Publié par : Ann & Stéphane | 21 janvier 2021

01 au 15.01.2021 – Il était une fois au paradis …

Vendredi  01.

Nous sommes au mouillage de Sainte Anne en Martinique et je n’en reviens toujours pas d’être là !!! Pour ceux et celles qui ont suivi nos aventures jusqu’ici, je crois qu’ils comprendront aisément mon sentiment.

Quoi qu’il en soit, nous sommes bel et bien là et tant qu’un crétin ou l’autre n’aura pas la mauvaise idée de venir se coller à nous, nous continuerons à baigner dans le plus pur bonheur. La tempête de fin d’année ? Cela a certes bien soufflé durant toute la journée mais cela restait dans des limites très acceptables, avec des hauts et des bas.

Journée de farniente après une semaine bien chargée.

Samedi  02.

Malgré un vent fort soutenu (et donc, un plan d’eau agité), nous avons été plonger (-19.70 m – 52’ – 27°) au « Boucanier » comme la grande majorité des clubs de plongée locaux. Par bonheur, lorsque nous nous sommes mis à l’eau, les plongeurs déjà sur site, sortaient de l’eau.

Nous sommes partis « épaule gauche »,  histoire d’une fois changé et alors même que d’habitude, nous sommes souvent déçus par ce tombant s’enfonçant dans le mouillage. Ce fut notre jour de grâce car nous avons beaucoup aimé, une bonne visibilité étant peut-être une explication.

Comme nous plongeons avec des 12 l./200 bars acier de location, nous devons nous adapter à leur encombrement, à leur poids (!)  mais aussi à leur moins grande capacité en air que nos carbones 10 l./300 bars . En clair, nous avons grande hâte de récupérer le plus rapidement possible nos deux petits bijoux.

Dimanche 03.

Même si on pensait en se réveillant que la « tempête » était derrière nous, elle était encore bien présente au point d’abandonner toute idée de nager, de plonger ou de remplacer l’élingue avant de notre annexe, qui montre des signes inquiétants d’usure. En bref, nous nous apprêtions à passer une journée de farniente … jusqu’à ce qu’en milieu d’après-midi, le vent soit tombé !!

Du même coup, le mouillage se calmait et nous entamions notre travail « élingue ». Pas évident mais nous y sommes arrivés avec une pause imposée par le passage d’un grain. Reste maintenant à savoir si nos réglages resteront bon, dans le temps : en principe, oui car il s’agit de dynema mais avant de couper le bout, nous attendrons 24 heures.

Pour le surplus, nous envisageons de moins en moins de perdre du temps à caréner le bateau d’autant que plus le temps passe et moins le carénage présente de l’intérêt (nous sortons le bateau à Grenade, le 07 juin). Il s’ensuit que nous allons postposer la sortie de l’eau du bateau jusqu’à ce que nous soyons en possession de toutes les pièces de rechange nécessaires pour le propulseur avant. Nous sommes vraiment trop bien au mouillage pour nous pourrir la vie au sec.

Lundi  04.

Très belle journée avec un vent encore légèrement soutenu.

Nous attendions deux techniciens et en finale, celui de l’airco n’est pas venu en raison d’une côte cassée en cours de journée et d’un Patrice (le patron) opéré des genoux !! Décidément … déjà Craig de « Grenada Marine » s’était fait opérer récemment d’une hanche. Nous n’avons plus droit qu’à des éclopés !!

Jean-Emmanuel dit Mano de « Caraïbe Marine » est venu remplacer les membranes de notre déssalinisateur. Ensuite, il a regardé notre problème d’éclairage du compas (ampoules à remplacer)  et notre problème d’enceinte extérieure Bose (enceinte à remplacer … aie, cela va faire mal).

Avec tout cela, notre journée fut totalement bloquée !

Mardi  05.

En voulant descendre l’annexe, Ann en a oublié une élingue diagonale ! La seule solution aurait été de remonter l’annexe ce qui aurait détendu l’élingue mais au lieu de cela, elle l’a défaite sous tension. Résultat des courses, Ann est tombée à l’eau en se heurtant au passage, le dos sur le rebord de la jupe arrière. Aie. Très, très douloureux.

A 8.20 heures, Guillaume de « Caraïbe Marine » était à bord pour jeter un œil de professionnel à notre passerelle hydraulique : pas de verdict certain mais de fortes chances qu’il s’agisse d’un problème d’électrovanne. A ce stade, Guillaume ne voit pas l’utilité de commander de nouvelles pièces …

En le cadre de la plongée, nous devons pour notre fédération, impérativement passer chaque année (au-delà de 55 ans), un électrocardiogramme à l’effort  ! Nous l’aurions réalisé à Grenade si cela avait été possible mais nous n’en avons pas trouvé le moyen ! Aussi, attendions nous avec impatience d’arriver en Martinique.

Oui mais voilà, réaliser cet examen s’avère beaucoup plus ardu que nous ne le pensions car il nous faut prendre rendez-vous auprès d’un service de cardiologue qui n’a pas le téléphone (si, si, je vous assure que c’est vrai  et pourtant, ce service est installé dans une petite clinique privée, la clinique Saint Paul, et son secrétariat dispose d’un PC) … il ne reste plus que la solution de se rendre sur place, ce qui nécessite la location d’une voiture !!!

En finale, Ann décidait de faire la démarche aujourd’hui même tandis que je restais au bateau n’ayant aucune envie de me taper cette corvée. Pour l’accompagner, nous sommes passer prendre  Valérie dont le mari ,skipper professionnel, est parti en mer pour 10 jours. Une occasion pour elle de se changer les idées.

La mer étant belle même si le ciel se partageait entre nuages et soleil, j’ai décidé d’aller plonger (-24.40 m – 48’ – 27°) une nouvelle fois, au « Boucanier » avec A. Lone qui le moins que l’on puisse en dire, n’est absolument pas contrariant. En début de plongée, nous avons eu droit à une visibilité exceptionnelle mais peu avant de faire demi tour, un « brouillard sous-marin » a fortement restreint la visibilité !!!

Sur le retour, la problématique demeurait de ne pas louper l’amer qui indique le moment où il faut bifurquer à 90° pour remonter sur le plateau et retrouver l’amarrage de l’annexe. En le cas d’espèce, il n’est pas difficile à trouver pour autant tout de même que l’on plonge avec un peu de méthode. Or, pas plus que A. Lone, je ne reconnais jamais les paysages que j’ai pourtant vus à l’aller ! Il faut dire qu’à chaque profondeur, le décor est différent et que trop souvent, j’ai le nez collé sur le fond …

Je vous rassure de suite, malgré un petit pincement au cœur, j’ai retrouvé du premier coup, mon amer. La suite de la plongée n’a pas posé le moindre problème et nous retrouvions le bord avec le sentiment agréable du « je l’ai fait » … euh non, « nous l’avons fait ».

Mercredi  06.

Il fait beau et il y a du vent. Ma hantise quotidienne est de voir arriver au mouillage de nouveaux bateaux. J’ai d’ailleurs, constamment l’impression qu’il y a plus de nouveaux arrivants que de départs et cela me préoccupe. Mais, ma seule vraie hantise reste que l’on nous fiche la paix en ne venant pas mouiller trop près de nous. J’ai été traumatisé (au point de réfléchir à abandonner définitivement ce mouillage) par la saison passée où tous les jours, nous étions enquiquinés par l’un ou l’autre. De surcroît, j’ai vu l’autre jour, au ponton essence, « Little Cloud » qui nous a gâché l’existence la saison passée, durant des mois ! Il est donc toujours dans le secteur alors que je le croyais reparti en Méditerranée. Grrrr.

Jeudi  07.

Il fait beau avec du soleil, quelques nuages et de temps en temps, une petite ondée : une météo de Martinique. Le vent est moyen à fort comme le plus souvent en cette saison.

Je pensais aller plonger avec A. Lone mais Ann a pris contact avec Philippe de « Basilic » que nous avions rencontré à Grenade, en le cadre de la plongée avec « Scubatec ». Excellent plongeur, nous avons convenu d’aller plonger ensemble ce vendredi.

Journée très calme à bord … Ann souffre toujours autant du dos suite à sa chute et aucune amélioration n’est en vue !

Vendredi  08.

Nous continuons à nager dans le bonheur … enfin, plus pour moi que pour Ann qui est bloquée du dos depuis sa chute en voulant descendre l’annexe. Pour ma part, je suis plus souvent sous l’eau qu’au-dessus de l’eau. Le dream.

Et pourtant ce matin, la météo maussade me poussait à annuler ma plongée avec Philippe !!! Mais comme je devais passer chez le bijoutier du « Marin », j’ai fait le petit détour par son bateau pour avancer l’heure de notre rendez-vous. En effet, comme « Basilic » est amarré au « Marin », le plus simple consistait à le prendre avec moi, sur le retour. Son annexe est trop petite pour venir avec elle jusqu’au spot de plongée.

Une fois de retour à notre bord, je me suis préparé et j’ai chargé mes affaires de plongée dans l’annexe sans plus réfléchir à la météo. Nous sommes ensuite partis à deux pour le « Grand Mur » que je n’ai plus visité depuis le 28.01.20 !!!

Pas à dire mais il s’agit d’un niveau technique de plongée bien supérieur au « Boucanier » mais quelle plongée ! Profitant d’une visibilité extraordinaire, nous avons pu apprécier à sa juste valeur, la palette de couleurs caractéristique de ce (tombant). Seule ombre au tableau, notre amer a totalement disparu ce qui m’a obligé à planter mon couteau dans le sable (-27 m) pour disposer d’un point de repère sur le retour. Je réfléchis à confectionner un nouvel amer mais le problème réside en ce que tout ce qui se gonfle, supporte mal la pression …

Ne disposant plus que d’une bouteille de location de 12l. j’ai eu le sentiment de devoir abréger bien trop tôt notre plongée (-30.80 m – 48’ – 27° – 5’ à -3m) mais évoluant quasi constamment à -27 m, nous n’avons pas eu d’autre choix. Merci à Philippe de m’avoir accompagné car il s’agit d’une plongée très facilement piégeuse.

En regardant la télévision, j’ai senti que quelque chose me chatouillait avec insistance, le bas de la jambe !! Par la suite, j’ai découvert qu’il s’agissait d’un gecko jaune qui s’était réfugié dans un coin des marches d’escalier !!! C’est la seconde fois que nous avons à bord,  un tel passager clandestin sauf que le premier était resté sur le pont et était mort de faim. Nous avions retrouvé son corps desséché quelques semaines plus tard.  En le cas d’espèce, j’ai appelé la SPA qui est venu le prendre un peu plus tard.

Samedi  09.

Le vent souffle en tempête et du même coup, le plan d’eau est agité. N’écoutant que mon courage, je suis allé chercher au débarcadère de « Sainte Anne », les lasagnes que nous avions commandées. Et comme une lasagne se déguste avec une bonne baguette tradition, je suis passé par la boulangerie.

Sur le coup de midi, c’est Olivier que j’ai été cherché au débarcadère. Nous avons des capots de pont à l’avant dont l’étanchéité laisse parfois à désirer et Olivier s’était présenté comme l’homme de la situation lors d’une précédente intervention.

Ensuite, ce fut au tour de Ann d’aller voir son ostéopathe qui lui a remis en place son bassin. Il ne reste plus qu’à espérer que maintenant, elle est sur la voie de la guérison.

Au total, j’ai réalisé pas moins de cinq aller/retour bateau/débarcadère !

Dimanche  10.

Les conditions météo ne se sont pas améliorées et il semblerait qu’on en aie pour toute la semaine. Ce type de temps est caractéristique de la région jusqu’en mars ! La saison passée fut l’exception qui confirme la règle.

Si j’avais envisagé timidement d’aller plonger avec A. Lone, je pense lui préférer une petite journée de farniente. Il n’est pas évident de mettre l’annexe à l’eau en ces conditions et encore moins, de se déplacer seul à bord. Déjà, hier, j’en ai eu un petit aperçu.

Lundi  11.

Ann a passé sa matinée à appeler tous azimuts et sa moisson fut assez bonne : on progresse dans tous les domaines techniques mais les problèmes n’en sont pas réglés pour autant.

Nous avons eu la visite du technicien Webasto (airco) qui a confirmé que si le fusible sautait, le compresseur n° 2  en était bien le coupable. Sans être un grand spécialiste en la matière, j’avais déjà compris cela depuis longtemps … Comme l’installation a l’âge du bateau (10 ans), il reste maintenant à savoir s’il est encore possible de trouver un compresseur de ce modèle ou s’il faut modifier l’installation car ce n’est plus le même gaz qui est utilisé actuellement … C’est déjà assez moche comme cela de vieillir mais quand en plus, on vous dit que l’on ne fabrique plus ce modèle, c’est un peu un double enterrement.

Malgré un plan d’eau assez agité, je me suis fait mon 100 mètres brasse à contrevent : pas une sinécure ! Sur le retour, j’ai aperçu Toto (barracuda d’un bon mètre) qui montait la garde sous la coque. Cela m’a fait plaisir de le revoir car toute vie aquatique semble avoir déserté le mouillage !!

Comme Ann m’a fait part le matin même qu’une nageuse s’était fait bouffer la jambe par un requin à Nevis alors que l’autre jour, c’était une attaque de squale à Saint Martin qui était à déplorer, je n’avais pas l’esprit tranquille en nageant. Sans cesse, je faisais attention à mes arrières tout en me demandant l’attitude à adopter en cas de mauvaise rencontre. Sous l’eau, on peut toujours se défendre d’autant que les attaques de squale sur plongeur sont extrêmement rares mais en surface …

Mardi  12.

Pour une fois, le plan d’eau n’était pas trop agité et le vent modéré. Seule ombre de taille au tableau … toute la matinée fut animée de grains en chapelet ! L’envie d’aller plonger était bien présente et puisque Ann, toujours fort handicapée du dos, assurait la sécurité en surface, j’ai entrevu la possibilité de faire un « one way ». Pourquoi ne pas explorer le « petit mur » et voir où il menait ??

Si Ann n’était pas très chaude à mon idée, A. Lone, lui, estimait qu’il s’agissait d’une occasion unique de « plonger autrement ». La majorité l’emportant, le cap a été mis sur le « petit mur » entre deux grains. Avant que le grain suivant ne nous arrose, je me suis mis à l’eau avec  A.Lone …

Au passage, à-17.80 m, j’ai mis en place un nouvel amer de ma conception qui je l’espère, résistera au temps … et aux autres plongeurs !

La visibilité n’était pas bonne : le brouillard londonien obscurcissait l’horizon ! Dommage car le spectacle en valait réellement la peine : magnifique enfin … tant que je suivais le « petit mur » car après, je ne savais plus très bien où j’en étais ! C’était à la fois, lunaire et inquiétant à la fois : difficile de se raccrocher à quelque chose de « bien définissable » comme un tombant  ou un plateau. Cela m’a fait davantage penser à un « garden » encore qu’il ne s’agissait pas à proprement parler d’un « garden ». La visibilité limitée n’aidait pas à se faire une idée précise de la topographie des lieux. En ces circonstances, il n’y avait réellement plus que mon fidèle compas pour ne pas me faire perdre totalement la boule.

Quand je me suis rendu compte  que j’avais la fâcheuse tendance à descendre (-27.30 m – 47’ – 27°), j’ai résolument pris la décision de remonter pour éviter d’avoir des paliers obligatoires. Oui mais … en quelle direction aller pour retrouver un peu moins de profondeur alors que tout semblait plane ! J’ai donc finalement pris plein Est et un peu plus tard, le fond remontait enfin. Je retrouvais d’ailleurs, du même coup, les coraux.

A – 10 m. j’ai lancé mon parachute. La question n’était pas de l’envoyer mais de savoir si quelqu’un le verrait en surface. Pendant tout le palier de sécurité (-5 m – 5’), j’ai eu le temps de stresser tranquillement car manifestement, il n’y avait pas une seule coque en vue en surface ! Mais en fait, ma plus grande préoccupation résidait à éviter que le courant ne m’emporte trop loin au large.

Quand j’ai crevé la surface, je suis tombé quasi nez à nez avec … le tableau arrière d’un bateau de plongée qui avait pris notre emplacement à la bouée !!!! Eh oui, j’étais parvenu comme un bon vieux cheval, à retrouver tout seul le chemin de l’écurie. Sauf qu’avec une si médiocre visibilité, je ne m’étais même pas rendu compte que j’en étais revenu à mon point de départ ! Mais chuuuuuuuuuut.

Quand Ann qui était dans mon dos, m’a appelé, je fus extrêmement soulagé. Par contre, remonté à bord de l’annexe s’est révélé beaucoup plus physique que je ne l’aurais cru, tout simplement parce que le courant m’éloignait constamment de l’annexe.

Mercredi  13.

Vent faible à modéré, grains peu nombreux … que nous faut-il de plus ?  Oui … bon … cela bouge un peu beaucoup mais il est évident que nous ne sommes pas exactement dans le secteur le mieux protégé du mouillage ! Il  y a de la place plus près de la côte mais le risque d’être importuné par un voisin est aussi beaucoup plus grand, aussi comme nous sortons le bateau de l’eau, mardi prochain, nous restons à notre emplacement.

Matinée « courses techniques » fort chargée : nous progressons, nous progressons. Cette fois, ça y est … nous avons commandé notre nouveau ice maker. L’ancien réfrigère très bien mais l’eau coule de partout !

Petit détour par « Brocéliande » amarré à la marina du « Marin » où notre ami Toto nous attendait avec les affaires que notre fille, Marie-Charlotte, lui avait remis pour nous, au départ de Bruxelles. Il y en avait tout de même pour  11 kilos de marchandises diverses. Toto est une crème d’ami toujours prêt à vous rendre service.

Nous aurions encore dû faire quelques courses d’avitaillement mais Ann avait trop mal au dos et pour ma part, j’étais pressé de rentrer au bateau pour déballer tous nos cadeaux du Père Noël.

Jeudi  14.

Journée « technicien » avec l’arrivée en début d’après-midi de Jean-Emmanuel dit « Mano » de « Caraïbe marine ». Avec beaucoup d’habilité et un sens certain de l’équilibre, il nous a changé deux leds défectueux de barre de flèches du mât (à hauteur de la 3è et 1ère barre de flèche). La prise d’eau de la jupe qui coulait, a été remplacée ainsi que le mitigeur de la cuisine qui rêvait de prendre sa retraite. Pour ma part, j’ai remplacé la sonde Vega 14 du tank journalier. Une bien belle journée avec ce sentiment de satisfaction du service accompli.

La bonne nouvelle du jour reste que nos bouteilles carbone ont passé avec succès le test de la réépreuve. Ouuuuf.

Vendredi  15.

Ce matin, « Mana »  après une « horrible remontée » (gust à 35 nœuds, pluie et risques de collisions avec des pêcheurs), est arrivé à « Sainte Anne ». Nous aurions normalement dû les voir mais la météo exécrable (grains, bruine, pluie) ne l’a pas autorisé.

En constatant que notre sonde Vega 14 suintait de gasoil, je me suis mis en devoir de recommencer mon travail et comme malgré tous mes efforts, il m’a été impossible de visser suffisamment la sonde en le logement de la vanne, j’ai entrepris d’agrandir l’accès à ladite vanne. Après ce travail fastidieux, tout s’est révélé beaucoup plus simple.

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 1 janvier 2021

16 au 31.12.2020 – Aurions-nous quitté Grenade !!!

Mercredi  16.

Il fait merveilleusement beau contrairement à la météo qui annonçait pluie et vent pour cette semaine ! En fait de nouveautés, nous avons eu droit à l’arrivée de « King Baby », un énorme motor yacht aussi grand que de mauvais goût.

Nous avons eu la confirmation de Volvo que notre pièce était partie aujourd’hui de … Belgique !!! Ce ne sera donc pas cette semaine que nous verrons la réparation de notre moteur. « Noël à Grenade » comme le supputait Marc de « Mana » … nous n’en sommes plus loin.

Pour me changer les idées plutôt maussades, je suis allé me faire couper les cheveux. Pas à dire mais cela fait du bien au moral. Par contre, s’il s’agissait du même salon de coiffure, ce n’était plus le même coiffeur !!! En finale, que ce soit avec l’un ou avec l’autre, je suis sorti de là, de la même manière :  un mouton tondu !

J’avais été contraint d’abandonner ma passionnante lecture (« La bataille de Kadesh » de Christian Jacq) pour le coiffeur, autant dire que je me suis rué sur mon roman historique dès notre retour à bord et que je ne l’ai plus quitté jusqu’au soir.

Jeudi  17.

Je suis furieux ! Toujours à l’écoute des réseaux sociaux, Ann a appris que l’épidémie du Covid-19 se répand comme une traînée de poudre à Grenade malgré les précautions prises par les autorités. En cause, l’ouverture partiel de l’aéroport international et l’absence de respect de la quarantaine de la part d’Américains et de Canadiens.

Nous vivions jusqu’à présent comme dans un petit cocon et la pandémie semblait très éloignée au point que les plaisanciers (très majoritairement anglophones !) de la marina ne tenaient plus aucun compte des distanciations sociales : les grandes manifestations d’affection sont monnaie courante sur les pontons !

Il est fort à craindre que comme la Martinique en son temps, l’île va passer rapidement en zone rouge après avoir été si longtemps un modèle de gestion de la crise. Il reste à espérer pour nous que nous aurons quitté Grenade avant d’en arriver à cette extrémité et que surtout, la Martinique ne va reverser en zone rouge avec la période des fêtes : les télévisions françaises vantent sans cesse l’absence de couvre-feu en Martinique !

Vendredi  18.

J’oublie chaque fois que notre heure habituelle de piscine (10.30 à 11.30 heures) est également celle du préposé à l’entretien de la piscine. Grrrr.

Le mauvais temps annoncé pour cette semaine est enfin arrivé : que tout le monde en profite car il n’y en aura pas pour tout le monde ! Qu’on se le dise.

Selon nos dernières informations, la pièce de notre moteur devrait arriver ce lundi ! Réparation mardi et départ mercredi  ?????????????

Samedi  19.

Le temps maussade se confirme et nous obligera sans doute à postposer notre départ si tant est que notre moteur soit réparé entre-temps ! « Noël à Grenade … ».

Quand je suis arrivé ce matin, à la piscine, elle était déserte et cela me convenait parfaitement pour réaliser dans la quiétude de l’endroit, mes longueurs (une quarantaine …). Un moment donné, j’ai été dissipé par une musique assez forte qui arrivait jusqu’à mes oreilles malgré que celles-ci soient immergées !

En relevant la tête, je vois  le skipper du motor yacht américain « Goin Sum Ware » allongé sur un transat avec un haut-parleur diffusant de la musique pour toute la piscine !! Un paysan qui ignore tout des règles du savoir-vivre ensemble. C’est une des conséquences du nivellement par le bas en matière de plaisance. Posséder un bateau est à l’heure d’aujourd’hui à la portée de toutes les bourses et de toutes les nationalités en sorte que l’on n’est pas plus à l’abri sur un bateau que sur n’importe quelle plage !

De retour à bord, mon regard est attiré par un Lagoon 44 croate bien que battant pavillon grec, « Boogie Woogie », amarré au ponton essence situé en vis-à-vis mais sur l’autre berge de la baie. Manifestement, le catamaran débarquait des guests.

La lenteur de ce débarquement attisa ma curiosité et mon énervement en relevant qu’un Amel américain, « Thyra », faisait les cents pas en attendant que le ponton se libère. Le petit manège a duré une bonne heure car après les guests, les skippers sont partis réaliser l’une ou l’autre course à terre !!!

Vous penseriez que ceux-ci seraient revenus à bord en courant … que néni, ils avaient tout le temps devant eux. Situation ô combien habituelle et inadmissible, relevant une fois de plus, du plus élémentaire savoir-vivre. Mais que voulez-vous :  les plaisanciers, de toute nationalité, se croient au-dessus des lois et démontrent le plus souvent, un incroyable égoïsme et sans gêne. Ce n’est pas sans raison que les plaisanciers ne sont plus les bienvenus à Tahiti, en autres.

En faisant un saut jusqu’au bord de mer, nous avons été surpris de voir que « Be Free » parti depuis plusieurs jours , pour la Martinique, était toujours à l’ancre sur le mouillage !!!

Dimanche  20.

En voyant qu’il y avait du monde à la piscine, j’ai pris avec moi, mon passeport ! Heureuse idée car en arrivant au « swimming pool », j’ai pénétré en territoire allemand (« Jo » et ses guests étaient de retour à la marina) ! J’ai eu beau réaliser une soixantaine de longueurs, rien n’y fit, ils étaient toujours là à ma sortie de l’eau mais nous savons tous comme ils peuvent être envahissants.

Ce qui m’a le plus amusé c’est de relever que malgré des pluies froides, incessantes et parfois, assez fortes, la guest de « Jo » a refusé obstinément de quitter son transat !!!!!!!  Il ne me viendrait jamais à l’idée de louer une cabine sur un bateau et de passer ma journée, au bord de la piscine. Maintenant si vous préférez la piscine au bateau, prenez une chambre d’hôtel avec piscine, c’est nettement plus simple.

Lundi  21.

La bonne nouvelle du jour est que notre pièce moteur est bien arrivée à Grenade. La mauvaise nouvelle est qu’il faut encore maintenant la dédouaner ! Ben non, ce n’était pas la mauvaise nouvelle. La vraie mauvaise nouvelle du jour est que le technicien de « Grenada Marine » a été en contact avec une personne porteuse du Covid-19 et que si son test se révélait positif, il devra respecter une quarantaine … La traversée du désert, à pied et sans eau, me paraît une broutille en comparaison de notre situation.

A notre plus grande surprise, nous avons assisté au retour en marina de « Freedom » !! Renseignements pris, c’est la pompe de leur déssalinisateur qui est en panne … Je ne suis pas convaincu qu’ils vont trouver à Grenade, un réparateur capable.

Mardi  22.

