Publié par : Ann & Stéphane | 16 janvier 2018

01 au 15.01.2018 – Début d’année à … « Sainte Anne ».

Lundi  01.

Lendemain de réveillon … En ayant été nous coucher à 2 heures du matin et en nous réveillant à 9 heures, nous étions lessivés avant d’avoir mis un pied en dehors du lit. Mais nous avions convenu d’aller plonger avec Grégory & Liria de « Wink »  et il ne pouvait être question d’annuler une seconde fois.

Grand bien nous en a pris car la plongée nous a ravis au plus haut point. Nous avions décidé d’emmener nos débutants sur le « Grand Mur » ce qui n’était pas sans risques (présence d’un courant traître, profondeur beaucoup plus importante) mais nous avions confiance en leurs capacités.

Lorsque nous avons préparé nos affaires, nous avons subi un mini grain qui pour une fois, ne nous a pas fait reculer. La mer était assez calme et le ciel nuageux.

Plus détendus, plus à l’aise, nos deux débutants ont réellement apprécié leur plongée et ont mitraillé à tout va avec leur appareil photo. Lors du débriefing, Je leur ai conseillé de laisser la prochaine fois, leur appareil à bord pour se concentrer sur leur technique qui laisse encore beaucoup à désirer.

Plonger en carrière (spécialité belge) apporte aux plongeurs, le moyen de se concentrer sur la technique et celle-ci améliore considérablement leurs compétences. A contrario, les plongeurs réalisant leur apprentissage en mer, n’ont pas cette chance car ils sont continuellement distraits par leur environnement et cela s’en ressent énormément au niveau technique. Tout cela explique la réputation méritée à l’étranger, des plongeurs belges dont on affirme qu’ils plongent toujours avec une pelle pour pouvoir creuser le fond …(et augmenter ainsi la profondeur) ! Et pour être honnête, cette réputation n’est pas très éloignée de la vérité.

Le débriefing s’est tenu cette fois, à bord de « Wink » où Liria nous avait concocté un petit plat de derrière les fagots. Un vrai cordon bleu cette jeune femme.

Mardi  02.

Ce matin, nous avons découvert un nouveau foyer d’invasion de charançons … dans les paquets de riz achetés récemment !! Nous n’en avons pas cru nos yeux. Cela n’en finira-t-il jamais de ces sales bêtes ?

Comme il faut malgré tout, de temps en temps faire tourner le moteur de l’annexe ou plus simplement, parce qu’il faisait beau et calme, nous avons été jusqu’au « Marin » faire une petite course. Sur le retour, nous avons fait un crochet par la mangrove bordant le plan d’eau où nous avons été stupéfaits de voir le nombre de bateaux qui y étaient ancrés !

Un peu d’avitaillement à « Sainte Anne » et nous étions de retour à bord.

Mercredi  03.

Normalement, nous aurions dû aller plonger mais je n’ai pas résisté au besoin de remettre en place notre antenne Mini C (envoi et réception de E-mails par liaison satellitaire) reçue la veille, en retour de réparation : le GPS de l’antenne ne fonctionnait plus !

Comme il y avait peu de vent … le bateau roulait assez facilement ce qui rendait ma position, à hauteur de la première barre de flèche, plutôt délicate ! Malgré cela et mes appréhensions d’être dans le mât (cela m’est venu avec l’âge), je suis parvenu à  tout remonter , à ne rien perdre, à ne rien casser. D’autant plus grande fut dès lors ma déception de relever que maintenant notre Mini C ne reconnaissait même plus son antenne !!!!

Après de sérieuses hésitations, je suis retourné dans le mât pour voir si je pouvais faire quelque chose pour rétablir la connexion … en vain ! J’en suis donc redescendu avec l’antenne.

Si nous avons très, très peu utilisé notre Mini C (Sailor), je me connecte régulièrement pour m’assurer de son bon fonctionnement et c’est ainsi que j’ai découvert il y a plusieurs mois, une anomalie au niveau du GPS intégré. Lors du carénage, nous avons essayé de le faire réparer mais le changement pur et simple de l’antenne s’imposait selon le technicien !

Le problème réside que ce modèle n’est plus fabriqué et que dès lors, il faudrait tirer à travers le mât, de nouveaux fils pour la pose d’une nouvelle antenne … ce qui est quasiment impossible. Nous avons donc cherché, via internet, une antenne « ancien modèle » que nous avons finalement trouvée auprès d’une société danoise qui avait racheté tous les stocks du fabricant « Thrane – Thrane ».

Tout aurait été dans le meilleur des mondes si cette société profitant abusivement de la situation, ne voulait nous facturer l’antenne à 6.300 € alors qu’un nouveau Mini C complet coûte 2.500 € !!!

La dernière idée consisterait à brancher sur notre Mini C, un GPS extérieur à défaut de pouvoir réparer celui de l’antenne.

Jeudi  04.

« Sarama » est parti ce matin pour la « République dominicaine » mais Patrick était fort dépité par le manque absolu de vent. Souhaitons lui malgré tout, une bonne navigation. Le vent risque bien fort de revenir plus en force qu’il ne souhaiterait …

Quant à « Wink », il est parti faire un petit tour en mer pour sécher son spi. Amusant mais avant-hier, « Aenea », un autre CNB 76’ immatriculé à « Malte » est venu passer la nuit au «Marin » et lui également n’avait pas trouvé de place pour ranger son spi sous le pont : le sac pèse plus de 70 kg selon Grégory ! Idem à bord de « Zig », un autre CNB 76’ immatriculé aux USA.

Après la déconfiture (bricolage) de la journée de hier, pas question de laisser passer la plongée programmée au « Grand Mur ». J’avais envie de faire une -40 mètres mais comme je sais que Ann y est hostile sous le prétexte qu’il n’y a rien à voir à cette profondeur (ce qui n’est pas totalement faux), il m’a fallu rusé en sorte que je n’ai pu trouver que -30 mètres. Pour les -40 mètres, il aurait fallu aller un peu plus loin …ce sera pour une prochaine fois.

La visibilité était nettement moins bonne que la fois passée alors que le plan d’eau était super calme et qu’il faisait ensoleillé !! Perso, j’ai trouvé que les couleurs étaient moins chatoyantes et hormis une grosse langouste, un beau barracuda et une petite murène noir et blanche, je n’ai rien vu d’exceptionnel . A contrario, Ann a vu une grosse murène javanaise que je n’ai encore jamais vue en ces eaux !

(-30m – 56’ – 28°- palier obligatoire de 3’ à 3m) sont les paramètres de cette plongée qui aura su malgré tout, magnifier cette journée … comme à chaque fois, aurais-je envie de dire.

Bien que l’on soit en pleine semaine, on a l’impression d’être le week-end tant il fait beau, calme et que tout le monde semble être en goguette.

En fin d’après-midi, nous avions la visite de nos amis, Phil & Norma de « Minnie B », qui sont arrivés ce matin, à la baie « Sainte Anne » … mais qui devraient déjà repartir en milieu de semaine prochaine car ils ont des amis qui les rejoignent aux « îles Vierges Britanniques ». Après cela, c’est le retour vers l’Europe qui est programmé !!!

Chaque année, il y a un certain nombre de bateaux qui repartent pour l’Europe comme « Sarama » -« Minnie B » – « Maeva » et sans doute également « Wink ». Après y avoir sérieusement pensé, nous sommes de moins en moins convaincus qu’il s’agisse d’une bonne option pour nous … surtout  depuis que nous possédons un chalet  aux « 2 Alpes » (France) où nous passons nos étés. Ce sont les enfants qui en profitent généralement l’hiver.

Vendredi  05.

8.30 heures, Ann allait chercher à l’embarcadère de « Sainte Anne »,  l’expert Drujon d’Astros mandaté par nos soins pour établir la valeur de notre bateau pour l’assurance. Comme vous le savez tous, la prime d’assurance omnium est calculée en fonction de la valeur déclarée du bateau et celle-ci n’a pas été modifiée depuis sa construction … nous payons en conséquence aujourd’hui, une prime beaucoup trop élevée !

Il lui a fallu un peu moins de trois heures pour se faire une vue plus ou moins complète du bateau … j’étais aux anges : pouvoir lui expliquer notre voilier par le menu détail, le super pied !

Vers 11 heures, Ann allait chercher au « Marin », Jacques de « Diginav » pour le réglage de notre télévision satellitaire. Si cela n’a pas été de soi, Jacques est malgré tout parvenu à nous régler tout cela en sorte que non seulement notre connexion est devenue très fiable (!) mais nous avons maintenant toutes les chaînes françaises du bouquet choisi.

« Chouette, j’ai crié : je vais pouvoir à nouveau zapper » … « Noooooooooooon, Ann a crié, par pitié, pas cela ! ». Bon je vous laisse, j’ai de nombreux programmes de télévision en retard …

Après, Jacques a regardé notre antenne Mini C que j’ai été bon pour rebrancher dans le mât … et il est finalement reparti avec. La suite au prochain épisode.

Retour surprise de « Aenea » que nous pensions être repartis sur les « Grenadines ». Cette fois-ci, il s’est ancré à une encablure devant nous.

Le soir, nous avons connu une brutale mais très temporaire coupure générale de courant ! Comme nous avons déjà connu un problème de ce genre il y a un peu plus de 3 ans, j’ai assez rapidement deviné qu’il s’agissait une fois encore, de notre switch automatique Mastervolt !

La nuit ne fut pas particulièrement paisible en raison de la succession de forts grains.

Samedi  06.

Si je connais la cause de notre panne électrique et que je sais comment la réparer (nous avons des switchs en réserve), je ne suis pas très tenté de procéder en personne à cette petite réparation … aussi avons nous essayé de trouver quelqu’un de compétent pour faire le travail. Un samedi ce n’est jamais évident.

Nous avons trouvé Philippe de « Pochon sa. » qui après nous avoir laissé penser qu’il viendrait le jour même, nous a écrit pour dire qu’il passerait le lendemain.

Dimanche 07.

Et de trois !!! Nous avons assisté ce matin, à l’arrivée de « Zig » (CNB 76’ – n° 17). Il faut reconnaître que le chantier CNB a réussi un coup de maître en construisant ce voilier de série pour un prix super attractif alors qu’il y a encore quelques années, le chantier était au bord de la faillite avant d’être repris par Bénéteau, lorsqu’il construisait de magnifiques voiliers à l’unité.

Et de quatre !!! Selon Grégory de « Wink », un autre CNB 76’ est actuellement au « Marin » !

Comme le spectacle ne manquait décidément pas, nous avons assisté en direct, au chavirage d’un superbe yawl local qui n’a finalement été en mesure de repartir vers le « Marin » qu’en se débarrassant d’un de ses deux mâts (il est manifeste que l’embarcation était trop toilée pour le vent qu’il y avait). C’est un pêcheur qui a récupéré le mât abandonné.

En fin de matinée, Philippe de « Pochon sa. » arrivait en voiture à « Sainte Anne » où Ann est allée le chercher. En moins de temps qu’il faut pour le dire, ce dernier remplaçait par du fil de beaucoup plus grosse section, deux fils corrodés à l’intérieur du « Mass Systemswitch 16  Mastervolt » responsables selon lui, de notre coupure générale d’électricité.

Sans être électronicien, je pense avoir compris que la sous-dimension de la section de ces deux fils entraîne une surchauffe qui dénude le fil et favorise ainsi la corrosion. Il y a trois ans, nous avons été jusqu’à remplacer les trois switchs internes de l’appareil mais sans penser remplacer les deux fils qui posent problème !!!

Nous avions décidé d’aller plonger au « Boucanier » (précédemment baptisé par mes soins, « bouée du club Med »). Une fois sur place, nous nous amarrions à notre bouée habituelle tandis que nous incitions Grégory & Liria  à s’amarrer à l’autre bouée toute proche.

Nous sommes tous descendus le long de l’amarrage de Grégory & Liria pour leur faciliter la vie en leur évitant de palmer en surface jusqu’à notre annexe (le contraire aurait été une meilleur idée car le courant portait en notre direction …). A notre plus grande surprise, nous étions sur un fond de -3m alors qu’à notre ancrage habituel, nous avons un fond de -8.40m !!!

La visibilité était particulièrement mauvaise et ne voyant pas le tombant d’où nous étions, j’ai pris un cap NO comme je l’aurais fait au départ de notre ancrage habituel sauf que cette fois-ci nous avons dû palmer pendant plus de 9 minutes sur un fond à -5 m pour enfin découvrir le tombant !!!!

Au pied du tombant, nous avions -24 m au lieu de -21 m au départ de notre ancrage habituel.

Nous sommes partis « épaule gauche » et après 20 minutes de plongée, j’ai décidé de faire demi-tour pour faire le chemin en sens inverse et ainsi retrouver l’ancrage de Grégory & Liria. J’étais contrarié car je savais pertinemment que malgré tous mes efforts pour photographier dans ma mémoire l’endroit exact où il fallait bifurquer et prendre un cap SE, je n’étais pas convaincu de le retrouver …

Une autre solution consistait à rechercher notre amer habituel et de là, remonter sur notre ancrage habituel. Mais voilà … toute la question était de savoir si notre amer habituel était devant ou derrière nous ????  Si j’étais intimement persuadé qu’il était derrière nous, Ann était persuadée – avec raison – du contraire.

Le raisonnement d’Ann était assez astucieux : nous avions déjà constaté, qu’au départ de notre amer habituel , lorsque nous partions « épaule gauche », les fonds se maintenaient aux environs de -20 m alors que « épaule droite », les fonds augmentaient assez rapidement. Il suffisait donc de suivre une ligne de fond de -20m pour tomber sur notre amer habituel. CQFD.

 Je dois bien reconnaître que je n’y ai pas songé d’autant plus que je pensais – une nouvelle fois, à tort – que nous avions atteint un point du tombant que nous ne connaissions pas encore. En ces conditions, notre constat sur les profondeurs était-il toujours valable ?

Les échanges (sous l’eau) entre Ann et moi furent particulièrement orageux car une fois de plus, elle interférait dans ma DP sans en prendre la direction et par expérience, je savais qu’en ces circonstances, on ne retrouverait jamais l’annexe … J’avais donc décidé de ne tenir aucun compte de ses signes alors que pour une fois, j’aurais été bien inspiré d’essayer de comprendre ce qu’elle tentait de m’expliquer …

Ai-je ou non dépassé le point de bifurcation pour nous diriger vers l’ancrage de Grégory & Liria ? Je l’ignore mais par contre ce que je sais, c’est que j’ai vu à un moment donné, une gazinière qui ne m’était pas inconnue !!! Lors de ma plongée en solo, au départ de notre ancrage habituel et de notre amer habituel, j’étais parti épaule droite et j’étais tombé sur ladite gazinière. Eurêka … je savais maintenant avec certitude que notre amer habituel était … dans notre dos !

Nous sommes donc repartis en sens inverse (une nouvelle fois), j’ai retrouvé notre amer habituel et de là, notre ancrage habituel. Ce n’était pas ce que j’avais prévu au départ mais cette solution était de loin la meilleure.

Nous avons débriefé de tout cela avec Grégory et Liria à bord de « S.A.S.³» en mangeant la galette des rois … et c’est Liria qui a tiré la fève.

Non content de notre débriefing, il me fallait absolument comprendre comment était-il possible qu’en partant de deux ancrages distants seulement de 52 mètres, nous avions rencontré des topographies à ce point différentes ! La recherche d’une explication fut d’autant plus laborieuse que la plupart des cartes consultées étaient tout simplement erronées ! Pour une fois, c’est la carte MaxSea qui s’est révélée la plus juste et qui a éclairé d’un tout nouveau jour, la problématique !

En relevant, le lendemain, la position exacte de chacune des trois bouées de plongée et en reportant celles-ci sur notre carte MaxSea, j’en suis arrivé à de stupéfiantes déductions. Si je savais déjà que notre « bouée habituelle » se trouvait en bordure du tombant, j’ai été malgré tout étonné de constater qu’il en était quasiment de même de la « bouée du club Med » ! Mais ma surprise fut totale en relevant que la « bouée de Grégory & Liria » était située en plein milieu d’un « garden » à – 5m en forme de langue de chat et que quelque soit la direction que l’on empruntait pour atteindre le tombant, la distance était toujours importante : 49m vers le N – 79m vers le NO(celle choisie …) – 70m vers l’O et 51m vers le SO … alors qu’elle n’est que de 11m au départ de notre « bouée habituelle » !

La conclusion de cette foire d’empoigne des méninges ? L’idéale avant d’aller plonger sur un spot, consisterait à en étudier la carte de manière approfondie mais cela suppose, au préalable, d’avoir les coordonnées précises du spot pour pouvoir les reporter sur une carte maritime … alors que le plus souvent on se contente d’un schéma trouvé sur internet, qui s’il a le mérite d’exister, est parfaitement approximatif quand il n’est pas totalement erroné en son orientation !

Lundi  08.

En fin de matinée, c’était au tour de Ludovic de « Inboard Diesel Service » de venir nous faire un petit « coucou ». En fait, nous avions demandé son passage pour remplacer le « elbow » de notre GE. Il s’agit d’une pièce en inox située à la sortie de l’échangeur de température des gaz d’échappement.  Celle-ci devrait être rangée malgré son prix, dans la catégorie des « consommables » puisqu’il faut la changer environ tous les 3 ans !

