Publié par : Ann & Stéphane | 3 avril 2020

16 au 31.03.2020 La Martinique et le Covid-19

Lundi  16.

Comme le coronavirus est quasiment inexistant en Martinique, nous n’avons eu à subir jusqu’ici aucune des mesures prises en Métropole. Mais les temps changent et les Dom-Tom sont désormais astreints aux mêmes mesures qu’en France. Ce qui pourrait être considéré comme « tardif » en Europe, recèle un énorme pouvoir « préventif » dans les îles et c’est une excellente chose car je crains que ces dernières ne soient nullement équipées pour faire face à une pandémie.

Bien entendu comme nous avons pu le constater aujourd’hui, la règle du confinement n’est pas comprise par tout le monde de la même manière … Pour notre part, elle ne nous pose pas de problème particulier puisque nous restons « naturellement » confinés sur notre bateau.

« Little Cloud » est toujours ancré devant nous mais nous avons le sentiment qu’il s’est réancré un peu  plus en avant de nous, toujours est-il que nous ne pouvons réellement plus rien dire même si la présence de ce paysan fini nous indispose.

Mardi  17.

Le confinement strict est loin d’être respecté, certains affirmant même sur Facebook ne pas avoir d’internet … d’autres jouant aux effarouchés ne comprenant que l’anglais ! En tout état de cause, le plaisancier se considère toujours comme au-dessus des lois puisqu’il n’est pas un vulgaire terrien.

De prime abord, nous n’en sommes qu’au tout début du confinement et beaucoup de règles non écrites doivent encore être précisées. Ainsi, peut-on encore naviguer ou aller plonger dès lors que nous ne rentrons en contact avec personne ? Une réponse négative semble s’imposer au simple motif que si nous avions besoin d’aide, on monopoliserait des secours déjà débordés.

Comme il fait magnifique, nous voyons les plages bondées et des bateaux, avec foule à bord, qui partent en ballade comme s’il s’agissait d’un week-end. Pas la moindre autorité en vue et donc pour la grande majorité, le confinement est un mot qui ne s’applique pas à eux.

Tous les pays fermant progressivement leurs frontières, nous craignons de plus en plus que la Martinique ne devienne la seule solution pour tous les exilés ou les refoulés des Caraïbes !

Mercredi  18.

Seconde journée de confinement. Si tout n’est pas encore figé, les comportements individualistes et inciviques restant la règle, « l’activité » semble progressivement se calmer. Il y a encore trop de bateaux et trop d’annexes qui se baladent sans raison valable mais comme on ne voit pas l’ombre d’un gendarme à l’horizon …

Pour être parfaitement honnête, je me dois de préciser que les dispositions du confinement manquent souvent de clarté pour les plaisanciers et que les autorités qui se montrent généralement si conciliantes avec les anglo-saxons, ne s’adressent à la population qu’en français !

Pour notre part, ce confinement ne nous dérange nullement hormis la plongée qui nous reste – en principe – interdite encore qu’il faille faire le subtil distinguo entre « non recommandé » et « interdit ».

Nous avons encore et toujours à batailler pour préserver notre carré d’intimité et de sécurité mais nous espérons que quand le « lock down » total sera instauré, nous n’aurons plus à nous soucier de cette question puisque plus personne ne pourra bouger. L’espoir fait vivre …

L’espoir fait vivre mais ne nourrit pas … nous étions en train de regarder agréablement la télévision que profitant de notre totale inattention, « Well », Océanis 40’ battant pavillon polonais, venait jeter l’ancre sur notre bâbord en sorte que les deux voiliers n’étaient séparés que par quelques mètres !!!

C’est en allant nous coucher que nous avons pris conscience de sa présence. Ann a bien essayé – en vain – de les faire déloger, ces têtes de lard nous ont superbement ignorés alors qu’ils étaient six dans leur cockpit.

Alors qu’on ne lui demandait rien, notre « paysan italien » de devant, « Little Cloud », s’en est pris verbalement à Ann  … en polonais !! Par la suite et avec un peu d’observation, nous avons compris qu’en fait, sous le pavillon tantôt italien (Little Cloud),  tantôt canadien(Promyk) ou encore hollandais (White Dog), nous avions à faire à une petite colonie polonaise.

Jeudi  19.

Météo magnifique quoi qu’un peu plus venteuse que les autres jours.

Alors que nous nous attendions à devoir supporter quelques temps encore, la présence de nos indésirables voisins polonais auxquels notre « paysan italien » avait rendu visite, à 9 heures, ils remontaient l’ancre et partaient vers le Nord !

Si on regarde un peu autour de soi, on cerne très vite que les visites entre voisins occupent le temps de la plupart des plaisanciers qui n’hésitent pas non plus à se regrouper en nombre, sur les bateaux …

Avec l’approche du week-end c’est bien entendu le retour des bateaux de location. Nous en étions conscients mais là, nous sommes servis : sur notre bâbord, nous avons six catamarans de location plutôt bruyants. Ancrés trop près comme de juste, nous les supportons à l’idée que demain matin, ils seront partis.

Vendredi  20.

Un peu stressés car il s’agissait pour nous d’une première depuis l’application des mesures de confinement, nous sommes allés faire quelques courses d’avitaillement . Le bon truc consiste à être à la porte du magasin dès son ouverture : peu de files et rayons garnis.

Le temps pour Ann de faire ses courses au « Carrefour » et il y en avait déjà pour 1 ½ heure de file d’attente au « Leader Price » !

A notre retour à bord, nous avons été contraints de relever que nos bateaux de location après avoir fait le plein en carburant au « Marin », étaient de retour à leurs emplacements : la restitution des bateaux ne s’opèrant  que … samedi matin !

Samedi  21.

Toujours un trafic incroyable pour une période de confinement (la navigation n’est pas interdite mais « vivement déconseillée » ce que tous traduisent par « autorisée ») mais nous sommes débarrassés de nos bruyants bateaux de location. Bien évidemment, d’autres bateaux  sont venus occuper l’espace ainsi libéré mais bon, les distances sont jusqu’ici respectées ! Ce qui n’empêche que je sursaute à chaque fois que j’entends un bruit anormalement proche … synonyme de l’approche d’un intrus.

L’après-midi fut nettement plus calme que la matinée et la Gendarmerie Nationale est enfin visible … ce n’était pas trop tôt. Cela ne change pas grand chose à toutes les petites incivilités dont nous sommes les premiers témoins mais on peut espérer qu’avec le temps, les règles de confinement seront mieux respectées même si j’ai de profonds doutes.

La météo est toujours des plus clémentes pour ne pas dire des plus agréable. Pour notre part, les conditions de confinement ne sont pas très astreignantes car elles correspondent pour l’essentiel, à notre mode de vie ! L’interdiction de toutes activités nautiques (cfr. photos …) dont la plongée, est notre plus grosse contrainte. Nous subissons aussi un internet très lent et plus aucun technicien ne peut passer à bord ce qui ne fait pas exactement nos affaires.

Dimanche  22.

Le plan d’eau était très calme jusqu’à ce que « Grand Pas », Amel Super Maramu battant pavillon français, est venu s’ancrer sur notre avant bâbord de manière fort limite mais bon, ce sont des Français et avec eux, en général, il y a toujours moyen de s’arranger au cas où.

Quand nous voyons des bateaux avec deux ou trois couples à bord, il est difficile pour nous de s’imaginer qu’ils vont restés confinés ensemble durant des semaines … Les Français ont toutes les peines du monde à comprendre la signification du mot « confinement », le Président Macron n’arrête pas de le déplorer à la télévision, et en Martinique, ils ne dérogent pas à la tendance.

Histoire de l’arroseur, arrosé : il y a de cela encore quelques jours, nous avons dû nous insurger contre « Christmas IV », battant pavillon français, qui comptait s’ancrer à proximité de notre bateau pour être au plus près de leurs amis, « Tsaro ». Aujourd’hui, ce sont les mêmes qui ont donné de la voix à l’égard d’un Amel 54’, « Fidelis » battant pavillon hollandais, qui est venu s’ancrer devant eux ! Manque de chance, ils sont tombés sur une tête de cochon …

Nous n’avions pas encore fini de rire qu’un 36’ battant pavillon américain arrachait au passage, l’orin du voilier anglais ancré juste derrière nous ! Comme l’interdiction de toute navigation n’a pas encore été ordonnée, les bateaux continuent de circuler comme si de rien n’était. En clair, sur le mouillage de la baie « Sainte Anne », il fait bon vivre avec le coronavirus !

Lundi  23.

Rien n’a beaucoup changé par rapport aux autres jours. Il fait toujours magnifique avec de temps à autres, un petit grain aussi imprévisible que passager.

La vie sur le plan d’eau est toujours la même avec  ses annexes qui circulent (il est frappant de relever que la très grande majorité des annexes sont à l’eau au lieu d’être suspendues à leurs bossoirs …), les amis qui vont d’un bateau à l’autre quand tout simplement, ils ne passent pas quelques jours ensemble sur le même bateau ! Certes, il y a un ralentissement des activités sociales mais on reste loin d’un confinement absolu.

Il  y a toujours des bateaux qui doivent circuler entre le « Marin » et la baie « Sainte Anne », il y a toujours des bateaux qui arrivent d’on ne sait où et d’autres qui partent pour des destinations inconnues. On trouve même encore des bateaux de location en activité !

Quant à la Gendarmerie nationale, elle consacre son temps à … plonger !! Alors que cette activité nous est interdite pour un problème de sécurité, les gendarmes n’ont pas l’air de s’en priver ! De toute manière, on ne voit pas beaucoup les pandores sur le plan d’eau … quant aux contrôles, s’ils existent, ils sont très, très peu visibles. Pas de quoi effrayer en tous les cas, les contrevenants de tout poil.

Mardi  24.

Météo maussade avec un ciel fort chargé et un vent modéré à variable.

Pas de grands changements sur le mouillage. « Grand Pas » est parti ce matin, sans doute pour les « Anses d’Arlet ». Cela nous donne un peu plus d’air pour autant que personne ne vienne se mettre à leur place.

En fin d’après-midi, nous avons vu la Gendarmerie Nationale pointé le museau. Il  y a bien eu quatre ou cinq contrôles mais il faudrait sans doute leur prescrire des lunettes car ils sont particulièrement myopes à moins qu’ils ne veulent pas regarder en la bonne direction. Tout continue donc comme avant.

Mercredi  25.

Matinée plutôt venteuse mais curieusement, le vent est tombé d’un coup sur le coup de midi. Nous avons, bien entendu, eu droit à quelques grains.

Une fois de plus, la Gendarmerie Nationale était en plongée … si cela continue, je vais me faire Gendarme !

Alors que les frontières de la Martinique sont fermées depuis lundi, par arrêté préfectorale, à tout bateau ne battant pas pavillon de la communauté européenne, nous avons vu arriver coup sur coup, un voilier battant pavillon américain et ensuite, un autre voilier battant pavillon suisse … le plus amusant reste que l’américain a été contrôlé par la Gendarmerie Nationale et est reparti le lendemain tandis que le Suisse n’a pas été contrôlé et est resté sur place !

 D’après les échos que nous en avons, les autorités des autres îles sont nettement moins bienveillantes et celles qui restaient « ouvertes », se referment les unes après les autres face aux incivilités des plaisanciers.

Nous sommes les témoins de tout et de son contraire. Il y a bien entendu ceux, trop nombreux, qui se moquent éperdument des dispositions prises par les autorités pour freiner la propagation du coronavirus comme notre voisin hollandais qui a invité à son bord, un autre équipage hollandais fraîchement arrivé en Martinique et puis, il y a les règlements que tout le monde interprète à sa sauce comme la possibilité de faire une activité sportive près de son domicile.

Jeudi  26.

Pas grands changements à l’horizon si ce n’est qu’il fait à nouveau magnifique.

Avec le confinement, le nombre de bateaux sur le mouillage augmente insensiblement de jour en jour et comme la plupart des plaisanciers aiment se coller les uns aux autres, on assiste à de sérieuses concentrations, principalement le long de la côte. Mais il faut leur reconnaître ceci : la distance de 1.50 m entre chaque bateau est scrupuleusement respectée.

En ce qui nous concerne, nous sommes encerclés de toutes parts  mais une distance raisonnable est respectée pour l’instant.

Vendredi  27.

Période de confinement oblige, nous avons décidé de ne faire qu’un seul avitaillement par semaine. Comme nous l’avons fait la dernière fois vendredi passé …

Une fois encore, nous sommes partis à 7.30 heures pour être dans les premiers lors de l’ouverture du « Leader Price » sauf qu’à la suite d’une panne informatique, le magasin a ouvert ses portes avec une bonne heure de retard !  De surcroît, Ann n’a pu passer que dans le second groupe en sorte que j’ai attendu 2.30 heures dans notre annexe à regarder l’eau sans savoir ce qui se passait. Pire, j’ai vu des tas de couples arriver bien après nous et repartir bien avant nous !!

La prochaine fois, je penserai à prendre avec moi, mon e-book et un téléphone en manière telle de pouvoir rester en contact avec Ann car après l’avoir déposée au quai des annexes, je vais m’ancrer un peu plus loin pour ne pas avoir à être contaminé par toutes les personnes qui viennent faire leur avitaillement.

Pendant tout ce temps, j’ai donc été le témoin involontaire de l’activité réduite du chantier de Carénantilles  qui malgré tout, a sorti un petit voilier de l’eau ! Ce qui m’a le plus surpris c’est le nombre important de personnes qui se sont rendues au chantier.

Autre constat, plusieurs petits malins ont conjugué « activité physique » et « avitaillement » en venant au « Leader Price » … à la rame comme cette jeune femme venue en padle avec son chien !

Mais le plus frappant reste que les personnes ont besoin de parler et donc, en respectant plus ou moins la distance de confinement de 1.50 mètre, cela caquette facilement.

Quand nous sommes partis à « Sainte Anne » pour d’autres courses (pharmacie), le débarcadère était très peu encombré et une fois midi (les magasins d’avitaillement n’ouvrent que le matin), pour ainsi dire désert.

Nous n’avons pas vu un seul gendarme ou policier à l’horizon.

L’après-midi, le mouillage donnait l’impression d’avoir été statufié ! Mais c’est bien entendu lorsqu’on pense qu’on peut enfin relâcher son attention que les crétins de tout poil vous tombent dessus. Qu’il y aie toujours la possibilité de circuler reste pour nous, une aberration en période de confinement.

Samedi  28.

C’est le week-end et comme à chaque fois, les Français en profitent pour venir passer quelques jours, « entre amis », à la baie Sainte-Anne !! C’est vrai qu’il fait magnifique et même le vent est super sympa mais nous sommes en période de confinement et ce n’est pas ce type d’attitude qui va faire évoluer positivement les choses. Mais qu’y pouvons nous si la Gendarmerie Nationale ne fait pas son travail. On les voit bien de temps en temps mais le plus souvent, au large … ou en train de plonger !

Lors de ma natation quotidienne autour du bateau, j’ai eu le bonheur d’observer une raie aigle d’une envergure d’environ 1.50 mètre avec une queue d’une longueur incroyable. Spectacle grandiose qui n’est pas exceptionnel sur ce fond sablonneux mais que j’aimerais voir plus souvent.

Dimanche 29.

Le vent souffle fort et le fetch est bien présent. Perso, ce sont les conditions que je déteste le plus en raison notamment, du stresse qu’un bateau ne dérape sur nous ou que notre chaîne d’ancre ne se brise. Alors j’essaie de ma raisonner en pensant à ces centaines de bateaux qui se trouvent dans les mêmes conditions que nous et qui ne bougent pas d’un pouce.

Il n’y a pas beaucoup de changements sur le mouillage : il y a toujours trop de bateaux en mouvement, trop d’annexes qui passent d’un bateau à l’autre , trop de plaisanciers qui ne comprennent pas la nécessité d’un strict confinement même si en raison des conditions météo moins favorables, on a pu relever un ralentissement assez significatif.

Par bonheur, dès le milieu d’après-midi, le vent a sérieusement baissé d’un ton et du même coup, on a vu un peu partout, beaucoup plus de personnes dans l’eau. Perso, je me suis forcé à aller nager malgré le fetch présent car cela fait trop de bien en le cadre du confinement.

En fin d’après-midi, un transporteur de bateaux, « Super Servant  4 », faisait son apparition. Ann avait deviné sa venue en voyant au mouillage, un Classe J de 143’ ayant participé aux régates d’Antiga.

Lundi 30.

Même météo que la veille. Le vent était peut-être un peu moins fort et s’est plus vite adouci.

Avec les jours qui passent, le mouillage donne de plus en plus l’impression de se figer même si des mouvements de bateaux  pourtant maintenant  interdits, sont toujours à déplorer. Il s’agit d’un calme quelque peu surréaliste que nous apprécions de plus en plus si seulement, il pouvait y avoir un peu moins de monde autour de nous !

Le plus formidable reste que nous ne voyons plus de mouvements de bateaux durant la nuit ! C’est pour nous, un immense soulagement de ne plus avoir à déplorer lorsque nous allons nous coucher, la présence d’un intrus à nos côtés. Le confinement ne manque pas par certains côtés, de bien des avantages.

Mardi  31.

Vent assez faible. Ciel bleu avec quelques nuages. Température douce. C’est un peu le paradis sur terre s’il n’y avait ce confinement parmi autant de bateaux.

En allant nager, j’ai revu ma raie aigle en train de manger quelque chose d’enfoui dans le sable. Moment exceptionnel.

Départ de « Super Servant 4 » avec son précieux chargement de bateaux dont le classe J, pour l’Europe.

 

Que faisons-nous de nos journées ?  Notre vie de tous les jours ne se différencie pas beaucoup de celle qui était la nôtre avant le Covid-19 ! La seule différence essentielle réside en l’absence de techniciens à bord …

En respectant scrupuleusement le confinement, nous n’allons plus plonger, nous ne recevons plus personne à l’apéro, nous ne quittons plus le bateau … même pour aller se décharger des poubelles ! Mais cela ne nous pose pas grands problèmes sauf peut-être en ce qui concerne la plongée.

Nos journées ne sont pas établies à l’avance. Nous nous laissons aller à nos envies du moment, en prenant le temps de chaque moment. Chaque moment est une occupation en soi et plus une corvée que l’on a hâte d’avoir derrière le dos. Faire sa toilette matinale, petit déjeuner, nager, prendre sa douche, lire, faire son secrétariat, un petit bricolage ou l’autre et la journée est passée ! A partir de 18 heures, nous allumons la télévision et nous sommes partis jusqu’au coucher.

Comme nous vivons sur l’eau, au milieu centaines de plaisanciers, tout ce qui nous entoure est aussi un spectacle permanent, fort varié quand il n’est pas contrariant.

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Dimanche 01.

Après le séjour de nos petits-enfants, je n’avais plus qu’une seule envie : farniente et renouer avec notre petite vie d’avant, si paisible. Pourtant, la liste des corvées était plus longue que le bras et rien que d’y penser, j’avais mauvaise conscience. Je n’ai même pas trouvé le courage de profiter de la voiture de location pour aller faire un tour sur l’île comme le proposait Ann !

Bien évidemment, nous fûmes très vite encerclés de voisins … respectant pour une fois, une certaine intimité ! De toute manière, nous n’avons plus le courage de rechercher un autre emplacement de mouillage alors que celui-ci nous convient si bien.

Lundi  02.

Nous attendions ce jour avec beaucoup d’impatience et comme de normal, nous avons été fort déçus. Cela fait depuis un peu plus de 3 mois que notre Navnet 3D est tombée en panne et nous espérions voir le bout du tunnel, ce lundi. Hélas, Antoine de « Diginav » est tombé sur un bec  et malgré ses efforts « mesurés », il est reparti en nous laissant une installation non en état de fonctionner ! Il semblerait que des programmes manquaient à la livraison de notre nouvelle Black Box Furuno et manifestement sans eux, il ne peut rien être espéré. En clair, nous voilà repartis pour une attente des plus incertaine.

Côté plus positif, quasiment tous nos voisins sont partis en cours de matinée et le plus important, « Ambika » (pavillon suédois) qui nous enquiquinait sérieusement depuis jeudi, est également parti … en tout dernier lieu, bien entendu.

Un hasard, une impression peut-être mais j’ai le sentiment que nous assistons ces derniers temps, à une vague scandinave avec les Suédois, en tête de peloton. C’est peut-être parce que nous avons eu quelques mauvaises expériences avec eux que nous y sommes plus sensibles.

Mardi 03.

Matinée, très cra-cra … après-midi, amélioration avec un ciel chargé … soirée, ciel menaçant.

Nous étions censés aller plonger mais Ann n’était pas physiquement en état. Pour ma part, j’envisageais bien une nouvelle journée de farniente mais de fil en aiguille, j’en suis venu à nettoyer la coque sous-marine du bateau !

Depuis notre arrivée au mouillage, je surveille son état de salissures et il me semble que nous sommes parvenus à un point critique au-delà duquel le nettoyage devient très pénible. Aussi, n’écoutant que mon courage, je me suis équipé d’une bouteille pour relever, à peine sous la surface, que nos deux ventouses sont HS ! En ces conditions, je me suis beaucoup esquinté pour pas grand chose pendant plus d’une heure.

Après la « plonge », je me suis attaqué à nos fermetures de coffre, de sinistre souvenir. Enfin, le travail est réalisé et j’espère ainsi que nous ne connaîtrons plus de problème pour se saisir de la poignée de la fermeture qui avait une fâcheuse tendance à ne plus se relever !

Pour un mardi, il y avait exceptionnellement beaucoup de monde sur l’eau !!! Résultat des courses, nous avons dû nous battre contre un Français venu jeter l’ancre sur notre bâbord, un Canadien, sur notre avant et un Hollandais sur notre tribord. Devinez lequel des trois est une belle tête de cochon.

Exact … c’est le Hollandais qui ne voyait pas où était le problème. En fait, il a exactement jeté son ancre où le Suédois l’avait jeté avant lui. Il n’y a donc pas, en principe, de risque de collision mais question « intimité » on repassera alors que bien entendu il avait toute la place pour positionner son affreux catamaran « Momo », un peu plus loin.

Mercredi  04.

Si déjà la veille, il m’avait semblé que le vent avait un peu forci, aujourd’hui, il n’y avait plus aucun doute. Sans être violent, le vent est modéré et le fetch a refait son apparition.

Ann partie tôt au « Marin » pour diverses courses, quand je suis arrivé dans le carré, j’ai bien évidemment d’abord vérifié que notre « hollandais » était toujours là et en tournant la tête, je me suis rendu compte que « Enola », un Lagoon 380 battant pavillon français, n’avait rien trouvé de mieux que d’ancrer juste derrière « Momo » !!!! « Maman, ils m’en veulent » ai-je crié avant de tomber dans les pommes.

Lorsque j’ai repris conscience, j’ai cru rêver : « Enola »  relevait son ancre et dans le mouvement, « Momo » en faisait de même !

Nous avions pensé aller plonger mais à force de toujours plonger sur le même spot, mes envies se sont quelque peu émoussées et la météo ne m’y engageait pas … bref, nous sommes restés à bord.

Après une matinée assez animée, la journée a paru d’un calme incroyable.

Jeudi 05.

Météo assez identique à celle de la veille.

Beaucoup de départs en ce début de matinée et, essentiellement, tous des bateaux qui étaient un peu nos balises. Toujours une mauvaise chose car maintenant, la place est « trop » libre tout autour de nous …

En ayant convenu que dès que le vent faiblirait, nous reprendrions la « plongée découverte », nous avons pris la décision d’aller plonger au « Boucanier » (-25,10 m. – 60’ – 2’ à -3m – 28°) où nous avons trouvé une visibilité exceptionnellement mauvaise (nous nous sommes perdus de vue durant une bonne dizaine de minutes) ! C’est plutôt rare mais cela peut arriver sans que l’on puisse en comprendre les motifs. Nous n’avons donc pas vu grand chose mais le plaisir de plonger est resté plus intact que je ne le pensais.

En retournant vers le bateau, j’ai la stupéfaction de voir devant nous … « Ambika » en route vers notre mouillage ! Je n’avais aucun doute qu’il allait vouloir nous enquiquiner une fois de plus en jetant l’ancre à proximité immédiate de « S.A.S.³ » : une tête de cochon reste une tête de cochon.

Pensant pouvoir éventuellement le gêner dans ses manœuvres d’ancrage et ainsi l’obliger à s’éloigner de nous, j’ai estimé que le mieux était de le suivre plutôt que de le précéder. Oui mais voilà, malgré la manette des gaz au minimum, nous allions plus vite que lui en sorte que nous l’avons dépassé à une vitesse d’escargot.

Si pour ma part, je n’ai à aucun moment modifier ni notre vitesse, ni notre cap sur la poupe de notre bateau, lui, par contre, s’est dérouté en visant la proue de notre bateau. Nos routes se sont donc coupées et ce n’est que d’un cheveu (sans jeu de mot) que je suis passé devant lui. J’aurais pu, au passage, embrasser son ancre sans problème … elle était à hauteur de ma tête! Si l’un de nous deux a stressé, ce n’est certainement pas moi. Je suis de marbre face à ce genre d’intimidation.

