Publié par : Ann & Stéphane | 16 octobre 2020

01 au 15.10.2020 – L’orage s’invite à Grenade !

Jeudi 01.

Pas de pluie aujourd’hui et c’est heureux. Par contre, Jean-Michel, notre électricien local, nous a raconté que la foudre avait frappé 23 bateaux (essentiellement sur le chantier) à « Cariacou » le week-end dernier ! Et son propre bateau avait vu sa tête de mât pulvérisée par la foudre il y a deux jours ! On se souviendra qu’effectivement nous avons eu droit à quelques sérieux orages ces derniers jours.

Du coup, on a vérifié que tous nos appareils fonctionnaient toujours normalement car même à la marina, certains bateaux connaissent des problèmes de girouette électronique ! Une suite de la foudre ? Peut-être.

Nous nous remettions rétrospectivement de nos peurs que Nancy de « Mana » nous exhibait son tout nouveau brevet de plongée  « open water » délivré par « Scubatech ». Comme j’ai participé très modestement à la préparation de ce brevet en lui inculquant en piscine, les bases de la plongée, cela m’a fait doublement plaisir.

C’est ensuite Patrick de « Saltimbanque des flots » (SDF) qui nous rendait une petite visite de courtoisie.

Moins drôle, nous avons reçu notre facture d’eau et d’électricité pour le mois : 1.225 €. Nous n’avons pas été surpris car cette fois, nous réalisons un relevé de compteur deux fois par jour en sorte que nous suivons parfaitement notre consommation. C’est toujours aussi scandaleux mais la cause réside en le prix du kwh hors taxes : + /- 0.50 €.

Vendredi  02.

Journée pluvieuse avec même en fin de matinée, pas mal de vent !

Dernière livraison (saison terminée) de jus de mangue de Jenny, la Brigitte Bardot de Grenade : nous lui en achetons huit  bouteilles chaque semaine et en trois jours, elles sont toutes sifflées !

Alors que nous quittions le bateau pour aller retrouver « Jeffrey Taxi », la pluie s’est mise de la partie en sorte que je suis arrivé au véhicule, trempé comme une soupe. Je portais mon T-shirt préféré «  RALER c’est ma spécialité ! » …

Faire des courses au  « Spice Land Mall » est toujours aussi décevant : il n’y a jamais rien de ce que l’on recherche !

Sur le retour, nous avons embarqué Nancy & Marc de « Mana » qui avaient été plonger. Le centre de plongée est là un peu plus loin.

Nous n’étions pas installés au bateau que la pluie est tombée encore plus drue qu’au matin : un vrai déluge  accompagné de sévères bourrasques !

Passé 18 heures, nous avions le grand déplaisir de voir arriver au ponton flottant, « Yolo » qui ne manque jamais une occasion de gâcher la quiétude de notre week-end, avec ses guests.  Je rêve du jour où la place sera prise par un autre bateau lors de son arrivée …

Ce con m’a de surcroît, donné de faux espoirs en partant en mer, avec des guests ! J’ai cru qu’il était venu avec eux et il m’avait donc semblé normal qu’il reparte avec eux. Mais il faut croire qu’ils avaient embarqué à la marina sans que nous nous en apercevions car passé minuit, il était de retour. Shit.

Samedi  03.

Ce matin, Ann a profité de la navette gratuite pour aller faire un approvisionnement en viande au « Phare bleu ». En finale, elle est revenue, en voiture, avec Véronique & Eric de « Oxo » dont le catamaran est toujours au chantier « Grenada Marine ». Il devait y rester 7 jours et cela fait maintenant quasiment 15 jours qu’il y est !

Alors que je me trouvais donc seul au bateau, le vacarme de la pompe de cale centrale m’a secoué. Il a d’abord fallu que l’information remonte jusqu’à mon cerveau apparemment embrumé !

Dans un premier temps , au vu du débit d’eau constaté, j’ai pensé qu’il s’agissait de la vanne moteur qui avait lâché !!! Mais en voulant la fermer, j’ai relevé que l’eau venait du compartiment technique situé sous le carré.

En ouvrant la trappe d’accès, je vois l’eau dévaler à gros bouillon en venant de l’arrière du bateau ! Mon premier réflexe fut de fermer l’arrivée d’eau du quai. Si cela a fortement diminué le débit d’eau, mon problème n’en était pas réglé pour autant ! Ce n’est qu’en coupant le groupe hydrophore que l’eau s’est arrêtée de couler. Ouuuuf. J’ai réellement cru un instant que nous étions en train de couler !

Il me fallait maintenant trouver l’origine de la fuite et de prime abord, j’ai eu beau soulever tous les planchers, retirer le lave-linge, le réservoir d’eaux grises, la cuisinière, démonter tous les meubles de cuisine et en progressant vers l’arrière, désosser notre WC électrique … j’ai fait chou blanc sur toute la ligne.

J’ai alors tenté de remettre en route le groupe hydrophore mais à mon grand désarroi, il pompait dans le vide avec un drôle de bruit ! En vérifiant le niveau des tanks, j’ai eu la surprise de prendre conscience qu’il n’y avait plus une goutte d’eau … ce qui est malgré tout, un comble quand on est à deux doigts de couler !

Il a donc d’abord fallu remplir les tanks mais comme mon con de voisin était en train de nettoyer son pont, le débit d’eau du quai en était réduit à un filet d’eau. Grrrrrrr.

Plusieurs heures plus tard … j’ai été en mesure de remplir les tanks et de remettre le groupe hydrophore en route pour relever que la fuite se situait à l’avant du bateau ! Je suis donc parti de l’étrave et j’ai démonté toutes les boiseries tribord pour relever qu’il s’agissait d’un simple collier de serrage à un T, qui s’était défait … juste au-dessus de la pompe de cale du local technique !

Nous sommes à la recherche active d’un excellent menuisier pour tout remonter …

Du côté de « Cariacou », on a enregistré cette nuit, des vents jusqu’à  45 nœuds et au matin, plusieurs bateaux dérapaient joyeusement. Cela me console de payer cher et vilain un emplacement en marina.

Le soir, nous nous retrouvions tous au « Brewer Beer » pour fêter l’obtention du brevet de plongée de Nancy de « Mana ». Etaient présents, Eveline & Curtis (GB) de « Scubatech », « Oxo », « Mana », « S.A.S.³ » ainsi que Curtis & Kate, un couple de jeunes Américains, propriétaires d’un J 46’. Nous y avons même croisé Jean-Michel , notre électricien, et son épouse !

Sur le fond, l’idée était plaisante et tout le monde s’est bien amusé. Mais pour qui me connait maintenant un peu, il m’a été impossible de partager cette ambiance « anglophone » jusque dans les bières servies ! Beurk. Si encore, l’orchestre hétéroclite (il y a des moments où on ne savait plus qui en faisait partie !) avait été tant soit peu, convenable ! Evidemment, pour un public aviné comme il l’était, quelle importance.

On parle beaucoup aux actualités, de la fermeture des bars et des restaurants pour endiguer la propagation du Covid-19. Hier soir fut une démonstration éclatante de la nécessité de ces fermetures. Quand vous êtes soumis à une musique proche à vous faire péter les tympans, il est impossible d’échanger deux mots sans postillonner à quelques centimètres du visage de votre interlocuteur.  Et ne parler pas du masque … personne n’en porte ! Mais pour la bonne cause, des écriteaux disposés tous les 1.50m, rappelaient de garder les distanciations sociales …

Quand nous sommes partis à la suite des autres, vers 10.30 heures, je suis passé rapidement par les toilettes où une fois encore, un écriteau rappelait de garder les distanciations sociales. Je n’étais pas installé devant l’urinoir centrale que deux petits jeunes entreprenants  prenaient position de part et d’autre de moi ! Soit. En partant me laver les mains, nos deux compères m’ont adressé la parole en anglais. Bien entendu, j’ai fait celui qui ne comprenait rien ce qui n’était pas très loin de la vérité. Si l’un des deux s’est vite lassé et est parti, l’autre a essayé de me causer … En fait, un mot en français s’échappait de sa bouche, toutes les cinq minutes. Vous ne pouvez pas savoir quel plaisir sadique j’ai ressenti en voyant mon importun faire des efforts monstrueux pour lier conversation. A la sortie des toilettes, il m’a abandonné à mon triste sort de francophone.

Dimanche 04.

Hier soir en arrivant à la marina, nous avons croisé David & Flora de « Ananda » !!! Depuis lors, nous craignons d’assister à tout moment au retour de ce Swan 82 qui ne fait pas spécialement partie de nos « copains » et que nous avons malheureusement pour voisin.

« Yolo » nous a tenu compagnie quasiment toute la journée. Grrrrrr. Un peu avant la tombée de la nuit, il a embarqué de nouveaux guests et nous ne l’avons plus vu rentrer alors que son tuyau d’arrosage est resté branché sur le ponton !!! Lui serait-il arrivé quelque chose ou a-t-il débarqué ses guests sans que nous nous en rendions compte avant de repartir sur son mouillage ? Comme sa barquette n’est pas équipée d’un AIS nous n’avons aucun moyen de le savoir.

Lundi  05.

Un plaisancier anglais de la marina est mort ce matin, d’une crise cardiaque. L’information ne se serait pas ébruitée si  « Mana » ne nous n’en avait pas parlé ! Hormis le fait qu’il était âgé d’une soixantaine d’années, nous ne voyons pas de qui il s’agit car son monocoque « Scorpio »  est amarré au ponton de Laetitia Halliday, qui reste en dehors de notre juridiction.

Pas d’affolements, il ne s’agit pas de la vraie « Laetitia Halliday » … c’est juste le surnom dont j’ai affublé une Sud-Africaine (il y a quelques Sud-Africains à la marina) que nous croisons sur les pontons ou à la piscine. C’est un peu ma marotte de donner un surnom à tout le monde ! Nous avons ainsi « le petit Jérôme », « ficelle dans le cul », « l’espionne chinoise », « queue de cheval », « l’antipathique », « la grande gazelle », « l’Américaine décomplexée », « le gnome » etc.

Mardi  06.

Nous avons de nouveau  eu droit à de l’orage et après ce que nous en savons maintenant, nous avons  dressé à bord, un lieu de prière spécial pour toutes les divinités locales qui nous entourent. Notre seule crainte est d’en avoir oublié une qui pourrait se vexer et vouloir se venger …

L’orage passé, nous avons eu droit à des déluges à répétition !

Il est facile de relever que tous les équipages professionnels de la marina se connaissent ou lient facilement contact entre eux. L’équipage de « Ananda » a toujours gardé ses distances par rapport aux autres ! En fait « d’équipage », il faudrait davantage parler d’une escouade de parasites qui voltigent autour du bateau et profitent vraisemblablement des largesses du propriétaire inconnu. Cette information semble d’ailleurs relever du secret militaire ! Personne ne sait !

Comme annonçant le retour imminent de « Ananda », les parasites se font à nouveau plus visibles. Depuis samedi soir, on les croise un peu partout.

Mercredi  07.

Il est fort à parier qu’à la fin du mois, voire début du mois prochain, tous les bateaux vont quitter la marina pour retrouver leurs eaux habituelles de navigation. Il en résulte que les uns après les autres, les bateaux vont se faire caréner. L’autre jour, c’était le catamaran « Tranquility », hier, c’était notre voisin bâbord , aujourd’hui, c’est le catamaran « Cartouche » qui part se refaire une beauté.

Quant à nous ?? C’est l’impasse la plus totale et les nouvelles ne sont pas bonnes : pour repeindre le bateau en Martinique, il nous faut un cocon (6.000 € !!) et celui-ci ne pourrait le cas échéant, être dressé qu’en janvier 2021. Du côté de la Belgique, les nouvelles ne sont pas meilleures puisque nos autorités prennent des mesures de plus en plus astreignantes en raison du Covid-19.

Plus terre à terre, je suis allé chez le dentiste ce matin pour terminer les soins de ma carie et apprendre que j’en avais une troisième juste à côté !!! Si je n’avais pas mal aux dents, je croirais qu’il s’agit d’une vaste escroquerie car non seulement, cela fait depuis des années que je n’ai plus jamais connu de problème de cet ordre mais de surcroît, une fois par an, je passe chez mon dentiste pour une visite de contrôle !

Ensuite, je suis allé chez le coiffeur me faire « raser » le crâne : c’est très court mais cela me va bien et surtout, c’est plus pratique. Alors que la première fois, nous nous étions demandés en quel souk nous étions tombés, autant cette fois, nous avons découvert un salon de coiffure propre, bien rangé, très illuminé avec un énorme écran de télévision branché sur Al Jazeera.

Comme il faisait magnifique et que le soleil tapait dur, je me suis tapé le nettoyage de notre ligne de flottaison (25.08 – 04.09 et 21.09). L’occasion de constater que la coque se salit de plus en plus sérieusement même si je pense qu’avec un simple grattoir, on pourrait la récupérer quasi totalement. Enfin, c’est ce que j’ai envie de penser …

Jeudi 08.

Il fait très chaud et une fois de plus, le soleil tape fort. Grâce au ciel, nous avons retrouvé notre piscine pour nous tous seuls ! Il s’agit d’en profiter un maximum car cela peut changer en un éclair ! Il suffit qu’un groupe de vieux gâteux décident de se mettre au yoga et l’espace est envahi !

Le soir, la piscine continue d’être squattée par tous ces américains qui n’invitent que très rarement à leur bord mais vous « inviteront » à prendre un verre que vous aurez amené avec vous, en un lieu commun.

Arrivée remarquée d’un Palmer Johson 120’ – 36 m – « Burn Rate » qui ne serait pas dédié au charter !!! Se pose alors la question de savoir à quelle vedette ou milliardaire appartient-il ? Nous les avons épiés, nous avons soudoyé des espions, nous avons essayé de corrompre l’équipage mais en finale, je n’ai même pas été en mesure de prendre une photo en entier du bateau !!!

Si je continue d’étouffer gentiment en cette marina, le fait qu’un certain nombre de bateaux lâchent les amarres pour diverses raisons (carénage, envie de bouger, marina trop chère …) allège un peu la pression. Mais ce qui réconforte le mieux mon moral chancelant c’est que l’on parle de plus en plus de « départ ».

Vendredi  09.

Sans pleuvoir constamment, il pleut quand même suffisamment pour rafraîchir un fond de l’air particulièrement lourd. La météo l’avait prévu.

Nous avons fait la connaissance d’Emma, coéquipière actuellement sur « Cameral V ». Nous avions entrevu le propriétaire de ce catamaran, Gérard,  juste quelques jours avant qu’il ne reparte en France. Ce dernier ne reviendra sur son bateau que le 15 novembre mais il a autorisé Emma à s’y installer entre-temps.

Samedi 10.

Pfft … « Burn Rate » s’est envolé avant notre réveil !

A chaque fois qu’Ann réalise un avitaillement en viande au « Phare bleu », c’est le déluge à bord. La semaine passée, c’était à l’intérieur et cette fois-ci, à l’extérieur !! Pas possible que le niveau de l’eau n’aie pas augmenté en conséquence.

Reconduite par Véronique &  Eric de « Oxo », nous avons eu l’occasion d’un peu bavarder avec eux  … au beau milieu de la piscine comme les Amerlocs. Je n’en suis pas encore à me balader avec mon verre réfrigérant à la main mais il est certain que ceux-ci déteignent sur moi. Quelle horreur.

Nous avons passé une bonne partie de l’après-midi à « scrurer » (récurer) nos coussins du cockpit. Ils étaient d’une saleté bien incrustée dans le tissu et il nous aura fallu toute l’énergie du désespoir pour les avoir à nouveau blanc ! Nous avons essayé successivement divers produits et c’est finalement, le « Cif crème » qui a remporté la palme.

Pas de nouvelles de « Yolo » !!! J’en suis à me demander s’il ne lui est pas arrivé quelque chose depuis le week-end passé. Dois-je déclencher les secours en mer ?

Dimanche 11.

Pas plus de « Yolo » aujourd’hui que hier ! C’est tellement incroyable qu’il ne vienne pas nous casser les pieds comme tous les week-ends précédents que je finis par me demander s’il ne me manque pas. C’est vrai quoi … je n’ai plus personne sur qui râler !

Je vous rassure de suite car comme pour nous narguer, il est passé dans le courant de l’après-midi, chargé de guests !! Il ne s’est pas arrêté au ponton flottant ce qui était évidemment notre principale préoccupation. Apparemment, il les aurait embarqués d’un autre endroit ce qui serait la plus merveilleuse nouvelle si elle pouvait se confirmer à l’avenir.

Le Premier Ministre de Trinidad a fait son allocution et n’a même pas évoqué l’éventualité de l’ouverture des frontières. Notre tout dernier ténu espoir vient donc de s’envoler. Maintenant, il nous faut avoir les autorisations des autorités françaises pour rentrer en Martinique à la fin du mois …  Bien entendu, les plaisanciers français partent du principe simple qu’il n’existe aucune procédure, c’est ce que révèlent les réseaux sociaux toujours si bien informés  !!

Lundi  12.

La pandémie progresse et les restrictions aux déplacements entre îles, augmentent. La « bulle de sécurité» qui reliait les îles anglophones vient juste de sauter puisque dorénavant, il faut se munir d’un test PCR négatif pour se rendre dans une autre île. Si nous devions remonter en Martinique, en réalisant du cabotage, il nous faudrait réaliser une batterie de tests. Le test PCR à la sortie de Grenade coûte 450 ECI soit + /- 150 € …

En ces conditions, tout le monde commence à se demander sérieusement ce qu’il va faire. Entre-temps, il  y a tous les plaisanciers qui ont mis à l’abri leur bateau, à Trinidad, en mars 2020, juste avant la fermeture des frontières, qui se voient aujourd’hui interdire l’accès à leur bateau …

En milieu d’après-midi, nos amis Véronique & Eric de « Oxo » sont – enfin – revenus du chantier « Grenada Marine » : trois semaines de carénage au lieu d’une. Sur le retour, ils se sont tapés un grain orageux avec des vents jusqu’à 35 nœuds. Comme ils étaient toutes voiles dehors, ils ont eu la peur de leur vie. Nous avons vu passer le grain juste sur le côté de la marina : pas beau à voir.

Une connaissance a vu la foudre tomber sur son mât alors qu’il était à « Cariacou » …

Mardi  13.

Ciel couvert, chaleur lourde.

A faire un petit tour des pontons, on constate très vite que la marina s’est transformée en chantier naval tant on travaille sur tous les bateaux. L’ambiance reste malgré tout feutrée car déjà de nombreux grands bateaux ont quitté le nid. Nous échappons pour le moment, à toute cette excitation car malheureusement, il nous faudra attendre notre retour en Martinique pour mettre en œuvre tous nos chantiers.

Mercredi  14.

Pluie … pluie et encore pluie. Ce sont certainement les jours les moins agréables même si en contrepartie, on a droit à des températures plus tempérées et donc , plus agréables.

Nous avons fait la connaissance via « Oxo », d’un couple de français très sympathiques, Valérie & Laurent. Malheureusement, dès demain, ils remontent vers la Martinique car Laurent, skipper professionnel, doit suivre des cours de recyclage pour son « capitaine 200 ». Nous aurons peut-être l’occasion de mieux faire leur connaissance plus tard.

Journée par ailleurs, assez calme.

Jeudi  15.

Après la pluie … un beau et magnifique soleil. Quand il y a un zeste de vent comme en cet instant c’est super agréable … autrement, il peut faire assez lourd.

Ann est partie faire des courses d’avitaillement avec Véronique de « Oxo ». Pendant ce temps là, je suis en train de taper la carte avec quelques locaux en compagnie d’une bande de joyeux drills américains rencontrés sur les pontons. Vous voyez la scène ?

Votre réponse m’intéresse car le cas échéant, je vais changer la police de caractère de mon blog et vous offrir de meilleures lunettes de lecture. Si de votre côté, vous pouviez aller consulter un spécialiste du cerveau, je vous assure que vous m’en remercierez plus tard.

En ce moment, vigilance jaune en Martinique … de terribles inondations défigurent l’île. Ce n’est sans doute pas encore le moment de quitter la sécurité de notre marina.

Le soir, nous avons pris l’apéro à bord de « Oxo ». Toujours aussi sympa.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

 

Mercredi  16.

Depuis plusieurs jours, nous farnientons avec bonheur mais comme pour toutes choses, un moment donné, il faut savoir changer de braquet. J’en suis totalement incapable tant je suis bien sur notre bateau et trop casanier alors la seule manière de m’en extirper reste encore … d’organiser un restaurant ! Je n’aime pas aller au restaurant mais je ne peux décemment en priver Ann. Aussi, lorsqu’elle a organisé cette sortie, je ne m’y suis pas opposé.

Nous avions réservé pour 12.30 heures, au « BB’S Crabbak » situé à l’extrémité de la jetée des pêcheurs. Du bateau, on peut l’apercevoir. Nous étions 6 soit Nancy & Marc de « Mana » et Véronique et Eric de « Oxo ». Superbe déjeuner et très agréable ambiance.

Cette fois, nous y avons été avec l’annexe de « Oxo » ! Eric l’avait proposé malgré le risque de la  laisser seule au quai des pêcheurs. En fait, il y avait trois autres annexes lorsque nous y sommes arrivés ! Il est vrai qu’en venant de la marina, se déplacer en annexe reste encore ce qui a de plus commode.

Ensuite, nous sommes chacun retournés à  nos bateaux pour digérer.

Jeudi  17.

Réveil à 7.10 heures et départ pour le centre de plongée de « Scubatech  » à 8 heures. Nous étions accompagnés de Marc de « Mana » et de Véronique & Eric de « Oxo ».

Première plongée (-31m – 35’ – 29°- nitrox 30) sur l’épave de « Anina », cargo de 60m. coulé intentionnellement en mars 2018. L’épave est donc superbement conservée, couchée sur son flanc bâbord et concrétionnée de coraux oranges. Elle mérite certainement une seconde plongée avec moins de courant car il y a réellement de quoi se balader à l’intérieur du bateau.

Eveline et Marc (à court d’air) sont remontés en premier. Véronique et Eric plongeaient  avec un instructeur, d’un autre côté. Je restais donc avec Ann et Philippe de « Basilic ». Je voulais  voir la poupe du bateau mais une fois arrivé à sa hauteur, je me suis rendu compte que le courant était très fort. J’ai donc fait demi tour avec l’intention de poursuivre notre plongée mais quand je me suis inquiété de la présence d’Ann, cette dernière était agrippée à l’épave et de fort mauvaise humeur en raison du courant. Je n’ai donc pas eu d’autre choix que de mettre fin à la plongée et de sortir mon parachute au palier.

Seconde plongée (-23 m – 54’ – 29° – 1’ à -3m – nitrox 30)  sur « Black Forest », une longue langue de corail balayée par un fort courant. Pour ceux et celles qui s’étonneraient de cette minute de palier obligatoire, précisons que je ne règle jamais mon ordi sur nitrox comme mesure de sécurité complémentaire.

Le spot est superbe en raison de ces nombreuses grandes gorgones dans les mauves mais ce fort courant nous a obligés à passer la moitié de notre temps à nous inquiéter de ne pas perdre la palanquée de vue (8 personnes). A refaire, je demanderais de la morceler et je prendrais la direction d’une.

Comme à chaque fois, nous avons été mangés tous ensemble au resto d’à côté, « Lance aux Epines ».

En rentrant à la marina, nous découvrions que notre voisin bouddhiste avait placé l’annexe de ses (invités ???) entre nos deux bateaux et que nous avions un nouveau voisin au ponton flottant. Contrairement à la fois précédente, ce dernier a eu l’intelligence de placer son étrave et non sa poupe,  vers notre bateau. S’il avait poussé l’intelligence en s’amarrant à l’autre extrémité du ponton flottant au lieu de nous serrer au plus près, nous lui aurions décerné un prix de la bienséance.

Nos bouddhistes sont cul et chemise avec un couple de jeunes qui arrivent toujours à la marina à bord d’une grosse annexe (70 cv) construite spécialement pour les catamarans Lagoon. Quel rapport existe-t-il entre ces deux équipages, nous l’ignorons mais ils sont toujours fourrés chez nos voisins.  Nous sommes débarrassés de « Ananda » que nous nous faisons maintenant emmerder par des bouddhistes …

Que peut bien nous faire la présence de cette annexe entre nos deux bateaux ? Allez demander cela à Marc de « Mana » qui a vu son aile arrière bâbord griffée par le moteur relevé d’une annexe mal attachée  … Depuis lors, c’est la grosse bagarre avec son voisin français. Alors croyez moi, il vaut beaucoup mieux prévoir que guérir.

Vendredi  18.

Très chaude journée que nous avons consacrée au farniente. De toute manière, il était rigoureusement impossible de tenir à l’intérieur sans airco.

Samedi  19.

Quand ce n’est pas notre voisin de gauche, les « bouddhistes »,  qui nous emmerde, c’est le bateau école de la marina d’en face qui s’amuse comme ce matin, à réaliser des appontages au ponton flottant. Nous en étions débarrassés que c’est « Yolo » qui est revenu nous tourmenter après une si belle période où il allait se faire pendre ailleurs dans la marina !

Pourquoi revient-il à notre ponton flottant alors qu’il a tant de place ailleurs ? Mystère. Consolations : il a éteint ses moteurs et ne nous inonde pas de sa musique de débile. A 13 heures, il mettait toutefois, son GE en route et une grosse demi-heure plus tard, ses guests arrivaient compactés. Apparemment, ceux-ci ne sont plus autorisés à pénétrer dans la marina en ordre dispersé comme auparavant et cela, est une excellente affaire.

Surchargé d’une vingtaine de personnes (!), ce sabot des mers est parti faire son petit tour en mer. « Yolo » passera sa nuit, amarré au ponton flottant.

Apéro à bord de « Oxo » avec « Mana » : les petits plats dans les grands. Très, très sympathique soirée entre francophones. Mon Dieu que cela fait du bien.

Dimanche 20.

Réveil à 7 heures, départ à 8 heures pour les chutes des « 7 Sœurs » avec « Mana » et  « Oxo ». Sur place, nous nous astreindrons à 45’ de marche à pied sur un sentier particulièrement casse-gueule mais une superbe baignade en guise de récompense.

Ensuite, juste le temps de nous rendre à l’hôtel/restaurant  « Petite Anse » où nous étions attendus pour midi. Encore heureux que nous avions réservé car … nous étions les seuls clients !!! Si l’endroit est magnifique avec une vue imprenable sur la mer, ce n’est pas pour sa gastronomie qu’il faut s’y rendre. Par contre, comme but de promenade au nord de l’île, il n’y a pas mieux.

Après  notre déjeuner, nous sommes descendus sur le sable pour un merveilleux bain de mer. Il n’y avait que nous … le pied. Ensuite, retour à la marina : il faut compter une heure et demi de voiture !

Mais le plus beau nous attendait à la marina : nos « bouddhistes » étaient partis. Le méga pied. Notez qu’ils ne sont pas partis bien loin … le mouillage devant « Saint Georges ».

Lundi  21.

La première opération de la journée tandis qu’Ann allait chercher du pain, fut de nettoyer la ligne de flottaison qui une fois de plus, s’ornait d’une horrible couronne d’algues vertes. Mes précédents nettoyages remontaient aux  25.08  et 04.09 !!

