Publié par : Ann & Stéphane | 30 janvier 2023

23 au 29.01.2023 – Dans le mot « plaisance », il y a plaisir …

Lundi 23.

Le vent continue de souffler assez fort avec une relative accalmie en soirée. Si nous n’avons pas eu de pluie, nous n’avons pas eu non plus de soleil. En revanche, la plupart des bateaux qui nous encerclaient, sont partis tôt ce matin ! Ceci nous a permis de rajouter dix mètres de chaîne à notre ancrage.

Nous avons été, en annexe, réaliser quelques courses au « Marin » et la mer était assez dure comme souvent à cette époque. Nous avons de la chance d’avoir déjà une belle annexe car sinon, nous serions trempés à chaque fois.

Alors que nous ne les avions pas vus arriver, nous avons eu un contrôle de la douane !!!! C’est la toute première fois que nous sommes contrôlés en Martinique ! Vérification des papiers du bord, des passeports et quelques questions plus tard, ils repartaient en nous souhaitant une bonne journée. Aucun souci avec tout cela (en tour du monde, nous avons été contrôlés un nombre incalculable de fois) mais toujours curieux de connaître les raisons de leur choix d’autant qu’ils n’ont même pas demandé à visiter l’intérieur.

Mardi 24.

Du soleil mais aussi beaucoup de vent. Durant la soirée, un catamaran français de 43’ était venu s’ancrer (trop près, bien entendu …) sur notre arrière-tribord. Nous n’en étions pas des plus heureux mais nous ne nous attendions pas à le voir « décoller » en matinée, lors d’un coup de vent particulièrement soutenu !! Sous nos yeux, le catamaran a dérapé joyeusement vers deux autres bateaux. Plutôt effrayant à voir alors qu’avec le vent qui souffle en quasi-permanence, on aurait pu penser que son ancrage était forcément bon. Comment voulez-vous en ces circonstances, ne pas stresser à chaque fois que nous voyons un bateau jeter l’ancre devant nous.

Par bonheur, il n’a touché personne alors qu’il était seul à bord !! D’autant plus étonnant que j’avais vu deux autres personnes à bord, une heure plus tôt.

Comme j’attends toujours le retour de mon compresseur de plongée, régulièrement je m’informe de l’arrivée du « piston libre » qui vient de Métropole. En principe, il s’agit de la pièce défectueuse à remplacer. La bonne nouvelle du jour est que la pièce est enfin arrivée mais la mauvaise nouvelle est que la pièce commandée est elle-même défectueuse !!! Entre-temps, nous ne plongeons plus … cela fait deux mois pour ma part !!

Mercredi 25.

« Journée de la durite ! ». J’ai dû en pèter une dizaine en cours de journée ! En cause, plus d’internet (dépassement du forfait) et du même coup, pas de possibilité de commander un nouveau livre E-book et d’autre part, i-m-p-o-s-s-i-b-i-l-i-t-é de commander un nouvel écran extérieur Furuno (cartographie électronique) ! Cela fait depuis près de deux mois que j’essaie en vain de remplacer cet écran et aujourd’hui, j’ai eu le sentiment de me heurter à un mur :  aucune réponse claire, pas de suivi, des versions qui évoluent au cours du temps ! Incroyable mais vrai.

En fin de journée et grâce aux bons conseils de Philippe Jambon de « Pochon sa. » je pense que nous avons trouvé la solution à ce problème insoluble mais nous allons attendre de réceptionner l’écran avant de crier victoire.

Jeudi 26.

Il y a du soleil mais toujours autant de vent que cela commence un peu à fatiguer.

La journée a mal commencé avec l’annonce que nos vitres du carré ne seraient prêtes à être expédiées avant 4 à 5 semaines (prévoir en plus, deux à trois semaines avant que le colis ne parvienne en Martinique) !!! Je crois parfois rêver et je me pince pour me réveiller de ce cauchemar. Cela fait depuis septembre que nous avons passé commande …

En suivant l’exemple de Ann qui se force tous les jours, à aller nager, je me suis également mis à l’eau la peur au ventre ! Pourquoi ? Simplement parce que nous sommes entourés de crétins qui ne font aucune attention aux nageurs que ceux-ci soient équipés d’une bouée ou non. Evidemment, comme tous les autres, je ne reste pas à patauger derrière le tableau arrière du bateau. Il me faut me défouler en de longues foulées de brasse et donc, je m’éloigne pas mal du bateau. Enfin … j’y ai survécu cette fois encore.

J’ai appris à détester les scandinaves depuis que nous sommes arrivés aux Antilles ! En effet, nous avons eu souvent des « problèmes de communication » avec eux et plus encore, avec les Suédois et leur sans gêne incroyable quand vous ne tombez pas sur une réelle tête de cochon. Ceux qui me suivent depuis quelques temps, se rappelleront sans doute ces épisodes pénibles.

Aujourd’hui, en fin d’après-midi, un voilier battant pavillon danois, nous est remonté pour aller jeter l’ancre juste devant nous. Rien de répréhensible à cela, bien entendu. Comme je craignais qu’il s’installe au-dessus de notre ancre, je me suis placé à la proue du bateau. Par signes, j’ai essayé d’attirer son attention sur la présence de notre orin mais en bons malotrus, le skipper et sa compagne ont fait comme si j’étais parfaitement invisible. Très désagréable comme impression.

De manière peut-être surprenante aux yeux de certains mais ce sont les Français qui se montrent les mieux éduqués ! Il y a évidemment toujours les exceptions pour confirmer la règle mais dans l’ensemble, en les mêmes circonstances, j’aurais eu droit à un signe comme quoi ils avaient bien vu l’orin et en tenaient compte.

Je ne peux jamais m’empêcher de repenser à ce jour où, en Croatie, à bord d’un Bavaria 50’ de location, nous sommes arrivés dans une profonde baie. En me dirigeant vers ce que je supposais être un endroit libre pour y jeter l’ancre, je me suis fait copieusement engueuler (!!) par un Allemand qui me signifiait de manière très tonique que j’étais au-dessus de son ancre qui, si j’ai bien compris, couvrait toute la largeur de la baie !!! A vrai dire, je pense plutôt que notre présence l’indisposait et qu’il n’avait qu’une seule envie que nous allions nous faire pendre autre part. Pour la petite histoire, nous sommes – bien évidemment – allés jeter l’ancre plus profondément dans la baie.

Vendredi 27.

10 heures : je viens de pousser la plus belle gueulante de ma vie auprès de « I.D.S. » !

Nous avons une fuite d’huile au GE et à cette suite, nous avons fait remplacer les silentblocs. Comme il fallait sans doute s’y attendre, cette réparation n’a pas solutionné notre problème de fuite. Ludovic a diagnostiqué cette fois, un joint défaillant dont le remplacement nécessite d’ouvrir quasiment totalement le GE …

Devant un agenda « overbooké », il me réserve toute la journée de ce vendredi : « je suis son seul client du jour (sic) ».

Vendredi c’est la veille du week-end et je sais par expérience, qu’à 16.30 heures, le copain Ludo arrête sa journée. Que le GE reste à moitié ouvert et donc inutilisable pour tout le week-end ne fait pas partie des préoccupations du copain Ludo. Aussi, prenant conscience du risque encouru, nous lui téléphonons hier pour remettre le rendez-vous à un autre jour de semaine. Il nous rassure sur la faisabilité du travail en une journée et nous précise qu’il sera au bateau, entre 8.30 et 9 heures.

Ne le voyant pas venir, nous lui téléphonons et il m’assure arriver dans 30’ … « le temps de s’occuper de deux ou trois clients (sic) » !!! Jusque 10 heures, la moutarde a eu le temps de monter jusqu’à mes narines jusqu’à ce que j’explose.

Il semblerait que chez « I.D.S. » mais c’est également vrai chez la plupart des intervenants nautiques, il y a les « clients » qui passeront toujours en priorité et les « sous-clients » qui passeront toujours après les autres ! Pour bénéficier de la catégorie « sous-clients », il suffit de vous montrer compréhensif et de payer vos factures dans l’heure de leur réception. En fait, il n’y a que ceux qui gueulent (les « emmerdeurs ») qui sont servis comme des rois !

Du côté de notre compresseur de plongée, ce n’est pas mal non plus. Pour rappel, le problème est le suivant : le moteur s’arrête avant d’atteindre les 300 bars. Par le passé, un premier réparateur nous a remplacé (à grands frais) les clapets, j’ai pour ma part, remplacé un condensateur et « Nautica Air Service » vient de remplacer le « piston mobile » par un autre emprunté sur un autre compresseur et tout cela … pour des nèfles ! Il s’agirait maintenant d’un problème au niveau du moteur sauf que celui-ci tourne très bien jusque passer 200 bars …

 Si mon réparateur avait pensé réaliser ce « test » dès la réception du compresseur, j’aurais gagné un mois de temps et d’énervements …

En début d’après-midi, réunion houleuse à bord, avec Jean-Paul, le patron de Stéphanie, notre brooker !! Voilà ce qui arrive quand votre brooker veut jouer la carte du candidat acheteur en oubliant que c’est vous qui payez sa commission en cas de vente …

Samedi 28.

Si Ludo a pu remonter le GE le jour même, il est malheureusement apparu que son intervention n’a guère solutionné le problème ! En fait, la fuite d’huile est même deux fois plus importante qu’auparavant !!!

Averti de la situation, ce dernier est passé en fin de matinée pour constater la problématique. En cherchant, il a trouvé une conduite qui, manifestement, fuitait. Celle-ci se situe par chance, sur la face accessible du GE mais comporte des embouts spéciaux que seul un spécialiste en hydraulique peut fournir. Cela solutionnera-t-il définitivement le problème est une autre inconnue. J’en doute beaucoup …

Nous avons eu la visite de Eric et Izi de « Adventure » le catamaran 64’ qui était notre voisin au Carénage. Un agréable moment de détente où nous avons pu partager sans retenue, nos soucis techniques respectifs.

Dimanche 29.

Nous avons retrouvé un internet performant. Il nous a quand même fallu attendre plus de 48 heures et surtout, cela s’est réalisé en deux étapes : première étape, un internet lent et rameur pendant plus de 24 heures et puis la seconde étape, avec un internet performant.

Joie, ma fille, Marie-Charlotte, est parvenue à régler mon problème de E-book ! En même temps que nous perdions l’internet au bateau, il ne nous a plus été possible d’acheter un nouveau livre pour mon E-book !! Ne croyant pas aux coïncidences (je sais, je sais, je lis beaucoup trop de romans policiers), j’avais mis le beuk de mon livre électronique en relation avec la perte de l’internet du bateau sauf que cela n’en était manifestement pas la cause.

Nous avons eu la visite de Valérie et de Laurent de « Flona ». Nous avons passé un très agréable moment ensemble tandis que la météo était clémente : soleil et vent moyen.

Publié par : Ann & Stéphane | 23 janvier 2023

16 au 22.01.2023 – Une nouvelle vie qui commence ?

Lundi 16.

J’ai bien failli aller jouer au Loto ! Imaginez un peu : nos vitres sont enfin arrivées chez notre fabriquant hollandais, notre courtier nous envoie un courrier rectificatif divisant par deux (!), la prime et la franchise d’assurance si nous rejoignons l’Europe et les silentblocs de notre GE sont arrivés pour 13 heures … STOP, les bonnes nouvelles s’arrêtent malheureusement là.

Ce matin c’était un peu la cohue avec deux nouveaux voisins qui se sont amarrés là où en principe, l’amarrage est interdit mais qu’en ont-ils à faire ? Le premier est un catamaran finlandais qui a passé la semaine passée à un emplacement perpendiculaire au ponton et donc, loin de nous. Pourquoi ce crétin est-il revenu pour venir se coller à nous ?? Il y a juste le ponton qui nous sépare : je ne fais pas du bateau pour le plaisir de partager mon intimité avec le premier paysan, fusse-t-il finlandais, venu. Le second, un monocoque français, du genre SDF des mers qui considère le ponton comme une extension de sa barquette : grrrrrrr. Je sais, je sais, je ne suis pas du genre « babacool » mais je continue à avoir des difficultés avec les malotrus de tout poil.

Vers 14.30 heures, nous avons eu la visite tant attendue de Ludovic de « I.D.S. » qui a – enfin – attaqué le remontage de notre GE. J’en ai profité pour lui demander d’en faire l’entretien. Malheureusement vers 17.30 heures, il a déclaré forfait en prévoyant de revenir le lendemain pour … 7 heures du matin !

Mardi 17.

Si nous nous sommes levés pour 7 heures, nous n’avons vu arriver Ludovic que vers 14.30 heures ! Pas étonnant puisqu’il savait que nous avions loué une voiture pour aller faire des courses : essentiellement, nous recherchions une nouvelle télévision pour notre cabine propriétaire.