Les gaz d’échappement sont trop chauds pour être évacués en l’état. Ils sont donc refroidis à hauteur d’un « échangeur de température ». Le problème résulte que le refroidissement rapide des gaz d’échappement provoque une réaction chimique aboutissant à la formation d’acide sulfurique qui avec le temps, corrode notre « elbow ». Celui-ci se met alors à fuiter l’eau de mer contenu dans les gaz d’échappement. Enfin bon … pour autant que j’ai bien compris toutes les explications du copain Ludovic.  

Profitant que l’annexe était descendue, nous sommes allés jusqu’au « club Med » dire bonjour à nos amies, Marijke et Pascale, arrivées l’avant-veille. La saison passée, elles avaient passé une semaine à bord de « S.A.S.³ ».

Le soir, nous avions un crétin de catamaran de location qui venait ancrer à quelques encablures de notre étrave ! Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir nous coller (de nuit, de surcroît) alors que nous sommes à l’écart de tout le monde. Enfin, avec un peu de chance, ils seront partis avant même qu’on se réveille.

Mardi  09.

Si le crétin était toujours là à notre réveil, il levait l’ancre une heure plus tard et se dirigeait vers le « Marin ». Entre le mouillage de la baie « Sainte Anne » et celui du « Marin », ce sont des aller/retour incessants un peu comme si tous ces bateaux ne savaient pas réellement où était le meilleur mouillage …

En fin de matinée, nous avions la visite de Raymond accompagné de son assistante, de « Incidences » qui venait nous livrer nos nouvelles assises de coussins de cockpit tandis qu’il peaufinait les mesures des dossiers qui nous seront livrés la semaine prochaine … Si on ne peut pas affirmer que Raymond n’est jamais ponctuel, la question avec lui reste que l’on ne sait jamais à quel fuseau horaire il se réfère lorsqu’il fixe un rdv …

Après son passage, nous sommes allés, en annexe, au « Marin » et ensuite, à « Sainte Anne » pour y réaliser des courses d’avitaillement.

Arrivée sur le mouillage de « Elixir », superbe motor yacht qui n’avait pu trouver de place à la marina du « Marin ». Il se dit que les méga yachts à moteur refusent obstinément de venir au « Marin » au profit de « Sainte Lucie » parce que rien n’est prévu pour les accueillir et que mouiller l’ancre leur coûte trop cher en électricité !!! Le problème reste que les techniciens compétents sont tous au … « Marin ».

Le soir, nous avions à dîner à bord, Phil & Norma de « Minnie B » qui partaient le lendemain pour une remontée, par étapes, vers la Méditerranée. Comme toujours, nous avons passé une excellente soirée (sans le moindre grain !) en leur compagnie.

Mercredi  10.

La journée s’annonçait « délicate » avec le passage de plusieurs grains. Toutefois, vers 15 heures, nous avons trouvé une accalmie pour aller chercher Marijke et Pascale au « club Med » où elles passent leurs vacances.

Nous avons donc passé agréablement l’après-midi ensemble pour ensuite dîner dans le cockpit et les reconduire, en annexe, vers 21 heures. C’est leur joie de vivre à toutes les deux qui nous fait le plus grand bien. Pour mémoire, Marijke est une amie d’enfance d’Ann.

Jeudi  11.

Venteux en matinée, le vent est retombé sur le coup de midi. Il fait raisonnablement beau et le plan d’eau se clairseme de plus en plus mais ce n’est pas une nouveauté. Nous comptions aller plonger mais avec un début de semaine aussi chargé, nous avions besoin de calme et de tranquillité et que faire de mieux que de s’installer dans son cockpit avec un bon bouquin.

Vendredi  12.

Si la tentation de farniente dans notre cockpit si « cosy » selon Grégory de « Wink », était grande, nous savions pertinemment que si nous allions plonger, nous ne le regretterions pas … et nous ne l’avons pas regretté que du contraire, nous avons eu une splendide plongée (-19.80 m – 58’ – 28°)!

Pourtant toujours plonger sur le même spot (« le Boucanier », en l’espèce) ce n’est pas lassant à la fin ? Pas plus que de plonger toujours dans la même carrière ou de faire sa petite sortie devant la marina, chaque week-end…

Bien entendu, de temps en temps, nous changeons de spot de plongée mais la faune et la flore sont si riches (l’endroit est très poissonneux) qu’à chaque plongée, nous découvrons toujours quelque chose que nous n’avions pas encore vu. Et puis … notre grand plaisir c’est de débusquer la langouste, la murène ou le tourteau que nous connaissons au demeurant, par cœur.

Il faut savoir « regarder » et « apprécier » comme un artiste et cela ne s’apprend pas du jour au lendemain. Vous n’êtes jamais étonné de relever les commentaires dithyrambiques que peut faire un artiste sur une œuvre alors que vous ne voyez pour votre part, qu’une matière première plus ou moins bien travaillée ? En plongée … c’est un peu la même chose sauf qu’il s’agit d’une merveille de la nature que vous avez devant les yeux.

Le soir, nous étions invités à dîner au « club Med » par Marijke. Très sympathique ambiance au point qu’arrivés, en annexe, à 18.30 heures, nous n’en sommes repartis que passé 21.30 heures !

Samedi  13.

Si la « Martinique » est en vigilance jaune pour cause de pluie et d’orages, toute la journée fut très ensoleillée … ce qui n’a pas empêché que cette nuit je l’ai passée à fermer/ouvrir nos capots de pont à cause des grains.

Devant une si belle météo, la tentation d’aller plonger était d’autant plus grande que j’avais déjà regonflé nos deux bouteilles mais bon, il faut en réserver un peu pour tous les jours.

Dimanche 14.

Il y a des plongées « avec » comme vendredi et … des plongées « sans » comme ce dimanche. Liria de « Wink » avait déclaré forfait mais Grégory était de la palanquée. Nous sommes donc partis avec une seule annexe au « Grand Mur ».

La plongée (-22m – 51’ – 27°) s’est révélée assez conforme à nos attentes avec une visibilité excellente en début de plongée (celle-ci s’est malheureusement dégradée par la suite). L’esprit sans doute ailleurs, je n’ai débusqué qu’une seule petite murène alors qu’Ann nous montrait murène, langouste et surtout, un magnifique poisson scorpion à houppes (rascasse) que nous n’avions encore jamais vu en ces eaux ! Incroyable comme certaines espèces parviennent à rester parfaitement invisibles !

Ce que je retiens surtout de cette plongée c’est ma frayeur d’arriver sur le fond et d’avoir totalement perdu la trace de Grégory qui, en principe, descendait le long du filin d’amarrage !!!! C’était comme s’il n’était jamais venu avec nous !

Comment est-ce possible ? Bêtement parce qu’ayant sans doute un peu trop confiance en ses capacités, je suis descendu la tête la première comme j’ai maintenant l’habitude de le pratiquer depuis mon stage de moniteur fédéral, et qu’en conséquence, je ne l’ai pas gardé en vue. Pour ma défense, je pensais qu’Ann étant déjà sur le fond (-8.70 m), elle pouvait le surveiller facilement puisque la visibilité le permettait aisément.

Si j’ai bien compris les explications de Grégory, il serait descendu sans tenir la corde d’amarrage en sorte qu’il aurait été déporté et ainsi sorti de notre angle de vue dirigé exclusivement vers l’annexe ! Alors que nous finissions par nous inquiéter sérieusement, il est apparu … derrière notre dos ! Ouuuuuuuuuuf. Autant dire que l’on ne m’y prendra plus la prochaine fois.

C’est sous un grain que nous sommes rentrés au bateau en sorte que la signature des carnets de plongée était remise au lendemain.

Visite surprise de Chantal de « Maeva » qui en profitait pour nous ramener un livre que nous lui avions prêté. L’heure du grand départ (par cargo) pour l’Europe approche à grands pas (25 février, en principe) sans qu’ils ne prennent encore pleinement conscience des changements que cela va entraîner dans leurs vies : cela fait depuis 7 ans qu’ils sont dans les Antilles, sans quasiment jamais quitter leur bateau !

Lundi  15.

J’avais une folle envie de farniente et surtout de ne pas bouger ! Nous sommes donc restés peinards au bateau à bouquiner.

Grégory & Liria sont venus vers 17 heures pour la signature des carnets de plongée.

 

 

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Lundi  25.

C’est Noël ! Nous en profitons pour rester calmement à bord, en tête-à-tête, et avancer dans nos lectures respectives ( nous sommes devenus complètement addicts à la lecture). La météo n’est pas terrible et la semaine est annoncée comme venteuse mais qu’importe puisque nous jouissons à bord, d’un confort extraordinaire.

Mardi  26.

D’ordinaire, il nous faut un tremblement de terre pour nous faire sortir de notre cocon douillet mais là, nous nous sommes contentés de la sympathique visite de Patrick de « Sarama » et de son équipier du moment, Marco. Si nous n’avions pas les amis pour nous distraire un peu de notre quotidien, nous vivrions comme des ermites !

Le soir, la connexion satellitaire était tellement mauvaise (de prime abord, il s’agit du modem fourni par Canal+ qui déconne) que nous éteindrons la télévision pendant ce qui aurait dû être le JT de 20 heures !!! Les programmes de télévision sont diffusés en tenant compte du décalage horaire. En clair, nous captons le JT de 20 heures(France) … à 20 heures (Martinique).

Nous aurons droit durant la nuit, à de nombreux grains … pour ceux qui n’ont pas de déssal, cela valait la peine de récolter l’eau de pluie car sinon, elle peut vous être livrée à bord pour 70€/m³ !! Cela fait tout de même assez cher, le litre d’eau douce.

Mercredi  27.

Cela souffle en tempête et selon la météo, cela devrait durer ainsi jusque lundi !!! De quoi nous décourager de notre projet d’aller plonger … mais vers 13 heures, le vent s’est estompé d’un petit cran et nous avons décidé d’aller … à la bouée du « club Med », pour ne pas changer nos habitudes !

Ce n’était pas tout-à-fait innocent comme choix hormis les conditions de mer : lors de notre plongée précédente, Ann avait glissé dans la stab de Liria (« Wink ») un plomb de 2kg pour qu’elle puisse mieux se stabiliser mais en cours de plongée, elle a perdu le plomb. Ce n’était nullement sa faute d’autant que la stab nous appartenait ! Il s’agit d’une très petite taille qui correspondait mieux à sa corpulence et que nous dédions normalement aux enfants.

(-19 m – 60’ – 27°) sont les paramètres de la plongée du jour au cours de laquelle si nous n’avons, évidemment, pas retrouvé le plomb perdu, nous avons vu quantité de petites murènes noires et blanches. A nouveau, une magnifique plongée « bio ».

Cette plongée clôturait mais nous le savions pas encore, notre saison plongée. Un bilan de 52 plongées en ce qui me concerne soit 1 plongée par semaine ce qui constitue mon rythme habituel.

La saison précédente, notre attrait pour la baie « Sainte Anne » s’expliquait assez bien par l’intense vie sociale que nous y avons connue … cette saison, c’est la plongée qui justifie ce même attrait.

Quand nous avons sorti la tête de l’eau, le vent s’était considérablement calmé ! Que du bonheur.

A 16.30 heures, nous allions prendre l’apéro chez « Sarama ». A notre plus vif étonnement, Marco avait quitté le matin même, le bord sans aucun préavis : il en avait eu subitement marre ! Patrick se retrouve ainsi en situation délicate puisqu’il était prévu qu’ils partent ensemble pour « Cuba »…

Jeudi 28.

Mon « Grand Saint Bernard » d’épouse n’aurait pas pu ne pas se porter au secours de Patrick de « Sarama » maintenant qu’il se retrouvait seul ... avec mon entière bénédiction, dois-je le préciser. C’est à cela que servent les amis.

Son problème ? Le moteur électrique de son enrouler de GV qui renâcle quand la voile doit sortir !!! On aurait plutôt pensé que le problème se serait situé lors de l’enroulement mais il n’en est rien …

Le spécialiste en hydraulique n’étant pas parvenu à desserrer toutes les vis du cache extérieur du moteur, il lui avait rendu son moteur sans plus ! Par bonheur, chez « Caraïbe Marine », ils sont parvenus à desserrer la vis récalcitrante … grâce à  l’intervention dynamique de mon adorable toutou.

Tout cela nécessitant un peu de temps, nous avons fait deux aller/retour jusqu’au « Marin » en profitant de l’occasion pour réaliser l’une et l’autre démarche plus personnelle. Comme il faisait assez venteux,  Ann avait préféré utiliser notre annexe plutôt que celle plus petite de « Sarama ».

Vendredi  29.

Jamais en reste pour une course ou l’autre, Ann a profité de la voiture louée par Patrick de « Sarama », pour aller échanger à « Genipa », notre modem Canal+ défectueux. Liria de « Wink » était également de l’expédition.

Ce sont les bras chargés de victuailles que je les ai retrouvées  au débarcadère de « Sainte Anne », vers 14 heures. Entre-temps et grâce à l’aide de Patrick Marie, le génial électricien du chantier Garcia, je poursuivais mes recherches pour déterminer pourquoi notre batterie GE était à plat lors de la mise à l’eau du bateau alors qu’elle avait été en charge durant tout le carénage ! Il semblerait que  le problème se situait au niveau du fusible.

Le soir, je profitais de notre nouveau modem Canal+ pour une soirée télévision d’enfer. Le nouveau modem déconne moins que l’ancien mais n’est pas non plus, d’une fiabilité extraordinaire …

Samedi  30.

Il fait beau et le vent est nettement plus abordable que les jours précédents. Nous en profitons donc pour reprendre un repos bien mérité après une semaine exténuante …

Du côté de « Sarama », bonnes nouvelles puisque Patrick a finalement découvert que son problème d’enrouleur ne provenait pas de son moteur mais d’un tuyau d’hydraulique qui était crevé !! Par ailleurs, il a trouvé un nouvel équipier suédois de 23 ans qui semble plein d’entrain, Martin. Mauvaise nouvelle … il devrait nous quitter pour « Cuba » en début de semaine prochaine !

Dimanche 31.

Nous avions convenu avec  « Wink » d’aller plonger ensemble mais lorsque nous nous apprêtions  à commencer les préparatifs, un méchant grain s’est abattu sur toute la zone, réduisant la visibilité à bien peu de chose !!

De surcroît, le vent ayant baissé pavillon, les bateaux tournaient dans tous les sens avec une mauvaise propension à tourner leur étrave vers l’ouest !!! Notre crainte immédiate fut d’avoir à supporter une houle d’ouest comme nous l’avions connue la saison précédente.

Après un moment d’attente et d’hésitation, nous avons décidé de postposer la plongée au lendemain et c’est à peu près à ce moment là que le grain a décidé d’aller se promener plus en mer ! Nous aurions donc pu aller plonger  mais le cœur n’y était plus.

Pour le réveillon, nous avions organisé un petit apéritif à bord de « S.A.S.³ » avec Grégory & Liria de « Wink » et  Patrick et Martin de « Sarama ». Nous avons ouvert pour l’occasion, deux bonnes bouteilles de champagne. L’ambiance était tout à la fois, relaxe et sympa.

A 20 heures, nous avons donné le signal du départ puisque Patrick et nous étions attendus à  « Paille Coco », un très chouette restaurant de plage situé derrière la boulangerie de « Sainte Anne ».

Très sympathiquement, Grégory nous proposa de nous amener au débarcadère avec son annexe tandis que Patrick y allait de son côté, avec Martin. Nous n’avions pas descendu notre annexe et nous n’étions pas très à l’aise à l’idée de la laisser sans surveillance un soir de réveillon, sans parler du monde qu’il devait y avoir. A notre plus grande surprise, le débarcadère était quasi désert !!!!

Lors de notre arrivée à « Paille Coco », j’ai bien cru prendre mes jambes à mon cou en voyant le monde qui faisait la file pour payer au bar, les gobelets en plastique qui servaient l’apéro et les tables tellement proches les unes des autres que j’ai eu l’impression toute la soirée que notre voisin était également à notre table …

Mais après cette première déconvenue, force me fut de reconnaître que le menu était plutôt fin, le service d’une efficacité redoutable et l’ambiance de fête bien présente : le restaurant était bondé. De surcroît , et il s’agit d’un exploit, nous sommes arrivés à minuit sans avoir déjà mangé notre dessert et sans la plus petite impression d’avoir dû attendre.

Si j’ai souvent le sentiment que la « Martinique » devient de plus en plus anglophone, au restaurant hier soir, c’était du blanc bleu français même si le thème de la soirée aurait pu être « black and white » …

Mon gros bémol fut l’orchestre aussi mauvais que tous les autres et un nombre de décibels bien trop élevé ! Impossible d’en placer une et l’impression que mon cerveau (si, si, j’en ai un …) jouait à caisse à résonnance. Mais – je me dois de l’avouer – la petite piste de danse faisait salle comble à chaque fois que l’orchestre jouait.

Sur la piste, essentiellement des troisième et quatrième âge sans doute encore plus durs de la feuille que nous ! La plupart étaient pour le moins « pathétiques » au point que je me suis résolu à ne plus jamais me ridiculiser à aller danser.

