurine » est toujours ancrée sur notre tribord alors que je pensais qu’elle ne resterait que deux ou trois jours et comme si cela ne suffisait pas, elle a fait venir un de ses copains !!! Par bonheur, ce dernier s’est ancré à bonne distance de nous. Encore une chance parce qu’il s’agit d’une grande barcasse que je n’aurais pas supportée d’avoir comme voisin direct.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publié par : Ann & Stéphane | 5 mai 2020

16 au 30.04.2020 – Martinique et le Covid-19 (suite 2).

Jeudi  16.

A 4.30 heures du matin, j’ai été réveillé par un violent grain qui secouait le mouillage. Cela faisait depuis longtemps que nous n’en avions plus connu alors que le phénomène est très habituel des Antilles. La seule chose qui m’importait c’est qu’aucun de nos voisins ne dérape …

La journée se déroula sous la même emprunte. La beauté du phénomène réside en le ciel purifié auquel on a droit après le passage de grain. C’est magnifique.

J’ai procédé au nettoyage de la ligne de flottaison du côté tribord, cette fois. Fort de mon expérience de la veille, le travail a été réalisé avec nettement plus de facilités.

Vendredi  17.

Très mauvaise surprise : « Ambika » (pavillon suédois) est arrivé cette nuit à 1.45 heures, directement de Bequia où il était confiné jusqu’à présent. Si pour le moment, il est ancré à la limite du mouillage, nous craignons qu’il ne veuille une fois de plus, nous enquiquiner en venant ancrer trop près de nous. Nous avons déjà droit à une tête de cochon polonaise, nous aurions alors droit à une autre tête de cochon, suédoise cette fois ! En principe, il devrait se soumettre à une procédure très stricte de confinement (procédure assez récente décrétée par le Préfet) mais comme il n’a même pas hissé son pavillon jaune …

Nous n’avons pas eu droit à des grains aujourd’hui ce qui n’a pas empêché le vent de forcir de temps en temps !

Nous sommes toujours en plein déconfinement … si jamais le mouillage aie jamais connu de confinement ! Nous avons derrière nous, un X65 battant pavillon allemand, qui a traversé l’Atlantique avec l’ARC. Son skipper se retrouve depuis lors seul à bord et s’ennuie ferme comme on peut l’imaginer.

Il a visiblement un faible pour les jeunes français qu’il aborde avec une facilité déconcertante !! Toujours est-il que nous sommes les premiers témoins de ses aller/retour incessants entre plusieurs bateaux. Il est un peu le « concierge » du mouillage rendant service à tout le monde … et véhiculant ainsi parfaitement le coronavirus.

Aujourd’hui, nous l’avons donc vu partir avec trois jeunes à bord de son annexe pour aller faire du snorkeling (sa passion, semblerait-il)  à notre spot de plongée : activité parfaitement interdite mais dont manifestement, ils n’en ont cure.

Pour une fois, ces parfaits inconscients n’ont pas eu de chance puisque la Gendarmerie nationale leur est tombée dessus … ce qui ne semble pas les avoir refroidis le moins du monde puisque de retour à bord, ils ont poursuivi par un apéro sur le X65 !

Après avoir mis une bouteille sur le dos, je suis allé retirer notre orin pour qu’Ann puisse le débarrasser de toutes ses encombrantes végétations tandis que je nettoyais la coque du bateau. A ce stade de salissure, le travail fut très aisé (!)  et hormis la quille, l’hélice et le safran que j’avais décidé de nettoyer lors d’une autre plongée, j’ai pu faire toute la coque.

Mon seul réel problème fut que comme j’avais cassé l’attache de ma sangle de masque, j’ai été contraint de prendre un autre masque manifestement moins bien adapté à mon visage en sorte qu’il a pris plusieurs fois un peu d’eau de mer. En plongée, cela n’aurait pas posé autant de problème car l’eau se loge dans le bas du masque mais quand je nettoie la coque, mon visage regarde vers le haut et l’eau de mer m’inonde les yeux et les irrite !

Samedi  18.

Je tenais à terminer la lecture de mon roman passionnant et je n’avais pas spécialement envie de remettre ma bouteille sur le dos (à chaque fois, il faut penser à la regonfler …). Aussi, j’ai temporairement abandonné le nettoyage de la coque de toute manière quasiment terminée  pour aller nager.

J’ai eu droit à croiser la vedette de la Gendarmerie nationale qui ne m’a absolument fait aucune remarque car la nage est parfaitement autorisée … à l’inverse des autres activités nautiques comme la pêche sous-marine.

Dimanche 19.

Ayant achevé mon roman, j’ai préféré terminer le nettoyage de la coque (le précédent nettoyage date du 15 mars !)  avant d’en commencer un nouveau. Le travail n’était pas bien difficile puisqu’il s’agissait de la quille (c’est surtout la semelle de quille qui était sale), de l’hélice et du safran. Au préalable, j’avais été remettre en place l’orin sur l’ancre. Le plus amusant fut de relever que notre « paysan italien » de devant s’est senti contraint de se jeter à l’eau avec masque et tuba pour s’assurer de ce que je faisais sous l’eau …

J’en ai également profité pour mettre en ligne mon dernier article du blog. Vous le croirez ou non mais cela me prend de plus en plus de temps tant je me sens obligé de relire plusieurs fois mon projet d’article au point de me le rendre totalement indigeste !

Petite contrariété du jour : où est donc passé « Ambika » que nous exécrons ? Manifestement, il a quitté son emplacement initial à la limite du mouillage !! Aïe.

Lundi  20.

S’il y avait eu moins de vent, nous avions décidé d’aller faire un peu d’avitaillement au cours de l’après-midi. Mais le fetch d’un côté et le problème que les rayons des magasins risquaient d’être vides (depuis le Covid-19, les rayons ne sont remplis que juste avant l’ouverture) de l’autre, nous a contraints à rester plus simplement à bord.

Sans doute après un passage par le « Marin », notre exécrable ex-voisin  a été jeté l’ancre sur notre arrière. Nous avons une vue directe sur lui mais il est suffisamment loin pour ne plus nous déranger pour autant qu’il ne décide pas tout d’un coup de se rapprocher.

Les autorités de l’île aimeraient beaucoup que le nombre de bateaux à « Sainte Anne » ne s’accroisse plus mais il semblerait qu’il ne s’agisse que d’un vœu pieu. Il est manifeste de relever qu’alors que nous n’avions quasiment aucun bateau sur notre bâbord, on en dénombre un nombre de plus en plus élevé !

L’événement de la journée restera l’arrivée en fin d’après-midi, du transporteur de bateaux, « Yacht Express ». En cette période de la saison, il est habituel que des transporteurs fassent leur apparition et repartent pour l’Europe, avec leur nouvelle cargaison. La différence cette année s’appelle « Covid-19 ».

En raison de la fermeture de nombreuses frontières, toutes les autorités déconseillent fortement d’entamer une traversée de l’Atlantique. Aussi, il semblerait que le nombre de plaisanciers ayant opté pour un transport de leur bateau par cargo soit en augmentation cette année. Nous sommes ainsi fort curieux de voir si le mouillage va ou non un peu se dépeupler. On se prend même à rêver que quelques « insupportables » ne viennent à partir …

Mardi  21.

Arrivée ce matin, d’un second transporteur de bateaux, le « Parkgracht » !! Sur le coup, on s’est posé la question de savoir comment ces deux transporteurs allaient pouvoir s’ancrer au « Marin » mais manifestement, il y a encore de la place pour un troisième voire un quatrième transporteur !!!