Pour le surplus, je pourrais résumer la journée d’un seul mot : « farniente » mais ce serait un peu perdre de vue que la marina « Port Louis » ne ressemble pas à l’idée que l’on peut avoir d’une marina classique !!! Ce qui diffère ne se situe pas en la qualité des équipements (marina Camper & Nicholson) mais en le seul fait que la très grande majorité des équipages est bloquée à bord.

De traditionnel immense parking en plein air, la marina s’est ainsi  transformée en un petit village bourdonnant avec ses petites querelles de clocher, ses mouvements de masse et ses petits camps retranchés. Survivre en ce milieu coloré et animé, vous occupe toute la journée.

En début de soirée, nous avons eu un catamaran 40’ américain, « Silicon Valley », qui est venu s’amarrer pour la nuit, au ponton flottant !!! C’est la première fois que la marina place en cet endroit, un catamaran alors que leur place habituelle est le long du quai en face des bureaux ! La conséquence en est que nos cockpits sont face à face, à seulement quelques mètres l’un de l’autre …

Au départ, j’en ai beaucoup voulu aux skippers indélicats mais depuis lors, j’ai appris que c’était les marineros eux-mêmes qui les plaçaient ainsi … pour faciliter l’accès aux prises d’eau et d’électricité situées juste à l’arrière de notre bateau !

Ce qui nous a immédiatement inquiétés c’est leur annexe, moteur relevé, attaché à l’arrière de leur boîte à savon et donc susceptible de venir frotter sur notre coque si le vent changeait de direction ainsi que le barbecue allumé alors que cette pratique est interdite en marina pour des raisons évidentes de sécurité.

Pour l’annexe, nous leur avons demandé de l’attacher plus sur l’avant et c’est avec une mauvaise grâce évidente qu’ils l’ont avancée d’un taquet le long de leur flanc bâbord (de nuit, je n’avais pas remarqué qu’en fait, l’annexe était attachée à l’avant et à l’arrière en sorte qu’elle ne présentait pas le moindre danger pour notre coque) . Quant au barbecue … nous avons préféré nous taire tout en ayant peur de découvrir le lendemain matin, des traces de brûlures sur nos sièges ou nos capotes.

Ma soirée était déjà assez fortement perturbée comme cela que durant le JT de TF1, nous avons rapidement constaté quelque chose d’anormal au niveau de notre airco !!!! En passant la tête au dehors, j’ai relevé que « S.A.S.³ » était encerclé par les sargasses ! De là à conclure que notre arrivée d’eau était bouchée, il n’y avait qu’un pas que j’ai franchi immédiatement.

Ma première opération consista à nettoyer le filtre à eau qui n’était que peu encombré de sargasse. Ma seconde, plus téméraire, m’a contraint à une petite plongée de nuit pour déboucher la vanne par l’extérieur. Aussi inutile que vaine ! Ma troisième, plus intelligente, me poussa à démonter la vanne …

Mouais, bon, raconté comme cela, le bateau devrait logiquement être à l’heure actuelle par le fond de la marina. En fait, il s’agit d’une vanne en plastique (coque en aluminium) en L et cet angle droit est le plus souvent, la cause du bouchon. Il suffit (…) donc de fermer la vanne et de démonter ce coude.

Mon plus grand problème fut l’accès à la vanne car je suis grand (1.87 m … Ok, avec l’âge, je me suis tassé :  1.85 m) et je manque totalement de souplesse. La position était dès lors des plus inconfortable et dévisser une réduction en matière plastique est des plus désagréable par manque de prise sur la pièce.

Mardi  22.

« Silicone Valley » qui a fait marcher son GE toute la nuit pour avoir de l’airco, n’était plus ce matin, prêt à partir ! Il nous avait affirmé pourtant la veille au soir, qu’il ne restait qu’une seule nuit

Au matin, son GE tombait en panne ! Joie. Malheureusement, après en avoir réalisé l’entretien et connu divers essais infructueux, il marchait à nouveau comme une horloge.

Comme il restait sur place, la marina lui attribua un autre emplacement sur le quai principal. Normalement, il aurait du s’y rendre en cours de matinée mais manifestement, il préférait rester au ponton flottant … et nous emmerder copieusement du même coup!

Après plus d’une heure de bruit et de gaz d’échappement, Ann est allée lui demander d’éteindre son GE mais, contre toutes attentes, le skipper l’a proprement envoyé sur les roses !! Alors que lorsqu’il s’échinait un peu plus tôt sur son GE, Ann pensant l’aider, était allée le trouver pour lui signaler le problème que nous avions connu avec les sargasses.

Face à cette attitude aussi grossière qu’incivique, Ann est allée prévenir un marineros de la situation. Un gros quart d’heure plus tard, ce dernier se pointait (enfin) et l’obligeait à prendre son nouvel emplacement. Nous n’avons pas compris ce qu’ils se sont dit mais manifestement, il a fait de la résistance !

Evidemment, à son nouvel emplacement, il a été contraint d’une manière ou d’une autre, à se brancher au courant du quai … et à éteindre son GE.

Selon nos informations, si « Silicone Valley » bat pavillon américain, il s’agit en fait, d’ une famille de polonais avec un skipper. Ils viennent de « Saint Vincent » sans faire de quarantaine et ont visité les « Grenadines ».

A la piscine, nous avons été emmerdés par six vieux échappés d’un asile ou l’autre, qui prenaient le bassin comme lieu de papelote. Encore un peu, ils dressaient en son centre, une table et tapaient la carte …

Mercredi  23.

La piscine est désormais squattée par une foule d’Américains plus matinaux que ceux que nous avions connus jusque là. Malgré deux essais, nous ne sommes pas parvenus à n’avoir la piscine que pour nous comme auparavant. Il est donc vraisemblable que nous n’irons plus et sans doute, choisirons nous dorénavant, la petite plage à l’extrémité du mouillage.

Si la vie à la marina peut paraître douce et agréable, personnellement, j’étouffe la plupart du temps par trop de promiscuité et chaque jour, j’ai le sentiment que cela empire. Grâce au ciel, il existe des moments de pur bonheur.

Je me projette également beaucoup dans le futur et au vu de l’évolution du Covid-19, je ne vois plus bien comment nous allons procéder pour la prochaine saison cyclonique: je n’ai en tous les cas, pas la moindre intention de revivre une seconde fois, notre expérience actuelle.

Jeudi  24.

Depuis hier, Ann recherche pour moi, un dentiste … le quatrième ! Après avoir dû dévitaliser ma molaire du bas, c’est maintenant celle du haut qui me donne des soucis. Comme nous ne savons plus très bien quand nous pourrons rentrer en Belgique, je n’ai plus l’intention d’attendre que la situation s’aggrave pour prendre les mesures qui s’imposent.  Seulement voilà, il est très difficile de trouver un dentiste compétent qui ne vous donne pas un rendez-vous … à l’année prochaine !!

Jeffery Taxi, notre taximan attitré, nous avait dégoté un rendez-vous pour ce jeudi mais nous devions être là avant  11 heures et il était … 10.45 heures ! Je profitais tranquillement de la piscine pour moi tout seul, lorsqu’Ann est venue m’en avertir !! Le bordel … je vous laisse imaginer la scène entre d’une part, Ann qui filait au parking, à moitié vêtue, retrouver Jeffery et moi, en maillot de bain qui ne savait plus trop bien ce que je devais faire. Pour couronner le tout, il s’est mis à pleuvoir.

En finale, le dentiste m’a intercalé ce vendredi matin entre deux rendez-vous. Avec tout cela, je n’ai pas été en mesure de profiter tranquillement de ma piscine.

Vendredi  25.

Réveil à 7 heures, rendez-vous sur le parking avec « Jeffery Taxi » pour 8 heures, nous étions chez le Dr. Dubelys Perez Casado pour 8.20 heures. En fait, elle a son cabinet juste à côté du centre de plongée d’Evelyne et ce qui ne gâte rien … elle parle français !!

Son diagnostique ne s’est pas fait trop longtemps attendre : une petite carie profonde en-dessous d’un ancien plombage ! En un tour de main et avec beaucoup de douceur, la carie était soignée et je me retrouvais avec un pansement. De vrais doigts de fée.

Nous sommes ensuite, partis en course en sorte que nous n’étions de retour au bateau qu’à 13.30 heures. Véronique et Eric de « Oxo » nous attendaient à la piscine. « Oxo » a été sorti de l’eau chez « Grenada Marine » pour un problème de moteur mais le travail n’avance nullement et nos amis français ne souhaitent plus que quitter ce chantier au plus vite. Pour se changer les idées, ils étaient venus pour la journée, à la marina.

Nous étions tellement fatigués que nous nous sommes tous les deux endormis dans notre cockpit !!

Samedi  26.

Après la journée d’hier, nous avions besoin de dormir. Cela n’a pas empêché Ann de me réveiller en sursaut vers 5.30 heures du matin parce qu’un feu s’était déclaré du côté de la marina d’en face !! Il est vrai que les flammes étaient tellement hautes qu’il était à craindre que les deux voiliers amarrés juste à hauteur de l’incendie, ne s’embrasent à leur tour.

Sans perdre de temps, nous avons installé tout notre matériel de photos pour le cas où … On se posait encore la question de savoir à quel magazine nous allions vendre nos photos que le feu s’éteignait tout seul !!! Certains plaisanciers ont suggéré qu’il s’agissait d’un feu volontaire de détritus du ferry !

Par chance, nous avons pu retrouver notre sommeil.

Journée très, très calme : « meut,meut,meut … tous les Amerlocs de la marina suivent leur guide ». J’ignore où la meute s’est rendue ce week-end mais il était évident qu’ils étaient tous de sortie. Malheureusement, vers 15 heures, « Yolo » – comme tous les week-ends – se pointait et s’amarrait au ponton flottant. Il aura fallu attendre 18.30 heures (!) pour qu’il lâche enfin ses amarres avec ses guests !

Dimanche 27.

Notre matinée a débuté par un puissant orage juste au-dessus de nos têtes ! Même s’il n’est pas resté trop longtemps, nous avons eu l’occasion de revoir le catalogue de nos prières aux diverses divinités de garde, dans la zone. Par bonheur, aucun bateau ne semble avoir été touché alors qu’il y a quelques temps, la foudre est tombée sur plusieurs bateaux à « Cariacou » !!! Nous avons eu l’info par le biais de notre électricien, Jean-Michel, qui a été appelé pour réparer les dégâts.

L’orage passé, nous avons eu droit à une pluie interminable qui comme son nom l’indique, n’en finissait pas d’en finir. Cela nous a assuré une quasi tranquillité à la piscine. Autre bienfait, la diminution des températures qui s’est ressentie sur notre consommation airco de la nuit.

Si nous avions espéré que la pluie mettait un terme aux projets de « Yolo » (il a passé la nuit, à la marina), nous en avons été pour nos frais puisqu’en début d’après-midi, nous avons été les témoins privilégiés de ses préparatifs pour ses nouveaux guests. Une fois encore, c’est à plus d’une vingtaine de personnes qu’ils sont partis faire un tour en mer pour ne revenir qu’après le coucher du soleil !

Lundi 28.

Cette nouvelle journée aura débuté par une pluie abondante. Piscine et ensuite, rebelote, une pluie abondante. Avec ce qui est tombé, la nappe phréatique de la France entière pourrait être reconstituée !

Côté moral … c’est comme tout le reste, cela prend eau de toutes parts ! Alors que nous préparons activement une sortie de l’eau du bateau en Martinique, il existerait une possibilité d’aller à Trinidad pour la mi-octobre !!! Info ou intox ? Cela fait depuis des mois qu’on nous bassine avec une ouverture prochaine des frontières alors que depuis mars, elles sont hermétiquement fermées sauf pour les pêcheurs vénézuéliens !

Côté familial … même chose. Les nouvelles ne sont jamais tout-à-fait mauvaises, ni tout-à-fait bonnes !!! En fait, on attend inlassablement les résultats d’examens ou d’analyses qui ne sont jamais probants.

Au demeurant, nous attendions le passage d’un technicien pour notre passerelle hydraulique mais une fois encore nous avons oublié de demander de préciser l’année du rendez-vous. Quand ce n’est pas l’année, c’est le fuseau horaire pris en compte. Difficile de s’habituer à une autre culture …

En finale, j’ai profité qu’Ann était partie faire quelques courses pour démoraliser à mon aise, tranquille dans notre cockpit. Cela fait du bien.

Mardi  29.

Superbe journée qui fait énormément de bien au moral même si la donne n’a pas changé. Enfin, nous avons quand même calculé que notre consommation « airco » avait pu être maîtrisée ce mois-ci avec un total de 2.033 kwh alors que le mois précédent nous en étions à  1.463 kwh pour une dizaine de jours d’utilisation !!

Comment cela s’explique-t-il ? Essentiellement, nous n’enclenchons plus l’airco que de 18 à 9 heures et non plus, toute la journée comme aux débuts. Or, la consommation est fort variable en raison de la température extérieure et en journée, quand le soleil tape, les températures sont très élevées. Cette nuit passée, après le passage de la pluie, les températures étaient exceptionnellement plus basses et notre consommation est passée de 65 khw à 42 khw !! Est inclus dans ces chiffres, une constance de 1 khw/heure pour le « service ».

Le mode d’utilisation (le nombre de pièces à refroidir, la température à atteindre, le mode de ventilation) joue certainement pour partie un rôle mais nous ne sommes pas parvenus à le déterminer ! J’aurais tendance à affirmer qu’il est négligeable ou à tout le moins, non déterminant.

Il s’agit d’un « luxe » (tout dépend du prix du kwh …) indéniable mais indispensable en marina lorsqu’on ne peut profiter d’une bonne aération  naturelle. Ici, à la marina, seuls les propriétaires font attention … alors que pour les équipages, c’est « airco », toute la journée ! Je n’ose pas imaginer leur facture mensuelle.

Sur la fin d’après-midi, nous voyons arriver au ponton flottant, un voilier américain d’un autre âge. Merde … Par bonheur, les marineros le placent l’étrave vers nous. Ouf … Pour prendre de l’eau vu la longueur de leur tuyau d’arrosage, ils avancent le bateau jusqu’à toucher nos amarres. Aie là. Attention. Pas Op ! J’ignore leur capacité en eau mais cela a duré un temps infini pour remplir leurs réservoirs. Ma patience a ses limites … Contre toutes mes attentes, le plein réalisé, nos Américains s’en retournent à leur mouillage. Bobonne … fais sauter le champ.

Mercredi  30.

Dernier jour de septembre. Le mois d’octobre va débuter et avec lui l’interrogation qui commence à nous tarauder : quand allons-nous partir ? Comme tout dépend de la météo, il est bien difficile de préciser avec certitude la fin de la période cyclonique. Il serait navrant de retourner en Martinique et de se taper un cyclone tardif !

Il y a également la possibilité que Trinidad ouvre se frontières ! Nous n’y croyons pas mais comme l’éventualité a été évoquée par les autorités de l’île, on ne peut s’empêcher d’y penser. Et que ferions-nous en cette éventualité ??? La question reste posée avec son lot d’avantages et d’inconvénients.

Journée fort maussade et pluvieuse : il n’a pas arrêté de pisser ! Notre moral en a pris un coup.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Mardi  01.

Journée très ensoleillée, chaude et calme.

Après toutes nos occupations de la semaine précédente et mon dentiste de lundi (une vraie boucherie), nous avions besoin de prendre un peu de temps pour nous. Aussi, ce fut journée farniente.

En début d’après-midi alors que je me promenais sur les pontons, mon appareil photo à la main, je me suis fait réprimander comme un gamin par un surveillant de la marina qui faisait sa ronde. Mon crime … prendre en photo, un catamaran inoccupé de la marina !

Bien que j’ai fait part à mon surveillant que je ne comprenais pas l’anglais, il m’a répondu que je comprenais très bien ! Qu’il était interdit de prendre des photos car il s’agissait d’une marina privée et que les propriétaires de bateau pouvaient ne pas aimer que l’on sache que leur bateau était à la marina … si j’ai bien compris son charabia. Pendant un instant, je me suis retrouvé dans la peau d’un paparazzi volant la photo du yacht d’une célébrité … en l’absence de la célébrité !

Déjà que j’ignorais si effectivement il est interdit de prendre des photos dans l’enceinte de la marina, un peu plus tard, il venait nous chercher carrément noise parce que nous venions d’amarrer notre annexe au ponton flottant situé juste à côté du bateau !!

Il a baissé d’un ton lorsque nous lui avons appris que notre annexe revenait juste de réparation et que nous allions la nettoyer avant de la suspendre – comme nous le faisons depuis notre amarrage à cet emplacement – sur le flanc tribord de notre bateau.

Non content, il nous a fait la remarque que nous n’arborions pas le pavillon de courtoisie de Grenade ! En fait, depuis le passage de Gonzalo, nous n’arborons plus le pavillon national, ni le pavillon de courtoisie. De surcroît, il est très et trop fréquent de voir rentrer à la marina, un bateau n’arborant aucun pavillon. Un simple « surveillant de marina » a-t-il le droit de nous imposer d’arborer le pavillon de courtoisie ? Je suis quasiment certain que non mais pour faire bonne figure, nous l’avons à nouveau hissé.

Nous pensons que son animosité à notre égard, remonte  à l’époque où « Yolo », un bateau à moteur local, venait accoster plusieurs heures durant, au ponton flottant, en l’attente de l’arrivée de ses guests et cela, sans bourse délier … avec la complicité du personnel de la marina. Nous nous étions insurgés de la situation au motif que ce paysan ne prétendait pas éteindre ses moteurs pendant son attente, nous polluant gravement l’air.

Question marina, nous venons de recevoir notre facture d’eau/électricité du mois : 750 € alors que notre airco ne fonctionne mi-temps que depuis le 20 août !!!! Notre consommation électrique a doublé et le prix du kwh est exorbitant ! Passé la stupéfaction, nous avons décidé d’essayer d’y voir un peu plus clair dans notre consommation en réalisant des relevés de compteur plusieurs fois par jour. Sans doute pas le fruit du hasard mais il y a beaucoup moins de bateaux qui  laissent tourner  l’airco toute la journée !

Quand nous voyons combien nous coûte notre séjour forcé en marina … doublement, vivement le mouillage !

Mercredi  02.

Nous avons appris ce matin, de Charlotte, la manager de la marina, que tout le personnel avait été recadré par le service de santé à cause de « Yolo » qui ne respecte aucun protocole sanitaire aves ses guests. Comme je le pensais, notre surveillant a voulu nous faire payer une dénonciation dont nous ne sommes pas les auteurs. Pour le surplus, Charlotte est un peu tombée des nues en entendant notre récit des faits.

Après la piscine et le petit déjeuner, nous avons attaqué le nettoyage du pont en teck … à la brosse dure. Au niveau cardiaque, l’exercice est très, très éprouvant mais le résultat est stupéfiant. Nous sommes parvenus, non sans peine, à nettoyer le triangle en avant du mât. Mais nous avons déclaré forfait pour la suite ! Dès demain, Sean Tomas, « nettoyeur professionnel » local,  devrait poursuivre le travail.

Nous en étions là de nos pérégrinations qu’on nous ramenait notre GV. Avec dextérité et à trois, ils l’ont remise en place. J’ai alors eu le tort de vouloir la lever pour vérifier que tout était bien en place mais avec un vent carrément arrière, la voile est montée aux 2/3 et s’est bloquée !

J’ai réellement cru un moment que nous ne parviendrions pas à la faire descendre. Il faut dire que nos trois lascars se sont montrés des plus mous pour me venir en aide … Devant l’énergie du désespoir que j’ai dépensée, ils se sont quand même remis à la tâche et tout s’est bien terminé. C’est qu’ils sont susceptibles à Grenade … Déjà Simon, le dealer Mastervolt, nous bat froid depuis que nous avons eu l’outrecuidance de lui demander le prix de la réparation de notre isolateur alors qu’il nous avait expliqué que cela ne valait pas la peine de le faire réparer !

Jeudi 03.

Avec une belle énergie que je lui envie, Sean a poursuivi notre nettoyage du pont : un « travail d’homme » alors que nous nous réservons le nettoyage de la coque, un « travail de femme » que je lui ai expliqué pour ménager sa susceptibilité. Il est malheureusement, trop bavard, trop familier et trop exubérant pour moi. J’aime les silencieux qui savent garder leurs distances.

Je suis tellement fatigué ces derniers temps que je suis allé me coucher après le journal télévisé !

Vendredi 04.

Réveil à 7 heures du matin !!! Je déteste me réveiller tôt mais une fois réveillé … autant en profiter que ce n’est pas encore le cagnard pour attaquer le nettoyage de la coque fortement salie (superbes coulées grises) par le nettoyage du pont.

Je croyais que cela serait facile mais le travail m’a paru bien plus pénible que je ne le pensais ! C’est peut-être la raison même de ma déconvenue.

Comme tous les vendredis, un petit marché se tient à la marina : l’occasion de nous pourvoir en jus de mangue. Comme il faut impérativement être dans les premiers … Ann s’est arrêtée alors que nous en étions à la moitié du flanc bâbord. Plutôt que de l’attendre stupidement, je me suis mis à l’eau avec PMT et je me suis tapé la ligne de flottaison : décidément, elle se salit très, très vite !

Une fois terminé, Ann étant revenue du marché, nous avons poursuivi notre nettoyage jusque 12.30 heures ! Le résultat des courses est que nous nous sommes tapés tous les deux, de superbes coups de soleil avec  un début d’insolation pour Ann.

Ravitaillement en boissons au « Foodland » avant de remonter l’annexe que nous avions mise à l’eau pour le nettoyage de la coque. Pendant qu’Ann faisait les courses avec Marc & Nancy de « Mana », je suis allé faire un tour sur le mouillage pour constater que sur une quarantaine de bateaux à l’ancre seulement une dizaine arborait un pavillon jaune ! Les règles de confinement ont beaucoup changé depuis notre arrivée fin mai.

En fin de soirée, il pleuvait sur notre beau travail …

Samedi  05.

Depuis quelques jours, nous notons plusieurs fois par jour, notre consommation électrique. Nous pensions avoir trouvé la solution pour diminuer notre consommation « airco » mais ce matin, malgré toutes les mesures prises, nous sommes retombés à 60 kwh/nuit. La veille, nous n’avions consommé que 48 kwh (!) mais nous avions bien senti que nous avions bénéficié d’une chute temporaire des températures. Dommage.

Notre consommation journalière de jour (de 9 à 18 heures), sans airco, est de 9 kwh.

Journée pluvieuse horripilante quand on souhaite la passer dans son cockpit …

Quand Ann m’a annoncé que les frontières de Trinidad s’ouvraient et que mercredi prochain, nous allions quitter la marina, elle m’a réellement pris à contre-pied. C’est vrai que la perspective était alléchante à plus d’un aspect mais c’était si soudain et surtout, si imprévisible sur base des dernières informations en notre possession !

Malheureusement, une heure plus tard, la douche froide nous tombait dessus : l’article qu’Ann avait lu, ne concernait que les nationaux !

Lorsque j’ai voulu rincer à l’eau douce, le moteur de l’annexe comme je  le fais après chaque utilisation suivie d’une longue période d’inactivité, j’ai connu une petite frayeur lorsque l’eau de refroidissement  s’est refusée à éjaculer !!!  En finale, tout est rentré dans l’ordre sans pouvoir éviter pour autant la mise à l’eau de l’annexe …

Dimanche 06.

Arrivée au ponton flottant, voisin de notre emplacement, de « Requin » (un Baltic 40’ ?). Comme le vent lui vient à 90°, amarré le voilier sur tribord ou sur bâbord, n’a aucune incidence sauf que pour l’amarrer sur tribord, il faut manœuvrer en marche arrière et le départ sera un peu plus délicat (toujours plus difficile de quitter un ponton en marche avant qu’en marche arrière en raison du fait que l’arrière est toujours beaucoup plus large qu’à l’étrave !).

La différence de taille réside en ce que le voilier amarré sur tribord, son cockpit se trouve nez à nez avec notre cockpit …. Quelle option pensez-vous que cette conne d’Américaine (amie de « Ananda » …) a-t-elle choisie ? Ne vous fiez pas au pavillon anglais de pure complaisance, en ce cas.

Nancy & Ann  avaient prévu un déjeuner à « l’Aquarium », magnifique restaurant ayant les pieds dans l’eau. Quand nous sommes arrivés sur le coup de 12.30 heures, nous étions dans les premiers et c’était très agréable. Malheureusement, nous en étions toujours à l’apéritif que toute la marina a débarqué !! Une trentaine d’Amerlochs toujours aussi bruyants, avaient réservé deux grandes tables juste à côté de notre petite table … plus moyen de s’entendre ! Après, c’est par groupes plus ou moins nombreux qu’ils ont continué de remplir le resto !!! Au secours … déjà je les supporte toute la semaine et voilà qu’ils débarquent où nous pensions pouvoir déjeuner en paix.

C’est la culture américaine : une organisatrice et un troupeau de moutons qui suit. C’est la seconde fois que par le plus grand hasard, notre initiative correspond avec la leur ! A tout prendre, je dois bien reconnaître que je préfère les Américains à beaucoup d’autres nationalités mais malgré leur gentillesse, nos cultures sont par trop différentes.

Nous avions terminé de déjeuner que la mer des Caraïbes s’est offerte à nous : magnifique plage. A peine dans l’eau, un orchestre a entamé son répertoire particulièrement fourni. Nous avons quitté le restaurant à 17.30 heures quand l’orchestre a commencé à remballer ses instruments.

Lundi  07.

Pour un lundi, c’est très calme ! Il fait chaud et beau et nous en profitons pour farniente. C’est ce qui nous manque le plus ces derniers temps mais Dieu que je préférerais être au mouillage. Je dois bien avouer que si  Ann ne s’y opposait pas, je me laisserais facilement séduire par le mouillage de « Cariacou » mais bon, ce n’est pas la bonne période et je crains qu’en cette époque de l’année, le mouillage ne soit plus aussi hospitalier que nous l’avons connu.

Mardi  08.

Matinée très animée à la marina avec, notamment, le départ vers 11 heures de « Ananda »  qui sera déjà de retour pour 16 heures. Une fois encore, il y avait du monde à bord puisqu’ils étaient pas moins de 16 personnes ! Apparemment, des copains des copains installés à Grenade. Le bateau mérite bien son surnom de « Auberge espagnole ».

Départ en début d’après-midi, de « Requin ». Nous nous en plaindrons pas.

Après-midi  assez calme avec une belle drache nationale qui s’est éternisée !

Mercredi  09.

Dernier rendez-vous (le quatrième …) chez mon dentiste, le Dr. Nelia Ramirez de « Dental Care Center Inc. » ! J’ai tellement hésité à me rendre à cette ultime séance de torture que j’ai décompté avec angoisse, les jours qui m’en tenaient éloignés ! Même assis sur le siège des tourments, j’ai encore hésité à prendre mes jambes à mon cou.

Pas plus d’anesthésie que les précédentes fois, je dois reconnaître que mon bourreau a su se montrer pour une fois, « humaine » tout en m’enfonçant par accident, le manche de son miroir dans le nez … J’ai également failli m’étrangler avec un surplus de produit que j’ai été contraint d’avaler : beurk, beurk, beurk. Mais, j’ai survécu bravement à l’empoisonnement.