Nous avons quitté la fête qu’il était 1 heure du matin.

NOUS VOUS SOUHAITONS TOUS NOS BONS VOEUX POUR L’ANNEE NOUVELLE … QU’ELLE SOIT DOUCE ET PLEINE DE PROMESSES.

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Publié par : Ann & Stéphane | 25 décembre 2017

11 au 24.12.2017 – Toujours avec Anne « la Sainte » … Amen.

Lundi  11.

Ann (l’autre … celle qui n’est pas Sainte) avait loué une voiture pour se rendre à « Génipa » en compagnie de Chantal (qui n’est pas Sainte, non plus) de « Maeva »,  pour régler le problème de notre réception des chaînes de télévision : nous captons TF1 ainsi que M6 et d’autres chaînes plus locales mais c’est aussi bien tout !

Malheureusement et comme pour emmerder le monde (pardon, Seigneur …), les connexions satellitaires ont été modifiées et de surcroît, il n’est pas encore loisible de trouver sur internet, les nouveaux réglages … en clair, il va falloir composer avec le ciel et cela risque de prendre un certain temps avant de trouver la bonne connexion !

Profitant d’une journée calme et ensoleillée , je me suis tapé (en tout bien, tout honneur, Seigneur), l’entretien de notre GE. Jamais une partie de plaisir mais c’est comme la messe, on ne choisit pas.

Radio-ponton : un couple s’est fait braquer à « Sainte Lucie » alors qu’ils devaient embarquer dans leur annexe pour rejoindre leur bateau mouillé à « Rodney Bay » … ce qui ne m’étonne qu’à moitié tant j’estime que l’île n’est pas très sûre. En finale, les braqueurs leur ont pris leur argent, leurs GSM, leurs bijoux et … leur annexe, les obligeant du même coup, à rejoindre leur bateau, à la nage ! L’histoire ne dit pas s’ils y sont arrivés sains et saufs ou s’ils se sont noyés et que leurs corps flottent entre deux eaux : je n’irai plus nager pendant quelques jours !

Mardi  12.

Nous attendions Christophe depuis hier et finalement, il s’est pointé en début d’après-midi pour remédier à notre fuite d’huile. Il ne s’agissait que d’un problème de joints … encore fallait-il avoir les bons. Par chance, « Caraïbe Marine » est dealer « Lecomble & Schmit ».

Nous aurions certainement été plonger par une si belle météo si nous n’avions pas été « bloqués » par Christophe mais en finale, nous nous sommes réjouis de notre farniente paradisiaque.

Mercredi  13.

Comme à chaque fois que nous allons plonger … la météo était un peu moins belle que la veille quand nous avons pris notre décision, avec la présence de quelques nuages masquant par périodes, le soleil. Mais Dieu du ciel … quelle plongée !!!

(-19 m. – 63’ – 28°) la plongée « bio » par excellence avec la découverte d’un poulpe lové dans son trou. J’adore cet animal et j’aurais joué plus longtemps avec lui si je n’avais eu peur de lui faire du mal car il s’agit d’un être extrêmement fragile, facilement cardiaque. Il n’empêche qu’encore un peu il enfournait mon tuba dans son trou …

Au menu du jour, nous avons également vu une langouste très bien cachée sous un rebord rocheux, une petite murène  qui ne s’est trahie que par sa queue qui ressortait du trou et quatre gros tourteaux regroupés sur une même plante. Que du bonheur, que du bonheur.

Jeudi  14.

J’ai rêvé cette nuit que j’étais assis sur une balançoire qui au lieu d’aller d’avant en arrière … allait de droite à gauche !! Etrange rêve, n’est-il pas .

C’est au lever du jour que j’ai mieux compris le sens profond de mon rêve : une houle venue de nulle part, secouait méchamment tous les bateaux du mouillage, me réveillant du même coup. Très, très désagréable d’autant que l’on ne voit pas ce que l’on peut faire contre et que tout baltringue à l’intérieur.

Cela a peut-être duré une heure ou deux avant que le vent ne se lève un peu et que le bateau ne soit plus perpendiculaire à la houle qui entre-temps s’était estompée.

Depuis notre arrivée à la baie « Sainte Anne », je ne suis pas rassuré par notre ancrage car l’ancre est simplement calée derrière une grosse patate de corail : elle est seulement posée sur le fond. Tant que le vent souffle en direction du large, il n’y a pas le moindre risque qu’elle se décroche mais si la houle venait d’ouest comme cela arrive parfois …

En bref, je scie les côtes d’Ann depuis des jours pour qu’on relève l’ancre et qu’on s’ancre à nouveau mais les motifs pour ne rien faire, ne manquent pas  … et voilà que ce matin, elle accepte mais on doit le faire immédiatement ce qui me convient parfaitement.  

Par ailleurs, comme nous devons absolument tester la réparation (680 € !) de notre pilote automatique de secours, nous décidons de faire un petit tour au moteur, juste devant la baie. Bien nous en prend car dès que nous nous mettons sous pilote, le bateau tire résolument sur bâbord !!!

Après nous avoir tiré la gueule, histoire de nous faire bien comprendre qu’il n’avait pas particulièrement apprécié qu’on le triture comme nous l’avons laissé faire, il se décale d’un seul coup (sans doute le frein de barre n’était-il pas assez desserré) et se montre ensuite d’une serviabilité parfaite.

Nous sommes donc revenus à notre mouillage, le cœur léger et l’esprit en paix.

Cette fois, il s’agissait de planter l’ancre dans une lagune de sable et non plus, dans le corail. Contrairement à mes craintes, nous avons trouvé facilement une langue de sable blanc qui convenait parfaitement et  la chaîne s’est correctement tendue sous l’effet de la marche arrière.

Par principe, j’ai malgré tout été voir la position de l’ancre et … horreur : l’ancre s’était enroulée autour de l’unique et minuscule patate de corail de toute la langue de sable ! Notre ancrage était encore plus vulnérable que précédemment.

Pas trop convaincu par mon initiative (rien que l’ancre fait 40 kg), je me suis mis une bouteille sur le dos et après quelques violents efforts, je suis parvenu à replacer correctement l’ancre sur le sable. Il fallait encore tirer sur la chaîne pour qu’elle s’enfonce totalement.

Je suis donc remonté en surface où j’ai demandé à  Ann d’enclencher la marche arrière. Tudieu … l’ancre s’est mise à labourer le sol en s’enfonçant chaque fois davantage : impressionnant.

Avec tout cela, nous sommes plus près de notre voisin arrière (Lagoon 620 – « Makena » de Gibraltar) de … 37 mètres ! Mais celui-ci, au lieu de s’énerver comme nous l’aurions fait, a seulement demandé par gestes, à Ann si tout allait bien. Très sympa comme positive attitude.

Un peu plus tard, par le biais de la VHF, il nous faisait savoir qu’il partait deux heures plus tard et qu’il ne savait pas si nous étions ou non au-dessus de son ancre. Nous lui avons bien entendu répondu   que le cas échéant, nous avancerions sur notre chaîne.  Comme je m’y attendais, nous n’étions nullement au-dessus de son ancre et il a pu partir sans le moindre encombre.

Après réflexions et sur base de certains indices, « Makena » a fait le tour du monde dans le cadre de « l’ARC World » et nous l’avons croisé à « Richard’s Bay » et à « Cape Town » (Afrique du Sud) .

Vendredi  15.

Depuis hier soir, nous avons à nouveau droit aux grains qui par chance, ne passent pas tous au-dessus du bateau. Le superbe beau temps aura duré une toute petite semaine et nous espérons pouvoir encore profiter dans un avenir proche. Comparé au mois de décembre de l’année passée, nous sommes très chanceux.

Nous avions décidé de faire des courses au « Marin » et de passer par chez « Incidences » pour récupérer les dossiers de siège de notre annexe. Leur nouvelle livrée blanche avec des bandes couleur sable est magnifique et habille beaucoup l’annexe qui avait l’air toute tristounette sans ses dossiers. Reste encore la housse pour le capot moteur dont les cotes ont été prises aujourd’hui …

Si les premiers jours de notre arrivée en « Martinique », j’avais une envie folle d’aller voir un peu plus loin ou à tout le moins, d’un peu bouger … au fur et à mesure que les jours passent, mon envie s’émousse que cela en est alarmant. Cela pose-t-il un problème si nous restons sur place ? Faut-il obligatoirement bouger pour mériter l’appellation de « plaisancier » ? Devons-nous absolument faire comme tout le monde ?

Samedi 16.

De 06 à 18.08 heures, nous n’avons pas connu une seule goutte de pluie, pas un seul grain à l’horizon … mais un vent assez fort en matinée qui a commencé à faiblir en début d’après-midi.

Nous avons également relevé un déplacement de plusieurs bateaux vers l’avant du mouillage c’est-à-dire à plus grande proximité du « club Med ». Il est vrai que le fetch y est sensiblement moins important et que ceci peut expliquer cela.

Quant à nous ? Nous ne descendons l’annexe qu’un jour sur deux … voire sur trois : lorsque nous quittons le bateau, un énorme ressort se tend et nous rappliquons à bord plus vite que nous ne l’avons quitté. Nous avons donc « farniente » à plaisir à savoir lecture, lecture, repos, lecture, lecture, petit travail, lecture et encore lecture … le tout, au soleil, bien évidemment.

Marre, marre et marre de tous ces cons qui se rappliquent de nuit, se glissent à la lueur d’une lampe torche entre les bateaux et finissent par jeter l’ancre n’importe où. En de telle conditions, on jette l’ancre à l’écart des bateaux et on attend que le jour se lève pour prendre un meilleur emplacement … ce n’est quand même pas le bout du monde, non ?

Dimanche 17.

Observer un mouillage c’est comme jouer au jeu des sept erreurs : qui était là hier et n’est plus là aujourd’hui … qui n’était pas là hier et est là aujourd’hui ? Je ne me débrouille pas trop mal à ce petit jeu encore que nombreux sont les bateaux qui sans marque distinctive, n’accrochent pas l’œil.

Et puis il y a ceux ou celles qui dénotent pour l’une ou l’autre raison comme ce petit voilier battant pavillon français sur lequel naviguent deux jeunes barbus, la bonne vingtaine, je dirais. Outre la petite taille du voilier (un Kelt ?), il y a le fait que bien que mouillé très en arrière, ils sont partis à la rame (pas de moteur) jusqu’au « club Med » … ce fut tellement laborieux (vent contraire) qu’ils se sont mis à l’eau et ont tiré leur annexe ! Si notre annexe avait été à l’eau, nous serions partis les encourager dans leur natation … Sur la fin de leur trajet, il y a quand même une annexe qui les a embarqués mettant du même coup fin à notre pari de savoir lequel des deux jeunes allait se noyer en premier. 

(-26 m – 57’ – 28°) nous avons été plonger au « P’tit Mur » qui est en fait, le pendant du « Grand Mur » ce que vous auriez pu deviner par vous-mêmes. Très belle plongée « bio » avec une bonne visibilité mais une fois de plus et malgré tous mes efforts, nous n’avons rien vu de « spécial » hormis un superbe barracuda en embuscade et une belle langouste grâce à Ann. Côté « commun », des P’téroïs à profusion, des crevettes par milliers, des petits poissons de toutes les couleurs, des vers (Polymnie – ver de feu) en quantité …

Lundi  18.

Ce matin nous avons été au village pour réserver une table pour notre réveillon de Nouvel-An . Etaient-ce parce qu’il y avait beaucoup de vent et qu’il faisait splendide … mais le nombre d’annexes était plus élevé qu’à l’habitude.

Les annexes se chevauchaient les unes, les autres, certaines glissaient sous le quai, d’autres se mettaient de travers … le vrai bordel ! Malgré cela, les annexes continuaient d’affluer et au lieu de se placer de l’autre côté du quai (exposé évidemment, au vent et aux vagues), elles tentaient désespérément d’accéder au quai pour pouvoir débarquer.  Et vas-y que je te pousse et vas-y que je te tire pour autant que je puisse me glisser entre deux. Encore heureux que j’étais resté à bord sinon Dieu seul sait en quel état nous aurions retrouvé notre annexe. C’était encore à l’époque de « S.A.S. » mais je me souviens que nous avions retrouvé notre annexe à « Alderney » (île anglo-normande), un boudin complètement dégonflé  … pas crevé mais juste dégonflé : nous supposons que quelqu’un a trouvé qu’elle prenait trop de place !!

Après une petite baignade, un excellent petit déjeuner, nous nous sommes remis à la peine : lecture et farniente au soleil, dans notre généreux cockpit. Mes jumelles ne me quittent jamais tant il y a de choses à surveiller, à voir ou à regarder. Il est parfois impossible de lire tranquillement son bouquin tant cela fourmille autour de nous … une vraie vie de chien.

Si notre vie sociale est nettement plus calme que l’année passée, les bateaux de « l’ARC » sont nettement plus nombreux sur le mouillage … à moins qu’ils n’arborent plus facilement leur pavillon que l’année passée !!

Mardi  19.

Comme maintenant depuis quelques jours, nous avons eu droit au soleil, à quelques grains en tout début de matinée et à beaucoup de vent  qui s’estompe dès le début d’après-midi.

Mon livre terminé, je me suis encore plus adonné à mon rôle de « concierge » et ce n’est pas sans surprise que j’ai assisté à l’arrivée d’un voilier un peu plus grand que le nôtre (CNB 76’) et battant pavillon belge (une grande première) ! De suite et sans bien trop savoir pourquoi, j’ai pensé qu’il pouvait s’agir de « Wink », le voilier d’un vieil ami, un peu perdu de vue ces dernières années et ce fut … banco. Nous ne savions pourtant rien de ses intentions de traverser l’Atlantique cette année, avec « l’ARC ».

Parti à la nage le saluer, j’ai fait la connaissance de son skipper, Grégory , avec lequel j’ai sympathisé. Il nous faudra attendre février pour saluer notre ami Stéphane, reparti en avion la veille, pour « Bruxelles ». Dommage.

Sur notre tribord, « Midnight » (Oyster 82’) a également jeté l’ancre : nous sommes ainsi ceinturés de toutes parts.  Au matin, la plupart des bateaux était déjà reparti.

Mercredi  20.

Avec l’approche des fêtes, il y a de plus en plus de bateaux sur le mouillage et … notamment, des participants de « l’ARC » !!! Le nombre de « grosses » annexes est également plus conséquent que l’année dernière … peut-être une conséquence de la lecture de mon article sur les annexes ! Non, je rigole.

Notre journée a commencé par une visite de courtoisie de Grégory de « Wink » que nous trouvons décidément très sympathique. Nous les avons d’ailleurs invités, lui et sa copine, à prendre l’apéro demain soir.

Petit passage par « Incidences » où nous avons récupéré la nouvelle housse (une première) de notre moteur d’annexe  avant de partir au « Leader Price » où il était difficile de trouver une petite place au ponton des annexes ! Un monde bête et des rayons qui se vidaient à une allure incroyable … l’approche des fêtes plus que vraisemblablement.

De retour à bord et alors que nous étions en train de ranger toutes nos courses, Patrick de « Sarama » accompagné de Lilian et de Marco, ses deux équipiers du moment, est venu nous dire bonjour. Il semblerait que notre vie sociale s’étoffe de jour en jour. Il faut avouer que l’année dernière nous avons connu un record en le domaine.

Jeudi  21.

(-19 m – 63’ – 28° … bouée du « club Med ») sont les paramètres du jour. Une splendide plongée « bio » avec au tableau de chasse : 10 tourteaux et 3 langoustes. Si seulement, nous avions pu remonter tout cela à la surface …

Ensuite, nous sommes passés directement chez « Sarama » voir son problème d’infiltration d’eau au niveau de son tunnel de propulseur d’étrave mais Patrick a, semble-t-il, résolu son problème avant notre arrivée ce qui n’a pas empêché que nous sommes montés à bord …

Ne supportant plus trop de mariner dans nos combinaisons de plongée, nous sommes rentrés à notre bord pour préparer notre apéro du soir avec Grégory et Liria de « Wink » … qui s’est achevé un peu avant minuit !

Vendredi  22.

La journée avait pourtant commencé paisiblement par aller chercher une baguette au village. Rien de torride même si le vent soufflait assez fort, levant un gros fetch.

A 13 heures, Ann prenait l’annexe pour aller chercher Chantal de « Maeva » pour quelques petits avitaillement au « Marin » et c’est à ce moment précis que ma vie a failli basculer !!

A l’arrière du bateau, nous avons un flotteur de panier auquel nous devons constamment faire attention pour ne pas se le prendre dans notre hélice d’annexe. Mais comme pour une fois je n’accompagnais pas Ann … elle s’est bien évidemment prise le filin dans l’hélice !

« Pas de problème, Chou. Actionne le trim et tu pourras retirer sans difficulté, le bout » … «Je n’y arriiiiiiiiiiiive pas … » tandis que l’annexe dérivait vers le large, entraînant avec lui le panier !!!

Le temps que je prenne la météo, que je me déshabille, que je m’équipe, que je prenne la température de l’eau, que je me mette à l’eau et déjà, elle avait disparu à l’horizon … enfin, de celui de mon horizon assez limité par ma  vue déclinante.

