Lundi  16.

Depuis quelques jours, la pluie nous épargne la plupart du temps et cela rend l’endroit encore plus attachant et magique. Nous sommes bien … Par contre, nous stressons souvent à voir quantité de crétins nous tournicoter autour comme si nous étions le seul centre d’intérêt du mouillage ! Et parmi ceux-ci, nous avons ceux de l’ARC qui commencent à pointer de plus en plus le bout du nez. Nous en avons deux sur notre bâbord avant qui auraient pu aller se faire pendre un peu plus loin. La bonne nouvelle c’est que d’une manière générale, ils bougent beaucoup.

La tuile de la journée restera sans aucun doute en l’information que notre compagnie d’assurances met fin à sa branche « plaisance » en sorte que dès fin mars, nous serons une fois de plus, sans couverture si nous ne trouvons pas une autre compagnie. Le problème réside surtout en ce que les primes d’assurance s’envolent alors que comme le bateau vieillit, elles devraient diminuer ! Nous connaissons au moins deux autres voiliers, qui se trouvent dans la même situation !

Mardi  17.

Notre première mauvaise nouvelle de la journée nous fut apportée par Ludovic de « I.D.S. » : son devis pour la réparation, l’amélioration (?) et l’entretien de notre MP … 5.996,84 € ! Encore plus élevé que mon estimation à la grosse louche.

Un autre couperet est également tombé: nous devons procéder à l’entretien du GE. De prime abord, il suffisait de changer l’huile, le filtre à huile et le filtre à gasoil … pas de quoi s’affoler. Mais une fois ces opérations terminées, un troisième couperet est tombé : il fallait changer l’impeller de la pompe à eau ainsi que l’eau glycolée (toutes les 600 heures) !

Remplacer l’impeller reste une opération toujours hasardeuse car notre GE est équipé d’une PTO (grosse pompe hydraulique entraînée par le groupe) qui empêche de retirer la partie du cocon insonorisant … qui donne accès à l’impeller !! Nous ne disposons donc que de quelques centimètres – de biais – pour retirer l’impeller bien enfoncée dans son logement. Déjà, de face, ce n’est pas aisé …

Après avoir mis l’ancien impeller quasiment en pièces détachées (il avait déjà perdu quelques pales avant notre intervention), Ann est parvenue à l’extraire de son logement. Le nouvel impeller en place, il ne fallait plus que revisser la plaque de façade fixée par 6 petites vis. Alors que non sans mal, je vissais la dernière vis … celle-ci se cassa net au ras du métal !!!!

Après avoir enlevé la plaque de façade, je ne pus que constater les dégâts : le seul moyen de forer la vis cassée contraint à démonter la pompe à eau … Si cela avait été une autre vis, il aurait été possible de la forer sans rien démonter mais évidemment, pas celle-là.

Je ne vous dit pas le chipotage pour remettre la plaque de façade en place … à croire que les vis ne correspondaient plus aux trous de vis ! Restait encore à savoir si la pompe serait malgré tout étanche avec seulement 5 vis de fixation sur 6 … par un heureux hasard, l’étanchéité était parfaite !!!

Après tout cela, il nous fallait encore nettoyer le matériel et tout ranger. Seulement voilà, notre extracteur d’huile avait servi à recueillir l’eau glycolée que nous avions retirée du GE car nous n’avions plus de bidons vides . Pour un motif obscur, l’eau glycolée a giclé par le manche de l’extracteur (!!) en arrosant tout notre carré ! Ce fut un peu la grosse goutte qui a fait déborder un  vase déjà bien rempli.

Mercredi  18.

Après la journée de la veille que je n’ai fait qu’entrapercevoir … nous avions décidé que le farniente s’imposait en toutes ses formes. Il faisait merveilleusement beau même si le vent, comme la veille, soufflait  (20 à 25 nœuds).

Cette fois, c’est un crétin suisse qui a jeté l’ancre juste devant nous … à une encablure seulement de notre orin. Et pourtant, son voilier et surtout, son annexe, sont si petits qu’il aurait été plus intelligent de jeter l’ancre plus près du rivage …

Jeudi  19.

LA mauvaise de la journée m’a laissé sans voix ! Les nouveaux propriétaires de « Gray Matter » (Nordhavn 64’) ne sont autres que les anciens propriétaires de « Space Between »  avec qui nous étions en semi conflit ouvert en début de saison passée … au point que nous étions allés passer les fêtes de fin d’année, en Dominique !!! Depuis lors, je vois des Américains honnis partout !

Sont-ils venus jeter l’ancre sur notre bâbord, par crétinisme (option retenue) ou par provocation ? Nous l’ignorons mais c’est quand même un comble. Quand je pense que cela fait depuis plus d’un an que nous suivons « Space Between » à la trace en nous réjouissant à chaque fois qu’il est à des milles de nous …

Deuxième mauvaise nouvelle du jour : Furuno ne commercialise plus notre « Black Box Navnet 3D » et ne dispose non plus de pièces détachées pour celle-ci !!! La nouvelle version est « compatible » avec l’ancienne mais s’élève à  6.390 € ! Nous avons donc confié notre « Black Box » défectueuse aux bons soins de  Jacques de « Diginav » en l’espoir qu’il puisse trouver une solution … avant la fin de la saison, si possible car question délai, il n’est jamais de parole !

Il fait toujours aussi splendide … avec un vent à décorner un bœuf, en matinée mais heureusement, tout se calmait dans l’après-midi.

Alors que nous ne l’attendions plus car d’habitude, il arrive bien avant nous, « Fou d’îles » a fait son apparition. Il venait du carénage. Nous ne les connaissons pas … tout en les connaissant car comme nous, ils squattent chaque année, la baie « Sainte Anne ». D’ordinaire, c’est lui qui nous sert de balise pour positionner notre bateau mais cette fois, les rôles ont été inversés ! Autre point de convergence … ils aiment leur intimité et ne manquent pas une occasion de le faire savoir.

 Vendredi 20.

Une journée magnifique de plus ! En cette période de l’année, cela m’étonne quand même un peu car le mois de décembre n’est pas particulièrement le plus beau mois de la saison. Pour le surplus, rien ne change … les crétins de tout poil pullulent et nous occupons certainement le plus bel et vraisemblablement, le seul emplacement du mouillage où il faut être !

Journée de farniente où nous profitons pleinement de l’endroit. Pas à dire mais je ne connais aucun autre mouillage au monde qui regroupe autant de qualités que celui-ci … ni autant de bateaux !

Samedi  21.

Ce matin, ils avaient tous la bougeotte et nombreux sont ceux qui ont quitté le mouillage. Le temps est toujours aussi beau même si le vent reste soutenu sans exagération pour autant.

En allant faire des courses à « Sainte Anne », nous sommes tombés sur une annexe AB avec deux Français à bord qui essayaient  de regagner à la rame (plus d’essence), leur bateau situé à l’autre extrémité du mouillage. Ils étaient à bout de force et pas prêts de pouvoir encore avancer ! Nous leur avons donc porté assistance en les encourageant à ramer plus fort et surtout, plus en cadence … Ann jouait du tambour tandis que je faisais pleuvoir mon fouet.

En fin d’après-midi, nous avons vu arriver « Black Cat » (catamaran Alegria 67’ dédié au charter). Rien qu’à la lenteur et l’hésitation avec laquelle il se déplaçait, j’avais de suite compris qu’il allait nous casser les bonbons. Comme de bien entendu, il s’est calé à une encablure de notre avant tribord sans le moindre regard en notre direction. C’est typique de ces skippers professionnels qui ne peuvent jeter l’ancre autrement que parmi une foule de bateaux. Les « catlante.com » sont des grands spécialistes à ce petit jeu énervant. Je suppose que cela fait partie du spectacle qu’ils « offrent » à leurs guests. 

Dimanche 22.

Avec une lenteur d’escargot asthmatique, notre skipper indélicat a finalement mis les voiles avec ses guests, vers « Sainte Lucie ». Ouf et bon débarras même si je sais très bien qu’un autre crétin ne manquera pas de prendre sa place très rapidement et que nous ne gagnerons jamais à ce petit jeu !

Je me rends parfaitement compte que notre irritation peut prêter à faire sourire le lecteur extérieur mais à chaque fois que nous avons baissé les bras, nous nous sommes retrouvés à devoir fuir le mouillage pour éviter une collision entre nos bateaux. Je garde un souvenir très amer de notre dernier passage aux « Saintes » que nous avons dû quitter en pleine nuit à cause d’un Américain indélicat qui estimait que son annexe servait de pare-battage … ou encore, à la « grande Anse d’Arlet » où l’indélicatesse d’un Suédois a mis en péril nos deux voiliers alors que Monsieur se promenait à terre !

Je souhaiterais que vous fassiez un petit effort d’imagination … alors imaginez que vous habitez une demeure en pleine campagne. Pour trouver un autre immeuble, il vous faut marcher au moins dix bonnes minutes. Vous le voyez ce panorama enchanteur ? Maintenant, vous imaginez que le propriétaire du terrain voisin dont vous n’êtes séparé que par une clôture symbolique, arrive avec une caravane qu’il installe à la limite des deux terrains, juste à hauteur de votre immeuble bien entendu. Que faites-vous ? Vous allez le voir pour lui souhaiter la bienvenue …

Il fait tellement beau qu’il en fait même trop beau !!! Comme nous sommes des grands amateurs de notre cockpit en lequel nous passons plus de la moitié de notre temps à bord, nous finissons par cuire sur pied … au point de trouver parfois apaisant de passer un peu de temps à l’intérieur !

Ce fut le moment que choisirent Philippe & Michèle de « Tereva » pour venir nous dire bonjour. Nous savions qu’ils arrivaient en Martinique mais pas à quelle heure. Ce fut l’occasion d’un petit apéro au cours duquel ils nous racontèrent qu’à « Mayreau », un autre bateau était venu s’ancrer très près d’eux alors qu’il y avait toute la place autour. Mais pour leur malheur, ils tombèrent sur un grossier merle qui leur proposa de s’éloigner si cela ne leur plaisait pas … Comme quoi, nous ne sommes pas les seuls à nous plaindre du manque d’éducation de trop nombreux plaisanciers. Bien dommage, qu’un cours d’étiquette ne soit pas obligatoire pour l’obtention du permis de naviguer.

Fait divers surprenant et choquant : le bateau de plongée du club de « Sainte Anne » s’est fait voler durant la nuit !!! Comme il s’agit d’un petit bateau en métal dédié exclusivement à la plongée, on ne voit pas très bien ce que les voleurs peuvent en faire à moins que ceux-ci soient originaires de « Sainte Lucie » toute proche. Ce n’est un mystère pour personne que la pauvreté y sévit et que la sécurité y est toute relative.

Lundi  23.

Nouvelle superbe journée … pourvu que cela duuuuuuuuure.

Alors que je l’attendais en début d’après-midi, Marcus de « Caraïbe Marine » est passé au bateau en matinée (!) tandis qu’Ann faisait des courses avec Michèle de « Tereva », pour le remplacement de notre « mini puppy » dédiée au tank journalier. Cela lui a pris 40 minutes et il est ressorti du local moteur, imbibé de diesel … une des raisons pour lesquelles je ne l’ai pas fait moi-même.

Il s’agit d’une excellente petite pompe qui a pour seule faiblesse, son joint ! Bien évidemment, Jabsco, le fabricant, ne fournit aucune pièce détachée pour cette pompe et donc à chaque fois, c’est toute la pompe qu’il faut remplacer ce qui est nettement plus rentable (263 €) que de fournir un joint à 0,50 € … La numéro 1 a tenu pendant des années tandis que la numéro 2 n’aura tenu que trois ans !

En milieu d’après-midi, nous avions à nouveau, droit à une alerte « eau dans le gasoil » !!! Depuis la construction du bateau, il ne s’agit que de la seconde alerte de ce type, la première ayant eu lieu à Trinidad, il y a trois semaines !! Si nous n’avons pas trouvé d’eau en quantité signifiante, selon Ludovic de « I.D.S. », ce sont les capteurs de nos RACOR qui ont pris de l’âge et doivent être remplacés.

Du côté du mouillage, nous avons dû en l’une et l’autre occasion, empêcher qu’un crétin ne vienne se coller à nous mais en finale, grâce à une veille constante, nous avons préservé notre intimité.

Mardi 24

Pour un jour de réveillon de Noël, il fait très nuageux. C’est dommage car jusqu’à hier, c’était tous les jours, plein soleil !

Réveil matinal car j’avais rendez-vous chez le coiffeur pour 9 heures tandis qu’ Ann en profitait pour faire des courses au « Marin ».

Lorsque nous sommes rentrés au bateau, le mouillage était encore un peu animé mais au fur et à mesure de la journée, ce fut le calme plat !! Même le vent s’était estompé !

Vers 19 heures, Philippe & Michèle de « Tereva » sont venus chercher Ann pour la « messe de minuit » de 20 heures à « Sainte-Anne ». Contrairement aux autres années, il n’y avait pas la grosse  foule !!!

Quand Ann est revenue au bateau vers 20.45 heures, nous avons constaté avec horreur que « Octuor » (Mikado de 1980 – 17 mètres battant pavillon français) avait sans le moindre bruit, jeté l’ancre à une encablure de notre avant bâbord !!!! Nous leur avons bien demandé d’aller ancrer plus loin mais ils nous ont carrément envoyer paître après avoir fait semblant de ne pas nous entendre. Joyeux Noël …

Un peu plus tard, Philippe & Michèle venaient passer le réveillon de Noël à bord. Très sympathique ambiance qui s’est terminée à 3 heures du matin !!

Mercredi 25.

Avec un vent nettement plus sud et plus faible … c’était le roulis assuré. Et en principe, nous allons rouler jusqu’au week-end ! Joie.

Avec le lever du jour, nous avons pu faire pleinement connaissance avec nos nouveaux importuns. Ils sont tellement près de nous que nous pourrions presque entendre leurs conversations. Ils sont douze jeunes (6 garçons, 6 filles), dans la vingtaine et ils ont même installé une tente igloo sur la plage avant !! Ils ne sont pas méchants même si Ann a eu droit à un doigt d’honneur de la part d’une des jeunes filles  … ils sont simplement très mal élevés.

Pour moi, il ne fait aucun doute que ces jeunes sont victimes du « syndrome du clapier ». De quoi s’agit-il ? Simple mon cher Watson, à l’époque où la plupart des jeunes sont tous des « Tanguy » en puissance, ils ont un besoin impérieux de vivre en groupe … cela les rassure. On retrouve le même phénomène chez les adultes qui vivent à l’année, dans de véritables clapiers et dont  la seule idée de vivre loin de leurs semblables, angoisse. C’est l’époque qui veut cela alors qu’il y a une trentaine d’années, le grand luxe consistait à pouvoir s’isoler de son voisin.

Si nous avions espéré qu’avec la fin de la journée, ils partiraient, nous en fûmes pour nos frais ! Ils ont passé une seconde nuit aussi rouleuse que la première.

Jeudi  26.

Alors que je me posais la question de savoir si nous n’allions pas jeter l’ancre à l’autre extrémité du mouillage, nos petits crétins levaient enfin l’ancre (ils n’étaient plus que quatre à bord !) pour le « Marin ».

Sur cette excellent nouvelle, je me suis mis à vider seul tout le coffre arrière bâbord, à démonter toutes les boiseries pour en finale, ouvrir la trappe de visite de notre passerelle hydraulique. J’avais à peine terminé que Christophe « le Belge » arrivait avec Ann.

Au départ, Christophe ne voyait pas très bien comment arriver à remplacer la courroie d’entraînement de la passerelle car la trappe de visite ne donne accès qu’à la moitié arrière de la passerelle alors que le moteur  est situé au fond de l’autre moitié …

Avec beaucoup d’intelligence et de patience, il est parvenu non seulement à remplacer la courroie mais également à remettre totalement en état notre passerelle très malmenée par les peintres de Trinidad !

Après son départ, je  me suis « amusé » à tout remettre en place. Avec la chaleur, le soleil et le roulis, j’ai terminé ma journée plus proche du zombie que du plaisancier qui profite de la vie. Quand j’entends parler tous les jours à la télévision française, de « pénibilité » en le cadre de la réforme des pensions, je me demande si je ne devrais pas moi aussi demander qu’il soit tenu compte de la pénibilité de ma préretraite dans le calcul de ma future pension.

Vendredi 27.

A noter que le roulis s’est estompé durant la journée en sorte qu’en fin d’après-midi, les bateaux pointaient à nouveau plein ouest. Yeeees.

En revenant d’avoir fait des courses au « Marin », nous avons été prendre l’apéro sur « Tereva » qui compte profiter du très petit temps, pour aller mouiller quelques jours sur la face atlantique de la Martinique. Brrrrr.

Alors que nous sommes sans cesse sur le qui-vive pour essayer de préserver notre intimité, « Celtic Spirit » (37 m. – 4.50m TE – battant pavillon irlandais) s’est glissé entre tous les bateaux mouillés pour jeter l’ancre juste sur notre arrière tribord !!! Si le voilier est magnifique, de par sa taille, sa place se trouve sur le pourtour extérieur du mouillage et non, en plein milieu de tous les petits bateaux.

Le meilleur moment de la journée fut lorsque David (Ann) s’est adressée à Goliath (le skipper de « Celtic Spirit ») en lui criant : « vous êtes trop près, allez plus loin» ! Amusant mais Goliath n’a pas bronché d’un cil ! Il ne devait certainement pas être habitué à ce qu’une femme lui demande d’aller jeter son ancre plus loin. Oh, l’outrecuidance ! 

Samedi  28.

Superbe, magnifique journée avec un vent plutôt faible mais le plus important reste sans conteste que la proue pointe vers l’ouest et que donc, nous n’avons pas de roulis. Si on pouvais ajouter à cela la certitude que plus aucun crétin ne vienne jeter l’ancre dans notre zone de confort et je serais le plus heureux des hommes. Je pourrais alors me consacrer pleinement à démoraliser tranquillement en pensant à nos trop nombreux ennuis techniques …

Mais bon, il nous faut faire des tours de garde jusque 21 heures passées (!) pour avoir une chance de ne pas avoir de voisin trop envahissants. Si je travaillais à la SNCF ou à la RATP, je n’hésiterais pas un seul instant à faire grève pour conserver ce privilège mais tel n’est pas le cas.

Le soir, nous avons commandé une pizza que nous avons dévorée devant notre émission préférée : « 50’ Inside » de TF1.

Dimanche 29.

Alors que nous étions convaincus que « Celtic Spirit » nous avait tellement à la bonne qu’il ne s’en irait plus, il a mis les voiles vers « Sainte-Lucie » ! Etonnant ce voilier de 2003 qui en est à son troisième propriétaire et qui ne semble pas encore avoir trouvé sa voie. Nous sommes même persuadés que le changement de propriétaire est assez récent car sur son tableau arrière, on peut encore lire « Valetta » qui correspond à sa précédente immatriculation.

Journée très calme durant laquelle l’annexe de nos chers amis de « Gray Matter » s’est fait la malle sans leur en demander la permission. Et qui a encore cru nécessaire de les en avertir … alors que pour ma part, je trouvais le spectacle, intéressant ?

Lundi  30.

Le joint de liaison coque alu/boudin en hypalon de notre annexe, se décolle !!! Assez surprenant pour une annexe AB réputée comme le haut de gamme. Nous nous posons donc la question de son remplacement.

Nous avons consacré notre journée à étudier le marché et les possibilités à notre disposition. En finale, il apparaît que nous n’avons d’autre choix que de réparer (1.500 € – 4 jours d’immobilisation – rdv. 20 janvier ) pour ensuite, si  le cœur nous en dit, changer d’annexe.

Nous avons un œil sur la 3D Tender de 4.20m avec un Honda 50 CV pour un budget (après remises) de 15.900 €. Une nouvelle AB – sans motorisation – et après remises, reviendrait à 10.330 € …

Mardi  31.

Pour notre réveillon, nous avons appris que le condensateur pour notre compresseur de plongée se ballade quelque part dans les couloirs de La Poste et Jacques de « Diginav » vient de nous annoncer que le problème de notre « black box » résidait en sa carte mère (après nous avoir soutenu le contraire durant un temps) que Furuno ne fabrique plus et dont le coût était de 3.500 € à l’époque ! Joyeux réveillon.

Alors que j’étais parvenu à faire remonter l’ancre d’un voilier canadien qui était en train de mouiller bien trop près de notre avant bâbord, à peine une demi-heure plus tard, « Yak » immatriculé à Fort de France mais battant pavillon finlandais, venait planter son ancre tout à côté de nous !!! Nous étions mieux avec le canadien qui avait au moins un voilier classique plutôt que cette vieille poubelle finlandaise …

Tandis que j’essayais de faire comprendre à cette tête de cochon de finlandais (j’ai cru dans un premier temps qu’il s’agissait d’un français ! Oups .)  que le mouillage était vaste et qu’il serait préférable qu’il aille mouiller un peu plus loin, je me suis fait copieusement injurier par des saluts nazis accompagnés de « heil Hitler » et autres simagrées grotesques.

Ce n’est pas tant le salut nazi qui m’a choqué tant il est fréquent que les crétins de tout poil confondent le pavillon allemand (en horizontale : noir, rouge, jaune) et le pavillon belge (en verticale : noir, jaune, rouge), c’est davantage que celui-ci émane d’un Finlandais qui sauf erreur de ma part, étaient fort proches des nazis durant la guerre …

Quand Philippe & Michèle de « Tereva » sont venus nous chercher pour réveillonner, nous avions le morale dans les talons mais nous avons fait un gros semblant de rien.