Nous avons ensuite été faire des courses d’avitaillement au « Foodland » où notre taxi est venu nous rechercher.

Après une matinée fort chargée, nous n’avons plus quitté le bateau.

Jeudi  10.

Ce devait être une journée très peinarde mais en découvrant deux foyers de fourmis microscopiques dans notre cockpit, nous nous sommes affairés à une désinfection suivie d’un grand nettoyage. Comment ces bestioles sont arrivées jusque là restera sans doute un mystère. Ce qui par contre, est certain, c’est qu’elles apparaissent avec une vitesse déconcertante : le cockpit est pour nous un lieu de vie où nous passons le plus clair de notre temps et nous n’avions jamais rien vu jusque là !

L’ennui de tout cela c’est bien entendu que nous avons été trempés de la tête au pied à force de jouer avec le tuyau d’arrosage.

A l’apéro, nous avions aujourd’hui, Eric & Véronique du Catana 416 « Oxo ».  Ce sont des Français installés en Guadeloupe, qui sont arrivés il y a peu à la marina. Très sympas, nous les avions rencontrés à  la sortie de la piscine, l’après-midi même et le contact était immédiatement passé.

Vendredi  11.

Comme désormais, tous les matins, nous sommes allés nous rafraîchir à la piscine tandis que sur « l’Auberge espagnole », ils s’affairaient à une dizaine, à enlever les voiles qui ensuite, étaient enroulées dans d’affreuse bâches bleues toutes neuves ! Il s’agit de North Sails et c’est étonnant qu’elles n’aient pas leur sac !!

« The most beautiful boat of the marina » voilà le compliment qu’Ann a enregistré de la part d’une inconnue qui passait devant notre emplacement. Même si nous sommes habitués à  ce genre de compliment, cela fait toujours plaisir d’autant que nous avons pour voisin un Swan 82’ très bien entretenu sans parler des autres bateaux beaucoup plus grands qui nous entourent. Je dois avouer que si je trouve notre voilier sortir du « commun », il n’empêche que je ne comprends pas toujours un tel engouement sur une période aussi longue : 10 ans !

Ecrasés de soleil, nous avons passé paisiblement notre journée dans notre cockpit. Alors que j’ai toujours détesté la sieste, depuis quelques semaines, cela me prend de piquer un roupillon auquel il m’est impossible d’échapper : mes yeux se ferment de force !! Il est vrai que je n’ai plus souvent mes heures de sommeil car invariablement, Ann me réveille à 7 heures du matin avec les dernières news favorisées par le décalage horaire …

Samedi  12.

Après la piscine en compagnie d’Eric & Véronique de « Oxo », nous nous sommes calfeutrés dans notre cockpit pour une nouvelle journée de farniente.

Nous devions aller à « Island Water World » pour acheter un régénérateur de plexi ainsi que faire un petit avitaillement au « Foodland ». Mais en passant devant « Oxo », Eric a décidé de nous accompagner en sorte que nous sommes partis avec son annexe. Par les températures plus élevées que d’habitude (nous consommons 64 kwh/nuit pour l’airco) que nous subissons, cette invitation était plus que la bienvenue.

Dimanche  13.

Depuis que nous avons fait la connaissance d’Eric & Véronique, ils nous accompagnent le matin, à la piscine ce qui est plutôt sympa sauf que nous en arrivons à imiter les Américains (nous n’en sommes pas encore à apporter nos boissons …) à papoter le corps à moitié immergé. Le résultat des courses est que nous nous tapons de très méchants coups de soleil sur le visage et sur la tête !!! Ouais, je sais, nous allons devoir porter grand chapeau et lunette comme les Amerlocs.

Nous petit déjeunons, du même coup … à l’heure de midi !

En début d’après-midi, nous avions le déplaisir d’accueillir comme voisin immédiat, « Bodhisattva » (traduction : bouddha avant que celui-ci n’aie atteint son éveil), Jeanneau 64’ battant pavillon de Cayman.  A bord, deux américains bruyants avec des bruits de coffres que l’on referme sans précaution. Joie.

Grâce au ciel, ils ont mis l’airco (quel potin leur évacuation d’eau !) et nous ne les avons plus vus. Il faut reconnaître que les présentations furent des plus brèves pour ne pas dire inexistantes ce qui nous convenait très bien d’autant que selon nos informations, ils viennent en droite ligne de « Sainte Lucie » et n’ont respecté aucune quarantaine ! La question qui demeure, reste de savoir combien de temps ils vont rester à la marina.

Ce type de voilier, dédié en le cas d’espèce, au charter, ressemble plus à une énorme boîte à savon, incroyable boîte à résonnance, sans ligne, très haut sur l’eau et peu accastillé. A côté de lui, « S.A.S.³ » paraît bien petit alors que les deux bateaux ont la même taille ! C’est un peu la tendance aujourd’hui  de construire des bateaux très haut de franc-bord. Si cela contribue à donner de l’espace intérieur, question ligne extérieure …

Lundi  14.

Fameux orage durant la nuit ! Les éclairs et le tonnerre se succédaient et on sentait bien que cela se passait juste au-dessus de nos têtes. Par bonheur, l’orage s’est assez rapidement déplacé et nous avons pu retrouver notre sommeil.

Vers 3.40 heures, j’ai été réveillé par un bruit anormal et répétitif provenant manifestement de nos isolateurs « airco » (il n’y a qu’une cloison qui nous en sépare) !!!!!! En un bond, j’étais debout et j’éteignais l’airco. Je suis ensuite allé voir dans notre coffre tribord mais pas bien réveillé,  je n’ai pas compris qu’un de nos deux isolateurs s’était mis en sécurité !

C’est plus tard lorsque je suis retourné voir que j’ai compris qu’il y avait eu une panne d’électricité à la marina et que lorsque le courant était revenu, l’airco était toujours allumé. Ce qui manifestement, ne convient pas à nos isolateurs tribord car ceux de bâbord ne nous posent aucun problème de cet ordre !  En éteignant et en rallumant les isolateurs, tout est rentré dans l’ordre et j’ai pu remettre en fonctionnement notre airco.

En tout début de matinée, nous avons eu droit à notre drache nationale et pas mal de pluie par la suite.

J’ignore si une réputation quelconque nous a devancés mais il est certain que la messe est dite avec nos voisins bouddhistes : nous nous ignorons superbement ! A ce point là, c’est une première mais nous avons le cuir très résistant et surtout, aucun motif de complexe ce qui n’est peut-être pas le cas de nos nouveaux venus, allez savoir.

Mardi  15.

Une journée comme une autre avec pour seuls points marquants, un coiffeur pour Ann et le départ de « l’Auberge espagnole » pour le chantier de « Clarkes Court  Bay ». Nous espérons seulement qu’il n’y reviendra pas de si tôt …

Pour ma part, j’ai bien avancé dans la lecture de mon roman policier de Fred Vargas.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 3 septembre 2020

16 au 31.08.2020 – Grenade et ses cabinets dentaires.

Dimanche  16.

Ce matin, Nancy de « Mana » a essayé pour la première fois, tout son équipement de plongée. Ce qui n’aurait dû être qu’une formalité avant de réaliser son baptême en mer, c’est révélé pour elle, d’une grande difficulté ! Comme elle est courageuse, elle a commencé à surmonter ses craintes et ses peurs mais il s’agit d’un véritable défi.

Alors qu’elle est comme un poisson dans l’eau en apnée, respirer sur un détendeur et maintenir l’équilibre avec une bouteille sur le dos doit encore s’apprivoiser ! Comme quoi si pour certains, c’est quasiment inné, pour d’autres, un long apprentissage peut s’avérer nécessaire. Grâce au ciel, nous avons la piscine de la marina pour vaincre tous ces obstacles.

Lundi  17.

Matinée chargée …

A 8 heures, un employé de « Sea Safety Service Ltd » venait chercher notre annexe pour réparation d’une fuite d’air, changement de la bande de liaison coque /boudin et entretien du moteur.

Nous avions compris qu’il nous fallait conduire notre annexe jusqu’à la plage où une remorque nous attendait sauf qu’en fait, en raison de la présence de gros rouleaux, l’employé y a seulement débarqué Ann pour repartir par la mer, jusqu’à « Clarks court Bay » !!!!

Résultat des courses, Ann, trempée de la tête aux pieds, a été bonne pour revenir à pied jusqu’à la marina !!! Si les conditions de mer imposait cette solution, l’employé pouvait partir seul de la marina ! Il était parfaitement inutile de déposer Ann sur la plage !

Notre électricien s’est décommandé une fois de plus en raison des fortes pluies que nous connaissons en raison du passage d’une onde tropicale.

Avec un à-propos extraordinaire (pas une goutte d’eau durant toute leur intervention), deux employés de « Turbulences » sont venus chercher notre GV pour réparation et entretien. Pas une mince affaire de l’enlever mais pour une fois, nous les avons laisser entièrement faire.

Du côté de Trinidad, les nouvelles sont amusantes puisque nous avons appris ce matin, que l’île allait de nouveau être confinée tandis que chaque matin, des bateaux de pêche vénézuéliens accostent sans le moindre respect des mesures de précaution liées au Covid-19 et sans la moindre intervention des autorités locales. Il est vrai qu’ils arrivent à 6 heures du matin et qu’à cette heure, les « Coast Guard » pioncent encore comme des bienheureux.

Mardi  18.

Si les deux jours précédents, il faisait étouffant même au dehors, nous connaissons aujourd’hui, une stupéfiante chute des températures : un vrai plaisir. En relation ou non avec cet état de chose, nous avons eu droit, en début de matinée, à un sacré coup de vent (certains ont supporté 50 nœuds dans les mouillages du sud de l’île) aussi subit que passager. C’est la troisième fois que nous connaissons ce phénomène depuis que nous sommes à Grenade.

Tandis que Joseph Davis procédait au ponçage de nos marches d’escalier sous la surveillance d’Ann, je suis parti à la piscine avec Nancy qui entamait son troisième cours de scaphandre (son second cours avait été réalisé la veille, sous la supervision de Marc, son mari). Une métamorphose incroyable qui m’a ravi, s’est opérée depuis dimanche.

Quand je suis rentré au bateau, notre homme était en plein travail et la poussière témoignait de son ardeur. Nous rentrons et sortons désormais par le capot de pont de ma cabine atelier.

Mercredi  19.

C’est le grand bordel à l’intérieur du bateau : la poussière de ponçage s’est insinuée partout et nous devons dégager de plus en plus de zones pour que Joseph puisse travailler correctement. En fait, nous lui demandons de plus en plus de réparer ici ou là, des griffes par trop visibles. J’ignore si un jour nous pourrons reprendre pleine possession de notre intérieur.

Un peu plus tard, c’est Jean-Michel, l’électricien de « Turbulences Ltd », qui venait parachever son travail d’installation d’une ligne électrique dédiée exclusivement à l’airco.  Avec un peu de chance, nous devrions recevoir notre second isolateur, demain matin … pourvu que notre transporteur bénévole ne coule pas avec son catamaran d’ici là.

« L’Auberge espagnole » (Swan 82 – « Ananda ») était de sortie en mer avec ses guests, ce matin. Ils étaient plus de 13 personnes à bord ! Le carnaval continue.

Le soir, pour éviter d’avoir à faire la cuisine à bord, en un tel état de bordel, Ann a été chercher des pizzas que nous avons mangées dans le cockpit.

Jeudi  20.

Nous avons récupéré notre second isolateur amené de Martinique par Eric du cata « Jingle » que je remercie une fois de plus, au passage . Comme nous n’avions plus notre propre annexe et que « Jono » (notre voisin américain) a tout simplement refusé (!!) de nous aider à aller chercher notre appareil directement sur le mouillage avec son annexe amarrée juste à côté de notre bateau, nous avons eu quelques petites complications avec la douane. A chaque fois que nous ramenons du pays, du matériel pour notre bateau, c’est sempiternellement les mêmes tracasseries administratives inutiles que cela en devient franchement lassant.

Jean-Michel de « Turbulences Ltd » est venu en début d’après-midi, placer notre appareil et mettre en route l’installation.

Comme je connais toujours des élancements dans la mâchoire, je suis allé consulté avec Nancy de « Mana » qui a eu la gentillesse de jouer les interprètes, un autre dentiste qui nous avait été renseigné, Island Dental Care. Cela fait depuis plus de 15 jours que j’attendais avec impatience, ce rendez-vous !

Une fois encore, le cabinet de dentistes ne paie pas de mine et l’accueil y est aussi désagréable que celui que peut vous apporter une gardienne de prison. C’est du menton que l’on nous a indiqué que c’était mon tour … j’ai bien eu envie d’expliquer du menton quel était mon problème.

Vif soulagement quand la dentiste, Annabelle, est arrivée après que son assistante muette (?) m’aie fait une radiographie de la mâchoire qui est apparue instantanément à l’écran !! Même ma dentiste habituelle n’a pas un tel niveau de modernisme qui fait tache dans l’ensemble désuet !

Sans être dentiste, il est clair de voir sur la radio que j’ai développé un abcès sous la dent que seuls les 9 jours d’antibiotiques prescrits par mon épouse, a un peu soulagé. Si je n’avais pas attendu si longtemps, l’opération se serait révélée plus bénigne mais en l’état, il faut arracher la dent …

Il me faudra maintenant attendre jusqu’au 31 août pour procéder à cette opération !!!

Les premiers symptômes sont apparus en mars de cette année mais nous étions en plein confinement, nous pensions qu’il s’agissait d’une gingivite et surtout, être de retour au pays, en juin.

Nous sommes toujours dans la poussière, la crasse et un bordel pas possible. Il n’empêche que nous avons procédé à un triage nécessaire (par le vide) des affaires rangées dans la soute à voiles à l’avant et dans le coffre arrière tribord … placement de nos deux isolateurs oblige. Nous pensons ramener à Bruxelles, nos deux vélos pliables que nous n’utilisons plus car les rayons des roues se corrodent et se cassent en permanence. En partant de Fort de France (Martinique), cela devrait être possible.

Vendredi  21.

J’ai repris avec beaucoup de plaisir, mes cours de plongée avec Nancy de « Mana » sauf qu’à peine avions nous équipé sa bouteille que le préposé au nettoyage de la piscine, nous en interdisait l’accès pendant 25’ !  De surcroît, il pleuvait averse … le pied. Après avoir beaucoup hésité, nous avons attendu sur place car la pluie a fini par céder la place au soleil.

Alors que nous avons joui de notre airco durant quasiment 24 heures, le fusible du quai a sauté ! Remis en place, il ressautait quelques temps plus tard !! De quoi vous découragez pour la vie. Un peu avant le début de soirée, la marina remplaçait la boîte de dérivation à l’origine de la panne.

Arrivée de « Cartouche », un cata Blue Coast 95’ – 29 m. (jamais entendu parler de cette marque française !). Le long quai à catamarans, un temps déserté, est à nouveau en train de faire le plein. Dans l’ensemble de la marina, le nombre de catamarans est tout simplement stupéfiant.

En milieu d’après-midi, j’étais appelé à la rescousse pour aider Marc de « Mana » à changer d’emplacement : en fait, il est toujours sur le même quai mais du côté juste opposé à son ancien emplacement. L’intérêt réside en la présence d’un catway mais en s’amarrant non plus par la poupe mais par la proue, il est encore plus difficile de monter à bord !!!! Il a même dû avoir recours à une échelle en aluminium !

Samedi  22.

Cours de plongée avec Nancy de « Mana ». Depuis le départ, c’est la première fois qu’elle souhaite une pause syndicale … euh, non, dominicale ! Il faut croire qu’elle connait une certaine saturation depuis que nous avons entrepris les entraînements avec bouteille. J’envisage en conséquence soit de repasser aux entraînements sans bouteille qu’elle adore soit, plus vraisemblablement, de poursuivre les entraînements en mer. Je me tâte encore car je ne pense pas qu’elle soit fin prête au changement de milieu que d’autres appelleraient de tous leurs vœux .

De retour au bateau, j’apprenais que Joseph Davis en avait terminé de ses travaux de vernis. Ouf … cela commençait à devenir pénible mais malheureusement, il va falloir qu’il revienne car en deux endroits, le bois a trop bu le vernis ! Un peu trop pressé d’en finir ?

Sur cette bonne nouvelle, nous nous sommes sentis contraints de débuter le nettoyage intérieur. En fait, nous nous sommes limités au carré et au « coin communication ». Grâce au ciel, nous avions l’airco car aujourd’hui, il fait particulièrement doufe.

En réalisant un petit tour des pontons, j’ai été effaré de relever comme tous les bateaux se salissaient terriblement voire se dégradaient (!)  à moins que l’entretien laisse de plus en plus à désirer … comme chez nous !

Dimanche  23.

Il nous fallait continuer notre nettoyage en profondeur et c’est ce que nous avons réalisé … encore que le triangle avant attend toujours notre passage !!!

« Jono » est parti pour une destination inconnue et je ne peux affirmer que cela nous attriste … cela sera assurément plus calme. Que du bonheur.

Le plus désagréable fut lorsque le fusible du quai malgré le changement de la boîte de dérivation, a sauté et qu’il fut impossible de le remettre en position ! Serions nous maudits avec cet airco ? Je n’ose plus m’en réjouir et expliquer combien notre qualité de vie a changé depuis car je suis toujours en l’attente du prochain incident qui va une nouvelle fois, tout remettre en cause.

Après une crispante période d’attente, nous sommes parvenus à remettre en route notre airco mais pour combien de temps ? Nous essayons de ne plus le remettre en route dans les deux cabines avant, en l’espoir de soulager la charge mais cela changera-t-il quelque chose ?

Lundi  24.

« Jamais deux sans trois » dit l’adage ! Notre dentiste belge nous ayant certifié qu’il n’était pas nécessaire d’arracher ma molaire, nous sommes allés voir ce matin, une endodontiste, le Dr. Nelia Ramirez de Dental Care Center Inc.  qui  avant même que j’ai compris ce qui se passait, m’enfonçait l’aiguille d’une seringue anesthésiante dans la mâchoire ! Là, j’ai quand même compris que cette fois, on ne rigolait plus ! Après plus d’une heure de fraiseuse (plus jamais de ma vie, je ne mangerai de fraises) , elle m’a dévitalisé ma molaire. Me voilà bon pour un nouveau traitement d’antibiotiques et une série de trois autres rendez-vous ! Elle n’a pas encore parlé de séances de rayons mais je m’attends à tout !

Pendant toute la séance où prudente, elle m’avait mis un gros morceau de caoutchouc en bouche, histoire d’éviter que je la morde, elle m’a reproché de respirer par la bouche !! Faites seulement l’expérience et vous verrez qu’il faut se concentrer pour respirer par le nez quand la bouche est grande ouverte.

Bien que femme, elle n’est pas à vraiment parler la douceur même et en deux occasions, j’ai été contraint de repousser sa main qui tenait le miroir car celui-ci s’enfonçait un peu trop dans ma gorge … Mais pas de panique, j’ai survécu à l’épreuve et j’en ai même ressenti quelques bienfaits !

A la suite de quoi, nous sommes partis dans une série de courses à travers l’île qui se sont soldées par une bien maigre moisson : la réparation de ma chaînette de cou.

De retour au bateau, nous constations que le fusible du quai avait une nouvelle fois sauté alors que l’airco était à l’arrêt !!!  Nous espérions pouvoir faire ouvrir une seconde prise de courant 32A mais la marina s’obstine à utiliser la prise de courant triphasée de 63A (même compteur). Pourquoi ? Parce qu’officiellement, l’autre prise de courant 32A de la borne est réservée à l’emplacement le long du ponton flottant.

La nouveauté du jour consiste en le fait que nous n’avons plus de boîte de dérivation (à l’étanchéité douteuse)  mais à un réducteur d’ampérage : d’un côté du câble, nous avons une fiche triphasée de 63A et de l’autre, une fiche monophasée de 32A.

Arrivée au ponton d’accueil, du monocoque battant pavillon italien, « Ulisse », 33 m.

Depuis que nos (copains) de « Jono » ont quitté la marina, ils n’arrêtent pas d’y revenir en annexe !

Mardi  25.

Nous avons débuté notre journée par une nouvelle très triste touchant notre famille proche en sorte que désormais, nous essayons de rentrer au pays le plus rapidement possible tout en trouvant une solution satisfaisante pour notre bateau. Ce n’était déjà pas évident avant alors maintenant, nous ne savons plus trop que faire. Notre dernier espoir consiste à obtenir des autorités sanitaires de Trinidad, une dérogation spéciale pour entreposer pour de longs mois, notre bateau au chantier « Peake ». Il semblerait que d’autres avant nous, ont pu rester avec leur bateau à Trinidad mais bien entendu l’information relève quasiment du secret défense.

Pour m’occuper l’esprit, j’ai poursuivi un peu le nettoyage intérieur du bateau sans en arriver au bout !

En découvrant incidemment que notre ligne de flottaison avait développé une affreuse couronne d’algues vertes, je me suis mis à l’eau avec PMT pour nettoyer tout cela. Le plus dur fut de me mettre à l’eau : l’eau de la marina n’incite pas naturellement à s’y baigner …

Alors que j’en avais terminé, nous avons eu la visite d’Olivier de « Mariposa » qui cherchait désespérément à pouvoir remplacer le coupe-batterie électrique de son voilier. Comme nous en avions deux usagés mais en état de fonctionnement, nous lui en avons fait part. Le petit problème est que les nôtres sont pour du 24V et que l’électricité de son bateau est en 12V … nous n’avions pas pensé à ce « détail » !

Après son départ, l’airco ne fonctionnait à nouveau plus ! Cette fois, c’était un de nos deux fusibles de 32A qui avait sauté. Il semblerait qu’ils soient un peu faibles pour notre installation en conséquence de quoi nous allons les changer par des 40A.

Mercredi  26.

Ann est partie ce matin, avec Nancy de « Mana »,  à la recherche d’un vannier pour la fabrication d’un coffre à chaussures à installer sur notre pont arrière. Nous en avions un au départ et il nous a rendu de fiers services pendant plusieurs années mais nous avons été contraints de nous en séparer  car il partait en morceaux et depuis lors, plus moyen d’en trouver un autre !!!

Le vernisseur est passé pour parachever ses vernis. Hélas, le résultat n’était toujours pas au rendez-vous attendu ! Il repassera une fois de plus, ce vendredi. A mon humble avis, il n’a pas mis assez de couches de vernis en sorte que le support absorbe intégralement le produit. Avec un peu de chance, son passage de vendredi pourrait être le dernier. Nous l’espérons du moins.

Nous sommes en pleine saison des pluies et cela se ressent. Par bonheur, les précipitations ne sont jamais trop longues. Il fait également assez lourd et seul, notre airco nous permet de le supporter. Avant que l’installation ne fonctionne, nous en avons assez bien bavé et sur la fin, cela en devenait insupportable.

Jeudi  27.

Si j’avais rendez-vous avec mon endodontiste pour 10.30 heures, ce n’est qu’à 11.30 heures que ce fut enfin mon tour ! Elle m’a méchamment charcuté cette fois-ci, durant près d’une heure : ce fut la journée des aiguilles désinfectantes qu’elle prenait un malin plaisir à enfoncer dans mes racines. C’est après qu’Ann soit partie faire des courses que j’ai eu droit au traitement de ma gencive. Si j’avais pu m’échapper en passant à travers son fauteuil de torture, je n’aurais pas hésité à prendre mes jambes à mon cou. A la fin, elle a quand même eu recours à un anesthésiant. Elle est certes très consciencieuse mais loin d’être d’une grande douceur. A mon avis, elle exerçait avant dans un zoo.

Quand je pense que j’ai encore deux autres rendez-vous …

Vendredi  28.

La  journée a bien commencé par un entraînement « apnée » avec Nancy de « Mana ». Mais elle n’était pas en forme et je l’attribuerais volontiers au petit déjeuner qu’elle avait pris juste avant.  Je sais que cela peut paraître incroyable mais un entraînement piscine en pleine digestion n’est réellement pas très porteur. Par contre, avant une plongée, il est souhaitable d’avoir le ventre plein pour éviter la chute de tension ! Il ne s’agit que d’un constat personnel.

Durant notre entraînement, le vernisseur était passé au bateau et il semblerait que cette fois, le travail est terminé. Vif soulagement de ne plus avoir à passer par la cabine atelier ou de faire sa toilette à la cuisine : il faut bien que les vernis sèchent !

En début d’après-midi, Jean-Michel, l’électricien, venait remplacer nos deux fusibles de 32A par des 40A. Il faut espérer que cette fois sera la bonne et que nous pourrons nous occuper des autres problèmes : notre annexe est réparée mais il faut encore procéder à l’entretien du moteur. Nous n’avons par contre, pas de nouvelles de notre GV.

Nous nous démenons pour parvenir à mettre notre bateau en sécurité au « chantier Peake » de Trinidad et ainsi, pouvoir revenir au pays mais nous restons sur des charbons ardents faute de réactivité des autorités.

Samedi  29.

Entraînement apnée avec Nancy de « Mana ». Pas à dire mais drôlement plus agréable que les entraînements « bouteille ». Au moins, en ce cadre, je m’entraîne également (j’ai pas trop perdu la forme, à vrai dire !). Si la plongée me manque c’est surtout plonger en toute autonomie qui me fait réellement défaut. Malheureusement, je crains qu’avec le Covid-19, ce n’est pas demain la veille que nous retrouverons nos petits plaisirs d’antan. Si nous parvenons à rentrer au pays, je pourrais reprendre la plongée en carrière mais là encore, de nombreuses restrictions risquent d’en limiter très fortement le plaisir.

Nous devrions nettoyer le pont du bateau mais à chaque jour, nous manquons de courage d’autant  qu’il n’arrête pas de pleuvoir ou de pleuviner et c’est ce qui salit le plus.

A la marina, nous assistons à un véritable festival de catamarans généralement immatriculés aux BVI (British Virgin Islands). En Martinique, ce sont essentiellement des Lagoon voire quelques Catanas, Fountaine Pajot ou Léopard. Ici, à Grenade, nous avons l’occasion de découvrir des marques totalement inconnues du grand public !

De surcroît, ces catamarans sont énormes et surtout, tellement larges (+12 m) que les annexes sont toutes, d’une longueur impressionnante. Notre annexe qui faisait office jusqu’ici, de « grande annexe », paraît parfaitement minuscule ! Une belle leçon d’humilité.

Dimanche 30.

Entraînement « apnée » avec Nancy de « Mana ». Bien que ce ne soit pas son jour, elle s’est bien comportée sous l’eau et manifestement, on voit que nos entraînements quasi quotidiens montrent leurs bienfaits. Par bonheur, il n’a pas plu alors que durant la nuit, ce fut un véritable déluge.

Une nouvelle onde tropicale nous frappe et quatre autres doivent suivre … ce sera une semaine fort pluvieuse.

Depuis quelques temps, la marina est exceptionnellement très calme le week-end  … à l’exception de « l’Auberge espagnole »  (Swan 82’ « Ananda » dédié au charter) où le défilé des connus et des inconnus s’y poursuit. On dirait un vrai hall de gare.

Lundi  31.