Quand nous sommes passés par là, ce qui m’a frappé en tout premier lieu c’est la taille des bateaux embarqués. Pour le « Parkgracht », rien que de très normal, cela va du petit au plus grand (le X65 allemand dont question plus avant) mais pour le « Yacht Express » aux tarifs un peu plus élevés, nous aurions pensé qu’il était réservé aux méga yachts. Aussi qu’elle ne fut pas mon étonnement de voir des bateaux embarqués dont la valeur résiduelle ne couvrirait même pas le prix du billet comme ce vieux Amphitrite!

En second lieu, j’ai été un surpris que les deux transporteurs étaient déjà à pied d’œuvre alors que le « Parkgracht »  venait à peine de s’ancrer. Time is money, je suppose.

Amusant à voir la noria de bateaux qui évoluaient autour des deux transporteurs en attente de leur tour. Parmi eux, quelques bateaux connus comme « Ipharra » (catamaran de 31.30 m) ou « Moose » (Lagoon  620) mais bien davantage de parfaits inconnus. Aucun « indésirable » ne semble devoir embarquer alors que pourtant, nos espoirs semblaient justifiés …

Nous avons appris incidemment que la barge de travail « La Luciole » avait méchamment embouti ce matin, un Océanis ancré dans le chenal d’accès au chantier. Cela devait bien évidemment arrivé puisque la Police municipale ne fait pas son travail et que les crétins de tout poil se moquent de l’interdiction d’ancrer.

Sur le fond du mouillage, on trouve de nombreux paniers posés là  par les pêcheurs locaux. Au vu de la circulation particulièrement intense sur le plan d’eau, les flotteurs ne remontent plus jusqu’à la surface (!) ce qui les rend évidemment moins visibles mais aussi moins dangereux pour nos hélices. Certains « paysans » comme mon voisin de devant, en profitent pour se les approprier discrètement ! Tous les jours, il remonte le casier et le vide.

Mercredi  22.

Comme chaque matin, nous essayons de voir qui est parti et qui est arrivé. Pour une fois, le mouvement des départs semble irrémédiablement enclenché et le mouillage se clairseme de plus en plus . En temps normal, après Pâques, c’est déjà le début de la fin de saison ! Evidemment avec le Covid-19, les options sont brouillées et beaucoup comme nous, ne savent pas encore exactement ce qu’ils vont faire.

Je viens de prendre connaissance d’un article (fort critiqué) publié ce mois dans « Voiles et Voiliers » par un plaisancier présent sur le mouillage de « Sainte Anne ». J’en suis tombé à la renverse !! D’une part, j’ignorais même si Ann me l’avait évoqué, qu’un tel réseau de solidarité s’était développé et d’autre part, combien la possibilité de nager autour de son bateau avait été discutée avec les diverses autorités.

En ce qui concerne le réseau de solidarité, nous n’y faisons jamais appel et à voir le nombre d’annexes qui partent au ravitaillement (un parfait mobile pour bouger …), j’ai un peu le sentiment que l’auteur de l’article se fait un peu, beaucoup mousser. Il n’en demeure pas moins que j’admire cette solidarité qui ne se limite pas à l’avitaillement. Dommage que ces mêmes plaisanciers si solidaires ignorent trop souvent les bonnes manières à avoir entre plaisanciers …

En ce qui concerne le contrôle excessif  exercé par la Gendarmerie nationale et les Affaires maritimes, je crois tout simplement rêver : on ne les voit quasiment jamais ! Il est même question dans l’article, de drone de surveillance jamais observé !! Je nage tous les jours et jamais je n’ai été contrôlé ou verbalisé de près ou de loin. Par contre, je vois trop souvent des annexes qui partent vers les hauts-fonds bordant le chenal pour aller snorkeler, pêcher ou faire de la chasse sous-marine. Et effectivement, il arrive une fois de temps en temps que la Gendarmerie nationale intervienne. Perso, je n’aurais pas interdit ces activités mais dès lors qu’elles le sont, tout le monde se doit de respecter les règlements.

En allant nager, j’ai eu le plaisir d’observer, toujours plus ou moins dans la même zone, « Juliette » (la raie aigle). Elle est difficile à suivre depuis la surface car elle n’arrête pas de faire des cercles !! Moins drôle, en revenant à bord, j’ai pu constater avec amertume que la coque présentait déjà des petites zones mousseuses vertes !

Nous avons assisté en fin d’après-midi, à un véritable chassé-croisé entre nos deux transporteurs de bateaux. En fait, nous l’avons compris un peu plus tard, « Parkgracht » a dû sortir du « Marin » pour permettre à « Yacht Express » de partir pour les US Virgin Islands. Le plus amusant c’est que celui qui est revenu au « Marin », semblait ne plus pouvoir charger de bateaux supplémentaires tandis que celui qui est parti, n’était qu’à moitié chargé !!

Jeudi  23.

Semaine plutôt venteuse, mine de rien ! Quoi qu’il en soit, avec notre annexe, l’état un peu agité du plan d’eau ne nous a pas empêchés d’atteindre sans difficulté, le « Leader Price » pour un gros avitaillement. Arrivés un peu avant 8 heures du matin, nous avons quitté le ponton à 8.20 heures !! Un exploit incroyable : une seule annexe au ponton et pas de file devant le magasin !! La raison tient sans doute au fait que le magasin était ouvert depuis 7 heures du matin !

Au passage, nous avons vu que le chenal d’accès au chantier était bien plus dégagé que les jours précédents (l’accident de « La Luciole » aurait-il eu une effet bénéfique sur les plaisanciers ?) et que « Parkgracht » avait complété son chargement de bateaux par un vieux bateau de pêche d’une quarantaine de pieds !!! Nous avons également relevé que « Sine Cura II » (pavillon suédois de sinistre mémoire) faisait également partie du chargement : bon débarras.

Journée à grains … chapelet de grains … chapelet de tristesse. Journée carrément cra-cra.

Cela papote énormément sur les réseaux sociaux et tout le monde y va de son petit commentaire comme le prix du transport de son bateau par cargo : entre 10.000 et  15.000 € ! Par curiosité, nous avons demandé un devis à « 7 Star » (leader sur le marché) : 31.970 € pour transporter « S.A.S.³ »  du « Marin » à Brest (F) ou Ijmuiden (Nl)  début mai … on est très loin du coût annoncé par notre cher internaute !

Vendredi  24.

Départ du « Parkgracht »  pour Ijmuiden (Nl).

Beaucoup trop venteux à mon goût, il fait par contre magnifique et c’est ce qui importe finalement le plus.

En allant nager, nous avons vu juste à côté du bateau, « Martine » (la grosse tortue) en train de brouter tranquillement le fond d’herbe.

Arrivée surprise en milieu d’après-midi, de deux grosses vedettes des Douanes françaises … que nous ne verrons plus par la suite !

Samedi  25.

Nous avions besoin d’un avitaillement d’appoint dont notamment, un passage obligé par la pharmacie. Nous sommes donc allés pour la première fois depuis le confinement, à « Sainte Anne »  en matinée. L’après-midi, tout y est fermé.

Il y avait foule et le quai de débarquement était occupé aux ¾ de sa capacité ! Des files pas possible devant les quelques magasins d’avitaillement du village.

Comme toujours je suis resté dans l’annexe et ce que j’ai vu, m’a quelque peu sidéré. Côté positif, plusieurs personnes (davantage des personnes âgées) portant le masque et se lavant les mains avec une solution hydroalcoolique une fois de retour à leur annexe avant de s’éloigner sans traîner. Côté négatif, deux jeunes scandinaves (?) se serrant vigoureusement la main avant de se lancer dans un amical face à face. Des distances de socialisation peu respectées alors qu’il y a pourtant la place. Davantage le fait des plus jeunes ce qui n’est pas une nouveauté.