Il était prévu de rejoindre toute la petite famille de « Saltimbanque des Flots » et d’aller manger des accras à « Sainte Anne » sauf que … tout était fermé ou en préparation du dîner de réveillon ! Nous avons quand même pu trouver un caberdouche ouvert et les épouses sont parvenues à nous dégoter des accras.

Ensuite, nous sommes allés réveillonner sur « Tereva » où Philippe était passé avec brio, derrière les fourneaux. Ce fut un très sympathique réveillon à quatre. Par bonheur, le vent était totalement tombé facilitant la circulation des petites annexes et les bateaux pointaient vers l’ouest (pas de roulis). Happy end.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 16 décembre 2019

04 au 15.12.2019 – Retour en Martinique: 160 NM – 69 NM – 23 NM.

Mercredi  04.

Nous étions fins prêts à partir après un énième passage du peintre mais pour des raisons de sécurité (pirates), nous avions décidé de faire la traversée sur Grenade … de nuit. Aussi quitter l’île pour 16 heures était un bon compromis auquel nous avons essayé de ne pas déroger. Plus facile à dire qu’à faire car plus, la petite aiguille se rapprochait de 14 heures et plus, nous devenions fébriles !

Pour arriver à ce résultat, nous avons quitté la « marina Peake » … un peu avant (petite dérogation)  14 heures ! Première étape : le plein de diesel qui est nettement moins cher (0,86 €/litre) qu’en Martinique. Pour cela, il faut se rendre au ponton de « Power Boat ».

Quand nous arrivons au ponton, celui-ci était occupé par un bateau de pêche que nous avions déjà vu là l’avant-veille ! Pourquoi s’énerver puisque le ponton a deux côtés … sauf que l’autre côté était lui aussi occupé par un bateau de pêche encore plus grand et qui manifestement n’avait rien à faire là !

Conscient tout de même de ne pas être à sa place, le premier bateau de pêche a largué ses amarres en nous voyant arriver. En dosant nos manœuvres, nous sommes parvenus à ne pas nous rentrer dedans !

Il nous a fallu une petite heure pour tanker (775 litres) ! Alors que nous étions en pleine opération de remplissage, un couple de français, Pierre & Véronique du catamaran « Le petit filou », nous aborde très sympathiquement pour nous raconter qu’ils suivent nos aventures depuis plusieurs années et qu’ils passent là où nous sommes passés … avec une année de décalage !

Vous le croirez ou non mais ce qui nous a le plus ému, c’est leur joie de pouvoir enfin nous rencontrer ! Grâce à notre blog et à l’AIS de « S.A.S.³ », il est vrai qu’il est facile de nous suivre à la trace. Nous les attendons d’ailleurs, de pied ferme, à la baie « Sainte Anne » pour faire un peu mieux leur connaissance.

Les réservoirs pleins (attention le pistolet remplisseur ne s’arrête pas automatiquement comme il le laisse croire … saleté de bidule !), nous sommes partis tout à notre aise vers la sortie, en prenant directement deux ris dans la GV. Un autre voilier français (Océanis 44 ?) quittait la rade en même temps que nous.

A mon plus grand étonnement, la mer était relativement calme au dehors ! Avec le courant et le vent sur le nez pour bien passer au large des plateformes pétrolières , c’est la partie la plus pénible de la traversée qui peut même être carrément horrible quand la mer est agitée comme l’année passée. Si nous avons bien essayé de mettre la toile, nous avons été contraints de naviguer essentiellement au moteur.

Petit coup de chaud lorsque je me suis rendu compte que notre route allait croiser celle d’une yole (bateau rapide, très élancé et tenant remarquablement la mer dont sont férus les pirates) !! Par chance, celle-ci rentrait à « Chaguaramas » avant que la nuit ne tombe.

En début de saison, je me pose toujours la question de savoir sous quels auspices celle-ci va débuter. Pas cette année car avant même que nous revenions au bateau, les ennuis techniques étaient déjà de la partie et en naviguant, la liste n’a fait que s’allonger : le moteur ne monte plus au-delà de 1.600 tours et notre Navnet ne veut plus s’allumer  !!! Ceci nous a permis de découvrir – ô grand bonheur – que la Navnet commande l’AIS, le radar et certaines autres indications reprises par nos B&G. Pas de quoi nous empêcher de naviguer mais cela limite quand même très fort le petit confort auquel nous sommes habitués.

Après « Hibiscus » (en fait, après « poinsettia gas field »), nous avons pu enfin abattre en grand, profiter du courant porteur et naviguer sans plus trop nous soucier des pirates et des cargos. Eh bien pas de chance car un peu plus tard, je relevais avec horreur que la nuit si claire grâce à la lune, devenait du côté au vent, bien trop sombre pour être honnête !

Mes appréhensions se révélèrent rapidement fondées lorsque le vent se mit à monter jusque 35 nœuds  et que la pluie l’accompagna. La météo prévoyait un vent de 15 nœuds que nous avions traduit par 20 nœuds, ce qui était assez conforme à la réalité … hors grain.

Si le grain ne fut pas trop long, nous avons eu droit presque successivement à de la pluie peu agréable … en deux occasions. Comme nous étions passés de 7 nœuds au moteur à  8 à 10 nœuds à la voile, cela traçait pas mal. Belle consolation.

Nous avons encore eu droit à deux autres grains de +/- 30 nœuds mais comme nous étions au largue (110°), nous n’avons rien enroulé … laissant seulement « S.A.S.³ » se griser tout seul.

Jeudi 05.

A l’approche de la pointe SO de Grenade, nous avons eu droit à un terrible grain persistant à 35 nœuds alors qu’il était 3 heures du matin !  Nous serions partis en fuite si par malheur, un cargo se rendant à « Port Louis » de  Grenade,  ne nous coupait toute échappée de ce côté là et nous contraignait de surcroît, à remonter au vent pour ne pas le heurter !!! Je l’ai réellement maudit car s’il s’était mis un instant à notre place, il aurait vite compris que la situation était quelque peu critique : nous marchions  sous seule GV arrisée à 2 ris, à plus de 7,5 nœuds ! Si nous avions eu notre AIS, il aurait été facile de prendre contact avec lui par VHF … voire de mieux contrôler nos routes respectives mais là dans les circonstances, nous avons fait le gros dos en nous remettant totalement à notre voilier qui ne nous a jamais déçu.

La remontée de Grenade, de nuit, nous a permis de nous remettre un peu de nos émotions  mais avec le lever du jour, nous avions atteint l’extrémité nord de l’île et un solide vent réel de +/- 20 nœuds, au près serré, nous a accompagnés jusque Bequia.

Solide navigation où le bateau et son équipage ont été arrosés copieusement. Plus tard dans la journée, c’est avec le cagnard et surtout la fatigue de notre nuit blanche que nous avons dû composer ! Trop fatigués pour goûter aux joies de la navigation, nous avons eu l’impression que jamais nous n’arriverions à Bequia ! Pire, à chaque fois qu’une île se dressait sur notre horizon, nous pensions que c’était notre destination … le cauchemar.

En finale, nous avons atteint notre mouillage pour 15 heures et « Taboo » (25 m) nous y rejoignait une heure plus tard sans que nous ne sachions à quelle heure il était parti de Trinidad.

Pour ne pas abîmer notre nouvelle peinture de coque, nous avons dérogé à notre habitude d’aller à la bouée. Nous avons ancré en priant le ciel qu’un crétin ou l’autre ne vienne s’ancrer trop près de nous … C’est alors que nous avons vu « Taboo » jeter l’ancre un peu près sur notre bâbord !!

Plus besoin d’airco … il y a suffisamment de vent en permanence pour nous ventiler agréablement et par bonheur, il n’a pas plu durant la nuit !

Vendredi 06.

Comme nous le pensions, « Taboo » a levé l’ancre dès 6 heures du matin (ils ont des guest aux Vierges durant le mois de décembre) tandis que nous profitions paresseusement de notre matinée.

« Mondango » (56m) que nous avons déjà croisé au « Marin » est venu s’ancrer à notre hauteur, à bonne distance. Il fait superbe et nous profitons de cette journée calme et aérée pour réaliser divers petits boulots dont la parution de notre premier article de notre blog tant attendu par Pierre de « Le petit filou ».

Samedi 07.

Si  je serais bien resté un jour de plus à Bequia, Ann avait envie de bouger et de faire escale à « Rodnay Bay » au nord de Sainte Lucie. Il est vrai qu’avec notre ennui de moteur (impossible de dépasser les 1.600 tours ! Bien qu’elle ne soit pas mécanicienne, Ann a eu le génie de diagnostiquer que notre problème de moteur résultait  de son turbo !!), il était peu vraisemblable que nous arrivions en Martinique avant la nuit. Aussi pourquoi ne pas aller mouiller dans cette baie où nous n’avons plus mis les pieds depuis des années !

A noter que la première année, nous avons fait le trajet Trinidad-Martinique, en une étape … la seconde année, en deux étapes … et cette troisième année, en trois étapes et cela nous a tellement plu que l’année prochaine, nous comptons le faire en quatre étapes !!

Le pire fut de nous réveiller à 5 heures du matin … dans le noir ! Brrrrrr que je déteste cela mais qu’est ce que je déteste cela. Encore un peu et je renonçais à partir.

Ayant pris une bonne marge, nous avons été en mesure de hisser la GV pour 6 heures et « en avant toute ». De prime abord, cela soufflait pas mal et plus que les 15 nœuds annoncés par la météo !! Mais une fois dehors, le vent n’excédait pas en fait, les 19 nœuds.

Au près, GV arrisée à 2 ris et génois déroulé au minimum, « S.A.S.³ » marchait à plus de 8 nœuds dans une mer moins agitée qu’elle ne peut l’être en cette zone.

Arrivés à hauteur du nord de Saint Vincent, un bon vent de 18 nœuds nous attendait de pied ferme. La traversée au près, du canal fut un peu longue et éprouvante mais nous en avons eu pour notre argent. Au début, nous avons eu quelques difficultés à trouver le bon équilibre au niveau voiles avant mais avec un génois un peu plus déroulé et une prise en main de la barre, « S.A.S.³ » filait merveilleusement à plus de 9 nœuds.

S’il y avait un peu de monde sur l’eau, il n’y avait pas pour autant foule et nous avons surtout croisé des bateaux qui profitaient joyeusement d’un vent au largue. Grrrr.

A hauteur des « 2 Pitons » de Sainte Lucie, nous avons remis le moteur pour relever que la pression du turbo était revenue par miracle en sorte que nous avons pu monter dans les tours du moteur !! Joie.

Cela soufflait pas mal en remontant l’île (!) mais le vent venait un peu trop sur le nez et pour une fois que le moteur pouvait un peu se décrasser, nous n’avons pas essayé de mettre la toile. Le trajet nous a donc paru un peu longuet pour ne pas dire carrément désespérant. Nous sommes arrivés pour 15.20 heures au mouillage.

Du côté des mauvaises nouvelles, j’ai relevé un accroc dans notre génois (!!!) et la perte d’un cache-charnière en inox qu’il faudra faire refaire. Par contre et comblant très largement ces petites misères agaçantes, Ann a eu une fois de plus, le génie de découvrir pourquoi depuis quelques années, je prends toujours de l’eau de mer dans mon atelier !!!

Cela fait depuis pas mal de temps que nous recherchons la cause de ces infiltrations d’eau de mer  et en rénovant notre pont en teck, nous pensions y avoir mis fin. Hélas, lors de notre traversée, nous avions eu la très désagréable surprise de constater que le problème subsistait plus que jamais ! Comme toujours, nous avons cherché longtemps midi à quatorze heures car c’est tout bêtement le joint du capot de pont qui ne joue plus son rôle d’étanchéité ! Vous connaissez l’œuf de Colomb …

A tout vrai dire ce n’est pas exactement aussi simple que cela. En fait, lorsque le pont avant est submergé par une vague, le capot de pont se soulève par l’effet de la vague et se crée ainsi une fente entre l’encadrement et le joint d’étanchéité, laissant l’eau de mer s’éclater sur tout le plafond. C’est bien pourquoi nous n’avons pas recherché dans la bonne direction : l’eau de mer ne s’écoule pas à la verticale mais plutôt à l’horizontale en raison de la gîte, je suppose. Pour le constater, il aurait fallu être en l’atelier au bon moment … et cela ne fut jamais le cas ! Comment Ann y a-t-elle pensé ? En relevant qu’en mettant son poids sur le capot de pont, celui-ci s’enfonçait un peu beaucoup dans l’encadrement.

Au mouillage, nous avons assisté à l’arrivée spectaculaire de « Umiko » (Swan 80’) de l’ARC. Le premier était déjà arrivé il y a une semaine et le gros des troupes est attendu entre le 12 et le 17 décembre.

Dimanche 08.

Une nouvelle fois, je serais bien resté une journée de plus au mouillage mais nous souhaitions être en Martinique dès le lundi pour prendre tous nos rendez-vous avec notre bataillon de techniciens. Comme il ne restait plus que 22 milles nautiques à parcourir, nous avons fait la grasse matinée et ne sommes partis qu’à 11 heures. La baie m’est apparue nettement moins attirante que la veille sans doute parce qu’elle était trop calme.

Pour rejoindre la baie « Sainte Anne », il nous a fallu batailler contre le vent (15 à 17 nœuds)  dans un canal qui n’était pas particulièrement hostile. On aurait pu parler d’une belle traversée si  à une dizaine de milles de l’arrivée, un large grain ne nous avait obligés à faire le gros dos. La féérie du départ a disparu avec le grain et nous avons dû ensuite jouer tantôt avec le moteur tantôt avec les voiles pour atteindre notre destination. Avec toute l’eau qui nous est tombée sur la tête à partir de ce moment là de la journée, nous aurions pu irriguer tout un désert ! Bienvenue en Martinique … l’île aux mille couleurs de vert.

Comme il fallait s’y attendre à cette époque de l’année et un dimanche de surcroît, le mouillage était full de full. Il m’a quand même semblé que les bateaux étaient un peu plus écartés les uns des autres que dans mon souvenir.

La bonne nouvelle était qu’il était criant qu’après une saison « canadienne » suffocante et une saison « américaine » insupportable, cette saison était beaucoup plus « équilibrée » : une nationalité ne semble pas l’emporter sur les autres.

A la recherche d’un emplacement, nous sommes passés devant nos amis, Thierry & Françoise de « Symi », qui nous ont invités à prendre l’apéro à leur bord, ce mardi. En finale et bien que nos points de repère habituels aient disparu (certains habitués ne sont plus là !), nous avons trouvé une place très proche de celle de la saison passée.

Il n’a pas fallu plus de 47 minutes et 53 secondes pour que « Cavendisch » (Catana 55’) ne viennent jeter son ancre à une encablure de notre arrière bâbord !!! Nous aurions pu prendre l’apéro ensemble tant les bateaux étaient proches ! Que dire ? Que faire ? Nous venions à peine d’arriver que nous étions déjà sur le sentier de la guerre avec des habitués du mouillage, de surcroît. Si j’avais opté pour boire le vin jusqu’à la lie, Ann,  par de discrets signes captés par l’épouse de l’autre bateau, est parvenue à les faire ancrer un peu plus sur l’avant où ils ne dérangent désormais plus personne. Etait-ce si difficile à comprendre ????

Lundi  09.

C’était un peu le lendemain de la veille ! On pouvait enfin relâcher la pression … on était de retour à la maison.

Ann avait eu beau avertir tout le monde de notre arrivée « pour gagner du temps », il a fallu relancer les divers techniciens qui, bien entendu, n’avait rien réservé dans leur planning pour nous. Comme bientôt ce seront les fêtes et les inventaires , nous devrons nous armer une fois de plus, de beaucoup de patience … ce sont les îles.

S’étant luxé une ou plusieurs côtes quelques jours plus tôt, j’ai conseillé à Ann qui avait passé une très mauvaise nuit, de rester au lit pour la journée. Ne pouvant pour ma part, me résigner à glander, je me suis mis en tête de placer la nouvelle courroie du compresseur de plongée, que je n’avais pu trouver en Martinique en fin de saison.

Pour y arriver, je n’ai eu d’autre choix que de retirer le compresseur de son logement pour le poser sur le pont … et de repositionner le moteur d’entraînement. Ni l’une, ni l’autre des tâches ne fut aisée et devant mon énervement grandissant, Ann est venue me prêter main forte.

Après quelques chipotages et avoir vérifié que le compresseur tournait correctement, je l’ai replacé dans son logement. Lors de mes essais, j’avais bien été un peu stressé par une fumée blanche qui sortait du condensateur mais comme le phénomène n’avait pas perduré …

Lors du gonflage d’une bouteille, il m’a semblé que le remplissage était un peu lent et peu de temps après, le compresseur se mettait en sécurité ! La courroie ne semblait pas être en cause. Donc … la liste de nos ennuis techniques venait de s’allonger d’un nouveau problème de taille car sans compresseur … pas de plongée : nos bouteilles sont des 300 bars et les clubs locaux ne gonflent que jusqu’à 200 bars !

Le moral était donc au plus bas lorsque nous nous sommes rendus à bord de « Symi » pour y prendre l’apéro. Mais après avoir entendu la liste des ennuis techniques de nos amis, Thierry & Françoise, qui devaient être partis vers les « Bahamas » depuis plusieurs semaines … j’ai reconsidéré nos problèmes avec un autre œil.

Mardi  10.

Un peu avant 3 heures du matin, nous avons eu droit à trois gros grains successifs. J’ai réellement eu le sentiment  que toute l’eau du ciel nous tombait en une fois, sur la tête.  Incroyable la violence de la pluie.

La seule manière réellement efficace de faire avancer les choses, reste encore de se rendre sur place et c’est ce que nous avons fait durant toute la matinée. Par le bonheur le plus insensé, nous avons trouvé chez « Caraïbe Marine », un condensateur pour notre compresseur de plongée ! Il ne reste plus qu’à le placer …

En fin de journée, nous avions l’impression d’avoir fait un grand pas en avant et peut-être encore davantage, repris nos marques.

Question météo, il fait venteux et pluvieux (succession de grains) mais en cette saison, on ne peut espérer mieux en Martinique. Il est assez extraordinaire qu’en quittant « Chaguaramas » si tard, nous ayons encore pu profiter de conditions météo fort agréables alors que les Alizés sont censés se renforcer en fin d’année.

Mercredi  11.

Journée farniente. Nous en avions besoin . De temps en temps, on a tous besoin de relâcher un peu la pression et de se laisser croire que tout va bien dans le meilleur des mondes.

En début d’après-midi, Ludovic de « I.D.S. » venait diagnostiquer notre panne de turbo. Pour lui, il ne fait aucun doute que le long séjour de « S.A.S.³ » sur le tarmac, est à l’origine du blocage temporaire du turbo et que le phénomène se reproduira après une longue inactivité du moteur.

Vu l’âge du moteur, il nous conseille de procéder par priorité, au nettoyage des échangeurs et à divers autres travaux censés améliorer les performances du moteur. Il  faut bien reconnaître que nous avons été  consternés de relever l’augmentation très sensible de notre consommation (+ /- 300 litres !!!!) – le blocage du turbo serait en partie responsable de cet état de chose.

Un devis devrait nous parvenir d’ici la fin de la semaine mais à la grosse louche, on peut parler de plus de 5.000 € !!! Notre plus grosse erreur fut de réaliser l’année passée, un « gros » entretien à Trinidad, par le dealer Volvo local. Cela nous a coûté une fortune pour pas grand chose.

Arrivée de notre compatriote « Amalia » (TS 50’) qui a participé à l’ARC.

Jeudi  12.

Nous avions commandé la saison précédente (!) des coupe-batteries électriques plus puissants (800A au lieu de 500A) que ceux qui  équipaient le bateau depuis son origine et qui sont devenus au fil du temps, de simples consommables …

Christophe dit « le Belge » est venu les placer en fin de matinée. Pouvons-nous espérer avoir enfin mis un terme définitif à nos problèmes électriques à répétition ? Nous l’espérons du moins.

Quant à notre inverter (transforme le 24V en 220V) dont l’électricien de Trinidad – Randy Khan de « Marine Electrical » – avait dit qu’il se mettait en sécurité en raison d’un censeur défectueux, au lieu de débrancher le censeur comme il nous l’avait affirmé, ce crétin n’a fait que débrancher le Masterview qui commande à distance l’inverter !!! Un bon conseil : garder ce type à bonne distance de votre bateau.

Nos batteries Optima du MP ? Nous les avons ramenées chez « Caraïbe Marine » qui doit voir la question avec son fournisseur … Nous n’avons cependant pas pu ne pas remarquer que Christophe avait été chargé de vérifier très consciencieusement nos chargeurs en l’hypothèse favorable où on pourrait nous imputer la faute de leur décharge. Le mot « garantie » est la bête noire de trop de commerçants.

Notre blackbox Furuno qui commande notre AIS , le radar et tant d’autres fonctions, va devoir partir à la réparation !

Le compresseur de plongée ?  Christophe nous a expliqué comment monter le nouveau condensateur mais les seuls que l’on trouve sur l’île, sont à cosses ou à fiches alors qu’il nous en faudrait idéalement un condensateur à fil. Nous l’avons donc commandé par internet … mais ce n’est pas possible de se le faire livrer en Martinique !! Donc, nous le faisons livrer à la maison et notre fille, Marie-Charlotte nous l’enverra par la poste.