Réveil à 7 heures, départ pour la dentiste à 9 heures, arrivée sur place à 9.10 heures … cabinet dentaire fermé !!! Par bonheur, une dizaine de minutes plus tard, la réceptionniste ouvrait le cabinet. Nous avons attendu jusqu’à 10.20 heures pour voir enfin arriver la dentiste : nous avions rendez-vous pour 9.30 heures !

Il a encore fallu une bonne dizaine de minutes avant qu’elle ne commence ses travaux. En finale, je resterai  1.45 heures la bouche ouverte …

Le maître mot de notre séance, fut : « do’nt move » lorsque j’ai failli m’étrangler quand le morceau de caoutchouc censé me garder la bouche ouverte, s’est calé dans le fonde ma gorge, lorsque ratant son coup, sa pic effilée s’est enfoncée violemment dans ma gencive ou encore, lorsqu’après avoir atteint le fond de mon canal radulaire, elle pousse de toute sa force, sur l’aiguille fraiseuse (elle répète cette opération une quinzaine de fois, par séance ).

Elle n’est déjà pas douce pour un sou (avec son instrument, elle vous cogne au passage, les autres dents – elle vous tire sur la joue au point de vous faire un second sourire – elle vous coince la lèvre inférieure sur vos dents coupantes avant d’y reposer son poignet – elle vous enfonce sans douceur, les « protections de gencive » sur une gingivite naissante en raison de ses manipulations – au lieu de poser délicatement sa fraise sur la dent, elle vient taper par à coups, sur votre dent avec sa fraise – elle ne vous enlève pas délicatement votre « pansement » … non,  avec un crochet et beaucoup de force dans le poignet, elle essaie de le faire sauter !) mais de surcroît, quand elle vous dit après plus d’une heure de torture : « it’s very difficult » … « do’nt worry »  … vous ne pensez plus qu’à une seule chose, c’est comment prendre vos jambes à votre cou.

Quand elle enfonce le « pansement » sur la cavité de la dent, ce n’est évidemment pas triste mais quand avec son (scalpel), elle enlève le surplus de produit en redessinant le bord de votre gencive bien enflammée, c’est … jouissif.

Pour finir, elle nous indique qu’une quatrième séance sera nécessaire et qu’un surcoût de 200 EC devra être prévu. Mon prochain rendez-vous est dans 9 jours et je me pose sérieusement la question de savoir si je ne vais pas y renoncer …

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 19 août 2020

01 au 15.08.2020 – L’Auberge espagnole – Port Louis (Grenade).

Samedi  01.

Journée exceptionnellement calme en ce début de long week-end puisque lundi c’est jour férié ! C’est peut-être pour cette raison que notre voisin « Ananda » (Swan 82’ que nous avons surnommé «l’ Auberge espagnole ») nous a paru plus bruyant que d’habitude. En fait, nous avons le sentiment que « l’Auberge espagnole » se transforme de plus en plus en « Hall de gare » !! Nous devrions peut-être penser à le rebaptiser …

C’est bien la première fois que nous assistons à un tel défilé de personnes étrangères à la marina qui agissent sur ce voilier comme s’ils en étaient les propriétaires ! Impossible de comprendre « qui est qui » si ce n’est que personne ne semble en être le propriétaire ! Si nous parlions anglais, nous en apprendrions sans doute davantage de ((l’équipage)) mais une véritable barrière s’est érigée entre nous et eux … c’est un peu le « mur de Berlin ».

Le soir, nous étions invités à dîner sur « Mana » … l’occasion de découvrir l’intérieur d’un Privilège 50’ tout neuf. Son confort en marina est certainement son principal attrait et son équipement semble fort complet. Comme on dit toujours à propos des catamarans : une véritable maison sur l’eau … pas conçue pour bouger !

Dimanche 02.

Rien de spécial à l’horizon.

Après avoir été nager en piscine le matin, nous sommes allés nager en mer, à la pointe de la marina. Il n’y a pas de comparaison, c’est nettement mieux sauf qu’il faut avoir le courage d’aller jusque là !! Ce n’est pas bien loin mais la piscine, nous la voyons du bateau …

Nous y avons rencontré Nancy & Marc de « Mana » qui découvraient les lieux. Toujours sympa de pouvoir bavarder avec des francophones avec qui nous avons sympathisé.

Lundi  03.

Durant la nuit et généralement en tout début de matinée, nous avons droit à des trombes d’eau. Pas bien méchant sauf qu’il faut penser à tout bien fermer.

En début d’après-midi, je suis parti retrouver Marc sur « Mana » pour lui donner un cours de manipulation du compresseur de plongée : il a également un Bauer Junior II. Cela m’a fait plaisir de constater que dix ans plus tard, le modèle n’avait pas changé d’une ligne !

Il commençait à faire nuit quand je l’ai quitté …

Mardi  04.

S’il n’y a quasiment aucun « technicien bateau » à Grenade, quand il s’agit de poncer et de peindre, il y a toute la main-d’œuvre voulue ! La conséquence en est que de très nombreux bateaux se font refaire leurs vernis et autres travaux du même acabit. De là, à demander un devis pour refaire certains vernis à bord, il n’y avait qu’un pas que Ann a vite franchi. Reste maintenant à voir le devis qui nous sera présenté et le cas échéant, la qualité du travail réalisé.

Dimanche prochain, ce sont les élections à Trinidad et suivant que le Premier Ministre actuel reste ou non en poste, dépendra très vraisemblablement l’ouverture ou non des frontières. Autant dire que nous formons des vœux pour un renversement de la couille molle … Nous n’osons plus y croire, tout en voulant y croire.

Mercredi  05.

Comme on nous avait parlé d’une épave par -16m située pas très loin du mouillage « Covid-19 », nous nous sommes décidés à essayer de la repérer. Elle est cataloguée comme « dangereuse » pour la navigation et c’est bien pour cela qu’elle n’est reprise par aucune carte Maxsea ou Open CPN  … à l’exception des Navionix !!!

Avec ses coordonnées GPS et visible de la surface, notre expédition ne pouvait être que couronnée de succès. A l’endroit spécifié, je me suis mis à l’eau avec masque et tuba. Précisons qu’en raison du courant et du vent, il a été impossible de maintenir notre annexe sur zone en sorte que nous avons du multiplier les passages au-dessus de l’épave.

Alors que je snorkelais dans une bouillasse pas possible, j’ai vu juste sous moi, un poisson longiligne d’un bon mètre qui ressemblait à s’y méprendre à celui que j’ai observé à la poupe de notre bateau, le soir précédent et que je n’ai pu identifier ! Assez rapidement, il a fait mine de m’attaquer, l’animal  !!! Il a ouvert la gueule et j’y ai vu une rangée de dents assez impressionnantes. Vous le croirez ou non mais il m’a flanqué la frousse … selon la description que j’en donne, on pourrait penser à un barracuda et pourtant, je reste convaincu qu’il s’agissait d’une autre terreur locale !

Je serais bien remonté sur l’annexe me mettre à l’abri mais juste à ce moment là, Ann me criait de suivre l’annexe … tout en mettant les gaz !!

N’ayant d’autre choix que de continuer mon snorkeling,  j’ai surveillé en permanence mes arrières,  mes jambes et autre partie délicate de mon anatomie, sans jamais apercevoir le fond ou l’épave !

Une fois remonté à bord, nous avons continué nos recherches en mettant seulement ma tête dans l’eau. Nous avons fait chou blanc et nous sommes rentrés dépités à la marina.

Selon nos informations, les clubs de plongée locaux interdisent de baliser les épaves ! Notre petite expérience nous a en tous les cas, démontré que nous manquions totalement de technique en ce domaine.

Après en avoir longuement discuté avec Gabriel de « Dream Yacht Charter » qui nous avait parlé de cette épave, nous en avons plus appris et nous attendons maintenant que la visibilité redevienne correcte pour remettre le couvert.

Vendredi  07.

Par deux fois, notre plongée sur le « Bianca C » avait été annulée, la troisième se devait d’être la bonne. En fait, nous avons pensé annuler une fois de plus en raison de mon mal de dent qui m’a fait souffrir hier soir plus que tous les autres jours … un signe ?

Alors que je pensais ne pas pouvoir fermer l’œil de la nuit, je suis tombé dans les bras de Morphée à peine installé dans mon lit ! Grâce au ciel car sinon j’aurais été contraint de m’abstenir de plonger.

Réveillés à 7 heures, nous avons rapidement rassemblé tout notre matériel ainsi que nos deux bouteilles pour retrouver Eveline de « Scuba Tech » sur le parking de la marina à 8.10 heures. Direction son centre de plongée de « Prickly Bay » où nous attendait un autre plongeur français, Philippe dont le Dufour 36 est amarré dans la baie.

Sans traîner, nous sommes partis avec le bateau de plongée sur le lieu du naufrage du « Bianca C »,

« Construit à la Ciotat, en 1939 au début de la seconde guerre mondiale, ce paquebot de 181 mètres de long, nommé dans un premier temps “Le maréchal Pétain” connaitra plusieurs mésaventures avant son lancement officiel. En 1958, le navire est, une fois de plus, revendu, cette fois, à Costa Croisière et il est renommé “Bianca C”. Sa carrière ne durera que 3 ans sous ce nom. Faisant escale dans la rade de Saint-Georges Grenade, le navire prend feu après une explosion dans la salle des machines puis sombre après avoir brûlé pendant plus de 2 jours. Un marin perdra la vie dans cet incident. Elle est connue mondialement comme le «Titanic des Caraïbes» en raison de son imposante taille et d’une atmosphère fantasmagorique. Régulièrement classé parmi les dix meilleures épaves du monde, ce navire de 181 mètres de long repose sur son flanc à 50 mètres de profondeur. Pour l’atteindre, les plongeurs descendent dans le bleu jusqu’à apercevoir le haut de l’épave à 28 mètres. Le navire est un ensemble chaotique de métal cabossé. On reconnait bien les superstructures mais l’incendie a tellement endommagé le bateau qu’il semble qu’une bombe ait explosé à l’intérieur. »

Il s’est fort abîmé avec le temps. Il n’empêche que l’épave reste impressionnante(en particulier, les carreaux de faïence de sa piscine) et qu’elle mérite certainement deux plongées.

Nos accompagnateurs plongeant au Nitrox 30, je suis le seul à être descendu sur le sable (-49.60 m – 53’ – 10’ de palier – 27°), motif pour lequel nous avions emmené avec nous, nos propres bouteilles. Avec le recul, je pense que nous aurions pu rester plus longtemps sur l’épave mais nous formions un petit groupe et nous avons suivi le mouvement qui consistait à faire nos paliers sur le tombant de la côte.

Les clubs de plongée locaux s’opposant au balisage des épaves (!!), une fois l’épave localisée grâce au GPS et au sondeur, on suit le guide dans le bleu jusqu’à  l’épave que l’on ne voit qu’une fois quasiment dessus !

Ensuite, nous avons réalisé la seconde plongée sur « Shark Reef » (-16.70 m – 56’ – 28°). Splendide plongée avec des langoustes en pagaille, des gros crabes en quantité, murènes, poulpe, requin dormeur, raie aigle.

Quand on m’a montré le poulpe dans son trou, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un corail. C’est quand il a changé de couleur que l’information est remontée jusqu’à mon cerveau. Le requin dormeur était lui, bien caché dans une sorte de grotte à ciel ouvert. Les langoustes quant à elles, étaient visibles sans faire le moindre effort de recherche et à un endroit, j’en ai compté jusque dix ainsi qu’un énorme crabe qui cohabitaient avec elles !

Eveline et son compagnon ont tué une dizaine de poissons lions qu’ils enfilaient ensuite dans un gros tube en plastique blanc pour se protéger des piqures. Un nettoyage nécessaire car ces splendides bestioles n’ont aucun prédateur et prolifèrent au détriment d’autres espèces.

De retour à la base, après avoir rincé notre matériel, nous sommes partis dîner avec Philippe, au petit resto de plage situé tout à côté, « Lance aux épines ». C’était tout simplement excellent.

De retour à bord, nous recevions Michèle et Philippe de « Tereva » qui venaient  juste d’être déconfinés.

Samedi  08.

Deuxième cours de plongée pour Nancy de « Mana ». Comme il s’agit d’une élève aussi surprenante que douée, je profite qu’en début de matinée, la piscine de la marina est inoccupée pour lui faire faire des exercices d’apnée. Rien ne vaut un apprentissage en piscine avant de commencer à revêtir tout son habit de plongeur.

Evidemment, comme je mélange (savamment) théorie et pratique, il nous arrive de rester la tête hors de l’eau pendant quelques (longues) minutes. Le résultat des courses est que nous nous sommes tapés tous les deux, un méchant coup de soleil sur le dessus du cuir chevelu … ouie, ouie.

Je me console en voyant les progrès fulgurants que Nancy engrange et le réel engouement qu’elle développe à la suite de mes cours ! C’est surtout son mari, Marc, qui est ravi car il désespérait  un peu de pouvoir l’amener à la plongée.

Ce n’est bien évidemment que le second cours et je n’avais aucune certitude qu’après le premier, elle ne déserte pas au plus vite le champ de bataille mais bon, je reste très confiant pour la suite du cursus.

Pour ce second cours, nous avons été servis par une grosse pluie qui n’a pas arrêtée de tomber ! Comme la pluie est froide, nous sommes restés sous l’eau le temps que cela passe mais lorsque nous avons constaté que notre peau se détachait de l’ensemble du corps, nous avons bravé les éléments et nous sommes sortis de la piscine ! Je n’ai jamais vu à Grenade, une averse aussi longue.

Le soir, c’était à nouveau la nouba sur « l’Auberge espagnole » ! C’est réellement bizarre mais les convives arrivent et partent tous ensemble. Pour notre bonheur, cela ne se termine jamais tard, le plus souvent avant 23 heures !

Dimanche 09.

Troisième cours de plongée avec Nancy de « Mana ». Une fois de plus, nous avons eu droit à de la pluie durant notre entraînement !

Nous avons fait fuir « Yolo ». Ce dernier n’est pas de la marina mais c’est le second week-end où il ramène sa fraise enfarinée pour nous empester avec ses gaz d’échappement tandis qu’il attend pendant des heures que ses « guests » veuillent bien arriver. Non seulement, cela fait beaucoup de bruit, beaucoup de populace sur le ponton mais surtout, il ne prétend pas éteindre son moteur ou son GE sous prétexte qu’il doit charger ses batteries ! Les marineros sont bien entendu de mèche avec lui en sorte que lorsque nous rouspétons, il nous est répondu invariablement « qu’il va partir » sauf qu’une heure plus tard, il est toujours là.

C’est en évoquant que nous allions nous plaindre auprès de Charlotte, la manager de la marina, qu’il s’est décidé subitement à aller accoster dorénavant à un autre endroit de la marina. Nous sommes convaincus que Charlotte n’est pas au courant qu’il prend la marina pour un quai d’embarquement sans bourse délier avec la parfaite complicité des marineros.

Lundi  10.

Quelle journée !!

Tout d’abord, j’ai été contraint d’annuler mon entraînement plongée avec Nancy de « Mana » après l’avoir perdue lors d’une longueur en apnée de la piscine !!! L’eau était à ce point trouble que la visibilité y était limitée à quelques centimètres !

Plus tard, nous avons pris l’apéro avec « Mana » et Dany de « Zéphyr » (un autre Belge). Adieu le Covid-19 ? Je n’y crois pas un seul instant mais comme il s’agit de l’époque des vacances et qu’il faut encourager le tourisme, sur les ondes de télévision, on n’arrête pas d’affirmer que si les contaminations n’arrêtent pas de progresser, les hospitalisations sont en baisse constante ! Que veut donc le Peuple de plus : le Covid-19 régresse (au moins jusqu’à la fin des vacances) et l’augmentation des contaminations n’est que le résultat de l’augmentation des tests … et tout le monde est heureux.

A force de nous bassiner les oreilles avec ces inepties, tous les plaisanciers de la marina considèrent qu’à Grenade, il n’y a aucun risque de contamination et que donc, on peut reprendre notre vie d’antan ! Sur ma tombe, je veux que soit gravé l’épitaphe : « A mort, les cons ! ».

Cela fait depuis tellement de temps que nous courrons après de vains espoirs depuis que nous sommes à Grenade, que j’ai toutes les peines du monde à seulement imaginer que nous pourrions continuer notre séjour forcé avec de l’airco ! Et pourtant, nous avons reçu la confirmation que notre second Mass GI 7.0 est arrivé chez « Caraïbe Marine » en Martinique !!

La seule chose qui pourrait nous en empêcher, serait l’ouverture des frontières de Trinidad ! Pour rappel, il s’agit du jour des élections du Premier Ministre.

Mon pessimisme habituel me pousse à penser que nous ne profiterons jamais de notre airco, du moins à « Port Louis ». Nous aurons donc exposé des frais importants … pour des prunes ! Mais dans un autre sens, nous ne souhaitons rien de plus que de pouvoir mettre le bateau à l’abri et de retourner au pays ! Mon équation s’en trouve ainsi profondément contrariée puisqu’en l’une ou l’autre hypothèse, nous devrions jouir d’un bienfait …

Mardi  11.

A 6 heures du matin, la marina procédait à une pulvérisation des installations en l’espoir (vain ?) d’éradiquer la propagation des moustiques. Pas très convaincu par le résultat … cela pique toujours autant.

Le résultat des élections à Trinidad nous a été communiqué : la couille molle est repartie de justesse pour un nouveau mandat et donc, les frontières ne rouvriront pas cette année ! Le comble de l’histoire est que le nombre de contaminations est en hausse sur l’île !!! J’ai toujours soutenu que les « Coast Guard » locaux étaient des incapables et des fainéants. Ils feraient d’ailleurs bien de prendre de la graine auprès de leurs collègues de Grenade.

Maintenant que nous sommes fixés à Grenade jusque fin octobre, nous allons nous occuper de réaliser toute une série de travaux de maintenance dont la réparation de notre GV.

J’ai pu reprendre mes entraînements plongée avec Nancy de « Mana ». Super, elle progresse et j’en profite pour mettre à chaque fois, la barre un peu plus haut …

Aujourd’hui, nous avons commencé à 8.30 heures parce qu’à 10.30 heures, nous avions la société « Sea Safety Service Ltd » qui venait voir les travaux à réaliser sur notre annexe : réparer la fuite (souvenir de l’île Maurice), remplacer  la liaison coque/boudin et entretien annuel du moteur. C’est cette société qui s’est occupée de la révision de notre survie et elle nous avait fait la meilleure impression possible.

Ensuite, nous sommes allés en bus jusqu’au restaurant « B B’S » situé tout au bout du quai des pêcheurs. Marc & Nancy de « Mana » nous y avaient invités et nous nous sommes régalés : c’était succulent.

En rentrant, nous nous sommes arrêtés à « Island Water World » où Marc a fait chauffer sa carte de crédit. Nous en avons profité pour y enregistrer le bateau : seul moyen d’éviter à avoir à payer la tva sur ses achats.

Mercredi  12.

Les cours de plongée avec Nancy de « Mana » se succèdent et ne se ressemblent pas ! Non, j’exagère, je ne suis pas aussi inventif même si je fais un effort pour chaque fois, apporter quelque chose de neuf. C’est dommage que nous n’ayons pas un peu plus de profondeur (on a pied à la grande profondeur) car toute une série d’exercices ne sont pas réalisables. Il n’empêche qu’elle progresse à grands pas et que bientôt, je songerai à y ajouter une bouteille de plongée.

Le soir, nous avions à l’apéro, Marc & Nancy de « Mana ». Très sympathique soirée au cours de laquelle Marc nous a raconté ses plongées de l’après-midi avec Eveline de « Scuba Tec ».

Depuis quelques temps, plus personne ne fait encore attention, à la marina, au Covid-19 et à la longue, nous finissons par nous laisser aller ! Circonstances atténuantes, nous sommes toujours en extérieur et nous respectons les distanciations sociales tant que faire se peut. Il n’ya aucun cas de Covid-19 sur l’île et tous les nouveaux arrivants ont subi la quarantaine.

Jeudi 13.

Comme nous allons plonger sur le « Bianca C » ce vendredi, nous avons dû organiser notre transport jusqu’au centre de plongée. Nous avons en effet, appris qu’après nous avoir reconduits à la marina, la fois passée,  Eveline avait été arrêtée par la Police qui lui avait signifié qu’il lui était interdit de jouer le rôle de taxi pour ses clients !! Elle avait été dénoncée par quelqu’un de la marina de « Port Louis » !! Nous pensons qu’il s’agit de Jeffrey, notre taximan attitré, qui est un fouineur de première !

Il y a quelques jours, un Ferry, « Idéal », en panne de moteur, était amarré au quai des cargos !! Cela m’avait surpris car le trafic y est très important et la place fort disputée.

Ce matin, nous avons assisté au déplacement – en catastrophe – du Ferry pour le ponton d’accueil de la marina bien trop bas sur l’eau pour accueillir un tel mastodonte. De surcroît, il y avait du vent et l’opération s’avéra délicate tandis qu’un porte-container faisait son entrée dans le port !

Comment est-ce possible d’être aussi négligent alors que même votre serviteur savait que le Ferry allait tôt ou tard être dans le chemin des cargos ! Par ailleurs, une journée moins venteuse aurait pu être choisie et il aurait mieux valu l’amarrer au quai d’accueil en béton plutôt qu’au ponton d’accueil  flottant …

Vendredi  14.

Nous avons remis le couvert avec « Scuba Tec » en entraînant dans notre sillage, Marc de « Mana » (1* CMAS – 26 plongées au compteur) qui est resté sous la responsabilité d’Eveline de « Scuba Tec ». Il faut reconnaître que Marc a été bien préparé par son club bruxellois, le S.I.P. ,avant son grand départ et qu’il présente une grande aisance dans l’eau.

Nous sommes retournés plonger sur le « Bianca C » (- 48.50 m – 1’ à -6m et 6’ à -3m – 35’ – 27°) ensuite, sur « Shark Reef » (-16.80m – 65’ – 29°). En gros … petites déceptions !

L’épave est restée la même depuis notre précédente plongée. La grosse différence réside en ce que nous sommes remontés au départ de l’épave lorsque mon ordinateur  a indiqué un palier de 1’ à -6m. Nous étions à mi-bouteille !! Nous aurions pu rester plus longtemps sur l’épave mais depuis que je me suis tapé en carrière 25’ de palier obligatoire parce que je n’avais pas fait attention à la profondeur, j’ai énormément appris sur l’apparition des paliers sur un ordinateur et je sais maintenant que tant qu’on n’a pas atteint une profondeur de -10m, le compteur peut s’affoler très rapidement.

La seconde plongée devait être mirifique mais nous n’avons pas vu grand chose !!! En raison, d’un sérieux courant, nous avons été contraints de partir du côté opposé à la fois précédente. Est-ce cela ou y a-t-il une autre raison, je l’ignore.

De retour au club de plongée, nous sommes allés déjeuner avec Marc de « Mana » et Philippe. Toujours aussi bon.

Il était passé 16 heures lorsque nous étions de retour au bateau.

Samedi  15.

Ann s’était laissé séduire par une proposition de visiter les jardins de la « Farmer’s Jenny ». Marc et Nancy de « Mana » s’étaient joints à nous. Quatre places avaient donc été réservées. Le bus devait venir nous prendre sur le parking de la marina, à 10 heures.

A l’heure dite, nous apprenions que le rendez-vous était reporté à 11.30 heures ! Par la suite, nous apprendrons que les candidats à la visite avaient fait déplacer le rendez-vous aux fins de pouvoir s’approvisionner en viande auprès du « Phare bleu », au préalable. L’info était passée à la VHF que les américains de la marina écoutent religieusement tous les matins  …

Devant la mauvaise humeur d’Ann, il s’en est fallu d’un cheveu que nous annulions la visite et j’en aurais été bien aise. Seulement Jeffrey, notre taximan toujours aux aguets, ne nous a pas lâché la grappe et il a fini par nous convaincre de le laisser nous y conduire.

Si nous avons bien cru un moment qu’il ne trouverait jamais la « Farmer’s Jenny », à force de persévérance, il nous a menés à bon port. Sur place, nous avons rencontré Jenny ainsi que son « copain » et surtout, toute sa ménagerie : Jenny est la Brigitte Bardot de Grenade. La maison est superbe dans le style « baba cool » (rose et verte)mais question « jardin », nous n’avons rien vu d’exaltant, d’extraordinaire ou même de spéciale  … juste une végétation assez dense et inhospitalière que nous avons parcourue à nos risques et périls (nous n’étions absolument pas équipés pour partir en brousse) .

Quand nous avons vu débarquer des hordes d’Américains de la marina avec leurs frigo box, leurs enfants et leurs chiens et commencer à pique-niquer un peu partout, nous avons trouvé opportuns de mettre les voiles. Nous en avons profité pour faire un crochet par le « Phare Bleu » avant de rentrer à la marina. Ouuuuuuuuf … « home sweet home ».

Le soir, « l’Auberge espagnole » recevait à dîner huit convives plutôt bruyants. Pour une fois, ceux-ci sont partis très tard (1 heure du matin). Nous découvrirons plus tard que le dîner était cette fois, un des lots d’une loterie organisée pour la cause animale ! Il nous étonnerait beaucoup que le propriétaire  du voilier soit au courant des pratiques douteuses de son skipper. Ceci explique sans doute pourquoi ce dernier nous voue depuis le départ, une franche antipathie.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

Publié par : Ann & Stéphane | 3 août 2020

16 au 31.07.2020 – Panique à Port Louis (Grenade) !

Jeudi  16.

On se sent tellement bien à notre nouvel emplacement de la marina que nous envisageons la suite des événements avec une toute autre légèreté. Nous souhaitons toujours aller au chantier Peake de Trinidad mais comme la seconde vague du Covid-19 est en train de faire des ravages à cause du manque de civisme des populations pour qui « ce sont d’abord et avant tout, les vacances », nous ne voyons plus notre retour en Europe en toute sérénité.

Comme je le craignais depuis quelques mois (!), il y a fort à parier que nous ne rentrerons pas à la maison cette année !

Journée farniente où nous la partageons entre piscine et lecture.

Vendredi  17.

Nous avons pour voisin direct, « Ananda », un Swan 82’ dédié au charter. Nous sommes donc les premiers témoins de l’activité à bord et malgré toute notre perspicacité ordinaire, nous ne parvenons pas à comprendre « qui est qui » ! Nous assistons à un va-et-vient peu habituel de personnes qui se comportent à bord comme en pays conquis. C’est un peu, beaucoup « l’Auberge espagnole » ! Selon leur site internet, le bateau devrait être en Méditerranée à faire du charter !

Certains jours comme aujourd’hui, nous avons droit à beaucoup d’animation : nous avons ainsi un nouveau voisin américain (bien entendu) sur bâbord, « High Spirits » tandis que « l’Auberge espagnole » est maintenant coincée par « Zingara », un Matrix Yachts 76’, avec un skipper, trois équipières et deux enfants en bas âge ! Je l’ai déjà surnommé « le Harem ».

Juste de l’autre côté du quai, nous avons « Spirit of Catherine », un catamaran australien dont le skipper ne met quasiment jamais le nez dehors. A notre plus grand surprise et sans doute à son insu, nous avons relevé que des hirondelles avaient élu domicile … dans sa bôme de GV !!