La mairie a mis gratuitement à la disposition des plaisanciers, une arrivée d’eau sur le débarcadère. Ils sont donc nombreux à y remplir leurs jerrycans. Excellente initiative pour autant que chaque utilisateur pense à désinfecter le robinet et le tuyau d’arrosage après chaque utilisation …

Dernier constat, les Polonais sont en grand nombre (!!!) sur le mouillage et plus particulièrement à la « Anse Caritan ». Mais pour un motif que j’ignore (problème de tva peut-être), très peu d’entre eux battent pavillon polonais ! Comment les reconnait-on facilement ?  Tout d’abord, en les entendant parler comme au débarcadère ce matin et ensuite, parce que le plus souvent, ils hissent un petit pavillon polonais au mât, en-dessous des guidons de club. Il s’agit d’une pratique courante sur les bateaux de location qui battent, par définition, le pavillon du pays d’immatriculation et non, de leurs utilisateurs.

De retour à bord, j’ai procédé au rinçage à l’eau douce du moteur d’annexe. Le chantier Garcia a installé à cet effet, une prise d’eau sur la jupe arrière (cfr. photo). Ne pas le faire lorsque le moteur reste longtemps sans tourner et vous risquez que le sel se solidifie et obstrue les canalisations de refroidissement. En temps normal, je ne procède à aucun rinçage car l’annexe est mise tous les deux jours à l’eau mais en cette période de confinement …

Dimanche 26.

Semaine assurément venteuse mais soleil la plupart du temps.

Histoire de bouleverser un peu nos habitudes, nous avons été nager dès notre sortie du lit. Grand bien nous en a pris car à peine dans l’eau, nous avons vu « Martine » (la grande tortue) qui nageait sur le fond (Ann a vu un peu plus tard, « Martineke ») et à hauteur de notre chaîne d’ancre … deux raies aigles en train de farfouiller le sable de leur bec, à la recherche de nourriture !!

Dorénavant, « Juliette » sera la femelle (moindre envergure et queue d’un mètre) et « Romeo » le mâle (plus grande envergure et queue de deux mètres). Cette fois-ci, nous avons eu droit à un véritable balai aquatique … c’était fascinant de grâce.

J’ai la mémoire d’un poisson rouge mais je possède une mémoire photographique des bateaux assez exceptionnelle quoi que je le dise moi-même. En regardant à la jumelle, vers le large, je vois un voilier qui sort du lot des voiliers de série et je dis à Ann, il me fait penser à « Louise » (one /off 72’ du chantier Royal Uisman – ami d’enfance de Ann). Bingo, renseignements pris auprès de son propriétaire, le bateau arrivait de « Saint Martin » pour être chargé sur un cargo. Grand luxe le copain : un couple comme équipage et malgré cela, le voilier retourne en Europe, en cargo.

Lundi  27.

Journée « petit bricolage » … la meilleure manière de se rendre compte de tout ce qui ne fonctionne pas car confinement ou pas, les emmerdes ne nous lâchent jamais et on aurait tort de ne pas y prendre garde.

Nous n’avons donc pas mis beaucoup le nez dehors et le soir, nous étions tous les deux … « sonnés » !!

Mardi  28.

Après la journée de hier, nous n’avions qu’une seule et unique envie : nous plonger dans nos lectures respectives.

Nous en avons profité que le vent s’était assoupi en milieu de journée pour aller nager. Nous avons vu « Juliette » mais sans son « Roméo » !

Nous avons assisté une fois de plus à l’une et l’autre nouvelle arrivée sur le mouillage dont un voilier français de 9 m qui venait en droite ligne de Union. Ce n’est qu’après avoir ancré qu’ils se sont inquiétés des mesures à suivre depuis la fermeture des frontières …

Un autre Français qui avait respecté la procédure en sollicitant 24 heures à l’avance, l’autorisation de se rendre en Martinique au départ de Bequia, se l’est vue refuser au motif qu’il n’y avait aucune urgence en son cas !

Mercredi  29.

Une journée comme les autres avec toutefois, moins de grains que la veille.

Lors de séance de natation, j’ai vu « Martine » en train de brouter sur le fond mais quand elle a senti ma présence au-dessus d’elle, elle s’est enfuie comme une flèche ! Incroyable de relever qu’elle ne s’aide que de ses deux pattes avant !

Sur le retour vers le bateau, c’est « Roméo » que j’ai vu cette fois-ci.

Jeudi  30.

En allant faire quelques petites courses ce matin, au « Marin », j’ai eu le sentiment d’un relâchement général … un peu comme si le déconfinement annoncé pour le 11 mai était déjà d’application. J’ai un peu l’impression que même nous, sommes gagnés par cette forme d’abattement ! Il faut reconnaître que peut-être en raison des températures plus élevées ou d’un confinement plus précoce qu’en Métropole, la pandémie n’a jamais pris les mêmes proportions qu’en Europe. Dans le sud de la Martinique, le Covid-19 semble absent et c’est plutôt de la dengue (transmission par moustique) qu’il faudrait se préoccuper !

Comme les contrôles sont quasiment inexistants sur l’eau (même si certains hurlent comme des putois à la dictature policière lorsqu’ils voient un hélicoptère survolé le mouillage), on a de plus en plus l’impression que tout est permis : il ne manque plus que l’audace de la transgression. A quelques jours du déconfinement, on se plait à se dire que l’on peut encore patienter quelques jours de plus.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publié par : Ann & Stéphane | 19 avril 2020

01 au 15.04.2020 – Martinique et le Covid-19 (suite).

Mercredi  01 avril.

Que le pavillon belge soit la plupart du temps, un pavillon de pure complaisance n’est plus sujet d’étonnement pour ceux et celles qui se sont un jour, un peu éloignés de nos frontières. Il suffit de descendre jusqu’en Bretagne sud pour s’en rendre compte. Le lecteur attentif se rappellera qu’à notre sortie des Sables-d’Olonne, une vedette des douanes françaises était venue nous poser la question de savoir si nous étions de « vrais Belges » !

Ce dont nous commençons à peine à nous rendre compte aujourd’hui, c’est qu’on peut changer de pavillon national pour le pavillon belge avec une facilité déconcertante ! Quand nous sommes arrivés au « Marin » en début de saison, nous avions retrouvé notre ami « Badoc » que nous avions toujours connu sous pavillon espagnol, battant désormais pavillon belge !

Ce matin, nous avons assisté à l’arrivée de « Kepasa » (de sinistre souvenir) qui battait jusque là pavillon allemand et qui, subitement, bat désormais pavillon belge !!! Quelques jours plus tard, il rebattait pavillon allemand …

Nous avons également été surpris de relever qu’un bâtiment de la Marine nationale, « Le Dumont Durville », croisait au large de la baie « Sainte Anne » et procédait, par VHF, au contrôle de bateaux qui n’étaient pas autorisés à se déplacer. L’occasion de se rendre compte de la parfaite mauvaise foi de certains plaisanciers évoquant, notamment , une autorisation de sortie à la journée émanant de la marina du « Marin » …

Nous nous sommes dès lors posés la question de savoir s’il relevait bien de la Marine nationale de procéder à ces contrôles … Evidemment quant à 8.30 heures, nous avons vu la vedette de la Gendarmerie nationale sortir en trombe du « Marin », nous avons compris.

