Publié par : Ann & Stéphane | 21 juin 2018

17.05 au 11.06.2018 – Descente sur « Trinidad ».

 

C’est encore plus long que d’habitude mais le prochain article ne paraîtra pas avant décembre 2018 !

Jeudi  17.

Qui  l’eut cru après tant de mois de sédentarisation ? En fait, période cyclonique (juin à novembre) oblige, nous sommes partis ce matin, pour « Marigot Bay » (Sainte Lucie) soit 30 NM. Une « mise en jambe » particulièrement appréciable parce qu’elle comporte la traversée d’un « canal ». Si un « canal » est l’image même d’un plan d’eau calme, dans les « Antilles », c’est tout le contraire car ce terme désigne le bras de mer entre deux îles.

Quand nous avons levé l’ancre (10 h), le vent était modéré et le plan d’eau assez calme. Si ce n’était pas le plein et beau soleil, la météo restait engageante.  Une fois au dehors de la protection de la baie, le vent se faisait déjà plus ressentir et la mer devenait plus agressive.

Sans trop bien savoir ce qui nous attendait, nous avons pris le risque de hisser la GV haute tandis que le génois n’était sorti que de 2/3.  Nous sommes partis sur les chapeaux de roue avec une vitesse dans l’eau qui assez rapidement, atteignait fréquemment les 10 nœuds. Le vent réel était établi entre 17 et 20 nœuds, dans les 60°-70° avec quelques variations plus au largue. La mer était praticable. Comme à la sortie de la baie « Sainte Anne », on tombe quasi directement dans le « canal », j’ai pensé erronément que notre traversée serait des plus tranquille …

Bien évidemment c’est au moment précis où on commence à vouloir prendre ses aises, que l’on prend la raclée (nous avons copieusement été arrosés) avec un vent réel montant à 25 nœuds  avec même des pointes à 28 nœuds ! La vitesse dans l’eau est immédiatement passée au dessus de  11 nœuds.

Si on était en régate, nous aurions sans doute pris notre pied mais en le cas d’espèce, nous avons baissé pavillon en prenant un ris dans la GV. Voici à peu près le dialogue que nous avons eu Ann et moi durant la bonne heure qui a précédée ce moment tragique … « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) …  « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) …  « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) … « on prend un ris » (moi) – « Ouiiiiiiiiiii » (Ann).

La prise de ris a démontré que nous étions un peu rouillés …

A la verticale de la pointe nord de « Sainte Lucie », quatre cargos étaient à l’ancre et nous barraient le passage. Nous faisant tout petit, nous sommes passés entre les cargos, en laissant deux cargos sur tribord et deux autres sur bâbord.

Alors que je m’attendais à ne plus avoir de vent derrière l’île, nous avons pu marcher à la voile (+8 nœuds) jusque « Marigot Bay » avec un vent réel tournant dans les 15 nœuds avec même quelques surventes !

Nous étions à hauteur de « Marigot Bay » pour 14 heures.

Nous avons relevé la GV haute avant de l’affaler et nous sommes entrés dans le chenal. Pas grand monde mais plusieurs bateaux sont arrivés sur nos traces. Je pense que pour l’essentiel, ils venaient des « Grenadines ».

Le temps pour Ann de faire les formalités en douane et pour votre serviteur, de remettre de l’ordre sur le bateau et nous avions droit à une petite pluie bien mouillante qui a réussi à nettoyer partiellement le bateau de son sel.

Avec la tombée du jour, nous avons eu droit à une mini invasion de « nuisibles » que le Capitaine du Port n’a rien trouvé de mieux que de placer juste à côté de nous ! Question intimité, on fait mieux mais surtout, c’est bien que le plan d’eau soit hyper calme car hyper protégé sinon les bateaux se seraient heurtés allègrement !!

Par contre, question ambiance, tous ces bateaux aussi bruyants qu’illuminés, ne manquent pas d’en mettre et je ne parle pas des grillons qui donnent à l’ensemble, un petit air de Provence … tropicale. Quand je pense que demain, à l’aube, ils seront tous partis !

Comme je le répète à l’envi … « il n’y a pas de rose sans épine » et à « Marigot Bay », ce sont les moustiques qui sont les épines de la rose. Le résultat des courses est que nous nous sommes enfermés dans le bateau avec l’airco, pour la nuit. Nous n’échapperons plus par la suite, à ces sales bêtes même si étonnamment, elles resteront fort peu visibles ! Ce sont  leurs piqures qui nous rappelleront à leur bon souvenir … quand je pense à l’un de nos amis qui n’arrête pas de dire que nous avons de la chance !

Vous ne me croirez sans doute pas mais depuis plusieurs mois, nous faisons tourner l’airco une dizaine de minutes par semaine (tous les vendredis soir) comme recommandé. Et bien évidemment … alors que nous en avions grandement besoin, il n’a pas voulu se mettre en route !!! Grrrrrrrr.

Après avoir chipoté au filtre d’eau de mer, le capricieux animal a finalement bien voulu s’enclencher. Ouuuf. Par la suite, il n’a plus posé problème … c’était juste pour nous rappeler sa capacité à nous emmerder.

Vendredi  18.

Dans le courant de la nuit (l’airco avait été arrêté depuis plusieurs heures), j’ai manqué d’air et comme il était à prévoir, à chaque fois que j’ouvrais notre capot de pont, il se mettait à pleuviner peu de temps après ! Autant dire que j’ai passé une nuit en pointillé allant même jusqu’à changer de place dans le lit avec Ann, alors que j’aime tant dormir du sommeil du Juste. Re-grrrrr.

Loin de ce que je craignais (cela casse généralement  l’ambiance), il n’y a qu’une petite dizaines de bateaux qui sont partis tout au cours de la matinée, notre voisin américain de derrière ne partant même que pour l’heure de midi ! Il nous était très sympathique car il a dit à Ann qu’il n’avait jamais vu un aussi beau bateau …

Journée pluvieuse mais malgré tout animée par l’arrivée de plusieurs voiliers dont  … « Laurence » qui, en principe, devait être en train de voguer vers l’Europe !! Un changement radical de programme (le bateau retourne comme l’année passée, à « Trinidad ») dont nous ignorons encore les motifs.

Samedi  19.

Malgré une météo pas spécialement avenante, nous sommes partis ce matin, à la suite de « Laurence », pour « Bequia » : 62 NM. Je ne vous raconte pas la journée, j’en deviendrais fou …

Bon, ok, je vous raconte notre journée mais vous promettez de poussez des « oh » et des « ha » admiratifs chaque fois que nécessaire. Je compte sur vous.

Après une nuit bien trop courte (j’ai piqué du nez, toute la journée … très désagréable), nous avons levé l’ancre à 6.10 h (sans prendre de douche, ni de petit déjeuner ) ! « Laurence » était pour sa part, parti bien plus tôt.

A la sortie de « Marigot Bay », pas un pet de vent … exactement comme la saison passée. Nous en avons profité pour prendre très proprement, deux ris dans la GV et, au moteur, nous avons été jusqu’au canal.

Comme au départ de la « baie Sainte Anne », le canal s’est d’abord présenté sous les meilleurs auspices : +/- 15 nœuds de vent réel, dans le 70-80°,vitesse dans l’eau de 7 à 9 nœuds suivant les moments, mer très praticable … petit bémol, nous avons eu droit toute la matinée, à quelques  petites pluies.

Au milieu du canal, le vent réel est monté jusque 20-25 nœuds (je me suis fait deux ou trois fois bien arroser). Rien de très extraordinaire mais par je ne sais quel pressentiment, alors que nous arrivions à hauteur de « Saint Vincent » (nous marchions alors à 10 – 11 nœuds dans l’eau), nous avons réduit le génois à 1/3. Quelques instants plus tard, le vent grimpait jusque 35 nœuds !! Une fois sous la protection de l’île, nous avons dû marcher au moteur …

Plus loin … à l’entrée du canal séparant « Saint Vincent » et « Bequia », le vent nous a pris d’un coup ! La mer était blanche de gros moutons. Même si l’anémomètre n’indiquait que 20 à 23 nœuds dans le 50°, l’atmosphère était toute autre et ceci m’incita à sortir la trinquette.

Bien évidemment, au départ, nous avions l’impression d’être sous-toilés ce qu’avait tendance à confirmer notre speedo qui indiquait une vitesse dans l’eau, de 7 à 8 nœuds. Mais par la suite, nous avons trouvé la situation fort confortable et le speedo est remonté à  9 – 10 nœuds.

Au cours de la traversée, nous avons eu à faire face(oui … bon … sur le côté bâbord)  à un cargo qui venait d’Atlantique. Dans le doute de sa trajectoire, Ann a pris contact avec son capitaine et manifestement, celui-ci a dévié sa route pour nous passer loin devant. Sympa mais coutumier.

Quand nous avons atteint la baie de « Bequia » (15.10 h), nous pensions pouvoir profiter d’un bel abri et au lieu de cela, il faisait quasiment plus venteux dans la baie qu’en mer !!!! La prise de bouée ne fut donc pas des plus simple malgré l’assistance d’une responsable locale car le bateau, sous l’effet du vent, valsait d’un bord sur l’autre bord.

Le temps de mettre de l’ordre sur le pont et « Laurence » faisait son apparition.

Une heure plus tard, le calme plat s’établissait sur la baie et une petite pluie bienfaitrice venait laver le pont !!! J’aurais souhaité une pluie plus drue mais cette petite pluie a eu le mérite de nettoyer nos grands hublots panoramiques que le sel rendait opaques. 

Dimanche 20.

Superbe journée qui m’a donné l’envie de prolonger notre séjour sur place d’autant que le mouillage ne manquait pas d’animation : il y avait foule.

Le soir, nous prenions l’apéro, à bord, en compagnie de Didier & Aline de « Laurence ». Aline est la coéquipière qui devait aider Didier à traverser l’Atlantique jusqu’à ce qu’il décide de modifier son programme.

Comme « Laurence » nous avait fait part de son intention de partir le lendemain pour les « Tobago Cayes », j’ai été très tenté de le suivre pour nous familiariser avec un lagon dont l’accès nous paraît sinon difficile du moins dangereux. Malheureusement, comme nous n’avions pas fait notre clearance d’entrée, il nous était impossible de nous y rendre puisque  les « Tobago Cayes » dépendent de « Saint Vincent – Bequia ». Bien entendu, il était possible de remédier à la situation en réalisant notre clearance d’entrée le lundi matin mais Ann n’était pas tentée par l’expérience.

Lundi  21.

Comme nous avions décidé la veille, de rester une journée supplémentaire sur place … nous sommes partis de grand matin pour « Carriacou » (Grenade) : 38 NM. Que voulez-vous … nous sommes libres comme le vent et la météo annoncée pour mardi, ne nous convenait pas : trop de vent !

Bien que nous étions debout à 8 heures, il était près de 9 heures lorsque nous avons lâché les amarres sans prendre de douche, ni de petit déjeuner !!  La veille, en l’honneur d’Aline qui souhaitait visiter le bateau, nous avions tout ressorti et donc, il a fallu tout ranger avant de pouvoir démarrer.

Le plan d’eau était calme, le vent agréable et le soleil brillait de mille feux … tout nous portait à rester sur place.

Une fois que nous avons contourné la pointe sud de l’île, nous avons éteint le moteur et sommes partis sous génois avec deux ris dans la GV. Avec un vent réel de 12 à 15 nœuds dans le 70° et une mer belle, la tentation fut grande de relâcher un ris ou deux mais la prudence est la reine des vertus …

Effectivement, une bonne heure plus tard, le vent réel passait subitement  à +/- 18 nœuds et la mer se montrait plus agressive. Mais, contrairement à mes prévisions, on retrouvait les conditions de départ à hauteur des premières îles rencontrées.

Au niveau de « Union », nous avons eu droit quasiment coup sur coup, à deux grains (le vent réel est monté jusque 25 nœuds) qui nous ont obligés à jouer avec le génois.

A hauteur de « Carriacou »,nous nous tapions un troisième et un quatrième grain nettement plus féroces et plus étendus que les deux premiers ! Non seulement, le vent mollissait dans un premier temps pour se renforcer ensuite brutalement mais de surcroît, nous avons eu droit à de véritables déluges rendant toute visibilité sur l’avant, impossible. Si déjà en plein océan, c’est flippant … le long des côtes, cela l’est encore plus.

Malgré toutes mes bonnes résolutions, après le quatrième grain, nous avons enroulé le génois pour marcher au moteur sous GV : je n’avais aucune envie de me prendre au passage, les « Sisters Rocks » toutes proches.

Nous sommes arrivés à « Tyrell bay » pou 15.30 heures. La baie était encombrée de bateaux et en voulant s’assurer un minimum d’intimité, nous avons jeté l’ancre derrière tout le monde par -6m de fond.

Après tout ce qui était tombé durant les grains, nous ne fûmes pas surpris qu’il ne pleuve plus  …

Mardi  22.

Après une bonne nuit de sommeil – sans la moindre pluie – nous avons été en annexe jusqu’au petit chantier à côté duquel se trouve le bureau des douanes et de l’immigration pour notre clearance d’entrée sur « Grenade ». « Carriacou » dépend de « Grenade ».

Ensuite, nous sommes partis à la recherche de Philippe & Imelda de « Pilhaouer » dont nous avions fait l’agréable connaissance à « Jacaré » (Brésil). Nous savions qu’après y avoir passé 18  mois, ils avaient élu domicile à « Carriacou ».

Après les avoir trouvés et passé un moment en leur compagnie, nous sommes retournés au bateau pour nous plonger dans les aventures passionnantes du Prince Morosini … « Les enquêtes d’Aldo Morosini » de Juliette Benzoni.

Le soir, Philippe & Imelda venaient prendre l’apéro, à bord.

Mercredi  23.

En fin de matinée et alors que « Laurence » faisait son apparition sur le mouillage, nous sommes partis découvrir le nouvel hypermarché, « Alexis food stores », qui s’est établi en décembre 2017, le long de la plage. On y accède par la baie mais il n’y a pas encore de débarcadère. Aussi, j’ai déposé Ann sur la plage et je suis allé l’attendre au débarcadère des ferrys où j’ai trouvé un escalier en béton parfaitement adapté. Notre annexe est trop lourde (+250 kg) pour être tirée sur le sable comme le font les autres plaisanciers.

Après cette course, nous sommes rentrés au bateau où une fois de plus, nous nous sommes immergés jusqu’au soir, dans notre lecture.

Le va-et-vient des bateaux sur la baie, y est nettement moins important qu’à « Béquia » au point qu’il est souvent difficile de distinguer les nouveaux arrivants … sans parler de ceux qui sont partis et dont on ne s’en rend compte que beaucoup plus tard.

Jeudi  24.

Ce matin, nous avons visité l’île … en taxi. Cela nous a pris deux heures et il n’en fallait pas plus pour s’en faire une idée générale. Il n’y a rien d’exceptionnel à voir hormis quelques très belles vues sur la mer mais il s’agissait surtout d’ambiance et de coloris. Si la végétation est aride (!), l’île nous a paru très propre.

En retournant au débarcadère où nous avions laissé notre annexe, Ann a eu l’idée d’aller déjeuner au restaurant de plage « Lazy Turtle Pizzeria » qui fait également centre de plongée, le « 5 Stars ». Nous y avons dégusté une excellente pizza.

De retour à bord, nous avons pu constater que c’était la journée de toutes les arrivées et en peu de temps, notre bateau était littéralement encerclé.

Le soir, nous avons été prendre l’apéro à bord de « Pilhaouer » de Philippe & Imelda.

Vendredi  25.

Comme nous en avions décidé quelques jours au préalable, nous avons levé l’ancre pour 8.10 heures et à 8.30 heures, la GV sous 2 ris était levée. Nous voulions atteindre « Clark’s Court Bay » (au sud de « Grenade ») :  42 NM.

Il faisait beau et la mer était très praticable. Durant les 23 premiers milles, nous avons marché à la voile : +/- 17 nœuds de vent réel dans le 130-140° puis +/- 20 nœuds dans le 90° et à l’approche du nord de « Grenade », le vent réel est monté à certains moments, jusque 24 nœuds dans le 60° !!

Une fois la pointe de « Grenade » dépassée (11.45 heures), le vent réel est tombé à 12-13 nœuds et comme notre vitesse en souffrait pas mal (moins de 6 nœuds) , nous avons mis le moteur jusqu’à l’arrivée.

Comme Ludovic de « I.D.S. » nous a conseillé de monter dans les tours de moteur (jusqu’à 2.000 tours) et que cela fait depuis 8 ans que nous ne dépassons jamais 1.700 tours, nous augmentons le régime de manière très progressive et prudente … aussi, notre vitesse dans l’eau est passée de 7 à 9,5 nœuds !

A la pointe sud-ouest de l’île, le vent est passé de plus en plus au près pour terminer sur le nez, le long de la côte sud. Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la mer était plus calme une fois le cap passé.

Comme il y a pas mal de hauts-fonds tout le long de cette côte, nous sommes restés prudemment au large pour n’obliquer vers la baie qu’en toute dernière minute (14.30 heures) . Le balisage lumineux n’est pas renseigné par les cartes car celui-ci n’est pas « officiel ».

Vu du large, celui-ci n’est pas aisé à repérer en sorte qu’il faut oser s’avancer vers la côte … mais une fois qu’on l’a en vue, l’accès est aisé.

Un peu avant « Whisper Cove Marina » (marina canadienne), nous avons jeté l’ancre sur tribord en entrant … pour relever avec horreur qu’elle dérapait joyeusement dans la vase ! Nous l’avons donc jetée à un autre endroit tout proche qui nous mettait moins, selon moi, dans l’axe médian du chenal.

Comme il s’agissait de vase, nous n’avons pas osé tirer sur la chaîne … le temps que l’ancre s’enfonce correctement. Tout l’après-midi, nous avons vérifié que nous ne dérapions pas mais le vent, à l’intérieur de la baie, était assez faible.

Samedi  26.

Vers 4 heures du matin, Ann avait le sentiment que le bateau dérapait !!!!  A 4.45 heures, elle n’y tenait plus et me réveillait … je ne vous dis pas le réveil !

Si nous étions tentés d’attendre que le jour se lève, nous nous rapprochions trop dangereusement de notre voisin arrière et avant que tout ne tourne à la catastrophe, nous remontions, sous la pluie et dans le noir le plus absolu,  l’ancre et nous faisions mouvement …

Comme je n’avais pas mes binocles sur le nez, je ne voyais pas l’écran d’ordinateur et je dirigeais donc le bateau à l’aveuglette, sous les ordres d’Ann : « plus à bâbord … encore un peu plus en avant … plus à bâbord … oui, d’accord, un peu sur tribord … ». Stressant au possible … non pas à cause du noir absolu mais d’avoir à se fier à une femme !

Après avoir jeté l’ancre là où nous étions encore la veille, nous avons à nouveau dérapé. Changement de position  et plus de 50 mètres de chaîne plus tard (par une profondeur de -10 m), la position semblait tenir …

N’ayant que trois heures de sommeil, je me suis écroulé sur le lit tandis qu’Ann veillait dans le cockpit (le jour s’était levé). La pauvre a subi pas moins de trois grains avec le sentiment à chaque fois que le bateau était sur le point de déraper … mais, contre toute attente, il a tenu.

En matinée, nous avons encore subi sans problème, quelques grains mais notre confiance dans notre ancrage était trop fortement atteinte. Aussi, Ann a pris contact avec « Whisper Cove Marina »  et l’un de ses préposés nous a aidés à prendre une bouée.

Entre-temps, « Laurence » avait fait son entrée dans la baie et s’était immédiatement mis à une bouée.

Dimanche  27.

Après une délicieuse nuit de sommeil, l’esprit tranquille, nous avons profité pleinement de cette belle journée ensoleillée en allant « bruncher » avec Aline de « Laurence » au restaurant « Whisper Cove Marina » où j’ai été subjugué par le cadre : c’est propre, net, accueillant et la vue sur la petite marina est romantique au possible … et par le buffet aussi simple que délicieux. Bref, l’endroit que je vous recommande vivement si vous passez par là.

Farniente sur le bateau et ensuite, apéro à 17.30 heures, sur « Laurence ». Une journée de rêve.

Lundi  28.

Comme la météo prévoyait une nuit idéale pour naviguer, à contrecœur, nous avons décidé de traverser sur « Trinidad » (92 NM) quand bien même nous arriverions avec une grosse semaine d’avance sur notre programme ! Quand une occasion comme celle-là se présente, il vaut mieux ne pas hésiter sous peine de rester bloqué sur place durant plusieurs jours.

« Laurence » était de la partie de même que quatre autres bateaux qui sont partis largement en avance sur nous.  C’est seulement grâce à leurs AIS que j’ai pu m’en rendre compte ! Certains considèrent en effet que les « pirates » étant trop pauvres pour avoir des récepteurs AIS, il n’y a pas de crainte de le laisser fonctionner … « aux innocents, les mains pleines ».

Nous nous sommes détachés de notre bouée pour 17 heures alors que le vent réel soufflait généreusement à plus de 20 nœuds !!! De quoi se poser la question de savoir s’il était intelligent de partir … Ce n’est qu’une fois la baie derrière nous que nous avons retrouvé des conditions normales :  12 à 15 nœuds dans le 40°.

Après une bonne heure de navigation sous GV à deux ris et génois, force fut de constater que nous dérivions davantage que nous n’avancions (6 nœuds)  ! A ce rythme là, il nous aurait fallu à un moment donné, tirer un bord à contre courant pour éviter de passer entre les plates-formes pétrolières !! C’est au niveau des plates-formes qu’ont lieu le plus souvent, des actes de piraterie imputés aux  pêcheurs vénézuéliens !

Lorsque nous sommes arrivés à hauteur de « Laurence » qui marchait sous voile et moteur pour compenser le courant et le peu de vent, nous avons enroulé le génois et mis le moteur à 1.820 tours … + 9 nœuds dans l’eau. Nous avons laissé sur place, nos copains et nous sommes remontés au vent pour retrouver progressivement la « route idéale » que nous n’avons plus quittée par la suite.

Comme, nous détestons marcher au moteur (les mouvements du bateau sont beaucoup moins harmonieux et puis, c’est bruyant), deux heures plus tard, nous avons remis la voile par un vent réel de 15 à 20 nœuds et un angle de 50° puis 60° puis 70° au fur et à mesure de notre avancée sur la « route idéale », qui nous propulsait à 9.5 nœuds dans l’eau. Rien ne semblait pouvoir arrêter le bateau … une vraie locomotive.

Mardi  29.

Si naviguer par pleine lune est très agréable car on y voit presque que comme en plein jour, en le cas d’espèce, nous aurions préféré une nuit bien noire dans laquelle nous aurions pu nous fondre … d’autant qu’il y avait foule sur l’eau ! A hauteur des plates-formes, nous avons compté pas moins de cinq bateaux de pêche ainsi que quelques cargos …

Cela nous a incités à éteindre nos feux de navigation par précaution (notre AIS était coupé depuis le départ). Malgré cela, nous avons eu la frousse de notre vie lorsqu’un bateau de pêche dont nous n’avions pas deviné la présence, a subitement allumé un gros phare alors qu’il n’était distant que de 400 mètres sur notre tribord !

Par bonheur, nous marchions à 9.5 nœuds et après être un peu remonté au vent pour mieux l’éviter, nous avons poursuivi notre route  … en serrant encore un peu plus fort les fesses. Il est passé derrière nous, tous feux à nouveau éteints, mais  n’a fait aucune manœuvre pour nous suivre. Ouuuuuf.

A la perpendiculaire des plates-formes, nous n’avons plus vu de bateau ou alors au loin, en sorte que nous avons remis nos feux de navigation. J’ai bien pensé qu’il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué mais naviguer sans feux, était décidément trop dangereux.

Nous sommes arrivés à 15 milles de « Trinidad » (j’ai rebranché notre AIS) qu’il était passé 2 heures du matin ! A cette allure là, nous allions faire une entrée de nuit … Pour éviter cela, nous avons poursuivi à la voile car, à l’approche de la côte, le vent avait sensiblement molli et donc, l’allure également.

Lorsque nous avons embouqué la passe qui mène à « Chaguaramaz », le jour était levé depuis peu. Toujours aussi tumultueuses les eaux à l’approche des terres (3  nds de courant contre)!!

Si  la saison dernière, nous avions eu la désagréable surprise de constater que nous n’étions pas les premiers sur la ligne d’arrivée (!!!), cette fois-ci, nous étions non seulement les premiers mais de surcroît, pas la plus petite voile à l’horizon. Une superbe navigation … un peu gâchée par le stress provoqué par le danger des pirates.

Une fois encore nous avons regretté l’absence des « Coast Guard » sur la zone alors que pourtant ils avaient été informés par nos soins notamment, de l’arrivée d’une petite flottille en provenance de « Grenade ». Il faut croire qu’ils ont mieux à faire que de protéger les plaisanciers qui constituent pourtant une  source de revenus non négligeable pour l’île.

Malgré notre fatigue (nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit … maudits pirates), nous avons été faire notre clearance d’entrée et ici, ce n’est pas une sinécure (à l’immigration, ils sont carrément chiants … attention à votre tenue vestimentaire) d’autant qu’il faut payer des droits en la monnaie locale et que l’ATM du coin est le plus souvent en panne … mais cela nous a permis de rencontrer quelques-uns de nos malheureux « poursuivants » arrivés plus de trois heures après nous.

Nous avons passé notre journée … à ne rien faire ! Trop crevés pour fut-ce passer un tuyau d’arrosage sur le pont ! Par bonheur, nous avons été en mesure d’amarrer le bateau le nez vers la mer et de surcroît, sur le bord extérieur de la marina privée de « Peake » (en principe, réservé aux catamarans en raison de leur largeur). Le bateau ne bougeait pas beaucoup alors que nos voisins dansaient la danse de Saint Guy à chaque passage d’un bateau.

Mercredi  30.

Jour férié !! C’est l’arrivée des indiens (d’Inde) qui est fêtée. Ceux-ci étaient très attendus à l’époque, comme main-d’œuvre dans les plantations de l’île.

Après une merveilleuse nuit d’un sommeil aussi lourd que le plomb, nous avons eu le bonheur de voir Kawby qui a attaqué le nettoyage de nos inox. Travail d’autant important qu’il a fallu dans un premier temps, tout rincer à l’eau claire … le bateau n’était plus qu’un énorme bloc de sel !