Matinée affreusement « cra-cra ». L’après-midi se révélera un peu plus conciliante avec nos légitimes attentes. C’est qu’au pays, ils s’imaginent tous que nous nous liquéfions sous le soleil ! C’est vrai qu’en finale, il n’y a pas beaucoup de différences : on dégouline en tous les cas de figure !

Nous en avons profité pour réaliser quelques courses d’avitaillement au « Foodland » tout proche. A mon plus grand étonnement mais selon Ann, la règle est en vigueur depuis de nombreux mois, nous avons dû faire la file pour entrer dans la grande surface !! Il faut dire qu’en retenant l’heure de midi pour faire nos courses, nous n’avions sans doute pas choisi le meilleur moment.

De retour à bord, nous apprenions que le technicien de « Grenada Marine » viendrait le lendemain matin vers 10 heures.  L’info nous a donné des aiiiiiiles comme seule « Red Bull » peut le faire. Petit bémol, comme Stéphane est en quarantaine, c’est  Craig, le responsable technique, qui sera à la manœuvre et apparemment, il n’a plus mis la main dans le cambouis depuis 18 ans … Il devrait être assisté d’un électricien ! A cette suite, nous avons vérifié les extincteurs du bateau et nous avons relu notre police d’assurance. Mamamamia.

C’est pas que nous y croyons mais enfin, le module à remplacer tient par 4 vis et je serais pleinement capable de réaliser ce petit travail. Reste à savoir s’il s’agit de la bonne pièce et si la pré-programmation a été correctement réalisée. Toujours est-il que nous étions sur notre petit nuage durant le reste de l’après-midi.

Mercredi  23.

Première déconvenue bien dans le style de « Grenada Marine », nous avons reçu un mail précisant qu’il nous fallait d’abord payer la pièce (2.306 €) avant qu’il ne se déplace ! Nous avons donc bien été contraints d’obéir sans même avoir reçu la moindre facture !!! Si vous pouvez éviter d’avoir à faire à cette société, je vous le conseille très vivement. Maintenant, si vous pensez être plus intelligents que nous, n’hésitez surtout pas à faire appel à eux. Pour notre part, nous n’aurions jamais fait appel à cette société avec les casseroles qu’elle tire derrière elle, si elle n’était pas le seul dealer Volvo de l’île.

Nous les attendions pour 10 heures, ils sont finalement arrivés pour 13 heures avec notre précieux EVC. Il a fallu 10’ à « l’électricien » pour procéder au changement de pièce (en fait, Craig vient de se faire opérer de la hanche et c’est pourquoi il s’est fait accompagner par un jeune ) et encore 10’ pour réinitialiser le système avec l’aide par téléphone, de Ludovic de « I.D.S. » (Martinique). En clair, j’aurais pu tout aussi bien réaliser l’opération moi-même avec la même aide.

Le moteur fonctionne-t-il ?? Par bonheur, oui … il fonctionne mais cette histoire de paiement avant déplacement m’a gâché tout mon plaisir (les mots traduisent bien mal mes sentiments) et j’ai préféré rester dans ma cabine plutôt que dire à Craig, des choses désagréables sur sa société : nous avons poiroté près d’un mois pour cette foutue réparation !

Quand on vous dit que votre bateau est splendide mais que son hampe de pavillon est « cheap » parce qu’elle doit être revernie, vous n’hésitez plus et vous lui confiez le travail. Le petit problème c’est que lors du dernier vernissage et la remis en place de la hampe, j’ai cassé à ras, la tête de vis qui la maintenait en place …

Comment voulez-vous travailler sérieusement sans enlever la hampe de son support ? Vous avez tout compris : je me suis échiné sur ma vis qui avait perdu sa tête. Sans dégâts majeurs et irréparables, j’y suis arrivé, non sans peine. Je vous rassure, le bateau continue de flotter.

Bien que j’ai du réalisé une centaine de longueurs en piscine en attendant le passage de « Grenada Marine » … je me suis remis à l’eau pour nettoyer pour la énième fois, notre ligne de flottaison. Il s’agissait de la première étape du nettoyage complet de la coque sous-marine : vous n’imaginez tout de même pas que je vais partir pour la Martinique avec une coque sale après tous les nettoyages auxquels j’ai déjà procédé pour des nèfles ! Non, mais.

Jeudi  24.

Pour mon réveillon de Noël, je me suis fait plaisir : j’ai été plonger … nettoyer la coque sous-marine du bateau. Par bonheur, elle était encore moins sale que la fois précédente !!! Si l’antifouling n’avait pas été blanc, je n’aurais sans doute même pas vu la fine pellicule de boue brune qui  le recouvrait.

J’ai quasiment vidé une bouteille mais j’ai totalement perdu de vue nos deux amarres avant qui sont déjà recouvertes d’algues ! La visibilité était exécrable et j’ai connu quelques difficultés avec mon matériel notamment, mon masque qui prenait l’eau.

En retirant ma combinaison de plongée, j’ai cassé ma chaînette de cou et j’ai perdu mon petit poisson en or (signe du Zodiaque) que mon père m’avait offert de retour d’un voyage en Israël. Ce qui  a de râlant c’est que j’ai pu sauver la chaînette, ma croix ainsi que le minuscule fermoir mais pas mon poisson !!!

Tout en étant convaincu qu’il n’a pu tomber à l’eau, je me suis rééquipé et j’ai vidé une bouteille à rechercher sur le fond, mon petit pendentif. Malgré tous mes efforts, je n’en ai pas trouvé la moindre trace. Il est toujours possible qu’il aie été avalé par un autre poisson …

Le soir, il me fallait une nouvelle fois, purger le filtre à eau de l’airco !!! En fait, en allant nettoyer la coque avec une bouteille sur le dos, une grosse bulle d’air a trouvé le chemin du passe-coque de l’airco et ainsi désamorcé la pompe … si toi pas comprendre, toi pouvoir m’appeler.

Vendredi  25.

J’ai cauchemardé sec ce matin en sorte qu’il m’a fallu un passage par la piscine pour faire passer la pilule !! Quant à l’idée de déplacer le bateau en vue de notre départ de ce samedi … beaucoup trop de vent pour manœuvrer sans propulseur avant (le con ne veut plus descendre …)!

Autant dire que j’étais plutôt stressé en petit déjeunant. Mais bon, notre rendez-vous avec les marineros n’était qu’à 14 heures et nous avions largement le temps de voir évoluer la météo.

Alors que nous avions descendu l’annexe, un marineros est venu nous demander si nous voulions manœuvrer dès maintenant ! Comme il n’y avait justement pas un pet de vent à la marina, j’ai immédiatement accepté la proposition alors que pourtant il était seul et que l’annexe de la marina était en panne !

Vu que la manœuvre restait délicate, nous avons accepté son offre de demander de l’aide et pour détacher les amarres avant qui plongent  sur une pendille, j’ai proposé le recours à notre annexe.

Perso, j’avais fixé une ancienne drisse, de notre étrave à l’un des taquets du ponton flottant en sorte de pouvoir faire pivoter aisément l’avant du bateau. L’idée était simple et imparable. Ma tête lorsque j’ai vu que notre marineros avait détaché la drisse du ponton et s’en aidait pour se déhaler jusqu’à notre proue !!! En fait, il s’est servi de notre annexe pour tirer l’étrave vers le ponton flottant.

Sans vent, l’opération s’est déroulée de manière chirurgicale et petit à petit, le bateau s’est retrouvé parallèle au ponton flottant où nous avons pu l’amarrer sans casse.

Nous avons ensuite été rechercher nos amarres avant  qui flottaient à la surface. D’ordinaire, c’est le marineros qui défait le nœud de chaise qui relie l’amarre à la pendille mais pas cette fois ! A cette occasion, nous avons copieusement salopé notre annexe et il a fallu plus d’une heure de dur labeur à Ann pour nettoyer nos amarres !!!

Incroyable l’énergie que nous avons dépensée à préparer le bateau pour sa transhumance. Tout n’est pas encore en ordre mais le plus gros est fait.

Samedi 26.

J’ai bien cru que nous ne quitterions jamais la « marina Port Louis » de Grenade : 6 ½  mois immobilisés ! Et pourtant nous l’avons quittée sans précipitations ou énervements pour une croisière plutôt merdique … du moins, en sa première partie !!!! Nous n’avons même pas fait appel aux marineros pour le lâcher des amarres : je n’aime rien tant que d’être totalement autonome et ne devoir rien à personne.

Ann avait particulièrement bien choisi comme toujours le jour pour notre transhumance  (cela fait depuis plus de 10 ans que j’ai une confiance aveugle en ses prévisions et jamais elle ne s’est trompée): soleil, vent de 12 à 15 nœuds de vent réel, pas de pluie si l’on omet trois grains plutôt inoffensifs au départ et pleine lune. Seul petit bémol, avec un vent relativement faible, il est souvent de NE c’est-à-dire que nous l’avions au près serré voire sur le nez !

Nous sommes donc parti au moteur jusqu’à la pointe nord de Grenade. Lorsque nous avons levé la GV, j’ai remarqué que la bosse de ris 2 faisait des macaronis avec celle du ris 1. Ce n’était pas une grande surprise tant j’étais persuadé que nous allions connaître ce type de désagrément (la GV a fait l’objet d’une réparation à Grenade et a donc, été enlevée puis remise). Le problème était que j’ai du monter dans la bôme et complètement défaire la bosse automatique de ris 2 !! Malgré cela, en arrivant sur la Martinique, il m’a fallu remonter dans la bôme car je n’avais manifestement pas remédié totalement au problème …

Quand nous avons coupé les gaz, le moteur s’est arrêté tout seul avec un message d’alarme strident nous demandant de vérifier la pression d’huile !!! Selon Ludovic de « I.D.S. » il s’agirait du capteur d’huile qui doit être changé. Ce problème serait connu sur des moteurs de notre âge (10 ans). Imaginez notre tête : nous avons été bloqués un mois en marina à cause d’un « calculateur » en panne et à peine avons-nous quitté la marina qu’une nouvelle panne survient ! Qu’allions-nous surtout faire si le moteur se mettait en rideau ? Par bonheur, nous avons toujours pu le faire démarrer et il a même, très bien tourné. Même que quand nous sommes arrivés sur le mouillage, plus l’ombre d’une quelconque panne ou message d’alarme ! Ouuuf.

L’alarme moteur était à peine gérée, que l’alarme de la pompe de douche arrière se mettait à gueuler ! Une demi-heure plus tard, elle remettait le couvert !!! Plus tard dans la soirée c’est l’alarme de la pompe de cale avant qui gueulait : c’est la toute première fois que cela lui arrive en 10 ans !!! Avant de savoir qu’il ne s’agissait que d’une erreur due aux chocs violents subis par le bateau dans les vagues, nous avons imaginé le pire : une voie d’eau dans le compartiment avant ?

Pour traverser les Grenadines, nous étions GV haute et génois totalement déroulé :  8 à 10 nœuds dans l’eau par 35°. Le problème restait que le cap du vent était variable et que plus d’une fois, nous nous sommes trouvés nez au vent avec un génois qui faseye. La mer était formée et nous prenions les vagues de face, origine de nombreux chocs violents : le pont était plus souvent sous l’eau qu’au-dessus de l’eau ! Quand nous avons mis notre pilote automatique B&G sur la fonction « wind », ce fut un rêve , un merveilleux rêve : nous ne quittions plus le lit du vent mais ce faisant, nous avons fort dérivé plein ouest !

Pendant ce temps, Ann et moi, nous nous sommes escrimés à faire fonctionner notre dernier programme de navigation Navnet : pas intuitif du tout le bidule ! Le seul mode d’emploi que nous avons, est en anglais car en français, il n’existait pas à l’époque ! Le résultat des courses de nos manipulations à l’aveugle est que nous avons effacé notre route et que beaucoup de données intéressantes avaient disparu de l’écran ! Une vraie chierie qui nous a pris quelques heures de solides énervements !

A hauteur de Bequia, le vent s’est carrément cassé la gueule !!!!! Comme la GV battait désagréablement, nous avons du prendre deux ris salutaires pour notre voile sauf que notre prise de ris ne s’est pas déroulée correctement en sorte que nous avons du nous y prendre en deux étapes. Evidemment, à hauteur de Saint Vincent, le vent a repris vigueur et nous en avons bavé au moteur jusqu’à ce que je décide de remettre la toile avec cette fois, 2 ris dans la GV.

Quand nous avons attaqué la traversée du canal Saint Vincent / Sainte Lucie, nous étions à plus de 15 milles du tracé de la route idéale (!!) mais nous étions à la voile et c’était divin. A hauteur de Sainte Lucie, nous n’avons pas eu d’autre choix que de remettre le moteur par une mer calme (!!) pour arriver à la baie Sainte Anne sans tirer de bord, à 9.30 heures.

S’il  y a du monde au mouillage, il y a largement de la place pour tout le monde d’autant que lors de notre arrivée beaucoup de bateaux partaient en ballade. Nous avons vu « Ulisse » qui s’éloignait pour une destination inconnue. Ce dernier est resté plusieurs semaines à la « marina Port Louis ».

Superbe journée mais peu enclins à en profiter réellement car nous n’avons quasiment pas dormi de la nuit même si nous n’avons rencontré aucun autre bateau durant notre petite croisière.

Lundi  28.

Tournée des grands ducs toute la matinée : nous sommes allés voir tous nos techniciens habituels pour des prises de rendez-vous. La moisson s’est révélée moyenne mais pas décevante. Nous en avons profité pour récupérer diverses commandes arrivées au « Marin » depuis quelques temps et réaliser quelques avitaillements de tout ce qu’on ne trouve pas à Grenade.

Mais avant de pouvoir passer aux choses sérieuses, il nous a d’abord fallu passer un test antigénique (négatif pour tous les deux) suivi de notre clearance d’entrée. Nous avions demandé et reçu au préalable, l’autorisation du Cross de venir en Martinique.

Au total, j’ai passé plus de 3 heures dans l’annexe en attendant Ann partie aux commissions.  A chaque fois, elle ramenait son butin à bord et je montais la garde tandis qu’elle était repartie. Dès que quelqu’un se rapprochait trop de l’annexe, j’avais le poil qui se hérissait, la queue toute droite dans le prolongement du corps, le bras à moitié fléchi et je commençais à grogner. Assez dissuasif …

Il était passé 13 heures lorsque nous étions de retour au bateau. Si j’avais espéré pouvoir encore aller plonger, la fatigue et l’obligation de gonfler ma bouteille qui était vide, m’ont décidé à remettre au lendemain.

Le soir, en gonflant ma bouteille (par étape de + 100 bars), je me suis rendu compte que la pression avait à peine atteint les 200 bars en fin de seconde étape !!! Très rapidement, j’ai relevé une perte très importante d’air à hauteur du culot de la bouteille et de la robinetterie : joint défectueux ?? Juste au moment où je jouissais à l’idée de pouvoir à nouveau plonger en toute autonomie …

Mardi  29.

Dès 8 heures du matin, nous avions Guillaume de « Caraïbe Marine » qui venait voir ce qui avait à faire à notre propulseur avant dont le plateau ne veut plus descendre : c’est la vis sans fond bâbord qui est fâcheusement grippée – le moteur n’a rien et une fois descendu manuellement, le propulseur hydraulique fonctionne parfaitement . Dès que le bateau sera au sec, il sera procédé au démontage et remplacement des pièces abîmées. Nous avons craint plus d’une fois que le plateau ne reprenant pas son exacte place, le bip-bip sonore ne s’arrête jamais …

Le temps de petit déjeuner à son aise et Ludovic de « I.D.S. » venait nous remplacer notre capteur de pression d’huile et surtout, reprogrammer notre calculateur EVC … les appareils ne parlant plus le même langage, notre compte-tours ne s’illuminait plus la nuit !

Après le départ de Ludovic, nous sommes immédiatement partis pour la bouée du « Boucanier » où j’ai plongé  (-23.30 m – 48’ – 28°) avec  A. Lone tandis qu’Ann faisait la sécurité en surface. C’est un type assez sympa ce A. Lone, pas contrariant pour un sou, il me suit à la trace et mon Dieu, on s’entend plutôt bien. Il n’empêche que la visibilité était assez médiocre et que c’est plus chouette de plonger avec  Ann  mais comme nous n’avions plus qu’une seule bouteille de plongée en ordre …

En voulant sangler mon couteau à la jambe, la sangle de retenue a cassé, m’obligeant à plonger sans couteau et sans tuba. Déjà que la bouteille avait perdu par je ne sais quel sortilège, plus de 70 bars avant de rentrer dans l’eau, il valait mieux ne pas être superstitieux  et ne pas croire aux signes …

Nous avions décidé avec  A. Lone de faire un « one way » et ainsi, d’explorer une zone que par définition, nous ne pouvons pas atteindre lorsque nous ne disposons pas d’une sécurité en surface. A vrai dire, la seconde partie de la plongée n’a rien révélé d’intéressant et nous avons bien été tentés un moment donné, de retourner sur nos pas et de remonter à l’ancrage mais nous étions trop curieux de voir jusqu’où nous avions poussé notre exploration.

Nous n’avions pas convenu d’une profondeur donnée et nous avons été étonnés que sans y faire attention, nous étions le plus souvent dans les -15 m ! Pour le lancer de parachute, nous avons été obligés de nous éloigner du ((tombant)) car sinon, nous n’avions pas assez de profondeur sous la quille …

Lors du palier de sécurité (5’ à -5m), nous nous sommes demandés si Ann avait vu le parachute car vu du dessous, personne ne nous attendait en surface ! Petit moment de frisson. Nous avons donc eu un léger sursaut lorsqu’en tournant la tête, nous avons eu l’agréable vision d’Ann dans l’annexe. Encore un grand merci à A. Lone … tu es un vrai ami.

Nous avons passé la journée avec l’étrave tournée vers l’ouest ! Plutôt rare mais cela arrive parfois lorsque le vent souffle de cette direction. Je ne peux pas dire que je raffole de cette situation mais aujourd’hui, le vent était faible voire nul en matinée et le soleil bien présent, ce qui compense.

Mercredi  30.

Journée « grandes courses » avec location d’un véhicule : Décathlon, Darty, Madinina Plongée (où nous avons fait chauffer la carte Visa) et pour finir, un avitaillement chez Genipa. En fait, nous comptions ne pas faire cela aujourd’hui mais depuis que lors du gonflage de ma bouteille, le joint (?) a sauté, je n’avais plus confiance en nos deux bouteilles (300 bars tout de même …) en sorte que nous les avons amenées pour une épreuve hydraulique normalement prévue en début d’année … saleté de Covid.

Quand nous sommes enfin revenus au bateau, il était passé 16 heures et nous étions crevés.

Le plus incroyable c’est que cela fait deux jours que la pétole totale s’est installée  avec une visibilité au mouillage telle que du pont, on voit très distinctement le fond ! Ce n’est qu’en début de soirée que notre étrave a enfin retrouvé le chemin de la terre.

Jeudi  31.

Depuis que nous sommes arrivés en Martinique, dimanche matin, je nage en plein bonheur : c’est réellement le paradis sur terre ! Mais non, mais non, il ne faut pas toujours croire tout ce que l’on vous dit : il pleut en permanence en Martinique, la houle y est omniprésente, le vent hurle du matin au soir et le pire, c’est qu’on se marche sur les pieds tant il y a du monde et je ne vous dis rien des bateaux de location : l’horreur. Et si je devais vous raconter toutes les tracasseries administratives auxquelles les plaisanciers sont quotidiennement soumis ! Croyez un ami sincère : EVITEZ LA MARTINIQUE COMME LA PESTE. Oubliez jusqu’à l’existence de cette île maudite et concentrez-vous, par exemple, sur la Guadeloupe où il fait si bon vivre, paraît-il.

En cette fin d’année, soyez sympas et faites une petite prière pour que notre calvaire sur cette île ne dure pas trop longtemps. Merci par avance.

Contraints et forcés de tester, en milieu naturel, le nouveau matériel acheté (question de garantie), nous avons été plonger (-24.80 m – 54’ – 28°) au « Boucanier » avec des bouteilles de location (réfléchissez un peu … nous avons déposé nos bouteilles carbone chez Madinina Plongée pour les réprouver). Cette plongée fut un réel enchantement et j’ai tout particulièrement apprécié mon nouveau matériel.

Pour la soirée du réveillon, nous avions invités tous les copains : nous devions être une trentaine à bord. Mais non, idiot que vous êtes, nous sommes bien trop respectueux des règlements pour prendre une telle initiative en pleine pandémie. Nous n’étions qu’à deux et pour être certain de respecter les distanciations sociales, nous avons fait chambre à part.

Si nous avons ouvert une bonne bouteille de champagne (Moët et Chandon ) et dégusté une succulente langouste, le programme tv sur TF1 était tellement nase que j’ai regardé deux séries policières tandis qu’Ann avait déjà pris ses quartiers.

Question météo, nous avons été servis avec beaucoup de vent et de la pluie : nous avons débuté la nouvelle année, en fanfare …

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Mardi  01.

Ce qui a de bien avec l’électronique c’est qu’aujourd’hui, les techniciens viennent en col et cravate, branchent leur PC sur votre moteur défaillant (Volvo D4 – 180) et quelques minutes plus tard, connaissent les causes de votre panne : en le cas d’espèce, le « calculateur ». Seulement voilà, ils sont parfois contraints de revenir sur leurs pas lorsque comme le nôtre (un autre Stéphane), ils oublient de noter les références adéquates de la pièce à remplacer …

Nous ne sommes donc pas beaucoup plus avancés que vendredi  mais nous avons l’espoir qu’enfin, la pièce sera commandée aujourd’hui. Nous avons juste perdu quatre précieux jours …

Départ de « Miss Pezi », gros trawler battant pavillon autrichien et que nous avons souvent vu en Martinique, pour « Cariaccou ». Il est arrivé à la marina de « Port Louis », le 18.03.2020 juste avant la fermeture des frontières pour cause de pandémie et ne l’a plus quittée depuis lors …

« Christina Too », l’affreux Sunreef 68’ à moteur, est de retour à la marina ! Ce catamaran n’arrête pas de faire des aller/retour entre la marina et le mouillage Covid ! Mais cette fois-ci, l’équipage (trois femmes et un homme … le malheureux !) semble être au complet. Le signe qu’il s’apprête à repartir dans les « BVI » ??

Mercredi  02.

Ce matin, la piscine était squattée à notre arrivée, par l’équipage d’un autre affreux Sunreef 72’ , « Wild Berry » arrivé il y a seulement quelques jours. Bien notre chance !

Il fait très beau aujourd’hui et cela fait de suite beaucoup de bien au moral même si nous n’avons pas de motif particulier de nous réjouir. A peine m’en suis je réjoui  sur notre blog que le soleil était caché par de vilains nuages gris …

En réalisant ma petite visite des pontons, j’ai eu (l’agréable !) surprise de relever que « Pola Rosa » était également en panne de passerelle hydraulique !! Après en avoir discuté avec le skipper, j’ai compris qu’il s’agissait de la rupture de la courroie crantée qui actionne la seconde partie de la passerelle. Pour mémoire, nous avons connu exactement le même problème en novembre 2019. La grande différence semble résider dans l’accès à la passerelle qui sur « Pola Rosa » paraît  … impossible !

Un moment donné, nous avons bien cru que le cargo « Luzon Strait », en quittant le port commercial, s’était calé sur un haut-fond !! Nous pensions déjà que nous allions avoir droit à un grand spectacle mais plus d’espoir que d’actualité, il est parvenu à sortir du port sans encombre apparent.

Jeudi  03.

Journée calme agrémentée de quelques pluies éparses. De manière générale, on sent bien que les températures sont en baisse depuis quelques temps déjà. Pour preuve, notre facture d’électricité (airco) qui a chuté de 500 Kwh sur un précédent total de 2.032 Kwh !!! Evidemment quand le soleil brille de tous ses feux, cela chauffe comme une poêle à frire.

« Ananda », notre voisin tribord, quitte la marina ce samedi, pour Saint Vincent où les propriétaires doivent rejoindre le bord ! Mon Dieu que j’aimerais au moins pouvoir voir à quoi ils ressemblent … En témoigne l’important avitaillement dont nous avons été les témoins. Comme pour exciter notre curiosité, tout est resté emballé dans des caisses en carton, amenées avec grand fracas. Toujours le sens de la mise en scène aussi soignée …

Durant tout un temps, sur « Ananda », nous avons eu droit au va-et-vient de parasites en tous genres qui se croyaient chez eux à bord mais depuis quelques semaines, c’est le ballet des techniciens. Aujourd’hui, le technicien du jour s’est enfermé, sans le moindre outil, dans le coffre arrière où il y a passé plusieurs heures ???? Ce voilier restera toujours une source importante de curiosité dès lors que nous n’aurons jamais vu les propriétaires mais seulement le skipper et la cuisinière.

Vendredi  04.

Il y a beaucoup d’agitation aujourd’hui à la marina ! Par manque de chance quand nous nous sommes rendus à la piscine, celle-ci se fermait pour cause d’entretien hebdomadaire : nous aurions pu y penser depuis le temps que nous sommes là … Nouveauté de ce vendredi, une horde d’enfants (8) attendait également frénétiquement la réouverture de la piscine ! Devant ce constat affligeant, Ann, seule, est allée se baigner tandis que j’essayais de me convaincre, en vain, que je pouvais très bien me passer de ma piscine quotidienne.

Par défaut, je suis allé jusqu’au bord de mer où j’ai pu relever que le mouillage Covid regroupait au moins (ma vue ne portait pas sur l’ensemble du mouillage) une cinquantaine de bateaux à l’ancre ! Assez étonnant dès lors que nous avons le sentiment que tout le monde remonte vers le nord.

En milieu d’après-midi, je n’y tenais plus malgré la présence de cinq personnes allongées sur les transats bordant la piscine. Mon petit doigt me conseilla d’être prudent dans nos commentaires souvent désobligeants à l’égard des anglophones. Et bien entendu … j’avais pleinement raison et  même deviné qu’il s’agissait des plaisanciers français (5) vus quelques jours plus tôt sur un Hans 521, « Mâat », basé au « Marin » et amarré à l’autre extrémité de notre quai en sorte que nous nous étions jamais croisés jusque là.