N’écoutant donc que mon courage et malgré une mer déchaînée, je me suis  jeté dans la baignoire avec l’énergie du désespoir de perdre ma bien-aimée, entre-temps installée confortablement dans l’annexe en train de lire son dernier magazine.

Après des heures de nage, le cœur prêt à exploser, je suis parvenu à agripper l’hélice et jetant mes dernières forces dans la bataille, j’ai libéré les trois tours de cordage qui emprisonnaient  l’hélice. « Merci » me fit-elle et sans plus tarder davantage, elle partit chercher son amie … 

Je me demande parfois si je ne lis pas trop de romans ? J’ai pourtant le sentiment d’avoir vécu une histoire assez semblable à moins que je ne l’ai un peu romancée.

De retour à bord, je relevais que l’annexe de « Mr. Grey » se faisait la malle …

Samedi 23.

La vie au mouillage est trépidante. Hier « Mr. Grey » perdait son annexe et ce matin, c’est tout le bateau (avec l’annexe …) qui se faisait la malle ! Le plus amusant reste que les propriétaires sont partis faire des courses sans s’en rendre compte , sont revenus sans s’en rendre compte, sont repartis et ce n’est qu’à leur second retour qu’ils ont -enfin – pris conscience du problème !!!!

 A leur défense, ils étaient ancrés depuis plusieurs jours et hier, nous avons un connu un grain à plus de 30 nœuds … comme quoi il n’est pas inutile de vérifier son ancrage de temps en temps quand c’est possible évidemment. Je pencherais pour dire qu’au départ, leur ancre tenait par une patate de corail et que la patate s’est cassée à la suite d’un soubresaut ou l’autre du bateau. Ah ! Vous voulez savoir de quel type d’ancre est équipé leur « Hanse » … une « spade » !

Par trois fois, ils ont essayé d’ancrer à nouveau sans obtenir de résultat  satisfaisant, semblerait-il … c’est Madame qui se mettait à l’eau à chaque fois, pour aller vérifier la bonne tenue de l’ancre. Je suis un fervent partisan de l’égalité des sexes …

Ils sont alors venus sur notre tribord arrière, pour ancrer une nouvelle fois et … relever un casier !

Après avoir essayé sur notre bâbord avant puis sur notre tribord arrière, puis sur notre avant, il est allé s’ancrer en finale …sur notre bâbord arrière. Ouf … Ann a enfin  pu reprendre la lecture paisible de son bouquin.

Petite visite de Patrick de « Sarama » qui retourne tranquillement sur l’Europe.

Le soir, nous prenions l’apéro à bord de « Wink ».

Dimanche 24.

(-20 m – 46’ – 28°) sont les paramètres de la plongée que nous avons réalisée à la « bouée du club Med » en compagnie de Grégory (5è plongée) et de Liria (6è plongée) de « Wink » qui évoluent très bien pour des débutants mais ils ont pour eux, d’être encore jeunes.

Le soir, nous fêtions le réveillon de Noël en tête-à-tête à bord de « S.A.S.³ » tandis que les grains chauffaient l’ambiance à l’extérieur.

JOYEUX NOËL – JOYEUX NOËL – JOYEUX NOËL- JOYEUX NOËL.

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Publié par : Ann & Stéphane | 13 décembre 2017

28.11 au 10.12.2017 – Baie Sainte Anne (Martinique).

Mardi  28.

Petit à petit, nous reprenons nos marques et retrouvons le merveilleux bonheur de vivre à bord. Il semblerait que nous ayons eu raison de mouiller un peu à l’écart de tout le monde tout en ayant l’impression de ne pas nous être coupés de la vie du mouillage.

Profitant de son passage par « Genipa » (centre commercial) pour notre problème de modem à Canal+,  Ann en a profité pour réaliser un avitaillement un peu conséquent. Pour ma part, je réalisais à bord, un secrétariat bien nécessaire et pourvoyait aux milles et une petites choses de la vie de tous les jours comme l’établissement d’une liste longue comme le bras, des choses à faire !

Le soir, nous le passions devant la télévision (TF1) pour découvrir en fin de soirée que la carte du modem posait encore problème : la moitié des chaînes disponibles n’est tout simplement pas … disponible ! Le problème avec Canal+  est que lorsque vous souhaitez les atteindre par téléphone, non seulement, ce n’est pas possible de l’étranger car il s’agit d’une communication payante et comme justement il s’agit d’une communication payante, ils font durer le plaisir … Seule solution : se rendre sur place mais cela nécessite de louer une voiture ! Le jour où Canal+ aura une officine au « Marin », l’humanité aura fait un grand bond en avant.

Mercredi  29.

A 8.30 heures, nous étions chez « Incidences » pour que Raymond puisse prendre les cotes de notre nouvelle bâche de protection de notre annexe. Jusque 14.30 heures, nous avons donc été privés d’annexe et du même coup, nous nous sommes promenés agréablement au « Marin » où nous avons déjeuné au « Mango Bay ».

Le restaurant est en plein travaux d’aménagement (pas convaincu que cela soit pour un mieux) et le patron nous a dit combien il s’énervait car cela n’avançait pas dès que l’entrepreneur en chef avait le dos tourné …

De retour au bateau, nous avions du pain sur la planche.

Jeudi  30.

L’optimiste dira qu’il ne pleut jamais en « Martinique », le pessimiste qu’il y pleut constamment ! Qu’en est-il de la réalité ? En fait, les deux ont raison et tort à la fois !! « En Martinique » et en cette période de l’année, il ne pleut jamais mais les grains sont plus ou moins légions (il me semble qu’il y en aie moins cette année que l’année précédente). Si en journée, cela n’affecte pas beaucoup d’autant qu’ils sont assez courts, la nuit, par contre, quand il faut se lever plusieurs fois, pour fermer/ouvrir les capots de pont, c’est parfois un peu irritant.

Je me suis enfin remis à la baignade … notamment pour aller vérifier l’ancrage. L’eau est délicieusement bonne avec juste ce degré en moins que la chaleur extérieure en sorte qu’elle est tout à la fois, chaude et rafraîchissante. La visibilité est quant à elle, bonne mais sans excès (pas mal de suspensions dans l’eau).

Lorsque nous sommes venus de « Trinidad », nous avions relevé avec étonnement que l’ETA (heure estimée d’arrivée) de notre MaxSea mentionnait « 06 janvier 2007 » ! Bien entendu cela nous rajeunissait d’un peu plus de 10 ans mais cela nous faisait également remonter à une époque où « S.A.S.³ » n’existait pas encore !!!

Malgré toutes nos vérifications, pas moyen de modifier notre heure d’arrivée. J’avais donc mentionné sur notre longue liste de choses à faire, de prendre contact avec « MaxSea » pour résoudre cette énigme.

Comme nous avions également relevé que notre PC de navigation indiquait en guise de démarrage « disk flopy is failure », nous avons pris contact avec notre informaticien local, Frank de « Infologeek », qui comprit immédiatement que nous avions un problème avec la pile de notre PC (durée moyenne de vie de 5 ans) ! Et en changeant de pile(5 €) … on résolvait du même coup, les deux problèmes !

Evidemment pour cela, il a fallu sortir le PC de son emplacement , le porter chez Frank et ensuite, le replacer correctement en ne se trompant pas dans tous les fils. Pas une mince affaire.

Ensuite, ce fut au tour du filtre d’eau « Seagull » d’être changé (bonjour les inondations)… pour en terminer avec cette « journée bricolage » par le nettoyage de la jauge des eaux grises qui restait bloquée en position basse. Je ne suis pas convaincu d’avoir gagné au change en remplaçant notre filtre à eau ! Avant, l’eau avait un sérieux goût de salé qui me plaisait énormément alors qu’avec notre nouveau filtre, l’eau n’a plus ce petit goût si spécial … il faudra sans doute attendre que le filtre se charge un peu !

Vendredi 01.

Moi et ma grande gueule … si je pouvais seulement la fermer un peu plus souvent ! Depuis que j’ai affirmé qu’en « Martinique », il ne pleuvait pas réellement, nous sommes littéralement inondés … un vrai déluge par moments et il ne s’agit plus de mini grains qui ne font que passer.

Mais le pompon fut encore durant la soirée de hier et toute la nuit : pas un gramme de vent et le roulis en prime ! Ici, à la baie « Sainte Anne », l’un semble s’accoupler systématiquement avec l’autre ! En clair, c’est beaucoup mieux quand il y a du vent.

En principe, nous avions décidé d’aller plonger mais l’idée de changer l’électrovanne de notre WC « Tecma » s’imposait à moi, ce jour là.  Pourquoi pas hier ou demain, allez savoir.

Sans énervement, ni complication particulière, le travail s’est réalisé proprement et avec efficacité. Bien entendu, une fois tout remonté, cela fuitait à deux endroits m’obligeant à tout recommencer mais là, il ne s’agit que de normal, de tristement banal. Avec tout cela, il va falloir se réhabituer  à aller chier à l’arrière maintenant … putain de vie !

Samedi  02.

La plongée de hier ayant été baptisée « que partie remise », nous avons été plonger  à la « bouée du Club Med ». Petite plongée de réadaptation (-21 m – 47’- 28°) très agréable où nous avons pris le temps de retrouver nos marques voire nos petites habitudes. Dommage qu’en rinçant le matos, nous avons constaté que nous avions perdu les « moustaches » de l’un de nos détendeurs de secours …

En fin d’après-midi, nous allions manger de succulents accras « chez Martine » à « Sainte Anne ». Juste avant, nous avions la visite de Chantal de « Maeva »  qui nous confirmait ainsi leur retour à la baie « Sainte Anne ».

A n’y rien y comprendre des fois : il n’y a quasiment pas de vent et malgré cela, le bateau ne roule pas d’un pouce ! Je ne m’en plains évidemment pas mais ce serait tellement agréable si la situation perdurait comme « autrefois » aurais-je envie de dire ! Je ne sais plus trop quoi penser de la baie « Sainte Anne » : très longtemps j’ai considéré qu’il s’agissait de la baie la mieux protégée que nous connaissions mais depuis le début de cette année 2017, mes certitudes se sont effondrées au point que je ne sais plus trop quoi en penser aujourd’hui !

Dimanche 03.

Farniente, farniente, farniente.

Oh ! J’allais oublier : nous sommes retournés à la bouée du « club Med » où je supposais – avec raison – que c’était là que nous avions perdu les « moustaches » de notre détendeur de secours.  Je suis descendu seul avec une bouteille sur le dos et il ne m’a fallu qu’une ou deux minutes pour retrouver nos moustaches par -10m. Sans fausse humilité, je dois bien reconnaître que j’ai acquis au fil des années, une bonne technique en matière de recherche.

Dès le départ, je savais que je retrouverais rapidement  nos « moustaches » et donc, j’étais bien décidé à ne pas en rester là … même si Ann n’avait pas trop envie de plonger.  Après avoir remonté mon trophée dans l’annexe, je suis reparti dans une petite plongée (-28 m – 44’ – 28°) superbe : les effets de la plongée de la veille se sont faits ressentir très, très, très agréablement, à croire que j’étais né poisson … qui du reste, est mon signe du Zodiaque.

En revenant vers l’annexe, la visibilité étant mauvaise, je suis passé incroyablement à côté du point d’ancrage de la bouée ! A – 4m. je me suis, en effet,  rendu compte que j’avais dépassé l’objectif puisque celui-ci est situé à – 8.30m. Que faire ?

J’ai opté pour repartir à mon point de départ que j’ai retrouvé sans problème et lors de ma seconde tentative, je suis -enfin – tombé sur l’ancrage : l’honneur était sauf. Je n’ai évidemment pas échappé aux moqueries d’Ann qui avait suivi mes bulles, de la surface.

Farniente, farniente, farniente.

Lundi  04.

Comme chaque matin, petite baignade avant le petit déjeuner, au cours de laquelle j’en profite pour nettoyer notre nouvelle ligne blanche qui rehaussée, accroche maintenant tous les gaz d’échappement  du GE… avec un peu de savon, les traces noires disparaissent très facilement.

Journée « petits bricolages » comme je les aime tout particulièrement. On a le sentiment de faire quelque chose d’utile sans pour autant se lancer dans des travaux titanesques.

Mardi  05.

Journée pluvieuse et si  j’osais, je dirais même une « journée de merde » par excellence. Il n’a pas arrêté de tomber des seaux, des cordes, des hallebardes, dans une ambiance de fin du monde !! Par bonheur, en début d’après-midi, le ciel se dégageait timidement nous permettant même d’aller faire quelques petites courses au « Marin ». Cela m’a fait le plus grand bien d’un peu « m’aérer ».

J’ai calculé qu’il y avait approximativement 150 bateaux sur le mouillage ce qui reste assez peu par rapport à ce que nous avons connu l’année passée : la densité au m2 est visiblement moins élevée. La vie sur le plan d’eau me paraît également beaucoup plus calme que l’année passée à moins que ma vision n’est plus la même car nous avons jeté l’ancre plus  à l’extérieur.

Mercredi  06.

Christophe (un belge qui travaillait précédemment à Nieuwpoort – Belgique) de « Caraïbe Marine » est passé en matinée pour voir notre problème de pilote automatique. Selon lui, ce ne serait pas un problème électronique (ouf) mais davantage une question de fuite d’huile et de prise d’air au niveau du vérin hydraulique « Lecomble & Schmit ». Il l’a donc embarqué pour un gros entretien.

Spécial de relever que c’est justement le pilote automatique qui travaille le moins, qui tombe le premier en panne … à moins que justement, l’origine de la panne se trouve dans son manque de fonctionnement.

En début d’après-midi, nous avons profité d’une belle éclaircie pour aller prendre le café chez « Maeva » : je partage tellement de points de vue avec Laurent que cela en est réellement amusant. Parmi ceux-ci, le constat qu’il y avait beaucoup moins de bateaux que l’année passée à la baie « Sainte Anne » et dans les « Antilles », en général.

« Maeva », après 6 années passées dans les « Antilles », repart fin février 2018, par cargo, sur « Lorient » (France). Le début de nouvelles aventures en le cadre desquelles un retour sur les « Antilles » n’est cependant pas exclu !

S’il y a sans cesse des « emmerdeurs » pour venir jeter leur ancre trop près de nous (malgré notre éloignement de la côte), par chance, ils ont la courtoisie de ne pas s’incruster ! Nous assistons ainsi à un véritable défilé.

Jeudi  07.

Nous avions décidé d’aller plonger (-20 m – 58’ – 28°) à la bouée du « Club Med » et comme nous attendons le plus souvent l’heure du midi qu’il n’y ait personne, j’ai bien cru un moment que celle-ci serait remise : si la matinée avait connu un grand et beau ciel bleu, celui-ci s’était couvert entre-temps.

A notre grande surprise, une autre annexe avec quatre plongeurs à bord, était déjà sur place mais par chance, ils s’étaient attachés directement à la bouée du « Club Med » alors que nous prenons chaque fois, une autre petite bouée bien mieux située car quasiment à l’aplomb du tombant.

Nous les avons vus sous l’eau mais ils sont remontés beaucoup plus rapidement que nous en sorte qu’on ne peut pas dire qu’ils nous ont gênés tant soit peu: il s’agissait de deux couples dont un visiblement débutant.

Nous avons réalisé une exceptionnelle plongée « bio » c’est-à-dire extrêmement lente où toute notre attention se porte sur la faune et la flore. Le résultat des courses fut à la hauteur de nos espoirs puisque que nous avons débusqué plusieurs langoustes (essentiellement des toutes petites) ainsi que deux gros tourteaux dont l’un avait des pinces aussi grandes que celles d’un gros homard : réellement impressionnant. L’autre avait revêtu une tel camouflage que c’est bien parce que mon œil a été attiré par l’extrême blancheur de la pointe de sa pince que j’ai découvert stupéfait le reste du corps  qui était juste sous mon nez …

De retour à bord, nous avions un appel de « Caraïbe Marine » pour nous dire qu’ils arrivaient replacer notre pilote automatique !!! Christophe avait évoqué un délai d’une semaine …

La surprise passée, nous nous sommes hâtés de ranger quelque peu notre pont arrière encombré de tout notre matériel de plongée. Nous avons été un peu déçu que ce ne soit pas Christophe à la manœuvre mais son remplaçant s’est montré à la hauteur malgré la difficulté de remettre en place un pilote automatique qu’il n’avait pas démonté. Reste maintenant à faire un essai en mer pour s’assurer que tout est bien en ordre mais je dois décider Ann et la partie est loin d’être gagnée : toutes les excuses sont bonnes pour ne pas relever l’ancre !

Vendredi  08.

A 08.17 heures très précisément, nous étions chez « Incidences » pour y déposer notre annexe : on nous l’a ramenée parée de sa nouvelle livrée couleur sable, en fin d’après-midi. Ce n’était pas du luxe : l’ancienne housse partait littéralement en lambeaux. Elle n’était pas non plus terrible (housse AB) mais elle protégeait. Malheureusement, nous avons réceptionné l’annexe sans les coussins de siège qui ne seront recouverts que pour la fin de semaine prochaine …

Raymond nous a reconduits au bateau avec son annexe et en a profité pour prendre les cotes de nos nouveaux coussins de cockpit mais il nous a déjà annoncé qu’ils ne seraient pas livrés avant la mi-janvier !!! Nous avons pourtant tout fait pour que les coussins nous soient livrés avant la fin de l’année mais Hervé, son  patron, a oublié de noter en juin, notre commande dans son agenda malgré l’acompte de 50% perçu !