Grand apéro à bord de « l’Auberge espagnole » auquel nous avons été indirectement conviés car nous leur avions refilé une bouteille de planteur nettement trop alcoolisée pour nous. Nous avons de toute façon décliné l’invitation car nous ne sommes pas assez stupides pour mettre notre vie en danger (aucun respect à bord, des mesures de distanciation) et qu’en tout état  de cause, nous ne comprenons pas suffisamment bien l’américain. Déjà pour un anglais, l’américain peut se révéler difficile à comprendre mais de surcroît, les américains ne font aucun effort pour vous aider à saisir le sens de leurs propos.

Samedi  18.

Tous les bateaux n’ont pas toujours été bien accastillés : pour descendre de « Zingara »,  l’équipage est contraint à passer par leur annexe !! Aussi, avons nous assisté toute la journée, à la construction d’une solide passerelle (ce qui n’empêche pas qu’elle se détériore rapidement) dont déjà on se demande ce qu’il va en faire quand il quittera la marina …

Notez que « High Spirits »  n’est pas beaucoup mieux loti avec une passerelle amovible qui avec les mouvements du bateau, quitte invariablement le quai … ;

Avec l’arrivée de nouveaux arrivants, les « mesures barrières » ont tendance à disparaître. Ce qui me fait le plus peur c’est lorsque l’aéroport international aura rouvert (en principe, le 1er août). Ce n’est plus alors à des « plaisanciers » déjà contraints à de nombreuses quarantaines auxquels nous aurons à faire face mais à des « vacanciers » … la pire race qui soit !

Dimanche 19.

Journée très calme. Nous en avons profité pour retirer la sonde du speedo-loch et la nettoyer. Comme nous ne bougeons plus beaucoup, je devrais systématiquement l’enlever dès que nous nous posons quelque part. Au moins comme cela, elle est en état de fonctionner dès que nous faisons mouvement.

Pendant ce temps là, Ann a nettoyé notre échelle de coupée qui en avait aussi bien besoin.

Piscine et lecture ont complété le tableau de cette dure journée de labeur.

Lundi  20.

Nous avons été nager à la petite plage située à l’extrémité de la marina. Comme il n’y avait personne, c’était très agréable mais il nous faudra encore apprendre à « beacher ». Comme pour la piscine, nous y allons pour nager et nous rafraîchir et ensuite, nous retournons au confort douillet de notre bateau. C’est toujours la même chanson … nous l’avons à peine quitté que nous le regrettons déjà !

Il devenait impérieux pour moi d’aller chez le coiffeur et en finale, c’est notre chauffeur de taxi qui nous a menés jusqu’à son copain … chauve avec une barbe de taliban !! Je ne vous dis pas comme j’étais à l’aise et ce, d’autant moins qu’aucune mesure de distanciation sociale n’était de mise dans le salon de coiffure !!

Pour une fois que je ne m’étais pas lavé les cheveux en prenant ma douche, je fus consterné de constater qu’il n’entrait pas dans ses habitudes de laver les cheveux de ses clients ! Et alors que je ne l’avais pas remarqué, Ann attira mon attention sur le gamin qui dormait à même le sol, derrière la banquette sur laquelle nous attendions mon tour ! Mais où diable étions nous tombés ?

C’est donc empli de quelques appréhensions que j’ai pris place sur le siège du barbier … pour en ressortir très satisfait de ma coupe !

A notre arrivée à la marina, nous avons pris conscience du départ surprise du bateau de « Jack » (un superbe braque allemand de trois ans) ainsi que d’autres bateaux que nous pensions être amarrés pour toute la saison cyclonique. Ce sont essentiellement des « bateaux de propriétaire » qui quittent la marina pour être sortis de l’eau, nous le supposons. Les bateaux de charter semblent devoir rester à la marina. Il y a donc un va-et-vient de bateaux en mesure telle que la marina voit sa capacité drastiquement diminuer pour ensuite reprendre de belles couleurs ! C’est assez déroutant.

Une marina est par définition, un parking à bateaux et plus elle est grande, plus l’ambiance y est morose voire mortelle ! Il existe cependant quelques rares marinas où l’ambiance est permanente car les équipages et/ou les propriétaires sont à bord durant tout le temps du séjour. Ce fut le cas à Papeete (Tahiti) et c’est le cas à Port louis du moins en cette saison. Nous n’y participons malheureusement que de l’extérieur en raison du barrage de la langue … et de la culture (américaine/ européenne).

Nous n’avons jamais ignoré que de nombreux bateaux avaient un voire deux chiens à leur bord. Mais nous nous attendions pas à voir une dizaine de chiens sur notre portion de marina ! C’est tout simplement dingue … à croire que nous sommes les seuls à ne pas avoir un toutou !

Mardi  21.

C’est toujours un peu quand on s’y attend le moins qu’ils arrivent. Ce matin, c’était au tour d’un nouveau Privilège 745 (2010), « Xénia »,  qui a été placé le long du « Harem ». Il est en vente pour la modique somme de 2.794.000 € … heureux les imbéciles ! Plus tard, c’est « Be Free », un vieux Cruiser 55 (Bavaria) norvégien, qui a été placé à notre quai. Dommage car jusque là il y avait une certaine harmonie à notre ponton …

Comme il y avait quelques personnes à la piscine (toujours aussi criardes ces américaines), nous sommes directement allés à la plage : magnifique. Je serais bien resté beaucoup plus longtemps mais Ann ne m’a pas suivi par crainte d’un courant qui aurait pu nous emporter au large. Par bonheur, je n’ai ressenti aucun courant de cette nature.

Mercredi  22.

« Panique en la Caraïbe », voilà le titre dont pourrait être affublé cet article ! Pour une fois, les météorologistes ne sont pas du tout d’accord entre eux : les prévisions vont de l’estompement de la tempête tropicale qui se rapproche des Antilles, à cyclone de force 2 en passant par tous les stades intermédiaires !!  Faites votre choix …

Certains y ont vu la possibilité de rentrer en force à Trinidad et déjà une flottille s’apprêtait à partir. La réaction des autorités de Trinidad ne s’est pas fait attendre : pas question d’accueillir qui que ce soit sauf en cas d’ouragan de force 4 ou 5 et encore, seulement de manière temporaire. De quoi refroidir les ardeurs.

En ce qui nous concerne, nous nous sentons pleinement en sécurité. Nous avons le sentiment d’être (enfin) payés de notre prudence qui nous a contraints à nous calfeutrer en marina si longtemps. Bien entendu, nous aurions pu profiter de cette période pour caboter dans les Grenadines mais la question n’est pas de naviguer ou de ne pas naviguer (rappelons à toutes fins utiles que nous avons déjà réalisé un tour du monde) mais l’état d’esprit en lequel on le fait.

Depuis que Michèle & Philippe de « Tereva » se sont chargés de nous apporter depuis la Martinique, un des deux isolateurs Mass GI 7.0 (l’autre est en commande) dont nous avons besoin, nous suivons avec  énormément d’intérêt l’acheminement de notre colis. Celui-ci est malheureusement un peu chaotique et dépend essentiellement du moment de la journée !! Nos amis nous informent quitter la « baie Sainte Anne » pour ensuite décider d’attendre le passage de la perturbation prévue pour samedi, pour lever l’ancre …

En cause, un E-mail paniqué des autorités de Grenade qui leur a demandé de postposer leur arrivée sous le prétexte que la zone de mouillage « Covid-19 » allait être évacuée !! En fait et aussi incroyable que cela puisse paraître, tous les « confinés » ont été invités à passer un test de dépistage et de se réfugier là où il le voulait avec la seule contrainte de ne pas quitter leur bateau … et de reprendre le confinement par la suite !

Nous nous trompons peut-être lourdement sur la tempête tropicale qui nous arrive droit dessus mais nous sommes intimement persuadés qu’elle s’estompera (absorbée par la tempête de sable qui vient de l’Est) ou sera déviée vers le nord avant d’atteindre nos côtes.

A cette suite, nous avons assisté à l’arrivée en marina, d’une dizaine de bateaux en plein confinement dont « Mana »,  le Privilège 50 de Nancy & Marc (Gantoise et Bruxellois) qui sont venus très gentiment nous parler.

Si jusqu’à présent, nous n’avons curieusement « matché » avec personne (!!), le courant de sympathie est immédiatement passé entre nous et nous avons hâte de pouvoir mieux faire leur connaissance. Reste maintenant à savoir s’il ne faudra pas attendre la fin de leur confinement ?

Si  les mesures de distanciation sociale étaient globalement bien respectées par les plaisanciers , les nouvelles arrivées semblent avoir bouleversé cet équilibre fragile et je ne compte plus les embrassades, les accolades et les poignées de mains comme si le Covid-19 n’avait jamais existé !!

Jeudi  23.

Journée de folie à la marina : c’est à la queue-leu-leu que les bateaux sont entrés :  une quarantaine dont de très nombreuses vieilles connaissances comme « Dragon Fly », « Freedom », « Aventis », « Désert Eagle » et autres ! Nous pensions jusque là qu’ils  étaient tous partis pour être sorti de l’eau …

En milieu d’après-midi, le flux s’est essoufflé et « Cloud Street », un Amel 52 américain nous était flanqué sur notre bâbord. Amusant mais nous avons eu l’impression que « queue de cheval » nous  faisait une faveur  … comprise de lui seul ! Nous sentions bien que l’emplacement à côté du nôtre ne resterait pas libre très longtemps mais il y a encore une autre place libre un peu plus loin sur le quai !

Journée psychologiquement difficile car un véritable vent de panique a soufflé tout du long. Incroyable le nombre de plaisanciers qui ont acheté des amarres et des défenses supplémentaires … il y a même « Paola Rosa » qui a apporté une dizaine de pneus usagés !!

Si on suit les recommandations de la marina, il faudrait retirer tout ce qui peut faire obstacle au vent comme les voiles, le bimini, la capote etc. Certains ont suivi – en partie – ces directives tandis que d’autres comme nous, n’ont rien enlevé … ou, pas encore !

Il y a aussi les tableaux cocasses comme « l’Auberge espagnole » qui a solidement attaché son annexe sur le pont avant pour ensuite, la recouvrir intégralement d’une bâche qui offrira une superbe résistance au vent … ou encore, « Corrales,NM » où l’équipe de surveillance a été retirer jusqu’aux housses de barre à roue mais ont laissé le génois en place !

Nous sommes réellement dans une marina américaine : les rares autres nationalités se comptent quasiment à l’unité ! Comme nous sommes trois bateaux belges, nous avons apposé un écriteau sur notre poupe : « Ambassade de Belgique ».

Il est aisément facile de reconnaître un Américain d’un autre anglophone. L’Américain est celui qui se ballade partout avec un gros gobelet réfrigérant à la main … la peur d’avoir soif, je suppose.

Vendredi  24.

Le vent de panique (très américain) perdure alors qu’il se précise que la tempête tropicale sera moins forte que prévue et qu’il faut s’attendre, à Grenade, à maximum 30 nœuds de vent dans la nuit de samedi à dimanche. Pas de quoi fouetter un chat mais la panique est toujours contagieuse et donc on finit par rajouter des amarres, des défenses, à penser à enlever le bimini, à tout rentrer, à mettre en place les bastaques etc.  … l’horreur !

Nous avons été confrontés par le passé, à des situations bien plus périlleuses(70 nœuds à Richard’s Bay où les tuiles des toits volaient et les pontons se sont soulevés …) mais le temps de préavis était soit plus court soit même inexistant. Les plaisanciers présents étaient aussi des Européens …

Comme pour nous emmerder, depuis ce matin, nous avons sur notre tribord, une vielle patache de bateau en fer dont le moteur est en panne ! Donc, si ses amarres lâchent, il ne pourra aucunement éviter de nous percuter avec son long nez en métal. Nous sommes par ailleurs, convaincus qu’il n’a pas d’assurance. Nous nous sommes faits percuter en début de saison par un crétin que nous avions prévenu qu’il dérapait  et maintenant, nous avons l’impression d’assister à un remake …

En principe, pour pénétrer dans une marina, il faut avoir une RC et en cas d’alerte cyclonique, avoir un moteur en ordre de marche selon le règlement de « Port Louis » … On est loin de l’époque où nos amis de « Maeva » se sont vus refuser l’accès à la marina en pleine tempête tropicale.

Samedi  25.

Une tempête dans un verre à vodka … voilà ce que fut « Gonzalo », la tempête tropicale dégradée plus tard, en simple dépression tropicale ! Le plus amusant dans tout cela reste que tout le monde a paniqué durant trois jours, depuis nos amis restés en Martinique en passant par Grenade jusqu’aux quinze bateaux qui ont forcé les frontières de Trinidad pour s’y réfugier alors que « Gonzalo » est, en finale, passé sur Tobago & Trinidad !!!

Certes, le trajet d’une tempête tropicale (qui se transforme souvent en cyclone) est le plus souvent totalement imprévisible mais en le cas d’espèce, tous les indices s’accumulaient pour comprendre qu’elle s’essoufflait et que du même coup, elle ne se dirigeait plus vers le nord mais bien vers le sud !

Alors qu’en penser ? Sage précaution des autorités locales, panique irraisonnée ou superbe coup commercial (la marina est full et les magasins des alentours ont été dévalisés) ? Je l’ignore mais je m’insurge contre ce que je considère un peu comme une mise en scène !!

J’ai effectivement un peu de mal à comprendre que ce phénomène météorologique étant saisonnier, les autorités locales ne soient pas plus « expérimentées » en la question et ne sache pas reconnaître le vrai danger, d’une simple bourrasque.

Tout le monde semble vouloir saluer l’initiative comme un excellent exercice cyclonique sauf qu’à force de crier au loup quand un vrai danger se présentera, plus personne ne prendra garde à celui-ci. Par ailleurs, si un vrai cyclone avait dû passer par Grenade, ce ne sont pas les mesures dérisoires prises qui auraient limiter les dégâts …

Côté Covid-19, on a permis à tous les bateaux en quarantaine de se répandre dans la marina avec l’interdiction de quitter le bord … ce qui n’a été respecté par quasiment personne ! De surcroît, nous avons assisté à quantité de « retrouvailles » saluées par des embrassades, des accolades, de solides poignées de main et des apéros sur les bateaux à ne plus en finir. Bienvenue au Coronavirus !

Ne parlons pas non plus de l’attitude des plaisanciers le jour J ! Il est vrai que la bourrasque (enregistré max. 26 nœuds) est arrivée plus tôt que prévu : on l’attendait pour l’après-midi et elle est intervenue en milieu de matinée ! Mais après la bourrasque qui a duré maximum 30 minutes, tout le monde a commencé à se balader sur les pontons comme s’il s’agissait d’un jour de fête !! Ils étaient peut-être devins mais, en principe, le cataclysme devait durer jusque 18 heures et donc, la « bourrasque » n’en était, en principe, que le prélude ! Après la panique des trois jours précédents, j’ai eu l’impression d’une totale inconscience.

Amusant de relever qu’une petite bourrasque fait plus peur que le Covid-19 qui enregistre pourtant des centaines de milliers de morts à son actif …

Pour notre part, nous n’avons pas quitté le bateau de la journée après avoir été mettre en sécurité notre annexe. Cela ne nous serait pas venu à l’esprit d’aller nous balader … même s’il est vrai que nous n’avions plus la possibilité d’aller à terre puisque notre passerelle hydraulique n’avait rien trouvé de mieux que de se bloquer en position mi ouverte/mi fermée !

Le plus chiant de la journée fut la pluie très abondante dans les premières heures et cette attente interminable du vrai coup de vent … qui n’est jamais arrivé !

Toute la journée, l’incident de la passerelle hydraulique nous a chagrinés mais nous n’avons rien osé entreprendre tant que nous n’avons pas été convaincus que le (((cyclone))) était passé. Pour notre plus grand bonheur, nous avons pu la débloquer sans de trop grands problèmes, en fin d’après-midi.

Dimanche 26.

C’est l’heure de tout remettre en place et comme la marina a été assez loin à tout enlever (certains magasins ont été jusqu’à visser des planches devant leurs fenêtres), nous avons assisté à une scène cocasse : un voilier a déposé sur l’un des pontons d’accueil, une femme qui ne s’est rendue compte trop tard que la passerelle en bout de ponton avait été enlevée !! Malgré tous ses signes désespérés en direction du voilier qui l’avait déposée, personne à bord, n’a compris sa situation … délicate.

Grand Seigneur, j’ai envoyé Ann prévenir les secours qui ont hélitreuillée la malheureuse. Tu parles … « queue de cheval » lui a d’abord passé un fameux savon et ensuite, il l’a aidée à faire le grand écart.

Ils étaient tous arrivés à la queue-leu-leu, ils repartent par petits groupes. Parmi eux, seulement quelques « Covid » … Le plus important pour nous reste que notre voisin sur tribord est reparti comme il est venu, sans nom, sans immatriculation, sans pavillon (et vraisemblablement sans assurance), sans voiles, sans moteur, juste remorqué par un petit bateau de pêche. Je ne voudrais pas l’avoir devant moi au mouillage …

Avec « Gonzalo », l’ambiance déjà festive à la marina  tourne à la rave party ! Bien entendu que j’exagère mais tout de même il est évident que le « Covid-19 » n’est plus qu’un très, très lointain souvenir  pour beaucoup ! Sur « l’Auberge espagnole » on voit même arriver, passé 22 heures, des invités étrangers à la marina. Ils sont de surcroît plutôt bruyants. A quand l’ouverture de la boîte de nuit ? J’ai le sentiment de vivre en la marina, sur une autre planète totalement déconnectée de la réalité.

Lundi  27.

Nos nouveaux amis de « Mana » sont partis ce matin terminer leur quarantaine au mouillage. Nous les avons vus passer tandis que nous faisions trempette dans la piscine. Nous sommes impatients que leur quarantaine s’achève pour être plus libres de les rencontrer. Jusqu’à présent, nous nous parlions de bateau à quai et ce n’est pas ce qui a de plus confortable. Nous apprendrons en fin de journée que leur quarantaine venait à échéance le lendemain …

Je n’en avais pas pris conscience ce dimanche mais beaucoup de bateaux (comme nous, entre autres) ne peuvent quitter la marina sans l’aide des marineros car nos amarres d’étrave sont frappées à une pendille. Ceci explique que peu de « Covid-19 » soient retournés au mouillage ce week-end malgré l’injonction qui leur avait été donnée.

D’un seul coup, l’ambiance est descendue d’un cran et est redevenue plus calme. Il n’empêche que nombreux sont ceux qui sont rentrés dans la marina pour se mettre à l’abri de « Gonzalo » et qui semblent y avoir pris goût : assurément une bonne opération financière pour la marina.

Mardi  28.

Opération de déconfinement : ils étaient nombreux à se presser sur le quai pour obtenir leur sésame.

En revenant de la piscine, nous avons eu la désagréable surprise de relever que notre passerelle hydraulique ne tient plus sa position horizontale : elle descend très rapidement jusqu’à sa position la plus basse. Je m’étonnais que nous ne connaissions plus d’incidents techniques majeurs à bord. Nous voilà à nouveau servi s …

Selon nos informations, soit il s’agit d’un problème d’électrovanne qui pourrait être résolu plus ou moins facilement si tant est que nous trouvons un technicien versé en la matière soit une fuite (joint défaillant) d ‘huile au niveau du vérin auquel cas il faut retirer la passerelle et la réparer en atelier …

A Grenade, il y a très, très peu de techniciens « bateau ». Peut-être que Philippe de « Tereva » pourra nous aider mais il vient à peine de commencer sa quarantaine … A moins que nous ayons beaucoup de chance, nous serons donc privés de passerelle durant de longs mois et bien entendu, au moment où nous en avons besoin mais si ce n’était pas le cas, ce ne serait pas drôle. « Grandeur et décadence » voilà comment pourrait s’intituler cet article.

Entre-temps, nous avons regardé avec la marina si nous pouvions occuper un emplacement avec catway mais le seul « disponible » nous placerait à côté de « Christina Too » (Sunreef Supreme 68 Power), une anomalie nautique que nous refusons de côtoyer. Nous allons donc jouer à « Jane & Tarzan » pendant quelques mois.

Mercredi  29.

Nous avons enfin pu récupérer notre isolateur Mastervolt que Philippe & Michèle de « Tereva » nous ont apporté de Martinique. Le second isolateur est toujours bloqué pour une cause inconnue, à Roissy … Quand il arrivera en Martinique, il nous faudra encore trouver un moyen de l’acheminer jusque Grenade … à moins que nous ne soyons d’ici là, de retour en Martinique.

Si la houle sévit sur le mouillage, elle se ressent également un peu à la marina !! Notre voisin roule pas mal mais par bonheur, « S.A.S.³ » ne bouge quasiment pas d’un cil.

Beaucoup de bateaux ont quitté la marina (ce qui donne envie de suivre le mouvement …) en sorte que le quai des grands catamarans est quasiment vide !!! Le seul emplacement que nous avions en vue, a été attribué à « Miss Pezi » (ancien bateau de pêche réaménagé pour la plaisance) !! Cela nous a pas mal étonné car il est beaucoup plus haut et certainement plus lourd que nous alors que la tête de ponton convoitée était déjà trop fragile pour notre bateau …

En raison du « Covid-19 » nous n’avons plus organisé d’apéro à bord depuis mars ! Seulement voilà, à force de voir tous nos voisins organiser des apéros (ils étaient une dizaine à bord de « l’Auberge espagnole »), nous avons fini par craquer en invitant Nancy & Marc de « Mana ».

A notre corps défendant, ils sortent juste de la quarantaine et nous avons respecté les gestes barrière. A l’évidence, cela nous manquait.

Jeudi 30.

Journée importante puisque j’avais rendez-vous chez le dentiste, Noel Vernessa de « Church Street Dental Clinic ». Si son cabinet est un peu désuet, il est très propre, fonctionnel et proche de la marina. Quant à la praticienne, elle est à la fois douce et compétente. Je la recommande bien volontiers.

Mon mal aux dents (gencives) remonte déjà à plusieurs mois et j’attendais d’être rentré en Belgique pour consulter notre dentiste habituel mais avec ce foutu « Covid-19 » … Ayant connu une nouvelle résurgence du mal, il me devenait  difficile d’attendre plus longtemps.

Durant notre absence, « Cloud Street » avait mis les bouts. Une demie surprise en ce qu’à leur arrivée, ils nous avaient dit ne pas aimer les marinas mais comme après Gonzalo, ils semblaient ne plus vouloir partir. De surcroît, ils semblaient connaître un peu de monde à la marina et pas plus tard que hier, ils avaient un couple d’amis à bord.

Aussi incroyable que cela puisse paraître mais le départ de cet Amel 52 a laissé un grand vide sur notre bâbord, nous redonnant du même coup l’impression d’avoir retrouver de l’espace et de l’air. Que du bonheur.

Vendredi  31.

Par vagues successives, nous avons droit à des seaux d’eau alors que la météo n’annonçait pas de pluie pour la journée. Heureusement, en cours de journée, le beau temps est revenu.

A  la marina de Port Louis, vous n’entendrez parler qu’anglais. Quoi de plus normal me direz vous alors que Grenade est quasiment américaine. En Martinique, vous entendrez pourtant parler indistinctement français et anglais. Quoi de plus normal me direz vous vu le nombre d’étrangers qui y résident. Je partage votre point de vue sauf que je constate avec beaucoup d’amertume que les francophones ont presque honte de parler français en dehors de France !!!! Il m’aura fallu plus d’un mois et demi pour découvrir très incidemment que le jeune couple qui gère à la marina, la flotte de « Yacht Dream Charter » était … français !!!

Au lieu de se serrer les coudes entre francophones pour essayer de préserver la langue française face à un anglais envahissant et dominateur, les francophones préfèrent de loin faire copain/copain avec les anglophones !! Cela en est révoltant surtout lorsque que comme moi, vous ne parlez pas l’anglais ou du moins vous ne le comprenez que trop rarement et du même coup, vous prive de toute vie sociale.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 18 juillet 2020

01 au 15.07.2020 – Marina Port Louis (Grenade).

Mercredi  01.

En écoutant les nouvelles de Trinidad, un vent d’optimisme a soufflé, un temps, à bord … Selon nos informations sur les 500 bateaux attendus, 350 ont déjà fait part avoir opté pour un plan B. Si nous patientons encore un peu, la couille molle de Premier Ministre n’aura plus qu’à autoriser un seul et unique voilier à franchir la frontière : nous.

Comme une fois sur place, se posera alors la question de savoir comment rejoindre la Martinique pour y prendre notre avion, nous consultons tous les jours, les petites annonces en vue de l’achat d’un pédalo d’occasion.

Devant procéder à un lourd avitaillement, nous avons mis l’annexe à l’eau pour nous rendre au « Foodland » situé à la perpendiculaire de notre ponton (à vol d’annexe c’est à côté mais à pied, il faut faire tout le tour du bassin). Mais avant, nous sommes allés jeter un coup d’œil au mouillage situé un peu plus au nord de la marina.

Perso, j’en suis revenu emballé car l’eau y est limpide et surtout, il n’y a qu’une petite dizaine de voiliers ancrés très espacés les uns des autres. Mais bien évidemment, cela roule de la même manière qu’au « mouillage Covid-19 » et quand on est habitué au super calme de la marina …

La vie en marina me pèse d’autant plus que l’on pourrait se croire aux E.U. (il n’y a que des américains …). De surcroît, je trouve constamment que notre voilier n’est pas à son avantage avec ses couvertures de protection et sa multitude de défenses. Et pourtant, c’est en marina, que nous enregistrons le plus de compliments sur notre bateau (un vrai déluge ici à « Port Louis » … il a visiblement la cote).

En clair, je ne suis pas dans mon élément mais dans un autre sens, il me semble que nous nous donnons toutes les excuses plus légitimes les unes que les autres de ne pas quitter la marina !!! Cela m’agace au plus haut point mais la réalité est ce qu’elle est. Si seulement nous pouvions retourner en Martinique …

Jeudi  02.

Nous avons reçu ce matin, le devis de « Turbulence Ltd » pour nous tirer une nouvelle ligne électrique « quai » dédiée exclusivement à l’airco. Comme nous y avons marqué immédiatement notre accord, Jean-Michel est repassé l’après-midi  même pour prendre quelques mesures et analyser la meilleure manière de faire passer le nouveau câble électrique du coffre arrière tribord jusqu’au carré !

J’ai ensuite, passé une bonne partie de mon après-midi à rechercher dans les millions de photos que nous avons du bateau, celles datant de la construction et montrant les trois goulottes métalliques ouvertes, cachées depuis derrière nos boiseries …

Vendredi 03.

En raison de mon scepticisme naturel, j’ai sans doute retardé l’exécution des travaux d’électricité car quand Jean-Michel et Romain sont venus ce matin (plus tôt que prévu … j’étais encore sous la douche !), ils n’avaient aucun matériel avec eux !!

La veille, je m’étais montré sceptique quant au fait qu’ils arriveraient à tirer un nouveau fil électrique et que donc, il valait mieux être prudent avant de monter l’isolateur et de faire un trou dans la coque pour la prise électrique. Ils m’ont tellement pris au mot qu’ils n’avaient même pas acheté le câble électrique à faire passer …

A 12.15 heures, le nouveau câble électrique était en place et tout était remonté très proprement. La suite … après le week-end mais le plus difficile est fait. Ouf. Entre-temps nous continuerons à nous faire bouffer par les moustiques et agacer par les mouches : j’en tue cinq et quelques minutes plus tard, elles sont remplacées par cinq autres !

Notre heure de piscine (12m x 6m) étant dépassée, nous avons dû subir les croassements des Américains venus s’installer pour l’après-midi. Nous n’avons donc pas fait long feu.

Samedi  04.

Il nous aura fallu 10 ans (!) pour découvrir  qu’un panneau de notre cabine arrière qui donne accès à la motorisation de notre passerelle hydraulique, était amovible !! Aussi incroyable que cela puisse paraître cela nous aurait beaucoup aidés si nous l’avions découvert en début de saison lorsque Christophe de « Caraïbe Marine » était venu remettre notre passerelle en ordre de marche, mise à mal par les peintres de Trinidad.  Grâce au ciel, il s’en était finalement bien tiré mais cela avait été assez chaud.

C’est en regardant les photos de la construction du bateau que je me suis convaincu qu’il était impossible que le chantier Garcia n’aie pas prévu un accès à cette motorisation. En tripotant un peu, Ann a eu le panneau dans les mains ! Rien de réellement étonnant en la mesure où, à bord, toute boiserie est démontable grâce à des emboîtements aussi simples qu’astucieux. Nous avions beaucoup insisté sur ce point lors de l’établissement du cahier des charges du bateau.

Déjà hier, j’avais assisté ébahi au retirement du séchoir de son logement dans la salle de douche pour tirer notre nouveau câble électrique. C’est décidément, une période fort féconde en surprises.

Dimanche 05.

Comme tous les jours, nous voyons de nouvelles têtes passer devant le bateau sans saisir à quel bateau elles appartiennent ! Et pourtant, notre ponton n’est pas si étendu et en gros, nous pensons savoir « qui est qui ». J’ai bien essayé de voir où elles se rendaient mais au-delà d’un certain point, la filature peut devenir gênante.

En revenant de la piscine, nous avons assisté au déplacement de notre voisin texan ! Maintenant, il est amarré de l’autre côté du long catway qu’il occupait jusque là. Motif ? Demain matin, un « gros catamaran » devrait prendre sa place et devenir ainsi notre nouveau voisin.

Si je concède volontiers qu’il est plus raisonnable de le placer là où il est maintenant car il ne s’agit que d’un Antares 44i, je redoute d’avoir un building à nos côtés. A tous les coups, ce n’est pas une bonne nouvelle pour nous mais nous n’y pouvons rien.

Pour paraphraser une connaissance, je dirais qu’un catamaran c’est comme une maison sur l’eau … ce n’est pas fait pour bouger.

Lundi  06.

Mon Dieu, quelle journée ! Nous avons eu l’arrivée à la marina, de « Dragon Fly » (Lagoon 620) – de « Ananda » (Swan 82’) et de « Sur L’eau » (Privilège 740 – Hans Yachts) que nous avons dorénavant pour voisin direct ! Que de grosses unités.

Par contre, le monocoque dont nous occupons l’emplacement (eh, non ce n’est pas « Ananda » comme nous l’avons pensé au départ) ne s’est pas encore pointé sur le mouillage !! Nous avons donc encore un peu la paix.

Du côté de Trinidad, manifestement, les autorités ne sont pas pressées de prendre position. Edifiant, horripilant, exaspérant, décourageant, nous sommes poings et pieds liés d’autant plus que l’aéroport de Grenade reste fermé ! Pour notre part, nous avons pris la décision de ne pas quitter la marina en raison d’une météo de plus en plus incertaine.

Alors que nous les attendions aux premières heures de la matinée, Jean-Michel et Romain de « Turbulence Ltd » sont arrivés pour 13 heures … les bras chargés de cadeaux. Malgré une météo dégueulasse, ils sont parvenus à bien avancer mais ce ne sera pas encore pour ce soir, que nous aurons de l’airco.

Entre-temps nous avons reçu de la marina, notre facture d’électricité et d’eau pour la période du 10 au 30.06.2020: 352 € !!! Quand nous allons faire marcher l’airco de manière intensive comme tous les autres plaisanciers de la marina, elle va exploser …

Mardi  07.

Après une matinée de dur labeur, notre ligne électrique spécial « airco » est établie et notre airco fonctionne désormais soit avec le GE soit avec le courant électrique du quai. La nouveauté réside en ce qu’une simple borne de 32A suffit dorénavant. Vous n’imaginez pas le confort qui en résulte car de facto, ce n’est quasiment qu’en marina que la nécessité d’un airco se fait sentir !!

Super, génial, excellent, magnifique jusqu’aux environs de 22 heures où notre isolateur Mastervolt Mass GI 7.0 s’est mis en « court circuit ». Qu’est-ce encore que ce bidule ? Ce bidule est nécessaire pour un bateau en aluminium pour éviter de constituer à lui seul, une terre pour tous les bateaux du ponton …

Mercredi  08.

Comme il s’agissait d’un « court circuit », nous avons rappelé nos électriciens qui n’ont rien trouvé d’anormal sur notre nouvelle ligne électrique ! Nous avons alors fait appel à Simon, dealer Mastervolt de Grenade, qui a diagnostiqué que notre isolateur était grillé en raison d’une surcharge électrique de 45A (notre fusible 40A n’a pas sauté car il s’agirait d’un fusible « lent » …)!!!

Cela fait déjà plusieurs semaines que nous essayons de comprendre quelque chose  à notre installation électrique « quai » et comme nous ne sommes ni électriciens, ni électroniciens, ce n’est pas toujours facile à capter.

Nous pensions avoir trouvé LA solution en faisant tirer une nouvelle ligne électrique mais nous fondant sur des renseignements pas assez précis, nous avons grillé notre isolateur d’un ampérage maximal de 32A.

Webasto nous avait indiqué que notre installation airco consommait 30A mais avait oublié de spécifier qu’en cas de redémarrage des deux compresseurs, des deux pompes et des fancoils, cela pouvait monter jusque 45A !!

Le résultat des courses est ainsi le suivant : un Mass GI 7.0 grillé (délai de réparation de 8 semaines et frais de port de 500 USD ) et la nécessité d’installer un second Mass GI 7.0 en parallèle … Il est donc fort peu probable que nous pourrons profiter cette année de notre nouvelle installation dont le budget initial devrait de surcroît, être multiplié par deux ou par trois ! Que du bonheur, que du bonheur.

Avec l’arrivée de « Christina Too » (Sunreef  Supreme 68 Power qui peut naviguer à 25 nœuds …), j’ai baptisé notre ponton … le « ponton des horreurs ». Enfin, pour celui qui aime les gros catamarans, il sera servi avec un Privilège 74, un Lagoon 620 et un Lagoon 630 Motor Yacht.

Jeudi  09.

« Paola Rosa » (monocoque de 24 m) est arrivé au mouillage. Il lui reste à faire sa quarantaine avant de pouvoir prétendre à prendre notre emplacement.

Du côté de Trinidad, nous venons d’apprendre que les élections annoncées pour novembre, se tiendraient le 10 août (!)  et que jusqu’à cette date, les autorités seraient trop occupées que pour prendre position sur l’ouverture des frontières. Entre-temps, toutes les autres îles de la Caraïbe ouvrent leurs frontières …

Autre nouvelle : nous avons appris que le petit mouillage situé un peu plus au nord de notre position actuelle et qui m’avait beaucoup attiré car il y avait très peu de bateaux au mouillage, était une réserve naturelle et donc, interdite aux bateaux !! « World at Bay » y a passé trois jours car ils en avaient ras la caisse de la marina … ils sont depuis, de retour à leur emplacement.

Vendredi  10.

Nous savions que nous ne pouvions rester à notre emplacement car celui-ci est réservé à « Paola Rosa ». Notre malheur veut que la quarantaine va être levée (bonjour l’arrivée sur l’île du Covid-19 …) et que mardi prochain, nous aurons à déplacer notre bateau.

La question qui me taraude depuis longtemps, était de savoir quel autre emplacement la marina nous réservait ? Il nous aura fallu attendre aujourd’hui pour en avoir une idée : le même ponton, le même côté, en mode « sardines » avec un Lagoon 620 Motor Yacht comme voisin de catway. En cette hypothèse, je crains de ne pouvoir le supporter et j’envisage donc d’abandonner le bateau et de retourner en Belgique.

Samedi  11.

Avec l’assouplissement (relatif) des mesures anti Covid-19, on rencontre de plus en plus de plaisanciers prévoyant de rentrer au pays. Essentiellement Américains, ils sont divisés entre ceux qui ont peur de rentrer au pays mais entreprendront malgré tout le voyage s’ils parviennent à trouver un avion et ceux qui comme nous, préfèrent rester sous la protection de l’île.

D’un autre côté, la disparition annoncée (pas encore effective à Grenade) de la quarantaine entraîne un afflux massif de plaisanciers qui interprètent la mesure comme une liberté totale de circulation ! Le résultat des courses … des raccompagnements à la limite des eaux territoriales, par les Coast Guard. Grâce au ciel, les autorités de Grenade se montrent beaucoup moins laxistes que les autres îles. Il faut juste espérer qu’elles ne baisseront pas trop vite les bras.

Info ou fake news : l’arrivée massive de jets privés à Saint Vincent, en provenance des E.U. avec des « guest » américains qui embarquent sur des bateaux de location sans masque, ni test, à l’image de leur cher Président. Il nous reste à prier qu’ils resteront dans les Grenadines et ne viendront pas nous infecter. Amen.

Si tous les jours, nous relevons qu’en Europe, les mesures de distanciation sociale et du masque sont passées de mode (!!), à Grenade, le port du masque reste très visible ce qui n’est dans le fond qu’une marque de respect vis-à-vis des autres.

Dimanche 12.

Une rumeur circule sur les pontons selon laquelle après les élections du 10 août, les frontières de Trinidad  s’ouvriraient ! Il n’y a bien entendu rien d’officiel ou même d’officieux en ce sens, il ne s’agit tout au plus que d’une déduction politique.

Vrai ou faux, j’ignore pourquoi mais j’adhère à cette idée. Bien évidemment parce qu’elle me donne la perspective de m’enfuir de cette marina mais également parce que mon intuition m’y pousse. En cette hypothèse se posera ensuite la problématique du retour en Belgique …

Lundi  13.

Cela fait depuis un certain temps que nous savons que nous aurons à libérer notre place mais je ne m’attendais pas à me faire sortir du lit par « queue de cheval » qui soi-dit en passant, est devenu tout-à-fait sympa avec nous (!!) pour  nous dire que « Paola Rosa » arrivait ce matin !!!

En principe, sa quarantaine se terminait en début de semaine prochaine mais il a bénéficié d’une dérogation tenant compte de son temps de navigation pour venir des BVI. En fait, nous avons eu le sentiment ce matin que tout le monde était déconfiné en même temps et pourtant, officiellement, il n’en est rien !!!

Nous avons opté pour l’emplacement le moins mauvais : nous sommes amarrés cul au ponton, l’arrière au vent et contraints à suspendre notre annexe sur notre tribord. Les bons côtés de cet emplacement : le bateau ne rague plus contre un ponton, la poubelle est plus éloignée, notre emplacement est définitif, nous n’auront jamais de voisin sur tribord, jamais de cata sur bâbord, nous avons une vue sur la piscine et sur l’entrée de la marina et l’emplacement est moins cher.

Quand nous avons vu que deux catamarans étaient placés cul à notre ancien emplacement, nous avons béni le ciel d’avoir fait mouvement.

Positionner le bateau de la manière la plus appropriée possible, nous a demandé pas mal de temps et d’énergie !! En fait, nous devons faire extrêmement attention à notre passerelle hydraulique qui ne peut en aucun cas, rentrer en collision avec un obstacle comme le quai ou la borne électrique. Nous avons eu une mauvaise blague de cet ordre lors de notre précédent passage !

Nous avons reçu la facture de « Turbulence Ltd » … 23% d’augmentation par rapport au devis initial !!! Nous avons contesté la facture. Je déplore vivement cette manière de procéder qui s’apparente à de l’arnaque. Dommage, j’avais beaucoup de sympathie pour cette société (française).

Autre surprise … le chantier de « Clarks Court’s Bay » nous a informés qu’il avait une place pour notre bateau ! Cela faisait depuis la mi-avril que nous attendions une réponse de ce chantier. Aujourd’hui, nous n’avons plus aucune envie d’y déposer notre voilier d’autant que nous avons entendu qu’un autre plaisancier s’y était vu voler toute son installation de déssal durant son absence et alors que le bateau était sous gardiennage !!

Mardi  14.

Pour tout l’or du monde je ne voudrais retourner à notre ancien emplacement d’autant qu’un troisième catamaran a été installé cul à notre ancien ponton ! Nous sommes partis juste à temps. Ouf.

En fait et tant que d’autres bateaux ne viennent pas se coller à nous, je revis depuis que nous occupons notre nouvel emplacement. Il y a de l’air, de l’espace et nous avons une vue magnifique. Nous en avons profité pour nettoyer la coque (au-dessus de l’eau) du bateau.

Le côté bâbord nous a donné un mal de chien en raison de nuages de sel mais surtout, d’une ligne de flottaison  particulièrement sale : sur 10 centimètres, on aurait dit du goudron ! Le côté tribord s’est révélé beaucoup plus facile à nettoyer. Quel bonheur de pouvoir travailler sur un plan d’eau parfaitement calme …

Le résultat est magnifique et nous a valu notre petit succès ! Le préposé de notre voisin était prêt à nous engager et en fin d’après-midi, un plaisancier est venu nous demander quel produit nous avions utilisé pour obtenir un résultat aussi magnifique.

Mercredi  15.

Nous relevons que par touches successives (dont nous avons fait partie), les bateaux sont repositionnés en la marina selon leur grandeur ce qui me parait plus logique. Il reste cependant encore de nombreuses « incohérences » dans la gestion des emplacements …

Nous avons trouvé un deal avec « Turbulence Ltd » : nous prenons en charge le montant du devis augmenté de 10%.

Quand nous sommes partis à la piscine ce matin, elle était vide mais le temps d’y arriver et nous avions un peu de compagnie. Il devient de plus en plus difficile d’y avoir la paix.

En le cadre de notre nouvel emplacement, nous nous sentons plus proche du mouillage que nous ne l’avons jamais connu en marina !! C’est très agréable encore faut-il évidemment que cela perdure. De surcroît, nous avons une vue en enfilade sur le ponton : personne n’échappe à notre attention et nous nous amusons beaucoup. Si vous passez par notre bateau, surveillez votre démarche de canard, arquez moins les jambes, rentrez le bidon et redressez le dos.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 2 juillet 2020

16 au 30.06.2020 – Marina Port Louis (Grenade).

Mardi  16.

Nous avions décidé de visiter l’île … en taxi avec  Alexis Jeffery  de « Island Taxi » que vous trouverez facilement sur le parking de la marina : 480 ECD (150 €) pour … 6 heures de visite !!! Nous sommes rentrés fourbus.

Je ne pense pas qu’il y aie un recoin de l’île que nous n’avons pas vu et somme toute, toutes ces îles se ressemblent pour l’essentiel ! Quelques points communs : routes montagneuses, étroites, sinueuses, moyennement entretenues, truffées de casse-vitesse à hauteur des villages et villes traversées, végétation luxuriante, population pauvre ployant sous le soleil, points de vue à couper le souffle, côte atlantique sauvage, côte caribéenne paradisiaque, circulation intense, klaxon comme moyen d’expression, guide qui connaît tout le monde, villes peu étendues.

Cela étant dit, notre guide a fait un maximum pour nous en montrer le plus possible mais pas de chance, en raison du Covid-19, beaucoup d’endroits étaient fermés au public. Nous n’avons pas vu un seul autre touriste !

Notre première halte fut pour un petit magasin d’épices sans intérêt mais notre guide semblait convaincu que notre visite ne serait pas complète sans elle. Oui mais voilà … le magasin était fermé. Résolu à ne pas s’en tenir là, il a été cherché le propriétaire … qui avait égaré les clefs de la porte d’entrée !! C’est ensuite le fils qui a essayé d’ouvrir – en vain – la porte récalcitrante de par l’intérieur ! C’est à ce moment là que nous avons décidé de siffler la fin de la partie.

Comme nous lui avions parlé de nos difficultés à trouver un chantier pour notre bateau, nous avons terminé ce très long périple par une visite intéressante du chantier « Clarkes Court Boatyard » : pas mal mais n’arrive pas à la hauteur du chantier « Peake ». D’ici quelques années (le chantier est assez jeune), il l’aura sans doute rattrapé mais pour l’instant, j’y vois davantage un immense parking à bateaux plutôt qu’un chantier. Le nombre de catamarans entreposés y est impressionnant.

Du même coup, nous avons constaté que le mouillage de « Clarkes Court Bay » (idem pour le mouillage de Carriacou) était déjà fort encombré de bateaux à l’ancre ! Avec la fin des quarantaines chaque semaine, le nombre ne peut que s’élever même si de nombreux bateaux seront sortis de l’eau. Déjà, en revenant à la marina, nous avons relevé la présence de deux nouveaux arrivants à notre ponton dont un volumineux Lagoon 63’ à moteur.

Mercredi  17.

Météo fort pluvieuse depuis ce matin.

A notre réveil, nous avons eu droit à l’arrivée d’un cata Léopard 46’, « Désert Eagle »  battant pavillon anglais qui maintenant nous prive de toute vue sur notre côté bâbord. Grrrrr. Pour les aider, le capitaine du port qui espérait déjà que nous allions partir immédiatement (nous avions réservé pour une semaine), était présent. Avec beaucoup d’agressivité (!!), il nous a signifié que si nous restions un mois supplémentaire, nous devrions prendre un emplacement plus à l’intérieur.

A notre arrivée du Brésil en mai 2016, nous avons laissé quinze jours, le bateau à la marina « Port Louis » pour faire un aller/retour jusqu’ en Belgique. Nos relations avec cet énergumène avaient d’emblée été mauvaises au point que nous avions décidé de ne plus jamais y mettre les pieds. Par bonheur, jusqu’à ce jour, nous n’avons plus eu le moindre contact avec lui. Nous ignorons les motifs de cette aversion à notre égard.

Comme je le crains depuis le départ, la marina va se remplir progressivement et si nous ne pouvons pas partir pour Trinidad le 1er juillet, nous risquons fort de ne plus trouver de place nulle part en cas de mauvaise météo … nos amis « Maeva » s’étaient vu, en son temps, refusé l’accès à la marina alors qu’un coup de vent menaçait, sous le prétexte qu’il n’y avait plus de place !!

Après bien des discussions et des hésitations, nous avons pris la décision de souscrire un mois de marina à 1.395 € !! Nous risquons donc de payer plus de 15 jours de marina pour des nèfles si nous pouvons arriver à Trinidad pour le 1er juillet. Par contre, si nous payons au jour le jour, jusqu’au 15 juillet, nous en aurions pour 2.324 € …

Jeudi  18.

La responsable de la marina est une certaine Charlotte (Française) mais il est assez difficile de la joindre ! Aussi, Ann avait pris rendez-vous avec elle pour aujourd’hui 10.30 heures. Prise par une urgence, le rendez-vous a été reporté à  14.30 heures.

Ann est parvenue à faire rétroagir notre mois de marina, à notre date d’arrivée ce qui nous fera économiser les 575 € que nous avons payés pour une semaine de marina ! Par ailleurs, nous avons appris que nous occupions la place d’un monocoque de 24 mètres qui arrive le 1er juillet mais qui aura une quarantaine à subir … Nous espérons vivement que d’ici là, nous serons partis pour Trinidad !

Une conséquence de notre rapprochement des côtes sont les mouches (difficile de trouver plus énervant comme insecte) et les moustiques ! Ces derniers ne sont pas très visibles mais le matin, je peux en dénombrer le nombre au vu de mes morsures.

Vendredi  19.

Le ras-le-bol de la marina nous submerge chaque jour un peu plus. Nous ne pouvons nous plaindre de nos voisins (sauf de leur présence) qui sont tout à la fois, charmants et discrets … en fait, c’est moi qui suis un ours. Si je parlais couramment l’anglais ou si au moins, je le comprenais, la situation serait peut-être différente mais en le cas d’espèce et avec le Covid-19 qui impose des mesures de distanciation, j’étouffe plus qu’autre chose.

Pour nous protéger des occasionnelles pluies torrentielles, nous avons ressorti nos bâches latérales en sorte de fermer complètement notre cockpit, le transformant du même coup, en véranda. Cela nous donne de l’ombre, nous confère une plus grande intimité et nous protège contre la pluie. Mais comme toutes les vérandas quand le soleil plombe …

Moi qui suis devenu un lecteur assidu, je ne tombe depuis quelques temps que sur des navets ou sur des livres peu enthousiasmants à un tel point que je me détourne un peu de la lecture !!!  Si la marina ne possédait pas une piscine la plupart du temps vide tout occupant (le pied), j’aurais déjà pété un câble depuis longtemps.

Nous pourrions certes aller au mouillage mais ils ne sont pas nombreux en raison de la fermeture des frontières et bondés d’après ce que nous en avons pu voir. Or, nous connaissons par expérience, les « délices » d’avoir un voisin de mouillage trop près de soi. Et cerise sur le gâteau, nous sommes rentrés de plein pied dans la période cyclonique même si les plus optimistes affirmeront ne rien craindre avant le mois d’août.

Samedi  20.

Cela faisait plusieurs jours que nous avions envie d’aller nous balader et de visiter la vielle ville. Le marché du samedi matin en était l’occasion rêvée. Pour cela, Ann m’avait demandé de me réveiller un peu plus tôt que d’habitude en sorte qu’à 6.20 heures j’étais potentiellement prêt ! En finale, il était 9 heures quand nous avons quitté le bateau pour une marche à pied qui nous a paru i-n-t-e-r-m-i-n-a-b-l-e.

La récompense n’était pas véritablement au rendez-vous car en fait de « marché », c’est minuscule et très sale. C’est bien simple, nous en avons fait le tour en deux ou trois minutes et nous sommes repartis sans rien avoir acheté ! Quant à la « vieille ville », elle est effectivement « vieille » mais ne vaut certainement pas le détour.

S’il y a bien une nouvelle habitude qui a été adoptée par la population, c’est le port du masque … même en plein air et pourtant, il fait chaud et lourd ! Impossible de trouver un magasin qui n’autorise son entrée qu’à la condition de porter le masque.

Nous aurions pu prendre un taxi pour le retour mais comme nous n’étions pas chargés, j’ai poussé Ann à poursuivre à pied et quand on connait le chemin, tout parait beaucoup plus court. Avant de revenir à la marina, nous avons fait une halte d’avitaillement au « Foodland ». Les boissons c’est ce qui pèse le plus … mes bras se sont rallongés de quelques centimètres.

En fait, la cerise sur le gâteau nous attendait à la marina !! Nous n’étions pas rentrés à bord d’une demie heure que « Désert Eagle » quittait la marina ! Le pied … le super pied ! Je n’aurais jamais cru pouvoir être si heureux d’enfin retrouver de l’air, notre vue et abandonner ce sentiment d’étouffement qui me plombait le moral.

Dimanche 21.

Douche froide : le Premier Ministre de Trinidad a prononcé son discours : les frontières restent fermées, il verra comment cela évolue dans les autres îles !! Nous sommes donc dans l’impasse la plus totale puisque nous ne savons pas si Trinidad compte ouvrir un jour ses frontières et avec la seconde vague d’épidémie qui s’annonce …

Un peu tôt pour prendre une décision irrévocable mais nous projetons de passer la période cyclonique sur le bateau, à Grenade. Nous remonterions ensuite sur la Martinique pour le carénage du bateau et la remise en peinture de notre flanc tribord. Si tant est  que nous puissions voyager, nous en profiterions pour rentrer au pays pour un mois ou deux. En le cas contraire, nous louons sur place un appartement.

Lundi  22.

Cette journée a été marquée par l’arrivée de « jack », un jeune braque allemand de trois ans. Nous en avons eu jusque cinq avant de partir vivre sur notre bateau ! Autant dire que nous sommes très attachés à cette race de chien et que d’en voir un sur un Lagoon 52 des BVI ne nous laisse pas indifférents.

Quant au catamaran, nous avons eu cinq minutes de chance car encore un peu, on se le payait à la perpendiculaire de notre bateau ! En principe, tous les bateaux amarrés sur l’autre face de notre quai, sont placés cul au quai (sauf « Désert Eagle » qui avait été placé parallèle au quai sans doute parce qu’il n’est resté que trois nuits).

Avant notre arrivée, un unique catamaran était amarré perpendiculaire au quai. En plaçant le nouvel arrivant sur son bâbord, nous avons évité du même coup de nous le taper. Il faut maintenant espérer que les autres  soient placés systématiquement sur bâbord …

Depuis quelques jours, nous avons droit à une brume de sable qui donne l’impression d’une augmentation de la température par suite de l’absorption de l’humidité ! Il fait étouffant et manque de pot, nous sommes dans l’impossibilité de faire fonctionner notre airco avec le courant du quai. Grrrrrr.

En fin d’après-midi, nous avons eu droit à une légère baisse des températures et de suite, nous avions l’impression d’un bien-être retrouvé. Durant toute la soirée et la nuit, nous n’avons même pas ressenti le besoin de faire marcher le ventilateur !

Mardi  23.

Bien entendu les températures sont reparties à la hausse et il fait à nouveau étouffant. La solution consisterait à passer ses journées à la piscine mais il y a maintenant quasiment toujours quelqu’un et surtout ce ne sont que des anglophones, que des anglophones, que des anglophones ! J’ai compté dans toute la marina que trois bateaux où on parle français mais ils sont sur un autre ponton et on ne les voit nulle part !

Mardi  23.

On n’est pas sorti de l’auberge … Nous souhaitons ajouter une ligne électrique « quai » réservée exclusivement à l’airco pour remédier au problème que nous connaissons actuellement (ampérage insuffisant). Nous avons ainsi eu  la visite ce matin, de la perle de la perle des électroniciens !

Ann lui a expliqué par téléphone, de quoi il retournait. Il nous a fixé rendez-vous ce mardi à 9.30 heures (qu’il a déplacé à 11.30 heures) pour voir le travail. A l’heure dite, il s’est présenté avec deux mallettes (il me faisait déjà la meilleur des impressions). Nous lui avons tout expliqué dans le détail pour nous entendre dire qu’il était désolé mais que ce n’était pas de sa compétence mais de celle d’un électricien ! Lui, il « répare » l’électronique. Chouette ai-je dit nous avons justement un gros chargeur en panne … il nous a conseillé de le reprendre dans nos bagages lorsque nous rentrerons au pays car de toute manière, il doit l’envoyer – sans même l’avoir ouvert – chez Mastervolt à Amsterdam !

Nous avons pris contact avec l’électricien de « Grenada Marine » (chantier dont nous avons entendu pis que pendre) qu’il nous a renseigné. Ce dernier devait venir demain voir le travail mais à notre grande surprise, nous avons reçu en fin de journée, une demande de renseignements très précis notamment, quant à notre carte de crédit ainsi que la demande d’un acompte de 200 USD !!