Devant cette situation ubuesque, nous avons pris la décision radicale de quitter notre mouillage pour nous rendre en ligne directe à Trinidad. Au moins là, nous pourrons chaque jour, pêcher notre déjeuner sans risquer de prendre une prune.

Le passage de la Gendarmerie nationale sur le mouillage, reste un événement exceptionnel par sa rareté. Aussi ai-je été totalement surpris que pas la moindre incivilité habituelle n’aie pu être constatée !!! Nos voisins directs qui passent leur temps à se rendre visite, sont tous restés étonnamment sagement chez eux, pas le moindre padle ou kayak alors que ce matin encore, ils étaient aussi visibles que le nez au milieu du visage, plus une seule voile à l’horizon hormis un catamaran qui partait vers Sainte Lucie, quasiment aucune annexe en maraude … le confinement modèle ! Je vais finir par croire que comme dans les Cités, il y a des guetteurs.

Lors de ma baignade quotidienne, je suis tombé nez à nez avec « Toto » le barracuda ! Il m’a demandé où nous avions ancré et je lui ai répondu qu’il suffisait de suivre notre chaîne d’ancre pour retrouver son coin de paradis perdu mais manifestement, il ne m’a pas compris sans doute à cause de mon accent belge, car je ne l’ai pas revu en revenant au bateau.

Jeudi 02.

J’avais observé, venant du « Marin »,  l’arrivée d’un catamaran 57’ de nationalité suisse mais battant pavillon de Malte. Celui-ci s’est immédiatement dirigé vers l’avant déjà fort encombré, du mouillage. Se glissant entre les bateaux ancrés, il a jeté son ancre bien trop près des autres bateaux comme lui a fait remarquer le propriétaire d’un Lagoon 450. Plutôt que de réagir immédiatement, sans même attendre la protestation qui lui était adressée, comme nous l’aurions fait nous-mêmes, il a attendu que son large catamaran ne prenne sa place normale pour décider – après une longue période de réflexion – de lever l’ancre pour un autre emplacement.

Nous n’étions pas juste à côté mais suffisamment près pour comprendre combien cela lui arrachait le cœur d’avoir à relever son ancre !!! J’ai personnellement ressenti  la douleur qui lui oppressait la cage thoracique. C’était déchirant et affreux. J’ai très sincèrement compati à son malheur.

Cela vous paraît démesuré, exagéré voire peut-être ridicule ou encore, pure interprétation de ma part ? Détrompez vous. Nous assistons régulièrement à ce type de comportement et plus particulièrement lorsque nous demandons à un plaisancier de ne pas s’ancrer si près de notre bateau ! Pour nous, cela reste totalement incompréhensible, totalement inacceptable mais tellement proche de certains comportements que nous déplorons sur nos routes et autoroutes que j’en viens à me dire que les valeureux plaisanciers ne valent pas mieux que les stupides automobilistes.

Lors de ma petite natation quotidienne, j’ai eu le plaisir de revoir « Juliette » comme j’ai désormais  baptisée cette adorable raie aigle.

Si la journée fut belle, nous avons eu droit à nous faire beaucoup gigoter dans tous les sens en raison d’un vent quasiment inexistant et d’une belle houle venue du large. Le phénomène a perduré durant la nuit. Il y a plus agréable …

Vendredi  03.

Les matinées sont toujours plus animées que les après-midi ! Cela n’empêche pas les bateaux de faire des aller/retour incessants avec le « Marin ».

La première fois en cette saison, nous avons eu droit à une visite éclair de la vedette des Affaires maritimes ! Nos « copains » français qui passent le plus clair de leur temps, à aller l’un chez l’autre, ont été pris sur le fait mais heureusement pour eux, ils étaient toujours en leur annexe, à l’arrière de l’un des bateaux. Je vois d’ici l’entretien : « désolés, nous étions en train d’apporter à nos amis, l’avitaillement commandé » et le pire, c’était peut-être la vérité !

Si donc, rien ne change sur le mouillage depuis le début du confinement, chaque jour, un nouvel arrêté préfectorale tombe. Après le couvre-feu de 20 heures à 5 heures, c’est maintenant pour tout bateau de la CE pénétrant dans les eaux territoriales, une procédure astreignante de confinement obligatoire de 14 jours. C’est bien beau de pondre des textes mais s’il n’y a aucune autorité pour les faire respecter …

Pour le moment, nous sommes mieux ici que nulle part ailleurs mais cela n’est pas exactement le cas pour ceux et celles qui sont en train de faire un tour du monde et ceux et celles encore plus nombreux, qui ont prévu de rentrer en Europe avec leur bateau : toutes les frontières sont fermées et la bonne saison pour une traversée ne dure qu’un temps !

Samedi  04.

Quand la veille, je me suis rendu compte qu’il nous fallait procéder à l’entretien du GE, je ne peux pas dire que j’en étais ravi. Mais bon, il y a des choses qui ne peuvent être remises à plus tard. Donc, nous avons entamé notre journée par cette corvée. Nous en avons profité pour changer les filtres du dessal et nettoyer les pré-filtres du déssal et du GE.

Ensuite, nous avons été nagé et réalisé un peu de secrétariat. J’ai pris l’habitude depuis le départ, de rédiger une note après chaque entretien ou chaque incident technique. Avec le temps, on oublie trop vite.

Sur le mouillage, rien de nouveau si ce n’est qu’en présence d’un vent faible, tous les bateaux pointent vers le sud et donc, roulent un peu. Le plus énervant, c’est le soir car les coupures de liaison satellitaires sont nombreuses ! Ce n’est peut-être qu’une impression mais il me semble que le système satellitaire de télévision était plus performant la saison précédente.

Si je ne participe pas aux réseaux sociaux, Ann en est très férue et c’est ainsi que j’ai eu l’occasion de prendre connaissance de commentaires de plaisanciers sur le confinement auquel le Covid-19 nous astreint. Il y en a évidemment pour toutes les sensibilités mais je relève qu’un certain nombre de plaisanciers se considèrent au-dessus de lois pondues par des stupides terriens !

Même lorsqu’il s’agit de dispositions spécifiques aux plaisanciers, ces mêmes personnes considèrent qu’elles leur sont totalement inapplicables pour toute une série de raisons comme la nécessité impérative de se dégourdir les jambes ! On peut se poser la question de savoir comment ils se débrouillent en navigation hauturière à moins bien entendu que ces mêmes râleurs ne sont que des marins d’eau douce …

Pour la seconde soirée consécutive, nous avons eu droit à des coupures de liaison satellitaire ! Le phénomène assez irritant a surtout lieu en seconde partie de soirée !!

En l’absence de vent, la nuit fut fort chaude, juste limite avant de mettre le ventilateur !

Dimanche 05.

Toujours aussi peu de vent et tous les bateaux qui roulent un peu.

Journée assez calme même si nous avons encore assisté à des mouvements de bateaux. Les skippers de catamaran semblent à chaque fois,  « jouir » de pouvoir jouer avec leurs manettes de gaz ! Nous n’avons jamais eu de catamaran mais il me semble que nombre d’entre eux devraient passer au catamaran à moteur, cela leur correspondrait mieux.

Suffisamment rare que pour le signaler mais la Gendarmerie nationale était aujourd’hui plus visible que les autres jours. Cela n’a pas beaucoup empêché les habituelles petites incivilités quand ils avaient le dos tourné mais bon …

Pour la troisième nuit consécutive, nous avons eu droit à des coupures satellitaires. Et merde.

Lundi  06.