La patience est la reine des vertus, enseigne-t-on.

Depuis le départ de Raymond,  nous subissons une avalanche de grains qui se succèdent à un rythme parfaitement régulier et contrairement à l’habitude, la succession de grains (assez forts par ailleurs) se poursuivra jusque tard dans la soirée ! Si l’ancre tient bien (je la vérifie chaque matin), il n’empêche qu’il m’arrive de craindre – sans raison – une rupture de la chaîne  mais avec le temps qui passe, la confiance en notre ancrage, s’installe également.

Samedi  09.

Ce que la journée d’hier avait été cracra … elle est splendide aujourd’hui (ciel bleu et grand soleil): du mal à croire qu’il ait pu faire si mauvais ce vendredi. Alors que nous avions décidé de faire des courses au « Marin », en finale, le vent soufflant encore assez fort en début de journée, nous avons préféré faire juste un petit saut à « Sainte Anne ».

Avec l’affaiblissement progressif du vent, nous avons eu droit au paradis sur terre. Dommage que notre joie fut un peu contrariée par le constat que notre pilote automatique, malgré son grand entretien, présentait toujours une fuite d’huile au niveau de son petit réservoir !!

Dimanche 10.

(-27 m – 52’ – 28°) voilà les paramètres de notre plongée du jour sur le « Grand Mur ». Pas grand chose d’autre à ajouter, je le crains, tant cette plongée ne m’a pas convaincu ! Et pourtant, il faisait beau et le plan d’eau était très calme (le vent s’est cassé la gueule depuis hier soir) ce qui n’est pas forcément habituel. Mais alors quoi ? Difficile à préciser mais je n’étais pas en phase avec mon matériel (mon masque prenait l’eau de temps en temps à cause d’un mauvais clipsage du cercle de maintien des verres ), la visibilité n’était pas terrible (à moins que ce ne soient les verres de mon masque qui  n’étaient pas des plus propres) et nous n’avons rien vu de bien spécial !

Précisons , si nécessaire, qu’il ne s’agit que d’un point de vue très personnel et absolument pas partagé par Ann comme vous auriez pu vous en douter si vous suivez tant soit peu notre blog !

Pour le surplus, nous avons  largement profité de la quiétude de cette magnifique journée.

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Publié par : Ann & Stéphane | 29 novembre 2017

20 au 26.11.2017: Trinidad – Martinique: 247 milles.

Lundi 20.

Faire ou ne pas faire ? … telle était LA grande question du jour tant il y avait à s’occuper. Pourtant, très sagement, nous avons opté pour demeurer au calme …  le temps de nous acclimater à des températures auxquelles nous ne sommes plus habitués (c’était cela ou se rendre malade). Nous avons donc regardé les autres travailler, Ann passant le plus clair de son temps, à courir derrière tout le monde. Nous pensions que le bateau serait prêt à naviguer lors de notre arrivée mais, en finale, nous n’en étions pas si loin.

Si divers petits problèmes pointaient déjà  le bout du nez, nous étions conscients qu’il fallait attendre la mise à l’eau pour en apprécier l’exacte étendue. La journée fut donc sans grosses déconvenues.

Le soir, nous prenions l’apéro au restaurant, avec Phil & Norma de « Minnie B ». Les pauvres en ont encore pour plus de 3 semaines de travaux de peinture qu’ils réalisent eux-mêmes.

Mardi  21.

Incroyable le travail qui peut être abattu en un jour et demi quand on veut bien s‘y mettre : Mary s’est particulièrement  illustrée en redonnant à notre intérieur, toute sa chaleur de vivre. Le travail était à ce point conséquent que nous n’avons réellement réintégré le bateau qu’une fois son nettoyage terminé … que dis-je, sa désinfection terminée ! En notre absence, nous avons eu droit à une véritable invasion de charançons.

Du côté des extérieurs, Cowby, surnommé « la mafia » en raison d’un passé turbulent, s’était attelé la veille, à donner à notre pont en teck, une autre tronche que celle d’un enterrement et les hommes du chantier Peake ont fait de leur mieux pour redonner un peu d’éclat à leur polishing qui datait déjà d’un mois (problème de communication entre le chantier et nous). Le résultat n’est malheureusement pas à la hauteur de ce que nous avons connu à Curaçao.

La coque sous-marine n’est pas aussi belle que je l’aurais souhaité mais chaque année, c’est le même triste constat : pas moyen d’obtenir du chantier un ponçage impeccable en raison des trop nombreuses pattes de ber qui soutiennent le bateau. Par contre, nous sommes repassés à un antifouling blanc.

La ligne de flottaison a été remontée d’une quinzaine de centimètres (cela fait depuis plus de 7 ans que j’attends ce moment) … ce qui a nécessité de rehausser du même coup, la ligne décorative. Enfin, la pose d’une nouvelle ligne dorée un peu en-dessous du liston et un nouveau lettrage, ont également contribué à redonner un peu lustre à une peinture de coque qui a ses années.

Nous devions, en principe, partir à l’eau pour 14 heures mais, en finale, nous y étions pour 16 heures en raison d’une marée jugée peu opportune pour la mise à l’eau d’un grand bateau selon le chantier : trop de courant !

A notre emplacement (le même que celui en juin), j’ai bien essayé de rentrer en marche arrière mais à la dernière minute, j’ai été contraint de remettre les gaz en marche avant en raison d’un courant latéral plus violent que prévu. Dommage car le bateau aurait été mieux disposé au vent et aux vagues.

A peine amarré, Ann partait, toujours sous une pluie fine,  chercher l’annexe que la grue du chantier avait mise à l’eau juste après « S.A.S.³ ».

Nous avions espéré une soirée tranquille devant la télévision mais bien entendu, le mauvais sort en décida autrement : notre abonnement à Canal+ est arrivé prématurément à expiration et impossible de les atteindre autrement que par E-mail ! En finale, nous devrons attendre notre retour sur la Martinique pour solutionner le problème !

Et si ce n’était que cela … en changeant de clavier d’ordinateur, je me trompais dans les clefs USB et du même coup, plus moyen d’avoir accès à notre monitoring et à notre jauge de diesel !!! Nous avons passé quelques heures de réel plaisir accentué par la fatigue, avant de comprendre …

Mais le pompon fut atteint lorsqu’Ann a voulu remplir d’eau le WC électrique Tecma de notre cabine car l’électrovanne s’est bloquée en position ouverte … ce qui nous valu une très belle inondation : plus moyen d’arrêter cette saleté ! En finale, c’est en coupant la pompe d’eau générale que nous sommes parvenus à garder la tête hors de l’eau.

Qui dit plus de pompe d’eau générale … dit plus une goutte d’eau dans tout le bateau ! Je ne vous raconte pas la nuit que nous avons passée d’autant que les sanitaires de la marina ne nous étaient pas accessibles par manque du passe magnétique ! Depuis que nous en avons un, je relève que les portes des sanitaires ne sont jamais bien fermées …

Mercredi  22.

Ce matin, nous en avons profité qu’il n’y avait pas un gramme de vent pour hisser notre génois et notre trinquette sur leurs enrouleurs respectifs. Ensuite, les visites de techniciens se sont succédées : nous avons encore un problème de fuite de diesel au niveau du groupe.

Mais bon, le moral est meilleur que hier et tout commence à retrouver son chemin. Nous aurions bien aimé partir demain en raison d’une météo favorable mais manifestement, nous ne sommes pas encore prêts.

Le soir, nous prenions l’apéro à bord de « Manea » de Michel & Françoise. Nous venons de faire brièvement leur connaissance par le biais de « Asabranca ».

Jeudi  23.

Manifestement chaque jour qui passe, nous ramène vers la « normalité » : nous nous sentons physiquement de mieux en mieux en phase avec l’endroit. Il est frappant de relever que les températures commencent à fléchir à partir de 17 heures pour être très agréables au lever du jour. Par contre, en milieu de journée, c’est le cagnard !

Tandis qu’Ann empruntait le gros 4×4 de Mark de Dynamite Marine pour réaliser le premier avitaillement depuis notre retour, je m’attaquais au nettoyage à grandes eaux, du cockpit. Contrairement à ce que nous avions entendu, il n’est pas impossible de faire un avitaillement à « Trinidad » même s’il ne s’agit pas de l’endroit idéal.

A notre plus grande surprise, le mécanicien passait en début d’après-midi pour changer les joints des injecteurs du GE responsables selon lui, de notre fuite.

L’après-midi, nous poursuivions nos nettoyages d’extérieur avec l’aide de Cowby. Nous n’en finissons pas de nettoyer …

Le soir, nous étions fins morts, crevés.

Vendredi  24.

Nous sommes toujours à la marina « Peake » où sans nous plaire véritablement, nous en apprécions malgré tout le confort (les sanitaires sont particulièrement sympas) et un certain calme ! En juin, nous avions été ahuris par la densité du trafic des petits bateaux passant toujours à fond les manettes et provoquant du même coup, de monstr ueuses vagues. Mais depuis que nous sommes là, le trafic est étonnamment assez calme. En revanche, pour la seconde fois, nous avons droit à un voisin plutôt encombrant …

Nous avions Phil & Norma de « Minnie B » à l’apéro du soir. Nous avions  convié Mark de « Dynamite Marine » mais il devait réceptionner une nouvelle cargaison de bois pour sa nouvelle construction et ne savait donc pas venir.

Comme nous l’avons dit à Mark et au « chantier Peake », nous sommes assez contents de leurs services même si nous espérons gommer l’année prochaine, certaines petites difficultés de communication comme la transmission des factures (toujours assez conséquentes …) sans attendre la veille de notre départ.

Samedi 25.

Bien entendu que j’aurais mieux fait de me taire puisque les imbéciles de tout poil étaient de sortie ce samedi … une vraie plaie ! Pour le surplus, nous n’avions plus qu’à attendre 14 heures pour nous mettre en route : nous ne pouvions partir trop tôt sous risque de nous retrouver de l’autre côté … de nuit. Eh oui, c’est LE grand jour avec une météo fort clémente annoncée et confirmée.

A l’heure précise, aidés par Phil & Norma, nous avons quitté notre emplacement pour aller prendre du diesel (922 litres à 0,77 €/litre) au superbe ponton à essence de « Power Boat ». Contre toute attente, nous n’avons pas dû attendre car il est possible de s’amarrer des deux côtés du long quai érigé perpendiculairement au rivage sur un fond de -7m. Toute l’opération nous a pris une heure !

Alors que nous avions souvenir qu’il nous faudrait près de 2 heures pour sortir des différentes  baies et rejoindre la haute mer, il ne nous aura fallu que la moitié du temps, GV hissée arrisée à  deux ris !

Avec le vent dans le pif, nous n’avons pas eu d’autre choix que de marcher au moteur mais dès que nous avons atteint les plates-formes pétrolières, nous avons pu abattre et éteindre le moteur : 50° du lit du vent et un vent réel tournant autour des 13 nœuds. Vitesse dans l’eau inconnue en raison d’une sonde de speedo-loch bloquée : une aspérité d’antifouling était vraisemblablement à l’origine de la panne. Nous serons quasiment arrivés en « Martinique » quand la sonde s’est enfin libérée !

Par une mer relativement calme, pas de grain, ni de pluie, une demi lune éclairante jusque 23 heures, pas de gros trafic et un courant traversier assez faible (!), si nous n’avons pas beaucoup dormi, la traversée fut des plus agréable.

Dimanche 26.

Nous atteindrons la pointe extrême SO de « Grenade » pour les premières lueurs du jour (6 heures). Nous arrêter à un mouillage nous aurait obligé à y pénétrer de nuit et nous avions convenu de faire un « one shot » jusqu’en « Martinique » sauf mauvaise traversée.

Par un soleil de plomb, une mer belle, un vent réel tournant autour des 15 nœuds et un angle de vent s’axant autour des 60°, nous avons remonté les « Grenadines » tout en nous faisant littéralement rôtir sur pied. Il n’y avait quasiment personne sur l’eau.

A la tombée du jour, nous avions atteint la pointe SO de « Saint Vincent » et nous aurions été biens inspirés de passer la nuit à « Bequia » mais sur notre lancée, nous avons présumé de nos forces et nous avons continué notre route.

Notre pilote de secours Raymarine en a profité pour nous lâcher après sept longues années de bons et loyaux services. Grâce au ciel, nous avions toujours le pilote principal B&G en ordre de marche car sinon cette panne n’aurait pas plus mal tomber …

La traversée du « canal » séparant « St Lucie » de « St Vincent » (25 milles) fut plus éprouvante (conditions de mer et de vent plus mauvaises).

Si  « S.A.S.³ » restait d’un confort de navigation exceptionnel, la fatigue nous taraudait méchamment le corps  alors que le trafic n’avait jamais été aussi important depuis notre départ !

A hauteur de « St Lucie », nous avons eu droit à nos premiers minis grains et bien entendu, notre arrivée sur la « Martinique » fut saluée par d’autres grains. C’est comme un fait exprès mais quasiment toutes nos arrivées sur la baie « St Anne » sont saluées par un grain !!

Nous avons embouqué le « chenal du Marin » avec les premières lueurs du jour.

Cette fois, nous avons choisi de nous rapprocher du « Club Med » pour éviter d’avoir un subir un fetch trop important et de nous éloigner du village de « St Anne » en l’espoir que nous n’aurons plus à lutter constamment contre des voisins trop envahissants quand ils ne sont pas carrément mal élevés.

Le plan d’eau est toujours aussi superbe surtout qu’il est baigné de soleil et que la densité de bateaux reste raisonnable.  Reste à voir comment tout cela évoluera au cours des semaines à venir.

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Samedi 18.

Ça y est … nous voilà repartis dans l’Aventure avec un A majuscule !

Si toute cette journée de samedi, j’ai angoissé à l’idée de la nouvelle tuile qui allait encore nous tomber dessus, on peut cette fois, me traiter d’affreux « pessimiste » car comme elle est maintenant passée, je peux affirmer haut et fort, que tout s’est déroulé normalement quoi que …

Evidemment, vous n’êtes pas au courant mais il y a une dizaine de jours, nous devions partir pour Alicante (Espagne) passer quelques jours chez de très bons amis. En allant faire des petites courses, Ann qui avait déjà perdu par deux fois, ses clefs de maison (…), s’est fait voler la veille au soir de notre départ en avion, sa pochette Cartier contenant cartes de crédit, cartes de banque, carte d’identité, permis de conduire, Iphone acheté en juin (!) et clefs de la maison.

Pas de carte d’identité … pas d’embarquement (le document établi par la Police n’a de valeur qu’en Belgique) ! Oui mais … vous aviez vos passeports. Eh bien non car nous avions été faire une demande de visa pour les E.U. et l’ambassade ne nous avait pas encore rendu nos passeports. En conséquence de quoi … nous sommes restés à Bruxelles ! J’ai pris tout cela avec un stoïcisme dont vous auriez été fiers à ma place … enfin j’édulcore sans doute un peu beaucoup mais après trois jours, c’était vrai.

Comme l’adage affirme « jamais deux sans trois » et que nous avions successivement raté notre correspondance avec Condor lors de notre retour en juin de Trinidad et de manière plus proche, notre avion pour Alicante … j’avais quelques craintes bien légitimes.

Notre avion a quitté Bruxelles à 10.45 heures comme prévu et comme il n’était qu’à moitié rempli, nous avons eu un excellent vol de 8 heures jusque Toronto (Canada) avec Brussels Airlines. Le service était à la hauteur et l’avion confortable.

A Toronto (où la météo était encore plus exécrable qu’à Bruxelles), nous avons eu une escale de cinq heures qui sont vite passées tant l’aéroport est agréable de par sa taille comparable à celle de Bruxelles c’est-à-dire « moyenne ». Les WC n’y sont pas très propres, souvent bouchés même et surtout, il manque des WC assis en sorte que l’attente peut être interminable : le touriste est un chieur compulsif et dans les avions, c’est encore pire ! Je me suis amusé à compter le nombre de passage aux toilettes d’une même personne et j’en suis arrivé à la conclusion qu’ils avaient tous une cystite carabinée ou la chiasse !

Ce qui m’a beaucoup amusé c’est qu’à Toronto, tous les écriteaux sont bilingues (anglais/français) mais que pas un membre du personnel naviguant ou non naviguant ne pipait un mot de français ! Vive le Québec libre …

A notre porte d’embarquement, nous avons été envahis par  une nuée(!)  de fauteuils roulants. J’ai compris très vite que tous ces petits vieux aimaient se faire conduire dans tout l’aéroport par une charmante jeune fille et que de surcroît, cela leur donnait une priorité lors de l’embarquement. J’ai toutefois pu relever de mes yeux vus que tous ces «handicapés de foire » m’auraient sans doute battus au 100 mètres haie !!

