Publié par : Ann & Stéphane | 29 novembre 2017

20 au 26.11.2017: Trinidad – Martinique: 247 milles.

Lundi 20.

Faire ou ne pas faire ? … telle était LA grande question du jour tant il y avait à s’occuper. Pourtant, très sagement, nous avons opté pour demeurer au calme …  le temps de nous acclimater à des températures auxquelles nous ne sommes plus habitués (c’était cela ou se rendre malade). Nous avons donc regardé les autres travailler, Ann passant le plus clair de son temps, à courir derrière tout le monde. Nous pensions que le bateau serait prêt à naviguer lors de notre arrivée mais, en finale, nous n’en étions pas si loin.

Si divers petits problèmes pointaient déjà  le bout du nez, nous étions conscients qu’il fallait attendre la mise à l’eau pour en apprécier l’exacte étendue. La journée fut donc sans grosses déconvenues.

Le soir, nous prenions l’apéro au restaurant, avec Phil & Norma de « Minnie B ». Les pauvres en ont encore pour plus de 3 semaines de travaux de peinture qu’ils réalisent eux-mêmes.

Mardi  21.

Incroyable le travail qui peut être abattu en un jour et demi quand on veut bien s‘y mettre : Mary s’est particulièrement  illustrée en redonnant à notre intérieur, toute sa chaleur de vivre. Le travail était à ce point conséquent que nous n’avons réellement réintégré le bateau qu’une fois son nettoyage terminé … que dis-je, sa désinfection terminée ! En notre absence, nous avons eu droit à une véritable invasion de charançons.

Du côté des extérieurs, Cowby, surnommé « la mafia » en raison d’un passé turbulent, s’était attelé la veille, à donner à notre pont en teck, une autre tronche que celle d’un enterrement et les hommes du chantier Peake ont fait de leur mieux pour redonner un peu d’éclat à leur polishing qui datait déjà d’un mois (problème de communication entre le chantier et nous). Le résultat n’est malheureusement pas à la hauteur de ce que nous avons connu à Curaçao.

La coque sous-marine n’est pas aussi belle que je l’aurais souhaité mais chaque année, c’est le même triste constat : pas moyen d’obtenir du chantier un ponçage impeccable en raison des trop nombreuses pattes de ber qui soutiennent le bateau. Par contre, nous sommes repassés à un antifouling blanc.

La ligne de flottaison a été remontée d’une quinzaine de centimètres (cela fait depuis plus de 7 ans que j’attends ce moment) … ce qui a nécessité de rehausser du même coup, la ligne décorative. Enfin, la pose d’une nouvelle ligne dorée un peu en-dessous du liston et un nouveau lettrage, ont également contribué à redonner un peu lustre à une peinture de coque qui a ses années.

Nous devions, en principe, partir à l’eau pour 14 heures mais, en finale, nous y étions pour 16 heures en raison d’une marée jugée peu opportune pour la mise à l’eau d’un grand bateau selon le chantier : trop de courant !

A notre emplacement (le même que celui en juin), j’ai bien essayé de rentrer en marche arrière mais à la dernière minute, j’ai été contraint de remettre les gaz en marche avant en raison d’un courant latéral plus violent que prévu. Dommage car le bateau aurait été mieux disposé au vent et aux vagues.

A peine amarré, Ann partait, toujours sous une pluie fine,  chercher l’annexe que la grue du chantier avait mise à l’eau juste après « S.A.S.³ ».

Nous avions espéré une soirée tranquille devant la télévision mais bien entendu, le mauvais sort en décida autrement : notre abonnement à Canal+ est arrivé prématurément à expiration et impossible de les atteindre autrement que par E-mail ! En finale, nous devrons attendre notre retour sur la Martinique pour solutionner le problème !

Et si ce n’était que cela … en changeant de clavier d’ordinateur, je me trompais dans les clefs USB et du même coup, plus moyen d’avoir accès à notre monitoring et à notre jauge de diesel !!! Nous avons passé quelques heures de réel plaisir accentué par la fatigue, avant de comprendre …

Mais le pompon fut atteint lorsqu’Ann a voulu remplir d’eau le WC électrique Tecma de notre cabine car l’électrovanne s’est bloquée en position ouverte … ce qui nous valu une très belle inondation : plus moyen d’arrêter cette saleté ! En finale, c’est en coupant la pompe d’eau générale que nous sommes parvenus à garder la tête hors de l’eau.

Qui dit plus de pompe d’eau générale … dit plus une goutte d’eau dans tout le bateau ! Je ne vous raconte pas la nuit que nous avons passée d’autant que les sanitaires de la marina ne nous étaient pas accessibles par manque du passe magnétique ! Depuis que nous en avons un, je relève que les portes des sanitaires ne sont jamais bien fermées …

Mercredi  22.

Ce matin, nous en avons profité qu’il n’y avait pas un gramme de vent pour hisser notre génois et notre trinquette sur leurs enrouleurs respectifs. Ensuite, les visites de techniciens se sont succédées : nous avons encore un problème de fuite de diesel au niveau du groupe.

Mais bon, le moral est meilleur que hier et tout commence à retrouver son chemin. Nous aurions bien aimé partir demain en raison d’une météo favorable mais manifestement, nous ne sommes pas encore prêts.

Le soir, nous prenions l’apéro à bord de « Manea » de Michel & Françoise. Nous venons de faire brièvement leur connaissance par le biais de « Asabranca ».

Jeudi  23.

Manifestement chaque jour qui passe, nous ramène vers la « normalité » : nous nous sentons physiquement de mieux en mieux en phase avec l’endroit. Il est frappant de relever que les températures commencent à fléchir à partir de 17 heures pour être très agréables au lever du jour. Par contre, en milieu de journée, c’est le cagnard !

Tandis qu’Ann empruntait le gros 4×4 de Mark de Dynamite Marine pour réaliser le premier avitaillement depuis notre retour, je m’attaquais au nettoyage à grandes eaux, du cockpit. Contrairement à ce que nous avions entendu, il n’est pas impossible de faire un avitaillement à « Trinidad » même s’il ne s’agit pas de l’endroit idéal.

A notre plus grande surprise, le mécanicien passait en début d’après-midi pour changer les joints des injecteurs du GE responsables selon lui, de notre fuite.

L’après-midi, nous poursuivions nos nettoyages d’extérieur avec l’aide de Cowby. Nous n’en finissons pas de nettoyer …

Le soir, nous étions fins morts, crevés.

Vendredi  24.

Nous sommes toujours à la marina « Peake » où sans nous plaire véritablement, nous en apprécions malgré tout le confort (les sanitaires sont particulièrement sympas) et un certain calme ! En juin, nous avions été ahuris par la densité du trafic des petits bateaux passant toujours à fond les manettes et provoquant du même coup, de monstr ueuses vagues. Mais depuis que nous sommes là, le trafic est étonnamment assez calme. En revanche, pour la seconde fois, nous avons droit à un voisin plutôt encombrant …

Nous avions Phil & Norma de « Minnie B » à l’apéro du soir. Nous avions  convié Mark de « Dynamite Marine » mais il devait réceptionner une nouvelle cargaison de bois pour sa nouvelle construction et ne savait donc pas venir.

Comme nous l’avons dit à Mark et au « chantier Peake », nous sommes assez contents de leurs services même si nous espérons gommer l’année prochaine, certaines petites difficultés de communication comme la transmission des factures (toujours assez conséquentes …) sans attendre la veille de notre départ.

Samedi 25.

Bien entendu que j’aurais mieux fait de me taire puisque les imbéciles de tout poil étaient de sortie ce samedi … une vraie plaie ! Pour le surplus, nous n’avions plus qu’à attendre 14 heures pour nous mettre en route : nous ne pouvions partir trop tôt sous risque de nous retrouver de l’autre côté … de nuit. Eh oui, c’est LE grand jour avec une météo fort clémente annoncée et confirmée.

A l’heure précise, aidés par Phil & Norma, nous avons quitté notre emplacement pour aller prendre du diesel (922 litres à 0,77 €/litre) au superbe ponton à essence de « Power Boat ». Contre toute attente, nous n’avons pas dû attendre car il est possible de s’amarrer des deux côtés du long quai érigé perpendiculairement au rivage sur un fond de -7m. Toute l’opération nous a pris une heure !

Alors que nous avions souvenir qu’il nous faudrait près de 2 heures pour sortir des différentes  baies et rejoindre la haute mer, il ne nous aura fallu que la moitié du temps, GV hissée arrisée à  deux ris !

Avec le vent dans le pif, nous n’avons pas eu d’autre choix que de marcher au moteur mais dès que nous avons atteint les plates-formes pétrolières, nous avons pu abattre et éteindre le moteur : 50° du lit du vent et un vent réel tournant autour des 13 nœuds. Vitesse dans l’eau inconnue en raison d’une sonde de speedo-loch bloquée : une aspérité d’antifouling était vraisemblablement à l’origine de la panne. Nous serons quasiment arrivés en « Martinique » quand la sonde s’est enfin libérée !

Par une mer relativement calme, pas de grain, ni de pluie, une demi lune éclairante jusque 23 heures, pas de gros trafic et un courant traversier assez faible (!), si nous n’avons pas beaucoup dormi, la traversée fut des plus agréable.

Dimanche 26.

Nous atteindrons la pointe extrême SO de « Grenade » pour les premières lueurs du jour (6 heures). Nous arrêter à un mouillage nous aurait obligé à y pénétrer de nuit et nous avions convenu de faire un « one shot » jusqu’en « Martinique » sauf mauvaise traversée.

Par un soleil de plomb, une mer belle, un vent réel tournant autour des 15 nœuds et un angle de vent s’axant autour des 60°, nous avons remonté les « Grenadines » tout en nous faisant littéralement rôtir sur pied. Il n’y avait quasiment personne sur l’eau.

A la tombée du jour, nous avions atteint la pointe SO de « Saint Vincent » et nous aurions été biens inspirés de passer la nuit à « Bequia » mais sur notre lancée, nous avons présumé de nos forces et nous avons continué notre route.

Notre pilote de secours Raymarine en a profité pour nous lâcher après sept longues années de bons et loyaux services. Grâce au ciel, nous avions toujours le pilote principal B&G en ordre de marche car sinon cette panne n’aurait pas plus mal tomber …

La traversée du « canal » séparant « St Lucie » de « St Vincent » (25 milles) fut plus éprouvante (conditions de mer et de vent plus mauvaises).

Si  « S.A.S.³ » restait d’un confort de navigation exceptionnel, la fatigue nous taraudait méchamment le corps  alors que le trafic n’avait jamais été aussi important depuis notre départ !

A hauteur de « St Lucie », nous avons eu droit à nos premiers minis grains et bien entendu, notre arrivée sur la « Martinique » fut saluée par d’autres grains. C’est comme un fait exprès mais quasiment toutes nos arrivées sur la baie « St Anne » sont saluées par un grain !!

Nous avons embouqué le « chenal du Marin » avec les premières lueurs du jour.

Cette fois, nous avons choisi de nous rapprocher du « Club Med » pour éviter d’avoir un subir un fetch trop important et de nous éloigner du village de « St Anne » en l’espoir que nous n’aurons plus à lutter constamment contre des voisins trop envahissants quand ils ne sont pas carrément mal élevés.

Le plan d’eau est toujours aussi superbe surtout qu’il est baigné de soleil et que la densité de bateaux reste raisonnable.  Reste à voir comment tout cela évoluera au cours des semaines à venir.

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Samedi 18.

Ça y est … nous voilà repartis dans l’Aventure avec un A majuscule !

Si toute cette journée de samedi, j’ai angoissé à l’idée de la nouvelle tuile qui allait encore nous tomber dessus, on peut cette fois, me traiter d’affreux « pessimiste » car comme elle est maintenant passée, je peux affirmer haut et fort, que tout s’est déroulé normalement quoi que …

Evidemment, vous n’êtes pas au courant mais il y a une dizaine de jours, nous devions partir pour Alicante (Espagne) passer quelques jours chez de très bons amis. En allant faire des petites courses, Ann qui avait déjà perdu par deux fois, ses clefs de maison (…), s’est fait voler la veille au soir de notre départ en avion, sa pochette Cartier contenant cartes de crédit, cartes de banque, carte d’identité, permis de conduire, Iphone acheté en juin (!) et clefs de la maison.

Pas de carte d’identité … pas d’embarquement (le document établi par la Police n’a de valeur qu’en Belgique) ! Oui mais … vous aviez vos passeports. Eh bien non car nous avions été faire une demande de visa pour les E.U. et l’ambassade ne nous avait pas encore rendu nos passeports. En conséquence de quoi … nous sommes restés à Bruxelles ! J’ai pris tout cela avec un stoïcisme dont vous auriez été fiers à ma place … enfin j’édulcore sans doute un peu beaucoup mais après trois jours, c’était vrai.

Comme l’adage affirme « jamais deux sans trois » et que nous avions successivement raté notre correspondance avec Condor lors de notre retour en juin de Trinidad et de manière plus proche, notre avion pour Alicante … j’avais quelques craintes bien légitimes.

Notre avion a quitté Bruxelles à 10.45 heures comme prévu et comme il n’était qu’à moitié rempli, nous avons eu un excellent vol de 8 heures jusque Toronto (Canada) avec Brussels Airlines. Le service était à la hauteur et l’avion confortable.

A Toronto (où la météo était encore plus exécrable qu’à Bruxelles), nous avons eu une escale de cinq heures qui sont vite passées tant l’aéroport est agréable de par sa taille comparable à celle de Bruxelles c’est-à-dire « moyenne ». Les WC n’y sont pas très propres, souvent bouchés même et surtout, il manque des WC assis en sorte que l’attente peut être interminable : le touriste est un chieur compulsif et dans les avions, c’est encore pire ! Je me suis amusé à compter le nombre de passage aux toilettes d’une même personne et j’en suis arrivé à la conclusion qu’ils avaient tous une cystite carabinée ou la chiasse !

Ce qui m’a beaucoup amusé c’est qu’à Toronto, tous les écriteaux sont bilingues (anglais/français) mais que pas un membre du personnel naviguant ou non naviguant ne pipait un mot de français ! Vive le Québec libre …

A notre porte d’embarquement, nous avons été envahis par  une nuée(!)  de fauteuils roulants. J’ai compris très vite que tous ces petits vieux aimaient se faire conduire dans tout l’aéroport par une charmante jeune fille et que de surcroît, cela leur donnait une priorité lors de l’embarquement. J’ai toutefois pu relever de mes yeux vus que tous ces «handicapés de foire » m’auraient sans doute battus au 100 mètres haie !!

Quand nous avons embarqué dans notre Boeing d’Air Canada Rouge (il y a Air Canada, Air Canada Rouge et Air Canada Express), j’ai très vite compris que nous étions tombés dans le « low cost » du « low cost » (pas de télévision, pas d’informations sur le vol, pas d’écouteurs, pas d’accoudoir entre la carlingue et mon siège, un service tout aussi « low cost » avec la gentillesse du personnel qui va de paire et tout à l’avenant) !!!! Rien ne nous avait préparé à cela sauf sans doute le prix du ticket d’avion soit 400 € par personne pour un aller simple Bruxelles-Toronto-Trinidad avec un supplément de 75 € pour 23 kg. de bagages supplémentaires : nous étions chargés comme des mulets, de pièces de rechange les plus diverses.

Ann nous avait réservé deux places près de la sortie de secours (supplément de prix) … donc nous avions beaucoup de place pour les jambes mais comme l’étanchéité de la porte était discutable, j’ai crevé de froid durant tout le trajet (5 heures) et quand j’ai demandé s’il était possible d’avoir une couverture, le steward m’a répondu qu’il allait voir s’il y avait moyen de relever la température de la cabine. J’ignore si c’est cela ou non mais il est vrai que j’ai constaté que les passagers de la classe « business » étaient rouges écrevisse à la sortie de la carlingue alors que j’étais blanc pétrifié de froid avec des stalactites qui me pendaient au bout du nez.  Nous nous sommes fait la réflexion que la prochaine fois nous serions bien inspirés de prendre un ticket en classe « business » sur un vol « low cost » …

Le plus extraordinaire dans toute l’histoire c’est que ce vieux coucou est parvenu à décoller, à faire le trajet et à atterrir sans perdre le moindre passager !!! Notez que durant tout le vol, je n’ai pas osé m’appuyer sur la porte de secours de peur qu’elle ne s’ouvre toute seule … un stupide accident est si vite arrivé !

L’avion était full et comme les coffres à bagages sont très, trop petits, nombreux furent ceux qui ont dû placer leurs bagages « cabine » … en soute. C’est bien la première fois de ma vie que j’ai été pris d’une certaine empathie pour les passagers qui partageaient la même bétaillère !!! C’était très « local » mais cela sentait bon les Antilles  et durant toute la nuit, cela n’a pas arrêté de caqueter gentiment.

« Low cost » … « low cost », pendant la nuit, ils ont même été jusqu’à  éteindre  les grands éclairages par souci d’économie … les radins ! A moins que … quand j’y réfléchis … c’était peut-être pour inciter les passagers à dormir ! J’ai  bien été tenté d’essayer de dormir mais j’ai craint qu’avec cette froidure, je ne me réveillerais plus.

Après un vol sans histoire … nous sommes arrivés pour minuit, heure locale, à Trinidad. La première étape fut l’immigration ensuite rechercher les bagages (le temps d’angoisser pour de bon en ne voyant pas arriver nos trois énormes sacs puis de constater que l’un de nos cadenas avait disparu) et puis, ce fut la douane.  C’est à ce moment précis que nous avons bien cru que le ciel nous tombait sur la tête !!!

Imaginez la scène :  une file interminable pour ceux qui avaient à déclarer quelque chose, une autre file interminable pour ceux dont les bagages passaient sous scanner et enfin quasiment personne, à deux comptoirs où selon le bon gré du douanier, le passager franchissait le poste de douane sans autre formalité.

Vous aurez deviné que nous avons commencé par là pour ensuite passer par le scanner et enfin, par le poste des marchandises à déclarer !! Tout cela nous a pris … deux bonnes heures !