Mû par une énergie nouvelle (toute la journée, nous voyons des annexes aller dans tous les sens), nous avons mis notre annexe à l’eau. Nous en avons profité pour faire le plein de la nourrice (réservoir de l’annexe), le tour du mouillage et un avitaillement en boissons au « Foodland ». A chacun des deux pontons, je me suis fait quantité « d’amis  locaux » dont un se souvenait même très bien de moi sauf que la seule autre fois où nous sommes venus à Grenade, c’était il y a 4 ans et que nous n’y avons que déposé le bateau !

Mercredi  24.

Comme tous les mercredis, nous avons eu droit à la file des candidats au dépistage du Covid-19 (fin de quarantaine) et de l’animation qui s’ensuit : nouveaux arrivants à la marina (5) et ballets d’annexes de plaisanciers allant au ravitaillement.

Sur plusieurs de nos voisins, les techniciens de tout genre sont à l’œuvre et pour notre malheur, sur notre tribord, ils sont en train de décaper au marteau et au burin, une large bande de gelcoat dans le cockpit !! Nous ignorons toujours la raison de l’opération qui dure maintenant depuis plusieurs jours …

Pour notre part, nos recherches pour trouver un électricien s’avèrent infructueuses. Le dernier en date, « Marine Tech » situé à deux pas de la marina, a trop de travail pour l’instant ! En dernier recours, nous avons appelé Sean (le cousin de Mark de « Dynamite Ltd ») dont nous attendons le résultat de ses démarches.

Si en matinée, la piscine est généralement inoccupée, au cours de l’après-midi, la plupart des anglophones s’y retrouvent pour y prendre l’apéritif (chacun apporte sa propre boisson). Autant dire que nous nous sommes enfuis. En partant, nous avons fait la rencontre d’un couple franco-canadien qui n’en est qu’à ses débuts de l’aventure. Leur Bali 40 se nomme « Maeva ».

L’ouverture des frontières de Trinidad apparaît de plus en plus comme un lointain mirage. Leur Premier Ministre semble être « l’homme qui a peur de son ombre » et comme les élections doivent avoir lieu en novembre de cette année, sa politique semble être : « mieux vaut ne pas se mouiller ».

Une différence de un ou deux degrés et nous passons une soirée et une nuit merveilleuses. C’est la seconde fois que cela arrive mais cela ne dure jamais.

Jeudi  25.

Journée calme et ensoleillée avec toutefois, de subites rafales de forte amplitude.

J’ai retrouvé le plaisir de la lecture et cela change tout : avec un bon bouquin, le temps s’écoule extrêmement plus rapidement. Il faut dire que la perspective de ne quitter la marina qu’en … novembre, n’est pas tout-à-fait ce à quoi nous nous étions attendus.

Un excellent article paru dans la presse de Trinidad, nous redonne un petit espoir que le Premier Ministre se décide enfin mais un mou restera toujours un mou.

En principe, nous allons plonger ce lundi avec le club de plongée « Scubatech » de « Prickly Bay » qui a reçu les autorisations nécessaires !! A la marina de « Port Louis », le club de plongée « Ecodive Grenada » n’a, pour le moment, aucune perspective d’ouverture !! Comme quoi, il y en a qui sont plus débrouillards que d’autres. Reste à voir ce qui nous sera proposé.

Deux nouveaux arrivants (canadien et danois) se sont enregistrés à la marina mais de prime abord, au vu de l’emplacement qui leur a été attribué, ce ne serait que pour quelques nuits.

Vendredi  26.

L’idée que nous allons passer les quatre mois à venir, dans cette marina, me paraît insupportable. Je ne parviens cependant pas à décider de retourner au mouillage en raison de prévisions météo peu avenantes de nature à provoquer le stress. Quitter la douceur et la sécurité de cette marina est facile mais pour aller où ???

Se retrouver au mouillage, encerclé de toutes parts par des crétins ne respectant pas les distanciations sociales par manque de place ou pour tout autre raison, pourrait se révéler très vite plus insupportable encore que la vie en marina. Quant à un retour en marina, à supposer qu’il soit encore possible, pourrait nous contraindre à un emplacement nettement moins agréable que celui que nous connaissons aujourd’hui. La place que nous occupons, n’est d’ailleurs, que temporaire puisqu’elle est réservée par « Ananda » (Swan 82’ – 24.90m) qui vient d’arriver … mais il lui reste la quarantaine à subir. Ouf.

Nous sommes idéalement placés au début du ponton en sorte que nous voyons passer tout le monde. De surcroît, nous avons une vue bien dégagée sur notre bâbord … pour autant qu’on ne nous colle pas un idiot sur ce côté du ponton.

Rien n’est définitif et nous pourrions rapidement en arriver à détester cette marina mais pour le moment, c’est la meilleure solution que nous avons trouvée. Si nous pouvons nous remettre à la plongée sans nous ruiner pour autant, cela nous aiderait certainement à passer le cap.

Samedi  27.

Alors que nous nous apprêtions à aller à la piscine, un soudain, brutal et violent coup de vent (40 nœuds à la marina – 45 nœuds au mouillage) a balayé littéralement la zone avec pluie diluvienne à la clef !

Cela fut tellement violent qu’Ann, installée dans le cockpit, s’est réfugiée dans le carré pour ne pas se faire emporter par le vent tandis que je m’agrippais à l’intérieur pour ne pas tomber en raison d’un subit coup de gîte !! Bonjour le stress …

Comme le coup de vent est venu de notre tribord, le bateau s’est en partie couché sur le ponton ! Grâce au ciel notre peinture de coque n’en a pas souffert car, en finale, c’est notre échelle de coupée qui a tout pris en jouant le rôle de défense !!  Pas une seule griffe … juste le débordoir en inox de notre échelle qui s’est plié en creusant un sillon de 10 cm. dans le mastique de la coque.

Manque de pot, c’est le flanc tribord qui était endommagé et qui va être repeint aux frais de l’assurance de « Sacre Bleu ».

Pour détordre notre échelle de coupée, nous avons fait appel à « Royan’s Marines Service Welding & Fabrication » que nous avions vu travailler sur d’autres bateaux. Il est venu en fin de matinée et nous a détordu notre barreau en inox à la seule force des bras !! Deux nouveaux bouchons en plastique sur les débordoirs et nous en avions pour 270 ECD (+/- 80 €). Nous ne lui avons pas indiqué la taille du bateau, c’était manifestement inutile …

Un peu choqués par ce nouveau coup du sort, nous avons passé la journée au bateau ! Il faut dire que la pluie ne nous a pas beaucoup incités à nous promener. Nécessité faisant loi, Ann s’est tapé un petit détour par le « Foodland » et en est revenue avec un foutu mal de dos.

Contrairement à votre serviteur qui a dû se faire opérer, Ann n’a jamais connu de problème de dos jusqu’à notre arrivée en île Maurice où en pleine nuit, une houle rentrante nous a contraints à jouer le rôle d’amortisseurs entre notre bateau et le mur du quai. Depuis cette nuit de merde, Ann connait des problèmes de dos !

Dimanche 28.

Pour une fois, nous  avons fait la grasse matinée en sorte que quand nous sommes arrivés à la piscine, il y a avait foule. Malheureusement pour nous, tous ces américains ont une conception assez différente de la nôtre quant à l’utilisation d’une piscine et c’est donc en slalomant entre des gens en pleine discussion que nous avons essayé de faire quelques longueurs. Autant dire que nous nous sommes pas attardés.

Lundi  29.

A 9.30 heures, Eveline( Suisse allemande parlant parfaitement français)) de « Scubatech » de « Prickly Bay » venait nous chercher à la marina. Nous sommes directement partis pour  « Shakem », un petit cargo chargé de sacs de ciment qui a coulé en 2001 un peu au large de la zone de mouillage.

Pas de bouée de signalisation, ni filin de descente, nous avons suivi Eveline et grâce à une bonne visibilité, nous avons vu assez rapidement l’épave qui est « cimentée » droite sur le fond. La faune et la flore n’y sont pas très riches comparées à d’autres épaves mais il y a moyen de circuler dans les cales et coursives et c’est cela qui est le plus gai. Autant dire que je me suis amusé comme un petit fou.

Bien évidemment, à cette relative profondeur (-31 m), le compteur tourne nettement plus vite et sans y faire trop attention, j’ai atteint les 6’ de palier obligatoire (réglage pour une plongée à l’air) pour 45’ de plongée. La température de l’eau était de 28°.

Avec un intervalle surface de 45’ (un peu court, selon moi même s’il est vrai que nous plongions au Nitrox 32), nous nous sommes rendus un peu plus vers le sud, à « Purple Rain » présenté comme un tombant allant jusque -30m. En fait de « tombant », il faudrait davantage parler d’une pente inclinée comme on en retrouve en Martinique.

La flore y est très abondante et les gorgones imposantes. Nous y avons vus deux petites murènes tachetées et par miracle, tellement elle était bien cachée, une langouste. Nous avons suivi sagement Bradley, notre guide, avant d’être récupérés en surface. Paramètres de la plongée : – 19m – 58’ – 28°.

De retour à la marina, nous avons pu constater que l’animation était bien présente avec toute une série de nouveaux arrivants dont un couple de Français, « Blue Gate III » amarré de l’autre côté de notre ponton. Par bonheur, ils ont été placés bien en avant de notre position en sorte qu’ils ne nous gâchent pas notre vue. De toute manière, ils ne restent que 3 jours avant de partir au chantier.

Alors que la marina n’est qu’à moitié remplie, certains nouveaux arrivants sont placés en des emplacements impossibles (entre deux bateaux à moteur, entre deux bateaux jouissant seuls d’un catway) sous prétexte que tout est déjà réservé !!!!! Il est impossible de comprendre la logique qui préside à l’octroi des emplacements !

En tant que tel, on s’en moque sauf que d’une part, notre emplacement actuel est réservé à « Andana » et que d’autre part, nous avions justement pris la décision de partir sur le mouillage de « Carriacou » dès la fin de notre contrat soit le 10 juillet. Aussi Ann a-t-elle pris rendez-vous avec Charlotte, la manager de la marina, pour savoir ce que nous risquons si nous partons pour éventuellement revenir plus tard : un emplacement ne vaut pas l’autre !

Alors que nous n’y pensions plus, les électriciens de « Turbulences » sont venus voir le travail consistant à tirer une nouvelle ligne électrique dédiée exclusivement à notre airco. Nous attendons maintenant leur devis.

 Mardi 30.

Depuis quelques temps déjà, nous avons constaté que les règles en vigueur lors de notre arrivée sur l’île, avaient quelque peu « évoluées » ! Il semblerait, en effet, que la quarantaine de 14 jours soit passée à 10 jours !!! En fait, si nous en croyons nos nouveaux voisins français, cela dépendrait de la disponibilité de l’équipe médicale chargée de réaliser les tests : en clair, pour certains, il sera de 14 jours et pour d’autres, de 10 jours ! De même, le jour des arrivées ainsi que celui des tests ne seraient plus les mêmes !

Impossible par ailleurs, de savoir qui est encore en quarantaine et qui ne l’est plus dès lors que certains petits malins arborent le pavillon jaune de quarantaine pour rester impunément au mouillage …

Et puis, il y a les « exceptions » qui permettent – notamment – à un voilier canadien de venir vider ses cuves d’eau noire à la marina alors qu’il est encore en quarantaine ! Tout semble rester sous contrôle mais je pense qu’il ne faudrait pas trop gratter pour découvrir de nombreuses « anomalies ». Le ballet des annexes est également un signe qui ne trompe pas car soit il s’agit de plaisanciers en quarantaine soit de plaisanciers qui ont terminé leur quarantaine et qui sont restés au mouillage … dans les deux cas, ils sont en faute !

Cela fait plusieurs jours qu’Ann avait envie de sushis ! Nous avons donc attendu que le restaurant de la marina rouvre (timidement) ses portes pour y aller manger. Hier, nous avions raté l’occasion car il fallait s’y présenter avant 18 heures en raison de l’heure de fermeture imposée par les autorités.

En nous y rendant, nous sommes passés par la piscine qui était noire … pardon, blanche d’Américains en train de siroter leurs apéritifs ! Amusant mais même moi j’ai pu traduire le panneau interdisant d’apporter ses boissons à la piscine.  Ils étaient au moins une trentaine dans l’eau. Pas convaincu que les règles de distanciation sociale aient été respectées mais pour les Américains (républicains), le Covid-19 n’est somme toute qu’une grosse grippe et le nombre de morts largement exagéré. Et puis, ils sont tellement attachés à leurs libertés, les pauvres petits.

Les Anglophones reçoivent très peu à bord de leur bateau lui préférant la formule d’un rassemblement sur la plage ou au club house de la marina. Cela nous avait frappé lors de notre tour du monde.  

Par esprit de contradiction, le restaurant ne propose des sushis que les mercredi, jeudi, vendredi et samedi !! Nous n’avons pas trop mal mangé mais nous avons dû fuir directement après en raison de la voracité des moustiques.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 17 juin 2020

01 au 15.06.2020 – Quarantaine à Grenade.

Lundi 01 – 6è jour de quarantaine.

Un petit soleil a largement illuminé cette journée. C’était ce qu’il nous fallait pour faire remonter notre morale.

Tout est calme :  le mouillage, le vent, la mer et  même,  le roulis. Seul « Clara Maris » (Privilège 745) nous a surpris en quittant le mouillage pour le nord !! Il est vrai que peu de temps auparavant, il avait passé la matinée à la marina !! Mystère, mystère.

Alors que les premiers jours de notre arrivée, nous avons eu droit à un fort courant nous repoussant vers le large, depuis hier, celui-ci a disparu ce qui rend la baignade particulièrement agréable (la visibilité n’est malheureusement souvent pas terrible !). J’en aurais même profité plus longuement si je n’étais pas tombé dans un banc de petites méduses translucides qui m’a fait rebrousser chemin à toutes jambes …

Mardi 02 – 7è jour de quarantaine.

Le soleil était de la partie ce qui était le plus essentiel. Par contre, nous avons eu droit à des rafales de vent aussi fortes que brutales de nature à tester la solidité de notre ancrage ! J’ai horreur du vent sur un mouillage. Le roulis quant à lui, fait hélas partie du paysage locale …

Comme on s’y attendait, les « resquilleurs » ont pointé le bout du nez dans le courant de la matinée. Nous en avons compté sept, essentiellement canadiens et américains. Tous sont passés par la case de la marina en sorte que nous pensons qu’ils ont pu s’enregistrer alors que pourtant l’ouverture des frontières n’est prévue que les mercredi, jeudi et vendredi de chaque semaine !

Pour une île anglophone dont la souplesse des autorités n’est, en général, pas la qualité première, c’est plutôt surprenant d’apprendre que la règle générale connait bien des exceptions. Ainsi avons nous appris qu’en fait, dès le 20 mai soit une semaine avant l’ouverture officielle, un certain nombre de bateaux venant de Saint Vincent ou de ses îles, s’étaient pointés « à titre de cobayes ».

Il en résulte que la quarantaine est déjà terminée pour eux ! Ceci explique sans doute un subi va-et-vient d’annexes. J’en ai compté une petite dizaine qui se sont toutes rendues à la marina pour le test de dépistage au « Covid-19 » du moins, nous le supposons. Leur départ du mouillage devrait survenir, en toute logique, dès demain.

Les autorités de Trinidad pour leur part, se laissent tirer l’oreille quant à savoir quand (ou si ?) elles vont ouvrir leurs frontières ! Si ce n’était que l’île jouit en quelque sorte d’un quasi monopole de sécurité en matière de cyclones, nous lui tournerions définitivement le dos et c’est peut-être en finale ce qui va arriver. J’espère en tous les cas que leur attitude désinvolte leur fera perdre beaucoup de clients (il paraît que les désistements se succèdent chez Peake) mais cela ne semble pas attrister les autorités locales qui profitent largement de leur gaz et de leur pétrole.

Mercredi 03 – 8è jour de quarantaine.

Tout au long de la matinée, les bateaux sont arrivés par petits groupes pour se faire enregistrer. Manque de chance, ils ont eu droit à une journée pluvieuse alors que jusqu’à présent, nous avions connu un temps très sec.

Si la première vague du 27 mai comportait principalement des monocoques, cette seconde vague a fait la part belle aux catamarans. Mais comme à chaque fois, des Américains ou des Canadiens et très majoritairement, des anglo-saxons. Amusant de relever comme ces derniers ont tous l’air de se connaître et se manifestent des accueils chaleureux. A l’opposé, les francophones se montrent beaucoup plus réservés même entre eux. Pour notre part, nous essayons d’être les plus antipathiques que possible … histoire qu’ils ne viennent pas s’ancrer près de nous.

Parmi les nouveaux venus, deux monocoques dont « Tropic Bird » battant pavillon américain, sont arrivés par le sud !!!! A défaut d’informations fiables, nous ne pouvons que supputer : soit ils venaient du Brésil, de Guyane voire de Tobago (je n’accorde pas beaucoup de crédit à cette hypothèse), soit ils sont rentrés sur l’île illégalement et les « Coast Guard » les ont contraints à réaliser leur quarantaine … Malgré les fermetures des frontières et les interdictions de naviguer, beaucoup n’en ont tenu aucun compte. 

Vu le fonds de corail de mauvaise tenue, chaque bateau a bien des difficultés à trouver un ancrage satisfaisant. Certains vont même jusqu’à 5 ou 10 essais (!) avant de trouver leur bonheur. Tout ceci a pour conséquence que les nouveaux arrivants sont en perpétuels mouvements et que si vous n’y faites pas gaffe, vous vous les prenez sur le nez !

Dans le courant de l’après-midi, nous avons assisté à quelques mouvements d’annexe nous faisant présumer que quelques chanceux étaient allés rechercher leur certificat sanitaire à la marina. Mais loin du grand exode auquel je m’attendais, nous n’avons enregistré que deux départs du mouillage : le cata « Cloud Nine » battant pavillon anglais et un Hunter avec son macaron « Martinique » souvent vu au « Marin », battant pavillon américain.

Jeudi 04 – 9è jour de quarantaine.

Une météo habituelle : soleil, petites pluies et vent en rafales. Le mouillage est décidément assez venteux et cela nous surprend car chaque fois que nous avons remonté l’île par l’intérieur (côté mer des Caraïbes), nous avons été contraints de naviguer au moteur !

Côté arrivants, j’en ai compté une quinzaine voire un peu plus car je me suis rendu compte que certains avaient échappé à ma vigilance ! Côté départs, nous n’en avons compté que deux dont un Suédois. Là encore, le nombre pourrait être plus important car nous nous sommes levés assez tard et qu’il nous a semblé qu’il y avait des trous dans le mouillage mais impossible de se souvenir qui seraient partis.

Signalons que l’activité maritime du petit port commercial de « Saint Georges » est assez intense.

Vendredi 05 – 10è jour de quarantaine.

« Dépression tropicale » selon la météo. Une journée merdique par excellence, en vérité.

Dès le lever du jour, le vent avait totalement disparu, les températures ont commencé à grimper, la pluie s’est mise de la partie et les bateaux ont tourné dans tous les sens, en se faisant chahuter méchamment. C’est ce qui m’a réveillé ! J’étais en nage et le bateau bruissait de mille bruits désagréables depuis les divers grincements jusqu’aux vagues qui  se fracassaient sur notre jupe arrière.

Nous avons déjà connu cela à la baie Sainte-Anne ! Cela ne dure généralement qu’une bonne heure, souvent le temps d’un changement de marée.

J’ai bien essayé d’aller dormir dans le cockpit mais très rapidement, j’ai compris que je n’y arriverais pas aussi je suis redescendu dans notre cabine où la fée Morphée m’attendait !

Toute la journée ne dénota pas de  cette impression de désolation. Nous avons même entendu le tonnerre ! La pluie nous a empêchés de profiter de notre cockpit.

Il y a eu quelques nouveaux arrivants mais combien ? Nous en avons au moins dénombré trois mais ce chiffre pourrait être plus élevé.

Samedi  06 – 11è jour de quarantaine.

Cette fois, je n’hésiterai plus à le déclarer haut et fort : notre mouillage est rouleur ! Avec l’absence de vent, le phénomène s’est encore aggravé avec des bateaux pivotant dans tous les sens. On a eu à peine le temps de se féliciter que le bateau pointait à nouveau vers la côte … qu’il s’était tourné vers le nord ou vers le sud ! Le résultat des courses était que nous roulions énormément et que les distanciations sociales entre chaque bateau, frôlaient parfois les limites. Si seulement d’un claquement des doigts je pouvais faire disparaître le Hunter 49 australien que nous avons comme voisin tribord … et puis, tant qu’à faire, le catamaran Léopard anglais sur notre bâbord.

Par ailleurs, il pleut par intermittence, avec une belle régularité ! De temps en temps, un grain. Je ne vous dis pas les chaleurs à l’intérieur du bateau ! C’est tout simplement insupportable. Une journée un peu moins merdique que la veille mais pas loin.

Sur le mouillage, nous avons constaté l’arrivée de trois nouveaux arrivants : un Bavaria 43 australien, un monocoque allemand et un catamaran anglais. Il est toujours possible que nous ayons raté l’une ou l’autre arrivée supplémentaire. Nous avons également assisté ébahis au départ vers le nord, de « Ganesha » (Amel 54 anglais) !! Aux dernières nouvelles, il était à hauteur de Sainte Lucie.

Mais la cerise sur le gâteau fut l’arrivée nocturne (19.30 heures) de « The Good Life » (catamaran Léopard battant pavillon français) qui a traversé tout le mouillage pour aller jeter l’ancre à proximité d’un autre catamaran qui ne devait pas être réjoui de l’avoir pour voisin. Son arrivée a correspondu avec une absence totale de vent : la surface de l’eau était un miroir et les bateaux pointaient de manière désordonnée dans toutes les directions.

Dimanche 07 – 12è jour de quarantaine.

S’il y a une journée à marquer d’une pierre blanche, ce serait bien celle-ci : vent agréable, presque pas de roulis, pas de soleil et les bateaux qui restent en place !

Départ sans complexe (aucun enregistrement réalisé) de « The Good Life » pour « Clarkes Court Boatyard ». Nous ignorons comment il va se démerder avec les autorités de l’immigration …

Du côté des nouveaux arrivants : « Aqualuna » (Discovery anglais) arrivé ce matin, à 6.38 heures et « Imagination » (Fountaine Pajot Bahia 46’) arrivé en début d’après-midi. Une fois encore, il est possible que d’autres arrivants aient échappé à ma vigilance puisque beaucoup ne semblent tenir aucun compte des jours officiels d’arrivée …

Un « love boat » est venu accoster à son ponton réservé !! Selon nos informations, il n’aurait fait que débarquer des résidents qui sont tout aussi soumis que nous, à quarantaine …

Nous avons tous reçu ce matin et cet après-midi, un rappel des consignes de quarantaine sous peine de voir les accords négociés, annulés ! Il semblerait bien qu’il s’agisse  d’un sévère «  avertissement » alors que selon moi, la quarantaine est respectée par tout le monde avec énormément de sérieux !!!

Si j’en crois le rappel des mesures à respecter, certains iraient faire courir leur chien sur la plage (il est vrai que j’ai vu une annexe partir en cet esprit), du shopping avec leur annexe (impossible de savoir ce qu’ils vont faire lorsqu’ils partent à la marina), nageraient jusqu’à d’autres bateaux pour faire papelote (un bateau français s’est senti visé …).

Depuis le départ et connaissant l’incivisme crasse des plaisanciers, j’ai toujours été convaincu que les autorités de Grenade reviendraient sur leur décision d’ouvrir leurs frontières … motif pour lequel il m’avait semblé impératif d’être dans les tous premiers. Toutefois et même si notre déconfinement arrive à son terme, ce serait une catastrophe car les autorités de Trinidad y trouveraient prétexte à ne pas ouvrir leurs frontières …

Selon un plaisancier, nous serions 110 bateaux dont 2 catas à moteur, 40 catas et 68 monocoques.

Profitant d’un moment creux, je me suis lancé dans le déplacement du flotteur de la pompe de cale arrière (celle dont l’alarme a gueulé durant notre petite traversée – cfr. article précédent). Cela m’a permis de comprendre l’origine de notre fuite d’eau : c’est le joint de la mèche de safran qui suinte ! Selon nos informations, ce joint se change tous les 5 ans … le nôtre en a 10 !!!

Lundi 08 – 13è jour de quarantaine.

Ensoleillé, mer belle, pas de roulis malgré un vent très faible … une chouette journée. Dommage que les bateaux ont pointé toute la journée vers le nord au lieu de pointer vers la côte.

« Aqualuna » est reparti  ce matin vers le nord  … pour une probable traversée de l’Atlantique ?? « Ganesha », lui, est maintenant pointé à Antigua !

Nous avons reçu un E-mail nous avertissant que les test de dépistage au Covid-19 pour tous les bateaux arrivés les 27, 28 et 29 mai vont débuter mardi. Malheureusement, notre groupe (de P à S) n’est attendu que mercredi à 8.30 heures. En fait, les bateaux sont appelés par ordre alphabétique de leur nom. Et donc, pas de chance car avec « S.A.S.³ » on passe dans les derniers, juste avant ceux arrivés les 28 et 29 mai.

120 personnes sont prévues pour ce test avec un résultat dans les 24 heures . Nous ne quitterons donc le mouillage pas avant jeudi … Nous sommes perdants sur toute la ligne !

Hier, nous avions reçu un avertissement général qui m’avait quelque peu fait bondir. Aussi ai-je demandé à Ann de traduire la réponse suivante : « Ne faites pas payer à la grande majorité des plaisanciers qui respectent scrupuleusement la quarantaine, l’incivilité de quelques-uns. Sanctionnez les si nécessaire ». Du fait de la nécessité de traduire en anglais, j’ai été contraint de faire au plus court …

Aujourd’hui, nous avons reçu une réponse de l’auteur de l’avertissement estimant qu’effectivement, celui-ci était un peu sévère et que les comportements relevés étaient sans doute isolés.

Nous avons vu arriver 2 petits voiliers dont un était visiblement en panne de moteur puisqu’il s’est fait remorquer par un bateau de pêche. En fin d’après-midi, c’est un catamaran Sunsail qui faisait son entrée à la marina sans pavillon jaune ! Nous apprendrons plus tard qu’à la marina, il y a une base Sunsail  …

Nous avons vu par contre, sortir de la marina deux catamarans sud-africain arrivés sur place le 19 mai et donc, plus en quarantaine. Ils ont été rejoindre à l’ancre, un autre catamaran ancré à l’extrémité nord de la baie renseignée comme fort rouleur … Pas vite dégoutés, dirons-nous.

Nous avons également assisté au retour – sans fanfare – de « The good life » qui est allé s’ancrer à l’autre extrémité du mouillage. Sa situation n’est toujours pas claire car selon nous, il ne s’est pas fait enregistrer. A-t-il essayé de forcer la quarantaine obligatoire et s’est-il fait rejeter par le chantier et/ou les « Coast Guard » … mystère.

Enfin, « Imagination » qui est ancré sur notre arrière, semble avoir été chercher en annexe, un couple de guests !

Mardi 09 – 14è jour de quarantaine.

Départ de « Imagination » comme je l’avais correctement supposé … il s’agissait bien d’un couple de guests. Yeeesss …

Journée à petits grains. L’avantage c’est qu’après le passage du grain, le ciel est serein. Il faut bien voir le côté positif ! Autre côté positif, nous n’avons pour ainsi dire pas roulé de la journée !!