Pendant ce temps là, nous en avons profité pour établir la liste (longue comme le bras) de tout ce qui devait être fait sur le bateau. S’il y a un certain nombre de choses que j’aurais pu faire moi-même, le soleil, les températures élevées et l’humidité ambiante m’ont poussé à laisser faire le travail par d’autres.

Mais, par contre, pour nos bouteilles de plongée, nous ne pouvions confier ce travail à d’autres. Il ne s’agissait, en fait, que de les ouvrir pour en vérifier l’état intérieur et notamment, la présence éventuelle d’eau de condensation. Avec un peu d’étonnement mais énormément de satisfaction, nos bouteilles sont parfaitement « clean ». Il faut reconnaître que depuis que nous avons failli les voir être déclassées il y a deux ans, j’ai pris des précautions draconiennes lors des gonflages et cela paie.

Jeudi 31.

Jour férié !! La fête vise le massacre des indiens arrivés sur l’île … non, il paraît que c’est une fête chrétienne mais Mark de « Dynamite Marine Limited » ne savait plus de quoi il s’agissait.

Si la musique a fait trembler le mouillage jusque 5 heures du matin, nous n’en avons rien entendu tant le bateau est bien insonorisé. Ann en a pris conscience uniquement en ouvrant nos capots de pont restés fermés jusque là puisque notre airco avait fonctionné admirablement toute la soirée.

Aujourd’hui, Kawby a terminé les inox du bateau et s’est attaqué ensuite, au polish des surfaces blanches du pont … tandis qu’Ann et moi, nous attendions qu’il ait fini pour nous mettre à notre tour au travail sauf que quand il est parti, nous n’en avions plus le courage ! De toute manière, un autre problème nous avait assailli : la tension des batteries du « parc service » était bien trop basse et une alerte s’était déclenchée !

Pas une grosse surprise puisque nous savons que nos batteries sont quasiment mortes. Non, la surprise est venue du fait que notre switch automatique Mastervolt ne s’enclenchait plus en sorte que si le GE tournait, il ne chargeait pas pour autant les batteries …

Vous ne pouvez pas imaginer combien cela a occupé notre temps et nos pensées … jusqu’à ce que après un énième essai, le switch a fonctionné, nous autorisant une soirée paisible avec l’airco. Ouf.

Vendredi  01.

L’électricien est passé à 9 heures et a changé le switch défectueux, en un tour de main. Après un tour du monde, nous commençons par un peu connaître notre bateau et ses installations. Aussi, nous avons quasi immédiatement identifié l’origine de la panne et comme nous avions la pièce en réserve …

Que les gens s’extasient sur la beauté de notre voilier … nous entendons cela depuis près de 8 ans et cela fait toujours autant plaisir mais que personne ne veut croire au vu de son état, qu’il a fait un tour du monde, reste le plus beau compliment que l’on puisse nous adresser, à l’heure d’aujourd’hui.  Il s’est même trouvé un anglais propriétaire d’un Oyster 72’, qui pensait que nous avions fait repeindre la coque et que notre bateau était plus grand que le sien … celui-là, j’en conviens, ferait bien d’aller consulter un ophtalmologue.

Bien que l’endroit soit chaud, humide et particulièrement bruyant, cela ne manque pas d’ambiance. Aussi et depuis quelques temps, je me contente de vivre l’instant présent sans me projeter dans le futur alors que nous sommes à quelques jours seulement de rentrer au pays et de découvrir notre nouvel appartement après rénovation ! Par contre et cela me contrarie, je ne trouve pas le moindre courage pour réaliser l’un et l’autre bricolage qui m’attend.

Pour sa part, Ann n’a pas arrêté de courir de tous les côtés pour mettre en œuvre tous les travaux que nous avons décidés : à chaque carénage, son lot.

Samedi  02.

Journée venteuse comme cela arrive de temps en temps mais la protection naturelle est tellement efficace que l’on s’en rend assez peu compte.

Tandis que Mary, notre « tornade blanche », était chargée d’illuminer l’intérieur du bateau comme elle sait si bien le faire, Ann assurait l’entretien de nos coussins en cuir blanc (un sacré travail) et votre serviteur parait à quelques courses. Pour l’occasion, l’airco a fonctionné toute la journée.

Le soir, nous avions à dîner à bord, Emmanuelle & Christophe de « Lifesong » … ainsi que leur bout chou Raphaël. Très agréable soirée où nous avons appris à un peu mieux  les connaître (nous venons de  faire leur connaissance):  ils ont acheté un Garcia 68’ de 97 qui a subi le cyclone Irma à « Saint Martin » … ils sont occupés à le retaper.

En revenant au bateau avec eux, je découvre que notre énorme bouée ronde qui nous a déjà maintes et maintes fois servis, a crevé sur une tête de vis ! Grrrrrr. Décidément, les marinas sont nettement plus dangereuses pour nos bateaux que le mouillage …

Dimanche 03.

Je me suis réveillé à 7 heures du matin avec l’idée tout aussi subite que fixe que je devais remplacer notre feu de navigation tribord qui avait rendu l’âme !!! Je serais bien incapable d’expliquer ce qui m’a pris mais c’était une très étrange réalité !

Joignant l’acte à la pensée, nous nous sommes lancés dans ce petit bricolage un peu rébarbatif car bien entendu, le point de connexion se situe … dans la baille à mouillage qui n’est accessible que l’intérieur.

Il s’agit de feux LED qui ont un très joli design et c’est bien la seule raison pour laquelle je ne les ai pas remplacés par quelque chose de plus « ordinaire ». En effet, les LED sont coulés dans la résine en sorte qu’il n’y a jamais moyen de les réparer ou de les bricoler ! Et donc, périodiquement, il nous faut les remplacer …

Lundi  04.

Ayant apprécié de pouvoir bricoler en des conditions « agréables », nous avons remis ce matin, le couvert avec la sirène de l’alarme du bateau, perchée dans le mât … hélas, pas du tout  avec le même succès ! Non seulement lorsque j’ai voulu enlever l’ancienne beuglante, l’une des deux vis de l’étrier de support s’est cassée net, me faisant lâcher ma clef de 10 qui est tombée sur le pont en frôlant la tête d’Ann … mais de surcroît, la nouvelle beuglante ne correspond pas à l’installation en sorte qu’elle beugle et  il n’y a plus moyen de l’arrêter !!!

Après quelques montées/descentes dans le mât, nous sommes donc aujourd’hui dépourvu de beuglante … pour le plus grand bonheur d’éventuels voleurs ! J’en ai des frissons d’horreur même si, en principe, le chantier est bien gardé. Inutile de préciser qu’il est impossible de trouver ce type de sirène sur l’île …

Après cela et parce que nous sommes totalement masos, nous avons procédé à l’entretien de notre GE alors que les températures extérieures étaient à leur maximum. On se serait cru en pleine fournaise africaine … l’horreur. De surcroît, pour vidanger il faut faire tourner le moteur pour que l’huile soit bien chaude.

A 13 heures, nous reprenions enfin notre farniente quotidien … qu’il commençait à pleuvoir ! Et après cela, je connais au moins un de nos amis qui ose nous dire que nous vivons au paradis !

Dans l’après-midi, nous avions la visite du « spécialiste du teck » qui devait nous faire un devis pour une rénovation/réparation de notre pont en teck qui a son âge … 17.000 $ ! Qui dit mieux ? Il est certain que celui-là nous a vu venir de très loin et nous verra repartir aussi loin.

Mardi  05.

Nous avions demandé à ce que le technicien Yamaha (moteur d’annexe) passe nous voir pour lui dire ce que nous souhaitions cette année (un entretien normal) mais nous ne nous attendions pas à qu’il vienne nous réveiller à 8 heures du matin …

Dans l’après-midi, c’était au tour du technicien Volvo Penta de venir prendre la commande (un tout gros entretien).

Entre-temps, il faisait horriblement chaud et rester à l’intérieur était pénible. Aussi, nous sommes restés le plus possible à l’extérieur et il faut avouer que le spectacle du chantier en pleine ébullition (le chantier fait le plein, cette année), était assez distrayant.

Mercredi  06.

Si notre emplacement au « dock privé » nous plaît énormément car nous avons une vue imprenable ainsi que de l’air, à l’expérience, nous relevons que des trois emplacements … c’est le plus dangereux pour le bateau !!!

L’emplacement sur l’extérieur est doublement mauvais  car  le vent pousse le bateau contre le ponton et  il n’y a aucun point d’attache permettant de tenir éloigné le bateau du ponton ! Le meilleur emplacement est celui du milieu mais bien entendu, c’est le premier qui est occupé ! Enfin, le troisième emplacement, près du bâtiment, a pour inconvénients de n’avoir aucune vue et de manquer d’air !

En tout état de cause, il faut impérativement positionner le bateau en marche arrière pour avoir l’avant vers le large … meilleure façon de prendre les vagues formées par le passage des bateaux.

Comme nous étions à la veille du jour J, il nous fallait commencer à tout préparer et en premier chef, à retirer les voiles d’avant. En profitant de l’absence de vent et de la fraîcheur de l’aurore, nous avons réalisé le travail en une demie heure !

Visite de Mark de « Dynamite » pour la mise au point des travaux à prévoir durant notre absence.

En fin d’après-midi, nous procédions au nettoyage et à l’entreposage dans la cabine VIP, des coussins de cockpit. Auparavant, on les laissait en place mais ceux-ci sont touts neufs …

Le soir, nous vidions et nettoyons les frigos … avant de nous écrouler dans notre lit.

Jeudi  07.

Nous étions attendus sous la grue pour 8 heures mais au moment où nous allions lâcher les amarres,  Daniella de « Peake » venait nous avertir que la grue était en panne !!! L’année passée, nous avons vu décoller les avions pour « Tobaggo » jusqu’à ce soit notre tour … notre avion connaissait un problème technique et nous avons raté notre correspondance. Cette année, pendant plus de 8 jours, nous avons vu des dizaines de bateaux être sortis de l’eau et quand c’était notre tour …

Nous avons attendu fiévreusement jusque 13 heures avant de voir la grue revenir du fin fond de l’esplanade du chantier. Notre peur était le vent car si à 8 heures, il n’y en avait pas … nous avions pris entre-temps deux grains ! Par bonheur et même si  les hommes de « Dynamite » chargés de nous aider, n’avaient pas été prévenus en temps utile, nous avons pu rentrer en marche arrière dans la darse sans la moindre difficulté.

En-dessous d’une certaine taille, les bateaux rentrent en marche avant dans la darse et sont conduits à leur emplacement au moyen d’un chariot hydraulique. En le cas de notre bateau, nous devons rentrer en marche arrière et c’est la grue qui se déplace en personne !

Après la sortie de l’eau, c’était « opération Karcher » et notre homme s’y entendait bien pour rendre notre coque plus belle qu’un sous-neuf … au détail près que quand il passait son jet sur le franc-bord, il projetait par la même occasion, de la poussière d’antifouling sur tout le pont (notre antifouling est érodable ) ! Le résultat des courses est que nous avons dû faire (re)nettoyer entièrement notre pont par Kawby.

Notre nouvel emplacement est situé quatre emplacements plus loin que celui de l’année dernière. Chaque bateau est positionné en fonction de critères bien précis qui nous échappent totalement.

Alors qu’Ann courrait de tous  les côtés, je suis resté au bateau pour mettre de l’ordre sur le pont (rangement des défenses et des amarres) ce qui m’a permis de relever avec beaucoup de déplaisir, que nous avions une seconde défense trouée !!! C’est la liaison entre le corps et la tête de la défense qui a craqué sur 1cm de long : jamais vu pareille chose.  

C’était ensuite au tour de l’électricien du chantier de me prendre la tête avec notre fil électrique ! Il a absolument voulu nous faire acheter un nouvel embout  (et un de plus …) pour la borne électrique du chantier qui ne correspond d’ailleurs, pas à celle du ponton (!) pour relever que le courant n’arrivait pas jusqu’au bateau !

Il s’en est suivi toute une série de contrôles où il fut question de changer notre gros câble électrique de 50 m jugé défectueux … pour en arriver, en finale, à brancher notre câble en directe sur la borne principale et cela maaaaarche.

Le soir, nous avons été mangé au « Zanzibar of sea » situé sur le chantier. On n’y mange pas spécialement bien mais la première fois, on peut s’y laisser prendre.

Vendredi  08.

Après une nuit passablement dégueulasse (Ann par contre, a bien dormi), nous nous sommes occupés des formalités administratives pour notre retour en Belgique : à l’immigration, ils sont tout bonnement chiants !  Je sais, je sais que je l’ai déjà dit mais cela fait du bien de le répéter.

Tandis que Kawby, au moyen d’un échafaudage, nettoyait au vinaigre blanc le franc-bord (les traces de sel, cuites par le soleil, commençaient déjà à être difficile à nettoyer !), les hommes du chantier  attaquaient l’installation de  l’immense cover du bateau.

Le soir, le chantier organisait un barbecue réunissant de nombreux plaisanciers. L’ambiance était très bon enfant, les plaisanciers-musiciens s’étant organisés pour faire un orchestre qui somme toute, ne se défendait pas trop mal. Bien évidemment, hormis nous et un autre couple de Français, Philippe & Renée de « Manta » qui se rappelait nous avoir vus en « Martinique », tout le monde parlait anglais …

Nous avons malgré tout, pu apprendre que l’on parlait beaucoup de notre bateau sur le chantier et que tout le monde, le considérait comme de loin, le plus beau. Le fleuve de compliments ne s’en arrêtait pas là pour autant puisque plusieurs techniciens nous ont affirmé être très fiers de pouvoir travailler sur notre bateau !!  Je ne m’en lasserai jamais …Il faut reconnaître que cela fait d’autant beaucoup de bien que nous sommes à nouveau, à la veille de dépenses importantes.

Samedi  09.

A 17.30 heures, nous prenions notre taxi pour l’aéroport où nous sommes arrivés bien dans les temps : notre avion décollait pour minuit. Il faut être très prudent car la circulation sur l’île peut se révéler très difficile et le trajet est très long !

Comme il n’est plus question pour nous, de voyager avec « Condor »  et encore moins, avec « Carribean Airlines » (cfr. article spécial), nous avions choisi de voyager avec « Air Canada » jusque « Toronto » et « Brussels Airlines » jusque « Bruxelles ».

Dimanche  10.

Arrivés à « Toronto » à 5.30 heures, nous avons été pris en charge par nos amis québécois, François & Josiane de « Umialtak » (nous avons fait leur connaissance aux « Canaries » en 2011) « qui étaient venus passer la nuit en ville pour nous voir. Cela nous a beaucoup touchés.

Notre avion pour Bruxelles, ne décollant qu’à 18 heures (en fait, il est parti à 19.30 heures) , nous avons passé la journée avec eux.

Si l’aéroport de « Toronto » est assez sympathique, les embarquements sont à chaque fois « bordéliques de bordéliques » : il devient urgent que quelqu’un leur apprenne comment il faut procéder car cela devient grave !

Comme l’année précédente, nous avons cru embarquer à bord d’un avion-hôpital !! Ce sont généralement des femmes et surtout, des hindoues qui ont trouvé le « truc » pour embarquer avant tout le monde. Elles arrivent toutes en chaise roulante (il y en avait une dizaine) alors qu’elles ne cachent même pas qu’elles marchent aussi bien que vous ! C’est choquant et irritant mais le personnel de l’aéroport ne semble pas s’en émouvoir le moins du monde.

Lundi  11.

Après 7.30 heures de vol, nous sommes arrivés à Bruxelles à 7.30 heures (heure locale) pour relever avec déplaisir que nos deux sacs de voyage ne nous avaient pas suivis ! Ils nous seront rapportés le vendredi et on aurait pu croire qu’ils étaient passés dans une machine à lessiver !

 

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Mardi  01.

Cela faisait déjà depuis quelques jours que nous aurions dû aller plonger mais pour les raisons les plus diverses, nous avons laissé passer les occasions, non sans mauvaise conscience. Mais voilà qu’aujourd’hui, il y avait du soleil et que décidément, nous ne pouvions manquer cela.

Mais devinez où nous avons été plonger (-18.60 m – 60’ – 27°). Je vous aide un peu … nous avons été plonger au B……..  au Bou…… au « Boucanier » ! Mon Dieu quelle surprise ! Cela faisait depuis si longtemps ! C’est à peine si j’ai reconnu le site, dis donc ! Que voulez-vous … Ann ne jure plus que par ce spot de plongée et reste surtout traumatisée par notre dernière plongée au « Grand Mur ».

Il faut reconnaître que le spot est proche, facile, agréable et magnifique. Le « Club Med » y plonge avec ses GM, deux fois par jour ! Contrairement aux autres fois, nous avons connu un très léger courant qui ne disait pas son nom.

Nous avons vu quantité de murènes dont plusieurs en pleine eau, de gros tourteaux et même, une petite langouste bien cachée sous l’aplomb d’un rocher. Par contre, je ne parviens plus à trouver trace de mon petit poulpe.

Mercredi  02.

Le grand jour tant redouté est finalement arrivé : nous avons rendez-vous au « Marin » pour le remplacement de nos 6 batteries gel de 200A constituant notre parc « électronique ».

Déjà quand nous arrivons au quai de « Caraïbe gréement », notre place nous est soufflée par un autre client ! Cela commençait bien d’autant que je ne suis pas trop fan de manœuvres dans la marina.

Le temps de repartir en marche arrière jusqu’au ponton à essence et un autre emplacement nous était libéré. Notre prise d’emplacement se révéla plus aisée que je ne le craignais sauf que nous commettions l’erreur d’amarrer la pendille sur l’arrière bâbord en sorte que notre bateau portait de travers sur la vedette de la SNSM ! Pour les photos, ce n’était pas top …

Chaque batterie pesant 75 kg. il faudra trois bonnes heures aux deux hommes de « Caraïbe Marine » pour retirer les anciennes batteries et amener à bord, les nouvelles. Malheureusement, les batteries étant logées dans un compartiment  où tout est calculé au millimètre près, il leur faudra trois heures supplémentaires pour parvenir à recaser les nouvelles batteries.  Les batteries ne sont pas bêtement rangées les unes à côté des autres … des moules et des cloisons les maintiennent écartées les unes des autres. Du très beau travail, encore fallait-il trouver l’ordre juste en lequel les cloisons devaient être remontées …

J’aurais préféré les laisser travailler seuls mais j’ai immédiatement compris que j’avais grand intérêt à surveiller les opérations voire à leur suggérer les bonnes manières de procéder ! De bonne volonté, ils étaient mais il manquait un chef compétent pour les diriger. J’aurais certainement pu réaliser moi-même le travail mais dès l’abord, j’avais été rebuté  par tous les branchements électriques à démonter (le couvercle du parc de batteries sert de support à divers appareillages) et d’autre part, par le poids incroyable des batteries à manipuler.

Si à la baie « Sainte Anne », il y a du vent (sans doute même un peu de trop …) rendant les températures agréables, dans le fond de la marina, il fait étouffant et pas question de faire fonctionner l’airco puisque nous avions coupé toute l’électricité du bord.

Lorsque vers 15.30 heures, nous avons enfin pu nous échapper de cette fournaise, nous avons immédiatement pris la poudre d’escampette … après un passage obligé par le ponton d’essence (817 litres à 1.24 €/litre).

Cette fois, nous avons ancré beaucoup plus près du débarcadère : nous sommes juste dans son alignement mais sur le bord extérieur malgré tout. J’adore cet emplacement d’autant que j’ai pu constater qu’un mètre plus en avant, nous aurait fait jeter l’ancre sur un fond de corail !!!

Le soir, je ne demandais pas mon reste et j’étais dans mon lit pour 20.20 h !!! Il ne s’agissait pas d’une « bonne fatigue ». J’étais plutôt fourbu et j’ai connu de sérieuses difficultés à trouver le sommeil.  

Jeudi  03.

Il fait superbe et j’aurais bien pensé aller plonger mais nous avions d’autres petites priorités à régler. Assez étonnamment, le bateau a assez bien roulé durant toute la journée ! Bien calé dans le cockpit, c’est à peine si on s’en rend compte. Dans le carré, on ne s’en rendrait même pas compte si nous n’avions pas les hublots de coque mais c’est surtout quand on arrive en annexe que le phénomène se visualise le mieux de l’arrière. Un peu impressionnant tout de même.

Vendredi  04.

Réveil matinal, nous sommes partis au « Marin » pour diverses petites courses dont le nécessaire avitaillement chez « Leader Price ». A chaque fois, je joue le rôle de « chauffeur » et comme tout bon « chauffeur », j’attends « Madame » en double file.

Je sais, je sais cela peut vous paraître idiot mais je déteste faire les courses d’avitaillement,  je surveille l’annexe et surtout, je contemple mes contemporains et c’est très amusant … c’est surtout de mon âge !

Si nous n’avons pas trouvé « Tahaa Tiva » au « Marin » … c’est « Eutikia » que nous avons vu débouler à la baie « Sainte Anne » après un long séjour passé à la marina pour un problème de moteur.

Et encore un transport de bateaux pour l’Europe ! Il n’était pas encore bien parti, qu’un autre transporteur pointait déjà le bout de son nez ! Nous n’en aurons jamais vu autant que cette saison.

En fin d’après-midi, nous avions un catamaran de location qui venait jeter l’ancre sur notre flanc bâbord, juste à hauteur de notre cockpit … bien trop près, of course !

Nous n’avons rien dit car nous étions persuadés que dès le lendemain matin ils seraient partis et en finale, ils sont partis … une heure plus tard !!! Si ce n’était quand même que pour un peu barboter dans l’eau, pourquoi venir jeter l’ancre au beau milieu de tous les bateaux !

Le soir, nous avions à l’apéro, Marina & Gianni de « Eutikia » ainsi que leur coéquipier pour la traversée de l’Atlantique. Nos amis retournent en Méditerranée dès que les conditions météo le permettront et mettront plus tard, le cap sur la « Grèce » … comme « Maeva » ou « Wink » ! Il semblerait qu’il s’agisse de la nouvelle destination de substitution aux « Antilles ».

Alors que nous bénéficions d’une connexion satellitaire (TV) parfaite depuis plusieurs semaines  … nous avons eu droit à de nombreuses micros coupures, en fin de soirée !! Comme quoi il ne faut jamais se réjouir trop vite.

Samedi  05.

Nous n’avons pas descendu l’annexe …

En cours d’après-midi, nous avions le déplaisir de voir un catamaran américain venir jeter l’ancre sur notre bâbord. Que dire ? A la fin, nous finirons par nous faire passer pour deux petits vieux acariâtres que nous sommes, à ne pas en douter. Il n’empêche que s’ils avaient jeté l’ancre un peu plus en avant, nous aurions pu éviter toute promiscuité dérangeante mais allez vous en leur faire comprendre cela. 

Dimanche 06.

Surmontant toutes ses appréhensions, Ann a marqué son accord pour aller plonger (-40 m – 51’ – 27° – 3’ à 3 m) sur le « Grand Mur ». Par bonheur, nous en avons été récompensés puisque la visibilité y était excellente.

En arrivant sur le tombant, nous avons eu droit à plonger avec une grosse tortue ! Si les petites et moyennes tortues sont nombreuses sur le mouillage, c’est la première fois que nous en rencontrons une, en plongée, en « Martinique ». En d’autres endroits du globe ,nous avons déjà eu le bonheur de plonger avec ces extraordinaires animaux. 

A l’apéro, nous étions à bord de « Tahaa Tiva » avec Martine & Christian … sans oublier leur chien Gatun.

Lundi  07.

Le catamaran américain est parti et il fait très beau. Farniente au menu du jour.

Le soir, nous sommes partis avec Martine & Christian de « Tahaa Tiva » au « Zanzibar » où nous avons excellemment dîné. Sur le trajet aller, alors que nous longions le ponton ski nautique du « Club Med » , nous sommes tombés nez à nez avec un skieur dans l’étroit passage … moment d’effroi pour mes passagers et échange d’une bordée d’injures. Il m’étonnerait que les vedettes de ski nautique puissent évoluer dans ce passage, en tirant un skieur mais ce dernier souhaitait, semble-t-il,  se faire prendre en photos par des amis postés sur le ponton …

Mardi  08.

Jour férié !! Nous l’avions un peu beaucoup perdu de vue et nous sommes donc allés jusqu’au « Marin » … pour des prunes. Grrrrrr.

Mercredi  09.

Même si  je n’en avais pas particulièrement envie mais comme ce jeudi c’est « l’Ascension » et donc, à nouveau, jour férié, nous sommes repartis au « Marin » pour acheter de nouvelles élingues pour l’arceau de notre annexe.

L’arceau amovible auquel est attaché l’annexe, descend et monte hydrauliquement par le biais d’élingues de 12mm en Dynema qu’il faut remplacer périodiquement en raison de leur usure due au frottement. C’est surtout l’élingue bâbord qui est la plus mise à mal car elle supporte tout le poids du moteur.

De retour à bord, nous relevons que les anciennes élingues sont de 12mm alors que nous pensions qu’elles étaient de 10 mm et que de surcroît, elles sont en Dynema alors que celles achetées sont en simple polyester !

Si je ne suis plus partant pour retourner au « Marin », Ann prend son courage à deux mains et part, seule, acheter de nouvelles élingues. En finale, c’était sans doute mieux ainsi …

Alors que sur le retour, elle longe la plage du « Club Med », elle se fait arrêter par la Gendarmerie pour … excès de vitesse !  Coût de l’amende … 500 € !! Mais comme elle est blonde (va sérieusement falloir qu’elle repense se faire une coloration), elle s’en est sortie avec un simple avertissement. Ouf.

Le long du rivage, jusqu’à 300 mètres de la côte, la vitesse maximale autorisée est de 5 nœuds ! Règlementation très, très loin d’être respectée et certainement pas par les vedettes  de ski nautique du « Club Med » mais bien entendu, la Maréchaussée sait fermer les yeux quand il le faut … à moins bien entendu que le « Club Med » dispose d’une dérogation spéciale d’autant arrangeante  que la zone éventuelle de dérogation n’est nullement délimitée !