Nous avons eu droit comme tous les autres, à une fouille en règle de tous nos bagages (sac à mains d’Ann inclus) pour avoir à payer des droits d’entrée comme tous les autres, sur les marchandises importées. Rien de plus normal me direz vous sauf qu’en le cadre de nos sept années passées autour du monde, il s’agit d’une grande première car en théorie, notre bateau est à chaque fois, en transit dans le pays d’accueil et n’a donc pas à supporter de droits de douane !!!

Si donc j’ai un conseil à vous prodiguer … n’importer aucune marchandise à Trinidad (surtout si les douaniers font la grève du zèle comme dans notre cas) et si vous ne pouvez faire autrement, prenez au préalable, des cours auprès de David Copperfild !! Autre conseil bien utile, achetez – en détaxé – deux ou trois bouteilles d’alcool que vous cachez le plus soigneusement possible dans vos bagages. Le douanier sera aux anges de vous avoir débusqué et vous lui aurez donné un os à ronger … l’arbre pourra ainsi cacher la forêt.

Je vous déconseille par contre, de l’inviter au restaurant pour le lendemain, de lui affirmer qu’il est le « très » bien venu, lui et toute sa famille, à bord de votre yacht ou d’insister sur le rôle essentiel du douanier un samedi passé minuit, auprès de passagers qui ont passé une nuit blanche, qui attendent désespérément de pouvoir se plonger dans leur lit et qui se font chier par un connard de fonctionnaire qui leur cherche des poux sur la tête.  Oups ! Je crois que je me suis égaré un peu là.

Dimanche 19.

Après avoir dormi une poignée d’heures, décalage horaire (- 5 heures) oblige, nous avons été jeté un œil au bateau. Pas de désagréables surprises pour le moment du moins mais un état de crasse intérieur à faire peur … et une chaleur moite suffocante que l’air conditionné installé durant notre absence, parvient à peine à contenir. L’air conditionné, dans notre chambre au chantier, fait à peine mieux.

En résumé, après avoir maudit de crever de froid à Bruxelles, après avoir maudit de crever de froid dans l’avion d’Air Canada Rouge je maudis maintenant de crever de chaud à Trinidad: les grosses gouttes de sueur ont remplacé les stalactites !!

En fin d’après-midi, nous allions dîner au restaurant du chantier. Dire que nous avons bien mangé serait un euphémisme mais nous n’avions sans doute pas bien choisi nos plats. Pour ma part, je souhaitais un énorme spaghetti bolognaise (le seul plat que vous retrouvez sur toutes les cartes de restaurant de par le monde entier … sauf ici) et en lieu et place j’ai choisi un plat de pâtes où je pense avoir retrouvé tous les restes des assiettes retournées en cuisine ! Jamais vu une bouillabaisse pareille.

Publié par : Ann & Stéphane | 4 juillet 2017

Fiche technique: voyager avec la compagnie aérienne Condor

Trinidad – Bruxelles (en aller simple  et en économique !) avec CONDOR … en 3 jours pour un budget de 4.289 € !

Mardi 13.

Non, nous n’avons pas réalisé notre retour au pays avec notre bateau mais avec Condor associé à Thomas Cook.

Notre contrat de transport prévoyait un départ de Trinidad pour le mardi 13 juin 2017 à 18.30 heures, une escale à Tobago, la Barbade, Francfort et une arrivée à Bruxelles pour le mercredi 14 juin 2017 à 16 heures …

En raison des embouteillages à prévoir, notre taxi nous avait fixé rendez-vous à la marina de Trinidad pour 13.30 heures mais il est arrivé à 14 heures. Déjà là j’aurais dû comprendre que les mœurs locaux différaient des nôtres …

Arrivés à l’aéroport à 15.30 heures, nous avons patiemment attendu notre vol de 18.30 heures pour Tobago avec Caribbean Airlines.

A 18.30 heures, notre avion n’était toujours pas en vue et nous avons commencé à nous inquiéter auprès de la petite myriade de préposées qui s’occupent des lignes intérieures. Nous avons eu droit à « l’optimiste » qui nous a dit de ne pas nous en faire car l’avion de Francfort avait du retard, au « pragmatique » qui a pris contact avec l’aéroport de Tobago pour préciser nos noms, numéro de vol et numéro de passeport et annoncer notre retard et à la « cynique » qui nous a soutenu que nous n’avions pas d’autre choix que d’acheter tout simplement un nouveau ticket …

Plus tard, j’ai compté sur le tarmac, trois avions des lignes intérieures de Caribbean Airlines dont notre vol de 18.30 heures qui semblait cloué au sol pour un motif totalement indéterminé. Nous n’avons eu droit ni à une explication, ni à des excuses, ni à une quelconque indemnité alors que pourtant la mauvaise humeur commençait à gronder parmi les passagers.

A l’heure où théoriquement, l’avion de 20.30 heures aurait dû prendre son envol … nous sommes montés dans les avions dans une confusion totale : si nous avons pris l’avion de 20.30 heures, nous avons vu monter dans le même temps, des personnes à bord de l’avion de 18.30 heures !!!!

Nous sommes donc partis avec une demi-heure de retard ce qui sera fatal pour notre connexion à Tobago ! En effet, nous descendions de notre avion que nous voyons le vol Condor Tobago- La Barbade qui décollait devant nos yeux !

On nous avait assuré qu’une fois à Tobago, un préposé du personnel nous faciliterait le passage (nous devions récupérer nos bagages …) pour que nous puissions prendre notre connexion dans les délais. Bien évidemment … il n’y avait personne pour nous accueillir.

Il faisait nuit, il faisait chaud, l’aéroport se vidait et nous ne savions pas ce que nous devions faire. Nous avons donc décidé d’aller au comptoir Condor sauf qu’il n’y avait personne  à l’intérieur ! A côté, nous sommes allés nous renseigner auprès du comptoir Caribbean Airlines où il nous était affirmé qu’ils ne pouvaient rien pour nous … que c’était la faute de Condor qui avait rédigé un contrat « illégal » (sic) car le délai entre les deux vols n’était pas de 2 heures minimum !

Nous poiroterons plus d’une heure pour que la préposée de Condor daigne regagner son bureau. Selon elle, toute la faute revenait  à Caribbean Airlines et nous devions régler le problème avec eux !!!

Après palabres, elle nous a demandé de repasser le lendemain pour 10 heures, qu’elle nous donnerait de nouveaux billets mais que les frais d’hôtel restaient à notre charge …

Comme je vous défie de trouver un hôtel à 22.30 heures, dans une île que vous n’avez jamais visitée, et alors que vous êtes chargés et crevés, elle nous renseigne le « Coco Reef Resort and Spa » à 280$/ nuit (soit +/- 226,22 €) petit déjeuner inclus.

Nous prenons un taxi et à notre arrivée si la réception est encore ouverte, le restaurant est fermé. C’est donc complètement affamés que nous nous écroulerons sur notre lit.

Mercredi  14.

Le lendemain, nous sommes à 9.50 heures devant le comptoir Condor … bureau fermé ! Nous poiroterons jusque passé midi où la préposée fera enfin son apparition pour nous dire qu’elle doit s’absenter pour s’occuper de son lunch ! De toute manière, elle n’a pas encore de réponse de Condor …

Plus tard, elle nous apprendra que nous devrions attendre au mieux, le mardi suivant pour pouvoir embarquer avec Condor,  qu’elle ne peut pas s’occuper de notre rapatriement avec une autre compagnie aérienne et en finale, elle nous laisse tomber comme de vieilles chaussettes.

Si vous passez par Tobago, n’oubliez pas d’aller transmettre notre bonjour à Natacha de Condor. Vous n’aurez peut-être pas l’occasion de la voir car elle ne travaille pas à plein temps , ni à mi-temps mais plutôt à quart-temps avec de très nombreuses pauses syndicales. 

De notre côté, nous n’avons pas internet et les batteries de nos ordinateurs et de téléphone  commencent à tirer sérieusement la gueule. Pas moyen de recharger car nos adaptateurs ne conviennent pas (à Trinidad, il s’agit de prises 2 lames et 1 pin alors que les adaptateurs « normaux » sont 3 lames) et de toute manière, pas moyen de trouver du 220V … tout est en 110V.

Profitant du peu d’énergie encore disponible dans notre GSM, nous appelons nos filles à la rescousse car nous ne voyons plus comment nous échapper de l’île !!!! Ce sont elles qui au départ de Bruxelles, nous affirment que toute manière ce n’est pas 8 jours mais 14 jours que nous devrions attendre sur place pour avoir une place sur un vol Condor pour n’importe quelle destination !!!!!!!!!!!!! Si nous volons encore un jour avec Condor, je prendrai avec nous, la balise de détresse du bateau.

Comprenant que nous ne trouverons aucun vol international au départ de Tobago, nous décidons de rejoindre au plus vite Trinidad … que nous avions quitté la veille ! A 15.25 heures, nous prenons donc un vol Caribbean Airlines pour Trinidad. L’avion partira avec une demi-heure de retard pour un vol de 20’ …

Grâce à l’efficacité et au dévouement de nos enfants, nous aurons un vol sur Caribbean Airlines à 20.30 heures pour La Barbade où nous atterrirons une heure plus tard. Chose incroyable l’avion est parti exactement à l’heure annoncée … mais il s’agit d’un vol international ! C’est un peu comme dans l’ex U.R.S.S. où les chaînes de production se divisaient en une chaîne « internationale » et une chaîne « nationale » …

Vingt minutes de taxi plus tard, nous arrivions à « Silver Point Resort » pour 22.30 heures. La réception était fermée et nous avons été accueillis par le veilleur de nuit … mais tout était déjà préparé pour nous.

Quand nous sommes partis de Trinidad pour Tobago, une très jeune femme originaire de l’île devait prendre le même vol Condor que nous pour aller rejoindre son « boy-friend » sauf que n’ayant pas les moyens financiers de se payer une seconde fois, son billet d’avion … elle est tout bonnement restée prisonnière de son île !!!

J’ignore ce que vous en pensez mais si j’avais été son « boy-friend », je n’aurais pas cru un seul mot de ses explications (j’ai déjà du mal à y croire moi-même …) et pensant qu’elle me posait un lapin, je l’aurais plaquée.  Eh oui … je suis comme cela ! Il ne fait aucun doute au vu de ce que nous avons connu jusqu’ici que jamais Condor ne lui remboursera son billet d’avion … Malheureusement, nous n’avons pas ses coordonnées sinon nous ferions tout notre possible pour lui venir en aide mais lorsque nous avons pris notre avion pour Tobago, nous l’avons perdu de vue et nous avons appris par la suite, qu’elle n’avait pas quitté l’île.

Jeudi  15.

Après une nuit réparatrice, nous avons quitté notre hôtel pour l’aéroport où nous avons embarqué sur un vol B.A. à 17.10 heures pour un vol de 7 heures.

Vendredi  16.

Arrivée à Gatwick (GB) à 6.20 heures (heure locale)  pour un vol B.A. au départ de Heathrow (GB) sur Bruxelles à 12.25 heures (heure locale) … où nous avons atterri à 14.40 heures.

 

Si nous avions voyagé avec une compagnie aérienne américaine, nous aurions pris le risque de nous voir éjecter de l’avion manu militari pour que d’autres passagers « prioritaires » puissent prendre notre place …  Avec Condor, c’est beaucoup plus simple : vous êtes certain de partir (avec beaucoup de retard cela va sans dire) mais vous se saurez jamais ni où, ni quand vous serez abandonné en pleine nature. Aussi, vaut-il mieux être fortuné pour assurer votre propre sauvetage. Maintenant, si vous aimez l’imprévu, vivre en dehors des sentiers battus et l’Aventure avec un grand A, ne vous privez surtout pas du plaisir de voyager avec Condor.

 

PS. Condor se refuse à toute indemnisation en rejetant la faute sur son sous-traitant, Caribbean Airlines qui se refuse également à toute indemnisation car le contrat de transport souscrit avec Condor est illégal.

Publié par : Ann & Stéphane | 22 juin 2017

31.05 au 13.06.2017 – Traversée de nuit, sur Trinidad: 86 milles.

Jeudi  31.

Comme tout le monde semble le faire, nous avons rempli et adressé aux « Coast Guard » de « Trinidad », le formulaire ad hoc précisant notre heure de départ et d’arrivée estimée ainsi que notre plan de route. Cela sert-il à quelque chose ? Nous l’ignorons superbement car nous n’en avons eu aucun retour. N’est-ce pas dangereux ? Il est certain que si parmi le personnel des « Coast Guard », il y a un ripou, l’information pourrait aboutir en de mauvaises mains. Aussi, nous sommes restés très vague sur notre plan de route …

A 16 heures, « Karma of East » prenait tout le monde de court, en partant sans crier gare ! « Minnie B » partait à 16.30 heures comme annoncé tandis que nous étions surpris de relever que nous n’étions finalement que trois bateaux à partir !!!! Au vu des mouvements des annexes durant la journée, j’avais cru que nous serions toute une petite flottille …

Nous avons perdu beaucoup de temps  à vouloir prendre deux ris dans la GV avant de mettre le nez dehors en raison d’un ris qui avait la fâcheuse tendance à s’emberlificoter là où il ne fallait pas. J’ai même pensé un moment que nous serions contraints de postposer notre départ ! En finale, j’ai dû monter en catastrophe dans la bôme alors que la GV était à moitié montée, pour défaire un véritable plat de spaghettis !

Il était 17 heures lorsque nous sommes enfin sortis de la baie. Le vent  réel était soutenu (14 à 17 nœuds) et la mer était relativement calme. Dès les premiers milles, nous sommes partis au près (50°) et à contre courant pour éviter d’avoir à lutter constamment contre une dérive latérale qui aurait placé le bateau en-dessous de la ligne idéale et à terme, dans une zone connue pour diverses attaques de pirates …

Les 30 premiers milles furent idylliques : il faisait doux, le bateau marchait à 8 nœuds dans l’eau (on avait le sentiment que rien ne pouvait l’arrêter alors que nous avions 2 ris dans la GV et que le génois n’était déroulé que du minimum : tout bonnement, incroyable) et l’obscurité n’était pas totale en raison d’une demi lune.

C’est avec l’arrivée du premier grain que cela a commencé à se gâcher : le vent s’est montré beaucoup plus instable en sorte qu’on ne savait plus très bien s’il fallait ou non renvoyer de la toile après le passage du grain. L’obscurité était à nouveau plus intense (Madame la Lune s’était couchée) et pour notre plus grand malheur, il y avait beaucoup de monde sur l’eau … mais comment reconnaître un « affreux pirate » d’un « honnête bateau » vaquant à ses occupations ?

Pour des raisons de sécurité, nous avions tous les trois, coupé nos AIS et notre Active Echo n’avait pas été mis en route. Aussi incroyable que cela puisse paraître mais naviguer sans ces instruments … c’est un peu comme retourner à l’âge de pierre ! Plus moyen de savoir si le point lumineux que nous apercevions, était un « gentil » ou un « méchant ».

C’est même à un tel point que nous avons stressé tout un moment, en constatant qu’un point rouge nous suivait à la trace !!! Ce n’est que le lendemain matin que nous avons compris qu’il s’agissait de « Minnie B » que nous avions dépassé dans les premiers milles et que nous avions perdu de vue !!! Le plus drôle c’est que lui savait qu’il nous suivait car il paraît que nous avons un mât qui se remarque de loin ! Va peut-être falloir le descendre pour la traversée de retour en novembre …

Seul gros bémol : notre hélice tripale Maxprop n’a pas voulu se mettre en drapeau (sans doute en raison d’un bout pris dans l’hélice) en sorte qu’elle tournait à tout berzingue (bruit et vibrations) !!!  J’ai eu beau essayer la marche avant, la marche arrière, arrêt alors que l’hélice tourne encore etc. le problème ne s’est jamais solutionné  … et je me voyais mal stopper le bateau pour aller jeter un œil à  l’hélice !

Jeudi  01.

Durant la nuit, nous avons encore eu droit à deux autres grains dont le dernier fut assez violent avec une pointe de vent à 30 nœuds nous obligeant à rentrer en catastrophe le génois ! C’est assez effrayant quand vous voyez votre anémomètre grimper rapidement sans donner l’impression qu’il va s’arrêter à un moment donné. Entre-temps, « Minnie B », à quelques milles de là, échappait à tous les grains !!!!

Selon notre carte MaxSea, il n’y a qu’une seule plate-forme pétrolière sur zone alors que dans la réalité, il y en a trois : c’est LA zone à éviter pour cause de piratage. Vous imaginez notre tête lorsque nous avons calculé notre route pour passer à plus de 13 milles de la plate-forme pétrolière et que nous la retrouvons à seulement 5 milles !!!!

De surcroît, ne pensant pas avoir à faire à une seconde plate-forme pétrolière, nous l’avons prise pour un gros chalutier de pêche … et comme pour faire monter la sauce, subitement notre VHF a commencé à cracher en espagnol ! Au secours, maman, j’ai peur.

Une fois les plates-formes  pétrolières dépassées, nous avons pu obliquer vers « Trinidad ». Si le courant nous était cette fois, théoriquement plus favorable, nous avons très vite déchanté et avons été contraints de reprendre notre marcher en crabe !

Au lever du jour, nous avions en vue deux autres voiliers sur notre avant tribord !!!! Nous nous sommes longtemps demandé qui cela pouvait-il bien être … jusqu’à rompre le silence radio et apprendre du même coup qu’il s’agissait de … « Karma of East » et de « « Minnie B » !!!

Comment était-ce possible alors que nous les avions dépassés tous les deux, en force, en début de nuit ? Nous apprendrons par la suite que nos deux copains ont coupé court par les plate-forme pétrolières et se sont  aidés du moteur pour compenser un courant latéral assez fort selon eux. En finale, nous sommes arrivés  juste à la suite de « Karma of East » et bien avant « Minnie B ».

Nous avons atteint la côte de « Trinidad » pour 08.10 heures très précisément. Si nous étions arrivés avant 08 heures soit l’heure d’ouverture des bureaux de l’immigration, nous aurions dû payer une surtaxe de 61$ !!!  N’importe quoi.

« Karma of East » nous servant de guide, il nous a fallu une petite heure pour rejoindre la baie de « Chaguaramas » où se situent tous les chantiers, une marina ainsi que les bureaux de l’immigration et des douanes.