Avec beaucoup de retard, les autorités ont entrepris un recensement des bateaux mouillés à « Sainte -Anne », on ne serait que 360 et 800 si on inclut ceux du « Marin » ! C’est nettement inférieur à ce que j’avais pu calculer « à pouf » lors des saisons précédentes : j’avais calculé entre 500 et 600 bateaux sur le seul mouillage de « Sainte Anne ».

Il est question d’organiser un service de ramassage des poubelles mais je n’y crois pas trop. En fait, les autorités de « Sainte Anne » nous subiraient plus qu’autre chose tant il est vrai que pour l’essentiel, les plaisanciers s’approvisionnent au « Marin ». De surcroît, le « plaisancier » n’est jamais perçu comme un « bon touriste » car nous nous déplaçons avec notre caravane et mangeons à bord.

Premier soir où nous n’avons plus de coupure de liaison satellitaire. Même si nous n’avons pas autant de chaînes de télévision qu’à Bruxelles, parce qu’Ann a opté pour un abonnement minimaliste (!), je parviens quasiment tous les jours, à me trouver une série policière française dont je raffole !

Mardi  07.

Les jours passent et se ressemblent terriblement. Nous profitons de conditions météo très agréables avec un temps sec, ensoleillé et un vent faible.

Si le confinement est loin d’être compris par tout le monde, on observe une amélioration graduelle si on ne tient pas compte des relations entre bateaux qui semblent impossible d’interdire.

Dans un premier temps, j’ai appelé le confinement de tous mes vœux tant j’étais exaspéré par tous ces mouvements de bateaux (à chaque fois, je stressais à l’idée qu’ils viennent jeter l’ancre trop près de nous) mais avec le temps, je supporte de plus en plus difficilement l’encerclement oppressant que nous subissons. Cela manque d’horizon, de liberté, d’air.

Mercredi  08.

Un peu plus de vent en début de journée mais cela n’a pas perduré.

Nous avons sur notre tribord, un petit voilier avec un couple de jeunes à bord. Ceci explique sans doute cela mais les « apéros » s’y succèdent ! Depuis ce matin, je compte déjà cinq personnes en deux vagues. Les trois derniers sont même venus expressément du « Marin » en catamaran …

Il y a pénurie d’eau dans le sud de la Martinique en sorte que les autorités ont décidé de réaliser des coupures d’eau durant la journée !! Soutenir qu’il ne pleut jamais serait un mensonge éhonté mais il est vrai que nous n’avons eu droit jusqu’à présent, qu’à des grains.

Jeudi  09.

7.30 heures, nous sommes partis faire nos courses d’avitaillement au « Leader Price » : nous avons tenu deux semaines sans ravitaillement. Rien que de très normal car lorsque nous étions en traversée, on tenait facilement un mois.

Pas beaucoup d’annexes au ponton (!) mais une file pas possible à l’entrée du magasin (celui-ci est fermé pour tout le long week-end de Pâques) en sorte qu’Ann est partie directement au « Carrefour » situé non loin de là : pour la viande, Ann doit aller au « Carrefour » pour en trouver mais pour d’autres produits, c’est plutôt le « Leader Price »! A chaque avitaillement, elle ne fait évidemment la file qu’à un seul magasin.

Avant de partir, nous avions confectionné deux masques FFP2 made in « S.A.S.³ ».

J’ai poiroté 2 ½ heures dans l’annexe, sous le soleil mais cette fois-ci, j’avais mon gsm ainsi que mon e-book. Pour Ann, c’était nettement moins drôle car elle a attendu debout …

Nous sommes ensuite partis au « Simply Market » pour y chercher – en vain – de la farine pour faire nos pains à bord. Sur le retour, nous avons pris de l’essence et nous avons croisé la Gendarmerie nationale qui revenait d’avoir été plonger : c’est décidé, je vais m’engager.

Les Français sont indisciplinés (en Guadeloupe, c’est un couvre-feu de 4 jours qui a été décrété pour le week-end Pascal) comme tout le monde le sait mais quand je vois que les Allemands ne font pas mieux en réalisant un apéro à trois bateaux, je me demande parfois si cela a encore du sens de respecter un confinement ! A la fin, cela devient usant de se restreindre et d’un autre côté, frustrant de voir que les autres ne se privent pas. N’y a-t-il aucune justice divine à défaut d’une justice humaine totalement inexistante pour les plaisanciers ?

Vendredi  10.

C’est l’anniversaire de Ann … 46 printemps et toutes ses dents. Si vous avez oublié de le lui souhaiter, c’est maintenant trop tard pour le faire. Nous aurions souhaité pour l’occasion, mangé une bonne langouste mais la seule qui nous a été proposée, pesait plus de 2 kg. et par expérience, nous savons que ce ne sont pas les meilleures. Si j’étais gendarme, je serais aller la pêcher moi-même !

Depuis plusieurs jours, nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie ! Assez stupéfiant parce qu’en ces régions, s’il fait toujours beau, les grains sont légions. Du coup, nous dormons avec les capots de pont complètement ouverts et non plus, entrouverts pour pouvoir les refermer plus facilement en cas d’averse.

Dans le même temps, le vent est faible, juste parfois modéré à certains moments de la journée. Les températures sont stables et agréables. En l’absence de vent, on ressent comme le soleil tape fort.

Le mouillage présente toujours le même visage c’est-à-dire plus animé en matinée que l’après-midi. Le confinement n’est pas plus respecté maintenant qu’il ne l’était au début sauf que la fermeture « officielle » des frontières a réduit progressivement le mouvement des bateaux, en mer.  Cela n’empêche pas certains plaisanciers de faire fi des interdictions et de continuer de se balader, en toute impunité, d’un mouillage à l’autre.

Samedi  11.

Les députés des DOM-TOM ont proposé au Président Macron de tester sur leur île, le déconfinement. Je dois bien reconnaître que c’est astucieux parce qu’en cas d’accord, aucune mesure ne devrait être prise : en Martinique, le déconfinement est permanent !!

D’un côté, je viens de lire que le Covid-19 se répand jusqu’à  4 mètres de distance et de l’autre, je vois des annexes qui vont porter la bonne parole d’un bateau à l’autre ! Profondément  navrant.

Dimanche 12.

La période dite de « confinement » a été reportée au 11 mai et manifestement, certains pètent un câble comme ces Suédois qui ont relevé l’ancre pour faire un tour complet du mouillage et revenir à leur emplacement de départ !

Maintenant, je me dois d’être honnête en précisant que j’envisage de plus en plus sérieusement de faire un petit aller/retour jusque « Sainte Lucie » toute proche ! La météo est magnifique, le vent juste ce qu’il faut et j’en ai super marre de faire partie d’une minorité qui respecte scrupuleusement les règlements liés au Covid-19. De surcroît, fuir notre encerclement, nous donnerait  un peu d’air !

Si encore les inciviques se faisaient crosser à l’occasion, cela m’aiderait à continuer d’agir comme un bon petit soldat mais manifestement, la  Gendarmerie nationale préfère jouer aux filles de l’air (un hélico survole quasi quotidiennement les plages) et aller plonger en toute tranquillité.

Lundi  13.

Le mouillage est très, très calme … un peu comme si tout s’était figé ! Et puis le franc est tombé … mais bien sûr, nous sommes le lundi de Pâques et je suis entouré de bigots … des bigots inciviques !!

La question se pose de plus en plus de savoir ce que nous allons faire de nos bateaux pour la période cyclonique si toutes les frontières restent fermées. Nous n’en sommes pas encore là mais l’horizon ne semble pas vouloir se dégager !