Quand nous avons embarqué dans notre Boeing d’Air Canada Rouge (il y a Air Canada, Air Canada Rouge et Air Canada Express), j’ai très vite compris que nous étions tombés dans le « low cost » du « low cost » (pas de télévision, pas d’informations sur le vol, pas d’écouteurs, pas d’accoudoir entre la carlingue et mon siège, un service tout aussi « low cost » avec la gentillesse du personnel qui va de paire et tout à l’avenant) !!!! Rien ne nous avait préparé à cela sauf sans doute le prix du ticket d’avion soit 400 € par personne pour un aller simple Bruxelles-Toronto-Trinidad avec un supplément de 75 € pour 23 kg. de bagages supplémentaires : nous étions chargés comme des mulets, de pièces de rechange les plus diverses.

Ann nous avait réservé deux places près de la sortie de secours (supplément de prix) … donc nous avions beaucoup de place pour les jambes mais comme l’étanchéité de la porte était discutable, j’ai crevé de froid durant tout le trajet (5 heures) et quand j’ai demandé s’il était possible d’avoir une couverture, le steward m’a répondu qu’il allait voir s’il y avait moyen de relever la température de la cabine. J’ignore si c’est cela ou non mais il est vrai que j’ai constaté que les passagers de la classe « business » étaient rouges écrevisse à la sortie de la carlingue alors que j’étais blanc pétrifié de froid avec des stalactites qui me pendaient au bout du nez.  Nous nous sommes fait la réflexion que la prochaine fois nous serions bien inspirés de prendre un ticket en classe « business » sur un vol « low cost » …

Le plus extraordinaire dans toute l’histoire c’est que ce vieux coucou est parvenu à décoller, à faire le trajet et à atterrir sans perdre le moindre passager !!! Notez que durant tout le vol, je n’ai pas osé m’appuyer sur la porte de secours de peur qu’elle ne s’ouvre toute seule … un stupide accident est si vite arrivé !

L’avion était full et comme les coffres à bagages sont très, trop petits, nombreux furent ceux qui ont dû placer leurs bagages « cabine » … en soute. C’est bien la première fois de ma vie que j’ai été pris d’une certaine empathie pour les passagers qui partageaient la même bétaillère !!! C’était très « local » mais cela sentait bon les Antilles  et durant toute la nuit, cela n’a pas arrêté de caqueter gentiment.

« Low cost » … « low cost », pendant la nuit, ils ont même été jusqu’à  éteindre  les grands éclairages par souci d’économie … les radins ! A moins que … quand j’y réfléchis … c’était peut-être pour inciter les passagers à dormir ! J’ai  bien été tenté d’essayer de dormir mais j’ai craint qu’avec cette froidure, je ne me réveillerais plus.

Après un vol sans histoire … nous sommes arrivés pour minuit, heure locale, à Trinidad. La première étape fut l’immigration ensuite rechercher les bagages (le temps d’angoisser pour de bon en ne voyant pas arriver nos trois énormes sacs puis de constater que l’un de nos cadenas avait disparu) et puis, ce fut la douane.  C’est à ce moment précis que nous avons bien cru que le ciel nous tombait sur la tête !!!

Imaginez la scène :  une file interminable pour ceux qui avaient à déclarer quelque chose, une autre file interminable pour ceux dont les bagages passaient sous scanner et enfin quasiment personne, à deux comptoirs où selon le bon gré du douanier, le passager franchissait le poste de douane sans autre formalité.

Vous aurez deviné que nous avons commencé par là pour ensuite passer par le scanner et enfin, par le poste des marchandises à déclarer !! Tout cela nous a pris … deux bonnes heures !

Nous avons eu droit comme tous les autres, à une fouille en règle de tous nos bagages (sac à mains d’Ann inclus) pour avoir à payer des droits d’entrée comme tous les autres, sur les marchandises importées. Rien de plus normal me direz vous sauf qu’en le cadre de nos sept années passées autour du monde, il s’agit d’une grande première car en théorie, notre bateau est à chaque fois, en transit dans le pays d’accueil et n’a donc pas à supporter de droits de douane !!!

Si donc j’ai un conseil à vous prodiguer … n’importer aucune marchandise à Trinidad (surtout si les douaniers font la grève du zèle comme dans notre cas) et si vous ne pouvez faire autrement, prenez au préalable, des cours auprès de David Copperfild !! Autre conseil bien utile, achetez – en détaxé – deux ou trois bouteilles d’alcool que vous cachez le plus soigneusement possible dans vos bagages. Le douanier sera aux anges de vous avoir débusqué et vous lui aurez donné un os à ronger … l’arbre pourra ainsi cacher la forêt.

Je vous déconseille par contre, de l’inviter au restaurant pour le lendemain, de lui affirmer qu’il est le « très » bien venu, lui et toute sa famille, à bord de votre yacht ou d’insister sur le rôle essentiel du douanier un samedi passé minuit, auprès de passagers qui ont passé une nuit blanche, qui attendent désespérément de pouvoir se plonger dans leur lit et qui se font chier par un connard de fonctionnaire qui leur cherche des poux sur la tête.  Oups ! Je crois que je me suis égaré un peu là.

Dimanche 19.

Après avoir dormi une poignée d’heures, décalage horaire (- 5 heures) oblige, nous avons été jeté un œil au bateau. Pas de désagréables surprises pour le moment du moins mais un état de crasse intérieur à faire peur … et une chaleur moite suffocante que l’air conditionné installé durant notre absence, parvient à peine à contenir. L’air conditionné, dans notre chambre au chantier, fait à peine mieux.

En résumé, après avoir maudit de crever de froid à Bruxelles, après avoir maudit de crever de froid dans l’avion d’Air Canada Rouge je maudis maintenant de crever de chaud à Trinidad: les grosses gouttes de sueur ont remplacé les stalactites !!

En fin d’après-midi, nous allions dîner au restaurant du chantier. Dire que nous avons bien mangé serait un euphémisme mais nous n’avions sans doute pas bien choisi nos plats. Pour ma part, je souhaitais un énorme spaghetti bolognaise (le seul plat que vous retrouvez sur toutes les cartes de restaurant de par le monde entier … sauf ici) et en lieu et place j’ai choisi un plat de pâtes où je pense avoir retrouvé tous les restes des assiettes retournées en cuisine ! Jamais vu une bouillabaisse pareille.

Publié par : Ann & Stéphane | 4 juillet 2017

Fiche technique: voyager avec la compagnie aérienne Condor

Trinidad – Bruxelles (en aller simple  et en économique !) avec CONDOR … en 3 jours pour un budget de 4.289 € !

Mardi 13.

Non, nous n’avons pas réalisé notre retour au pays avec notre bateau mais avec Condor associé à Thomas Cook.

Notre contrat de transport prévoyait un départ de Trinidad pour le mardi 13 juin 2017 à 18.30 heures, une escale à Tobago, la Barbade, Francfort et une arrivée à Bruxelles pour le mercredi 14 juin 2017 à 16 heures …

En raison des embouteillages à prévoir, notre taxi nous avait fixé rendez-vous à la marina de Trinidad pour 13.30 heures mais il est arrivé à 14 heures. Déjà là j’aurais dû comprendre que les mœurs locaux différaient des nôtres …

Arrivés à l’aéroport à 15.30 heures, nous avons patiemment attendu notre vol de 18.30 heures pour Tobago avec Caribbean Airlines.

A 18.30 heures, notre avion n’était toujours pas en vue et nous avons commencé à nous inquiéter auprès de la petite myriade de préposées qui s’occupent des lignes intérieures. Nous avons eu droit à « l’optimiste » qui nous a dit de ne pas nous en faire car l’avion de Francfort avait du retard, au « pragmatique » qui a pris contact avec l’aéroport de Tobago pour préciser nos noms, numéro de vol et numéro de passeport et annoncer notre retard et à la « cynique » qui nous a soutenu que nous n’avions pas d’autre choix que d’acheter tout simplement un nouveau ticket …

Plus tard, j’ai compté sur le tarmac, trois avions des lignes intérieures de Caribbean Airlines dont notre vol de 18.30 heures qui semblait cloué au sol pour un motif totalement indéterminé. Nous n’avons eu droit ni à une explication, ni à des excuses, ni à une quelconque indemnité alors que pourtant la mauvaise humeur commençait à gronder parmi les passagers.

A l’heure où théoriquement, l’avion de 20.30 heures aurait dû prendre son envol … nous sommes montés dans les avions dans une confusion totale : si nous avons pris l’avion de 20.30 heures, nous avons vu monter dans le même temps, des personnes à bord de l’avion de 18.30 heures !!!!

Nous sommes donc partis avec une demi-heure de retard ce qui sera fatal pour notre connexion à Tobago ! En effet, nous descendions de notre avion que nous voyons le vol Condor Tobago- La Barbade qui décollait devant nos yeux !

On nous avait assuré qu’une fois à Tobago, un préposé du personnel nous faciliterait le passage (nous devions récupérer nos bagages …) pour que nous puissions prendre notre connexion dans les délais. Bien évidemment … il n’y avait personne pour nous accueillir.

Il faisait nuit, il faisait chaud, l’aéroport se vidait et nous ne savions pas ce que nous devions faire. Nous avons donc décidé d’aller au comptoir Condor sauf qu’il n’y avait personne  à l’intérieur ! A côté, nous sommes allés nous renseigner auprès du comptoir Caribbean Airlines où il nous était affirmé qu’ils ne pouvaient rien pour nous … que c’était la faute de Condor qui avait rédigé un contrat « illégal » (sic) car le délai entre les deux vols n’était pas de 2 heures minimum !

Nous poiroterons plus d’une heure pour que la préposée de Condor daigne regagner son bureau. Selon elle, toute la faute revenait  à Caribbean Airlines et nous devions régler le problème avec eux !!!

Après palabres, elle nous a demandé de repasser le lendemain pour 10 heures, qu’elle nous donnerait de nouveaux billets mais que les frais d’hôtel restaient à notre charge …

Comme je vous défie de trouver un hôtel à 22.30 heures, dans une île que vous n’avez jamais visitée, et alors que vous êtes chargés et crevés, elle nous renseigne le « Coco Reef Resort and Spa » à 280$/ nuit (soit +/- 226,22 €) petit déjeuner inclus.

Nous prenons un taxi et à notre arrivée si la réception est encore ouverte, le restaurant est fermé. C’est donc complètement affamés que nous nous écroulerons sur notre lit.

Mercredi  14.

Le lendemain, nous sommes à 9.50 heures devant le comptoir Condor … bureau fermé ! Nous poiroterons jusque passé midi où la préposée fera enfin son apparition pour nous dire qu’elle doit s’absenter pour s’occuper de son lunch ! De toute manière, elle n’a pas encore de réponse de Condor …

Plus tard, elle nous apprendra que nous devrions attendre au mieux, le mardi suivant pour pouvoir embarquer avec Condor,  qu’elle ne peut pas s’occuper de notre rapatriement avec une autre compagnie aérienne et en finale, elle nous laisse tomber comme de vieilles chaussettes.

Si vous passez par Tobago, n’oubliez pas d’aller transmettre notre bonjour à Natacha de Condor. Vous n’aurez peut-être pas l’occasion de la voir car elle ne travaille pas à plein temps , ni à mi-temps mais plutôt à quart-temps avec de très nombreuses pauses syndicales. 

De notre côté, nous n’avons pas internet et les batteries de nos ordinateurs et de téléphone  commencent à tirer sérieusement la gueule. Pas moyen de recharger car nos adaptateurs ne conviennent pas (à Trinidad, il s’agit de prises 2 lames et 1 pin alors que les adaptateurs « normaux » sont 3 lames) et de toute manière, pas moyen de trouver du 220V … tout est en 110V.

Profitant du peu d’énergie encore disponible dans notre GSM, nous appelons nos filles à la rescousse car nous ne voyons plus comment nous échapper de l’île !!!! Ce sont elles qui au départ de Bruxelles, nous affirment que toute manière ce n’est pas 8 jours mais 14 jours que nous devrions attendre sur place pour avoir une place sur un vol Condor pour n’importe quelle destination !!!!!!!!!!!!! Si nous volons encore un jour avec Condor, je prendrai avec nous, la balise de détresse du bateau.

Comprenant que nous ne trouverons aucun vol international au départ de Tobago, nous décidons de rejoindre au plus vite Trinidad … que nous avions quitté la veille ! A 15.25 heures, nous prenons donc un vol Caribbean Airlines pour Trinidad. L’avion partira avec une demi-heure de retard pour un vol de 20’ …

Grâce à l’efficacité et au dévouement de nos enfants, nous aurons un vol sur Caribbean Airlines à 20.30 heures pour La Barbade où nous atterrirons une heure plus tard. Chose incroyable l’avion est parti exactement à l’heure annoncée … mais il s’agit d’un vol international ! C’est un peu comme dans l’ex U.R.S.S. où les chaînes de production se divisaient en une chaîne « internationale » et une chaîne « nationale » …

Vingt minutes de taxi plus tard, nous arrivions à « Silver Point Resort » pour 22.30 heures. La réception était fermée et nous avons été accueillis par le veilleur de nuit … mais tout était déjà préparé pour nous.

Quand nous sommes partis de Trinidad pour Tobago, une très jeune femme originaire de l’île devait prendre le même vol Condor que nous pour aller rejoindre son « boy-friend » sauf que n’ayant pas les moyens financiers de se payer une seconde fois, son billet d’avion … elle est tout bonnement restée prisonnière de son île !!!

J’ignore ce que vous en pensez mais si j’avais été son « boy-friend », je n’aurais pas cru un seul mot de ses explications (j’ai déjà du mal à y croire moi-même …) et pensant qu’elle me posait un lapin, je l’aurais plaquée.  Eh oui … je suis comme cela ! Il ne fait aucun doute au vu de ce que nous avons connu jusqu’ici que jamais Condor ne lui remboursera son billet d’avion … Malheureusement, nous n’avons pas ses coordonnées sinon nous ferions tout notre possible pour lui venir en aide mais lorsque nous avons pris notre avion pour Tobago, nous l’avons perdu de vue et nous avons appris par la suite, qu’elle n’avait pas quitté l’île.

Jeudi  15.

Après une nuit réparatrice, nous avons quitté notre hôtel pour l’aéroport où nous avons embarqué sur un vol B.A. à 17.10 heures pour un vol de 7 heures.

Vendredi  16.

Arrivée à Gatwick (GB) à 6.20 heures (heure locale)  pour un vol B.A. au départ de Heathrow (GB) sur Bruxelles à 12.25 heures (heure locale) … où nous avons atterri à 14.40 heures.

 

Si nous avions voyagé avec une compagnie aérienne américaine, nous aurions pris le risque de nous voir éjecter de l’avion manu militari pour que d’autres passagers « prioritaires » puissent prendre notre place …  Avec Condor, c’est beaucoup plus simple : vous êtes certain de partir (avec beaucoup de retard cela va sans dire) mais vous se saurez jamais ni où, ni quand vous serez abandonné en pleine nature. Aussi, vaut-il mieux être fortuné pour assurer votre propre sauvetage. Maintenant, si vous aimez l’imprévu, vivre en dehors des sentiers battus et l’Aventure avec un grand A, ne vous privez surtout pas du plaisir de voyager avec Condor.

 

PS. Condor se refuse à toute indemnisation en rejetant la faute sur son sous-traitant, Caribbean Airlines qui se refuse également à toute indemnisation car le contrat de transport souscrit avec Condor est illégal.

Publié par : Ann & Stéphane | 22 juin 2017

31.05 au 13.06.2017 – Traversée de nuit, sur Trinidad: 86 milles.

Jeudi  31.

Comme tout le monde semble le faire, nous avons rempli et adressé aux « Coast Guard » de « Trinidad », le formulaire ad hoc précisant notre heure de départ et d’arrivée estimée ainsi que notre plan de route. Cela sert-il à quelque chose ? Nous l’ignorons superbement car nous n’en avons eu aucun retour. N’est-ce pas dangereux ? Il est certain que si parmi le personnel des « Coast Guard », il y a un ripou, l’information pourrait aboutir en de mauvaises mains. Aussi, nous sommes restés très vague sur notre plan de route …

A 16 heures, « Karma of East » prenait tout le monde de court, en partant sans crier gare ! « Minnie B » partait à 16.30 heures comme annoncé tandis que nous étions surpris de relever que nous n’étions finalement que trois bateaux à partir !!!! Au vu des mouvements des annexes durant la journée, j’avais cru que nous serions toute une petite flottille …

Nous avons perdu beaucoup de temps  à vouloir prendre deux ris dans la GV avant de mettre le nez dehors en raison d’un ris qui avait la fâcheuse tendance à s’emberlificoter là où il ne fallait pas. J’ai même pensé un moment que nous serions contraints de postposer notre départ ! En finale, j’ai dû monter en catastrophe dans la bôme alors que la GV était à moitié montée, pour défaire un véritable plat de spaghettis !

Il était 17 heures lorsque nous sommes enfin sortis de la baie. Le vent  réel était soutenu (14 à 17 nœuds) et la mer était relativement calme. Dès les premiers milles, nous sommes partis au près (50°) et à contre courant pour éviter d’avoir à lutter constamment contre une dérive latérale qui aurait placé le bateau en-dessous de la ligne idéale et à terme, dans une zone connue pour diverses attaques de pirates …

Les 30 premiers milles furent idylliques : il faisait doux, le bateau marchait à 8 nœuds dans l’eau (on avait le sentiment que rien ne pouvait l’arrêter alors que nous avions 2 ris dans la GV et que le génois n’était déroulé que du minimum : tout bonnement, incroyable) et l’obscurité n’était pas totale en raison d’une demi lune.