Quant à notre passerelle hydraulique dont je n’ai pas encore fait état … elle est en panne car la courroie d’entraînement du plateau principal, est déchirée. Manifestement, les peintres ont « joué » avec la passerelle et l’ont détraquée. Christophe est parvenu à la remettre plus ou moins sur les rails mais il va falloir commander une nouvelle courroie et surtout, la remettre en place ce qui laisse augurer bien des plaisirs.

Pour le surplus ? Ce fut une journée « ordinaire » avec pas trop de pluie.

Départ vers le nord, de « Symi » que nous ne sommes pas censé les revoir de sitôt. Snif.

Vendredi  13.

A notre réveil, tous les bateaux roulaient beaucoup ! Cela arrive de temps en temps sans que l’on comprenne pourquoi. Le plus souvent, le vent est assez faible mais cela n’explique pas tout. En fin de matinée, le phénomène avait disparu comme par enchantement.

Nous avons de nouveaux voisins :  « Search Projects » (Sun Fast 40’) battant pavillon belge et copains d’Alexis & Sylvie de « Amalia ». Dans le courant de l’après-midi, ils allaient prendre une place à la marina sans que nous ayons réellement eu l’occasion de faire leur connaissance.

En nous rendant au « Marin », nous sommes tombés sur un autre voilier belge … « Badoc » qui venait en droite ligne des Canaries !!! Oui, oui, il s’agit bien de notre copain Francesc avec qui nous avons réalisé une partie importante de notre tour du monde. A l’époque, il battait pavillon espagnol mais comme il est catalan indépendantiste …

Autre moins bonne surprise, nos deux batteries Optima ont été rechargées par « Caraïbe Marine » et se portent à merveille ! En clair, Randy Khan de « Marine Electrical » qui nous avait affirmé avoir essayé – en vain – de recharger nos batteries, est un incompétent (inversion des polarités de la batterie GE), un crétin (débranchement du Masterview en lieu et place du sensor soi-disant défectueux de l’inverter) et maintenant, un menteur (recharge impossible des batteries). Si vous ajoutez à cela un montant de facture prohibitive … tirez vous-même la conclusion. Un grand merci au passage, à Chris Doyle qui l’avait renseigné et qui n’a pas réagi à notre mail dénonçant les faits.

En finale, nous avons à bord, deux batteries Optima (bleues) quasiment neuves dont ne savons plus que faire. Les vendre à perte ? Non, merci … nous avons assez donné en la matière. Nous allons les caser quelque part dans le bateau et nous verrons bien plus tard.

Comme c’est un peu la journée, nous sommes ceinturés sur bâbord, par un Lagoon 620 de location et sur tribord, par « Pacha » (Bénéteau battant pavillon français) qui a manifestement préféré ne pas voir nos signes de désapprobation. Le plus incroyable est que « Pacha » est parti une heure plus tard, au « Marin » mais il fallait qu’il vienne nous emmerder un peu avant !

Samedi  14.

Je me suis remis à la natation et cela fait un bien fou. La visibilité n’est pas terrible mais l’eau a juste la température idéale.

Après la douche et le petit déjeuner, nous avons terminé de coller une nouvelle protection couleur sable, pour le fond de l’annexe. Impossible d’ajuster tout cela au millimètre malgré tous nos efforts pour réaliser un gabarit correct ! Mais bon, le résultat est malgré tout fort satisfaisant.

Avant le week-end, il nous a paru important de réaliser quelques courses d’avitaillement. A tout vrai dire, j’ai pensé que j’allais dépérir sur place, en attendant dans l’annexe, le retour d’Ann ! De surcroît, il n’y avait pas autant d’ambiance que d’habitude au ponton du « Leader Price ».

De retour à bord, j’avais perdu toute énergie pour changer le « sensor » de température des batteries MP et GE. De prime abord, le « sensor » est défectueux mais nous avons quelques doutes à ce sujet : le caisson des batteries est très proche du MP et du GE et donc, celui-ci est soumis à de fortes températures qui pourraient expliquer les alarmes que nous enregistrons depuis que Christophe a branché le chargeur 12V à notre Masterview de contrôle !

Dimanche 15.

Première tâche de la journée : remplacer le « sensor » de température. Aucune difficulté particulière ce qui en soi, est étrange …

En voulant nettoyer une trace sur la coque, à hauteur d’une évacuation (celle des bancs du cockpit), je relève avec stupéfaction qu’un tissu en obstrue la sortie !! Ce sont vraisemblablement les peintres qui l’ont oublié.

Le « bouchon » retiré, ce sont des boues compactes de sciure de bois qui continuaient de boucher l’évacuation. Il me faudra beaucoup de patience pour parvenir à tout désobstruer.

Nous avons terminé la journée, ceinturés sur tribord, par une horreur de bateau à moteur américain (« Gray Matter ») et plus tard, sur bâbord, par « Skylark »(cata Atlantic 72’). Enfin, nous tolérons plus facilement ce genre d’unité en composite que l’autre montagne russe.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 6 décembre 2019

22.11. au 03.12.2019 – Retour à bord … long, pénible et douloureux !

Mise en garde ! La lecture de ce qui suit, s’adresse uniquement à un public averti qui a le cœur bien accroché . Nous déclinons toute responsabilité en cas de malaise cardiaque.

22 novembre au 03 décembre 2019 – Retour à bord … long, pénible et douloureux.

Vendredi 22.

Réveil à 3 heures du matin pour un vol d’une heure Bruxelles/ Francfort  prévu à  7.00 heures (20’ de retard au décollage) sur Lufthansa.

Départ de Francfort à 10 heures pour un vol d’une durée de 10.15 heures sur Grenade avec Condor.

Arrivée à 15.15 heures (heure locale – décalage horaire de  4 heures).

Jusque là, rien à redire sauf que … suite à la faillite de Thomas Cooke, notre vol du 17 novembre avec Condor, membre du Groupe Thomas Cooke, fut annulé ! Après une semaine d’attente, histoire de voir comment tout cela allait évoluer, nous avons repris contact  avec Condor pour savoir si une solution de rechange nous était proposée .Il nous fut effectivement proposé un vol simple pour le 22 novembre au prix de 1.200 € (2 personnes) ! La compagnie nous offrait gracieusement les 300 € prévus en cas de changement de date … Après avoir raccroché, Ann trouvait sur internet, le même vol pour 800 € (2 personnes) ! Aujourd’hui, Condor, sans motif particulier, nous refuse le remboursement de nos 800 € !

Si à Grenade, nous n’étions qu’à une encablure de Trinidad, nous avons dû faire le reste du trajet avec Liat, une compagnie aérienne locale. L’embarquement était prévu pour 20.40 heures …

Il aurait été logique que nous attendions notre avion en salle de transit mais cela aurait été beaucoup trop facile ! Nous avons donc dû récupérer nos lourds et encombrants bagages pour ressortir du minuscule aéroport … pour mieux y rentrer à nouveau.

Premier problème, l’enregistrement des bagages ne pouvait se réaliser qu’à partir de 19 heures ! Nous avons donc attendu, quasiment seuls, dans un aéroport sans le moindre intérêt, durant 4 heures !

Second problème, la gentille préposée de Liat constatant que nous dépassions de 5 kilos la limite de poids autorisée, nous a réclamé la preuve du paiement de la surtaxe.  Oui mais voilà … à Bruxelles, la préposée s’était montrée conciliante et ne nous avait rien réclamé !! Gros dilemme donc pour notre préposée qui ne savait plus quoi faire(bien entendu nous étions prêts à payer la surtaxe mais apparemment cela n’était pas possible !) … Après moultes hésitations, les bagages étant enregistrés jusque Trinidad, ils partiront finalement dans les soutes de l’avion sans autre formalité. Ouuuf.

Troisième problème. Alors que nous attendons depuis déjà un très long moment, dans la salle d’embarquement avec  une dizaine d’autres malheureux, nous sommes appelés avec un autre passager, au service des bagages !! Là, le préposé nous fait rentrer dans son cagibi … une personne à la fois ! Ann s’y colle et a droit à la fouille méticuleuse de tout son sac (il a même été jusqu’à déplier un protège-matelas et à tâter le tissu …) ! Lorsqu’il en arriva au bagage enregistré à mon nom, normalement Ann aurait dû sortir pour que je puisse prendre sa place mais mon épouse ayant évoqué que je ne parlais pas très bien l’anglais, elle a eu le droit exceptionnel d’assister à la fouille tout aussi méticuleuse de notre second sac.  Pour ma part, j’ai été consigné d’autorité à me tenir dans un coin de la pièce sans pouvoir parler avec elle !! Ma présence était toutefois indispensable puisque je devais pouvoir témoigner que rien n’avait été volé au cours de la fouille (dans les pays  « civilisés », nos sacs sont systématiquement ouverts par les douanes car nous transportons toujours des pièces pour le bateau. Comment le savons-nous ? Parce que la première année, nous avons retrouvé nos sacs sans leurs cadenas avec un petit mot de la douane expliquant que le sac avait été ouvert sans autre forme de procès).

Quatrième problème. Alors que nous sommes crevés de crevés, nous apprenons que notre vol est retardé à … 22.20 heures . « Shit » comme dirait un autre passager.

Après 40’ de vol durant lequel nous n’avons même pas reçu une collation (!), nous débarquons enfin à Trinidad. Nous ne sommes qu’une petite poignée. Cela n’empêcha pas nos chers douaniers de nous faire chier à leur tour, par l’ouverture de nos bagages.

Nous sommes morts de fatigue ( debout depuis 25 heures !!!!), nous apportons comme tout plaisancier, des pièces de rechange pour notre bateau en transit sur l’île, nous contribuons tous largement à faire tourner l’économie de l’île et les douaniers ne pensent qu’à une seule chose : essayer de nous soutirer quelques taxes au bien-fondé douteux !! Que les douaniers traquent les trafiquants de tout poil ou l’introduction de drogue, cela nous le comprenons aisément mais pas cette véritable chasse aux sorcières (les plaisanciers sont particulièrement visés).

Une heure de taxi plus tard, nous avons atteint notre chambre du chantier Peake … il était 1 heure du matin (heure locale). En principe, c’était le shuttle du chantier qui devait venir nous chercher mais quand son chauffeur a appris le retard de notre vol, il s’est décommandé et est rentré se coucher ! C’est grâce à l’intervention efficace d’Ivana (une Liégeoise !) du chantier Peake qu’un autre taximan nous attendait à l’aéroport.

Nous envisageons de rentrer dorénavant au pays avec « S.A.S.³ ». Ce sera plus long … mais au moins on ne se fera pas chier !

Samedi 23.

Après une visite aussi décevante que rapide au bateau, nous rentrons en chambre pour ne plus en sortir qu’épisodiquement. Nous avions une envie folle de commencer à nous mettre au travail mais avec ces températures et cette humidité, c’était un ticket direct pour garder le lit toute la journée du lendemain.  A chaque fois, nous en profitions pour y amener et vider l’un de nos sacs.

Durant ce temps, Mary (notre tornade blanche) nettoyait l’intérieur de notre bateau malheureusement fort encombré.

Si nous étions « sur place », nous aurions pu être totalement absents que cela n’aurait pas changé grand chose ! Nous étions écrasés de fatigue et de fort mauvaise humeur.

Dimanche 24.

Après une bonne nuit de sommeil malgré un barbecue un peu bruyant organisé par le chantier juste à côté des chambres, nous nous sommes réveillés pour 7 heures.

Mon tout premier travail consista à procéder au changement de l’un de nos trois chargeurs 100A Mastervolt … la saison commençait bien !

Entre-temps, Newton (le peintre) était arrivé avec toute son équipe pour remédier aux divers défauts et oublis que nous avions relevés la veille.

Pour vous faire bien comprendre la situation, imaginez que suite à un accident de la circulation, le capot de votre voiture a du être repeint. En voulant reprendre votre véhicule, vous constatez que le capot ne se ferme plus correctement car mal remonté, que de nombreux papiers de masquage n’ont pas été enlevés, qu’à certains endroits, le pistolet de peinture n’est pas passé alors qu’à d’autres, il a par contre, un peu débordé, qu’il reste un peu de polish ici et là …vous remerciez le peintre en faisant des courbettes ou vous pêtez un câble ?

Malgré tout ce que je viens d’en dire de mal … je vous le recommande chaudement !!!!! Pourquoi ?? Aux motifs qu’il est très conciliant et ne vous  refusera  aucune intervention pour corriger ce qui doit être corrigé et que cerise sur le gâteau … il vous délivrera un document de garantie d’un an sur son travail . Rien que pour cela, c’est lui que vous devez choisir car tous les autres s’enfuient lorsque vous leur parlez de garantie.

En sens inverse, je vous déconseille de recourir à Sterling Llanos pour la rénovation de votre pont en teck. Certes, il est le moins cher du marché mais avec lui, les petites malfaçons font partie intégrante du travail ! Alors n’imaginez pas un seul instant, évoquer le mot « garantie ». Son attitude générale est par ailleurs, peu plaisante.

En cours de journée, en voulant remettre en place la passerelle hydraulique sortie sans doute pour les besoins des travaux de peinture, je suis parvenu à la bloquer !!! Comme elle était bloquée en position fermée, nous avons décidé d’attendre d’être en Martinique pour examiner la question de plus près car si elle devait rester en position ouverte, il nous serait impossible de relever l’annexe.

Avant de quitter le bateau, je jette un rapide coup d’œil à nos chargeurs pour relever qu’ils sont tous les quatre en sécurité !!! Selon le mode d’emploi de l’appareil,  la tension électrique du chantier était trop faible ou trop forte … Effectivement , le lendemain, les chargeurs fonctionnaient normalement.

Lundi  25.

Alors que la mise à l’eau était prévue pour 14 heures, l’équipe de Newton s’échinait encore à peaufiner son travail !

Voulant vérifier si les anodes des propulseurs devaient être changées, je les fais descendre sauf que celui de la proue refuse de descendre jusqu’en bas !!! Terrible coup de chaud car sans propulseur, inutile de vouloir me mettre à l’eau … Finalement, en s’échinant à le faire descendre et  monter, il est totalement descendu. Ouf.

Tandis que la grue s’occupait de « S.A.S.³ » , je vais poser notre gros câble électrique à notre emplacement de la marina. Déjà passablement énervé, je vois que notre voisin, « Kalayaan »(Sun Odyssey 54 DS), n’a rien trouvé de mieux que de tirer une amarre de son étrave à la pointe de notre catway, nous interdisant du même coup tout accès à notre emplacement !

Je vois d’autant plus rouge que prendre cet emplacement en marche arrière, peut parfois se révéler fort délicat en présence d’un fort courant latéral. Ce n’est donc pas en dernière minute qu’il faut se préoccuper de ce genre d’obstacle. Je frappe donc à la coque de « Kalayaan » et comme personne ne répond, j’insiste car je ne connais que trop ce type de comportement …

Au lieu de s’excuser et de retirer immédiatement son amarre, il m’oppose une fin de non recevoir en me renvoyant auprès du capitaine de port ! Plus tard, Ann opérera la même démarche pour se voir opposer le même moyen !

Le capitaine du port lui fera enlever son amarre mais à peine étions nous amarrés, que le malotru nous demandait de placer une amarre entre nos deux étraves !!! C’est pour faire plaisir au capitaine de port que nous avons finalement obtempéré.

Une fois le bateau mis à l’eau et alors que nous sommes toujours dans la darse, nous avons voulu faire démarrer notre GE … pas le moindre contact ! Comme nous avons déjà connu ce problème par le passé, j’ai connecté les deux batteries de démarrage du MP avec celle du GE … pas le moindre contact ! Pas plus de contact avec le MP !!!

Tout de suite, nous pensons à diverses causes de panne mais pas un seul instant, nous songeons à vérifier la tension des batteries de démarrage (la batterie GE a 3 ans et les deux batteries MP n’ont que quelques mois – durant tout l’entreposage du bateau à terre, un chargeur est spécialement dédié au floating de ces 3 batteries … il n’y avait donc aucune raison de suspecter un problème à ce niveau).

Dans le cadre de nos recherches, nous relevons que l’inverter ne fonctionne plus non plus !!!!

Face à cette situation, nous nous sentons quelque peu démunis et dans l’énervement, nous appelons Randy Khan de « Marine Electrical » dont Chris Doyle (le célèbre navigateur qui publie des guides nautiques) vante les mérites. L’homme arrive assez rapidement avec son aide et pose de suite la bonne question : puis-je voir les batteries de démarrage ? Avec son voltmètre, il constate que les 3 batteries ne donnent chacune que 5V !!!

Après avoir appelé Mark de « Dynamite » (nous aurions mieux fait de faire appel à son électricien avec qui nous avons déjà travaillé), ce dernier nous envoie une batterie de secours. Manque de chance, celle-ci n’est pas suffisamment chargée !

En finale, c’est le chantier Peake qui nous dépanne en arrivant avec un gros chargeur branché sur le quai. Le MP démarre ainsi que le GE … nous sommes sauvés.

Avant de démarrer, je demande à Randy de rebrancher nos batteries car j’avais l’espoir que nous pourrions les sauver après une bonne recharge.

A notre emplacement au quai, nous laissons tourner le MP et le GE pour recharger pleinement. Randy me signale une odeur et une chaleur anormale en provenance du local technique des moteurs mais n’en trouve pas la raison !! Perso, comme je ne sens rien, je n’y attache pas plus d’importance.

Une petite heure plus tard et alors que j’étais préoccupé par d’autres problèmes (l’alarme de la présence d’eau dans le gasoil avait retenti), Randy repasse par le bateau et constate que la batterie GE a littéralement explosé (non pas à la manière d’une grenade mais comme un soufflé qui déborderait de tous les côtés) !!!

Il nous fait alors état que les connexions de la batterie GE étaient inversées et que c’est cela qui explique l’explosion. A cette suite, il nous conseille de procéder au changement des 3 batteries (350 €/batterie). Nous acquiesçons.

Pour éviter de descendre les batteries « service » et « électronique » alors que nous n’avons plus de moyen de les recharger (le courant du quai est trop faible), il coupe notre inverter (il n’était pas en panne mais seulement en sécurité par suite d’un censeur défectueux !) et du même coup, voilà la moitié du bateau sans électricité … et sans airco.

Je vous laisse imaginer l’état d’épuisement en lequel nous étions à la fin de cette journée … et la nuit que nous avons passée.

Mardi  26.

Vers midi, Randy nous apporte 3 nouvelles batteries Optima (rouge) et une heure plus tard, il vient procéder au remplacement. Dans le même temps, un mécanicien, « Gittens Engine Sales & Services Ltd » , renseigné par ses soins, s’occupe de vidanger nos 4 filtres RACOR de l’eau qui y est emprisonnée et à l’origine de l’alarme entendue la veille (beau travail, parfaitement exécuté pour un prix correct de 400 $TT soit +/- 55 €).

Newton est également passé avec son équipe pour peaufiner un peu plus son travail.

Mercredi  27.

Alors que nous sommes toujours en train d’essayer de nettoyer et de remettre de l’ordre dans nos coffres (avec la rénovation du pont en teck, de la sciure de bois s’est insérée partout et pour une raison que j’ignore, « on » m’y a mis une pagaille pas possible !), Randy nous apporte sa facture … un total de 14.925,86 $TT soit + /- 2.132 € dont 1.017 € de main-d’œuvre !!!!  L’heure de main-d’œuvre est calculée à 750 $TT soit +/- 107 € … à ce tarif là, il ne restera plus longtemps à travailler avant de nous rejoindre sur les océans.

Par ailleurs, les explications de Randy qui n’ont convaincues personne, nous ont fait comprendre que c’était plus que vraisemblablement son aide qui avait interverti  les connexions ayant entraîné l’explosion de la batterie GE !! Comme la batterie ne donnait plus que 5V lors de l’inversion des branchements, l’opération n’a pas donné lieu à des étincelles.

Comme vous l’aurez compris, si vous passez par Trinidad et que vous avez un problème électrique, n’hésitez pas un seul instant à le contacter et n’oubliez pas de lui dire que vous venez de notre part, il ne manquera pas alors de vous faire un prix « spécial pigeon ».

Jeudi 28.

Les journées passent et se ressemblent beaucoup : arbeit, arbeit, arbeit … et encore, arbeit. Le tout  sous une chaleur de plomb en fusion, un cagnard redoutable et une humidité qui vous fait croire qu’il pleut en permanence ! Bref, le lieu rêvé de vos prochaines vacances.

Pour ma part, j’ai passé toute ma journée à nettoyer mon atelier ! J’ai fait le grand vide : j’ai jeté 3 vis déformées, 2 morceaux de tuyau crevé, un morceau de bois pourri, un emballage et une lame de cutter rouillée. C’est dingue la place qu’on peut gagner !

Malheureusement et même si nous retrouvons chaque jour qui passe, un confort de bord plus important , la fatigue nous plombe de plus en plus irrémédiablement au point que les pauses sont de plus en plus nombreuses et ne parlons pas des remises au lendemain.

Le moral est quant à lui, revenu au beau fixe et il était grand temps. Par contre, nous sommes tellement crevés que nous n’envisageons pas encore notre départ.

Vendredi 29.