Je n’ai enregistré que 5 nouveaux arrivants :  un catamaran Léopard 44 battant pavillon américain, deux monocoques battant pavillon brésilien (« Strega » et « Zenithi »), un Amel 54, « Eloïse » battant pavillon français et le meilleur pour la fin, un First 375, « Maggie May » battant pavillon anglais et qui n’a rien trouvé de mieux que de s’ancrer devant nous …  grrrrr.

En fait, ce crétin (il est seul) s’apprêtait à s’ancrer devant notre voisin anglais de bâbord. Ce dernier s’est alors entretenu avec lui et lui a clairement indiqué de s’ancrer devant nous !!!!! Grrrrr. Mais que voulez-vous dire dès lors que vous ne parlez pas anglais et que rien ne justifie votre irritation puisqu’il est ancré bien en avant de notre orin.

Nous avons bien espéré que comme pour tous ses prédécesseurs, son ancrage ne tienne pas mais à notre grande désolation, celui-ci est parfait ! Pour m’éviter d’avoir à passer une très mauvaise nuit, je suis allé à la nage, vérifier son ancrage. 

Comme déjà indiqué, il s’agissait d’une matinée de tests de dépistage au Covid-19.  54 personnes ont été testées mais ils n’ont reçu que 34 résultats alors que demain, c’est la seconde fournée. En bref, il faut s’attendre à une quarantaine prolongée de quelques jours comme si nous n’avions que cela à faire …

Notre pavillon jaune s’étant enroulé sur lui-même, je tire un peu sur le filin … et je l’attrape en main ! Grrrrrr. Par bonheur, un des deux brins est resté en place mais son extrémité était bloquée à hauteur de la première barre de flèche. Que faire ? Que faire ? La seule solution semblait être de monter au mât mais Ann m’a convaincu de monter sur la bôme et de là, d’essayer d’attraper le filin avec la gaffe. Et vous ne le croirez pas mais j’y suis arrivé sans problème … à la grande déception de mes voisins qui ont assisté avec beaucoup d’attention à toute la manœuvre.

Mercredi 10 – Fin de la quarantaine !

Quelle journée ! Mon dieu quelle journée ! Mais commençons par le début …

Nous n’avons pas beaucoup dormi  en raison, notamment, d’un véritable déluge que nous avons subi  pendant toute la seconde partie de nuit et d’une température intérieure qui nous a obligés à mettre le ventilateur en marche !! Evidemment, de savoir que nous allions être testés au Covid-19 et que nous avions intérêt à être dans les premiers, ne nous a pas aidés à dormir du sommeil du Juste.

A 6 heures du matin, nous ne dormions déjà plus, même si nous avons attendu 7 heures pour nous lever. Nous n’avons pas pris de douche ou de petit déjeuner pour nous mettre immédiatement à l’œuvre.

A 7.45 heures, nous partions en annexe à la marina. Quelques minutes avant notre départ, c’était toujours le déluge …

A mon plus grand étonnement, nous sommes arrivés les tous premiers. Les autres ont commencé à affluer à partir de 8.15 heures. Nous l’ignorions encore mais tous les tests réalisés la veille avec un écouvillon dans le nez, ont dû être recommencés …

Alors que nous subissions le test sanguin (par bonheur, ils ont changé de méthode), les autres plaisanciers étaient divisés en deux groupes avec priorité, pour ceux testés la veille …

Si nous avons connu quelques balbutiements liés à la nouvelle procédure, nous avons été les premiers pour tout : test, résultat 15’ plus tard, douanes, immigration et marina ! Passé 16 heures, il y avait encore des plaisanciers qui faisaient la file devant le bureau des douanes/immigration et en finale, plusieurs devront repasser demain !

Nous avons eu le sentiment de subir plus que tout autre chose, cette quarantaine. Cela, ajouté à un gros coup de vent annoncé pour le milieu de semaine prochaine, nous a décidés de passer une semaine en marina (12 autres bateaux essentiellement américains, suivront notre exemple) !!! Nous détestons être en marina mais cette fois encore, nous avons eu beaucoup de chance car nous avons une place d’enfer (tant que la marina est quasiment vide) avec une borne électrique de 63A !!!

Du côté de Trinidad, les nouvelles ne sont pas bonnes puisque le Premier Ministre ne compte annoncer ses mesures que le 22 juin ! Il serait question de n’accepter un groupe de 35 bateaux que tous les quinze jours ! De surcroît, nous aurions à subir une nouvelle quarantaine … Se posera ensuite la question de savoir quand les liaisons aériennes au départ de Trinidad, rouvriront … Plus que jamais, nous envisageons d’abandonner Trinidad et de laisser le bateau à Grenade.

Jeudi  11.

L’un des inconvénients majeurs de la marina, y est la faiblesse du vent !!! De prime abord, je devrais considérer cela comme un atout majeure mais en le cas d’espèce, nous n’avons aucune circulation d’air dans le bateau et cela en devient vite étouffant. Avec une borne électrique de 63A, nous pouvons faire fonctionner nos quatre chargeurs mais malheureusement, pas notre airco ! Pourquoi, nous y parvenons en Martinique et pas ici, reste encore un mystère que nous essayons d’élucider.

L’un des avantages de cette marina « Camper & Nicholsons » (luxe et confort : 82 €/jour), c’est sa piscine qui n’a été rouverte que le jour de notre arrivée !  Normal, avec la fermeture des frontières, la marina était plutôt déserte.

Nous avons passé la journée sous un soleil de plomb. Nous avions besoin de farniente, de nous laisser vivre et comme sur l’île, il s’agit d’un jour férié, nous n’avions pas de toute manière, beaucoup d’autres options.

Vendredi  12.

Le déluge prévu par la météo, pour la nuit passée, n’a finalement pas eu lieu : la dépression a été déviée en dernière minute, vers Saint Vincent, Sainte Lucie et la Martinique.

Nous avions programmé la location d’une voiture pour nous rendre à « Clarkes Court Boatyard » ce vendredi … histoire de savoir si oui ou non, ils ont de la place pour notre bateau. Mais ce matin à 9 heures, nous n’avons vu arriver aucune voiture (les réservations se réalisent par internet et la société apporte et vient rechercher la voiture à la marina) ! Pandémie, d’un côté et jour férié, de l’autre, nous n’en avons pas été autrement surpris.

Loin d’avoir repris une vie tout-à-fait normale, l’île est encore soumise à un couvre-feu de 21 heures à 5 heures ! A la pizzeria de la marina, il n’est pas possible de manger mais seulement d’emporter. Nous devons encore découvrir le reste.

Nous avons eu la visite de Sean (en quelque sorte le pendant de Mark de « Dynamite Ltd » pour Grenade et de sa famille) qui a ses bureaux au chantier. Par son biais, nous avons appris que le chantier ne disposait de place pour notre bateau que jusque fin juillet …

Nous relevons un trafic important d’annexes se rendant au « Foodland » situé au fond de la baie. Alors soit, il s’agit de plaisanciers qui en ont terminé de la quarantaine et ils devraient avoir quitté le mouillage pour laisser la place aux nouveaux arrivants, soit, il s’agit de plaisanciers en quarantaine … l’incivisme des plaisanciers !

Samedi 13.

Soleil de plomb et vent en rafales : une pas mauvaise combinaison en marina.

Avec le roulis que nous avons connu au mouillage, nos deux lignes de flottaison sont blanches de sel ! Beaucoup plus haut du côté bâbord que du côté tribord !!!

Depuis notre arrivée en marina, nous y pensons quasiment tous les jours car ici le plan d’eau est parfaitement calme (c’est tellement rare) pour nettoyer. Seulement, il faut trouver le courage de le faire et le côté bâbord pose problème puisque le bateau est à quai sur ce côté là … Il suffirait, en fait, de retourner  le bateau ou de le tirer sur le ponton d’en face pour résoudre le problème mais Ann est farouchement opposée à toute idée de ce type sans aide extérieure et moi, je n’ai aucune envie de solliciter de l’aide (vous vous rappelez : je suis du genre ours mal léché) ! Alors, pour le moment, nous n’avons nettoyé que le côté tribord et pour la journée, c’est déjà amplement suffisant. En tout état de cause, il y a un peu trop de vent pour manœuvrer quand ce n’est pas nécessaire.

Notre petit séjour en marina est loin de me déplaire même si tout n’est pas parfait (manque d’air) et que tout pourrait changer du jour où nous aurions un voisin immédiat (celui que nous avions le premier jour n’est resté qu’une nuit). De là, à m’interroger si nous ne prolongerions pas notre séjour est une question qui me taraude car je crains que le mouillage de Carriacou ne soit pas à la hauteur de nos attentes. Certes, nous le connaissons assez bien mais depuis le Covid-19 beaucoup de choses ont changé.

Dimanche 14.

Soleil de plomb, chaleur et rafales de vent.

Notre journée a été perturbée par la découverte de la panne supposée de l’un de nos isolateurs. Ces appareils évitent aux bateaux en aluminium d’être la prise de terre de tout le quai. Nous en avons deux (32A et 16A) montés en parallèle et c’est celui de 16A qui était supposé en panne.

Il en est résulté un abondant échange de mails avec Patrick Marie, l’électricien du bateau, qui nous en a énormément appris sur la question. C’est dingue que nous ayons pu vivre pendant 10 ans sur ce bateau sans comprendre tous ces mécanismes. A notre défense, nous ne sommes quasiment jamais en marina et les rares fois où nous le sommes, nous perdurons nos habitudes de mouillage.

En finale, le 16A ne se met en route que lorsque le 32A atteint un certain ampérage. Ceci explique parfaitement qu’en cas de consommation « normale », seule le 32A est actif.

Lundi  15.

Sean nous avait annoncé qu’il avait dégoté une place pour notre bateau auprès du chantier « Spice Island Marine Services » de Grenade !! Tout à notre bonheur, nous étions prêts à sauter dans un taxi pour aller voir le responsable. Par prudence, nous nous sommes renseignés sur internet pour découvrir que dans la darse, il n’y avait que -2m  alors que notre tirant d’eau est de -2.50 m ! Plouf.

En tout état de cause, il aurait encore fallu voir si la grue pouvait lever le bateau suffisamment haut (T.E. – 2.50m) pour dépasser la marche de la darse. En Jamaïque et en Australie, cela s’est joué à quelques centimètres près !!!

Nous avons quand même pris le taxi mais pour nous rendre au « Real Value Supermarket » faire un avitaillement nettement moins conséquent que nous l’avions espéré. Selon Ann, on trouve beaucoup plus à Trinidad : il nous a, par exemple, été impossible de trouver du Coca-Cola sans sucre !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 5 juin 2020

26 au 31.05.2020 – Transhumance et quarantaine (Covid-19).

Mardi  26.

Le grand jour de notre transhumance vers le sud a enfin sonné ! Dans ce monde d’incertitudes liées au Covid-19, il y a encore un mois nous ne savions pas ce que nous allions faire de notre bateau pour la période cyclonique ! Notre programme reste toujours de le mettre au sec chez Peake (Trinidad) mais cela est toujours impossible aujourd’hui en raison de la fermeture de leurs frontières ! Alors, nous commençons par descendre sur Grenade (152 NM) et verrons sur place comment les choses évoluent.

Comme toujours après une si longue période d’inactivité (6 mois !), un petit stress était bien présent. Sur le mouillage, quatre autres bateaux avaient également déclaré partir pour Grenade qui n’accepte que cinquante bateaux par semaine.

Nous avons levé l’ancre pour 9.30 heures par un très beau ciel bleu et un petit vent sympathique (la météo prévoyait de la pluie mais nous n’avons pas eu une seule goutte !). Pas de fanfare, ni de klaxon, juste un petit signe de la part de nos sympathiques voisins anglais qui nous avaient affirmé en son temps,  trouver notre bateau « so lovely ».

Une fois atteint la limite du mouillage, nous avons hissé la GV et immédiatement pris deux ris ! Perte d’habitude (prise de ris automatiques) … nous avons fait cela tellement comme des manches que nous avons déchiré sur un bon mètre notre GV juste en-dessous de la bosse de ris 2 !! Comme nous naviguons quasiment en permanence sous deux ris, cela n’est pas problématique mais il va quand même falloir penser à la faire réparer. Encore bien des plaisirs pour la retirer et la remettre en place plus tard …

Comme d’habitude, nous sommes partis sur les chapeaux de roue : vent réel de +/- 20 nœuds, angle du vent 65°, vitesse dans l’eau + 10 nœuds avec 2 ris dans la GV et génois déroulé au premier cran. Il y a parfois des moments où je pense que « S.A.S.³ » avancerait tout aussi bien sans voiles ! Et cela a perduré sans interruption jusqu’au nord de Saint Vincent : nous n’avons même pas du mettre le moteur au niveau de Sainte Lucie !

Au début du canal Sainte Lucie / Saint Vincent, nous avons aperçu un splendide cachalot. Les photos ne sont pas très parlantes mais elles attestent malgré tout de cette merveilleuse rencontre.

Durant toute la traversée du canal, nous avons été escortés par un peloton de mouettes chieuses. Elles n’ont pas arrêtés de tournoyer autour du bateau en plongeant dans la mer à la recherche de petits poissons. Comme elles n’ont aucune retenue, elles nous ont bombardés de leur fiente : on en a retrouvé partout, partout … sales bêtes.

A chaque fois je me fais prendre mais pas cette fois : au nord de Saint Vincent, il y a une zone de +/ 5 milles nautiques où il doit y avoir un effet Ventury quelconque qui fait monter sans prévenir le vent jusque 30 à 35 nœuds (32 nœuds en le cas d’espèce) ! En prévision de ce phénomène météorologique, nous avons enroulé notre bout de génois pour lui substituer notre trinquette. Une vraie merveille … le bateau s’est superbement comporté.

A hauteur de Saint Vincent, nous avons dû mettre le moteur. Il était environ 19 heures (nuit noire). Cela faisait quelques minutes que nous profitions d’un peu de calme qu’une alarme se met à retentir à l’intérieur : la pompe de cale arrière … celle qui est installée dans le compartiment de la mèche de safran et des pilotes automatiques !!!

Par définition, elle ne fonctionne jamais car il n’y a pas d’eau dans ce compartiment. Pour ce motif, il faut démonter une armoire rangement pour les écoutes de spi pour y avoir accès ! Bien évidemment, il faut d’abord vider le grand coffre arrière. Et merde, merde, merde.

Comme il était possible que nous étions en train de couler … nous n’avons pas hésité à tout débarrasser et à tout démonter. Et merde, merde, merde.

Par bonheur sinon je ne serais pas là pour vous le raconter, il s’agissait d’une question d’un litre d’eau qui s’est accumulé avec le temps notamment quand je range dans le coffre arrière, nos affaires de plongée. Pas de quoi fouetter un chat.

En début de saison, j’avais profité de l’ouverture de ce compartiment pour refixer le flotteur de la pompe automatique. Mais je n’ai pas bien réfléchi à la problématique et ainsi, j’ai placé le flotteur un peu plus bas que la pompe ! Bête que je suis : quand l’eau s’accumule dans le bas de la pente du coffre, le flotteur se relève mais la pompe n’ayant pas les pieds dans l’eau, elle n’aspire que de l’air … et l’alarme se déclenche …

Après avoir tout remis en place, je constate que j’ai oublié ma lampe torche dans le compartiment … où elle risque de se balader de tous les côtés. Et merde, merde, merde.

Grâce au ciel, la nature m’a doté d’un grand flegme … Une fois le compartiment ouvert, je relève que ma lampe torche trône en fait, sur le sol à côté de mes affaires de plongée. Comme dit plus haut, grâce au ciel, la nature m’a doté d’un grand flegme …

Quand nous avons passé Saint Vincent, le vent était monté à +/- 25 nœuds avec un angle de vent s’ouvrant jusque 85° . Il nous restait plus qu’à traverser toutes les Grenadines (+/- 60 NM).

Si quand nous avons quitté la Martinique, il n’y avait pas un seul bateau (hormis quelques cargos) à l’horizon, tous nos petits copains partis aux premières lueurs du jour ont commencé à éclairer la nuit ! Avec notre vitesse dans l’eau de plus de 10 nœuds, nous avions commencé à les rattraper les uns après les autres.

Oui mais voilà, avec la nuit tombée, le vent forci de quelques degrés, Ann a voulu que nous mettions la trinquette en lieu et place de notre bout de génois. Le résultat ne s’est pas fait attendre, nous marchions à 8 nœuds : perte de vitesse de 2 nœuds !  Malgré cela, nous avons rattrapé un (bateau ?) présentant un feu blanc fixe + un feu blanc clignotant – pas d’AIS !

Ce petit jeu de poursuite a duré tout un temps et puis tout d’un coup, notre bateau inconnu est parti comme une flèche et après un certain temps, il a disparu dans la nuit !!!!!! Nous ne saurons jamais après quoi nous avons couru.

Autre curiosité nocturne : nous avions dépassé quand nous marchions à + 10 nœuds, deux voiliers français qui semblaient ne pas vouloir se quitter. Avec notre chute de vitesse, nous constatons que « Balaou » avait délaissé son copain et nous avait pris en chasse mais ne parvenait pas à nous remonter sous notre  vent.

Il m’énervait car je me rendais compte qu’il se rapprochait latéralement de nous et qu’à ce petit jeu, nos routes finiraient par se croiser … bonjour les dégâts. Je ne déviais cependant pas d’un pouce car nous étions déjà trop largement en deçà de notre route idéale.

Après une bonne heure de stress grandissant, « Balaou » s’est écarté résolument de nous en abattant, a pris de la vitesse, nous a dépassés et joué les filles de l’air !!! Pas question pour nous, de régater, de nuit de surcroît et sans même savoir à qui nous avions à faire. Nous l’avons donc laissé partir et enfin soulagés, nous avons essayé de dormir chacun à notre tour.

Mercredi  27 – 1er jour de quarantaine.

A l’arrivée à la marina « Port Louis » de Grenade, nous relevions que « Balaou » était un catamaran Lipari (Fountaine Pajot) de 41’ ! Pour quelqu’un de si pressé, notre skipper français hésitera tellement à rentrer dans la marina que tout le monde lui est passé devant …

Il a appelé au moins cinq fois la marina mais il ne comprenait visiblement pas la réponse qui lui était donnée quand il n’était pas laissé indéfiniment en attente. Ann a connu les mêmes problèmes mais en écoutant les réponses données en anglais à d’autres bateaux, elle a compris que nous pouvions entrer.

En principe, nous n’avions plus qu’un seul bateau devant nous pour réaliser les formalités d’enregistrement mais en arrivant au mouillage, nous avons constaté que tout le monde n’avait pas joué le jeu et qu’une vingtaine de bateaux étaient arrivés la veille …

C’est donc en file indienne que les bateaux sont entrés à la marina où ils étaient placés immédiatement aux grands pontons de l’entrée. Le problème c’est qu’ils avançaient tous à des allures d’escargot cacochyme et que nous avions droit à des rafales de vent qui faisaient dévier fortement « S.A.S.³ » dans le chenal …

Si Ann me poussait à ressortir et d’attendre un peu plus tard, je ne souhaitais pas perdre ma place dans la file et puis … on a sa fierté que diable. Enfin, tout d’un coup, le catamaran devant moi a enfin avancé.

Le personnel de la marina lui a indiqué le côté au vent du pont tandis que m’était indiqué le côté sous le vent. En principe, c’était mieux ainsi sauf que je me suis rendu compte que les rafales de vent étaient si fortes que nos deux propulseurs ne parvenaient pas à étaler ce vent latéral !

Ann ne parvenant pas à lancer suffisamment loin nos amarres, il était facile de comprendre que j’allais emplafonner (aucun de nous n’avait de défenses de ce côté) les trois bateaux du ponton d’en face … Toujours avec mon flegme légendaire, j’ai pris la décision de repartir plein pot en marche arrière et de revenir ensuite dans la darse en serrant au plus près mon ponton. Ce fut un peu juste comme manœuvre  mais j’y suis arrivé sans la moindre égratignure. Quelques temps plus tard, un catamaran connaissait le même problème mais il a eu la chance que des amarres ont pu être attrapées à temps, par le personnel de la marina.

Un accueil très professionnel, l’une et l’autre vérification dont la prise de température et nous étions contraints de quitter la marina et d’aller mouiller l’ancre pour une quarantaine de 14 jours, juste devant le chenal d’accès à la marina. On nous avait prévenu qu’il s’agissait d’un fond de mauvaise tenue et c’est vrai : il s’agit d’un fond de corail. Autant dire que plus d’un a dû s’y prendre à de multiples reprises.

Au second essai, nous sommes parvenus à coincer l’ancre dans une solide échancrure de corail. Malheureusement, j’ai été contraint de me mettre une bouteille sur le dos pour corriger l’installation de l’orin dont le filin s’était pris dans un corail.

Nous avons procédé alors à une grande remise en ordre du bateau suivi de divers nettoyages. Si c’est super agréable de retrouver un bateau plus propre encore que quand nous sommes partis, avec seulement moins d’une heure de sommeil …

Nous avons eu la visite des « Coast Guard » qui ont vérifié que nous étions bien enregistrés. Ils ont fait également déplacer des bateaux qui étaient en dehors de la zone de mouillage attribuée. Au soir, j’ai compté 76 bateaux !

Avec la tombée de la nuit, le vent s’est totalement apaisé !

Jeudi 28 – 2è jour de quarantaine.

Après une excellente nuit de sommeil, nous nous sommes réveillés perclus de coups de soleil tant il est vrai que la journée de la veille fut particulièrement ensoleillée. Par bonheur, aujourd’hui, il fait couvert.

Les autorités locales ont prévu du mercredi au vendredi  de chaque semaine pour faire son arrivée sur l’île. Durant la matinée, nous avons acté 6 nouveaux bateaux.

Pour le moment, pour l’instant, il n’y a pas un seul bateau qui ne respecte pas la quarantaine : pas une seule annexe en mouvement, pas de rassemblement sur l’un ou l’autre bateau. J’ai du mal à croire qu’ils vont tenir pendant 14 jours … En tout état de cause, ici, les « Coast Guard » montent consciencieusement et quotidiennement la garde.

Vendredi 29 – 3è jour de quarantaine.

Il fait couvert et malheureusement, depuis la veille au soir, cela roule sur le mouillage. Rien de très ou trop désagréable mais on s’en serait bien passé.

Ann a compté l’arrivée de 5 nouveaux bateaux. Un des problèmes soulevés réside en ce que tout le monde sur le mouillage n’est pas soumis à la quarantaine alors que celui-ci est réservé exclusivement aux « Covid-19 ». Les autorités locales ont bien prévu de faire partir les « indésirables » mais comme d’habitude, on ne voit trop rien venir à l’exception de deux voiliers qui sont partis en matinée.

En principe également, tous les bateaux « Covid-19 » doivent arborer le pavillon jaune (normalement, le pavillon de quarantaine est le pavillon L) mais bien évidemment, il y a une petite minorité qui n’arbore aucun pavillon !

La pandémie a bousculé de nombreux programmes en sorte que nous venons d’apprendre qu’une flottille de 8 bateaux avaient quitté les Bahamas pour … Grenade ! Parmi nos amis, « Orpao » – « Obione » – « Tereva » et  « Symy » ont tous modifié leurs destinations de départ pour venir s’abriter dans le sud !

En s’armant de beaucoup de courage, nous avons enfin terminé le récurage du pont en teck !

Quand nous sommes au mouillage à « Sainte Anne », nous ne nous préoccupons jamais du nettoyage du pont !! Je ne saurais pas dire au juste pourquoi mais c’est un fait avéré. Par contre, dès que nous nous trouvons en marina ou comme maintenant,  son esthétique extérieure devient subitement une priorité !!!

J’avais remarqué que le teck était devenu … noir ! Pas gris, pas vert mais noir charbon ! La cause trouve certainement son origine dans le sable noir dont nous avons été saupoudré par le vent durant toute la saison à « Sainte Anne ». N’ayant jamais procédé à un quelconque nettoyage, celui-ci s’est incrusté dans le teck.

Avec une brosse dure (vivement non recommandée pour le teck qui est un bois tendre) et beaucoup d’énergie, nous sommes parvenus à rendre au teck, une couleur blonde du plus bel effet. Le plus amusant reste que nous avons réalisé la plus grande partie du travail, le jour de notre arrivée avec seulement une heure de sommeil dans le coco alors que par la suite, le travail s’est révélé de plus en plus ardu !

Lorsque que tout fut quasiment terminé, nous avons relevé avec horreur que notre coque « navy blue » était maintenant bardée de coulées blanches résultant de notre récurage ! Du coup, du pont et au moyen d’un manche télescopique muni en son extrémité, d’une serpillière, nous avons nettoyé la coque comme nous le pouvions. Le résultat n’est pas exceptionnel de près mais de loin, l’illusion est parfaite.

Samedi 30 – 4è jour de quarantaine.

Question météo, celle-ci n’évolue pour ainsi dire, pas : le ciel est couvert avec des éclaircies, il fait chaud et sec, quant au vent, il souffle en rafales. Seule véritable ombre au tableau: le mouillage est quelque peu  rouleur depuis deux  jours !

A côté des membres du très sélect club « Covid-19 », il y a ceux dont l‘accès au mouillage leur est, en principe, interdit mais qui de bien entendu, n’en ont rien à cirer comme « Foro » qui a arpenté le mouillage de long en large avant de s’ancrer ou encore, « Mili » et son copain « Josi » !

Il n’empêche que jusqu’à présent, la « quarantaine » de Grenade ressemble davantage à ma propre conception plus rigoureuse des choses que ce que nous avons connu en Martinique … Les mauvais esprits diraient que ce n’était pas bien difficile !

Dimanche 31 – 5è jour de quarantaine.

Ciel gris et bas, légère brume … la météo à vous mettre le moral à plat ! Et puis, ce roulis incessant qui ne présentera des signes d’affaiblissement qu’en fin d’après-midi !

Le mouillage reste sous surveillance constance un peu comme le lait sur le feu. Et malgré cela, nous avons assisté à l’arrivée – hors délais – de «Nana » , un voilier en acier battant pavillon allemand qui a pu, semble-t-il, s’enregistrer !!!

Les « Coast Guard » ont fait déguerpir nos trois inséparables : « Foro » – « Mili » et « Josi » qui sont retournés à « Prickly Bay ».

En milieu d’après-midi, nous avons assisté à l’approche d’un love-boat (paquebot de croisière) !!!!!!! Finalement, il est reparti sans accoster. Nous supposons donc qu’il n’a pas reçu les autorisations nécessaires pour débarquer ses passagers. Cela aurait été un comble de nous obliger à une quarantaine et ensuite, d’accueillir sans autre formalité, des milliers de touristes.

Après avoir été vérifié (tardivement), l’état de son ancrage, « Shangri La » (notre voisin sur tribord)  a décidé subitement de changer d’emplacement de mouillage et comme il ne peut déjà plus se passer de nous, il est venu planter son ancre juste derrière nous ! En analysant la carte, j’ai constaté qu’effectivement, nous étions ancrés à la limite de fonds de sable qui malheureusement s’accompagnent d’une profondeur plus importante (-15 m).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Older Posts »

Catégories