Si nous l’avons vu c’est que tout simplement, ne pouvant retrouver le même modèle de télévision que celle qui équipait notre bateau (encastrement sur mesure, bien entendu), nous avons pris la décision de revenir au bateau pour prendre des mesures complémentaires. Notre choix a -t-il été judicieux ou non ? C’est une fois qu’elle sera montée que nous pourrons en juger. La difficulté résidait en la connectite de l’appareil et à sa largeur. La télévision achetée semble s’adapter à ses deux problématiques

Mercredi 18.

Lorsque Ludovic a procédé hier, à un essai de notre GE, il a constaté que la pompe à eau de mer fuitait lorsque le groupe s’arrêtait ! Ce matin, il est donc repassé à bord pour démonter la pompe et la réparer en atelier avant de la remonter.

Nous aurions pu quitter la marina pour la baie « Sainte Anne » dès midi mais nous avons préféré profiter de notre après-midi pour remettre de l’ordre dans le bateau et procéder à un petit nettoyage intérieur bien nécessaire. Il faut préciser que nos insupportables voisins sont justement partis tous les deux en fin de matinée !

En fin d’après-midi, nous en avons profité pour un petit MacDo bien sympathique.

Jeudi 19.

Le vent souffle un peu fort mais rien de très extraordinaire … au contraire, cela donne de l’air. Nous avons quitté la marina de Carénantilles pour la baie « Sainte Anne » avec la crainte de ne pas trouver de place assez proche du village. Il y a encore peu nous aurions fui la foule en nous éloignant au maximum mais j’ai un peu changé car en tout état de cause, il y en aura toujours un pour venir nous tenir la main ! En ces conditions, autant anticiper et aller tout de suite au contact. Cette fois c’est un Espagnol qui en fait les frais et j’en suis navré pour lui. Si cela n’avait tenu qu’à moi, nous aurions jeté l’ancre plus en avant de sa position mais c’était Ann à la barre …

Il faut croire que cela le dérangeait également mais peu de temps après notre arrivée, notre Espagnol a remis une bonne longueur de chaîne en sorte que la distance entre nos deux bateaux est maintenant parfaite.

Une heure plus tard, un Allemand avec sa grosse barcasse, n’avait pas autant de scrupules et jetait son ancre sur notre bâbord ! Par bonheur, son étrave n’arrive pas à hauteur de notre cockpit.

La première chose qu’il m’a paru impérieux de réaliser, fut le nettoyage du franc-bord tribord ! Un travail é-p-o-u-v-a-n-t-a-b-l-e en raison d’un plan d’eau un peu trop agité pour ce genre d’opération. Mais bon, le travail est fait.

Le moustique est désormais, une espèce animale en voie d’extinction à bord ! Sus aux rescapés, donc !

Evidemment, cela bouge un peu et le soir, nous devons mettre le GE mais quelle vie différente ! Que dis-je ? Quel monde de différences ! Nous revivons dans tous les sens du terme même si je dois avouer qu’après un mois passé en marina, j’avais fini par y prendre certaines habitudes. De manière quasi instantanée, je me suis parfaitement adapté à notre nouveau cadre de vie.

Si plus d’une fois, nous avions fini par nous emmerder à la marina, au mouillage, je peux rester des heures à contempler bêtement tout ce qui nous entoure et encore, je n’ai pas encore repris mon rôle de concierge ! Un spectacle vivant et évolutif nous entoure et c’est ce qui fait tout son charme.

Vendredi 20.

En fin de matinée, Stéphanie, notre broker, a fait visiter, en vidéo conférence, notre bateau à un candidat qui se dit très intéressé. A la suite de cette visite virtuelle, nous avons eu droit à la visite physique cette fois, d’un autre candidat tout aussi intéressé. Un troisième candidat n’a pu être atteint par téléphone, en temps utiles. Amusant mais depuis quelques jours, notre voilier semble susciter bien des convoitises au point que nous nous demandons si nous aurons le bonheur de pouvoir rester à bord jusque fin mai !

Cela fait depuis bien longtemps que je n’ai plus passé une « soirée télé » !! Pourquoi ??

Tout d’abord parce qu’à la marina, les températures sont bien plus élevées qu’au mouillage en sorte qu’il est plus agréable de rester à l’extérieur, dans le cockpit ! Alors, qu’au mouillage, au contraire, on finit par vouloir se protéger de températures un peu trop basses le soir !!

Ensuite, parce qu’à la marina, je ne captais correctement que TF1 et M6 !! Pour un motif que j’ignore, toutes les autres chaînes étaient handicapées par des arrêts fréquents sur image ! Ce problème n’existe pas au mouillage où il est possible de regarder la vingtaine de chaînes de Canal+ avec une parfaite qualité.

Samedi 21.

Alors que nous sommes tous les deux de très grands dormeurs, depuis que nous sommes sur le bateau, nous nous réveillons naturellement au grand plus tard à 8.30 heures !! Il est généralement 7 heures. Il est vrai qu’en ce qui me concerne, je vais toujours me coucher avant minuit alors qu’à la maison, c’est toujours bien après minuit.

Après toutes les péripéties des derniers jours, nous avons besoin de tranquillité voire de repos. Si, à notre réveil, il fait cra-cra à souhait … en fin de matinée, le soleil a refait son apparition. Ouf.

Nous profitons pleinement de cette journée au point qu’en fin d’après-midi, je trouverai même le courage d’aller nager. J’en ai évidemment profité pour vérifier l’ancrage du catamaran qui est devant nous. Ceci me permettra malgré une visibilité toute relative, de revoir sous la coque du bateau, notre ami « Toto », le barracuda.

Il y a pas mal de circulation sur le plan d’eau ce qui, à la veille d’un week-end, n’est guère surprenant. Quant au vent, il joue les tobogans !

Dimanche 22.

Quand on est « concierge » comme moi, on finit par développer un sens aigu de l’observation. Quand donc, durant la nuit, un voilier est venu jeter l’ancre sur notre tribord, sur l’ancre de notre Espagnol, avec un équipage qui ripaille dans le cockpit jusqu’à pas d’heure, j’ai pensé qu’il s’agissait de Polonais et j’avais, évidemment, raison ! Le plus amusant demeure que j’avais justement fait la réflexion à Ann que cette saison, je n’avais pas encore vu de bateaux arriver de nuit sur le mouillage …

Incroyable mais les moustiques semblent avoir déserté subitement notre bord ! A peine l’avais-je noté dans mon journal que j’en tuais deux dont un plein de sang. Au goût, je dirais que c’est plutôt le mien !

Il y a beaucoup de monde sur le mouillage et notre « espace vital » se réduit de manière drastique mais nous ne pouvons rien y faire que de prendre notre mal en patience. Pour ne rien arranger, la météo est des plus cra-cra.

PS. Le Sun Odyssey 40′ qui arbore dans le mât, le pavillon espagnol est, en réalité, polonais !

Publié par : Ann & Stéphane | 16 janvier 2023

09 au 15.01.2023 – Une attente interminable et sans perspective !

Lundi 09.

Du soleil et des nanas !! Enfin, en fait de « nana », je n’ai dans mon champ de vision que « bobonne ». Mais, attention, c’est « ma nana » (on se récupère comme on peut …).

Je vous rassure de suite, la pluie n’est jamais loin.

Du monde, beaucoup de monde et essentiellement, des catamarans : les Antilles sont le royaume des catamarans ! Sur le tarmac, il y a deux Sun Reef de 80’ et ce matin, c’est un de 67’ qui a fait sa sortie de l’eau. Sur mon ponton, j’en ai un de 64’ et un autre, plus grand encore.

Si j’avais pensé que ce début de semaine nous ferait progresser en nos diverses affaires, j’en suis pour mes frais puisque le mot d’ordre « patience » reste de vigueur.

Mardi 10.

Journée cra-cra avec pas mal de pluie en matinée mais malgré ce tableau peu engageant, Ann a réussi le véritable exploit de nous dégoter un réparateur (Fidelec) pour notre sèche-linge et, de surcroît, il est venu quasi immédiatement !!! Avec beaucoup de méticulosité et de compétence, il nous a réparé notre appareil : un condensateur du système d’allumage serait en cause. Ce sont des journées comme on aimerait en connaître davantage …

Je n’oserais prétendre à une étude quelque peu sérieuse mais cette année reste pour moi, celle des Polonais, des Scandinaves et des Allemands ! Avec les Polonais, il faut toujours savoir regarder au-delà des apparences car souvent mais beaucoup moins aujourd’hui, ils battent le pavillon d’une autre nationalité ! Pour s’y retrouver, il suffit d’observer la première barre de flèche sur bâbord. C’est à celle-ci que la « vraie » nationalité de l’occupant est arborée.

Mercredi 11.

En principe, Ludovic de « I.D.S. » venait ce matin pour remonter notre GE. En lieu et place, ce dernier nous a téléphoné pour nous annoncer que les silentblocs n’arriveraient que ce vendredi et qu’il viendrait à bord, lundi prochain … patience, patience, patience.

S’il y a des avantages certains à être en marina (eau, électricité, facilité d’accès à bord, poubelles, proximité des magasins, les techniciens se déplacent plus facilement jusqu’au chantier), il y a aussi des inconvénients comme la promiscuité (sur ce point, amarré au ponton des grands yachts, nous jouissons d’une relative intimité en n’ayant pas de voisin accolé à notre franc-bord), les moustiques (nous avons connu bien pire mais il n’empêche que nous avons quelques moustiques à bord et que je suis piqué de la tête aux pieds), une réception de la TV satellitaire problématique sur de nombreuses chaînes.

Visite surprise mais très agréable, de Patrick de « Sarama » accompagné par Thierry de « Oceania » dont nous avons fait l’agréable connaissance. Nous avons rencontré Patrick en le cadre de notre tour du monde et nous sommes restés depuis lors toujours en contact.

Jeudi 12.

Pour une raison inconnue, le trafic de bateaux est très calme aujourd’hui !! Celui des « annexes » reste par contre, un ballet incessant et très remuant : c’est toujours à celui qui fera le plus de vagues …

Nous avons eu la visite de Valérie de « Flona » qui a, un temps, rompu la monotonie de notre journée de lecture. Ce n’est pas que nous n’adorons pas lire mais lorsque durant toute la semaine, il s’agit de votre seule occupation … Depuis son AVC, c’est la première fois que je suis parvenu à faire renouer Ann avec la lecture et j’en suis extrêmement heureux. J’ai toujours connu mon épouse avec un livre à la main que cela en était parfois exaspérant. Lors d’une traversée sur la GB, elle m’avait promis de s’interrompre de lire durant le week-end et n’avait pris avec elle, aucun livre. Je suis quand même parvenu à la surprendre à lire … un mode d’emploi !

Question bruit, nous sommes servis : cela fait le second jour que notre grand voisin catamaran se fait ouvrir la boîte crânienne ! Impossible de savoir exactement quel est le problème mais ce qui est sûr c’est que la latte par latte, tout le revêtement du « toit du carré » est d’abord découpé à la disqueuse puis arraché !!!!

Autre sujet de préoccupations, le nombre de moustiques augmente sensiblement à l’intérieur du bateau. Au départ, c’est à peine si on prenait conscience de leur présence mais aujourd’hui, il suffit parfois de déplacer un objet pour en voir trois ou quatre s’envoler sous nos yeux ahuris.

Vendredi 13.

Nous nous sommes réveillés au son de la disqueuse de notre voisin ! A notre avis, il souhaite transformer son catamaran en « décapotable », ce n’est pas possible autrement. Mais impossible d’y voir quelque chose, il est beaucoup trop haut par rapport au ponton à moins de monter dans notre mât.

Pas de pluie pour une fois et toujours, un ballet incroyable « d’annexes » en tout genre.

Depuis le début de la semaine, j’essaye d’obtenir des informations mais le résultat des courses est démoralisant au possible: nos fenêtres du carré parties le 3 janvier, ne sont toujours pas arrivées chez le fabriquant aux Pays-Bas, ma commande d’un écran Furuno est toujours dans l’expectative d’un événement inconnu, les silentblocs du GE seraient (conditionnel) arrivés en Martinique, nos écrans de PC seraient (conditionnel) arrivés chez « Pochon sa. » à La Rochelle (F), pas de nouvelles de la réparation de mon compresseur de plongée, pas de nouvelles de notre girouette B&G, pas de nouvelles non plus de notre PC de navigation mais cela, avec Jacques de « Diginav », n’a rien d’étonnant ! Pour survivre sur une île, il faut un moral d’acier et un optimisme qui frise la bêtise.

Samedi 14.