Arbeiiiiiiiiiiit … arbe …. les cadences de travail sont en chute libre mais par bonheur, nous commençons à voir le bout du tunnel ! J’ai encore des difficultés à imaginer que nous serons d’ici quelques temps en Martinique mais l’espoir fait vivre. En fait, la marina de Peake est plus full que full car personne ne semble être en état de partir !! Notre voisin, «Nomad » (Amel 54’) aurait dû partir ce vendredi mais son guindeau en a décidément autrement !

« Taboo » (25 m – 7 cabines – axé sur le charter) que nous connaissons bien de vue, est notre nouveau voisin depuis ce matin ! Bien qu’il batte pavillon français … Monsieur est Néozélandais et Madame, Canadienne anglaise. Le barrage de la langue se fait terriblement ressentir cette année : les francophones se lient facilement d’amitié entre eux tandis que les anglophones ne sont accessibles que si vous parlez couramment anglais.

Samedi 30.

Kirby est venu terminer nos inox qui brillent. Pour notre part, nous avons profité que depuis une semaine, il n’y a pas un gramme de vent (!) pour hisser génois et trinquette : de gros efforts pour un petit pas en direction de la Martinique. Nous en rêvons tous les jours et l’impatience commence à pointer le bout de son nez ! C’est malgré tout bon signe car il y a encore peu, nous n’en rêvions même pas.

Dimanche 01.

Incroyable mais vrai … le vent est revenu à petits pas ! Pas terrible mais cela fait quand même du bien. Ce qui n’empêche qu’en milieu de journée, nous succombions tous les deux sous la chaleur !

Aujourd’hui, nous avions décidé de farniente … ce qui ne m’a pas empêché de réaliser divers petits bricolages.

Passage de Randy qui nous a rapporté nos deux batteries Optima (MP) achetées en Martinique, quelques mois plus tôt. Comme pour une fois dans notre vie, nous pouvons invoquer la garantie annuelle, il serait stupide de ne pas en profiter mais pour cela, il nous faut ramener nos batteries en Martinique …

Le soir, Ann se rendait avec le shuttle de la marina et d’autres plaisanciers, à une « street parade » à « Port of Spain ». Prévue pour 18 heures, ils ont attendu jusque 21 heures et étaient rentrés pour 23 heures.  Rien de très spécial en finale mais superbe ambiance.

Lundi 02.

Contrairement aux précédentes saisons, nous n’avons pas mis l’annexe à l’eau en même temps que le bateau ! Pourquoi ? Mais simplement parce que nous avons très vite pris conscience qu’elle allait nous poser plus de problèmes qu’autre chose car le bateau n’était pas prêt à la recevoir. Alors autant la laisser sur le tarmac où elle ne gênait personne.

Seulement voilà, il y a un temps pour tout et le moment était venu de la mettre à l’eau.

En sortant de la rade, j’ai voulu mettre les gaz et je n’ai eu droit qu’à un moteur qui s’étouffait !!! Lors d’un second essai avec Ann … même symptôme !

Comme nous n’étions pas sûr d’avoir assez de place entre le ponton et la poupe du bateau, pour la remonter à bord, nous avions décidé de l’amarrer au ponton des annexes. En attendant le passage du mécanicien qui s’occupe chaque année, de la maintenance de notre moteur, nous nous sommes occupés à coller le nouvel  antidérapant du fond de l’annexe (Kirby  avait déjà arraché l’ancien antidérapant et repeint le fond)! Quel boulot … et surtout, sous le cagnard.

Quand le mécanicien est arrivé, nous n’avons pu que constater ensemble … que le moteur tournait parfaitement  bien !!!!! Sans doute, une bulle d’air …

Comme nous avions signalé à Newton, d’autres petits problèmes … en début d’après-midi, il est venu avec son petit commando. Le problème est qu’à chaque fois, il faut attendre une petite journée que la peinture sèche avant de pouvoir polisher.

Le soir, à l’apéro, nous recevions Philippe & Michèle de « SY Tereva » (Physa 42’ de Catana). Ils viennent de terminer leur tour du monde et nous venons de faire leur connaissance sur le chantier. Ultra sympas.

Mardi 03.

Nous avions décidé de partir ce mardi après le passage du peintre mais lorsqu’Ann est rentrée des courses, nous étions tous les deux sur les rotules en raison d’une chaleur accablante alors que le travail n’avait pas manqué. De toute manière, comme nous avons encore découvert d’autres petits défauts de peinture, il nous faudra attendre un nouveau passage du peintre …

Incroyable mais alors que d’autres ne semblent pas être le moins accommodés par ces températures et cette humidité, nous sommes tous les deux excessivement vulnérables et avec les jours qui passent, cela ne s’améliore pas !

Le soir, nous prenions l’apéro à bord de « SY Tereva »  … amarré juste à côté de nous.

Mercredi 04.

Départ de Trinidad pour la Martinique via Bequia.

 

PS. Nous avons été tellement occupés et surtout préoccupés que nous en avons oublié de prendre des photos de la mise à l’eau. Toutes nos excuses.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 13 juin 2019

02 au 11.06.2019 – La vie à Chaguaramas (Trinidad)

Il s’agit du dernier article de la saison ! La tenue du blog ne sera reprise qu’en décembre, après la remise à l’eau du bateau.

Dimanche 02 juin.

Si hier, il faisait superbe, aujourd’hui, il fait nettement plus venteux et surtout, fort couvert. Après une excellente nuit de sommeil, nous avons retrouvé un peu de force et de courage pour procéder à un dessalage en profondeur du pont. Il était plus que le temps de le faire !

Lundi 03 juin.

Du soleil, du vent, un peu de pluie, le chantier est resté très calme et hormis Mark de « Dynamite Ltd », personne n’est venu nous voir !  Nous avons donc commencé à  préparer sereinement  notre retour au pays.

« Chantier très calme » ne signifiant pas pour autant qu’il n’a pas fait le plein de bateaux ! Au contraire, il y a foule mais ils sont déjà tous sortis !! Evidemment, durant le mois de mai, il y a eu pas moins de trois « convois sécurisés » (minimum 10 bateaux) vers « Trinidad » dont le dernier remonte au 20 mai.

Mardi 04 juin.

Nous avons connu aujourd’hui, un véritable défilé de « techniciens » venus à bord pour évaluer l’ampleur des travaux envisagés : nous envisageons de repeindre la coque ainsi qu’une partie du pont et de rénover entièrement notre pont en teck !

Reste à savoir si je ne ferai pas un AVC en prenant connaissance des devis qui doivent nous être adressés …

En début d’après-midi, Kirby, notre copain mandai, est venu faire nos inox comme chaque année et cela brille.

Mercredi 05 juin.

Il fait toujours aussi chaud et humide qu’à l’accoutumée. Aujourd’hui, c’est la fête de la fin du ramadan. Comme dirait une employée du « chantier Peake », à « Trinidad » on prend les jours fériés de toutes les religions.

Pour notre part, nous continuons d’établir des listings de choses à faire … Je devrais procéder à quelques bricolages mais les jours passent et je remets toujours au lendemain.

Kirby est venu poursuivre son travail de lustrage des inox.

Jeudi 06 juin.

Depuis ce matin, nous avons eu un peu d’accompagnement avec l’arrivée de trois nouveaux bateaux. Je finissais par me demander si tout le monde était déjà sorti de l’eau ! Déjà, que nous avions réalisé  la traversée en orphelins …

 

 

J’ai quasiment passé ma journée dans le mât ! Il faisait beau et malgré un peu de clapot, la position était assez confortable !! J’en ai profité pour changer la beuglante de l’alarme ainsi que deux Led qui éclairent le mât. C’est bien entendu ce dernier bricolage qui m’a posé le plus de problèmes d’autant que j’ai été contraint de « jouer » avec du silicone …

Le soir, la beuglante se mettait à beugler sans raison et par deux fois, de surcroît !! Nous avons compris par la suite que c’était chaque fois que notre voisin utilisait sa télécommande pour allumer ou éteindre ses feux extérieurs …

Vendredi 07 juin.

Alors que j’espérais pouvoir profiter raisonnablement de ma nuit, Ann m’en a tiré à 5.30 heures du matin sous le fallacieux prétexte qu’il n’y avait pas de vent !! Pourquoi donc vouloir m’arracher aux bras de Morphée ? Ben … simplement pour affaler sans difficulté, nos deux voiles d’avant. Si le prétexte était bon, il n’empêche que l’heure était franchement indue et que nous aurions pu attendre 8 heures. Vous ne le croirez sans doute pas mais ma bonne humeur habituelle s’en est trouvée fort contrariée …

Arrivée de nos amis Thierry & Françoise de « Symi » et de « Mr. Curly » que nous avons abondamment vu en « Martinique ».

Il fait merveilleusement beau mais aussi chaud (32,4° à l’intérieur du bateau) et humide. Nous avons comme voisin, depuis deux jours, un petit bateau de pêche sportive. Son propriétaire est plutôt sympathique mais les « techniciens » qu’il a à son bord, sont assez bruyants et sur un aussi petit bateau, cela fait très « désordre ».

Sur l’autre bord, nous avons le bateau de pêche de Mr. Peake, le propriétaire du chantier. Je m’abstiendrai donc de tout commentaire désagréable quant au bateau mais ce n’est pas exactement une bonne publicité pour le chantier. Le plus ennuyeux reste que nous sommes « coincés » sans vue, ni air entre cette grande barcasse et un hangar à bateau … de quoi devenir claustrophobes. Enfin, courage, encore quatre fois faire dodo et nous sommes partis.

En fin d’après-midi, nous avions la visite de Thierry & Françoise de « Symi ». Ils n’ont pas eu une très bonne traversée avec beaucoup trop de moteur et une mer pas toujours très agréable.

Samedi 08 juin.

Nous avons un nouveau voisin en la personne d’un catamaran canadien de 40’ qui sort de l’eau également lundi.

Tout ce qui n’avait pas été fait la veille, se devait d’être réalisé aujourd’hui ! Nous avons donc totalement désarmé le pont du bateau et en avons profité pour dessaler les cordages. Il n’y parait pas mais quel boulot d’autant qu’il vaut mieux se souvenir comment tout était positionné … motif pour lequel nous avons pris quantité de photos.

Le pompon de la journée a constitué à changer l’élingue « moteur » de l’arceau de l’annexe. La remplacer en tant que tel n’est pas un bien lourd travail mais son réglage consécutif a eu de quoi nous rendre dingue ! Il faut bien évidemment que la tension entre l’élingue tribord et l’élingue bâbord soit parfaite et malgré toutes nos mesures, elle était soit un peu trop longue soit un peu trop courte.

Pendant tout ce temps, « Mary » nettoyait l’intérieur du bateau : une vraie tornade blanche  !  Si seulement, elle habitait le « Marin » …

En fin d’après-midi, Kirby venait terminer son travail des inox.

Dimanche 09 juin.

A 10.30 heures, un water-taxi venait nous prendre à la marina pour nous conduire sur « Gaspar Grande », l’île d’en face, chez Mark & Erica de « Dynamite Ltd ». Il s’agit de leur seconde résidence qu’ils aménagent petit à petit depuis déjà plus de trois ans. Ce besoin de « seconde résidence » surprend par la proximité des deux résidences mais le fait de passer d’une île à une autre, semble suffire à apporter le dépaysement recherché !

Le chalet a les pieds dans l’eau et est bordé d’un terrain de 50ares. On aurait pu croire qu’il s’agissait de la résidence de « Mac Giver » tant les astuces sont nombreuses pour rendre ce petit pied-à-terre excessivement convivial.

Nous y étions invités à déjeuner et nos hôtes nous ont démontré des talents culinaires insoupçonnés. C’était absolument parfait.

Lundi 10 juin.

Aujourd’hui, nous sortons le bateau de l’eau en sorte qu’il est préférable de tout faire avant. Aussi tandis que je m’occupais de nettoyer le frigo … Que dis-je ? Nettoyer ? Lécher serait plus exact … Ann se tapait les formalités en douane car comme nous laissons le bateau sur place, il fallait que le chantier se porte garant pour lui …

Vers 13 heures, nous sommes partis vers la darse alors que le vent soufflait trop fort et surtout, qu’un mauvais courant nous déportait latéralement ! S’il n’avait tenu qu’à moi, j’aurais postposé le moment mais deux membres de l’équipe de « Dynamite Ltd » étaient venus spécialement pour nous aider.

Quitter la marina ne posa pas de problème particulier … par contre, devant rentrer dans la darse, en marche arrière, il me fallait trouver un peu d’espace pour entamer ma manœuvre bien avant d’atteindre la darse et c’est là que tout a failli très mal tourner !!

Contrairement aux saisons précédentes, des voiliers étaient amarrés  juste dans le prolongement de la darse en sorte que « S.A.S.³ » se trouvait coincé entre deux bateaux lorsque j’ai enclenché la marche arrière avec pour résultat … que notre avant s’est trop déporté vers l’étrave d’un « Amel ».

Ayant perçu le danger, j’ai eu le temps de crier à Ann de repousser l’étrave menaçante avant de causer des dégâts aux deux bateaux. Par bonheur, nous n’avons rien touché et pas davantage pris la ligne de la bouée dans la quille ou dans l’un ou l’autre propulseur.

Une fois dans la darse, j’ai poussé un énorme soupir de soulagement. J’avais la bouche aussi sèche que du carton-pâte.

 

Le bateau est resté amarré dans la darse durant une petite heure, le temps que la grue revienne s’occuper de lui. Ce fut ensuite le nettoyage au karcher  et la pose du bateau en un endroit temporaire !  Normalement, il est stocké dans l’allée principale mais un autre bateau devait partir et le chantier a préféré attendre qu’il soit parti.

Alors que tout semblait baigner dans l’huile, une catastrophe nous guettait : le courant électrique du chantier arrivait jusqu’à notre tableau électrique du coffre arrière mais pas au-delà en sorte que nos précieux chargeurs ne fonctionnaient pas !!! Impossible de laisser nos batteries se décharger durant cinq mois sans les abîmer de manière irrémédiable …

Comme nous devions prendre notre avion le lendemain matin, le temps imparti pour solutionner le problème avant notre départ, se comptait … en heures !

Le soir, nous prenions l’apéro au « Zanzibar » avec Thierry & Françoise de « Symi ».

Mardi 11 juin.

Grâce à Mark de « Dynamite Ltd », son électricien était sur place dès 7 heures du matin ! Mais sans la perspicacité d’Ann, l’électricien aurait sans doute mis des jours avant de trouver. Disposant de plusieurs sources possibles d’électricité (quai, moteur principale, groupe électrogène), un switch est nécessaire. Sur la plupart des voiliers, celui-ci est manuel mais sur « S.A.S.³ »  il est automatique … et cause de nombreux soucis.

Une fois la panne localisée et comme nous avions la pièce de rechange en réserve, ce ne fut plus qu’un jeu d’enfant auquel je me prêterais bien volontiers si je n’étais aussi mal à l’aise avec l’électricité.

Notre problème électrique étant solutionné, nous sommes partis à l’aéroport, le cœur léger. Nous nous y sommes rendus avec le shuttle du chantier, indéniable précieux service à la clientèle. Le malheur réside en ce que le chauffeur ne travaille que durant les heures syndicales alors que les avions atterrissent à toutes les heures et notamment, le dimanche …

Comme nous sommes beaucoup moins rancuniers que je ne le pensais (!), nous avons voyagé avec la compagnie aérienne allemande « Condor » dont nous avions gardé un affreux souvenir (cfr. article spécial).  Mais après ce vol fort mitigé, je ne suis pas certain que nous ne chercherons pas la prochaine fois, une autre alternative.

Tout d’abord, quand je parle de « vol », je devrais plutôt parler de « vol omnibus » : Trinidad – Tobago (changement d’avion et réenregistrement des bagages) – Barbade – Francfort (changement d’avion)  et enfin,  Bruxelles … avec chaque fois  un contrôle de sécurité ! A chaque contrôle, nous avons été enquiquiné pour un problème différent !

A la « Barbade, nous avons failli péter un câble lorsqu’ils nous ont fait descendre de l’avion … juste pour nous faire passer un contrôle de sécurité interminable !! Mouais … bon … ce n’est sans doute pas l’exacte vérité mais il n’empêche que nous avons dû sortir de l’avion avec tous nos bagages à main, passer ce maudit contrôle qui a pris une éternité (plus d’une heure) et encore patienter devant la « gate » avant de pouvoir reprendre notre place dans l’avion !

Sur le vol Tobago – Barbade, nous avons eu droit à un équipage de cabine fatigué dont l’amabilité était très limite. Quant au service de bord, il est tout simplement de plus en plus limité et cela se ressent.

Comme il fait extrêmement froid dans tous ses avions, cette fois, j’avais pris mes précautions en enfilant mes Moon Boots, ma salopette de ski, mon  bonnet en laine et mes gros gants. J’ai eu mon petit succès même si certains ont cru nécessaire de me préciser que la saison des sports d’hiver était dépassée comme si je l’ignorais. Il n’empêche que je suis le seul à avoir dû mettre la climatisation au maximum pour ne pas fondre sur place. En finale, je me demande si je ne l’ai pas rêvé celle-là …

Nous sommes arrivés à « Bruxelles », mercredi 12 juin avec une heure de retard soit à 15.25 heures (heure locale) en étant parti de « Trinidad » à 12.30 heures (heure locale). Il  y a six heures de décalage.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Juin 2019.

Aurions-nous enfin compris les tenants et aboutissants de la piraterie dans la région !! On a du mal à y croire et pourtant, à y regarder de plus près, l’explication qui nous a été fournie, semble être corroborée par les éléments en notre possession. De quoi s’agit-il ? Selon nos informations, ce ne sont pas les pêcheurs vénézuéliens qui attaquent les plaisanciers mais la « Guardia » vénézuélienne qui réalisent de brèves incursions dans les eaux territoriales, avec des canots à moteur surpuissants. Leur forfait commis, ils retournent tout aussi rapidement dans les eaux territoriales du Venezuela tout proche où ils jouissent de l’impunité. Cela expliquerait que les attaques n’ont lieu que de jour !

Lorsqu’on trace la frontière maritime entre Trinidad et le Venezuela, on se rend compte que la plate-forme pétrolière « Hisbiscus » ne se situe qu’à 3.5 milles de la frontière entre les deux pays ! Or c’est à hauteur de cette plate-forme que l’on enregistre le plus d’attaques !!

Les faits semblant parfaitement établis, il est difficile de comprendre pourquoi les « Coast Guard » ne patrouillent jamais le long de cette frontière … à moins qu’ils n’aient peur d’avoir à affronter la « Guardia » vénézuélienne !

En mai 2019, trois « convois sécurisés » (sous protection des « Coast Guard ») ont été organisés au départ de « Carriacou ». Un autre « convoi sécurisé » sera organisé le 20 juin ce qui nous semble fort tard dans la saison.  Le principe reste qu’il faut un minimum de dix bateaux et un « pigeon » pour tout organiser.

Quand les autorités de « Trinidad » vont-elles enfin éradiquer  le problème à la racine ?? Nul ne le sait et aucune volonté politique ne se dessine. L’organisation de « convois sécurisés » est une nouveauté de cette année 2019 et n’a été mise en place qu’en raison d’un réel vent de panique survenu après une dernière attaque en plein jour où des coups de feu ont été tirés ! Mais il ne s’agit selon moi,  que d’une emplâtre sur une jambe de bois et il est à craindre que cette « protection » disparaîtra aussi vite qu’elle est apparue.

Les « Coast Guard » pour leur part, demandent qu’on leur adresse un plan de navigation avant chaque traversée pour leur permettre de nous « surveiller à distance ». Si nous le faisons, je n’en vois pas trop l’utilité dès lors qu’en cas d’attaque, le temps de réaction (à supposer encore que quelqu’un ne vienne à votre secours) serait bien trop long. Par ailleurs, nous avons réalisé à ce jour, cinq traversées et au grand jamais, nous n’avons vu un bateau des « Coast Guard » en mer … par contre, nous avons à chaque fois, pu relever que tous leurs bateaux étaient tranquillement amarrés à leur base de « Chaguaramas » !

Et les pêcheurs vénézuéliens dans tout cela ??  En principe, ils ne peuvent pas pêcher dans les eaux territoriales mais dans la réalité, ils ne s’en privent pas comme il est aisé de le constater mais là encore, les « Coast Guard » restent parfaitement invisibles. Ensuite, ils viennent à « Chaguaramas » pour écouler le produit de leur pêche et repartent chez eux avec des biens de consommation introuvables dans leur pays. Ceci explique leur présence en grand nombre à « Chaguaramas ».

Qu’en est-il des assurances ?  Il semblerait sous réserve de la « perle » des polices d’assurance (mais quand c’est trop beau, il faut toujours se méfier des conditions écrites en tous petits caractères)  qu’un acte de piraterie soit assimilé à un « fait de guerre » et n’est donc pas couvert !

Nous avons donc sollicité une extension de notre garantie et voici les conditions qui nous ont été posées par notre compagnie d’assurance:

  1. Extension de garantie valable uniquement durant une période bien précisée d’une dizaine de jours soit la période de la traversée envisagée !
  2. Surprime de 1.600 € !
  3. Franchise de 20.000 € !
  4. Présence obligatoire des « Coast Guard » …

Est-il nécessaire de préciser que nous n’avons pas souscrit à cette extension de garantie. En tout état de cause, ne perdez jamais de vue que la qualité d’une police d’assurance ne s’apprécie qu’en cas de sinistre ! Nombreux sont les plaisanciers qui pensaient être si bien couverts avant sinistre qu’ils nous en donnaient des complexes …

Publié par : Ann & Stéphane | 2 juin 2019

20.05 au 01.06.2019 – Transhumance.