En cours de navigation, nous sommes passés devant une base des « Coast Guard » où pas moins de sept unités étaient amarrées !!! A quoi sert de se doter d’une telle flottille si elle passe le plus clair de son temps, au ponton ? Quand on sait que l’économie locale a fort souffert de la réputation d’insécurité qui a été faite à l’île suite à deux attaques de plaisanciers, en décembre 2015, par des pêcheurs vénézuéliens, on peut se poser la question de savoir ce qu’il leur faut pour se magner un peu le cul !

Une des premières choses que nous avons réalisée en arrivant, fut de « déterrer » tous les objets de valeur que nous avions planqués un peu partout dans le bateau en prévision d’un éventuel abordage durant la nuit …

Le quai des douanes étant situé dans le fond de la marina, nous avons préféré nous y rendre avec l’annexe après avoir pris une bouée juste devant le « chantier Peake ». L’étrave de « S.A.S.³ » étant trop haute pour attraper solidement la bouée, nous avons réalisé la prise de coffre au départ de la jupe arrière et ce faisant, nous avons griffé outrageusement la peinture de l’aile arrière bâbord !  Heureux que j’étais mais heureux que j’étais  …

Après les formalités d’entrée sur l’île (Ann a rempli un nombre incroyable de documents … avec copie au carbone bleu), nous sommes retournés au bateau et nous nous sommes mis en peine de commencer à prendre contact avec tous nos corps de métier ! Il ne faut pas confondre « refit » qu’on réalise une fois tous les cinq à dix ans avec une « simple maintenance » qu’on réalise toute l’année ! En le cas d’espèce, il ne s’agit que de simple « maintenance » …

En fin d’après-midi, nous allions luncher au restaurant « Zanzibar by the sea»  situé sur le chantier … avant de nous affaler sur notre lit.

Vendredi  02.

Vers 3 heures du matin, je me suis réveillé pour commencer la rédaction de mon nouveau « bouquin » !! En fait, nous avons trouvé  Marc  de « Dynamite » qui parle parfaitement français et à qui nous avons confié la supervision de tous les travaux sur le bateau, durant notre absence : plus question de connaître l’enfer que nous avons connu l’année passée, au chantier de « Curaçao » ! Aussi pour l’aider en sa mission, j’ai attaqué la rédaction d’un mémento « détaillé » …

Pour 10 heures, nous quittions notre bouée pour prendre un emplacement au « dock privé » du « chantier Peake». Si nous avons perdu cette notion de liberté que nous apprécions tellement au mouillage, nous avons trouvé de l’eau (déconseillé de faire fonctionner le déssal dans l’eau mazoutée de la baie) ainsi que de l’électricité (impossible de vivre sur le bateau, sans airco tellement il fait chaud et humide … on se croirait de retour dans le SE asiatique) et cerise sur le gâteau, comme le bateau est amarré à un ponton, nous ne connaissons plus aucune coupure dans notre liaison satellitaire (TV) !

Nous avons fait le tour du monde en sorte que nous avons un assortiment incroyable de prises électriques et malgré cela, nous n’avions pas la prise électrique adaptée à la marina de « Peake » !!!!

Un peu avant midi, Marc de « Dynamite » venait au bateau avec le premier technicien. Après le départ du technicien, il avait droit à la visite « détaillée » du bateau.

Dans le courant de l’après-midi, nous avions la visite surprise de Norma & Phil de « Minnie B » qui étaient partis la veille, mouiller leur bateau dans une autre baie plus tranquille, la « baie du carénage »,  pour la durée du week-end.

Alors que nous aspirions à une soirée paisible, nous avons connu des coupures d’électricité à répétition probablement causées par la mise en marche du lave linge alors que l’airco fonctionnait. Nous avons donc arrêté temporairement l’airco pour que le lave linge puisse terminer son cycle.

En fin de cycle, une alarme retentissait indiquant que l’évacuation d’eau était bouchée !!!  Malgré toutes nos investigations, nous n’avons rien trouvé d’anormal mais par prudence, nous avons arrêté la machine. Un peu plus tard, c’était l’airco qui commençait  à déconner !!!

Après quelques essais, nous avons compris que le problème provenait de l’électricité du ponton : pour preuve, avec le GE, nous n’avions aucun problème ni avec le lave linge, ni avec l’airco !

Samedi 03.

Nous commençons à entrevoir que chaque matin, c’est grand soleil mais qu’à partir de midi, c’est couvert avec averses possibles. Nous sommes au début de la saison des pluies : de juin à décembre. Il en résulte que si pouvons demander au chantier de réaliser de petits  travaux de peinture, il est totalement exclu de penser repeindre toute la coque du bateau avant février …

Vu sous le soleil, « Trinidad » est une île verdoyante et superbe. Nous n’avons pas le sentiment d’insécurité tant décrié … mais nous n’en sommes qu’au début de notre séjour.

Dans la baie de « Chamaguaras » où se trouvent regroupés tous les chantiers (du petit bateau de pêche … à l’immense cargo sur dock flottant), le plus grand désagrément provient de la vitesse totalement inadaptée des bateaux qui y circulent. Il en résulte de formidables remous qui font danser les bateaux, toute la journée.

Si ce n’était par nécessité, nous serions allés ancrer dans une des splendides baies que nous avons vues en arrivant. L’île mériterait également d’être visitée mais nous n’en avons pas le temps : tout doit être discuté et décidé avant notre départ prévu pour le mardi 13 juin.

Dimanche 04.

Une journée sans pluie … plutôt extraordinaire mais toujours la bienvenue. Mais comme les précédents jours, la chaleur humide d’un côté et un plan d’eau très agité d’autre part, me donnent envie de m’enfuir à toutes jambes de cet endroit !

A tout vrai dire, j’ai trouvé un nouveau motif de m’exciter : le nombre de crétins à moteur  qui passent et repassent  à fond les manettes juste pour le plaisir de faire des vagues, est incroyablement plus élevé le dimanche que les autres jours … encore qu’ils ne se défendent pas mal durant la semaine. Si seulement j’avais des filets à jeter dans les hélices ou un peu de sucre à verser dans les réservoirs …

Nous avons profité de notre journée pour réaliser divers petites travaux utiles dont peaufiner mon « mémoire » et l’envoyer à  Marc de « Dynamite », ne fut pas le moindre. Nous n’avons pas l’internet à bord car sinon, il nous faudrait faire l’acquisition de nouvelles cartes Sim et nous ne restons pas assez longtemps pour que cela en vaille la peine. Il s’agit également d’un bon prétexte pour aller manger un morceau au restaurant « Zanzibar by the  sea» qui surplombe quasiment notre bateau.

Lundi  05.

Tout ce qui n’est pas tombé hier … tombe aujourd’hui. Cela me donne froid dans le dos à l’idée que nous avons l’intention de commander divers travaux de peinture !

L’électricien de la marina est passé  voir le problème électrique de notre borne mais manifestement, il n’avait pas envie de se fatiguer : le problème venait d’abord, du fait que nous étions en fin de ligne (!) mais prendre une borne un peu moins éloignée ne changerait rien selon lui … ensuite, le problème provenait du fait que la première partie de notre fil électrique était trop mince (!) mais changer le tronçon trop mince ( +/- 1 m.) ne changerait rien selon lui … en finale, la borne électrique n’était pas suffisamment puissante mais il ne nous a pas expliqué pourquoi dans un premier temps, cela fonctionnait parfaitement !

Nous en sommes donc réduits à mettre le GE pour avoir de l’airco ou faire marcher une machine. Par contre, curieusement , lorsque les quatre chargeurs pompent en même temps, cela ne pose pas de problème ! Allez vous y comprendre quelque chose …

Profitant d’une belle accalmie, nous avons eu droit à la visite du technicien pour l’entretien annuel de notre annexe. Si nous avons bien compris, l’annexe restera sur le tarmac du chantier où il procèdera aux travaux :  beaucoup trop compliqué de désolidariser le moteur … de l’annexe. Reste maintenant à savoir comment procéder pour amener l’annexe sur le tarmac ! Une fois le bateau sorti de l’eau, la hauteur est trop importante pour encore pouvoir descendre l’annexe jusqu’au sol !

« Si tu ne viens pas à Lagardère … Lagardère viendra à toi » : c’est exactement ce que nous avons fait avec  Marc de « Dynamite » et il s’agissait d’une excellente initiative de notre part car de la sorte nous avons initié quelques rendez-vous et soulevé quelques problématiques. Rétrospectivement, cela fait évidemment un peu peur sur ce qui va se passer lorsque nous ne serons pas là …

Nous en étions là dans nos pensées lorsque Rainer de « Electropics Marine Service Ltd » passait voir la nature de nos problèmes  (normalement, nous ne l’attendions que demain après-midi mais apparemment, il a des horaires très « fluctuants ») :  le problème de notre compteur de chaîne … il suffit de changer le censeur « Lofrans » que nous avons remplacé en janvier !!!! Le problème de GPS de notre « Mini C » … il suffit de changer le module GPS de l’antenne. Le placement d’un switch on/of sur notre transpondeur AIS … pas de problème.

Si  tout cela se confirme, c’est un rêve cet homme sauf qu’il parle un anglais teinté d’allemand qui ne m’atteint que très peu ! Il faut dire que selon Marc de « Dynamite », je parle anglais comme une vache espagnole …quand je pense que tous mes amis anglais m’affirment que je parle si bien l’anglais ! Je ne sais plus vraiment qui je dois croire !

Mardi  06.

Je m’ennuie à mourir en marina et de surcroît, je n’ai pas grande envie de lire ces temps-ci ! Et pourtant, on ne manque pas de visites …

Ce matin, ce fut un défilé : d’abord, les « petites mains » de Marc de « Dynamite » ensuite, ce fut le tour du spécialiste des autocollants puis celui du cover d’annexe et enfin, le peintre ! Nous avons de grands projets de rénovation mais sans doute, le montant des devis nous fera voir les choses avec plus de sagesse … en attendant, on continue de rêver !

On les attendait en fin de matinée et finalement, ils sont arrivés en début d’après-midi (entre-temps on n’osait pas quitter le bateau …). Rainer et son aide de « Electropics Marine Service Ltd » ont procédé avec succès, au changement du censeur du compteur de chaîne et à l’enlèvement de l’antenne du Mini C. Quand je pense que nous avons dépensé une fortune pour remplacer en janvier, le censeur de compteur de chaîne et que celui-ci est tombé en panne peu de temps plus tard, il y a de quoi râler un bon coup.

Pour nous détendre un peu les jambes, nous avons été voir « Minnie B » sorti de l’eau le matin même, chez « Peake ». Pas heureux nos copains de constater qu’une portion de la nouvelle chaîne d’ancrage achetée chez « Island Water World », en début d’année,  présente déjà une couleur suspecte de rouille ! Ils ont d’ores et déjà obtenu la confirmation de l’échange en garantie de la chaîne d’ancre.

Mercredi  07.

Branle-bas de combat à 6.30 heures !!! Il y a du soleil, le pont est bien sec et il n’y a pas un pet de vent … les conditions idéales pour descendre le génois (110 m2). Bien qu’il ne s’agisse pas d’une première, il a quand même fallu redoubler d’efforts (bonjour le dos …) pour emballer tout cela et placer le sac à voile dans le carré. Ouf … c’est fait.

Durant 3 heures, nous avons remis l’airco et dieu que c’est bon … malheureusement, nous avions à peine coupé le GE que les températures remontaient rapidement rendant l’intérieur du bateau invivable. Mais bon, difficile de faire tourner le GE 24/24 heures.

Depuis ce matin, nous avons un catamaran 40’ canadien pour voisin direct. Je ne sais pas encore trop si je dois m’en réjouir ou au contraire, le déplorer … je pencherais plutôt pour cette seconde option. Vivement que l’on sorte le bateau de l’eau et que l’on parte vers d’autres horizons moins chauds et surtout, moins humides.

Cinq mois sans bateau me paraît déjà bien long même si  certaines autres perspectives me réjouissent. Le tout sera de voir si le chantier est ou non à la hauteur de nos espérances mais pour cela, il faudra attendre la fin de l’année et notre retour à bord. Si cela ne dépendait que de moi, je vivrais « non stop » sur le bateau mais la période cyclonique est un peu longue que pour s’enterrer dans un mouillage « save ». Quant à naviguer entre deux passages de cyclone … très peu pour moi : je suis déjà assez stressé comme cela que pour ne pas en remettre une couche supplémentaire.

En matinée, Marc de « Dynamite » venait à bord avec un spécialiste pour les coussins de cockpit. Le problème est qu’à « Trinidad », la mousse « quick dry » semble introuvable !! L’avantage de cette mousse très aérée est qu’elle laisse filtrer l’eau dans les profondeurs de la mousse où elle ruisselle sur une mousse plus dense pour terminer sa course à l’extérieur du coussin. Cela évite, en principe, d’avoir le cul mouillé en s’asseyant … en pratique, c’est peut-être un peu plus mitigé !

Au bureau du chantier, Ann tombait sur Giovanni de « Eutikia » (Amel 54’) encore amarré à la marina. Nous les avons rencontrés en Australie et avons participé avec eux, à « Sail Indonesia ».Quand nous avons traversé l’Océan indien, ils sont restés une année supplémentaire dans la région et ne sont arrivés à « Trinidad » qu’il y a  quelques jours.

La remontée de « Eutikia » depuis « Cape Town », ne s’est pas réalisée en toute quiétude !! Voulant aider son épouse, notre copain a recruté un skipper italien de 53 ans qui lui avait été recommandé ! Non seulement, le (skipper) n’en avait que la prétention mais de surcroît, ce dernier a ramené dans ses bagages, une brésilienne de 33 ans qui n’avait jamais mis un pied sur un bateau !Autant dire qu’ils s’en sont débarrassés dès le pied posé à « Jacaré » (Brésil) … soit un mois plus tard !

La remontée de « Jacaré » sur « Trinidad » ne fut pas plus agréable en raison d’une météo exécrable !

En fin d’après-midi, Rayner de « Electropics Marine service Ltd » venait nous placer un switch on/off sur notre transpondeur AIS … du moins,  s’agissait-il  bien, au départ, de son intention car confronté à notre appareil Furuno, notre électronicien en perdait toute sa superbe !

Vous raconter toutes les manipulations entreprises par Rayner pour tenter de couper notre transpondeur AIS, serait fastidieux et … inutile puisqu’il semble bien que cela soit rigoureusement impossible !! Au départ, il était facile de couper le transpondeur AIS mais depuis son retour de réparation, cela n’est plus possible : il faut dire que nous nous étions plaints à l’époque, que le transpondeur ne fonctionnait pas et nous en concluons aujourd’hui que le technicien a remédié de manière un peu « définitive » à cet inconvénient.

Le soir, nous avons été dîner au restaurant « Zanzibar by the sea » avec  Norma & Phil de « Minnie B ». Le plus agréable pour moi c’est que je comprends de mieux en mieux leur anglais : j’ai enfin compris qu’elle s’appelait « Norma » et lui, « Phil » …

Jeudi  08.

A chaque fois que l’airco fonctionne, je revis et je m’épanouis pleinement ! A contrario, je m’enfonce dans une langueur pitoyable et je n’ai qu’une seule et unique envie : m’enfuir de cet endroit !

Arrivée de « Laurence » en provenance de « Grenade ».

Nous sommes allés, à pied, jusqu’à la marina où nous avons trouvé le supermarket  du coin (juste derrière le restaurant … l’entrée n’est pas très visible). Il s’agissait de notre troisième tentative !!! Je sais que cela peut paraître idiot mais quand vous ne connaissez pas le chemin et par ces chaleurs, vous êtes vite prêts à abandonner.

Nous en avons profité pour faire un petit coucou à « Eutikia » mais le moment était mal choisi : Giovanni  venait d’être heurté violemment à la tête par une barrière de sécurité !!!!

Le retour jusqu’au bateau, les bras chargés d’avitaillement ne fut pas une sinécure à laquelle je m’adonnerais tous les jours. Le bon côté des choses est que je peux maintenant me tenir debout  en prenant appui seulement sur les mains …

Visite de Marc de « Dynamite » et de son électricien … ils repasseront demain après avoir étudié les schémas  électriques du bateau ! Nous souhaitons simplement établir une passerelle entre les deux parcs de batteries au cas où mais la question semble fort complexe …

Sur ces entrefaites, Didier de « Laurence » est venu nous faire un petit coucou sympa.

A peine parti, le peintre venait avec Kewrin pour voir le travail des inox.  Ann a peur que les inox ne s’oxydent de trop et qu’il ne soit plus possible de les récupérer par la suite.

Vendredi  09.

Au petit matin, Kewrin était à l’œuvre sur nos inox : superbe travail … pour un coût raisonnable de 800 TT $ (+/- 100 €) … auquel il faut ajouter 100 TT$ pour que notre homme puisse venir travailler sur le chantier « Peake » ! Pratique qui n’est pas exceptionnelle mais qui me fait malgré tout réagir à chaque fois.

Nous étions à peine installés dans notre cockpit que nous avions un nouveau voisin : « Serena Jan » un 62’en alu, battant pavillon brésilien et client de Marc de « Dynamite ». Le bateau avait été mis, le matin même, à l’eau par les bons soins de Marc pour permettre à son propriétaire de naviguer une semaine avant de le remiser à nouveau au sec !

Lorsque vous regarderez les photos du bateau, observateur comme vous l’êtes, vous remarquerez que le mât n’a pas de haubans, que la bôme se prolonge jusqu’à la voile d’avant et que la jupe arrière est assez monstrueuse que pour recevoir l’annexe !

Marc est ensuite passé avec l’électricien pour examiner plus en profondeur la possibilité de connecter les deux parcs de batteries ensemble au cas où … dois-je reconnaître que je commence à paniquer à l’idée qu’il faille analyser toute l’installation électrique du bateau pour cette simple connexion que j’étais censé bricoler moi-même !

Sur ces entrefaites, c’est l’aide de Rainer de « Electropics Marine Service Ltd » qui venait placer un  simple switch « on/off » sur l’alimentation électrique de notre AIS … au moins, nous pourrons ainsi éteindre l’appareil  sans avoir à en débrancher d’autres du même coup. Sur le fusible de l’AIS, d’autres appareils sont également branchés.