Nous avons passé la journée chez Marijke (amie d’enfance de Ann) et Pascale. Nos amies ont loué pour un mois, un très chouette bungalow avec piscine situé sur les hauteurs du « Marin ». La vue y est magnifique et englobe le « Marin » ainsi que la « baie Sainte Anne ». Du même coup, nous avons pu nous rendre compte du nombre incroyable de bateaux : il y a réellement foule à « Sainte Anne ».

Hier, pendant que Ann était chez le coiffeur, je suis allé en annexe, y faire un tour et effectivement, je n’y ai pas trouvé beaucoup de place pour y caser notre barquette. Evidemment, depuis que les autorités ont installé une zone d’exclusion tout le long du littoral, si la place ne manque pas, tout le monde a dû s’adapter et contraint de jeter l’ancre plus au large.

Dimanche 15.

J’ai pu m’entretenir quelques instants avec le skipper canadien de « Selika » le catamaran « décapotable ». En fait, il s’agit d’un bateau électrique (!) qui fonctionne grâce à des panneaux solaires placés sur le toit du carré. Ceux d’origine étaient souples mais ont été enlevés car ils ont été à l’origine d’un départ d’incendie ! Ceux qui vont être placés dans les jours à venir, seront rigides. Quant aux lattes qui ont été arrachées, il s’agit, en fait, du support des anciens panneaux solaires. CQFS.

Il fait beau, il fait chaud, il n’y a pas beaucoup de vent et nous aurions envie de nous baigner … Pas de quoi se plaindre donc et pourtant, on s’emmerde ferme tout en cuisant sur place !

Publié par : Ann & Stéphane | 9 janvier 2023

01 au 08.01.2023 – Toujours bloqués à la marina du chantier !

Dimanche 01.

Première journée sans pluie depuis plusieurs jours !!!!! Un miracle …

Nous en avons profité pour farniente dans notre confortable cockpit mais comme je ne peux raisonnablement rester les bras croisés toute une journée, j’ai nettoyé les sondes de la pompe automatique des eaux grises.

Un miracle ne survient généralement pas seul, tout comme une catastrophe génère bien souvent une autre catastrophe ! Alors que je m’échinais une fois de plus, à essayer de télécharger un nouveau livre sur mon incontournable E-book (livre électronique), Ann est venue à mon secours et est parvenue là où je calais depuis notre retour sur le bateau ! Depuis lors, même un enfant de cinq ans arriverait à télécharger un nouveau livre … merci, mon cœur.

Lundi 02.

Alors que je commençais à fulminer de ne voir aucun technicien résoudre notre problème d’amorçage de pompe à eau, Mano et Hugo de « Caraïbe Marine » sont arrivés avant que la pression ne fasse sauter les verrous de ma bonne humeur.

En deux coups de cuillère à pot, Mano a amorcé la pompe récalcitrante … sans rien changer à la connexion des tuyaux d’eau ! La morale de l’histoire est que j’ai bien fait de ne pas quitter mon métier pour devenir technicien et pourtant … j’étais si convaincu de mon propos que j’ai envisagé un moment, à procéder moi-même aux « bonnes » connexions !

Cela faisait depuis plusieurs jours que je me rongeais les sens à l’idée que je devrais nettoyer la coque (franc-bord) du bateau. Mais cela en valait-il la peine alors qu’il pleut quasiment tout le temps ? Aujourd’hui, en présence d’un soleil resplendissant, j’ai craqué et je me suis mis au nettoyage du flanc bâbord et de la jupe arrière.

Contrairement à ce que je pouvais craindre, la coque n’était pas salée mais uniquement salie (un vrai voile de saleté) par les averses continues que nous avons subies ces derniers jours. Le travail ne s’est donc pas révélé pénible bien que je fusse seul cette fois, dans la barque.

Pour bien faire, je devrais maintenant attaquer le flanc tribord mais celui-ci se trouve du côté du ponton et l’accès n’est en conséquence pas aisé.

Mardi 03.

Quel que soit le côté vers lequel je me tourne, le seul mot d’ordre est « patience » (= perdre son temps alors que l’on pourrait consacrer ce temps précieux à des choses bien plus utiles). Pour quelqu’un comme moi dont ce n’est pas la principale qualité, je suis parfois au supplice mais je n’ai pas d’autre option.

Ce matin, je suis allé chez « Pochon sa. » commandé un nouvel écran extérieur Furuno. Le prix est exorbitant mais de ce côté-là également, je n’ai pas d’autre choix ! On peut réellement affirmer que cette année passée à terre m’aura coûté une vraie fortune. Si c’était à refaire je me demande si la solution n’aurait pas été de prêter notre bateau à une personne de confiance pour la durée de la saison de navigation. Le maintien en circulation m’aurait épargné de nombreux frais dont déjà, une partie des frais de stockage et gardiennage.

Mercredi 04.

Depuis hier, la météo est repassée à la pluie ! Il fait cra-cra à souhait.

Nous avons découvert hier soir que notre sèche-linge était en panne. Rien de très étonnant en le contexte qui est le nôtre actuellement. A vrai dire cela ne m’a fait ni plus chaud, ni plus froid car nous ne l’utilisons qu’exceptionnellement. Comme à chaque fois, le problème réside maintenant à trouver un réparateur car ils sont tous en vacances jusqu’à la semaine prochaine ! Ben voyons.

Histoire de me rappeler que l’unique droit du plaisancier consiste à patienter jusqu’à l’abandon, je viens d’apprendre que « Kent Marine », importateur de B&G, ne connait pas la référence de notre girouette dont il faudrait changer les roulements à bille … Il m’aura fallu attendre plus de trois semaines pour obtenir cette précieuse information !! Bravo la communication.

Sur un autre plan, Jacques de « Diginav » refuse de me restituer mon PC de navigation au motif qu’il s’estime – modestement – être le seul à pouvoir réinitialiser mon vieux programme de navigation MaxSea Time Zéro! Ce programme marchait très bien jusqu’au jour où j’ai eu la bêtise de lui confier le PC. Quand il me l’a restitué, un « beuk » empêchait le programme de s’ouvrir ! Mes espoirs de le récupérer un jour sont si minces, Jacques prétendant continuellement être overbooké, que j’ai demandé qu’il soit retiré de l’inventaire du bateau.

Vous connaissez la chanson : la vie est une longue tartine de merde dont on mange un morceau chaque jour avec certains jours, de la merde sur les deux faces. Aujourd’hui, il y en avait sur les deux faces.

Jeudi 05.

J’ignore s’il s’agit d’une conséquence du dérèglement climatique ou d’autre chose mais le meilleur conseil que je puisse vous donner, est d’éviter de venir en Martinique ! La pluie s’abat sur nous, par vagues successives environ tous les ¾ d’heure ! Un vrai cauchemar qui me fait réellement regretter de ne pas être en Métropole. Et pourtant, l’année avait bien commencé mais ce n’était que pour mieux nous doucher par la suite.

Chaque jour qui passe, nous mesurons le temps perdu alors qu’à nos âges nous n’en avons plus beaucoup devant nous ! Si encore, nous étions au mouillage, nous aurions au moins le plaisir de pouvoir nager mais à la marina, ce n’est pas vraiment recommandé alors comme les vaches, nous regardons passer les bateaux et les annexes … le plus souvent de l’intérieur à cause de la pluie. Joie.

Vendredi 06.

Il suffit que l’on maudisse la météo pour avoir droit à une accalmie !!! Curieux, curieux.

La mauvaise nouvelle du jour est que l’écran extérieur Furuno que nous avions commandé chez « Pochon sa. » n’est plus fabriqué alors qu’il s’agissait déjà du remplaçant de l’écran dont était équipé le bateau ! Toutefois, au soir, nous avons sans doute trouvé l’écran adéquat mais comme nous sommes vendredi, il nous faudra une fois de plus, patienter jusqu’à lundi pour en avoir la confirmation !

Nous venons d’apprendre que les silentblocs du GE n’arrivent que le mardi 10 janvier. Difficile d’espérer que Ludo répare notre groupe le jour même … patience, patience, patience. Notre leitmotiv depuis que nous sommes arrivés en Martinique.

Samedi 07.

Ciel plombé. Risque permanent de pluie. Et pourtant, il n’a pas plu en journée !!!

Je n’en peux plus, tous les jours en fin d’après-midi, un paysan (voisin de ponton) nous abreuve de son saxophone durant plus d’une heure ! C’est insupportable et malgré cela, personne ne semble avoir le courage de lui préciser que tout le monde en marre de ses gammes.

Il faut reconnaître que nous voyons tous les jours, des malotrus qui s’imaginent que tout leur est dû : ce sont des « plaisanciers » et à ce titre, ils sont « au-dessus des règles de convenance », pensent-ils. C’est un monde que j’abhorre et son caractère « international » n’arrange nullement les choses, au contraire ! On pourrait croire que le partage d’une passion commune souderait les individus alors qu’au-delà d’un certain nombre, les individualités, les égoïsmes, voire les nationalismes prennent vite le dessus. Il faut quitter les Antilles et d’une manière générale, tous les points de rassemblement pour retrouver des navigateurs de valeur… même si les « connards » ne sont jamais bien loin !

Sur la route, vous avez tous été témoins de la présence de ces « connards ». Par quel miracle pensez-vous qu’une fois sur l’eau, ces mêmes « connards » se comporteraient de manière plus intelligente ou civilisée ? Je vous douche sans doute en vos illusions mais malheureusement, les gens ne changent pas par le seul fait d’être sur l’eau. J’aurais même tendance à affirmer que la peur, l’angoisse, le stress, la nervosité ou le plus souvent, l’incompétence n’arrangent nullement les choses.

Je ne vous fais pas rêver ! Désolé mais si vous me suivez quelque peu, vous aurez relevé que je ne cherche jamais à vous faire rêver mais bien plutôt à vous mettre face à face avec une réalité bien distante de l’image que des personnes que je qualifierais de « malhonnêtes », veulent vous vendre.

Dimanche 08.

On pourrait presque entendre une mouche voler tant toute activité a cessé ! De temps à autre, une annexe se balade mais nous sommes aux antipodes de ce que nous connaissons en semaine. En théorie, demain tout le monde aura repris le travail et peut-être, pourrons-nous enfin aller de l’avant mais attention … pas avant 9 heures au plus tôt et pas plus tard que midi ! Ensuite, il faudra attendre 14 heures bien tapées et pas plus que tard que 16 heures …

Il n’a pas plu durant toute la journée sauf en fin de journée quand mon « paysan de service » nous a fait partager ses gammes … à l’accordéon, cette fois ! La pluie a mis fin à son récital et je n’ai jamais été aussi heureux de ce cadeau du ciel. Malheureusement, j’ai tellement remercié le ciel de son intervention qu’alors que je vais me coucher, il n’arrête pas de pleuvoir !

PS. Je pensais agrémenter mon article de photos mais je viens de découvrir que mon nouveau PC n’a pas de lecteur de carte photos ! Je m’arrangerai autrement pour mon prochain article.

Publié par : Ann & Stéphane | 1 janvier 2023

Le Marin, décembre 2022.

Le moral étant revenu au beau fixe, je n’ai pas pu résister plus longtemps à l’envie de tenir mon blog. Mais qu’en adviendra-t-il après la vente du bateau ? Je réfléchis mais je me demande si je ne deviendrais pas « influenceur » ! Encore que je ne me vois pas me « mettre en scène » du matin au soir pour convaincre de braves abrutis qu’il faille absolument qu’ils essaient tel ou tel shampoing ou qu’ils aillent passer leurs vacances en tel ou tel endroit du bout du monde. Non, je ne me vois décidément pas.

Ecrire un bouquin ! On me l’a déjà plusieurs fois suggéré mais je ne m’en sens pas le potentiel. Je suis davantage un narrateur qu’un conteur de rêves. Par contre, décrire, avec férocité bien entendu, le petit monde qui m’entoure, retient mon attention encore faudrait-il mettre tout cela en musique et surtout, en délimiter le cadre. La pétanque … c’est pas mal non plus, la pétanque. C’est tranquille, la pétanque.

Jeudi 29.

Cette semaine d’entre les fêtes nous laminera jusqu’au bout ! Quand nous voyons passer à bord, une cohorte de techniciens, nous sommes crevés en fin de journée mais celle-ci passe rapidement. Depuis lundi, non seulement, nous ne voyons quasiment plus personne mais surtout, il pleut, il drache, il crache que c’en est un cauchemar !

En principe, nous n’aurions dû passer que quelques jours à la marina du chantier de Carénantilles mais notre copain Ludovic de « I.D.S. » en a inconsciemment décidé autrement en nous faisant passer après d’autres « urgences ». Si quand nous avons connu un problème avec notre GE, Ludo avait passé immédiatement commande des silent-blocks à remplacer, il en aurait pris livraison juste avant les fêtes de fin d’année et nous aurions pu retrouver notre mouillage.