De retour à bord, nous avons procédé, non sans quelques chipotages et réglages pas toujours aisés à trouver, au seul remplacement de l’élingue « moteur » … l’autre élingue étant encore en très bon état.

Jeudi  10.

Météo en demi-teinte avec de splendides périodes ensoleillées alternant avec des périodes aussi nuageuses que pluvieuses. Il n’en fallait pas moins pour ne pas me donner envie d’aller plonger.

Sur le plan d’eau, nous avons assisté à une véritable invasion de « nuisibles » que la perspective d’un long week-end avait attiré. Par bonheur, nous n’en avons pas eu à subir et d’ici à lundi matin, ils seront tous repartis !

Vendredi  11.

Météo toujours en demi-teinte. Rien de très étonnant à cela car c’est bien cela, le climat dans les « Antilles » ! Si les températures sont toujours assez agréables, le vent toujours assez soutenu, le ciel se partage souvent entre soleil et nuages et les grains alimentent les conversations.

Miracle de la journée … nous sommes parvenus à établir un mini programme pour les jours à venir !! Pourquoi autant de brutalité dans un programme de vie si paisible ? Parce qu’il va bien falloir un moment donné, se mettre en route pour « Trinidad » et comme la saison passée, nous souhaitons descendre à notre train de sénateur habituel.

DONC … nous partons mercredi prochain sauf empêchement. Donc … il nous faut tout prévoir avant de partir et donc … un programme s’imposait. CQFD.

Le programme prévoyait une dernière plongée au « Boucanier », ce vendredi ! S’il nous a fallu nous mettre un coup de pied au cul, celui-ci se révéla salvateur car la plongée nous a profondément emballés.

Au début de la plongée (-20m – 60’ – 27°), nous n’avons étrangement rien vu ! Puis Ann a découvert nos chers tourteaux, ce fut ensuite un énorme casier contenant une vingtaine de poissons ainsi qu’une très belle murène passablement énervée et sur le retour, je découvrais une langouste particulièrement bien cachée.

En fait, je passais à 4 ou 5 mètres du trou de la langouste lorsque mon œil a été attiré par des minuscules arceaux de coraux rouges. J’ai beaucoup hésité à y regarder de plus près car je devais me déplacer jusque là mais le détour en valait réellement la peine : mes minuscules arceaux étaient en fait les pattes de la langouste !

Si nous avons bien été tentés de libérer les pauvres bêtes du casier, nous ne l’avons même pas touché car je n’ai vu aucune possibilité de les libérer sans endommager le casier ! Quant à la murène, elle n’était pas à prendre avec des pincettes …

Samedi  12.

Comme il fallait bien aller chercher les couques aux raisins qu’Ann avait commandées pour moi, nous avons mis l’annexe à l’eau …

Est-ce cela ou autre chose mais je me suis convaincu qu’il fallait attaquer le nettoyage de la coque et comme je ne savais pas très bien par quel bout commencer … j’ai nettoyé la ligne de flottaison. On pourrait croire l’opération aisée mais rien qu’avec un masque et un tuba, on s’essouffle vite à rester en surface, en devant de surcroît, lutter contre le courant et les vagues.

Pendant ce temps là, Ann faisait le ménage à l’intérieur.

En milieu d’après-midi, un catamaran américain venait se planter sur notre tribord … cockpit en face de cockpit ! Même plus le courage de s’énerver !

Dimanche 13.

Journée farniente entièrement consacrée à la lecture.

Mauvaise nouvelle de la journée : les batteries du parc « service » (1.000 A en 24V) doivent également être remplacées (un coût de 11.000 € pour 12 batteries de 2V pesant chacune 68 kg !!). « I am happy » dirait Droopy.

Lundi  14.

Un « chipotage » en amenant un autre, j’ai passé l’heure du midi, à remplacer les filtres du déssal, à nettoyer divers autres filtres, à rechercher d’où venait l’odeur d’essence que l’on sentait dans le « local technique » etc. etc.

Nous sommes passés à deux doigts de la catastrophe ! Lorsque nous avons changé l’élingue « moteur » de l’arceau de l’annexe, j’ai été amené à faire un nœud simple à chaque extrémité.

Depuis lors, je m’énerve à constater que l’élingue « moteur » (c’est elle qui supporte tout le poids du moteur de l’annexe) est toujours un peu distendue par rapport à l’autre !!! Si je n’en comprenais pas la cause, loin de moi l’envie de recommencer les réglages déjà suffisamment fastidieux comme cela.

Aujourd’hui et alors que je remontais « à vide » l’arceau (ouf), l’élingue « moteur » se distend carrément !!!! En y regardant de plus près, je relève que l’un de mes nœuds simples était tout bonnement en train de lâcher … si cela était arrivé en cours de levage de l’annexe, l’arceau amovible se serait tordu voire, se serait cassé et le moteur de l’annexe serait venu percuter violemment la coque …

Comme nous avions abandonné l’idée de faire des courses au « Marin », nous avons revêtu nos combinaisons de plongée pour aller gratter la coque qui commence à se salir de manière fort conséquente. L’antifouling (Trilux 33 de International) a très bien tenu jusqu’il y a peu. Mais depuis lors, les salissures sont apparues en grand nombre.

Il s’agit d’un travail extrêmement pénible et désagréable (nous sommes remontés à bord, couverts de plancton grouillant) mais nécessaire si on ne souhaite pas ralentir le bateau (cela peut aller jusqu’à la perte de plus d’un nœud)!

Sur le coup de 18 heures, nos voisins américains partaient pour le « Marin ». Pas trop tôt …

Mardi  15.

Veille du grand départ, Ann a loué une voiture pour aller au centre commercial de « Génipa ». Au retour, sa voiture était  pleine à craquer mais il faut dire que notre nouveau chauffe-eau de 75 litres prenait pas mal de place sans oublier les 30 litres d’antifouling que nous avons achetés au « Marin » car nous y faisons près de 400 € (!) d’économie par rapport à « Trinidad ». Contrairement à une idée reçue, il est souvent plus intéressant d’acheter en « Martinique » qu’à « Trinidad » !!!

De mon côté, je m’occupais de Ludovic de « I.D.S. » chargé de réparer notre fuite de diesel localisée à hauteur de la pompe d’injection. Si j’avais pris bien soin de surtout ne pas m’emmêler, j’ai parfaitement eu raison car en dévissant un boulon, le joint intérieur s’est totalement abîmé et d’une très légère fuite, on était passé à un véritable geyser !

Petite cause … grands effets, nous nous retrouvions le soir, sans GE pour charger nos batteries et notre départ s’en trouvait retardé. Joie.

Mercredi  16.

Passage à bord de Ludovic de « I.D.S. » nous ramenant notre pompe d’injonction dont tous les joints ont été changés.

Ensuite, nous sommes allés au « Marin » pour y réaliser diverses courses comme notre clearance de sortie ou prendre des nouvelles de notre antenne Mini C en réparation chez « Diginav » depuis novembre … en finale, elle est définitivement HS et comme ce modèle d’antenne n’existe plus, nous nous en passerons sans doute tout aussi définitivement.

Cela fait depuis des semaines que chaque fois que je vois une publicité à la télévision pour « Mac Do », j’en bave d’envie !  Comme un fait exprès, il y a un « Mac Do » juste à côté du « Leader Price » où nous allons faire nos courses très régulièrement. Malgré cela et jusqu’à aujourd’hui, nous n’y avions jamais mis les pieds !! Nous avons donc réparé « l’erreur ».

 

Demain, nous entamons notre lente transhumance vers « Trinidad ».

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Lundi  16.

Alors qu’il faisait si beau hier, aujourd’hui, une brume tenace et menaçante couvre tout le « Marin ». Pas réellement jojo comme météo d’autant que le vent souffle de manière soutenue.

Je ne suis pas encore familiarisé avec notre nouvel emplacement qui est situé en arrière de tout le monde alors que nous étions beaucoup plus en avant. Positif … je pense que personne ne viendra nous enquiquiner en cet endroit d’autant que le plan d’eau s’est encore considérablement clairsemé.

Nous étions invités à prendre l’apéro sur « El Nido » avec  Franki & Joss mais vers  16 heures, j’ai estimé que la météo tournait vinaigre et que nous allions nous faire méchamment doucher. Nous n’avons eu que le temps d’aller en annexe prévenir nos amis que nous ne viendrions pas, de retourner au bateau et de remonter l’annexe avant que le déluge ne s’abatte sur nous !

Nous avons carrément eu droit à notre premier orage dans les « Antilles » qui a causé de nombreux dégâts sur la côte est de l’île ! Le vent déjà bien soutenu, est encore monté d’un bon cran, rendant l’ambiance assez lugubre. Heureusement, vers 21 heures, le soufflé retombait et les conditions météo redevenaient plus « normales ».

Mardi  17.

Ann avait rendez-vous avec son esthéticienne, au « Marin » et j’en ai profité pour faire reprendre par « Incidences », une couture qui lâchait sur notre cover de barre à roue. Même si la saison n’est pas encore terminée, toute activité semble un peu en berne comme si nous étions déjà en « basse saison ». J’avais ressenti la même chose la saison précédente … après les vacances de Pâques, tout le monde déserte les lieux !

Bien que je sois ravi de savoir que notre mouillage repose sur un beau fond de sable exempt de tout corail, je ne m’habitue pas à notre nouvel emplacement ! J’ai le sentiment profondément ancré en moi que nous sommes plus exposés à la houle. J’essaie de me convaincre qu’au moins ici, on nous fout  la paix mais je n’en suis pas plus convaincu car nous avons déjà eu des voisins !!

Mercredi  18.

Depuis le début de la semaine, il fait nuageux à couvert et le vent est assez soutenu … quand le vent ne l’est pas, la houle s’engouffre dans la baie et les bateaux roulent  … et quand le vent est moyen, la houle vient frapper bruyamment la jupe arrière !! « I am happy » dirait Droupy.

En ces conditions, j’ai beaucoup hésité à aller plonger mais Ann en avait envie et je me suis finalement décidé. Bien évidemment, nous ne l’avons pas regretté que du contraire. Nous avons adoré cette plongée « bio » (-20m – 60’ – 27°) d’autant que nous avons revu nos gros tourteaux !!! Par contre, à la sortie de l’eau, nous avons eu un peu froid … une première.

Jeudi  19.

Le soleil est plus généreux aujourd’hui que les autres jours et cela fait du bien au moral.

Nous avons appris que nos batteries commandées auprès de Mastervolt (Nl) n’arriveraient que ce dimanche en lieu et place de ce vendredi car le cargo qui les transportait, a heurté un autre bateau à la sortie du « Havre » et avait un trou en-dessous de la ligne de flottaison … évidemment, il marchait moins bien après l’accident.

Nous sommes en plein débat pour la signature d’une nouvelle police d’assurance depuis que « Delta Lloyd » (Nl)  a décidé de ne plus assurer les bateaux d’une valeur supérieure à  500.000 €. Premier constat : alors que la valeur assurée de départ a été revue à la baisse, les primes proposées sont toutes largement supérieures à ce que nous avons payé jusqu’à présent !!!!  Selon un courtier, les primes ont littéralement explosé après le passage du cyclone Irma.

Second constat : notre courtier nous appâte avec  une prime en omettant de signaler les taxes à y inclure … et, dans le même tonneau, la compagnie d’assurances diminue la couverture d’assurance en cours de négociation : « Yacht & Co » (Nl)  nous a proposé une prime couvrant les cyclones … puis a décrété qu’elle ne couvrait pas les cyclones si nous allions chez « Peake » (Trinidad) … et enfin, dans le projet de police que nous avons finalement reçu, elle ne couvre pas plus simplement, les dégâts causés directement ou indirectement par un cyclone !!!!

Le soir, nous avons eu droit à une coupure générale de courant ! Immédiatement, nous avons regardé chez le voisin et comme il n’y avait aucune lumière, nous en avons conclu qu’il s’agissait d’une panne de secteur … no panique. Heureusement, très rapidement, le courant est revenu.

Vendredi  20.

Journée à grains mais nous avons malgré tout, trouvé un créneau pour aller et revenir du « Marin » sans se faire rincer. Le mouillage étant des plus calme, ces petites sorties constituent autant de petites distractions fort appréciées.

Nouvelle « grande première » (c’est l’année !) … à peine démarré, le GE s’éteint (cela arrive). Je vérifie l’arrivée d’eau de mer et constate que le débit n’est pas normal (cela arrive). Je démonte la vanne mais ce n’est qu’en sortant la bille en plastique de son logement que la touffe d’herbe bloquée  s’évacue avec l’eau de mer qui envahit nos fonds !

Le débit d’eau étant trop important, je ne parviens pas à remettre la bille en plastique dans son logement et l’eau continue d’envahir nos fonds … en clair, nous avons une voie d’eau et nous couloooooooooooons !

Ne voyant pas d’autre solution, je demande à Ann d’aller placer une pinoche de l’autre côté de la vanne c’est-à-dire sous l’eau (une grande première). Mon épouse est contente mais contente, vous n’imaginez pas. D’ailleurs, elle n’est pas « contente » … elle est « h-eu-r-e-u-s-e »!

Après un premier essai un peu chaotique, en apnée, elle me demande une bouteille. Je lui demande si elle préfère la bouteille d’eau pétillante ou d’eau plate mais ne semble pas apprécier mon humour !

Une fois  la pinoche en place, je parviens après quelques tâtonnements (!), à remonter la vanne et à tout rebrancher. Merde, j’ai oublié de dire à Ann qu’elle pouvait retirer la pinoche et remonter à bord …qu’est-ce que je fais ? Je lui dis ou pas ?

Samedi  21.

Passage à bord de Frédéric de « Electrotechnique services » (je vous le recommande très vivement) pour notre problème électrique. Je le dirige immédiatement vers nos coupe-batteries électroniques qui depuis la construction du bateau, sont toujours les grands responsables de nos coupures généralisées de courant ou de baisse de voltage !!!

Cela fait depuis près de huit ans que ces coupe-batteries me font périodiquement chier sans que jamais je n’ai eu le bon sens de me renseigner sur leur utilité ! En fait, j’ai appris que leur fonction était de couper l’arrivée de courant en provenance des batteries en cas de court-circuit. Utile.

Après examen, il diagnostique qu’un des coupe-batterie électronique est défectueux, que deux câbles doivent être remplacés suite à surchauffe et que d’une manière générale, de nombreux écrous sont desserrés ce qui pourrait expliquer la surchauffe relevée. Au passage, les broches des fusibles sont nettoyées à la brosse métallique.

Dimanche 22.

Je n’en crois pas mes yeux mais le plan d’eau est calme et le bateau ne roule pas !!!!! C’est Noël … non, c’est Pâques … Evidemment comme on ne peut pas tout avoir en même temps, il fait cra-cra à souhait : brume, crachin, pluie et ciel couvert.

Nous sommes invités pour midi sur « Laurence » où nous sommes super bien accueillis par Yvette & Didier.  Nous avons reparlé du « bon temps » passé à « Breskens » (Nl) et nous avons bien ri de nos pitreries de l’époque … aaaaaaaaaaaaaah, de vrais gamins !

En revenant à bord, nous constatons la présence d’un nouveau « radeau de la méduse » italien qui n’a rien trouvé de mieux que de venir jeter son ancre en parallèle à nous ! Si on ne peut rien dire car l’écart entre les bateaux est raisonnable, pourquoi diable avait-il besoin de venir se coller à nous alors que nous avons ancré en retrait de tout le monde … pour avoir la paix !

Lundi  23.

Ciel nuageux à couvert, vent soutenu, plan d’eau agité … notre météo depuis plus d’une semaine ! Par bonheur, en fin d’après-midi, nous avons souvent droit à une accalmie. Une heureuse nouvelle dans toute cette grisaille … le « radeau de la méduse »  italien est parti.

En ces conditions, nous avons opté pour le farniente et la lecture. Rendons à César ce qui appartient à César … Ann n’a pas que farniente, elle a aussi géré par téléphone, divers petits problèmes et a nettoyé  l‘intérieur du bateau.

Mardi  24.

Le temps idéal : plan d’eau calme, vent faible, le bateau qui ne roule pas … manquait seulement le soleil mais cela fait tellement de bien de ne pas avoir à subir les assauts du vent ! La présence d’un vent bien soutenu est une des caractéristiques des « Antilles » … en manière telle qu’il est assez rare de naviguer sans prendre des ris dans la GV !!

Après un passage par le « Marin », nous sommes allés plonger au « Boucanier » (-30 m – 61’ – 27° – 3’ à 3 m). J’avais proposé d’aller plonger au « Grand Mur » mais Ann avait peur que l’eau ne soit trouble et à vrai dire, la visibilité était déjà assez mauvaise au « Boucanier » c’est-à-dire 4 à 5 mètres ! Très belle plongée même si  je n’y ai pas trouvé tout mon plaisir habituel … sans réel motif !

Mercredi  25.

Comme nous avions mis l’annexe à l’eau, la veille, nous avons préféré rester tranquillement à bord. La météo n’était déjà plus la même que hier et la matinée fut même assez pluvieuse. L’après-midi fut par contre, très engageant.

Nous les attirons comme des aimants, ce n’est pas possible. Nous sommes encerclés sur l’avant et sur l’arrière, par des voisins ! Difficile de dire quelque chose dès lors qu’ils sont arrivés alors que nous étions encore dans notre lit (!) et que les distances de sécurité ont été respectées mais enfin pourquoi toujours vouloir nous coller. Serions devenus le « centre du mouillage » ?

Après avoir regardé un reportage sur les méfaits de la sédentarité sur le physique, je me suis senti subitement attiré par une petite natation qui m’a entraîné assez loin du bateau. Si seulement, j’avais le courage de faire cela tous les jours mais cela ne sera pas demain la veille si j’en crois mes dernières inclinations !

Jeudi  26.

Si j’en crois justement mes dernières inclinations, c’est le « farniente » qui a la cote ces derniers temps. De toute manière c’est cela ou … « arbeid , arbeid ». Nous avons donc cultivé ce principe de vie si cher à mon cœur. Il est bien connu que quand on a atteint un certain âge, c’est avant tout le cœur qu’il faut préserver.

Vendredi  27.

C’était notre journée des « B.A. » ! Cela a d’abord commencé en nous dirigeant vers le « Marin » !!

Si  je suis toujours très concentré sur ma conduite en sorte que je ne fais jamais attention aux personnes qui sont sur les bateaux que nous dépassons, Ann aime jouer à la star et fait signe bonjour à tout le monde … et bien entendu, cela nous a valu de nous faire héler par le skipper d’un catamaran de location qui avait perdu sa gaffe.

Bon … quand nous avons appris qu’il s’agissait de Bruxellois comme nous et que de surcroît, Ann avait lu leur blog (parce qu’ils tiennent un blog !), nous avons mis du cœur à l’ouvrage pour retrouver le précieux objet qui flottait la tête en l’air … entre les bateaux au mouillage !

Après toutes nos petites courses, nous sommes rentrés à bord et alors que nous farnientions dans le cockpit, Ann me demande si comme elle, j’ai l’impression que le « radeau de la méduse » (un très ancien modèle) qui nous gâche la vue sur l’arrière, est en train de couler !

Même si je n’y avais pas fait attention jusque là, à la réflexion, il me semblait bien qu’il piquait du nez. Que faire ?

Prévenir le propriétaire du bateau ! Excellente idée encore que difficile à réaliser car nous n’avons jamais vu personne sur cette méduse … non, sur ce radeau.

Prévenir l’assureur du bateau !  Peu probable que ce type de radeau soit assuré.

Prévenir le « Cross » ! Réflexe de bon sens mais la dernière fois que nous les avons appelés pour leur signaler qu’un voilier dérapait sur notre bateau, leur réaction fut très, très décevante puisqu’en fin de compte ils se contentèrent « d’en prendre acte » …

Solliciter un autre avis ! Nous avons effectivement demandé à notre plus proche voisin ce qu’il en pensait et à vrai dire … il n’en pensait rien mais, à la réflexion, nous avions peut-être raison.

Par malheur pour eux, le bateau de la douane avait jeté son ancre à quelques encablures de là !! Nous y avons donc fait un saut en annexe tandis que trois douaniers bavassaient sur le pont avant. Alors que je pensais recevoir un accueil mitigé, nous avons reçu un accueil … mitigé.

Le plus âgé des trois se campa immédiatement derrière la position du fonctionnaire qui ne peut rien faire (!!) tandis que son collègue plus jeune nous rassura en affirmant qu’ils avaient le bateau à l’œil … je suppose qu’ils attendaient qu’il n’y ait plus que le mât qui ressorte de l’eau pour être certains qu’il coulait.

Toujours est-il qu’une dizaine de minutes plus tard, la douane était à notre bord et procédait à une fouille complète de notre bateau !!! Mort aux vaches.

Il ne faut pas toujours croire tout ce que je raconte … non, une dizaine de minutes plus tard, ils étaient trois à monter sur le « radeau de la méduse » et après une inspection qui nous a paru interminable, le bateau de la douane est venu s’ancrer juste derrière nous !!! Bonjour, l’intimité. J’ai bien demandé à Ann de leur dire d’aller jeter l’ancre un peu plus loin mais elle n’a pas osé.

Une pompe passa alors d’un bord à l’autre bord et nous avons eu le plaisir de constater qu’après deux bonnes heures de pompage, le « radeau de la méduse » reprenait des couleurs. C’est le presse-étoupe qui  fuitait … et a continué de fuiter par la suite !.

Après tous ces efforts, le bateau des douanes a mis les voiles à toute vapeur vers des horizons plus enchanteurs …

Samedi  28.

Ce matin, nous avons été tirés du lit par « Tahaa Tiva » qui est arrivé de nuit, en provenance de « Jacaré » (Brésil). Nous avons rencontrés Christian & Martine au « Tonga » (Pacifique) et nous avons parcouru ensemble «  l’Indonésie », en le cadre du rallye « Sail Indonesia ». Si après, nos routes ne se sont plus croisées, nous sommes toujours restés en contact. Il s’agit d’un des cadeaux merveilleux de faire un tour du monde : on rencontre énormément de personnes intéressantes voire attachantes.

Comme ils avaient un problème de frigo, nous leur avons renseigné Olivier qui est venu les dépanner dans la matinée ! La panne n’était pas grave … il s’agissait seulement d’une résistance qui avait sauté. Le thermostat dû également être changé par la suite parce que le compresseur ne s’arrêtait plus.

Nous avons partagé très agréablement la fin de matinée avec eux. Au débarcadère de « Sainte Anne », nous leur avons présenté Erwin & Larissa de « Axsika »  (le remplaçant de « Larwin » coulé au large du « Belize » en début d’année).

Comme je le pensais, c’est une vie sociale un peu plus étoffée qui nous a manqué cette saison même si nous avons pu compter sur pas mal de copains malgré tout. Malheureusement, c’est toujours de parfaits  étrangers qui veulent faire copain-copain avec nous en mouillant l’ancre très près de notre bateau …

A l’apéro, nous avions le bonheur d’accueillir Christian & Martine de « Tahaa Tiva » qui nous ont beaucoup amusé en racontant qu’ils avaient un sérieux problème avec leur WC Jabsco : le tuyau étant bouché, Christian a forcé sur la pompe à main et après quelques efforts, il fut heureux de constater que le bouchon avait pu être évacué … sauf que, et il ne le savait pas, il n’avait réussi qu’à démancher le tuyau bouché ! Je vous laisse imaginer la suite … il leur a fallu près de deux jours pour en venir à bout du nettoyage des fonds de leur bateau.

Dimanche 29.

Nous étions en train de petit déjeuner tranquillement lorsqu’un bateau de pêche du « Marin » rase notre bateau à vive allure pour stopper quelques encablures plus loin ! C’est son changement de régime de moteur qui a alerté Ann qui s’est relevée pour voir ce qui se passait. Le pêcheur était en train de couper au couteau, le filin qui relie notre orin (petite bouée ronde et rouge)  à l’ancre avec l’intention manifeste de nous le voler !!! Difficile de faire croire qu’il ignorait qu’il s’agissait d’un orin alors que le nom du bateau est inscrit sur la bouée …

Sur base du principe « qui vole un œuf, vole un bœuf », nous aurions dû déposer plainte mais nous avions récupéré notre orin et son contrepoids et nous n’avions pas plus envie de nous mettre tous les locaux à dos.

Lundi  30.

Cela fait depuis quelques mois que j’avais remarqué que mon matelas s’affaissait en son centre. Dans un premier temps, nous avions pensé en changer mais comme il ne s’agit pas (of course) d’un modèle standard, l’opération s’est vite révélée, en « Martinique »,  extrêmement complexe et onéreuse !

Par la suite, nous avons compris que c’était, en fait, notre latoflex qui avait besoin d’être remplacé : certaines lattes de convexes étant devenues concaves ! En appelant ce matin, le fabricant  « Bedflex », il nous été donné d’apprendre qu’il fallait tout simplement  retourner (jamais fait) les lattes tous les deux à trois ans … ce que nous nous sommes empressés de réaliser. J’attends ce soir avec impatience pour connaître le nombre d’heures de sommeil que je vais gagner …

Le succès nous mine !! Tous nos fans veulent obtenir un autographe ! C’est du moins ce que je traduis de cet engouement incroyable à vouloir jeter la pioche tout autour de notre bateau alors qu’il y a tant de meilleures places de mouillage …

Nous avons eu un bref entretien avec le propriétaire du « radeau de la méduse » en train de couler il y a quelques jours. En finale, nous avons été soulagés qu’il ne nous engueule pas d’avoir éviter à son radeau de reposer par le fond …je dis cela parce que nous ne l’avons pas entendu nous dire le plus petit « merci ». Il semblerait être un copain de « radeau de la méduse 1 » … doivent sans doute tous être membres d’une Confrérie quelconque de la méduse.

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Publié par : Ann & Stéphane | 19 avril 2018

01 au 15.04.2018 – Petit détour par la Anse d’Arlet !

Baie Sainte Anne.

Dimanche 01.

Si le WC n’est plus à proprement parler « bouché » … le débit d’évacuation est cependant fortement diminué ce qui pose également problème ! Comme Ann l’avait déjà évoqué hier, je pense qu’il va nous falloir changer le tuyau d’évacuation et la vanne par la même occasion. En attendant, nous avons branché le WC sur le tank « d’eaux noires » court-circuitant du même coup, l’obstruction au niveau du passe-coque.