Sans doute liée à la sécheresse ambiante, nous avons droit depuis un certain temps déjà, à une poussière noire légèrement collante qui s’insère un peu partout dans notre carré jusque derrière nos coussins ! Elle s’introduit plus que certainement, par nos deux fenêtres avant que nous ouvrons constamment pour nous donner de l’air. C’est une véritable plaie contre laquelle il est difficile de lutter à moins de suffoquer de chaud.

Mardi  14.

Hormis « Martineke » (la petite tortue parce qu’il y en a une autre, plus grande que nous appelons « Martine ») qui vient nous dire bonjour tous les jours, plus trace de « Juliette » (la raie aigle) et ne parlons pas de « Toto » (le barracuda) qui a disparu des écrans radar depuis que nous avons rejoint la civilisation en venant ancrer plus près de la masse des bateaux.

Nous n’aurons pas vu la Gendarmerie nationale de tout le week-end Pascal de quoi m’inciter à envisager de reprendre la plongée ! Elle est interdite pour des motifs discutables mais comme tout le monde sur ce mouillage a l’air de se moquer du confinement …

Notre voisin de devant s’est acoquiné depuis quelques jours, avec une sorte de sosie de Michel Polnareff. Jusque là, nous n’en sommes plus à une entorse près au confinement.

Quand nous les avons vu remonter tous les deux, un panier de pêcheur et le vider, nous avons failli réagir mais avec ce voisin, nous avons préféré nous en abstenir car nos relations ne sont déjà pas bonnes.

Aujourd’hui, « Polnareff » avec l’aide du voisin nous a tout simplement stupéfiés en remorquant sur le fond jusqu’à son bateau pourtant ancré à la « anse Caritan », le panier qu’il avait relevé l’autre jour ! Je suis pas un fan des pêcheurs locaux qui traversent chaque jour, le mouillage à fond les manettes mais de là, à leur voler leur outil de travail.

Mercredi  15.

S’il a un peu plu durant la nuit, les conditions météo restent essentiellement inchangées et ce n’est que du bonheur.

Pour la première fois depuis le début de saison, nous avons vu passer une vedette des Douanes !! Jusque là, nous en étions arrivés à penser qu’ils avaient définitivement déserté l’île. Comme les Pandores, ils sont particulièrement myopes quand il s’agit de regarder en direction des bateaux qui se baladent en mer alors que toute navigation est interdite(en fait, il est autorisé de se déplacer pour un motif « sérieux » comme la nécessité de prendre de l’eau ou du diesel) mais je suppose que cela ne relève pas de leurs compétences …

Nous retrouvons sur notre plan d’eau, la Gendarmerie nationale, les Affaires maritimes, les Douanes et la Police municipale avec chacun des compétences tellement bien spécifiques que face à une infraction, ce n’est jamais la bonne autorité qui est présente ! En temps normal, je m’en réjouirais plutôt mais en cette période confinement, on espérerait un plus de contrôles.

Le plus grand inconvénient de l’immobilisme pour un bateau reste que malgré l’antifouling, une coque se salit rapidement. La nôtre ne fait évidemment pas exception à la règle et quotidiennement, je vérifie son état.

Je dois reconnaître que depuis notre dernier nettoyage, elle subit les attaques du milieu marin plutôt correctement mais il n’empêche que les salissures réapparaissent de manière surprenante, à certains endroits plutôt qu’à d’autres !! Aussi, de quoi un peu égayer nos journées, j’ai décidé que nous n’allions pas attendre que le travail soit trop important, pour procéder à un nouveau nettoyage.

N’ayant pas trouvé le courage de mettre notre bouteille sur le dos, nous avons commencé par la ligne de flottaison, sur une profondeur d’un bon mètre, sur le côté bâbord. Exercice éprouvant pour le cœur car nous sommes en apnée et sans ventouse mais le résultat est là.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 3 avril 2020

16 au 31.03.2020 La Martinique et le Covid-19

Lundi  16.

Comme le coronavirus est quasiment inexistant en Martinique, nous n’avons eu à subir jusqu’ici aucune des mesures prises en Métropole. Mais les temps changent et les Dom-Tom sont désormais astreints aux mêmes mesures qu’en France. Ce qui pourrait être considéré comme « tardif » en Europe, recèle un énorme pouvoir « préventif » dans les îles et c’est une excellente chose car je crains que ces dernières ne soient nullement équipées pour faire face à une pandémie.

Bien entendu comme nous avons pu le constater aujourd’hui, la règle du confinement n’est pas comprise par tout le monde de la même manière … Pour notre part, elle ne nous pose pas de problème particulier puisque nous restons « naturellement » confinés sur notre bateau.

« Little Cloud » est toujours ancré devant nous mais nous avons le sentiment qu’il s’est réancré un peu  plus en avant de nous, toujours est-il que nous ne pouvons réellement plus rien dire même si la présence de ce paysan fini nous indispose.

Mardi  17.

Le confinement strict est loin d’être respecté, certains affirmant même sur Facebook ne pas avoir d’internet … d’autres jouant aux effarouchés ne comprenant que l’anglais ! En tout état de cause, le plaisancier se considère toujours comme au-dessus des lois puisqu’il n’est pas un vulgaire terrien.

De prime abord, nous n’en sommes qu’au tout début du confinement et beaucoup de règles non écrites doivent encore être précisées. Ainsi, peut-on encore naviguer ou aller plonger dès lors que nous ne rentrons en contact avec personne ? Une réponse négative semble s’imposer au simple motif que si nous avions besoin d’aide, on monopoliserait des secours déjà débordés.

Comme il fait magnifique, nous voyons les plages bondées et des bateaux, avec foule à bord, qui partent en ballade comme s’il s’agissait d’un week-end. Pas la moindre autorité en vue et donc pour la grande majorité, le confinement est un mot qui ne s’applique pas à eux.

Tous les pays fermant progressivement leurs frontières, nous craignons de plus en plus que la Martinique ne devienne la seule solution pour tous les exilés ou les refoulés des Caraïbes !

Mercredi  18.

Seconde journée de confinement. Si tout n’est pas encore figé, les comportements individualistes et inciviques restant la règle, « l’activité » semble progressivement se calmer. Il y a encore trop de bateaux et trop d’annexes qui se baladent sans raison valable mais comme on ne voit pas l’ombre d’un gendarme à l’horizon …

Pour être parfaitement honnête, je me dois de préciser que les dispositions du confinement manquent souvent de clarté pour les plaisanciers et que les autorités qui se montrent généralement si conciliantes avec les anglo-saxons, ne s’adressent à la population qu’en français !

Pour notre part, ce confinement ne nous dérange nullement hormis la plongée qui nous reste – en principe – interdite encore qu’il faille faire le subtil distinguo entre « non recommandé » et « interdit ».

Nous avons encore et toujours à batailler pour préserver notre carré d’intimité et de sécurité mais nous espérons que quand le « lock down » total sera instauré, nous n’aurons plus à nous soucier de cette question puisque plus personne ne pourra bouger. L’espoir fait vivre …

L’espoir fait vivre mais ne nourrit pas … nous étions en train de regarder agréablement la télévision que profitant de notre totale inattention, « Well », Océanis 40’ battant pavillon polonais, venait jeter l’ancre sur notre bâbord en sorte que les deux voiliers n’étaient séparés que par quelques mètres !!!

C’est en allant nous coucher que nous avons pris conscience de sa présence. Ann a bien essayé – en vain – de les faire déloger, ces têtes de lard nous ont superbement ignorés alors qu’ils étaient six dans leur cockpit.