Au lieu de cela quand il a voulu passer sa commande, la société américaine était en congé et dès lors, il nous faudra attendre le 2 janvier pour seulement enregistrer notre commande …

Il en résulte que nous sommes « bloqués » à la marina car sans GE … plus de propulseurs pour manœuvrer notre barquette, plus de déssalinisateur et plus de chargeurs pour nos batteries.

Comme à toute chose, il y a un bon côté (nous disposons d’une borne électrique, d’eau et l’accès au bateau est simplifié pour tout le monde) et un mauvais côté (on s’emmerde quand aucun technicien ne passe à bord). C’est cela le plus étonnant : on s’emmerde et les journées paraissent ne plus en finir !!! Et pourtant, quand nous sommes au mouillage, le temps passe si vite que nous ne comprenons pas trop bien la situation actuelle !

Le fait que le bateau ait été mis en vente, ne change absolument rien à notre quotidien, ce qui reste également fort surprenant. Si on pousse un peu l’analyse, il est facile de relever que notre broker joue le rôle de la secrétaire dévouée à qui nous avons demandé à ne pas être dérangés sauf urgence. Nous n’avons donc pas à subir les assauts insupportables des simples curieux et cela en est très réconfortant.

Notre état d’esprit général connait un certain équilibre : nous sommes « en vacances » jusque fin mai et bien décidés à en profiter. Après, on verra.

Vendredi 30.

Aujourd’hui, on ne s’est pas ennuyé mais on s’est fait enquiquiner ! Depuis Grenade, notre groupe hydrophore (pompe à eau principale) montre des signes de défaillance : après avoir refusé de se réamorcer durant plusieurs jours, elle a fonctionné quasi normalement mais son débit était saccadé en sorte que sous la douche, l’eau froide succédait à l’eau chaude et ainsi de suite ! Vivifiant, me direz-vous. Il est vrai que j’ai pensé faire breveter le système …

Je me suis laissé séduire par une nouvelle pompe à eau plus moderne et au débit assuré. « Caraïbe Marine » devait venir la placer mercredi mais comme Ludo de « I.D.S. » avait prévu de remonter notre GE, ce jeudi, j’ai décalé le rendez-vous à ce vendredi. Le groupe hydrophore est positionné juste à côté du GE et je pensais qu’il valait mieux que le GE soit remonté avant de positionner la nouvelle pompe ! Mal m’en a pris puisqu’en finale, Ludo ne viendra remonter notre GE que fin de la semaine prochaine car les silent-blocks trouvés en dépannage, à « Sainte Lucie » ne sont pas les bons !

Vouloir changer une pompe à eau juste la veille d’un réveillon, était déjà une idée stupide mais de surcroît, quand le technicien ne revient qu’en milieu d’après-midi pour terminer le travail, cela devenait tout simplement suicidaire … pas pour tout le monde … juste pour nous !

Après avoir failli passer notre week-end de réveillon sans eau (pour rappel, les WC fonctionnent à l’eau douce …) pour une question de raccord qu’il ne trouvait pas, notre technicien nous a abandonnés sans être parvenu à amorcer notre nouvelle pompe ! De la sorte, nous vivons avec la « pompe de secours » qui porte bien son nom. Allez « joyeux réveillon ».

Samedi 31.

L’idée de mourir sans avoir compris pourquoi cette maudite pompe ne se réamorçait pas, m’était intolérable. J’ai donc mis tout mon esprit sur le problème et sans certitude certaine, je suis convaincu que notre technicien a interverti les tuyaux de branchement !!! L’arrivée d’eau est donc branchée sur la sortie alors que le tuyau de refoulement est branché sur l’entrée de la pompe ! En ces conditions, la pompe ne pourra jamais se réamorcer. Je dois avouer que j’attends lundi avec une certaine jouissance coupable … tout le monde peut se tromper mais je ne digère pas que notre technicien n’ait pas eu le courage d’aller jusqu’au bout de son travail avant de nous abandonner lâchement à notre sort.

La météo reste imperturbable : vague de pluie après vague de pluie ! Je passe le plus clair de mon temps, à essuyer les coussins du cockpit pour mieux recommencer une heure plus tard ! C’est à la fois décourageant et harassant car bien entendu, nous nous devons de vivre confinés à l’intérieur. Le choix est assez simple : soit, nous mourons à l’étouffée à l’intérieur soit, nous mourons rôtis à point si nous nous risquons à l’extérieur ou noyés sous un déluge d’eau selon les moments de la journée.

Publié par : Ann & Stéphane | 24 décembre 2022

Le Marin, le 24.12.2022

Coucou … me revoilà, me revoilou !

Cela ne signifie pas pour autant que je vais reprendre la rédaction de mon blog du moins pas de suite mais plus simplement vous donner quelques nouvelles maintenant que le moral est à un bien meilleur niveau.

Sans doute stupide voire déraisonnable mais nous avons vécu une telle histoire d’amour avec « S.A.S.³ » que malgré sa mise en vente, je ne peux m’empêcher de vouloir à tout prix, lui rendre sa magnificence. Nous continuons donc à procéder aux entretiens, réparations ou remplacements comme si nous allions encore le garder dix ans ! Difficile de se départir d’une attitude qui fut la nôtre durant douze ans et puis … cela fait tellement plaisir de le voir renaître.

Après un départ un peu difficile (overbooking), c’est une cohorte de techniciens que nous voyons défiler à bord, tous les jours. Nous avons déjà remédié à pas moins de seize points (!) qui passent par le remplacement de la douchette arrière à celui des six batteries du « parc électronique ».

Ann, de son côté, poursuit sa rééducation par le biais du bateau ! A bord, il faut monter/descendre, se faufiler d’une cabine à une autre, rétablir constamment son équilibre, supporter les humeurs changeantes du Capitaine qui n’est plus aussi disponible qu’il le voudrait et … nager quotidiennement.

Cela c’est pour le « bon » côté des choses. Le moins bon côté c’est que nous nous rendons compte comme je ne peux absolument plus compter sur son aide et que je suis dès lors bien seul pour faire face aux petits problèmes du quotidien. Vendre le bateau nous fend le cœur mais nous n’avons plus d’espoir de voir les choses s’améliorer suffisamment pour encore envisager un avenir avec lui.

Alors que je plongeais deux fois par semaine quand nous étions en Belgique, je n’ai pas encore remis une palme dans l’eau ! Plus l’envie, plus le courage, plus le temps, plus la tête à cela ! Cela changera peut-être quand nous retournerons au mouillage de « Sainte Anne » (nous sommes actuellement au chantier de « Carenantilles ») mais cela reste à voir.

Nous ne savons pas combien de temps nous allons être contraints de rester à la marina du chantier car cela dépend entièrement de Ludovic de « I.D.S. » qui a mis plus d’une semaine pour commencer à s’occuper de notre GE … dont les silent-blocks doivent être remplacés. Le bon côté des choses consiste à ce qu’entre-temps, nous sommes très facilement accessibles pour tout technicien qui doit travailler à bord.

A très bientôt pour d’autres nouvelles du bord.

Publié par : Ann & Stéphane | 8 décembre 2022

Avis de vente !

Après de très bons loyaux et fidèles services, nous avons décidé, à contre-cœur, de vendre « S.A.S.³ » car la vie à bord n’est plus possible après l’AVC de Ann. Il faut être deux pour parvenir à gérer tout ce qu’il y a lieu de gérer et je ne m’en sens plus le courage.

Après une année et demie passée à terre, les problèmes techniques ont été à la fois nombreux et décourageants. Au départ, je ne me voyais plus le courage de me démener pour rendre à notre voilier, toute sa magnificence mais si vous avez suivi notre blog, vous aurez relevé que le moral revenant avec les premières remises en état, mon état d’esprit a totalement changé. Plus d’un mois plus tard, nous commençons sérieusement à voir le bout du tunnel ce qui rend encore plus douloureuse notre décision de nous en séparer.

Malheureusement, il faut nous rendre à l’évidence que pour Ann, monter et descendre du bateau relève toujours de l’équilibre incertain et qu’en navigation, elle ne pourrait m’être d’aucune aide. Au mouillage, elle s’est par contre, très bien adaptée à la vie à bord.

Nous avons confié la vente du bateau à Stéphanie Dupland. Vous pouvez l’atteindre au numéro de téléphone + 596.(0).696.234.328 ou à l’adresse mail: stephanie@caribbean-yachts.com

 » S.A.S.³  » est visible en Martinique. Le plus souvent, il est au mouillage à la baie Sainte Anne.

Mercredi 23 novembre 2022.

Le jour tant attendu du retour sur le bateau est enfin arrivé. Bien entendu, je m’attends à plus d’emmerdements qu’en période « normale » ! C’est possible cela ? Ben oui, je vous confirme que c’est possible mais j’anticipe déjà !

Nous avons voyagé avec B.A. aux fins de gagner un jour de trajet car mon beau-fils qui m’accompagne, n’a pas des congés à l’infini. Eh non, je ne suis pas parti avec Ann car je ne souhaite plus qu’elle mette un pied à Grenade (Antilles) ! Lors de son AVC, il a fallu attendre quatre longs jours avant qu’elle ne soit rapatriée sur la Martinique pour y recevoir des soins médicaux dignes de ce nom alors qu’un AVC doit être traité dans les trois ou quatre heures !

Réveil à 3 heures du matin, le taxi est venu nous prendre à 4 heures du matin pour un vol sur Londres qui décollait à 6.40 heures. 65 € la course : correcte. Jusque-là, rien à redire. Une fois en GB, nous avons – bien évidemment – dû passer de Heathrow à Gatwick, le tout en un peu moins de trois heures !!!! Autant dire que nous avons cavalé !

Première difficulté : récupérer mon bagage. J’ai vu le moment où nous allions rater notre correspondance tant cela a mis du temps !

Deuxième difficulté : trouver la navette « National Express » reliant les deux aéroports. Par bonheur, Philippe parle très bien anglais. Nous formions une bonne équipe : je poussais à toute allure mon chariot à bagages dans les couloirs de l’aéroport tandis qu’il me dirigeait. En somme, le pilote et son co-pilote. Nous étions à peine installés dans le bus qu’il partait !

Circulation assez dense mais un chauffeur qui sait faire de doux yeux à sa pédale d’accélération. Chapeau bas : quasiment à la minute, nous sommes arrivés en le temps prévu par l’horaire de la navette !

A Gatwick, je m’apprêtais à descendre du bus lorsque Philippe me dit que selon lui, il fallait atteindre Gatwick sud alors que nous étions à Gatwick nord !!!!!!!!!!! Mais bordel, c’est écrit où tout cela ? Pourquoi ne m’a-t-on rien dit ?

Nous voilà donc repartis pour Gatwick sud tandis que Philippe vérifiait sur internet si son souvenir était exact … Entre-temps, il y avait une splendide horloge digitale dans le bus qui égrenait ses minutes sans la moindre hésitation. Et s’il avait fallu descendre à Gatwick nord … Vous imaginez mon stress …

Sur place, il fallait encore enregistrer mon bagage … Par bonheur, l’aéroport est doté d’un système révolutionnaire d’enregistrement des bagages aussi simple qu’efficace si on est déjà en possession de son boarding pass ! Vous faites tout vous-même !

Ensuite, passer le contrôle des bagages où j’ai bien failli avoir une crise cardiaque ! Imaginez la scène : on vous oblige à déposer vos affaires dans des bacs distincts en sorte qu’après le scanner et vu le monde qui vous suit, vous êtes contraint de prendre chacun de vos bacs pour les déposer sur une table. Je dépose le premier bac qui contient ma montre, ma chaîne de cou, ma chevalière, mes clefs, mon GSM etc. je me retourne pour prendre mon second bac qui contient mon bagage à main et … pffft plus de bagage à main ! Envolé mon bac ! On me l’avait volé le temps que j’aille déposer mon premier bac sur la table !!

Là, je suis prêt à prendre en chasse mon voleur … tout en se sachant pas de quel côté il est parti ! Cela dure dix bonnes minutes d’hésitations et de réelle stupeur (on pense toujours que cela n’arrive qu’autres autres jusqu’au jour où …) avant que Philippe ne m’annonce que mon bagage à main a été retiré du tapis roulant pour une étude plus approfondie ! Ouuuuuf.

Lorsque nous sommes arrivés à la « gate », celle-ci venait d’ouvrir. Mon Dieu, c’était la foule des grands jours !!!

Comme d’habitude, ce sont les premières rangées qui passent d’abord en manière telle d’être certain qu’ils vont convenablement bloqués les autres passagers « parqués » plus profondément dans l’appareil. Une réelle ineptie dont je n’ai toujours pas compris le bon sens ou plus précisément, le non-sens.

Une fois assis, Philippe me fait la remarque qu’il ne se rappelait pas que les sièges étaient aussi étroits ! Il est vrai qu’il faut être un peu acrobate lorsqu’arrivent les petits plateaux repas : gare à vos coudes surtout si votre maman ne vous a pas éduqué correctement !

Bien évidemment, le crétin que j’avais devant moi, abaisse son siège au maximum en manière telle que j’avais sa tête quasiment entre les seins : j’aurais pu facilement lui faire des papouilles … Mais quand donc ces abrutis de l’aviation vont comprendre que la seule manière de procéder pour que tout le monde puisse profiter d’un confort déjà très relatif, il faut supprimer cette option des sièges. De surcroît, cela coûterait moins cher à la compagnie.

J’essaie de somnoler avec plus ou moins de succès quand j’émerge une nouvelle fois : il restait 7 heures de vol !!!!!!!!!!! Mais ce n’est pas possible : le trajet fait maximum 8 heures de vol et selon les informations du bord, nous sommes près d’arriver à la moitié du trajet !!!!!!!!!! C’est d’ailleurs bizarre : Ann m’avait parlé d’une heure d’arrivée à 17 heures et dans l’avion, il est question de 15.15 heures ! Il va d’ailleurs falloir avertir notre taximan que nous arrivons plus tôt qu’annoncé.

A l’heure prévue, nous atterrissons à Grenade. Super, il fait encore clair et puis, je commençais sérieusement à avoir des fourmis dans les jambes. Le côté bizarre reste quand même que je n’ai pas reconnu la côte lorsque nous l’avons survolée !

Alors que notre avion stoppe ses réacteurs, de notre hublot, je vois une petite pancarte indiquant : « Sainte Lucie » !!! Mais bordel de merde, personne ne m’a jamais indiqué que nous faisions escale à « Sainte Lucie » ! On ne me dit jamais rien, à moi !

Une bonne partie de l’avion descend tandis que de nouveaux arrivants viennent prendre leur place. Rien de plus normal sauf que lorsque vous essayez de vous rendre d’une île à l’autre, cette possibilité d’embarquement n’est jamais renseignée ! Pour notre part, nous sommes restés à bord : nous avions trop peu de temps pour visiter l’île …

Il n’y a pas eu d’autre escale (ouuuf) et nous sommes arrivés à Grenade, passé 17 heures. Par manque de chance, nous sommes descendus quasiment les derniers de l’avion !!!!!!!!! Une file incroyablement longue pour la vérification des passeports et ensuite, une nouvelle file encore plus longue, pour le passage en douane !!!!

A chaque fois, les deux douaniers avaient l’air de prendre leur pied avec les passagers contrôlés : « Comment va la famille ? Le délai d’avion ne fut pas trop long ?  On pourrait peut-être se faire un petit golf ensemble, à l’occasion. »  J’ai eu plus que le temps de m’imaginer ce que ces crétins de douaniers pouvaient bien demander à chaque personne qui passait devant eux. Ils semblaient beaucoup s’amuser en tous les cas ce qui est assez rare dans la profession.

Nous étions quasiment les derniers à passer ! Ce qu’il nous a demandé ? Bof … ce que nous avions dans nos sacs ? Combien de temps on restait ? Des conneries du genre mais en dehors, personne mais alors absolument personne, n’a dû ouvrir son sac. Personne ne s’en est plaint.

Dehors, Jeffrey, notre taximan attitré sur Grenade, nous attendait. Pour un motif que j’ignore toujours, il lui a fallu plus d’un quart d’heure pour aller chercher son taxi !!!!!!!!!! Ce type, je ne l’encaisse pas …Nous arrivons au bateau qui depuis un an n’a pas bougé de place sur l’esplanade du chantier. Il fait nuit noire mais les températures sont incroyablement supportables contrairement à l’année précédente !!!! Cela nous avait tout particulièrement affecté cette année-là.

Je profite qu’il n’y a ni vent, ni pluie pour … monter, avec Philippe, génois et trinquette !! Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pas imaginé que nous puissions réaliser un tel exploit. Nous avions à peine terminé qu’un solide grain nous est tombé dessus !

N’ayant absolument rien à bord, j’ai proposé à Philippe d’aller nous ravitailler au club house de la marina. Il était 21 heures. Il y avait une dizaine de locaux devant le bar.

Question restauration, la cuisine était déjà fermée … mais le bar, aussi selon le barman !!!! « A titre exceptionnel », il accepte de nous servir deux bières mais je ne pouvais payer qu’en monnaie locale ! Par bonheur, il me restait 20 EC dollar de la saison précédente. Nous avons donc eu droit – « à titre exceptionnel » – à nos deux bières !!!!

Nous étions assis à notre table qu’une serveuse nous apporte deux nouvelles bières !!! Je sais que les femmes craquent devant le bel Adonis que je suis mais quand même … Avant qu’elle ne décapsule les deux bouteilles, je lui précise que je n’ai plus de monnaie locale mais que je peux payer avec ma Visa. « Ok qu’elle répond … pas de problème ! » J’ai eu le sentiment que le barman s’était bien foutu de notre poire avec son « à titre exceptionnel ».

Jeudi 24 novembre 2022.

Il était 7.30 heures lorsque je me suis réveillé naturellement. En voulant aller prendre ma douche, je glisse sur le talus en pente descendante séparant le bateau, des douches toutes proches. Non seulement, je me suis fait très mal car je suis tombé lourdement sur le côté et non, sur les fesses mais je ne vous dis pas l’état de mon short blanc cassé ! Voilà une superbe manière de commencer une journée de merde …

Après la douche, nous sommes allés déjeuner au club house où je n’ai rencontré aucune difficulté à payer avec ma Visa …

Après cela, nous avons commencé à vérifier le matériel, à tout remettre en place etc. La liste des problèmes techniques doit faire l’équivalent d’un bottin téléphonique. Le pire, ce sont tous nos écrans (trois écrans de PC + un écran de télévision) qui ont pris l’humidité juste derrière la vitre !!!! Du jamais vu qui je le crains, va nous coûter une fortune.

Autre spécificité de l’île : j’ai trouvé un nid d’oiseau composé pour l’essentiel, de bouts de Colson dans notre bôme !!!! Quand nous allons lever la GV qu’allons encore découvrir ??

C’est une île de merde mais il faut rendre à César, ce qui appartient à César : dans l’heure, j’avais un technicien qui venait remplacer la sonde de notre déssalinisateur ! Travail excessivement simple puisque j’avais apporté une nouvelle sonde mais malgré nos recherches, nous n’avions pas trouvé où se réalisait le branchement électrique !!! Cela lui a quand même pris, une grosse heure !!!

A 14 heures, Jeffrey devait venir nous chercher pour aller faire un avitaillement. Bien entendu, il est arrivé avec une petite demi-heure de retard (dans le fond, j’aurais préféré annuler cette course tant nous avions encore des choses à faire). Nous sommes donc partis avec lui, à la grande surface locale où nous avons acheté les produits de première nécessité.

Alors que nous terminons tranquillement nos courses, Jeffrey vient nous trouver dans le magasin pour nous dire qu’il va faire une petite course et qu’il revient nous prendre ensuite : nous avons attendu une grosse demi-heure que ce crétin réapparaisse. Si j’avais pu, je l’aurais bouffé. Je fulminais.

Vers 18.30 heures, nous sommes allés nous restaurer au club house. On y mange très bien ce qui n’était pas particulièrement mon souvenir.

De retour au bateau, Philippe me demande le code wifi du bateau et se connecte sans problème. Mon vieux GSM se connecte … sans même me demander de code !!!!! J’ouvre mon PC (un Dell acheté il y a quelques mois seulement) et là, je découvre que cette petite merveille qui m’a quand même coûté un bras, refuse obstinément de se connecter au wifi du bateau !!!!!!!!!!!!!

Je demanderais bien à la société qui me l’a vendu, de prendre la main sur mon PC et de faire le nécessaire mais sans internet, c’est plutôt mal barre. Je suppose que la seule solution consistera à acheter un nouveau PC de fabrication locale cette fois … Quand je vous disais qu’il s’agissait d’une journée de merde. Pourquoi je fais encore du bateau ? Simple … je m’ennuyais avec bobonne à la maison. Cela vous va comme réponse ?

Vendredi 25 novembre 2022.

Je n’ai pas trouvé le sommeil avant 3 heures du matin et à 7.15 heures, j’étais réveillé !!

Passage par la douche de la marina (pas trop bien entretenus les sanitaires du chantier) et ensuite, petit déjeuner au club house.

Immédiatement après, nous nous mettons en devoir de vérifier de nombreux points. Ce faisant, je découvre que notre lazy jack tribord est usé jusqu’à la corde. En voulant prendre la mesure du cordage qui nous était nécessaire, mon mètre ruban se casse et la drisse de spi se cale à mi-hauteur du mât !!! Pas d’autre solution que d’envoyer Philippe dans le mât …

Chez le shipchandler, nous découvrons un vaste hangar … quasiment vide !!!! Et malgré cela, je trouve pile poil, le cordage que je recherchais !!! Mais Bon Dieu que fait Ann en mon absence ?

Entre deux pluies (il n’a pas arrêté de pisser depuis notre arrivée sur l’île), nous progressons dans nos vérifications pour la mise à l’eau prévue pour ce vendredi 13 heures. Il pleut tellement que la mise à l’eau est interrompue à de nombreuses reprises ! Fort de mon expérience de l’année précédente, nous nous sommes mis à l’abri au club house où nous avons attendu patiemment derrière un verre que le bateau pointe son nez à la darse.

Lorsque j’essaie de faire démarrer le moteur, rien ne se passe : les cadrans ne s’allument même pas ! Idem pour le groupe électrogène : pas le moindre jus !

Je suis réellement scotché car je ne vois pas ce que j’aurais pu oublier de brancher (avec le grand âge, je me surprends à oublier beaucoup de choses). C’est un peu la panique à bord car je n’imagine pas un seul instant, le bateau retourner sur le tarmac mais en un autre sens, je ne me vois pas le déplacer jusqu’au ponton pour dégager la darse. Par bonheur, nous sommes le dernier bateau mis à l’eau et le week-end se profile à l’horizon. En un autre sens, il est déjà 15.30 heures et trouver un technicien en ces conditions, paraît mission impossible.

Grâce à l’aide des gens de la marina, un électricien s’est pointé assez rapidement et a diagnostiqué que nos trois batteries Optima (2 MP + 1 GE) étaient mortes !!!! Si ce n’est pas une première, nous nous laissons chaque fois, totalement surprendre car elles restent sous chargeur durant toute la période d’immobilisation.

Autre petit miracle, notre électricien parvient à nous faire apporter trois nouvelles batteries ! Ce n’est pas exactement la bonne dimension en hauteur en sorte qu’il n’est plus possible de refermer le couvercle du coffre mais comme nous en changeons très périodiquement …

Pour nous remettre de nos émotions, nous sommes allés dîner au club house de la marina en laissant le bateau dans la darse. Quand nous sommes revenus, j’ai cru avoir un nouveau coup au cœur tant le niveau d’eau avait baissé alors que j’ai toujours cru qu’il n’y avait pas de marnage significatif dans les Antilles !

Nous avons donc passé les trois heures qui suivent, avec la peur au ventre, à vérifier tous les instants, la hauteur d’eau dans la darse : 3.1m. Vers minuit, l’heure de marée basse étant échue, nous sommes allés dormir un peu plus rassurés.

Samedi 26 novembre 2022. 

Après avoir reçu de Ann, une météo très encourageante pour le week-end mais également, infecte pour les trois premiers jours de la semaine, il fut décidé que nous partions pour la Martinique (157 NM) le matin même.

Nous trouvant assez curieusement dans une nouvelle phase de marée basse, nous avons quitté la darse à 8.15 heures sans prendre de petit déjeuner car nous avions bien trop peur qu’il n’y ait plus assez d’eau !

Je veux allumer nos appareils de navigation B&G ainsi que nos pilotes automatiques et je constate effaré puisque la veille au soir, ils fonctionnaient parfaitement bien, qu’ils ne s’allument plus !!! Je décide de lancer le GE et comme par miracle, les appareils s’allument !!!

Il fait superbe, le vent n’est pas trop fort et malgré l’absence de toute aide extérieure, nous sommes partis comme un pet sur une toile cirée !