L’urine provoque avec l’eau de mer, une réaction chimique sous forme d’un dépôt plus dure que du béton, qui diminue progressivement le diamètre intérieur du tuyau d’évacuation. Ce phénomène est bien connu notamment, des loueurs de bateau. Comme nous avons à bord des WC électriques qui fonctionnent à l’eau douce, je pensais que nous n’aurions pas à connaître ce problème mais apparemment, nous n’y échappons pas ! Il est vrai que même diluée par l’eau douce, l’urine rentre finalement en contact avec l’eau de mer.

Après la journée merdique que nous avions connue la veille, nous n’avions qu’une seule et unique envie : farniente, au soleil.

Durant la nuit, nous avons eu droit à de la pluie, de la pluie et encore de la pluie tandis que le vent, une fois de plus, avait tiré sa révérence.

Lundi  02.

Ayant assez mal dormi en raison d’un manque d’air conséquent à la pluie (fermeture des capots de pont) et à l’absence de vent, je me suis levé encore un peu plus tard que d’habitude … Le moral n’étant pas spécialement au rendez-vous, nous avons décidé de farniente.

Mardi  03.

A la première heure de la matinée, Olivier, le frigoriste, passait au bateau pour embarquer notre compresseur Danfoss pour réparation.

Vous aimez rêver … donc, si je vous demande un petit effort d’imagination, cela ne vous posera pas problème : vous quittez la ville (marina) car vous n’aimez pas la promiscuité, vous vous installez en périphérie (mouillage) et choisissez un endroit un peu à l’écart de tout le monde, la vue est magnifique. Vous nagez en plein bonheur lorsque vous voyez une autre caravane (bateau) qui vient se planter juste devant vous, à quelques mètres de distance alors que pourtant, l’espace ne manque pas … quelle est votre réaction ?

C’est  le scénario que nous vivons quasiment tous les jours (!!) et pas plus tard encore que ce matin, en revenant d’avoir été chercher une baguette. Grâce au ciel, il s’agissait d’un jeune couple de Français naviguant sur un « radeau de la méduse » (incroyable le nombre de modèles qui existent !). Comme le jeune homme « méditait » (sic) sur son ancrage, nous les avons convaincus de partir ancrer plus loin mais nous ne rencontrons pas souvent autant de malléabilité …

Au débarcadère où les annexes étaient à nouveau en grand nombre (vacances de Pâques obligent), nous avons rencontré Philippe et Esmeralda dont nous avions fait la connaissance à « Jacaré » (Brésil). Très sympathiques et trop brèves retrouvailles mais ils étaient à bord d’un bateau ami.

Sur le retour, nous avons été dire bonjour en passant à « Balaruc » qui sort de l’eau, comme chaque année, à la fin de la semaine ! C’est un peu tôt pour nous …

Nous n’étions pas arrivés au bateau que nous devions repartir pour la vérification annuelle de nos deux extincteurs automatiques (toute une histoire pour cette foutue vérification annuelle). La vérification, réalisée à même le débarcadère (!), a duré moins de temps que de remplir les documents officiels … le coût : 5 € pour la vérification et 58 € pour le déplacement  du technicien !!

Comme la météo était splendide, nous avons décidé d’aller plonger au « Boucanier » : -28 m – 56’ – 27°. Impressionnant le nombre de petites murènes que nous avons vues de même que deux petites langoustes particulièrement bien cachées sous un rebord rocheux. Et sur le retour, nous avons trouvé un masque( l’endroit est fort fréquenté par les clubs de plongée locaux).

Mercredi  04.

Olivier est venu replacer notre compresseur Danfoss … sauf qu’en fin de matinée, il n’avait toujours pas trouvé ce qui bloquait – maintenant – la circulation du gaz réfrigérant dans le circuit !!! Je crains que nous ne soyons pas encore au bout de nos peines même si en fin de journée, le « bouchon » avait, apparemment, sauté. Je n’ose en tous les cas, plus vous expliquer la ou les causes de nos problèmes avec ce frigo.

Comme un emmerde n’arrive jamais seul, notre liste de petits problèmes techniques s’est considérablement allongée ces derniers jours ! Rien d’insurmontable (= à ma portée) mais quand même …

Jeudi  05.

Nous savions que cela nous pendait au nez et effectivement, nous étions justement dans les temps ! Donc, tandis qu’Ann était chez l’esthéticienne, je me suis tapé l’entretien du GE : 3 heures de travail … en ce compris la rédaction de mon rapport de travail. Cela vous étonne ?

En fait, ce n’est pas que je pense à nos successeurs sur ce voilier mais davantage, à garder une trace de ce qui a été fait ou pas fait et le pourquoi du comment … et cela aussi bien pour les entretiens que pour toute réparation à bord. Vous n’imaginez pas comme on oublie facilement (surtout, à nos âges) et combien il peut être utile de se rappeler la procédure entreprise à l’époque, avec succès. Et puis, et puis, vous ne l’avez sans doute pas remarqué mais j’aime bien écrire … j’ai une âme de gratte-papier.

Vendredi  06.

Nous avions décidé en début de semaine que nous partions ce matin pour les « Anses d’Arlet » mais quand Ann a vu  la météo (pluvieuse), elle a estimé que nous pouvions remettre cela à dimanche car la météo de samedi  n’était pas annoncée meilleure. La réalité vraie reste que nous avons toujours autant de mal à nous mettre en mouvement … ce qui pour des « circumnavigateurs » est quand même une ironie !

Ce qui nous a également poussés à ne pas bouger … c’est le départ du « radeau de la méduse 1 » que nous supportons trop près de nous, depuis des semaines d’autant qu’il en a profité pour partir avec en remorque  « radeau de la méduse 3 » !!!!

Impossible de savoir si ce double départ est définitif ou simplement temporaire mais entre-temps, nous voulons profiter à 300% d’avoir notre vue totalement dégagée sur l’avant. Le super pied. Impossible de partir en ces conditions.

Nous n’avons donc rien fait d’autre que … farniente. Il faut quand même préciser que le « farniente » est un art qui n’est pas accessible à tout le monde et qu’il nous a fallu des années de pratique et de patience avant de pouvoir l’exercer correctement.

Preuve s’il en est qu’il s’agit d’un « art » pas si facile à appréhender, en fin d’après-midi, je bricolais notre porte de douche qui s’est découverte une malheureuse tendance à absorber comme une éponge, l’eau de la douche !

Samedi  07.

Nous avons à peine eu le temps de passer sous la douche avant de nous rendre sur « Laurence » de Didier & Yvette, pour y prendre l’apéritif … de midi. Pas évident d’aller se saouler la gueule sans petit déjeuner dans l’estomac mais comme, par principe, nous ne buvons pas d’alcool avant le coucher du soleil, le risque n’était pas trop grand.

Comme il faisait beau et très agréable, nous avons ensuite poussé jusqu’au « Marin » acheter du Sikaflex (saviez-vous que le meilleur de le conserver était de le placer en frigo ?). Au passage, nous avons relevé que le ferry que transportait « Big Lift  – Transporter » (cfr. photo), avait été mis à l’eau … pour rejoindre aussi sec, le tarmac du chantier.

Passé 15 heures et donc trop tard, pour commencer quoi que ce soit de sérieux, nous avons farniente. Tout un art … je vous l’ai déjà dit ?

Dimanche 08.

Comme la météo avait annoncé une superbe journée qui  ne fut, en réalité, ni plus belle, ni plus moche que les précédentes, nous avions pensé partir aux « Anses d’Arlet » mais Ann avait envie d’aller plonger … notre envie de voyage s’émoussait depuis quelques jours !

Plongée au « Boucanier » : -30m – 60’ – 27° – 1’ à 3m. Une superbe plongée où nous avons vu des murènes en quantité ainsi qu’une belle langouste. Mais ma plus belle récompense est venue d’Ann lorsqu’elle m’a dit qu’elle adorait plonger avec moi … cela fait toujours du bien pour son ego.

En fin d’après-midi, nous recevions pour un apéro dinatoire, Didier & Yvette de « Laurence » ainsi que Toto de « Broceliande ». En apprenant que Toto était un ancien plongeur professionnel, toute la conversation a tourné, avec la complicité de Didier & Yvette, autour de nos expériences respectives … autant dire que nous avons apprécié cette soirée.

Lundi  09.

Météo très cra-cra qui n’incite à rien d’autre qu’au farniente. Une belle occasion de faire du « secrétariat » d’autant que quand il fait beau, je n’ai jamais le courage de m’enfermer à l’intérieur … or, il faut bien, notamment, tenir à jour notre blog.

La tuile de la journée … « radeau de la méduse 1 » est de retour et sans surprise, il a repris exactement sa position initiale. J’étais si heureux d’en être débarrassé que j’avais fini par croire que son départ était définitif.

Mardi  10.

Après une semaine de vents assez faibles, le vent a repris beaucoup de vigueur rendant le plan d’eau un peu agité.

Comme nous avions l’intention d’aller fêter l’anniversaire d’Ann au « Zanzibar », nous avons mis en marche le GE en avance sur l’horaire normal. Il ne tournait pas depuis quelques minutes qu’il s’arrêta brusquement ! Pas de panique … nous savons ce que c’est … il s’est mis en sécurité par manque d’eau de refroidissement … c’est encore (!)  la vanne d’arrivée d’eau de mer qui est bouchée.

Seulement voilà, après vérifications, il n’y avait aucune obstruction quant à l’arrivée de l’eau de mer et de surcroît, l’eau glycolée de l’échangeur de température refluait à grosses giclées par le trop-plein !! Au secours.

Nous sommes donc passés d’un coup brutal, du mode « très grand confort » au mode « survie ». Il nous fallait économiser notre énergie pour éviter de descendre nos batteries même si nous pouvions malgré tout, grâce au second alternateur du moteur principal, recharger nos batteries. Mais plus question de propulseurs, de compresseur de plongée, de machine à laver, de séchoir , d’airco et surtout de déssalinisateur !  Nous étions retournés à l’âge de la pierre ! Pour nous allumer, nous avons même eu recours à la lampe torche … sans doute un peu excessif mais il vaut mieux être prudent quand on ne sait pas quand tout redeviendra « normal ». Joyeux anniversaire, mon cœur.

Si Ann était prête à annuler sa soirée d’anniversaire d’autant qu’au dehors, les grains se succédaient (encore un peu et on aurait pu se croire dans un film d’épouvante), je voyais, au contraire, l’opportunité de diminuer notre consommation électrique …

Nous sommes donc partis au resto, entre deux grains … nous avons quand même pris le grain suivant juste un peu l’arrivée au débarcadère.

Alors que notre visibilité était grandement diminuée en raison de la pluie qui m’empêchait de garder grands ouverts les yeux, nous avons failli percuter une autre annexe (deux personnes à bord) qui venait de notre droite sans sur le moindre feu …

Nous étions à peine rentrés à bord que nous avions droit à un nouveau grain qui cette fois, ne nous a pas atteints.

Mercredi  11.

Dès 8.30 heures, nous allions chercher Ludovic de « I.D.S. » qui diagnostiquait immédiatement la rupture de notre courroie d’entraînement … une autre grande première. C’est décidément, la saison des « grandes premières » !

Le problème reste entier puisque nous ignorons totalement comment une courroie quasiment neuve a pu se déchirer sur une section de quelques centimètres seulement. Les hypothèses sont nombreuses (la courroie avait notamment, été resserrée par Ludovic le 27.03.18 …) mais sans doute, ne connaîtrons nous jamais la vérité. En tous les cas, ce qui est certain, c’est que malgré toutes nos précautions et notre bienveillance pour garder tout en état de marche, cela foire quand même … écœurant.

Comme nous n’avons plus l’habitude de nous lever tôt, quand c’est le cas, nous avons quelques difficultés à retrouver notre rythme de croisière et ce mercredi n’a pas échappé à la règle. Si vous ajoutez à cela que le mercredi est LE jour des programmes foireux à la télévision, vous aurez une idée de notre journée. Beurk.

La météo était aussi maussade et venteuse que notre humeur. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous avons enfin connu un temps sec … la nuit fut donc particulièrement agréable.

Jeudi  12.

S’il fait beau, il continue à venter .

Nous pensions aller plonger mais comme nous nous sommes réveillés un peu tard, nous avons finalement décidé de reporter … ce qui avait le grand avantage de ne pas nous obliger à descendre l’annexe. Et pourtant la manœuvre de mise à l’eau est extrêmement simple mais c’est psychologique !

Si Ann a passé sa journée, plongée dans son dernier bouquin, ayant terminé le mien, je suis resté dans une douce expectative durant toute la journée … enfin, ce qu’il en restait.  En début de soirée, j’attaquais un nouveau livre.

Quand le vent ne souffle pas comme un ventilateur en furie, l’endroit est p-a-r-a-d-i-s-i-a-q-u-e. Dommage qu’il n’en est pas ainsi plus souvent … soupir.

Vendredi  13.

Ce matin, courageusement, Ann est partie au « Marin ». Après son retour à bord, le ventilo est à nouveau passé en mode « maximum » et donc, une fois de plus, nous n’avons pas été plonger. En restant trop longtemps sur place, une certaine lassitude s’est installée chez moi en sorte que je deviens particulièrement paresseux !

En fin d’après-midi, je trouvais étonnamment le courage de nettoyer les jauges du tank à « eaux noires » qui étaient manifestement bloquées. Ce faisant, je pus constater que le tank était bien rempli et qu’il était plus que temps de le vider … nous n’utilisons pour ainsi dire jamais le tank « d’eaux noires » en manière telle que je ne savais pas comment accéder aux jauges mais en finale, il est beaucoup plus aisé qu’il n’y paraît.

Samedi  14.

Sans trop réfléchir, au saut du lit, nous avons pris la décision de nous rendre à la « Grande Anse d’Arlet » !!! Cela fait depuis plusieurs semaines que nous en parlions mais à chaque fois, à la dernière minute, on se dégonflait ! J’avais besoin de bouger, de me convaincre que nous n’étions pas condamnés à demeurer à la baie « Sainte Anne ».

Sans même prendre le temps de prendre une douche ou de petit déjeuner, nous sommes partis qu’il était 8 heures du matin !!!! Je suis toujours épaté, en comparaison de beaucoup d’autres bateaux, de notre facilité à relever l’ancre.  

Petite navigation, au moteur, par plein vent arrière, jusqu’à la « Anse » (15 milles). Et comme toujours, nous avons été copieusement secoués au 2/3 du trajet jusqu’au « Diamant » : il existe une zone qui est perpétuellement fort agitée … très, très désagréable. Cela se ressent nettement moins sur le retour car en ces conditions, on prend les vagues beaucoup plus de face.

Une fois à la « Anse », nous avons pu constater que le plan d’eau était aussi clairsemé que la baie « Sainte Anne » ce qui ne signifiait pas pour autant que l’on disposait de toute la place … Comme nous souhaitions mouiller dans la portion centrale (meilleure protection contre le vent) et pas trop loin du rivage, nous avons été contraints de nous glisser entre les bateaux présents. Bien évidemment, après avoir dévidé nos 40 mètres de chaîne sur un fond de -8m, nous étions un peu beaucoup trop proches d’un voilier anglais …

Contrairement à ce que nous aurions éprouvés en pareille situation, notre voisin ne sembla nullement préoccupé par notre grande « intimité » ! Si nous avons bien pensé relever l’ancre et aller mouiller dans la portion plus nord, très dégagée, je craignais que durant la nuit, nous ayons droit à un méchant coup de vent à la sortie de l’enfilade montagneuse. Cela nous est arrivé une fois et j’en ai gardé un exécrable souvenir … motif pour lequel aussi, il y a souvent de la place de ce côté là.

Je n’ai pas suivi l’avis d’Ann de changer de mouillage et je l’ai regretté toute la soirée ! Si pendant la journée, le vent soufflait de sud … avec le crépuscule, il est tombé et les bateaux ont commencé à pivoter d’est à nord-ouest. Plus soutenus par le vent, ils se sont également mis à rouler copieusement …

Si la situation était déjà fort désagréable, de jour, elle est devenue carrément angoissante, de nuit, à chaque fois que les bateaux tournaient à seulement quelques mètres les uns des autres ! Déjà stressé depuis que nous avions mouillé l’ancre (!), je n’ai quasiment rien mangé de la journée et la soirée, je l’ai passé dans le cockpit … seule façon pour moi, de surveiller le mouvement des bateaux. S’il n’avait tenu qu’à moi, j’aurais quitté la « Anse » dès le début de soirée et je serais retourné à la baie « Sainte Anne » pour y passer une soirée « relaxe ».

Seul moment de détente de cette journée fut la visite de « Joël » qui nous relatant sa plus grande curiosité pour notre voilier, fut invité à le visiter et à prendre un petit apéro en notre compagnie.

Dimanche 15.

Ayant été me coucher tard après être convaincu qu’il ne pouvait rien arriver à notre bateau, j’ai dormi comme un loir. Mais au matin, quand Ann a évoqué l’hypothèse de rentrer sur « Sainte Anne », j’ai immédiatement compris qu’il nous fallait partir. Aussitôt dit, aussitôt fait … je suis sorti de mon lit pour relever l’ancre.

Ce fut « chaud bouillant » pour se sortir du mauvais pas en lequel nous nous étions fourrés. J’ai bien cru que nous n’y arriverions pas au vu de notre grande proximité avec notre voisin anglais que nous avons par ailleurs, bien failli percuter sur son arrière sans une énergique marche arrière …

A la baie « Sainte Anne », nous avons opté pour un autre mouillage (350 mètres plus en arrière et un peu plus près du rivage)  non seulement pour nous éloigner de « radeau de la méduse 1 » mais également, pour trouver un fond de sable … sans coraux ! Ann m’a flanqué la trouille en m’affirmant, avec raison, que nous abîmions notre chaîne sur les coraux.

En fin d’après-midi, nous avions la visite surprise de Francky  & Joss dont nous avions fait la connaissance à  « Curaçao » … en 2012 ! A cette époque, nous étions toute une bande de joyeux copains qui passions ensemble la période cyclonique à « Spanish Water ». Que de bons souvenirs.

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Publié par : Ann & Stéphane | 10 avril 2018

19 au 31.03.2018 – Dolce vita en Martinique.

Baie Sainte Anne.

Lundi  19.

S’il  a fait assez nuageux en début de journée, le ciel s’est éclairci par la suite. Le vent était suffisamment faible … pour que le bateau roule un peu à certains moments : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre en plus du sourire de la crémière et des intérêts de l’argent du beurre … encore que, pourquoi pas si la crémière est sympa ??

Nous avons eu droit à notre petite douche froide : Christophe dit « le belge » de « Caraïbe Marine » a fait le check de nos batteries du « parc électronique » (600A en 24 V) avec une conclusion assez étonnante : dans chaque couple de batteries Mastervolt  gel 200A/12V de 2010 (montage en parallèle) … l’une est parfaite et l’autre est morte !!!

En principe, celle bien en vie devrait se vider dans la morte et à terme, entraîner sa propre mort mais il n’en est rien ! Comme recommandé, nous avons décidé de remplacer tout le parc de batteries dont coût … 5.045 € ! Il faudra encore penser à remplacer l’autre parc de 1000A … j’en ai des migraines rien que d’y songer. J’espère toujours gagner au Loto mais quand je me plains au « Très Haut » que je ne gagne jamais rien, il me répond : joue d’abord !

Si tout le monde a déjà entendu parler du fameux « rayon vert » lorsque le soleil s’éclipse à l’horizon, peu de personnes y ont eu droit ! Cela fait des années de navigation que nous l’avons attendu et jamais vu. Et aujourd’hui, bêtement, alors que nous discutions dans le cockpit, nous y avons eu droit !!!! Ce ne fut pas exactement, un « rayon » vert mais plutôt une « tâche » verte au point précis où le soleil a disparu à l’horizon.

Mardi  20.

Hier soir, le déssalinisateur s’est arrêté subitement … après déjà avoir eu bien du mal à démarrer . Par facilité d’esprit, j’en ai conclu que les filtres 25 & 5 microns étaient sales ce qui n’était pas invraisemblable bien qu’étonnant (ils ont été changés il y a peu).

Ce matin, j’ai donc changé les filtres pour relever le peu d’eau dans chacun des containers à filtre ! Cela m’a fait penser à l’arrivée d’eau de mer qui était bouchée il y a peu …

Le filtre d’eau de mer est composé d’un cylindre transparent en lequel un panier est plongé. Ce dernier est surmonté d’une anse dont la fonction principale m’avait échappé jusqu’alors.  J’avais toujours pensé que la anse servait à sortir le panier du cylindre alors qu’il a pour fonction de maintenir le panier dans le fond du cylindre !

Avec le temps, la anse du panier s’est cassée en sorte que celui-ci était remonté dans le cylindre en bloquant du même coup, les saletés à hauteur de l’arrivée d’eau …

Passage d’Olivier pour notre frigo de cockpit. Ce dernier recommence à déconner … pour le moment, aucune solution n’a été trouvée même s’il manquait malgré tout, un peu de gaz réfrigérant dans l’installation !

Mercredi  21.

Après une longue période de farniente, nous reprenons doucement nos tâches d’entretien et de bricolage. Aujourd’hui, nous avons nettoyé – en profondeur – les cales sous le GE et le moteur principal. Comme nous ne sommes plus très souples  et que nous avons toujours été grands, l’accès au fond des cales doit se faire en glissant la tête la première … je vous laisse imaginer l’inconfort de la situation d’autant que si vous gelez en « Europe », nous transpirons eau et sang dans le même temps, dans les « Antilles ».

Ce n’est pas la première fois que nous procédons de la sorte mais depuis le carénage du bateau, nous n’avions plus rien entrepris en ce domaine et cela commençait à se ressentir ! C’est aussi l’occasion d’un peu vérifier des parties du bateau auxquelles nous accédons moins souvent.

Le soir, alors que nous pensions passer une soirée paisible devant notre télévision, je fais la réflexion à Ann que je trouve que cela ne sent pas bon … Nous constatons assez rapidement que cela se limite en fait, à la coursive bâbord et au côté bâbord du carré !!!!

En pénétrant dans le local technique situé sous le carré, nous relevons la présence d’une certaine quantité d’eau là où il n’y en a jamais eu auparavant ! L’odeur vient de cette eau ! Et de trouver après quelques tâtonnements qu’il s’agit d’eau du WC de notre cabine propriétaire !

Au départ, nous avons pensé que la fuite se situait à hauteur de la vanne 3 voies située derrière le fond de la penderie mais après démontage, tout était – hélas – parfaitement clean de ce côté là.

Nous avons découvert ensuite que la fuite se situait sous le WC Tecma ! Peu désireux d’avoir à retirer  la cuvette siliconée sur son socle, je cherche un autre moyen d’accès et découvre une toute petite lucarne dans la penderie adossée au WC. En inspectant l’intérieur du WC, je finis par comprendre que le tuyau d’évacuation est débranché (collier de serrage desserré)!!

Ce ne fut pas exactement une partie de plaisir de le rebrancher en raison du manque d’accès mais après bien des énervements, j’y suis parvenu. Ouf.

Jeudi  22.

Ce matin, nous avons terminé les opérations de nettoyage suite à notre problème de WC : hier, nous avons eu droit au liquide et aujourd’hui … au solide mais nous avons tout de suite été rassurés, il s’agissait bien d’une « fabrication maison ».

« Radeau de la méduse 1 » est vraiment spécial . Non seulement, il nous gâche la vue et est ancré trop près de nous mais de surcroît, il gère ou surveille en plus de son radeau, un Lagoon 450 ainsi qu’un affreux petit catamaran remontant à une autre époque !

Malgré tout, il n’est pas antipathique car il est soucieux de ne pas déraper sur notre bateau : cela fait la troisième fois qu’il relève l’ancre … pour, malheureusement, la jeter à chaque fois, exactement au même endroit que la première fois !!

Comme il est américain même si son radeau est immatriculé à « Vancouver », il est difficile d’avoir avec lui, un contact profitable. Ce n’est pas que nous sommes curieux mais quand même, nous aimerions savoir ce qu’il fait dans la vie, de quoi il vit, ce que font ses parents, qui était la jeune femme que l’on a vue un temps, à son bord … avoir une relation de voisinage normale, quoi.

Ce matin, nous avons tenté une première approche en allant jusqu’à son bateau pour lui dire qu’il nous semblait déraper mais pour gentil qu’il fut, la mayonnaise n’a pas pris. Dommage, nous sommes restés sur notre faim.

En fin d’après-midi, le vent ayant un peu baissé d’intensité, j’ai proposé à Ann de nettoyer la coque du côté bâbord … là où les traces de sel sont les plus visibles. Follement heureuse de ma proposition, nous nous y sommes mis en des conditions beaucoup plus « sportives » que je ne l’avais imaginées et le nettoyage fut un peu expédié. Nous ferons l’autre bord à la « Saint Glin-glin ».Promis, juré.

Vendredi  23.

Nous nous sommes levés encore plus tard que d’habitude ce qui frise l’indécence, je le reconnais, mais Dieu que c’était bon. Contrairement à ce qu’avait annoncé la météo, le vent n’avait pas baissé d’intensité mais en fin d’après-midi, nous avons retrouvé un peu plus de quiétude.

Nous aurions pu faire de grandes choses mais comme nous n’avions pas mis l’annexe à l’eau, nous nous sommes contentés de farniente après avoir découvert que nous avions une sérieuse fuite d’eau de mer au niveau du GE (on pense à la pompe d’eau de mer … changée l’année passée !) .

Samedi  24.

Nouveau passage d’Olivier qui est venu modifier les réglages de notre frigo de cockpit (augmentation de la vitesse du compresseur et abaissement du niveau de sécurité batterie) ! Si le frigo refroidit davantage, sa consommation électrique est montée en flèche et cela nous inquiète beaucoup.

Après avoir été dire bonjour à Giovanni & Marina de « Eutikia » revenu parmi nous après un passage prolongé au « Marin », nous avons été plonger au « Boucanier » : -20 m – 55’ – 27°.

Superbe plongée comme toujours malgré une visibilité toute relative. Décidément, nous ne nous lassons pas de ces plongées d’autant que le plan d’eau était calme. Nous avons  été approchés par un couple d’anglophones qui souhaitaient avoir des renseignements sur notre spot de plongée ! Encore un peu et je leur proposais de le leur faire découvrir !

Dimanche 25.

Hier soir, nous étions crevés mais nous n’avons pas pu échapper à « The Voice » sur TF1. Aussi, ce matin, il me fallait récupérer mes heures de sommeil et cela tombait bien puisque la journée était très calme. L’annexe ne fut donc pas descendue et nous sommes restés plongés dans nos lectures jusqu’à l’heure de la télévision … on en a été privés pendant quatre ans alors on se rattrape comme on peut !

Depuis le début de cette année, nous avons droit avec Canal+  à deux connexions satellitaires au lieu d’une en sorte que nous n’avons plus de coupure en raison du positionnement du bateau ce qui constitue un confort particulièrement agréable !!! Ce serait même le super pied si nous n’avions pas de temps à autres, des coupures en raison de problèmes techniques au niveau du satellite … on ne peut pas tout avoir !

Lundi  26.

Un vrai scandale ! Nous avions commandé deux petits paniers pour le filtre d’eau de mer de notre déssalinisateur et il y en a pour un total de … 177,54 € (panier : 38,38 € x 2 – frais de transport : 68 € – frais de dédouanement : 27 €) !! Je suis parfois dégoûté d’être propriétaire d’un grand voilier.

Ceci étant dit, il y a plus malheureux que nous … Au « Marin », il y a un superbe voilier, « Mondango 3 » (57 m. de long) ,  qui est actuellement en panne de ses deux GE et comme tout est électrique à bord, c’est le super bordel. Comment est-ce possible ? Dans un premier temps, l’équipage a constaté qu’il y avait beaucoup d’eau dans leur diesel et que de longues algues s’étaient développées dans leurs tanks …Pour remédier au problème, l’équipage a déversé dans les tanks, de grandes quantités d’enzymes gloutons qui ont provoqué le dessèchement du diesel et le grippage des injecteurs …

Mardi  27.

Réveil aux aurores puisqu’Ann devait aller chercher Ludovic de « Inboard Diesel Service » pour la réparation de notre pompe d’eau de mer du GE, qui fuitait.

Il est apparu que les joints de la pompe devaient être changés en raison de la trop longue période passée par le bateau … au sec !!! Comme depuis sa construction, c’était la toute première fois que le bateau séjournait durant plusieurs mois, au sec, nous n’y avons pas pensé. De quoi s’agit-il ?

Quand le bateau est à l’eau, que la vanne du GE soit ouverte ou fermée, tout le circuit de refroidissement est sous eau car la pompe est située en-dessous de la ligne de flottaison. Mais quand le bateau est au sec et que de surcroît, la vanne est laissée ouverte … tout le circuit de refroidissement est sans eau, les joints sèches et finissent par être dégradés par le sel.

Le remède consiste à faire en sorte que le circuit de refroidissement reste sous eau et mieux encore, sous eau douce avec un peu de glycol. En Europe, il faut penser que l’eau peut geler en hiver …

Après le passage de Ludovic, nous nous sommes sentis obligés de nettoyer une nouvelle fois, nos fonds de cale en sorte de nous assurer que notre problème de fuite d’eau était résolu de manière définitive. A tout vrai dire, le travail se trouva nettement moins rébarbatif que la fois précédente.

Mercredi  28.

Nous avons été plonger au « Grand Mur » (-34m – 53’ – 27° – 2’ à 3m) malgré l’appréhension d’Ann de connaître à nouveau, une visibilité infecte comme la dernière fois !

Si la visibilité n’était pas exceptionnelle comme elle peut pourtant l’être de temps en temps, elle était parfaitement convenable … encore que par deux ou trois fois, j’ai craint d’avoir perdu Ann de vue ! Le côté intéressant de la plongée fut cette superbe langouste que j’ai découverte dans son trou … alors que nous pensions ne plus pouvoir en voir cette saison.

Perso, si  j’ai aimé la plongée, j’ai  regretté le « Boucanier » et son côté plus « sage » ! Aller plonger au « Grand Mur » c’est déjà aller assez loin en pleine mer et il s’agit malgré tout, d’un « cran supérieur ». Pas de quoi fouetter un chat mais une différence notable quand même.

J’en ai profité pour faire un « touch and go » jusque sur le fond mais j’ai raté les -40m … il m’aurait fallu aller un peu plus loin avant de descendre. Nous plongeons essentiellement dans la zone des -20m car c’est là qu’il y a le plus à voir.

Durant la nuit, nous avons eu droit à la pétole et au bateau qui roulait. Du côté de la télévision, ce fut une « soirée sans » nous rappelant du même coup que le système n’était pas encore au top du top.

Jeudi  29.

Je n’en pouvais plus de mes cheveux trop longs aussi  je suis allé chez le coiffeur au « Marin » et comme nous étions sur place, nous avons pris la navette du « Carrefour ». Celle-ci démarre du « Carrefour Express » situé sous les bureaux de la marina et vous transporte gracieusement jusqu’au « Carrefour » situé un peu plus loin que le « Leader Price » sur la route principale.

Si le principe est sympa, nous avons dû poiroter au « Carrefour Express » que le chauffeur veuille bien se mettre en route … Après nos courses, la navette ne nous avait évidemment pas attendus alors que pourtant le chauffeur nous avait vus à la caisse !

Nous avons poiroté une dizaine de minutes qui nous ont paru interminables puisque nous étions dans l’expectative la plus totale. A peine embarqués, nous étions bloqués sur la route par le « Trophée de la Caraïbe » (course cycliste) dont notre chauffeur suivait le compte-rendu à la radio.  Le problème n’était pas tant d’être bloqués mais davantage la bronchite chronique qui nous menaçait en raison d’un airco poussé à fond !!! Si le chauffeur avait été plus causant, nous aurions pu lui demander d’un peu diminuer la soufflerie d’air glacé mais nous étions déjà heureux de ne pas avoir à rentrer à pied avec nos sacs !

Vendredi  30.

La nature est parfois curieuse. Nous sommes à la baie « Sainte Anne » depuis des mois et très régulièrement, nous plongeons. Pas une seule fois, je n’ai vu une raie et ce midi, je suis tombé par deux fois, sur une « raie aigle » d’environ un mètre d’envergure  qui cerclait autour du bateau !!!

Idem en ce qui concerne deux tarpons que je vois régulièrement à l’arrière du bateau lorsque les feux du portique sont allumés. Si je comprends bien qu’ils chassent les petits poissons hypnotisés par les lumières, où sont-ils durant la journée ?

Comme la météo se montrait cra-cra, nous avons dédié notre journée au farniente … et à la lecture, bien entendu. Je lis tellement que souvent je ne sais plus si j’ai déjà lu ou non l’œuvre que j’ai devant les yeux  …je suis en tous les cas, un excellent public et je chavire plus que de raison.

Samedi  31.

La journée de merde par excellence … le genre de journée que j’aurais préféré ne jamais vivre ! Cela a commencé dès l’instant où j’ai mis le pied en dehors du lit pour aller faire pipi (n’ayons pas peur des mots) : le WC était manifestement bouché ! Incroyable comme cela peut réveiller un homme …

Cela fait la troisième fois cette saison que le WC de notre cabine nous emmerde: cela avait commencé avec le débordement de la cuvette, poursuivi avec l’évacuation branchée sur les fonds du bateau et aujourd’hui, autre grande première, il est bouché ! Mais qu’avons nous donc fait au Bon Dieu pour qu’il nous en veuille comme cela.

La vanne étant bien bloquée (là, il s’agit du schéma normal … j’ai beau changer de vanne, elle se bloque systématiquement … faut croire qu’elle n’aime pas la merde), nous avons décidé d’éviter de noyer les fonds alors que nous les avons consciencieusement nettoyés et asséchés, il y a peu. En conséquence, nous avons procédé à nos opérations de débouchage, au départ de l’autre extrémité du tuyau d’évacuation … ce qui ne facilite évidemment pas les choses.

Nous avons passé notre journée à tout essayer depuis les remèdes de grand-mère … jusqu’à de l’air sous pression injecté depuis l’extérieur de la vanne ! Quand j’ai mis la pression dans la vanne, le tuyau a fouetté l’air de notre cabine avant qu’Ann réagisse … inutile de vous faire un dessin.

En fin d’après-midi, le tuyau était débouché mais dorénavant, nous évitons d’y faire les grandes commissions. J’ai toujours été effaré de voir le nombre de plaisanciers qui, au mouillage, font leurs besoins par-dessus la filière alors qu’ils ont des WC à bord mais je commence à comprendre …

Si cette journée se serait limitée à la merde du WC, cela aurait pu être tolérable mais d’autres merdes nous ont sauté au visage comme le constat que les nouveaux réglages du frigo de cockpit mettaient à mal nos batteries …

« La vie est une longue tartine de merde dont on croque un bout tous les jours » Boris Vian … « et avec certains jours, de la merde sur les deux côtés » pourrait-on rajouter.

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Mercredi 07.

Le lendemain de notre retour de « Guadeloupe », nous n’avons pas eu droit à une météo superbe. Le ciel était gris, le vent soutenu et les petites pluies, passagères. Malgré la bonne nuit que nous avions passée, nous n’avions pas trop de courage pour rien. Nous avons quand même mis l’annexe à l’eau pour aller chercher une baguette et des croissants …

Nous avons donc farniente.

Nous avons évidemment commis une grave erreur en jetant l’ancre la veille, à proximité d’un « radeau de la méduse » que nous connaissions de vue. Dans le courant de l’après-midi, un autre « radeau de la méduse » (un modèle encore plus ancien) est venu se coller derrière le premier et donc, à proximité immédiate de notre flanc tribord !!! On a bien essayé de les faire fuir mais … manque de bol … ce sont des copains des premiers !

Nous voilà donc affligés de deux poubelles flottantes pour le meilleur et pour le pire ! Nous pourrions certes lever l’ancre et choisir un autre mouillage mais si à chaque fois que l’envie prend à un crétin de venir nous coller, nous devons déménager autant repartir pour un tour du monde.

Jeudi 08.

Il n’a pas plu durant la nuit et ce fut un délice. Le vent est toujours aussi soutenu (quoique s’apaisant dans le courant de l’après-midi) et si la météo a prévu du soleil, il aura fallu attendre l’après-midi pour le voir apparaître. Curieusement, le débarcadère n’était pas bondé ce matin, et à celui du « Leader Price », il n’y avait pour ainsi dire personne !!!

En principe, il est encore un peu tôt dans la saison, pour les « grands départs » et pourtant, j’ai le sentiment que cela commence à se vider mais peut-être s’agit-il d’une fausse impression.

En passant par le « Marin », nous avons été dire bonjour à « Eutikia » que nous avons connu à « Bundaberg » (Australie) mais personne n’a répondu à nos appels. Ses propriétaires, Gianni & Marina, font remplacer tout le gréement de leur Amel 54.

Vendredi  09.

Toujours assez venteux en matinée, le vent commence à faiblir en début d’après-midi … pour reprendre de la vigueur en soirée. Nous avons déjà souvent connu ce type d’évolution à la baie « Sainte Anne ». Si c’est donc assez impressionnant au réveil, il faut savoir être un peu patient. Le soleil quant à lui, était bien présent, aujourd’hui.

Comme nous avions vu au « Marin », qu’un cargo embarquait sur son pont, des bateaux , nous avons immédiatement pensé qu’il s’agissait du transporteur que « Maeva » attend depuis le 27 février mais c’en était encore un autre !!! Incroyable la légèreté avec laquelle cette société de transport traite ses affaires. Le résultat en est que Laurent & Chantal sont déjà rentrés en France, ne pouvant différer leurs tickets d’avion …

Rompant une trop longue période d’inactivité subaquatique (dernière plongée le 18 février !), nous avons été plonger au « Boucanier » (-19,10 m – 56’ – 27°). Les fonds marins sont décidément splendides même si nos gros tourteaux ont déserté totalement les lieux  et que les langoustes et murènes sont plus difficiles à dénicher qu’auparavant. Un chasseur serait-il passé par là ??? Nous ne nous lassons pas de plonger sur les mêmes spots tellement ils sont riches en faune et flore.

Mais le plus beau moment de la journée fut de constater, à notre retour de plongée, que le radeau de la méduse n° 2 avait levé l’ancre !! Quel soulagement, quel pied, quel bonheur d’être enfin débarrassé de cette poubelle flottante qui non seulement gâchait notre vue mais de surcroît, aurait pu menacer notre bateau si le vent était complètement tombé(les bateaux tournent alors dans tous les sens). Bien évidemment, nous supposons déjà que notre plaisir sera de courte durée même si le mouillage se clairseme de plus en plus.

Au dîner du soir : pizzas.

Samedi  10.

Le vent souffle en tempête (25 à 30 nœuds) mais le soleil fait bonne figure du moins en début de journée. Par la suite, le ciel sera un peu plus nuageux. Le vent qui souffle dans les haubans, reste toujours « assommant » mais par bonheur, à l’intérieur du bateau, on se sent à l’abri comme dans un cocon de bien-être. La météo pronostique des vents plus raisonnables pour la semaine prochaine … alors on prend son mal en patience. De toute manière, on n’a pas le choix.

Le plus amusant est encore que l’eau généralement un peu trouble, est d’une limpidité extraordinaire … dommage que le plan d’eau soit si agité sinon il y a matière à snorkeling.

En ces conditions, le mieux est encore de farniente.

A l’apéro, nous avions Didier de « Laurence » avec lequel nous avons passé un bon moment. Bien évidemment et sans doute parce que nous avions un invité à bord, pas moyen de mettre le déssalinisateur en route alors que j’avais changé les filtres 25 et 5 microns, l’avant-veille !!!

Après le départ de Didier, nous avons examiné la question et c’est Ann qui a pensé que cela pouvait peut-être provenir du filtre en plastique placé juste après le passe-coque. A l’examen visuel, on ne pouvait quasiment rien voir mais en l’ouvrant, nous fûmes surpris de relever que l’arrivée d’eau était complètement bouchée par une épaisse boule d’épines de pin (?). Depuis la mise en service du bateau, c’est la toute première fois que ce filtre se bouche  … motif pour lequel je n’avais pas pensé regarder de ce côté là !!!

Dimanche 11.

Le soleil illumine le paysage, le bleu du ciel est séparé du turquoise de l’eau par un bandeau de verdure, il s’agit d’un véritable festival de couleurs dont je ne me lasse guère … c’est trop beau, on est trop bien ! Dommage que le vent soit encore un peu fort car sinon on pourrait se croire au paradis.

Je ne m’en étais pas rendu compte mais cela fait depuis près de 15 jours que nous n’avons plus subi le moindre grain ! Ils se sont comme envolés, comme s’ils n’avaient jamais existé alors qu’ils faisaient jusque là, parties intégrantes du paysage local ! C’est assez miraculeux mais pourrait ne pas demeurer d’autant que nous en avons maintenant pris conscience …

Nous avions programmé d’aller plonger mais devant un tel bien-être, comment ne pas se laisser aller à la rêverie, au farniente, au bonheur à l’état pur, le temps de se laisser envahir par un bon livre.

Lundi  12.

J’ai été profondément ému de me voir souhaiter un joyeux anniversaire par de grandes enseignes comme TF1, Castorama, Dan Europe ou Ethiad … honte aux autres ! La seule chose qui m’embête c’est que maintenant il y a foule pour savoir que j’ai 63 ans alors que tout le monde me dit toujours que je ne fais pas mon âge …

Grâce au battage médiatique d’Ann, nombreux furent les copains à me souhaiter un « joyeux anniversaire » et on a beau affirmer ne pas être très « anniversaire », cela fait quand même beaucoup de bien à l’âme.

Nous n’avions rien prévu de spécial pour mon anniversaire. Nous sommes donc allés au « Marin » exclusivement pour des raisons techniques et, au passage, nous avons été dire bonjour à Gianni & Marina de « Eutikia ». Si je n’avais pas trouvé Gianni en très grande forme lorsque nous l’avions vu chez « Peake » (Trinidad), il avait retrouvé tout son enthousiasme que cela en était gai à voir.

Toujours le même, il ronge son frein (« as soon as possible » comme il dit toujours) de rentrer en Méditerranée car les plaisanciers des « Antilles » sont décidément trop nombreux et surtout, trop mal élevés. Ce que je n’arrête pas de dénoncer régulièrement. Maintenant je ne suis pas convaincu que ceux de Méditerranée sont mieux éduqués mais Gianni & Marina habitent «Venise » …

Petit détour par le « Leader Price » pour un petit avitaillement et nous étions de retour à bord où nous nous sommes plongés dans nos lectures respectives … je fus tellement accaparé par mon roman que je me suis passé de film, le soir !

Le soir, Ann me cuisinait l’un de mes plats préférés : roulade de chicons au gratin !

Mardi  13.

Le vent s’est apaisé pour devenir faible … le plan d’eau y gagne immédiatement en quiétude mais  évidemment, le bateau roule un peu !

Le mouillage continue de se clairsemer de plus en plus et cela se voit encore mieux aux différents débarcadères à annexes. Si l’année passée, cela me désolait … cette année, j’en suis profondément ravi :  j’en ai une overdose du plaisancier moyen mal élevé et que dire, des bateaux de location, le cancer de la plaisance.

Devant de telles conditions météo, il était impossible de ne pas aller plonger au « Grand Mur » :  -23m – 54’ – 27°. Nous n’avons pas vu la moindre langouste (!) mais, bien cachés, j’ai débusqué avec fierté, deux  poisson-scorpion à houppes, côte à côte.

L a plongée avait pourtant mal commencé puisqu’en faisant ma bascule arrière, mon Air2 (détendeur de secours faisant également office d’inflateur de la stab) s’était mis à fuser et plus moyen de l’arrêter ! En finale, c’est en débranchant le tuyau d’arrivée d’air que j’ai pu mettre fin au massacre : 50 bars de perdu d’un coup avant même de mettre la tête sous l’eau !

Comme à chaque fois, nous nous sommes émerveillés de la beauté des fonds marins malgré une visibilité toute relative et cerise sur le gâteau, alors que nous arrivions au bateau, « radeau de la méduse 1 » mettait les voiles ! Ce n’est pas qu’il nous gênait mais sans lui, c’est quand même mieux d’autant qu’il avait une fâcheuse tendance à attirer des copains …

Au crépuscule, nous avons assisté au départ du transporteur de bateau arrivé la veille. Demain,  c’est le cargo qui devrait emporter « Maeva » qui devrait faire son entrée.

Mercredi  14.

Le cargo « Happy Star » qui doit ramener  « Maeva »  à « Lorient » (France) est bien arrivé … nous irons le voir de plus près, demain.

Nous avons eu de la pluie durant la nuit ce qui n’était plus arrivé depuis un certain temps ! Mais aujourd’hui, nous avons droit à de belles éclaircies avec  un vent à nouveau plus vif !

C’est sans doute l’âge ou plus vraisemblablement car le soleil tape nettement plus dur mais nous n’avons plus trop le courage d’entreprendre de grands travaux à bord … aussi c’est tous les jours « farniente »,  au menu mais nous n’allons pas nous en plaindre.

Le soir, le GE nous plantait brutalement : obstruction de l’arrivée d’eau par des algues …

Jeudi  15.

Nous savions que « Maeva » avait rendez-vous avec « Happy Star » pour 10.40 heures … aussi, dès notre réveil (9.40 heures), nous sommes partis le voir à son emplacement habituel et ne l’y voyant pas, nous sommes allés directement au « Marin ».

« Maeva » était amarré le long du haut franc-bord de « Happy Star » et les opérations de grutage avaient déjà commencé ! De manière très professionnelle, tout alla très vite et le voilier fut posé à la poupe du cargo, le nez regardant l’horizon. Dommage que l’équipage n’en aie pas profité pour nettoyer la coque au Karcher … sans doute une question de timing trop serré.

Nous avons attendu que Philippe et son copain en aient fini avec  « Maeva », pour les reconduire ensuite à leurs bateaux.

Journée ensoleillée avec un vent faible … ce qui explique sans doute pour quoi nous avons assez bien roulé durant la première partie de la journée.

Vendredi  16.

Ce matin, le vent était bien présent mais grâce au ciel, cela s’est calmé en début d’après-midi. L’occasion pour nous, d’aller plonger au « Petit Mur » : -24.20 m – 45’ – 27°.

Pour aller jusque là et nous amarrer, la mer était calme mais nettement plus agitée pour le retour ! Encore heureux que dans la zone de notre mouillage, le plan d’eau était plus calme : c’est plus agréable pour débarquer le matériel.

Mais la plongée ? Elle était belle ? Vous vous êtes éclatés comme d’habitude ? Si je devais la décrire en un seul mot, je dirais … « glauque » ! Nous n’avons jamais connu aussi mauvaise visibilité au point que le nez sur mon compas, je n’avais pas vu, à la descente,  notre amer (une longue perche dirigée vers la surface) mais c’est souvent le cas, pas de panique.

Nous sommes partis « épaule gauche ». La végétation y est assez luxuriante et comme une mauvaise herbe, elle recouvre tous les coraux accentuant encore le côté mystérieux et glauque … un peu comme « Londres » en plein brouillard.

Perso, cela ne me dérangeait pas outre mesure car j’ai une très longue expérience des carrières que je continue à visiter chaque fois que nous rentrons au pays. Ann ne partageait pas le même sentiment et je sentais bien qu’elle avait besoin d’être rassurée. De surcroît, à plusieurs reprises, elle m’a fait remonter car comme un aimant je suis attiré par la profondeur ! A un moment, j’ai même pensé piquer une tête jusque sur le fond qui me tendait littéralement les bras mais le jour aurait été particulièrement mal choisi …

Nous avons donc fait demi tour plus tôt que d’habitude mais je n’en étais pas mécontent car j’avais l’impression qu’un léger courant nous portait (Ann en est convaincue) et je craignais que pour le retour, nous l’ayons forcément contre nous. De plus, je n’étais pas certain que je retrouverais notre amer dans une telle bouillasse !

Sur les derniers mètres, je n’avais plus qu’une seule idée en tête : retrouver ce foutu amer et surtout, ne pas le dépasser sans le voir ! J’ai bien remarqué que pour Ann nous l’avions dépassé et comme je ne l’avais pas vu à la descente, elle était en toute confiance … mais je me suis agrippé à mes paramètres et … Zorro est arrivéééééé.

En remontant sur le plateau, nous avons retrouvé une meilleure visibilité.

De retour au bateau, j’avais la surprise de relever le retour des grains !! Et moi qui croyais sottement que ceux-ci avaient totalement disparu de l’horizon. Mais vous pourrez toujours me rétorquer que les « Antilles sans grain » ce serait comme une « frite sans sel » … non mais, une fois !

Non avons eu la visite surprise de Erwin et de son père, Stan. Ils sont à « Sainte Anne » sur le catamaran d’un ami en l’attente de pouvoir prendre possession du voilier qui remplacera « Larwin » coulé au large du « Belize » il y a près d’un mois et demi. Nous sommes impatients de voir la nouvelle unité de 50’.

Le soir, la télévision nous faisait une fois de plus ses petits caprices en plein Koh-Lanta … à la différence des précédentes fois, nous sommes maintenant convaincus que le problème se situe au niveau du satellite et que la seule solution consiste à prendre son mal en patience.

Samedi  17.

Après la vérification quasi quotidienne de notre ancrage, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis attelé – en apnée – au nettoyage de notre safran. Cela faisait depuis trop longtemps qu’il m’énervait de voir tous les jours, notre pelle de safran se recouvrir progressivement de mousse ! Si la coque s’auto nettoie partiellement en naviguant, il n’en va pas de même avec le safran !

Journée magnifique comme on aimerait en avoir tous les jours. Au débarcadère de « Sainte Anne », la place ne manque plus pour y amarrer son annexe … premier témoin de la désertification en cours. Pour ceux qui arrivent maintenant à la baie « Sainte Anne », il y a foule mais pour nous qui sommes arrivés fin novembre, il n’y a quasiment plus un chat …

Au ponton du « Leader Price », ce n’était pas la toute grosse affluence mais l’affluence tout de même. En passant, nous avons vu « Happy Star » qui continue inlassablement à charger des bateaux sur son pont … 63 au total ! En fait, c’est surtout les petits voiliers de la « Transquadra » qui font le nombre.

En remontant l’annexe à l’arrière du bateau, je fais tomber  à l’eau, une défense qui, bien entendu, s’éloigne à toute vitesse et voilà Ann qui saute à l’eau pour la récupérer en oubliant de retirer ses lunettes de soleil et ses lunettes de vue … par bonheur, ses lunettes ne sont pas parties par le fond ! On ne dirait pas comme cela mais pour se jeter à l’eau, elle n’hésite jamais longtemps ! En plein océan … curieux de voir si elle sauterait à nouveau.

En fin d’après-midi, « radeau de la méduse 1 »  que nous pensions être parti pour de bon, repointait son nez et s’ancrait à son ancien emplacement … joie ! Quel chance ! Quel bonheur ! Il ne manquerait plus que « radeau de la méduse 2 » se repointe à son tour pour que je tombe en dépression.

Dimanche 18.

Il  fait encore magnifique et c’est tout du bonheur mais le temps de déjeuner et l’horizon s’assombrissait d’une nuée de sauterelles (9  catamarans loués par un club quelconque … en clair, la super cata) !

Si  les premiers avaient le bon goût d’aller mouiller loin devant nous, un traînard ne trouvait rien de mieux que devenir se planter sur notre bâbord avant ! Que des jeunes qui, manifestement, n’avaient jamais mis un pied sur un bateau … pauvre skipper !

Si nous avons bien essayé de les éloigner, ce fut peine perdue … deux petits crétins s’amusant même à nous faire des grands signes « bonjour » en réponse à nos récriminations tandis que les jeunes filles étaient toutes affairées à se faire bronzer. 

Hormis ces énervantes sauterelles, plusieurs autres catamarans meublaient subitement les espaces libres du mouillage!

Conscients que nous n’aurions à les supporter qu’une nuit, nous sommes partis plonger au « Boucanier » : -22.70 m – 55’ -27°. Pour changer, nous sommes partis « épaule droite » et décidément, ce n’était plus du tout la même plongée !