Alors qu’on ne lui demandait rien, notre « paysan italien » de devant, « Little Cloud », s’en est pris verbalement à Ann  … en polonais !! Par la suite et avec un peu d’observation, nous avons compris qu’en fait, sous le pavillon tantôt italien (Little Cloud),  tantôt canadien(Promyk) ou encore hollandais (White Dog), nous avions à faire à une petite colonie polonaise.

Jeudi  19.

Météo magnifique quoi qu’un peu plus venteuse que les autres jours.

Alors que nous nous attendions à devoir supporter quelques temps encore, la présence de nos indésirables voisins polonais auxquels notre « paysan italien » avait rendu visite, à 9 heures, ils remontaient l’ancre et partaient vers le Nord !

Si on regarde un peu autour de soi, on cerne très vite que les visites entre voisins occupent le temps de la plupart des plaisanciers qui n’hésitent pas non plus à se regrouper en nombre, sur les bateaux …

Avec l’approche du week-end c’est bien entendu le retour des bateaux de location. Nous en étions conscients mais là, nous sommes servis : sur notre bâbord, nous avons six catamarans de location plutôt bruyants. Ancrés trop près comme de juste, nous les supportons à l’idée que demain matin, ils seront partis.

Vendredi  20.

Un peu stressés car il s’agissait pour nous d’une première depuis l’application des mesures de confinement, nous sommes allés faire quelques courses d’avitaillement . Le bon truc consiste à être à la porte du magasin dès son ouverture : peu de files et rayons garnis.

Le temps pour Ann de faire ses courses au « Carrefour » et il y en avait déjà pour 1 ½ heure de file d’attente au « Leader Price » !

A notre retour à bord, nous avons été contraints de relever que nos bateaux de location après avoir fait le plein en carburant au « Marin », étaient de retour à leurs emplacements : la restitution des bateaux ne s’opèrant  que … samedi matin !

Samedi  21.

Toujours un trafic incroyable pour une période de confinement (la navigation n’est pas interdite mais « vivement déconseillée » ce que tous traduisent par « autorisée ») mais nous sommes débarrassés de nos bruyants bateaux de location. Bien évidemment, d’autres bateaux  sont venus occuper l’espace ainsi libéré mais bon, les distances sont jusqu’ici respectées ! Ce qui n’empêche que je sursaute à chaque fois que j’entends un bruit anormalement proche … synonyme de l’approche d’un intrus.

L’après-midi fut nettement plus calme que la matinée et la Gendarmerie Nationale est enfin visible … ce n’était pas trop tôt. Cela ne change pas grand chose à toutes les petites incivilités dont nous sommes les premiers témoins mais on peut espérer qu’avec le temps, les règles de confinement seront mieux respectées même si j’ai de profonds doutes.

La météo est toujours des plus clémentes pour ne pas dire des plus agréable. Pour notre part, les conditions de confinement ne sont pas très astreignantes car elles correspondent pour l’essentiel, à notre mode de vie ! L’interdiction de toutes activités nautiques (cfr. photos …) dont la plongée, est notre plus grosse contrainte. Nous subissons aussi un internet très lent et plus aucun technicien ne peut passer à bord ce qui ne fait pas exactement nos affaires.

Dimanche  22.

Le plan d’eau était très calme jusqu’à ce que « Grand Pas », Amel Super Maramu battant pavillon français, est venu s’ancrer sur notre avant bâbord de manière fort limite mais bon, ce sont des Français et avec eux, en général, il y a toujours moyen de s’arranger au cas où.

Quand nous voyons des bateaux avec deux ou trois couples à bord, il est difficile pour nous de s’imaginer qu’ils vont restés confinés ensemble durant des semaines … Les Français ont toutes les peines du monde à comprendre la signification du mot « confinement », le Président Macron n’arrête pas de le déplorer à la télévision, et en Martinique, ils ne dérogent pas à la tendance.

Histoire de l’arroseur, arrosé : il y a de cela encore quelques jours, nous avons dû nous insurger contre « Christmas IV », battant pavillon français, qui comptait s’ancrer à proximité de notre bateau pour être au plus près de leurs amis, « Tsaro ». Aujourd’hui, ce sont les mêmes qui ont donné de la voix à l’égard d’un Amel 54’, « Fidelis » battant pavillon hollandais, qui est venu s’ancrer devant eux ! Manque de chance, ils sont tombés sur une tête de cochon …

Nous n’avions pas encore fini de rire qu’un 36’ battant pavillon américain arrachait au passage, l’orin du voilier anglais ancré juste derrière nous ! Comme l’interdiction de toute navigation n’a pas encore été ordonnée, les bateaux continuent de circuler comme si de rien n’était. En clair, sur le mouillage de la baie « Sainte Anne », il fait bon vivre avec le coronavirus !

Lundi  23.

Rien n’a beaucoup changé par rapport aux autres jours. Il fait toujours magnifique avec de temps à autres, un petit grain aussi imprévisible que passager.

La vie sur le plan d’eau est toujours la même avec  ses annexes qui circulent (il est frappant de relever que la très grande majorité des annexes sont à l’eau au lieu d’être suspendues à leurs bossoirs …), les amis qui vont d’un bateau à l’autre quand tout simplement, ils ne passent pas quelques jours ensemble sur le même bateau ! Certes, il y a un ralentissement des activités sociales mais on reste loin d’un confinement absolu.

Il  y a toujours des bateaux qui doivent circuler entre le « Marin » et la baie « Sainte Anne », il y a toujours des bateaux qui arrivent d’on ne sait où et d’autres qui partent pour des destinations inconnues. On trouve même encore des bateaux de location en activité !

Quant à la Gendarmerie nationale, elle consacre son temps à … plonger !! Alors que cette activité nous est interdite pour un problème de sécurité, les gendarmes n’ont pas l’air de s’en priver ! De toute manière, on ne voit pas beaucoup les pandores sur le plan d’eau … quant aux contrôles, s’ils existent, ils sont très, très peu visibles. Pas de quoi effrayer en tous les cas, les contrevenants de tout poil.

Mardi  24.

Météo maussade avec un ciel fort chargé et un vent modéré à variable.

Pas de grands changements sur le mouillage. « Grand Pas » est parti ce matin, sans doute pour les « Anses d’Arlet ». Cela nous donne un peu plus d’air pour autant que personne ne vienne se mettre à leur place.

En fin d’après-midi, nous avons vu la Gendarmerie Nationale pointé le museau. Il  y a bien eu quatre ou cinq contrôles mais il faudrait sans doute leur prescrire des lunettes car ils sont particulièrement myopes à moins qu’ils ne veulent pas regarder en la bonne direction. Tout continue donc comme avant.

Mercredi  25.

Matinée plutôt venteuse mais curieusement, le vent est tombé d’un coup sur le coup de midi. Nous avons, bien entendu, eu droit à quelques grains.

Une fois de plus, la Gendarmerie Nationale était en plongée … si cela continue, je vais me faire Gendarme !

Alors que les frontières de la Martinique sont fermées depuis lundi, par arrêté préfectorale, à tout bateau ne battant pas pavillon de la communauté européenne, nous avons vu arriver coup sur coup, un voilier battant pavillon américain et ensuite, un autre voilier battant pavillon suisse … le plus amusant reste que l’américain a été contrôlé par la Gendarmerie Nationale et est reparti le lendemain tandis que le Suisse n’a pas été contrôlé et est resté sur place !

 D’après les échos que nous en avons, les autorités des autres îles sont nettement moins bienveillantes et celles qui restaient « ouvertes », se referment les unes après les autres face aux incivilités des plaisanciers.