Bien entendu, alors que nous vidions l’annexe à l’arrière du bateau, notre tête de cochon faisait manœuvre sur manœuvre pour reprendre la place qui était la sienne, la semaine précédente.

Pour en arriver à des comportements aussi imbéciles, je suppose que nous l’avons vexé lorsqu’il est venu se coller à nous, la première fois. Perso, je ne me collerais déjà jamais à un autre bateau. Si tel était néanmoins le cas et que le skipper du bateau collé m’en faisait reproche, je partirais directement recherché un autre emplacement. Encore plus sûrement, j’éviterais comme la peste de l’approcher si nous devions nous retrouver sur le même mouillage. Comme il s’agit de notre seconde mésaventure du genre avec un scandinave, je suppose qu’ils sont plus complexés que d’autres.

Vendredi  06.

Si le ciel était fort nuageux, la mer était par contre très calme : pas de fetch, pas de houle, pas de vagues. Aussi,  après quelques hésitations, j’écourtais ma natation matinale pour entreprendre le nettoyage du franc-bord tribord.

Le temps de tout préparer avec Ann … et Christophe « le Belge » se présentait au bateau. Il s’en est fallu d’un cheveu que nous ne soyons en plein nettoyage lors de son arrivée. 

Nous avions sollicité son passage car l’écran d’affichage du chargeur Mastervolt « électronique » changé à Trinidad, en novembre, s’éteignait quelques minutes après sa mise en route ! Il s’agissait seulement d’un faux contact assez connu avec les nouveaux chargeurs, paraît-il  … Notre groupe hydrophore nécessitait également une nouvelle intervention en garantie.

Après son départ, nous nous sommes mis au travail mais le vent avait refait son apparition et rapidement, notre nettoyage se révéla pénible en raison d’un sérieux clapot.

Nous sommes ensuite allés faire des courses au « Marin » et c’est après bien des difficultés (!!), qu’Ann est parvenue à dénicher trois superbes ventouses qui devraient nous permettre de poursuivre le grattage de la coque sous-marine de notre voilier.

En revenant à bord, nous relevions qu’un monocoque de location, un Océanis 54’ de la société RVM, avait jeté l’ancre sur notre arrière mais tellement près que nous aurions pu participer à leurs conversations … Et je te colle, et je te colle et j’adore cela ! Avec le coronavirus qui fait de plus en plus de ravages, un ami nous a conseillé de battre pavillon chinois …

Samedi  07.

Réveillé en sursaut par l’appel d’Ann à la rescousse, j’ai déboulé dans le cockpit pour apprendre que nos voisins de derrière ne parvenaient plus à remonter leur ancre : guindeau bloqué ! Si en tant que tel, le problème ne nous concernait nullement, comme ils avaient jeté leur ancre bien trop près de notre poupe, les deux bateaux se trouvaient bien trop proches l’un de l’autre lorsque le vent les amenait à se rapprocher l’un de l’autre. Eh oui … ce n’est pas sans raison, ni sans expérience, que nous nous irritons du comportement des autres plaisanciers qui viennent se coller à nous.

Pendant un temps qui m’a semblé particulièrement long, nous avons été sur le qui-vive en l’attente du déblocage de la situation. Le bon sens aurait voulu qu’il relâche leur chaîne d’ancre et attende le technicien de leur loueur. L’autre bon sens consistait à profiter que les deux bateaux étaient éloignés l’un de l’autre pour remonter la chaîne d’ancre à la main. Bien entendu, ils optèrent pour une troisième option consistant à essayer de débloquer le guindeau alors que les deux bateaux alternaient rapprochement dangereux et éloignement salvateur …

En finale, après avoir mis nos nerfs bien trop longtemps à vif, ils ont remonté leur chaîne à la main … centimètre par centimètre. Visiblement, ils n’avaient pas compris que le travail serait plus aisé s’ils se servaient du moteur pour remonter sur leur chaîne d’ancre ! Les bateaux de location sont la lèpre de la plaisance.

Pour éviter toute collision entre les deux bateaux, nous avons été jusqu’à allumer notre groupe électogène et descendre nos propulseurs. Sur les dernières minutes, ce fut un peu chaud mais une fois la chaîne un peu plus remontée, leur ancre a dérapé et la menace s’est éloignée de nous. Ouf.

Si nous les avons vus repartir au « Marin » (siège de la société VRM) avec beaucoup de soulagement, notre inquiétude concernait leur retour … En fait, nous n’avons pas assisté à celui-ci mais nous avons constaté en cours de journée, que l’Océanis 54’ était à nouveau ancré mais cette fois, loin de tout autre bateau. S’ils ont compris qu’il ne fallait pas ancrer trop près des autres bateaux, ils auront fait un grand pas dans la connaissance de la pratique du nautisme.

Bien que la liste des choses à faire à bord soit toujours aussi longue, nous avons décidé de farniente toute la journée. Le vent était un peu fort mais il s’est progressivement calmé en fin de journée. Il fait magnifique.

Dimanche 08.

Un temps magnifique qui ne pousse pas réellement à s’activer. Mais vu le calme relatif du plan d’eau, nous n’avons pas hésité à nous lancer dans le nettoyage du franc-bord bâbord avant même de déjeuner ou de prendre notre douche. Bien évidemment, dès que nous avons commencé, j’ai eu le sentiment que le vent donnait à nouveau de la voix !! Malgré cela, le travail s’est réalisé assez facilement.

A chaque fois, nous relevons que le nettoyage du franc-bord tribord et bâbord n’est pas du tout le même ! Il y a toujours un côté plus sale et plus difficile à nettoyer.

Comme s’ils avaient attendu que nous ne soyons pas en position de réagir, ce fut une nuée de crétins du dimanche qui s’est abattue tout autour de « S.A.S.³ » comme une nuée de sauterelles. En moins de temps qu’il faut pour le dire, nous étions encerclés de toutes parts !!

Par bonheur, la plupart d’entre eux ne venaient que pour « pique-niquer » en sorte que nous retrouvions dès le soir, une relative intimité. Lot de consolation, nous relevons que d’autres que nous, ont également à subir l’incivilité de certains plaisanciers qui se vexent (!) de surcroît, quand vous leur faites remarquer. Ce fut la mésaventure de « Baranthon » (36’) et un Hans 52’ canadien qui l’a fraîchement rembarré en le renvoyant à sa « barquette ».

Lundi  09.

Journée de nettoyage intérieur pour Ann.

A l’apéro, nous avions invité Philippe & Geneviève de « Baranthon ». Nous avons ainsi eu le plaisir de faire un peu mieux leur connaissance alors que nous les croisons sur le plan d’eau de la baie « Sainte Anne » depuis maintenant près de quatre ans ! Très sympathique rencontre.

Mardi  10.

Malgré une météo plutôt maussade avec un vent pouvant se montrer assez fort lors des grains, nous avons été plonger (-1m – 20’’ – 28°) à la bouée du « Club Med ». En fait, la plongée avait déjà mal commencé lorsque je me suis rendu compte que je n’avais que 220 bars dans ma bouteille d’une capacité de 300 bars ! Je suppose que l’un de mes deux robinets était mal fermé. C’est rare mais cela est déjà arrivé par le passé.

Quand j’ai voulu regonfler la bouteille, je me suis beaucoup escrimé avec  l’inflateur du compresseur dont le joint était HS. Je ne m’en suis pas rendu compte immédiatement …

Une fois sur le spot de plongée lorsque j’ai fait ma bascule arrière, mon Air2 s’est mis à fuser et plus moyen de l’arrêter ! J’ai été contraint de débrancher le tuyau d’air connecté à ma stab. J’avais perdu 100 bars … et l’envie de plonger.

Une fois à bord, nous avons examiné la question plus à l’aise avec la conclusion qu’il s’agissait plus que vraisemblablement d’un manque d’entretien : lorsque nous portons nos détendeurs à l’entretien, nous oublions trop souvent les Air2 qui équipent nos stabs …

Grâce à Sébastian de « Dive Factory » (un super ami), que nous avons atteint par Messenger, nous avons trouvé une solution provisoire jusqu’à l’entretien de notre matériel qui ne pourra avoir lieu en Martinique, avant début avril pour cause de overbooking …

Mercredi  11.

Une belle journée avec un vent qui est resté raisonnable.

Pas trop de mouvements sur le plan d’eau ce qui a rendu cette journée plutôt calme.

Après avoir procédé à l’entretien de divers filtres, nous n’avons pas trouvé grand courage pour nous lancer dans un travail d’envergure … ce sera pour demain.

Jeudi  12.

Journée spéciale puisque c’est mon anniversaire et la naissance de mon cinquième petit-fils, Léon !! Pour fêter le double événement, nous avons été déjeuner au restaurant « Les Pirates » de la Anse Caritan. Pour être honnête, cela m’a moins goûté que la dernière fois, par contre, le dessert de glaces était sublime.

Normalement, nous aurions dû aller faire des courses d’avitaillement mais Ann ne s’en sentait plus l’envie et nous sommes donc restés peinards au bateau. Le plan d’eau était d’ailleurs particulièrement calme et tout aurait été parfait si un stupide Bénéteau 349 des « Glénans », « Mistral »,  n’avait pas eu l’idée, en fin d’après-midi,  de jeter l’ancre sur notre avant bâbord. Très déçu par son skipper qui n’a pas fait vérifier son ancrage, pas mis la boule de mouillage, pas plus que le feu de mouillage. De surcroît, s’il ne pense même pas à éduquer correctement ses élèves, il ne faut pas s’étonner que plus tard ceux-ci n’auront pas de bonnes manières.

Vendredi  13.

Nous avions déjà décidé depuis plusieurs jours de faire des courses d’avitaillement et à la veille du week-end, cela commençait à urger. Aussi, sommes-nous partis dès 14 heures (à l’heure du midi, la plupart des magasins sont fermés) au « Marin ». Il était passé largement 17 heures lorsque nous en sommes revenus.

A la place de « Ambika », nous avions cette fois, « La Licorne » battant pavillon français. Toujours trop près à notre goût mais décidément, il est inscrit quoi qu’aux alentours, la place soit largement disponible, nous aurons toujours un crétin à cet endroit là ! La seule manière de résoudre le problème serait sans doute de prendre nous-mêmes cette place …

La nuit était tombée que « Little Cloud »,un Lagoon 42’ battant pavillon italien (nous apprendrons par la suite que le propriétaire est polonais), est venu s’ancrer assez brutalement et assez bruyamment , à quelques mètres seulement de l’étrave de « La Licorne » !!!! Même de loin, c’était impressionnant à voir.

Samedi  14.

Si je m’étais étonné la veille au soir, du peu de réaction du skipper de « La Licorne » face à l’intrusion pour le moins grossière de « Little Cloud », ce matin, j’étais rassuré en relevant qu’il s’était déplacé devant lui.

Un peu de vent et un ciel très nuageux en journée. Ann avait la flemme mais devant ma détermination à aller nettoyer la coque sous-marine du bateau, elle s’est également équipée et nous avons entamé ce nettoyage aussi nécessaire que répétitif car on ne peut douter que d’ici un mois, tout sera à recommencer …

Quand je suis sorti en dernier de l’eau, le travail le plus dur était réalisé mais il nous faudra une seconde plongée pour peaufiner le travail.

Sur le plan d’eau, on a pu constater l’arrivée de pas mal de bateaux de location ainsi que de très nombreux plaisanciers qui font sans cesse des aller-retour baie sainte Anne / Marin.  Dans l’ensemble, nous avons été préservés des crétins.

Dimanche  15.

Je suis content, content, content. La coque de « S.A.S.³ » est à nouveau propre … presque comme le jour de sa mise à l’eau en novembre. Bon, cela ne durera pas, je le sais mais l’état de salissure était tel que nous ne pouvions laisser la chose en l’état sous peine d’avoir trois fois plus dur par la suite. Le malheur reste qu’une fois « nettoyé », l’antifouling perd pas mal de ses vertus et que les salissures reviennent beaucoup plus vite !

Nous profitons d’une météo exceptionnelle d’autant plus que le vent s’est carrément cassé la figure. Le plan d’eau est splendide et le nombre de bateaux reste dans les normes. Hélas avec les mesures de fermeture des frontières et de confinement qu’induit le coronavirus, il est à craindre que d’ici quelques temps, il y aie surpopulation à la baie « Sainte Anne ».

Il était près de 21 heures lorsque nous avons vu passé sur notre tribord, « Little Cloud » qui est venu s’ancrer  – bien entendu – juste devant nous !!!! Les guests n’étaient plus à bord et bien évidemment, nous n’avons pu le faire bouger de place.

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Dimanche 16.

Pour une journée dégueulasse, ce fut une journée dégueulasse. Ce n’est pas un grain que nous avons pris sur la gueule, ni même plusieurs grains mais davantage, des chapelets successifs de petits grains. Difficile de se caler en ces conditions, dans le confort du cockpit à moins de sortir les bâches latérales ! Seule consolation, après chaque grain, nous avons eu droit à un peu de soleil.

Nous sommes donc restés cloîtrés sur le bateau à poursuivre notre travail de remplacement de la mousse isophonique, en étant reconnaissant qu’à 17 heures, nous avions le bonheur de pouvoir suivre sur TF1, notre magazine préféré « 7 à 8 ».

Lundi  17.

Alors que quand je suis allé me coucher passé minuit, je suis certain que nous n’avions aucun voisin direct … à notre réveil, nous avions sur notre tribord avant, « Maât » (Hans 531 battant pavillon français) !!! Pour notre plus grand bonheur, en fin de matinée, il était parti pour le « Marin ».

Comme Ann avait rendez-vous avec son coiffeur, pour 10.45 heures, je suis resté seul au bateau. J’en ai profité pour analyser à la jumelle, le plan d’eau  à la recherche d’un coin moins venteux et surtout plus près de la plage pour l’arrivée de nos petits-enfants. Seulement voilà, il est impossible de dégoter un emplacement sans avoir à concéder sur d’autres points comme le bruit, les moustiques, les patates de corail ou l’envahissement d’autres plaisanciers.

Le retour parfois un peu timide du soleil a légèrement atténué les effets d’un vent toujours aussi tempétueux. Cela finira-t-il un jour ? On a difficile à le croire même si la météo prévoit pour jeudi, une amélioration des conditions climatiques. Avec tout cela, nous ne plongeons plus !!! Cela me chagrine beaucoup mais il faut croire que nous avions besoin d’une pause car rien, objectivement, ne s’oppose à ce que nous allions plonger.

Mardi  18.

Chaque jour plus venteux que la veille, aurais-je envie de dire.

Nous avons eu la visite de Béranger de « Caraïbes Gréement » venu présenter son devis pour le remplacement de l’haubanage en rod de notre mât  … 46.525 € !! Nous savions que cela serait onéreux mais pas à ce point. De quoi nous refroidir sérieusement et d’envisager en conséquence, de postposer l’opération.

Après l’avoir reconduit à « Sainte Anne » où était garée sa voiture, nous sommes directement partis au « Marin » pour acheter une nouvelle pompe à eau de secours. Déjà que notre groupe hydrophore (remplacé en avril 2019 …) présente des signes inquiétants, nous nous trouverions dans une situation impossible si la pompe de secours demeurait en panne. Ce n’est que très récemment que nous nous en sommes rendus compte !

Concours de circonstances certainement mais nous n’avons jamais été aussi isolé sur le mouillage qu’aujourd’hui. Il n’y a plus personne en quelque direction que l’on regarde. Pourvu que cela dure …

Mercredi  19.

Tandis qu’Ann allait faire des courses au centre commercial de Genipa (recours à une voiture de location), je me suis appliqué à remplacer notre pompe à eau de secours. Bien évidemment, les points d’attaches ne correspondaient pas en sorte que j’ai dû complètement revoir le mode de fixation. Joie.

Une fois tout en place, pas moyen d’amorcer la nouvelle pompe !!! Le recours à un technicien de « Caraïbes Marine » s’imposait … honte sur moi de ne pas être en mesure de remplacer une simple pompe à eau Jabsco !!!

En attendant le passage du technicien, j’essaye de trouver le chemin d’arrivée de l’eau à la pompe pour aboutir à un coffret de vannes que je ne connais que trop bien !!! Comment avons-nous pu être aussi stupides de ne pas nous rappeler (Alzheimer quand tu nous tiens …) que lorsqu’on branche la pompe d’eau de secours, il faut impérativement modifier l’ouverture/fermeture des vannes correspondantes !

Et nous voilà en possession d’une pompe à eau de secours … de la pompe à eau de secours !  Sur « S.A.S.³ », on a tellement pris le pli de remplacer au moindre doute qu’on en arrive même à remplacer ce qui fonctionne parfaitement !

Après les courses, Ann est allée chercher à l’aéroport notre fille aînée, Aurianne ainsi que ses enfants Alexia (7 ans), Augustin (6 ans) et Gaspard (1an). Ce sont nos « chicoufs » (chic, ils sont là – ouf, ils sont partis).

Il n’aura fallu que quelques minutes pour transformer le bateau en ménagerie.

Après une charmante soirée en famille, nous sommes allés nous coucher pour le meilleur et pour le pire. Chahutée par l’un ou l’autre de ses enfants, Aurianne a peu dormi et de surcroît, vers 03.30 heures, le bateau a été méchamment secoué par la houle durant une bonne heure.

Durant la nuit, un ketch est arrivé sur le mouillage et preuve que certaines personnes (bien trop peu nombreuses à mon goût) sont encore dotées d’intelligence, il a jeté l’ancre sur notre arrière. Si on n’en demandait pas autant, aux premières lueurs du jour, il était déjà parti !

Jeudi  20.

Journée une nouvelle fois venteuse même si on pouvait relever une petite amélioration par rapport à la veille. Le soleil était surtout à nouveau de la partie. Inutile de préciser qu’Ann y a trouvé un bon prétexte de ne surtout pas se rapprocher de la côte …

Belle matinée sur le bateau avec une petite escapade jusqu’à « Sainte Anne » pour la famille, notamment, pour aller chercher de l’eau « sans bulles » ! Il est vrai que l’eau de notre déssal est assez « salée » ce qui en fait tout son attrait pour nous … encore faut-il aimer !

L’après-midi, je conduisais toute la famille, à la plage pour une après-midi fort récréative. Durant tout ce temps, il m’était venu l’idée plutôt stupide avec ce vent, de remplacer le loquet d’un de nos coffres. C’est Aurianne qui nous avait amené le nouveau loquet dans ses bagages. A priori, le travail était fort simple mais à la réalité, j’y ai passé quasiment toute la journée !!!  C’est le réglage du loquet qui m’a pris énormément de temps.

Durant la nuit, un catamaran est venu cette fois, jeter l’ancre sur notre arrière et au matin, il était déjà parti !! Rencontrer deux skippers intelligents, sur deux jours … on croit rêver !

Vendredi  21.

Au matin, visite du « Marin » pour la famille. Il faut dire qu’il fait superbe et que nous avons – enfin – droit à un petit vent tellement sympathique que j’ai repris mes natations matinales. Cela m’a permis de relever que Toto (barracuda de 50 cm) ne quittait plus notre bateau depuis des semaines maintenant !

En tout début d’après-midi, je conduisais toute la famille à la plage.

C’est de retour au bateau que j’ai constaté que la toilette électrique de devant était bouchée ! Je regrette de ne pas avoir mis à l’avant, une toilette classique, de type manuelle. Ces toilettes électriques sont absolument géniales mais nécessitent un soin dans leur utilisation que n’ont pas toujours  les invités.

Nous avons donc passé notre fin d’après-midi et début de soirée à essayer, en vain, de déboucher le WC.

Comme si cela ne suffisait pas à ma journée et alors bien entendu que la nuit était tombée, nous avons eu droit à un Amel  54’ sur notre arrière tribord, un catamaran sur notre arrière et un autre catamaran sur notre arrière bâbord (jusque là, des « intelligents ») mais également, coup sur coup, un monocoque qui est remonté sur notre tribord et … « Kepasa » sur notre bâbord !!! Celui-là, il nous cherche, c’est pas possible autrement.

Samedi  22.

Pour être sceptique, je l’étais d’autant  que lorsqu’un technicien vous affirme passer le samedi, vous pouvez être certain qu’à la dernière minute, il aura un quelconque contretemps. Il en a bien entendu été ainsi du technicien de « Yes » qui devait profiter de son passage par « Sainte Anne » pour vérifier les membranes de notre déssal. Elles ont l’âge du bateau mais fonctionnent incroyablement parfaitement bien. Nous pensions en commander de nouvelles vu le délai toujours anormalement long de livraison mais selon le technicien, elles ne tiendraient pas plus de 6 mois en réserve !

Pour notre WC, notre ami Pierre est venu à bord voir le problème. Plus expérimenté que moi, il a rapidement diagnostiqué qu’il ne s’agissait pas d’un tuyau bouché comme je le pensais mais d’un moteur calé !!!  Il lui a fallu une petite heure pour désolidariser la cuvette de son socle, remplacer le moteur bloqué par un moteur neuf que nous avions en réserve et remonter le tout. Je n’en ai pas cru mes yeux.

Après son départ, j’ai peaufiné le travail en remettant en place les boiseries que j’avais démontées la veille et retiré du rotor du moteur bloqué, une lingette pour bébé …

Pour changer, toute la petite famille a passé sa journée à la plaine de jeux aquatiques de « Caritan » située au sud du mouillage … là où tous les bateaux sont collés les uns aux autres. Inutile de préciser que les enfants se sont beaucoup amusés avec toutes les attractions.

Dimanche 23.

Les enfants ayant entendu parler de « Toto », ils voulaient absolument aller lui dire bonjour ! Comme ce dernier campe le plus souvent à hauteur de la quille, il a fallu que les enfants nagent jusque là. Pour y parvenir en toute sécurité, je me suis mis à l’eau avec ma bouée de signalisation et les enfants s’y sont accrochés.

Journée « plage » habituelle pour la famille tandis qu’à chaque fois, après avoir fait le taxi, je rentre à bord.

Extraordinairement peu de mouvements de bateaux durant la nuit !!!

Un peu après minuit, nous avons eu droit à des hallebardes d’eau. Jamais vu cela d’autant que cela ne s’arrêtait plus. Du même coup, tous les bateaux ont pointé plein ouest c’est-à-dire vers la mer ! Cela a évidemment provoqué une certaine pagaille aux endroits où les bateaux étaient collés les uns aux autres. Malheureusement, je n’ai pas pu assister à la scène puisqu’au matin, tous les bateaux pointaient à nouveau vers l’est. Dommage.

Le soir comme tous les soirs depuis que notre fille est arrivée, nous ne regardons plus la télévision de peur d’empêcher les enfants de dormir. Notez que nous aurions pu regarder la télévision dans notre chambre … Cela a donc modifié énormément notre petit mode de vie puisqu’on se réveille nettement plus tôt à cause des enfants et le soir, on est pressé d’aller dormir vermoulu de fatigue.

Lundi 24.

Le principe de la bouée de signalisation servant de bouée de remorquage, connaissant un franc succès, les enfants ont voulu me suivre au-delà de la longueur du bateau. Nous avons donc été ensemble jusqu’à l’orin de l’ancre.

Escapade à « Sainte Anne » en matinée et plage, l’après-midi. Un bon programme qui convenait à tout le monde.

Juste avant la tombée de la nuit, « Bodhisattva », un Sun Odyssey 65’ de location avec skipper, est venu jeter l’ancre à une distance correcte de notre arrière tribord. Il est certain que si nous avions été ancré 300 mètres plus en avant, il se serait encore ancré juste derrière nous. Je pense qu’en le cas d’espèce, il y avait une certaine curiosité de sa part.

Vers 3.30 heures du matin, j’étais réveillé par le bruit à peine perceptible de la pompe de cale centrale du bateau. Généralement quand elle fonctionne d’un quart de tour de manière aussi régulière dans le temps, cela signifie que nous avons une légère fuite d’eau.

De fil en aiguille, en pleine nuit, nous nous sommes retrouvés Ann et moi à rechercher de tous côtés, l’origine de la fuite … pour découvrir que c’était la vis de purge du groupe hydrophore qui fuitait abondamment !

Vers 10 heures, Julien et Christophe de « Caraïbes Marine » nous apportaient le nouveau ballon arrivé de Métropole, la veille….! Allez vous le croire mais il ne correspondait pas à celui qui équipait notre groupe … qui, après nouvel examen minutieux, ne révéla aucun défaut !

Alors que je refermais tous les placards, je prends conscience que notre énorme et lourd coffret hydraulique situé entre le GE et le MP, était en train de se casser la gueule : sur 3 attaches, il n’y en avait plus qu’une qui  tenait encore !

Ne parvenant pas à refixer le coffret (attaches cassées), nous l’avons fixé provisoirement du mieux que nous avons pu en l’attente d’un nouveau passage de Christophe « le Belge ».

Après avoir un peu récupéré de toutes nos émotions, nous  avons décidé d’aller faire le plein de diesel (1.105 litres à 1.33 €/l.) au « Marin » pour 14.30 heures. Jour de carnaval (tous les magasins étaient fermés l’après-midi), je m’attendais à trouver le ponton fuel désert. En fait, on faisait la file …

Si encore, ceux qui avaient la chance d’être au ponton fuel s’activaient un peu, ce serait supportable mais en fait, dès qu’ils sont au ponton, ils ont tout leur temps ! Nous avons même eu droit à un voilier espagnol, « H43 » qui après avoir fait le plein, attendait (sans doute un coéquipier peu pressé). Remarquable qu’en ces circonstances, ils deviennent subitement sourds à vos appels et totalement aveugles ! Par bonheur, c’est le pompiste qui les a – enfin – obligés à partir sinon ils y seraient encore ! J’en arrive quasiment tous les jours à penser que «plaisance » rime avec « incivilité ».C’est en tous les cas, la culture du « moi » qui prédomine toutes autres considérations et le mélange des nationalités n’arrange pas les choses.

Plus près de la cabane du pompiste, il y a une pompe « grand débit » et il suffit de prévenir à l’avance pour que soit réservé cette partie du ponton. C’est parce que le pompiste était charmant et croyait apparemment ce qu’il disait sinon je lui aurais ri au nez. « Réservé » est une notion qui ne fait pas partie du vocabulaire locale, pas plus que le mot « discipline » ou « civilité ».

De retour à la baie « Sainte Anne », nous avons dû nous y reprendre à quatre fois pour trouver un mouillage correct. Il y a bien des petites patates de corail sur le fond mais l’ancre a bien croché.

Est-ce une impression ou un simple concours de circonstances mais depuis que nous sommes à notre nouveau mouillage situé beaucoup plus au sud-est, le bateau ne bouge pas d’un cil !!

Mercredi  26.

En allant vérifier notre ancre comme presque quotidiennement, je relève que nous étions du mauvais côté de la limite entre champ de patates de corail et prairie verdoyante ! De surcroît, notre ancre n’était plantée que de biais dans le sol !

Revenu à bord, je convaincs Ann, sans difficulté, qu’il fallait se déplacer latéralement de quelques mètres. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous étions certes un peu plus proche des autres bateaux mais nous n’étions devant personne. En fait, nous étions ancrés à la limite extérieure de la « masse » des bateaux. De suite, nous avons adoré notre nouvel emplacement avec la ferme intention de ne plus en bouger.

Question météo, il faisait très calme mais malheureusement, fort pluvieux dans le cours de l’après-midi.

Jeudi  27.

Ce fut réellement LA journée par excellence : soleil, mer bleue et calme, petite brise rafraîchissante, quiétude sur l’eau … l’image que tout le monde se fait du paradis. C’est assez amusant mais lorsque nous regardons un magazine sur une île enchanteresse, c’est toujours avec ce type de météo qu’elle vous est présentée alors que la réalité de tous les jours est souvent toute autre mais cette réalité là ne fait évidemment pas rêver. A l’époque, on parlait de « bonimenteur » et c’est bien ce que sont tous ces magazines à vocation de vous faire croire que l’herbe du voisin est tellement plus verte.

Au matin, Christophe de « Caraïbes Marine » venait refixer notre coffret hydraulique. Il est incroyable, il sait tout faire, il connait tout et de surcroît, il est contorsionniste ce qui est indispensable pour travailler sur un bateau ! Et avec lui, le travail ne dure pas. C’est vite fait et bien emballé.

En fin d’après-midi, juste avant que la nuit ne tombe, notre belle quiétude était perturbée par « Ambika » (Océanis 40’ battant pavillon suédois) venant du « Marin », qui ne trouva rien de mieux après nous avoir frôlé notre poupe, que de nous remonter très légèrement sur notre tribord pour jeter son ancre. Quoi de mieux comme manœuvre pour se coller à un autre bateau.

Si Ann a bien tenté – en vain – de l’éloigner, pour ma part, j’y ai renoncé car en cette zone du mouillage, il est presque impensable de faire « cavalier seul ». Pour le surplus, je n’ai plus l’intention de m’expatrier aux antipodes du mouillage pour m’éviter ce genre de situation tant d’une part, que j’ai pu constaté que cela ne nous mettait pas à l’abri des crétins et d’autre part, que le mouillage ne présentait pas la même protection sur toute sa surface !

Vendredi  28.

Avec les petits-enfants, le programme n’a pas beaucoup varié d’un jour à l’autre et somme toute, ce programme alliant travaux de vacances, plage, baignade du bateau, jeux, glace, meuble parfaitement leur journée. Par contre, plutôt que la plage, ce fut « Caritan » à l’honneur aujourd’hui. L’endroit est superbe et nettement plus désert. Le rivage est assez étroit et l’accès par la route, plus difficile.

Comme si  nous n’en avions pas déjà assez avec notre suédois, un Garcia Exploration 45’ battant pavillon français, est venu jeter l’ancre à l’arrière du premier ! Mais étonnamment, il  levait l’ancre le lendemain matin.

Comme un véritable rémora, « Sephina », Nautitech 40 battant pavillon hollandais, est venu s’ancrer à quelques encablures de notre bâbord. Quand nous étions à notre précédent emplacement, elle était déjà ancrée à proximité.

En fin d’après-midi, Aurianne commença à faire ses bagages et à tout ranger. Le plus gros problème résida à tout faire sécher avant de tout glisser dans le sac.

Samedi  29.

Dès 9 heures, nous sommes allés chercher la voiture de location pour un peu plus tard, tout charger à bord. C’est sous les grains que nous avons réalisé le transfert des bagages et ensuite, d’Aurianne et de ses enfants … alors qu’il a fait splendide le reste de la journée !

Tandis que je restais au bateau pour y remettre un semblant d’ordre, Ann conduisait toute la petite famille à l’aéroport et ensuite, elle passait par Génipa pour quelques courses.

En milieu d’après-midi, elle était de retour et nous avons savouré ce moment de calme.

Le séjour de notre fille aînée et de ses enfants restera un excellent souvenir même si la semaine fut émaillée de petits « accidents » sans conséquence et même bien sur, si nous avons été un peu perturbés dans nos habitudes.

Après le JT de 20 heures, nous avons malheureusement connu beaucoup de coupures de liaison satellitaire (en raison vraisemblablement du roulis du bateau) en sorte que ma série policière du samedi  soir fut un peu dure à suivre … Un peu de déception après une grosse semaine de privation.

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Publié par : Ann & Stéphane | 24 février 2020

01 au 15.02.2020 – La vie à la baie Sainte Anne (Martinique).

Samedi  01.

Tranchant avec la météo que nous avions connue jusque là, le vent était plutôt modéré à fort tandis que le ciel semblait ne pas savoir exactement ce qu’il voulait. Nous avons ainsi eu droit à quelques pluies éparses.

Flemmard depuis la veille, je ne me sentais pas le courage d’attaquer quoi que ce soit et c’est ainsi que nous n’avons pas été plonger ! Ann pour sa part, s’est attaquée à quelques inox.

Nos deux catamarans « Star voyage » étant partis pour le « Marin » au grand matin, je me doutais que d’autres crétins ne manqueraient pas de prendre leur place et nous n’avons pas dû attendre longtemps pour voir arriver « Barinja » , monocoque 38’ (?) battant pavillon belge !

Parce qu’il s’agissait d’un compatriote sans doute, nous l’avons plutôt pris en sympathie. Plus tard, c’est un catamaran français « Ia Ora Na » qui faisait mine de jeter l’ancre sur notre bâbord ! Grâce à l’intervention d’Ann, il est allé jeter l’ancre plus loin mais au grand désespoir de notre compatriote, il s’est positionné juste devant lui … quasiment sur son ancre !! On s’est posé la question de savoir s’il se rendait compte de l’inconfort qu’il créait de la sorte ? A sa place, nous aurions été gênés.

En début de soirée, alors que je faisais ma petite ronde pour m’assurer qu’aucun crétin ne profitait de notre inattention pour jeter l’ancre trop près, je relevais qu’un Bavaria 44’ battant pavillon allemand, « Kepasa »,  nous remontait sur notre bâbord pour s’arrêter un peu plus loin que notre orin ! Et voilà que cela recommençait …

A peine l’ancre jetée, l’équipage, au grand complet, partait avec l’annexe !!! Imaginez notre désespoir. On ne quitte jamais son bateau sans s’être assuré au préalable que l’ancre a bien crocheté.

Tenace, Ann est restée à la proue jusqu’à ce que le skipper revienne à son bateau. Interpellé, ce dernier est venu avec son annexe jusqu’à notre bateau. Parlant français, il accepta sans trop, trop de difficultés  de déplacer son voilier plus en avant. Nous aurions préféré qu’il se trouve un tout autre emplacement mais il s’est contenté d’avancer un peu …

Dimanche 02.

Selon Ann, un petit voilier est venu, passé minuit, jeter l’ancre sur notre tribord ! Pour mon bonheur, il était parti aux premières heures du jour.

Journée magnifique qui a fait sortir tous les crétins de leurs trous. A midi, nous étions encerclés de toute part  et mon envie de plonger s’était totalement diluée. En fait, je ne rêvais que d’aller jeter la pioche un peu plus au nord du mouillage.

A 16.30 heures, nous sommes partis assister avec Michel & Maël de « Obione » au carnaval de « Sainte-Anne ». Manifestation toujours aussi sympathique même si elle est très bruyante par nature. Les annexes se bousculaient au débarcadère et bien évidemment, les plus petites se sont retrouvées … sous le débarcadère : bonjour les griffes.

A notre retour, nous savourions un moment de détente et de calme : la plupart des bateaux qui nous encerclaient étaient partis ! Mais moins d’une heure plus tard, « Indigo », un Cyclades 50’ battant pavillon allemand nous remontait sur tribord pour jeter l’ancre immédiatement après … alors qu’une splendide trouée dans le mouillage, juste devant lui,  l’invitait à se rapprocher de la côte !

Nouvelle tête de cochon qui n’a, bien entendu, pas voulu en démordre alors que manifestement, son équipage hésitait quant à la marche à suivre. Sauf erreur de notre part, nous avions assisté quelques jours auparavant, au même scénario avec un autre monocoque : il avait jeté l’ancre juste devant son étrave.

Comme la nuit n’était pas encore tombée, j’ai convaincu Ann de changer, une nouvelle fois, d’emplacement. Ce fut un peu juste côté timing mais je suis malgré tout parvenu à vérifier notre ancrage avant de ne plus rien y voir.

En début de soirée, un catamaran de location remontait le mouillage et occupait la place que nous venions de quitter … ouf, nous l’avons échappé belle avec celui-là.

Lundi 03.

A 1.30 heures du matin, j’avais le déplaisir de voir arriver « Lorna », un catamaran Lipari de location, jeter l’ancre sur notre avant bâbord … à une distance correcte, je le concède. Il n’empêche que je ne comprendrai jamais pourquoi, en arrivant de nuit, tous ces bateaux ne jettent pas l’ancre, derrière tout le monde. Quand nous sommes revenus de Curaçao en décembre 2016, nous avons glandé toute la nuit, en pleine mer, pour éviter d’avoir à pénétrer sur le mouillage, de nuit …

Même s’ils ont pris tout leur temps, « Lorna » est parti ce matin, pour le « Marin ». Enfin, seuls !

En prenant ce nouvel emplacement, j’ai eu l’impression de faire partie d’un carré de VIP qui tenaient à leur intimité. C’est sans doute pour ce motif que j’ai eu du mal à accepter l’arrivée de  « Moment of Blues », un Hanse de 45’ battant pavillon canadien, qui n’a pas hésité un seul instant à planter sa pioche dans notre carré VIP !! Le lendemain matin, il était parti pour le « Marin ».

J’ai un peu le sentiment d’assister en cette saison, à deux mouvements parfaitement contradictoires : d’un côté, ceux qui cherchent désespérément le contact des autres et d’un autre côté, ceux qui s’éloignent à chaque fois un peu plus loin pour avoir la paix. De premier abord, chacun devrait pouvoir y trouver son compte si ce n’est que l’isolement volontaire des uns attire les autres comme s’il s’agissait d’un aimant !!!

Mardi 04.

Journée nettement plus venteuse que la veille !

En tout début de matinée, nous avons eu la visite de Bérenger de « Caraïbes Gréement » qui est venu inspecter notre mât en vue du changement de notre haubanage en rod ! Dix ans en septembre et près de 40.000 milles nautiques au compteur …

L’après-midi, c’était Mano de « Caraïbes Marine » qui venait vérifier notre groupe hydrophore (remplacé en avril 2019 !) qui présentait quelques signes inquiétants au niveau de son débit. Après avoir quelque peu chipoté à la pression, tout était rentré dans l’ordre. Mais, juste avant que nous ne partions à « Sainte Anne » nous ravitailler en boissons, il était de retour (!) car son chef lui avait demandé de vérifier d’autres points à notre installation.

Alors que la nuit tombait, « Crossbow »  est venu nous renifler le cul juste avant de jeter son ancre ! Que même un gros bébé de cette taille aie un besoin physique de se coller à nous, reste une énigme. « Crossbow » est un Southern Wind 102’ – 32 m.- 2016 – battant pavillon de Malte et qui peut être loué pour la bagatelle de 62.000 €/ semaine. Apparemment, il a croisé la route de « Sacre Bleu » si j’en crois les très visibles marques sur son flanc tribord, témoignage d’un accrochage ou l’autre.

Mercredi  05.

Même météo que hier c’est-à-dire assez venteuse en journée et faiblissant en fin d’après-midi. Du soleil avec quelques nuages épars.

A 7.30 heures, « Crossbow » partait pour le nord ! Si encore, il était parti vers le « Marin », j’aurais pu comprendre qu’il s’était rapproché de nous mais pour partir vers le « Diamant », il n’avait décidément aucune raison de s’enfoncer autant dans le mouillage.

Il a fallu un peu me bousculer (!) mais j’étais parfaitement d’accord avec Ann pour aller plonger à la bouée du « club Med » :  -23.30 m – 61’ – 28°. Très belle plongée où nous avons débusqué nombre de petites langoustes ! Par contre, plus moyen de débusquer le moindre tourteau !!! Nous avions à peine quitté le spot de plongée que le catamaran de plongée du « club Med » arrivait sur place.

Alors que tout notre matériel séchait au soleil, nous avons eu le bonheur d’accueillir à bord et de faire la connaissance du même coup, de Sébastien de « Caribou » (ex « Caribou Rebel ». En son temps, nous avions fait la connaissance  des premiers propriétaires canadiens de ce Garcia, Salt 47’).

Moins drôle, il se confirme que notre groupe hydrophore va devoir être échangé en garantie.

Jeudi  06.

Ce matin, les rafales montaient jusque 28 nœuds alors que le ciel était bleu écarlate! Si j’en crois la météo, nous voilà repartis pour une huitaine de jours de vent tempétueux ! Joie.

En cours d’après-midi et en soirée, le vent était redescendu en-dessous de 20 nœuds. Malgré cette relative accalmie, nous avons eu droit à du fetch et à une houle contraire venant du large !!

Bien que nous soyons que jeudi, le début du week-end avait manifestement sonné pour de nombreux crétins. Quand je me suis levé, j’ai bien cru que nous allions être encerclés. En finale, nous n’avons eu à déplorer que la présence d’un Lagoon 380 battant pavillon français qui a eu l’intelligence (!) d’ancrer sur notre arrière bâbord. Pour le surplus, énormément de mouvements comme en plein week-end.

Alors que comme tous les soirs, nous avions mis en marche notre GE, nous avons eu droit après une bonne heure de fonctionnement  à un chuintement assez fort, parfaitement inhabituel ! Il ne fallu pas longtemps pour découvrir que le pot d’échappement en aluminium du GE était crevé …

Nous n’avons pas eu d’autre solution que de couper le GE et de lancer le MP pour assurer la recharge des batteries. Super joie.

Vendredi  07.

La météo était fort semblable à celle de hier.

Comme hier, cela grouillait de bateaux sur le plan d’eau et il aura fallu attendre la fin de journée pour qu’enfin, une bonne décantation se soit fait jour.

Pour le surplus, nous avons passé notre journée à attendre le passage de Ludovic de « I.D.S. » qui est finalement  venu en fin d’après-midi, retirer notre pot d’échappement … sans aucune solution de rechange !! Nous avions espéré qu’il nous dépannerait avec un pot d’échappement provisoire qui nous aurait permis de retrouver notre confort du bord. Nous voilà donc à la veille du week-end … sans GE (plus de déssalinisateur, plus de compresseur de plongée, plus de propulseurs, plus de machine à laver, plus de séchoir, plus d’airco).

Le pire restait notre réserve d’eau douce (800 l.) que nous n’avions pas ménagée jusque là ! Or nos  WC fonctionnent à l’eau douce !

Nous étions donc en « mode économie » forcée sans trop savoir quand nous pourrions récupérer notre pot d’échappement … Acheter un nouveau pot d’échappement était une idée qui nous est venue à l’esprit mais celui qui équipe « S.A.S.³ » a été réalisé sur mesure et un « standard » coûte aux environs de 470 € ! Un peu chérot pour un pot d’échappement de secours …

Samedi  08.

Comme je le pensais au départ, Ludovic nous a confirmé ce matin, qu’il faudrait attendre lundi pour que le soudeur s’occupe de notre pot d’échappement … Si seulement, il était venu chercher le pot d’échappement vendredi, avant de commencer sa journée normale de travail, nous aurions peut-être pu l’avoir de retour en fin de journée mais manifestement, « l’urgence » ne s’apprécie pas de la même façon selon le côté de la barrière où l’on se trouve.

N’ayant pas fait de pain la veille au soir, l’idée nous est venue d’aller acheter une baguette à « Sainte Anne ». Mais quand nous avons voulu mettre l’annexe à l’eau, nous avons eu la désagréable surprise de constater que la télécommande ne répondait plus et que l’annexe descendait toute seule … et qu’on ne savait plus la remonter !!! Nous avions connu quelques signes précurseurs de dysfonctionnement mais n’y avions pas attaché assez d’importance.

Nous avons immédiatement modifié notre programme et sommes partis au « Marin » acheter une nouvelle télécommande. « Bonjour la société de consommation » nous a dit Jacques de « Diginav » sauf que quand on lui a demandé s’il pouvait réparer immédiatement notre télécommande, il a été contraint de nous répondre qu’il ne pourrait examiner la question avant une quinzaine de jours …

Si à la baie « Sainte Anne », le vent soufflait modérément avec quelques belles rafales … au « Marin », on aurait pu croire qu’il n’y avait pas de vent !!

Dimanche 09.

La météo n’évoluait pas particulièrement sauf que nous connaissions quelques pluies supplémentaires depuis le week-end.

Comme si nous avions lancé une nouvelle mode, nous constations tout autour de nous, la présence de plus en plus nombreuse de bateaux désireux de prendre leurs distances ! Le petit problème restait que cela donnait à penser aux crétins qu’il faisait bon vivre où nous étions ancrés  …

Le soir, nous étions invités à dîner à bord de « Orpao » de Bruno & Frédérique avec Michel & Maël de « Obione ». Ce fut une soirée particulièrement réussie.

En rentrant à bord, nous relevons qu’un voilier avait jeté son ancre un peu en avant bâbord de notre orin !!! Même s’il faisait nuit noire, je reconnus « Kepasa » (cfr. à la date du 1er février) !!!!!!!!! Une fois encore, on pouvait se poser la question de savoir si ce crétin l’avait délibérément fait exprès pour nous faire enrager.

Lundi  10.

Durant la nuit, le vent s’était sensiblement estompé et aucun coup de vent n’était annoncé dans l’immédiat. Après avoir vérifié depuis notre cockpit, durant près de deux heures, que « Kepasa » ne dérapait pas, nous sommes allés nous coucher en toute confiance.

A 3.30 heures, « Kepasa » se trouvait à notre hauteur, à quelques mètres seulement de notre flanc bâbord (celui qui n’est pas encore endommagé) !!!! Il avait méchamment dérapé.

A forcer de hurler, Ann est parvenue à le faire sortir de sa couchette et sans demander son reste, il est parti, la queue entre les jambes, ancrer bien loin devant nous. Au réveil à 7 heures, il avait déjà quitté le mouillage.

J’entends bien que tout le monde s’amuse de notre irritation lorsqu’on s’approche trop près de « S.A.S.³ » mais tout démontre que nos pires craintes sont parfaitement justifiées. Alors si vous faites partie de ces crétins, arrêtez de rire bêtement et vérifiez sérieusement votre ancrage. Il existe des alarmes pour ce genre de situation et vous feriez bien d’apprendre à vous en servir.

Journée maussade en raison d’un vent tempétueux (20 – 25 nœuds) qui a soufflé toute la journée. C’est fatiguant, énervant, usant, harassant, tuant et de surcroît, une brume de sable venant du désert, assombrissait l’atmosphère. Joie.

Comme de bien entendu, pour le pot d’échappement de notre GE qui devait être réparé ce lundi, c’était déjà remis au mardi ! Entre-temps, nous vivions à bord comme des miséreux :  par comparaison, imaginez vous à la maison – sans eau – toute une journée … nous, cela allait faire 5 jours !

Nous avons eu la visite de Béranger de « Caraïbes Gréement » qui est venu vérifier certaines données relatives à notre haubanage : les documents du chantier que nous lui avions communiqués, comportaient des erreurs !

A partir de midi, sur notre arrière proche, nous avions « G-Force » un catamaran de course au large de 33 m sur 16.50 m. Ce n’est pas la première fois qu’il venait jeter l’ancre derrière nous. Nous le connaissions donc bien.

Tellement stressé à l’idée qu’un autre crétin puisse venir durant la nuit, ancrer devant notre bateau, je n’ai pas eu le courage de regarder la télévision  et après le journal de 20 heures, j’ai été me coucher ! Quand on dort, on ne réfléchit pas. Notre mésaventure avec « Sacre Bleu » nous a traumatisé au-delà de l’imaginable.

Mardi  11.

Météo inchangée avec un vent tempétueux chargé de sable. J’ai tellement horreur du vent que j’en arrivais à rêver d’aller ancrer tout devant, là où il y a nettement moins de vent, de houle et de fetch. Bien évidemment, l’endroit est fort recherché et donc fort encombré. Cela aurait donc été fuir un mal pour un autre mal.

Victime d’un orgelet, Ann était partie dare-dare chez le médecin de « Sainte-Anne ». Le cabinet médical est composé de deux médecins : on fait la file pour le consulter alors qu’elle prend plus souvent que de raison, la poussière en son cabinet !

Alors que je m’apprêtais à une nouvelle journée misérable, Ludociv de « I.D.S. » est arrivé avec notre pot d’échappement réparé. C’était comme si le ciel s’était enfin dégagé d’un seul coup. Pouvoir remettre le déssal en marche fut pour moi, un splendide cadeau … fini d’aller pisser (même en pleine nuit)  par dessus la filière, fini de se laver à la vue de tout le monde sur la jupe arrière, fini le bruit du MP, fini les angoisses, nous avions retrouvé notre confort.

Sur notre lancée, nous avons procédé à l’indispensable entretien du GE et ensuite, nous avons été faire des courses au « Marin » où décidément, on ne ressent pas le vent ! Il était vrai que dans le courant de l’après-midi, le vent s’était un peu calmé à la baie « Sainte Anne ».

Mercredi  12.

Météo inchangée ! Super chiant.

Comme nous avions rendez-vous à 11 heures, au « Marin », Ann pour l’esthéticienne et moi, pour le coiffeur, nous n’avons pas eu d’autre choix que de mettre l’annexe à l’eau ! Opération toujours délicate tant le plan d’eau était agité.

De retour à bord, nous avons eu le franc déplaisir de relever que « Polina Star IV » (Contest 85’) avait jeté l’ancre juste devant nous !  Après avoir beaucoup hésité à changer une nouvelle fois, d’emplacement … nous avons plutôt procédé au remplacement de la  mousse isophonique des portes du local technique.

Avec les années, cette mousse a le défaut de se désagréger ! C’est une horreur ! Si à certains endroits, son remplacement ne pose pas de problèmes particuliers, hormis son prix, à d’autres, l’idée même est inenvisageable à moins de tout démonter.

Jeudi  13.

Le vent soufflait encore plus fort que la veille et la météo ne prévoyait plus de changement pour le week-end !! C’était la super, super joie et avec tout cela, nous n’avons pas eu le courage de descendre l’annexe pour aller faire des courses.  Mais comme l’espoir fait vivre, nous espérions que le lendemain …

Nous avons passé l’essentiel de notre journée à poursuivre notre travail de remplacement de la mousse isophonique.

Vendredi  14.

Le vent était descendu d’un cran mais restait fort soutenu par moments. Alors que le soleil était le plus souvent, fort généreux, nous n’y avons pas eu droit ce jour là et du coup, les températures s’en ressentaient dans le cockpit !

Il nous fallait nous débarrasser de panneaux de mousse isophonique en pleine désagrégation, faire quelques courses au « Leader Price » et commander de nouveaux panneaux … nous avons donc mis le cap sur le « Marin ».

De retour à bord, nous n’avions plus le courage d’entreprendre quoi que ce soit.

Samedi  15.

Journée très maussade avec un ciel gris et un vent modéré … l’occasion d’une régate locale sur un parcours banane pour douze monocoques ! Bien évidemment, l’une des bouées était ancrée à quelques encablures de la poupe de « S.A.S.³ » …

Pour le surplus, pas tant de mouvements sur le plan d’eau que l’on aurait pu le supposer pour un samedi. Mais dès que la nuit fut tombée, ils étaient plusieurs à slalomer entre les bateaux du mouillage ! A croire que les crétins attendaient ce moment pour montrer le bout du nez.

 

 

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 4 février 2020

16 au 31.01.2020 – Le chantier de Carenantilles en Martinique.

Jeudi  16.

La journée merdique par excellence … alors que le vent , après 7 jours de tempête, est enfin descendu d’un bon cran, tout en restant fort soutenu. Pourquoi  merdique ?

Tout d’abord, si nous avons un emplacement réservé pour le lundi 20 janvier, à la marina de « Carenantilles », comme je l’avais supputé dès le départ (cfr. article précédent), il nous a déjà été annoncé que notre emplacement  ne sera une nouvelle fois, pas libre. En fait, la responsable, Anne, n’a aucune autorité et certains skippers s’en amusent sans vergogne.

Ensuite, notre chaîne d’ancre qui doit être remplacée en garantie depuis mars 2019, est  toujours bloquée en douane …

Notre « black box Navnet 3D » de Furuno est en panne depuis le jour où nous avons quitté Trinidad. Il en découle que nous n’avons plus de radar, plus de AIS, plus de Navnet et autres fonctions secondaires. A l’heure où j’écris, hormis le fait que nous savons que notre black box est irréparable et que Furuno aurait fait une proposition d’échange, nous ne savons rien de plus ! Nous attendons toujours et encore que Jacques de « Diginav » veuille bien nous partager l’info ! Toute la question aujourd’hui reste donc de savoir si nous aurons solutionné le problème pour notre retour à Trinidad ou si nous devrons attendre la saison prochaine.

Pour mémoire, un crétin d’anglais, « Sacre Bleu », a dérapé, de nuit, sur notre bateau …occasionnant des dégâts et de nombreuses griffes dans notre coque fraîchement repeinte. Si ce crétin a trouvé le temps pour nous rentrer dedans … il est « indisponible » pour participer à la réunion d’expertise !

Suite à un décollement partiel du joint d’étanchéité coque/boudin de notre annexe, nous avions pris rendez-vous pour le 20 janvier, avec le réparateur qui nous avait été renseigné. Nous attendions cette date avec impatience … jusqu’à ce qu’aujourd’hui, on apprenne que pour la réparation (devis de 1.000 €), nous devons totalement désosser  l’annexe (enlever le moteur, la console, le siège …) pour la retourner !!! Le « réparateur » ne s’occupe pas de ce problème, ni de savoir comment notre annexe (250 kg) peut arriver jusqu’à son atelier situé sur le chantier …

Sur une annexe neuve, il faut compter 2 jours de travail et  + 1.000 € pour installer le moteur et les consoles. Il est donc facile d’en déduire que l’opération nous coûterait plus de + 2.000 € + frais de grue + frais d’entreposage + frais de transport jusqu’à l’atelier. Nous avons donc décidé d’abandonner notre projet et de nous contenter de notre propre réparation qui de « provisoire » devient donc « définitive ».

A signaler tout de même que AB (la marque de notre annexe) nous a offert gracieusement le kit de réparation commandé en début de mois, avec ses excuses pour le désagrément  encouru ! Malheureusement, ce beau geste ne servira à rien …

Ces « bonnes nouvelles » nous ont coupé toute envie d’aller plonger ou de faire quelque chose de réjouissant. Aussi et tant qu’à faire, nous avons nettoyé la coque du côté endommagé. Il y avait tellement de clapot que c’était un enfer que de vouloir essayer d’avoir cela propre. Nous avons malgré tout fait notre petit possible pour que l’expert, lundi, puisse mieux y voir quelque chose.

Nous décevant au plus haut point, « Cara Mia » (Outremer 5X australien)  ne trouvait rien de mieux que de venir jeter son ancre juste devant nous … pendant que nous étions en train de nous escrimer à essayer de nettoyer notre coque!!!!! Sans les connaître, ce couple âgé nous était pourtant sympathique car depuis leur arrivée sur le mouillage, début décembre, ils ont toujours respecté une distance d’intimité entre nos deux bateaux jusqu’à aujourd’hui.

Qu’est-ce qu’il leur est donc passé par la tête ??? Ils sont venus du « Marin » et ont traversé la moitié du  mouillage pour  jeter leur ancre juste devant nous … parce qu’ils attendaient 14 heures pour aller chercher quelqu’un au « Marin » !!!!!! Ce n’est plus de la crétinerie, c’est une véritable provocation sans raison.

Je dois bien avouer que je me demande si nous n’allons pas quitter définitivement la baie «Sainte Anne ». J’en ai plus que ras le bol de tous ces crétins qui nous pourrissent la vie alors que nous nous tenons à distance. Le problème reste de savoir pour aller où ??? Parce que les crétins sont légions dans les Antilles !

Vendredi  17.

Il  y a du vent et le ciel est mitigé mais nous finissons par trouver le courage d’assembler tout notre matériel de plongée. Nous avons donc été plonger (-19.90 m – 65’ – 27°) à la bouée du club Med en partant « épaule gauche » cette fois.

Comme à chaque fois (!), je suis déçu par ce côté du tombant qui ne descend pas au-delà de -20m. Précisons que de ce côté, le chenal bordant le tombant, mène au mouillage et est donc perpendiculaire au chenal balisé menant au « Marin ». Ceci explique sans doute cela.

Même si nous n’avons pas vu grand chose, le site est magnifique et calme. Nous y trouvons malgré tout, toujours notre plaisir et l’après-plongée reste un moment unique.

Mû par une force invisible, nous avons été ensuite faire des courses au « Leader Price » même si nous n’avions envie que de farniente.

Samedi  18.

En nous réveillant, nous avons relevé que « Sacre Bleu » était revenu sur le mouillage à peu près à l’endroit  où il avait jeté l’ancre après nous être rentré dedans. Vous ne le croirez pas mais sa vue à laquelle nous ne pouvions échapper, nous était insupportable. De surcroît, nous avons eu l’impression que son ancre chassait une fois de plus !!! Malheureusement pour nous et contrairement à ses propos selon lesquels il quittait la Martinique, il donnait tous les signes de s’y installer !

Dans le même registre, nous avions « Yléséré », une petite coque de noix, abandonnée depuis quelques jours, sans feux et sans surveillance, par des jeunes à quelques encablures de notre proue. Cela m’a tellement inquiété que j’ai été jusque là à la nage, vérifier leur ancrage !

L’ancrage sur notre tribord, d’un  vieux Swan (65’) affichant le logo de la société de location « Star Voyages », a été la goutte qui a fait déborder un  vase déjà bien rempli. Quand j’ai vu que son propriétaire (une tête de cochon bien connue au Marin) mettait à l’eau une deuxième ancre sans le moindre bout de chaîne, il m’a carrément fait peur d’autant qu’un coup de vent était annoncé pour la nuit !! Aussi, nous avons relevé l’ancre et sommes allés la jeter plus au sud, à plus de 500 mètres  en arrière de tout le monde.

Malgré notre isolement pourtant clairement affiché, en cours de soirée, un catamaran Belize, « Manta » ,  battant pavillon italien, est remonté lentement  le mouillage pour, comme à bout de souffle, jeter son ancre à notre hauteur !!!! Nous étions à la fête …

Dimanche 19.

Si j’avais espéré que « Manta » changerait de place une fois la clarté du jour revenue, je me suis trompé sur toute la ligne, il s’est installé définitivement ! Je suis convaincu que si nous n’étions pas là, il se serait rapproché d’un autre bateau.

Nous n’étions pas en train d’essayer de petit déjeuner à son aise qu’un voilier battant pavillon français, se préparait à jeter son ancre tout à côté de nous !! Comme il n’avait pas encore esquissé le début de sa manœuvre, j’ai été en mesure d’intervenir et furieux, il est parti ancrer très loin de nous. Ouf. Au moins avec celui-là, j’ai été en mesure de lui « expliquer » que nous voulions avoir la paix.

Nous aimons bien notre nouvel emplacement (le troisième depuis le début de la saison) … si pour autant, on nous laisse tranquilles ce qui n’est malheureusement pas assuré ! Notre précédent emplacement continue d’avoir du succès … « Polina Star IV » (Contest 85’ – 26m) s’en est en tous les cas, déjà emparé !

Côté météo et comme annoncé, nous avons eu droit à une hausse sensible du vent accompagné d’un soleil radieux. Nous aurions pu aller plonger mais, en finale, nous avons opté pour un long farniente.

Lundi  20.

Cela avait commencé en soirée et s’est confirmé durant la nuit : la houle annoncée par la météo, était de retour et avec elle, un sérieux roulis. Ann avait l’impression que cette houle était liée à notre nouvel emplacement car il lui semblait que les autres bateaux ancrés plus en avant, étaient moins secoués ! Réel ou fruit de l’imagination ?

A 8.30 heures, nous avons levé l’ancre pour nous rendre à « Carénantilles » où nous avions divers rendez-vous.

Pour rappel … nous avions pris, début décembre, une réservation pour un emplacement pour le 7 janvier. A cette date là, « Babac » (Lagoon 77’) n’était pas parti comme pourtant annoncé et donc, la place qui nous était réservée, n’était pas libre. Un autre rendez-vous nous fut fixé pour le 20 janvier et j’avais pronostiqué que « Babac » serait toujours là …

Tout en slalomant dans le chenal encombré de bateaux au mouillage (!), nous apprenons d’Anne, la responsable du chantier, que non seulement « Babac » était toujours là mais que de surcroît, la grande darse qui nous était réservée exclusivement, était occupée par un catamaran qui devait partir en fin de matinée !!!!  Après cet échange téléphonique, Anne s’est mise aux abonnés absents pour toute la journée …

Lorsque nous arrivons sur place, nous constatons que la grande darse est occupée par un gros catamaran letton, « Wild Cat 65 », qui ne nous laissait que quelques mètres pour nous amarrer !!! Nous étions furax et il a fallu toute l’obstination d’Ann, mon épouse, pour que je ne reparte pas aussi sec au mouillage.

Après moult hésitations, nous finirons par nous amarrer devant  « Wild Cat 65 », dans la grande darse, car l’expert de la compagnie d’assurances, était déjà sur place. Jusqu’en milieu d’après-midi,  nous ne savions même pas si nous allions pouvoir rester ou devoir  retourner au mouillage ! Quant au catamaran letton, personne ne savait combien de temps il allait rester dans la grande darse et curieusement, pour un bateau arrivé samedi « en urgence », nous n’avons vu aucun technicien à son bord ! Quant à « Babac » personne n’aurait misé un kopeck qu’il allait partir en fin d’après-midi comme annoncé … en principe, il devait être parti pour Noël.

L’expertise s’est déroulée normalement.  Je crois que la compagnie d’assurances adverse va tomber à la renverse quand elle va voir le montant de la facture des réparations.

Ludovic de « I.D.S. » devait, en principe, attaquer le démontage de notre MP mais comme il était impossible de savoir si nous pouvions ou non, rester à notre place, il s’est contenté de faire un tout grand entretien de notre moteur.

« Caraïbes Métal » est venu pour enlever notre portique de filière plié par « Sacre Bleu » mais après une journée entière de travail, le portique endommagé était toujours en place !!! Impossible de l’extraire de son logement au point que je me suis sérieusement demandé comment tout cela allait finir.

Presque à la surprise générale, « Babac » a quitté en fin d’après-midi, l’emplacement qu’il occupait depuis des mois. En fait, il serait certainement encore resté s’il n’avait prévu d’embarquer des guests à Grenade, le mercredi suivant. Aussitôt, nous avons foncé prendre son emplacement avant qu’une autre « urgence » ne vienne nous la piquer.

Ereintés émotionnellement, nous avons voulu aller dîner au restaurant avec Michel & Maël de « Obione » mais impossible de trouver un restaurant ouvert un lundi soir en sorte que nous avons été contraints de nous rabattre sur le « Mac Do ». Celui du « Marin » est le plus dégueulasse et le plus froid que je connaisse !

Mardi  21.

Bonne nouvelle … notre chaîne d’ancre n’est pas bloquée en douane ! Mauvaise nouvelle … la chaîne d’ancre qui est arrivée en garantie, n’était pas de la même qualité que celle que nous avions achetée en son temps ! Qu’est-ce qu’on s’amuse …

Mauvaise nouvelle … à notre emplacement au ponton, nous captons mal certaines chaînes de télévision au point de les rendre difficiles à regarder ! De surcroît, la seule prise électrique encore « libre » au ponton, n’est que de 32A ce qui est trop limite pour notre bateau.

Nous avons enfin … enfin …enfin … reçu le devis de Jacques de « Diginav » pour le remplacement de notre « Black Box Navnet 3D » de Furuno. Comme il nous avait parlé d’un prix « très intéressant » (sic), je suis tombé sur ma caisse lorsque j’ai lu le total de 6.608 € ! Comme on dit en ces circonstances, on voit bien que ce n’est pas lui qui doit les payer ! Notez que s’il nous faut maintenant attendre un an pour qu’il trouve le temps perdu de faire le travail, nous aurons pu économiser.

Si Ludovic de « I.D.S. » est venu poursuivre consciencieusement son travail au MP, « Caraïbes Métal » a déjà reporté à plus tard, l’insoluble difficulté d’extraire de son logement, notre porte de filière endommagée. En conséquence de quoi, c’est réellement casse-gueule de monter ou descendre du bateau ! Joie.

Pour le surplus, cela fut la journée des visites avec Michel & Maël de « Obione » ancré à quelques encablures de là, Dominique du cabinet d’architecture navale « Vincent Lebailly » (architecte de S.A.S.³) en vacances en Martinique et pour finir notre copain Toto de « Broceliande ».

Mercredi  22.

Il pleut, il pleut, il pleut ! Ce ne sont même pas des grains mais de la pluie et de la bruine comme nous la connaissons en Belgique. Joie.

Ludovic de « I.D.S. » a presque terminé son travail mais comme pour notre porte de filière, rien ne bouge, il n’est pas revenu cet après-midi. Comment lui en vouloir alors qu’il  est le seul à travailler sur notre bateau. Nous sommes donc doublement bloqués à notre ponton puisque nous n’avons plus de MP.

Le chantier est assez animé mais toujours aussi mal dirigé. « Wild Cat 65 » continue de squatter la grande darse mais semble consentir du bout des doigts (il n’attend même pas que le bateau soit hissé hors de l’eau, pour reprendre sa place dans la darse !), à aller faire un petit tour lorsque le chantier doit mettre ou sortir un bateau, de l’eau. Comment le chantier tolère-t-il tout cela ?

Selon radio-ponton, le GE de « Wild Cat 65 » serait en panne alors qu’ils ont des guests à bord. Cette situation expliquerait qu’il squatte la grande darse mais le plus curieux reste qu’aucun technicien ne semble s’occuper de leur GE ! Tous les jours, il est censé partir mais reste sur place.

Pierre-Loïc est le très sympathique patron de « Caraïbes Métal » et chaque jour, il a le courage de venir  – de sa propre initiative – affronter ma mauvaise humeur ! Chapeau bas.

Le soir, nous sommes allés dîner au « Zanzibar » avec Michel & Maël de « Obione ». Nous avons délicieusement bien mangé en choisissant le  menu « héritage caribéen ». Il s’agit d’un menu de dégustations.

Jeudi  23.

Une journée faste pour une fois changer de registre ! Profitant de l’absence de vent, nous avons descendu de grand matin, notre génois et « Incidences » est venu le chercher. Ludovic de « I.D.S » a terminé son travail sur notre MP et a pu extraire la vis cassée de la pompe à eau du GE (cfr. article précédent). « Caraïbes Métal » est parvenu à extraire la porte de filière de son logement, sans tout démolir, et  j’ai remplacé la pièce qui coulait dans notre coffre arrière. Que vouloir de plus ?

Nous avons eu la visite de « Balaruc » qui nous a raconté s’être également beaucoup énervé à la baie « Sainte Anne » sur d’autres plaisanciers indélicats. Il semblerait que mon sentiment selon lequel cette saison est plus pénible que les précédentes, soit partagé.

Philippe & Michèle de « Tereva » sont venus nous faire leurs adieux puisqu’ils partent pour le Nord sans intention de redescendre. Là, nous verrons bien tant les plus beaux projets se voient souvent contrariés. Philippe aimerait bien s’établir en Polynésie française.

Michel & Maël de « Obione » sont venus également nous dire bonjour comme tous les jours.

Vendredi  24.

A la première heure ce matin, « Caraïbes Métal » est venu placer notre porte de filière réparée. Un très beau travail réalisé par un personnel compétent.

Arès avoir réalisé des courses au « Marin » et au « Leader Price » situé juste en face , nous nous sommes attaqués au nettoyage de la coque, côté bâbord. Nous avions été effarés de constater la présence de larges tâches blanches dues au sel. Pour une fois, les conditions étaient idéales pour ce travail.

Hervé, la patron de « Incidences », est venu nous rapporter notre génois alors que nous étions en plein nettoyage. Je n’ai pas bien compris comment notre génois qui a passé toute la saison cyclonique à l’intérieur du bateau, a pu se détériorer de la sorte ! Rien de très grave … en fait, il s’agissait du scratch qui recouvre le nerf de chute, qui n’accrochait  plus et d’un petit accros dans l’épaisseur du tissu de la voile.

A notre plus grande surprise, « Wild Cat 65 » a quitté le chantier pour se diriger vers le nord ! Nous n’en sommes pas revenus tant il nous apparaissait qu’il avait pris ses quartiers dans la grande darse de « Carenantilles ».

Le soir, nous avions à dîner (une raclette) Michel & Maël de « Obione » et Bruno & Frédérique de « Orpao » dont nous faisions la connaissance. Très, très sympathique soirée.

Samedi  25.

Profitant de l’absence de vent, nous étions sur le pont à 7.30 heures (!)  pour hisser notre génois.

A 8 heures, Olivier de « Caraïbes Menuiserie » arrivait pour déposer et reposer deux petits capots de pont qui fuitaient. Avec un énorme soulagement, nous avons pu nous rendre compte de la manière assez simple finalement dont les capots de pont avaient été montés par le chantier. Quand on ne sait pas … on finit très vite par se faire des idées pas possibles d’autant qu’ils sont « flush deck ».

Dimanche 26.

Olivier a poursuivi son travail mais malheureusement, en fin d’après-midi, le Sikaflex n’était pas suffisamment sec pour le ponçage des joints ! Nous allons donc devoir jouer les prolongations …

Cela fait des lustres que j’avais relevé que les Leds de la bôme étaient défectueux mais je n’avais jamais trouvé le courage de les remplacer … jusqu’à aujourd’hui. Sur ma lancée, j’ai remplacé le seul Led de mât qui ne l’avait pas été lors de notre précédent passage par « Carénantilles » ! Comme le Led fonctionnait encore, il n’avait pas été remplacé. Mais par la suite, nous nous sommes rendus compte qu’il avait perdu en luminosité par rapport aux autres …

Si nous détestons être en marina, je dois bien reconnaître que je me suis fait à notre situation à « Carénantilles » et que je stresse à l’idée de retourner à la baie « Sainte Anne » où nous aurons à affronter quotidiennement un nombre incroyable de crétins et de têtes de cochon.

Lundi  27.

Ce matin, nous avons appris que « Gray Mater » (nos grands copains …) s’était fait voler leur annexe durant la nuit. Selon leur caméra de surveillance, à 2.05 h. une petite embarcation est arrivée avec deux hommes à bord, ils ont coupé la chaîne et sont repartis tranquillement en emmenant l’annexe. Par manque de chance, monsieur étant malade, ils avaient laissé l’annexe à l’eau alors qu’ils ont une grue pour la poser sur le pont supérieur …

Olivier est venu terminer son travail sur sa pause de midi. Il était pressé par le temps et cela s’est un peu ressenti. Il aurait été préférable qu’il puisse terminer son travail, la veille au soir.

« Une urgence » attendant la libération de notre place, nous sommes partis vers 15 heures pour la baie « Sainte Anne ». Nous avions pensé faire le plein de diesel mais les cuves de la marina étaient vides en raison du blocage de la raffinerie par les grévistes opposés à la réforme des retraites.

Nous avons fait quatre emplacements différents avant de retourner à celui que nous avions quitté en venant à « Carénantilles ». Au premier, l’ancre n’est pas parvenue à s’enfoncer suffisamment dans la plaque de corail !! Au second, on a jeté l’ancre dans un champ de patates de corail ! Au troisième, nous avons trouvé que nous étions en finale, trop près d’un catamaran.

Comme il y a très peu de vent, le bateau pointe vers le sud et donc, nous roulons un peu. La seule question qui nous taraude, est de savoir si ce roulis est attaché à notre emplacement ou s’il concerne tout le mouillage ?

Nous avons relevé qu’il n’y a pas un seul  bateau sur la zone de mouillage où nous avons été heurté par « Sacre Bleu » !! Nous sommes convaincus qu’il suffirait que nous allions y jeter l’ancre pour que d’autres bateaux s’y précipitent. Les crétins ne peuvent ancrer que là où il y a d’autres bateaux.

Vous ne le croirez pas mais vers 21 heures, un catamaran venait jeter l’ancre sur notre côté tribord, bien trop près à mon goût !!! Par bonheur, tous les bateaux ont pointé un peu plus tard, vers l’est et du même coup, nous retrouvions la stabilité et notre indésirable voisin se retrouvait derrière nous. Au matin, il est parti au « Marin ».

Mardi  28.

Le vent est faible, le soleil brille et le mouillage est étonnamment calme. Nous en avons donc profité pour aller plonger au « grand mur » : -23.70 m – 59’ -28° – 3’ à -3m. Première constatation … l’amer à -18 m. a quelque peu été modifié. Il n’est toujours pas assez visible de loin mais reste fort utile.

Très belle plongée mais d’une difficulté d’un cran supérieur à celle de la bouée du « club Med ». La zone est plus vaste et elle descend jusque -40m. De surcroît, entre la bouée d’amarrage et l’amer, la distance est plus grande (recours à la boussole) et il vaut mieux avoir des yeux partout.

En revenant au bateau, nous avons constaté que le bateau pointait à nouveau vers le sud (roulis) tout en pointant de temps en temps vers l’est (stabilité) sans que l’on ne comprenne le phénomène à l’origine de ces changements de cap.

Nous sommes parvenus à éloigner un catamaran polonais qui s’apprêtait à jeter l’ancre sur notre bâbord !! Je ne me suis exprimé que par gestes car j’ai le sentiment qu’il s’agit de la manière la plus efficace en finale, pour obtenir un résultat. Il n’empêche que notre skipper polonais  s’est fait plus que désirer avant d’enfin, aller jeter l’ancre plus loin. A chaque fois, on a l’impression qu’il leur en coûte énormément au niveau de leur orgueil !!

Mercredi  29.

Journée farniente au soleil. S’il n’y avait pas eu un foutu roulis inter mi-temps, j’aurais sans doute pu apprécier mais à tort ou à raison, nous pensions que notre situation sur le mouillage en était en partie responsable et cela nous a gâché le plaisir.

Jeudi  30.

Nous nous sommes déplacés de moins de 400 mètres vers l’est … juste devant le catamaran polonais que nous avions chassé l’autre jour ! Un autre univers ! Nous avons eu le sentiment de retourner à la civilisation ! Incroyable comme ce changement d’emplacement nous a changé la vie.  Bien entendu nous sommes conscients que nous avons sensiblement augmenté le risque d’avoir comme voisin, un crétin.

La météo étant toujours magnifique, nous avons été plonger à la bouée du « club Med » : -21.80 m – 58’ – 28°. Ce n’était pas la grande forme en ce qui me concerne ! Il est vrai qu’Ann et moi, nous nous refilons à tour de rôle, une saleté de rhume qui n’en finit pas et depuis, l’abordage de « Sacre bleu », j’ai mal à une côte et là encore, cela ne passe pas !

En fin d’après-midi, nous avons été manger des accras chez « Martine » avec Michel & Maël de « Obione ». Il y avait la toute grosse foule et c’est par chance, que nous avons trouvé encore une table de libre.

A peine rentrés à bord, nous avions la désagréable surprise de relever qu’un monocoque orange venait jeter l’ancre sur notre avant tribord ! Non seulement, il faisait déjà nuit noire mais de surcroît, ce crétin est arrivé à la voile !!!  En ces conditions hasardeuses (panne de moteur ?), la plus élémentaire prudence impose de jeter l’ancre à l’écart de tous les bateaux …

Vendredi 31.

A 8 heures, notre crétin est parti sans guindeau pour relever son ancre, ni moteur … Quelques heures plus tard, il était remplacé par un Lagoon 380 de Star Voyages, « Puma I » ! Nous l’avons vu un peu trop tard pour réagir et puis, et puis … lassitude. Si pour autant qu’il ne dérape si le vent se lève, il ne nous dérange nullement mais allez savoir à qui nous avons à faire.

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Publié par : Ann & Stéphane | 21 janvier 2020

Fiche technique: comment se comporter sur un mouillage ?

Je suppose que si vous avez la pratique du camping, vous pourriez sans doute ajouter encore quelques autres commentaires mais si  vous suivez déjà ceux-ci, ce ne sera pas mal.

Tout d’abord, le mouillage étant un lieu de villégiature, je vous recommande de ne pas y débouler plein gaz ou sous voiles (!) comme je l’ai trop souvent vu faire. Le côté l’esbroufe peut être excessivement dangereux en raison, notamment, de la présence de nageurs ou de petites annexes.

Si cela vous amuse de frôler au plus près tous les bateaux, soyez certain qu’il n’en va pas de même des autres plaisanciers : chacun a droit à un peu d’intimité et vous n’aimeriez pas que l’on regarde à l’intérieur de chez vous, par les fenêtres de votre maison !

Choisissez toujours de passer sur l’arrière d’un bateau et non, sur son avant car si le vent monte brusquement, sa chaîne va se tendre et vous risquez que votre quille ne se prenne dedans. Par ailleurs, si vous tombez en panne juste à sa hauteur, vous ne déraperez pas sur lui.

En circulant sur le mouillage, ayez toujours à l’esprit qu’il y a souvent des paniers, des bouées, des bouées de mouillage, des nageurs ou des petites embarcations qui sont autant d’obstacles à éviter. Aussi, placez quelqu’un à l’avant du bateau pour vous renseigner au mieux.

S’il y a de la place en suffisance, gardez une distance « d’intimité » raisonnable avec les autres bateaux. Rien de plus désagréable que de vivre la vie de son voisin.

Si je peux comprendre que pour les hommes, il est plus facile de pisser de la jupe arrière … sans être bégueule, je peux vous assurer pour l’avoir maintes fois observé à la baie « Sainte Anne » (Martinique), que ce n’est pas très « frais » pour les autres. J’ai même assisté un jour, à un Français en train de déféquer au départ de sa jupe arrière !!!

Que vous ayez un groupe électrogène portatif bruyant ne vous autorise pas pour autant à le mettre sur l’avant de votre bateau pour vous ménager un peu moins de vacarme. L’avant de votre bateau correspond bien souvent à l’arrière d’un autre bateau qui devra subir votre GE …

Quand vous allez mouiller l’ancre et que votre voisin vous fait part que vous êtes trop près … ayez la grandeur d’esprit d’aller mouiller autre part sans faire étalage de votre sale caractère.  Que de mauvaises réactions n’avons nous pas enregistrées … nous avons même eu à faire à quelques têtes de cochon que je ne suis pas prêt d’oublier de si tôt !

Signaler la nuit, la présence de son bateau par un feu de mouillage (feu blanc 360° en haut de mât) est une obligation que trop de plaisanciers négligent. Mais plus encore, si vous devez rejoindre votre bord alors que l’obscurité est totale, pensez à allumer des feux supplémentaires (feux de couleur) qui vous permettront de reconnaître de loin votre bateau. Quand le mât en est pourvu, l’éclairer se voit et se reconnaît de loin.

De jour, n’oubliez pas d’arborer bien en vue, votre boule noire car en d’accident, son absence pourrait vous valoir une absence d’indemnisation : les assurances sont assez à cheval sur ce point !

Circuler, de nuit, avec une annexe dépourvue des feux de navigation (rouge, vert, blanc) est excessivement dangereux et donc, peu recommandable ! Il existe dans le commerce, des feux de navigation portatifs à piles qui pourront remédier à la situation si votre annexe est dépourvue de tous feux.

Traverser un mouillage avec son annexe « à fond les manettes »,  est à la fois dangereux mais plus encore, horripilant en raison des remous provoqués. Je reconnais que nous avons droit de temps en temps à des signes très explicites de la part d’autres plaisanciers, quant à la vitesse de notre annexe ! Et pourtant, je suis attentif à ce problème mais le plus souvent, j’ai le sentiment que c’est davantage la grosseur de notre annexe que sa vitesse effective, qui fait réagir ! Ainsi ,ceux-là mêmes qui font de grands signes, sont souvent les premiers à essayer de tirer le maximum de puissance de leur petit moteur d’annexe …

Si vous nagez sur le mouillage, je vous recommande vivement de vous attacher, au pied, une bouée de snorkeling pour vous rendre un tant soit peu plus visible. Ce n’est pas la panacée et j’ai bien failli être écrasé par un bateau qui ne regardait pas plus loin que le bout de son nez mais c’est quand même mieux que rien tant il est vrai qu’un nageur se confond avec l’élément en lequel il évolue.

Pensez à remonter pour la nuit, votre annexe si vous ne souhaitez pas aller chercher vos petits pains, à la nage … « Nous ne le faisons pas mais il est attaché au bateau par une chaîne ! » Tout dépendra alors de la grosseur de votre chaîne et de l’ingéniosité des voleurs mais en tout état de cause, je vous souhaite d’ores et déjà beaucoup de plaisir lorsque vous serez contraint de gratter les bernacles des boudins de votre annexe pour l’avoir laissée trop longtemps dans l’eau!

Enfin et pour en terminer avec les « bonnes manières », vérifiez régulièrement votre ancrage et certainement, dès que l’ancre est jetée. Celle-ci peut ne pas avoir croché correctement ou derrière une patate de corail qui cèdera dès le premier coup de vent. Et si votre voisin vous affirme que vous dérapez, ne faites pas la tête de cochon et vérifiez ce qu’il vous affirme.

Nos meilleurs vœux  à tous ceux et celles qui ont le courage de lire notre blog et peut-être pourquoi pas, nous verrons nous sur l’un ou l’autre mouillage, cette saison !

Mercredi  01.

Après le passage de Philippe de « Tereva » venu nous aider à opérer une réparation provisoire de notre annexe (le joint d’étanchéité coque/boudin s’est décollé en un endroit), nous avons décidé de jeter l’ancre plus au nord du mouillage (à 300 mètres de là) et ainsi, de nous soustraire à la masse des crétins qui ne sont heureux que collés les uns aux autres … et en particulier, à « Yak » qui nous pourrissait la vie jusque là (cfr. article précédent)! Une heure plus tard, « Yak », à la suite de ses deux acolytes, « Olivia » et « E.A. », quittait le mouillage pour le « Marin » …

Jeudi  02.

A croire que nous sommes parvenus à le vexer profondément (youpi) mais « Yak » est revenu ce matin, jeter l’ancre tout près de nous !!! En fait, il a raté son coup car manifestement, il avait l’intention de jeter son ancre le plus près possible de notre bateau mais il s’y est mal pris et s’est retrouvé à bonne distance.

S’il a bien tout fait pour nous laisser croire qu’il allait s’incruster, nous avions relevé qu’il était avec un couple d’amis à qui il avait manifestement promis une ballade en mer … Nous le comprendrons un peu plus tard, tout son petit manège ne visait qu’à nettoyer sa coque avant sa traversée sur la Barbade !

S’il est vrai qu’il nous faut un peu nous habituer à notre nouvel environnement, nous prenons maintenant beaucoup de plaisir à regarder l’approche hésitante des crétins qui recherchent le malheureux avec qui s’accoupler. Depuis que nous avons quitté notre ancienne zone de mouillage, il semblerait que les candidats ne se pressent plus au portillon pour s’y ancrer !!

En y regardant de plus près, je suis effaré de voir le nombre de pavillons allemands : il y en a partout … jusqu’à l’écœurement !

Vendredi  03.

Nous avons cuit sur pied, toute la journée tant le soleil était généreux. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que de petits grains sont survenus.

La bonne nouvelle de la journée est qu’ils ont retrouvé à la Capitainerie, notre condensateur à fil (envoyé par notre fille) et que nous allons enfin pouvoir réparer notre compresseur de plongée. Nous aurions bien été le chercher immédiatement mais notre collage à l’annexe nécessite un délai de séchage de 72 heures … ce sera donc pour demain.

Même si je dois encore et toujours me familiariser avec notre nouveau mouillage (!), nous ne connaissons plus aucun stress à l’arrivée d’un nouveau venu sur le mouillage ! Après plus de trois saisons, aurions-nous – enfin – trouvé le remède miracle pour préserver notre intimité ? Reste à savoir si le fetch (lorsque le vent souffle fort) n’est pas plus important où nous sommes ! C’est malheureusement, ce que nous craignons d’après notre expérience.

Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps pour comprendre que nous attirons les crétins où que nous soyons !! Alors que je sortais prendre l’air dans le cockpit lors d’une page de publicité, le souffle m’en a manqué. Je suis resté paralysé sur place : un catamaran se trouvait ancré juste sur notre tribord avant !!!! Comme d’habitude, il était venu s’ancrer sans le moindre bruit en profitant que nous étions à l’intérieur en train de regarder la télévision.

Samedi  04.

Après une fin de soirée totalement gâchée et une nuit quelque peu agitée à cause de ce catamaran, nous avons découvert qu’il s’agissait d’un Nautitech 46 open (Bavaria) battant pavillon français (Fort de France) et répondant au nom trompeur de « Illusion » car pour notre malheur, il ne s’agissait nullement d’une « Illusion ».

Quand Ann s’est levée aux aurores, ils étaient cinq catamarans à nous encercler !!!! Mais à 9 heures, ils étaient déjà tous partis – sauf « Illusion » – car il s’agissait de bateaux de location. Nous aurions dû réagir immédiatement mais nous avons pensé que « Illusion » était également un voilier de location et qu’il partirait en cours de matinée. Après … cela devenait un peu tardif d’autant qu’il ne mouille pas sur notre ancre, pas très loin mais pas dessus, malgré tout.

J’ai longtemps hésité à aller lui poser la question de savoir pour quelle raison il avait opté pour se « coller » à notre bateau plutôt qu’à un autre mais j’ai manqué de courage. C’est parfois fatiguant de se bagarrer avec tout un mouillage.

Le plus amusant reste que quand les bateaux pointent vers l’ouest (RG), nous plongeons dans son cockpit et son carré puisqu’alors, il est juste devant nous. Il doit être maso car bien évidemment, je ne me prive pas de fouiller son intimité sans vergogne. Il est seul avec sa très jeune fille qui s’ennuie à mourir. Comme ils ne font rien de leur journée, nous espérons que demain (fin du week-end), ils s’en iront.

Après 72 heures de séchage (!), nous avons remis notre annexe à l’eau pour constater que nos problèmes d’infiltration d’eau avaient totalement disparu. Nous maintenons malgré tout notre grande opération de remplacement du joint d’isolation car il est à craindre que soit notre collage ne tiendra pas dans le temps soit qu’un décollage surviendra à un autre endroit.

Nous avons enfin pris possession de notre condensateur à fil (égaré à la Capitainerie du « Marin » durant plus d’une semaine !) pour notre compresseur de plongée mais comme nous sommes rentrés un peu tard de nos courses, nous avons jugé préférable d’attendre le lendemain pour se lancer dans cette réparation.

Comme il semble que les crétins de tout poil ont une propension à venir se coller à nous durant la nuit, nous étudions l’idée de dormir le jour et de veiller la nuit. Ce serait certes un peu déroutant au début mais aller se coucher au petit matin avec l’assurance qu’aucun autre bateau n’est ancré dans notre zone d’intimité, serait d’un tel réconfort …

Dimanche 05.

Joie ! « Illusion » a quitté le mouillage en milieu de matinée pour le « Marin » en sorte que nous nous posons quand même la question de savoir s’il ne s’agissait pas tout de même, d’une location.

Hier encore, on cuisait véritablement sur pied mais depuis hier soir, la météo a changé et nous avons droit à beaucoup de bruine quand ce n’est pas de la pluie.

Profitant d’une belle éclaircie en fin de matinée, nous avons ressorti le compresseur de plongée de son emplacement et procédé au remplacement du condensateur. Bien entendu le fil du nouveau condensateur était trop court (!!) et j’ai été contraint à un petit bricolage mais tout fonctionne parfaitement. Nous allons donc dès demain, pouvoir nous remettre à la plongée.

Lundi  06.

Belle journée quoiqu’un peu plus venteuse que les autres jours. Nous n’aurions pu attendre plus longtemps pour aller plonger  (-19.60m – 60’ – 28°) … à la bouée du club Med, bien évidemment. Contrairement à mes craintes, notre matériel ne nous posa aucun problème malgré sa trop longue période d’inactivité. Ouf.

Si  je n’ai pas manqué de plonger en Belgique à raison de deux fois par semaine, pour Ann sa dernière plongée remontait au 11.05.2019 ! Mais comme pour le vélo, la plongée ne s’oublie pas et à peine sa renverse effectuée,  elle retrouvait immédiatement tous ses réflexes. De ce point de vue, je suis moins souple qu’Ann et j’ai besoin d’une pratique régulière pour rester à niveau. Mes petites natations matinales vont en ce sens.

Le site est superbe même s’il est visité plusieurs fois par jour, par tous les clubs de plongée locaux. Il y avait un tout petit courant contraire … qui nous a poussés sur le retour. Les murènes et les langoustes étaient toujours aussi difficiles à débusquer dans leur trou mais nous avons malgré tout réussi à en observer. Le plus stupide reste qu’Ann avait découvert une cigale des mers et qu’elle s’est égosillée à m’appeler mais que je n’ai rien entendu !! Snif, snif.

De retour à bord, nous avons profité de notre après-midi avec un bonheur bien plus grand que lorsque nous n’allons pas plonger. C’est incroyable mais ce ne sont pas les mêmes sensations : un réel bien-être vous envahit et c’est divin.

A un moment donné, nous avons bien cru que « Celtic Spirit » (cfr. article précédent) allait une fois de plus jeter l’ancre sur notre arrière proche ! Mais il a jeté son ancre à bonne distance et est reparti après avoir débarqué un de ses guests !!!

Mardi  07.

Comme convenu un mois auparavant avec Ludovic de « I.D.S. », nous sommes partis ce matin pour le chantier de « Carénantilles » pour la réalisation de divers travaux à notre moteur.  Bien entendu, nous avions réservé notre emplacement « le long d’un ponton » (il n’y a que trois emplacements disponibles) et avions obtenu confirmation de notre réservation pas plus tard que vendredi passé.

Connaissant les habitudes locales, j’étais certain que notre emplacement ne serait pas libre et que ce serait – comme à chaque fois – le plus grand bordel « à la française » … et je ne me suis pas trompé. L’emplacement qui nous avait été attribué, était occupé par « Babac » (Lagoon 77’) qui squatte le ponton du chantier depuis plusieurs mois après avoir pris la foudre sur son mât ! Toujours la même chanson : des pièces pour le guindeau qui devaient arriver et qui n’arrivaient pas.

Le second emplacement était squatté par un catamaran Sun Reef 82’ qui connait un problème d’inverseur dont « Mécanique Plaisance » ne semble pas pouvoir se dépêtrer. Le troisième emplacement était libre mais devait accueillir un bateau de 42 mètres le lendemain matin, à 7 heures du matin quand il n’y a pas de vent !!! Chez « Carénantilles », la longueur de votre bateau détermine votre priorité dans les réservations !

Et le pauvre « S.A.S.³ » dans tout cela ?? Quand nous sommes arrivés sur place, le personnel du chantier était en train de déplacer deux vieilles coques de noix disposées cul au ponton général. La responsable n’avait rien trouvé de mieux que de nous proposer de nous « glisser » entre deux 45’, le cul ou le nez au ponton .

J’ai refusé catégoriquement. Soit, je rentrais la proue en premier et dans ce cas, je vous laisse imaginer comme il aurait été aisé de monter à bord … quant à notre volumineux arrière, je ne sais pas très bien comment il se serait accommodé de la bouée de mouillage disposée de toute façon de manière beaucoup trop près (ce sont des emplacements pour des 50’ max.). Soit, j’enfonçais comme un coin, mon volumineux arrière entre mes deux voisins (bonjour les griffes sur notre coque fraîchement repeinte) et je ne savais plus descendre, ni monter sur le ponton à cause de notre annexe. Il nous aurait fallu la laisser à l’eau durant 3 ou 4 jours … non merci, j’ai déjà donné. Le pire, ce n’est pas d’enlever les bernacles et autres saloperies de la coque en aluminium mais des boudins …

En finale, il a été décidé de postposer les travaux au moteur au … 20 janvier sur base de l’idée que « Babac » aura libéré l’emplacement pour cette date. Je tiens les paris qu’il sera toujours là … Mais comme nous avions rendez-vous avec Mano de « Caraïbe Marine » pour le remplacement des Leds de notre mât, nous avons occupé l’emplacement libre juste le temps nécessaire.

Nous avions relevé depuis plusieurs jours que le chenal d’accès au chantier était occupé par un ensemble de crétins qui n’ont rien trouvé de mieux que d’y jeter l’ancre ! Pour se rendre au chantier, il faut donc réaliser un véritable gymcana et ne croyez pas que les coupables se sentent mal à l’aise : ils vous regardent passer avec amusement.

Que disent les responsables ? La gendarmerie estime que ce n’est pas de sa compétence et ne lève pas le petit doigt. La responsable du chantier s’en plaint « officiellement » mais ne lève pas plus le petit doigt. La police municipale que nous avons vu patrouiller, a très mollement demandé aux bateaux dont les skippers étaient à bord, de dégager le chenal  mais comme ils s’en sont retournés aussi rapidement à leur sieste, personne n’a bougé !

Ce n’est pas tout-à-fait exact … un couple de petits vieux français avec un Océanis 40’a levé l’ancre mais comme il était inconcevable pour eux d’aller mouiller à un endroit où ils n’auraient dérangé personne … ils ont remis leur ancre à la même place, en plein chenal !!!

Apparemment, après notre départ, la Police municipale serait arrivée à libérer le chenal ! J’aurais tellement voulu voir cela.

Mercredi  08.

Quand j’ai entendu Philippe & Michèle de « Tereva »,  venus chercher Ann pour aller au centre commercial de « Genipa », rire comme des baleines, j’ai immédiatement compris qu’un bateau était venu ancré tout près de nous comme un chaton se lovant dans les flancs de sa mère.

Quand est-il arrivé ? Je l’ignore mais à 8 heures ce matin, nous aurions pu prendre le petit déjeuner avec l’équipage de « Loumad » (Lagoon 380 battant pavillon français) ! Heureusement, à 9 heures, il était parti.

Hier soir, nous regardions l’émission « Chasseur d’apparts » avec Stéphane Plaza et ce qui m’a marqué c’est combien les candidats à l’achat d’un immeuble ne supportent pas les vis-à-vis ou les vues des voisins sur leur jardin. Faut croire, qu’en vacances, les comportements sont totalement inversés …

Jeudi  09.

Cela a démarré hier soir et aujourd’hui, le vent s’est stabilisé entre 25 et 30 nœuds. Un vrai vent de saison qui devrait durer jusque mardi prochain ! Nous avons eu un vent exceptionnellement léger jusqu’à aujourd’hui.

« Tereva » qui est pourtant fort à l’ouest du mouillage, s’est plaint du fetch (!!) et de l’instabilité conséquente de leur catamaran 42’. Alors que pour notre part, le bateau est d’une stabilité remarquable. C’est le roulis qui nous pose parfois un peu problème mais jamais en présence de fetch.

Si les navettes entre les îles ont été suspendues par suite des conditions météo, cela ne semble pas indisposer le moins du monde, les plaisanciers qui continuent de circuler comme si de rien n’était. Un catamaran est ainsi venu jeter son ancre juste devant « Tereva » à la grande fureur de Philippe…

Incroyable le nombre de bateaux que l’on croyait partis vers d’autres horizons et que l’on retrouve deux ou trois jours plus tard sur le mouillage ! Comme je l’ai toujours exposé, la plupart des plaisanciers ont la bougeotte et doivent continuellement être en mouvement pour être heureux sans pour autant se résoudre à s’éloigner de la Martinique qui présente des avantages que les autres îles ne peuvent proposer. Comme nous l’avons compris bien avant d’autres … nous restons sur place.

Après nous être passé à ras de la coque pour que ses guests puissent bien voir notre bateau, «  Ipharra » (Sun Reef 102’) a jeté son ancre sur notre bâbord, à distance correcte. Il n’empêche tout de même que je n’aurais pas été contraire à l’idée qu’il aille se faire pendre ailleurs mais son skipper imagine sans doute qu’il nous fait cadeau de la présence de sa grosse barquette.

Départ sans fanfare, ni trompette, de « Calypso Blue » (Contest ? 18 m)… en panne de moteur. Sur la photo, on ne voit pas le hors-bord qui le tracte car ce dernier s’était amarré sur son  bâbord.  Procéder à un remorquage alors que le vent souffle à près de 30 nœuds, ne me paraissait pas raisonnable mais coup de bol ou fin calcul, il a attendu le passage du grain pour profiter d’une accalmie temporaire de vent. Bien vu.

Vendredi  10.

Départ en fanfare cette fois, d’une régate de catamarans « TS » dont « Amalia », notre compatriote,  par plus de 30 nœuds de vent !  Inutile de préciser que si j’avais été organisateur, je n’aurais jamais autorisé le départ de la régate en ces conditions. Si  les sept participants sont à peu près de la même taille, il était frappant de voir les caractères des skippers s’afficher : pour les uns, c’était un ris dans la GV, pour d’autres, deux ris et enfin, les derniers, trois ris.

Moins réjouissant, Ann plus fortement que moi, sommes accablés depuis déjà deux ou trois jours par un rhube carabiné (gorge qui gratte, nez qui coule, toux intensive) qui ne semble pas vouloir nous quitter ! Conséquence de quoi, nous ne bougeons pas du bateau.

Samedi  11.

Si le vent souffle toujours aussi fort (20 à 30 nœuds), la pluie fait désormais partie intégrante du programme !! C’était déjà pas très drôle … maintenant, ce l’est encore moins.

Nous en profitons pour rechercher l’origine d’une infiltration d’eau dans notre cabine VIP. Elle est apparue récemment c’est-à-dire depuis qu’il a été procédé à une rénovation en profondeur de notre pont en teck ! Nous avons beau regarder partout, nous en restons toujours à de vaines supputations.

Dimanche 12.

Si le vent ne s’est pas modifié, le ciel est aux belles éclaircies. Nous restons donc cloîtrés à bord et nous poursuivons nos examens d’investigation.

Ce matin, nous avons eu le déplaisir de relever qu’un catamaran de location était venu jeter l’ancre devant nous mais à la mi-matinée, il était parti. Ouf. Dans le courant de l’après-midi, c’est de justesse que j’ai pu faire fuir un monocoque battant pavillon français. Son skipper a fait semblant de ne pas me voir mais une fois revenu à sa barre, il s’est éloigné pour aller jeter son ancre plus au sud. Re-ouf. Pour le surplus, le ballet des bateaux se poursuit comme s’il n’y avait pas de vent. « Ipharra »  débarrassé de ses guests, est à nouveau venu s’ancrer à quelques encablures de nous.

Lundi  13.

Toujours aussi venteux et de surcroît, le vent va jouer les prolongations ! Ce ne sera plus du « vendredi au mardi » mais du « jeudi au jeudi inclus » !! Le moral en prend donc un coup car avec de telles conditions météo, plus de baignade, plus de plongée, plus de courses et on fait le gros dos toute la journée. Certes, des personnes se baignent, les clubs de plongée continuent d’affluer sur les sites, les plaisanciers circulent de même que leurs annexes mais en ce qui nous concerne, c’est ceinture. Sauf ce matin, où je me suis quand même laissé tenter par aller voir notre ancrage et surprise, « Toto » (notre barracuda) montait la garde sous le bateau ! Assez étonnamment d’ailleurs, il y avait plein de poissons alors qu’en règle générale, l’endroit est désert !

Nous venons d’apprendre que dans la crétinerie, il y avait des niveaux ! Alors que nous sommes éloignés de tout le monde (de manière suffisamment claire pour que l’on comprenne que nous avons envie de rester isolés), le skipper du catamaran « Bayalé » ne trouve rien de mieux que de vouloir ancrer en parallèle à nous …

Nous lui faisons part de notre mécontentement auquel il répond quelque chose que nous n’avons pas compris. Soit … nous avons à faire une fois de plus, à une tête de cochon. Mais comble de la crétinerie, alors que son catamaran est en train de furieusement chasser, il ne trouve rien de mieux que de lancer à la mer, une ancre Danforth juste munie d’une aussière (pas le plus petit bout de chaîne) !!! Même un marin débutant comprendrait l’ineptie de cette manœuvre.

Ne pouvant admettre de relever son ancre … il s’est mis à l’eau  pour aller positionner son ancre correctement sur le fond. En bref, pour quelqu’un qui ne voulait pas changer de place … il se retrouve désormais une bonne centaine de mètres derrière nous.

Je pensais avoir tout vu en matière de crétinerie mais après la mauvaise expérience de « Bayalé », nous avons fait les frais de notre rencontre avec « Sacre Bleu » (Océanis 411 – coque bleue – battant pavillon anglais de Ipswich).

En cours d’après-midi, j’avais vu passer sur notre tribord, un Océanis 411 qui semblait se diriger résolument vers le fond de la baie. Je n’y ai donc pas fait plus attention jusqu’au moment où j’ai constaté avec horreur qu’il avait jeté l’ancre à une grosse encablure tribord de notre orin … alors qu’il n’y avait aucun autre bateau devant nous jusqu’à la plage ! Comme je crains malgré tout de me faire passer pour un irascible mal luné, je n’ai rien dit même si je trouvais qu’il était trop près.

Une fois la nuit tombée, nous avions été surpris de trouver qu’il était bien plus près de nous qu’en journée et que donc, il dérapait sans doute sur nous ! Sans radar, ni AIS (toujours en panne …) et de nuit, de surcroît, il nous était impossible de savoir s’il s’agissait d’un tour de notre imagination ou si nous avions raison. Pour plus de précautions, nous avons interpellé « Sacre Bleu » en le prévenant qu’il dérapait.  Pour toute réaction, nous avons entendu un « What ? » lointain. Face à une nouvelle tête de cochon, que voulez-vous faire d’autant plus que nous n’étions pas certains de nos affirmations.

Nous l’avons surveillé périodiquement sans constater qu’il se rapprochait davantage. Vers 21.30 heures, alors que nous regardions notre film policier, nous avons vu passer à toute vitesse, un mât qui venait de notre bâbord !!!!!!!!

Nous sommes sortis immédiatement dans notre cockpit alors qu’un gros grain sévissait. Dans le même temps, l’équipage (père, mère et fille) de « Sacre Bleu » montaient sur le pont et essayaient de reprendre la direction de leur voilier. Seulement voilà … leur ancre était prise dans notre chaîne et affleurait la surface !!

Tout notre flanc tribord fraîchement repeint a été ainsi martyrisé par leur chaîne mais le plus beau fut lorsqu’il  nous a foncé dessus, à la perpendiculaire de la porte dans nos filières. Là, les dégâts sont nettement plus « visibles ».

Après être arrivé – très laborieusement – à libérer son ancre de notre chaîne, je l’ai rejetée à l’eau en pensant que notre martyre était terminé. Que néni … il lui faudra plus d’une heure de manœuvres  extrêmement périlleuses et mal exécutées pour qu’il s’éloigne enfin définitivement de nous. Son guindeau refusait obstinément de relever la chaîne au-delà d’une certaine longueur. Et comme il a été assez stupide de repasser au-dessus de notre chaîne, j’ai vu le moment qu’il allait à nouveau la prendre au passage …

Mais le pompon reste encore que ce crétin s’était mis dans la tête de se mettre à couple de notre bateau (il affirmera plus tard que c’était pour remplir le constat d’accident !) … en pleine tempête et alors que sa chaîne refusait de remonter !!!  J’ai dû le menacer d’appeler la Police pour qu’il ne mette pas à exécution son projet !

Par contre, quand nous lui avons enjoint de balancer à l’eau tout son mouillage pour libérer son bateau et d’aller passer la nuit au ponton fuel du « Marin » (j’aurais récupéré pour lui, son mouillage le lendemain), là, notre tête de cochon s’est obstiné à refuser, tout en exécutant des manœuvres qui plus d’une fois, ont bien failli coûter de nouveaux dégâts à notre bateau et même, à notre annexe !

Mardi  14.

Le lendemain matin, à 8.30 heures, « Sacre Bleu » partait au « Marin » en toute discrétion ! Comme nous avions déjà appelé la Gendarmerie, Ann s’est lancée à sa poursuite avec notre annexe. Avec au cul, Ann et la Gendarmerie, il a reconnu sa responsabilité en cet « accident » (pour lui, il ne s’agit que d’un accident et non, d’une crétinerie monumentale) et le constat a pu être rédigé de manière contradictoire. Il nous reste maintenant à devoir batailler avec son assurance qui de bien entendu, estimera que quelques petites retouches de peinture feront amplement l’affaire alors que nous savons par expérience qu’avec le temps, les « retouches » deviennent d’horribles patches de peinture. Pour nous, il n’y a pas d’autre solution que de repeindre tout notre flanc tribord (fraîchement repeint) …

Pour votre information, notre courtier d’assurances nous a fait part qu’en cas d’accident sur un mouillage, le plus souvent, le responsable contestait toute responsabilité et cela devenait très vite la parole de l’un contre la parole de l’autre !!! Veillez donc à vous préserver des témoignages, des photos …

Dans le même ordre d’idées, il n’est pas rare que de fausses identités ou de contrat RC inexistant (l’assurance RC n’est pas obligatoire en matière de bateau et c’est fort regrettable) soient communiqués !!!

Quand vous voyez – de près – la malhonnêteté de nombreux plaisanciers, leur manque de savoir-vivre quand il ne s’agit tout bonnement pas de crétinerie, vous comprenez mieux que je ne supporte pas d’autres bateaux dans notre zone de confort ?

Je sors prendre l’air après avoir écrit ce qui précède et je vois un gros catamaran qui rase (le mot est faible) l’avant de « Fou des Iles » … pour s’encastrer juste après dans la chaîne d’ancre d’un catamaran bien plus gros que lui !!!!  Mais bon Dieu merde qu’est-ce qu’ils ont tous dans la caboche , pour toujours raser l’avant ou l’arrière des bateaux ancrés. Nous subissons cela constamment jusqu’au jour où nous aurons un nouvel accident. Philippe de « Tereva » me disait encore ce matin, que la baie « Sainte Anne » regroupait selon lui, une densité exponentielle de crétins au mètre carré et je vais finir par le croire.

Mercredi  15.

7è jour de tempête !! On finit par en avoir un peu beaucoup ras le bol. Heureusement, le soleil brille le plus souvent même si de bien entendu, nous avons droit à quelques sévères grains. Par ce vent, beaucoup de bateaux dérapent mais heureusement, la plupart des skippers sont un peu moins crétin que celui de « Sacre Bleu » qui, pour la petite histoire, venait juste d’avoir traversé l’Atlantique !! En clair, il est venu tout exprès d’Europe, pour me rentrer dedans.

Je passe mes journées à me dire « quel crétin mais quel crétin » … à l’honnêteté douteuse, de surcroît ! Quand je pense que nous l’avions averti que son bateau dérapait mais que cette tête de cochon a préféré aller dormir au lieu de vérifier sa position. En tous les cas, si vous le croisez sur l’eau, méfiez-vous de lui car c’est un parfait crétin dangereux.

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Lundi  16.

Depuis quelques jours, la pluie nous épargne la plupart du temps et cela rend l’endroit encore plus attachant et magique. Nous sommes bien … Par contre, nous stressons souvent à voir quantité de crétins nous tournicoter autour comme si nous étions le seul centre d’intérêt du mouillage ! Et parmi ceux-ci, nous avons ceux de l’ARC qui commencent à pointer de plus en plus le bout du nez. Nous en avons deux sur notre bâbord avant qui auraient pu aller se faire pendre un peu plus loin. La bonne nouvelle c’est que d’une manière générale, ils bougent beaucoup.

La tuile de la journée restera sans aucun doute en l’information que notre compagnie d’assurances met fin à sa branche « plaisance » en sorte que dès fin mars, nous serons une fois de plus, sans couverture si nous ne trouvons pas une autre compagnie. Le problème réside surtout en ce que les primes d’assurance s’envolent alors que comme le bateau vieillit, elles devraient diminuer ! Nous connaissons au moins deux autres voiliers, qui se trouvent dans la même situation !

Mardi  17.

Notre première mauvaise nouvelle de la journée nous fut apportée par Ludovic de « I.D.S. » : son devis pour la réparation, l’amélioration (?) et l’entretien de notre MP … 5.996,84 € ! Encore plus élevé que mon estimation à la grosse louche.

Un autre couperet est également tombé: nous devons procéder à l’entretien du GE. De prime abord, il suffisait de changer l’huile, le filtre à huile et le filtre à gasoil … pas de quoi s’affoler. Mais une fois ces opérations terminées, un troisième couperet est tombé : il fallait changer l’impeller de la pompe à eau ainsi que l’eau glycolée (toutes les 600 heures) !

Remplacer l’impeller reste une opération toujours hasardeuse car notre GE est équipé d’une PTO (grosse pompe hydraulique entraînée par le groupe) qui empêche de retirer la partie du cocon insonorisant … qui donne accès à l’impeller !! Nous ne disposons donc que de quelques centimètres – de biais – pour retirer l’impeller bien enfoncée dans son logement. Déjà, de face, ce n’est pas aisé …

Après avoir mis l’ancien impeller quasiment en pièces détachées (il avait déjà perdu quelques pales avant notre intervention), Ann est parvenue à l’extraire de son logement. Le nouvel impeller en place, il ne fallait plus que revisser la plaque de façade fixée par 6 petites vis. Alors que non sans mal, je vissais la dernière vis … celle-ci se cassa net au ras du métal !!!!

Après avoir enlevé la plaque de façade, je ne pus que constater les dégâts : le seul moyen de forer la vis cassée contraint à démonter la pompe à eau … Si cela avait été une autre vis, il aurait été possible de la forer sans rien démonter mais évidemment, pas celle-là.

Je ne vous dit pas le chipotage pour remettre la plaque de façade en place … à croire que les vis ne correspondaient plus aux trous de vis ! Restait encore à savoir si la pompe serait malgré tout étanche avec seulement 5 vis de fixation sur 6 … par un heureux hasard, l’étanchéité était parfaite !!!

Après tout cela, il nous fallait encore nettoyer le matériel et tout ranger. Seulement voilà, notre extracteur d’huile avait servi à recueillir l’eau glycolée que nous avions retirée du GE car nous n’avions plus de bidons vides . Pour un motif obscur, l’eau glycolée a giclé par le manche de l’extracteur (!!) en arrosant tout notre carré ! Ce fut un peu la grosse goutte qui a fait déborder un  vase déjà bien rempli.

Mercredi  18.

Après la journée de la veille que je n’ai fait qu’entrapercevoir … nous avions décidé que le farniente s’imposait en toutes ses formes. Il faisait merveilleusement beau même si le vent, comme la veille, soufflait  (20 à 25 nœuds).

Cette fois, c’est un crétin suisse qui a jeté l’ancre juste devant nous … à une encablure seulement de notre orin. Et pourtant, son voilier et surtout, son annexe, sont si petits qu’il aurait été plus intelligent de jeter l’ancre plus près du rivage …

Jeudi  19.

LA mauvaise de la journée m’a laissé sans voix ! Les nouveaux propriétaires de « Gray Matter » (Nordhavn 64’) ne sont autres que les anciens propriétaires de « Space Between »  avec qui nous étions en semi conflit ouvert en début de saison passée … au point que nous étions allés passer les fêtes de fin d’année, en Dominique !!! Depuis lors, je vois des Américains honnis partout !

Sont-ils venus jeter l’ancre sur notre bâbord, par crétinisme (option retenue) ou par provocation ? Nous l’ignorons mais c’est quand même un comble. Quand je pense que cela fait depuis plus d’un an que nous suivons « Space Between » à la trace en nous réjouissant à chaque fois qu’il est à des milles de nous …

Deuxième mauvaise nouvelle du jour : Furuno ne commercialise plus notre « Black Box Navnet 3D » et ne dispose non plus de pièces détachées pour celle-ci !!! La nouvelle version est « compatible » avec l’ancienne mais s’élève à  6.390 € ! Nous avons donc confié notre « Black Box » défectueuse aux bons soins de  Jacques de « Diginav » en l’espoir qu’il puisse trouver une solution … avant la fin de la saison, si possible car question délai, il n’est jamais de parole !

Il fait toujours aussi splendide … avec un vent à décorner un bœuf, en matinée mais heureusement, tout se calmait dans l’après-midi.

Alors que nous ne l’attendions plus car d’habitude, il arrive bien avant nous, « Fou d’îles » a fait son apparition. Il venait du carénage. Nous ne les connaissons pas … tout en les connaissant car comme nous, ils squattent chaque année, la baie « Sainte Anne ». D’ordinaire, c’est lui qui nous sert de balise pour positionner notre bateau mais cette fois, les rôles ont été inversés ! Autre point de convergence … ils aiment leur intimité et ne manquent pas une occasion de le faire savoir.

 Vendredi 20.

Une journée magnifique de plus ! En cette période de l’année, cela m’étonne quand même un peu car le mois de décembre n’est pas particulièrement le plus beau mois de la saison. Pour le surplus, rien ne change … les crétins de tout poil pullulent et nous occupons certainement le plus bel et vraisemblablement, le seul emplacement du mouillage où il faut être !

Journée de farniente où nous profitons pleinement de l’endroit. Pas à dire mais je ne connais aucun autre mouillage au monde qui regroupe autant de qualités que celui-ci … ni autant de bateaux !

Samedi  21.

Ce matin, ils avaient tous la bougeotte et nombreux sont ceux qui ont quitté le mouillage. Le temps est toujours aussi beau même si le vent reste soutenu sans exagération pour autant.

En allant faire des courses à « Sainte Anne », nous sommes tombés sur une annexe AB avec deux Français à bord qui essayaient  de regagner à la rame (plus d’essence), leur bateau situé à l’autre extrémité du mouillage. Ils étaient à bout de force et pas prêts de pouvoir encore avancer ! Nous leur avons donc porté assistance en les encourageant à ramer plus fort et surtout, plus en cadence … Ann jouait du tambour tandis que je faisais pleuvoir mon fouet.

En fin d’après-midi, nous avons vu arriver « Black Cat » (catamaran Alegria 67’ dédié au charter). Rien qu’à la lenteur et l’hésitation avec laquelle il se déplaçait, j’avais de suite compris qu’il allait nous casser les bonbons. Comme de bien entendu, il s’est calé à une encablure de notre avant tribord sans le moindre regard en notre direction. C’est typique de ces skippers professionnels qui ne peuvent jeter l’ancre autrement que parmi une foule de bateaux. Les « catlante.com » sont des grands spécialistes à ce petit jeu énervant. Je suppose que cela fait partie du spectacle qu’ils « offrent » à leurs guests. 

Dimanche 22.

Avec une lenteur d’escargot asthmatique, notre skipper indélicat a finalement mis les voiles avec ses guests, vers « Sainte Lucie ». Ouf et bon débarras même si je sais très bien qu’un autre crétin ne manquera pas de prendre sa place très rapidement et que nous ne gagnerons jamais à ce petit jeu !

Je me rends parfaitement compte que notre irritation peut prêter à faire sourire le lecteur extérieur mais à chaque fois que nous avons baissé les bras, nous nous sommes retrouvés à devoir fuir le mouillage pour éviter une collision entre nos bateaux. Je garde un souvenir très amer de notre dernier passage aux « Saintes » que nous avons dû quitter en pleine nuit à cause d’un Américain indélicat qui estimait que son annexe servait de pare-battage … ou encore, à la « grande Anse d’Arlet » où l’indélicatesse d’un Suédois a mis en péril nos deux voiliers alors que Monsieur se promenait à terre !

Je souhaiterais que vous fassiez un petit effort d’imagination … alors imaginez que vous habitez une demeure en pleine campagne. Pour trouver un autre immeuble, il vous faut marcher au moins dix bonnes minutes. Vous le voyez ce panorama enchanteur ? Maintenant, vous imaginez que le propriétaire du terrain voisin dont vous n’êtes séparé que par une clôture symbolique, arrive avec une caravane qu’il installe à la limite des deux terrains, juste à hauteur de votre immeuble bien entendu. Que faites-vous ? Vous allez le voir pour lui souhaiter la bienvenue …

Il fait tellement beau qu’il en fait même trop beau !!! Comme nous sommes des grands amateurs de notre cockpit en lequel nous passons plus de la moitié de notre temps à bord, nous finissons par cuire sur pied … au point de trouver parfois apaisant de passer un peu de temps à l’intérieur !

Ce fut le moment que choisirent Philippe & Michèle de « Tereva » pour venir nous dire bonjour. Nous savions qu’ils arrivaient en Martinique mais pas à quelle heure. Ce fut l’occasion d’un petit apéro au cours duquel ils nous racontèrent qu’à « Mayreau », un autre bateau était venu s’ancrer très près d’eux alors qu’il y avait toute la place autour. Mais pour leur malheur, ils tombèrent sur un grossier merle qui leur proposa de s’éloigner si cela ne leur plaisait pas … Comme quoi, nous ne sommes pas les seuls à nous plaindre du manque d’éducation de trop nombreux plaisanciers. Bien dommage, qu’un cours d’étiquette ne soit pas obligatoire pour l’obtention du permis de naviguer.

Fait divers surprenant et choquant : le bateau de plongée du club de « Sainte Anne » s’est fait voler durant la nuit !!! Comme il s’agit d’un petit bateau en métal dédié exclusivement à la plongée, on ne voit pas très bien ce que les voleurs peuvent en faire à moins que ceux-ci soient originaires de « Sainte Lucie » toute proche. Ce n’est un mystère pour personne que la pauvreté y sévit et que la sécurité y est toute relative.

Lundi  23.

Nouvelle superbe journée … pourvu que cela duuuuuuuuure.

Alors que je l’attendais en début d’après-midi, Marcus de « Caraïbe Marine » est passé au bateau en matinée (!) tandis qu’Ann faisait des courses avec Michèle de « Tereva », pour le remplacement de notre « mini puppy » dédiée au tank journalier. Cela lui a pris 40 minutes et il est ressorti du local moteur, imbibé de diesel … une des raisons pour lesquelles je ne l’ai pas fait moi-même.

Il s’agit d’une excellente petite pompe qui a pour seule faiblesse, son joint ! Bien évidemment, Jabsco, le fabricant, ne fournit aucune pièce détachée pour cette pompe et donc à chaque fois, c’est toute la pompe qu’il faut remplacer ce qui est nettement plus rentable (263 €) que de fournir un joint à 0,50 € … La numéro 1 a tenu pendant des années tandis que la numéro 2 n’aura tenu que trois ans !

En milieu d’après-midi, nous avions à nouveau, droit à une alerte « eau dans le gasoil » !!! Depuis la construction du bateau, il ne s’agit que de la seconde alerte de ce type, la première ayant eu lieu à Trinidad, il y a trois semaines !! Si nous n’avons pas trouvé d’eau en quantité signifiante, selon Ludovic de « I.D.S. », ce sont les capteurs de nos RACOR qui ont pris de l’âge et doivent être remplacés.

Du côté du mouillage, nous avons dû en l’une et l’autre occasion, empêcher qu’un crétin ne vienne se coller à nous mais en finale, grâce à une veille constante, nous avons préservé notre intimité.

Mardi 24

Pour un jour de réveillon de Noël, il fait très nuageux. C’est dommage car jusqu’à hier, c’était tous les jours, plein soleil !

Réveil matinal car j’avais rendez-vous chez le coiffeur pour 9 heures tandis qu’ Ann en profitait pour faire des courses au « Marin ».

Lorsque nous sommes rentrés au bateau, le mouillage était encore un peu animé mais au fur et à mesure de la journée, ce fut le calme plat !! Même le vent s’était estompé !

Vers 19 heures, Philippe & Michèle de « Tereva » sont venus chercher Ann pour la « messe de minuit » de 20 heures à « Sainte-Anne ». Contrairement aux autres années, il n’y avait pas la grosse  foule !!!

Quand Ann est revenue au bateau vers 20.45 heures, nous avons constaté avec horreur que « Octuor » (Mikado de 1980 – 17 mètres battant pavillon français) avait sans le moindre bruit, jeté l’ancre à une encablure de notre avant bâbord !!!! Nous leur avons bien demandé d’aller ancrer plus loin mais ils nous ont carrément envoyer paître après avoir fait semblant de ne pas nous entendre. Joyeux Noël …

Un peu plus tard, Philippe & Michèle venaient passer le réveillon de Noël à bord. Très sympathique ambiance qui s’est terminée à 3 heures du matin !!

Mercredi 25.

Avec un vent nettement plus sud et plus faible … c’était le roulis assuré. Et en principe, nous allons rouler jusqu’au week-end ! Joie.

Avec le lever du jour, nous avons pu faire pleinement connaissance avec nos nouveaux importuns. Ils sont tellement près de nous que nous pourrions presque entendre leurs conversations. Ils sont douze jeunes (6 garçons, 6 filles), dans la vingtaine et ils ont même installé une tente igloo sur la plage avant !! Ils ne sont pas méchants même si Ann a eu droit à un doigt d’honneur de la part d’une des jeunes filles  … ils sont simplement très mal élevés.

Pour moi, il ne fait aucun doute que ces jeunes sont victimes du « syndrome du clapier ». De quoi s’agit-il ? Simple mon cher Watson, à l’époque où la plupart des jeunes sont tous des « Tanguy » en puissance, ils ont un besoin impérieux de vivre en groupe … cela les rassure. On retrouve le même phénomène chez les adultes qui vivent à l’année, dans de véritables clapiers et dont  la seule idée de vivre loin de leurs semblables, angoisse. C’est l’époque qui veut cela alors qu’il y a une trentaine d’années, le grand luxe consistait à pouvoir s’isoler de son voisin.

Si nous avions espéré qu’avec la fin de la journée, ils partiraient, nous en fûmes pour nos frais ! Ils ont passé une seconde nuit aussi rouleuse que la première.

Jeudi  26.

Alors que je me posais la question de savoir si nous n’allions pas jeter l’ancre à l’autre extrémité du mouillage, nos petits crétins levaient enfin l’ancre (ils n’étaient plus que quatre à bord !) pour le « Marin ».

Sur cette excellent nouvelle, je me suis mis à vider seul tout le coffre arrière bâbord, à démonter toutes les boiseries pour en finale, ouvrir la trappe de visite de notre passerelle hydraulique. J’avais à peine terminé que Christophe « le Belge » arrivait avec Ann.

Au départ, Christophe ne voyait pas très bien comment arriver à remplacer la courroie d’entraînement de la passerelle car la trappe de visite ne donne accès qu’à la moitié arrière de la passerelle alors que le moteur  est situé au fond de l’autre moitié …

Avec beaucoup d’intelligence et de patience, il est parvenu non seulement à remplacer la courroie mais également à remettre totalement en état notre passerelle très malmenée par les peintres de Trinidad !

Après son départ, je  me suis « amusé » à tout remettre en place. Avec la chaleur, le soleil et le roulis, j’ai terminé ma journée plus proche du zombie que du plaisancier qui profite de la vie. Quand j’entends parler tous les jours à la télévision française, de « pénibilité » en le cadre de la réforme des pensions, je me demande si je ne devrais pas moi aussi demander qu’il soit tenu compte de la pénibilité de ma préretraite dans le calcul de ma future pension.

Vendredi 27.

A noter que le roulis s’est estompé durant la journée en sorte qu’en fin d’après-midi, les bateaux pointaient à nouveau plein ouest. Yeeees.

En revenant d’avoir fait des courses au « Marin », nous avons été prendre l’apéro sur « Tereva » qui compte profiter du très petit temps, pour aller mouiller quelques jours sur la face atlantique de la Martinique. Brrrrr.

Alors que nous sommes sans cesse sur le qui-vive pour essayer de préserver notre intimité, « Celtic Spirit » (37 m. – 4.50m TE – battant pavillon irlandais) s’est glissé entre tous les bateaux mouillés pour jeter l’ancre juste sur notre arrière tribord !!! Si le voilier est magnifique, de par sa taille, sa place se trouve sur le pourtour extérieur du mouillage et non, en plein milieu de tous les petits bateaux.

Le meilleur moment de la journée fut lorsque David (Ann) s’est adressée à Goliath (le skipper de « Celtic Spirit ») en lui criant : « vous êtes trop près, allez plus loin» ! Amusant mais Goliath n’a pas bronché d’un cil ! Il ne devait certainement pas être habitué à ce qu’une femme lui demande d’aller jeter son ancre plus loin. Oh, l’outrecuidance ! 

Samedi  28.

Superbe, magnifique journée avec un vent plutôt faible mais le plus important reste sans conteste que la proue pointe vers l’ouest et que donc, nous n’avons pas de roulis. Si on pouvais ajouter à cela la certitude que plus aucun crétin ne vienne jeter l’ancre dans notre zone de confort et je serais le plus heureux des hommes. Je pourrais alors me consacrer pleinement à démoraliser tranquillement en pensant à nos trop nombreux ennuis techniques …

Mais bon, il nous faut faire des tours de garde jusque 21 heures passées (!) pour avoir une chance de ne pas avoir de voisin trop envahissants. Si je travaillais à la SNCF ou à la RATP, je n’hésiterais pas un seul instant à faire grève pour conserver ce privilège mais tel n’est pas le cas.

Le soir, nous avons commandé une pizza que nous avons dévorée devant notre émission préférée : « 50’ Inside » de TF1.

Dimanche 29.

Alors que nous étions convaincus que « Celtic Spirit » nous avait tellement à la bonne qu’il ne s’en irait plus, il a mis les voiles vers « Sainte-Lucie » ! Etonnant ce voilier de 2003 qui en est à son troisième propriétaire et qui ne semble pas encore avoir trouvé sa voie. Nous sommes même persuadés que le changement de propriétaire est assez récent car sur son tableau arrière, on peut encore lire « Valetta » qui correspond à sa précédente immatriculation.

Journée très calme durant laquelle l’annexe de nos chers amis de « Gray Matter » s’est fait la malle sans leur en demander la permission. Et qui a encore cru nécessaire de les en avertir … alors que pour ma part, je trouvais le spectacle, intéressant ?

Lundi  30.

Le joint de liaison coque alu/boudin en hypalon de notre annexe, se décolle !!! Assez surprenant pour une annexe AB réputée comme le haut de gamme. Nous nous posons donc la question de son remplacement.

Nous avons consacré notre journée à étudier le marché et les possibilités à notre disposition. En finale, il apparaît que nous n’avons d’autre choix que de réparer (1.500 € – 4 jours d’immobilisation – rdv. 20 janvier ) pour ensuite, si  le cœur nous en dit, changer d’annexe.

Nous avons un œil sur la 3D Tender de 4.20m avec un Honda 50 CV pour un budget (après remises) de 15.900 €. Une nouvelle AB – sans motorisation – et après remises, reviendrait à 10.330 € …

Mardi  31.

Pour notre réveillon, nous avons appris que le condensateur pour notre compresseur de plongée se ballade quelque part dans les couloirs de La Poste et Jacques de « Diginav » vient de nous annoncer que le problème de notre « black box » résidait en sa carte mère (après nous avoir soutenu le contraire durant un temps) que Furuno ne fabrique plus et dont le coût était de 3.500 € à l’époque ! Joyeux réveillon.

Alors que j’étais parvenu à faire remonter l’ancre d’un voilier canadien qui était en train de mouiller bien trop près de notre avant bâbord, à peine une demi-heure plus tard, « Yak » immatriculé à Fort de France mais battant pavillon finlandais, venait planter son ancre tout à côté de nous !!! Nous étions mieux avec le canadien qui avait au moins un voilier classique plutôt que cette vieille poubelle finlandaise …

Tandis que j’essayais de faire comprendre à cette tête de cochon de finlandais (j’ai cru dans un premier temps qu’il s’agissait d’un français ! Oups .)  que le mouillage était vaste et qu’il serait préférable qu’il aille mouiller un peu plus loin, je me suis fait copieusement injurier par des saluts nazis accompagnés de « heil Hitler » et autres simagrées grotesques.

Ce n’est pas tant le salut nazi qui m’a choqué tant il est fréquent que les crétins de tout poil confondent le pavillon allemand (en horizontale : noir, rouge, jaune) et le pavillon belge (en verticale : noir, jaune, rouge), c’est davantage que celui-ci émane d’un Finlandais qui sauf erreur de ma part, étaient fort proches des nazis durant la guerre …

Quand Philippe & Michèle de « Tereva » sont venus nous chercher pour réveillonner, nous avions le morale dans les talons mais nous avons fait un gros semblant de rien.

Il était prévu de rejoindre toute la petite famille de « Saltimbanque des Flots » et d’aller manger des accras à « Sainte Anne » sauf que … tout était fermé ou en préparation du dîner de réveillon ! Nous avons quand même pu trouver un caberdouche ouvert et les épouses sont parvenues à nous dégoter des accras.

Ensuite, nous sommes allés réveillonner sur « Tereva » où Philippe était passé avec brio, derrière les fourneaux. Ce fut un très sympathique réveillon à quatre. Par bonheur, le vent était totalement tombé facilitant la circulation des petites annexes et les bateaux pointaient vers l’ouest (pas de roulis). Happy end.

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Publié par : Ann & Stéphane | 16 décembre 2019

04 au 15.12.2019 – Retour en Martinique: 160 NM – 69 NM – 23 NM.

Mercredi  04.

Nous étions fins prêts à partir après un énième passage du peintre mais pour des raisons de sécurité (pirates), nous avions décidé de faire la traversée sur Grenade … de nuit. Aussi quitter l’île pour 16 heures était un bon compromis auquel nous avons essayé de ne pas déroger. Plus facile à dire qu’à faire car plus, la petite aiguille se rapprochait de 14 heures et plus, nous devenions fébriles !

Pour arriver à ce résultat, nous avons quitté la « marina Peake » … un peu avant (petite dérogation)  14 heures ! Première étape : le plein de diesel qui est nettement moins cher (0,86 €/litre) qu’en Martinique. Pour cela, il faut se rendre au ponton de « Power Boat ».

Quand nous arrivons au ponton, celui-ci était occupé par un bateau de pêche que nous avions déjà vu là l’avant-veille ! Pourquoi s’énerver puisque le ponton a deux côtés … sauf que l’autre côté était lui aussi occupé par un bateau de pêche encore plus grand et qui manifestement n’avait rien à faire là !

Conscient tout de même de ne pas être à sa place, le premier bateau de pêche a largué ses amarres en nous voyant arriver. En dosant nos manœuvres, nous sommes parvenus à ne pas nous rentrer dedans !

Il nous a fallu une petite heure pour tanker (775 litres) ! Alors que nous étions en pleine opération de remplissage, un couple de français, Pierre & Véronique du catamaran « Le petit filou », nous aborde très sympathiquement pour nous raconter qu’ils suivent nos aventures depuis plusieurs années et qu’ils passent là où nous sommes passés … avec une année de décalage !

Vous le croirez ou non mais ce qui nous a le plus ému, c’est leur joie de pouvoir enfin nous rencontrer ! Grâce à notre blog et à l’AIS de « S.A.S.³ », il est vrai qu’il est facile de nous suivre à la trace. Nous les attendons d’ailleurs, de pied ferme, à la baie « Sainte Anne » pour faire un peu mieux leur connaissance.

Les réservoirs pleins (attention le pistolet remplisseur ne s’arrête pas automatiquement comme il le laisse croire … saleté de bidule !), nous sommes partis tout à notre aise vers la sortie, en prenant directement deux ris dans la GV. Un autre voilier français (Océanis 44 ?) quittait la rade en même temps que nous.

A mon plus grand étonnement, la mer était relativement calme au dehors ! Avec le courant et le vent sur le nez pour bien passer au large des plateformes pétrolières , c’est la partie la plus pénible de la traversée qui peut même être carrément horrible quand la mer est agitée comme l’année passée. Si nous avons bien essayé de mettre la toile, nous avons été contraints de naviguer essentiellement au moteur.

Petit coup de chaud lorsque je me suis rendu compte que notre route allait croiser celle d’une yole (bateau rapide, très élancé et tenant remarquablement la mer dont sont férus les pirates) !! Par chance, celle-ci rentrait à « Chaguaramas » avant que la nuit ne tombe.

En début de saison, je me pose toujours la question de savoir sous quels auspices celle-ci va débuter. Pas cette année car avant même que nous revenions au bateau, les ennuis techniques étaient déjà de la partie et en naviguant, la liste n’a fait que s’allonger : le moteur ne monte plus au-delà de 1.600 tours et notre Navnet ne veut plus s’allumer  !!! Ceci nous a permis de découvrir – ô grand bonheur – que la Navnet commande l’AIS, le radar et certaines autres indications reprises par nos B&G. Pas de quoi nous empêcher de naviguer mais cela limite quand même très fort le petit confort auquel nous sommes habitués.

Après « Hibiscus » (en fait, après « poinsettia gas field »), nous avons pu enfin abattre en grand, profiter du courant porteur et naviguer sans plus trop nous soucier des pirates et des cargos. Eh bien pas de chance car un peu plus tard, je relevais avec horreur que la nuit si claire grâce à la lune, devenait du côté au vent, bien trop sombre pour être honnête !

Mes appréhensions se révélèrent rapidement fondées lorsque le vent se mit à monter jusque 35 nœuds  et que la pluie l’accompagna. La météo prévoyait un vent de 15 nœuds que nous avions traduit par 20 nœuds, ce qui était assez conforme à la réalité … hors grain.

Si le grain ne fut pas trop long, nous avons eu droit presque successivement à de la pluie peu agréable … en deux occasions. Comme nous étions passés de 7 nœuds au moteur à  8 à 10 nœuds à la voile, cela traçait pas mal. Belle consolation.

Nous avons encore eu droit à deux autres grains de +/- 30 nœuds mais comme nous étions au largue (110°), nous n’avons rien enroulé … laissant seulement « S.A.S.³ » se griser tout seul.

Jeudi 05.

A l’approche de la pointe SO de Grenade, nous avons eu droit à un terrible grain persistant à 35 nœuds alors qu’il était 3 heures du matin !  Nous serions partis en fuite si par malheur, un cargo se rendant à « Port Louis » de  Grenade,  ne nous coupait toute échappée de ce côté là et nous contraignait de surcroît, à remonter au vent pour ne pas le heurter !!! Je l’ai réellement maudit car s’il s’était mis un instant à notre place, il aurait vite compris que la situation était quelque peu critique : nous marchions  sous seule GV arrisée à 2 ris, à plus de 7,5 nœuds ! Si nous avions eu notre AIS, il aurait été facile de prendre contact avec lui par VHF … voire de mieux contrôler nos routes respectives mais là dans les circonstances, nous avons fait le gros dos en nous remettant totalement à notre voilier qui ne nous a jamais déçu.

La remontée de Grenade, de nuit, nous a permis de nous remettre un peu de nos émotions  mais avec le lever du jour, nous avions atteint l’extrémité nord de l’île et un solide vent réel de +/- 20 nœuds, au près serré, nous a accompagnés jusque Bequia.

Solide navigation où le bateau et son équipage ont été arrosés copieusement. Plus tard dans la journée, c’est avec le cagnard et surtout la fatigue de notre nuit blanche que nous avons dû composer ! Trop fatigués pour goûter aux joies de la navigation, nous avons eu l’impression que jamais nous n’arriverions à Bequia ! Pire, à chaque fois qu’une île se dressait sur notre horizon, nous pensions que c’était notre destination … le cauchemar.

En finale, nous avons atteint notre mouillage pour 15 heures et « Taboo » (25 m) nous y rejoignait une heure plus tard sans que nous ne sachions à quelle heure il était parti de Trinidad.

Pour ne pas abîmer notre nouvelle peinture de coque, nous avons dérogé à notre habitude d’aller à la bouée. Nous avons ancré en priant le ciel qu’un crétin ou l’autre ne vienne s’ancrer trop près de nous … C’est alors que nous avons vu « Taboo » jeter l’ancre un peu près sur notre bâbord !!

Plus besoin d’airco … il y a suffisamment de vent en permanence pour nous ventiler agréablement et par bonheur, il n’a pas plu durant la nuit !

Vendredi 06.

Comme nous le pensions, « Taboo » a levé l’ancre dès 6 heures du matin (ils ont des guest aux Vierges durant le mois de décembre) tandis que nous profitions paresseusement de notre matinée.

« Mondango » (56m) que nous avons déjà croisé au « Marin » est venu s’ancrer à notre hauteur, à bonne distance. Il fait superbe et nous profitons de cette journée calme et aérée pour réaliser divers petits boulots dont la parution de notre premier article de notre blog tant attendu par Pierre de « Le petit filou ».

Samedi 07.

Si  je serais bien resté un jour de plus à Bequia, Ann avait envie de bouger et de faire escale à « Rodnay Bay » au nord de Sainte Lucie. Il est vrai qu’avec notre ennui de moteur (impossible de dépasser les 1.600 tours ! Bien qu’elle ne soit pas mécanicienne, Ann a eu le génie de diagnostiquer que notre problème de moteur résultait  de son turbo !!), il était peu vraisemblable que nous arrivions en Martinique avant la nuit. Aussi pourquoi ne pas aller mouiller dans cette baie où nous n’avons plus mis les pieds depuis des années !

A noter que la première année, nous avons fait le trajet Trinidad-Martinique, en une étape … la seconde année, en deux étapes … et cette troisième année, en trois étapes et cela nous a tellement plu que l’année prochaine, nous comptons le faire en quatre étapes !!

Le pire fut de nous réveiller à 5 heures du matin … dans le noir ! Brrrrrr que je déteste cela mais qu’est ce que je déteste cela. Encore un peu et je renonçais à partir.

Ayant pris une bonne marge, nous avons été en mesure de hisser la GV pour 6 heures et « en avant toute ». De prime abord, cela soufflait pas mal et plus que les 15 nœuds annoncés par la météo !! Mais une fois dehors, le vent n’excédait pas en fait, les 19 nœuds.

Au près, GV arrisée à 2 ris et génois déroulé au minimum, « S.A.S.³ » marchait à plus de 8 nœuds dans une mer moins agitée qu’elle ne peut l’être en cette zone.

Arrivés à hauteur du nord de Saint Vincent, un bon vent de 18 nœuds nous attendait de pied ferme. La traversée au près, du canal fut un peu longue et éprouvante mais nous en avons eu pour notre argent. Au début, nous avons eu quelques difficultés à trouver le bon équilibre au niveau voiles avant mais avec un génois un peu plus déroulé et une prise en main de la barre, « S.A.S.³ » filait merveilleusement à plus de 9 nœuds.

S’il y avait un peu de monde sur l’eau, il n’y avait pas pour autant foule et nous avons surtout croisé des bateaux qui profitaient joyeusement d’un vent au largue. Grrrr.

A hauteur des « 2 Pitons » de Sainte Lucie, nous avons remis le moteur pour relever que la pression du turbo était revenue par miracle en sorte que nous avons pu monter dans les tours du moteur !! Joie.

Cela soufflait pas mal en remontant l’île (!) mais le vent venait un peu trop sur le nez et pour une fois que le moteur pouvait un peu se décrasser, nous n’avons pas essayé de mettre la toile. Le trajet nous a donc paru un peu longuet pour ne pas dire carrément désespérant. Nous sommes arrivés pour 15.20 heures au mouillage.

Du côté des mauvaises nouvelles, j’ai relevé un accroc dans notre génois (!!!) et la perte d’un cache-charnière en inox qu’il faudra faire refaire. Par contre et comblant très largement ces petites misères agaçantes, Ann a eu une fois de plus, le génie de découvrir pourquoi depuis quelques années, je prends toujours de l’eau de mer dans mon atelier !!!

Cela fait depuis pas mal de temps que nous recherchons la cause de ces infiltrations d’eau de mer  et en rénovant notre pont en teck, nous pensions y avoir mis fin. Hélas, lors de notre traversée, nous avions eu la très désagréable surprise de constater que le problème subsistait plus que jamais ! Comme toujours, nous avons cherché longtemps midi à quatorze heures car c’est tout bêtement le joint du capot de pont qui ne joue plus son rôle d’étanchéité ! Vous connaissez l’œuf de Colomb …

A tout vrai dire ce n’est pas exactement aussi simple que cela. En fait, lorsque le pont avant est submergé par une vague, le capot de pont se soulève par l’effet de la vague et se crée ainsi une fente entre l’encadrement et le joint d’étanchéité, laissant l’eau de mer s’éclater sur tout le plafond. C’est bien pourquoi nous n’avons pas recherché dans la bonne direction : l’eau de mer ne s’écoule pas à la verticale mais plutôt à l’horizontale en raison de la gîte, je suppose. Pour le constater, il aurait fallu être en l’atelier au bon moment … et cela ne fut jamais le cas ! Comment Ann y a-t-elle pensé ? En relevant qu’en mettant son poids sur le capot de pont, celui-ci s’enfonçait un peu beaucoup dans l’encadrement.

Au mouillage, nous avons assisté à l’arrivée spectaculaire de « Umiko » (Swan 80’) de l’ARC. Le premier était déjà arrivé il y a une semaine et le gros des troupes est attendu entre le 12 et le 17 décembre.

Dimanche 08.

Une nouvelle fois, je serais bien resté une journée de plus au mouillage mais nous souhaitions être en Martinique dès le lundi pour prendre tous nos rendez-vous avec notre bataillon de techniciens. Comme il ne restait plus que 22 milles nautiques à parcourir, nous avons fait la grasse matinée et ne sommes partis qu’à 11 heures. La baie m’est apparue nettement moins attirante que la veille sans doute parce qu’elle était trop calme.

Pour rejoindre la baie « Sainte Anne », il nous a fallu batailler contre le vent (15 à 17 nœuds)  dans un canal qui n’était pas particulièrement hostile. On aurait pu parler d’une belle traversée si  à une dizaine de milles de l’arrivée, un large grain ne nous avait obligés à faire le gros dos. La féérie du départ a disparu avec le grain et nous avons dû ensuite jouer tantôt avec le moteur tantôt avec les voiles pour atteindre notre destination. Avec toute l’eau qui nous est tombée sur la tête à partir de ce moment là de la journée, nous aurions pu irriguer tout un désert ! Bienvenue en Martinique … l’île aux mille couleurs de vert.

Comme il fallait s’y attendre à cette époque de l’année et un dimanche de surcroît, le mouillage était full de full. Il m’a quand même semblé que les bateaux étaient un peu plus écartés les uns des autres que dans mon souvenir.

La bonne nouvelle était qu’il était criant qu’après une saison « canadienne » suffocante et une saison « américaine » insupportable, cette saison était beaucoup plus « équilibrée » : une nationalité ne semble pas l’emporter sur les autres.

A la recherche d’un emplacement, nous sommes passés devant nos amis, Thierry & Françoise de « Symi », qui nous ont invités à prendre l’apéro à leur bord, ce mardi. En finale et bien que nos points de repère habituels aient disparu (certains habitués ne sont plus là !), nous avons trouvé une place très proche de celle de la saison passée.

Il n’a pas fallu plus de 47 minutes et 53 secondes pour que « Cavendisch » (Catana 55’) ne viennent jeter son ancre à une encablure de notre arrière bâbord !!! Nous aurions pu prendre l’apéro ensemble tant les bateaux étaient proches ! Que dire ? Que faire ? Nous venions à peine d’arriver que nous étions déjà sur le sentier de la guerre avec des habitués du mouillage, de surcroît. Si j’avais opté pour boire le vin jusqu’à la lie, Ann,  par de discrets signes captés par l’épouse de l’autre bateau, est parvenue à les faire ancrer un peu plus sur l’avant où ils ne dérangent désormais plus personne. Etait-ce si difficile à comprendre ????

Lundi  09.

C’était un peu le lendemain de la veille ! On pouvait enfin relâcher la pression … on était de retour à la maison.

Ann avait eu beau avertir tout le monde de notre arrivée « pour gagner du temps », il a fallu relancer les divers techniciens qui, bien entendu, n’avait rien réservé dans leur planning pour nous. Comme bientôt ce seront les fêtes et les inventaires , nous devrons nous armer une fois de plus, de beaucoup de patience … ce sont les îles.

S’étant luxé une ou plusieurs côtes quelques jours plus tôt, j’ai conseillé à Ann qui avait passé une très mauvaise nuit, de rester au lit pour la journée. Ne pouvant pour ma part, me résigner à glander, je me suis mis en tête de placer la nouvelle courroie du compresseur de plongée, que je n’avais pu trouver en Martinique en fin de saison.

Pour y arriver, je n’ai eu d’autre choix que de retirer le compresseur de son logement pour le poser sur le pont … et de repositionner le moteur d’entraînement. Ni l’une, ni l’autre des tâches ne fut aisée et devant mon énervement grandissant, Ann est venue me prêter main forte.

Après quelques chipotages et avoir vérifié que le compresseur tournait correctement, je l’ai replacé dans son logement. Lors de mes essais, j’avais bien été un peu stressé par une fumée blanche qui sortait du condensateur mais comme le phénomène n’avait pas perduré …

Lors du gonflage d’une bouteille, il m’a semblé que le remplissage était un peu lent et peu de temps après, le compresseur se mettait en sécurité ! La courroie ne semblait pas être en cause. Donc … la liste de nos ennuis techniques venait de s’allonger d’un nouveau problème de taille car sans compresseur … pas de plongée : nos bouteilles sont des 300 bars et les clubs locaux ne gonflent que jusqu’à 200 bars !

Le moral était donc au plus bas lorsque nous nous sommes rendus à bord de « Symi » pour y prendre l’apéro. Mais après avoir entendu la liste des ennuis techniques de nos amis, Thierry & Françoise, qui devaient être partis vers les « Bahamas » depuis plusieurs semaines … j’ai reconsidéré nos problèmes avec un autre œil.

Mardi  10.

Un peu avant 3 heures du matin, nous avons eu droit à trois gros grains successifs. J’ai réellement eu le sentiment  que toute l’eau du ciel nous tombait en une fois, sur la tête.  Incroyable la violence de la pluie.

La seule manière réellement efficace de faire avancer les choses, reste encore de se rendre sur place et c’est ce que nous avons fait durant toute la matinée. Par le bonheur le plus insensé, nous avons trouvé chez « Caraïbe Marine », un condensateur pour notre compresseur de plongée ! Il ne reste plus qu’à le placer …

En fin de journée, nous avions l’impression d’avoir fait un grand pas en avant et peut-être encore davantage, repris nos marques.

Question météo, il fait venteux et pluvieux (succession de grains) mais en cette saison, on ne peut espérer mieux en Martinique. Il est assez extraordinaire qu’en quittant « Chaguaramas » si tard, nous ayons encore pu profiter de conditions météo fort agréables alors que les Alizés sont censés se renforcer en fin d’année.

Mercredi  11.

Journée farniente. Nous en avions besoin . De temps en temps, on a tous besoin de relâcher un peu la pression et de se laisser croire que tout va bien dans le meilleur des mondes.

En début d’après-midi, Ludovic de « I.D.S. » venait diagnostiquer notre panne de turbo. Pour lui, il ne fait aucun doute que le long séjour de « S.A.S.³ » sur le tarmac, est à l’origine du blocage temporaire du turbo et que le phénomène se reproduira après une longue inactivité du moteur.

Vu l’âge du moteur, il nous conseille de procéder par priorité, au nettoyage des échangeurs et à divers autres travaux censés améliorer les performances du moteur. Il  faut bien reconnaître que nous avons été  consternés de relever l’augmentation très sensible de notre consommation (+ /- 300 litres !!!!) – le blocage du turbo serait en partie responsable de cet état de chose.

Un devis devrait nous parvenir d’ici la fin de la semaine mais à la grosse louche, on peut parler de plus de 5.000 € !!! Notre plus grosse erreur fut de réaliser l’année passée, un « gros » entretien à Trinidad, par le dealer Volvo local. Cela nous a coûté une fortune pour pas grand chose.

Arrivée de notre compatriote « Amalia » (TS 50’) qui a participé à l’ARC.

Jeudi  12.

Nous avions commandé la saison précédente (!) des coupe-batteries électriques plus puissants (800A au lieu de 500A) que ceux qui  équipaient le bateau depuis son origine et qui sont devenus au fil du temps, de simples consommables …

Christophe dit « le Belge » est venu les placer en fin de matinée. Pouvons-nous espérer avoir enfin mis un terme définitif à nos problèmes électriques à répétition ? Nous l’espérons du moins.

Quant à notre inverter (transforme le 24V en 220V) dont l’électricien de Trinidad – Randy Khan de « Marine Electrical » – avait dit qu’il se mettait en sécurité en raison d’un censeur défectueux, au lieu de débrancher le censeur comme il nous l’avait affirmé, ce crétin n’a fait que débrancher le Masterview qui commande à distance l’inverter !!! Un bon conseil : garder ce type à bonne distance de votre bateau.

Nos batteries Optima du MP ? Nous les avons ramenées chez « Caraïbe Marine » qui doit voir la question avec son fournisseur … Nous n’avons cependant pas pu ne pas remarquer que Christophe avait été chargé de vérifier très consciencieusement nos chargeurs en l’hypothèse favorable où on pourrait nous imputer la faute de leur décharge. Le mot « garantie » est la bête noire de trop de commerçants.

Notre blackbox Furuno qui commande notre AIS , le radar et tant d’autres fonctions, va devoir partir à la réparation !

Le compresseur de plongée ?  Christophe nous a expliqué comment monter le nouveau condensateur mais les seuls que l’on trouve sur l’île, sont à cosses ou à fiches alors qu’il nous en faudrait idéalement un condensateur à fil. Nous l’avons donc commandé par internet … mais ce n’est pas possible de se le faire livrer en Martinique !! Donc, nous le faisons livrer à la maison et notre fille, Marie-Charlotte nous l’enverra par la poste.

Quant à notre passerelle hydraulique dont je n’ai pas encore fait état … elle est en panne car la courroie d’entraînement du plateau principal, est déchirée. Manifestement, les peintres ont « joué » avec la passerelle et l’ont détraquée. Christophe est parvenu à la remettre plus ou moins sur les rails mais il va falloir commander une nouvelle courroie et surtout, la remettre en place ce qui laisse augurer bien des plaisirs.

Pour le surplus ? Ce fut une journée « ordinaire » avec pas trop de pluie.

Départ vers le nord, de « Symi » que nous ne sommes pas censé les revoir de sitôt. Snif.

Vendredi  13.

A notre réveil, tous les bateaux roulaient beaucoup ! Cela arrive de temps en temps sans que l’on comprenne pourquoi. Le plus souvent, le vent est assez faible mais cela n’explique pas tout. En fin de matinée, le phénomène avait disparu comme par enchantement.

Nous avons de nouveaux voisins :  « Search Projects » (Sun Fast 40’) battant pavillon belge et copains d’Alexis & Sylvie de « Amalia ». Dans le courant de l’après-midi, ils allaient prendre une place à la marina sans que nous ayons réellement eu l’occasion de faire leur connaissance.

En nous rendant au « Marin », nous sommes tombés sur un autre voilier belge … « Badoc » qui venait en droite ligne des Canaries !!! Oui, oui, il s’agit bien de notre copain Francesc avec qui nous avons réalisé une partie importante de notre tour du monde. A l’époque, il battait pavillon espagnol mais comme il est catalan indépendantiste …

Autre moins bonne surprise, nos deux batteries Optima ont été rechargées par « Caraïbe Marine » et se portent à merveille ! En clair, Randy Khan de « Marine Electrical » qui nous avait affirmé avoir essayé – en vain – de recharger nos batteries, est un incompétent (inversion des polarités de la batterie GE), un crétin (débranchement du Masterview en lieu et place du sensor soi-disant défectueux de l’inverter) et maintenant, un menteur (recharge impossible des batteries). Si vous ajoutez à cela un montant de facture prohibitive … tirez vous-même la conclusion. Un grand merci au passage, à Chris Doyle qui l’avait renseigné et qui n’a pas réagi à notre mail dénonçant les faits.

En finale, nous avons à bord, deux batteries Optima (bleues) quasiment neuves dont ne savons plus que faire. Les vendre à perte ? Non, merci … nous avons assez donné en la matière. Nous allons les caser quelque part dans le bateau et nous verrons bien plus tard.

Comme c’est un peu la journée, nous sommes ceinturés sur bâbord, par un Lagoon 620 de location et sur tribord, par « Pacha » (Bénéteau battant pavillon français) qui a manifestement préféré ne pas voir nos signes de désapprobation. Le plus incroyable est que « Pacha » est parti une heure plus tard, au « Marin » mais il fallait qu’il vienne nous emmerder un peu avant !

Samedi  14.

Je me suis remis à la natation et cela fait un bien fou. La visibilité n’est pas terrible mais l’eau a juste la température idéale.

Après la douche et le petit déjeuner, nous avons terminé de coller une nouvelle protection couleur sable, pour le fond de l’annexe. Impossible d’ajuster tout cela au millimètre malgré tous nos efforts pour réaliser un gabarit correct ! Mais bon, le résultat est malgré tout fort satisfaisant.

Avant le week-end, il nous a paru important de réaliser quelques courses d’avitaillement. A tout vrai dire, j’ai pensé que j’allais dépérir sur place, en attendant dans l’annexe, le retour d’Ann ! De surcroît, il n’y avait pas autant d’ambiance que d’habitude au ponton du « Leader Price ».

De retour à bord, j’avais perdu toute énergie pour changer le « sensor » de température des batteries MP et GE. De prime abord, le « sensor » est défectueux mais nous avons quelques doutes à ce sujet : le caisson des batteries est très proche du MP et du GE et donc, celui-ci est soumis à de fortes températures qui pourraient expliquer les alarmes que nous enregistrons depuis que Christophe a branché le chargeur 12V à notre Masterview de contrôle !

Dimanche 15.

Première tâche de la journée : remplacer le « sensor » de température. Aucune difficulté particulière ce qui en soi, est étrange …

En voulant nettoyer une trace sur la coque, à hauteur d’une évacuation (celle des bancs du cockpit), je relève avec stupéfaction qu’un tissu en obstrue la sortie !! Ce sont vraisemblablement les peintres qui l’ont oublié.

Le « bouchon » retiré, ce sont des boues compactes de sciure de bois qui continuaient de boucher l’évacuation. Il me faudra beaucoup de patience pour parvenir à tout désobstruer.

Nous avons terminé la journée, ceinturés sur tribord, par une horreur de bateau à moteur américain (« Gray Matter ») et plus tard, sur bâbord, par « Skylark »(cata Atlantic 72’). Enfin, nous tolérons plus facilement ce genre d’unité en composite que l’autre montagne russe.

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Publié par : Ann & Stéphane | 6 décembre 2019

22.11. au 03.12.2019 – Retour à bord … long, pénible et douloureux !

Mise en garde ! La lecture de ce qui suit, s’adresse uniquement à un public averti qui a le cœur bien accroché . Nous déclinons toute responsabilité en cas de malaise cardiaque.

22 novembre au 03 décembre 2019 – Retour à bord … long, pénible et douloureux.

Vendredi 22.

Réveil à 3 heures du matin pour un vol d’une heure Bruxelles/ Francfort  prévu à  7.00 heures (20’ de retard au décollage) sur Lufthansa.

Départ de Francfort à 10 heures pour un vol d’une durée de 10.15 heures sur Grenade avec Condor.

Arrivée à 15.15 heures (heure locale – décalage horaire de  4 heures).

Jusque là, rien à redire sauf que … suite à la faillite de Thomas Cooke, notre vol du 17 novembre avec Condor, membre du Groupe Thomas Cooke, fut annulé ! Après une semaine d’attente, histoire de voir comment tout cela allait évoluer, nous avons repris contact  avec Condor pour savoir si une solution de rechange nous était proposée .Il nous fut effectivement proposé un vol simple pour le 22 novembre au prix de 1.200 € (2 personnes) ! La compagnie nous offrait gracieusement les 300 € prévus en cas de changement de date … Après avoir raccroché, Ann trouvait sur internet, le même vol pour 800 € (2 personnes) ! Aujourd’hui, Condor, sans motif particulier, nous refuse le remboursement de nos 800 € !

Si à Grenade, nous n’étions qu’à une encablure de Trinidad, nous avons dû faire le reste du trajet avec Liat, une compagnie aérienne locale. L’embarquement était prévu pour 20.40 heures …

Il aurait été logique que nous attendions notre avion en salle de transit mais cela aurait été beaucoup trop facile ! Nous avons donc dû récupérer nos lourds et encombrants bagages pour ressortir du minuscule aéroport … pour mieux y rentrer à nouveau.

Premier problème, l’enregistrement des bagages ne pouvait se réaliser qu’à partir de 19 heures ! Nous avons donc attendu, quasiment seuls, dans un aéroport sans le moindre intérêt, durant 4 heures !

Second problème, la gentille préposée de Liat constatant que nous dépassions de 5 kilos la limite de poids autorisée, nous a réclamé la preuve du paiement de la surtaxe.  Oui mais voilà … à Bruxelles, la préposée s’était montrée conciliante et ne nous avait rien réclamé !! Gros dilemme donc pour notre préposée qui ne savait plus quoi faire(bien entendu nous étions prêts à payer la surtaxe mais apparemment cela n’était pas possible !) … Après moultes hésitations, les bagages étant enregistrés jusque Trinidad, ils partiront finalement dans les soutes de l’avion sans autre formalité. Ouuuf.

Troisième problème. Alors que nous attendons depuis déjà un très long moment, dans la salle d’embarquement avec  une dizaine d’autres malheureux, nous sommes appelés avec un autre passager, au service des bagages !! Là, le préposé nous fait rentrer dans son cagibi … une personne à la fois ! Ann s’y colle et a droit à la fouille méticuleuse de tout son sac (il a même été jusqu’à déplier un protège-matelas et à tâter le tissu …) ! Lorsqu’il en arriva au bagage enregistré à mon nom, normalement Ann aurait dû sortir pour que je puisse prendre sa place mais mon épouse ayant évoqué que je ne parlais pas très bien l’anglais, elle a eu le droit exceptionnel d’assister à la fouille tout aussi méticuleuse de notre second sac.  Pour ma part, j’ai été consigné d’autorité à me tenir dans un coin de la pièce sans pouvoir parler avec elle !! Ma présence était toutefois indispensable puisque je devais pouvoir témoigner que rien n’avait été volé au cours de la fouille (dans les pays  « civilisés », nos sacs sont systématiquement ouverts par les douanes car nous transportons toujours des pièces pour le bateau. Comment le savons-nous ? Parce que la première année, nous avons retrouvé nos sacs sans leurs cadenas avec un petit mot de la douane expliquant que le sac avait été ouvert sans autre forme de procès).

Quatrième problème. Alors que nous sommes crevés de crevés, nous apprenons que notre vol est retardé à … 22.20 heures . « Shit » comme dirait un autre passager.

Après 40’ de vol durant lequel nous n’avons même pas reçu une collation (!), nous débarquons enfin à Trinidad. Nous ne sommes qu’une petite poignée. Cela n’empêcha pas nos chers douaniers de nous faire chier à leur tour, par l’ouverture de nos bagages.

Nous sommes morts de fatigue ( debout depuis 25 heures !!!!), nous apportons comme tout plaisancier, des pièces de rechange pour notre bateau en transit sur l’île, nous contribuons tous largement à faire tourner l’économie de l’île et les douaniers ne pensent qu’à une seule chose : essayer de nous soutirer quelques taxes au bien-fondé douteux !! Que les douaniers traquent les trafiquants de tout poil ou l’introduction de drogue, cela nous le comprenons aisément mais pas cette véritable chasse aux sorcières (les plaisanciers sont particulièrement visés).

Une heure de taxi plus tard, nous avons atteint notre chambre du chantier Peake … il était 1 heure du matin (heure locale). En principe, c’était le shuttle du chantier qui devait venir nous chercher mais quand son chauffeur a appris le retard de notre vol, il s’est décommandé et est rentré se coucher ! C’est grâce à l’intervention efficace d’Ivana (une Liégeoise !) du chantier Peake qu’un autre taximan nous attendait à l’aéroport.

Nous envisageons de rentrer dorénavant au pays avec « S.A.S.³ ». Ce sera plus long … mais au moins on ne se fera pas chier !

Samedi 23.

Après une visite aussi décevante que rapide au bateau, nous rentrons en chambre pour ne plus en sortir qu’épisodiquement. Nous avions une envie folle de commencer à nous mettre au travail mais avec ces températures et cette humidité, c’était un ticket direct pour garder le lit toute la journée du lendemain.  A chaque fois, nous en profitions pour y amener et vider l’un de nos sacs.

Durant ce temps, Mary (notre tornade blanche) nettoyait l’intérieur de notre bateau malheureusement fort encombré.

Si nous étions « sur place », nous aurions pu être totalement absents que cela n’aurait pas changé grand chose ! Nous étions écrasés de fatigue et de fort mauvaise humeur.

Dimanche 24.

Après une bonne nuit de sommeil malgré un barbecue un peu bruyant organisé par le chantier juste à côté des chambres, nous nous sommes réveillés pour 7 heures.

Mon tout premier travail consista à procéder au changement de l’un de nos trois chargeurs 100A Mastervolt … la saison commençait bien !

Entre-temps, Newton (le peintre) était arrivé avec toute son équipe pour remédier aux divers défauts et oublis que nous avions relevés la veille.

Pour vous faire bien comprendre la situation, imaginez que suite à un accident de la circulation, le capot de votre voiture a du être repeint. En voulant reprendre votre véhicule, vous constatez que le capot ne se ferme plus correctement car mal remonté, que de nombreux papiers de masquage n’ont pas été enlevés, qu’à certains endroits, le pistolet de peinture n’est pas passé alors qu’à d’autres, il a par contre, un peu débordé, qu’il reste un peu de polish ici et là …vous remerciez le peintre en faisant des courbettes ou vous pêtez un câble ?

Malgré tout ce que je viens d’en dire de mal … je vous le recommande chaudement !!!!! Pourquoi ?? Aux motifs qu’il est très conciliant et ne vous  refusera  aucune intervention pour corriger ce qui doit être corrigé et que cerise sur le gâteau … il vous délivrera un document de garantie d’un an sur son travail . Rien que pour cela, c’est lui que vous devez choisir car tous les autres s’enfuient lorsque vous leur parlez de garantie.

En sens inverse, je vous déconseille de recourir à Sterling Llanos pour la rénovation de votre pont en teck. Certes, il est le moins cher du marché mais avec lui, les petites malfaçons font partie intégrante du travail ! Alors n’imaginez pas un seul instant, évoquer le mot « garantie ». Son attitude générale est par ailleurs, peu plaisante.

En cours de journée, en voulant remettre en place la passerelle hydraulique sortie sans doute pour les besoins des travaux de peinture, je suis parvenu à la bloquer !!! Comme elle était bloquée en position fermée, nous avons décidé d’attendre d’être en Martinique pour examiner la question de plus près car si elle devait rester en position ouverte, il nous serait impossible de relever l’annexe.

Avant de quitter le bateau, je jette un rapide coup d’œil à nos chargeurs pour relever qu’ils sont tous les quatre en sécurité !!! Selon le mode d’emploi de l’appareil,  la tension électrique du chantier était trop faible ou trop forte … Effectivement , le lendemain, les chargeurs fonctionnaient normalement.

Lundi  25.

Alors que la mise à l’eau était prévue pour 14 heures, l’équipe de Newton s’échinait encore à peaufiner son travail !

Voulant vérifier si les anodes des propulseurs devaient être changées, je les fais descendre sauf que celui de la proue refuse de descendre jusqu’en bas !!! Terrible coup de chaud car sans propulseur, inutile de vouloir me mettre à l’eau … Finalement, en s’échinant à le faire descendre et  monter, il est totalement descendu. Ouf.

Tandis que la grue s’occupait de « S.A.S.³ » , je vais poser notre gros câble électrique à notre emplacement de la marina. Déjà passablement énervé, je vois que notre voisin, « Kalayaan »(Sun Odyssey 54 DS), n’a rien trouvé de mieux que de tirer une amarre de son étrave à la pointe de notre catway, nous interdisant du même coup tout accès à notre emplacement !

Je vois d’autant plus rouge que prendre cet emplacement en marche arrière, peut parfois se révéler fort délicat en présence d’un fort courant latéral. Ce n’est donc pas en dernière minute qu’il faut se préoccuper de ce genre d’obstacle. Je frappe donc à la coque de « Kalayaan » et comme personne ne répond, j’insiste car je ne connais que trop ce type de comportement …

Au lieu de s’excuser et de retirer immédiatement son amarre, il m’oppose une fin de non recevoir en me renvoyant auprès du capitaine de port ! Plus tard, Ann opérera la même démarche pour se voir opposer le même moyen !

Le capitaine du port lui fera enlever son amarre mais à peine étions nous amarrés, que le malotru nous demandait de placer une amarre entre nos deux étraves !!! C’est pour faire plaisir au capitaine de port que nous avons finalement obtempéré.

Une fois le bateau mis à l’eau et alors que nous sommes toujours dans la darse, nous avons voulu faire démarrer notre GE … pas le moindre contact ! Comme nous avons déjà connu ce problème par le passé, j’ai connecté les deux batteries de démarrage du MP avec celle du GE … pas le moindre contact ! Pas plus de contact avec le MP !!!

Tout de suite, nous pensons à diverses causes de panne mais pas un seul instant, nous songeons à vérifier la tension des batteries de démarrage (la batterie GE a 3 ans et les deux batteries MP n’ont que quelques mois – durant tout l’entreposage du bateau à terre, un chargeur est spécialement dédié au floating de ces 3 batteries … il n’y avait donc aucune raison de suspecter un problème à ce niveau).

Dans le cadre de nos recherches, nous relevons que l’inverter ne fonctionne plus non plus !!!!

Face à cette situation, nous nous sentons quelque peu démunis et dans l’énervement, nous appelons Randy Khan de « Marine Electrical » dont Chris Doyle (le célèbre navigateur qui publie des guides nautiques) vante les mérites. L’homme arrive assez rapidement avec son aide et pose de suite la bonne question : puis-je voir les batteries de démarrage ? Avec son voltmètre, il constate que les 3 batteries ne donnent chacune que 5V !!!

Après avoir appelé Mark de « Dynamite » (nous aurions mieux fait de faire appel à son électricien avec qui nous avons déjà travaillé), ce dernier nous envoie une batterie de secours. Manque de chance, celle-ci n’est pas suffisamment chargée !

En finale, c’est le chantier Peake qui nous dépanne en arrivant avec un gros chargeur branché sur le quai. Le MP démarre ainsi que le GE … nous sommes sauvés.

Avant de démarrer, je demande à Randy de rebrancher nos batteries car j’avais l’espoir que nous pourrions les sauver après une bonne recharge.

A notre emplacement au quai, nous laissons tourner le MP et le GE pour recharger pleinement. Randy me signale une odeur et une chaleur anormale en provenance du local technique des moteurs mais n’en trouve pas la raison !! Perso, comme je ne sens rien, je n’y attache pas plus d’importance.

Une petite heure plus tard et alors que j’étais préoccupé par d’autres problèmes (l’alarme de la présence d’eau dans le gasoil avait retenti), Randy repasse par le bateau et constate que la batterie GE a littéralement explosé (non pas à la manière d’une grenade mais comme un soufflé qui déborderait de tous les côtés) !!!

Il nous fait alors état que les connexions de la batterie GE étaient inversées et que c’est cela qui explique l’explosion. A cette suite, il nous conseille de procéder au changement des 3 batteries (350 €/batterie). Nous acquiesçons.

Pour éviter de descendre les batteries « service » et « électronique » alors que nous n’avons plus de moyen de les recharger (le courant du quai est trop faible), il coupe notre inverter (il n’était pas en panne mais seulement en sécurité par suite d’un censeur défectueux !) et du même coup, voilà la moitié du bateau sans électricité … et sans airco.

Je vous laisse imaginer l’état d’épuisement en lequel nous étions à la fin de cette journée … et la nuit que nous avons passée.

Mardi  26.

Vers midi, Randy nous apporte 3 nouvelles batteries Optima (rouge) et une heure plus tard, il vient procéder au remplacement. Dans le même temps, un mécanicien, « Gittens Engine Sales & Services Ltd » , renseigné par ses soins, s’occupe de vidanger nos 4 filtres RACOR de l’eau qui y est emprisonnée et à l’origine de l’alarme entendue la veille (beau travail, parfaitement exécuté pour un prix correct de 400 $TT soit +/- 55 €).

Newton est également passé avec son équipe pour peaufiner un peu plus son travail.

Mercredi  27.

Alors que nous sommes toujours en train d’essayer de nettoyer et de remettre de l’ordre dans nos coffres (avec la rénovation du pont en teck, de la sciure de bois s’est insérée partout et pour une raison que j’ignore, « on » m’y a mis une pagaille pas possible !), Randy nous apporte sa facture … un total de 14.925,86 $TT soit + /- 2.132 € dont 1.017 € de main-d’œuvre !!!!  L’heure de main-d’œuvre est calculée à 750 $TT soit +/- 107 € … à ce tarif là, il ne restera plus longtemps à travailler avant de nous rejoindre sur les océans.

Par ailleurs, les explications de Randy qui n’ont convaincues personne, nous ont fait comprendre que c’était plus que vraisemblablement son aide qui avait interverti  les connexions ayant entraîné l’explosion de la batterie GE !! Comme la batterie ne donnait plus que 5V lors de l’inversion des branchements, l’opération n’a pas donné lieu à des étincelles.

Comme vous l’aurez compris, si vous passez par Trinidad et que vous avez un problème électrique, n’hésitez pas un seul instant à le contacter et n’oubliez pas de lui dire que vous venez de notre part, il ne manquera pas alors de vous faire un prix « spécial pigeon ».

Jeudi 28.

Les journées passent et se ressemblent beaucoup : arbeit, arbeit, arbeit … et encore, arbeit. Le tout  sous une chaleur de plomb en fusion, un cagnard redoutable et une humidité qui vous fait croire qu’il pleut en permanence ! Bref, le lieu rêvé de vos prochaines vacances.

Pour ma part, j’ai passé toute ma journée à nettoyer mon atelier ! J’ai fait le grand vide : j’ai jeté 3 vis déformées, 2 morceaux de tuyau crevé, un morceau de bois pourri, un emballage et une lame de cutter rouillée. C’est dingue la place qu’on peut gagner !

Malheureusement et même si nous retrouvons chaque jour qui passe, un confort de bord plus important , la fatigue nous plombe de plus en plus irrémédiablement au point que les pauses sont de plus en plus nombreuses et ne parlons pas des remises au lendemain.

Le moral est quant à lui, revenu au beau fixe et il était grand temps. Par contre, nous sommes tellement crevés que nous n’envisageons pas encore notre départ.

Vendredi 29.

Arbeiiiiiiiiiiit … arbe …. les cadences de travail sont en chute libre mais par bonheur, nous commençons à voir le bout du tunnel ! J’ai encore des difficultés à imaginer que nous serons d’ici quelques temps en Martinique mais l’espoir fait vivre. En fait, la marina de Peake est plus full que full car personne ne semble être en état de partir !! Notre voisin, «Nomad » (Amel 54’) aurait dû partir ce vendredi mais son guindeau en a décidément autrement !

« Taboo » (25 m – 7 cabines – axé sur le charter) que nous connaissons bien de vue, est notre nouveau voisin depuis ce matin ! Bien qu’il batte pavillon français … Monsieur est Néozélandais et Madame, Canadienne anglaise. Le barrage de la langue se fait terriblement ressentir cette année : les francophones se lient facilement d’amitié entre eux tandis que les anglophones ne sont accessibles que si vous parlez couramment anglais.

Samedi 30.

Kirby est venu terminer nos inox qui brillent. Pour notre part, nous avons profité que depuis une semaine, il n’y a pas un gramme de vent (!) pour hisser génois et trinquette : de gros efforts pour un petit pas en direction de la Martinique. Nous en rêvons tous les jours et l’impatience commence à pointer le bout de son nez ! C’est malgré tout bon signe car il y a encore peu, nous n’en rêvions même pas.

Dimanche 01.

Incroyable mais vrai … le vent est revenu à petits pas ! Pas terrible mais cela fait quand même du bien. Ce qui n’empêche qu’en milieu de journée, nous succombions tous les deux sous la chaleur !

Aujourd’hui, nous avions décidé de farniente … ce qui ne m’a pas empêché de réaliser divers petits bricolages.

Passage de Randy qui nous a rapporté nos deux batteries Optima (MP) achetées en Martinique, quelques mois plus tôt. Comme pour une fois dans notre vie, nous pouvons invoquer la garantie annuelle, il serait stupide de ne pas en profiter mais pour cela, il nous faut ramener nos batteries en Martinique …

Le soir, Ann se rendait avec le shuttle de la marina et d’autres plaisanciers, à une « street parade » à « Port of Spain ». Prévue pour 18 heures, ils ont attendu jusque 21 heures et étaient rentrés pour 23 heures.  Rien de très spécial en finale mais superbe ambiance.

Lundi 02.

Contrairement aux précédentes saisons, nous n’avons pas mis l’annexe à l’eau en même temps que le bateau ! Pourquoi ? Mais simplement parce que nous avons très vite pris conscience qu’elle allait nous poser plus de problèmes qu’autre chose car le bateau n’était pas prêt à la recevoir. Alors autant la laisser sur le tarmac où elle ne gênait personne.

Seulement voilà, il y a un temps pour tout et le moment était venu de la mettre à l’eau.

En sortant de la rade, j’ai voulu mettre les gaz et je n’ai eu droit qu’à un moteur qui s’étouffait !!! Lors d’un second essai avec Ann … même symptôme !

Comme nous n’étions pas sûr d’avoir assez de place entre le ponton et la poupe du bateau, pour la remonter à bord, nous avions décidé de l’amarrer au ponton des annexes. En attendant le passage du mécanicien qui s’occupe chaque année, de la maintenance de notre moteur, nous nous sommes occupés à coller le nouvel  antidérapant du fond de l’annexe (Kirby  avait déjà arraché l’ancien antidérapant et repeint le fond)! Quel boulot … et surtout, sous le cagnard.

Quand le mécanicien est arrivé, nous n’avons pu que constater ensemble … que le moteur tournait parfaitement  bien !!!!! Sans doute, une bulle d’air …

Comme nous avions signalé à Newton, d’autres petits problèmes … en début d’après-midi, il est venu avec son petit commando. Le problème est qu’à chaque fois, il faut attendre une petite journée que la peinture sèche avant de pouvoir polisher.

Le soir, à l’apéro, nous recevions Philippe & Michèle de « SY Tereva » (Physa 42’ de Catana). Ils viennent de terminer leur tour du monde et nous venons de faire leur connaissance sur le chantier. Ultra sympas.

Mardi 03.

Nous avions décidé de partir ce mardi après le passage du peintre mais lorsqu’Ann est rentrée des courses, nous étions tous les deux sur les rotules en raison d’une chaleur accablante alors que le travail n’avait pas manqué. De toute manière, comme nous avons encore découvert d’autres petits défauts de peinture, il nous faudra attendre un nouveau passage du peintre …

Incroyable mais alors que d’autres ne semblent pas être le moins accommodés par ces températures et cette humidité, nous sommes tous les deux excessivement vulnérables et avec les jours qui passent, cela ne s’améliore pas !

Le soir, nous prenions l’apéro à bord de « SY Tereva »  … amarré juste à côté de nous.

Mercredi 04.

Départ de Trinidad pour la Martinique via Bequia.

 

PS. Nous avons été tellement occupés et surtout préoccupés que nous en avons oublié de prendre des photos de la mise à l’eau. Toutes nos excuses.

 

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