Par bonheur, la visibilité sans être extraordinaire, était correcte et nous avons à nouveau vu des … gros tourteaux ! Nous étions persuadés que la saison des tourteaux était finie. Superbe plongée au cours de laquelle, nous nous sommes réellement éclatés. Et quel bonheur de remonter en surface par une mer calme et belle.

Sur le retour, nous avons pu relever que nos sauterelles étaient en migration … le super pied. Comme si un mot d’ordre avait été donné, d’autres catas pourtant fraîchement arrivés, levaient également l’ancre !

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Publié par : Ann & Stéphane | 9 mars 2018

01 au 06.03.2018 – Navigation en Guadeloupe … un grand fiasco !

Jeudi  01.

Baie des Cochons – Pointe à Pitre.

Ce n’est pas que le mouillage soit attirant (il s’agit en fait, d’une vaste zone portuaire) mais la protection y est excellente : le bateau ne bouge pas d’un cil et j’ai un énorme besoin de tranquillité et de farniente après trois jours d’une navigation sans grand intérêt : beaucoup trop de moteur.

Nous ignorons combien de temps nous resterons à ce mouillage mais pour l’instant, je n’ai pas envie de bouger … mais il va falloir faire passer la pilule à Ann. Aie.

En début d’après-midi, j’ai déposé Ann à la marina pour l’enregistrement de notre clearance d’entrée et elle en a profité pour réaliser un petit avitaillement et s’acheter quelques loques sympas.

Côté news : « Wink », au mouillage aux « Saintes »,  vient de constater avoir perdu la trappe de protection de son propulseur et n’ose plus trop naviguer ! Il devrait rejoindre « Pointe-à-Pitre » dans les jours à venir en l’attente d’une nouvelle pièce en provenance du chantier CNB.

Ce que j’adore le plus en cet endroit c’est qu’avec le crépuscule, tout se calme, tout s’estompe et tout vous invite au calme … c’est tellement bon. De surcroît, nous avons droit à la pleine lune qui brille comme un soleil.

Vendredi  02.

Ce matin, Ann a assisté à un spectacle hélas trop fréquent : le cata mouillé sur notre tribord, a voulu rentrer à la marina … sans tenir compte du banc de corail qui lui barrait le passage ! Madame à la barre, la manette de gaz à fond, le cata a pris de plein fouet la caye tandis que monsieur occupé à l’avant, était projeté sur le trampoline. Si le cata n’a pas sombré, il est fort à parier que les dégâts sont importants. On peut regretter que le « banc rose », pas plus que le « banc des couillons », ne soient aucunement balisés ! Ils sont repris sur les cartes mais …

L a question me taraudait depuis quelques jours : où était passé le double des clefs du bateau ?? En principe, il devait être dans le tiroir supérieur de la table à cartes mais après l’avoir vidé complètement, force était d’admettre qu’il ne s’y trouvait pas !!

Devant  l’importance de la question, nous nous sommes mis à sa recherche avec frénésie. Il en est résulté des tris et des mises en ordre que nous aurions dû entreprendre depuis déjà bien longtemps. En finale, nous avons obtenu la confirmation que nous l’avions oublié au chantier « Peake » de « Trinidad » …

Cela m’a permis de relever avec beaucoup de tristesse que j’avais terriblement grossi depuis notre départ  de Belgique (2010) comme en témoigne mes bermudas  de l’époque ! Ils sont quasi neufs et feront le bonheur d’un malheureux en « Dominique ».

Si j’étais prêt à me sacrifier en partant demain matin pour « Marie Galante » (22 milles), c’est la météo qui est venue à mon secours ! Comme le vent tourne totalement de direction pour le week-end, il est préférable de ne partir que lundi car cela risque de chahuter  sur le mouillage.

Samedi  03.

Ce matin, « WaveRiders » (le Lagoon 450 canadien qui nous avait reproché – à tort – d’être sur son ancre), a levé l’ancre sans problème pour se rendre à la marina (pour y faire le plein de fuel ?). Un peu plus tard, il revenait au mouillage et  jetait son mouillage tellement près de nous qu’en évitant, il s’est retrouvé à quelques mètres seulement de notre tableau arrière !

Fait exprès ou crétinerie ? Je pencherais pour la première hypothèse avec un gros soupçon de stupidité malgré tout. C’était madame à la barre (comme la plupart du temps car monsieur s’occupe généralement du mouillage) et cela ne nous étonnerait nullement de sa part … monsieur est trop effacé et nettement plus sympa.

Mais à vouloir nous enquiquiner, elle a placé son catamaran entre nous … et un autre voilier allemand qui ne demandait rien à personne en sorte qu’elle s’est retrouvée à quelques mètres de l’étrave de cet autre voilier !!!

La situation a perduré jusqu’en milieu d’après-midi et puis, tout d’un coup, « WaveRiders » a levé l’ancre pour aller la jeter approximativement à sa place initiale. Le plus amusant c’est que pour lever son ancre, elle a du manœuvrer sous nos regards ironiques … quel pied et quel soulagement.

« Wave Riders » a sans doute dû bouger pour permettre au voilier allemand de partir le lendemain matin tôt : le catamaran était manifestement sur son ancre et sa chaîne.

Histoire d’un peu se changer les idées d’autant que le ciel était fort maussade, nous sommes allés prendre un verre à la marina. Je voulais visiter les lieux mais un samedi après-midi, beaucoup de commerces étaient fermés et l’endroit peu accueillant … notre promenade tourna donc court.

Dimanche 04.

Je commence à en avoir un peu marre de l’endroit mais la météo n’est pas bonne pour aller aux « Saintes » en raison d’une houle de nord ouest qui secoue le mouillage comme nous le confirmera plus tard dans l’après-midi, « Asabranca ».

D’après les propos recueillis, beaucoup de bateaux dont « Broceliande », « Wink » ou encore « Asabranca », ont quitté le matin même, le mouillage pour la marina de « Pointe à Pitre » … ce qui nous a donné à penser que nous pourrions peut-être trouver dès le lendemain, une bouée libre à « l’îlet à Cabrit » (l’endroit est fort couru).

Vous n’aviez pas l’intention d’aller à « Marie Galante » ? Si, cela faisait partie intégrante de notre programme mais comme il y a 6 ans, la situation n’était pas idéale en raison de la houle: on mouille le long de la côte sans la moindre protection. Nous avions envisagé de faire un saut jusque là, de voir sur place et le cas échéant, de poursuivre sur les « Saintes » mais après être allés voir les copains à la marina, je me suis persuadé – avec raison – que si nous faisions cela, nous ne trouverions plus une seule bouée libre aux « Saintes ».

Lundi  05.

Pour 9 heures, nous avions quitté le chenal de « Pointe à Pitre ». La météo ayant annoncé 5 nœuds de vent, nous ne pensions pas lever la GV mais comme je suis méfiant par nature, nous avions tout préparé et nous l’avons hissée haut … il y avait 18-19 nœuds de vent réel ! Malheureusement, le vent a progressivement tourné de 180° sur notre arrière pour venir finalement de bâbord … en faiblissant jusque 8  nœuds. Difficile en ces conditions, d’échapper une fois de plus, au moteur.

Arrivés sur le coup de midi, il y avait déjà beaucoup de bateaux aux « Saintes ». A « l’îlet à Cabrit », il y  avait 4 bouées libres mais une était déjà  «réservée » (la manière la plus efficace consiste à y attacher son annexe, de se planquer pour éviter d’avoir à répondre aux questions embarrassantes, tout en gardant  un œil acéré sur la bouée au cas où un malotru …).

Dans les 10 minutes de notre arrivée sur place, toutes les bouées étaient prises d’assaut !!!

La prise de coffre ne s’est pas réalisée sans douleur en raison de la houle et d’une étrave très haute. Courageusement,  Ann a finalement sauté à l’eau pour finaliser l’opération et ainsi, nous avons pu nous passer de toute aide extérieure … qui de toute manière ne serait pas venue: nous avions beaucoup de spectateurs mais pas un seul ne serait venu nous aider avec son annexe …trop heureux du spectacle qui leur était offert.

Je m’étais déjà un peu énervé sur « Calypso » qui n’avait rien trouvé de mieux que de me raser l’arrière alors que je manœuvrais encore, tellement pressé de prendre le coffre juste à côté du nôtre.

Durant l’après-midi, le mouillage s’est progressivement calmé (cela roulait malgré tout pas mal) mais un soleil de plomb nous a littéralement cloués sur place ! Même pour mettre en place le prélart (taud de GV pour nos amis français), j’ai attendu le coucher du soleil !

La plupart des mouillages sur bouées ont cette particularité navrante que les bouées sont trop proches les unes des autres … du moins pour des bateaux de la taille de « S.A.S.³ ». Il est vrai que la taille maximale admise sur ce mouillage, était de 19.99 m … nous frôlions donc  l’exclusion avec 19.87 m !!

« Calypso » (deux mâts américain d’une cinquantaine de pieds) m’avait fait encore tiquer car son amarre à la bouée faisait facilement  5 à 6 mètres alors qu’il faut impérativement raccourcir cette longueur au maximum si on veut éviter que les bateaux ne s’entrechoquent pas (simple bon sens) !!!!

En début de soirée, en cherchant la meilleure manière de s’amarrer à la bouée sans entraîner des dégâts au bateau (cfr. mouillage à Sainte Hélène), je constate avec horreur que notre étrave passe à moins de 2 mètres  du tableau arrière de notre autre voisin (absent ): le vent était tombé et les bateaux tournaient dans tous les sens, sans aucune homogénéité.

Immédiatement, nous revoyons complètement notre amarrage qui m’avait paru parfait jusque là … et je m’inquiète une fois de plus de l’amarrage trop lâche de « Calypso ». Devant mon excitation, Ann se décide d’interpeller nos voisins en leur demandant, en anglais, de bien vouloir raccourcir la longueur de leurs amarres.

Après s’être retournés, ils ont tout simplement fait la sourde oreille …

Alors que je regardais la télévision, je surprends les lumières du cockpit de « Calypso » très, très près du bateau !!! Je sors dans le cockpit pour relever que la poupe de « Calypso » est à moins de deux mètres de notre flanc tribord, perpendiculaire à notre carré !

Par bonheur, « S.A.S.³ » ne bouge pas et  la situation perdure ainsi en cette position inconfortable.

Complètement effrayés par la situation qui pouvait très rapidement dégénérer, nous appelons « Calypso » qui fait la sourde oreille une fois de plus !! Comme je n’entends nullement  attendre stupidement que des dégâts soient occasionnés à notre bateau pour réagir, nous persistons dans nos appels au point que plusieurs autres bateaux du mouillage entendent mes appels et se manifestent.

Après 10 bonnes minutes, monsieur sort quand même la tête, observe la situation sans s’émouvoir et nous jette à la figure que son annexe (toujours à l’eau) fait un excellent pare-battage ! Il daigne malgré tout chipoter à l’amarrage de son annexe et va tirer sur ses amarres à l’avant … sans les raccourcir (cela nous ne le comprendrons que par la suite).

Face à cette situation, nous décidons de veiller toute la nuit, dans notre cockpit car la situation reste préoccupante : impossible de protéger le bateau avec des défenses car le heurt entre les deux bateaux pouvait se localiser n’importe où sur la coque selon les mouvements des deux bateaux !

Je ne me voyais plus quitter notre cockpit tant que nous aurions un malotru comme « Calypso » comme voisin … or, il était arrivé quasiment en même temps que nous ! J’étais donc bien décidé à fuir l’endroit mais nous avions déjà payé pour la semaine (90 €) et nous étions venus aux « Saintes » pour plonger. Les autorités de l’île accepteront sympathiquement de nous rembourser sous déduction d’une nuitée.

Choisir une autre bouée ? Non seulement, il fallait encore en trouver une de libre mais le même problème pouvait surgir avec un autre bateau plus grand, par exemple.

Jeter l’ancre ? C’est ce que « Wink » a bien été obligé de faire lors de son passage mais pas très tentant au vu de l’importance des fonds (-25 m)… et puis, et puis, il y avait surtout cette nuit blanche à  tenir en sachant que le problème n’allait pas se résoudre avec le lever du jour.

Une autre solution ? Il y a toujours une autre solution et nous les avons évoquées mais j’en avais plus que marre de me faire emmerder à répétition et je regrettais quasiment depuis notre départ, d’avoir quitté la « Martinique » ! Aussi lorsque Ann a fait état d’une météo calme et a proposé de partir sur le champ pour la baie « Sainte Anne », la décision fut vite prise.

Tout cela me valut un bain de minuit car nous avions placé une bouée ronde sur la bouée du mouillage pour éviter que cette dernière ne frappe bruyamment la coque. Il m’a fallu du courage pour me mettre à l’eau d’autant que cela remuait pas mal à nouveau …

Mardi  06.

Pour éviter d’avoir à franchir de nuit, la « Passe du Sud », nous avons contourné largement « Terre de Bas ». La mer était belle, le vent faible et la lune brillait. Très rapidement, nous avons retrouvé notre sérénité convaincus que notre merveilleux voilier nous amènerait en douceur, à bon port … malgré notre fatigue.

Alors que nous nous laissions bercer par le bruit du moteur, nous avons entendu un bruit répétitif assez fort venant de dessous de la coque, du côté tribord ! Quelques minutes plus tard, un bruit de frottement comme si ce qui nous avait heurté, se dégageait brutalement. Il  pourrait s’agir d’un gros flotteur ! Nous avons connu une expérience semblable dans le « détroit de Torez » (nord de l’Australie). La coque ne présente pas le moindre dégât … j’ai été vérifier.

Pourquoi ne pas s’être arrêté sur le retour, à « Portsmouth » (Dominique) ? Pour cela, il aurait fallu que nous fassions notre clearance de sortie aux « Saintes » et donc, attendre le jour et mettre à l’eau notre annexe ! Dans les îles françaises, nul besoin d’avoir une clearance de sortie de l’endroit d’où l’on vient puisque l’enregistrement se fait par ordinateur sans passer par un poste de douane.

Au lever du jour, nous avions atteint le sud de la « Dominique ». Il nous a fallu slalomer dans un lot de billes de chemin de fer sans doute échappées d’un cargo !

Dans le canal, le vent était un peu plus fort et la mer un peu plus agitée mais rien qui nous poussa à mettre la toile. Au vu de notre expérience lors de la traversée « Curaçao – Martinique » en 2016, nous avions préparé le bateau si nous avions à hisser les voiles.

Assez étonnamment, il n’y avait guère de plaisanciers en mer jusqu’à hauteur de « Fort de France » (Martinique) alors qu’ils étaient si nombreux à nous emmerder sur le trajet  aller …

En arrivant sur le « Diamant », nous avons eu droit à une mer agitée (vent contre courant ?) mais celle-ci  s’est calmée au fur et à mesure que nous approchions de la baie « Sainte Anne ». Le mouillage semblait surpeuplé mais à l’examen, on constatait de nombreuses « trouées » … et c’est dans un de ces trous que nous avons jeté la pioche.

Ce que j’ai apprécié le plus en arrivant, c’était la profonde sérénité du mouillage : pas de vague, pas de houle, pas de fetch, un vent juste présent … et pas de pluie (elle est arrivée plus tard dans la nuit). Cela faisait tellement de bien d’être à nouveau, de retour « chez soi ». Il  faut souvent avoir perdu un certain confort pour mieux l’apprécier.

Ce que je retiens de l’aventure ? Tout d’abord que ce fut un énorme fiasco (beaucoup, beaucoup trop de moteur), que les plaisanciers sont décidément en surnombre dans les Antilles et que dès lors, un peu plus de règlementation ne serait pas une mauvaise chose … pour autant bien entendu qu’il y ait une autorité pour la faire respecter. On peut déjà regretter que le préposé qui est venu au mouillage des « Saintes » pour encaisser le péage, n’en aie pas profité pour faire la police en imposant à « Calpyso » de raccourcir ses amarres à l’avant et en s’assurant que nous ne dépassions pas la longueur maximale admise …

Il y a 6 ans, je n’ai pas beaucoup aimé la « Guadeloupe ». Aujourd’hui, j’espère de ne plus jamais avoir à  y remettre les pieds …

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Publié par : Ann & Stéphane | 2 mars 2018

19 au 28.02.2018 … départ sur la Guadeloupe (120 milles).

Lundi  19.

Sainte Anne – Martinique.

Il fait tempétueux (environ 25 nœuds), beau et moche à la fois : alternance du soleil et de grains. Si « Asabranca » semble assez mal supporter ces conditions climatiques, nous ne nous plaignons pas même si comme tout un chacun, nous attendons une amélioration sensible et surtout, durable.

Comme nous avions descendu hier notre annexe, nous ne l’avons pas descendue aujourd’hui et nous avons farniente. Aujourd’hui , nous avons retrouvé un périmètre de sécurité autour du bateau nous assurant du même coup, une tranquillité bien agréable.

Mardi  20.

Du côté du ciel … pas de changement même si tous les jours, l’amélioration des conditions climatiques est annoncée et attendue. Finira bien un jour où le vent s’apaisera enfin …

A 8 heures (du matin …) nous étions au débarcadère de « Sainte Anne » : Grégory et Liria de « Wink » que nous avons croisés, n’en ont pas crû leurs yeux ! Non, résolument non, ce n’était pas un problème de réveil mal réglé mais tout simplement un rendez-vous avec un responsable de la société « Securidom » pour la livraison de nos cinq nouveaux extincteurs (validité 10 ans mais un peu plus de 100 € l’extincteur !).

Lorsque nous avons fait expertiser notre bateau, le problème de la date de validité de nos extincteurs a été mis sur le tapis et nous ne pouvions laisser décemment les choses en l’état.

Ensuite, nous avons été au « Marin » réaliser diverses courses ainsi que de l’avitaillement au « Leader Price ».

Mercredi  21.

Décidément du côté de la météo, cela ne s’arrange pas. J’ai même le sentiment que le vent se renforce chaque jour davantage ! En tous les cas, depuis hier soir, les grains s’égrènent les uns à la suite des autres. Cela n’empêche personne de bouger ou de circuler en annexe et pourtant …

Il y a quelques jours c’était un superbe voilier à 4 étages de barres de flèche, l’autre jour , un catamaran de location et aujourd’hui, un voilier de voyage qui s’échouaient sur le même banc de corail !! Décidément, il faudrait rappeler à tous ces insouciants que le système de balisage est inversé par rapport à celui que nous connaissons en Europe à savoir que les bouées vertes sont à gauches et les rouges, à droite. C’est pas très compliqué même si je comprends que cela surprend mais bon Dieu, regardez vos cartes.

A l’heure du midi, nous étions invités à l’apéro sur « Laurence » de Didier & Yvette en compagnie de « Asabranca » de Bernard & Jeanne. Nous avons bavardé agréablement tandis que l’un et l’autre grain s’escrimait à secouer le mouillage.

Du côté de chez « Wink », un problème de pilote automatique le clouait à la baie « Sainte Anne ».

Jeudi  22.

Pas de changement de la météo … beurk !

J’ai été déposé Ann au fond de la baie … bon moyen de raccourcir le trajet jusqu’à la société de location de voitures. Comme la fois passée, l’annexe a été prise dans un rouleau et s’est mise en travers menaçant de se renverser, Ann est descendue trop tôt et la pauvre a son short détrempé sur tout le bas.

Rentré au bateau, j’ai farniente gentiment. Je serais bien parti avec Ann jusque « Genipa » (centre commercial) mais depuis que nous avons un nouveau cover sur notre annexe, nous faisons encore plus attention qu’auparavant et le moment était mal choisi pour l’abandonner au débarcadère avec la houle qui agitait le plan d’eau.

Sans surprise, les grains se sont succédés aux grains … en alternance avec des périodes ensoleillées. C’est cela les « Antilles » en cette saison.

Bien que son pilote automatique de secours ne soit pas réparé, « Wink » a quitté le mouillage pour la « Grande Anse d’Arlet » (15 milles) avant de poursuivre sa navigation jusqu’à « Saint Martin » d’où il devrait repartir pour  la Méditerranée.

Les bras très chargés, Ann a réintégré le bateau en début d’après-midi.

Et les moustiques m’a-t-on posé comme question. Il est vrai que cet insecte particulièrement nuisible, fait partie intégrante de toute vie près de l’eau mais, ici en « Martinique », c’est un fléau que nous ne connaissons pas !!!!!!!

Sans doute, sommes nous ancrés trop loin de la côte pour en connaître les désagréments d’autant que le vent souffle en tempête mais même à terre sauf juste à la tombée de la nuit, pas trace du moindre moustique. Evidemment, il faut se méfier des « nonos » ou « puces des sables » qui bien qu’invisibles, sont particulièrement agressives et voraces. On les retrouve près des plages.

Au bateau, nous avons sans doute un moustique ou deux qui se font extrêmement discrets jusqu’au moment où ils vous piquent, mais nos moustiquaires restent constamment ouverts.

Vendredi  23.

Selon mes calculs, vu la quantité incroyable de flotte que nous avons déjà pris sur la poire ces dernières semaines, la « Martinique » devrait connaître dans les jours à venir, une période d’aride sécheresse.

Au niveau des « news » … cette nuit, un catamaran (plus que vraisemblablement de location … le cancer de la plaisance) est arrivé vers 1 heure du matin sur le mouillage et a ancré tout devant. Mauvais ancrage, vent  fort, il a dérapé sur un autre catamaran dont il a éraflé le gelcoat … pour aller ensuite s’ancrer derrière nous, selon la victime (brrrrrr). Ce matin, il avait disparu avant même qu’elle n’aie pu recueillir ses coordonnées … on retrouve en mer, les mêmes comportements asociaux que sur terre que cela en est affligeant.

Du côté de chez « Wink », à la « Grande Anse d’Arlet », ce n’est pas la joie car non seulement, ils connaissent les affres du vent comme chez nous  (+/- 25 nœuds) mais de surcroît, la houle s’est mise de la partie ! Selon Grégory … c’est « infernal ». Quand je pense que sur base de notre expérience récente, j’étais tenté d’ aller nous y « abriter » …

« Wink » ira finalement se réfugier à « Fort de France ».

Alors que la particularité du vent d’aujourd’hui, est de souffler de manière constante sans le moindre   grain, les bateaux affluent  tout autour de nous comme si nous étions le centre d’intérêt de tout le mouillage …

Nous avons ainsi eu droit à « Lutine » battant pavillon belge (!) avec à son bord, trois papys barbus. Que faisaient-ils dehors sur un si petit voilier par une telle météo ?? J’ai pensé avertir leur maison de retraite que nous les avions retrouvés …  Comme si la situation n’était pas suffisamment cocasse, ils avaient pris un bout dans leur hélice (ce que nous n’avons compris que plus tard), l’ancre pendouillait lamentablement et le génois semblait ne plus vouloir s’enrouler … un peu le tableau du radeau de la méduse, version actuelle.

Les papys barbus nous sont passés sous génois, sur l’arrière que j’aurais pu leur signer un autographe … pour s’ancrer juste sur notre arrière tribord c’est-à-dire bien trop près de nous, une fois de plus. Devant leur situation bordélique, nous nous sommes abstenus d’en rajouter en leur faisant une remarque.

Quand j’ai vu le skipper se mettre à l’eau pour débloquer son hélice, j’ai eu l’intention de lui proposer mon aide car c’est d’un plongeur dont il avait besoin. J’ai hésité trop longtemps en sorte qu’il s’en est tiré tout seul. Ne dit-on pas que c’est l’intention seule qui compte …

Ravis de constater que son moteur tournait à nouveau parfaitement, nous étions persuadés qu’ils allaient repartir pour ancrer plus près du débarcadère ce qui n’aurait été que « logique » quand on ne dispose que d’une minuscule annexe avec un moteur 2 CV. Mais quand la cervelle se ramollit, allez leur parler de « logique » …

Un peu plus tard, c’était un Oyster 485 battant pavillon anglais qui ne trouva rien de plus intelligent que de vouloir jeter l’ancre entre nous et notre voisin bâbord … l’encerclement aurait été parfait ! Si je n’ai pas dit un mot, j’ai fait un petit signe signifiant de s’éloigner de nous mais notre susceptible plaisancier l’a visiblement traduit par « casse-toi ».

En m’invectivant au passage, il est parti aller emmerder d’autres plaisanciers. Qu’est-ce qu’il a dit ? Je n’en ai pas compris un mot et je me suis félicité de ne pas parler anglais … comme quoi c’est parfois une bonne chose.

Samedi  24.

Nous sommes à la veille d’une splendide semaine calme et reposante et pourtant, tous les indicateurs sont toujours au jaune. Difficile de croire que demain devrait être le début d’un revirement de la météo … à moins que le retour des grains n’en soit un signe !

Nous pensions aller plonger vendredi puis aujourd’hui mais le cœur n’y était pas ou plus ! Peut-être demain à moins que nous ne partions pour la « Guadeloupe » … Dès que la météo se présentera sous un jour plus favorable, nous avons l’intention de remonter jusque là, histoire de changer un peu d’horizon.

« Broceliande » est venu s’ancrer derrière nous mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de nous entretenir avec Toto, son propriétaire, que nous connaissons.

Dimanche 25.

Et le miracle fut !! Contre tous mes pronostiques, le calme est revenu sur le mouillage. On ne peut pas dire qu’il n’y a plus de vent mais on est redescendu en-dessous des 20 nœuds et cela fait un bien fou. Du même coup, le plan d’eau a retrouvé son petit air sympathique qui incite à la baignade.

Du côté des plaisanciers, il s’agit du grand exode si on en juge par la file qui s’est formée chez « Bou-bou » pour l’enregistrement  des clearance de sortie (cela a été la file toute la journée …) !

En ayant le projet de partir le lendemain pour la « Guadeloupe », cela nous a coupé curieusement les ailes pour faire quoi que ce soit ! Nous nous sommes donc concentrés en nos lectures respectives.

Lundi 26.

La journée « spéciale » par excellence ! Cela a commencé par le « Marin » où arrivé devant le ponton fuel, nous avons appris que les tanks étaient vides depuis la veille et que le camion de ravitaillement était toujours au dépôt … « cool, you are in Martinique ».

Après quelques hésitations, nous avons décidé de partir malgré tout car nous avions encore 800 litres dans nos tanks.