Une fois en mer, nous avons pris la direction de « Georges Town » (la capitale) devant laquelle, nous avons hissé la GV pour prendre immédiatement 2 ris. Bien qu’il s’agisse d’un domaine réservé à mon épouse, je suis parvenu sans encombre à réaliser cette délicate opération qui nous a déjà valu, par le passé, de nombreuses déchirures ! En prenant nos ris, je relève que la drisse de GV est fortement usée en un endroit de frottement avec les lazy jack ! Je conserverai en tête cette information durant toute la navigation …

Le vent réel de 14 à 15 nœuds était un peu trop nord mais l’allure au près était agréable et la mer plutôt calme. Nous étions à hauteur des « Grenadines ».

Cette histoire de B&G m’interpellant, je décide de laisser tourner le GE durant 4 heures. Quand je le stoppe, les appareils fonctionnent normalement mais 1.45 heures plus tard, ceux-ci s’éteignent brutalement faisant partir le bateau en sucette (plus de pilote automatique) !

Je rallume donc une seconde fois le GE durant une nouvelle période de 4 heures sans connaître de changement ! Une conclusion s’impose : notre parc de batteries « électronique » composée de 6 batteries gel Mastervolt  12V de 200A et pourtant resté sous tension pendant sa longue période d’immobilisation, est mort !!!!!!

Pour maintenir les appareils en fonctionnement, nous avons alterné GE et MP.

Lorsque la nuit tombe, nous sommes plus ou moins à hauteur de « Bequia » mais bien plus au large que nous l’aurions souhaité : vent trop nord !

Alors que la météo dénichée par Philippe, prévoyait une chute du vent pour la nuit, celui-ci se renforce à 20-21 nœuds de vent réel. Si cela ne nous pose pas de problème particulier, la mer s’emballe un peu plus et surtout, nous dérivons de plus en plus plein ouest !

Une chute de vent temporaire, on relance le MP tandis que le vent en profite pour repartir de plus belle ! Nous jouons la remontée au vent tant que nous sommes au moteur mais cela tape furieusement : d’une navigation paisible et super agréable (gare toutefois, aux méchants coups de soleil !) nous venons de rentrer dans une nuit cauchemardesque mais nous ne le savons pas encore.

Je ralentis le moteur pour voir si nous pouvons marcher à la voile et tous nos appareils de navigation dont les deux pilotes automatiques, tombent brutalement en rade et le bateau repart en sucette. Si en plein jour, reprendre en main un bateau qui perd la boule, s’exécute facilement, de nuit, c’est nettement plus délicat d’autant que nous n’avons pas beaucoup de lumière dans le cockpit : notre lampe torche est en berne depuis la saison précédente et je n’ai pas pensé à la remplacer !

Il est tellement agréable de skipper un voilier au départ d’un écran de navigation extérieur que l’on s’habitue très vite à ce confort en sorte que lorsqu’on en est privé (écran quasiment illisible), la navigation prend immédiatement une autre allure : bien des informations intéressantes nous manquent comme la distance restant à parcourir, le ETA ou les AIS des autres bateaux etc.

Avec la tombée de la nuit et un vent qui se renforce plus qu’il ne faiblit, je prends la décision de remplacer le génois après en être arrivé à le réduire au maximum, par la trinquette. Sage ou mauvaise décision, avec une mer de plus en plus mauvaise, la vitesse du bateau s’en ressent et le pilote automatique finit par ne plus pouvoir le tenir en main !!! Rebelotte, il part en sucette et je fais deux 360° avant de parvenir à reprendre la main !

Comme si la situation n’était pas déjà assez tendue, je relève régulièrement l’indication « perte de position » ! Si dans la majeure partie du temps, cela n’affecte pas le système de navigation, il arrive de temps en temps que le tout le système se mette en « Off » !

Durant l’immobilisation du bateau, le chantier s’était plaint auprès de Terry (le gardien de notre bateau) que notre alarme anti-intrusion s’activait trop fréquemment durant la nuit. Celui-ci avait donc décidé de faire monter dans le mât, un (technicien) pour couper le fil d’alimentation de l’alarme ! Nous ne l’avons appris que plus tard alors qu’il suffisait de désactiver l’alarme avec une clef en sa possession … A sa décharge, j’ai effectivement pu relever que l’ergot de la clef était cassé !! Mais quand cela s’est-il produit ? Mystère.

Durant notre séjour à terre, j’ai été surpris d’entendre mon alarme se mettre en route alors que l’on procédait au changement des batteries MP + GE. J’ai trouvé cela franchement bizarre mais comme je n’avais plus Terry sous la main, pour lui en parler, j’ai laissé courir.

Nous venons de comprendre qu’en fait, ce n’est pas l’alimentation de l’alarme qu’il a coupée mais plus que vraisemblablement celle du radar, de la TNT, de l’AIS et qu’il a également endommagé le câblage du GPS !!!!!!!!! Un vrai « massacre à la tronçonneuse ».

A hauteur de la pointe sud de « Sainte Lucie », nous avions dérivé de 35 NM vers l’ouest !!!! Il n’était donc plus question de naviguer à la voile mais d’essayer, au moteur, de « piquer » en droite ligne sur la « Martinique ».

Le voilier s’étant transformé en cours de nuit, en véritable sous-marin, il nous fut impossible à tous les deux, de seulement fermer les yeux plus longuement que quelques minutes.

Je n’ai jamais été aussi heureux de revoir le jour poindre mais je l’ai très vite regretté car peu de temps après, alors que nous étions à hauteur du canal mais en pleine mer des Caraïbes, le vent est monté jusque 37 nœuds de vent réel ! J’ai bien cru que notre dernière heure était arrivée tant il y a une différence essentielle entre le vent arrière et le près.

C’était tellement violent que je me suis senti obligé d’enrouler totalement la trinquette qui est pourtant une voile de gros temps ! Notre Garcia, pour sa part, semblait s’accommoder de la situation et notre moteur Volvo ronronnait comme un petit chat !! Le hurlement du vent à vos oreilles peut mettre à rude épreuve les nerfs d’autant que la visibilité est quasi nulle en ces moments-là !

Combien de temps cela a-t-il duré ? Je n’ai pas regardé ma montre mais cela m’a paru une éternité d’autant que j’avais le sentiment très présent que la « Martinique » ne se rapprochait pas.

Brutalement, le vent a commencé à faiblir et surtout, la visibilité s’est nettement améliorée. Comme le Canada Dry, cela avait tout de l’allure d’un gros grain et pourtant, ce n’était pas un grain ! En tous les cas, nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie ! Existerait-il un « grain sec » ??

A l’approche timide de la « Martinique », j’ai relevé que nous avions pris jusque-là pour waypoint « Fort-de France » et non, la baie « Sainte Anne », notre véritable destination !!

Les 25 derniers milles furent, comme toujours, les plus longs avec un vent qui forcissait jusque 25 nœuds, sur la fin !!!!

Nous sommes arrivés au ponton fuel du « Marin » à 12.17 heures soit 13 minutes avant sa fermeture. Le préposé de la marina craignant de devoir travailler sur son temps de pause de midi … aurait voulu nous faire poiroter jusque 14 heures. J’ai argué qu’il n’était pas encore 12.30 heures. De mauvais cœur, il nous a permis de prendre du gasoil (520 litres à 1.8 €/litre). Peut-être aurions-nous pu en mettre un peu plus mais il était tellement pressé que je n’ai pas osé le retarder davantage.

Ensuite, nous sommes allés prendre un mouillage à « Sainte Anne ». De loin, cela paraissait surpeuplé mais de près, les distances entre les bateaux étaient ce qu’elles devraient toujours être. J’en ai profité qu’Ann n’était pas avec moi pour faire plusieurs fois le tour du mouillage comme je le vois trop souvent faire et qui m’exaspère car à chaque passage, je stresse à l’idée que le visiteur ne jette l’ancre près de nous, pour me faire choper de justesse, par un monocoque de location, l’emplacement que je convoitais !

En finale, j’ai trouvé une place encore plus près du village et donc entouré de toutes parts, de crétins divers, qu’Ann ne m’aurait jamais accordée ! Las de passer mon temps à m’énerver sur tous ces bateaux qui viennent jeter l’ancre tout autour de nous et bien souvent, trop près de nous, j’ai décidé de faire comme eux et de m’adapter aux « mœurs locales ».

Après avoir vérifié que notre déssalinsateur était correctement réparé, j’ai rincé à grandes eaux tout le pont et la coque du bateau. Vers 17 heures, nous nous sommes attablés dans le cockpit pour dîner : il s’agissait de notre premier repas depuis vendredi soir !

Depuis notre arrivée en « Martinique », j’ai assisté à deux « miracles » c’est-à-dire à une intervention ni humaine, ni divine mais d’origine parfaitement inexpliquée ! La première fut de réaliser que notre groupe hydrophore (grosse pompe à eau) qui était en rade depuis juillet (!) et que nous n’étions pas parvenus à relancer à « Grenade », fonctionnait comme par enchantement, à nouveau normalement et la seconde, que mon PC Dell, sans une quelconque nouvelle manipulation et sans même entrer le code de la Wifi du bateau (!) se connectait automatiquement à l’internet de celui-ci !!! Malheureusement, les « miracles » se sont arrêtés là.

Lundi 28 novembre 2022.

Si Philippe s’est endormi comme une masse, je me suis contraint à rédiger jusque tard dans la soirée, mon blog. Après quoi, j’ai eu droit à un sommeil plutôt agité avec de nombreuses pauses !

Il y a un bon vent, du soleil en suffisance et le plan d’eau est super calme. Le bateau ne bouge quasiment pas, c’est super agréable.

Si cela ne tenait qu’à moi, je prendrais bien une journée de repos mais bien évidemment, il y a tellement de choses à faire que nous n’avons même pas encore eu l’occasion de mettre l’annexe à l’eau !!!! Consolation … le bateau reprend de plus en plus belle allure.

Belle soirée mais la fatigue me submergeant, il est 22 heures quand je me mets au lit. J’aurais pu croire que je tomberais immédiatement endormi mais pas du tout, après m’être retourné dans tous les sens, je prends le parti stupide de surfer sur internet !

Ce qui me met en fureur ce ne sont pas tant les informations que je trouve sur mon PC mais bien plutôt que je n’en trouve aucune car je n’ai plus d’internet ! Philippe ne dormant pas encore, je lui demande s’il reçoit toujours le signal wifi du bateau et il me répond que non ou du moins, c’est ce que j’ai compris. De là, j’ai commencé à m’exciter de toutes les manières sur le routeur du bateau …

A 4.30 heures du matin, las de mes vaines pérégrinations, je prends le parti d’abandonner, le cœur très lourd : ce que le Très Haut vous donne d’une main, il le reprend très vite de l’autre …

Mardi 29 novembre 2022.

Je me réveille à 8.30 heures pour relever que je n’ai toujours pas d’internet (le wifi du bateau semble pourtant fonctionner !!) et commence alors la « chasse aux techniciens ». Celle-ci s’ouvre généralement avec le retour des plaisanciers et de manière fort compréhensible, l’animal fait l’impossible pour éviter qu’on le débusque.

De toute manière, lorsque vous parvenez à mettre la main sur un technicien, celui-ci est invariablement « overbooké » ! Je ne sais plus entendre ce mot sans irruption instantanée d’eczéma. Pourquoi, diable, alors venir en « Martinique » ? Parce que c’est la seule île où vous trouverez ce type d’animal. Sur les autres îles, ils sont le plus souvent absents du paysage.

Première journée où nous mettons l’annexe (très sale cette dernière …) à l’eau. La brave petite démarre au premier coup de clef. Comme il est impératif de faire le plein d’essence, nous nous dirigeons directement vers le « Marin » sans détour par « Sainte Anne ».

Nous découvrons que le Club Med a balisé une étendue d’eau pour sa pratique du ski nautique très prisée par ses clients. Je m’étonnais que leurs hors-bords resteraient confinés en cette enclos et bien évidemment, il ne fut pas long de les en voir sortir pour slalomer entre les bateaux au mouillage ! Une honte.

Autre mauvaise nouvelle, le petit chenal balisé que nous empruntions, a perdu ses deux bouées ! Lors de notre dernier séjour, une bouée s’était déjà fait la malle. Cela complique un peu les choses.

Toujours cette impression qu’il y a énormément de bateaux et pourtant, à y regarder de plus près, c’est bien le début de la haute saison. Par exemple, le chenal d’accès au chantier naval est bien dégagé … Par bonheur, l’A.R.C. atterrit cette année, à « Grenade » (!!) après avoir trop longtemps pris « Sainte Lucie » comme destination.

Au ponton fuel, nous avons réalisé notre clearance d’entrée. Il s’agissait d’une première pour moi : c’est toujours Ann qui s’occupe des formalités en douane ! Ici en « Martinique », le système est d’une simplicité déconcertante puisque tout se fait sur un terminal d’ordinateur sans que jamais un douanier ne pointe le bout de son nez. J’adore la France …

Chez « Caraïbe Marine », nous avons fait part à Julien d’une partie de nos petits ennuis comme le remplacement des batteries du « parc électronique ». Reste maintenant à savoir s’il faut les commander (délai min. d’un mois) ou si nous parvenons à caser celles du magasin. La différence réside en les dimensions de ces batteries : les premières sont des gels et les secondes, des AGM.