C’est avec l’arrivée du premier grain que cela a commencé à se gâcher : le vent s’est montré beaucoup plus instable en sorte qu’on ne savait plus très bien s’il fallait ou non renvoyer de la toile après le passage du grain. L’obscurité était à nouveau plus intense (Madame la Lune s’était couchée) et pour notre plus grand malheur, il y avait beaucoup de monde sur l’eau … mais comment reconnaître un « affreux pirate » d’un « honnête bateau » vaquant à ses occupations ?

Pour des raisons de sécurité, nous avions tous les trois, coupé nos AIS et notre Active Echo n’avait pas été mis en route. Aussi incroyable que cela puisse paraître mais naviguer sans ces instruments … c’est un peu comme retourner à l’âge de pierre ! Plus moyen de savoir si le point lumineux que nous apercevions, était un « gentil » ou un « méchant ».

C’est même à un tel point que nous avons stressé tout un moment, en constatant qu’un point rouge nous suivait à la trace !!! Ce n’est que le lendemain matin que nous avons compris qu’il s’agissait de « Minnie B » que nous avions dépassé dans les premiers milles et que nous avions perdu de vue !!! Le plus drôle c’est que lui savait qu’il nous suivait car il paraît que nous avons un mât qui se remarque de loin ! Va peut-être falloir le descendre pour la traversée de retour en novembre …

Seul gros bémol : notre hélice tripale Maxprop n’a pas voulu se mettre en drapeau (sans doute en raison d’un bout pris dans l’hélice) en sorte qu’elle tournait à tout berzingue (bruit et vibrations) !!!  J’ai eu beau essayer la marche avant, la marche arrière, arrêt alors que l’hélice tourne encore etc. le problème ne s’est jamais solutionné  … et je me voyais mal stopper le bateau pour aller jeter un œil à  l’hélice !

Jeudi  01.

Durant la nuit, nous avons encore eu droit à deux autres grains dont le dernier fut assez violent avec une pointe de vent à 30 nœuds nous obligeant à rentrer en catastrophe le génois ! C’est assez effrayant quand vous voyez votre anémomètre grimper rapidement sans donner l’impression qu’il va s’arrêter à un moment donné. Entre-temps, « Minnie B », à quelques milles de là, échappait à tous les grains !!!!

Selon notre carte MaxSea, il n’y a qu’une seule plate-forme pétrolière sur zone alors que dans la réalité, il y en a trois : c’est LA zone à éviter pour cause de piratage. Vous imaginez notre tête lorsque nous avons calculé notre route pour passer à plus de 13 milles de la plate-forme pétrolière et que nous la retrouvons à seulement 5 milles !!!!

De surcroît, ne pensant pas avoir à faire à une seconde plate-forme pétrolière, nous l’avons prise pour un gros chalutier de pêche … et comme pour faire monter la sauce, subitement notre VHF a commencé à cracher en espagnol ! Au secours, maman, j’ai peur.

Une fois les plates-formes  pétrolières dépassées, nous avons pu obliquer vers « Trinidad ». Si le courant nous était cette fois, théoriquement plus favorable, nous avons très vite déchanté et avons été contraints de reprendre notre marcher en crabe !

Au lever du jour, nous avions en vue deux autres voiliers sur notre avant tribord !!!! Nous nous sommes longtemps demandé qui cela pouvait-il bien être … jusqu’à rompre le silence radio et apprendre du même coup qu’il s’agissait de … « Karma of East » et de « « Minnie B » !!!

Comment était-ce possible alors que nous les avions dépassés tous les deux, en force, en début de nuit ? Nous apprendrons par la suite que nos deux copains ont coupé court par les plate-forme pétrolières et se sont  aidés du moteur pour compenser un courant latéral assez fort selon eux. En finale, nous sommes arrivés  juste à la suite de « Karma of East » et bien avant « Minnie B ».

Nous avons atteint la côte de « Trinidad » pour 08.10 heures très précisément. Si nous étions arrivés avant 08 heures soit l’heure d’ouverture des bureaux de l’immigration, nous aurions dû payer une surtaxe de 61$ !!!  N’importe quoi.

« Karma of East » nous servant de guide, il nous a fallu une petite heure pour rejoindre la baie de « Chaguaramas » où se situent tous les chantiers, une marina ainsi que les bureaux de l’immigration et des douanes.

En cours de navigation, nous sommes passés devant une base des « Coast Guard » où pas moins de sept unités étaient amarrées !!! A quoi sert de se doter d’une telle flottille si elle passe le plus clair de son temps, au ponton ? Quand on sait que l’économie locale a fort souffert de la réputation d’insécurité qui a été faite à l’île suite à deux attaques de plaisanciers, en décembre 2015, par des pêcheurs vénézuéliens, on peut se poser la question de savoir ce qu’il leur faut pour se magner un peu le cul !

Une des premières choses que nous avons réalisée en arrivant, fut de « déterrer » tous les objets de valeur que nous avions planqués un peu partout dans le bateau en prévision d’un éventuel abordage durant la nuit …

Le quai des douanes étant situé dans le fond de la marina, nous avons préféré nous y rendre avec l’annexe après avoir pris une bouée juste devant le « chantier Peake ». L’étrave de « S.A.S.³ » étant trop haute pour attraper solidement la bouée, nous avons réalisé la prise de coffre au départ de la jupe arrière et ce faisant, nous avons griffé outrageusement la peinture de l’aile arrière bâbord !  Heureux que j’étais mais heureux que j’étais  …

Après les formalités d’entrée sur l’île (Ann a rempli un nombre incroyable de documents … avec copie au carbone bleu), nous sommes retournés au bateau et nous nous sommes mis en peine de commencer à prendre contact avec tous nos corps de métier ! Il ne faut pas confondre « refit » qu’on réalise une fois tous les cinq à dix ans avec une « simple maintenance » qu’on réalise toute l’année ! En le cas d’espèce, il ne s’agit que de simple « maintenance » …

En fin d’après-midi, nous allions luncher au restaurant « Zanzibar by the sea»  situé sur le chantier … avant de nous affaler sur notre lit.

Vendredi  02.

Vers 3 heures du matin, je me suis réveillé pour commencer la rédaction de mon nouveau « bouquin » !! En fait, nous avons trouvé  Marc  de « Dynamite » qui parle parfaitement français et à qui nous avons confié la supervision de tous les travaux sur le bateau, durant notre absence : plus question de connaître l’enfer que nous avons connu l’année passée, au chantier de « Curaçao » ! Aussi pour l’aider en sa mission, j’ai attaqué la rédaction d’un mémento « détaillé » …

Pour 10 heures, nous quittions notre bouée pour prendre un emplacement au « dock privé » du « chantier Peake». Si nous avons perdu cette notion de liberté que nous apprécions tellement au mouillage, nous avons trouvé de l’eau (déconseillé de faire fonctionner le déssal dans l’eau mazoutée de la baie) ainsi que de l’électricité (impossible de vivre sur le bateau, sans airco tellement il fait chaud et humide … on se croirait de retour dans le SE asiatique) et cerise sur le gâteau, comme le bateau est amarré à un ponton, nous ne connaissons plus aucune coupure dans notre liaison satellitaire (TV) !

Nous avons fait le tour du monde en sorte que nous avons un assortiment incroyable de prises électriques et malgré cela, nous n’avions pas la prise électrique adaptée à la marina de « Peake » !!!!

Un peu avant midi, Marc de « Dynamite » venait au bateau avec le premier technicien. Après le départ du technicien, il avait droit à la visite « détaillée » du bateau.

Dans le courant de l’après-midi, nous avions la visite surprise de Norma & Phil de « Minnie B » qui étaient partis la veille, mouiller leur bateau dans une autre baie plus tranquille, la « baie du carénage »,  pour la durée du week-end.

Alors que nous aspirions à une soirée paisible, nous avons connu des coupures d’électricité à répétition probablement causées par la mise en marche du lave linge alors que l’airco fonctionnait. Nous avons donc arrêté temporairement l’airco pour que le lave linge puisse terminer son cycle.

En fin de cycle, une alarme retentissait indiquant que l’évacuation d’eau était bouchée !!!  Malgré toutes nos investigations, nous n’avons rien trouvé d’anormal mais par prudence, nous avons arrêté la machine. Un peu plus tard, c’était l’airco qui commençait  à déconner !!!

Après quelques essais, nous avons compris que le problème provenait de l’électricité du ponton : pour preuve, avec le GE, nous n’avions aucun problème ni avec le lave linge, ni avec l’airco !

Samedi 03.

Nous commençons à entrevoir que chaque matin, c’est grand soleil mais qu’à partir de midi, c’est couvert avec averses possibles. Nous sommes au début de la saison des pluies : de juin à décembre. Il en résulte que si pouvons demander au chantier de réaliser de petits  travaux de peinture, il est totalement exclu de penser repeindre toute la coque du bateau avant février …

Vu sous le soleil, « Trinidad » est une île verdoyante et superbe. Nous n’avons pas le sentiment d’insécurité tant décrié … mais nous n’en sommes qu’au début de notre séjour.

Dans la baie de « Chamaguaras » où se trouvent regroupés tous les chantiers (du petit bateau de pêche … à l’immense cargo sur dock flottant), le plus grand désagrément provient de la vitesse totalement inadaptée des bateaux qui y circulent. Il en résulte de formidables remous qui font danser les bateaux, toute la journée.

Si ce n’était par nécessité, nous serions allés ancrer dans une des splendides baies que nous avons vues en arrivant. L’île mériterait également d’être visitée mais nous n’en avons pas le temps : tout doit être discuté et décidé avant notre départ prévu pour le mardi 13 juin.

Dimanche 04.

Une journée sans pluie … plutôt extraordinaire mais toujours la bienvenue. Mais comme les précédents jours, la chaleur humide d’un côté et un plan d’eau très agité d’autre part, me donnent envie de m’enfuir à toutes jambes de cet endroit !

A tout vrai dire, j’ai trouvé un nouveau motif de m’exciter : le nombre de crétins à moteur  qui passent et repassent  à fond les manettes juste pour le plaisir de faire des vagues, est incroyablement plus élevé le dimanche que les autres jours … encore qu’ils ne se défendent pas mal durant la semaine. Si seulement j’avais des filets à jeter dans les hélices ou un peu de sucre à verser dans les réservoirs …

Nous avons profité de notre journée pour réaliser divers petites travaux utiles dont peaufiner mon « mémoire » et l’envoyer à  Marc de « Dynamite », ne fut pas le moindre. Nous n’avons pas l’internet à bord car sinon, il nous faudrait faire l’acquisition de nouvelles cartes Sim et nous ne restons pas assez longtemps pour que cela en vaille la peine. Il s’agit également d’un bon prétexte pour aller manger un morceau au restaurant « Zanzibar by the  sea» qui surplombe quasiment notre bateau.

Lundi  05.

Tout ce qui n’est pas tombé hier … tombe aujourd’hui. Cela me donne froid dans le dos à l’idée que nous avons l’intention de commander divers travaux de peinture !

L’électricien de la marina est passé  voir le problème électrique de notre borne mais manifestement, il n’avait pas envie de se fatiguer : le problème venait d’abord, du fait que nous étions en fin de ligne (!) mais prendre une borne un peu moins éloignée ne changerait rien selon lui … ensuite, le problème provenait du fait que la première partie de notre fil électrique était trop mince (!) mais changer le tronçon trop mince ( +/- 1 m.) ne changerait rien selon lui … en finale, la borne électrique n’était pas suffisamment puissante mais il ne nous a pas expliqué pourquoi dans un premier temps, cela fonctionnait parfaitement !

Nous en sommes donc réduits à mettre le GE pour avoir de l’airco ou faire marcher une machine. Par contre, curieusement , lorsque les quatre chargeurs pompent en même temps, cela ne pose pas de problème ! Allez vous y comprendre quelque chose …

Profitant d’une belle accalmie, nous avons eu droit à la visite du technicien pour l’entretien annuel de notre annexe. Si nous avons bien compris, l’annexe restera sur le tarmac du chantier où il procèdera aux travaux :  beaucoup trop compliqué de désolidariser le moteur … de l’annexe. Reste maintenant à savoir comment procéder pour amener l’annexe sur le tarmac ! Une fois le bateau sorti de l’eau, la hauteur est trop importante pour encore pouvoir descendre l’annexe jusqu’au sol !

« Si tu ne viens pas à Lagardère … Lagardère viendra à toi » : c’est exactement ce que nous avons fait avec  Marc de « Dynamite » et il s’agissait d’une excellente initiative de notre part car de la sorte nous avons initié quelques rendez-vous et soulevé quelques problématiques. Rétrospectivement, cela fait évidemment un peu peur sur ce qui va se passer lorsque nous ne serons pas là …

Nous en étions là dans nos pensées lorsque Rainer de « Electropics Marine Service Ltd » passait voir la nature de nos problèmes  (normalement, nous ne l’attendions que demain après-midi mais apparemment, il a des horaires très « fluctuants ») :  le problème de notre compteur de chaîne … il suffit de changer le censeur « Lofrans » que nous avons remplacé en janvier !!!! Le problème de GPS de notre « Mini C » … il suffit de changer le module GPS de l’antenne. Le placement d’un switch on/of sur notre transpondeur AIS … pas de problème.

Si  tout cela se confirme, c’est un rêve cet homme sauf qu’il parle un anglais teinté d’allemand qui ne m’atteint que très peu ! Il faut dire que selon Marc de « Dynamite », je parle anglais comme une vache espagnole …quand je pense que tous mes amis anglais m’affirment que je parle si bien l’anglais ! Je ne sais plus vraiment qui je dois croire !

Mardi  06.

Je m’ennuie à mourir en marina et de surcroît, je n’ai pas grande envie de lire ces temps-ci ! Et pourtant, on ne manque pas de visites …

Ce matin, ce fut un défilé : d’abord, les « petites mains » de Marc de « Dynamite » ensuite, ce fut le tour du spécialiste des autocollants puis celui du cover d’annexe et enfin, le peintre ! Nous avons de grands projets de rénovation mais sans doute, le montant des devis nous fera voir les choses avec plus de sagesse … en attendant, on continue de rêver !

On les attendait en fin de matinée et finalement, ils sont arrivés en début d’après-midi (entre-temps on n’osait pas quitter le bateau …). Rainer et son aide de « Electropics Marine Service Ltd » ont procédé avec succès, au changement du censeur du compteur de chaîne et à l’enlèvement de l’antenne du Mini C. Quand je pense que nous avons dépensé une fortune pour remplacer en janvier, le censeur de compteur de chaîne et que celui-ci est tombé en panne peu de temps plus tard, il y a de quoi râler un bon coup.

Pour nous détendre un peu les jambes, nous avons été voir « Minnie B » sorti de l’eau le matin même, chez « Peake ». Pas heureux nos copains de constater qu’une portion de la nouvelle chaîne d’ancrage achetée chez « Island Water World », en début d’année,  présente déjà une couleur suspecte de rouille ! Ils ont d’ores et déjà obtenu la confirmation de l’échange en garantie de la chaîne d’ancre.

Mercredi  07.

Branle-bas de combat à 6.30 heures !!! Il y a du soleil, le pont est bien sec et il n’y a pas un pet de vent … les conditions idéales pour descendre le génois (110 m2). Bien qu’il ne s’agisse pas d’une première, il a quand même fallu redoubler d’efforts (bonjour le dos …) pour emballer tout cela et placer le sac à voile dans le carré. Ouf … c’est fait.

Durant 3 heures, nous avons remis l’airco et dieu que c’est bon … malheureusement, nous avions à peine coupé le GE que les températures remontaient rapidement rendant l’intérieur du bateau invivable. Mais bon, difficile de faire tourner le GE 24/24 heures.

Depuis ce matin, nous avons un catamaran 40’ canadien pour voisin direct. Je ne sais pas encore trop si je dois m’en réjouir ou au contraire, le déplorer … je pencherais plutôt pour cette seconde option. Vivement que l’on sorte le bateau de l’eau et que l’on parte vers d’autres horizons moins chauds et surtout, moins humides.

Cinq mois sans bateau me paraît déjà bien long même si  certaines autres perspectives me réjouissent. Le tout sera de voir si le chantier est ou non à la hauteur de nos espérances mais pour cela, il faudra attendre la fin de l’année et notre retour à bord. Si cela ne dépendait que de moi, je vivrais « non stop » sur le bateau mais la période cyclonique est un peu longue que pour s’enterrer dans un mouillage « save ». Quant à naviguer entre deux passages de cyclone … très peu pour moi : je suis déjà assez stressé comme cela que pour ne pas en remettre une couche supplémentaire.

En matinée, Marc de « Dynamite » venait à bord avec un spécialiste pour les coussins de cockpit. Le problème est qu’à « Trinidad », la mousse « quick dry » semble introuvable !! L’avantage de cette mousse très aérée est qu’elle laisse filtrer l’eau dans les profondeurs de la mousse où elle ruisselle sur une mousse plus dense pour terminer sa course à l’extérieur du coussin. Cela évite, en principe, d’avoir le cul mouillé en s’asseyant … en pratique, c’est peut-être un peu plus mitigé !