A la sortie du mouillage, nous avons été cueillis comme à chaque fois, par une houle de travers qui fait rouler joyeusement  les bateaux d’autant que le vent vient invariablement de l’arrière. Rien de plus énervant d’autant que pour éviter le balancement intempestif de la bôme, nous avons voulu prendre deux ris …

Cela fait depuis des mois que nous sommes conscients qu’il  y a un problème avec notre seconde bosse de ris (l’écoute se tortille sur plusieurs tours juste à hauteur de la poulie de GV) mais une fois au mouillage, nous ne trouvons jamais le courage de tenter d’y remédier.

Bien évidemment, cette fois, la prise de ris se révéla plus catastrophique que les autres fois en sorte que nous avons tout affalé … jusqu’à mouiller à la « Petite Anse d’Arlet » ! Difficile de travailler dans la bôme lorsque le bateau navigue …

Comme la poulie Harken à hauteur de la chute de GV ne semble pas être la cause de notre problème, nous avons changé purement et simplement l’écoute de la bosse de ris en utilisant notre ancienne drisse de GV.

Nous aurions pu décider de faire halte là au moins pour la nuit mais cela roulait pas mal alors qu’il n’y avait pas de houle ! Nous sommes donc repartis alors que « Asabranca » arrivait justement à notre hauteur !

Si notre nouvelle bosse de ris fonctionne à merveille, nous étions cernés de minis grains de tous les côtés : beurk ! C’est donc sous la menace permanente d’un grain que nous avons atteint le mouillage de « Saint Pierre ».

Nous savions qu’il n’était pas protégé mais nous n’aurions pas cru que nous allions rouler comme cela. Nous avons connu bien pire à la « Grande Anse d’Arlet » mais tout de même …

Perso, je n’ai pas reconnu le mouillage où nous étions restés deux ou trois jours, il y a 6 ans. Le plus surprenant reste que l’on passe de -30m à -10m en quelques mètres seulement. Il n’est pas aisé de trouver une place mais depuis notre passage, les bateaux ont tendance à ancrer à 1 ou 2 milles vers le Sud et c’est ce que nous avons fait avec bonheur : il y a plus de place disponible. Je me suis mis à l’eau pour vérifier notre ancrage mais la visibilité ne permettait  pas de voir le fond !

Bien évidemment, il était trop beau que pour une fois, un crétin ou l’autre ne vienne pas ancrer trop près de nous. Cette fois-ci, il s’est agi d’un vieux 3 mâts canadien. Toute la fin de journée et le début de nuit , je me suis posé la question de savoir si les deux bateaux ne pouvaient pas se heurter en évitant … d’autant plus que les occupants du 3 mâts s’étaient mis aux abonnés absents : pas le moindre mouvement à bord, pas une seule loupiotte, pas un bruit, un vrai bateau fantôme !

Si le mouillage n’était pas si rouleur et surtout,  si  je n’avais pas eu à me tracasser de la présence du 3 mâts, l’occasion aurait été belle de plonger sur les épaves signalées par une bouée distante à quelques encablures seulement du bateau. Peut-être au retour …

Mardi  27.

Nous avons quitté le mouillage pour 7.30 heures à la suite de cinq autres voiliers dont « Asabranca » et du catamaran américain avec ses mâts « ailes ». De prime abord, j’étais assez curieux de voir comment ce dernier naviguait mais lorsque ce paysan s’est mis à couper notre route juste sur notre arrière pour ensuite nous remonter au plus près, en prenant notre vent, pour terminer de nous couper la route sur notre avant, ma curiosité a fait place à la colère : il n’y a décidément plus moyen de naviguer en paix !

Si ce paysan souhaitait faire la régate avec nous, il était parfaitement inutile de venir nous faire la danse du scalp en plein grain, pour repartir ensuite à notre horizon bâbord qu’il aurait mieux fait de ne jamais quitter.

Assez curieusement, je n’ai observé aucun réglage à bord du catamaran : qu’il soit au moteur, à la voile, par petit ou gros vent, ces deux génois tangonnés étaient déroulés et bordés à fond ! Très drôle de machine d’autant plus que le bateau me faisait penser à un « shaker » tant il était secoué par les vagues … il aurait dû s’appeler « Orangina ».

Après les caprices du « canal » et de ses grains (21 nœuds, au maximum), ce fut la superbe pétole jusqu’à « Portsmouth » situé à l’extrémité nord de la « Dominique ». Ce dernier tronçon m’a paru d’une longueur interminable. A la voile, le temps passe toujours trop vite mais au moteur, le temps s’égrène avec une telle lenteur.

A l’approche du mouillage, une barque rapide est venue nous souhaiter la « bienvenue en Dominique ». Je suis un peu honteux de mon accueil très réservé mais j’étais convaincu qu’une fois de plus, nous avions droit à un « comité d’accueil » embarrassant comme trop souvent dans ces îles pauvres.

Au mouillage, j’ai compté une petite cinquantaine(!) de bateaux de plaisance alors que selon certaines sources, plus aucun plaisancier n’osait encore s’ancrer sur l’île … il faut croire que le message est bien passé depuis lors. Joie.

Le mouillage comporte de nombreuses bouées jaunes mais sur un fond de -11m, nous avons préféré jeter l’ancre. Après vérifications, j’avais le déplaisir de relever que notre ancre s’était seulement calée derrière une patate de corail peu élevée mais assez étendue. Si nous étions restés plus longtemps, j’aurais mis une bouteille sur le dos pour remédier à cette situation « délicate » mais pour une nuit sans vent …

Un peu rouleur le plan d’eau mais plein de charme malgré tout. Sur le retour, nous nous y arrêterons sans doute un peu plus longtemps.

Mercredi  28.

Si nous sommes partis dans la grisaille (la baie baignait dans des nuages bas chargés d’eau), une fois l’île derrière nous, nous avons eu droit à un grand et beau soleil, une mer calme et un vent malheureusement trop faible (moins de 12 nœuds)  que pour rejoindre « Pointe-à-Pitre » (Guadeloupe – 38 milles) à la voile. Autant dire que le trajet m’a paru une fois de plus, fort long et que j’ai été soulagé d’enfin arriver …

Ce fut un peu la cafouille pour embouquer le chenal réservé aux cargos (pour les voiliers, il y a quasiment de l’eau partout et il est inutile de suivre le chenal mais par prudence quand on n’est pas du coin …).

Grâce à la cartographie Navionics  contenue dans l’Ipad de Ann, nous avons été en mesure de comprendre que notre carte MaxSea n’était plus du tout à jour et que le tracé du chenal avait été complètement modifié !!!!

Après avoir fait le plein de fuel (1.276 litres à 1,240 €/l) à la marina, nous sommes ressortis ancrer de l’autre côté du chenal. A notre plus grande surprise, j’ai compté une petite quarantaine (!)  de bateaux de plaisance : il y a 6 ans, je me suis désolé que la « baie des Cochons » était sinistre (cela n’a pas changé depuis …), que l’ancrage était délicat (c’est de la vase bien grasse et il faut laisser le temps à l’ancre de s’enfoncer avant de faire marche arrière) et que l’endroit était désert !

Nous pensions mettre l’annexe à l’eau pour réaliser notre clearance d’entrée mais n’ayant aucune assurance quant à notre mouillage, nous avons préféré rester à bord ce qui nous  a permis de recevoir les doléances de nos voisins canadiens qui étaient persuadés que nous étions sur leur ancre parce que lorsqu’ils sont arrivés, le vent venait d’une autre direction : quand il y a du vent, les bateaux pointent vers le large mais en l’absence de vent, ils pointent vers la marina !

L’eau est trop trouble pour y voir quelque chose mais vu l’écart entre les deux bateaux, il est peu probable que nous soyons au-dessus de leur ancre et le cas échéant, nous bougerons en conséquence le moment venu.

Peu de temps après, un voilier norvégien jetait l’ancre assez (trop) près, sur notre avant bâbord …

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Publié par : Ann & Stéphane | 19 février 2018

01 au 18.02.2018 – De retour à la baie « Sainte Anne » (Martinique).

Jeudi  01.

Difficile de faire la grasse matinée alors que nous attendions Raymond et son assistante de « Incidences » pour la livraison de nos derniers coussins de cockpit. Pour une fois, nous étions sur le même fuseau horaire !! Depuis la veille, Ann s’était éreintée à nettoyer le cockpit en profondeur pour recevoir dignement nos nouveaux coussins.

Toujours aussi consciencieux, Raymond estima que plusieurs dossiers devaient faire l’objet d’une petite retouche … et repartit en conséquence, avec eux.

En début d’après-midi, nous sommes partis au « Marin » réaliser diverses courses et nous en avons profité pour aller faire un petit coucou à Jeanne & Bernard de « Asabranca » qui sont de retour à leur bateau depuis une quinzaine de jours.  Ce fut ensuite un petit tour au « Leader Price » où, au débarcadère,  j’ai passé le plus clair de mon temps à essayer de protéger notre annexe de deux épaves qui y étaient également amarrées et se montraient un peu trop « collantes » à mon goût …

Passage obligé par « Incidences » pour y reprendre nos coussins ainsi que notre taud de GV qui méritait quelques menues réparations. Et enfin … retour à bord.

Vendredi  02.

Ce n’est pas non plus cette fois que nous aurons l‘occasion de faire une grasse matinée ! Raymond de « Incidences » est d’abord passé pour constater et reprendre un dossier de siège qui manifestement, n’était  pas assez large … suivi par Olivier qui venait voir notre problème de frigo de table de cockpit.

Notre frigo fonctionne normalement mais passe en mode dégivrage de manière non souhaitée pour ensuite givrer à nouveau ! Le problème résiderait en la présence d’humidité ou d’eau dans le fréon qui gèlerait avec la chute des températures et boucherait  l’arrivée du fréon.

A noter qu’il s’agit de l’unique frigoriste qui a accepté de se déplacer à la baie « Sainte Anne » : tous les autres font front commun pour vous obliger à vous rendre au « Marin » …. je vous invite à faire front commun pour tous les obliger à venir jusqu’à la baie « Sainte Anne ».

Si l’intervention n’est pas importante, Olivier a préféré amener  le condensateur , à son atelier car il y a un petit travail de soudure à réaliser. Il repassera demain matin. Depuis lors et comme on le craignait, notre frigo marche beaucoup moins bien …

Le soir, nous apprenions la terrible nouvelle du naufrage de « Larwin » au large du « Belize » survenu le 31 janvier, en tout début de soirée. L’équipage est sain et sauf mais le voilier a coulé. La cause du naufrage n’est pas claire … la seule chose de certain, c’est l’existence d’une importante voie d’eau. Reste maintenant à savoir comment la compagnie d’assurances Panthaneus va réagir … et l’occasion pour nous de savoir si nous avons intérêt ou non à souscrire notre police d’assurances auprès de cette compagnie.

Samedi  03.

Encore fichu pour notre grasse matinée … tôt dans la matinée,  Ann est allée chercher Olivier qui est arrivé avec un matériel impressionnant ! A son atelier, il avait changé un filtre qu’il lui a fallu d’abord dessouder. A bord, il a aspiré tout le fréon et l’humidité éventuelle du circuit fermé pour ensuite, remettre du fréon. Il a également remplacé le raccord rapide du circuit de fréon dont le joint était abîmé.

 Si la journée de hier était magnifique … ce samedi, le temps était beaucoup plus aléatoire avec un ciel fort nuageux et quelques grains. Tout cela ne m’a pas donné envie d’aller plonger au grand dam de nos amis de « Wink » auxquels Ann avait laissé entrevoir cette possibilité.

Retour de « Maeva » et de « Asabranca »  au mouillage de la baie « Sainte Anne ».

Dimanche 04.

Par chance, la matinée fut splendide du moins jusqu’à la fin de notre plongée (-22 m – 60’- 27°). Comme il y avait du vent et donc du fetch, nous avions décidé d’aller plonger au « Boucanier » que nous finirons par connaître par cœur sauf que cette fois, au lieu de partir « épaule gauche », nous sommes partis « épaule droite » … et cela a tout changé !

En faisant très attention à la profondeur pour nos amis Grégory & Liria, nous sommes restés sur le haut du tombant où nous avons trouvé profusion de langoustes, de murènes et de tourteaux. Très chouette plongée.

En milieu d’après-midi, nous sommes passés par chez « Wink » pour la signature des carnets et le débriefing de la plongée.

Avec le week-end, nous avons eu le déplaisir de voir augmenter très sensiblement le nombre de bateaux  ayant décidés de jeter l’ancre tout autour de nous … limite supportable ! Nous avons le sentiment que le mouillage des bateaux s’est étendu alors qu’il était nettement plus concentré à proximité du débarcadère, la saison dernière. Nous faudra-t-il jeter la pioche en pleine mer pour avoir un peu d’intimité ?

La soirée et la nuit, nous avons eu droit à de sévères grains et à des hallebardes de pluie !

Lundi  05.

Nous avions rendez-vous avec le coiffeur au « Marin ». J’en ai profité pour faire pédicure et épilation du maillot … euh … c’était pour moi ou pour Ann ? Je ne sais plus, il faudra que je demande à Ann. En fait, je ne me souviens que d’avoir passé près de trois heures derrière mon Coca-Cola au « Mango Bay » en attendant  Ann … c’était d’un passionnant d’autant plus que je n’avais ni ordinateur, ni livre avec moi.

Après nous avons fait provision d’huile … 30 litres. Mais non bêta, pas de l’huile d’olive pour la cuisine mais de l’huile 15W40 pour nos moteurs … c’est que c’est gourmant ces petites bêtes là, surtout le moteur principal (12 litres).

Sur le retour, nous avons été dire bonjour à « Asabranca ».

Mardi  06.

Il fallait le faire et cela tombait très bien puisque Jean-Marie & Michèle arrivent ce jeudi. L’entretien du GE nous a pris à peu près 4 heures de travail mais nous voilà tranquilles pour environ deux mois.

Selon la météo, ils ne seront pas gâtés nos copains, pendant leur semaine à bord : on annonce de très forts vents (+30 nœuds) ! Ce matin, nous enregistrions déjà des pointes à 26 nœuds mais par bonheur, en début d’après-midi, cela se calmait très fort.

Cela n’a malheureusement pas empêché une flottille de « Sun Sails » de jeter leur ancre au plus près de notre tableau arrière : je pense que s’ils avaient pu déposer leur ancre dans notre annexe, ils ne se seraient pas gênés … hier, c’étaient des paysans russes qui sont venus nous tenir compagnie dans notre cockpit ! Apparemment, la proximité des deux bateaux ne les a pas embarrassés.

Mercredi  07.

Le nettoyage intérieur du bateau est une des corvées à laquelle nous ne nous y faisons pas. Notez que dans un sens, c’est « nettoyage permanent » à bord car je ne supporte pas voir de la saleté et que j’ai des yeux de lynx. Mais aujourd’hui, c’était un peu spécial puisque nous recevons nos amis Jean-Marie & Michèle dès demain 15 heures : nous nous sommes concentrés pour une fois, sur le triangle avant.

Mais plus important, j’ai enfin découvert un produit génial pour lustrer tous nos caches électriques (interrupteurs et prises de courant) en alu  et Dieu sait combien il y en a … quand il faut les nettoyer, on se rend compte qu’il y en a partout !

Côté météo … c’est toujours vent fort et grains multiples. Si nous y sommes finalement habitués d’autant que le bateau ne bouge pas et que nous sommes bien protégés à l’intérieur, je sais par expérience qu’il m’a fallu un certain temps voire un temps certain pour m’y acclimater par le passé. Qu’en sera-t-il de nos amis ? Ce n’est pas du tout la même sensation quand on est sur l’eau ou sur terre. Sur l’eau, il n’y a aucune protection et on est au cœur du phénomène alors que sur terre, le ressenti est fort atténué.

Jeudi  08.

Réveil aux aurores pour aller chercher la voiture de location avec laquelle Ann fera un gros avitaillement à « Genipa » et ensuite, ira chercher nos amis à l’aéroport. Pour ma part, je mets la dernière main à une foule de détails à bord et le travail ne manque pas.

Ce n’est que vers 17 heures qu’ils arriveront à « Sainte Anne » où j’irai les chercher avec l’annexe. Malgré le voyage, Jean-Marie & Michèle me semblent en bonne forme et pas trop crevés. Par bonheur, le vent est tombé et il fait très agréable.

Après l’apéro au champagne, nous dînerons à bord avant de retrouver nos cabines où nous nous laisserons tomber comme des masses …

Vendredi  09.

Difficile d’échapper durant la nuit à l’un ou l’autre grain mais dans l’ensemble, elle sera calme et très profitable à nos amis.

Contrairement à mon pronostique, Jean-Marie s’est montré d’emblée attiré par une plongée au « Boucanier »: -31 m – 48’ – 27°. Si j’avais pensé à prendre avec moi, ma pelle j’aurais peut-être pu augmenter la profondeur … J’avais réellement envie de « descendre » mais la visibilité était exceptionnellement mauvaise (!!) et l’endroit ne se présentait pas bien pour ce genre de sport.

Si nous n’avons rien vu (décidément, j’ai la vue qui baisse car Ann commence maintenant à  me surpasser à ce petit exercice !), nous avons tous les deux largement profité de notre plongée entre moniteurs (Jean-Marie est moniteur club). Nos épouses assuraient la sécurité en surface durant ce temps là.

Je connais Jean-Marie depuis des années par le biais de notre club de plongée. Nous avons réalisé nos débuts ensemble et jusqu’à l’obtention de mon brevet 4*, nous plongions énormément en binôme. Il était un peu mon « grand frère » et assurait toutes les directions de palanquée. Par la suite, nos routes se sont séparées essentiellement parce que en tant que 4*, je ne pouvais plus échapper à mon obligation d’assurer la direction d’une palanquée.

Comme nous avons été plonger sur le coup de 13 heures, la journée est passée extrêmement vite d’autant que Jean-Marie s’est montré très intéressé par tout ce qui touche au bateau et qu’il s’agit, bien entendu, de notre domaine de prédilection ! Qui l’eut cru …

Samedi  10.

Après un vendredi avec une météo étonnamment calme, c’est le retour en force du vent … cela souffle en tempête au point que « Wink » a retardé son départ pour la « Guadeloupe » où son propriétaire, notre ami Stéphane, doit embarquer. Malheureusement, la météo n’annonce aucune amélioration pour la semaine prochaine …

Quant à nous … nous avons le grand bonheur d’avoir des amis qui préfèrent de loin rester tranquillement sur le bateau que d’aller courir les magasins ou l’île (ils en auront tout l’occasion lors de leur seconde partie de séjour qu’ils passeront en dehors du bateau) en sorte que cela pipelette, cela pipelette et cela pipelette à bord.

Le soir, nous étions invités par Jean-Marie & Michèle au « Zanzibar » où nous nous sommes rendus en annexe. Bien évidemment, il faisait nuit noire mais par bonheur, mon petit équipage me faisait une confiance absolue : « tu es sûr qu’il y a suffisamment de profondeur ? » « tu ne vas pas trop vite ? » «  tu as vu la bouée rouge ? » « tu es déjà venu par ici ? »

Le « Zanzibar » se révéla à la hauteur de toutes nos attentes et les langoustes étaient toujours aussi savoureuses. Le retour fut un peu moins mouvementé qu’à l’aller car nous prenions les vagues sur l’arrière, cette fois.

Dimanche 11.

Si le soleil était bien présent, le vent soufflait en tempête(près de 30 nœuds). Selon la météo, il s’agissait d’une journée « pic » ! Il en résulta que même le trajet jusqu’au débarcadère se révéla assez « sportif » !

Nous avions décidé d’aller à 16 heures, à « Sainte Anne » pour regarder passer le carnaval local. Le divertissement était à portée … si nous n’avions pas pris conscience que « Evasion » (Océanis 351 battant pavillon belge) ancré sur notre avant bâbord, avait reculé de plusieurs mètres !!!

En l’absence de son propriétaire à bord, il n’était plus question pour nous d’aller à « Sainte Anne » avec le risque que « Evasion » ne dérape sur notre bateau durant notre absence !

Il était arrivé la veille et nous avions déjà relevé qu’il était ancré bien trop près de nous mais nous n’avions rien osé dire d’autant que nous étions persuadés qu’il serait parti dès le lendemain matin … Malheureusement,  non seulement le voilier était resté sur place mais comble de l’ironie, son propriétaire avait quitté son bord, aux aurores et rien ne laissait entrevoir quand il y reviendrait ! Nous avons appris par la suite qu’il avait passé très agréablement sa journée à « Sainte Anne » avec des copains et qu’il n’était rentré que passé minuit …

Nous avons vécu un après-midi d’angoisse et de stresse car rien ne permettait de déterminer si « Evasion » continuerait ou non de déraper !

N’y tenant plus, Jean-Marie eut l’extrême gentillesse de se mettre à l’eau et d’aller voir en snorkeling  l’état du mouillage de « Evasion » … pas brillant : la chaîne d’ancre était enroulée autour d’une petite patate de corail tandis que l’ancre reposait sur le fond juste à côte ! A tout moment, le corail pouvait céder et le bateau reprendre de plus belle son dérapage.

Nous avions bien fait un appel sur la VHF en milieu d’après-midi pour avertir le propriétaire de « Evasion » au cas où il serait à l’écoute sur un autre bateau mais seul le Cross nous avait répondu. Après avoir pris connaissance de la situation, le Cross nous a affirmé en avoir pris acte … avant de classer tout aussi rapidement le dossier !

A 18 heures, Bernard & Jeanne de « Asabranca » venaient nous rejoindre pour l’apéro. En raison d’un grain, nous fûmes contraints de nous réfugier dans le carré.

Avant de remonter notre annexe, en désespoir de cause, nous avons été déposé un « billet doux » sur « Evasion » pour attirer son attention sur la situation au cas où il se déciderait à revenir sur son bateau …

Lundi  12.

Après une nuit bien trop courte … nous avons vu qu’il y avait une annexe derrière « Evasion ». Ouf, le propriétaire n’était pas parti pour plusieurs jours en abandonnant son bateau comme trop de plaisanciers se permettent de le faire. En cas de problème, aux autres plaisanciers à se démerder …

Je me dois d’être honnête pour souligner que le jeune propriétaire de « Evasion » s’est montré particulièrement courtois et aimable venant même jusqu’à nous apporter une « bière bien belge » au titre d’excuses. Le petit malin n’avait même pas remarqué que nous étions belges également …

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, le vent a connu une petite accalmie temporaire qui nous a permis d’envoyer Grégory de « Wink » dans le mât, attacher en tête, l’une des extrémités de notre nouvelle drisse mouflée de GV. Cela faisait depuis plusieurs jours que nous attendions le moment idéal mais celui-ci ne se présentait jamais.

Plonger … pas plonger … plonger … pas plonger ? Difficile à se décider quand le vent souffle à près de 30 nœuds. Alors que j’avais décidé que nous n’irions pas plonger, nous avons eu droit à une nouvelle accalmie temporaire du vent en sorte que  nous avons sauté sur l’occasion pour aller s’amuser sur  le « Grand Mur » : -41 m – 45’ – 27°. Visibilité exceptionnelle, belles couleurs, langouste et … poisson-scorpion à houppes (mon préféré évidemment).Une superbe plongée qui nous a tous les deux, ravis. En surface, Ann assurait la sécurité sur une mer  plutôt démontée … Michèle était restée au bateau car quatre adultes + double matériel de plongée compliquent très fortement la répartition des poids et rend pénible le déjaugeage.

Sur le retour, nous avons dû affronter le vent et la mer autant dire que nous sommes arrivés au bateau comme si nous sortions tous les trois de plongée ! Ce fut très sportif mais la plongée en valait largement la peine.

Après un petit lunch, j’ai été conduire tout le monde à « Sainte Anne » pour une petite découverte du village.

Mardi  13.

Départ de « Wink » pour la « Petite Anse d’Arlet ». En voulant les appeler par VHF, nous apprenons coup sur coup qu’un catamaran a cassé son mât ayant entraîné une voie d’eau et que deux plongeurs ont été emportés par le courant lors d’une plongée au « Diamant » !! Par bonheur, le catamaran a pu rejoindre le « Marin » et les deux plongeurs ont été récupérés par un voilier après avoir passé plus d’une heure et demi à dériver.

Le vent souffle toujours en tempête et rien ne semble indiquer que la situation va évoluer favorablement dans les jours à venir ! Même si le vent fatigue beaucoup, bien abrités dans notre cockpit, nous en ressentons peu les effets et dans l’ensemble, nous profitons surtout du soleil. Il y a pire comme situation.

Sur le coup de midi et après quelques hésitations de la part de Jean-Marie (!), nous irons plonger (-20m – 56’ – 26°) au « Boucanier » mais cette fois, en partant « épaule gauche ». Comme pour me narguer, les tourteaux, nombreux en cet endroit, étaient tous partis en vacances me laissant sur une énorme frustration de ne pas avoir pu les montrer à mon copain Jean-Marie.

Par bonheur, nous avons quand même vu (enfin) des murènes et surtout, un splendide barracuda de plus d’un mètre de long. Ce dernier m’a croisé tellement près que je me suis retourné plus d’une fois pour être certain qu’il ne m’attaquait pas par derrière !

En surface, Ann assurait la sécurité dans des conditions peu agréables mais toujours stoïque, elle nous a aidés avec le sourire, à sortir de l’eau.

Après quelques nouvelles hésitations, nous avons convenu de dîner à bord  en lieu et place d’aller manger des acras et une pizza à « Sainte Anne ».

Mercredi  14.

Départ de Jean-Marie et Michèle pour « Sainte Luce » situé de l’autre côté de la baie : ils y louent un appartement jusque dimanche. L’expérience nous a montré que 7 jours à bord était une période idéale mais aussi maximale pour avoir des amis à bord. Malgré tout le confort du bord, la promiscuité est grande et comme de surcroît, nous sommes restés à bord le plus clair de leur séjour, il était intéressant pour eux de visiter un peu l’île avant de rentrer en Belgique.

Nous avons eu beaucoup de plaisir de les avoir à bord d’autant qu’ils ont rompu notre isolement relatif. De surcroît, ils sont d’excellente compagnie et leur besoin de calme et de farniente était parfaitement conforme à notre mode de vie.

Après avoir été sevré de télévision pendant une semaine, je pensais en faire une overdose de plaisir … et bien, non ! En plein épisode de « Blacklist » sur TF1, j’ai éteint pour  me plonger dans la lecture de mon roman du moment.

Jeudi  15.

La recherche d’une nouvelle compagnie d’assurances pour assurer notre voilier se révèle nettement plus ardue que nous ne le pensions ! En cause, les divers cyclones qui ont frappé durement les Antilles durant l’été 2017. Toutes les compagnies deviennent extrêmement frileuses et refusent d’assurer de nouveaux clients voire, ne reconduisent pas leur police comme en notre cas d’espèce  ou alors imposent des primes indécentes pour une couverture moindre ! Nous en sommes là pour le moment.

Si le vent soufflait en tempête au matin, il s’est -enfin – affaibli en cours d’après-midi mais selon la météo, cette relative clémence devrait être de courte durée !! Peut-être le temps nécessaire pour « Wink » d’atteindre la « Guadeloupe » où, en principe, son propriétaire devait embarquer. Mais ce dernier arrivé ce jeudi, a pris un avion pour rejoindre la « Martinique » et son bateau.

Pour notre part, nous avons farniente sans même descendre notre annexe. L’avitaillement attendra bien un jour de plus …

En début de soirée, nous connaissions notre premier grain de la journée !! Une journée sans grain reste dans les Antilles … exceptionnel.

Vendredi  16.

Difficile d’y couper, nous avons pris notre annexe pour réaliser un avitaillement au « Marin ». Sur le trajet, juste à la sortie du « Club Med », je me retrouve avec  un kit surfeur qui me vient à la perpendiculaire, sur bâbord. Ne parvenant pas à déterminer s’il allait passer devant ou derrière nous, je prends la mauvaise option et je stoppe l’annexe … constituant ainsi un obstacle de dernière minute, de taille pour notre kit surfeur !

S’il avait eu du panache, il aurait sauté par dessus l’annexe et j’aurais applaudi la performance mais au lieu de cela, il s’est déhanché et nous est passé par devant avec une moue pour le moins très parlante du genre … « crétin » ! Je reconnais bien volontiers que ma réaction ne fut pas des plus intelligentes mais je ne peux pas être Einstein tous les jours  …

Arriver au « Marin » un peu avant l’heure du midi n’était pas selon moi, une bonne idée car bien entendu nous avons dû poiroter jusque 14 heures pour prendre livraison de nos filtres à carburant 10 microns (245 € pour 7 filtres !!!!). De surcroît, Ann s’est fait engueuler (c’était notre journée) par le client qui était derrière elle car nous avons épuisé le stock et que personne ne sait quand celui-ci sera à nouveau alimenté.

En rentrant au bateau, nous avions l’agréable surprise de voir « Wink » ancré à quelques encablures de nous, en vis-à-vis. Stéphane, un ami de très longue date et propriétaire de « Wink », nous avait annoncé son arrivée seulement pour la fin d’après-midi.

Bien entendu, nous sommes allés leur dire bonjour et à 18.30 heures, nous sommes allés prendre l’apéro à bord de « Wink ». Ultra sympa comme ambiance et l’alcool aidant, nous avons  tous bien ri.

Samedi  17.

Si hier, le vent s’était relativement estompé, aujourd’hui, il est de retour et nous en sommes heureux car avec le vent, le bateau ne bouge pas d’un cil. Dès que le vent mollit, le mouillage devient méchamment rouleur et cela bouge dans tous les sens !!

Bien évidemment avec le week-end, les crétins de tous poils sont de sortie et en quelques heures, nous étions à nouveau ceinturés de toutes parts comme s’il n’y avait de place possible qu’autour de nous ! Mais ma hargne s’était surtout concentrée sur un catamaran américain qui sans être réellement trop près, plongeait malgré tout désagréablement dans notre cockpit.

Comme hier soir, à l’apéro, il m’avait été affirmé que les américains s’enfuyaient en présence de naturistes (!!), j’ai passé une partie de ma matinée à me promener à poil sur notre pont … sans grand résultat : ils se sont incrustés comme des punaises ! A la réflexion, je me demande si le conseil était bien avisé …

Dimanche  18.

Contre toute attente, les punaises ont abandonné la partie … laissant la place libre pour d’autres crétins !

Malgré le vent bien établi, j’étais bien décidé à aller plonger au « Boucanier » mais je n’avais pas envisagé que notre ami Stéphane de « Wink » allait me demander si son jeune équipage pouvait nous accompagner. Sympa le proprio.

En finale, seule Liria nous a accompagnés car Grégory s’était planté accidentellement quelques jours plus tôt, un couteau dans la paume de la main gauche. Aie.

-19.60 m – 55’ – 26° sont les paramètres de cette plongée. Pour une fois, je dois avouer que j’ai ressenti un petit frisson de froid ! Mais quel bonheur que nous n’ayons vu aucun tourteau, pas le plus petit  … vous imaginez si Ann avait pu en trouver … mes oreilles en bourdonneraient encore. Par contre, « l’affreux Toto » était toujours bien là et a fortement impressionné Liria.

Plongée très sympa malgré une visibilité à nouveau, pas terrible ! Lors du rinçage de nos affaires, nous avons par contre, subi un bon grain nettement moins sympathique : la pluie est assez froide.

A 18 heures, Ann allait chercher avec notre annexe, tout l’équipage de « Wink » pour un apéro des plus chaleureux. Nous leur évitions ainsi d’avoir à mettre leur annexe à l’eau.

 

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Lundi  22.

Même s’il est vrai que nous avions décidé depuis plusieurs jours, de partir ce matin pour la « Grande Anse d’Arlet » (15 milles), rien n’était moins certain … c’est donc contre toutes attentes légitimes que nous sommes bien partis vers 9 heures !!!

Ce qui a fait pencher la balance ? D’une part, cela fait depuis des semaines que nous avions envisagé ce « petit » dépaysement et surtout, les conditions météo s’y prêtaient généreusement : vent moyen, soleil, mer belle et pour une fois, nous étions debout aux aurores ! Jusqu’ici, c’était toujours Ann qui trouvait une bonne excuse pour ne pas bouger alors que de nous deux, c’est elle qui affirme être prête pour un second tour du monde … ah ! Les femmes.

Délibérément, nous avons réalisé cette petite navigation – au moteur – car nous pensons qu’il est nécessaire de faire tourner le moteur principal de temps en temps et vu notre immobilité incroyable … Par ailleurs, nous détestons naviguer par plein vent arrière. Nous ferons le retour à la voile et nous tirerons des bords.

Arriver au mouillage en fin de matinée, est la bonne heure car tous ceux qui veulent quitter sont généralement partis à cette heure là … sauf évidemment le crétin derrière lequel nous avons jeté l’ancre, qui  a attendu que nous soyons bien ancrés (j’ai eu le temps de vérifier que notre ancre était en bonne position) pour lever son ancre ! Grrrrrrrr.

Nous avons assisté par la suite, à l’arrivée de nombreux autres petits bateaux qui nous ont encerclés de toutes parts. Ici, nous ne pouvons rien dire car la place manque pour trouver des fonds abordables c’est-à-dire -10 m. maximum. Cela descend rapidement à plus de -20 m. voire -30 m.

Quand il n’y a pas de houle entrante comme aujourd’hui, l’endroit est charmant et très animé. Cela nous change beaucoup de notre isolement relatif et de l’immensité de la baie « Sainte Anne ». Combien de temps y resterons nous ? Cela dépendra beaucoup des conditions météo et de mer  (houle)  mais sans doute plus encore, de notre humeur du moment car la promiscuité est assez importante … et comme chacun sait, ce n’est pas ce que je supporte le mieux même si je recherche avant tout la compagnie des autres bateaux !! Un « éternel insatisfait » dirait mon épouse ! Ce n’est pas ma faute à moi, si je recherche avant tout, les équilibres et déteste par dessus tout, les extrêmes.

Mardi  23.

La nuit fut extrêmement courte car dès  7.30 heures nous étions assaillis d’appels téléphoniques en provenance de Belgique !! Parfois difficile pour nos proches, de ne pas oublier le décalage horaire … De toutes les nouvelles du jour, ce fut certainement l’annonce que notre compagnie d’assurances, Delta Lloyd, ne renouvelait pas notre police à son échéance … comme elle le faisait, nous apprit notre courtier, avec tous ses clients ayant un « gros yacht » (plus de cinq cents mille euros) !!!

Cela fait plus de 20 ans que nous sommes assurés auprès de Delta Lloyd dont nous avons toujours apprécié la correction. Trouver une autre compagnie risque de ne pas être aisé car la qualité d’une compagnie ne se mesure pas au montant de la prime ou au libellé du contrat d’assurance  mais à son attitude en cas de sinistre …

La journée déjà mal commencée, se poursuivit sous les grains … énervant certes mais l’endroit ne manque pas de charme pour autant bien entendu que la houle ne se mêle pas aux festivités. Nous nous sommes donc concentrés sur nos lectures respectives en nous laissant distraire par tout ce qui se passait sur le mouillage.

Nous avons ainsi eu droit à l’arrivée de « Fa’auva » qui est venu mouiller devant nous. Les malheureux ont acheté ce Catana 47’ – après un refeet du chantier – et ne connaissent depuis lors que tuile sur tuile !!! Assez étonnant de la part d’un chantier que nous pensions digne de confiance …

Mercredi  24.

Après la journée d’hier assez pourrie, nous avons eu droit à un grand et beau soleil ! Comme chaque jour, en fin de matinée, le mouillage était plutôt clairsemé alors qu’en fin d’après-midi, nous avions l’impression d’étouffer.

Si cela vient et repart constamment (la grande majorité des plaisanciers sont des hyperkinétiques qui ont la bougeotte), c’est surtout l’incompétence des plaisanciers à s’ancrer qui détonne : pour certains, cela va jusqu’à huit (!) tentatives avant la bonne !

Je n’oserais pas affirmer que nous ancrons toujours dès la première tentative mais cela reste plutôt exceptionnel que nous devons nous y reprendre à deux fois. Mais bon pourquoi s’en plaindre puisque cela nous fait du spectacle et de ce côté là, cela ne manque pas sur ce mouillage.

Départ de « Fa’Auva » pour le Nord de la « Dominique ».

Partant de l’idée qu’il nous fallait aller porter à terre, les poubelles, nous avons désanglé l’annexe et l’avons mise à l’eau. Quand nous naviguons même pour un court trajet, il est indispensable de « sangler » l’annexe pour qu’elle ne puisse pas bouger.

La seconde étape consista à relever que la coque nécessitait un petit nettoyage au vinaigre pour enlever le sel qui la maculait juste au-dessus de la ligne de flottaison.

La troisième étape s’imposait d’elle-même : le nettoyage proprement dit. Nous nous sommes attaqués au côté bâbord car il n’était pas exposé au soleil … après quoi nous n’avons plus eu de courage pour le côté tribord.

Le magasin local n’ouvrant que très tôt le matin et seulement après 17 heures, nous avons farniente tout l’après-midi dans notre généreux cockpit. Plus tard, tandis qu’Ann réalisait une course ou deux, je me suis promené sur le mouillage à la recherche d’un bon spot de plongée.

Ce ne sont pas les clubs de plongée qui manquent dans la baie mais plutôt des bouées où nous pourrions amarrer notre annexe ! De surcroît, lors de notre dernier passage, nous avions été extrêmement déçus par notre plongée … au point de ne plus y vouloir plonger ?

Jeudi  25.

Il fait beau et le mouillage est relativement calme … hormis notre voisin américain de derrière qui a eu la très mauvaise idée de vouloir faire gonfler deux de ses bouteilles de plongée. Quel tintamarre (compresseur sur le pont arrière) et puis surtout, on se lasse très vite de ce genre de bruit de casserole mais bon. Notre compresseur est électrique (moins bruyant) et surtout logé dans un cocon iso phonique sous le pont arrière : si on ferme le capot de pont, on ne perçoit pas le moindre bruit !

Nous aurions dû entreprendre le nettoyage de notre flanc tribord mais le cœur n’y était pas alors autant farniente et que l’annexe reste dans ses élingues. Il nous faut nous ménager si nous voulons tenir dans la durée : le milieu marin est hostile et quand on voit combien le matériel souffre, cela nous incite à être prudents. Et puis, et puis, nous ne voudrions pas laisser derrière nous, trois orphelins !

Depuis le début de la saison, notre frigo Danfoss de la table de cockpit fait des siennes en dégelant sans cesse pour mieux refroidir par la suite !!! Si j’avais bien constaté le problème, impossible d’affirmer avec certitude qu’il ne fonctionnait plus. La question est aujourd’hui résolue : il ne refroidit plus ! Pas d’autre solution que de se rendre au « Marin » puis d’appeler un frigoriste : ils refusent tous de se déplacer jusqu’à la baie « Sainte Anne » … font chier !

Nous détestons nous rendre avec « S.A.S.³ » au « Marin » car il est difficile de trouver une place de mouillage, importante promiscuité, pas évident de mouiller sans déraper, impossible d’y nager, peu recommandé d’y faire de l’eau et après quelques jours, vous pouvez gratter votre coque (présence de la mangrove et eau douce).

Vendredi  26.

Il est foutu mais semble une fois de plus, renaître de ses cendres ! D’un côté c’est une bonne chose car cahin-caha , il refroidit malgré tout nos boissons mais d’un autre côté, nous aurions une panne franche que cela impliquerait une réparation tout aussi franche …

Que c’est bête de ne pas y avoir songé hier ! Etonnamment , le bateau ne roule pas ou très peu alors qu’à la baie « Sainte Anne » cela n’arrête pas : réellement, le monde à l’envers ! C’était donc le moment idéale pour monter au mât, bricoler l’une ou l’autre petite chose.

Une fois le travail bien défini … je n’avais plus que cela en tête à mon réveil  et la toute première chose de la journée fut de me monter au mât. Hissé jusqu’au second étage de barres de flèches, je me suis adonné à remplacer quantité de serres-câble cassés par les UV mais surtout, à remplacer les supports de serre-câble tous plus ou moins hors d’état de servir !

Chantal & Laurent de « Maeva » sont venus un temps,  prêter main-forte à Ann pour me hisser.

Encouragé par ce travail, je me suis arrêté à hauteur de la première barre de flèche où il me fallait remplacer une lampe LED qui éclaire le pont bâbord. Comme, en son temps, j’avais déjà dû remplacer la lampe LED tribord, je savais pertinemment à quelles difficultés je m’exposais … et je n’ai pas été déçu.

En fait, j’étais sur le point de renoncer lorsque le support de la lampe s’est enfin décollé. S’il s’agissait de la partie la plus difficile, le reste du travail ne fut pas plus simple d’autant que les grains se succédaient : j’ai échappé de peu au premier pour prendre le second en pleine poire alors que j’étais dans le mât … joie.

En finale et grâce à notre voisin de devant (« Vent d’Ailleurs »)qui nous a prêté très gentiment son silicone blanc, j’ai pu réaliser un travail assez correct.

Le soir, nous accueillions à l’apéro, Gilbert & Isabelle de « Vent d’Ailleurs » (Lagoon 450). Très sympas nos nouveaux copains qui comptent rentrer en Europe et y vendre leur bateau.

Samedi  27.

La journée avait mal commencé avec un chapelet de petits grains mais en finale, nous n’avons pas eu à nous plaindre car le vent est resté assez faible alors qu’il soufflait en tempête à la baie « Sainte Anne » comme nous en informera Grégory de « Wink » !!! Si j’ai toujours su que la baie « Sainte Anne » n’abritait aucunement du vent, c’est de la houle que je suis surpris et terriblement déçu.

Si j’ai bien suggéré d’attaquer le nettoyage de notre flanc tribord, Ann ne l’entendait pas de cette oreille après la journée trépidante que nous avions connue la veille bien que nous ayons descendu l’annexe car nous devions porter à terre, les poubelles. Pourquoi pas alors voir un peu où les clubs de plongée se rendent tous les jours …

C’est comme cela que nous avons poussé l’aventure jusqu’à nous rendre jusqu’au quai de la « Petite Anse d’Arlet » et sur le retour, de nous arrêter entre les deux anses. Très instructif comme promenade puisque j’ai découvert en snorkeling qu’il existait des bouées pour attacher notre annexe durant la plongée … évidemment, il faut les connaître car la distinction en surface, entre un panier et une bouée d’amarrage n’est pas aisée. Je suppose qu’il ne s’agit pas d’une révélation pour beaucoup mais pour nous, cela change totalement la donne de la plongée car encore l’année passée, nous avions dû ancrer et cela nous avait beaucoup stressé.

En fin d’après-midi et en l’absence de vent (!), les bateaux évitaient en tous les sens au point que « Vent d’Ailleurs » nous sembla très, très, très près ! Cela m’a stressé durant toute la soirée et nous avons connu le point d’orgue aux environs de minuit lorsque le vent a fait un passage en force !

Dimanche 28.

Etymologiquement, il n’a pas « plu » de toute la journée … par contre, qu’est-ce qu’on s’est tapé comme grains ! Cela n’a pas arrêté sans oublier les coups de vents aussi brutaux que passagers. Dans le même temps, il y avait plus de 30 nœuds de vent à la baie « Sainte Anne » …

Malgré cette météo assez « cra-cra », cela n’a pas empêché les départs et les arrivées. A chaque départ d’un bateau proche, nous étions soulagés de pouvoir un peu mieux respirer mais chaque arrivée correspondait bien trop souvent à un crétin qui venait  nous enfermer dans un cocon de voyeurisme. A un moment donné, j’ai été à deux doigts de lever l’ancre et de foutre le camp mais heureusement, en fin d’après-midi, l’étau se desserrait !

Si nous avions pris la décision d’aller plonger aujourd’hui … c’est durant la nuit (!!) que je me suis  posé des questions sur l’intérêt de plonger alors qu’il n’y a rien à voir ! En ces conditions, il n’en a pas fallu beaucoup pour que nous annulions toute velléité subaquatique.

Le seul intérêt d’aller plonger entre les deux Anses, aurait été de « descendre » mais même sur ce point, je n’étais pas convaincu de trouver plus de -20 m. De surcroît, la météo ne nous incitait pas à aller nous promener et nous avons eu fort à faire pour préserver notre bateau de l’invasion des barbares.

Lundi 29.

Super … la moitié des bateaux ont quitté le mouillage. Il reste maintenant  le plus dur … supporter la horde des nouveaux arrivants qui pour une raison que j’ignore, viennent tous de notre côté alors qu’il s’agit du moins bon des deux côtés (moins bonne protection à la houle et au vent). J’ai souvent le désagréable sentiment que nous les attirons comme les mouches sur un sucre !

Moins de nouveaux arrivants que prévu mais bien entendu, en fin d’après-midi, un crétin pour venir mouiller son ancre sur notre avant bâbord, bien trop près ! Si la tentation fut grande d’attirer son attention sur tout l’espace qu’il pourrait occuper sans emmerder personne, nous n’avons rien dit en l’espoir qu’il s’en rendrait compte par lui-même …

Quand nous sommes rentrés d’avoir porté à terre, les poubelles et d’avoir réalisé l’une ou l’autre course d’avitaillement, le crétin était parti !!! Nous ne pensons pas qu’il aie compris par lui-même mais bien plutôt que notre voisin, absent de son bateau lors de son arrivée, ne lui en a fait la remarque.

Pour occuper notre journée, nous nous sommes attaqués au nettoyage de notre franc-bord tribord . S’il faisait ensoleillé, le vent se faisait encore durement ressentir à certains moments, rendant du même coup, notre nettoyage plus fastidieux. Mais bon, c’est fait et nous en sommes heureux.

Mardi  30.

Le coup de vent étant officiellement passé, un grand nombre de plaisanciers n’avait, semble-t-il, qu’une seule idée en tête : s’éloigner au plus vite de la baie … un peu comme si la peste menaçait l’endroit ! Il suffit qu’il y en ait deux ou trois pour donner le signal et tout le monde (bêêêêêêh …) semble presser de lever l’ancre. Ce fut donc une réelle hémorragie durant toute la matinée.

Et pourtant … le « mauvais » temps ne s’était pas encore définitivement éloigné en sorte que nous avons eu droit à des sautes brutales de vent et plus ennuyeux, à de réguliers petits grains de pluie fine. Ceci explique sans doute que les « nouveaux arrivants » s’égrenèrent chichement durant l’après-midi. Certains ne vinrent même que pour deux ou trois heures avant de repartir vers des horizons mystérieux !

Quand un « nouvel arrivant » se pointe à l’horizon, il ne faut plus le perdre de vue jusqu’à ce qu’il soit ancré … définitivement et cela même s’il attaque le mouillage par le côté opposé au vôtre ! Méfiez-vous des apparences. Un moment d’inattention et vous pouvez être certain de le retrouver très, très près de vous !

Confortablement installés dans notre cockpit, nous avons senti passer le vent du boulet de canon sous la forme d’un catamaran de location qui nous remonta sur bâbord à toute vitesse … aux fins de prendre de vitesse un Neel 45 (Trimaran) qui comptait jeter l’ancre sur notre avant bâbord !!!  Dangereux, infantile, crétin d’autant qu’il y avait suffisamment de place pour les deux bateaux !!

C’est le Neel 45 qui fut le plus intelligent en jetant l’ancre le premier tandis que les deux skippers s’invectivaient à qui mieux mieux. Le plus incroyable c’est que deux heures plus tard, le Neel 45 quittait la baie pour une autre destination alors que la tension était retombée depuis longtemps.

A un autre moment, ce fut une annexe qui vint vers nous, nous contourna sur l’arrière pour remonter ensuite notre bâbord !!! Manifestement, son skipper canadien souhaitait s’adresser à nous sans toutefois s’arrêter : « Combien de pieds ? » – « 64 » – « Il est m-a-g-n-i-f-i-q-u-e » – « Merci ». Au début, c’était incessant mais après 7 ans, c’est plus rare de la part d’un simple quidam. Cela réchauffe malgré tout, toujours le cœur.

Mercredi  31.

Nous avions choisi de quitter aujourd’hui, la « Grande Anse d’Arlet » pour la baie « Sainte Anne » parce que la météo ne prévoyait pas de grains mais malgré tout du vent. Et en fait de vent, nous avons été servis sur le mouillage, pour notre départ et comme nous étions coincés sur l’avant par un Océanis 411 de chaque côté, ce fut un peu chaud (« S.A.S.³ » s’est retrouvé par le travers des deux voiliers) mais nous y sommes arrivés sans casse.

Sorti de la baie, il n’y avait quasiment plus de vent … ce qui nous a poussé à hisser haut la GV. Jusqu’au « Diamant »  et comme il fallait le prévoir, le vent fut essentiellement catabatique en sorte que nous avons finalement pris un ris dans la GV et sorti notre trinquette qui tantôt était trop faible, tantôt juste parfaite.

A partir du « Diamant », le vent réel est monté jusque 21 nœuds et contre toutes nos attentes, il semblait possible de remonter jusqu’au « Marin » sur un seul bord !  Mais alors que je pensais que nous allions avoir un bord d’enfer, rien ne semblait bien marcher à bord : impossible de garder une allure constante, impossible de garder un cap constant et pourtant cela moutonnait pas mal !

Persuadés qu’il y avait trop peu de vent pour notre trinquette, nous avons sorti une partie du génois et de suite, le bateau a commencé à labourer la mer. Malheureusement, peu de temps après, nous étions confrontés aux mêmes problèmes d’allure et de cap !

A proximité du mouillage, nous avons tiré un bord en direction de la côte du « Diamant » mais le bord se révéla difficile à tenir ! Peut-être un manque de concentration de ma part !

Un nouveau bord tout aussi catastrophique et il ne m’en fallu pas plus pour siffler la fin de la récréation. Nos réglages n’étaient-ils pas bons ou le vent était-il capricieux ? J’aurais tendance à accuser le vent mais en tout état de cause, cela n’était pas la grande forme.

Notre arrivée sur le mouillage de « Sainte Anne » n’a pas correspondu avec le passage d’un grain … une grande première ! Notre place habituelle étant occupée par un catamaran, nous avons jeté l’ancre plus en avant … pour nous retrouver quasiment à couple d’un petit voilier qui ne demandait rien à personne !!! A la grande différence de beaucoup, nous avons immédiatement pris l’initiative de relever l’ancre et d’aller la jeter encore un plus en avant (250 m par rapport à notre ancienne position de décembre).

Opération réussie du premier coup sauf qu’à l’autopsie, je découvrais que la chaîne d’ancre s’était enroulée autour d’une patate de corail tandis que l’ancre reposait sagement sur le fond ! Après avoir hésité à jeter l’ancre à un autre endroit, je me suis mis une bouteille sur le dos et j’ai été positionné notre ancre (40kg) de manière plus correcte. Je ne vous dis pas les efforts à réaliser …

Profitant de l’occasion, j’ai mis en place un orin en manière telle de pouvoir savoir constamment où était notre ancre … et à dissuader les crétins de venir trop près de nous. On peut toujours rêver.

Alors que nous n’étions pas encore ancrés de manière définitive et que la place ne manque pas tout autour de nous, un crétin venait jeter sa pioche à quelques mètres de notre tableau arrière … Par bonheur, après deux heures, il était parti et nous en avons profité pour mettre 10 mètres de chaîne supplémentaires.

 

La réconciliation.

Partant de l’une et l’autre mauvaise expérience, j’avais une très mauvaise opinion de la « Grande Anse d’Arlet » : trop venteux, trop houleux. Ces dix jours que nous y avons passés, m’ont totalement réconcilié avec l’endroit sans doute en raison d’un mouillage nettement plus judicieux que les précédents (plus en avant et plus vers le centre) et d’une bonne part de chance.

Comme il fallait s’y attendre, c’est de la promiscuité dont j’ai le plus souffert. Déjà en temps normal, il est impossible d’obtenir des autres, un minimum d’éducation alors lorsque les possibilités de mouillage sont restreintes …

Les autres inconvénients sont :  internet très lent voire impossible, possibilité d’avitaillement très restreinte, pas de ponton fuel, pas de technicien, débarcadère inconfortable pour les annexes (trop haut, les annexes passent facilement en-dessous), présence d’un loueur de voitures à des prix plus élevés et aux possibilités très limitées ! Par contre, l’eau y est cristalline et les baigneurs très nombreux.

Question plongée, l’endroit se présente parfaitement pour des débutants qui pourront développer leur technique sans être distraits par leur environnement …

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