Dans les « bonnes nouvelles » de la journée, figure l’annonce de l’arrivée de notre pièce moteur pour ce lundi et de son remplacement le jour même. J’ai tout de même énormément de mal à y croire …

Samedi  05.

La météo était plus mitigée que hier mais sans doute grâce à cela, nous avons pu profiter de la piscine en toute quiétude.

« Ananda » n’a pas manqué de nous distraire toute la journée avec ses habituelles frasques au point que nous avons même cru un instant que le départ allait être reporté pour permettre à la cuisinière de profiter d’une dernière fête dont elle est particulièrement friande. Mais non, en début d’après-midi, ils sont tous revenus à bord, entraînant en leur sillage, quelques parasites dont j’aurais maudit la présence si cela avait été nos propres préparatifs de départ.

Ceux-ci, contrairement à l’habitude, furent un peu expédiés et les amarres lâchées un peu tard pour leur permettre d’atteindre Saint Vincent avant la nuit. Ils y arriveront à 2 heures du matin.

Durant toute la saison cyclonique, l’affluence à bord était telle que j’avais surnommé le voilier : « L’Auberge espagnole ». En finale, ce n’est qu’à trois qu’ils sont partis rechercher les propriétaires ! C’était sans doute plus sage de leur part …

 Depuis que « Ananda » a quitté son emplacement, nous disposons d’une vue exceptionnelle qui me ferait presque croire que nous sommes au mouillage !!! Dans le fond, ce qui serait merveilleux, serait de disposer d’une marina pour soi, tout seul.

Après ce long intermède fort distrayant, je me suis attelé au nettoyage de la ligne de flottaison qui commençait à prendre des couleurs ocres du plus vilain effet.

Dimanche 06.

Météo fort changeante avec  une longue, longue pluie en matinée et du soleil, l’après-midi. Rien de très nouveau, en somme.

Je m’étais engagé à nettoyer la coque sous-marine du bateau en vue de notre départ imminent (…) pour la Martinique mais le courage me faisait cruellement défaut. Il faut dire que la pluie à laquelle nous avons eu droit, ne suscitait pas exactement l’envie. Toutefois, quand elle s’est enfin arrêtée, j’ai bondi de mon siège pour m’équiper : mieux vaut parfois ne pas trop réfléchir et aller de l’avant.

Une fois dans l’eau, je me suis très rapidement rendu compte que si la coque était quasiment propre (!!) , la visibilité était en revanche particulièrement médiocre. Seules nos amarres avant qui plongent dans l’eau du port, étaient déjà bien sales et m’ont donné un peu de fil à tordre.

Nous aurions certainement pu entamer notre transhumance sans ce nouveau nettoyage mais ma petite plongée (1 heure) m’a permis de constater que la coque s’était très peu salie en 10 jours (une excellente nouvelle) et d’enlever les sacs plastique de notre hélice.

Le soir quand nous avons voulu mettre l’airco, une alarme signala que  « la circulation d’eau de mer était interrompue » !!! Cela arrive de temps en temps et jusqu’à aujourd’hui, il suffit d’ouvrir le bocal contenant le filtre pour que la circulation reparte de plus belle. Ce fut encore le cas cette fois-ci.

Cet incident nous a toutefois permis de relever que le fusible du compresseur n° 2 avait sauté depuis déjà  quelques temps ! Cela explique peut-être notre diminution subite de consommation électrique !  Le plus surprenant reste que nous nous étions rendu compte de rien : nous n’avons pas constaté de baisse de la qualité de notre airco qui ne tourne désormais plus que sur un seul compresseur !!!

Lundi 07.

La pièce électronique de notre moteur Volvo est bien arrivée mais … mais, il faut encore la configurer et de prime abord, la rupture du câble sous-marin (internet) reliant Trinidad, Grenade et Saint Vincent  rendait cette opération impossible !!! Je dois bien avouer que je n’ai toujours rien compris à cette pseudo explication mais grâce à Ludovic de I.D.S. (Martinique), la difficulté aurait été contournée !!!

Au vu de la situation d’abord totalement déprimante et ensuite, à nouveau optimiste, nous n’avons pas eu d’autre choix que de prendre sagement notre mal en patience et surtout, de voir venir. En principe, le technicien «Grenada Marine» vient demain matin remplacer la pièce défectueuse. On sablera le champagne si cela marche. Entre-temps, j’enrage de voir tous ces bateaux qui se déplacent sans problème …

Mardi  08.

En vue de notre départ de demain, Ann est partie faire un avitaillement conséquent. Pour ma part, j’ai préféré avoir la confirmation que notre moteur était réparé avant de recommencer tous les préparatifs …

Si Stéphane, le technicien «Grenada Marine», est bien venu en début d’après-midi comme promis, la pièce commandée semblait encore moins bien fonctionner que la pièce d’origine !!! Quand la nouvelle pièce est en place, plus aucune information ne s’affiche (problème de connexion ??) ! De surcroît, nous venons d’apprendre que le moteur est équipé de DEUX pièces électroniques portant le nom de EVC et que dès lors, c’est peut-être l’autre EVC qui est défectueux !!! Nous ne sommes pas convaincus que la commande de l’autre pièce EVC va résoudre la problématique …

Nous avons, en tous les cas, connu quelques frayeurs lorsque le technicien nous a demandé comment ouvrir le poste de barre … ce qui est impossible en dehors d’une petite trappe de visite mal placée de surcroît !!! Grâce au ciel, quand il m’a montré la nouvelle pièce, je me suis souvenu d’avoir vu ce type de pièce électronique dans le plafond du local technique, à l’aplomb de l’ancrage du poste de barre. Accéder à cette pièce est donc des plus aisé de même qu’à l’autre située sur le côté tribord du moteur. Ce sont les seuls éléments positifs.

Mercredi  09.

Avec cette histoire de « calculateur » Volvo, nous sommes devenus par la force des choses, de grands mangeurs de « salades ». Incroyable le nombre de versions plus ou moins différentes auxquelles nous avons droit pour expliquer qu’après plus de 12 jours d’attente et deux visites du technicien, notre moteur ne ronronne toujours pas comme une chatte ! Cela en devient tellement indigeste que je ne sais plus voir un légume vert sans avoir envie de vomir.

J’ai imaginé cette nuit que nous équipions le bateau, de rames pour nous permettre de quitter la marina. Toujours dans mon rêve, je cherchais désespérément des rameurs robustes, un gros tambour et des fouets. Je devrais peut-être arrêter de lire mon roman fantastique où il est beaucoup question de drakkars …

Pour nous remonter le moral … nous avons nettoyé de fond en comble le cockpit et ensuite, je me suis attelé à construire avec les moyens du bord, une marche en bois en remplacement de notre défense « marchepied » qui s’est déchirée jusqu’à quasi rupture ! Le résultat semble devoir nous permettre de nous en tirer pour quelques temps du moins. La véritable solution serait bien entendu de trouver un réparateur pour notre passerelle hydraulique …

Retour pour le moins inattendu, de « Miss Pezi » ! J’aurais pensé qu’en ayant pris son courage à deux mains après plus de 8 ½ mois de marina, ils auraient porté leur étrave vers le nord mais au contraire, ils semblent s’être enracinés à la marina de « Port Louis » !

Jeudi  10.

Et un jour de plus, ensoleillé de surcroît ! Nous nous rapprochons inéluctablement de l’évasion finale … relisez bien : je n’ai pas écrit « fiscale » mais « finale » !

A la piscine, nous avons été amenés à composer avec la « vieille folle ». Déjà la veille, j’avais relevé qu’elle prenait la piscine pour son antre personnelle en y amenant divers objets qu’elle laisse sur place. Outre des aller/retour sur son petit vélo, entre la piscine et son bateau, aujourd’hui, elle s’est calée dans un coin de la piscine où elle n’a pas pied pour lire son E-book posé verticalement sur la margelle … J’ignore ce qu’en pense son mari mais restons charitable : heureux les simples d’esprit.

Vendredi  11.

Le vendredi a cette particularité que l’on sait qu’il ne faut rien en attendre car c’est la veille du week-end et qu’il ne faut plus rien attendre avant le lundi ! Absolument déprimant .

Plus déprimant encore l’annonce faite par Ann que la météo se dégrade de belle manière, la semaine prochaine ! Comme pour appuyer sa prévision, nous avons eu droit à de nombreuses petites pluies ! Le moteur n’est pas encore réparé (nous n’avons par ailleurs, aucune nouvelle …) que nous devons déjà envisager de postposer une fois de plus notre départ ! Le problème n’est pas tant de passer quelques jours supplémentaires à la marina, au point où nous en sommes, mais d’avoir à décaler encore plus le carénage du bateau avec les fêtes de fin d’année en perspective. Cela en vaudra-t-il encore la peine ?

Je regrette amèrement nos décisions prises en un temps où nous avions encore toutes nos illusions : nous aurions du sortir le bateau de l’eau à Grenade quand la proposition nous en a été faite fin juillet. Mais nous avions déjà tellement attendu cette invitation que nous avons voulu faire la nique au chantier qui nous avait laissé dans la plus totale expectative jusque là. Maintenant au vu de l’évolution de la pandémie, nous avons sans doute évité de prendre un aller simple pour le cimetière, en rentrant en Belgique.

Samedi  12.

Nous avons été sortis de notre lit par un appel téléphonique de Jeffrey (notre taximan attitré) nous indiquant que le technicien de «Grenada Marine» avait notre pièce et qu’il venait la placer !!! Fausse alerte sans que nous n’ayons compris d’où Jeffrey tenait cette information !!

Matinée ensoleillée et puis tout d’un coup … « tous aux abris »,  le temps de tout bien mouiller ! Pour moi, il s’agit d’une météo très spécifique à « Saint-Georges » (Grenade) en raison de sa situation en cuvette. A « Sainte-Anne » (Martinique), on assiste au même phénomène sauf que la côte sud est assez plane et dégagée en sorte que l’on distingue parfaitement le passage du grain et que celui-ci peut très bien passer un peu plus à droite ou à gauche de votre position.

Dimanche  13.

Il pleut beaucoup chaque nuit (!) mais somme toutes, nous n’avons pas à en subir les inconvénients pour l’instant. Mais, si un jour nous retrouvons le mouillage, nous n’aurons plus recours à l’airco (nécessité de faire fonctionner le GE) et alors, cette pluie nocturne serait très désagréable à gérer. Que le ciel nous en préserve … sans pour autant continuer à nous bloquer à la marina !

Nos voisins, les propriétaires américains âgés de « Hight Spirits », sont de retour après une longue absence. S’ils sont plutôt sympas, nos échanges restent cependant très limités en raison de la barrière de la langue car très étonnamment, ils ne parlent pas un mot de français …

Nous supposons qu’ils ont voté pour Joe Biden (le bateau est immatriculé au Delaware) car autrement, ils n’auraient sans doute pas survécu à leur séjour aux E.U. ( plus de 300.000 morts au compteur).

Il est facile à la marina de voir qui a voté pour qui : les « trumpistes » arborent tous un immense drapeau de leur état en lieu et place du drapeau national , sur base de l’idée qu’ils ne veulent plus appartenir aux E.U. !!

Lundi  14.

Journée ensoleillée et plutôt calme pour un lundi. Après notre piscine quotidienne, nous avons farniente en l’attente de nouvelles pour notre pièce de moteur Volvo :  toujours aucune date, nous continuons de vivre dans l’incertitude ! Joie.

Alors que Grenade a jusqu’à ce jour, été épargnée par le Covid-19 en raison d’une politique très stricte des autorités locales, la réouverture de l’aéroport international a laissé pénétrer le virus qui se répand sur l’île à cause d’Américains essentiellement, qui ne se soucient guère de la quarantaine imposée ! Désolant.

A cette suite, à partir de demain, tous les restaurants resteront fermés, les activités sportives seront suspendues, les bus ne pourront plus circuler après 22 heures etc.

Mardi  15.

Ils sont tous partis ! On est désormais tous seuls sur notre quai : « High Spirits » est sur le départ en ayant été s’amarrer au ponton d’accueil , Thomas de « Bee Free » est parti au mouillage, sur le départ pour la Martinique et « Freedom » (propriétaire de Jack, notre braque allemand préféré) est également  sur le départ en ayant placé son Lagoon 52 en parallèle au quai.

Malheureusement pour nous, « Silicon Valley » semble encore bien décidé à continuer de nous pourrir la vie par sa présence.

Journée ensoleillée et très chaude avec un vent faible de O-NO assez exceptionnel !

Chaque jour, le temps s’écoule lentement jusqu’en début de soirée. Ensuite, dès que nous avons tout fermé, mis l’airco et la télévision, tout semble s’illuminer à nouveau !

Nous sommes toujours en stand bye de la pièce pour notre moteur Volvo.

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Publié par : Ann & Stéphane | 2 décembre 2020

16 au 30.11.2020 – Faux départ pour la Martinique !

Lundi  16.

Manifestement, il  y a du mouvement dans l’air : le catamaran « Zingara » (Matrix Yachts 76’ – 23.34 m) est parti faire le plein et ensuite, il s’est amarré au ponton d’accueil pour un départ que l’on pressent imminent. Le premier signe avant-coureur est apparu ce week-end lorsque nous avons vu des ouvriers s’activer à la pose de teck sur ses marches arrières. Cela fait depuis plusieurs semaines que le travail a débuté mais visiblement, l’entreprise a du retard sur son timing …

Du même coup, la vie à la marina en devient beaucoup plus supportable. Dommage que nous nous faisions toujours autant rincer mais peut-être peut-on espérer pour le milieu de la semaine prochaine, une météo plus clémente.

Nous recommençons à entrevoir la possibilité de rentrer au pays même si le retour au bateau semble toujours aussi difficile. Via les réseaux sociaux, nous avons appris aujourd’hui, que sept plaisanciers avaient organisé un convoyage au départ de la Martinique, pour Grenade, sur le catamaran « Flipper III ». Alors que les « Coast Guard » de Grenade le recherchaient en tous les mouillages, finalement, on a appris qu’il n’avait pas quitté la Martinique pour cause de Covid-19 à bord …

Mardi  17.

Aujourd’hui, c’est  « Xenia 74’ » (Privilège 745) qui a quitté la marina pour la Floride où il doit être mis en vente. Ce n’est pas que je m’en réjouisse mais au moins, nous ne sommes pas seuls face à l’adversité :  sa passerelle hydraulique est restée calée en position semi-ouverte !

En fin d’après-midi, « Zingara » quittait définitivement la marina.

Avec tout cela, « Ananda » (Swan 82’) est notre seul voisin sur tribord ! Dommage que ce ne soit pas lui qui parte mais cela ne saurait tarder à mon avis.

J’ai assisté à l’arrivée d’un couple de Français qui venait prendre livraison de son Lagoon 380 de location ! La société « Dream Yacht Charter » reprendrait-elle enfin ses activités ?

Mercredi  18.

Après une nuit venteuse et pluvieuse comme toutes les nuits, nous avons eu droit à une superbe journée ensoleillée, très chaude. Cela nous change du crachin que nous connaissons depuis plusieurs semaines.

Sur « Ananda » , le pont est astiqué quotidiennement comme si le voilier était promis à la vente ! S’ils continuent à ce rythme, il n’y aura bientôt plus de teck sur le pont … Je serais curieux de voir leur facture d’eau car ce sont des milliers d’hectolitres qui à chaque fois, sont utilisés. On voit bien que ce n’est pas l’équipage qui règle la facture … déjà que l’airco fonctionne 24/24 heures.

Vers 16 heures, nous avons bien cru au miracle : « Silicon Valey » quittait son emplacement !!! Ce Lagoon d’une quarantaine de pieds battant pavillon américain, est la propriété d’un couple de Polonais que nous avons pris en grippe depuis leur appontage à notre ponton flottant, il y a plusieurs semaines de cela (cfr. article antérieur). Comme beaucoup trop de leurs compatriotes, ils n’ont pas le sens des plus élémentaires convenances et se comportent comme de grossiers personnages.

Malheureusement après avoir tourné en rond un très long moment (le temps de changer leurs défenses et leurs amarres de position), ils prenaient un autre emplacement en la marina !!!

Jeudi  19.

Il fait beau même si le ciel est plutôt couvert. Du moment qu’il arrête de pleuvoir, nous ne pouvons qu’être heureux.

Je pense avoir réparé le bouton de la taque électrique. S’il ne tournait pas encore fou, il ne revenait plus en position normale. Après avoir d’abord pensé que tout le mécanisme avait tourné, j’ai compris qu’il ne s’agissait que d’un problème de collage du guide au niveau du bouton lui-même.

Pris dans mon élan positif, j’en suis même arrivé à réaliser un peu de repassage !!! C’est un peu la bête noire d’Ann.

Depuis notre dernière visite chez le dentiste, je suis très perturbé à l’idée qu’une nouvelle carie ne se développe de l’autre côté de ma mâchoire ! Pour être totalement rassuré, il me faudrait faire une radio panoramique de la bouche. Seulement pour ce type de radio, il faut aller à l’hôpital et je ne suis pas convaincu que l’île soit équipée en conséquence. Déjà, pour notre ECG sous effort, en le cadre de la plongée, il nous est impossible de le réaliser à Grenade ! Nous devrons attendre d’arriver en Martinique et voir avec le confinement …

Le soir, nous avons pris l’apéro sur « Cameral V » (Léopard 46’) avec Gérard (propriétaire) et Emma (crew).  Soirée très sympathique.

Vendredi  20.

Selon la météo,  fin de la semaine prochaine, nous aurions droit à du mauvais temps !! Si cela se confirme, nous devrions sans doute remettre une nouvelle fois notre départ pour la Martinique ! Comme un mauvais présage, il a plu très soudainement en milieu de matinée et encore un peu, j’oubliais de rentrer notre essuie de bain qui séchait au soleil. Pas croyable le nombre de fois où j’oublie de le rentrer …

Depuis plus d’un mois, j’ai le moral au ras des pâquerettes. J’ai tellement d’envies inassouvies que notre immobilisme actuel m’exaspère un peu. Seule consolation, une météo pas exactement au rendez-vous et qui me fait apprécier le confort de la marina. Quant à la pandémie, si nous ne la ressentons pratiquement pas à Grenade, il suffit que notre regard porte un peu plus loin que les frontières de l’île pour en ressentir immédiatement le poids.

Samedi  21.

Ann est partie ce matin, au marché au poisson de « Saint Georges » et pour sa peine, elle a été récompensée par une bonne drache ! Un peu ras le bol de ces pluies incessantes. En Martinique, on a souvent droit à des grains voire à des chapelets de grains mais au moins, entre deux grains, on a droit au soleil. A Grenade, j’ai le sentiment que nous avons davantage droit à de la pluie et donc, il peut pleuvoir quasiment toute la journée comme aujourd’hui.

Après cela, elle est partie en compagnie de  Emma de « Cameral V », comme tous les quinze jours, au « Phare bleu » pour y faire son avitaillement en viande et en viennoiseries .

En son absence, je me suis mis à l’eau pour le nettoyage de la ligne de flottaison (25/08 – 04/09 – 21/9 – 07/10 – 04/11 – 21/11), première étape du nettoyage intégral de la coque. Une nécessité avant notre transhumance vers la Martinique.

Je me suis fait la frayeur de ma vie ! En vue de notre grand nettoyage, j’ai voulu gonfler la bouteille d’Ann que je pensais erronément être quasi vide (mano bloqué !). En mettant le compresseur en route, j’ai immédiatement compris que quelque chose ne tournait pas rond … pour ne pas dire plus clairement que le compresseur ne tournait pas du tout ! Hormis quelques hoquets indicibles, il ne voulait manifestement rien entendre !

Fallait-il considérer la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine ? Avec mon caractère enjoué et toujours très positif, je voyais déjà notre départ retardé et notre saison de plongée, à l’eau.  En fait, je ne voyais pas très bien comment attaquer le problème à défaut de pouvoir le résoudre.

C’est alors que la fée clochette est venue me suggérer à l’oreille que si je lançais le GE, j’aurais peut-être remédié au problème insoluble. Effectivement, d’insoluble, il est devenu parfaitement soluble ! Il semblerait que le congélateur étant en train d’officier, la tension était trop faible pour faire tourner de surcroît, le compresseur. Parce qu’en temps normal, il fonctionne avec la tension du quai. Amen.

Dimanche 22.

Nous en avons profité que c’était le jour béni du Seigneur pour « scurer » le pont et principalement, le teck, redevenu gris/noir en raison des pluies diluviennes que nous subissons depuis quelques temps. C’est tellement grave que la capote, le bimini et les écoutes présentent des traces de moisissures vertes !!!

Que nous soyons arrivés à « scurer » tout le pont en ce inclus, la jupe,  relève du miracle dominicale. La précédente fois, nous nous étions limités au triangle avant et nous avions fait appel à un « professionnel du nettoyage » pour terminer le travail. Sans doute que des températures moins élevées et de beaucoup plus longues pauses, nous ont permis cet exploit.

Après le travail, nous avions les muscles des bras atrophiés par l’effort et il m’a fallu une bonne heure avant de retrouver un usage normal de mon corps ! En est-ce la raison ou non mais nous avons tous les deux passé une mauvaise nuit !

Alors que nous étions étendus comme deux mourants dans notre cockpit, nous avons vu « Silicon Valley » quitter la marina avec son nouveau skipper. En principe, nous aurions dû sauter de joie même si à l’approche de notre propre départ, cela n’avait plus beaucoup d’importance mais les connaissant, nous avons attendu de voir vers où le catamaran se dirigeait avant de s’en réjouir trop rapidement. Bien nous en a pris puisque quelques temps plus tard, le catamaran revenait à son emplacement en la marina …

Lundi  23.

Il fait beau mais cela souffle pas mal en sorte que « Turbulences » venu pour remettre en place les voiles de notre voisin « High Spirits », a finalement renoncé à l’opération ! En milieu d’après-midi, le vent était retombé.

Pour notre part, après le petit déjeuner, nous nous sommes équipés de nos bouteilles et combinaisons pour le nettoyage de la coque sous-marine de « S.A.S.³ » .

Premier constat, la visibilité n’excède pas 50 cm. quand elle n’est pas nulle ! Second constat, avec le seul grattoir en plastique, on arrive quasiment à tout nettoyer !!! Troisième constat, le « pro speed » censé protéger l’hélice des concrétions, s’est révélé cette année, archi nul et au prix où il coûte, c’est un scandaaale aurait dit Georges Marchais. Quatrième constat, notre antifouling a totalement disparu à certains endroits et semble fort élimé dans l’ensemble.

En fait de concrétions, on retrouve essentiellement de la mousse, des bernacles calcaire en quantité et des petits bosquets qui partent heureusement très facilement.

Voilà pour le constat du jour.

Si la visibilité de l’eau ne s’améliore pas, nous risquons beaucoup de passer à côté de plaques importantes de salissures et ce serait dommage après la dépense de tant d’énergie. L’absence de tout courant ne facilite pas le travail contrairement à ce que nous aurions pu penser car le nuage d’antifouling reste en suspens !

Nous avons dû nous équiper en conséquence avec l’achat de gants, d’un solide grattoir en métal et de nouveaux tampons abrasifs.

Mardi  24.

Après une meilleure nuit que la veille, j’ai poursuivi,  en solo, le nettoyage de la coque : le 1/3 central, repassage sur la quille et le safran, grattage de l’hélice et de la semelle de quille. La première demi-heure fut particulièrement pénible … c’est bien simple, j’avais à peine entamé le nettoyage que j’avais déjà envie de m’en arrêter là ! Puis ce fut le déclic et j’aurais bien poursuivi jusqu’au bout si je n’étais pas tombé en panne d’air : 1.30 heures de plongée.

15.30 heures et la piscine pour nous tous seuls !! C’était le méga, méga pied. Jusqu’à présent, à cette heure là, c’était le QG de tous les Américains de la marina : un monde fou dans l’eau, chapeau et lunette sur le nez et n’oublions pas le verre réfrigérant qui ne quitte jamais l’Américain qui se respecte.

Départ de « Cameral V » pour « Cariaccou » où il doit se faire caréner.

Mercredi  25.

Ce matin, vers 9 heures, deux gratteurs locaux nous nettoyaient en une demi-heure, le triangle avant du bateau ! En fait, il s’agissait du travail dévolu à Ann, hier mais qu’elle n’avait pu réaliser. Le nettoyage d’une coque est une opération qui nécessite technique et expérience et bien entendu, beaucoup de courage. Contrairement à ce que l’on pourrait croire cela n’a rien de commun avec une plongée normale : on est comme une araignée pendue au plafond, on réalise beaucoup d’efforts et on est constamment dans la poussière d’antifouling. En un clin d’œil, on peut se sentir en difficulté respiratoire et c’est ce qui est arrivé à Ann.

La coque étant terminée, il nous restait à nettoyer la coque au-dessus de l’eau. A quoi bon puisque nous partons vendredi sur la Martinique ? D’une part, parce que le récurage du teck a entraîné de vilaines coulures grises sur la coque et d’autre part, parce que même si la coque sera copieusement salée durant notre petite navigation, sur une coque propre, le sel part plus facilement lors d’un bon rinçage.

L’avantage d’être en marina pour ce travail c’est qu’au moins en principe, il n’y a pas de vagues à redouter  …

Jeudi  26.

Réveil à 7 heures et départ pour le dernier traitement dentaire de Ann ! Ensuite et comme à chaque fois, un avitaillement conséquent surtout en coca sans sucre, lait, eau et bière. De retour au bateau et après avoir petit déjeuné, nous avons commencé nos travaux de préparation du bateau pour sa petite croisière annuelle. Incroyable comme il faut penser à tout et surtout, tout vérifier.

Vendredi  27.