Pour notre antenne Mini C … il est apparu que perchée sur le premier étage de barres de flèches, elle avait pris de l’eau de mer (!) et que malheureusement, il faudra la remplacer ! Le véritable problème reste d’en trouver une identique ou au moins, une compatible avec notre installation …

Samedi  10.

Journée très cra-cra mais malgré cela, Kewrin a su terminer son travail ! Comment est-il parvenu à faire tous les inox du bateau en si peu de temps alors qu’il nous faut des semaines, reste un mystère. Nous aurions été bien inspirés de regarder de plus près comment il s’y prenait mais je ne tenais pas à jouer les chiens de garde.

Dimanche 11.

En l’absence de vent, il fait i-n-s-u-p-p-o-r-t-a-b-l-e :  chaud, lourd et humide. En ces conditions, je suis incapable d’entreprendre quoi que ce soit. C’est pourquoi vers 14 heures, nous avons mis l’airco et entrepris de préparer notre départ de mardi. Autant le faire maintenant que d’attendre que nous soyons sur le tarmac sans airco …

Demain, nous sortons le bateau de l’eau …

Lundi  12.

A 7.30 heures, nous nous préparions à quitter notre emplacement pour la darse située une cinquantaine de mètres plus loin. Aucun problème pour y entrer en marche arrière et toute l’aide que possible pour amarrer le bateau.  Vous avez même droit à un plongeur pour s’assurer que  les sangles sont bien positionnées ! Vous avez également droit à un nettoyage très efficace de la coque.

Sur la plupart des chantiers que nous avons connu, la gentillesse est assez rarement au rendez-vous ! La plupart du temps vous tombez sur des «« professionnels »» qui ont toujours un peu l’air de vous reprocher d’être dans leurs pattes … quand ils ne vous engueulent pas carrément pour l’une ou l’autre bêtise : vous êtes chez eux et ils vous le font bien sentir. Ici, chez « Peake », le client est roi et vous n’avez qu’à demander pour être servi. C’est à la fois aussi inhabituel que très reposant : pas de stress, pas d’inquiétude, vous êtes chouchouté. Toutes les personnes que nous avons rencontrées, disent le plus grand bien du chantier et ce dernier, semble bien le mériter !!

Comme il n’existe pas de rose sans épine … nous déplorons seulement la chaleur moite et lourde, les terribles remous provoqués par le trafic local et … les mouches !

Le bateau calé sur le tarmac, ce fut le tour de notre annexe d’être mise au sec ! Pourquoi ne pas avoir laissé l’annexe dans ses élingues, sur la jupe arrière ?? Pour la bonne raison que nous souhaitons faire procéder à l’entretien annuel du moteur, au nettoyage de la coque et que nous avons sollicité un devis pour un nouveau cover.

A peine en place, l’électricien du chantier se pointait pour réaliser notre raccordement électrique car bien évidemment, les prises électriques du ponton et du tarmac … ne sont pas les mêmes !!! Nous sommes un peu contrariés d’avoir appris que comme il n’y a pas  de 220V sur l’île, ils arrivent au même résultat en connectant 2 x 110V !!!

Toujours aussi efficace, Marc de « Dynamite » était présent pour tout coordonner. Mais cela ne peut éclipser qu’à la base, rien n’aurait été possible sans la prévoyance et les nombreuses démarches entreprises par Ann dont les qualités d’organisatrice ne sont plus à vanter.

Après avoir procédé à une première mise en ordre du bateau, nous nous sommes réfugiés dans notre chambre climatisée. Je pense que sans cela, j’aurais fait un malaise d’autant que depuis deux jours, je souffre à nouveau, du dos. Les chambres, situées sous le restaurant,  ne sont pas très grandes, ni très luxueuses mais très fonctionnelles et bien équipées, et surtout, elles disposent d’une vaste terrasse bien aérée, totalement protégée du soleil et ayant les pieds dans l’eau.

Marc de « Dynamite » nous a fait remarquer qu’il y avait du jeu dans l’arbre d’hélice !!!! Parfaitement inconcevable quand on pense que nous avons fait changer les bagues hydrolube  en novembre 2016 et que nous n’avons quasiment pas utilisé le moteur !!!  Il est vrai que lors de notre traversée sur « Trinidad », il a été impossible de mettre l’hélice Maxprop en drapeau et qu’à la sortie de l’eau, il n’y avait aucun bout dans l’hélice. Y a-t-il un rapport ?

Entre-temps, le technicien Yamaha enlevait le moteur de l’annexe !! En 7 ans, c’est la première fois que le moteur est désolidarisé de l’annexe et je dois bien reconnaître que je n’aime pas cela mais nous avons demandé  le changement de l’une et l’autre pièce de soutien attaquée par la rouille et apparemment, il n’y avait pas d’autre solution.

Tandis que le moteur d’annexe quittait le chantier, Kewrin était déjà là pour nettoyer la coque de l’annexe totalement jaunie par la présence d’une algue !! A peine croyable mais en un temps record, la coque avait retrouvé sa blancheur d’origine !!!

Le soir, nous mangions avec Phil de « Minnie B » (Norma est repartie ce dimanche, en GB) au restaurant « Zanzibar by the sea ».

Mardi  13.

En allant chercher quelque chose au bateau, je constate une anomalie au niveau des chargeurs et une alarme se déclenche mais le temps de vouloir transcrire le message d’alarme et tout revient à la normale !! Manifestement, le problème provenait de l’alimentation électrique du chantier.

Inquiets, nous en parlons au chantier et quelques minutes plus tard, il y avait une foule d’électriciens à bord pour tenter de comprendre le problème. Malheureusement, aucune cause n’a pu être mise en évidence.

En rejoignant notre chambre, je tombe sur notre voisine allemande qui me raconte qu’après avoir réalisé avec leur voilier, le tour du continent nord américain en passant par le pôle, elle est arrivée avec son mari, à « Trinidad » … où 15 jours plus tôt, ce dernier tombait à l’eau en enjambant la passerelle qui reliait le bateau, au ponton. Victime d’une crise cardiaque, il n’a pas survécu !

A 14 heures, le taxi venait nous prendre à la marina pour nous conduire à l’aéroport où de nouvelles aventures peu ordinaires nous attendaient … mais cela nous ne le savions pas encore !

La suite, au prochain épisode …

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 8 juin 2017

Fiche technique: sac à cadavre !

Si vous avez pour projet de traverser le Pacifique et de surcroît, rien qu’à deux … la présente fiche technique vous concerne tout spécialement !

Une des caractéristiques de la traversée du Pacifique est que vous ne rencontrerez personne et quand je dis personne … c’est personne !! Même dans l’océan indien, vous croiserez un nombre important de cargos et n’évoquons pas l’Atlantique.

Si donc, votre compagnon ou votre conjoint venait malencontreusement (sans aide extérieure, parlant) à décéder en cours de traversée … que feriez vous du corps ? Votre première réaction sera de dire : je le jette à l’eau avant qu’il ne se liquéfie avec la chaleur.

En cette hypothèse, je vous conseille de faire une arrivée extrêmement discrète … voire pour les moins courageux, de vous cacher au fin fond du bush australien. Pourquoi ? Mais bêta car comment allez-vous expliquer  la disparition de votre compagnon ou de votre conjoint ? Comment allez vous prouver qu’il s’agissait d’une mort naturelle ou parfaitement accidentelle sans que votre responsabilité ne puisse en aucune manière être retenue du genre : « coups et blessures ayant entraîner la mort sans l’intention de la donner ». Seule une autopsie pourrait déterminer  la cause de la mort mais pour cela faut-il encore avoir conservé le corps !!

Si le décès survient en tout début ou en toute fin de traversée, vous pourrez avec un peu de chance, vous accommoder de la situation encore qu’avec la chaleur, il vous faudra être particulièrement véloce. Mais comme une « traversée » peut prendre de 15 à 30 jours, vous risquez d’être confronté à un sérieux problème de conservation.

Avec beaucoup de persuasion, vous pourrez peut-être convaincre les autorités de votre bonne foi … mais qu’en penseront vos proches, vos amis, vos relations ou vos collègues de bureau ? Vous savez pertinemment  que pour eux, la présomption d’innocence est une notion qui doit être interprétée selon les circonstances en sorte qu’il vous sera difficile de combattre le « on dit » des personnes bien pensantes.

Quelles sont alors les solutions ???

La solution la plus efficace consisterait à aménager sur votre voilier, une chambre froide ou un congélateur suffisamment grand  pour y caler votre compagnon ou votre conjoint. Tout dépendra en conséquence, du gabarit de celui-ci et vous aurez tout intérêt à en choisir un qui ne soit ni trop grand, ni trop gros.

Seconde solution :  dérouter un cargo qui se chargera de placer le corps dans sa chambre froide sauf que dans le Pacifique, c’est rigoureusement impossible car il n’y a pas le moindre bateau à l’horizon. Les distances sont par ailleurs, trop grandes pour qu’un bateau voire même, un avion ne soit dépêché pour vous venir en aide !

Troisième solution : placer le corps dans l’annexe que vous laisserez traîner derrière le bateau. En ce cas de figure, vous risquez que l’annexe se retourne ou de perdre plus simplement toute l’annexe dès que le mauvais temps pointera son nez.

Quatrième solution : placer le corps dans la survie et l’abandonner en plein océan. Au vu de l’immensité du Pacifique, il est à craindre que votre survie ne soit jamais récupérée … et de surcroît, vous ne disposerez plus de survie  pour vous-même !

Cinquième solution : vous attachez le corps par les pieds et le laissez traîner dans l’eau. Vous avez déjà lu le livre d’Ernest Hemingway  « Le vieil homme et la mer »

Sixième solution : vous placez le corps dans une cabine à l’abri du soleil … mais pas de la chaleur. Vous sauverez sans doute votre liberté et votre honneur  mais vous risquez que votre bateau devienne invendable. Il est fort à craindre que de surcroît, il vous sera impossible de continuer à cuisiner à l’intérieur …

Septième solution : vous placez le corps en dehors de votre vue, en le pendant en haut du mât … pratique pour prendre sa douche en pied de mât !

Huitième solution : vous équipez votre voilier d’un « ice maker » et vous enveloppez le corps dans une voile pleine de glaçons que vous renouvelez très périodiquement. Pas très pratique.

Solution préconisée : vous achetez un « sac à cadavre » en tenant compte des dimensions de votre compagnon ou de votre conjoint (si possible, vous lui faites essayer le modèle choisi avant de partir) et vous placez le tout, solidement amarré, à l’avant du bateau où il fait le plus frais ou dans le cockpit pour vous garder compagnie. Vous prévoyez soit une soupape de sécurité sur le sac, soit vous laisserez une petite ouverture en manière telle de ne pas voir votre « sac à cadavre » s’envoler …

Si vous pouvez choisir … prenez un « sac à cadavre » blanc qui réfléchira un peu plus la chaleur.

Où trouver un « sac à cadavre » ? Aux E.U. il existe des supermarchés spécialisés où avec un peu de chance, vous trouverez cet article. En Europe, malgré des recherches intensives, je n’ai pas trouvé ce type d’article dans les supermarchés que j’ai visités. Je n’aurais peut-être pas dû limiter mes recherches au rayon « fruits et légumes » …

Je vous conseille donc de prendre contact avec une maison de pompes funèbres qui vous répondra qu’elle ne vend pas ce type d’article mais qui saura vous en dénicher un pour vous tirer d’embarras après avoir expliqué les justes motifs de votre recherche. Le seul ennui reste que vous n’aurez sans doute pas l’occasion de choisir votre modèle préféré …

Bonne traversée !

PS: Si vous avez l’intention de vous débarrasser de votre compagnon ou de votre conjoint, en cours de traversée, oubliez de dire aux enquêteurs que vous avez lu cet article !

 

Publié par : Ann & Stéphane | 4 juin 2017

Arrivée en force sur Bequia, le 24.05.2017

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Publié par : Ann & Stéphane | 3 juin 2017

17 au 31.05.2017: descente sur Grenade.

Mercredi 17.

« La dernière pièce détachée de votre lave-linge est arrivée et le technicien est en train de tout remonter » … voilà du moins ce qui nous a été annoncé pas plus tard que ce matin. Le transporteur  devrait nous rapporter notre machine … samedi matin.

Enfin, nous pouvons aller de l’avant  et envisager notre départ sur « Trinidad ».  Mais avant cela, nous avions convenu avec Bernard de « Asabranca » de plonger ensemble ce mercredi. Je pense qu’en temps normal, au vu du vent assez fort et de l’important clapot, nous aurions remis notre projet à plus tard mais en la circonstance …

Bien que tous les deux, nous nous  soyons rencontrés au Waterloo Diving Club, nous n’avons jamais plongé ensemble sauf une fois,  en groupe, à « Lanzarote » (Canaries).

A trois dans notre annexe, avec tout notre matériel, j’avais un peu peur que celle-ci ne parvienne pas à déjauger  mais en répartissant correctement les poids, elle nous emmena avec fougue jusqu’au spot du « Grand Mur ».

Contrairement à mes craintes de départ (l’annexe est un peu petite pour s’y  équiper à trois), Bernard s’étant arnaché avec beaucoup d’agilité, nous n’avons ressenti aucune difficulté pour en faire de même. Au pied de la bouée, nous avons tous pu constater que le tuyau HP du manomètre de Bernard fusait assez bien … aie ! Cela allait-il compromettre gravement notre plongée ?

Bien décidés à ne pas laisser passer l’occasion qui s’était présentée de plonger à trois, nous avons décidé de poursuivre notre plongée en ayant à l’esprit, le problème. Par bonheur, la fuite se résorba d’elle-même !!!!

Plongée très calme entre plongeurs confirmés (Bernard est instructeur *), visibilité parfaite, patchwork de couleurs, pas le moindre courant, des bancs de petits poissons de toutes les couleurs, nous avons profité au maximum de notre plongée (47’ -25 m).

Jeudi  18.

Il fait plus calme que hier. Le ciel est toujours assez couvert avec de belles éclaircies. Comme nous quittons la « Martinique », en principe, lundi en cours de journée,  je tiens à ce que la coque soit propre : nous n’avons pas de longues distances à parcourir (256 milles) mais autant qu’à faire, j’aimerais bien ne pas traîner sur l’eau et en profiter un peu plus aux différents mouillages que nous envisageons de visiter.

Prenant notre courage à deux mains (c’est que sacrément, il en faut du courage), Ann et moi, nous nous sommes mis à l’eau avec nos bouteilles. Tandis que j’attaquais le 1/3 arrière de la coque, Ann nettoyais le safran, la quille et l’hélice. J’ai un peu été surpris de constater que la coque se nettoyait beaucoup moins facilement que je ne l’avais imaginé …

Vendredi  19.

Je suis crevé : hier, j’ai été me coucher à 1.30 heures car j’ai regardé tous les épisodes de « Alice Nerver. Le juge est une femme » sur TF1 et que ce matin, Ann m’a réveillé que le jour ne s’était pas encore levé (8.30 heures) car elle devait aller chercher son véhicule de location ! Mouais … c’est bien possible que le jour était levé mais comme je n’ai pas ouvert directement les yeux …

Le véhicule de location était nécessaire pour réaliser un gros avitaillement au Carrefour de « Génipa », m’acheter une nouvelle paire de lunettes et renouveler pour un an, notre abonnement à Canal +

Tandis que Madame « batifolait » dans les magasins, votre serviteur s’enfilait une bouteille non pas dans l’estomac mais sur le dos et s’enfonçait dans les abymes  pour nettoyer cette foutue coque. C’est bien connu que c’est en ces moments de profonde solitude que l’on se demande toujours pourquoi on a choisi un aussi grand bateau !

Le fait de la fatigue ou pas, je n’ai nettoyé péniblement que la moitié du tiers central de la coque !  J’ai failli abandonner des dizaines de fois mais j’ai tenu 1.15 heures sous l’eau …  j’en avais trop marre.

Le pire outre le courant, les saletés dans la gueule, les éraflures des mains et la fatigue des bras, c’est l’eau de mer qui s’infiltre dans le masque et provoque l’irritation des yeux. C’est insupportable. J’ignore pourquoi mais cette fois-ci ce fut le pompon à tel point que j’ai cru que mon masque était défectueux.

Samedi  20.

Un grand moment dans l’histoire de l’île : nous avons récupéré ce matin, notre lave linge au ponton du « Marin ». Le premier technicien est passé au bateau le 13 mars … donc nous avons patienté  2 mois et une semaine pour une réparation (changement des roulements du tambour) qui s’élève à 610 € !!!

Je vous donnerais bien le détail de la facture mais le réparateur n’a pas voulu nous la communiquer avant d’avoir reçu son paiement et pour plus de sécurité, elle est tellement sibylline qu’il est impossible de connaître le prix des pièces, des frais de transport ou le nombre d’heures de travail … difficile de contester quoi que ce soit ! Nous ne savons donc pas si la pièce commandée (358  €) par erreur  nous a malgré tout été facturée ou non ! Et vous connaissez la meilleure … nous avons poussé un ouf de soulagement de trouver cette société car il n’y a pas de dealer Miele en « Martinique » !

Je regardais l’autre jour, un reportage à la télévision concernant un couple à la retraite qui partait s’installer à « La Réunion » … le rêve. Mouais … j’aimerais bien les interviewer dans un an pour connaître leur sentiment sur le « rêve de vivre sur une île » ! Pas convaincu qu’ils parleront toujours de « rêve » …

Très sympathiquement, nous avons pu compter sur Bernard de « Asabranca » pour nous aider à porter cette monstrueuse machine. Raymond de « Incidences » ainsi qu’un jeune travaillant sur un vieux gréement, sont également venus nous prêter main forte. Et à quatre, nous sommes parvenus à la descendre dans les entrailles du bateau.

Plus tard, à deux, nous l’avons rebranchée et remise en place. Amusant mais il m’a semblé plus facile de la retirer … autre manière de dire que le bateau a bourdonné un temps, de jurons très sonores. Ambiance.

Dimanche 21.

Pas question de partir sans avoir, au préalable, terminer le nettoyage de cette foutue coque ! Aussi, Ann m’a aidé pour la seconde fois, dans ce pénible travail. Tandis qu’elle s’attaquait au tiers avant, je terminais l’autre moitié du tiers central. Pas à dire mais non seulement, à deux, cela va plus vite mais surtout c’est très bon pour le moral.