Au départ, le chantier Garcia a construit les coffres pour des batteries gel alors que pour les Antilles et en raison des températures fort élevées, ce sont les AGM qui sont recommandées ! Lors du précédent changement de batteries (en mai 2018), nous n’avons pas osé passer aux AGM avec la conséquence que l’on connait maintenant. Forts de cette expérience, nous allons cette fois-ci tenter l’expérience !

Le pire moment de notre entretien fut de devoir choisir l’ordre de priorité des tâches en raison d’un calendrier « overbooké » jusqu’au 20 décembre grrrrrrrrr. Perso, j’aurais placé en premier, la réparation de nos connexions dans le mât mais pratiquement, il s’agira sans doute de la dernière intervention grrrrrrrr.

Pour terminer la boucle, nous sommes passés au « Leader Price » pour de petites courses d’avitaillement.

Très agréable soirée télévision avec la diffusion sur Guadeloupe 1ère de ma série policière préférée, « Tropiques criminels » dont l’action se déroule en … « Martinique » !

Mercredi 30 novembre 2022.

Journée qui se voulait farniente et qui s’est révélée par moments, « merdique » ! Tout d’abord, mon PC Dell s’amuse à se connecter et à refuser de se connecter au réseau wifi du bateau. Le routeur 4G du bateau ne semble pas non plus à l’abri de tout reproche encore qu’il soit impossible d’en être convaincu. J’ai donc fait appel à la société d’informatique qui m’a vendue le PC mais sans aucun résultat malgré de nombreuses manipulations !

Désireux de pouvoir plonger au plus tôt, j’ai changé l’interrupteur défaillant de l’arrivée de courant au compresseur de plongée. Au moins la situation est maintenant plus nette : avant mon intervention, il était parfois difficile de couper l’arrivée de courant alors que maintenant, elle n’arrive plus du tout à la prise de courant dédiée !

J’ai également changé une pièce défectueuse du compresseur de plongée mais il me faudra attendre une autre journée merdique pour en apprécier le bienfait …

Pour me détendre – du moins était-ce là l’idée de départ – je suis allé nager avec ma bouée de signalisation. Sur le retour vers le bateau, je constate qu’un catamaran de location avec skipper (« Javanaise » de Alternative Sailing) se dirige vers moi ! Par bonheur, le skipper et sa compagne m’ont vu dans l’eau. Ouf. Ceci ne les empêche pas de me croiser à peu de distance … pour jeter l’ancre immédiatement après m’avoir dépassé !!!

Pour assurer son ancre, notre skipper s’engage dans une marche arrière et le bateau part en oblique sur bâbord. Etant du même coup, sur son chemin, ce crétin ne trouve rien d’autre que de me faire de grands signes de dégager !!!!! Mais qu’est ce qu’il s’imagine ce crétin de skipper professionnel … que je peux à volonté, engager la cinquième vitesse et partir à toutes jambes. J’ai bien pensé aller m’expliquer avec ce dangereux connard mais ils sont si nombreux dans ce cas que j’ai préféré fulminer tranquillement sur notre bateau.

Comme vous le savez sans doute maintenant si vous me lisez régulièrement : la vie est une longue tartine de merde dont chaque jour on en mange un bout, avec certains jours, de la merde sur les deux faces. Aujourd’hui, il y en avait sur les deux faces.

Publié par : Ann & Stéphane | 18 avril 2022

23 au 30.11.2021 -Le grand départ pour les Antilles.

Avec le temps qui passe, il m’a semblé désormais possible de publier les instants qui ont précédé l’AVC de Ann. A me relire, je reste assez songeur. Fallait il y voir un avertissement quelconque ?

Mardi  23.

Réveil à 6 heures – départ de l’appartement à 7 heures – arrivée à l’aéroport à 7.30 heures – départ de l’avion à 12 heures. Nous devions être sur place trois heures avant l’embarquement et avec les embouteillages habituels sur le ring, mieux valait être prudent.

8 heures de vol avec « United » !!! C’est plutôt long, long, long mais pour notre plus grand bonheur, l’avion (Bruxelles – Washington DC) n’était plein qu’au tiers !!!!! La plupart du temps, nous avons droit à des avions surchargés et c’est réellement pénible.

Si nous avions de la place à ne plus savoir qu’en faire (nous disposions chacun de trois sièges), mon nerf sciatique m’a fait endurer le martyre durant tout le vol. Je ne vous dis pas la partie de plaisir que ce fut : pas moyen de réchauffer ma jambe droite et je ne parle pas des pieds.

A Washington DC, nous n’avons pas été reçus avec des mitraillettes comme nous l’avons parfois connu par le passé. L’accueil fut normal même si, bien entendu, nous avons dû établir preuves à l’appui, que nous n’y passions qu’une nuit avant d’embarquer pour Toronto (Canada).

Au sortie de l’aéroport, nous avons dû attendre, dans le froid (nous n’avions évidemment pas de manteau …), le shuttle de l’hôtel Marriott et bien évidemment, il fut le tout dernier à se pointer. Grrrrr.

A l’hôtel, nous avons pris l’ascenseur pour nous rendre au second étage sauf que sur le panneau de commande, il n’y avait pas de chiffre 2 !!!! Après nous être perdus à tous les étages, il nous fut renseigné qu’il fallait appuyer sur la lettre L !!!! Ils sont fous ces Américains !

Une fois dans notre chambre, la seule chose qui pouvait me soulager efficacement de ma sciatique, fut un bain brûlant et je ne m’en suis pas privé. Je revivais enfin.

Si  nous avons atterri à 14 heures (heure locale), il était déjà 22 heures à notre heure biologique. Nous avions donc faim et surtout, nous devions nous réveiller à 3 heures du matin (heure locale) pour être à l’aéroport à 4 heures soit deux heures avant le décollage. Aussi, nous avons été manger un morceau au bar de l’hôtel. Nous n’avons pas été très bien inspirés dans nos choix mais cela restait mangeable et au moins, nous avions l’estomac plein.

C’est à ce moment là que nous avons compris que le rez-de-chaussée était, en réalité, … le second étage et que nous n’avions donc pas à utiliser l’ascenseur …

Mercredi 24.

Après une bonne nuit réparatrice, nous avons pris un petit coucou de « Air Canada » pour Toronto. Mais avant cela, nous avons dû passer la réelle épreuve de l’enregistrement des bagages :  on ne comprend pas un mot de leur américain et tout pose problème (vaccination, test négatif, billet d’avion de retour, green carte !!!!, visa pour Grenade alors que l’île ne délivre plus de visa, paiement d’un test PCR à l’arrivée alors que cette obligation n’est plus d’application à Grenade depuis quelques jours et en finale, le crétin de service nous a fait payer pour nos bagages car il a enregistré les deux bagages au seul nom d’Ann !!!!).

Comme la seule chose qui comptait réellement, demeurait qu’il ne nous bloque pas à Washington DC, je lui ai filé ma carte Visa.

Je n’aime pas beaucoup voler (une petite heure) avec des « petits » coucous et nous en avons été pour notre petite frayeur lorsque ce con de pilote a réduit fortement les gaz pendant quelques minutes pour remettre ensuite toute la sauce. Lors de l’atterrissage, nous avons également eu droit à de petites variations de poussée de quoi s’interroger sur les capacités du pilote …

A l’aéroport de Toronto que nous connaissons assez bien, nous avons dû attendre trois heures, notre vol pour Grenade.

Je sais que vous vous posez tous la question de savoir pourquoi nous ne prenons pas une ligne directe pour Grenade. En fait, il n’y a que « British Airways » qui opère une telle ligne directe mais ses tarifs se montent au double et surtout, avec le Covid, on n’est jamais sûr que le vol ne soit pas annulé en dernière minute.

Autre possibilité : Paris voire Charleroi avec « Air Belgium » – Fort-de-France (Martinique) mais ensuite, c’est la grande galère pour rejoindre Grenade : les îles sont mal desservies entre elles à moins d’avoir recours à des petits avions privés à des tarifs exorbitants.

La seule vraie solution serait de laisser le bateau en Martinique mais vous pouvez être certain que si nous le faisons un jour, ce sera justement durant cette période qu’un cyclone ravagera l’île.

Le vol sur Grenade avec « Air Canada Rouge » (low cost) a duré environ 5 heures et fut particulièrement agréable bien que l’avion, un Boeing 737, ne soit pas particulièrement grand. L’appareil était une fois encore, à moitié vide en sorte que non seulement, nous étions à hauteur d’une porte de secours mais de surcroît, nous avions trois emplacements pour nous deux.

Sur nos trois vols, nous avons fait le constat alarmant que les sièges d’avion avaient été considérablement allégés au point que nous avons bien cru que le passager assis devant moi sur le dernier vol, allait casser son siège sous son poids et sa taille : plus d’une fois, son siège s’est littéralement tordu sous l’effort, du jamais vu !!!

A Grenade, nous avons eu peur que la douane essaie de nous taxer honteusement sur tout ce que nous avions apporté (très nettement moins que les autres années) mais elle joua normalement son rôle … en ne s’inquiétant pas de la situation.

Certains « moralistes » un peu cons estiment qu’il faudrait établir à l’avance, une liste de ses derniers achats (encore faudrait-il s’entendre sur la notion de « derniers achats ») avec une copie des factures en annexe !!! J’ai beau me creuser la tête mais je n’en vois pas la raison dès lors que nous ne sommes qu’en transit sur l’île et que de surcroît, nous avons déjà supporté une tva en Europe. Enfin, pour des plaisanciers comme nous, je pense que nous contribuons suffisamment à l’économie de l’île avec les sommes ahurissantes que nous dépensons au chantier pour encore venir nous emmerder, excusez-moi le terme, avec de pareilles babioles.

A l’extérieur, Jeffrey nous attendait avec son taxi pour nous conduire au « Sea Brize », un des hôtels retenus par les autorités pour réaliser une quarantaine en attente des résultats du test PCR que nous aurions dû subir si nous étions arrivés quelques jours plus tôt. Comme nous avions réservés une chambre pour deux nuits, nous n’avons pas décommandé.

Jeudi  25.

Assez curieusement, nous n’avons quasiment pas fermé l’œil  de la nuit alors que nous sommes toujours réglés sur notre horloge biologique (le décalage horaire est de -5 heures) !!! C’est à ne rien y comprendre alors que nous avons dormi comme des loirs à Washington sur le même principe.

Ce matin, nous étions donc debout à 7 heures (heure locale) et pour ma part, j’avais la mâchoire comme prise dans un étau !! C’est assez douloureux et vous empêche de dormi r… Notre petit-fils Léon nous a passé sa crève et cela fait maintenant quelques jours que nous devons sans cesse renifler, éternuer intempestivement et que nous avons une patate à la place du nez. Joie. Je suppose en conséquence que j’ai (dormi ) la bouche ouverte entraînant une crispation de la mâchoire. Je vous dois combien pour la consultation, docteur ?

Comme notre chambre-appart est logée au second étage sans ascenseur de l’hôtel, nous avons redescendu nos deux grands sacs par l’escalier étroit pour tout amener au bateau. Ce n’est décidément plus de notre âge.

Nous avons attendu patiemment (c’est bien vrai ce gros mensonge ?) à l’extérieur que Jeffrey nous conduise au chantier par une route d’accès dont raffolerait Indiana Jones ! Sur Grenade, l’état des routes n’est pas spécialement une préoccupation majeure mais pour se rendre au  chantier, mieux vaut avoir un tout-terrain  !!!

Après un rapide tour d’horizon du bateau qui nous a satisfait globalement, nous sommes allés prendre notre petit déjeuner au restaurant du chantier : c’était simple mais très bon.

Le plan d’eau était très calme et le chantier déjà à moitié vide !!! « S.A.S.³ » trône devant les ateliers.

Quand nous avons rassemblé le peu de courage que nous avions encore, il a commencé à pleuvoir gentiment. Par la suite, nous avons eu droit à quelques très beaux déluges ! En somme, nous avons quitté la Belgique parce qu’il pleuvait trop … pour nous retrouver à Grenade où il pleut tout autant : cherchez l’erreur !

L’intérieur du bateau est comme nous nous y attendions, d’une saleté relative. J’aurais aimé qu’Ann s’en occupe tandis que je puisais en moi, un peu de courage pour graisser, sous la pluie, notre hélice Maxprop pour ensuite vérifier les anodes et en changer deux mais ce fut au-dessus de ses forces : la fatigue du voyage, le décalage horaire, une nuit blanche et les chaleurs accablantes ont eu vite raison de sa volonté et je ne valais guère mieux.