Nous sommes les témoins de tout et de son contraire. Il y a bien entendu ceux, trop nombreux, qui se moquent éperdument des dispositions prises par les autorités pour freiner la propagation du coronavirus comme notre voisin hollandais qui a invité à son bord, un autre équipage hollandais fraîchement arrivé en Martinique et puis, il y a les règlements que tout le monde interprète à sa sauce comme la possibilité de faire une activité sportive près de son domicile.

Jeudi  26.

Pas grands changements à l’horizon si ce n’est qu’il fait à nouveau magnifique.

Avec le confinement, le nombre de bateaux sur le mouillage augmente insensiblement de jour en jour et comme la plupart des plaisanciers aiment se coller les uns aux autres, on assiste à de sérieuses concentrations, principalement le long de la côte. Mais il faut leur reconnaître ceci : la distance de 1.50 m entre chaque bateau est scrupuleusement respectée.

En ce qui nous concerne, nous sommes encerclés de toutes parts  mais une distance raisonnable est respectée pour l’instant.

Vendredi  27.

Période de confinement oblige, nous avons décidé de ne faire qu’un seul avitaillement par semaine. Comme nous l’avons fait la dernière fois vendredi passé …

Une fois encore, nous sommes partis à 7.30 heures pour être dans les premiers lors de l’ouverture du « Leader Price » sauf qu’à la suite d’une panne informatique, le magasin a ouvert ses portes avec une bonne heure de retard !  De surcroît, Ann n’a pu passer que dans le second groupe en sorte que j’ai attendu 2.30 heures dans notre annexe à regarder l’eau sans savoir ce qui se passait. Pire, j’ai vu des tas de couples arriver bien après nous et repartir bien avant nous !!

La prochaine fois, je penserai à prendre avec moi, mon e-book et un téléphone en manière telle de pouvoir rester en contact avec Ann car après l’avoir déposée au quai des annexes, je vais m’ancrer un peu plus loin pour ne pas avoir à être contaminé par toutes les personnes qui viennent faire leur avitaillement.

Pendant tout ce temps, j’ai donc été le témoin involontaire de l’activité réduite du chantier de Carénantilles  qui malgré tout, a sorti un petit voilier de l’eau ! Ce qui m’a le plus surpris c’est le nombre important de personnes qui se sont rendues au chantier.

Autre constat, plusieurs petits malins ont conjugué « activité physique » et « avitaillement » en venant au « Leader Price » … à la rame comme cette jeune femme venue en padle avec son chien !

Mais le plus frappant reste que les personnes ont besoin de parler et donc, en respectant plus ou moins la distance de confinement de 1.50 mètre, cela caquette facilement.

Quand nous sommes partis à « Sainte Anne » pour d’autres courses (pharmacie), le débarcadère était très peu encombré et une fois midi (les magasins d’avitaillement n’ouvrent que le matin), pour ainsi dire désert.

Nous n’avons pas vu un seul gendarme ou policier à l’horizon.

L’après-midi, le mouillage donnait l’impression d’avoir été statufié ! Mais c’est bien entendu lorsqu’on pense qu’on peut enfin relâcher son attention que les crétins de tout poil vous tombent dessus. Qu’il y aie toujours la possibilité de circuler reste pour nous, une aberration en période de confinement.

Samedi  28.

C’est le week-end et comme à chaque fois, les Français en profitent pour venir passer quelques jours, « entre amis », à la baie Sainte-Anne !! C’est vrai qu’il fait magnifique et même le vent est super sympa mais nous sommes en période de confinement et ce n’est pas ce type d’attitude qui va faire évoluer positivement les choses. Mais qu’y pouvons nous si la Gendarmerie Nationale ne fait pas son travail. On les voit bien de temps en temps mais le plus souvent, au large … ou en train de plonger !

Lors de ma natation quotidienne autour du bateau, j’ai eu le bonheur d’observer une raie aigle d’une envergure d’environ 1.50 mètre avec une queue d’une longueur incroyable. Spectacle grandiose qui n’est pas exceptionnel sur ce fond sablonneux mais que j’aimerais voir plus souvent.

Dimanche 29.

Le vent souffle fort et le fetch est bien présent. Perso, ce sont les conditions que je déteste le plus en raison notamment, du stresse qu’un bateau ne dérape sur nous ou que notre chaîne d’ancre ne se brise. Alors j’essaie de ma raisonner en pensant à ces centaines de bateaux qui se trouvent dans les mêmes conditions que nous et qui ne bougent pas d’un pouce.

Il n’y a pas beaucoup de changements sur le mouillage : il y a toujours trop de bateaux en mouvement, trop d’annexes qui passent d’un bateau à l’autre , trop de plaisanciers qui ne comprennent pas la nécessité d’un strict confinement même si en raison des conditions météo moins favorables, on a pu relever un ralentissement assez significatif.

Par bonheur, dès le milieu d’après-midi, le vent a sérieusement baissé d’un ton et du même coup, on a vu un peu partout, beaucoup plus de personnes dans l’eau. Perso, je me suis forcé à aller nager malgré le fetch présent car cela fait trop de bien en le cadre du confinement.

En fin d’après-midi, un transporteur de bateaux, « Super Servant  4 », faisait son apparition. Ann avait deviné sa venue en voyant au mouillage, un Classe J de 143’ ayant participé aux régates d’Antiga.

Lundi 30.

Même météo que la veille. Le vent était peut-être un peu moins fort et s’est plus vite adouci.

Avec les jours qui passent, le mouillage donne de plus en plus l’impression de se figer même si des mouvements de bateaux  pourtant maintenant  interdits, sont toujours à déplorer. Il s’agit d’un calme quelque peu surréaliste que nous apprécions de plus en plus si seulement, il pouvait y avoir un peu moins de monde autour de nous !

Le plus formidable reste que nous ne voyons plus de mouvements de bateaux durant la nuit ! C’est pour nous, un immense soulagement de ne plus avoir à déplorer lorsque nous allons nous coucher, la présence d’un intrus à nos côtés. Le confinement ne manque pas par certains côtés, de bien des avantages.

Mardi  31.

Vent assez faible. Ciel bleu avec quelques nuages. Température douce. C’est un peu le paradis sur terre s’il n’y avait ce confinement parmi autant de bateaux.

En allant nager, j’ai revu ma raie aigle en train de manger quelque chose d’enfoui dans le sable. Moment exceptionnel.

Départ de « Super Servant 4 » avec son précieux chargement de bateaux dont le classe J, pour l’Europe.

 

Que faisons-nous de nos journées ?  Notre vie de tous les jours ne se différencie pas beaucoup de celle qui était la nôtre avant le Covid-19 ! La seule différence essentielle réside en l’absence de techniciens à bord …

En respectant scrupuleusement le confinement, nous n’allons plus plonger, nous ne recevons plus personne à l’apéro, nous ne quittons plus le bateau … même pour aller se décharger des poubelles ! Mais cela ne nous pose pas grands problèmes sauf peut-être en ce qui concerne la plongée.

Nos journées ne sont pas établies à l’avance. Nous nous laissons aller à nos envies du moment, en prenant le temps de chaque moment. Chaque moment est une occupation en soi et plus une corvée que l’on a hâte d’avoir derrière le dos. Faire sa toilette matinale, petit déjeuner, nager, prendre sa douche, lire, faire son secrétariat, un petit bricolage ou l’autre et la journée est passée ! A partir de 18 heures, nous allumons la télévision et nous sommes partis jusqu’au coucher.

Comme nous vivons sur l’eau, au milieu centaines de plaisanciers, tout ce qui nous entoure est aussi un spectacle permanent, fort varié quand il n’est pas contrariant.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Older Posts »

Catégories