A signaler que Bernard de « Asabranca » s’était très sérieusement porté volontaire pour nous venir en aide. En fait, c’est nous qui l’avons décommandé en toute dernière minute car nous étions parvenus à terminer le travail avant son arrivée au bateau. Un grand merci à lui pour cette marque très appréciée d’amitié.

Après avoir d’abord pensé faire un « one shot » de nuit jusque Béquia (Grenadines – 92 milles), nous avons décidé au vu de la météo, de faire une première halte à « Marigot Bay » (Saint Lucie – 30 milles). Ceci devrait nous éviter d’avoir à subir à un mouillage que nous ne connaissons pas , un coup vent prévu pour mardi/mercredi. Peut-être également plus raisonnable comme « mise en jambes ».

Lundi  22.

Comme nous avons dû aller jusqu’au « Marin » pour faire les formalités de sortie car « Chez Boubou » (Sainte Anne) était en congé jusqu’en juillet, nous n’avons levé l’ancre qu’à 10.45 heures. Le temps de hisser la GV et il était 11 heures.

Hier soir, nous avons regardé sur TF1, un film « Tu veux ou tu ne veux pas » avec Sophie Marceau et Patrick Bruel sur le sujet de l’addiction au sexe ! Cela m’a donné des envies de « conclure » comme dirait Michel Blanc dans « Les Bronzés font du ski » mais avec un grand Pampers entre les jambes, cela m’a totalement découragé !!

Ce n’est pas que la mer ait été franchement mauvaise encore qu’à l’approche de « Sainte Lucie », cela commençait à remuer un peu beaucoup mais après une si longue abstinence, il n’y a pas à dire mais il faut se remettre à  selle. Motif pour lequel d’ailleurs, nous avons finalement opté pour une étape pas trop longue.

Bref, vous l’aurez compris, la traversée s’est réalisée « à fond les manettes » avec un speedo qui ne descendait jamais en-dessous des 10 nœuds pour même monter de temps en temps jusque 12 nœuds !  GV haute, génois 2/3 établi, 25 nœuds de vent réel , 90° du lit du vent  … et surtout, une coque plus propre qu’un sous-neuf. De quoi vous réjouir d’avoir tant travaillé ces derniers jours.

Après la première heure de navigation, je pensais m’être à nouveau amariné  mais les conditions de vent et de mer n’étant pas assez stables, on pouvait passer brutalement d’un état à un autre et d’un coup, la question existentielle devenait : cela va-t-il tenir ???

A l’approche de « Sainte Lucie », nous avons même cru bon de prendre un temps, un ris après avoir entendu l’un ou l’autre bruit bizarre. « Vous avez dit bizarre ! J’ai dit bizarre … comme c’est bizarre ».

Après avoir dépassé tout ce qui se traînait sur l’eau, nous avons à notre tour, été dépassé par un autre voilier !!! J’étais hors de moi … jusqu’au moment où j’ai pu lire son AIS : « Espiritu del Xarey » 43 m. de long pour 8 m de large et une moyenne de 12 nœuds sur le fond !

Nous sommes arrivés à hauteur de « Marigot Bay » pour 14 heures et  à 14.30 heures, nous étions amarrés à une bouée dans le fond de l’impasse. S’il n’y a pas foule, il y a malgré tout quelques bateaux de passage (6) sans compter ceux qui restent à demeure (une vingtaine) et ceux amarrés dans le chenal d’accès. Tout cela donne à l’ensemble, une ambiance paisible et agréable. Le plus incroyable c’est qu’il n’y a quasiment pas un pet de vent alors que dehors, cela souffle en tempête !!

Anecdote amusante : à « Marigot Bay », Ann est partie réaliser les formalités d’entrée sur l’île juste, pour leur malheur, devant un couple de Français déclarant venir également de « Martinique » et n’avoir pu faire leur clearance de sortie car il s’agissait d’un jour férié (fête de la fin de l’esclavage) … avec pour résultat des courses, qu’ils ont été obligés de quitter l’île !!!!

Alors que nous pensions qu’en raison de la configuration en cuvette de « Marigot Bay », nous n’aurions pas la télévision satellitaire, nous avons eu l’immense bonheur que cela marchait au contraire, très bien ! Pour 25 €/nuit, nous avons la bouée, l’internet , les sanitaires et la piscine de l’hôtel inclus dans le prix !

Je sais par expérience que passé un délai de 24 heures, on finit très vite par se sentir à l’étroit pour ne pas dire, à l’écart du monde, à « Marigot Bay » … mais le délai n’ayant pas encore expiré, j’en suis à penser qu’on est beaucoup mieux ici qu’à la baie « Sainte Anne » !!! J’ai osé l’évoquer … je n’en reviens pas …  une pensée aussi révolutionnaire …!!! Vivement demain que je retrouve tous mes esprits.

Mardi  23.

Comme il n’existe pas de rose sans épine, il faut ajouter à ce tableau idyllique … les mouches en quantité raisonnable mais toujours aussi emmerdantes et un manque d’air qui se fait surtout ressentir à l’intérieur.

La journée a surtout été émaillée par le ballet incessant des bateaux de touristes venus jeter un coup d’œil  rapide à « Marigot Bay ». Nous avons appris que la base de location de bateaux Mooring a déserté les lieux au profit de « Rodnay Bay » (Sainte Lucie).

Demain, nous partons pour l’île de « Bequia » (Saint Vincent) : 62 milles que nous espérons bien parcourir de jour …

Mercredi  24.

Pour se lever tôt (5.30 heures), il suffit de se coucher tôt (22 heures). C’est donc ce que nous avons fait … non sans attendre que le GE ait eu le temps de tourner ses quatre heures quotidiennes ! Comme des idiots, nous avons oublié de le mettre en route plus tôt que d’habitude !

A peine réveillés, nous avons pris notre douche et immédiatement après, nous avons préparé le bateau. Quand nous avons quitté le mouillage(6.35 heures), il ne restait plus derrière nous, qu’un seul et pauvre voilier de passage !! « Marigot Bay » … c’est superbe mais personne ne s’y attarde sauf bien entendu les bateaux qui  y restent à demeure. L’endroit est réputé pour être un « trou à cyclone » !

Pour mon plus grand bonheur, il n’y avait pas un pet de vent lorsque nous avons mis le nez dehors en sorte que nous avons pu hisser la GV en toute quiétude.  Ensuite, nous nous sommes mis en train avec notre gros diesel.

A l’extrémité sud de « Sainte Lucie », le vent est progressivement monté pour tourner aux alentours des 20 à 25 nœuds de vent réel , avec des pointes à 29 nœuds, entre les deux îles. Comme nous étions à court de Pampers, nous avons pris  le premier ris lorsque le vent réel en était encore à 15-20 nœuds mais lorsque nous avons vu que le speedo s’emballait à nouveau, à plus de 11 nœuds, nous avons décidé de prendre le second ris qui a fait chuter la vitesse à 10 nœuds.

Pas mal de monde sur l’eau et beaucoup de voiliers qui remontaient vers le nord !!! Sympa de ne pas être seul sur l’eau mais un peu chiant également car il faut vérifier constamment que l’on ne fait pas une route de rencontre avec un autre bateau car tous ces petits malins ne sont pas encore dotés d’un AIS !

Au niveau de « Saint Vincent », le vent s’est fait très capricieux au point que nous avons décidé d’enrouler le génois et de mettre le moteur. Il faut déjà beaucoup s’avancer le long de l’île pour être « protégé » du vent et subir du même coup, des coups de vent très locaux.

Au fur et à mesure que l’on s’éloignait de l’île, le vent réel s’est progressivement établi  à 15-20 nœuds. Sans relâcher imprudemment nos ris, nous avons remis du génois et au près, nous avons rejoint « Port Elisabeth » de « Bequia ».

A notre plus grande surprise, une grosse annexe AB attendait  à quelques milles de la côte … pour prendre des photos du bateau en mouvement ! Si nous l’avions su assez tôt, nous aurions remis toute la toile au risque évidemment d’aller trop vite pour qu’il puisse prendre encore une photo … Aaaaaaan ouvre mon col de chemise, viiiiiiiiiite, je m’étouffe !

Un peu plus loin, un canot nous demandait si nous voulions prendre une bouée ! Comme nous avons répondu affirmativement, il nous a suffi de suivre notre guide qui nous a aidés à passer les amarres. Si c’est pas sympa tout cela. En fait, la majorité des plaisanciers jette  l’ancre mais les fonds sont réputés de mauvaise tenue sauf sur un haut-fond un peu à l’écart … très, très prisé évidemment.

Comme nous ne savions pas encore si nous restions une ou deux nuits sur place, nous n’avons pas descendu l’annexe (possibilité de water taxi) et remis au lendemain les formalités d’entrée sur l’île !

Vers 18 heures, notre guide nous ramenait de sa pêche, un thon rouge qu’il découpait en filets pour nous : absolument  délicieux avec de la purée et du beurre fondu !

Le soir, le vent s’est mis à souffler davantage (!) et je me suis mis à stresser tout seul devant ma télévision, à l’idée que le mouillage n’était peut-être pas en bon état ! Il y a de cela quelques jours , « Zig Zig » était amarré à une bouée à la marina de « Rodnay Bay » et … l’amarre de la bouée s’est rompue !

Jeudi  25.

Après une excellente nuit de sommeil (une fois dans mon lit, le bateau était si calme que je me suis endormi comme une masse), nous sommes réveillés pour 9 heures. C’est à peu près le moment qu’avait choisi le photographe pour venir nous montrer les photos qu’il avait prises la veille : un petit chef d’œuvre que vous pouvez  admirer dans son entièreté, sur notre blog … cfr. fichier « Vidéos et photos de S.A.S.³ en navigation … Arrivée en force sur Bequia, le 24.05.2017 ».

Après le petit déjeuner, nous sommes allés faire nos formalités d’entrée/sortie de l’île. Le village est très propre mais minuscule et surtout, il y fait une chaleur insupportable : au mouillage, il y a de l’air (même parfois un peu beaucoup) !

En haute saison, le nombre de bateaux doit être considérable si j’en juge par le nombre de bouées disponible.  Le mouillage est bien protégé de la houle mais pas du vent, semble-t-il. C’est très joli (nous avons droit aujourd’hui à un grand beau soleil sans le moindre nuage) mais hormis un centre de plongée qui mérite sans doute d’être visité, je ne vois pas beaucoup d’intérêt à y séjourner plus longtemps.

Si je n’ai pas pu vérifier notre bouée de mouillage à cause de la visibilité, j’ai pu relever que celle de notre voisin était reliée par deux chaînes à une chaîne de cargo, elle-même attachée à un vieux moteur et  autres  accessoires … cela laisse rêveur en cas de coup de vent !

Vendredi  26.

Nous avions prévu de partir pour 9 heures … et nous sommes partis pour 7.10 heures ! Comme j’étais réveillé naturellement à 6.20 heures … pourquoi attendre ? Nous avions 38 milles à parcourir.

Le plaisancier étant quelqu’un de matinal, nous n’étions pas les seuls  à partir. Il est vrai que la météo était magnifique et un bon vent (17 à 21 nœuds) poussait à la chansonnette : nous avons donc fait le trajet, toutes voiles dehors, par  80° du lit du vent … le speedo calé sur 10 nœuds. Ce n’est qu’au passage des îles que le vent se gâtait parfois un peu, nous obligeant même sur la fin, à réduire le génois !

Nous avons constaté avec horreur que les caboteurs et autres ferrys locaux étaient dépourvus d’AIS de même que bon nombre de plaisanciers !!! Il y a donc lieu de s’en tenir à une veille permanente : contraignant et ennuyeux.

En appelant « Laurence » sur la VHF … c’est « Zig Zig » qui nous a répondu. Nous les savions tous les deux sur zone mais nous fûmes malgré tout un peu surpris quand sur le coup de 13 heures, nous avons vu arriver « Laurence » au mouillage de « Carriacou ». Nous sommes arrivés pour notre part, à 11.35 heures.

Nous avons été beaucoup déçus par « Carriacou » !! Alors que pourtant, le plan d’eau est vaste (en forme de fer à cheval évasé), le fond est de bonne tenue (sable), l’eau est turquoise, on mouille par -5m, il y a un petit chantier naval doté d’un quai à annexes très accueillant et on trouve également un « Island Water World » MAIS il n’y a aucune ambiance sur le plan d’eau malgré le nombre important de bateaux, la protection n’est pas totale puisque nous avons roulé un peu, tout le temps que nous y sommes restés et par dessus tout, les alentours sont du style … dépouillé et terne.

Cela cumulé à des prévisions météo mauvaises (pluie et vent) à partir de dimanche, nous a poussés à partir dès le lendemain pour « PricKly Bay » (Grenade). Nous pensions même ne pas réaliser nos formalités d’entrée pour ne pas avoir à descendre l’annexe qui était sanglée, jusqu’à ce que Didier de « Laurence » propose à Ann de venir la chercher avec son annexe.

Samedi  27.

A 6.45 heures, nous avions relevé l’ancre et nous nous sommes élancés … au moteur sous trinquette, vers « Prickly Bay » : 38 milles.

Pourquoi au moteur ?? Pour plusieurs raisons dont la principale est un vent relativement faible (10 à 13 nœuds), que notre cap pour atteindre « Grenade » était fort au largue et que nous avions à longer toute l’île (pas de vent) .

Nous sommes arrivés au mouillage pour midi par une belle journée ensoleillée. Comment pouvions-nous être certains que nous étions sur l’île de « Grenade » ? Bien simplement parce qu’il y pleut avec une régularité déconcertante : nous étions à peine sur place que nous nous prenions nos premiers minis grains ! A noter tout de même que la majorité des grains glissent sur le pourtour du mouillage de la même manière qu’à la baie « Sainte Anne » de Martinique !

A notre plus grande surprise, nous avons pour voisin … « Elonnisa » qui était notre voisin de ponton à « Port Dickson » (Malaisie) !!! Nous n’avons jamais beaucoup eu de relations avec eux mais nous les connaissons. Pour eux, l’aventure est terminée … leur voilier (Océanis 54’) est à vendre.

Si du premier coup d’œil, nous n’avons pas aimé « Carriacou », il en fut tout autrement de « Prickly Bay » bien qu’on y roule pas mal !!!

S’il y a pas mal de bateaux à la bouée, il ne manque pas de place pour jeter l’ancre. Ce n’est certes pas aussi vaste qu’à la baie « Sainte Anne » mais comme il y a encore de nombreux autres mouillages un peu plus loin dans les diverses baies …

C’est avant tout le décor de jolies villas qui donne au lieu toute son ambiance. Pour le surplus, il faudra attendre que nous ayons descendu l’annexe mais en fin d’après-midi, nous étions tellement fatigués que nous avons été nous coucher sans dîner à 19 heures !!!

Dimanche 28.

Rien de tel que de faire le tour de l’horloge pour se remettre d’aplomb. En tout début de matinée, nous avons eu droit à de fortes pluies mais par la suite, le soleil a refait son apparition. Comique mais on passe d’un plein soleil au mini grain sans la moindre transition !

Une fois encore le courage nous a manqué pour descendre l’annexe et visiter la baie ! Le fait que nous soyons un dimanche, ne nous incitait évidemment pas à courir les magasins … Assez étonnamment, le plan d’eau était beaucoup plus calme que la veille !

On roule toujours autant … Le soir, notre connexion satellitaire connaissait tellement de coupures que je n’ai pas regardé jusqu’à la fin mon film !!!

Lundi  29.

Le plus éprouvant reste d’être réveillé par la pluie au beau milieu de son plus profond sommeil, vous obligeant à fermer le capot de pont pour mieux l’ouvrir à nouveau quelques minutes plus tard. Question vent cela ne manque pas mais c’est encore une chance car sinon il ferait irrespirable tant il fait lourd et humide.

Maudite traversée … on commence déjà à stresser à l’idée : 88 milles pour atteindre « Trinidad ». A faire de nuit pour raison de sécurité (pirates) et surtout, pour y arriver de jour.

Nous avons descendu l’annexe pour découvrir la baie. C’est très joli mais pas très développé : d’un côté, la « marina » avec un ponton pour 4 bateaux de 38’ max. dont  l’extrémité est aménagée en petit  ponton fuel, un ponton pour annexes, un mini market et un bar. De l’autre côté, un chantier naval, un bar, un « Budget Marine » et un ponton pour annexes. Pour le mini market, il faut sortir du chantier, tourner sur la gauche et descendre un peu la route (sur la gauche). Pour trouver plus, il faut prendre un taxi.

Si durant la journée, nous avons roulé modérément, en soirée, ce fut tout simplement l’horreur. Incroyable que l’on puisse rouler autant sans jamais le moindre répit ! L’autre petit inconvénient de ce mouillage consiste à se situer dans le prolongement  de la piste d’envol de l’aéroport … nous avons compté 5 envols le jour de notre arrivée.

Mardi  30.

Cela fut certainement la nuit de trop mais à 8.30 heures, Ann me tirait du lit pour que nous changions de baie  … « ASAP » !!! D’ordinaire,  c’est plutôt moi « l’insatisfait perpétuel » mais là, pour une fois, elle était plus que décidée mon épouse !

Sans même prendre le temps d’une douche ou d’un petit déjeuner, nous avons levé l’ancre et nous sommes partis. Direction le large (fort agité) … avant de tourner vers l’est pour rejoindre « Woburn Bay » (5.3 milles) où « Minnie B » est au mouillage depuis quelques jours.  

Le chenal d’entrée est balisé mais la carte MaxSea n’en fait pas état car il ne s’agit pas d’un balisage « officiel »!!  Sans ce balisage, nous aurions sans doute hésité à nous y aventurer.

La baie est beaucoup plus échancrée que « Prickly Bay » et surtout, elle comporte de nombreuses petites baies intérieures. Le vent s’engouffre également profondément dans la baie mais la houle y est surtout beaucoup moins importante. Les bateaux « bougent » un peu mais il serait excessif d’affirmer qu’ils « roulent ».