Au bureau du chantier, Ann tombait sur Giovanni de « Eutikia » (Amel 54’) encore amarré à la marina. Nous les avons rencontrés en Australie et avons participé avec eux, à « Sail Indonesia ».Quand nous avons traversé l’Océan indien, ils sont restés une année supplémentaire dans la région et ne sont arrivés à « Trinidad » qu’il y a  quelques jours.

La remontée de « Eutikia » depuis « Cape Town », ne s’est pas réalisée en toute quiétude !! Voulant aider son épouse, notre copain a recruté un skipper italien de 53 ans qui lui avait été recommandé ! Non seulement, le (skipper) n’en avait que la prétention mais de surcroît, ce dernier a ramené dans ses bagages, une brésilienne de 33 ans qui n’avait jamais mis un pied sur un bateau !Autant dire qu’ils s’en sont débarrassés dès le pied posé à « Jacaré » (Brésil) … soit un mois plus tard !

La remontée de « Jacaré » sur « Trinidad » ne fut pas plus agréable en raison d’une météo exécrable !

En fin d’après-midi, Rayner de « Electropics Marine service Ltd » venait nous placer un switch on/off sur notre transpondeur AIS … du moins,  s’agissait-il  bien, au départ, de son intention car confronté à notre appareil Furuno, notre électronicien en perdait toute sa superbe !

Vous raconter toutes les manipulations entreprises par Rayner pour tenter de couper notre transpondeur AIS, serait fastidieux et … inutile puisqu’il semble bien que cela soit rigoureusement impossible !! Au départ, il était facile de couper le transpondeur AIS mais depuis son retour de réparation, cela n’est plus possible : il faut dire que nous nous étions plaints à l’époque, que le transpondeur ne fonctionnait pas et nous en concluons aujourd’hui que le technicien a remédié de manière un peu « définitive » à cet inconvénient.

Le soir, nous avons été dîner au restaurant « Zanzibar by the sea » avec  Norma & Phil de « Minnie B ». Le plus agréable pour moi c’est que je comprends de mieux en mieux leur anglais : j’ai enfin compris qu’elle s’appelait « Norma » et lui, « Phil » …

Jeudi  08.

A chaque fois que l’airco fonctionne, je revis et je m’épanouis pleinement ! A contrario, je m’enfonce dans une langueur pitoyable et je n’ai qu’une seule et unique envie : m’enfuir de cet endroit !

Arrivée de « Laurence » en provenance de « Grenade ».

Nous sommes allés, à pied, jusqu’à la marina où nous avons trouvé le supermarket  du coin (juste derrière le restaurant … l’entrée n’est pas très visible). Il s’agissait de notre troisième tentative !!! Je sais que cela peut paraître idiot mais quand vous ne connaissez pas le chemin et par ces chaleurs, vous êtes vite prêts à abandonner.

Nous en avons profité pour faire un petit coucou à « Eutikia » mais le moment était mal choisi : Giovanni  venait d’être heurté violemment à la tête par une barrière de sécurité !!!!

Le retour jusqu’au bateau, les bras chargés d’avitaillement ne fut pas une sinécure à laquelle je m’adonnerais tous les jours. Le bon côté des choses est que je peux maintenant me tenir debout  en prenant appui seulement sur les mains …

Visite de Marc de « Dynamite » et de son électricien … ils repasseront demain après avoir étudié les schémas  électriques du bateau ! Nous souhaitons simplement établir une passerelle entre les deux parcs de batteries au cas où mais la question semble fort complexe …

Sur ces entrefaites, Didier de « Laurence » est venu nous faire un petit coucou sympa.

A peine parti, le peintre venait avec Kewrin pour voir le travail des inox.  Ann a peur que les inox ne s’oxydent de trop et qu’il ne soit plus possible de les récupérer par la suite.

Vendredi  09.

Au petit matin, Kewrin était à l’œuvre sur nos inox : superbe travail … pour un coût raisonnable de 800 TT $ (+/- 100 €) … auquel il faut ajouter 100 TT$ pour que notre homme puisse venir travailler sur le chantier « Peake » ! Pratique qui n’est pas exceptionnelle mais qui me fait malgré tout réagir à chaque fois.

Nous étions à peine installés dans notre cockpit que nous avions un nouveau voisin : « Serena Jan » un 62’en alu, battant pavillon brésilien et client de Marc de « Dynamite ». Le bateau avait été mis, le matin même, à l’eau par les bons soins de Marc pour permettre à son propriétaire de naviguer une semaine avant de le remiser à nouveau au sec !

Lorsque vous regarderez les photos du bateau, observateur comme vous l’êtes, vous remarquerez que le mât n’a pas de haubans, que la bôme se prolonge jusqu’à la voile d’avant et que la jupe arrière est assez monstrueuse que pour recevoir l’annexe !

Marc est ensuite passé avec l’électricien pour examiner plus en profondeur la possibilité de connecter les deux parcs de batteries ensemble au cas où … dois-je reconnaître que je commence à paniquer à l’idée qu’il faille analyser toute l’installation électrique du bateau pour cette simple connexion que j’étais censé bricoler moi-même !

Sur ces entrefaites, c’est l’aide de Rainer de « Electropics Marine Service Ltd » qui venait placer un  simple switch « on/off » sur l’alimentation électrique de notre AIS … au moins, nous pourrons ainsi éteindre l’appareil  sans avoir à en débrancher d’autres du même coup. Sur le fusible de l’AIS, d’autres appareils sont également branchés.

Pour notre antenne Mini C … il est apparu que perchée sur le premier étage de barres de flèches, elle avait pris de l’eau de mer (!) et que malheureusement, il faudra la remplacer ! Le véritable problème reste d’en trouver une identique ou au moins, une compatible avec notre installation …

Samedi  10.

Journée très cra-cra mais malgré cela, Kewrin a su terminer son travail ! Comment est-il parvenu à faire tous les inox du bateau en si peu de temps alors qu’il nous faut des semaines, reste un mystère. Nous aurions été bien inspirés de regarder de plus près comment il s’y prenait mais je ne tenais pas à jouer les chiens de garde.

Dimanche 11.

En l’absence de vent, il fait i-n-s-u-p-p-o-r-t-a-b-l-e :  chaud, lourd et humide. En ces conditions, je suis incapable d’entreprendre quoi que ce soit. C’est pourquoi vers 14 heures, nous avons mis l’airco et entrepris de préparer notre départ de mardi. Autant le faire maintenant que d’attendre que nous soyons sur le tarmac sans airco …

Demain, nous sortons le bateau de l’eau …

Lundi  12.

A 7.30 heures, nous nous préparions à quitter notre emplacement pour la darse située une cinquantaine de mètres plus loin. Aucun problème pour y entrer en marche arrière et toute l’aide que possible pour amarrer le bateau.  Vous avez même droit à un plongeur pour s’assurer que  les sangles sont bien positionnées ! Vous avez également droit à un nettoyage très efficace de la coque.

Sur la plupart des chantiers que nous avons connu, la gentillesse est assez rarement au rendez-vous ! La plupart du temps vous tombez sur des «« professionnels »» qui ont toujours un peu l’air de vous reprocher d’être dans leurs pattes … quand ils ne vous engueulent pas carrément pour l’une ou l’autre bêtise : vous êtes chez eux et ils vous le font bien sentir. Ici, chez « Peake », le client est roi et vous n’avez qu’à demander pour être servi. C’est à la fois aussi inhabituel que très reposant : pas de stress, pas d’inquiétude, vous êtes chouchouté. Toutes les personnes que nous avons rencontrées, disent le plus grand bien du chantier et ce dernier, semble bien le mériter !!

Comme il n’existe pas de rose sans épine … nous déplorons seulement la chaleur moite et lourde, les terribles remous provoqués par le trafic local et … les mouches !

Le bateau calé sur le tarmac, ce fut le tour de notre annexe d’être mise au sec ! Pourquoi ne pas avoir laissé l’annexe dans ses élingues, sur la jupe arrière ?? Pour la bonne raison que nous souhaitons faire procéder à l’entretien annuel du moteur, au nettoyage de la coque et que nous avons sollicité un devis pour un nouveau cover.

A peine en place, l’électricien du chantier se pointait pour réaliser notre raccordement électrique car bien évidemment, les prises électriques du ponton et du tarmac … ne sont pas les mêmes !!! Nous sommes un peu contrariés d’avoir appris que comme il n’y a pas  de 220V sur l’île, ils arrivent au même résultat en connectant 2 x 110V !!!

Toujours aussi efficace, Marc de « Dynamite » était présent pour tout coordonner. Mais cela ne peut éclipser qu’à la base, rien n’aurait été possible sans la prévoyance et les nombreuses démarches entreprises par Ann dont les qualités d’organisatrice ne sont plus à vanter.

Après avoir procédé à une première mise en ordre du bateau, nous nous sommes réfugiés dans notre chambre climatisée. Je pense que sans cela, j’aurais fait un malaise d’autant que depuis deux jours, je souffre à nouveau, du dos. Les chambres, situées sous le restaurant,  ne sont pas très grandes, ni très luxueuses mais très fonctionnelles et bien équipées, et surtout, elles disposent d’une vaste terrasse bien aérée, totalement protégée du soleil et ayant les pieds dans l’eau.

Marc de « Dynamite » nous a fait remarquer qu’il y avait du jeu dans l’arbre d’hélice !!!! Parfaitement inconcevable quand on pense que nous avons fait changer les bagues hydrolube  en novembre 2016 et que nous n’avons quasiment pas utilisé le moteur !!!  Il est vrai que lors de notre traversée sur « Trinidad », il a été impossible de mettre l’hélice Maxprop en drapeau et qu’à la sortie de l’eau, il n’y avait aucun bout dans l’hélice. Y a-t-il un rapport ?

Entre-temps, le technicien Yamaha enlevait le moteur de l’annexe !! En 7 ans, c’est la première fois que le moteur est désolidarisé de l’annexe et je dois bien reconnaître que je n’aime pas cela mais nous avons demandé  le changement de l’une et l’autre pièce de soutien attaquée par la rouille et apparemment, il n’y avait pas d’autre solution.

Tandis que le moteur d’annexe quittait le chantier, Kewrin était déjà là pour nettoyer la coque de l’annexe totalement jaunie par la présence d’une algue !! A peine croyable mais en un temps record, la coque avait retrouvé sa blancheur d’origine !!!

Le soir, nous mangions avec Phil de « Minnie B » (Norma est repartie ce dimanche, en GB) au restaurant « Zanzibar by the sea ».

Mardi  13.

En allant chercher quelque chose au bateau, je constate une anomalie au niveau des chargeurs et une alarme se déclenche mais le temps de vouloir transcrire le message d’alarme et tout revient à la normale !! Manifestement, le problème provenait de l’alimentation électrique du chantier.

Inquiets, nous en parlons au chantier et quelques minutes plus tard, il y avait une foule d’électriciens à bord pour tenter de comprendre le problème. Malheureusement, aucune cause n’a pu être mise en évidence.

En rejoignant notre chambre, je tombe sur notre voisine allemande qui me raconte qu’après avoir réalisé avec leur voilier, le tour du continent nord américain en passant par le pôle, elle est arrivée avec son mari, à « Trinidad » … où 15 jours plus tôt, ce dernier tombait à l’eau en enjambant la passerelle qui reliait le bateau, au ponton. Victime d’une crise cardiaque, il n’a pas survécu !

A 14 heures, le taxi venait nous prendre à la marina pour nous conduire à l’aéroport où de nouvelles aventures peu ordinaires nous attendaient … mais cela nous ne le savions pas encore !

La suite, au prochain épisode …

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 8 juin 2017

Fiche technique: sac à cadavre !

Si vous avez pour projet de traverser le Pacifique et de surcroît, rien qu’à deux … la présente fiche technique vous concerne tout spécialement !

Une des caractéristiques de la traversée du Pacifique est que vous ne rencontrerez personne et quand je dis personne … c’est personne !! Même dans l’océan indien, vous croiserez un nombre important de cargos et n’évoquons pas l’Atlantique.

Si donc, votre compagnon ou votre conjoint venait malencontreusement (sans aide extérieure, parlant) à décéder en cours de traversée … que feriez vous du corps ? Votre première réaction sera de dire : je le jette à l’eau avant qu’il ne se liquéfie avec la chaleur.

En cette hypothèse, je vous conseille de faire une arrivée extrêmement discrète … voire pour les moins courageux, de vous cacher au fin fond du bush australien. Pourquoi ? Mais bêta car comment allez-vous expliquer  la disparition de votre compagnon ou de votre conjoint ? Comment allez vous prouver qu’il s’agissait d’une mort naturelle ou parfaitement accidentelle sans que votre responsabilité ne puisse en aucune manière être retenue du genre : « coups et blessures ayant entraîner la mort sans l’intention de la donner ». Seule une autopsie pourrait déterminer  la cause de la mort mais pour cela faut-il encore avoir conservé le corps !!

Si le décès survient en tout début ou en toute fin de traversée, vous pourrez avec un peu de chance, vous accommoder de la situation encore qu’avec la chaleur, il vous faudra être particulièrement véloce. Mais comme une « traversée » peut prendre de 15 à 30 jours, vous risquez d’être confronté à un sérieux problème de conservation.

Avec beaucoup de persuasion, vous pourrez peut-être convaincre les autorités de votre bonne foi … mais qu’en penseront vos proches, vos amis, vos relations ou vos collègues de bureau ? Vous savez pertinemment  que pour eux, la présomption d’innocence est une notion qui doit être interprétée selon les circonstances en sorte qu’il vous sera difficile de combattre le « on dit » des personnes bien pensantes.

Quelles sont alors les solutions ???

La solution la plus efficace consisterait à aménager sur votre voilier, une chambre froide ou un congélateur suffisamment grand  pour y caler votre compagnon ou votre conjoint. Tout dépendra en conséquence, du gabarit de celui-ci et vous aurez tout intérêt à en choisir un qui ne soit ni trop grand, ni trop gros.

Seconde solution :  dérouter un cargo qui se chargera de placer le corps dans sa chambre froide sauf que dans le Pacifique, c’est rigoureusement impossible car il n’y a pas le moindre bateau à l’horizon. Les distances sont par ailleurs, trop grandes pour qu’un bateau voire même, un avion ne soit dépêché pour vous venir en aide !

Troisième solution : placer le corps dans l’annexe que vous laisserez traîner derrière le bateau. En ce cas de figure, vous risquez que l’annexe se retourne ou de perdre plus simplement toute l’annexe dès que le mauvais temps pointera son nez.

Quatrième solution : placer le corps dans la survie et l’abandonner en plein océan. Au vu de l’immensité du Pacifique, il est à craindre que votre survie ne soit jamais récupérée … et de surcroît, vous ne disposerez plus de survie  pour vous-même !

Cinquième solution : vous attachez le corps par les pieds et le laissez traîner dans l’eau. Vous avez déjà lu le livre d’Ernest Hemingway  « Le vieil homme et la mer »

Sixième solution : vous placez le corps dans une cabine à l’abri du soleil … mais pas de la chaleur. Vous sauverez sans doute votre liberté et votre honneur  mais vous risquez que votre bateau devienne invendable. Il est fort à craindre que de surcroît, il vous sera impossible de continuer à cuisiner à l’intérieur …

Septième solution : vous placez le corps en dehors de votre vue, en le pendant en haut du mât … pratique pour prendre sa douche en pied de mât !

Huitième solution : vous équipez votre voilier d’un « ice maker » et vous enveloppez le corps dans une voile pleine de glaçons que vous renouvelez très périodiquement. Pas très pratique.

Solution préconisée : vous achetez un « sac à cadavre » en tenant compte des dimensions de votre compagnon ou de votre conjoint (si possible, vous lui faites essayer le modèle choisi avant de partir) et vous placez le tout, solidement amarré, à l’avant du bateau où il fait le plus frais ou dans le cockpit pour vous garder compagnie. Vous prévoyez soit une soupape de sécurité sur le sac, soit vous laisserez une petite ouverture en manière telle de ne pas voir votre « sac à cadavre » s’envoler …

Si vous pouvez choisir … prenez un « sac à cadavre » blanc qui réfléchira un peu plus la chaleur.

Où trouver un « sac à cadavre » ? Aux E.U. il existe des supermarchés spécialisés où avec un peu de chance, vous trouverez cet article. En Europe, malgré des recherches intensives, je n’ai pas trouvé ce type d’article dans les supermarchés que j’ai visités. Je n’aurais peut-être pas dû limiter mes recherches au rayon « fruits et légumes » …

Je vous conseille donc de prendre contact avec une maison de pompes funèbres qui vous répondra qu’elle ne vend pas ce type d’article mais qui saura vous en dénicher un pour vous tirer d’embarras après avoir expliqué les justes motifs de votre recherche. Le seul ennui reste que vous n’aurez sans doute pas l’occasion de choisir votre modèle préféré …

Bonne traversée !

PS: Si vous avez l’intention de vous débarrasser de votre compagnon ou de votre conjoint, en cours de traversée, oubliez de dire aux enquêteurs que vous avez lu cet article !

 

Publié par : Ann & Stéphane | 4 juin 2017

Arrivée en force sur Bequia, le 24.05.2017

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