Lundi 20 mai.

Normalement, nous aurions dû entamer aujourd’hui notre transhumance vers le sud mais en plus d’un vent déjà bien soutenu, nous avions droit à des grains qui n’étaient pas prévus la veille, par la météo. Aussi avons nous sagement décidé de rester bien tranquilles au mouillage.

L’après-midi, le vent se calmait mais il était un peu tard pour se mettre encore en mouvement.

Mardi 21 mai.

La météo étant fort changeante ces derniers jours, nous n’étions pas plus convaincus que cela de partir aujourd’hui  mais comme il faisait beau, nous nous sommes décidés à lever l’ancre pour 9.30 heures. Les voiles furent d’abord hissées avec un ris dans la GV mais comme au sortir de la baie, on sentait que le vent pourrait encore monter, nous avons pris très rapidement un second ris que nous n’avons plus lâché par la suite.

La météo prévoyait un vent réel de 15 à 20 nœuds et c’est à peu près ce que nous avons eu. Par +/80° le vent s’est établi entre 16 et 18 nœuds. La mer était bien sûr un peu formée mais sans excès. Nous étions surtout quasiment les seuls sur l’eau. Sur la journée, nous avons dû voir pas plus d’une grosse dizaine de bateaux.

Notre vitesse dans l’eau était au départ de +8 nœuds  mais par la suite, elle est passée à +9 nœuds sans que l’on comprenne bien pourquoi.

A l’abri du vent derrière l’île de « Sainte Lucie », la mer était beaucoup plus calme mais plutôt incroyablement, le vent réel est monté de 19 à 22 nœuds !!!  Je suppose que le vent dévalant des collines, sa force s’en est retrouvée renforcée.

Au mouillage de « Marigot Bay » (30 NM) où nous sommes arrivés pour 14 heures, il y avait du monde et de suite, de l’ambiance. Il est fort à parier que tout ce petit monde sera parti aux aurores. C’est du moins ce que nous avons prévu de faire contrairement à la saison passée où nous étions restés deux nuits. Ce n’est pas que nous soyons pressés mais nous supportons mal les moustiques …

Mercredi 22 mai.

Après une nuit trop courte durant laquelle, tout à loisir, nous avons pu comparer les moustiques martiniquais à leurs cousins de « Sainte Lucie », nous avons largué notre bouée de mouillage alors que tout le monde semblait encore dormir ! Une prouesse que je tenais à signaler …

A 6 heures, la GV était hissée juste à la sortie du chenal. Il n’y avait pas grand vent et la mer était calme … comme d’habitude. Evidemment, une fois que nous avons laissé derrière nous « Sainte Lucie », les choses ont pris assez rapidement une autre allure avec un vent réel de 17 à 19 nœuds dans le 80° et une mer un peu formée.

Le « canal » séparant « Sainte Lucie » de « Saint Vincent » avec ses 30 NM, est le plus large à traverser  et malgré nos +9 nœuds dans l’eau, cela prend du temps. Malgré tout, la navigation fut fort agréable.

La seconde partie de la traversée fut plus musclée avec un vent réel de 20-25 nœuds  et une vitesse dans l’eau à  +10 nœuds. J’ai  cru pendant tout un temps que le speedo était calé sur 10 nœuds !

Jusque là, nous avions tenu avec une GV arrisée à 2 ris et le génois grand ouvert. Même si « S.A.S.³ » semblait très à l’aise à cette allure, la puissance qu’il dégageait, m’a rappelé qu’il serait inconvenant d’arriver à « Bequia » en pleine heure de table ! Aussi nous avons réduit le génois au 1/3 (je n’aime pas les demi  mesures).

Si j’avais relu mes notes de la saison passée (nous aurions sans doute  attendu une journée sans vent pour traverser …) , je me serais rappeler qu’à l’approche de la pointe nord de « Saint Vincent », cela pouvait méchamment « déménager ». Si nous n’avons pas eu les 35 nœuds de la saison passée, l’anémomètre est quand même monté jusque 29 nœuds. C’est fou ce que l’on est content quand on arrive dans la zone sans vent … et puis c’est tellement bon de se dire que les bateaux qu’on croise, n’imaginent pas un seul instant combien ils sont à deux doigts de déguster. 

Après un vif soulagement,  j’en ai fini par regretter l’absence de vent et toute mon attention s’est concentrée sur le bruit du moteur : le bruit est-il normal ? N’ai-je pas ressenti une vibration anormale ? Mon Dieu … pourvu que maintenant celui-là ne tombe pas en panne ! Selon mon psy, je garderais quelques petits traumatismes de mon expérience nautique ! En clair, il vaut mieux faire du bateau tant qu’on a aucun vécu en la matière.

Tout le long de « Saint Vincent », nous avons eu droit à un vent venant de notre tribord c’est-à-dire d’ouest !!!!! Ce n’est qu’après avoir entamé la traversé depuis quelques milles qu’enfin, la situation est redevenue normale avec un vent d’est de 17 à 20 nœuds … et une mer assez agitée pour ne pas changer.

Nous étions à peine remis de nos interrogations qu’un cargo, le « Luzon Strait », qui venait de quitter « Kingstown Bay », nous fonçait dessus !  L’accent anglais d’Ann n’était-il pas le bon, nous avons eu beau l’appeler sur la VHF, il ne nous pas répondu (!!) mais par bonheur, il a bifurqué vers le nord et nous est passé sur notre arrière.

Nous sommes arrivés au mouillage de « Bequia » (62NM) juste pour la fin de la pause déjeuner (13h40) et contrairement à la saison passée,  nous y étions à l’abri du vent. Nous nous sommes mis à la bouée avec une cinquantaine d’autres bateaux de plaisance dont la plupart étaient à l’ancre.

Jeudi 23 mai.

Nous avons carrément fait le tour de l’horloge tant nous étions en manque de sommeil ! Après cela, la décision fut vite prise de passer la journée à « Bequia » … alors que sur le trajet, j’avais fermement l’intention que de n’y passer que la nuit avant de poursuivre sur « Carriacou ». Comme dirait feu mon père « il n’y a que les ânes qui ne changent jamais d’avis ».

Nous avons donc réalisé les formalités d’entrée sur l’île après avoir mis l’annexe à l’eau. Comme hier encore, nous hésitions quant à nos intentions, nous n’avions prudemment pas mis pied à terre en restant sous le couvert du pavillon jaune (= demande de passage de la douane).

Vendredi 24 mai.

Le ballet des bateaux qui partent et qui arrivent, est toujours incessant avec peut-être un plus grand nombre de départs ce matin.

Pour notre part, nous avions pris la décision de visiter l’île en taxi ce qui nous a pris tout juste trois heures. Cela valait certainement le déplacement même si l’île n’est pas très grande et les routes épouvantables, les points de vue sont à vous couper le souffle.

Bien entendu, j’aurais aimé un taxi un peu plus confortable mais le sort nous a fait opter pour le « pittoresque ». Je n’aurais tout de même pas supporté une heure de plus dans cette carriole.

Ensuite, nous avons été manger au « Mac’s Pizza » situé en bord de mer, juste en face de notre mouillage. Si la pizza n’était pas mauvaise, elle était assurément trop garnie en sorte que nous ne sommes arrivés péniblement qu’à la moitié ! Entre les trois tailles disponibles, je vous suggère vivement la plus petite …

De retour à bord, nous avons profité de la fin d’après-midi pour aller nous baigner. L’eau est vraiment bonne et limpide. Par contre, les fonds descendent très rapidement en s’éloignant du bord. Juste sous notre safran, j’ai vu une longue serpentine qui se mouvait sur le fond et une toute petite murène qui est passé d’un trou à un autre avec toute la vitesse du désespoir.

Samedi  25 mai.

Il  y a énormément de bateaux de location ou de charter … nous sommes dans les « Grenadines ».

La météo depuis notre arrivée, est très agréable avec pas mal de soleil et un vent très modéré.

« Symi » nous a rejoints mais malheureusement, il a jeté l’ancre à l’autre extrémité de la baie.

Dimanche 26 mai.

Décidément notre séjour sur place se prolonge plus que prévu mais nous sommes tellement bien …

Ce midi, nous avons été déjeuner avec « Symi » au « Porhole » situé un peu plus haut sur la grève. Un peu de vie sociale fait toujours du bien.

Lundi 27 mai.

A 6.26 heures, nous avons été brutalement réveillés par le klaxon énergique d’un des ferrys qui relient l’île à « Saint Vincent » ! Une vraie plaie.

Comme nous avions décidé de partir pour 8-9 heures, nous avons tenté de nous rendormir … sans nous rendormir trop profondément. Très frustrant.

A 8 heures, nous étions debout et après une bonne douche, nous avons préparé le bateau pour notre petite croisière du jour qui devait nous mener aux « Tobago Cayes » (26 NM). Une première pour nous !

8.42 heures, la GV était hissée et arrisée à 2 ris. De fait, nous n’avions pas enlevé les ris de la GV lors de notre arrivée à « Bequia ».

Alors que nous nous dirigions, au moteur , jusqu’à la pointe sud de l’île, nous avons assisté à l’étrange ballet d’un catamaran américain, « L’Acadienne » (Nautitech 441) dont on ne parvenait pas à comprendre l’itinéraire. En fait, il attendait que nous ayons établi la voile pour nous prendre en chasse !!

Pour autant que fut désagréable de se voir dépasser par une caisse à savon, nous n’avons pas répondu à l’incitation à la régate en le laissant seul faire tout son petit manège. En hissant haute la GV, nous n’avions absolument rien à gagner mais au contraire, tout à perdre.

« S.A.S.³ » marchait dans l’eau à +8 nœuds par un vent réel de 17 nœuds à 75°. Tout ce qu’il y a plus de honorable pour un monocoque de cette taille. Face à un adversaire de même catégorie, nous aurions certainement relevé le gant mais pas question de faire le jeu de ce petit crétin.

Si nous n’avions pas eu à l’esprit que nous nous allions nous engager dans des eaux inconnues (les Tobago Cays), nous aurions sans doute mieux profité de l’instant idyllique mais insidieusement, nous nous posions la question de savoir s’il ne serait pas plus aisé de faire l’impasse sur les « Tobago Cays » et de nous rendre directement à « Carriacou » voire à « Trinidad » …

Mais comment s’avouer que nous aurions renoncé à notre projet … par simple couardise !! Appelons un chat … un chat même s’il est vrai que l’une et l’autre mésaventure avec du corail peut expliquer une certaine réticence à s’aventurer au milieu des patates de corail.

L’approche des « Tobago Cays » se révéla particulièrement stressante car ce que je voyais … ne correspondait nullement à l’idée que je m’en étais faite au départ de la carte ! C’était tout simplement paniquant : de l’eau à perte de vue avec des dangers invisibles plus sournois les uns que les autres.

C’est en gardant la tête froide et en se fiant totalement à notre carte électronique (!) que nous avons finalement jeté l’ancre juste devant les deux ilots, sur un fond de sable par -5.40 m d’eau. Il était 12.30 heures.

Certes, l’endroit est magnifique et mériterait certainement que l’on s’y attarde un peu mais ce sera pour une prochaine fois car nous n’avons pas trouvé le plus petit courage pour mettre l’annexe à l’eau ! Encore un peu et nous aurions poursuivi notre route jusque « Union » pour y faire notre déclaration de sortie …

Durant la nuit, la mer fut beaucoup plus clapoteuse et dans ce noir absolu, j’aurais préféré être en un autre endroit ! L’endroit ne me paraît pas assez « save » à mon goût car la barrière de corail ne m’a pas semblé pouvoir casser  la houle contrairement à ce que nous avons connu en Australie, en remontant  la « Grande Barrière de corail »! Cela ne m’a pas empêché de passer une excellente nuit !

Mardi 28 mai.

Je me suis réveillé naturellement (?) à 7.30 heures ! Comme nous n’avions aucune envie de nous éterniser sur place, nous avons pris la passe sud et au moteur, nous avons été jusque « Union » pour y  faire notre clearance de sortie. Même s’il est vrai qu’avec une bonne cartographie électronique, on peut se balader dans les « Tobago Cays » sans trop de difficultés, je regrette malgré tout que des chenaux n’aient pas été balisés ou à tout le moins, une petite bouée pour signaler un haut-fond dangereux.

Au moteur, jusque « Union » nous avons été un peu ballotés par les flots mais la distance (4 NM) n’étant pas excessive, nous n’avons pas eu le courage de mettre la toile.

A la différence des « Tobago Cays », le chenal d’accès à « Union » est bien balisé par des pieux rouillés bien visibles et mieux vaut car il faut faire un sérieux détour par le large avant de pouvoir braquer vers le mouillage.

Plutôt que mettre l’annexe à l’eau, nous avons fait appel à un « boat boy » qui nous a aidés à prendre une bouée.  Ensuite, il a été conduire Ann à terre. Tous les « boat boys » que nous avons rencontrés dans les « Grenadines » sont charmants et ils n’insistent jamais si vous ne leur achetez rien. En comparaison, certains plaisanciers sont carrément odieux avec eux dont et comme par hasard, notre « crétin » venu jeter son ancre à une encablure de notre bateau !!!

Les formalités accomplies (les autorités locales sont très accueillantes), nous avons pris notre petit déjeuner. Ensuite, nous avons quitté le mouillage pour « Carriacou » (10NM) que nous avons atteint pour l’heure du midi après une traversée sous voiles (GV à 1 ris).

Sur ce court trajet, le vent est assez capricieux (14 à 20 nœuds).  Il s’agit essentiellement de rafales de vent … tout ce que je déteste même si « S.A.S.³ » réagit très doucement face à ces augmentations brutales de vent.

Au mouillage, nous avons jeté l’ancre sur un fond de sable par -6.40 m. La visibilité était parfaite ce qui me semble être une première depuis que nous avons découvert cet endroit bien protégé. Nous étions en train de mettre le prélart (taud) sur la GV que le « crétin » faisait son entrée dans le mouillage pour aller jeter l’ancre à une encablure de notre avant !!

Je finirai par croire qu’il a été payé pour nous suivre à la trace ! A l’opposé, nous avons « Nereyade » (Hans 63’) que nous voyons un peu partout mais qui semble vouloir éviter toute confrontation sur l’eau en ne partant jamais en même temps que nous.  

Mercredi  29 mai.

Journée de farniente avec un petit passage par le supermarché local où Ann n’a quasiment rien trouvé !

Jeudi 30 mai.

En nageant dans le mouillage, j’ai vu deux « Grondin volant » ou « Rouget volant » en plein évolution … superbe mais aussi quelque peu inquiétant ! Une première pour moi.

Soleil radieux mais en présence d’un vent peu soutenu, nous avons eu droit à rouler toute la journée ! « Il n’existe pas de rose sans épine ».

Autre conséquence du vent faible, nous avons relevé très peu de trafic !! J’ai souvent remarqué que plus le vent était fort et plus les plaisanciers avaient la bougeotte !!!

Vendredi 31 mai.

Comme nous avions pris la décision de quitter « Carriacou » pour « Trinidad » – en ligne directe (112 NM) – il nous fallait faire notre clearance de sortie à … « Carriacou ». Quand nous sommes rentrés de ces formalités qui ont pris un temps fou, un catamaran américain « Anejo » n’avait rien trouvé de plus intelligent que de jeter son ancre juste devant notre étrave alors qu’il y avait toute la place voulue !!!

Les plaisanciers américains auront été toute cette saison, une véritable plaie en raison de leur sans-gêne légendaire. J’espère que nous en verrons moins la saison prochaine car sinon, il y a de quoi désespérer.

Par chance, le « crétin de service » était encore à bord en sorte que nous avons pu obtenir de lui que pour 14 heures, il aurait quitté son emplacement. Si je ne m’attendais pas à ce qu’il soit de parole, force m’est de reconnaître qu’à 13.30 heures, il était à nouveau à son bord !

Ne nous tenant plus de partir, nous le lui avons signifié et nous avons eu droit en retour à tout un discours dont nous n’avons pas compris un mot sauf qu’il ne bougeait pas !! La moutarde me montant au nez, j’ai mis le moteur et nous avons commencé à relever notre ancre fichée dans le sable juste en-dessous de sa coque …

Notre manœuvre étant sans équivoque quant au fait que quitte à lui rentrer brutalement dedans, nous comptions bien relever notre ancre, en toute hâte, il a mis son moteur et a avancé largement sur sa chaîne. Nous pensons qu’il a eu la frousse de sa vie en voyant « S.A.S.³ » lui foncer résolument dessus.

ll était 13.45 heures lorsque la GV fut hissée à un ris. Difficile de savoir à quelles conditions de vent nous avions droit tant ce dernier jouait au yoyo … qu’en finale, nous avons préféré prendre le second ris.

Doublant « Grenade » par la face atlantique, nous avons eu droit à une mer formée et à un vent réel (10 à 14 nœuds) quasiment sur la tranche du nez de quoi me faire regretter amèrement d’avoir opté pour cet itinéraire. Cela tapait copieusement et de surcroît, nous avions un courant traversier qui nous poussait vers les ilots … le pied !

Une fois à hauteur de la grande île, cela allait un peu mieux mais nous étions toujours au moteur avec un vent réel qui ne parvenait pas à s’établir !! Ce n’est que lorsque nous avons atteint les grandes profondeurs que le vent s’est fait ressentir de manière très nette( 12 à 17 nœuds dans le 50°) et que nous avons pu marcher à la voile.

Si l’angle du vent est resté constamment le même, sa force a augmenté en seconde partie de nuit jusqu’à afficher très brièvement 22 nœuds !  Mais c’est la vitesse dans l’eau qui a été des plus déconcertante tombant à certains moments à 4 nœuds alors qu’il y avait plus de 13 nœuds de vent réel !! En moyenne, nous marchions d’abord péniblement à +7 nœuds. Puis comme par miracle, les vagues ont été prises sous un autre angle et la moyenne est montée à +8 nœuds et plus tard, à +9 nœuds.

Nous n’avons pas eu le plaisir de voir la lune sans pour autant que la nuit soit trop noire. Le ciel était dégagé et constellé d’étoiles. Le plus important reste que nous n’avons pas vu le plus petit bateau. Le premier (un cargo) fut aperçu à une quinzaine de milles des côtes de « Trinidad » que l’on distingue assez facilement après le passage du puits de pétrole.

Passé les puits de pétrole (il était minuit), nous aurions pu théoriquement abattre sérieusement mais en raison d’un fort courant qui nous poussait vers l’ouest, nous avons tenu le même cap … et marché en crabe. Il nous restait 33 NM à parcourir jusqu’à l’entrée du plan d’eau intérieur de « Chaguaramas ». Jamais trajet ne me parut aussi long d’autant que la fatigue se faisait de plus en plus cruellement ressentir.

Bien que l’on distinguait déjà fort bien le contour de la côte, le vent s’est mis à souffler de plus en plus fort en sorte que même avec la trinquette, nous ne sommes pas parvenus à calmer la « bête » qui avait littéralement pris le mors aux dents. Assez effrayant car nous allions arriver avec deux voire trois heures avant le lever du jour !!!!

Ce n’est que dans les tous dernier milles que le vent est tombé et que nous avons été contraints de relancer le moteur. Un comble après avoir fait l’impossible pour réduire notre vitesse. Et comme de bien entendu, nous avons mis encore plus d’une bonne heure après le lever du jour pour atteindre l’entrée de la passe …

Nous l’avions à peine franchie que nous avions à faire face à quatre bateaux de pêche vénézuéliens qui sortaient !! La présence de témoins gênants  les a certainement dissuadés de nous aborder mais si nous les avions croisés un peu plus tôt en mer, je ne me fais aucune illusion quant à leurs intentions.

Je ne comprends pas les autorités de « Trinidad » qui permettent à ces pirates de venir faire escale, en toute liberté, en leurs eaux !! Si au moins, les autorités en profitaient pour établir des contrôles et les ficher. Quand je pense que nous avons stressé toute la nuit et que d’autres plaisanciers n’ont été d’accord de venir sur l’île qu’en « convois sécurisés » à la seule idée de rencontrer lors de la traversée, l’un de ces maudits pêcheurs vénézuéliens, je suis réellement écœuré. Il n’y aurait pas le problème des cyclones et des assurances, nous ne mettrions plus les pieds à « Trinidad » pour cette seule raison.

Le « private dock » de chez « Peake » tombe littéralement en ruine (attention aux clous qui dépassent …) mais cela reste pour nous, la seule option en raison du nombre de corps de métier qui doivent passer à bord. Un bruit avait couru que les bornes électriques seraient uniformisées (elles ne sont pas les mêmes au quai  et sur le terre-plein !!) mais là non plus, rien n’a changé.

Si les autorités locales sont toujours aussi complaisantes avec les « pirates », elles se montrent toujours aussi chiantes avec les plaisanciers : on n’en finit pas de remplir des tonnes de documents et d’en exhiber d’autres. Evidemment, nous avons eu un droit à un surcoût important de taxes parce que nous sommes arrivés un week-end …Tous les moyens sont toujours bons pour vous faire banquer.

En milieu d’après-midi, nous avons été dîner au « Zanzibar » (resto de Peake). On peut choisir n’importe quel plat, tout est frit dans la chapelure et les quantités sont astronomiquement insupportables. En clair, c’est dégueulasse.