L’endroit est moins chic qu’à « Prickly Bay » mais reste tout-à-fait charmant et très secure. On y trouve un imposant et vaste chantier naval (grue 242 T) … c’est là que « Sarama » est au sec  depuis février. Le plus important c’est qu’il y a de l’eau à courir (attention tout de même aux dangers isolés plus ou moins signalés), que beaucoup de bateaux sont à l’ancre ou sur bouée et qu’il se dégage une certaine ambiance du site.

En annexe, Ann a fait brièvement connaissance avec les propriétaires d’un Conrad 66’ (fabrication polonaise – 60 T) battant pavillon belge. Ils sont d’Hasselt mais parlent très bien le français : c’est leur première saison dans les Antilles.

Pour son malheur, Ann avait commandé hier, quelques avitaillements à la supérette de « Prickly Bay  Marina» et s’est donc sentie dans l’obligation d’aller chercher sa commande … en taxi !  

Le soir, nous recevions à dîner, Norma & Phil de « Minnie B ». Après leur départ, nous avons allumé la télévision et constaté que notre liaison satellitaire se coupait en permanence !!! Il semblerait que le bateau pointait précisément dans la direction qu’il ne fallait pas et comme le bateau ne gravitait pas pour une fois, sur son ancre …

Mercredi  31.

Nous avions décidé de traverser sur « Trinidad » (88 milles) seulement ce jeudi … mais quand j’ai vu le nombre d’annexes qui revenaient de la « baie d’à côté », j’ai suspecté que beaucoup de bateaux partiraient ce soir, en plus de « Minnie B » et de leurs amis … et donc, pour ne pas rester seuls au mouillage comme des idiots, nous avons pris la décision de partir aujourd’hui ! C’est dans la « baie d’à côté » que se situe le bureau des douanes et de l’immigration. Les deux baies communiquent par un bras de mer mais des haut-fond en barrent le passage ! En annexe, il faut longer les bouées jaunes qui mènent à la « marina le phare bleu ».

Traversée palpitante avec les pirates, sur « Trinidad » dans le prochain article …

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Publié par : Ann & Stéphane | 28 mai 2017

Fiche technique – Eau à bord.

L’eau est source de vie et personne n’imaginerait vivre sur la mer … sans eau douce ! Malgré cela, les détendeurs d’un déssalinisateur ne sont étrangement pas légion !! En fait, beaucoup de plaisanciers font extrêmement attention à leur consommation et parviennent, sans trop de difficultés (?), à tenir le temps d’une traversée, avec les réservoirs du bord !

Il y a de cela plusieurs années, nous avons participé à une croisière d’une semaine dans les Antilles : nous étions 8 à bord et nous ne disposions d’eau douce qu’à concurrence de 540 litres si mes souvenirs sont exacts.

Comme j’étais le skipper, j’ai demandé à mon équipage, la plus grande rigueur dans l’utilisation de l’eau douce et nous avons tenu sans problème jusqu’à la fin du séjour … mieux même, il nous restait une quantité importante d’eau douce dont il n’aura fallu qu’une seule petite journée, pour en venir à bout  quand j’ai levé les restrictions !

En conclusion, c’est parfaitement faisable parce qu’ il est possible de recourir à l’eau de mer pour quantités d’opération (il existe même des savons spéciaux pour l’eau de mer !) et que la réserve d’eau douce du bord peut être complétée par des bouteilles.  Maintenant, si vous souhaitez un peu plus de confort, il vous faudra penser soit à confectionner un récupérateur d’eau de pluie relié à vos réservoirs soit à équiper votre bateau, d’un déssalinisateur.

  1. Récupérateur d’eau de pluie.

Je pense que cela se trouve dans le commerce (et pourquoi pas acheter une petite piscine gonflable pour enfants) mais vous pouvez tout aussi bien, le bricoler vous-même : notre ami Jean de « Otter II » a brillamment réussi le sien.  Nous l’incitions tant que possible, à l’installer car à chaque fois … il ne pleuvait pas ! Par contre, à peine enlevé et nous avions droit au déluge !

Le principe est simple et consiste en une bâche imperméable montée en forme de bassin de natation pour bébé, le fond présentant un trou auquel est relié un tuyau menant à la nable du réservoir d’eau. Plus grand est le bassin et plus la récupération d’eau de pluie sera importante. Evidemment, ce n’est pas très pratique en navigation …

  1. Déssalinisateur.

Grands consommateurs d’eau (douches quotidiennes, nettoyage du matériel de plongée, lessives, vaisselles, WC électriques à l’eau douce … nettoyage de coque et du pont), nous ne saurions survivre sans notre déssalinisateur !

Nous avons opté pour un « Sea Recovery  – Aqua Whisper» (220 litres/heure) qui nous donne totale satisfaction. La marque est considérée par beaucoup comme étant la « Rolls des Rolls ».

Peu importe votre choix, il est essentiel dès que l’appareil a été mis en route, de le faire fonctionner le plus régulièrement possible pour que les membranes ne s’assèchent pas !  N’hésitez donc pas à le mettre en marche pour autant que l’eau que vous pompez, n’est pas chargée de produits pétroliers comme c’est souvent le cas, en marina ou dans un bassin fermé.

Ne pensez pas pour autant qu’il faille lever l’ancre à chaque fois que vous voulez faire de l’eau : nous faisons de l’eau en navigation mais également, au mouillage.

  1. a) Comment faire lorsqu’on quitte le bateau pour une longue période ?

Il existe des produits pour « hiverner » votre déssalinisateur mais la plupart des professionnels vous les déconseillent  car le risque est trop grand que tous vos joints soient attaqués par ces mêmes produits !!! Il semblerait même qu’il vaut mieux ne rien faire que d’utiliser ces produits !

A bord de « S.A.S.³ », notre déssalinisateur est équipé d’un système de nettoyage automatique à l’eau douce après chaque utilisation et une fois, tous les 8 jours. Le seul problème consiste en ce que le déssalinisateur doit rester sous tension (220V) … ce qui suppose le raccordement à une prise électrique en ordre de marche! En votre absence, il est donc souhaitable qu’une personne de confiance vérifie périodiquement que le fusible électrique du ponton ou du chantier n’a pas sauté …

Au mouillage, nous devons mettre en route le GE pour faire fonctionner notre déssal. car la puissance des batteries n’est pas suffisante !

  1. b) Fréquence du changement des filtres ?

Notre déssal. est équipé de pré-filtres de 25 et 5 microns qu’il faut remplacer périodiquement. En fait,  notre appareil s’arrête dès que les filtres sont trop chargés … mais il est également possible d’en avoir une idée en regardant le « pressostat basse pression » : si celle-ci est trop basse, cela signifie que les filtres sont encrassés.

La périodicité du remplacement dépend du nombre de litres d’eau de mer filtrés et de sa qualité : cela peut aller d’un mois à … un jour ! Nous avons connu au moins trois mouillages où un nouveau pré-filtre ne tenait pas le temps d’un remplissage complet des réservoirs !!!

  1. c) Les pré-filtres peuvent-ils être nettoyés ?

Les pré-filtres sont des cartouches en polypropylène plissé et peuvent être rincés avec beaucoup de précaution. Après trois rinçages, généralement, les pré-filtres sont bons pour la poubelle. Bien évidemment, un pré-filtre « rincé » tient beaucoup moins longtemps qu’un pré-filtre neuf. A bord de « S.A.S.³ », nous rinçons rarement les pré-filtres sauf quand ils s’encrassent trop, trop  rapidement ! L’accès aux pré-filtres n’est pas trop aisé et ceci explique sans doute cela.

  1. d) Eau de mer.

Cela coule de source mais … le déssal. ne fonctionne pas si vous pompez de l’eau douce !

  1. e) Minéraux.

L’eau qui sort de votre déssal. est une eau totalement neutre (sans minéraux), au goût pas terrible ! Il est donc conseillé de monter sur le réseau, un « minéralisateur » dont l’objet est d’enrichir l’eau en minéraux.

  1. f) Goût.

Pour une question de goût, si vous buvez l’eau de votre déssal, je vous conseille très vivement de placer sur votre système d’eau pressurisé, un petit robinet  chromé, équipé d’un filtre purificateur : le Seagull  IV.

Le placement est extrêmement facile à réaliser et ne nécessite aucun entretien particulier si ce n’est le changement du filtre (nous le changeons une fois par an mais d’autres procèdent à un changement beaucoup plus rapide). Le résultat, au niveau du goût, est absolument impressionnant.

  1. g) Conseil pratique.

N’attendez jamais que vos réservoirs soient vides pour mettre en œuvre votre déssal. car si celui-ci tombe en panne … vous vous retrouverez à sec d’eau ! Comme de surcroît, il est plus que conseillé de le faire fonctionner régulièrement … pourquoi attendre ?  Sur « S.A.S.³ », le déssal. fonctionne tous les deux jours voire quotidiennement environ 3 heures.

  1. h) Approvisionnement.

Il est parfois possible de se fournir en eau potable en des points précis de la côte … encore faut-il pouvoir y accéder avec son bateau ! Le plus simple est évidemment de se rendre en marina ou à un ponton fuel.

En certains mouillages (Spanish Water de Curaçao – baie Sainte Anne en Martinique …), de petits bateaux proposent de vous ravitailler en eau. Mais le plus fréquent, c’est le plaisancier qui se ravitaille en eau … avec des jerrycans.

  1. Pompe à eau de secours.

Tout dépend en quelle région vous naviguez mais imaginez un instant qu’en pleine traversée océanique, votre pompe à eau tombe en rade ! Vous voyez le tableau : mourir de soif à côté de son réservoir  d’eau douce en inox en raison de votre impossibilité de pomper l’eau !

Sur « S.A.S.³ », le chantier a prévu sur le circuit d’eau, la présence d’une pompe à eau de secours au cas où le groupe hydrophore viendrait à tomber en panne (cas vécu !) : il suffit de manipuler quelques vannes pour passer d’un système à l’autre.

 

 

 

Lundi 01.

Entretien du GE. Quand il faut … il faut. Un peu l’impression que nous n’arrêtons pas de tripoter ce groupe mais celui-ci est primordiale à notre mode de vie et donc pas question de lésiner sur les moyens. Le problème réside en ce qu’il faut que l’huile soit bien chaude pour la vidanger et que par la suite, on travaille dans une chaleur pas possible …

Départ de « Zig Zig » pour le Sud.

Visite de courtoisie de « Pinocchio », de retour des « Saintes » (Guadeloupe) où la pluie était bien présente. Au programme pour nos copains, une descente paisible vers « Grenade » en fin de semaine.

Mardi  02.

Si pour ce long week-end du 1er mai, le plan d’eau s’était à nouveau un peu peuplé, les bateaux partaient  ce matin, en file indienne jusqu’au « Marin ». Pas à dire mais le mouillage continue de se clairsemer  … tantôt nous serons les seuls à rester !!

« Lady Mi » est parti pour la marina du « Marin » en attendant l’arrivée du skipper qui doit convoyer le voilier vers l’Europe. Petite visite de courtoisie à « Maeva », quelques courses au village et « tea time » chez « Asabranca ».

Mercredi  03.

En prenant des nouvelles de la réparation de notre lave linge, nous apprenons que si les pièces commandées (livraison en deux fois) sont bonnes, le remplacement d’une nouvelle autre pièce est nécessaire  … 

Tout cela ne présume rien de bon pour notre descente vers « Trinidad » qu’Ann souhaitait paisible et champêtre … j’ai davantage l’impression qu’il s’agira à nouveau, d’un « one shot ».

La météo ayant annoncé des pluies pour toute la semaine … nous jouissons, en fait, d’un climat très agréable (plan d’eau calme)  avec de belles éclaircies et pas de pluie. Il n’en fallait pas moins pour nous décider d’aller plonger … après quelques hésitations négatives.

Au vu de notre dernière plongée, nous avons décidé de remettre le couvert et d’étudier la possibilité de réaliser cette plongée avec Laurent de « Maeva » : parfaitement faisable avec un débutant, en demeurant sur le haut de la pente.

A peine sur le fond, premier incident technique : une fuite d’air au niveau du sifflet d’alerte et une autre fuite d’air au niveau du tuyau HP de l’ordinateur d’Ann. Pas grave mais pertes d’air suffisamment importantes que pour nous gâcher notre plongée ! Aussi, après avoir fermé l’arrivée d’air (Ann respirait sur son détendeur de secours), j’ai retiré le sifflet d’alerte et débranché/rebranché l’ordinateur … plus de fuite d’air !

Nous avions attaqué depuis quelques minutes, la pente, épaule droite, qu’Ann me signale que l’embase de son ordinateur fuse à nouveau, pas mal ! Aux grands maux, les grands remèdes, je coupe son arrivée d’air principale tandis qu’elle passe sur son détendeur de secours.

Par acquit de conscience, je vérifie son manomètre et constate effaré qu’elle n’a plus que 100 bar dans sa bouteille !!! Nous faisons donc demi- tour pour relever qu’elle n’a plus maintenant que 30 bar !!! C’est là que je suis enfin bien inspiré en me rappelant que le manomètre (mais aussi la stab !) est branché sur l’arrivée d’air principale …nous étions entre-temps revenus à la « perche » (-17 m.).

La combinaison idéale consiste à partager ses arrivées d’air sur deux détendeurs indépendants (obligatoires en Belgique) : le manomètre sera ainsi branché sur le détendeur de secours tandis que le manomètre de l’ordinateur sera branché lui, sur le détendeur principal. Pourquoi ne pas l’avoir fait ? Pour la simple raison que nous ne plongeons généralement qu’avec un seul détendeur et son octopus (Air 2) pour économiser nos détendeurs : l’entretien d’un détendeur coûte une fortune !

Je profite de l’occasion pour préciser à l’attention de futurs romanciers ou écrivains que les bouteilles de plongée sont remplies d’air et non, d’oxygène … qu’il n’y a pas de vitesse limite à la descente mais bien à la remontée … qu’on n’expire pas par le nez mais par la bouche !!! Ces trois erreurs se retrouvent dans le roman policier que je suis en train de lire … quant à croire que nous respirons de l’oxygène pur, il s’agit d’une croyance fort répandue !!!   

Bien décidés à ne pas gâcher cette magnifique plongée, nous sommes repartis « épaule gauche ». Cette plongée est splendide tant par ses coloris, la clarté de son eau, ses bancs de poissons ou ses langoustes.  Mais, mais, mais … il s’agit d’une plongée « piège » car sans s’en rendre compte, on dérape facilement  vers le fond (-40m), tout en se laissant entraîner par un courant qui ne dit pas son nom. On peut donc vite se retrouver avec des paliers obligatoires et à court d’air !!!! Ceci explique peut-être pourquoi les clubs de plongée n’y vont pas avec leurs clients.

Jeudi  04.

Une météo toujours ensoleillée à couvert, un plan d’eau calme, un vent relativement faible, peu de monde sur le mouillage,  un va-et-vient  toujours le même … c’est le paradis sur terre depuis quelques jours, depuis plus précisément le jour où la houle a fini de nous enquiquiner.

Dans cette ambiance calme et apaisée, je serais bien aller plonger si quelques courses d’avitaillement au « Marin » ne commençaient à devenir urgentes. Donc … nous sommes allés au « Marin » en empruntant pour la première fois, le raccourci par le « Club Med » que nous sommes bien les seuls à ne pas connaître !!!

J’avais vu, le matin même, nos voisins l’emprunter et cela me vexait qu’après plusieurs mois sur le mouillage, nous en étions toujours  à faire le « grand tour ». J’étais donc bien décidé à jouer les aventuriers malgré les réticences habituelles d’Ann sauf qu’en ayant embarqué Chantal de « Maeva », nous avions avec nous, un guide de tout premier ordre.

En fait, il semblerait bien que toutes les annexes du mouillage passent par là et c’est vrai que c’est bigrement plus court et moins chahuté. Comment y arriver ? Tout d’abord, en se dirigeant vers le fond du mouillage, du côté du « Club Med ». Il faut ensuite piquer sur l’embarcadère du ski nautique, longer de très près toutes les bouées de plage jusqu’à la petite marina du « Club Med » et enfin, piquer de là, sur la bouée rouge du chenal.

De retour à bord, nous avions la visite de Jeanne & Bernard de « Asabranca » venus nous proposer de sortir dimanche soir, à « Sainte Anne ».

Vendredi  05.

Moi et ma grande gueule … j’aurais été mieux inspiré de la fermer au lieu de parler de « paradis sur terre ». Bien évidemment, toute la matinée, il a fait super crade au point que nous avons annulé la plongée programmée ce midi, avec Laurent de « Maeva ».

Nous n’avons cependant pas perdu au change puisque nous sommes restés tranquillement dans notre lit ! Nous en sommes sortis vers … 13 heures pour refaire le lit pour mieux dormir ! Mouais, non, faut pas croire … on est des « lève tôt » c’est juste que nous ne parvenons pas à nous remettre du décalage horaire.

Après-midi super calme où tout semble figer dans le temps sauf le bateau qui en roule de plaisir … un vrai joyeux drill ! Moi et ma grande gueule !  Les seuls mouvements enregistrés sur le plan d’eau, sont ceux des bateaux de location qui démarrent ou, au contraire, qui rentrent au bercail. Nous sommes donc un peu plus nombreux que d’habitude mais d’ici lundi, tout sera rentré dans l’ordre.

Samedi  06.

Il fait couvert avec un petit vent bien soutenu qui lève un peu de fetch. Allons-nous aller plonger ?? Laurent de « Maeva », pour sa part, déclara ne pas en avoir trop envie, ce que nous ne comprenions que trop bien puisque même nous, nous hésitions beaucoup : trop de vent et pas de soleil !

Après avoir laissé décanter la question jusqu’à me dire que je me calerais bien dans notre cockpit pour poursuivre mon absorbante lecture … je me décidais brutalement à aller plonger ! Haut les cœurs … en voiture, Simone. Dans ces cas là, on ne réfléchit plus et on se magne le cul en sachant pertinemment bien que jamais on ne le regrettera.

Nous sommes tombés fous amoureux de ce spot de plongée (« le grand Mur ») et à chaque fois, nous faisons de nouvelles découvertes. Cette fois-ci, nous avons eu droit à un « poisson coffre » de très belle taille (une cinquantaine de centimètres) ainsi qu’à une « serpentine ocellée » très affairée dans un trou ! Mais avant tout, il s’agit d’un festival de couleurs et de coraux bien que la visibilité générale était nettement moins bonne que d’habitude.

Contrairement à nos plongées précédentes, nous n’avons rencontré aucun courant à hauteur du tombant … par contre, celui-ci se faisait de plus en plus ressentir au fur et à mesure que nous nous rapprochions de la surface : remonter dans l’annexe se révéla un peu plus sportif qu’à l’habitude d’autant que la mer levait en cet endroit, un bon clapot.

J’ignore si cela correspond à la fin de saison mais notre matériel de plongée présente défectuosité sur défectuosité : aujourd’hui, c’était la pile de ma Suunto D4 (montre/ordinateur de plongée) qui était défaillante et le détendeur de secours d’Ann qui fusait un peu.

Le soir, nous achetions nos pizzas auprès d’un catamaran mouillé dans la baie … transformé en pizzeria !!

Dimanche  07.

Temps sec avec éclaircies mais assez bien de vent levant un bon fetch … une journée farniente par définition.

A l’initiative de « Asabranca », nous avions tous rendez-vous au boui-boui  « Chez Hubert » de « Sainte Anne » pour un formidable couscous. Nous étions 13 personnes venant de plusieurs bateaux comme « Maeva », « Lady Mi », « S.A.S.³ », « Jalan Jalan » ou « Laurence ».

L’ambiance était bon enfant et nous aurions certainement passé une excellente soirée si le petit orchestre local ne s’était mis en tête, de nous rendre tous sourds avant la fin du repas : impossible de communiquer autrement qu’en s’envoyant des sms d’un côté à l’autre de la table !!! Nous avons bien demandé  à l’orchestre de diminuer un peu le nombre de décibels mais ce fut en pure perte.

Les seuls moments de détente furent lors des trop rares et trop brèves pauses de l’orchestre au point que le dîner terminé, nous avions pris la décision commune de nous déplacer vers la petite place pour terminer plus tranquillement la soirée.

C’est le passage sur scène, de Bernard avec sa guitare qui amena un peu de la douceur dont nous avions tous besoin. Pas suffisamment que pour faire la connaissance des quelques invités dont nous découvrions l’existence comme Edouard (équipier sur « Laurence »), Serge et son équipier, Arthur,  qui ont été chargés du rapatriement de « Lady Mi » sur Nieuwpoort (Belgique) ou Eric de « Jalan Jalan ».

Lundi  08.

Réveil sous les trombes d’eau … rarement vu des averses aussi longues.  Journée sans grand intérêt où nous avons essayé de nous projeter dans le futur … avec pour seule conclusion, un « on verra » habituel et toujours aussi irritant ! Aujourd’hui, je suis convaincu que notre programme 2017/2018 ne sera pas différent de celui de 2016/2017 !!! Eh oui, je n’en ai pas encore marre de la « Martinique » et je ne vois pas l’intérêt de continuer à bouffer des milles alors que j’ai trouvé mon « petit paradis ».

Mardi 09.

Journée de courses au « Marin ».

Normalement, la dernière pièce commandée pour notre lave-linge est partie aujourd’hui  de Miele France … mouais, enfin, en principe, elle devait déjà être envoyée vendredi passé ! Avec un peu de chance, nous aurons notre machine en retour, la semaine prochaine … cela ne fera qu’un peu plus de deux mois que nous attendons !

C’est à un tel point que nous avons commandé une nouvelle pompe de cale (1.700 € !!) alors que l’ancienne fonctionne encore mais présente des signes inquiétants d’électrolyse. Bien évidemment, comme nous n’en avons pas un urgent besoin, à peine commandée, nous l’avons reçue le surlendemain …

Mercredi  10.

En finale et une fois de plus (la journée d’hier fut très belle), la météo est beaucoup plus agréable que prévu ! Aussi, Ann, pleine du courage que je n’avais pas, en a profité pour s’attaquer au nettoyage des inox. Il faut savoir qu’il y a tellement d’inox sur le bateau qu’à peine le travail terminé … tout peut être recommencé à l’autre bout !

En fait, nous aurions pu aller plonger mais nous étions tellement convaincus qu’il ferait dégueulasse que nous avons laissé passer le temps sans réagir !

Le soir, nous avions à dîner Chantal & Laurent de « Maeva ». Très sympathique soirée qui s’est terminée, passé 23 heures.

Jeudi  11.

Comme prévu la veille, nous avons été plonger sur le « Grand Mur » avec Laurent de « Maeva » tandis que Chantal assurait la sécurité en surface : nous avions pris les deux annexes.

Si  Laurent connaissait le site pour y avoir déjà plongé avec moi, la nouveauté résidait en ce que cette fois, nous ne sommes pas restés sur le plateau mais que nous avons longé la pente en la dévalant jusque -23m. Cela a malheureusement suffi pour angoisser Laurent qui a commencé à beaucoup consommer …

Dommage car le site était superbe et  la visibilité excellente mais nous (Ann plongeait avec nous) ne tenions pas à le pousser dans ses extrêmes en sorte que nous avons assez rapidement fait demi-tour … nous avions malgré tout 28’ de plongée lorsque nous sommes revenus sur le plateau.

Une fois sur le plateau, Laurent retrouvait son assurance et son calme. J’en ai profité pour lui faire faire un petit exercice de passage d’embout mais il n’a pas compris et je n’ai pas insisté, qu’il fallait rester en apnée entre les respirations sur mon détendeur ! En fait, à chaque fois, il remettait en bouche son propre détendeur … je suis donc le seul à avoir réalisé l’exercice !

Après avoir un peu traîné autour de la bouée, nous sommes remontés (41’). Belle plongée qui a démontré que Laurent devait encore progresser  mais que par contre, son lestage s’était allégé d’un coup, de deux bons kilos !

Vendredi  12.

Après une première partie de nuit sans vent, aujourd’hui, il fait un peu venteux avec un ciel couvert.  L’occasion de se rendre compte que par vent faible ou nul, le mouillage devient très vite un peu rouleur et que le vent est un mal nécessaire pour assurer la stabilité des bateaux ! Ceci explique sans doute que jusque Pâques, le bateau ne roulait jamais !

Un dernier décompte porte à 108 le nombre des bateaux ancrés à la baie « Sainte Anne » : à la fois très peu et encore, beaucoup selon l’angle sous lequel on se place : c’est très peu si on pense qu’en décembre, ce nombre était multiplié par 4 ou par 5  et c’est encore beaucoup si on considère que la fin des vacances de Pâques a sonné la fin de la saison de voile !

Je sais que vous allez penser que j’exagère mais nous avons appris ce jour que la pièce commandée chez Miele France, pour notre lave linge, n’était pas la bonne car le mot « croisillon » n’est pas traduit de la même façon des deux côtés de l’Atlantique … on croit rêver. Avec tout cela, il est de plus en plus question que nous partions sur « Trinidad » sans notre lave linge !!!!  En ce cas, nous le récupérerions … en décembre !

Nous étions partis en annexe pour faire un petit coucou à Jeanne & Bernard de « Asabranca » mais comme ils n’étaient pas sur leur bateau, Ann a voulu faire papote avec les plaisanciers d’un cata de location qui arborait un énorme pavillon belge. Mais quand j’ai vu que Monsieur se lavait consciencieusement les roubignoles , tout nu sur sa jupe arrière, j’ai détourné pudiquement le regard et remis les gaz …

Tous les jours, entre 16 et 18 heures, on peut voir de nombreux plaisanciers faire leur toilette sur la jupe arrière de leur bateau : les hommes sont généralement à poil tandis que les femmes sont le plus souvent les seins nus voire totalement nues si elles sont plus âgées …ô mora, ô tempores !

Cela fait déjà quelques jours que les sifflotements de mon voisin brésilien, « Namastê », me tape un peu sur les nerfs : son voilier a beau ne pas être à couple du nôtre, on l’entend comme si nous étions dans la même pièce. Sauf que nous venons de découvrir aujourd’hui, qu’il s’agissait en fait … d’un perroquet vert !!! Il ne se voit pas sur la photo mais à la jumelle, nous l’avons clairement aperçu.

Samedi  13.

Une belle journée de plus et  la lessive à la « Anse Caritan » pour Ann.  J’en ai profité pour changer les filtres (5 et 25 microns) du déssal  … ce qui m’a amené à devoir nettoyer le pré filtre ! En retrouvant des herbes dans le filtre, je me suis dit que j’aurais sans doute intérêt à vérifier l’état du pré filtre …

Pour le surplus ? Nous avançons bien dans nos lectures respectives. Merci. Moi qui n’aie jamais lu plus de dix livres dans toute ma vie, je suis devenu un fondu de la lecture depuis que nous avons attaqué notre tour du monde !!  Notre mode de vie actuel  facilite sans doute cette petite révolution.

Dimanche 14.

Nous avions la ferme intention d’aller plonger  mais un vent bien soutenu nous en dissuada assez facilement. Il faut avouer que se caler dans notre cockpit avec un bon bouquin en main, fait partie de ses petits plaisirs de la vie dont nous ne nous lassons pas.

Lundi  15.

Visite de Jeanne & Bernard de « Asabranca », venus nous apporter leur bouteille de plongée pour gonflage. Le problème de la bouteille 10 l. en acier de Bernard est qu’il s’agit d’une 300 bar et qu’aucun centre de plongée ne gonfle à plus de 200 bar !!! Le seul moyen de la gonfler à 300 bar, oblige  à se rendre auprès d’un magasin de plongée …

Nous ayant raconté qu’il avait perdu dans l’eau, ses lunettes correctrices, trois jours plus tôt, nous lui avons proposé de plonger pour essayer de les retrouver : il ne s’agissait que d’une troisième tentative puisque Bernard s’y était déjà essayé ainsi que deux petits jeunes du « Marin ».

Si nous étions partis plein d’assurance de retrouver les lunettes en un temps record, en constatant qu’un vaste herbier tapissait le fond du mouillage de « Asabranca », nous avons vite pris conscience que la tâche serait beaucoup plus ardue que prévu malgré la faible profondeur (-2.50 m).

Bien que nous étions deux et que nous y avons passé 72’, nous n’avons pas trouvé la moindre trace des lunettes !!! Parfaitement incroyable d’autant que nous avons ratissé large. Nous avons par contre, pris conscience de la présence de petits poissons verts parfaitement camouflés dans l’herbier.

De manière stupéfiante, les fonds de la baie sont  propres : on ne trouve quasiment aucune ordure ou déchet quelconque hormis peut-être les filtres à café de « Asabranca » ! Ce qui signifie que soit les plaisanciers sont soucieux de la nature soit que celle-ci se défend en enfouissant dans le sable, tout corps étranger … après le mystère du « Triangle des Bermudes », faut-il  évoquer le mystère de la baie « Sainte Anne » ?

Mardi  16.

La fin de saison approchant à grands pas, j’ai un peu le sentiment que tout est figé et qu’il n’y a plus lieu qu’attendre avec résignation, le moment où le bateau sera rangé sur une aire de carénage. Triste perspective … le moral n’y est pas vraiment .

Evidemment, si nous n’étions pas paralysés par la réparation de notre lave linge, nous pourrions nous mettre en mouvement dès demain, avec « Laurence » et profiter de cette fin de saison pour découvrir les « Grenadines ». Au lieu de cela, il est fort à craindre que nous serons astreints à un « one shot » de dernière minute puisque la sortie du bateau de l’eau est déjà  fixée au 12 juin …

Entre deux grands moments de lecture, nous sommes partis chez « Asabranca » poursuivre nos recherches de la veille !! Je sais, je sais, cela peut paraître stupide voire inconcevable mais cette histoire de lunette perdue dans l’eau, nous frustre : impossible d’accepter qu’il est impossible de retrouver ces maudites lunettes par -2.5 m de fond.

Comme notre plongée de la veille n’avait donné aucun résultat, nous avons décidé d’une autre méthode : le snorkeling. Au préalable, nous avions placé « Asabranca » dans la position qui était la sienne où jour de l’accident et ce grâce à l’ancrage de notre annexe.  Le plus incroyable c’est qu’après deux heures de snorkeling à trois, nous n’avons pas trouvé la moindre piste qui aurait pu nous amener à l’assassin ! Oups ! Je devrais peut-être lire un peu moins de romans policiers.

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Publié par : Ann & Stéphane | 6 mai 2017

17 au 30.04.2017 – Retour à la baie « Sainte Anne »: Ouf !

Lundi  17.

Avec la pluie que la météo annonce pour cette semaine, nulle envie de rester plus longtemps à la « Grande Anse d’Arlet » … qui, de surcroît, nous a déçus car notre plongée sur site, ne s’est pas révélée à la hauteur du souvenir que nous en avions gardé !!! Et comme si cela ne suffisait pas, je ne m’y suis jamais senti  à l’aise en raison de vieux mauvais souvenirs et de cette maudite houle qui semble vous guetter même quand elle vous laisse en paix. Seul regret : nous laissons quelques chouettes copains derrière nous mais nous les reverrons tôt ou tard.

Après le petit déjeuner, nous avons levé l’ancre … qui  à son tour, a levé un panier ! Rien de trop méchant puisqu’il m’a suffi de couper la corde de la bouée de mouillage pour nous en débarrasser. J’aurais souhaité ne pas en arriver à cette extrémité mais ce maudit bout s’était emberlificoté autour de l’ancre et je n’ai rien pu faire d’autre. Sorry.

Sans doute un nouveau problème avec notre guindeau : plus moyen de faire remonter l’ancre autrement que maillon par maillon. Cela remonte mais c’est horriblement lent. Mais curieusement, le problème avait totalement disparu une fois arrivé à la baie « Sainte Anne » !!!!! A surveiller de très près … à moins que la cause ne soit à imputer aux mauvaises ondes de la  « Anse d’Arlet ».

Enfin partis, nous avons hissé toute la toile pour un départ en fanfare sous de belles rafales de vent ! Le long de cette côte, les rafales de vent sont très fréquentes. Très rapidement, nous avons décidé de prendre le large et un ris dans la GV pour être plus à l’aise. Malgré un peu d’énervement de ma part, les automatismes ont su refaire surface.  

Une heure plus tard, nous tirions notre premier bord vers le large, sur un bateau très posé qui se laissait totalement dominer avec deux doigts sur la barre. Nous retrouvions tout le bonheur de naviguer.

Passé le « Diamant », nous avons viré de bord pour nous retrouver sur  la côte un peu plus tard. Nouveau virement de bord et cette fois, nous avons tiré très loin en mer. Le quatrième bord fut le bon et nous amena jusqu’au mouillage.

Nous avons eu droit à un vent de 15 à 18 nœuds de vent réel et à une mer légèrement agitée. « S.A.S.³ » remonte très bien au vent … encore faut-il le régler correctement !! Facile de relever que plus le temps passait, plus les réglages s’affinaient et bien meilleur était notre près. Notre nouveau bimini est équipé de deux lucarnes en strataglass : j’ai été scié de relever comme il était aisé de régler sa GV au départ de la lucarne située juste au-dessus du barreur ! Jusqu’à présent, le plexi de cette lucarne ne permettait pas d’y voir suffisamment. 

La qualité de nos bords n’a donc pas toujours été la même et ce n’est que dans le dernier bord que j’ai été stupéfait de voir que nous marchions à plus de 8 nœuds à 24° du vent !!!! Je n’exagère rien mais il me faut préciser que le vent était monté d’un cran et que nous avons immédiatement réduit le génois. Ceci étant dit, j’ai cru pendant tout un moment que notre anémomètre déconnait car il restait bloqué entre 24° et 29° alors que la vitesse dépassait encore les 7 nœuds … chaud devant  !!!

Si « au large », nous avons joui d’un très beau soleil, notre arrivée au mouillage fut beaucoup plus morose avec un ciel gris et un vent un peu trop soutenu … de quoi vous poser la question de savoir si votre choix était le bon !

De loin, nous avons eu l’impression que le mouillage était plein à craquer mais de près, il est toujours aussi clairsemé que lorsque nous l’avons quitté quatre jours plus tôt au point que nous aurions pu reprendre notre ancien emplacement !  Mais comme tous les crétins semblent avoir un faible pour celui-ci … nous avons jeté l’ancre un peu plus au large et un peu plus en arrière, en l’espoir que nous aurons un peu plus la paix.  Il va falloir maintenant  s’habituer à notre nouvel emplacement et ce n’est curieusement pas gagné d’avance !!!

Mardi  18.

Enfin, une bonne nuit avec de l’air : assez curieusement, à la « Grande Anse d’Arlet » nous n’avions aucun vent qui arrivait jusqu’aux capots de pont de notre cabine arrière ! C’est peut-être stupide à dire mais pour ceux qui ne savent pas dormir sans la fenêtre ouverte, c’était comme si celle-ci était fermée.

Au matin, si le ciel était menaçant, nous n’avions toujours pas eu de pluie et pour une fois, je le regrettais car notre bateau avait sérieusement besoin d’être dessalé !  Alors que nous allions nous mettre en route pour aller chercher une bonne baguette, la pluie s’est mise à tomber  nous laissant à penser  que plus rien ne l’arrêterait jamais !

Tout ayant toujours un commencement et une fin, vers 15 heures, nous allions partir vers le débarcadère lorsque nous avons vu  Phil de « Minnie B » se diriger vers nous : il venait nous proposer de nous donner rdv chez « Martine » à 17.30 heures . Nous ne savions pas qu’ils étaient partis le même jour que nous de la « Grande Anse d’Arlet » ! En fait, ils sont partis à 8.30 heures et sont arrivés à 14 heures tandis que nous sommes partis passé 11 heures et sommes arrivés vers 15.30 heures.

Au débarcadère, j’ai été étonné de voir aussi peu d’annexes et en revenant au bateau , le plan d’eau m’a semblé étrangement désert. J’ai compté 151 bateaux ce qui n’est rien par rapport aux centaines de bateaux que l’on trouve normalement sur le plan d’eau.

Dans le courant de l’après-midi, c’est « Lady Mi » qui faisait son apparition sur le mouillage.

Chez « Martine » nous avons retrouvés Norma & Phil de « Minnie B » pour manger de succulents accras aux crevettes.

 Mercredi  19.

Il pleut, il drache, il pisse, il pissote, il bruine … en bref, cela mouille de partout et c’est très déprimant. C’est bien simple … nous sommes totalement déprimés au point de n’avoir aucun courage à faire quoi que ce soit. C’est à ce point terrible que nous avons décidé de farniente en pleine semaine !!!

Pour nous consoler de cette tragédie antillaise, Ann nous avait préparé de délicieuses crêpes que nous avons enfournées jusqu’à la dernière !  Miam, miam … c’était trop bon.

Jeudi  20.

Temps sec voire même un peu ensoleillé … il ne nous en fallait pas plus pour faire nos courses au « Marin ». Si question avitaillement, Ann a tout trouvé … en matière de « bricolage », je n’ai rien trouvé !!  Et pourtant les magasins visités sont bien achalandés mais comme toujours, il y a absolument tout ce que l’on cherchait la dernière fois mais pas ce dont on a besoin dans l’instant !

Mais tout cela relève de l’anecdote en comparaison de l’impression désastreuse de fin de saison qui prédomine au « Marin » et qui m’a carrément donner l’envie de lâcher les amarres !! Il est vrai qu’à la baie « Sainte Anne », la fréquentation a fortement baissé mais naïvement, je pensais jusque là, que tous les bateaux s’étaient réfugiés  au « Marin ».

En fait, depuis Pâques, une partie des bateaux remonte vers le nord en vue d’un retour en Europe (« Badoc »)  tandis qu’une autre partie se fait déjà sortir de l’eau (« Balaruc ») … il ne reste donc plus que les téméraires qui resteront sur place jusqu’en juillet (« Maeva ») et les retardataires comme nous, qui iront rejoindre « Trinidad » pour début juin.

Le soir, nous avions à dîner Norma & Phil de « Minnie B » qui entamaient leur lente descente vers « Trinidad », dès le lendemain.

Vendredi  21.

Comme Aline de « Lady Mi » était en manque de plongée, nous avions convenu de nous retrouver  à notre bord, pour 12.30 heures.

En voulant mettre l’annexe à l’eau, nous avons oublié d’enlever l’une des deux sécurités qui maintient l’arceau amovible le long du portique arrière en sorte qu’entraîné sur un seul côté par le poids du moteur, l’arceau s’est légèrement tordu. Par manque de chance, c’est la sécurité du côté le plus lourd de l’annexe  qui a été retirée …

Si on ne voit rien à l’œil nu, c’est le réglage des élingues qui s’en est trouvé bouleversé. Nous en étions à essayer de voir  comment remédier au problème lorsqu’Aline & Louis arrivaient avec leur annexe.

Remettant à plus tard la question, nous sommes partis les rejoindre à la bouée du « Club Med ». Si la visibilité était exceptionnellement exécrable, cela ne nous a pas empêchés de réaliser une très, très chouette plongée, tout en douceur (-21 m. – 50’).

De retour à bord, nous nous lancions dans une série de petits bricolages dont le plus périlleux consista à démonter la manette de gaz du moteur principal. Depuis un certain temps, en effet,  la manette était grippée.

Sur base des précieuses indications fournies par Ludovic de « Inboard Diesel Service », le travail se présenta sous les meilleures auspices … jusqu’à ce que je teste mon remontage. Non seulement, les marches avant et arrière ne s’enclenchaient plus mais de surcroît, nous avons eu droit à une alarme sonore terrifiante !

Après un échange d’appels téléphoniques, je comprenais parfaitement la problématique (un petit curseur n’était plus à sa place) mais, de peur de le casser, j’ai préféré attendre le passage de Ludovic : par bonheur, il travaillait sur un catamaran ancré dans la baie. Il lui a fallu moins de cinq minutes pour remettre le curseur en place et remonter la manette. Ouuuuuuuuuuf. Le problème maintenant c’est que sous la seule action du vent, la manette  risque de s’enclencher toute seule …

Samedi  22.

La météo avait prévu un week-end pluvieux mais par chance, il n’a pas plu durant la nuit, pas plus que durant toute la journée !

Bien que n’étant pas en grande forme physique, Ann s’est attaquée au nettoyage de nos coussins en cuir : gros boulot mais la seule manière de maintenir le cuir en bon état.

Dimanche 23.

Une « journée pluvieuse » comme celle-ci  avec un radieux soleil, nous sommes preneurs tous les jours ! Une fois de plus, la météo s’est plantée de la plus agréable façon …

J’avais envie d’aller plonger mais Ann souhaitait terminer le nettoyage des coussins et, en finale, je préférais également cette option. Après les coussins, elle s’attaquait à la coque de notre annexe qui devient de plus en plus brunâtre ! Dur travail qui ne peut être exécuté que lorsque l’annexe est suspendue au portique arrière et malheureusement, seule une moitié de la coque est accessible … nous avons donc maintenant une coque bicolore !

Depuis plusieurs jours, au vu de la désertification à laquelle nous assistons sur le plan d’eau, j’en arrivais à me poser la question de savoir si nous avions eu raison de nous éloigner autant de notre ancien emplacement. Mais aujourd’hui, jour du premier tour des élections présidentielles françaises, nous avons eu droit à un crétin de catamaran français de location qui n’a rien trouvé de mieux que de venir planter son ancre  à une petite encablure de notre bateau  … « nous ne restons pas mais nous avons un problème de moteur » nous opposa le crétin, à nos vives protestations. Nous avons eu le temps de fulminer durant deux bonnes heures avant de le voir enfin partir.

Nous étions invités pour un apéro dînatoire à bord de « Lady Mi » d’Aline et Louis où nous avons retrouvé Jeanne & Bernard de « Asabranca ». Délicieuse soirée qui ne pouvait se terminer autrement que par un petit récital de Brassens interprété par Bernard accompagné de sa guitare. Incroyable comme cela peut faire du bien.

Lundi 24.

J’en avais terriblement envie durant le week-end mais ce lundi, j’étais plus qu’hésitant. Nous avons malgré tout été plonger sur ce qui devait être un nouveau spot de plongée mais qui, en finale, n’était autre que  le spot de la « piste de ski » !!! Le pire, c’est qu’au début, je pensais encore avoir découvert malgré tout, un nouveau spot …

La proximité de la côte rocheuse cumulée à un plan d’eau assez agité, ne rendait pas le site très attrayant. Nous avons même pensé un moment qu’un méchant courant était à craindre ! En clair, nous étions à deux doigts de partir pour un autre spot.

Juste après la mise à l’eau, Ann remontait en surface en raison d’un problème de masque et de détendeur : cela commençait bien ! A la recherche d’un peu de profondeur (nous étions sur un fond de -5 m.), Ann me saisit la jambe pour me signaler que la jonction entre son ordinateur et le tuyau HP fusait abondamment ! Pas question en ces conditions de s’éterniser sous l’eau puisqu’en quelques minutes, sa bouteille serait vide. Nous avons malgré tout eu le temps de rejoindre l’annexe en rebroussant chemin.

Comme notre plongée n’a pas duré plus de 9’, nous n’avons  même pas le droit d’inscrire cette plongée dans notre logbook. Ouiiiiiiiiiiiiiin. Après tout le mal qu’on s’est donné, c’est pas juste  !

Mardi  25.

Incroyable, inconcevable, surprenant, navrant, pour ne pas dire extrêmement chiant, un petit voilier anglais, « Salamander », décoré de belles traînées de rouille, est venu ancrer à ce point trop près de nous que lorsque les deux bateaux pointent vers « Sainte Anne », seule une petite dizaine de mètres les sépare !

On pourrait croire qu’après leur avoir fait remarquer qu’ils étaient trop près, ce couple aurait relevé son ancrage fraîchement posé sur le fond. Que néni … décidés à nous faire la nique, ils s’installaient de manière définitive, en grossiers personnages qu’ils sont.  Nous avons ainsi participés avec beaucoup de bonheur à leurs ablutions matinales dans leur cockpit : très frais, très classe, cela nous a même fait penser que peut-être, dans une autre vie, nous avions gardé les cochons, ensemble.

Consolation … on peut être dyslexique et météorologue !   Comment expliquer autrement  que la matinée annoncée « pluvieuse », fut radieuse et l’après-midi annoncé « sec », plus propice aux averses ? Nous avions bien entendu, attendu le début d’après-midi pour aller faire des courses au « Marin » … Avant cela, Ann tenait à nettoyer l’autre moitié de la coque de notre annexe. Pas spécialement évident lorsque l’annexe est à l’eau …

Mercredi  26.

Depuis un mois et demi, nous attendons le technicien qui devait changer les roulements à bille du tambour de notre lessiveuse mais son passage nous laissa un goût amer après que celui-ci décréta que le travail ne pouvait être réalisé qu’en atelier et que de surcroît, il ne pouvait se charger de notre machine qu’au départ du débarcadère … en bref, nous avons eu un peu l’impression qu’il nous laissait carrément tomber !

Après un léger mouvement d’humeur de ma part, il était finalement décidé avec le patron de cette société, que nous irions le lendemain jusqu’au « Marin » où la lessiveuse serait débarquée au « ponton fuel », où une société de transport en prendrait livraison. Incroyable mais vrai, notre technicien ne se charge jamais des enlèvements ou des livraisons !!

Après un moment de découragement, nous nous félicitions d’avoir pu extraire, sans dommage,  la lessiveuse de son logement … ce qui était loin d’être évident à première vue.  Une fois encore, nous nous sommes félicités de la qualité incroyable du travail des menuisiers de Garcia qui sont parvenus à marier efficacité et simplicité de montage.

Depuis Pâques, nous relevons avec un peu d’horreur que la baie « Sainte Anne » que nous estimions jusque là comme le plus protégé des plans d’eau, était envahi un peu trop souvent par la houle du large. Si les bateaux roulent, cela n’a rien de comparable avec ce que l’on peut subir à la « Grande Anse d’Arlet » mais quand même !!!

Aujourd’hui, par bonheur, le vent maintient les bateaux perpendiculaires à la houle en sorte que les bateaux tanguent (« S.A.S.³ » est insensible au tangage) mais ne roulent pas. Quant à la météo, je dirais seulement qu’elle n’était pas « jojo ».  Mouais … la situation s’est bien dégradée par la suite et notre nuit fut plutôt très « rock-en roll » …

Jeudi  27.

Mauvaise nuit d’autant qu’il n’a pas arrêté de pleuvoir, nous interdisant d’ouvrir nos capots de pont. En ces conditions, nous comprenons encore mieux « Lady Mi » et « Asabranca » qui  se plaignaient du manque de vent à leur emplacement : ils sont tous les deux ancrés à proximité de la côte. Par contre, il est manifeste qu’ils sont beaucoup plus épargnés que nous de la houle.

Mauvaise nuit également car nous étions sur le qui-vive quant à notre transporteur : nous devions être au « ponton fuel » ni trop tôt, ni trop tard. Yves de « Zig Zig » avait très amicalement proposé de nous aider mais lorsque nous nous sommes mis en mouvement, il n’était plus à son bord et impossible de le contacter !  

Nous sommes donc partis un peu contrariés mais par bonheur, il nous a rejoints avec son annexe alors que nous étions à hauteur du « Club Med ». Ouuuuuf.

Au « ponton fuel », il y avait bien entendu foule et sans plus nous casser la tête, nous avons demandé à  la marina, l’autorisation de nous amarrer au ponton des grands yachts … juste le temps de déposer notre lave linge. Contre toute attente, l’autorisation nous fut accordée sans le moindre problème et sans compensation financière !

Tout ayant été parfaitement chronométré, Ann ramenait  au bateau, nos deux transporteurs qui allaient nous aider à transporter notre machine qui pèse une tonne … du moins, c’est que nous pensions. A la stupéfaction générale, nos deux solides gaillards nous informèrent qu’il leur était interdit de monter à bord !!!!!  Bienvenue en « Martinique » …

Par chance, Raymond de « Incidences » nous avait vus et était monté à bord avec son aide pour prendre les mesures du cockpit en vue de la confection de nouveaux coussins : nous attendons avec un peu d’appréhension, son devis.

A quatre, Yves, Ann, moi et « l’aide », nous avons soulevé la lessiveuse qui a virevolté dans les airs avant d’atterrir sur la filière où nos deux gaillards ont enfin daigné en prendre livraison. J’angoisse déjà à l’idée du retour de la machine … comment allons-nous faire ????

Comme au « Marin » le plan d’eau était  très calme, la tentation fut grande d’y rester jusqu’à ce que la houle d’ouest aie quitté  la baie « Sainte Anne ».  Mais, contre toute attente, à notre retour, elle avait déjà disparu et le soleil avait fait son apparition !!! Mouais … tout n’est qu’apparence en sorte que le soleil a bien vite disparu au profit de vilains nuages chargés de pluie, quant à la houle, on peut se poser la question de savoir si elle n’était pas partie pour mieux revenir.

Nous avons pris le risque d’ancrer  plus près de la côte, au beau milieu des autres bateaux ! Je n’aurais jamais cru que nous aurions osé mais nous l’avons fait parce que même quand nous restons à l’écart, il y a toujours un crétin ou l’autre pour venir nous emmerder. Par contre, je vous garantis que nous avons pris toutes les précautions pour éviter d’être une gêne pour quiconque … j’ai même été vérifié que nous n’étions pas au-dessus de l’ancre du bateau situé derrière nous.

Vendredi  28.

Comme nous avions invité Dominique & Yves de « Zig Zig » à déjeuner à bord, nous sommes partis faire quelques courses au « Marin ». Nous en avons profité pour aller chercher une nouvelle télécommande pour notre guindeau Lewmar car l’une des deux que nous possédons, déconne sérieusement au niveau du compteur de chaîne.

Pour votre info : chez Lewmar, cette télécommande coûte 560 € hors tva alors que chez MZ Electronic, vous trouvez une télécommande compatible et plus sophistiquée pour 330 € ttc !!! Il faut absolument se méfier des prix pratiqués par les grandes marques (Volvo Penta est un autre exemple) pour leurs pièces détachées ou leurs consommables.

Vers 13 heures, nous recevions nos amis avec lesquels nous passions une très agréable après-midi.  J’ignore s’ils oseront encore se lancer dans un tour du monde après toutes les horreurs que je leur ai débitées au cours de ce déjeuner  mais bon, vous me connaissez maintenant et vous savez que je n’ai pas pour habitude de dorer la pilule. Au moins, par la suite, ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas …

Samedi  29.

Au matin, Ann est partie courageusement laver notre linge sale (le propre est resté dans les armoires) à la laverie de la « Anse Caritan » : il y fait étouffant et les moustiques se sont régalés. Mon Dieu, faites que notre lessiveuse nous revienne rapidement. Amen.

Après son retour, nous avons branché et réglé notre nouvelle télécommande cela maaaaaarche ! Comme le shipchandler  n’était pas disposé à nous reprendre la télécommande si  celle-ci ne fonctionnait pas avec notre guindeau (attitude très commerciale), nous nous étions renseignés plutôt deux fois qu’une que les deux produits étaient parfaitement compatibles. Cela étant dit, nous n’avons pas eu le courage de la brancher juste avant l’arrivée de nos amis en prenant le risque de gâcher méchamment l’ambiance si cela ne marchait pas …

Parti sur un stupide élan, je me suis attaqué au nettoyage de notre ligne de flottaison qui en avait grandement besoin. Cela m’a pris une bonne heure. Bien équipé avec PMT (palmes, masque, tuba) et ventouse, il s’agit d’une opération abordable qui nécessite malgré tout courage et obstination mais c’est du « pipi de chat » au regard d’un nettoyage de la coque sous-marine.

Question antifouling, rien de tel que de naviguer constamment … le pire consistant à ne pas bouger comme nous, cette année,  et plus pire encore, de rester ancrer au « Marin » car le plan d’eau est assez fermé (peu de circulation d’eau)  et bordé de surcroît, par la mangrove (eau douce). Le plus incroyable reste le nombre impressionnant de plaisanciers qui ignorent cette particularité du « Marin ».

Arrivée de « Maeva » sur le mouillage.

Dimanche 30.

Ann avait envie de plonger, j’étais plus hésitant et en finale, la météo semblait nous pousser à remettre notre projet à un autre jour. Mais, ici, la météo évolue constamment et vers 13 heures, le temps nous apparaissait beaucoup plus favorable. Nous nous sommes donc décidés un peu plus tardivement que d’habitude.

Où aller plonger ? Au « Grand Mur » que nous n’avions pas encore fait. En fait, il faut partir du bidon blanc  du « Ptit Mur » (- 9m) situé en face de la première bouée verte du chenal (ne pas confondre avec la belle et grosse bouée du Club Med), prendre la direction nord-ouest et descendre le tombant jusqu’au sable (- 20 m) soit environ 5’ et prendre ensuite épaule droite. Ce faisant, vous passerez à côté d’un formidable amer constitué d’une perche (-17 m) maintenue en l’air. Sur le sable, un peu sur votre droite, un autre superbe amer constitué par un panier en piteux état.

En maintenant votre profondeur d’une vingtaine de mètres, vous observerez que la pente s’accentue assez rapidement  pour descendre jusqu’à – 40 mètres ! Ne vous laissez pas tenter par la descente car vous êtes déjà un peu loin de votre bateau et vous risquez de manquer d’air sur le retour sauf bien évidemment, si vous avez programmé votre plongée en ce sens.

Vous verrez de nombreux bancs de poissons bleus absolument magnifiques (notamment, des « poissons bouteille » appelés « poissons manioc » en Guadeloupe) mais plus encore, des nids de langoustes : elles pullulent en cet endroit ! Avec un peu de chance, vous verrez comme nous,  un impressionnant tourteau caché entre deux coraux ou vous observerez avec amusement, au palier , deux sèches essayant tant bien que mal d’avancer en pleine eau.

Méfiez vous de la présence éventuelle d’un petit courant porteur qui pourrait vous entraîner plus loin que ne vous le permet votre réserve d’air. C’est un peu le piège de cette plongée e-x-t-r-a-o-r-d-i-n-a-i-r-e : l’eau est si cristalline (au palier, la visibilité n’était pourtant pas terrible), l’endroit si poissonneux et les rencontres si attractives que l’on en perd vite la notion du temps … et de la profondeur !

C’est la première fois que cela m’arrive en plongeant à la baie « Sainte Anne » mais je me suis tapé 4’ de palier à -3m et je suis sorti en ayant atteint la réserve !!! Mais quelle plongée (- 28.70 m – 56’) …

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