Durant toute la journée, nous avons tous les deux, risqué le vrai malaise : la transition est trop brutale et à nos âges, nos facultés d’adaptation sont amoindries. Ce n’est qu’une fois de retour vers 15 heures, à notre chambre-appart, que nous avons repris quelques couleurs.

Notre nuit à tous les deux, fut bien meilleure que la précédente sous la réserve de cette envie irrésistible d’un « coq au vin ». Ce n’est pas par amour du « coq au vin » que je n’ai par ailleurs, jamais goûté mais c’est davantage le spectacle de coqs rôtissant à la broche qui me faisait fantasmer !

Au pied de notre hôtel, de l’autre côté de la route, plusieurs de ces gallinacés évoluent en toute liberté ce qui n’est pas pour me perturber en soi sauf que vers 4 heures du matin, ces stupides volatiles se mettent à chanter. Evidemment, quand on n’est pas confronté directement au problème, on a une normale tendance à s’en amuser mais venez passer une nuit avec ces sales bêtes et votre amour des animaux connaîtra sa première exception.

Vendredi 26.

Nous avions donné rendez-vous à Jeffrey pour 7 heures et pour une fois, il était en avance !

Au chantier, nous avons de suite compris que les ouvriers de Terry, venus la veille, nettoyer notre coque salie par des coulissures d’eau, avaient décampés dès que nous avions eu le dos tourné ! Mais pas question pour nous d’aller à l’eau avec une coque sale.

Vous payez une petite fortune pour faire repeindre la coque de votre bateau et quand vous arrivez, vous trouvez une coque assez terne par endroits ! Nous avions connu le même désappointement lors de la première remise en peinture réalisée deux ans plus tôt, à Trinidad.

A 8 heures comme convenu, la grue est venue jusqu’à notre bateau alors que les hommes de Terry avaient repris leur travail de nettoyage … Hormis nous, personne ne sembla s’offusquer de la situation et la grue repartit s’occuper d’un autre bateau.

Profitant de cet intermède, le peintre de Terry est venu réaliser les deux « anti-slip » oubliés, à hauteur des portes pratiquées dans les filières. Même rengaine deux ans plus tôt, à Trinidad !!

A nouveau, très vite accablés par la chaleur, nous nous sommes étendus dans notre cabine arrière avec nos ventilateurs Dyson, particulièrement appréciables. De temps en temps, nous allions voir ce qui se passait au-dehors.

Notre annexe ayant fait l’objet de réparations et son moteur, d’un bon entretien, nous ne savions pas exactement comment procéder pour la récupérer avant de quitter le chantier avec le bateau. En finale, nous avons demandé à ce qu’elle soit remise à l’eau immédiatement et nous l’avons amarrée au ponton des annexes.

Il restait encore à récupérer notre génois porté au nettoyage en fin de saison. Selon « Turbulences », notre voile se délamine à deux ou trois endroits et il nous était vivement conseillé d’en commander une nouvelle … chez eux, bien évidemment. Nous ignorons ce qu’il en est exactement mais si nous avons une nouvelle voile à commander, ce sera chez North Sails.

Nous avons retrouvé notre voile au pied du bateau. Par cette chaleur accablante, j’ai bien cru laisser mon cœur accroché à la manivelle de winch qui m’a aidé à la hisser sur le pont avant.

Tout commençait gentiment à se mettre en place sauf que personne ne nous avait indiqué quand nous irions à l’eau !!! En finale, c’est Terry qui nous indiqua 13 heures.

Quelques minutes avant la mise à l’eau tant attendue, nous sommes appelés au secrétariat de la marina pour y apprendre que nous devions encore au chantier, un montant de plus de 5.000 Isi $ !!! Un grand classique : c’est le jour même de la mise à l’eau du bateau que l’on vous présente les dernières factures à régler cash sous peine de voir la mise à l’eau retardée jusqu’à complet paiement ! Sauf que cette fois-ci c’est le secrétariat qui a commis une erreur en ne retrouvant pas la trace de l’un de nos paiements. En tout état de cause, nous aurions pu en être avertis au moins, la veille.

Après ces dernières palpitations cardiaques, nous avons vu arriver la grue de son pas de sénateur arthritique.

Dans les élingues, nous avons pu constater que les pattes de ber étaient déjà peintes ce qui en soi, n’était pas une mauvaise chose sauf que pour arriver à ce résultat, nous avons maintenant 16 pattes où l’antifouling fait de vilaines arabesques. Grrrrrr.

Nous mettant à l’ombre d’un bâtiment, nous avons attendu une éternité que la grue arrive avec notre bateau. On s’est même demandé s’ils comptaient faire le tour du chantier avec notre bateau tant il est vrai que nous avons eu, une fois de plus, droit à de très nombreux compliments. C’est décidément un voilier qui plaît énormément et encore, ses admirateurs ne l’ont pas vu à l’intérieur et surtout, son comportement à la mer.

Comme il n’y avait pas de vent, nous avons pu sortir de la darse, après avoir récupéré notre annexe, sans le moindre encombre. Nous sommes alors allés nous amarrer à la bouée n° 7 de la « Whisper Cove Marina » située sur le côté opposé de la baie. Nous ne sommes pas des fanatiques de bouées de mouillage, nous leur préférons notre ancre, mais en cette baie, la tenue dans la vase est très mauvaise. Il nous est arrivé une fois, d’y déraper … en pleine nuit !

Si nous pensions pouvoir enfin jouir de notre séjour, nous en fûmes pour nos frais avec des températures très élevées (+ 34°) et une totale absence de vent. Nous étions donc tellement à la ramasse que nous n’avons pas été en mesure de faire quoi que ce soit de fort constructif hormis Ann qui est parvenue à remettre en activation, notre abonnement TV à Canal+.

N’ayant aucune provision à bord, nous avons été manger un succulent steak de thon braisé au restaurant de la « Whisper Cove Marina ». Le cadre et l’ambiance valent réellement le détour.

De retour à bord, dans un désordre et une crasse pas possible, nous nous sommes allongés sur notre lit. Si notre airco avait fait descendre la température intérieure de 34° à 30°, j’ai été un peu déçu de ses performances qui me semblaient bien meilleures ! A vérifier.

Nous avons donc démarré notre nuit de manière fort chaude … pour nous retrouver à nous les geler en pleine nuit !!! Rien ne nous sera épargné. A la fin de chaque journée, je pense innocemment que le « plus dur » est derrière nous …

Samedi 27.

Après une nuit un peu chaotique, je pensais que nous serions en super forme pour mettre le bateau en état mais c’étaient bien évidemment, se faire de douces illusions. En fait, après dix petites minutes de travail, il nous faut récupérer pendant près d’une demi-heure !!!!

Le plus dur reste le nettoyage intérieur du bateau. Cela me fait penser au légionnaire romain dans je ne sais plus dans quel Astérix Obélix, qui après avoir balayé la moitié d’une dalle, devait se reposer pour attaquer ensuite la moitié de la moitié restante de la dalle avant de finalement, s’endormir sur son balai.

Ann avait prévu de faire des courses d’avitaillement dès jeudi après-midi … postposé à vendredi après-midi … postposé à ce samedi matin. Nous disposons donc à nouveau, d’une base nous permettant de nous alimenter – enfin – normalement.

Les autres années nous laissions à bord, une base alimentaire mais nous avons connu trop de problèmes en raison de la chaleur. Par bonheur, nous avons retrouvé un stock d’eau providentiel qui nous a permis de tenir durant ces trois jours d’horreur.

Nous avons passé la soirée dans notre cockpit car la température y était agréable. Ensuite, nous avons rejoint notre cabine arrière vers 23 heures pour y connaître une nuit calme et agréable.

Dimanche 28.

Une forme sournoise de mal de mer ? La crève qui ne nous quitte plus depuis une semaine ? Les températures accablantes auxquelles nous ne sommes plus adaptés ? Le manque d’air et de vent, en particulier (déjà beaucoup plus de vent que la veille) ? L’accumulation de fatigues diverses ? Nous l’ignorons mais le résultat est là : nous sommes incapables de faire deux pas sans nous écrouler !!! Il nous a fallu toute la journée pour passer une simple serpillère dans la cuisine, le coin table à cartes et le carré !!

Nos estomacs restent également fermés. Nous passons notre journée à dormir dans le cockpit et ingurgiter tous les liquides qui nous passent sous la main ! C’est réellement handicapant et surprenant mais par bonheur, nous n’avons aucune obligation de quelque nature que ce soit. Nous prendrons donc le temps nécessaire pour ce que nous devons faire, en espérant évidemment que nous allons retrouver la forme.

Une fois de plus, nous avons passé la soirée, au frais, dans le cockpit.

Lundi 29.

Il nous fallait procéder à l’entretien du GE. En nos conditions actuelles, j’avais décidé de nous réveiller à 6 heures du matin pour profiter de températures malléables. En conséquence de quoi, nous avons dormi en pointillés, me réveillant plusieurs fois en croyant que j’en avais terminé de mon entretien de GE …

Le vent souffle assez fort et le plan d’eau est un peu agité mais nous sommes super bien protégés.

En milieu de journée, sans prévenir, j’ai ressenti le « déclic » salvateur : j’étais à nouveau pleinement sur les rails ! Ce n’est pas la première fois que je suis affecté de ce genre de malaise causant une terrible somnolence. Ensuite, le « déclic » et c’est à nouveau, à fond la forme. Selon moi, il s’agit d’une forme sournoise de mal de mer.

A partir de ce moment précis, je ne suis plus le même homme qui traînait des pieds depuis plusieurs jours. Certes, je continue de subir les températures élevées et je vaporise plus que je ne transpire mais je peux envisager avec sérénité de poursuivre la liste interminable des « petites choses » à réaliser avant de penser pouvoir mettre les voiles.

Signe évident que j’avais retrouvé la forme, j’ai passé ma soirée à regarder la télévision …

Mardi 30.

Tous les jours, la liste des « ennuis techniques » s’allonge un peu plus ! Jusqu’à présent, nous avons la batterie de notre aspirateur à main Dyson, qui a rendu l’âme, les deux tableaux de contrôle de la Navnet (programme de navigation) qui sont HS, l’ordinateur du « local communication » qui ne veut plus s’allumer et depuis hier soir, nous rencontrons des problèmes avec le déssalinisateur.

Comme nous buvons énormément, Ann s’est astreinte à un complément d’avitaillement tandis que je procédais à un nettoyage en profondeur, de notre armoire à verres.

Par la suite, nous nous sommes escrimés à essayer de ressortir les deux taquets rétractables de la jupe arrière. En fait, ils n’ont de « rétractable » que le nom et bien évidemment, le peintre n’a rien trouvé de mieux que de les rétracter … à fond : plus moyen de les sortir de leur logement malgré tous nos efforts.

C’est alors que nous allions définitivement abandonner … que nous sommes parvenus à les décoincer ! Encore une chance car ils occupent une position très stratégique et j’aurais eu beaucoup de peine à devoir les « oublier ».

Alors que nous avions droit à une nouvelle ondée, un Moody 38’ (sans nom, sans port d’attache, sans pavillon national, sans indication du modèle) avec un Anglais et sa « nièce asiatique » essaya de prendre la bouée de mouillage juste à côté de nous.

N’ayant sans doute pas encore eu le temps de lui apprendre la navigation, c’est avec une indicible horreur que j’ai vu le voilier, Madame à la barre, partir beaucoup trop rapidement en marche arrière pour entamer brutalement un tournant à 90°et foncer  sur notre avant bâbord qu’elle ne manqua que de quelques mètres !!!!!!!!!!!!!!!!!! Parfois, je me dis que nous sommes maudits.

Pas complexés pour un sou, ils sont venus un peu plus tard, avec leur annexe, m’expliquer tout un charivari dont je n’ai pas compris un mot. J’en ai profité pour lui faire doubler ses amarres à la bouée …

Mercredi  01.

AVC de Ann …

Publié par : Ann & Stéphane | 25 janvier 2022

Cela fait depuis un peu plus d’une semaine que Ann est rentrée à l’appartement et que nous avons retrouvé un certain équilibre. Perso, je suis aux anges de pouvoir un peu dorloter mon épouse qui mérite amplement toutes mes attentions. Ce n’est pas du dévouement mais plus simplement, de l’amour. Nous sommes mariés depuis plus de 40 ans et nous avons à notre actif, trois merveilleux enfants ainsi qu’un splendide tour du monde sur notre voilier. Après avoir pensé que je l’avais perdue, je savoure chaque instant passé en sa compagnie et je vous invite à savourer la vie.

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