Imaginez la scène :  vous partez en vacances avec toute la petite famille, les enfants sont sanglés sur leur siège, le chien a trouvé une petite place inconfortable pour le trajet, le pique-nique est à portée de mains, la maison est fermée et l’alarme enclenchée. Vous tournez la clef de contact de votre voiture et le moteur se refuse à démarrer ! C’est à peu près ce que nous avons connu ce matin …

Pourquoi diable n’ai-je pas vérifié hier si le MP tournait correctement ? Sans doute parce que je fais parfois un peu trop confiance en mon bateau malgré les nombreux avatars que nous avons pourtant déjà connus. Mais que voulez-vous ! Ce voilier est unique et nous a permis de tourner autour du globe en toute sécurité et dans un grand confort. Cela ne s’oublie pas.

C’est en voulant avancer le bateau pour sangler l’annexe sur le portique arrière que nous nous sommes rendus compte que le MP connaissait un problème. En fait, il s’agit du « calculateur » de notre commande électronique qui est en rade et donc, qui ne communique plus ses instructions au moteur. C’est tout bête sauf qu’il faut commander la pièce … nous en avons certainement pour une semaine !

Entre-temps, il aura fallu tout remettre en place ce qui m’avait pris des heures à tout enlever et à tout ranger. Retourner auprès de la douane et de l’immigration pour leur expliquer la situation (pas une mince affaire  … on a à faire à des fonctionnaires). Mais le pire dans tout cela, reste encore l’état de la coque sous-marine que nous devrons peut-être nettoyer à nouveau !!!! En attendant, j’ai été mettre en apnée, des sacs plastiques noirs sur les pales de la MaxProp. On verra ce que cela va donner.

Après toute cette agitation, nous avions tous les deux, un peu la tête à l’envers : difficile de se dire que nous n’étions pas partis alors que la météo s’est révélée encore plus prometteuse que prévue ! Snif.

Vous connaissez tous « l’effet papillon » ou « l’effet domino ». Bizarre de se dire que ce contretemps a sans doute modifié notre avenir !

Samedi  28.

Pas évident de se réveiller en se disant que, normalement, nous devrions être au mouillage de « Sainte Anne » … en lieu et place de la marina « Port Louis ». Cela ne passe pas bien même si nous n’avons pas d’autre choix. Jusqu’à présent, il s’agissait d’une décision mûrement réfléchie de rester alors que maintenant c’est contraint et forcé et nous ne savons pas pour combien de jours.  Nous imaginons qu’il ne s’agit que d’une histoire de quelques jours mais rien n’est moins sûr.

En attendant et pour éviter de nouvelles surprises désagréables, je me suis mis en peine d’essayer le guindeau (ok), le propulseur arrière (ok) et le propulseur avant (pas ok !).

Dans un premier temps, je me suis mis à l’eau avec une bouteille pour décoincer par l’extérieur, le plateau monte-charge sur lequel est fixé le propulseur. Cela n’a rien changé. Ensuite, avec la précieuse aide de Maxence de « Tenderlift », contacté par téléphone, nous avons compris que c’est un des deux moteurs électriques de descente du plateau, qui est en panne ! Tout bête, tout simple. Au moins, maintenant, nous savons pourquoi cela ne marche pas et qu’il nous faudra attendre d’être en Martinique pour le remplacer … Selon Christophe de « Caraïbe Marine », ce serait les contacts en fin de course, en cause ! Un coup de WD40 et tout repartirait ?? Un peu trop beau pour y croire.

Dimanche  29.

Le ciel est plombé et nous avons déjà eu droit à une belle drache. La marina quant à elle, est comme abandonnée à son triste sort. Par contre, à la piscine, nous nous sommes tapés notre couple de Polonais que nous ne pouvons souffrir. Par manque de bol, ils font partie des quelques irréductibles scotchés à la marina et semblent de surcroît, prendre un malin plaisir à vouloir faire coïncider leurs heures de piscine avec les nôtres !

Notre moral serait meilleur (ou peut-être pire …) si nous savions quand nous allons pouvoir partir. Il faudra encore que la météo ne soit pas infecte. Nous avons donc à faire à une équation à deux inconnues.

Lundi  30.

Matinée pluvieuse et venteuse. Malgré cela, si nous avions pu partir, nous serions partis … c’est dire notre frustration ! J’ai même envisagé sérieusement de quitter notre emplacement à  la voile mais ce ne serait pas raisonnable voire dangereux car notre voilier a une très importante inertie (40 T).

Ma flemme est aussi haute que mon moral est bas : nous avons appris que le technicien Volvo ne passerait que demain matin pour vérifier que notre panne résulte bien de l’EVC . Si c’est le cas, il faudra commander la pièce avec un délai de livraison probable de 8 jours. « I’m happy » dirait Droopy.

Si au moins, entre-temps, nous pouvions mettre ce délai d’attente à profit en faisant caréner le bateau par exemple mais comme il nous est impossible de le déplacer …

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Publié par : Ann & Stéphane | 19 novembre 2020

01 au 15.11.2020 – Se languir de la Martinique à Grenade !!

Dimanche 01.

Il pleut, il pleut et il repleut ! Quelle misérable journée.

En début d’après-midi, nous avons eu le déplaisir de voir arriver au ponton flottant, « Marnia » (Mälo 42’) ne battant aucun pavillon et sans aucun port d’attache indiqué mais manifestement, anglophone. Après l’avoir placé, l’étrave vers notre cockpit, les marineros ont bien été obligés de le tourner (cockpit vers cockpit … grrr) en raison d’un fil électrique trop court !

Son skipper solitaire est parfaitement antipathique mais comme nous le sommes tout autant vis-à-vis de lui, difficile de le lui reprocher. S’il est amarré au ponton flottant, c’est qu’il n’y restera pas très longtemps. J’ai juste trouvé un peu suspect l’empressement de David, skipper de « Ananda », à l’aider à s’amarrer … notez qu’entre antipathiques, ils doivent plus facilement se comprendre.

Lundi  02.

Il pleut toujours autant et contrairement à ce que l’on pourrait croire, on ne s’y fait pas du tout ! Mais bon, dès demain, le beau temps devrait être à nouveau de la partie.

Ce matin, ce sont pas moins de cinq voiliers qui ont quitté la marina comme s’ils avaient le feu aux trousses ! Il ne pleuvait plus à ce moment là. Parmi eux, il y avait nos copains belges, Suzanne & Dany de « Zephir » qui partaient à « Carriacou » pour y faire caréner leur bateau.

Il semblerait que malgré quelques arrivées, la marina se vide progressivement. Mais où  vont-ils donc  tous ? A  « Carriacou » pour la plupart mais après ? Perso, je m’en réjouis car la pression démographique diminue en due proportion même si ce n’est pas toujours ceux que je souhaiterais voir partir, qui s’en vont les premiers.

En fin d’après-midi, on voyait arriver en annexe, Marc & Nancy de « Mana ». Marc avait rasé sa barbe … une étape supplémentaire dans un processus psychologique intime. Lorsqu’il recherchait le bateau de ses rêves, il portait une barbe particulièrement longue qui l’avait fait surnommé « Jésus » par les membres de son club de plongée. A l’achat de son Privilège 50’, il l’avait considérablement raccourcie et aujourd’hui, le voilà rasé de près !

Après nous avoir salués, il a voulu s’élancer avec son annexe sauf que le moteur de celle-ci se refusa obstinément à s’emballer ! Si je n’y connais pas grand chose en moteur d’annexe, j’en connais visiblement un peu plus que lui en sorte qu’en chipotant ici et là, le moteur a bien voulu fonctionner à nouveau normalement !  Le problème semble se situer au niveau de l’arrivée de l’essence … peut-être le filtre encrassé.

Le problème de « Marnia » se situe lui, au niveau de son point d’ancrage au mât, du hale-bas. Il y a près de 30 ans … nous avons connu le même problème avec notre Elan 43’ : les 8 rivets de fixation ont sauté d’un coup. J’avais réalisé une réparation provisoire et l’hiver, nous avions démâté. J’avais alors boulonné par l’intérieur du mât, sur une double pièce de renfort, l’ancrage volage. Depuis lors, il ne s’est plus jamais échappé. Sur « Mania », à la fin de la journée, le problème n’était pas résolu.

Mardi  03.

En allant à la piscine, j’ai rencontré Emma de « Cameral V » qui  m’a annoncé que Gérard, son skipper, était arrivé en Martinique et qu’il serait à Grenade dans la journée. Il lui restera alors à faire sa quarantaine mais tout est déjà organisé. Emma se voit donc déjà voguer sur les flots pour la fin de semaine …

Tous ceux que nous rencontrons, semblent également être sur le départ et cela n’en est que parfaitement normal. Reste à savoir … partir pour aller où ? Sur ce point, tout le monde reste flou même si je suis convaincu que chacun a sa petite idée sur le sujet. Quoi qu’il en soit, tout cela me donne le vague à l’âme.

Retour à son emplacement, en ligne directe du chantier de carénage, de  « High Spirits », notre voisin américain dont les propriétaires âgés sont retournés il y a quelques mois, aux USA.  Mais sont-ils encore en vie ? The question …

Mon plus beau moment de la journée restera ce petit gamin d’environ 10 ans, qui en passant devant notre bateau, a tenu à nous dire « i like your boat » et comme il n’était pas certain que nous avions entendu, il a tenu à nous le répéter : « i like your boat ». Déjà aussi fin connaisseur à son âge, ce sera un fameux numéro plus tard.

Mercredi  04.

Même s’il a beaucoup plu cette nuit, la journée fut très ensoleillée.

« Mana » nous avait indiqué qu’il quittait la marina pour « Carriacou ». Il s’agissait au départ, de lundi, puis de ce mercredi et aux dernières nouvelles, de vendredi prochain … si tant est que Marc en aie terminé de la longue liste de travaux qu’il a établie, comme devant être réalisée avant son départ !

A cette suite, il nous fallait lui restituer la défense « marchepied » toute neuve qu’il nous avait prêtée gentiment en son temps, pour nous permettre de monter et descendre du bateau en l’absence de notre passerelle hydraulique (en panne).

N’ayant trouvé aucune autre solution satisfaisante de rechange, je me suis contraint ce matin, à aller acheter (+/- 150 €) chez « Island Water World », un modèle assez proche de celui qui nous avait été prêté. Ce n’est pas exactement ce que nous voulions mais impossible de trouver sur l’île, un autre modèle.

Alors que je m’apprêtais à installer notre nouveau « marchepied », Marc nous rapportait le sien qui de toute évidence, avait une fuite ! Tout naturellement, nous avons fait l’échange des « marchepieds ». Encore merci Marc pour ta gentillesse et navré de n’avoir pas été en mesure de te restituer un « marchepied » identique au tien.

Plusieurs bateaux américains tiennent conseil de guerre ce vendredi  pour un départ collectif sur « Carriacou ». C’est bien connu qu’avec les Américains, vous criez « meut, meut, meut » et ils s’alignent tous derrière vous.

Nous avons rencontré extrêmement peu d’Américains en le cadre de notre tour du monde  et pourtant avec 328 millions d’individus (dix petits millions pour la Belgique …) c’est la nationalité qui aurait dû être la plus représentée. Sans doute leur aurait-il fallu un Grand Timonier comme leur rock star de Président, Donald Trump,  pour montrer le chemin … meut, meut, meut.

Après plusieurs jours d’hésitation en raison des pluies, j’ai pris mon courage à deux mains pour nettoyer notre ligne de flottaison (25/08 – 04/09 – 21/9 – 07/10 – 04/11). Incroyable la longueur démentielle (10  à 15 cm) de la couronne d’algues vertes !! Grâce au ciel, tout est parti très facilement mais je n’en dirais pas autant de la coque en-dessous d’un bon mètre de la ligne de flottaison, là où je ne suis plus passé depuis mon nettoyage de fin mai ! Cela me fait plutôt peur pour la suite mais inutile de se fatiguer avant de savoir précisément quand on quittera la marina.

Arrivée en fin d’après-midi du couple qui souhaitait s’installer à bord de « Xenia 74 » sans respecter la quarantaine ! Cfr. article précédent. Cette fois, la quarantaine derrière eux, plus rien ne s’opposait à leur arrivée à bord.

Jeudi  05.

Nous avons décidé de partir pour la fin du mois. Et cela n’a absolument rien à voir avec le fait que nous venons d’apprendre qu’au 1er décembre, on tombe en « haute saison » et que les tarifs de la marina vont tout simplement doubler !!! Et moi qui attendait décembre pour voir les tarifs réduits de moitié … voilà ce que c’est que de rêver trop fort du plat pays.

Du côté dentiste, Ann a subi sa seconde séance, la prochaine, dans une semaine et la dernière, deux semaines plus tard. Nous serons juste dans les temps ! En ce qui me concerne, c’était ma dernière séance aujourd’hui  … avant que l’on me trouve d’autres carries ! Cette dentiste est tellement gentille, douce et compétente que c’est presque avec tristesse que je relève que mon traitement est terminé.

Après le dentiste, nous avons fait un gros avitaillement chez « IGA », complété par un avitaillement chez « Foodland ». Le réassortiment des rayons est le plus grand problème que l’on rencontre sur l’île.

Sur « Mana » , le départ est reporté à lundi en raison d’une météo fort pluvieuse pour les quatre jours à venir. Quand on parle un peu autour de nous, tout le monde s’interroge et ne sait pas exactement ce qu’il va faire sauf quitter la marina avant le 1er décembre. On le voit également au niveau du traçage des AIS, il y a bien des départs vers le Nord mais beaucoup continuent de tourner en rond.

Vendredi  06.

Soleil, chaleur et petites averses éparses.

Ce matin un peu avant 11 heures,  « Ananda » est parti avec sa horde de parasites (12 + 1 chien !) passer le week-end à « Sandy Island ».

Après ce départ en fanfare, je suis allé déposer avec notre annexe, Ann & Nancy au marché aux poissons de « Saint Georges ». Par la suite, nous avons été faire le plein d’essence au ponton fuel situé sur l’autre rive de la baie. L’occasion de voir de près ce que depuis des mois, nous voyons toujours de loin.

Un petit tour d’horizon sur le mouillage et nous avons remisé notre annexe le long de notre flanc tribord. Tout de même vachement moins pratique que lorsque nous la suspendons au portique arrière.

Samedi  07.

Belle journée ensoleillée avec de temps à autres, son lot de petites averses.

Comme tous les week-ends, journée très calme sur les pontons et d’autant plus calme que beaucoup de (petits) bateaux ont quitté la marina. Par contre, « Paula Rosa » (24 m) est revenu à son emplacement !

Victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine qui n’a pas suscité de manifestations particulières. On aurait pensé à quelques débordements mais les « Trumpistes » de la marina se sont montrés plutôt discrets.

Dans l’après-midi, Marc de « Mana » est venu nous faire une visite de courtoisie et nous indiquer où il en était avec sa télévision satellitaire KVH qu’il ne parvient pas à faire fonctionner …

Dimanche 08.

Ce matin, j’étais parti vers la piscine quand j’ai compris qui y avaient pris ses appartements : toujours les mêmes ringards (en particulier, un couple d’Américains et un couple de Polonais) qui semblent s’amuser à vouloir occuper la piscine à mes heures habituelles.  Aussi ai-je fait demi tour et je n’y suis retourné qu’après le petit déjeuner.

Journée très calme et sans la moindre pluie !

Lundi 09.

« Mana » s’est enfin décidé à quitter la marina pour « Carriacou » : Marc serait bien encore resté mais Nancy avait envie de retrouver ses amies. Je les envie beaucoup même si je crains qu’il n’y aie un peu trop de monde à mon goût, au mouillage.

« Marnia » a retrouvé sa GV et a quitté la marina avec le « pékinois » pour une destination inconnue.

Gérard de « Cameral V » en a fini de sa quarantaine à l’hôtel et vient de retrouver son bord gardé depuis plus d’un mois, par Emma.

« Ananda » a retrouvé son emplacement réservé. Ils étaient 12 + 1 chien au départ et  … 9 + 2 chiens au retour !!!! Un bien long week-end avec une telle ménagerie. Je finis par penser que nous quitterons la marina avant notre déplaisant voisin.

Mardi  10.

Journée calme sur « S.A.S.³ » . Hormis Ann qui est passée chez l’esthéticienne, nous n’avons pas quitté le bord même pour aller à la piscine !!! J’ai véritablement « glandé » toute la journée.

Le devis de peinture de Grenade pour notre flanc tribord est sensiblement égal à celui de Trinidad. Une bonne nouvelle en soi puisque l’assurance adverse se refuse toujours à prendre en considération le devis de Martinique, il est vrai +/- 11.000 € plus élevé que les deux autres. Il faut dire que la sortie de l’eau et 3 jours sur l’aire de carénage de « Carénantilles »  coûte déjà  2.800 € !!!!!  Un vrai scandale d’autant que les prestations du chantier ne sont pas terribles avons- nous entendu de diverses sources.

Mercredi  11.

Pour la première fois depuis son problème au doigt de pied, Ann est venue avec moi à la piscine : sa blessure n’est pas encore totalement refermée mais en très bonne voie de cicatrisation.

Le soir, nous recevions à l’apéro, Gérard et Emma de « Cameral V ». Gérard nous a notamment expliqué le véritable parcours du combattant qu’il a connu pour rejoindre son bateau qu’il avait quitté peu de temps après notre arrivée en juin.

Jeudi  12.

Réveil à 7 heures du matin pour être les tous premiers patients chez notre dentiste. Ann doit encore y retourner une quatrième fois dans quinze jours et ensuite, nous serons en principe, libres comme l’air …

Petit détour par « IGA », la grande surface, pour un petit avitaillement et retour au bateau. Comme promis, nous sommes allés aider Gérard et Emma à monter leur GV. Déjà que le travail n’était pas évident car Gérard ne savait plus très bien comment tout était monté avant le dégréement , nous avons eu droit à des grains successifs !

Après plusieurs heures d’efforts, nous avons fait une longue pause qui nous a permis d’aller faire baisser notre température corporelle à la piscine et ensuite de petit déjeuner ! N’aimant pas laisser un travail inachevé derrière moi, je suis retourné sur « Cameral V » pour terminer le travail commencé.

Vendredi  13.

La météo a annoncé que la saison à venir, serait pluvieuse ! Vrai ou faux, il faut reconnaître qu’il pleut beaucoup et malheureusement, quasi quotidiennement. Ce vendredi n’a évidemment pas échappé à la règle.

J’ai passé une bonne partie de ma journée à travailler sur « Cameral V » ! En fait, en voulant hisser le génois, Gérard et moi, avons  vite constaté que le guide de la drisse de génois s’était cassée au mauvais endroit ! Donc, après avoir envoyé la drisse de spi au moyen de son guide, nous avons fait passer un nouveau guide dans le mât pour la drisse de génois.

C’est Emma qui a eu le courage de monter dans le mât. Sur la descente, elle en a profité pour installer sur tribord et sur bâbord, un guide de pavillons et de fanions. Ensuite, nous avons enfilé le génois sur son étai pour constater que nous ne pouvions l’enrouler car l’écoute était déjà enroulée sur le tambour !!!

Arrivée au ponton flottant pour le week-end, de « Happy » (Grand Soleil 46’) battant pavillon français. Pour une fois, nous avons des  voisins avec qui nous pouvons « causer ». Pour revenir sur leur  voilier, ce couple a pris l’avion à Marseille pour Athènes . Ensuite , Munich, Toronto, Barbade et enfin, Grenade où ils ont été soumis à la quarantaine, en hôtel.

Emma nous a appris la raison d’un petit écriteau à la piscine indiquant l’obligation de porter le masque partout à la marina ! Noyé dans un ensemble d’autres affiches, je ne l’avais même pas vu !

Nous avions appris par la Presse qu’un couple d’Américains (lui est médecin) avait festoyé, alors qu’ils étaient en quarantaine,  sans le moindre respect des mesures de distanciation sociale dans quatre restaurants différents avant d’être arrêtés par les autorités locales : ils étaient porteurs du Covid-19.

Ce que nous ne savions pas c’est que deux personnes de la marina étaient présentes en même temps qu’eux, en l’un de ces restaurants et que tous les restaurants n’avaient pas noté les coordonnées de leurs clients … En bref, le virus a été introduit sur l’île et à la marina par l’incivisme criminel de ce couple certainement grands partisans de Donald Trump.

Cela nous a réellement mis en pétard car d’une part, la marina aurait pu nous adresser un message pour nous informer de la situation (elle a bien été capable de nous informer que si nous restions à la marina durant le mois de décembre, nous profiterions toujours du même tarif …) et d’autre part, si nous restons bloqués à Grenade c’est bien au motif essentiel qu’il n’y avait pas de cas de Covid-19.

Cela étant, cela n’a évidemment pas empêché les Americains  d’organiser « un pot » à la piscine pour le départ prochain de l’un d’eux pour le Panama, sans respecter le moins du monde, les mesures de distanciation sociale. Autant dire que si le virus a bel et bien pénétré l’enceinte de la marina, il va se répandre à la vitesse de l’éclair … les Américains  étant très friands des accolades démonstratives.

Alors qu’il faisait déjà nuit noire, « Bodhitsattva » (Jeanneau 64’) qui fut un temps, notre voisin direct, a fait son entrée dans la marina ! Pourquoi si tard alors qu’il était sur zone ?? Ce paysan a d’abord eu l’intention de reprendre son ancien emplacement ! Pour notre plus grand bonheur, les marineros l’ont placé à l’autre extrémité de la marina. Ouuuuuuf.

Samedi  14.

Nous avons reçu ce matin, un message de la marina nous spécifiant qu’il n’y avait pas de Covid-19 à la marina mais seulement un couple « contact » qui était confiné sur son bateau. Je suppose qu’il faut croire les yeux fermés.

Si hier, je pensais en avoir fini avec  « Cameral V »,  je prenais tardivement conscience que nous n’avions pas résolu le problème du chariot de GV qui reste bloqué après qu’on aie étarqué la voile ! Je suis donc retourné sur le bateau de Gérard pour l’aider à résoudre ce problème. Malheureusement, malgré plusieurs tentatives d’y voir clair et la bonne volonté d’Emma qui est retournée en haut du mât, nous n’avons pu comprendre ce qui bloquait !!!

Le problème sur « Cameral V » c’est que le catamaran est dépourvu de « drisse d’homme » et que la drisse de spi ne monte pas jusqu’en haut du mât. Impossible donc d’envoyer la GV et Emma en même temps. Pour ma part, je pencherais pour un problème de poulie au niveau de la drisse mouflée :  elle est trop grande et viendrait ainsi se bloquer sur l’arrière de la tête de mât. Une hypothèse parmi d’autres, dois-je bien le souligner.

Le soir, nous étions invités par Gérard, au restaurant « Bb’s ». Le nom du restaurant avait été suggéré par Ann au vu de l’expérience dont nous en avions. Par bonheur, nous avions réservé notre table car nous étions les seuls clients … Plus tard, un autre couple d’égarés s’est également échoué au « Bb’s ».

Si nous avons passé une excellente soirée, je crains sincèrement que Gérard n’y a pas trop apprécié la cuisine et je dois bien avouer que j’ai également été déçu !! Comme quoi d’une fois à l’autre, les impressions peuvent différer.

Dimanche  15.

Les ondées tropicales se succèdent et le phénomène ne semble pas vouloir  s’apaiser : on se fait copieusement rincer à chaque fois ! Cela n’empêche pas nos chers plaisanciers de faire des aller/retour à « Carriacou ». Il y a bien entendu quelques bateaux qui remontent malgré tout vers le nord mais le mouvement semble encore loin d’être amorcé. En principe, les « BVI » s’ouvrent à la plaisance dès le 1er décembre. On peut donc espérer que beaucoup entameront leur transhumance d’ici la fin du mois. Nous devrions, en principe, faire partie du lot.

Départ en tout début de matinée, de « Happy » pour « Carricaou ». Quand nous avons vu arriver « Yolo » (cfr. article antérieur), nous avons pensé que notre dimanche s’en verrait fortement contrarié mais par un bonheur inexpliqué, il est allé apponter à côté du ferry de Guadeloupe comme les précédent week-ends. Ouf. Cela devrait être son emplacement attitré puisqu’il ne vient à la marina que pour charger ses guests mais avec la complicité des marineros, nous l’avons subi plusieurs week-ends d’affilée !

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Publié par : Ann & Stéphane | 1 novembre 2020

16 au 31.10.2020 – Sur le départ pour la Martinique .

Vendredi  16.

Journée très ensoleillée et donc, chaude.

Visite de courtoisie d’Olivier de « Mariposa ».

Comme tous les vendredis soir, un barbecue est organisé à la marina qui nous fait juste face. Une fois tous les quinze jours, on a même droit à de la musique. Véronique de « Oxo » nous avait incités à venir avec eux, « Mana » et Emma de « Cameral V » mais nous avons décliné l’invitation car je crains plus que tout autre chose de me retrouver dans un milieu trop anglophone … même si j’ai appris plus tard qu’Olivier (F) avait l’intention de s’y rendre avec son groupe d’amis !

En tout état de cause, nous sommes sortis hier et avons déjà prévu de sortir dimanche avec « Oxo » ce qui est pour moi, plus que suffisant. Après 18 heures, se retrouver à deux, dans notre carré avec l’airco et la télévision, est un tel moment de bonheur que je n’aime pas m’en distraire trop souvent. Si vous ajoutez à cela, le merveilleux petit dîner qu’Ann compte me préparer, je m’enchaînerais au bateau plutôt que de le quitter.

Samedi  17.

Pour Véronique, la langouste était délicieuse et la musique très chouette. Pour Eric, la même langouste était caoutchouteuse et enfin, pour Emma, « une fois mais pas deux ». Pour moi, mais sur l’autre rive, la soirée fut délicieuse et le repas, une merveille. Faites votre choix parmi cet assortiment d’appréciations … Alors qui c’est le « négatif » dans le paquet ??

Faire lustrer les inox par un manday local, est un grand classique à bord depuis que nous avons compris qu’après 15 jours de dur labeur, nous ne parvenions jamais au bout de la tâche. Engagé « le gnome » (Léo) pour faire le boulot était une erreur et j’en étais conscient avant même qu’il commence !  L’observer  travailler sur « Oxo » m’avait permis de m’en faire une piètre idée.

Après trois petites heures de travail censées couvrir la moitié du travail, il était déjà parti avec la moitié de sa paie ! Même si je n’ai toujours pas compris ce qu’il entendait par « la moitié du bateau », j’ai vu tellement d’endroits où il n’était pas passé que je me suis décidé à repasser derrière lui !

Après deux bonnes heures de travail, sous un soleil ardent, nous ne sommes parvenus Ann et moi qu’à nettoyer le tiers arrière du bateau ! Mais sans nous en rendre compte, nous avons fait le buzz à la marina ! Nous venions d’inventer un tout nouveau concept : vous engagez un manday pour un service de nettoyage quelconque et vous lui payez le prix convenu entre vous. La subtilité du concept consiste à faire le travail à sa place. De la sorte, il est content car il est payé pour ne rien faire et vous, vous êtes content car le travail est bien fait. En un mot : tout le monde est content. Que vouloir de plus ? Cherchez l’erreur.

Dimanche 18.

Comme tous les matins, nous nous sommes présentés à la piscine sur le coup de 10 heures. En principe, à cette heure de la matinée et jusque midi, la piscine est déserte. Après, cela ne désemplit pas jusqu’à la fermeture. Aujourd’hui, elle était full de connards  en train de faire trempette !!!! Autant dire que nous sommes arrivés au bord du bassin pour mieux faire demi-tour aussi sec. Toujours important de bien se faire comprendre …

Alors que j’escomptais consacrer ma journée à nos inox, le « gnome » qui avait pourtant affirmé ne revenir que lundi, s’est pointé ! Je soupçonne que quelqu’un nous a dénoncés suite à notre buzz.  Si j’ai bien hésité à le renvoyer chez lui sous le prétexte qu’il faisait trop chaud pour travailler (je sais que mon prétexte aurait été nul de nul mais difficile de lui demander de quelle religion il émarge pour ensuite lui dire que le prophète n’apprécierait pas qu’il travaille un dimanche),  il était tellement décidé que lâchement, je m’en suis remis à la décision d’Ann qui lui a laissé prendre les commandes du navire.

A cette suite, je me suis réfugié dans notre cabine, la musique à fond dans les oreilles, le ventilo sur maximum, en attendant qu’il parte … encore 2.43 heures … encore 1.20 heures … encore 54’ …  « le gnome m’a eu … arrrgglll ». Merde, on vient une fois de plus, d’inventer un nouveau concept !

En fait, il a réalisé « l’autre moitié du bateau » en 2.30 heures (encore plus rapide que hier) et il a encore essayé de nous flouer sur le prix convenu de 400 EC soit +/- 133 €. Voilà ce qui s’appelle se faire baiser dans les grandes mesures.

A 17.30 heures, nous avions rendez-vous avec « Oxo » pour aller dîner à « l’Umbrellas ». Contrairement à ce que je pensais, le groupe local ne jouait que de 18 à 20 heures : 2 heures de chansons endiablées et bien rythmées . Même si nous n’avons pas dansé, bien que Véronique et Eric ne s’en soient pas privés, la musique est parvenue à me faire tortiller !!! Très, très belle soirée entourés quasi exclusivement de locaux.

Nous étions de retour au bateau pour mon film de 21 heures.

Lundi  19.

Piscine partiellement encombrée mais nous sommes parvenus à en chasser les intrus … avant que d’autres intrus nous poussent à notre tour, vers la sortie.

Nous nous dirigions vers le bateau que nous avons assisté impuissants au placement d’un Oyster 66, « Revolver », juste à côté de nous alors qu’il y avait deux emplacements de libre ! Nous avons bien pensé rouspéter d’autant qu’il n’y a personne sur l’autre bateau mais nous avons pensé que l’emplacement était sans doute réservé par le voilier qui l’occupait jusqu’il y a peu, avant de partir au carénage.

On se console comme on peut : l’Oyster a été amené par les préposés d’un chantier. Nous supposons en conséquence que ses propriétaires devraient montrer leur minois dans les jours à venir.

Mardi  20.

Je ne suis pas un fana des plongées à Grenade mais nous nous sommes laissés entraîner à plonger  (-31 m – 35’ – nitrox 29 – 1’ à -3m – 29°) sur «Hema » située en plein Atlantique, entre Grenade et Trinidad.  La difficulté réside en l’état de la mer mais plus encore de la présence fréquente d’un fort courant  dans la passe entre les deux îles. Il s’agissait de notre seconde tentative et celle-ci fut couronnée de succès : très peu de courant !

L’épave de 50 mètres de long, repose sur son flanc bâbord. Le « Hema » transportait des sacs de ciment en provenance  de Trinidad. Sur son trajet de retour, le 05.03.2005, le cargo a pris l’eau sans que ses pompes ne parviennent à  étaler. Les Coastguards de Grenade ont sauvé l’équipage avant qu’il ne coule.

La particularité de cette épave réside en la présence en ses entrailles, de requins nourrices. J’ai même eu l’occasion d’en caresser un. Nous y avons vu également une murène javanaise ainsi que d’énormes bancs de poissons à rayures jaunes. Autant dire que tout le monde a fort apprécié cette plongée.

La seconde plongée (-16m – 51’ – 29°) sur « Shark Reef » s’est révélée éprouvante car notre guide stagiaire n’a rien trouvé de mieux que de réaliser toute la plongée à contre-courant (pas très fort, il est vrai) ! S’il n’en avait tenu qu’à moi, je serais parti dans l’autre sens mais comme notre guide traînait en surface, une bouée de plongée, nous n’avions pas intérêt à sortir la tête de l’eau à des kilomètres de lui …

De retour au centre de plongée, nous avons été déjeuner à la terrasse de l’hôtel ***** Calabash. En principe, nous devions aller à notre petit resto habituel mais Nancy de « Mana » et Suzanne de « Zephyr » nous avaient accompagnés et nous attendaient là.

Si le prix est *****,nous avons reçu chacun, une portion tellement insignifiante que nous avons cru qu’il s’agissait d’amuse-gueules ! En bref, nous sommes presque tombés d’inanition en arrivant à bord.

Selon un témoin qui préfère garder l’anonymat,  nous avons eu un imposant monocoque comme voisin, au ponton flottant, le temps que nous étions partis !! Non content de s’amarrer sans notre assentiment préalable, son étrave aurait touché nos amarres !!! Là ce n’est plus de la simple provocation, c’est carrément une déclaration de guerre. Pour son bonheur, le malotru était parti à notre arrivée. Dans notre famille, nous répétons à l’envi que la vengeance est un plat qui se mange même en surgelé …

Mercredi  21.

Superbe journée ensoleillée marquée par le départ ( !) de notre voisin « Revolver ». Nous avons vu un homme monté à bord et inspecter l’état général du bateau en sorte que nous l’avons pris pour le responsable de la maintenance. Quand il a lâché les amarres pour se rendre au mouillage devant la marina, nous avons été plus que surpris mais également, parfaitement ravis.

Malheureusement, moins d’une heure plus tard, « Ananda » (Swan 82’) et ses parasites refaisaient surface à son emplacement de départ. Nous savions que ce terrible jour était imminent mais chaque jour de gagné était l’espoir renouvelé qu’il quitte le chantier pour les BVI … en ligne directe. C’était évidemment beaucoup demander.

Alors que nous relevons que la marina se vide progressivement, nous assistons à l’arrivée à contre-courant de nouveaux bateaux !!! Il est vrai qu’il est patent de relever le nombre grandissant de bateaux au mouillage devant la marina.

Jeudi 22.

Aux premières lueurs du jour (il était près de 10 heures du matin), nous sommes partis en taxi avec Marc de « Mana », réserver un emplacement pour la saison cyclonique prochaine, au chantier de « Clark Court’ Shipyard ». Nous avons été contraints de verser un acompte de 250 US$ que nous perdrons si d’ici là, le chantier Peake de Trinidad nous est accessible mais peu importe car tout plutôt que de revivre notre expérience actuelle.

Sur le chantier, j’ai retrouvé notre voisin en cours de carénage ainsi que « Burn Rate » que je n’avais pas pu prendre en photo lors de son passage éclair par la marina. Pour le surplus, l’aire du chantier est occupée quasi exclusivement de catamarans, tous les monocoques (max. 45’) étant regroupés les uns sur les autres, dans un petit coin. Les monocoques de notre taille paraissent être plutôt rares !

Après, nous sommes passés par « Budget Marine » où nous avons enfin trouvé de très grosses éponges super absorbantes. Quand vous avez une quantité d’eau importante mais insuffisante pour actionner une pompe, c’est le genre d’outil que vous bénissez très vite.

Nous avons terminé notre périple par l’indispensable avitaillement chez IGA.

Dieu seul sait comment il s’y est pris mais en croyant que nous étions à bord, Jeffrey (notre taximan) a voulu attirer notre attention en tirant sur l’un de nos deux câbles électriques … qui s’est détaché de la prise en faisant « plouf » dans l’eau et « pchit » au niveau du bornier électrique du quai ! Le brave homme nous ramenait des shorts que curieusement, nous ne parvenions pas à trouver sur l’île : malgré ma taille de mannequin, je ne suis jamais parvenu à rentrer dans les shorts trouvés en magasin !

Aussi incroyable que cela puisse paraître mais il n’y a pas de semaine sans que nous ne recevions des compliments quant à notre bateau. Aujourd’hui encore, nous étions en train de parler avec Emma restée sur le quai, qu’un monsieur s’arrête et nous demande en anglais, la marque de notre bateau car il n’a jamais vu un aussi beau bateau. Et cela dure maintenant depuis dix ans !!! Nous avons beau être très fiers de notre bateau, nous nous demandons malgré tout comment c’est possible.

Vendredi  23.

La météo l’avait prévu mais il fait dégueulasse et en prime, nous avons eu droit par deux fois (!) à de l’orage.

« S.A.S.³ » est amarré à une des extrémités du quai principal en sorte que derrière nous, s’étend un interminable « podium ». Un podium ?? Ben oui, au village de « Port Louis », nous avons nos « élégantes » qui tous les jours, défilent dans leurs plus beaux atours. Si nous n’étions pas dans une marina, on pourrait se croire au champ de courses au vu des chapeaux exhibés que cela en est réellement comique. J’avais l’intention de publier une galerie de photos de nos « élégantes » mais comme je crains que l’une ou l’autre ne se reconnaisse que trop bien, je m’en abstiendrai par amitié.

Très tôt ce matin, un catamaran américain, « Xanadu »,  est venu s’amarrer à notre ponton flottant. Par bonheur, la proue est dirigée vers notre cockpit … ce qui explique sans doute pourquoi les propriétaires y sont constamment fourrés !  Les Américains connaissent-ils seulement la signification de mots comme « intimité », « discrétion », « home sweet home » etc. ?

Samedi  24.

Durant toute la nuit, il est tombé des trombes d’eau avec de temps en temps quelques belles rafales de vent ! C’était réellement le déluge. Avec le lever du jour, cela s’est un peu calmé pour laisser la place à une journée ensoleillée et chaude !!

Avec le retour de notre voisin « Ananda », les parasites sont également de retour. Nous n’en sommes pas encore au niveau d’intoxication des débuts mais on est sur le bon chemin. Incroyable.

« Xanadu » est toujours au ponton flottant. Je l’aurais bien embrassé quand je me suis rendu compte que du même coup, il avait empêché « Yolo » de prendre l’emplacement ! Après deux semaines d’absence, voilà que ce gros connard est de retour !!

Le soir, nous étions invités à prendre l’apéro avec  Emma de « Caméral V ». Véronique & Eric de « Oxo » étaient également présents.

Dimanche 25.

Après une nuit où il est tombé des hallebardes, nous avons eu droit une nouvelle fois,  à une journée ensoleillée !

Journée très calme.

Le soir, nous sommes allés manger de délicieuses langoustes à bord de « Oxo ».

Lundi  26.

Jour férié à Grenade. Dans toutes ces îles, ils ont la manie de reprendre à leur compte, des fêtes originaires d’autres pays. En le cas d’espèce, c’est le thanksgiving américain, le but étant de fêter l’intervention américaine sur l’île, en octobre 1983 !!

Journée donc assez calme et ensoleillée.

« Xanadu » a quitté le ponton flottant pour un autre emplacement de la marina. Encore un qui se décide à prolonger son séjour en marina avec pourtant, au départ, la ferme intention de ne pas y rester … Notre problème c’est que maintenant l’emplacement est libre, « Yolo » pourrait bien en profiter pour venir nous casser les pieds. Par bonheur, ce ne fut pas le cas.

En fin d’après-midi, « Oxo » est parti pour le mouillage « Covid » d’où il devrait partir, si aucun nouvel incident technique ne survient, demain pour Cariacou, après le passade d’un électricien.

Peu de temps après, nous avions le plaisir d’accueillir à bord, Thierry de « Symi » dont nous avions fait la connaissance en Martinique. Ce fut un véritable bonheur d’avoir des nouvelles du bateau mais aussi de Françoise, son épouse, victime d’une très vilaine chute quelques semaines  plus tôt.

Mardi  27.

Il a moins plu durant la nuit et donc, il a plu durant la journée : gros grains.

En fonction des prévisions météo, nous comptons partir sur la Martinique … mercredi prochain. Il reste maintenant à programmer le nettoyage de la coque … au-dessus et en-dessous de l’eau. Ann ne pouvant m’aider pour ce qui est en-dessous de l’eau, en raison d’une vilaine blessure au petit doigt de pied, je dois bien réfléchir à la manière de m’y prendre.

En principe, nous devrions sortir le bateau de l’eau pour caréner mais en attendant d’être arrivé au chantier de Carénantilles, il nous faudra quand même procéder à un grattage de coque et plus … si affinités.

En quel état est cette dernière ? Si j’en crois la ligne de flottaison, le travail ne serait peut-être pas si lourd que cela mais j’ai quand même quelques doutes et trois plongées me paraissent nécessaires ! Il s’agit dès lors de les enchaîner le plus près possible de notre date de départ car la coque risque de se resalir très rapidement. Je pourrais sans doute commencer ce week-end …

Arrivée en tout début de matinée de « Bella Vita », un énorme catamaran aux allures de forteresse des années 40-45 ! Nous l’avions déjà vu en la marina mais ensuite, il avait disparu … pour réapparaître ce mardi ! Selon ce que nous avons pu en voir, il s’est fait ravitailler en diesel directement par camion citerne. Nous avons eu recours à ce même moyen lors de la mise à l’eau de « S.A.S.³ »  en septembre 2010.C’est déjà si loin …

Mercredi  28.

Il pleut, il pleut, Bergère.

Départ de « Dolce Vita » ainsi que de « Sur l’Eau » … S’agit-il d’un départ « définitif » ou d’un de ses nombreux « faux départ » dont nous avons eu droit jusqu’à aujourd’hui ? La question se pose car je souhaiterais être réconforté quant à l’idée que la saison cyclonique est maintenant derrière le dos.

Nous avions tout faux sur toute la ligne ! Devant la noirceur du doigt de pied d’Ann, elle est allée voir ce matin, un médecin renseigné par Jeffrey, notre taximan attitré. Ce dernier a refusé de l’ausculter au motif qu’elle n’avait pas de test Covid récent  et que rien ne prouvait que depuis notre arrivée en juin, nous n’avions pas quitté l’île !!!

A Grenade, nous avons une population locale assez à cheval sur les mesures de distanciation sociales alors que pour les étrangers et, en particulier, les plaisanciers, il n’y a plus de mesures à respecter : on s’embrasse à tout va sur les pontons !

Devant la situation, Jeffrey a conduit Ann à la clinique privée « Sainte Augustine », la seule à peu près convenable sur l’île. Là, un médecin lui a confirmé que la blessure n’était pas belle du tout, lui a prescrit des antibiotiques, recommandé de garder la jambe à l’abri de l’eau et de l’air et le plus possible, en l’air. Tout le contraire de ce que nous faisions jusque là et je ne parle pas de la poudre que nous mettions abondamment sur la blessure. Bref, nous étions à deux doigts de l’amputation !

Jeudi  29.

Nous avions prévu de partir mercredi prochain pour la Martinique. Mais, coup sur coup, nous avons appris que la Martinique passait à nouveau en confinement et si nous n’avions pas bien compris le message céleste, mon dentiste qui  soignait ma troisième carie, a découvert chez Ann, un bel abcès sous une couronne …

Déjà qu’en ce qui me concerne, je devrais idéalement conserver mon pansement dentaire durant deux à trois semaines, Ann est partie pour une série de séances car sa dent doit être dévitalisée. Nous voilà donc repartis pour un mois supplémentaire à Grenade et à la marina, vraisemblablement.

Vendredi  30.

Comme tous les jours, je profite abusivement de la piscine en essayant de la sauvegarder pour moi tout seul, que cela en est un délice. Malheureusement, j’ai dû écourté mon plaisir car tous les vendredis matin, le préposé au nettoyage la nettoie et cette fois, ce n’était pas du luxe : essentiellement des cheveux … beurk.

Journée tranquille émaillée de quelques pluies (celles-ci sont très abondantes durant la nuit) et d’un incident plutôt cocasse s’il ne démontrait l’égoïsme voire l’incivisme de certains.

En milieu d’après-midi, nous avons vu arriver un couple qui essayait de monter à bord de « Xenia » (Privilège 745 en vente depuis deux ans). En juillet, nous avions vu arriver ce grand catamaran avec un couple qui avait assez rapidement déserté la marina, en laissant le bateau amarré à bonne distance du quai principal. Depuis lors, périodiquement, nous voyons des personnes à bord qui en ressortent en emportant divers objets !!

Alors que notre couple était à deux doigts de s’installer à bord, nous avons vu débouler les responsables de la marina accompagnés de la Douane ! Il s’en est suivi un échange de discussions plus ou moins animées et d’appels téléphoniques. Le tout a duré plus d’une heure avec des aller et venue des autorités locales pour se solder par le départ en voiture, avec armes et bagages, de notre couple.

En cette période de pandémie, nous relevons diverses tentatives de pénétrer sur l’île, de personnes provenant de l’étranger. La quarantaine étant obligatoire, certains tentent frauduleusement d’y échapper comme plus que vraisemblablement, notre couple.

Samedi  31.

Il pleut, il pleut bergère  comme tous les jours, comme toutes les nuits ! La météo l’avait annoncé et prédit que cela se terminerait mardi prochain.

Cela fait depuis deux ou trois jours que nous avons à réaliser quelques courses d’avitaillement au « Foodland » situé tout près de la marina et que nous remettons à chaque fois, en raison des mauvaises conditions climatiques.

Certes, nous pourrions y aller à pied mais c’est le retour chargé comme des ânes (nous avons notamment, besoin de lait) qui pose problème. La seule vraie solution est de mettre l’annexe à l’eau mais depuis qu’elle est attachée sur le côté tribord, l’opération se révèle un peu plus complexe.

N’ayant plus trop le choix, nous avons descendu l’annexe ce qui m’a permis de regonfler les boudins et de vérifier que tout fonctionnait à bord. C’est ainsi que j’ai découvert que la petite pompe de cale ne tournait plus alors que je l’ai remplacée il n’y a pas très longtemps !!!

Le temps pour Ann de faire ses courses et je diagnostiquais non sans brio, que c’était l’impeller qui était bloqué par le sel. Je dois bien reconnaître que je suis assez fier de mon diagnostique alors que je n’avais pas le moindre instrument avec moi. En fait, dès que le petit moteur a commencé à chauffer, j’avais compris.

Pour débloquer l’impeller (la pompe de cale n’est démontable d’aucune manière !), je l’ai trempé dans du vinaigre blanc et après une bonne demi-heure, j’ai fait tourner la roue à aube avec un tournevis. Au début, elle a un peu résisté et puis très vite, elle s’est mise à tourner normalement : à ce moment précis, j’ai su que je l’avais réparée.

Nous en avons profité pour faire un tour sur le mouillage Covid qui était très clairsemé alors que la veille encore, il était bondé ! Nous l’avons trouvé franchement sinistre de sinistre et aucune envie de venir y jeter l’ancre.

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Publié par : Ann & Stéphane | 16 octobre 2020

01 au 15.10.2020 – L’orage s’invite à Grenade !

Jeudi 01.

Pas de pluie aujourd’hui et c’est heureux. Par contre, Jean-Michel, notre électricien local, nous a raconté que la foudre avait frappé 23 bateaux (essentiellement sur le chantier) à « Cariacou » le week-end dernier ! Et son propre bateau avait vu sa tête de mât pulvérisée par la foudre il y a deux jours ! On se souviendra qu’effectivement nous avons eu droit à quelques sérieux orages ces derniers jours.

Du coup, on a vérifié que tous nos appareils fonctionnaient toujours normalement car même à la marina, certains bateaux connaissent des problèmes de girouette électronique ! Une suite de la foudre ? Peut-être.

Nous nous remettions rétrospectivement de nos peurs que Nancy de « Mana » nous exhibait son tout nouveau brevet de plongée  « open water » délivré par « Scubatech ». Comme j’ai participé très modestement à la préparation de ce brevet en lui inculquant en piscine, les bases de la plongée, cela m’a fait doublement plaisir.

C’est ensuite Patrick de « Saltimbanque des flots » (SDF) qui nous rendait une petite visite de courtoisie.

Moins drôle, nous avons reçu notre facture d’eau et d’électricité pour le mois : 1.225 €. Nous n’avons pas été surpris car cette fois, nous réalisons un relevé de compteur deux fois par jour en sorte que nous suivons parfaitement notre consommation. C’est toujours aussi scandaleux mais la cause réside en le prix du kwh hors taxes : + /- 0.50 €.

Vendredi  02.

Journée pluvieuse avec même en fin de matinée, pas mal de vent !

Dernière livraison (saison terminée) de jus de mangue de Jenny, la Brigitte Bardot de Grenade : nous lui en achetons huit  bouteilles chaque semaine et en trois jours, elles sont toutes sifflées !

Alors que nous quittions le bateau pour aller retrouver « Jeffrey Taxi », la pluie s’est mise de la partie en sorte que je suis arrivé au véhicule, trempé comme une soupe. Je portais mon T-shirt préféré «  RALER c’est ma spécialité ! » …

Faire des courses au  « Spice Land Mall » est toujours aussi décevant : il n’y a jamais rien de ce que l’on recherche !

Sur le retour, nous avons embarqué Nancy & Marc de « Mana » qui avaient été plonger. Le centre de plongée est là un peu plus loin.

Nous n’étions pas installés au bateau que la pluie est tombée encore plus drue qu’au matin : un vrai déluge  accompagné de sévères bourrasques !

Passé 18 heures, nous avions le grand déplaisir de voir arriver au ponton flottant, « Yolo » qui ne manque jamais une occasion de gâcher la quiétude de notre week-end, avec ses guests.  Je rêve du jour où la place sera prise par un autre bateau lors de son arrivée …

Ce con m’a de surcroît, donné de faux espoirs en partant en mer, avec des guests ! J’ai cru qu’il était venu avec eux et il m’avait donc semblé normal qu’il reparte avec eux. Mais il faut croire qu’ils avaient embarqué à la marina sans que nous nous en apercevions car passé minuit, il était de retour. Shit.

Samedi  03.

Ce matin, Ann a profité de la navette gratuite pour aller faire un approvisionnement en viande au « Phare bleu ». En finale, elle est revenue, en voiture, avec Véronique & Eric de « Oxo » dont le catamaran est toujours au chantier « Grenada Marine ». Il devait y rester 7 jours et cela fait maintenant quasiment 15 jours qu’il y est !

Alors que je me trouvais donc seul au bateau, le vacarme de la pompe de cale centrale m’a secoué. Il a d’abord fallu que l’information remonte jusqu’à mon cerveau apparemment embrumé !

Dans un premier temps , au vu du débit d’eau constaté, j’ai pensé qu’il s’agissait de la vanne moteur qui avait lâché !!! Mais en voulant la fermer, j’ai relevé que l’eau venait du compartiment technique situé sous le carré.

En ouvrant la trappe d’accès, je vois l’eau dévaler à gros bouillon en venant de l’arrière du bateau ! Mon premier réflexe fut de fermer l’arrivée d’eau du quai. Si cela a fortement diminué le débit d’eau, mon problème n’en était pas réglé pour autant ! Ce n’est qu’en coupant le groupe hydrophore que l’eau s’est arrêtée de couler. Ouuuuf. J’ai réellement cru un instant que nous étions en train de couler !

Il me fallait maintenant trouver l’origine de la fuite et de prime abord, j’ai eu beau soulever tous les planchers, retirer le lave-linge, le réservoir d’eaux grises, la cuisinière, démonter tous les meubles de cuisine et en progressant vers l’arrière, désosser notre WC électrique … j’ai fait chou blanc sur toute la ligne.

J’ai alors tenté de remettre en route le groupe hydrophore mais à mon grand désarroi, il pompait dans le vide avec un drôle de bruit ! En vérifiant le niveau des tanks, j’ai eu la surprise de prendre conscience qu’il n’y avait plus une goutte d’eau … ce qui est malgré tout, un comble quand on est à deux doigts de couler !

Il a donc d’abord fallu remplir les tanks mais comme mon con de voisin était en train de nettoyer son pont, le débit d’eau du quai en était réduit à un filet d’eau. Grrrrrrr.

Plusieurs heures plus tard … j’ai été en mesure de remplir les tanks et de remettre le groupe hydrophore en route pour relever que la fuite se situait à l’avant du bateau ! Je suis donc parti de l’étrave et j’ai démonté toutes les boiseries tribord pour relever qu’il s’agissait d’un simple collier de serrage à un T, qui s’était défait … juste au-dessus de la pompe de cale du local technique !

Nous sommes à la recherche active d’un excellent menuisier pour tout remonter …

Du côté de « Cariacou », on a enregistré cette nuit, des vents jusqu’à  45 nœuds et au matin, plusieurs bateaux dérapaient joyeusement. Cela me console de payer cher et vilain un emplacement en marina.

Le soir, nous nous retrouvions tous au « Brewer Beer » pour fêter l’obtention du brevet de plongée de Nancy de « Mana ». Etaient présents, Eveline & Curtis (GB) de « Scubatech », « Oxo », « Mana », « S.A.S.³ » ainsi que Curtis & Kate, un couple de jeunes Américains, propriétaires d’un J 46’. Nous y avons même croisé Jean-Michel , notre électricien, et son épouse !

Sur le fond, l’idée était plaisante et tout le monde s’est bien amusé. Mais pour qui me connait maintenant un peu, il m’a été impossible de partager cette ambiance « anglophone » jusque dans les bières servies ! Beurk. Si encore, l’orchestre hétéroclite (il y a des moments où on ne savait plus qui en faisait partie !) avait été tant soit peu, convenable ! Evidemment, pour un public aviné comme il l’était, quelle importance.

On parle beaucoup aux actualités, de la fermeture des bars et des restaurants pour endiguer la propagation du Covid-19. Hier soir fut une démonstration éclatante de la nécessité de ces fermetures. Quand vous êtes soumis à une musique proche à vous faire péter les tympans, il est impossible d’échanger deux mots sans postillonner à quelques centimètres du visage de votre interlocuteur.  Et ne parler pas du masque … personne n’en porte ! Mais pour la bonne cause, des écriteaux disposés tous les 1.50m, rappelaient de garder les distanciations sociales …

Quand nous sommes partis à la suite des autres, vers 10.30 heures, je suis passé rapidement par les toilettes où une fois encore, un écriteau rappelait de garder les distanciations sociales. Je n’étais pas installé devant l’urinoir centrale que deux petits jeunes entreprenants  prenaient position de part et d’autre de moi ! Soit. En partant me laver les mains, nos deux compères m’ont adressé la parole en anglais. Bien entendu, j’ai fait celui qui ne comprenait rien ce qui n’était pas très loin de la vérité. Si l’un des deux s’est vite lassé et est parti, l’autre a essayé de me causer … En fait, un mot en français s’échappait de sa bouche, toutes les cinq minutes. Vous ne pouvez pas savoir quel plaisir sadique j’ai ressenti en voyant mon importun faire des efforts monstrueux pour lier conversation. A la sortie des toilettes, il m’a abandonné à mon triste sort de francophone.

Dimanche 04.

Hier soir en arrivant à la marina, nous avons croisé David & Flora de « Ananda » !!! Depuis lors, nous craignons d’assister à tout moment au retour de ce Swan 82 qui ne fait pas spécialement partie de nos « copains » et que nous avons malheureusement pour voisin.

« Yolo » nous a tenu compagnie quasiment toute la journée. Grrrrrr. Un peu avant la tombée de la nuit, il a embarqué de nouveaux guests et nous ne l’avons plus vu rentrer alors que son tuyau d’arrosage est resté branché sur le ponton !!! Lui serait-il arrivé quelque chose ou a-t-il débarqué ses guests sans que nous nous en rendions compte avant de repartir sur son mouillage ? Comme sa barquette n’est pas équipée d’un AIS nous n’avons aucun moyen de le savoir.

Lundi  05.

Un plaisancier anglais de la marina est mort ce matin, d’une crise cardiaque. L’information ne se serait pas ébruitée si  « Mana » ne nous n’en avait pas parlé ! Hormis le fait qu’il était âgé d’une soixantaine d’années, nous ne voyons pas de qui il s’agit car son monocoque « Scorpio »  est amarré au ponton de Laetitia Halliday, qui reste en dehors de notre juridiction.

Pas d’affolements, il ne s’agit pas de la vraie « Laetitia Halliday » … c’est juste le surnom dont j’ai affublé une Sud-Africaine (il y a quelques Sud-Africains à la marina) que nous croisons sur les pontons ou à la piscine. C’est un peu ma marotte de donner un surnom à tout le monde ! Nous avons ainsi « le petit Jérôme », « ficelle dans le cul », « l’espionne chinoise », « queue de cheval », « l’antipathique », « la grande gazelle », « l’Américaine décomplexée », « le gnome » etc.

Mardi  06.

Nous avons de nouveau  eu droit à de l’orage et après ce que nous en savons maintenant, nous avons  dressé à bord, un lieu de prière spécial pour toutes les divinités locales qui nous entourent. Notre seule crainte est d’en avoir oublié une qui pourrait se vexer et vouloir se venger …

L’orage passé, nous avons eu droit à des déluges à répétition !

Il est facile de relever que tous les équipages professionnels de la marina se connaissent ou lient facilement contact entre eux. L’équipage de « Ananda » a toujours gardé ses distances par rapport aux autres ! En fait « d’équipage », il faudrait davantage parler d’une escouade de parasites qui voltigent autour du bateau et profitent vraisemblablement des largesses du propriétaire inconnu. Cette information semble d’ailleurs relever du secret militaire ! Personne ne sait !

Comme annonçant le retour imminent de « Ananda », les parasites se font à nouveau plus visibles. Depuis samedi soir, on les croise un peu partout.

Mercredi  07.

Il est fort à parier qu’à la fin du mois, voire début du mois prochain, tous les bateaux vont quitter la marina pour retrouver leurs eaux habituelles de navigation. Il en résulte que les uns après les autres, les bateaux vont se faire caréner. L’autre jour, c’était le catamaran « Tranquility », hier, c’était notre voisin bâbord , aujourd’hui, c’est le catamaran « Cartouche » qui part se refaire une beauté.

Quant à nous ?? C’est l’impasse la plus totale et les nouvelles ne sont pas bonnes : pour repeindre le bateau en Martinique, il nous faut un cocon (6.000 € !!) et celui-ci ne pourrait le cas échéant, être dressé qu’en janvier 2021. Du côté de la Belgique, les nouvelles ne sont pas meilleures puisque nos autorités prennent des mesures de plus en plus astreignantes en raison du Covid-19.

Plus terre à terre, je suis allé chez le dentiste ce matin pour terminer les soins de ma carie et apprendre que j’en avais une troisième juste à côté !!! Si je n’avais pas mal aux dents, je croirais qu’il s’agit d’une vaste escroquerie car non seulement, cela fait depuis des années que je n’ai plus jamais connu de problème de cet ordre mais de surcroît, une fois par an, je passe chez mon dentiste pour une visite de contrôle !

Ensuite, je suis allé chez le coiffeur me faire « raser » le crâne : c’est très court mais cela me va bien et surtout, c’est plus pratique. Alors que la première fois, nous nous étions demandés en quel souk nous étions tombés, autant cette fois, nous avons découvert un salon de coiffure propre, bien rangé, très illuminé avec un énorme écran de télévision branché sur Al Jazeera.

Comme il faisait magnifique et que le soleil tapait dur, je me suis tapé le nettoyage de notre ligne de flottaison (25.08 – 04.09 et 21.09). L’occasion de constater que la coque se salit de plus en plus sérieusement même si je pense qu’avec un simple grattoir, on pourrait la récupérer quasi totalement. Enfin, c’est ce que j’ai envie de penser …

Jeudi 08.

Il fait très chaud et une fois de plus, le soleil tape fort. Grâce au ciel, nous avons retrouvé notre piscine pour nous tous seuls ! Il s’agit d’en profiter un maximum car cela peut changer en un éclair ! Il suffit qu’un groupe de vieux gâteux décident de se mettre au yoga et l’espace est envahi !

Le soir, la piscine continue d’être squattée par tous ces américains qui n’invitent que très rarement à leur bord mais vous « inviteront » à prendre un verre que vous aurez amené avec vous, en un lieu commun.

Arrivée remarquée d’un Palmer Johson 120’ – 36 m – « Burn Rate » qui ne serait pas dédié au charter !!! Se pose alors la question de savoir à quelle vedette ou milliardaire appartient-il ? Nous les avons épiés, nous avons soudoyé des espions, nous avons essayé de corrompre l’équipage mais en finale, je n’ai même pas été en mesure de prendre une photo en entier du bateau !!!

Si je continue d’étouffer gentiment en cette marina, le fait qu’un certain nombre de bateaux lâchent les amarres pour diverses raisons (carénage, envie de bouger, marina trop chère …) allège un peu la pression. Mais ce qui réconforte le mieux mon moral chancelant c’est que l’on parle de plus en plus de « départ ».

Vendredi  09.

Sans pleuvoir constamment, il pleut quand même suffisamment pour rafraîchir un fond de l’air particulièrement lourd. La météo l’avait prévu.

Nous avons fait la connaissance d’Emma, coéquipière actuellement sur « Cameral V ». Nous avions entrevu le propriétaire de ce catamaran, Gérard,  juste quelques jours avant qu’il ne reparte en France. Ce dernier ne reviendra sur son bateau que le 15 novembre mais il a autorisé Emma à s’y installer entre-temps.

Samedi 10.

Pfft … « Burn Rate » s’est envolé avant notre réveil !

A chaque fois qu’Ann réalise un avitaillement en viande au « Phare bleu », c’est le déluge à bord. La semaine passée, c’était à l’intérieur et cette fois-ci, à l’extérieur !! Pas possible que le niveau de l’eau n’aie pas augmenté en conséquence.

Reconduite par Véronique &  Eric de « Oxo », nous avons eu l’occasion d’un peu bavarder avec eux  … au beau milieu de la piscine comme les Amerlocs. Je n’en suis pas encore à me balader avec mon verre réfrigérant à la main mais il est certain que ceux-ci déteignent sur moi. Quelle horreur.

Nous avons passé une bonne partie de l’après-midi à « scrurer » (récurer) nos coussins du cockpit. Ils étaient d’une saleté bien incrustée dans le tissu et il nous aura fallu toute l’énergie du désespoir pour les avoir à nouveau blanc ! Nous avons essayé successivement divers produits et c’est finalement, le « Cif crème » qui a remporté la palme.

Pas de nouvelles de « Yolo » !!! J’en suis à me demander s’il ne lui est pas arrivé quelque chose depuis le week-end passé. Dois-je déclencher les secours en mer ?

Dimanche 11.

Pas plus de « Yolo » aujourd’hui que hier ! C’est tellement incroyable qu’il ne vienne pas nous casser les pieds comme tous les week-ends précédents que je finis par me demander s’il ne me manque pas. C’est vrai quoi … je n’ai plus personne sur qui râler !

Je vous rassure de suite car comme pour nous narguer, il est passé dans le courant de l’après-midi, chargé de guests !! Il ne s’est pas arrêté au ponton flottant ce qui était évidemment notre principale préoccupation. Apparemment, il les aurait embarqués d’un autre endroit ce qui serait la plus merveilleuse nouvelle si elle pouvait se confirmer à l’avenir.

Le Premier Ministre de Trinidad a fait son allocution et n’a même pas évoqué l’éventualité de l’ouverture des frontières. Notre tout dernier ténu espoir vient donc de s’envoler. Maintenant, il nous faut avoir les autorisations des autorités françaises pour rentrer en Martinique à la fin du mois …  Bien entendu, les plaisanciers français partent du principe simple qu’il n’existe aucune procédure, c’est ce que révèlent les réseaux sociaux toujours si bien informés  !!

Lundi  12.

La pandémie progresse et les restrictions aux déplacements entre îles, augmentent. La « bulle de sécurité» qui reliait les îles anglophones vient juste de sauter puisque dorénavant, il faut se munir d’un test PCR négatif pour se rendre dans une autre île. Si nous devions remonter en Martinique, en réalisant du cabotage, il nous faudrait réaliser une batterie de tests. Le test PCR à la sortie de Grenade coûte 450 ECI soit + /- 150 € …

En ces conditions, tout le monde commence à se demander sérieusement ce qu’il va faire. Entre-temps, il  y a tous les plaisanciers qui ont mis à l’abri leur bateau, à Trinidad, en mars 2020, juste avant la fermeture des frontières, qui se voient aujourd’hui interdire l’accès à leur bateau …

En milieu d’après-midi, nos amis Véronique & Eric de « Oxo » sont – enfin – revenus du chantier « Grenada Marine » : trois semaines de carénage au lieu d’une. Sur le retour, ils se sont tapés un grain orageux avec des vents jusqu’à 35 nœuds. Comme ils étaient toutes voiles dehors, ils ont eu la peur de leur vie. Nous avons vu passer le grain juste sur le côté de la marina : pas beau à voir.

Une connaissance a vu la foudre tomber sur son mât alors qu’il était à « Cariacou » …

Mardi  13.

Ciel couvert, chaleur lourde.

A faire un petit tour des pontons, on constate très vite que la marina s’est transformée en chantier naval tant on travaille sur tous les bateaux. L’ambiance reste malgré tout feutrée car déjà de nombreux grands bateaux ont quitté le nid. Nous échappons pour le moment, à toute cette excitation car malheureusement, il nous faudra attendre notre retour en Martinique pour mettre en œuvre tous nos chantiers.

Mercredi  14.

Pluie … pluie et encore pluie. Ce sont certainement les jours les moins agréables même si en contrepartie, on a droit à des températures plus tempérées et donc , plus agréables.

Nous avons fait la connaissance via « Oxo », d’un couple de français très sympathiques, Valérie & Laurent. Malheureusement, dès demain, ils remontent vers la Martinique car Laurent, skipper professionnel, doit suivre des cours de recyclage pour son « capitaine 200 ». Nous aurons peut-être l’occasion de mieux faire leur connaissance plus tard.

Journée par ailleurs, assez calme.

Jeudi  15.

Après la pluie … un beau et magnifique soleil. Quand il y a un zeste de vent comme en cet instant c’est super agréable … autrement, il peut faire assez lourd.

Ann est partie faire des courses d’avitaillement avec Véronique de « Oxo ». Pendant ce temps là, je suis en train de taper la carte avec quelques locaux en compagnie d’une bande de joyeux drills américains rencontrés sur les pontons. Vous voyez la scène ?

Votre réponse m’intéresse car le cas échéant, je vais changer la police de caractère de mon blog et vous offrir de meilleures lunettes de lecture. Si de votre côté, vous pouviez aller consulter un spécialiste du cerveau, je vous assure que vous m’en remercierez plus tard.

En ce moment, vigilance jaune en Martinique … de terribles inondations défigurent l’île. Ce n’est sans doute pas encore le moment de quitter la sécurité de notre marina.

Le soir, nous avons pris l’apéro à bord de « Oxo ». Toujours aussi sympa.

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Mercredi  16.

Depuis plusieurs jours, nous farnientons avec bonheur mais comme pour toutes choses, un moment donné, il faut savoir changer de braquet. J’en suis totalement incapable tant je suis bien sur notre bateau et trop casanier alors la seule manière de m’en extirper reste encore … d’organiser un restaurant ! Je n’aime pas aller au restaurant mais je ne peux décemment en priver Ann. Aussi, lorsqu’elle a organisé cette sortie, je ne m’y suis pas opposé.

Nous avions réservé pour 12.30 heures, au « BB’S Crabbak » situé à l’extrémité de la jetée des pêcheurs. Du bateau, on peut l’apercevoir. Nous étions 6 soit Nancy & Marc de « Mana » et Véronique et Eric de « Oxo ». Superbe déjeuner et très agréable ambiance.

Cette fois, nous y avons été avec l’annexe de « Oxo » ! Eric l’avait proposé malgré le risque de la  laisser seule au quai des pêcheurs. En fait, il y avait trois autres annexes lorsque nous y sommes arrivés ! Il est vrai qu’en venant de la marina, se déplacer en annexe reste encore ce qui a de plus commode.

Ensuite, nous sommes chacun retournés à  nos bateaux pour digérer.

Jeudi  17.

Réveil à 7.10 heures et départ pour le centre de plongée de « Scubatech  » à 8 heures. Nous étions accompagnés de Marc de « Mana » et de Véronique & Eric de « Oxo ».

Première plongée (-31m – 35’ – 29°- nitrox 30) sur l’épave de « Anina », cargo de 60m. coulé intentionnellement en mars 2018. L’épave est donc superbement conservée, couchée sur son flanc bâbord et concrétionnée de coraux oranges. Elle mérite certainement une seconde plongée avec moins de courant car il y a réellement de quoi se balader à l’intérieur du bateau.

Eveline et Marc (à court d’air) sont remontés en premier. Véronique et Eric plongeaient  avec un instructeur, d’un autre côté. Je restais donc avec Ann et Philippe de « Basilic ». Je voulais  voir la poupe du bateau mais une fois arrivé à sa hauteur, je me suis rendu compte que le courant était très fort. J’ai donc fait demi tour avec l’intention de poursuivre notre plongée mais quand je me suis inquiété de la présence d’Ann, cette dernière était agrippée à l’épave et de fort mauvaise humeur en raison du courant. Je n’ai donc pas eu d’autre choix que de mettre fin à la plongée et de sortir mon parachute au palier.

Seconde plongée (-23 m – 54’ – 29° – 1’ à -3m – nitrox 30)  sur « Black Forest », une longue langue de corail balayée par un fort courant. Pour ceux et celles qui s’étonneraient de cette minute de palier obligatoire, précisons que je ne règle jamais mon ordi sur nitrox comme mesure de sécurité complémentaire.

Le spot est superbe en raison de ces nombreuses grandes gorgones dans les mauves mais ce fort courant nous a obligés à passer la moitié de notre temps à nous inquiéter de ne pas perdre la palanquée de vue (8 personnes). A refaire, je demanderais de la morceler et je prendrais la direction d’une.

Comme à chaque fois, nous avons été mangés tous ensemble au resto d’à côté, « Lance aux Epines ».

En rentrant à la marina, nous découvrions que notre voisin bouddhiste avait placé l’annexe de ses (invités ???) entre nos deux bateaux et que nous avions un nouveau voisin au ponton flottant. Contrairement à la fois précédente, ce dernier a eu l’intelligence de placer son étrave et non sa poupe,  vers notre bateau. S’il avait poussé l’intelligence en s’amarrant à l’autre extrémité du ponton flottant au lieu de nous serrer au plus près, nous lui aurions décerné un prix de la bienséance.

Nos bouddhistes sont cul et chemise avec un couple de jeunes qui arrivent toujours à la marina à bord d’une grosse annexe (70 cv) construite spécialement pour les catamarans Lagoon. Quel rapport existe-t-il entre ces deux équipages, nous l’ignorons mais ils sont toujours fourrés chez nos voisins.  Nous sommes débarrassés de « Ananda » que nous nous faisons maintenant emmerder par des bouddhistes …

Que peut bien nous faire la présence de cette annexe entre nos deux bateaux ? Allez demander cela à Marc de « Mana » qui a vu son aile arrière bâbord griffée par le moteur relevé d’une annexe mal attachée  … Depuis lors, c’est la grosse bagarre avec son voisin français. Alors croyez moi, il vaut beaucoup mieux prévoir que guérir.

Vendredi  18.

Très chaude journée que nous avons consacrée au farniente. De toute manière, il était rigoureusement impossible de tenir à l’intérieur sans airco.

Samedi  19.

Quand ce n’est pas notre voisin de gauche, les « bouddhistes »,  qui nous emmerde, c’est le bateau école de la marina d’en face qui s’amuse comme ce matin, à réaliser des appontages au ponton flottant. Nous en étions débarrassés que c’est « Yolo » qui est revenu nous tourmenter après une si belle période où il allait se faire pendre ailleurs dans la marina !

Pourquoi revient-il à notre ponton flottant alors qu’il a tant de place ailleurs ? Mystère. Consolations : il a éteint ses moteurs et ne nous inonde pas de sa musique de débile. A 13 heures, il mettait toutefois, son GE en route et une grosse demi-heure plus tard, ses guests arrivaient compactés. Apparemment, ceux-ci ne sont plus autorisés à pénétrer dans la marina en ordre dispersé comme auparavant et cela, est une excellente affaire.

Surchargé d’une vingtaine de personnes (!), ce sabot des mers est parti faire son petit tour en mer. « Yolo » passera sa nuit, amarré au ponton flottant.

Apéro à bord de « Oxo » avec « Mana » : les petits plats dans les grands. Très, très sympathique soirée entre francophones. Mon Dieu que cela fait du bien.

Dimanche 20.

Réveil à 7 heures, départ à 8 heures pour les chutes des « 7 Sœurs » avec « Mana » et  « Oxo ». Sur place, nous nous astreindrons à 45’ de marche à pied sur un sentier particulièrement casse-gueule mais une superbe baignade en guise de récompense.

Ensuite, juste le temps de nous rendre à l’hôtel/restaurant  « Petite Anse » où nous étions attendus pour midi. Encore heureux que nous avions réservé car … nous étions les seuls clients !!! Si l’endroit est magnifique avec une vue imprenable sur la mer, ce n’est pas pour sa gastronomie qu’il faut s’y rendre. Par contre, comme but de promenade au nord de l’île, il n’y a pas mieux.

Après  notre déjeuner, nous sommes descendus sur le sable pour un merveilleux bain de mer. Il n’y avait que nous … le pied. Ensuite, retour à la marina : il faut compter une heure et demi de voiture !

Mais le plus beau nous attendait à la marina : nos « bouddhistes » étaient partis. Le méga pied. Notez qu’ils ne sont pas partis bien loin … le mouillage devant « Saint Georges ».

Lundi  21.

La première opération de la journée tandis qu’Ann allait chercher du pain, fut de nettoyer la ligne de flottaison qui une fois de plus, s’ornait d’une horrible couronne d’algues vertes. Mes précédents nettoyages remontaient aux  25.08  et 04.09 !!

Pour le surplus, je pourrais résumer la journée d’un seul mot : « farniente » mais ce serait un peu perdre de vue que la marina « Port Louis » ne ressemble pas à l’idée que l’on peut avoir d’une marina classique !!! Ce qui diffère ne se situe pas en la qualité des équipements (marina Camper & Nicholson) mais en le seul fait que la très grande majorité des équipages est bloquée à bord.

De traditionnel immense parking en plein air, la marina s’est ainsi  transformée en un petit village bourdonnant avec ses petites querelles de clocher, ses mouvements de masse et ses petits camps retranchés. Survivre en ce milieu coloré et animé, vous occupe toute la journée.

En début de soirée, nous avons eu un catamaran 40’ américain, « Silicon Valley », qui est venu s’amarrer pour la nuit, au ponton flottant !!! C’est la première fois que la marina place en cet endroit, un catamaran alors que leur place habituelle est le long du quai en face des bureaux ! La conséquence en est que nos cockpits sont face à face, à seulement quelques mètres l’un de l’autre …

Au départ, j’en ai beaucoup voulu aux skippers indélicats mais depuis lors, j’ai appris que c’était les marineros eux-mêmes qui les plaçaient ainsi … pour faciliter l’accès aux prises d’eau et d’électricité situées juste à l’arrière de notre bateau !

Ce qui nous a immédiatement inquiétés c’est leur annexe, moteur relevé, attaché à l’arrière de leur boîte à savon et donc susceptible de venir frotter sur notre coque si le vent changeait de direction ainsi que le barbecue allumé alors que cette pratique est interdite en marina pour des raisons évidentes de sécurité.

Pour l’annexe, nous leur avons demandé de l’attacher plus sur l’avant et c’est avec une mauvaise grâce évidente qu’ils l’ont avancée d’un taquet le long de leur flanc bâbord (de nuit, je n’avais pas remarqué qu’en fait, l’annexe était attachée à l’avant et à l’arrière en sorte qu’elle ne présentait pas le moindre danger pour notre coque) . Quant au barbecue … nous avons préféré nous taire tout en ayant peur de découvrir le lendemain matin, des traces de brûlures sur nos sièges ou nos capotes.

Ma soirée était déjà assez fortement perturbée comme cela que durant le JT de TF1, nous avons rapidement constaté quelque chose d’anormal au niveau de notre airco !!!! En passant la tête au dehors, j’ai relevé que « S.A.S.³ » était encerclé par les sargasses ! De là à conclure que notre arrivée d’eau était bouchée, il n’y avait qu’un pas que j’ai franchi immédiatement.

Ma première opération consista à nettoyer le filtre à eau qui n’était que peu encombré de sargasse. Ma seconde, plus téméraire, m’a contraint à une petite plongée de nuit pour déboucher la vanne par l’extérieur. Aussi inutile que vaine ! Ma troisième, plus intelligente, me poussa à démonter la vanne …

Mouais, bon, raconté comme cela, le bateau devrait logiquement être à l’heure actuelle par le fond de la marina. En fait, il s’agit d’une vanne en plastique (coque en aluminium) en L et cet angle droit est le plus souvent, la cause du bouchon. Il suffit (…) donc de fermer la vanne et de démonter ce coude.

Mon plus grand problème fut l’accès à la vanne car je suis grand (1.87 m … Ok, avec l’âge, je me suis tassé :  1.85 m) et je manque totalement de souplesse. La position était dès lors des plus inconfortable et dévisser une réduction en matière plastique est des plus désagréable par manque de prise sur la pièce.

Mardi  22.

« Silicone Valley » qui a fait marcher son GE toute la nuit pour avoir de l’airco, n’était plus ce matin, prêt à partir ! Il nous avait affirmé pourtant la veille au soir, qu’il ne restait qu’une seule nuit

Au matin, son GE tombait en panne ! Joie. Malheureusement, après en avoir réalisé l’entretien et connu divers essais infructueux, il marchait à nouveau comme une horloge.

Comme il restait sur place, la marina lui attribua un autre emplacement sur le quai principal. Normalement, il aurait du s’y rendre en cours de matinée mais manifestement, il préférait rester au ponton flottant … et nous emmerder copieusement du même coup!

Après plus d’une heure de bruit et de gaz d’échappement, Ann est allée lui demander d’éteindre son GE mais, contre toutes attentes, le skipper l’a proprement envoyé sur les roses !! Alors que lorsqu’il s’échinait un peu plus tôt sur son GE, Ann pensant l’aider, était allée le trouver pour lui signaler le problème que nous avions connu avec les sargasses.

Face à cette attitude aussi grossière qu’incivique, Ann est allée prévenir un marineros de la situation. Un gros quart d’heure plus tard, ce dernier se pointait (enfin) et l’obligeait à prendre son nouvel emplacement. Nous n’avons pas compris ce qu’ils se sont dit mais manifestement, il a fait de la résistance !

Evidemment, à son nouvel emplacement, il a été contraint d’une manière ou d’une autre, à se brancher au courant du quai … et à éteindre son GE.

Selon nos informations, si « Silicone Valley » bat pavillon américain, il s’agit en fait, d’ une famille de polonais avec un skipper. Ils viennent de « Saint Vincent » sans faire de quarantaine et ont visité les « Grenadines ».

A la piscine, nous avons été emmerdés par six vieux échappés d’un asile ou l’autre, qui prenaient le bassin comme lieu de papelote. Encore un peu, ils dressaient en son centre, une table et tapaient la carte …

Mercredi  23.

La piscine est désormais squattée par une foule d’Américains plus matinaux que ceux que nous avions connus jusque là. Malgré deux essais, nous ne sommes pas parvenus à n’avoir la piscine que pour nous comme auparavant. Il est donc vraisemblable que nous n’irons plus et sans doute, choisirons nous dorénavant, la petite plage à l’extrémité du mouillage.

Si la vie à la marina peut paraître douce et agréable, personnellement, j’étouffe la plupart du temps par trop de promiscuité et chaque jour, j’ai le sentiment que cela empire. Grâce au ciel, il existe des moments de pur bonheur.

Je me projette également beaucoup dans le futur et au vu de l’évolution du Covid-19, je ne vois plus bien comment nous allons procéder pour la prochaine saison cyclonique: je n’ai en tous les cas, pas la moindre intention de revivre une seconde fois, notre expérience actuelle.

Jeudi  24.

Depuis hier, Ann recherche pour moi, un dentiste … le quatrième ! Après avoir dû dévitaliser ma molaire du bas, c’est maintenant celle du haut qui me donne des soucis. Comme nous ne savons plus très bien quand nous pourrons rentrer en Belgique, je n’ai plus l’intention d’attendre que la situation s’aggrave pour prendre les mesures qui s’imposent.  Seulement voilà, il est très difficile de trouver un dentiste compétent qui ne vous donne pas un rendez-vous … à l’année prochaine !!

Jeffery Taxi, notre taximan attitré, nous avait dégoté un rendez-vous pour ce jeudi mais nous devions être là avant  11 heures et il était … 10.45 heures ! Je profitais tranquillement de la piscine pour moi tout seul, lorsqu’Ann est venue m’en avertir !! Le bordel … je vous laisse imaginer la scène entre d’une part, Ann qui filait au parking, à moitié vêtue, retrouver Jeffery et moi, en maillot de bain qui ne savait plus trop bien ce que je devais faire. Pour couronner le tout, il s’est mis à pleuvoir.

En finale, le dentiste m’a intercalé ce vendredi matin entre deux rendez-vous. Avec tout cela, je n’ai pas été en mesure de profiter tranquillement de ma piscine.

Vendredi  25.

Réveil à 7 heures, rendez-vous sur le parking avec « Jeffery Taxi » pour 8 heures, nous étions chez le Dr. Dubelys Perez Casado pour 8.20 heures. En fait, elle a son cabinet juste à côté du centre de plongée d’Evelyne et ce qui ne gâte rien … elle parle français !!

Son diagnostique ne s’est pas fait trop longtemps attendre : une petite carie profonde en-dessous d’un ancien plombage ! En un tour de main et avec beaucoup de douceur, la carie était soignée et je me retrouvais avec un pansement. De vrais doigts de fée.

Nous sommes ensuite, partis en course en sorte que nous n’étions de retour au bateau qu’à 13.30 heures. Véronique et Eric de « Oxo » nous attendaient à la piscine. « Oxo » a été sorti de l’eau chez « Grenada Marine » pour un problème de moteur mais le travail n’avance nullement et nos amis français ne souhaitent plus que quitter ce chantier au plus vite. Pour se changer les idées, ils étaient venus pour la journée, à la marina.

Nous étions tellement fatigués que nous nous sommes tous les deux endormis dans notre cockpit !!

Samedi  26.

Après la journée d’hier, nous avions besoin de dormir. Cela n’a pas empêché Ann de me réveiller en sursaut vers 5.30 heures du matin parce qu’un feu s’était déclaré du côté de la marina d’en face !! Il est vrai que les flammes étaient tellement hautes qu’il était à craindre que les deux voiliers amarrés juste à hauteur de l’incendie, ne s’embrasent à leur tour.

Sans perdre de temps, nous avons installé tout notre matériel de photos pour le cas où … On se posait encore la question de savoir à quel magazine nous allions vendre nos photos que le feu s’éteignait tout seul !!! Certains plaisanciers ont suggéré qu’il s’agissait d’un feu volontaire de détritus du ferry !

Par chance, nous avons pu retrouver notre sommeil.

Journée très, très calme : « meut,meut,meut … tous les Amerlocs de la marina suivent leur guide ». J’ignore où la meute s’est rendue ce week-end mais il était évident qu’ils étaient tous de sortie. Malheureusement, vers 15 heures, « Yolo » – comme tous les week-ends – se pointait et s’amarrait au ponton flottant. Il aura fallu attendre 18.30 heures (!) pour qu’il lâche enfin ses amarres avec ses guests !

Dimanche 27.

Notre matinée a débuté par un puissant orage juste au-dessus de nos têtes ! Même s’il n’est pas resté trop longtemps, nous avons eu l’occasion de revoir le catalogue de nos prières aux diverses divinités de garde, dans la zone. Par bonheur, aucun bateau ne semble avoir été touché alors qu’il y a quelques temps, la foudre est tombée sur plusieurs bateaux à « Cariacou » !!! Nous avons eu l’info par le biais de notre électricien, Jean-Michel, qui a été appelé pour réparer les dégâts.

L’orage passé, nous avons eu droit à une pluie interminable qui comme son nom l’indique, n’en finissait pas d’en finir. Cela nous a assuré une quasi tranquillité à la piscine. Autre bienfait, la diminution des températures qui s’est ressentie sur notre consommation airco de la nuit.

Si nous avions espéré que la pluie mettait un terme aux projets de « Yolo » (il a passé la nuit, à la marina), nous en avons été pour nos frais puisqu’en début d’après-midi, nous avons été les témoins privilégiés de ses préparatifs pour ses nouveaux guests. Une fois encore, c’est à plus d’une vingtaine de personnes qu’ils sont partis faire un tour en mer pour ne revenir qu’après le coucher du soleil !

Lundi 28.

Cette nouvelle journée aura débuté par une pluie abondante. Piscine et ensuite, rebelote, une pluie abondante. Avec ce qui est tombé, la nappe phréatique de la France entière pourrait être reconstituée !

Côté moral … c’est comme tout le reste, cela prend eau de toutes parts ! Alors que nous préparons activement une sortie de l’eau du bateau en Martinique, il existerait une possibilité d’aller à Trinidad pour la mi-octobre !!! Info ou intox ? Cela fait depuis des mois qu’on nous bassine avec une ouverture prochaine des frontières alors que depuis mars, elles sont hermétiquement fermées sauf pour les pêcheurs vénézuéliens !

Côté familial … même chose. Les nouvelles ne sont jamais tout-à-fait mauvaises, ni tout-à-fait bonnes !!! En fait, on attend inlassablement les résultats d’examens ou d’analyses qui ne sont jamais probants.

Au demeurant, nous attendions le passage d’un technicien pour notre passerelle hydraulique mais une fois encore nous avons oublié de demander de préciser l’année du rendez-vous. Quand ce n’est pas l’année, c’est le fuseau horaire pris en compte. Difficile de s’habituer à une autre culture …

En finale, j’ai profité qu’Ann était partie faire quelques courses pour démoraliser à mon aise, tranquille dans notre cockpit. Cela fait du bien.

Mardi  29.

Superbe journée qui fait énormément de bien au moral même si la donne n’a pas changé. Enfin, nous avons quand même calculé que notre consommation « airco » avait pu être maîtrisée ce mois-ci avec un total de 2.033 kwh alors que le mois précédent nous en étions à  1.463 kwh pour une dizaine de jours d’utilisation !!

Comment cela s’explique-t-il ? Essentiellement, nous n’enclenchons plus l’airco que de 18 à 9 heures et non plus, toute la journée comme aux débuts. Or, la consommation est fort variable en raison de la température extérieure et en journée, quand le soleil tape, les températures sont très élevées. Cette nuit passée, après le passage de la pluie, les températures étaient exceptionnellement plus basses et notre consommation est passée de 65 khw à 42 khw !! Est inclus dans ces chiffres, une constance de 1 khw/heure pour le « service ».

Le mode d’utilisation (le nombre de pièces à refroidir, la température à atteindre, le mode de ventilation) joue certainement pour partie un rôle mais nous ne sommes pas parvenus à le déterminer ! J’aurais tendance à affirmer qu’il est négligeable ou à tout le moins, non déterminant.

Il s’agit d’un « luxe » (tout dépend du prix du kwh …) indéniable mais indispensable en marina lorsqu’on ne peut profiter d’une bonne aération  naturelle. Ici, à la marina, seuls les propriétaires font attention … alors que pour les équipages, c’est « airco », toute la journée ! Je n’ose pas imaginer leur facture mensuelle.

Sur la fin d’après-midi, nous voyons arriver au ponton flottant, un voilier américain d’un autre âge. Merde … Par bonheur, les marineros le placent l’étrave vers nous. Ouf … Pour prendre de l’eau vu la longueur de leur tuyau d’arrosage, ils avancent le bateau jusqu’à toucher nos amarres. Aie là. Attention. Pas Op ! J’ignore leur capacité en eau mais cela a duré un temps infini pour remplir leurs réservoirs. Ma patience a ses limites … Contre toutes mes attentes, le plein réalisé, nos Américains s’en retournent à leur mouillage. Bobonne … fais sauter le champ.

Mercredi  30.

Dernier jour de septembre. Le mois d’octobre va débuter et avec lui l’interrogation qui commence à nous tarauder : quand allons-nous partir ? Comme tout dépend de la météo, il est bien difficile de préciser avec certitude la fin de la période cyclonique. Il serait navrant de retourner en Martinique et de se taper un cyclone tardif !

Il y a également la possibilité que Trinidad ouvre se frontières ! Nous n’y croyons pas mais comme l’éventualité a été évoquée par les autorités de l’île, on ne peut s’empêcher d’y penser. Et que ferions-nous en cette éventualité ??? La question reste posée avec son lot d’avantages et d’inconvénients.

Journée fort maussade et pluvieuse : il n’a pas arrêté de pisser ! Notre moral en a pris un coup.

 

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Mardi  01.

Journée très ensoleillée, chaude et calme.

Après toutes nos occupations de la semaine précédente et mon dentiste de lundi (une vraie boucherie), nous avions besoin de prendre un peu de temps pour nous. Aussi, ce fut journée farniente.

En début d’après-midi alors que je me promenais sur les pontons, mon appareil photo à la main, je me suis fait réprimander comme un gamin par un surveillant de la marina qui faisait sa ronde. Mon crime … prendre en photo, un catamaran inoccupé de la marina !

Bien que j’ai fait part à mon surveillant que je ne comprenais pas l’anglais, il m’a répondu que je comprenais très bien ! Qu’il était interdit de prendre des photos car il s’agissait d’une marina privée et que les propriétaires de bateau pouvaient ne pas aimer que l’on sache que leur bateau était à la marina … si j’ai bien compris son charabia. Pendant un instant, je me suis retrouvé dans la peau d’un paparazzi volant la photo du yacht d’une célébrité … en l’absence de la célébrité !

Déjà que j’ignorais si effectivement il est interdit de prendre des photos dans l’enceinte de la marina, un peu plus tard, il venait nous chercher carrément noise parce que nous venions d’amarrer notre annexe au ponton flottant situé juste à côté du bateau !!

Il a baissé d’un ton lorsque nous lui avons appris que notre annexe revenait juste de réparation et que nous allions la nettoyer avant de la suspendre – comme nous le faisons depuis notre amarrage à cet emplacement – sur le flanc tribord de notre bateau.

Non content, il nous a fait la remarque que nous n’arborions pas le pavillon de courtoisie de Grenade ! En fait, depuis le passage de Gonzalo, nous n’arborons plus le pavillon national, ni le pavillon de courtoisie. De surcroît, il est très et trop fréquent de voir rentrer à la marina, un bateau n’arborant aucun pavillon. Un simple « surveillant de marina » a-t-il le droit de nous imposer d’arborer le pavillon de courtoisie ? Je suis quasiment certain que non mais pour faire bonne figure, nous l’avons à nouveau hissé.

Nous pensons que son animosité à notre égard, remonte  à l’époque où « Yolo », un bateau à moteur local, venait accoster plusieurs heures durant, au ponton flottant, en l’attente de l’arrivée de ses guests et cela, sans bourse délier … avec la complicité du personnel de la marina. Nous nous étions insurgés de la situation au motif que ce paysan ne prétendait pas éteindre ses moteurs pendant son attente, nous polluant gravement l’air.

Question marina, nous venons de recevoir notre facture d’eau/électricité du mois : 750 € alors que notre airco ne fonctionne mi-temps que depuis le 20 août !!!! Notre consommation électrique a doublé et le prix du kwh est exorbitant ! Passé la stupéfaction, nous avons décidé d’essayer d’y voir un peu plus clair dans notre consommation en réalisant des relevés de compteur plusieurs fois par jour. Sans doute pas le fruit du hasard mais il y a beaucoup moins de bateaux qui  laissent tourner  l’airco toute la journée !

Quand nous voyons combien nous coûte notre séjour forcé en marina … doublement, vivement le mouillage !

Mercredi  02.

Nous avons appris ce matin, de Charlotte, la manager de la marina, que tout le personnel avait été recadré par le service de santé à cause de « Yolo » qui ne respecte aucun protocole sanitaire aves ses guests. Comme je le pensais, notre surveillant a voulu nous faire payer une dénonciation dont nous ne sommes pas les auteurs. Pour le surplus, Charlotte est un peu tombée des nues en entendant notre récit des faits.

Après la piscine et le petit déjeuner, nous avons attaqué le nettoyage du pont en teck … à la brosse dure. Au niveau cardiaque, l’exercice est très, très éprouvant mais le résultat est stupéfiant. Nous sommes parvenus, non sans peine, à nettoyer le triangle en avant du mât. Mais nous avons déclaré forfait pour la suite ! Dès demain, Sean Tomas, « nettoyeur professionnel » local,  devrait poursuivre le travail.

Nous en étions là de nos pérégrinations qu’on nous ramenait notre GV. Avec dextérité et à trois, ils l’ont remise en place. J’ai alors eu le tort de vouloir la lever pour vérifier que tout était bien en place mais avec un vent carrément arrière, la voile est montée aux 2/3 et s’est bloquée !

J’ai réellement cru un moment que nous ne parviendrions pas à la faire descendre. Il faut dire que nos trois lascars se sont montrés des plus mous pour me venir en aide … Devant l’énergie du désespoir que j’ai dépensée, ils se sont quand même remis à la tâche et tout s’est bien terminé. C’est qu’ils sont susceptibles à Grenade … Déjà Simon, le dealer Mastervolt, nous bat froid depuis que nous avons eu l’outrecuidance de lui demander le prix de la réparation de notre isolateur alors qu’il nous avait expliqué que cela ne valait pas la peine de le faire réparer !

Jeudi 03.

Avec une belle énergie que je lui envie, Sean a poursuivi notre nettoyage du pont : un « travail d’homme » alors que nous nous réservons le nettoyage de la coque, un « travail de femme » que je lui ai expliqué pour ménager sa susceptibilité. Il est malheureusement, trop bavard, trop familier et trop exubérant pour moi. J’aime les silencieux qui savent garder leurs distances.

Je suis tellement fatigué ces derniers temps que je suis allé me coucher après le journal télévisé !

Vendredi 04.

Réveil à 7 heures du matin !!! Je déteste me réveiller tôt mais une fois réveillé … autant en profiter que ce n’est pas encore le cagnard pour attaquer le nettoyage de la coque fortement salie (superbes coulées grises) par le nettoyage du pont.

Je croyais que cela serait facile mais le travail m’a paru bien plus pénible que je ne le pensais ! C’est peut-être la raison même de ma déconvenue.

Comme tous les vendredis, un petit marché se tient à la marina : l’occasion de nous pourvoir en jus de mangue. Comme il faut impérativement être dans les premiers … Ann s’est arrêtée alors que nous en étions à la moitié du flanc bâbord. Plutôt que de l’attendre stupidement, je me suis mis à l’eau avec PMT et je me suis tapé la ligne de flottaison : décidément, elle se salit très, très vite !

Une fois terminé, Ann étant revenue du marché, nous avons poursuivi notre nettoyage jusque 12.30 heures ! Le résultat des courses est que nous nous sommes tapés tous les deux, de superbes coups de soleil avec  un début d’insolation pour Ann.

Ravitaillement en boissons au « Foodland » avant de remonter l’annexe que nous avions mise à l’eau pour le nettoyage de la coque. Pendant qu’Ann faisait les courses avec Marc & Nancy de « Mana », je suis allé faire un tour sur le mouillage pour constater que sur une quarantaine de bateaux à l’ancre seulement une dizaine arborait un pavillon jaune ! Les règles de confinement ont beaucoup changé depuis notre arrivée fin mai.

En fin de soirée, il pleuvait sur notre beau travail …

Samedi  05.

Depuis quelques jours, nous notons plusieurs fois par jour, notre consommation électrique. Nous pensions avoir trouvé la solution pour diminuer notre consommation « airco » mais ce matin, malgré toutes les mesures prises, nous sommes retombés à 60 kwh/nuit. La veille, nous n’avions consommé que 48 kwh (!) mais nous avions bien senti que nous avions bénéficié d’une chute temporaire des températures. Dommage.

Notre consommation journalière de jour (de 9 à 18 heures), sans airco, est de 9 kwh.

Journée pluvieuse horripilante quand on souhaite la passer dans son cockpit …

Quand Ann m’a annoncé que les frontières de Trinidad s’ouvraient et que mercredi prochain, nous allions quitter la marina, elle m’a réellement pris à contre-pied. C’est vrai que la perspective était alléchante à plus d’un aspect mais c’était si soudain et surtout, si imprévisible sur base des dernières informations en notre possession !

Malheureusement, une heure plus tard, la douche froide nous tombait dessus : l’article qu’Ann avait lu, ne concernait que les nationaux !

Lorsque j’ai voulu rincer à l’eau douce, le moteur de l’annexe comme je  le fais après chaque utilisation suivie d’une longue période d’inactivité, j’ai connu une petite frayeur lorsque l’eau de refroidissement  s’est refusée à éjaculer !!!  En finale, tout est rentré dans l’ordre sans pouvoir éviter pour autant la mise à l’eau de l’annexe …

Dimanche 06.

Arrivée au ponton flottant, voisin de notre emplacement, de « Requin » (un Baltic 40’ ?). Comme le vent lui vient à 90°, amarré le voilier sur tribord ou sur bâbord, n’a aucune incidence sauf que pour l’amarrer sur tribord, il faut manœuvrer en marche arrière et le départ sera un peu plus délicat (toujours plus difficile de quitter un ponton en marche avant qu’en marche arrière en raison du fait que l’arrière est toujours beaucoup plus large qu’à l’étrave !).

La différence de taille réside en ce que le voilier amarré sur tribord, son cockpit se trouve nez à nez avec notre cockpit …. Quelle option pensez-vous que cette conne d’Américaine (amie de « Ananda » …) a-t-elle choisie ? Ne vous fiez pas au pavillon anglais de pure complaisance, en ce cas.

Nancy & Ann  avaient prévu un déjeuner à « l’Aquarium », magnifique restaurant ayant les pieds dans l’eau. Quand nous sommes arrivés sur le coup de 12.30 heures, nous étions dans les premiers et c’était très agréable. Malheureusement, nous en étions toujours à l’apéritif que toute la marina a débarqué !! Une trentaine d’Amerlochs toujours aussi bruyants, avaient réservé deux grandes tables juste à côté de notre petite table … plus moyen de s’entendre ! Après, c’est par groupes plus ou moins nombreux qu’ils ont continué de remplir le resto !!! Au secours … déjà je les supporte toute la semaine et voilà qu’ils débarquent où nous pensions pouvoir déjeuner en paix.

C’est la culture américaine : une organisatrice et un troupeau de moutons qui suit. C’est la seconde fois que par le plus grand hasard, notre initiative correspond avec la leur ! A tout prendre, je dois bien reconnaître que je préfère les Américains à beaucoup d’autres nationalités mais malgré leur gentillesse, nos cultures sont par trop différentes.

Nous avions terminé de déjeuner que la mer des Caraïbes s’est offerte à nous : magnifique plage. A peine dans l’eau, un orchestre a entamé son répertoire particulièrement fourni. Nous avons quitté le restaurant à 17.30 heures quand l’orchestre a commencé à remballer ses instruments.

Lundi  07.

Pour un lundi, c’est très calme ! Il fait chaud et beau et nous en profitons pour farniente. C’est ce qui nous manque le plus ces derniers temps mais Dieu que je préférerais être au mouillage. Je dois bien avouer que si  Ann ne s’y opposait pas, je me laisserais facilement séduire par le mouillage de « Cariacou » mais bon, ce n’est pas la bonne période et je crains qu’en cette époque de l’année, le mouillage ne soit plus aussi hospitalier que nous l’avons connu.

Mardi  08.

Matinée très animée à la marina avec, notamment, le départ vers 11 heures de « Ananda »  qui sera déjà de retour pour 16 heures. Une fois encore, il y avait du monde à bord puisqu’ils étaient pas moins de 16 personnes ! Apparemment, des copains des copains installés à Grenade. Le bateau mérite bien son surnom de « Auberge espagnole ».

Départ en début d’après-midi, de « Requin ». Nous nous en plaindrons pas.

Après-midi  assez calme avec une belle drache nationale qui s’est éternisée !

Mercredi  09.

Dernier rendez-vous (le quatrième …) chez mon dentiste, le Dr. Nelia Ramirez de « Dental Care Center Inc. » ! J’ai tellement hésité à me rendre à cette ultime séance de torture que j’ai décompté avec angoisse, les jours qui m’en tenaient éloignés ! Même assis sur le siège des tourments, j’ai encore hésité à prendre mes jambes à mon cou.

Pas plus d’anesthésie que les précédentes fois, je dois reconnaître que mon bourreau a su se montrer pour une fois, « humaine » tout en m’enfonçant par accident, le manche de son miroir dans le nez … J’ai également failli m’étrangler avec un surplus de produit que j’ai été contraint d’avaler : beurk, beurk, beurk. Mais, j’ai survécu bravement à l’empoisonnement.

Nous avons ensuite été faire des courses d’avitaillement au « Foodland » où notre taxi est venu nous rechercher.

Après une matinée fort chargée, nous n’avons plus quitté le bateau.

Jeudi  10.

Ce devait être une journée très peinarde mais en découvrant deux foyers de fourmis microscopiques dans notre cockpit, nous nous sommes affairés à une désinfection suivie d’un grand nettoyage. Comment ces bestioles sont arrivées jusque là restera sans doute un mystère. Ce qui par contre, est certain, c’est qu’elles apparaissent avec une vitesse déconcertante : le cockpit est pour nous un lieu de vie où nous passons le plus clair de notre temps et nous n’avions jamais rien vu jusque là !

L’ennui de tout cela c’est bien entendu que nous avons été trempés de la tête au pied à force de jouer avec le tuyau d’arrosage.

A l’apéro, nous avions aujourd’hui, Eric & Véronique du Catana 416 « Oxo ».  Ce sont des Français installés en Guadeloupe, qui sont arrivés il y a peu à la marina. Très sympas, nous les avions rencontrés à  la sortie de la piscine, l’après-midi même et le contact était immédiatement passé.

Vendredi  11.

Comme désormais, tous les matins, nous sommes allés nous rafraîchir à la piscine tandis que sur « l’Auberge espagnole », ils s’affairaient à une dizaine, à enlever les voiles qui ensuite, étaient enroulées dans d’affreuse bâches bleues toutes neuves ! Il s’agit de North Sails et c’est étonnant qu’elles n’aient pas leur sac !!

« The most beautiful boat of the marina » voilà le compliment qu’Ann a enregistré de la part d’une inconnue qui passait devant notre emplacement. Même si nous sommes habitués à  ce genre de compliment, cela fait toujours plaisir d’autant que nous avons pour voisin un Swan 82’ très bien entretenu sans parler des autres bateaux beaucoup plus grands qui nous entourent. Je dois avouer que si je trouve notre voilier sortir du « commun », il n’empêche que je ne comprends pas toujours un tel engouement sur une période aussi longue : 10 ans !

Ecrasés de soleil, nous avons passé paisiblement notre journée dans notre cockpit. Alors que j’ai toujours détesté la sieste, depuis quelques semaines, cela me prend de piquer un roupillon auquel il m’est impossible d’échapper : mes yeux se ferment de force !! Il est vrai que je n’ai plus souvent mes heures de sommeil car invariablement, Ann me réveille à 7 heures du matin avec les dernières news favorisées par le décalage horaire …

Samedi  12.

Après la piscine en compagnie d’Eric & Véronique de « Oxo », nous nous sommes calfeutrés dans notre cockpit pour une nouvelle journée de farniente.

Nous devions aller à « Island Water World » pour acheter un régénérateur de plexi ainsi que faire un petit avitaillement au « Foodland ». Mais en passant devant « Oxo », Eric a décidé de nous accompagner en sorte que nous sommes partis avec son annexe. Par les températures plus élevées que d’habitude (nous consommons 64 kwh/nuit pour l’airco) que nous subissons, cette invitation était plus que la bienvenue.

Dimanche  13.

Depuis que nous avons fait la connaissance d’Eric & Véronique, ils nous accompagnent le matin, à la piscine ce qui est plutôt sympa sauf que nous en arrivons à imiter les Américains (nous n’en sommes pas encore à apporter nos boissons …) à papoter le corps à moitié immergé. Le résultat des courses est que nous nous tapons de très méchants coups de soleil sur le visage et sur la tête !!! Ouais, je sais, nous allons devoir porter grand chapeau et lunette comme les Amerlocs.

Nous petit déjeunons, du même coup … à l’heure de midi !

En début d’après-midi, nous avions le déplaisir d’accueillir comme voisin immédiat, « Bodhisattva » (traduction : bouddha avant que celui-ci n’aie atteint son éveil), Jeanneau 64’ battant pavillon de Cayman.  A bord, deux américains bruyants avec des bruits de coffres que l’on referme sans précaution. Joie.

Grâce au ciel, ils ont mis l’airco (quel potin leur évacuation d’eau !) et nous ne les avons plus vus. Il faut reconnaître que les présentations furent des plus brèves pour ne pas dire inexistantes ce qui nous convenait très bien d’autant que selon nos informations, ils viennent en droite ligne de « Sainte Lucie » et n’ont respecté aucune quarantaine ! La question qui demeure, reste de savoir combien de temps ils vont rester à la marina.

Ce type de voilier, dédié en le cas d’espèce, au charter, ressemble plus à une énorme boîte à savon, incroyable boîte à résonnance, sans ligne, très haut sur l’eau et peu accastillé. A côté de lui, « S.A.S.³ » paraît bien petit alors que les deux bateaux ont la même taille ! C’est un peu la tendance aujourd’hui  de construire des bateaux très haut de franc-bord. Si cela contribue à donner de l’espace intérieur, question ligne extérieure …

Lundi  14.

Fameux orage durant la nuit ! Les éclairs et le tonnerre se succédaient et on sentait bien que cela se passait juste au-dessus de nos têtes. Par bonheur, l’orage s’est assez rapidement déplacé et nous avons pu retrouver notre sommeil.

Vers 3.40 heures, j’ai été réveillé par un bruit anormal et répétitif provenant manifestement de nos isolateurs « airco » (il n’y a qu’une cloison qui nous en sépare) !!!!!! En un bond, j’étais debout et j’éteignais l’airco. Je suis ensuite allé voir dans notre coffre tribord mais pas bien réveillé,  je n’ai pas compris qu’un de nos deux isolateurs s’était mis en sécurité !

C’est plus tard lorsque je suis retourné voir que j’ai compris qu’il y avait eu une panne d’électricité à la marina et que lorsque le courant était revenu, l’airco était toujours allumé. Ce qui manifestement, ne convient pas à nos isolateurs tribord car ceux de bâbord ne nous posent aucun problème de cet ordre !  En éteignant et en rallumant les isolateurs, tout est rentré dans l’ordre et j’ai pu remettre en fonctionnement notre airco.

En tout début de matinée, nous avons eu droit à notre drache nationale et pas mal de pluie par la suite.

J’ignore si une réputation quelconque nous a devancés mais il est certain que la messe est dite avec nos voisins bouddhistes : nous nous ignorons superbement ! A ce point là, c’est une première mais nous avons le cuir très résistant et surtout, aucun motif de complexe ce qui n’est peut-être pas le cas de nos nouveaux venus, allez savoir.

Mardi  15.

Une journée comme une autre avec pour seuls points marquants, un coiffeur pour Ann et le départ de « l’Auberge espagnole » pour le chantier de « Clarkes Court  Bay ». Nous espérons seulement qu’il n’y reviendra pas de si tôt …

Pour ma part, j’ai bien avancé dans la lecture de mon roman policier de Fred Vargas.

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 3 septembre 2020

16 au 31.08.2020 – Grenade et ses cabinets dentaires.

Dimanche  16.

Ce matin, Nancy de « Mana » a essayé pour la première fois, tout son équipement de plongée. Ce qui n’aurait dû être qu’une formalité avant de réaliser son baptême en mer, c’est révélé pour elle, d’une grande difficulté ! Comme elle est courageuse, elle a commencé à surmonter ses craintes et ses peurs mais il s’agit d’un véritable défi.

Alors qu’elle est comme un poisson dans l’eau en apnée, respirer sur un détendeur et maintenir l’équilibre avec une bouteille sur le dos doit encore s’apprivoiser ! Comme quoi si pour certains, c’est quasiment inné, pour d’autres, un long apprentissage peut s’avérer nécessaire. Grâce au ciel, nous avons la piscine de la marina pour vaincre tous ces obstacles.

Lundi  17.

Matinée chargée …

A 8 heures, un employé de « Sea Safety Service Ltd » venait chercher notre annexe pour réparation d’une fuite d’air, changement de la bande de liaison coque /boudin et entretien du moteur.

Nous avions compris qu’il nous fallait conduire notre annexe jusqu’à la plage où une remorque nous attendait sauf qu’en fait, en raison de la présence de gros rouleaux, l’employé y a seulement débarqué Ann pour repartir par la mer, jusqu’à « Clarks court Bay » !!!!

Résultat des courses, Ann, trempée de la tête aux pieds, a été bonne pour revenir à pied jusqu’à la marina !!! Si les conditions de mer imposait cette solution, l’employé pouvait partir seul de la marina ! Il était parfaitement inutile de déposer Ann sur la plage !

Notre électricien s’est décommandé une fois de plus en raison des fortes pluies que nous connaissons en raison du passage d’une onde tropicale.

Avec un à-propos extraordinaire (pas une goutte d’eau durant toute leur intervention), deux employés de « Turbulences » sont venus chercher notre GV pour réparation et entretien. Pas une mince affaire de l’enlever mais pour une fois, nous les avons laisser entièrement faire.

Du côté de Trinidad, les nouvelles sont amusantes puisque nous avons appris ce matin, que l’île allait de nouveau être confinée tandis que chaque matin, des bateaux de pêche vénézuéliens accostent sans le moindre respect des mesures de précaution liées au Covid-19 et sans la moindre intervention des autorités locales. Il est vrai qu’ils arrivent à 6 heures du matin et qu’à cette heure, les « Coast Guard » pioncent encore comme des bienheureux.

Mardi  18.

Si les deux jours précédents, il faisait étouffant même au dehors, nous connaissons aujourd’hui, une stupéfiante chute des températures : un vrai plaisir. En relation ou non avec cet état de chose, nous avons eu droit, en début de matinée, à un sacré coup de vent (certains ont supporté 50 nœuds dans les mouillages du sud de l’île) aussi subit que passager. C’est la troisième fois que nous connaissons ce phénomène depuis que nous sommes à Grenade.

Tandis que Joseph Davis procédait au ponçage de nos marches d’escalier sous la surveillance d’Ann, je suis parti à la piscine avec Nancy qui entamait son troisième cours de scaphandre (son second cours avait été réalisé la veille, sous la supervision de Marc, son mari). Une métamorphose incroyable qui m’a ravi, s’est opérée depuis dimanche.

Quand je suis rentré au bateau, notre homme était en plein travail et la poussière témoignait de son ardeur. Nous rentrons et sortons désormais par le capot de pont de ma cabine atelier.

Mercredi  19.

C’est le grand bordel à l’intérieur du bateau : la poussière de ponçage s’est insinuée partout et nous devons dégager de plus en plus de zones pour que Joseph puisse travailler correctement. En fait, nous lui demandons de plus en plus de réparer ici ou là, des griffes par trop visibles. J’ignore si un jour nous pourrons reprendre pleine possession de notre intérieur.

Un peu plus tard, c’est Jean-Michel, l’électricien de « Turbulences Ltd », qui venait parachever son travail d’installation d’une ligne électrique dédiée exclusivement à l’airco.  Avec un peu de chance, nous devrions recevoir notre second isolateur, demain matin … pourvu que notre transporteur bénévole ne coule pas avec son catamaran d’ici là.

« L’Auberge espagnole » (Swan 82 – « Ananda ») était de sortie en mer avec ses guests, ce matin. Ils étaient plus de 13 personnes à bord ! Le carnaval continue.

Le soir, pour éviter d’avoir à faire la cuisine à bord, en un tel état de bordel, Ann a été chercher des pizzas que nous avons mangées dans le cockpit.

Jeudi  20.

Nous avons récupéré notre second isolateur amené de Martinique par Eric du cata « Jingle » que je remercie une fois de plus, au passage . Comme nous n’avions plus notre propre annexe et que « Jono » (notre voisin américain) a tout simplement refusé (!!) de nous aider à aller chercher notre appareil directement sur le mouillage avec son annexe amarrée juste à côté de notre bateau, nous avons eu quelques petites complications avec la douane. A chaque fois que nous ramenons du pays, du matériel pour notre bateau, c’est sempiternellement les mêmes tracasseries administratives inutiles que cela en devient franchement lassant.

Jean-Michel de « Turbulences Ltd » est venu en début d’après-midi, placer notre appareil et mettre en route l’installation.

Comme je connais toujours des élancements dans la mâchoire, je suis allé consulté avec Nancy de « Mana » qui a eu la gentillesse de jouer les interprètes, un autre dentiste qui nous avait été renseigné, Island Dental Care. Cela fait depuis plus de 15 jours que j’attendais avec impatience, ce rendez-vous !

Une fois encore, le cabinet de dentistes ne paie pas de mine et l’accueil y est aussi désagréable que celui que peut vous apporter une gardienne de prison. C’est du menton que l’on nous a indiqué que c’était mon tour … j’ai bien eu envie d’expliquer du menton quel était mon problème.

Vif soulagement quand la dentiste, Annabelle, est arrivée après que son assistante muette (?) m’aie fait une radiographie de la mâchoire qui est apparue instantanément à l’écran !! Même ma dentiste habituelle n’a pas un tel niveau de modernisme qui fait tache dans l’ensemble désuet !

Sans être dentiste, il est clair de voir sur la radio que j’ai développé un abcès sous la dent que seuls les 9 jours d’antibiotiques prescrits par mon épouse, a un peu soulagé. Si je n’avais pas attendu si longtemps, l’opération se serait révélée plus bénigne mais en l’état, il faut arracher la dent …

Il me faudra maintenant attendre jusqu’au 31 août pour procéder à cette opération !!!

Les premiers symptômes sont apparus en mars de cette année mais nous étions en plein confinement, nous pensions qu’il s’agissait d’une gingivite et surtout, être de retour au pays, en juin.

Nous sommes toujours dans la poussière, la crasse et un bordel pas possible. Il n’empêche que nous avons procédé à un triage nécessaire (par le vide) des affaires rangées dans la soute à voiles à l’avant et dans le coffre arrière tribord … placement de nos deux isolateurs oblige. Nous pensons ramener à Bruxelles, nos deux vélos pliables que nous n’utilisons plus car les rayons des roues se corrodent et se cassent en permanence. En partant de Fort de France (Martinique), cela devrait être possible.

Vendredi  21.

J’ai repris avec beaucoup de plaisir, mes cours de plongée avec Nancy de « Mana » sauf qu’à peine avions nous équipé sa bouteille que le préposé au nettoyage de la piscine, nous en interdisait l’accès pendant 25’ !  De surcroît, il pleuvait averse … le pied. Après avoir beaucoup hésité, nous avons attendu sur place car la pluie a fini par céder la place au soleil.

Alors que nous avons joui de notre airco durant quasiment 24 heures, le fusible du quai a sauté ! Remis en place, il ressautait quelques temps plus tard !! De quoi vous découragez pour la vie. Un peu avant le début de soirée, la marina remplaçait la boîte de dérivation à l’origine de la panne.

Arrivée de « Cartouche », un cata Blue Coast 95’ – 29 m. (jamais entendu parler de cette marque française !). Le long quai à catamarans, un temps déserté, est à nouveau en train de faire le plein. Dans l’ensemble de la marina, le nombre de catamarans est tout simplement stupéfiant.

En milieu d’après-midi, j’étais appelé à la rescousse pour aider Marc de « Mana » à changer d’emplacement : en fait, il est toujours sur le même quai mais du côté juste opposé à son ancien emplacement. L’intérêt réside en la présence d’un catway mais en s’amarrant non plus par la poupe mais par la proue, il est encore plus difficile de monter à bord !!!! Il a même dû avoir recours à une échelle en aluminium !

Samedi  22.

Cours de plongée avec Nancy de « Mana ». Depuis le départ, c’est la première fois qu’elle souhaite une pause syndicale … euh, non, dominicale ! Il faut croire qu’elle connait une certaine saturation depuis que nous avons entrepris les entraînements avec bouteille. J’envisage en conséquence soit de repasser aux entraînements sans bouteille qu’elle adore soit, plus vraisemblablement, de poursuivre les entraînements en mer. Je me tâte encore car je ne pense pas qu’elle soit fin prête au changement de milieu que d’autres appelleraient de tous leurs vœux .

De retour au bateau, j’apprenais que Joseph Davis en avait terminé de ses travaux de vernis. Ouf … cela commençait à devenir pénible mais malheureusement, il va falloir qu’il revienne car en deux endroits, le bois a trop bu le vernis ! Un peu trop pressé d’en finir ?

Sur cette bonne nouvelle, nous nous sommes sentis contraints de débuter le nettoyage intérieur. En fait, nous nous sommes limités au carré et au « coin communication ». Grâce au ciel, nous avions l’airco car aujourd’hui, il fait particulièrement doufe.

En réalisant un petit tour des pontons, j’ai été effaré de relever comme tous les bateaux se salissaient terriblement voire se dégradaient (!)  à moins que l’entretien laisse de plus en plus à désirer … comme chez nous !

Dimanche  23.

Il nous fallait continuer notre nettoyage en profondeur et c’est ce que nous avons réalisé … encore que le triangle avant attend toujours notre passage !!!

« Jono » est parti pour une destination inconnue et je ne peux affirmer que cela nous attriste … cela sera assurément plus calme. Que du bonheur.

Le plus désagréable fut lorsque le fusible du quai malgré le changement de la boîte de dérivation, a sauté et qu’il fut impossible de le remettre en position ! Serions nous maudits avec cet airco ? Je n’ose plus m’en réjouir et expliquer combien notre qualité de vie a changé depuis car je suis toujours en l’attente du prochain incident qui va une nouvelle fois, tout remettre en cause.

Après une crispante période d’attente, nous sommes parvenus à remettre en route notre airco mais pour combien de temps ? Nous essayons de ne plus le remettre en route dans les deux cabines avant, en l’espoir de soulager la charge mais cela changera-t-il quelque chose ?

Lundi  24.

« Jamais deux sans trois » dit l’adage ! Notre dentiste belge nous ayant certifié qu’il n’était pas nécessaire d’arracher ma molaire, nous sommes allés voir ce matin, une endodontiste, le Dr. Nelia Ramirez de Dental Care Center Inc.  qui  avant même que j’ai compris ce qui se passait, m’enfonçait l’aiguille d’une seringue anesthésiante dans la mâchoire ! Là, j’ai quand même compris que cette fois, on ne rigolait plus ! Après plus d’une heure de fraiseuse (plus jamais de ma vie, je ne mangerai de fraises) , elle m’a dévitalisé ma molaire. Me voilà bon pour un nouveau traitement d’antibiotiques et une série de trois autres rendez-vous ! Elle n’a pas encore parlé de séances de rayons mais je m’attends à tout !

Pendant toute la séance où prudente, elle m’avait mis un gros morceau de caoutchouc en bouche, histoire d’éviter que je la morde, elle m’a reproché de respirer par la bouche !! Faites seulement l’expérience et vous verrez qu’il faut se concentrer pour respirer par le nez quand la bouche est grande ouverte.

Bien que femme, elle n’est pas à vraiment parler la douceur même et en deux occasions, j’ai été contraint de repousser sa main qui tenait le miroir car celui-ci s’enfonçait un peu trop dans ma gorge … Mais pas de panique, j’ai survécu à l’épreuve et j’en ai même ressenti quelques bienfaits !

A la suite de quoi, nous sommes partis dans une série de courses à travers l’île qui se sont soldées par une bien maigre moisson : la réparation de ma chaînette de cou.

De retour au bateau, nous constations que le fusible du quai avait une nouvelle fois sauté alors que l’airco était à l’arrêt !!!  Nous espérions pouvoir faire ouvrir une seconde prise de courant 32A mais la marina s’obstine à utiliser la prise de courant triphasée de 63A (même compteur). Pourquoi ? Parce qu’officiellement, l’autre prise de courant 32A de la borne est réservée à l’emplacement le long du ponton flottant.

La nouveauté du jour consiste en le fait que nous n’avons plus de boîte de dérivation (à l’étanchéité douteuse)  mais à un réducteur d’ampérage : d’un côté du câble, nous avons une fiche triphasée de 63A et de l’autre, une fiche monophasée de 32A.

Arrivée au ponton d’accueil, du monocoque battant pavillon italien, « Ulisse », 33 m.

Depuis que nos (copains) de « Jono » ont quitté la marina, ils n’arrêtent pas d’y revenir en annexe !

Mardi  25.

Nous avons débuté notre journée par une nouvelle très triste touchant notre famille proche en sorte que désormais, nous essayons de rentrer au pays le plus rapidement possible tout en trouvant une solution satisfaisante pour notre bateau. Ce n’était déjà pas évident avant alors maintenant, nous ne savons plus trop que faire. Notre dernier espoir consiste à obtenir des autorités sanitaires de Trinidad, une dérogation spéciale pour entreposer pour de longs mois, notre bateau au chantier « Peake ». Il semblerait que d’autres avant nous, ont pu rester avec leur bateau à Trinidad mais bien entendu l’information relève quasiment du secret défense.

Pour m’occuper l’esprit, j’ai poursuivi un peu le nettoyage intérieur du bateau sans en arriver au bout !

En découvrant incidemment que notre ligne de flottaison avait développé une affreuse couronne d’algues vertes, je me suis mis à l’eau avec PMT pour nettoyer tout cela. Le plus dur fut de me mettre à l’eau : l’eau de la marina n’incite pas naturellement à s’y baigner …

Alors que j’en avais terminé, nous avons eu la visite d’Olivier de « Mariposa » qui cherchait désespérément à pouvoir remplacer le coupe-batterie électrique de son voilier. Comme nous en avions deux usagés mais en état de fonctionnement, nous lui en avons fait part. Le petit problème est que les nôtres sont pour du 24V et que l’électricité de son bateau est en 12V … nous n’avions pas pensé à ce « détail » !

Après son départ, l’airco ne fonctionnait à nouveau plus ! Cette fois, c’était un de nos deux fusibles de 32A qui avait sauté. Il semblerait qu’ils soient un peu faibles pour notre installation en conséquence de quoi nous allons les changer par des 40A.

Mercredi  26.

Ann est partie ce matin, avec Nancy de « Mana »,  à la recherche d’un vannier pour la fabrication d’un coffre à chaussures à installer sur notre pont arrière. Nous en avions un au départ et il nous a rendu de fiers services pendant plusieurs années mais nous avons été contraints de nous en séparer  car il partait en morceaux et depuis lors, plus moyen d’en trouver un autre !!!

Le vernisseur est passé pour parachever ses vernis. Hélas, le résultat n’était toujours pas au rendez-vous attendu ! Il repassera une fois de plus, ce vendredi. A mon humble avis, il n’a pas mis assez de couches de vernis en sorte que le support absorbe intégralement le produit. Avec un peu de chance, son passage de vendredi pourrait être le dernier. Nous l’espérons du moins.

Nous sommes en pleine saison des pluies et cela se ressent. Par bonheur, les précipitations ne sont jamais trop longues. Il fait également assez lourd et seul, notre airco nous permet de le supporter. Avant que l’installation ne fonctionne, nous en avons assez bien bavé et sur la fin, cela en devenait insupportable.

Jeudi  27.

Si j’avais rendez-vous avec mon endodontiste pour 10.30 heures, ce n’est qu’à 11.30 heures que ce fut enfin mon tour ! Elle m’a méchamment charcuté cette fois-ci, durant près d’une heure : ce fut la journée des aiguilles désinfectantes qu’elle prenait un malin plaisir à enfoncer dans mes racines. C’est après qu’Ann soit partie faire des courses que j’ai eu droit au traitement de ma gencive. Si j’avais pu m’échapper en passant à travers son fauteuil de torture, je n’aurais pas hésité à prendre mes jambes à mon cou. A la fin, elle a quand même eu recours à un anesthésiant. Elle est certes très consciencieuse mais loin d’être d’une grande douceur. A mon avis, elle exerçait avant dans un zoo.

Quand je pense que j’ai encore deux autres rendez-vous …

Vendredi  28.

La  journée a bien commencé par un entraînement « apnée » avec Nancy de « Mana ». Mais elle n’était pas en forme et je l’attribuerais volontiers au petit déjeuner qu’elle avait pris juste avant.  Je sais que cela peut paraître incroyable mais un entraînement piscine en pleine digestion n’est réellement pas très porteur. Par contre, avant une plongée, il est souhaitable d’avoir le ventre plein pour éviter la chute de tension ! Il ne s’agit que d’un constat personnel.

Durant notre entraînement, le vernisseur était passé au bateau et il semblerait que cette fois, le travail est terminé. Vif soulagement de ne plus avoir à passer par la cabine atelier ou de faire sa toilette à la cuisine : il faut bien que les vernis sèchent !

En début d’après-midi, Jean-Michel, l’électricien, venait remplacer nos deux fusibles de 32A par des 40A. Il faut espérer que cette fois sera la bonne et que nous pourrons nous occuper des autres problèmes : notre annexe est réparée mais il faut encore procéder à l’entretien du moteur. Nous n’avons par contre, pas de nouvelles de notre GV.

Nous nous démenons pour parvenir à mettre notre bateau en sécurité au « chantier Peake » de Trinidad et ainsi, pouvoir revenir au pays mais nous restons sur des charbons ardents faute de réactivité des autorités.

Samedi  29.

Entraînement apnée avec Nancy de « Mana ». Pas à dire mais drôlement plus agréable que les entraînements « bouteille ». Au moins, en ce cadre, je m’entraîne également (j’ai pas trop perdu la forme, à vrai dire !). Si la plongée me manque c’est surtout plonger en toute autonomie qui me fait réellement défaut. Malheureusement, je crains qu’avec le Covid-19, ce n’est pas demain la veille que nous retrouverons nos petits plaisirs d’antan. Si nous parvenons à rentrer au pays, je pourrais reprendre la plongée en carrière mais là encore, de nombreuses restrictions risquent d’en limiter très fortement le plaisir.

Nous devrions nettoyer le pont du bateau mais à chaque jour, nous manquons de courage d’autant  qu’il n’arrête pas de pleuvoir ou de pleuviner et c’est ce qui salit le plus.

A la marina, nous assistons à un véritable festival de catamarans généralement immatriculés aux BVI (British Virgin Islands). En Martinique, ce sont essentiellement des Lagoon voire quelques Catanas, Fountaine Pajot ou Léopard. Ici, à Grenade, nous avons l’occasion de découvrir des marques totalement inconnues du grand public !

De surcroît, ces catamarans sont énormes et surtout, tellement larges (+12 m) que les annexes sont toutes, d’une longueur impressionnante. Notre annexe qui faisait office jusqu’ici, de « grande annexe », paraît parfaitement minuscule ! Une belle leçon d’humilité.

Dimanche 30.

Entraînement « apnée » avec Nancy de « Mana ». Bien que ce ne soit pas son jour, elle s’est bien comportée sous l’eau et manifestement, on voit que nos entraînements quasi quotidiens montrent leurs bienfaits. Par bonheur, il n’a pas plu alors que durant la nuit, ce fut un véritable déluge.

Une nouvelle onde tropicale nous frappe et quatre autres doivent suivre … ce sera une semaine fort pluvieuse.

Depuis quelques temps, la marina est exceptionnellement très calme le week-end  … à l’exception de « l’Auberge espagnole »  (Swan 82’ « Ananda » dédié au charter) où le défilé des connus et des inconnus s’y poursuit. On dirait un vrai hall de gare.

Lundi  31.

Réveil à 7 heures, départ pour la dentiste à 9 heures, arrivée sur place à 9.10 heures … cabinet dentaire fermé !!! Par bonheur, une dizaine de minutes plus tard, la réceptionniste ouvrait le cabinet. Nous avons attendu jusqu’à 10.20 heures pour voir enfin arriver la dentiste : nous avions rendez-vous pour 9.30 heures !

Il a encore fallu une bonne dizaine de minutes avant qu’elle ne commence ses travaux. En finale, je resterai  1.45 heures la bouche ouverte …

Le maître mot de notre séance, fut : « do’nt move » lorsque j’ai failli m’étrangler quand le morceau de caoutchouc censé me garder la bouche ouverte, s’est calé dans le fonde ma gorge, lorsque ratant son coup, sa pic effilée s’est enfoncée violemment dans ma gencive ou encore, lorsqu’après avoir atteint le fond de mon canal radulaire, elle pousse de toute sa force, sur l’aiguille fraiseuse (elle répète cette opération une quinzaine de fois, par séance ).

Elle n’est déjà pas douce pour un sou (avec son instrument, elle vous cogne au passage, les autres dents – elle vous tire sur la joue au point de vous faire un second sourire – elle vous coince la lèvre inférieure sur vos dents coupantes avant d’y reposer son poignet – elle vous enfonce sans douceur, les « protections de gencive » sur une gingivite naissante en raison de ses manipulations – au lieu de poser délicatement sa fraise sur la dent, elle vient taper par à coups, sur votre dent avec sa fraise – elle ne vous enlève pas délicatement votre « pansement » … non,  avec un crochet et beaucoup de force dans le poignet, elle essaie de le faire sauter !) mais de surcroît, quand elle vous dit après plus d’une heure de torture : « it’s very difficult » … « do’nt worry »  … vous ne pensez plus qu’à une seule chose, c’est comment prendre vos jambes à votre cou.

Quand elle enfonce le « pansement » sur la cavité de la dent, ce n’est évidemment pas triste mais quand avec son (scalpel), elle enlève le surplus de produit en redessinant le bord de votre gencive bien enflammée, c’est … jouissif.

Pour finir, elle nous indique qu’une quatrième séance sera nécessaire et qu’un surcoût de 200 EC devra être prévu. Mon prochain rendez-vous est dans 9 jours et je me pose sérieusement la question de savoir si je ne vais pas y renoncer …

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