Quoi que j’en dise, nous sommes quand même très contents d’être là après une traversée « sublime » avec une petite pensée pour « Symi » qui se trouve encore de l’autre côté alors qu’une dépression tropicale approche …

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publié par : Ann & Stéphane | 22 mai 2019

01 au 18.05.2019 – Il était une fois un groupe électrogène …

Au chantier de « Carenantilles » (Martinique) où « S.A.S.³ » est amarré en l’attente de la réparation de la fuite d’huile de son GE.

Mercredi 01 mai.

Comme nous sommes privés de GE depuis lundi, nous nous sommes branchés à la borne électrique du ponton. Nous aurions bien aimé pouvoir faire marcher notre airco car les températures frisent l’insupportable mais malheureusement, la borne électrique ne donne que du 32A. Il y a bien une prise de 60A mais pas moyen de trouver dans le commerce locale, la fiche correspondante !

Par manque de chance, toutes les nuits, il pleut … nous empêchant d’ouvrir en grand, nos capots de pont. Soupir.

Comme personne n’est venu travailleur aujourd’hui  à bord (fête du travail), nous en avons profité pour nettoyer le GE devenu plus accessible sans son cocon isophonique.

Avant de nous mettre au travail, Thierry & Françoise de « Symi » sont venus nous raconter leurs déconvenues successives avec « Caraïbe Gréement ». Il serait  fastidieux de vous narrer leur histoire mais leur problème tourne autour d’un enrouleur de GV dans le mât et du manque de disponibilité de « Caraïbe Gréement » qui les fait tourner en bourrique depuis plusieurs semaines.

Jeudi 02 mai.

Comme je le prévoyais, Ludovic de « I.D.S. » en avait fini avec le remontage du GE pour  11 heures. Il s’agissait assurément de la partie la plus agréable du travail. Le seul problème est que nous avons trouvé une flaque d’huile en-dessous du GE un peu plus tard … laissant planer la question de savoir s’il ne faudrait pas recommencer tout le travail !!!

Pour 11.30 heures, nous avons quitté le ponton de « Carenantilles » pour aller prendre du diesel (1.040 litres) à la marina. Malgré les années qui ont passé, nous rencontrons toujours beaucoup de succès avec notre voilier dès que nous pointons le nez en marina ou à un ponton fuel ! Surprenant.

Ensuite, nous sommes partis pour le mouillage de « Sainte Anne » où un vent réel de 25 nœuds nous attendait de pied ferme. L’occasion d’obtenir la confirmation que notre chaîne d’ancre « super luxe » livrée en novembre, présentait déjà des tâches inadmissibles de rouille !!!!

Au stade où nous en étions et pour nous éviter de nettoyer notre intérieur pour recommencer le lendemain, nous avons décidé de procéder à l’entretien de notre GE. Malgré les lourds travaux dont celui-ci a fait l’objet durant trois jours, il n’avait pas été procédé à son entretien.

En début de soirée lorsque nous l’avons mis en fonctionnement, nous avons eu droit à notre troisième crise cardiaque de la journée : après avoir démarré, il a commencé à brouter de plus en plus fort ! Evidemment quand on coupe l’arrivée de diesel et qu’on oublie ensuite de rouvrir …

Vendredi 03 mai.

Comme je l’avais pressenti, notre petit problème de flaque d’huile sous le GE n’était pas anodin mais la démonstration que la dernière intervention de Ludovic  sur notre groupe, était parfaitement inutile !!!

Journée plus que merdique donc, agrémentée d’une météo à la fois venteuse et maussade. Et comme si tout cela ne suffisait pas, la beuglante de notre alarme juchée dans le mât, a dû être déconnectée par suite de signes manifestement inquiétants ! C’est Ann qui s’est collée à la corvée.

A part ces quelques bricoles, « tout va très bien Madame la Marquise »

Samedi  04 mai.

Ce matin, nous avons été sollicités par « Hokulea » pour les conduire sur la plage. Eric & Chantal avaient en effet, loué une voiture pour se rendre chez des amis, le week-end et ne souhaitaient pas laisser au quai, leur annexe sans protection.

Nous en avons profité que l’annexe était à l’eau pour nous débarrasser au « Marin », de nos encombrantes poubelles (résultats de l’entretien du GE) et  de faire quelques courses au « Leader Price ».

Dimanche 05 mai.

Chaque jour qui passe, confirme que la fuite d’huile de notre GE est plus importante que ce que nous avions pensé ! Le moral est donc dans les talons et toutes nos conversations durant ces trois derniers jours, tournent inlassablement autour de la question : nous craignions par dessus tout qu’il faille extraire le GE du bateau …

Lundi 06 mai.

Une éclaircie dans un océan de merde ? Peut-être …

Ludovic est passé ce matin et il a diagnostiqué cette fois … un problème au niveau du reniflard ! Travail nettement moins conséquent et onéreux que le joint de vilebrequin … d’un côté, nous en serions largement soulagés, d’un autre, il y aurait une facture qui aurait un peu de mal à passer !

Mardi 07 mai.

Si nous avons l’impression que le GE pisse un peu moins d’huile, il n’empêche que la situation reste intolérable. Ludovic est repassé ce matin, pour changer notre reniflard mais cela ne semble pas avoir apporté d’améliorations. Il  va falloir réouvrir le GE et placer une « bague » au niveau du vilebrequin en manière telle que le joint ne soit plus repositionné au même endroit …

Le problème réside en ce qu’il faut commander la « bague » auprès de « Northern Lights » et que l’agenda de Ludovic ne lui permet pas de revenir sur le bateau avant le 27 mai … En finale, c’est Romain de « I.D.S. » qui va se charger du travail et nous avons rendez-vous chez « Carenantilles », mardi prochain.

Cela devient « chaud patate » car nous sommes censés participer au convoi surveillé par les Coastguard,  qui doit partir le 20 mai de « Cariacou » pour « Trinidad ». Jusqu’à présent, la traversée s’effectuait à nos risques et périls mais la dernière attaque par des pêcheurs vénézuéliens, a fait grand bruit et les autorités ont – enfin – pris la décision de faire quelque chose en faveur des plaisanciers. Il était temps parce que nombreux étaient ceux qui refusaient de traverser sans protection.

Mercredi 08 mai.

Rien de tel que d’aller plonger pour reprendre une « vie normale » tant il est vrai que cette histoire de GE nous perturbe depuis trop longtemps. Comme par ailleurs, nous connaissons une météo plutôt venteuse, nous avons décidé d’aller plonger (-30m – 57’ – 28°) à la bouée du « Club Med ».

Si la visibilité n’était pas très bonne en raison de nombreuses suspensions, en partant « épaule droite »,  nous sommes partis contre un léger courant peu habituel en cet endroit !

Nous n’avons pas vus nos tourteaux et seulement, une unique murène mais quantité (en les voyant à l’aller et au retour, cela en double le nombre …) de langoustes toujours aussi bien cachées. Magnifique plongée qui nous a donné l’envie de remettre le couvert dès le lendemain.

En milieu d’après-midi, « Symi » faisait son apparition sur le mouillage équipé de ses deux mâts (ils avaient dû démâter et deux fois, de surcroît, pour leur problème d’enrouleur).Nous avons été les aider pour hisser leur tourmentin. Après l’effort … le verre de l’amitié.

Jeudi 09 mai.

Pour une fois, le vent est plus faible et donc plus agréable … encore qu’avec la hausse générale des températures (la température de l’eau est passée de 26° à 28° !), ce que la nature donne d’une main, elle le reprend de l’autre.

Nous devions aller plonger mais notre envie s’était quelque peu émoussée et surtout, nous avions envie de « prendre notre journée » à farniente.

Vendredi  10 mai.

Météo agréable sans être super extra mais suffisamment bonne que pour nous pousser à  aller plonger. J’avais envie d’aller explorer le nouveau spot de plongée que nous avons découvert du côté du « Grand Mur » mais Ann n’avait aucune envie de partir à la découverte de nouveaux horizons . Ce fut donc … la bouée du « Club Med » et grand bien nous en a pris.

Ce fut une plongée e-x-t-r-a-o-r-d-i-n-a-i-r-e (-18.20 m – 60’ – 28°). Difficile de vous expliquer pourquoi mais celle-ci surpassait de loin toutes les autres alors que pourtant, elles sont toutes géniales ! Il y avait certainement un bien-être général mais le clou de la plongée fut ce gros caillou qu’Ann m’a montré avec beaucoup d’insistance.

Un caillou reste un caillou aussi beau puisse-t-il être mais quand le caillou commence à bouger sur ses 8 pattes, j’en suis resté bouche bée ! L’animal était caparaçonné comme un char d’assaut de la première guerre mondiale et malgré cela, il se déplaçait avec une agilité déconcertante. Aucun obstacle aussi raide puisse-t-il être, ne lui résistait ! Une fois à bord, nous avons appris qu’il s’agissait d’une « grande cigale de mer » que je découvrais pour la première fois !!! Il paraît que c’est très bon à manger voire même meilleur qu’une langouste à la famille de laquelle il appartient.

Après cette plongée, nous sommes restés sur notre petit nuage jusqu’au soir.

Samedi  11 mai.

La météo est à nouveau beaucoup plus maussade et le vent bien présent. Malgré cela, j’ai convaincu Ann d’aller plonger. En ces conditions … pas d’autre choix que d’aller plonger (-18.60 m – 604 – 28°) à nouveau, à la bouée du « Club Med ». Nous pourrions aller plonger tous les jours à ce spot qu’à chaque fois nous avons droit à des sensations différentes.

A l’heure de l’apéro, nous étions sur « Hokulea » pour un apéro-dînatoire aux accras de crevettes … on s’en est mis plein la cravate. Très sympathique ambiance à quatre.

Dimanche 12 mai.

De très venteuse, la journée est devenue beaucoup plus acceptable en cours d’après-midi. « Laurence » en a profité pour quitter le mouillage pour la « Guadeloupe », avec son nouvel équipage  fraîchement arrivé … une occasion d’un peu les tester au cours d’une navigation de nuit avant la traversée de l’Atlantique.

C’était également le départ de « Atlantic back cruising » (15 bateaux) de « Guadeloupe » justement. Perso, je n’aurais pas hésité un seul instant à participer à ce rallye malgré un tour du monde en solo car un petit coup pouce psychologique n’est jamais inutile quand il faut s’attaquer à une traversée redoutée de nombreux plaisanciers et que le choix de rester aux « Antilles » est une option toute aussi valable.

Le mouillage est quasiment déserté tant les départs se sont accumulés ces derniers temps. Le nombre de bateaux-transporteurs est d’ailleurs en nette augmentation depuis fin avril. J’ai compté qu’approximativement, nous étions encore environ 150 bateaux … une misère pour l’endroit.

Si Toto le barracuda montait la garde sous le bateau, je n’ai plus vu ma petite raie pastenague de l’autre jour. Par contre, hier soir, j’ai aperçu à l’arrière du bateau, un beau tarpon qui s’était rapproché en raison de l’éclairage de la jupe.

La soirée pourtant bien commencée, se terminait mal avec une « alarme électricité » dont nous n’avions pas la moindre idée de quoi il s’agissait ! Nous avons juste constaté  que notre chargeur « électronique » fonctionnait correctement mais ne chargeait plus … ce qui était plutôt assez ennuyeux pour un chargeur.

Lundi  13 mai.

Christophe «le Belge » a rapidement détecté qu’il s’agissait  bêtement d’un fusible de 80A qui avait sauté et a procédé à son remplacement. Seuls, nous n’aurions jamais trouvé l’emplacement de ce maudit fusible. Pourquoi  a-t-il sauté ? Vraisemblablement parce que nous avons changé, en son temps, notre chargeur 60A par un chargeur 100A sans penser à changer également le fusible …

Nous sommes allés plonger (-21 m – 61’ – 28°) à la « bouée du club Med » pour qu’Ann puisse réaliser sa 600è plongée ! Histoire de changer quand même un peu de parcours, nous sommes partis cette fois, « épaule gauche ». Hormis deux splendides petites murènes qu’Ann a découvertes, nous n’avons pas vu nos copains habituels. Il n’empêche que j’ai adoré cette plongée.

Le soir, nous avions à dîner Eric & Chantal de « Hokulea » avec qui nous avons passé une excellente soirée.

Mardi  14 mai.

Nous sommes partis faire des courses au « Marin » où nous avons rencontré Thierry & Françoise de « Symi » tout heureux de voir la fin des travaux à bord de leur voilier. Il reste bien entendu la délicate période des essais en mer mais avec un peu de chance, cela devrait aller.

En fin d’après-midi, j’ai essayé de gonfler notre bouteille mais c’est maintenant notre compresseur de plongée qui est tombé en panne ! Ann a de suite pensé qu’il pouvait s’agir de la courroie … et elle avait raison !! Celle-ci est fortement abîmée en plusieurs endroits. Il ne reste plus qu’à en trouver une nouvelle …

Mercredi  15 mai.

La météo est toujours aussi maussade avec un vent fort variable. Nous attendons toujours la pièce pour notre GE et en attendant, on nous fait lanterner avec de fausses promesses. Nous finirons par quitter la « Martinique » sans réparation !

Le convoi sécurisé pour « Trinidad » part lundi et les probabilités d’y participer s’amenuisent de jour en jour. J’ignore s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise chose car rien qu’en parcourant les consignes données pour cette traversée sous haute surveillance, j’ai l’impression que les organisateurs en font de trop. Le mot d’ordre est en effet, de rester « groupés » et rien que l’idée de brider « S.A.S.³ » m’est tout simplement insupportable.

A l’apéro de midi, nous avions la visite de Simon-Pierre & Nathalie ainsi que les parents de cette dernière. Nathalie est une cousine par alliance d’Ann.

Jeudi  16 mai.

Si le grand jour de la réparation de notre GE est enfin arrivé … il n’en est pas de même de la « bague » qui doit solutionner notre problème de fuite d’huile !!! Elle devait arriver en provenance des USA, avec Fedex, vendredi passé (!) et ensuite, tous les jours de la semaine ! En principe, elle doit atteindre nos côtes, ce soir …

Entre-temps, nous nous sommes amarrés sur le coup de midi, dans la grande darse du « chantier Carenantilles » à défaut  d’une autre place libre. Ludovic de « I.D.S. » est venu en début d’après-midi procéder à l’ouverture de notre GE.

Après un passage presque obligé par le « Mac Do », nous avons passé une nuit oppressante à bord, sans airco. Par contre, pour la multitude d’espèces de moustiques locaux que nous avons embarqués, ce fut « open bar » toute la nuit. Au matin, j’ai même vu des moustiques qui avaient carrément la gueule de bois.

Vendredi  17 mai.

Si les moustiques avaient la gueule de bois, nous étions pour notre part, sur les rotules d’avoir servi à boire toute la nuit.

Vers 11.30 heures, nous avons vu arriver avec soulagement, Ludovic chargé du kit délivré par « Northern Lights » … et comme un miracle ne survient jamais seul, Gilles du chantier « Carenantilles » nous avait dégoté une fiche de 60A qui nous a permis enfin, enfin, enfin de pouvoir jouir de notre airco.

17 heures, Ludovic quittait le bord satisfait de son travail. Il apparaîtra par la suite que la réparation était maintenant parfaite.

Durant cette journée beaucoup moins stressante que la fois précédente car nous avons totalement laissé faire en nous cantonnant dans le cockpit, nous avons assisté à des mises à l’eau successives comme si nous étions en début de saison !!! Tout le monde n’a pas apparemment la même approche de la période cyclonique.

Samedi 18 mai.

La nuit fut délicieuse grâce à notre airco qui alimenté par le quai, a pu tourner constamment . Est-ce pour cela que nous sommes restés une nuit de plus au chantier ? Quelque part, sans doute  … Mais nous n’avions qu’une hâte de retourner à notre mouillage … loin des moustiques dont nous avions fait le plein !

Sur place, nous étions accueillis comme à chaque fois, par un bon coup de vent. Ann aurait eu besoin de passer par la pharmacie pour chercher du dentifrice Parodontax  mais nous n’avons pas eu le courage de mettre l’annexe à l’eau.

Dimanche 19 mai.

Un peu comme tous les jours, la journée a commencé par être un peu venteuse … ce qui n’a pas empêché la tenue de régates locales d’Optimist, de planches à voile et de Laser . Et comme les organisateurs n’avaient rien trouvé de mieux  que d’ancrer les bouées de régate à proximité de notre bateau … nous avons eu droit à pas mal d’animation tout autour du bateau.

A partir de maintenant, nous n’attendons plus qu’une bonne météo pour entamer notre transhumance vers le sud.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publié par : Ann & Stéphane | 5 mai 2019

16 au 30.04.2019 – Sebastian & Sonia à bord.

Mardi  16 avril.

Les affaires sérieuses ont repris avec le passage de Marcus de « Caraïbe Marine » pour regonfler le ballon de notre groupe hydrophore (grosse pompe à eau) qui plus que vraisemblablement fuite ! Nous avons commandé un nouveau groupe mais le temps qu’il arrive, on pare au plus pressé …

Du même coup, nous avons constaté avec horreur que la présence importante d’huile sous le GE !!! Il y a un mois nous avons consenti des frais importants pour changer divers joints du groupe et aujourd’hui, il pisse encore plus !

Nous avons donc procédé à un nettoyage en profondeur, du local technique.

Après, nous avons entrepris le nettoyage du pont en vue de l’arrivée de nos amis, Sebastian et Sonia, la semaine prochaine. Jamais un travail aussi basique ne nous aura autant mis sur les rotules et le mot est faible au point de remettre en question tout le programme de nettoyage de la semaine.

Mercredi  17 avril.

Passage de Ludovic de « I.D.S. » qui pense que notre problème de fuite d’huile pourrait venir cette fois, du joint du vilebrequin … ce qui serait une réelle catastrophe ! Devant l’importance des travaux à envisager, il souhaite confirmer son diagnostique en examinant la question sur la durée. Il est vrai qu’au vu des travaux exécutés, nous n’avons pas vérifié si le problème de fuite était ou non résolu et donc, l’huile s’est accumulée  dans le bac de rétention situé sous le GE et ceci pourrait expliquer cela.

Après son passage, nous nous sommes attaqués au nettoyage du franc-bord (la partie de la coque au-dessus de l’eau) … en des conditions de clapot et de vent épouvantables. Nous avions à peine nettoyé avec du vinaigre blanc qu’une vague éclaboussait tout le travail réalisé. Nous étions également ballotés dans l’annexe comme si nous affrontions une tempête … un dream, quoi.

Si le travail est donc très loin d’être satisfaisant, nous avons pu relever que la coque n’était pas sale hormis la crasse qui était dégringolée du pont lors du nettoyage de la veille. Quant aux traces blanches laissées par le sel, il semblerait que les pluies abondantes de ces dernier jours, aient remédié au problème !

Mais cette journée restera marquée par les péripéties d’un voilier norvégien « Klaus Stortebecker » (ketch de 19 m). A peine arrivé sur notre avant bâbord, il jetait l’ancre et aussitôt après, tout le monde partait avec l’annexe, à « Sainte Anne ».

Comme il était prévisible, le voilier s’est mis à déraper copieusement ! J’ignore quand l’annexe est revenue à bord mais il était largement sur notre arrière bâbord, lorsque nous avons vu quelqu’un aller à l’avant du voilier, observer le mouillage puis retourner à l’intérieur …

Par la suite, notre homme a sauté dans l’annexe et à peine s’était-il éloigné que le voilier recommençait à déraper de plus belle.

Le voilier était déjà bien loin lorsque deux annexes se sont portées à son secours. Le skipper ? Nous supposons qu’il continuait de profiter tranquillement de sa promenade à « Sainte Anne » car nous ne l’avons pas vu ! Tout au plus, une personne de son équipage s’est pointée peu de temps après les deux autres annexes.

Ce n’est que bien plus tard que le skipper s’est montré pour jeter l’ancre,  à notre hauteur. Vous pensez qu’il aurait mis un « amortisseur » sur son mouillage, qu’il se serait mis à l’eau pour vérifier son ancrage, qu’il aurait fait une bonne marche arrière pour vérifier que cela tenait bien … que néni ! Par contre, il a jeté un second mouillage composé d’une ancre et d’une longue aussière (corde) sans le moindre bout de chaîne !! Un crétin. Un parfait crétin.

Jeudi  18 avril.

Vent faible, mer belle mais assez nuageux en début de journée. Par bonheur, l’après-midi nous avions droit à un éclatant et beau soleil.

Quand faut y aller … faut y aller. Nous avons mis nos combinaisons et nous nous sommes équipés de nos bouteilles pour le second nettoyage de la saison, de la coque sous-marine. C’était sans doute moins sale que la fois précédente mais tout est parti avec une relative facilité au point que nous avons pu en terminer en une seule opération !!!!! Il n’empêche que je suis sorti avec zéro bar dans ma bouteille … Merci à mon épouse pour son aide précieuse.

Dans un autre registre, nous avons eu droit au ballet énigmatique de « Free Spirit » (Oyster 81’ – 23.88 m – 1993) qui a réalisé pas moins de deux aller/retour entre le mouillage et la pointe sud de la « Martinique » … sous seul génois ! Il avait pourtant bien démarré sous GV haute mais arrivé à la pointe sud, il l’a affalée. Chacun fait bien entendu ce qu’il lui plaît et comme il lui plaît mais quand on possède un 81’ on n’hésite pas à lever la toile et à pousser chansonnette jusque « Sainte Lucie » au lieu de faire des aller/retour entre deux points rapprochés. Enfin, pour ce que j’en dis …

Au demeurant, je suis parti à la poursuite en annexe, d’un « bidon rouge » à la dérive que je comptais accrocher à l’un ou l’autre spot de plongée (le rouge est nettement plus visible que le blanc). Je fus fort surpris de relever que le « bidon rouge » était en fait, une nourrice (bidon d’essence) d’annexe ! Nous avons mis une annonce à l’attention de son propriétaire mais cela n’a rien donné ! En finale, nous nous en sommes débarrassés entre les mains de deux jeunes rencontrés au « Marin » en allant aux poubelles …

Vendredi  19 avril.

Jour férié pour de nombreux commerces mais mon coiffeur était ouvert et donc …  j’ai la boule à zéro. Ouf … ras le bol d’avoir la tête en montgolfière.

Nous avons passé la journée (très venteuse) à préparer l’arrivée de dimanche, de nos copains.

Samedi 20 avril.

Toujours autant de vent mais en compensation, nous avons eu droit à un éclatant soleil.

Comme il nous fallait une voiture pour aller chercher nos amis à l’aéroport le lendemain, Ann en a profité pour faire des courses au centre commercial de « Genipa » en compagnie de Françoise de « Symi » tandis que je continuais d’astiquer le bateau en son absence.

Dimanche 21 avril.

Alors qu’Ann était partie à l’aéroport, « Hokulea » de Eric & Chantal faisait son apparition sur le mouillage en provenance en ligne directe de « Sainte Hélène » (25 jours de navigation). Nous nous connaissons depuis « Curaçao » en 2012, nous avons plongé ensemble aux « Galápagos » et  traversé le « Pacifique » de conserve. Cela crée des liens …

Vers 16 heures, j’allais chercher au débarcadère de « Sainte Anne », Ann, Sebastian & Sonia. Curieusement, le vent jusque là plutôt bien établi, s’était radouci.

Installation tranquille de nos invités.

Lundi  22 avril.

Avec d’aussi belles conditions météo, il aurait été un crime de ne pas faire une petite sortie en mer : direction « Sainte Lucie ».

Au départ, nous avions l’intention d’aller passer la nuit à « Marigo Bay » puis nous avons décidé de passer la nuit à « Rodnay Bay » pour ne pas avoir à réaliser les clearance de sortie et d’entrée ! En finale, nous avons parcouru un peu plus de la moitié du trajet avant de faire demi-tour et de revenir à la baie « Sainte Anne » !!!

Le ciel était bleu, la mer belle et le vent réel soufflait de 13 à 15 nœuds … LE rêve par excellence d’autant que « S.A.S.³ », toutes voiles dehors,  marchait à un train d’enfer avec sa coque super propre. Malheureusement,  Seb n’a pas résisté au mal de mer et de « cachet d’aspirine » il est passé à l’état de « branche morte » ! Par bonheur, Seb avait récupéré quelques couleurs avant même que nous ayons jeté l’ancre.

Pour une raison que j’ignore, Ann a voulu mouiller un peu plus près de la côte alors que pour ma part, il m’avait semblé voir des patates de corail à l’endroit choisi … mais ce que femme veut, Dieu le veut.

Quand Seb, parti vérifier le bon ancrage de l’ancre, a confirmé mes craintes, nous avons remonté l’ancre avec en prime un gros morceau de corail bloqué dans la anse de l’ancre. Cela n’a pas été une mince affaire pour se débarrasser de cet encombrant passager clandestin !

Ensuite, nous avons jeté l’ancre à l’endroit précis où nous étions auparavant …

Mardi  23 avril.

Cela faisait depuis des semaines que je mourrais d’envie de montrer à Seb, notre terrain de jeu. Aussi avons nous décidé d’aller plonger (-23 m – 58’ – 27°) au « Grand Mur » en se laissant aller dans un « one way ». Tout cela n’était possible que parce qu’Ann a eu la bonté de rester dans l’annexe et de venir nous récupérer là où nous avons sorti la tête (emploi du parachute). Sonia était restée au bateau car tout de même plus confortable pour elle que de passer une heure dans l’annexe, exposée au ciel.

Conséquence de l’absence de vent ou non, nous avons eu droit à une excellente visibilité, à des décors majestueux dont une partie m’était inconnue jusque là et à un petit courant porteur qui nous aurait posé problème si nous avions dû revenir sur nos pas.

Nous avons vu une murène, une langouste, un tourteau, une crevette, un ptéroïs … tout à l’unité !!!

L’après-midi, Seb & Sonia sont allés se balader  à « Sainte Anne ».

Mercredi 24 avril.

Ann devait plonger avec Sonia à la « bouée du Club Med » mais finalement, Sonia a préféré plonger avec  Seb ( -22.90 m – 51’ – 27°). J’ai fait la sécurité dans l’annexe pour nos deux amoureux. Belle plongée si  j’en crois les propos tenus par nos invités.

Jeudi 25 avril.

Tandis qu’Ann et moi avons farniente sur le bateau, Seb & Sonia sont partis faire une longue ballade (13 km)  jusqu’aux « Salines » en empruntant le sentier longeant la côte.

On ressent de plus en plus une augmentation progressive des températures !

Vendredi 26 avril.

Au matin, Ann est partie avec l’annexe pour montrer le « Marin » à nos amis qui ont poussé la promenade jusqu’au marché.

Anniversaire de Sonia. Pour l’occasion, Seb nous a invités au restaurant « Les Pirates » de la « Anse Caritan » où nous avons une nouvelle fois, délicieusement déjeuné.

Nous comptions aller manger des accras chez « Martine » en début de soirée mais repus comme nous l’étions, nous avons fait l’impasse pour nous contenter d’un apéro amélioré.

Samedi 27 avril.

Comme nous avons loué une voiture pour conduire nos amis demain matin, à l’aéroport, nous leur avons proposé de profiter de la voiture pour aller visiter l’île … tandis que nous allions plonger avec Eric & Chantal de « Hokulea » sur le « Grand Mur » (-23 m – 56’ – 1’ à – 3m- 27°).

Magnifique plongée pleine de couleurs, sans le moindre courant, une bonne visibilité et langoustes au rendez-vous !

En fin d’après-midi, Seb & Sonia étaient de retour et nous en avons profité pour aller manger tous les quatre, des accras chez « Martine ».

Dimanche 28 avril.

A 8.30 heures, j’allais déposer Ann, Seb & Sonia ainsi que Chantal de « Hokulea » au débarcadère pour que nos amis puissent prendre leur avion tandis qu’Ann et Chantal comptaient passer sur le retour, par « Genipa » pour faire des courses.

Pour ma part, j’allais dire bonjour à nos amis, Philippe & Imelda de « Pilhaouers », arrivés quelques jours plus tôt. J’ai ainsi appris avec tristesse qu’ils retournaient le soir même en France tandis que leur voilier embarquait sur le prochain transporteur de bateaux pour l’Angleterre ! Leur dérive est bloquée en position basse et ils ont décidé de faire réparer au chantier de construction du bateau.

Il  a fait particulièrement chaud ce dimanche alors que le vent n’était pas absent pour autant ! Grâce au ciel, le soir il faisait plus frais.

Lundi 29 avril.

Cela a un peu été la course car il fallait rendre la voiture de location et être présent au ponton de « Carenantilles » pour 9 heures.  Quatre techniciens devaient passer à bord !

Ce fut tout d’abord Marcus de « Caraïbe Marine » qui est venu remplacer notre groupe hydrophore (pompe à eau). Si le travail était assez simple, Marcus a perdu du temps à essayer de positionner le nouveau groupe sur ses attaches. Ensuite quand tout était en place … il n’y avait pas d’eau au robinet ! Après quelques balbutiements, il est parvenu à réamorcer le système.

Sur ces entre-faits, c’est Raymond de « Incidences » qui est revenu prendre des mesures pour la confection de notre nouveau prélart (taud de GV) .

En début d’après-midi, c’est Ludovic de « I.D.S. » qui s’est attelé (très gros travail) au démontage de notre GE en vue du remplacement du  joint défaillant du vilebrequin.

Mardi 30 avril.

Quand j’ai vu ce matin, Ludovic arriver au bateau, j’ai bien cru qu’il allait à un enterrement ! Le moins qu’on puisse en dire c’est qu’il ne ressentait aucun plaisir à continuer à désosser notre GE et il est vrai qu’il y a sué eau et sang pour y arriver avec beaucoup de méthode.

A l’heure de midi, il était pratiquement arrivé au joint défectueux mais en début d’après-midi, ce fut la douche froide lorsqu’il est apparu que le joint que nous avions en stock et bien que sa référence soit la bonne … était légèrement trop petit !!!! Si nous avions dû commander la pièce, cela aurait été la fin des haricots …

Par bonheur, Ludovic a trouvé le bon joint … chez Volvo Penta ! Restait alors à le changer et à commencer le remontage. Lorsqu’il a fallu lever l’arrière du GE pour le désolidariser de l’ensemble, son collègue  Romain est venu prêter main forte. Ces deux là forment une merveilleuse équipe.

En tout début de soirée, le GE avait retrouvé la forme même s’il fallait encore remonter quelques accessoires et tout le cocon isophonique.

Raymond de « Incidences » est venu nous livrer notre nouveau prélart de GV et Fred l’électricien est venu nous remplacer le fusible de nos feux de navigation conformément aux souhaits du fabriquant qui estime qu’il s’agit là d’un incontournable à la garantie de son produit.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Lundi 01 avril.

Nous avions constaté une concentration inhabituelle de grands yachts à moteur au « Marin ». Ann en avait déduit  qu’un transporteur de bateaux allait faire son apparition et ses suppositions s’avérèrent exactes . Le transporteur est arrivé hier soir et ce midi, tous les bateaux étaient déjà à bord ! On les retrouvera d’ici une quinzaine de jours … en Méditerranée.

Mais notre déplacement au « Marin » n’était pas justifié par notre simple curiosité mais parce que la pompe de cale de notre annexe ainsi que ses feux de navigation ne fonctionnaient plus ! Etrangement les deux phénomènes étaient liés … ce qui m’a fait penser à un fusible sauté.

Mais j’ai eu beau regarder de tous les côtés, je ne suis pas parvenu à trouver le fusible et avant de tout mettre en pièces détachées, nous avons appelé Jean-Marc qui nous avait été renseigné par « Clippers Ship », concessionnaire des annexes AB.

Finalement et comme je l’avais pensé un moment, il s’agissait bien d’un simple fusible sauté dont je connais désormais l’emplacement.

Le soir, nous avions Didier de « Laurence » à dîner.

Mardi 02 avril.

Au secours ! Les « nuisibles » sont de retour et nous encerclent petit à petit ! Au secours !

Après la molaire qui s’était désagrégée … ma pauvre épouse a  maintenant perdu la dent pivot de la dent voisine !! Ne souhaitant plus se rendre chez le dentiste de « Sainte Anne », un de ses confrères nous ayant été renseigné aux « 3 Ilets », Ann a loué une voiture pour s’y rendre. Nous aurions pu aller jusque là en bateau mais le mouillage y est loin d’être romantique !

Etant déjà sur la route, elle a poussé jusqu’au centre commercial de « Genipa » où elle a réalisé quelques courses d’avitaillement. Pendant ce temps là, j’étais seul à me morfondre sur le bateau … en écoutant  de sublimes morceaux de musique ! Mais chuuuuut.

Mercredi 03 avril.

Si nous avions projeté d’aller plonger, il faisait magnifique quoique un peu plus venteux, comme je suis du caractère à ne jamais remettre au lendemain ce qui peut être fait le jour même, je me suis attelé avec l’aide d’Ann, à la correction du bail locatif transmis par notre fille aînée et à l’élaboration d’une convention de résiliation amiable de bail. De quoi me projeter en mon ancien monde …

Après cette débauche incroyable d’énergie, nous nous sommes vautrés dans notre cockpit … vivement la pension ! L’année prochaine c’est la quille !

Le soir, nous avions à dîner Francki et Joséliade (« Joss »).

Jeudi 04 avril.

Comme nous manquons un peu de vie sociale, nous invitons périodiquement un technicien pour « garder le contact ». Aujourd’hui, c’est Fred, l’électricien, que nous avons convié et si de surcroît, il pouvait nous expliquer pourquoi nous avons eu droit ce matin, à une panne générale d’électricité (la seconde) nous aurons justifié pleinement notre besoin de « garder le contact ».

Après avoir ausculté notre installation électrique, le pronostique ne changea pas des fois précédentes : les coupe-batteries automatiques sont à remplacer. Manifestement, ils sont trop faibles et deviennent des « consommables » ! Généralement, ils ne tiennent pas plus d’une saison.

Et voilà encore une journée qui est passée comme un pet sur une toile cirée.

Vendredi  05 avril.

La météo n’était pas très engageante (nuageux et venteux) mais profitant d’une belle éclaircie, nous avons trouvé le courage d’aller plonger (-21.30 m – 58’ – 27°).

Notre escapade n’avait pas bien commencé avec l’envol d’un des tapis de protection dont nous nous servons pour protéger le cover de l’annexe alors que nous étions déjà enchaînés à la bouée ! Ceci  m’a contraint à me jeter à l’eau pour le récupérer. Si sous l’eau, il n’y a jamais de problème, le quarante mètres nage en surface n’est tout simplement plus de mon âge ! Cela m’a vidé plus de 30 bars de ma bouteille …

Magnifique plongée comme à chaque fois avec pour particularités : un petit poisson traînant derrière lui, un fil de pêche (j’ai bien essayé de l’en débarrasser mais il m’a glissé entre les doigts), un gros barracuda qui m’a frôlé sans que je ne m’en rende compte et une plongée écourtée parce qu’au détour d’un tournant, nous nous sommes trouvés face à une sorte de mur de brouillard (la visibilité était quasi nulle).

Sur le retour, nous n’avons plus retrouvé qu’une seule langouste sur les quatre que nous avions vues à la base de l’ancrage, quelques jours plus tôt !!  Ce n’est pas la première fois que des langoustes disparaissent entre deux plongées mais nous avons sans doute eu aujourd’hui la réponse à nos questionnements.

En remontant sur notre annexe, nous avons relevé la présence d’une autre annexe dont les propriétaires français (un couple au demeurant très sympa) ont fait surface peu de temps après nous. Bien qu‘équipés tous deux de bouteilles, Monsieur tenait à la main, un harpon …

En milieu d’après-midi, nous avions droit à l’arrivée du petit frère de « S.A.S.³ ». Le petit frère s’appelle « State of Grace » et mesure 39.40 m …

Comme il s’est ancré parallèlement à nous, nous avons été en mesure de l’observer tout à loisir et nous avons bien ri lorsque nous avons vu la famille de guests  jeter dans l’eau, de gros appâts ! Sur le coup, nous n’avions pas compris mais en voyant sur internet, des photos du bateau, nous avons compris qu’il s’agissait de  «pêche au gros » …

Une fois que les guests se sont lassés d’attendre la grosse prise qui ne risquait pas de se pointer … l’équipage a été de corvée pour nettoyer avec la dernière énergie, les taches que les appâts avaient laissées sur le pont  en teck !

Samedi  06 avril.

Aux petites heures du matin (10.30 heures), nous avons été réveillés par un voilier qui manifestement avait pris « S.A.S.³ » pour un rond-point ! Intrigués par ce manège, nous sommes sortis dans le cockpit tandis qu’une personne sur l’autre voilier, nous faisait des grands signes d’amitié !!!

Comment aurions nous pu imaginer un seul instant qu’il s’agissait de Christian de « Anneka One » (Garcia 75’) dont nous avions fait la connaissance lorsque nous étions tombés amoureux de son « Anneka »(Garcia 62’) qui  a servi de modèle à la construction de « S.A.S.³ » !

« La S.A.S.- S.M. à l’écoute … Que pouvons-nous faire pour vous ?  …Une annexe en perdition, vous dites  ! Nous sautons dans notre embarcation légère et nous vous la ramenons dans le quart d’heure ».

Voilà bien une conversation que nous aurions pu avoir aujourd’hui. Tout a commencé par une annexe qui me semblait déraper au loin puis par une autre annexe qui, elle, manifestement dérivait et enfin, par l’annexe de notre voisin australien qui prenait librement le large …

C’est le second incident qui nous a poussés à réagir en mettant « en mode commando » (c’est à peine si nous n’avons pas coupé les élingues pour aller encore plus vite …) notre annexe à l’eau. Dans un rugissement de moteur, nous sommes partis à la poursuite de la fuyarde. Je me voyais bien dans la peau du Chevalier servant partant défendre la veuve et l’orphelin sauf qu’encore un peu, nous privions un pauvre snorkeleur de son seul moyen de locomotion pour revenir sur la terre ferme …

Même si nous avions échoué lamentablement la première fois, nous avons eu beaucoup de chance que notre annexe soit encore à l’eau lorsque l’annexe de notre voisin australien, « Ta » (Océanis 41’), partit en ballade. Le plus amusant reste que nous étions trois (!) bateaux à nous en être rendu compte en même temps tandis que son propriétaire écoutait de la musique à l’intérieur de son bateau tellement fort que nous avons eu toutes les peines du monde à l’en faire sortir !

Lors de ce sauvetage, la seule obsession d’Ann fut que l’on n’arrive pas les premiers sur place …

Dimanche 07 avril.

Très belle journée quoi que un peu venteuse. Ann aurait eu envie d’aller plonger mais je le sentais moyennement en sorte que nous sommes restés farniente sur le bateau.

Visite de courtoisie surprise de Dirk de « Kythera » (Amel 54’) qui en fait, était présent sur le mouillage depuis quelques jours alors que nous l’ignorions ! Dirk se prépare à traverser en solitaire, l’Atlantique nord … Il n’en est pas à son coup d’essai mais à sa cinquième traversée sauf erreur de ma part. Il fait partie de cette catégorie de plaisanciers qui ne font pas un tour du monde mais passent leur temps à traverser l’Atlantique dans un sens et puis l’autre. Nous avions fait sa connaissance à « Lanzarote » (Canaries).

Lundi 08 avril.

Alors qu’on le pensait en mer, Christian de « Anneka One » est venu avec son ami Marcel, nous faire une petite visite de courtoisie.

Après leur visite et malgré que la matinée aie déjà touché à sa fin, nous avons décidé d’aller plonger tellement les conditions météo étaient idéales : mer calme, soleil et petit vent.

Nous nous sommes équipés et avant de rejoindre notre spot de plongée, nous avons fait un petit crochet par le voilier de Marcel ancré tout à côté, pour leur dire un dernier « au revoir ». En remettant les gaz, nous avons eu droit à de drôles de hoquets en provenance de notre moteur d’annexe !!!!

Directement, nous nous sommes dirigés vers « S.A.S.³ » avant de nous faire emporter par le courant. La catastrophe … Qu’allions nous faire si notre moteur d’annexe commençait à déconner ? Après examen, nous n’avons rien trouvé d’inquiétant et conclu que le moteur avait aspiré une crasse qu’il avait recrachée entre-temps  …

Après quelques essais pour nous rassurer que notre moteur d’annexe avait retrouvé toutes ses couleurs, nous sommes partis plonger à notre spot habituel car il y a beaucoup plus de passage à cet endroit au cas où …

Plongée exceptionnelle (-23m – 57’ – 26°) malgré une visibilité qui se limitait à quelques mètres ! C’est en voulant trouver un peu de profondeur que je me suis éloigné du (tombant) et que je suis tombé nez-à-nez avec un banc d’une dizaine d’individus, de Tarpons ! Généralement,  c’est la nuit que je les vois à l’arrière du bateau lorsque je gonfle nos bouteilles mais en plongée, il s’agit d’une première en « Martinique ».L’animal est assez impressionnant et de loin, se confond avec le requin en raison de sa taille. De près, il n’y a pas la moindre ressemblance et reste très reconnaissable.

Lors de notre retour au bateau, nous avons encore eu quelques palpitations cardiaques lorsque le moteur d’annexe s’est arrêté sans raison !! En fait, j’avais oublié de relever un bout que nous laissons pendre à l’arrière de l’annexe lorsque nous sommes en plongée, pour attacher le matériel au cas où nous devrions remonter dans l’annexe, en catastrophe. Le bout s’était pris dans l’hélice lorsque j’ai ralenti …

Mardi 09 avril.

Le temps idéale  pour faire un petit tour en mer mais … nous sommes restés sur place comme des gros fainéants que nous sommes. On est tellement bien …

Le mouillage se clairseme de plus en plus et ce n’est que du bonheur. De moins en moins, nous avons de problèmes de proximité et par bonheur, nos voisins australiens sont partis en cours de matinée. Ils étaient quand même un peu trop proches à notre goût …

Avec l’expérience, je constate que les plaisanciers se classent en plusieurs catégories :

Les « pitons » qui pitonnent toute l’année sur place, sans jamais bouger. Leurs bateaux prennent vite l’allure d’épaves flottantes.

Les « crampons » qui comme nous, passent des mois sur le mouillage en ne bougeant qu’épisodiquement. Pour la période cyclonique, les crampons migrent le plus souvent vers le sud.

Les « voyageurs du dimanche » sont ceux qui pensent échapper à la catégorie des « crampons » en allant passer quelques jours en d’autres mouillages mais au finale, ils ne peuvent échapper à l’attraction de la baie « Sainte Anne ».

Les « indécis » qui passent le plus clair de leur temps à passer de la baie « Sainte Anne » au « Marin » et vice et versa. On ne sait jamais s’ils parviendront un jour à se décider pour l’un ou l’autre mouillage.

Les « hyperkinétiques » qui ne passent qu’au maximum, une nuit sur place avant d’aller voir plus loin si l’herbe n’y est pas plus verte. Rien ne les arrête et il faut toujours qu’ils soient en mouvement.

Enfin, les « touristes » qui ne font que passer après avoir pris en main, leur voilier de location et que l’on revoit huit ou quinze jours plus tard juste avant de restituer leur bateau.  Ce sont de loin les plus dangereux car ils n’ont souvent qu’une expérience de navigation très limitée et en tout état de cause, personne à bord ne se préoccupe jamais du bateau.

Mercredi  10 avril.

Anniversaire d’Ann ! Eh oui, si vous l’avez oublié et bien … c’est trop tard pour le lui souhaiter.

Comme mon épouse est en « mode plongée » depuis quelques temps, il aurait été normal que nous allions plonger mais la météo était pour le moins assez déroutante :  ciel gris sans la moindre éclaircie mais c’est surtout le vent qui jouait de caprices ! Pendant plus d’une demi-heure nous avions droit à un vent à décorner un bœuf suivi d’une belle période d’accalmie et puis le vent remettait le couvert. A chaque fois évidemment, le plan d’eau se transformait en bouilloire. Nous sommes donc restés prudemment sur le bateau.

Comme en cours d’après-midi, nous avons eu droit à un vent enfin calmé, nous avons mis l’annexe à l’eau pour porter nos poubelles. L’envie d’aller manger des accras chez « Martine » s’était évanouie entre-temps  … quant au restaurant choisi, les « Pirates » de la « Anse Mitan, il était fermé !

Jeudi  11 avril.

Une météo très cra-cra qui vous cloue plus souvent à l’intérieur de votre bateau qu’autre chose. Joie. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous avons connu une accalmie toute relative.

Si cela fait depuis quelques temps que nous jouissons d’une tranquillité, elle aussi toute relative, un connard de compatriote, « Blue Marine » (Super Maramu – Amel),  a traversé l’Atlantique pour avoir le plaisir de nous emmerder en venant planter son ancre juste devant notre étrave !!!!!!! Selon nos informations, il vient juste de traverser …

Notez que quand je l’ai vu arriver sur notre arrière, à l’allure d’un escargot asthmatique, j’ai senti  qu’il allait s’arrêter juste devant notre étrave. Encore un peu et il couvrait notre orin ce qui nous aurait permis de gueuler mais là c’est juste « limite, limite » Il me tape tellement sur les nerfs que s’il doit s’incruster, j’ai bien l’intention de changer d’emplacement.

Vendredi  12 avril.

Vu la météo maussade, nous avions renoncé à aller plonger mais une bonne heure plus tard, le ciel s’est découvert et nous avons sauté sur l’occasion pour aller plonger (-28.70 m – 52’ – 26°) … au « P’tit Mur » ! Ce n’est pas tous les jours que nous allons de ce côté là mais j’en avais envie et Ann ne s’y est pas opposée.

Sur place, un petit pêche-promenade était attaché à la grosse bouée du « Club Med » !! Une personne était restée à bord  tandis que trois « locaux » étaient partis à la pêche au harpon. Même si nous nous sommes amarrés à notre bouée habituelle située un peu plus loin, je n’ai pu effacer de mes préoccupations que d’une part, je ne tenais pas à servir de cible et que d’autre part, je ne tenais pas non plus à leur indiquer où créchaient nos copains … 

Une fois sous l’eau, nous ne les avons plus vus et un quart d’heure plus tard, nous avons entendu très distinctement le boucan de leur moteur hors-bord.

Pour une raison que j’ignore alors que notre vitesse de progression était toujours aussi lente, nous avons été beaucoup plus loin que nous n’en avions l’habitude en sorte que nous sommes tombés sur un paysage totalement déconcertant ! Nous devions être arrivés à la fin du « mur » qui se prolonge par une sorte de plateau. Si c’était dépaysant, la question qui demeurait, restait de savoir si nous ne risquions pas de nous perdre sur cette immensité …

Ann n’était manifestement pas très à l’aise et comme elle a une confiance aveugle en mes compétences, elle a « induit » le moment de faire demi-tour …

Superbe plongée qui nous a fait comprendre que nous étions encore très loin d’avoir tout vu ! Les saisons précédentes, j’étais plus enclin à partir à la découverte de nouveaux spots de plongée mais cette année …

Le soir, nous pensions aller dîner aux « Pirates » mais depuis ce mercredi où nous les avions eu en ligne, ils ont décidé de ne plus ouvrir que le midi … En finale, nous avons été manger des acras chez « Martine » et nous sommes rentrés au bateau suffisamment tôt pour regarder le JT et « Khoh-Lanta ».

Samedi  13 avril.

Plus question de remettre encore au lendemain, les courses d’avitaillement. Aussi après ma petite natation quotidienne où j’ai eu le bonheur d’observer une fois de plus, ma « raie aigle » (envergure d’un mètre à un mètre cinquante) évoluer sur le fond, nous sommes partis au « Leader Price » du « Marin ».

Le soir, nous avions à l’apéro, Thiery & Françoise de « Symi » (F). En fait, nous avons fait leur connaissance en cette occasion pour découvrir que le courant passait très bien entre nous au point que nous avons passé six heures à bavarder !

Dimanche 14 avril.

Nous avions convenu la veille, que nous irions plonger (-20.60 m – 61’ – 26°) ensemble à la bouée du « Club Med ». Bien qu’ils soient tous les deux plongeurs expérimentés, ils n’avaient pas encore eu l’occasion d’aller plonger à la baie « Sainte Anne ». Ce fut donc une découverte pour eux et un bonheur pour nous de leur faire partager ce spot de plongée que nous finissons par connaître un peu … En ce domaine également, nous sommes sur la même longueur d’onde ce qui s’explique sans doute, par un nombre équivalent de plongées !

Nous n’avons – évidemment – pas eu l’occasion de leur montrer notre bande de copains habituels mais par chance, nous avons quand même pu leur montrer une murène, deux tourteaux et quatre langoustes dans le même trou. Ouf, notre honneur était sauf.

Lundi  15 avril.

Belle météo quoique venteuse mais on ne peut pas tout avoir ! Nous étions invités à déjeuner  bord de « Symi » en sorte que nous avons passé une grande partie de l’après-midi en compagnie de Thierry & Françoise et que nous n’avons rien fait d’autre de notre journée.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Vendredi  15 mars.

Nous avions décidé qu’il s’agirait d’une journée calme bien que nous ayons été contraints d’aller au « Marin » pour des courses d’avitaillement.

Un peu avant de partir, nous voyons débouler trois Oyster « Meteorite » (65’-GB) « Sea Flute » (56’-GB) et « Altaïr » (47’-USA) arborant un pavillon de rallye autour du monde en deux ans, comportant … 31 participants !! Au secours …

Au retour de nos courses, nous avions un voilier néozélandais à l’exacte place où un crétin de voilier hollandais  avait jeté l’ancre la veille … et pourtant le mouillage est immense, très, très clairsemé, nous sommes assez loin du quai de « Sainte Anne », en plein fetch et vent,  et de surcroît, à l’extrême périphérie de tous les bateaux. Alors pourquoi mais pourquoi vouloir venir se coller à nous ???

Profitant que quelqu’un pointait enfin son minois dans le cockpit du voilier néo-zélandais, par signes, Ann a fait comprendre qu’ils étaient trop près et contre toutes attentes, une quinzaine de minutes plus tard, ils allaient jeter l’ancre plus loin ! Youpiiiiiiiie. Comme quoi il ne faut jamais désespérer de l’humanité.

Le soir, nous étions invités par Didier de « Laurence » aux « Pirates » situés à la « Anse Caritan ». L’endroit est spacieux et sympa, le quai à annexes est pratique, le service impeccable et nous avons divinement bien mangé. Petit bémol : la carte n’est pas très étoffée.

Samedi  16 mars.

Ce matin, nous avons vu arriver un gros Zodiac tout neuf, 60 CV, trois martiniquais à bord (deux femmes et un homme d’âges respectables) qui ont tourné autour du bateau. Rien de très extraordinaire en cela, nous sommes habitués aux admirateurs. Une des dames s’adresse à moi (sans doute pour me demander des renseignements sur notre bateau)  mais avec le vent qui souffle plus fort que hier, je ne comprends pas ce qu’elle essaie de me dire. Je descends donc sur la jupe arrière pour que le Zodiac puisse se rapprocher de nous sans abîmer notre coque. En fait, la dame souhaitait me remettre un dépliant publicitaire …

Là dessus, j’entends Ann qui se marre comme une baleine derrière moi car elle avait compris qu’il s’agissait de surcroît, de … témoins de Jehovah !!!! Même à des milliers de kilomètres, ils parviennent encore à venir nous emmerder … avec beaucoup de gentillesse et de courage, faut-il le reconnaître.

Le soir, nous avions un catamaran espagnol « Bonzo »  (« sur le départ pour un tour du monde » … c’est très, très à la mode ces derniers temps … c’est « tendance » diraient certains) qui venait jeter l’ancre trop près sur notre bâbord. Ann a bien essayé de les faire partir mais ou le skipper était particulièrement con (hypothèse à ne pas écarter trop rapidement) ou il a joué à la perfection, le con parfait. En tout état de cause, il n’a pas bougé mais le lendemain matin, il avait quitté notre horizon déjà bouché.

Dimanche 17 mars.

Cela souffle plutôt pas mal ce qui n’empêche pas le plan d’eau d’être assez animé. « Sea Flute » et « Altaïr » en profitent pour partir tandis que deux autres Oyster feront leur apparition en cours de journée :  « True Blue » (66’ – GB) et « Red Cat » (62’ – D).

D’après les blogs que nous avons pu consulter, beaucoup de  ces Oyster font  l’objet d’une copropriété et ils ont tourné autour du monde avec quatre voire cinq personnes à bord ! Je me pose sérieusement la question de savoir si leur mérite réside en le fait d’avoir fait le tour du monde ou de ne pas s’être entre-tué au cours de ce tour du monde …

En fin de matinée, nous aurons l’immense plaisir d’assister au départ de « Vela ».Un  crétin de catamaran allemand qui nous bouchait notre horizon depuis trop longtemps.

Malgré les vagues, nous avons été plonger (-21,30m – 55’ – 26°) à la bouée du « Club Med » qui était nettement plus agitée que la dernière fois ! J’ai d’ailleurs, trouvé la visibilité particulièrement mauvaise cette fois-ci. Ceci ne nous pas empêché pour autant de savourer cette plongée comme toutes les autres.

A ceux qui s’étonneraient que nous allions plonger chaque fois au même endroit, je leur répondrai simplement … Alzheimer.

Lundi  18 mars.

Comme chaque lundi, quelqu’un avait enlevé la bonde de l’évier et dans le mouvement, les Oyster « Red Cat » et « Meteorite » ont levé l’ancre.

Superbe journée au point que j’ai regretté de nous être privés d’un petit tour en mer comme la fois passée mais bien évidemment, nous nous sommes levés bien trop tard …

Au cinquième ou sixième passage, je ne sais plus exactement, Ann est sortie de ses gonds à l’égard d’un Bavaria 41’, « Miaw », loué par l’école de voile de la Trinité, qui traversait à la voile, dans un sens et puis dans l’autre,  le mouillage. Nous étions devenus leur bouée de régate …

Cela les amusait beaucoup de nous frôler sur tous les bords mais comme il s’agissait  de débutants, il ne fallait pas être grand prophète pour voir qu’à un moment ou un autre, ils rateraient leur manœuvre et nous rentreraient dedans ! Aussi comme le coup de gueule d’Ann n’avait pas suffi, nous avons envoyé un mail à la société de location du voilier … efficace car depuis lors, ils n’ont plus osé s’approcher de nous.

Chaque jour, j’essaie de profiter de cette superbe immensité d’eau, pour faire quelques brasses. Si la visibilité était aujourd’hui, exécrable, j’ai pu voir notre copain « Toto » (le barracuda) se tenir tout près de notre quille. Il n’est pas tous les jours là mais bien souvent.

Mardi  19 mars.

Si la journée avait bien débuté avec un ciel bleu et un petit vent agréable, cela s’est dégradé au cours de l’après-midi au point de nous faire douter de notre envie de faire un petit tour en mer le lendemain comme prévu …

Nous avons connu quelques moments difficiles lorsque nous avons eu l’impression que le mouillage était pris d’assaut par un grand nombre de « nuisibles » mais par bonheur, aucun n’est venu jeter l’ancre trop près de nous et surtout, le mouvement s’est calmé de manière aussi abrupte qu’il avait débuté !

Le pire moment de tension en ces cas là, est lorsqu’ils approchent avec une lenteur d’escargot et que vous voyez quelqu’un à l’étrave, prêt à lâcher l’ancre. Notre rythme cardiaque s’emballe alors et nous prions … « avance », « mais avance donc, crétin », « par pitié, avance encore un peu ».

Arrivée discrète de « Oyster Blew » (56’ – GB)  faisant également partie du rallye Oyster.

Comme il fallait faire tourner le moteur de l’annexe (pour éviter que le sel ne se cristallise dans les conduites d’eau de mer), nous l’avons mise à l’eau avec pour objectif de déposer les poubelles et d’essayer une nouvelle fois, de faire un coucou à nos amis Franki & Josse de « Monoï ».

Par chance, ils étaient à bord et nous avons ainsi pu visiter leur catamaran (Lagoon 47’). Comme tous les propriétaires d’un bateau, ils connaissent des problèmes techniques mais leur moral semble être au beau fixe et ils espèrent pouvoir reprendre le charter d’ici quelques temps.

Mercredi  20 mars.

Eh non, nous ne sommes pas partis en mer ! La météo n’annonçait rien de très extraordinaire et déjà la veille au soir, nous avions pris la décision de ne pas nous réveiller plus tôt que d’habitude … condition sine qua non pour Ann pour faire un tour en mer !

Nous n’aurons pas eu l’occasion de nous pencher sur le cas de « Oyster Blew » qu’il était déjà reparti … à l’image de son tour du monde en deux ans !! Etonnamment, nous avons trouvé qu’il ressemblait beaucoup plus à « S.A.S.³ » que les autres Oyster !

Jeudi  21 mars.

Journée courses au « Marin » sous un ciel menaçant. Sur le retour, nous n’avons d’ailleurs, pas pu éviter un petit grain. Il fait réellement cra-cra !

Nous avons vu Didier de « Laurence » qui est actuellement au « Marin » pour divers petits travaux.

Vendredi  22 mars.

Ann avait rendez-vous à 15.15 heures avec le dentiste de « Sainte Anne » à la suite de la brisure d’une de ses molaires. La dent se désagrégeait tellement que la seule solution fut de l’arracher ! Selon Ann, ce n’est ni un doux, ni un tendre. Nous espérons qu’au moins son diagnostique était exact et qu’il n’y avait rien d’autre à faire …

De retour à bord, Ann n’a eu d’autre choix que de se mettre au lit en espérant que la douleur allait s’atténuer. Joie.

Samedi 23 mars.

Avec ce qu’Ann avait enduré, il ne fut évidemment question que de farniente. Il faisait très beau.

Dimanche 24 mars.

Journée très cra-cra avec une succession sans fin de grains. « Tout le monde aux abris » était la consigne du jour.

Lundi 25 mars.

C’est décidé, nous allons changer le nom du bateau ! Nous allons dorénavant l’appeler … « au bon repos ». Ce nom lui correspond tellement bien qu’effectivement, si nous n’y prenons pas garde, nous resterions cloîtrés à bord. Mais bon, nous devons penser à évacuer les poubelles …

Journée de courses et d’avitaillement : notre jardin potager a un rendement extrêmement faible …

Mardi 26 mars.

Comme hier et les jours précédents, les débuts de journée sont souvent très venteux et cela s’adoucit en cours de journée. En ce début de soirée, il fait paisible et cela fait énormément de bien. Je déteste le vent même si parfois, je l’appelle de tous mes vœux pour faire avancer le bateau ou pour faire baisser les températures.

Qu’il  y aie du vent ou pas, rien ne semble arrêter les clubs de plongée locaux de faire le plein ! En comparaison lorsque nous voulons plonger en Mer du Nord, il faut s’inscrire à trois ou quatre sorties pour avoir la chance de pouvoir plonger ! Les inscriptions se prennent des mois à l’avance et le plus souvent, la sortie est annulée à cause du vent.  Le problème ne réside pas tant dans la mise à l’eau des plongeurs mais bien dans leur récupération …

En ce qui nous concerne, il est certain que nous plongerions plus souvent si les conditions météo étaient plus « agréables » … trop de vent ne donne pas spécialement envie de sortir tout le matos. Et pourtant, lorsque nous passons outre comme en ce jour, nous ne le regrettons jamais d’autant que le temps de plonger et le plus souvent, la mer est plus malléable à la sortie de l’eau !

Nous comptions aller plonger à la bouée du « Club Med » mais comme notre bouée était déjà occupée par un autre bateau de plongée, nous avons décidé à la dernière minute, d’aller plonger (-28 m – 57’ – 26°) au « Grand Mur » nettement plus exposé au vent et à la houle.

Nous sommes partis « épaule gauche » et mon Dieu, quelle plongée !! Ok, nous n’avons pas vu nos copains habituels mais un cousin à « Toto » qui était en embuscade ainsi qu’une serpentine dorée toute mignonne. C’est surtout le cadre qui était splendide et fort différent des autres spots de plongée. Mais attention aux courants très, très locaux qui peuvent réellement déboussoler le plongeur non averti.

La visibilité était bien meilleure que lors de notre dernière plongée et cela a certainement contribué à l’excellence de notre sortie.

Arrivée de « Venture », Oyster 53’ américain faisant partie du rallye autour du monde … c’est le 7è participant à jeter l’ancre en « Martinique ». Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup d’autres car même s’ils étaient nombreux sur la ligne de départ (31 candidats), ils sont généralement nettement moins nombreux à l’arrivée …

Mercredi 27 mars.

Quand nous nous sommes réveillés, le bateau roulait. A l’heure du midi, il roulait. Durant tout l’après-midi, il a roulé et le soir, les mouvements de balancier se sont encore accentués ! Horrible et terriblement exaspérant. C’est surtout quand on est dans le carré que le roulis se fait le plus ressentir.

Et tout cela à cause d’un vent plutôt faible de sud ! Le bateau se met alors perpendiculaire à la houle et la force du vent n’empêche pas la houle du large de rentrer dans la baie. Et pour notre malheur, cela devrait être ainsi jusqu’à la fin  de la semaine …

« Venture » n’aura fait qu’une apparition puisque ce matin, il était parti. L’arrivée du rallye est prévue à « Antigua » en avril 2019, sans autre précision.

Jeudi 28 mars.

Ce matin, on aurait pu croire que le roulis avait disparu ou du moins, qu’il s’était nettement  atténué car le vent avait repris quelques vigueurs mais en cours d’après-midi, le vent est retombé …

Depuis quelques temps déjà, nous avons de temps en temps droit à des journées de « grand calme » sur le mouillage ! Parfaitement inexplicable, cela correspond généralement à des vents plus faibles. On pourrait même penser que plus le vent est fort et plus cela pousse les plaisanciers à se déplacer !!!

Nous n’avons pas déroger à la règle en profitant d’une seconde journée de farniente très agréable.

Vendredi 29 mars.

Comme j’avais rincé la veille, à l’eau douce, le moteur de l’annexe, il n’y avait aucune raison impérieuse de mettre l’annexe à l’eau … nous en avons profité pour une journée de farniente supplémentaire !

Si le soleil a été de la partie toute la journée, nous avons continué de rouler dans tous les sens …

Samedi 30mars.

Quatrième jour de roulis … le pied ! Je commence à en avoir plus que ras-le-bol. La journée, bien calés dans notre vaste cockpit, cela reste supportable mais en soirée … L’idée d’aller au « Marin » faire quelques courses, fut donc bien accueillie.

Le soir, nous étions invités sur « Laurence » à prendre l’apéro et à manger une délicieuse pizza. Tous les week-ends, nous avons un catamaran « pizzaiolo »  qui vient jeter l’ancre dans la baie.

Dimanche 31 mars.

Cinquième et on l’espère, dernier jour de roulis ! Grâce au ciel, nous connaissons de temps à autres, une petite période de répit. Il n’empêche que  je ne me rappelle pas avoir connu un phénomène aussi long à la baie « Sainte Anne ».

L’envers de la médaille est que nous connaissons un temps très sec et généralement bien ensoleillé. Au finale, je ne sais pas ce que je préfère entre un temps plus humide et venteux mais sans roulis et un temps plus sec et moins venteux mais avec roulis !

Comme toujours, au réveil, je n’ai qu’une seule envie : farniente encore et toujours. Mais bon, il faut de temps en temps se bouger un peu le cul … aussi, nous avons été plonger (-22.40 m – 58’ – 27°) à notre spot habituel.

Nous avons eu la chance de voir nos copains habituels (murènes, tourteaux, langoustes) mais également deux « calmars de récif » en pleine eau. Une première …  sans doute parce que nous avons en permanence notre nez sur le fond.

Lundi 01 avril.

Nous avons décidé de repartir pour un nouveau tour du monde. Nous espérons passer le canal de « Panama » pour la mi-avril. Nous ne rentrerons donc  pas cette année en Belgique !

Pour fêter l’événement, nous avons décidé de manger du poisson, au dîner du soir.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

 

Older Posts »

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :