Publié par : Ann & Stéphane | 3 janvier 2019

23 au 31.12.2018 – Sans en avoir l’air, cela bouge !

Dimanche 23 décembre.

Profitant d’une matinée plutôt belle, nous avons pris la clef des champs pour échapper à l’étouffeur de la « baie Sainte Anne » ! En très peu de temps, nous nous sommes vus encerclés de toute part par des Américains dont le sans-gêne est légendaire. Le dernier en date, « Space Between » n’avait rien trouvé de mieux que de venir planter son catamaran juste sur notre avant tribord (sur notre ancre….) et de quitter son bateau pour plusieurs jours, sans autre forme de procès.

Notre escapade du jour devait nous mener jusque « Saint Pierre » situé au nord de la Martinique (29 NM) .

Partis pour 9.30 heures, la GV était hissée (1 ris) pour 10 heures. Comme d’habitude, le vent soufflait imperturbablement de la « baie Sainte Anne » vers le « Diamant » c’est-à-dire que nous l’avions dans le dos … sans oublier une belle houle poussant notre tableau arrière. En ces conditions, nous marchions au moteur avec une moyenne dans l’eau, d’un bon 10 nœuds.

Les 10 milles jusqu’au « Diamant » furent avalés en 1 ½ heure , après quoi nous avons marché à la voile quasiment jusque « Saint Pierre ». Evidemment, il s’agissait d’un vent de terre et donc, il était souvent irrégulier et imprévisible. Il fallait de temps en temps avoir le cœur bien accroché parce qu’il pouvait monter haut dans les tours pour se calmer très peu de temps après !

Alors que nous traversions la profonde baie de « Fort de France », nous avons croisé à une dizaine de mètres sur notre tribord, un cachalot !!! Alors que nous poursuivions notre route à plus de 10 nœuds, je l’ai vu s’arrêter, faire demi tour et  lever le « museau » en regardant dans notre direction !!! J’avoue que je n’étais pas spécialement à l’aise à l’idée qu’il veuille jouer avec nous …

C’est avec soulagement que je vis qu’il se décida à faire une pause en surface … pour ne plus l’apercevoir par la suite.

En arrivant sur le mouillage de « Saint Pierre » pour 13.50 heures, nous avons eu droit à une alarme « niveau de liquide de refroidissement du moteur » auquel pour une fois, nous nous attendions car en changeant de chauffe-eau, nous n’avions pu remplir correctement le réservoir (présence de bulles d’air).

A mon plus grand étonnement, il y avait tout au plus cinq petits voiliers et un catamaran. En soirée, nous étions tout au plus une dizaine c’est-à-dire personne ! C’était tellement bon d’enfin pouvoir mouiller son ancre sans vis-à-vis que j’ai bien été tenté d’y passer une seconde nuit. L’eau y était d’une douceur exceptionnelle.

Au  JT de 20 heures de TF1, nous apprenions le tsunami qui venait de dévaster le « détroit de la Sonde » situé entre « Java » et « Sumatra » en Indonésie (nous avons emprunté ce détroit pour rejoindre l’Océan Indien) . Le reportage expliquait qu’aucune alerte n’avait été possible car il s’agissait de l’effondrement d’une paroi du volcan localisé entre les deux îles. Les victimes avaient été surprises dans leur sommeil et pour illustrer le propos, nous avons eu droit aux images d’un concert de musique subitement balayé par le raz de marée. Horrible.

Or …  nous étions justement mouillés au pied du volcan formant la « Montagne Pelée » qui en mai 1902 a fait 30.000 morts et coulé de très nombreux bateaux ancrés dans la baie … Après cela, vous vous étonnerez encore que j’ai passé une mauvaise nuit !

Si par bonheur, personne n’est venu troubler notre superbe tranquillité, la nuit, le vent est tombé et nous avons commencé un peu à rouler. La proximité de la route (nous étions mouillés sur un fond de -10m situé un peu plus au sud) ne nous a pas non plus fort plu et après une nuit aussi courte (réveil à 6 heures) que pluvieuse, nous avons relevé l’ancre.

Lundi 24 décembre.

La météo prévoyait pas mal de pluies pour cette journée et nous aurions sans doute dû mieux peser le pour et le contre avant de partir pour le nord de la « Dominique » : 56 NM.

La traversée du « canal » ne fut pas particulièrement une partie de plaisir tant nous avons pris grain sur grain .  Grâce au Ciel, sans compter quelques minis périodes de moteur, nous avons pu marcher à la voile (2 ris). La force du vent réel s’échelonnait de 10 à 25 nœuds avec un angle d’attaque variant de 110° à 70°. Les vagues venaient de tribord et secouaient de temps en temps plus sérieusement le bateau.

La seconde moitié du « canal » (25 NM de large) fut plus ensoleillée mais, hélas, un grain nous tomba dessus alors que nous nous dégagions du « canal ».

Par la suite, nous en avons été quittes des grains mais nous avons eu droit à un vent de terre particulièrement capricieux, sur une mer belle. Généralement, nous marchons au moteur sur les 20 milles correspondant à la longueur de l’île mais cette fois, dès que possible, nous mettions la voile. Pensant marcher au moteur, nous avions hisser la GV complètement haute pour la sécher … bonjour, les sensations fortes lors des surventes.

Quand on plonge vers le mouillage de « Portsmouth » de « Prince Rupert Bay », invariablement, nous avons droit à un bon coup de vent … et cette fois n’a pas échappé à la règle ! Malgré cela, nous sommes parvenus à affaler la GV et à la plier dans les formes. Mais dans le même temps (!), nous avions droit à une alarme stridente de « pompe de douche arrière » … A l’examen, il est apparu que le flotteur était resté calé en position haute ! Elle le cherche c’est pas possible autrement.

Alors que nous n’étions qu’à l’entrée de la baie, Martin (ils étaient deux ou trois en standby) est venu avec sa barque, nous souhaiter la « bienvenue en Dominique ». Si la saison précédente, nous avons cru que pas encore arrivés, nous nous faisions déjà alpaguer, nous avons vite compris qu’il s’agissait d’une marque de sympathie pas désintéressée bien évidemment mais malgré tout, fort sympathique. Du moins, nous l’apprécions beaucoup car elle n’est absolument pas agressive comme elle peut l’être à « Marigot Bay » (Sainte Lucie).

Une fois arrivés à hauteur des bouées, Martin nous a demandé si nous voulions ancrer ou prendre une bouée (25 EC$/jour soit +/- 8 €). Nous préférons ancrer mais par souci de facilité, nous avons demandé une bouée. Toutefois, quand j’ai précisé que le bateau faisait 40T, il nous a conseillé de jeter l’ancre !

Le fond est parfait pour ancrer : sable maintenu par de petites plantes vertes, fond relativement dégagé, l’eau est très douce mais la visibilité était assez médiocre le jour de notre arrivée ce qui m’a contraint à mettre une bouteille sur le dos pour m’assurer que l’ancre avait correctement croché. Il arrive que l’ancre croche à la base d’un caillou ou d’une patate de corail qui ne demande qu’à céder …

J’ai compté une quinzaine de bateaux de plaisance, deux vieux Clippers et un gros yacht à moteur qui a essayé de jeter l’ancre juste derrière nous avant d’aller ancrer (furibard ?) de l’autre côté de la baie : Ann m’a pourtant assuré n’avoir rien dit, ni rien fait pour le faire s’éloigner. Et je dois croire cela …

Pour réaliser notre clearance d’entrée/sortie auprès des « Customs », il faut se rendre de l’autre côté de la baie … Pour éviter d’avoir à mettre notre annexe à l’eau, Ann est partie avec Martin tandis que je mettais de l’ordre sur le pont.

Comme ils ne revenaient pas, je me suis décidé à me mettre à l’eau pour aller voir – en la tenue d’Adam –  la tenue de l’ancre sauf que j’étais à peine parti qu’ils revenaient …

Si Ann n’avait pas demandé à Martin de prendre nos poubelles, le timing aurait pu être bon mais là, je me suis trouvé coincé comme un con, à la chaîne d’ancre à attendre que notre « guide » veuille bien s’éloigner … le tout sous l’œil amusé de nos voisins qui ont certainement très bien compris mon petit manège consistant à étudier avec un soin excessif, l’état de notre coque.

Pour notre réveillon de Noël, nous avons fait bombance : foie gras sur une tranche de pain d’épice et après le JT de 20 heures sur TF1, nous nous sommes écroulés sur notre lit, vannés, crevés, claqués, morts, lessivés. Merry Christmas.

Mardi 25 décembre.

Ce matin, le mouillage s’est vidé comme un lavabo dont a retiré la bonde. Il ne reste plus qu’une petite dizaine de bateaux de plaisance. La mer est belle, le vent plutôt faible et le plan d’eau serait idyllique s’il y avait un peu moins de petits passages pluvieux !

En début d’après-midi, alors que nous avions déjà enregistré l’arrivée de plusieurs bateaux, Martin (barque « Providence ») apportait à Ann, un splendide bouquet de fleurs exotiques(oiseaux du paradis et alpinia purpurata) que nous avons déposé dans un premier temps, dans la cuisine où s’en est échappé, un gros criquet … brrrr.

Mercredi 26 décembre.

A 9 heures, Martin (de son vrai nom, Martin Carrier) venait nous chercher au bateau pour une visite du nord de l’île. Ceci m’a permis de constater que le dernier cyclone avait emporté avec lui, l’un des petits débarcadères à annexes.

Nous sommes directement partis à bord de son Van sur la face « atlantique » de l’île où nous avons découvert des paysages à vous couper le souffle. Bien entendu, avant d’en arriver là, nous avons traversé une région montagneuse aussi verdoyante qu’une forêt tropicale, notre guide ne ratant jamais une occasion de nous entretenir sur le véritable jardin botanique (thym, cannelle, laurier, citronnelle, carambole, corossol, bananier, ananas, avocat, mandarinier, pomme anone, mangue, papaye, sucre de canne, noix de coco, arbre à pain, divers espèces de fougères, orchidées etc.etc.) que constitue l’île. Tout pousse naturellement et il suffit de se baisser pour moissonner généreusement.

A signaler que les routes de montagne sont souvent bordées de plantations entretenues par un bataillon de jardiniers de l’ombre. C’est propre, c’est magnifique.

Comme quoi il fait bon vivre sur l’île, Martin nous a demandé son âge. En toute sincérité, nous lui donnions 28 ans et 30 ans … il en a 50 (carte professionnelle à l’appui) !!!!

Martin qui est guide professionnel, nous a fait partager merveilleusement l’amour de son île et de sa population. Comme il s’exprime en anglais mais aussi très correctement en français, nous avons pu pleinement profiter de son enseignement fort tourné sur la botanique.

Il a su marier avec beaucoup d’habilité, le plaisir des sens avec le contact de la population. Si on devait l’en croire, toutes les personnes rencontrées sont de sa famille …

A midi, il nous a amenés à un petit restaurant de plage, le « Coral Reef Restaurant » de « Calibishie », où dans un cadre somptueux, nous avons dégusté une assiette de poulet pour moi et de poisson pour Ann accompagné de divers légumes locaux. Un vrai petit régal.

En septembre 2017, la cyclone « Maria » est passé sur l’île en détruisant tout sur son passage et en faisant de nombreuses victimes. Ce n’est pas si ancien et pourtant la nature a déjà repris tous ses droits (!) ne laissant qu’ici ou là quelques stigmates (palmiers sans tête, pans de colline effondrés, bâches  de l’USAID, habitations sans toit) de son passage.

Ce fut une très belle expérience (nous avons eu de la chance avec la météo car il a fait beau) qui occupa quasiment toute la journée et que je vous recommande vivement car nous n’aurions jamais découvert tous ces endroits insolites sans les connaissances de notre guide. Bien entendu, louer une voiture pour la journée coûte moins cher mais vous risquez fort de passer à côté de bien des merveilles mal balisées.

En revenant vers le bateau, nous sommes passés par l’ATM de « Portsmouth » situé à l’extrémité sud de la Mainstreet !

Jeudi 27 décembre.

Par bonheur, il n’a pas plu de la journée … et nous avons pu profiter du spectacle  de l’arrivée de nombreux bateaux dont « HoldFast » (Oyster 62’) ou « Sapphire Knight » (85’ – 26 m) ou encore de « Gliss » (32m) qui est une vieille connaissance à nous. Nous l’avons rencontré la première fois dans les Antilles en 2012 pour le retrouver dans le Pacifique et la dernière fois, en Thaïlande et puis … plus rien ! Nous avions appris, à l’époque, que son propriétaire souhaitait en faire construire un plus grand.

A l’époque, « Gliss »  était peint en turquoise. Il m’a toujours fait penser à une vieille américaine des années 1950 non seulement par ses coloris (turquoise et blanc) mais également par son roof qui pourrait être celui d’une voiture ! De surcroît, son franc-bord semble anormalement élevé. En deux mots, je l’ai toujours trouvé très laid.

Mais le clou du spectacle nous a été donné par « Coeur de Lion » (Swan 65’ de plus de 30 ans, gréé en ketch)  battant pavillon norvégien, qui est arrivé plein pot dans le mouillage pour se faufiler entre les bateaux sur bouée et jeter son ancre juste devant leurs étraves ! Il faut pas mal de culot et surtout, une bonne dose de sans-gêne pour oser une telle manœuvre d’autant que quand tout était fini, plus personne n’était visible sur le pont ! Je me dois d’être honnête pour préciser que j’ai déjà assisté à la baie « Sainte Anne » (Martinique) à la même manœuvre de la part de deux autres malotrus du même acabit. L’apanage des grands voiliers ?

Vendredi 28 décembre.

Vous ne l’auriez sans doute pas deviné mais « Cœur de Lion » était dans les premiers à quitter le mouillage ! Cela valait bien la peine de tout son manège de la veille. D’autres ont également suivi comme « Gliss » mais ils ont été assez vite remplacés par d’autres bateaux aux proportions plus communes.

Malheureusement, cette journée comme la nuit écoulée, était placée sous le signe de forts grains d’un type différent de ceux de la baie « Sainte Anne » car ils dégringolent des montagnes toutes proches qui enserrent la baie.  Le bon côté c’est qu’ici, il n’y a pas ou peu  de fetch car nous sommes mouillés trop près de la côte.

Depuis que nous sommes là, c’est la seconde fois que j’assiste au remorquage d’un monocoque jusqu’au mouillage ! Jusqu’à présent, il s’agit toujours de voiliers de petites tailles … encore une chance.

Samedi 29 décembre.

Journée merdique par excellence tant les grains se sont succédés toute la journée. Cela ne donne pas spécialement envie de se bouger. Malgré les mauvaises conditions météorologiques, cela n’a pas empêché l’un et l’autre de quitter le mouillage ou d’y arriver mais le trafic était malgré tout plus restreint que d’habitude.

Dimanche 30 décembre.

Si la visibilité dans l’eau était nulle, hier … elle était parfaite aujourd’hui malgré un vent qui avait forci à plus de 30-35 nœuds ou peut-être, à cause de cela !  Cela m’a fait apparaître que la chaîne d’ancre s’était déplacée latéralement en sorte qu’alors que le mouillage immergé de Martin se trouvait sur notre tribord, nous étions maintenant juste dessus !

Rien ne l’indiquait et au départ, la visibilité dans l’eau n’était pas assez bonne pour que j’en prenne seulement conscience mais nous avions jeté l’ancre parallèlement au mouillage « bricolé » de Martin. Il s’agit de deux blocs moteur reliés entre eux par des cordes et (assurés) par deux ancres  posées sur le fond. A la fin de la saison, le flotteur est immergé et depuis lors, il attendait qu’un plongeur (votre serviteur) se propose de le ramener à la surface …

Voir notre nouveau mouillage s’emberlificoter autour des blocs moteur, m’avait évidemment fendu le cœur en sorte qu’à peine revenu de ma petite natation matinale, nous avions décidé de changer d’emplacement. Comme de surcroît, un voilier français était venu s’ancrer juste sur notre arrière bâbord …   

L’opération s’est révélée un peu délicate en raison de la force du vent mais aussi parce que notre ancre s’est prise dans l’un des nombreux cordages du mouillage « bricolé » de Martin. Par bonheur, je n’ai eu aucune difficulté à libérer le cordage emberlificoté à notre ancre. Ouf.

Alors que nous avions exceptionnellement branché au mouillage, notre VHF, nous entendons « Galaad » qui appelle les « PAYS » ( Portsmouth Association of Yacht Service) pour signaler que son voisin, un ancien bateau de pêche adapté pour la plaisance, était en train de déraper dangereusement. Il avait déjà parcouru une centaine de mètres …

Il a fallu qu’Ann relaie l’information auprès de Martin qui était à ce moment là, à terre pour qu’enfin trois « PAYS » viennent prendre en remorque le bateau et l’ancre à nouveau, à son point de départ. L’opération ne fut évidemment pas facilitée par le vent, le poids apparent du bateau et l’absence du propriétaire négligent qui ne s’est pointé que le soir …

Pour le surplus, nous avons été contraints de faire le « gros dos » durant toute la journée et il y a beaucoup plus marrant, vous pouvez me croire. En fin d’après-midi, nous avons eu droit à une belle accalmie qui n’a tenu le temps que d’y croire pour mieux repartir dans une sarabande infernale. Vers 21 heures, le vent est enfin retombé … et j’ai, enfin, pu me libérer de mon stress ! A la « baie Sainte Anne » (Martinique), j’ai une confiance aveugle en notre ancrage (-6m) mais, ici, ma confiance est toute relative d’autant que le fond est plus important (-9m) … nous aurions peut-être mieux fait de nous rapprocher un peu plus du rivage mais alors, bonjour la promiscuité !

Le seul point positif de cette journée reste qu’il n’a, pour une fois, pas plu !

Lundi 31 décembre.

Quel que soient les conditions météo, quel que soient les circonstances, il y a toujours des plaisanciers qui ont un besoin impérieux de bouger (en ce qui concerne les bateaux de location, je peux mieux comprendre) ! Hier n’a évidemment pas échappé à la règle bien qu’il s’agissait d’un  jour de réveillon … que du contraire, semblait-il même ! Nous avons donc eu droit à l’arrivée de nombreux bateaux dont trois Clippers (deux grands et un plus petit). Nous étions une cinquantaine. Le soir,  les deux grands Clippers quittaient la baie en même temps … tout illuminés. Splendide spectacle.

Comme je l’avais promis, nous avions convenu avec Martin que pour 11.30 heures, je plongerais pour « libérer » ses mouillages immergés. Plutôt que de faire les choses à moitié, nous avons mis les petits plats dans les grands en descendant  notre annexe et en m’équipant comme pour une plongée normale.

En vrais pros, nous avons trouvé le premier site et je suis descendu sur le fond (-9m) tandis que Martin semblait nous avoir posé un lapin !!! Grrrrr. Finalement, Ann est parvenue à l’atteindre par VHF et le temps de libérer le bout maintenu au fond par une grosse pierre, il était sur place.

Trouver le second site s’est révélé « mission impossible » tant les indications de Martin étaient floues et surtout, inexactes. Mais à force de persévérance, il a fini par retrouver l’emplacement sauf que le temps de me rééquiper (j’avais poursuivi les recherches en snorkeling) et le morceau de béton armé servant de mouillage, était à nouveau introuvable ! Enfin, bon, j’ai fini par le dénicher et j’ai remonté le bout en surface. Une heure plus tard, un Bénéteau 40’ y était amarré.

Le problème des mouillages reste que le plus souvent, nous n’avons aucune idée de ce qui sert comme ancrage et que trop souvent, si on le savait, on prendrait ses jambes à son cou …

Comme nous avions réservé pour le soir de réveillon, au restaurant de plage le « Madiba » tenue par une Française, Sandrine (Sandy), il nous fallait du cash. Nous avons ainsi  appris qu’en fait l’ATM du bout de la Mainstreet, se trouvait situé à quelques mètres de l’embouchure de « l’Indian River » et que de surcroît, il y avait un quai en béton où on peut amarrer facilement l’annexe !!!

Seul petit détail qui m’avait totalement échappé lors de notre arrivée sur place (sans doute parce que j’avais arrondi fortement mon angle d’attaque), est qu’il faut aborder l’embouchure de la rivière … par le sud ! Par bonheur, je n’avais pas mis les gaz en sortant de la rivière alors que nous étions, sans le savoir,  sur un plateau rocailleux … Ce sont les sifflets et les signes des personnes restées à quai, qui nous ont alertés des périls que nous encourrions.

Le soir, nous avons commandé un water taxi  pour 19 heures (Martin n’était pas libre). Bien évidemment, il n’était pas là à l’heure et tous nos appels VHF sur le 16  se soldaient par des réponses bidons du style « il arrive », « je ne vois pas le bateau » dont le mât était pourtant illuminé, « je conduis un autre client et puis j’arrive » etc.

Exaspéré, j’avais interdit à Ann d’encore appeler sur le 16 pour éviter de nous rendre encore plus ridicules que nous l’étions déjà et d’attendre patiemment jusque 19.45 heures. Le cas échéant, nous remettions notre annexe à l’eau et on les envoyait à la gare. A 19.20 heures, nous en avions deux à l’arrière du bateau …

Sur place, nous faisions la connaissance de Sylvie et Michel de « Galaad » (RM 10.50) avec qui nous avions été mis à table par Sandrine.

En compagnie de nos nouveaux amis, nous avons passé un délicieux réveillon sans les excès habituels. En fait, il semblerait que la plupart des plaisanciers s’était donné rendez-vous au barbecue couvert organisé par les « PAYS » du mouillage. L’ambiance y était en tous les cas, fort festive lorsque nous y avons été chercher Antony qui devait nous reconduire à notre bateau (20 EC$ soit +/- 5 €).

Nous étions dans notre cockpit, confortablement installés, plongés dans nos bouquins lorsque les douze coups de minuit ont sonné. Nous étions vraiment, vraiment bien …

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Publié par : Ann & Stéphane | 25 décembre 2018

11 au 22.12.2108 … et les emmerdes continuent !

 

Mardi  11 décembre.

Allez vous en comprendre quelque chose … mais, en me réveillant ce matin,  j’avais une folle envie d’aller aux « Saintes » (Guadeloupe) ! Pourquoi ? Parce qu’à tort ou à raison,  je pense que ce n’est pas encore les grandes foules et que si nous attendons ce sera le même fiasco que la saison précédente.

Le projet semblait tenir la route et le départ était fixé à demain matin. Mais en réalisant nos courses au « Marin », nos belles intentions ont glissé sur une peau de banane : l’arrivée surprise de notre nouveau chauffe-eau (le numéro 4 …).

Lorsque nous étions en tour du monde, Ann réalisait des courses pour plusieurs semaines en sorte que nous avions constamment des réserves à bord : le congélateur était toujours full. Depuis lors, les réserves ont totalement disparu et nous vivons au jour le jour avec des avitaillements incessants. Je préférais de loin, la situation antérieure.

Au ponton du « Leader Price » où je passe le plus clair de mon temps, à attendre Ann, j’ai assisté à une scène qui m’aurait plutôt bien fait rire si une heure auparavant, Ann n’avait pas laissé tomber mon portefeuille à l’eau …

Arrivant à fond la caisse, une annexe rigide comme en utilisent les maîtres de port et la plupart des techniciens, venait heurter violemment toutes les annexes du ponton. A l’occasion d’un second choc, Madame, penchée à l’avant pour amortir l’impact, se trouve déséquilibrée et plonge la tête la première dans l’eau glauque … avec son sac à dos contenant deux GSM et sans doute des papiers de valeur ! Si je me suis bien gardé de la moindre réflexion, j’ai malgré tout relevé que c’est d’abord le sac à dos que le mari a sauvé du désastre …

Mercredi 12 décembre.

Je pense que je n’ai jamais autant ri de ma vie face aux événements que nous avons connus aujourd’hui …

Puisque notre chauffe-eau n°4 était arrivé … il fallait le placer. J’aurais pu une nouvelle fois, faire appel à un technicien ou l’autre mais comme dit l’adage : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même ».

Le démontage du n°3 ne fut pas simple mais j’y suis arrivé sans casse.

Bien évidemment et s’agissant pourtant de modèles parfaitement similaires, les raccords n’étaient pas les mêmes car le n°4 dispose d’un système de mélangeur qui permet de régler la température de l’eau chaude à la sortie que le n°3 ne possédait pas. Il m’a donc fallu un peu « chipoter » mais j’en ai l’habitude ce qui ne m’a pas empêché de casser net un raccord … qu’Ann a du aller chercher dare-dare au « Marin ».

Lorsque nous avons descendu l’appareil en son logement situé sous la table du carré … toutes les connexions étaient en place ou du moins, je le croyais. Vous l’avez déjà compris, j’ai été contraint de procéder à de nouveaux chipos et comme de bien entendu, sur les quatre connexions, l’une fuitait …

Il m’a donc fallu vider l’installation (75 litres) ce qui prend du temps.

La connexion remise en place, le boiler rempli à nouveau d’eau … et la connexion fuitait encore ! C’est là que j’ai commis ma plus grave erreur …

Comme l’installation ne se vidait pas assez vite à mon goût et que quand elle était vide … elle était loin d’être vide (!), j’ai défait le raccord belliqueux … et j’ai eu droit à un geyser d’eau qui a éclaboussé notre inverter de 5.000W  (appareil qui transforme le 24V des batteries en 220V). Après un petit claquement sévère, j’ai vite compris que notre appareil connaissait un problème d’allumage …

Alors que nous pensions pouvoir trouver de l’aide face à une situation franchement dramatique (la grande majorité de nos appareils comme frigo, congélateur, TV, prises de courant, cuisinière etc. etc. fonctionne au 220V), tous nos interlocuteurs n’ont pu que nous dire qu’il n’avait pas ce type d’appareil en stock ! Pas un seul n’était disposé à venir au moins voir la question … très sympa comme attitude. Un grand merci, notamment, à Philippe de Pochon sa.

Le seul à répondre « présent » fut Christophe surnommé « le Belge » qui en fin d’après-midi, venait examiner le problème. Selon lui, il était possible qu’il dispose de la pièce endommagée mais il lui fallait prendre l’appareil avec lui.

Une fois sur son annexe (même type que celle de la malheureuse du « Leader Price »), je lui passe sa lourde valise à outils et ensuite, notre appareil. En voulant aller sur l’arrière, Christophe est déséquilibré et tombe la tête la première dans l’eau … avec notre appareil dans les bras !! Si après ce bain forcé, notre inverter fonctionne à nouveau, je croirai à nouveau en Dieu.

 Jeudi 13 décembre.

J’ai perdu la foi en réalisant notre tour du monde et je ne suis pas prêt de la retrouver puisqu’il est maintenant établi qu’il nous faut un nouvel inverter. Entre-temps, nous vivons à l’âge de la pierre puisque assez curieusement même en mettant notre GE, nous n’avons pas du 220V aux prises électriques ! Christophe a bien bidouillé notre tableau électrique pour que les prises du frigo, du congélateur et de la cuisinière soient alimentées en 220V avec le GE mais pour le reste, rien ne marche car tout semble passer par l’inverter !

Pour le surplus, Ann et moi vivons d’amour et d’eau fraîche. Nous en arrivons même à nous demander si nous avons besoin de tout ce confort et si un retour aux sources ne serait pas une bonne idée. Nous sommes si bien sur notre bateau …

Comme vous le constatez, j’ai décidé de me montrer plus positif, de ne voir que le beau côté des choses et de faire l’impossible pour que vous puissiez continuer de vous bercer de vos douces illusions sur la vie à bord d’un bateau.

Vendredi 14 décembre.

Journée blanche.

Samedi 15 décembre.

Maintenant que le soufflé est quelque peu redescendu, nous avons pu reprendre plus sereinement les choses en mains en nettoyant les fonds de cale, en mettant de l’ordre, en tenant à jour notre « tableau de maintenance », en classant notre paquet de factures … bref, en essayant de redonner un semblant de normalité à notre pauvre bateau. Il était temps parce que ces trois derniers jours furent des journées de grandes tempêtes et de grandes décisions.

Qu’on le veuille ou non mais le mouillage se couvre d’un nombre de bateaux en constante augmentation. Et comme il fallait s’y attendre, ce matin, un crétin est venu jeter l’ancre à une encablure de notre tribord … mais il ne resta pas !!! Il a expliqué à Ann qui lui faisait comprendre par signes que l’espace qui nous entourait, était grand … qu’ils avaient quelque chose dans l’hélice. C’est amusant mais ce n’est pas la première fois que nous avons un bateau qui vient s’ancrer juste à côté de nous parce qu’il s’est pris un bout dans l’hélice : nous prendraient-ils tous pour une station de sauvetage ou peut-être pour un bateau-phare …

Dans nos grandes résolutions, j’ai invité Ann à ne plus s’exciter sur tous ces bateaux qui n’ont aucun sens des convenances. Pourquoi ? Parce que nous perdons beaucoup trop d’énergie en énervements inutiles et que je finis par me dire qu’à l’exception de la « baie Sainte Anne », c’est partout la même chose : on est les uns sur les autres comme au camping alors autant s’en faire une raison.

Dimanche 16 décembre.

Comme un clin d’œil malicieux, l’alarme de la pompe de douche de la cabine arrière s’est mise à hurler ce matin !! Parfaitement incompréhensible d’autant que cela fait quelques jours déjà que tout était rentré dans l’ordre. De surcroît, il a suffi de mettre la pompe en mode forcé pendant deux ou trois secondes pour que tout redevienne normale. Etrange …

Tellement passionnés par nos lectures respectives, nous avons été à deux doigts de ne pas quitter le bord ! Mais les poubelles ne pouvaient pas attendre davantage et puis, il fallait quand même un peu s’ébrouer  que diable.

Une fois l’annexe à l’eau et un aller/retour jusqu’aux poubelles, je me sentais plus enclin à aller plonger (-30 m – 61’ – 27°). Nous sommes dimanche et nous ne pouvions nous soustraire à notre messe bihebdomadaire … Aussi, nous avons préparé le matos, enfilé nos combinaisons et sommes partis à la « bouée du Club Med ».

Sur place, j’ai eu quelques sueurs froides en constatant que le cordage auquel nous attachions l’annexe,  était à moitié, usé !! Il finira bien un jour ou l’autre par se rompre et je souhaiterais que ce ne soit pas précisément le jour où nous irons plonger à ce spot. Aussi, prudemment, j’ai attaché un bout un peu plus bas sur l’amarre au cas où … la prochaine fois, nous placerons une sécurité directement sur l’ancrage, sur le fond.

Si nous n’avons pas vu autres choses que deux petites murènes, le spectacle de ces coraux et de ces poissons de toutes les couleurs, nous ravit chaque fois, au-delà de toute limite. C’est réellement magnifique et le côté « accessible » de la plongée rend encore les choses plus belles puisque nous n’avons pas à nous soucier du courant, de la direction, de la profondeur, du temps, de notre consommation (nous sortons toujours avec 100 bars dans nos bouteilles) etc.

Lundi 17 décembre.

Je relève avec beaucoup d’intérêt que contrairement aux saisons précédentes, les bateaux mouillent de manière plus dispersée qu’auparavant voire parfois même, assez loin du rivage. Sur ce dernier point, j’ai souvent constaté que certains bateaux ancrent franchement à l’écart du monde … ce n’est donc peut-être pas une nouveauté.

Je n’évoque jamais les températures alors que celles-ci sont toujours très agréables soit 30° à l’ombre. A l’intérieur du bateau, il fait également fort bon. Nous devons principalement cet état de fait à un climat plutôt venteux qui rafraîchit l’air. A terre, il fait légèrement plus chaud mais cela reste très supportable. Evidemment quand il n’y a pas un pet de vent (rare)

Mardi 18 décembre.

Nous nous sommes enfin décidés à nous rendre au centre commercial de « Génipa » après un détour par le magasin de plongée « Madinina Plongée », « Darty » (pour l’achat d’une machine à pain après avoir mis en l’air celle que nous possédions en voulant la nettoyer à fond …) et « Décathlon ».

Ce qui m’a frappé comme les rares fois où j’accompagne Ann en ce périple à l’intérieur des terres, ce sont les incessants embouteillages qui fleurissent un peu partout ! J’ai toujours autant de mal à considérer qu’il peut y avoir autant de véhicules sur un territoire aussi petit. Le phénomène s’est  retrouvé dans toutes les petites îles que nous avons visitées de par le monde !

Il  n’est pas aisé de circuler sur les routes secondaires martiniquaises tant celles-ci sont mauvaises, leurs ronds-points minuscules et leurs casses-vitesses monstrueux ! Question panorama … j’en ai apprécié de bien plus beaux. En bref … je me suis fait chier.

Comme je n’étais pas très rassuré de laisser notre belle annexe au quai de « Sainte-Anne » exposé à la houle et à la sauvagerie des autres plaisanciers, après avoir déposé Ann sur la plage jouxtant le  « Club Med » (c’est le chemin le plus court pour se rendre à la société de location de voitures), je suis parti au « Marin » où  nous nous sommes retrouvés au pied de la Capitainerie. Expérience concluante que nous réitérerons.

Mercredi 19 décembre.

Comme prévu, Christophe « le Belge » est venu nous brancher notre nouvel inverter et nous avons retrouvé tout notre confort. Le bonheur ! Et vous y croyez ??? Je sais que bientôt le Père Noël devrait descendre du ciel pour apporter plein de cadeaux mais arrêtez d’être naïf et de penser que le Père Noël existe … grandissez un peu, bon dieu !

Bien entendu que notre inverter n’est pas arrivé malgré le délai de 5 jours ouvrables, écoulé. Il est même « bloqué » à Roissy (France) notre inverter ! On nous l’annonce cette fois, pour vendredi mais par prudence, on n’a pas précisé la semaine. C’est sempiternellement la même histoire mais « cool, my friend, you are in Martinique ». Entre-temps, on se fait chier à mettre le GE deux fois plus souvent que d’habitude, on se prive de toute télévision et on court à l’avant dès qu’on a un urgent besoin d’électricité mais à part cela … « I am happy » comme dirait Droopy.

On pensait bien aller plonger, histoire de tester les nouveaux jouets que nous avons achetés mais face à une météo fort changeante et un ciel devenu subitement menaçant, on a préféré remettre cela à demain.

Assez curieusement, j’ai constaté que les bateaux au mouillage formaient une sorte de fer à cheval et que nous étions … au centre du fer à cheval !  Mais le temps d’écrire ces quelques lignes (j’aurais bien mieux fait de fermer ma grande gueule) et comme par enchantement, notre centre se comblait de bateaux  dont deux venaient se coller à notre tribord. On ne s’énerve pas, on reste tranquille, on prend la position du Lotus et on rentre en méditation … on expire lentement et à fond … et on respire  …on expire lentement et à fond … et on respire.

Autre constatation, les bateaux de l’ARC sont de plus en plus nombreux à venir jeter l’ancre à « Sainte Anne ». Il faut dire que « Sainte Lucie » est juste à côté et que la « Martinique » est quand même plus attrayante.

Comment les reconnait-on ? Mais le plus simplement du monde car ils arborent avec fierté le pavillon de l’ARC qui ne suscite généralement que le dédain de la part des autres plaisanciers !! Ils ne le savent pas mais ce côté « voyage organisé », « suivez le guide » provoque le même effet désastreux qu’un car déversant ses touristes. Il faudrait peut-être qu’un jour quelqu’un se dévoue de leur expliquer.

Jeudi 20 décembre.

On se rapproche des fêtes mais ce n’est pas encore l’époque des cadeaux. On se contente donc d’être infiniment patient et de regarder son prochain avec empathie : si on mouille sur ton tribord, tu proposes au suivant, de mouiller sur ton bâbord …

Notre nouvelle adresse si vous voulez nous adresser un colis … boîte à sardines n° 8, allée centrale, rayon n°22b. Quand nous sommes arrivés, nous étions sur le périphérique. Aujourd’hui, nous sommes sur le ring intérieur et demain, nous serons au centre ville et tout cela sans changer de place ! C’est dire si la foule arrive.

Bien que le ciel fut gris et bas, nous sommes allés plonger (-40.30m – 54’ – 27°) au « Grand Mur ». C’est nettement plus en mer (à l’extrémité du chenal) et à notre arrivée sur la bouée, un catamaran nous a coupé la route tout en nous faisant de joyeux signes en passant … crétin ! C’est vrai que cela manque d’empathie … gentil garçon !

Même si cela ne me paraissait pas nécessaire sur ce spot de plongée, nous avons attaché notre annexe, en sécurité, directement au mouillage sur le fond. Génial … quand nous sommes revenus de notre petit tour, mon nœud de chaise s’était complètement défait !!!

La plongée est plus « sauvage » qu’à la bouée du « Club Med » mais tellement belle. On aurait cru plonger dans de l’eau d’Evian tant la visibilité était extraordinaire. Par contre en-dessous de -30m l’eau devenait plus trouble.

Ce sont les paliers obligatoires (4’ à -3m) qui nous ont contraints à écourter un peu notre plongée. Une fois que ces maudits paliers s’affichent, il faut déjà beaucoup remonter pour voir la courbe s’inverser  et sur le plateau, il n’y a pas grand chose d’intéressant.

Nous ne sommes plus en veine de langoustes ou de tourteaux mais nous avons vu deux serpentines tout-à-fait adorables. A mon avis, il y a surpêche et sans doute même braconnage. A « Bequia » (Saint Vincent), nous avons vu un local pêcher au harpon avec une bouteille sur le dos …

En milieu d’après-midi, la nouvelle tombait que notre inverter était arrivé finalement plus tôt que prévu dans un second temps et que l’on viendrait nous le placer ce vendredi matin. Et moi qui ne croyais plus au Père Noël …

Pour fêter la bonne nouvelle, nous sommes allés manger des accras chez « Martine ». Nous aurions mieux fait de nous prémunir contre les nonos et autres sales bêtes qui piquent atrocement en fin de journée  … Il  y avait d’autant foule qu’un groupe d’une trentaine de Québéquois s’y était donné rendez-vous. Au quai, il était difficile de trouver une place pour son annexe …

Vendredi 21 décembre.

Depuis les aurores, nous attendons Christophe « le Belge » avec notre nouvel inverter. Son passage nous avait été annoncé pour ce matin et depuis lors, nous attendons sans ressentir le moindre agacement croissant. On ne s’énerve pas, on reste tranquille, on prend la position du Lotus et on rentre en méditation … on expire lentement et à fond … et on respire  … on expire lentement et à fond … et on respire.

C’est fou comme quand on reste Zen, le temps passe si vite que quand il est arrivé passé 15.30 heures, on avait l’impression que nous nous étions levés juste un peu plus tôt. Je me demande quand même si je n’exagère pas un peu beaucoup dans « l’optimisme béat ».

Depuis que tout est revenu à la normale, nous avons allumé la télévision que nous ne regardons pas … mais cela fait tellement du bien de savoir qu’elle fonctionne à nouveau. Toutes les prise de courant sont occupées par des appareils en charge et j’ouvre le frigo toutes les cinq minutes pour me rassurer  que la température intérieure descend correctement. C’est Byzance.

Samedi 22 décembre.

En principe, nous devions partir dans le courant de la journée pour les « Anses d’Arlet » mais le temps passer voir Julien de « Caraïbes Marine », de faire la clearance de sortie, de faire le plein d’essence de l’annexe, l’une et l’autre course d’avitaillement … et Ann ne se sentait pas la forme pour lever l’ancre.  Mon Dieu, nous avons tout notre temps même s’il est vrai que depuis quelques jours, j’étouffe à la « baie Sainte Anne » avec tous ces crétins qui viennent se coller à nous, de tous les côtés … et puis peut-être bien qu’un petit déclic s’est produit chez moi, ce genre de petit déclic qui vous faire dire que vous avez à nouveau besoin d’un peu d’aventure ou tout simplement de changer d’air.

Quoi qu’il en soit, cela faisait déjà depuis un certain temps pour ne pas dire un temps certain que j’avais envie de bouger … en pleine « Martiniquisation ». Incroyable mais vrai !!!

Le lendemain matin, nous quittions « Sainte Anne » pour aller vers le nord !!

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 19 décembre 2018

Fiche technique: compresseur de plongée à bord d’un bateau.

Si je n’ai qu’une expérience limitée en la matière, après plus de 8 ans d’utilisation, je m’autorise à vous faire part de ma propre expérience et de quelques conseils qui m’ont été prodigués par un ami versé en la matière.

Notre voilier est équipé d’un Bauer Junior II de 6 m³ , électrique, qui gonfle à 300 bars.

Bauer … la marque est considérée comme la Rolls en la matière et le prix est un peu en conséquence mais pour moi, je vous la conseille chaleureusement.

6m³ … le gonflage d’une bouteille de 10l à 300 bars (l’équivalent d’une 15l à 200 bars) prend 35’ ce qui n’est pas excessif.

Electrique … ses avantages : beaucoup plus silencieux, pas de réservoir à essence, pas de gaz d’échappement, facilement transportable et sans doute prend-t-il moins de place. Ses inconvénients: une alimentation électrique suffisamment importante que pour nécessiter un GE ! Donc, plus difficile à la revente …

300 bars … il est évidemment possible de le trouver en 200 bars voire de l’équiper des deux options mais cela a un coût … Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’option 300 bars ne permet pas de gonfler en 200 bars en raison d‘embouts de gonflage différents!  Toutefois, on trouve sur internet, un adaptateur 200 bars (+ /- 200 €) que l’on peut placer entre la bouteille 200 bars avec robinet DIN et l’embout de gonflage.

Pourquoi des bouteilles carbone 300 bars ? Parce qu’elles sont plus petites à caser, beaucoup moins lourdes lorsqu’il faut les extraire du coffre arrière du bateau, plus facile à manier (transbordement dans l’annexe) et à transporter. De surcroît, en plongée, elles sont d’un confort incomparable. Les grincheux affirmeront qu’il faut se lester davantage mais cela n’est pas totalement exact et surtout, le lestage peut être adapté et positionné selon les envies (sur la bouteille, dans les poches de la stab, en ceinture) .

Les inconvénients de la bouteille carbone 300 bars. Prix élevé (+/- 600 €), on les dit plus fragiles, possibilités de gonflage plus restreintes au niveau des clubs de plongée (pas de problème avec les magasins de plongée), plus difficile à atteindre la pression maximale en raison de la surchauffe (idéalement, gonflage en deux ou trois étapes).

Lorsque nous nous sommes équipés de notre compresseur, nous n’avions aucune expérience en la matière et donc, notre modèle est assez basique. Ce serait à refaire, j’opterais pour la purge et l’arrêt automatiques (attention … encombrement un peu plus important et (à vérifier) ces options n’équiperaient que les modèles électriques).

Purge automatique … le problème rencontré avec notre compresseur, reste les condensats d’eau qui s’accumulent en cours de gonflage et qui finissent par être rejetés dans la bouteille. C’est ainsi que nous avons abîmé l’intérieur de nos bouteilles …

N’ayant pas de purge automatique, c’est toutes les 10’ environ qu’il faut procéder à des purges (il y a trois purges). S’il m’a été assuré que cela pouvait se réaliser en cours de gonflage, cela ne m’a pas paru évident, ni très efficace. Aussi, pour préserver au maximum l’intérieur de nos bouteilles, de toute humidité, je ne gonfle que de 10 à 12’ (= 100 bars) avant d’éteindre le compresseur, de tout bien purger (tuyau de gonflage compris) et d’attendre un temps de refroidissement égale à 2 voire 3 fois le temps de gonflage ! Cela rend évidemment le gonflage plus fastidieux d’autant que je ne gonfle qu’une bouteille par jour pour donner le temps au compresseur de se refroidir totalement mais avec cette rigueur, l’intérieur de nos bouteilles était super, super sec en fin de saison. CQFO.

Eau à l’intérieur d’une bouteille … il ne faut pas hésiter à changer  de cartouche selon le nombre de gonflages (+ /- 25). Il existe des tableaux qui renseignent la fréquence sur base d’un certain nombre de paramètres dont la température extérieure. Une cartouche surchargée laissera passer les condensats dans la bouteille !!

Eau à l’intérieur d’un bouteille … il faut toujours penser à purger le robinet du 1er étage de la bouteille juste avant d’y introduire l’embout de gonflage. Cela évite d’introduire dans la bouteille, de l’eau indésirable même en quantité infime. De même, on évitera de placer l’embout de gonflage sur la bouteille sans en avoir purger au préalable, l’air vicié qui pourrait se trouver prisonnier dans le tuyau HP.

Arrêt automatique … en principe, l’appareil est équipé d’une soupape de sécurité mais l’arrêt automatique à une pression donnée, éviterait d’avoir à se préoccuper constamment de l’avancement du  gonflage. Perso, je déclenche mon chronomètre dès le commencement du gonflage. Pour les 200 premiers bars, le risque d’une surpression est inexistant. Pour les 100 derniers bars, le risque est d’autant plus présent que le gonflage par suite de l’augmentation de la température, est plus rapide …

L’installation de la prise d’air du compresseur doit être étudiée en manière telle de ne pas aspirer de l’air vicié en provenance notamment, du moteur principal, du GE, du chauffage etc.

Si vous plongez de manière plus ou moins régulière et pas seulement pour inspecter votre coque, la présence d’un compresseur à bord est plus que souhaitable : faire gonfler sa bouteille auprès d’un club de plongée, peut se révéler un véritable parcours du combattant tant les horaires d’ouverture de ces centres, sont aléatoires … et vous ne serez pas nécessairement accueillis les bras ouverts (cela ne leur rapporte financièrement rien et le gonflage est davantage considéré comme un service rendu à la clientèle).

Le prix d’un gonflage varie énormément d’un endroit à l’autre et selon la capacité de la bouteille (en Belgique: 4 à 6 € pour une 15l.). A une époque bénie mais quasiment révolue, les magasins de plongée offraient le gonflage aux moniteurs … en l’espoir que ceux-ci leur enverraient leurs élèves pour s’équiper. Nous avions également droit à des entrées gratuites en carrière  car nous amenions du monde avec nous !

Si vous disposez à bord, d’un GE, n’hésitez pas un seul instant à vous équiper d’un électrique car vous pourrez gonfler n’importe où sans avoir à vous préoccuper des voisins. En le cas contraire, attendez-vous à vous faire engueuler car c’est le genre de bruit dur à supporter …

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 13 décembre 2018

29.11. au 10.12.2018 – La vie en Martinique.

 

Jeudi 29 novembre.

Quand nous sommes arrivés hier soir en Martinique, à la « baie Sainte Anne », Ann trouvait qu’il y faisait plus humide qu’à « Bequia » (Saint Vincent) ! Si je n’ai pas eu le même ressenti, force m’est de relever que nous avons subi deux ou trois averses durant la nuit ! Je n’ai pas non plus, passé  une excellente nuit comme nous en avons connues à « Bequia ». Bref, nous repartons vers le Sud …

Cela ne risque pas d’arriver … pour l’instant du moins. « Bequia » est certes charmant mais nous n’y passerions pas plus de quelques jours pour de multiples raisons dont une trop grande promiscuité entre les bateaux : on mange carrément dans le cockpit du voisin.

C’est notre troisième saison consécutive à la « baie Sainte Anne » et comme à chaque fois, c’est différent, nous sommes curieux de savoir ce que cette saison nous réserve. Même si déjà (!!), nous avons abandonné notre programme de nous rendre aux « Iles Vierges » qui nous paraissent trop éloignées (+/- 350 NM), j’ai le sentiment diffus que nous bougerons un peu plus cette année mais laissons agir la magie de l’endroit et il me faudra sans doute couper les racines qui ne manqueront pas de pousser sous la coque …

Enfin et c’est cela l’extrême beauté de la chose, nous pouvons changer d’avis quand et comme bon nous semble. Ce n’est en tous les cas, pas aujourd’hui, que nous allons programmer quoi que ce soit alors que nous n’avons envie que de farniente.

Si en arrivant, nous avons eu l’impression que le mouillage était bondé, la forêt de mâts était en fait, fort clairsemée et c’est sans difficultés que nous avons trouvé une place bien dégagée sur un fond de sable et d’herbe (-5 m), un peu à l’écart des autres bateaux. Reste maintenant à savoir combien de temps nous pourrons préserver cette merveilleuse intimité.

Vendredi 30 novembre.

Partout où le regard se porte, dans la ligne de mire apparaît un pavillon américain ! La saison passée c’était des Canadiens. Ici et là, on retrouve également un « habitué » des lieux qui comme nous, a élu domicile en cette île enchanteresse. Mais, en tout état de cause, ce n’est pas encore la grande foule.

Journée de courses où nous avons couru d’un point à l’autre. A la marina du « Marin », nous avons été dire bonjour à Christian de « Taha Tiva » chez qui nous avons pris l’apéro. Christian est ici jusqu’au 6 décembre, après quoi il repart en France pour n’en revenir avec Martine que fin janvier.

Tout le monde sait que « le mieux est l’ennemi du bien ». Comme j’avais fait le reproche à Ann d’avoir abandonné la pratique de faire du pain à bord, elle s’y était remise. Trouvant que la machine à pain méritait un bon nettoyage, nous nous y sommes mis à deux et en finale, elle avait bien plus bel allure … sauf qu’elle était définitivement HS !  Nous pensons qu’un peu d’eau s’est mis dans les circuits électriques lorsque nous avons retourné la machine dans nos opérations de nettoyage.

Samedi 01 décembre.

Bien que réveillé à 7 heures du matin (je déteste me lever tôt car les journées sont en ces conditions, trop longues …), je suis malgré tout parvenu à ne quitter notre lit que pour 11.30 heures ! Un exploit indispensable à mon équilibre psychique quelque peu vacillant ces derniers temps : Ann dit de moi que je suis un éternel insatisfait et je finis par me dire qu’elle a sans doute raison.

Journée très tranquille avec une météo assez clémente surtout en milieu d’après-midi quand le vent s’estompe.

Dimanche 02 décembre.

A 9 heures du matin, Fred qui n’est autre que le cousin de Marco qui lui-même est le neveu de Pierre et Chantal, les parents du petit Gauthier qui va à la même école que le fils de la concierge de l’immeuble de Sylvie qui a autrefois, été très intime avec Jean que Frédéric a longtemps considéré comme son meilleur ami avant d’épouser sa femme qui tous les samedis, coiffait la grand-mère d’Emmanuel  … que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam, toquait à notre coque !

Rien de surprenant puisque nous l’attendions avec l’espoir qu’il aurait un gabarit suffisamment petit et mince pour atteindre notre pompe de douche défectueuse. Une liane … une vraie liane qui est parvenu à se glisser par le « regard » de l’armoire à cirés jusque dans les entrailles du bateau. Si la position était des plus inconfortable, Fred est malgré tout parvenu à réaliser un travail très propre. Quand je pense que j’étais prêt à démonter toute l’armoire à cirés pour lui donner un plus grand accès …

Après son passage, nous avons été plonger (-20.30m – 60’ – 28°) à la bouée du « Club Med ». Très chouette plongée malgré une visibilité qui ne cassait rien. Les fonds sont toujours aussi beaux et l’absence de tout courant, rend la plongée très aisée. Une excellente remise en condition qui a démontré combien on perd vite de bonnes habitudes : nous sommes partis en oubliant GSM et VHF !

Lundi 03 décembre.

Alors que je suis en pleine « martiniquisation » (pour preuve … ma superbe peau blanche laiteuse fait place de jour en jour, à une peau dorée sur tranche du plus vilain effet), j’ai été surpris la tête pleine de shampoing par l’alarme de la pompe de douche qui beuglait à vous faire pêter les tympans !!!

La « martiniquisation » est un phénomène lent, évolutif, le plus souvent irréversible, qui empêche ses victimes de toute pensée déviante en faveur d’autres horizons. Comme l’indique son nom, il nous vient de Martinique où les locaux ne le connaissent que trop bien. Le virus affecte par priorité, les personnes déjà atteintes de farniente aigue. A ce jour, aucun vaccin n’est parvenu à prévenir cette affection. 

Après avoir terminé ma douche dans la salle d’eau de devant, je rejoins Ann en train de vider avec une éponge, le bac récupérateur d’eau dans lequel la pompe de cale est plongée. En plaçant la commande sur « marche forcée », la pompe évacue toute l’eau ! Le seul déclenchement de l’alarme est à lui seul, anormal et signifie donc que le problème persiste même si la nouvelle pompe fonctionne correctement.

Nous n’avons pas trop de temps pour nous poser plus de questions car nous sommes attendus au chantier du « Marin » à 9 heures, pour changer notre chaîne d’ancre.

Sur place, un comité d’accueil nous attendait pour prendre nos amarres et nous faciliter les manœuvres dans la plus grande des deux darses, totalement libérée à notre intention. C’était à celui qui serait le plus rapide pour nous venir en aide.  A peine en place, une superbe hôtesse nous apportait un rafraîchissement de bienvenue avec un sourire à faire fondre un iceberg. Comme je sais que vous aimez rêver autant ne pas vous gaver de détails certes piquants mais à l’opposé de ce tableau idyllique.

Le changement de chaîne s’est réalisé non sans que l’ancienne ou la nouvelle chaîne ne se bloque ici ou là mais le plus important était l’extrême bonne humeur qui m’avait assailli et qui devait son origine au petit orchestre qui s’était rassemblé près du bateau, pour donner à toute l’opération, un petit air de joie.

Revenus à la « baie Sainte Anne », en croisant nos copains de « Relax », nous sommes accueillis par un grain avec plus de 30 nœuds de vent !! Mais qu’est ce que je peux raconter parfois comme bêtises … il faisait superbe et nous fûmes accueillis par une douce brise avec comme toile de fond, un ciel bleu lavande du plus bel effet. Voilà … c’est mieux … continuez de rêver et de prendre vos rêves pour une réalité.

Mardi 04 décembre.

En fin de matinée, nous assistions à l’arrivée, dans l’indifférence générale, de « Amalia » le nouveau catamaran en carbone de Sylvie et Alexis, parti 16 jours plus tôt de « Lanzarote » (Canaries).

Que vous veniez de la marina toute proche ou de réaliser une traversée de l’Atlantique, l’accueil sera toujours le même à défaut – notamment – de pouvoir discerner au premier coup d’œil, d’où vous venez. C’est aussi le propre de ces lieux de tous les rendez-vous où se côtoient les circumnavigateurs, le plaisancier qui n’en revient toujours pas d’avoir traversé l’Atlantique, le plaisancier plus aventureux qui revient des Antilles néerlandaises ou de toute autre destination plus lointaine…  avec Monsieur tout le monde qui a loué son catamaran pour la semaine.

Par manque de chance, la Martinique ne se révèle pas sous son meilleur jour avec un temps gris, un ciel bas, une pluie intermittente et pour couronner le tout, un vent tellement faible que les bateaux roulent et tournent dans tous les sens. C’est aussi cela la Martinique …

Mercredi 05 décembre.

Cela devait être notre « journée courses » par excellence mais en finale, notre butin s’est révélé bien maigre car de nombreux magasins du « Marin » étaient fermés ! Aucun horaire affiché, aucune explication donnée voire en le cas de la boulangerie, un horaire fantaisiste ! Il semblerait que le mercredi soit considéré par beaucoup, comme un jour férié officieux. On est dans les îles et ici, tout prend une consonance bien différente de la métropole. Ann devait aller à la poste de « Sainte Anne ». La première fois, l’horaire affiché ne correspondait nullement à celui renseigné sur internet et la seconde fois, un petit écriteau renseignait que la préposée était partie faire une course …

Il reste – grâce au ciel – des grandes enseignes qui conservent une approche beaucoup plus commerciale  et plus … traditionnelle.

Pour nous consoler, nous avons décidé de nous taper un petit resto typiquement « local ». Nous avons été déçus par les hamburgers du « MacDo » qui n’ont pas la même saveur qu’en Métropole … et impossible d’avoir de la mayonnaise avec ses frites : une honte !

Bref, si notre tournée des Grands Ducs n’a pas tourné au cauchemar, nous sommes rentrés un peu estomaqués : notre liste de courses longue comme le bras, ne risque pas de se réduire …

Jeudi 06 décembre.

Pour le moment, le mouillage est encore idéale car il n’y a que quelques centaines de bateaux … on nous fout donc royalement la paix. Mais … cela peut vite se modifier et nous restons sur nos gardes. Nous avons décidé que je ferais les quarts de veille de 20 heures jusque 1 heure du matin et Ann de 1 heure du matin jusque 6 heures.

Comme nous sommes toujours emplis de bonnes résolutions en début de saison, nous avons opté pour plonger deux fois par semaine soit en milieu et fin de semaine. C’était donc LE jour mais encore un peu nous n’allions pas plonger car nous avons traîné un peu plus que de raison.

Pour ne pas perturber nos organismes, nous avons été plonger (-30.30 m – 54’ – 28°) à la bouée du « club Med » mais en partant sur la droite, cette fois. Ben oui … de notre amer situé à -20m., on peut partir sur la droite ou sur la gauche et ce sont deux plongées totalement différentes qui s’offrent à nous.

Indiscutablement c’est Ann qui avait le « bon œil » en découvrant tourteau, langouste et murène. Pour ma part, je me suis échiné les yeux sur de superbes coraux et … un barracuda à -30m. Superbe ligne mais très sale gueule.

En remontant sur notre annexe, nous assistions à l’arrivée de deux bateaux de plongée, il était 14. 40 heures ! En général, nous sommes déjà repartis avant qu’ils n’arrivent.

Vendredi 07 décembre.

Je n’avais réellement aucune envie de faire des courses, pas plus que de mettre l’annexe à l’eau. Ce fut donc une longue et bien belle journée de farniente … enfin, c’est ce que j’avais annoncé parce que n’y tenant déjà plus, je me suis attelé après un 100m brasse quotidien, la douche, le petit déjeuner et le gonflage d’une bouteille, au démontage de notre penderie à cirés !

Nous avions donc décidé de changer après la pompe … le flotteur. De surcroît, je n’étais pas satisfait du positionnement de la nouvelle pompe (le filtre était depuis lors, tout de travers)  et le bac récupérateur d’eau laissait fuiter l’eau.

La penderie démontée, Fred injoignable, il ne m’en fallait pas plus pour tenter de résoudre le problème par moi-même ! Joignant le geste à la parole, la tête en bas dans une position assez inconfortable, je suis parvenu à mes fins : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même ».

Samedi 08 décembre.

La journée avait commencé agréablement avec l’alarme de douche qui me confirma que le problème ne venait pas du flotteur. Joie.

En soirée, je pensais m’attaquer au remplacement de la commande au tableau, de la pompe de douche jusqu’au moment où je comprenais que toutes mes pièces détachées étaient à deux positions et qu’il m’en fallait une à trois positions … Joie.

En finale, j’ai démonté en partie, la commande suspecte et je lui ai injecté entre les nasaux, un spray pour contacts électroniques (le WD40 est très vivement déconseillé en matière d’électronique).

Si nous avions pensé faire des courses … très rapidement, nous étions à l’unisson pour opter pour une journée de grand farniente.  Confortablement installés dans notre cockpit, nous avons lu jusqu’à la tombée du jour.

Dimanche 09 décembre.

Journée venteuse comme toutes les autres, nous avons bénéficié d’un beau et large soleil qui nous a confortés en notre envie d’aller plonger à la bouée du « club Med » ( -30.30 m – 60’ – 28°). Superbe plongée, toute en douceur et en merveilles diverses. Un moment donné, Ann a débusqué dans son trou, ce que nous pensions être un gentil poulpe sauf qu’après avoir tenté de faire sortir l’animal de sa cachette … il s’agissait d’une petite murène de fort méchante humeur !

Nous avons vu trois langoustes dans les -15m. L’animal est très coloré et il s’agit d’un merveilleux spectacle de pouvoir le contempler en son milieu naturel. Dommage qu’il aie la chaire si fine …

Comme en Belgique, une plongée occupe toute une journée sans problème sauf qu’ici la « troisième mi-temps » est remplacée par une « pause lecture » des plus agréable d’autant que le vent a tendance à s’estomper en cours d’après-midi.

Lundi 10 décembre.

Comme pour ne pas changer, c’est l’alarme de la pompe de douche qui nous a sortis du lit. Nous ne sommes plus loin de faire des neuvaines pour que le problème trouve solution avant que nos nerfs ne craquent définitivement et que nous ne finissions par hurler plus fort que l’alarme …

Sur les judicieux conseils de Patrick Marie, le concepteur de l’électricité du bateau, nous avons changé un relais dont nous ignorions jusque là l’existence et en cette occasion, de découvrir que le relais du groupe hydrophore, était en train de griller gentiment !!!

Après cette grande victoire sur l’adversité, nous avons décidé de profiter pleinement de la vie … en farnientant à bord.

Un  peu avant le coucher du soleil, un crétin de catamaran de location venait jeter l’ancre plus proche de notre bateau que de raison. Il est à craindre que d’ici quelques semaines, d’autres  crétins ne manqueront pas de jeter l’ancre encore beaucoup plus près …

 

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Vendredi 23 novembre.

Comme nous partions pour Bequia (Saint Vincent) en début d’après-midi … il nous fallait donc en passer par les formalités d’immigration et de douane. Une réelle épreuve pour tout qui n’en est jamais passé par là  car le système est tatillon et totalement obsolète avec l’utilisation intensive du carbone bleu pour les doubles et les triples exemplaires ! Et à la question habituelle : « A quelle heure partez-vous ? » … si vous avez le malheur de répondre qu’en fait, vous partez tôt le lendemain matin, vous serez contraint de repasser le lendemain matin avant de partir, pour réaliser vos formalités !! Tous les novices se font systématiquement avoir …

Pendant ce temps là, Kirby mettait le petit coup de chiffon là où c’était encore nécessaire.

Nous avons quitté notre emplacement à 13.45 heures avec le sentiment que cette fois, nous avions vérifié tout ce qui devait être vérifié. Direction … le ponton fuel de « Power Boat » où nous avons tanqué 660 litres de diesel à 0,90 €/l. Cela nous a pris une petite heure. Après quoi, nous nous sommes dirigés vers la haute mer et en cours de route, nous avons hissé la GV.

J’avais tout vérifié sauf cela … un véritable plat de spaghettis à hauteur des drisses, des lazys et de la bastaque !!! J’ai vu avec horreur le moment où il me faudrait monter dans le mât auquel cas nous aurions rebroussé chemin …

Finalement c’était surtout la bastaque qui était emberlificotée et du pont, j’ai pu résoudre le problème.

Au moteur et deux ris dans la GV, nous avons pris la tête d’un mini convoi de trois bateaux, en nous heurtant les premiers, à un vent de face (17 à 21 nœuds de vent réel)  et à des vagues bien creuses.

A bord, c’était l’horreur … le bateau se transformait régulièrement en sous-marin tandis que je désespérais de préserver le moindre centimètre carré de mon anatomie, au sec ! Quand le bateau dressait son étrave sur le dessus de la vague pour mieux tomber dans le vide, c’était même impressionnant. Et je ne vous parle pas du moteur qui faisait de drôles de bruit quand l’hélice tournait à vide … et tout cela alors que la mer présentait un visage plutôt sympathique !!

Quand nous avons enfin pu avoir un angle d’attaque au vent qui permettait de mettre la toile, nous avons coupé le moteur et ce fut un bonheur de douceur et de tranquillité.

Il nous fallait malgré tout poursuivre notre route au près serré pendant encore une trentaine de milles avant d’atteindre la dernière plate-forme pétrolière et de pouvoir de là, abattre vers la pointe extrême SO de Grenade. Pourquoi, ce crochet ? Tout simplement parce que la plupart des attaques de pirates ont eu lieu à hauteur des plates-formes de forage.

Si fin mai, il y avait foule sur l’eau … ce vendredi de novembre, c’était le quasi désert hormis deux pêcheurs près des côtes de Trinidad et un autre, près des plates-formes. Quatre ou cinq cargos sur toute la traversée. Maigre bilan.

Si du côté des pirates, nous n’avions, semble-t-il, rien à craindre … c’est laisser la dernière plate-forme sur notre bâbord qui nous a posé question en raison du courant et d’un vent que nous ne pouvions serrer davantage.

Ayant une énorme confiance en mes qualités de marin … Ann s’était mise dans la tête de forcer le passage, au moteur. Grand mal lui en a pris puisque nous avons eu droit immédiatement à une « alerte, niveau de refroidissement ». Elle s’est donc esquintée, à la gîte,  à vouloir apporter l’ajout de liquide nécessaire pour ensuite ne plus se rappeler où elle avait posé le bouchon du réservoir … ambiance des grandes nuits, à bord !

Sur ces entre-faits, « S.A.S.³», toujours sous pilote automatique,  laissait tranquillement la plate-forme sur son bâbord, à une distance raisonnable d’environ 2 milles …

Evidemment, dès que nous avons pu abattre en grand, le confort s’est est ressenti en conséquence d’autant que le vent était maintenant conforme aux prévisions à savoir entre 10 et 15 nœuds et que Madame la Lune illuminait la mer de tous ses feux.

Samedi 24 novembre.

Contrairement à mes prévisions, nous avons été plus rapides cette année que l’année dernière à la même époque puisqu’il était 3 heures du matin contre 5.30 heures, lorsque nous avons doublé la pointe SO de Grenade !!

Nous avons remonté Grenade, au moteur, sur une mer aussi lisse que vide. Ensuite, nous avons traversé les Grenadines par un tout grand beau temps avec un vent réel oscillant entre 14 et 18 nœuds. Nous en avons profité pour lâcher un ris. Ce n’est qu’à partir de là que nous avons commencé à rencontrer d’autres bateaux.

Nous n’en avons malheureusement pas beaucoup profité tant nous étions crevés : nous ne sommes pas parvenus à trouver le sommeil durant notre traversée nocturne.

Nous sommes arrivés au mouillage de « Bequia » pour 15 heures. Le nombre de bateaux déjà présents, était impressionnant  et nous avons eu du mal à trouver une bouée : elles ont été toutes regroupées sur un fond de -5m situé bien plus près du hameau !

Le temps de mettre un peu d’ordre à l’intérieur, d’enlever le sel ici et là et nous étions ceinturés de catamarans de location … bonjour l’intimité !

Nous nous sommes donnés la nuit pour déterminer si on restait à « Bequia » quelques jours avec une possible plongée avec le club local ou si au contraire, on poursuivait notre voyage vers la Martinique.

Dimanche 25 novembre.

En nous réveillant ce matin après une merveilleuse nuit, nous avions l’impression de débuter nos longues vacances … le méga pied !

Nous avions prévu une paisible journée de farniente … alors qu’il était passé 18 heures lorsqu’enfin, je fermais mon atelier. Si nous avions cru que cette saison se présentait – exceptionnellement – sous les meilleures auspices avec tout qui fonctionnait parfaitement, nous avons totalement déchanté !

Cela a d’abord commencé par notre pavillon national qui s’était fait la malle au petit matin, sans que l’on comprenne comment et alors qu’il avait tenu jusque là ! Par chance, une garcette de sécurité a évité son naufrage.

Cela a continué par l’alarme stridente de la pompe de douche arrière. Je vous passe les détails et les énervements ainsi que le fastidieux travail de diagnostique mais la pompe doit être changée. Par bonheur ou plutôt par prévoyance, nous en avons une de rechange … au détail près que celle qu’il faut changer est inaccessible pour une personne de mon gabarit ! Nous devrons donc attendre d’arriver en Martinique et d’ici là, notre salle de bain arrière est inutilisable. Joie.

Par acquit de conscience, je vérifie le niveau d’huile du moteur principal … la jauge est totalement à sec !!!  Nous avons rajouté près de deux litres d’huile … 4.400 € payés à « LP Marine » de Trinidad pour un grand entretien ! Une honte.

Comme nous avons connu pas moins de deux autres « Alerte niveau liquide de refroidissement » durant notre navigation sur « Bequia » (!!), nous vérifions la présence d’une éventuelle fuite de coolant … pour découvrir cette fois, une fuite d’eau irréparable à hauteur du boiler d’eau chaude ! Le boiler a été acheté en mai en Martinique et placé par « Dynamite Marine Ltd » à Trinidad. Nous en avons changé parce que l’ancien boiler avait une fuite d’eau irréparable due à la corrosion à hauteur de son culot … 

Nous devions payer notre mouillage à « Blue Sky » (VHF 68)  (60 EC$/jour – précisons qu’ayant trouvé cela trop cher, il a diminué son tarif à 50 EC$ …) ainsi que les droits de douane (133 EC$) et d’immigration (35 EC$) mais l’ATM local était « momentanément hors d’usage » ! Comme nous comptions en finale, rester quelques jours sur place, nous nous sommes contraints à réaliser nos formalités d’entrée et de sortie (possible sur certaines îles) . Si nous n’avions passé qu’une seule nuit, nous nous en serions abstenus.

Alors que j’étais en train de me demander très sérieusement s’il n’était pas temps de nous séparer de notre bateau, nous avons eu la visite surprise de Carmen & Ralph de « Relax » dont nous avions fait la connaissance en Indonésie. Nous avons même été plonger avec Carmen à « Gili Air ». Le monde est décidément bien petit …

Lundi 26 novembre.

La banque étant ouverte … nous avons pu nous approvisionner en monnaie locale, le XCD ou EC$ ou Dollar des Caraïbes Orientales,  (division par 3 pour obtenir des €)  valable dans toutes les îles anglaises des Caraïbes.

Nous avons pris nos renseignements auprès des deux centres de plongée situés juste en face de notre mouillage et les informations reçues n’ont pas manqué de nous surprendre. Heures de départ: 9 h – 11.30 h et 14.30 h. pour les deux clubs. Par contre, si « Dive Bequia » demande 75 US$/plongée … « Dive Adventures » demande 70 US$/plongée (60 US$ parce que nous avions notre propre matériel).

Sans être radins, nous trouvions tout cela quand même fort onéreux pour UNE plongée alors que nous plongeons gratis et à satiété en Martinique ! Une plongée en carrière coûte de 4 à 6 € … évidemment, il faut se taper au départ de Bruxelles, de une à une heure et demi de route + retour et le gonflage de sa bouteille.

Mardi 27 novembre.

Comme par enchantement, ce matin, le mouillage a été déserté en masse en sorte que tous nos voisins avaient disparu !

Partant du principe que nous aimons plonger partout où nous allons, nous avons réservé la plongée de 11.30 heures auprès de « Dive Adventures ». Comme nous l’avions déjà constaté, il n’y a jamais foule en sorte que nous étions quatre à bord : le skipper (pas du genre très rigolo), notre guide (un beau grand jeune local), Ann et votre serviteur.

Nous ne sommes pas allés bien loin … sur l’éperon rocheux juste en face. Nous n’étions plus dans la baie mais pas encore dans le « canal ».

Nous nous équipons sans problème et nous nous mettons à l’eau par une bascule arrière. Rien de bien extraordinaire sauf que je constate que mon masque prend l’eau ! Je préfère donc remonter en surface pour régler le problème. Gentil mais éminemment vexant, notre guide se rapproche de moi et me tient comme on le fait avec un débutant …

La tête une nouvelle fois sous l’eau … mon masque reprend l’eau alors que notre guide me tire vers le fond comme avec un débutant qui ne sait pas descendre !! La super gêne, la honte.

Je refais malgré tout surface car il est plus facile de régler la question hors de l’eau que par un vidage de masque sous l’eau. C’est à ce moment là que mon guide constate que le verre de mon masque s’est largement déboîté de son support … c’était sans espoir.

J’ignore si notre guide a compris par la suite, que je n’étais pas exactement un débutant (Il s’agissait de 1.001è plongée … je m’étais arrangé pour célébrer ma 1.000è plongée avec les membres de mon club de Waterloo) mais lorsque nous avons atteint l’épave du remorqueur, il n’a pas fait de problème à ce que j’explore seul son intérieur particulièrement encombré de tuyaux et de machineries … une vraie caverne d’Ali Baba.

Si j’avais su que Ann lui avait demandé l’autorisation de pénétrer dans l’épave, je me serais autorisé une visite plus en profondeur mais je l’ignorais !! En fait, je regardais l’intérieur par la baille lorsque j’ai senti qu’Ann me poussait à y entrer et comme il ne faut jamais me le dire deux fois …

Ce fut une très belle plongée (- 17.60 m – 60’ – 28°) avec pour commencer un tombant incliné à la faune et flore très riches. Ensuite, une vaste prairie avec l’épave d’un vieux voilier (sans intérêt)  et pour terminer, celle d’un remorqueur où nous attendait, en surface,  le bateau de plongée.

A noter, la présence d’un courant certes pas violent mais quand il faut palmer à contre sens …

Mercredi 28 novembre.

Quand nous nous sommes dégagés de la bouée, il était 6.15 heures du matin et une quinzaine de bateaux avait déjà quitté notre mouillage pour remonter vers le Nord ! Quelques heures plus tard, alors que nous les avions tous remontés, il n’y avait plus un seul bateau sur notre horizon arrière sans que l’on sache très bien où ils étaient tous partis.

Au départ de  « Bequia », nous sommes partis sur les chapeaux de roue (+ 10 nœuds) avec un vent réel de 21 nœuds à 45°. Mais nous étions encore dans le « canal » que le vent retombait à 12 à 15 nœuds mais surtout, tournait beaucoup trop au NE en sorte que nous l’avions sur le pif !

Par la suite, nous n’avons jamais manqué la moindre occasion de marcher à la voile mais soit le vent était trop faible, soit sa direction était trop mauvaise. En bref, nous avons fait du moteur et encore, du moteur : assommant. Nous étions super crevés lorsque nous sommes arrivés à destination.

Au Sud de « Sainte Lucie », nous avons subi notre premier grain de la saison. Pas trop terrible mais toujours aussi désagréable. Par bonheur, nous n’en avons connu qu’un seul.

Au vu de la tournure des événements et comme le bateau marchait très bien (près de 10 nœuds à 1.880 tours), nous avons décidé en cours de route de poursuivre jusqu’en Martinique (92 NM). Nous avons atteint la « baie Saint Anne » qu’il était 17.15 heures. Nous avons eu juste le temps de jeter l’ancre, d’aller vérifier sa tenue (fond de sable et d’herbe) et de faire un brin de remise en ordre sur le pont avant que la nuit ne tombe.

Pour nous, les « vraies » vacances commençaient .

 

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 28 novembre 2018

18 au 22.11.2018: la vie au chantier Peake de Trinidad

 

Dimanche 18 novembre.

Comme nous sommes arrivés à 2 heures du matin … nous avons passé le plus clair de notre temps, en chambre. Le chantier Peake dispose d’une dizaine de chambres rustiques et un peu branlantes mais très agréables. Le restant de la journée, nous nous sommes faits dévorés par les moustiques ! Il faut reconnaître qu’avec nos tronches d’aspirine et nos taux en vitamine D très bas, nous sommes des garde-mangers ambulants pour ces sales bêtes. Encore une chance, qu’en chambre avec notre air conditionné, nous sommes hors d’atteinte.

Question restauration, nous avons pris une carte de fidélité au restaurant « Le Zanzibar of Sea » situé juste au-dessus des chambres. Le menu, dans son ensemble, est déprimant tant il est peu conforme à nos goûts d’Européens et les quantités sont toujours monstrueuses mais c’est la formule la plus simple car elle nous évite d’avoir à aller très loin.

Nous avions bien pensé essayer le restaurant du chantier « Power Boat » situé tout à côté mais lors du dernier tremblement de terre d’août (!!), les murs se sont fissurés et l’immeuble a dû être détruit. Frissons dans le dos, a posteriori …

Lundi 19 novembre.

Nous avons fait le tour de l’horloge sans la moindre difficulté malgré le décalage horaire (- 5 heures).

A chaque fois que nous passons le pas de la porte de notre chambre, nous sommes assommés par la chaleur moite et étouffante. Le mieux serait sortir entre 6 et 8 heures du matin ce qui ne correspond pas à nos horaires habituels et après 17 heures si nous n’avions pas tant peur des moustiques …

Notre visite du bateau de ce matin, bien qu’encore sommaire, s’est révélée très encourageante, Mark de « Dynamite Marine Ltd. » ayant parfaitement réalisé son travail de surveillance, de gestion des travaux et de maintenance. Nous vous le recommandons très chaleureusement.

Comme chaque année, c’est un petit travail que je me réserve, j’ai changé 5 anodes sur 8 tout en restant convaincu  que ce n’était pas absolument nécessaire mais toujours plus prudent avec un voilier en aluminium.

A l’intérieur du bateau et malgré l’air conditionné, il fait très vite mourant de chaud ! Cet appareil d’air conditionné loué à Mark, nous évite toute moisissure ou condensation indésirable durant notre longue absence. C’est la seconde année que nous le testons et le résultat est incroyable … beaucoup mieux qu’un simple déshumidificateur.

Mardi 20 novembre.

C’est aujourd’hui la mise à l’eau du bateau et comme un fait exprès, il s’est mis à pleuvoir durant toute la durée de la manœuvre alors que d’une manière générale, il n’a presque pas plu depuis notre arrivée !!

Pour une fois, le chantier avait correctement respecté un temps de séchage d’un mois (!!!) avant de déplacer les nombreuses pattes de soutènement du bateau. Nous avons constaté avec l’expérience qu’il fallait un bon mois de séchage avant de pouvoir exercer une solide pression (sangles de levage, pattes de soutien) sur l’antifouling … au risque sinon de voir le Trilux33 « glisser » sur la coque aux endroits de pression.

Nous avions chargé le chantier de gratter la semelle ainsi que le bas de quille et de revoir tout son enduisage. Comme le bateau est posé sur des cales de bois, on n’a accès à la semelle que lorsque le bateau est dans les sangles de la grue et bien évidemment, le moment est mal choisi pour travailler consciencieusement ces zones qui sont toujours fortement délaissées.

Au matin, les trois places du ponton des grands bateaux, étaient prises malgré les assurances données par le chantier … et pour notre malheur, la place tant convoitée était  occupée par un Amel 54’ français dont il nous avait été dit qu’il ne partirait pas avant deux ou trois jours.

Prévu pour 13 heures … la grue n’est venue nous chercher que pour 13.30 heures (toujours ce foutu problème de fuseaux horaires). Assoiffés, nous avions pensé avoir le temps de prendre un rafraîchissement mais la serveuse du « Zanzibar of Sea » a mis tellement de temps pour nous servir que nous avons finalement dû décommander … à sa grande fureur.

Dans la darse, en mettant le moteur en route, une alerte stridente s’est déclarée : «Alerte : Liquide de refroidissement insuffisant ! ». Quand vous avez dépensé plus de 4.400 € pour le tout grand entretien de votre moteur (nous avons même poussé le vice jusqu’à procéder au changement du pot d’échappement construit sur mesure) , il y a de quoi vous mettre en rogne. Toutefois, connaissant parfaitement ce type de problème, nous avons pris tout cela avec philosophie et nous avons rajouté 2 litres de « coolant ».

Au ponton, une seule place s’était libérée le long des bâtiments, que nous avons prise en marche arrière en sorte de prendre les vagues par l’avant. Nous étions solidement amarrés que l’Amel 54’ quittait son emplacement !! Grrrrrrrrrr.

Nous avons passé le plus clair de notre temps de cette journée, à tenter de redonner une allure acceptable à notre annexe !! Bien qu’elle aie été bâchée durant tout son entreposage à terre, nous avons relevé – horrifiés – que notre si beau cover, couleur sable, était fortement sali en divers endroits sans oublier les tâches de graisse laissées un peu partout (le dos blanc du dossier de siège était devenu noir !) par le technicien chargé de l’entretien du moteur. La prochaine fois, nous paierons un supplément mais il devra travailler avec des gants blancs …

Mercredi 21 novembre.

Ma première nuit à bord s’est révélée loin d’être bonne ! Si la température intérieure malgré l’arrêt de l’air conditionné (le voltage du ponton est insuffisant pour nous), était « supportable » … c’est le manque d’air qui m’est apparu insupportable. Ceci explique sans doute pourquoi à 6 heures du matin, nous étions en train de mettre en place les deux voiles d’avant.

Plus rapidement que nous en avions le souvenir, les températures ont fortement grimpé et le pont en teck s’est transformé en poêle à frire, mettant au supplice nos plantes de pieds. Le travail en est devenu extrêmement pénible.

A 10 heures, Ann prenait le shuttle du chantier pour un gros approvisionnement en centre ville. Il s’agit d’une nouveauté fort appréciable de cette année … mais le shuttle est peu disponible !!  Sur trois occasions, nous n’avons pu y avoir recours qu’une seule fois !

Resté au bateau, je recevais la visite des hommes de Mark qui venaient remplacer notre sirène de mât. Je me suis rendu compte qu’il fallait la changer en début d’année si ma mémoire ne me fait pas défaut …

En début d’après-midi, Kirby (notre nettoyeur à tout faire) s’est pointé et a voulu commencer par polisher le mât sauf qu’avec la marée haute, cela bougeait pas mal et qu’arrivé au ¼ du travail, il déclarait forfait car il avait le mal de mer …

Pour notre part, nous avons continué à mettre en place tout ce qu’il devait encore l’être … entrecoupé de nombreuses pauses imposées par la chaleur étouffante et un soleil de plomb.

Sans que l’on ne sache jamais à quelle heure il va passer, Reynhart de « Electropics Marine Service Ltd »   est passé à bord pour changer le cordon de notre téléphone satellitaire et voir notre problème de Master Seaview. Pour ce dernier,  il a suffi de changer de borne d’entrée dans l’appareil pour remédier à la connexion défectueuse.

Nous avons savouré notre premier apéritif en fin d’après-midi avant que les moustiques ne se déchaînent et c’était un peu comme si nous reprenions enfin possession de notre bateau. Le soir, Ann parvenait même à réactiver notre abonnement TV à Canal+ !

A u cours de notre apéro improvisé, il m’a semblé deviner que le bateau n’était plus parallèle au ponton ! Il ne nous faudra pas longtemps pour relever que l’amarre avant bâbord s’était rompue ! Si ce n’était pas notre amarre (ouf),  le problème demeurait qu’il fallait l’attacher à nouveau, au poteau médian entre les deux emplacements …

Après plusieurs essais manqués et aussi décourageants les uns que les autres, je parvenais à positionner mon lasso sur la tête du poteau.

Notre nuit fut douce et agréable malgré la dizaine de moustiques qui se sont installés dans notre cabine.

Jeudi 22 novembre.

A 7 heures du matin, j’étais déjà à l’œuvre : changement des vérins de capot du WC et de la salle de bain avant. Ce qui ne devait être qu’un jeu d’enfants s’est révélé plus astreignant que prévu ! Sur ces entrefaites, Kirby revenait terminer son travail de polish du mât. Ouuuuf car j’ai bien cru que nous le ne le verrions plus d’autant que les heures s’écoulaient et pas trace de notre copain.

Après le remplacement des vérins, il s’agissait d’une autre bricole et puis, une autre bricole et ensuite, une autre bricole jusque 16 heures où je finissais enfin par prendre ma douche … du matin ! Je suis resté sous la douche glacée un petit quart d’heure … le temps de sentir ma température corporelle descendre, descendre, descendre. Dieu que c’était bon après ces heures de travail en perpétuelle surchauffe.

Le lendemain, nous partions pour « Bequia » (Saint-Vincent).

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 18 novembre 2018

17.11.2018 – Retour à Trinidad … et sur le bateau.

 

Si d’ordinaire , je suis toujours le plus pressé pour rentrer au bateau, cette année,  j’ai du me raisonner pour quitter notre nid d’amour douillet de Bruxelles ! Il faut reconnaître que notre nouvelle maison de retraite est idéale pour des santés défaillantes comme les nôtres. Situé au 3è étage d’une copropriété de quatre étages avec un ascenseur qui vous bloque entre deux paliers de manière irrégulière, j’ai retrouvé le plaisir des escaliers … Conscients du problème, nous avons dormi dans notre voiture au sous-sol pour éviter d’être bloqués au moment de partir.

La prudence étant la mère des vertus, nous sommes partis tellement tôt que l’aéroport de Bruxelles, n’était pas encore ouvert quand nous étions sur place. Un concierge baillant aux corneilles, nous a ouvert les portes et nous nous sommes immédiatement rués vers notre « gate » où nous avons dû nous battre bec et ongles contre une horde de migrants désireux de fuir notre pays.

Notre première étape fut Toronto (Canada) avec Brussels Air Lines … Ann tenait absolument à faire un petit coucou à nos amis canadiens qui pour une fois, n’étaient pas à l’aéroport en train de nous attendre ! Quelle déception.

Ce n’est guère du chauvinisme de ma part mais Brussels Air Lines se place selon moi, légèrement au-dessus de la norme avec un personnel charmant sauf peut-être la revêche chef de cabine qui a imposé à Ann de se rasseoir alors qu’elle voulait aller aux toilettes ! En cause, une stupide indication lumineuse imposant de mettre sa ceinture alors qu’il n’y avait aucune turbulence et que tout le monde se promenait gaiement.

Nous étions assis dans l’allée centrale … celle que je déteste le plus car invariablement, j’ai pour voisin, un gros malabar qui m’empêche de respirer sur mon tabouret. Mais pour une fois, j’avais une jeune fille très sympathique qui m’a fait de la gringue durant tout le trajet ! Je serais incapable de vous raconter ce dont nous avons parlé parce que nous ne nous sommes pas échangé un seul mot mais tout était dans le regard qu’elle n’a pas détourné de son I-phone.

Nous avons eu de la chance car nous étions en queue d’avion, là où la bande centrale se réduit à trois sièges au lieu de quatre et il m’est d’avis que le technicien en charge de la fixation des sièges, venait sans doute lui-même de passer quelques heures dans l’une de ces bétaillères volantes, car l’espace pour les jambes était anormalement grand !

Sur ce trajet d’un peu plus de 8 heures, nous avons joyeusement sommeillé, interrompus constamment par les nombreux rafraîchissements qui nous étaient offerts.

A Toronto et contrairement à ce qui avait été annoncé dans l’avion à grands coups d’annonce dans toutes les langues, nous n’avons pas dû nous soumettre aux contrôles de l’immigration et des douanes. Nous avons par contre, été soumis à un contrôle de passeports inopiné juste à la sortie de l’avion provoquant du même coup un monstrueux embouteillage. Sur le coup, j’ai cru à une action des « gilets jaunes » qui ont paralysé toute la France en protestation de l’augmentation incessante des prix du carburant.

Nous avons passé quatre heures à attendre notre correspondance de quoi me rassurer que les embarquements à l’aéroport de Toronto, sont toujours aussi bordéliques (toutes gates confondues) et le nombre de WC assis  toujours aussi parcimonieux. C’est bien qu’il n’y avait plus une seule chaise roulante dans tout l’aéroport sinon nous aurions également embarqué en chaise roulante … histoire de rentrer dans l’avion avant tout le monde. Il s’agit d’une pratique venue d’Inde que nous aurions voulu tester.

Pour nous rendre à Port of Spain (Trinidad) nous avons voyagé (5 heures) avec Air Canada Rouge qui devrait être rebaptisé  Air Canada Blanc comme les sommets enneigés vers lesquels j’ai pensé un moment que nous nous dirigions ! Comme à chaque fois, il faisait une température assez fraîche à l’intérieur de la carlingue et moyennant un supplément de 30 €/personne, nous avons eu droit à l’air conditionné de la porte de secours.

Si nous le savions par avance et que nous étions habillés correctement pour faire face aux frimas de l’hiver, nous n’avons pas osé nous endormir de peur de ne plus pouvoir nous réveiller ! Nous avons alors établi, Ann et moi, des quarts d’une heure près du hublot. Au-delà, nous risquions les engelures des membres inférieurs.

Voyageant en « low cost » sur cette partie du trajet, il a été impossible au steward de nous apporter la moindre couverture au point que j’ai pensé m’enrouler les jambes avec du papier WC … Notez que je me suis un peu réchauffé avec le breuvage infâme que la compagnie appelle « thé » et qui nous a été servi à bord.

Une fois à Port of Spain, il était minuit, heure locale, nous avons emprunté le toboggan de secours qui nous a fait atterrir un peu brutalement sur le tarmac où ils nous ont laissés fondre durant une heure.

A l’immigration, nous avons été reçus par des pin-up, sexys, au sourire aguichant … mais j’en étais à mon cinquième whisky servi dans l’avion. Les autres passagers m’ont affirmé quant à eux, qu’ils pensaient que l’avion avait atterri par erreur, aux portes du bagne de Cayenne (Guyane) !

Comme l’année passée, nous avions eu à subir une grève du zèle des douaniers, avant de partir, j’avais passé des heures à enlever consciencieusement toutes les étiquettes des produits de contrebande que nous ramenons à chaque fois, dans nos bagages. Pour cela, à Toronto, ils sont sympas car s’ils fouillent systématiquement nos bagages au point que nous n’osons plus mettre de cadenas, ils nous laissent toujours passer sans moufter.

A notre grande surprise et hormis deux « ploucs » de service qui se contentaient de recevoir nos déclarations en douane, nous sommes passés sans même penser à déclarer la bouteille de parfum que nous avions achetée à Toronto, hors taxes, histoire d’avoir un os à donner à ronger aux douaniers s’ils étaient encore en grève du zèle.

Quand nous sommes montés dans notre taxi, j’ai bloqué ma respiration durant la petite heure de trajet de peur que mon cœur ne s’emballe ! Dépourvu du moindre contrôle technique, c’est dans les tournants que j’ai eu le plus peur que nous ne perdions une roue.

Arrivés incroyablement sains et saufs au chantier Peake, nous nous sommes effondrés sur notre lit de la chambre numéro 5 que nous réclamons à chacun de nos passages car nous y retrouvons nos odeurs d’une fois à l’autre. C’est très important, vous savez, les odeurs.

Nous devons encore aller rendre visite à notre bateau mais je tenais par ce rapport un peu bref, je m’en excuse, vous confirmez que nous étions bien arrivés.

 

PS. Si vous avez pris à la lettre tout ce que j’ai raconté ci-dessus, vous feriez mieux de faire comme moi … arrêtez de boire !

 

 

 

 

Publié par : Ann & Stéphane | 21 juin 2018

17.05 au 11.06.2018 – Descente sur « Trinidad ».

 

C’est encore plus long que d’habitude mais le prochain article ne paraîtra pas avant décembre 2018 !

Jeudi  17.

Qui  l’eut cru après tant de mois de sédentarisation ? En fait, période cyclonique (juin à novembre) oblige, nous sommes partis ce matin, pour « Marigot Bay » (Sainte Lucie) soit 30 NM. Une « mise en jambe » particulièrement appréciable parce qu’elle comporte la traversée d’un « canal ». Si un « canal » est l’image même d’un plan d’eau calme, dans les « Antilles », c’est tout le contraire car ce terme désigne le bras de mer entre deux îles.

Quand nous avons levé l’ancre (10 h), le vent était modéré et le plan d’eau assez calme. Si ce n’était pas le plein et beau soleil, la météo restait engageante.  Une fois au dehors de la protection de la baie, le vent se faisait déjà plus ressentir et la mer devenait plus agressive.

Sans trop bien savoir ce qui nous attendait, nous avons pris le risque de hisser la GV haute tandis que le génois n’était sorti que de 2/3.  Nous sommes partis sur les chapeaux de roue avec une vitesse dans l’eau qui assez rapidement, atteignait fréquemment les 10 nœuds. Le vent réel était établi entre 17 et 20 nœuds, dans les 60°-70° avec quelques variations plus au largue. La mer était praticable. Comme à la sortie de la baie « Sainte Anne », on tombe quasi directement dans le « canal », j’ai pensé erronément que notre traversée serait des plus tranquille …

Bien évidemment c’est au moment précis où on commence à vouloir prendre ses aises, que l’on prend la raclée (nous avons copieusement été arrosés) avec un vent réel montant à 25 nœuds  avec même des pointes à 28 nœuds ! La vitesse dans l’eau est immédiatement passée au dessus de  11 nœuds.

Si on était en régate, nous aurions sans doute pris notre pied mais en le cas d’espèce, nous avons baissé pavillon en prenant un ris dans la GV. Voici à peu près le dialogue que nous avons eu Ann et moi durant la bonne heure qui a précédée ce moment tragique … « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) …  « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) …  « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) … « on prend un ris » (moi) – « Ouiiiiiiiiiii » (Ann).

La prise de ris a démontré que nous étions un peu rouillés …

A la verticale de la pointe nord de « Sainte Lucie », quatre cargos étaient à l’ancre et nous barraient le passage. Nous faisant tout petit, nous sommes passés entre les cargos, en laissant deux cargos sur tribord et deux autres sur bâbord.

Alors que je m’attendais à ne plus avoir de vent derrière l’île, nous avons pu marcher à la voile (+8 nœuds) jusque « Marigot Bay » avec un vent réel tournant dans les 15 nœuds avec même quelques surventes !

Nous étions à hauteur de « Marigot Bay » pour 14 heures.

Nous avons relevé la GV haute avant de l’affaler et nous sommes entrés dans le chenal. Pas grand monde mais plusieurs bateaux sont arrivés sur nos traces. Je pense que pour l’essentiel, ils venaient des « Grenadines ».

Le temps pour Ann de faire les formalités en douane et pour votre serviteur, de remettre de l’ordre sur le bateau et nous avions droit à une petite pluie bien mouillante qui a réussi à nettoyer partiellement le bateau de son sel.

Avec la tombée du jour, nous avons eu droit à une mini invasion de « nuisibles » que le Capitaine du Port n’a rien trouvé de mieux que de placer juste à côté de nous ! Question intimité, on fait mieux mais surtout, c’est bien que le plan d’eau soit hyper calme car hyper protégé sinon les bateaux se seraient heurtés allègrement !!

Par contre, question ambiance, tous ces bateaux aussi bruyants qu’illuminés, ne manquent pas d’en mettre et je ne parle pas des grillons qui donnent à l’ensemble, un petit air de Provence … tropicale. Quand je pense que demain, à l’aube, ils seront tous partis !

Comme je le répète à l’envi … « il n’y a pas de rose sans épine » et à « Marigot Bay », ce sont les moustiques qui sont les épines de la rose. Le résultat des courses est que nous nous sommes enfermés dans le bateau avec l’airco, pour la nuit. Nous n’échapperons plus par la suite, à ces sales bêtes même si étonnamment, elles resteront fort peu visibles ! Ce sont  leurs piqures qui nous rappelleront à leur bon souvenir … quand je pense à l’un de nos amis qui n’arrête pas de dire que nous avons de la chance !

Vous ne me croirez sans doute pas mais depuis plusieurs mois, nous faisons tourner l’airco une dizaine de minutes par semaine (tous les vendredis soir) comme recommandé. Et bien évidemment … alors que nous en avions grandement besoin, il n’a pas voulu se mettre en route !!! Grrrrrrrr.

Après avoir chipoté au filtre d’eau de mer, le capricieux animal a finalement bien voulu s’enclencher. Ouuuf. Par la suite, il n’a plus posé problème … c’était juste pour nous rappeler sa capacité à nous emmerder.

Vendredi  18.

Dans le courant de la nuit (l’airco avait été arrêté depuis plusieurs heures), j’ai manqué d’air et comme il était à prévoir, à chaque fois que j’ouvrais notre capot de pont, il se mettait à pleuviner peu de temps après ! Autant dire que j’ai passé une nuit en pointillé allant même jusqu’à changer de place dans le lit avec Ann, alors que j’aime tant dormir du sommeil du Juste. Re-grrrrr.

Loin de ce que je craignais (cela casse généralement  l’ambiance), il n’y a qu’une petite dizaines de bateaux qui sont partis tout au cours de la matinée, notre voisin américain de derrière ne partant même que pour l’heure de midi ! Il nous était très sympathique car il a dit à Ann qu’il n’avait jamais vu un aussi beau bateau …

Journée pluvieuse mais malgré tout animée par l’arrivée de plusieurs voiliers dont  … « Laurence » qui, en principe, devait être en train de voguer vers l’Europe !! Un changement radical de programme (le bateau retourne comme l’année passée, à « Trinidad ») dont nous ignorons encore les motifs.

Samedi  19.

Malgré une météo pas spécialement avenante, nous sommes partis ce matin, à la suite de « Laurence », pour « Bequia » : 62 NM. Je ne vous raconte pas la journée, j’en deviendrais fou …

Bon, ok, je vous raconte notre journée mais vous promettez de poussez des « oh » et des « ha » admiratifs chaque fois que nécessaire. Je compte sur vous.

Après une nuit bien trop courte (j’ai piqué du nez, toute la journée … très désagréable), nous avons levé l’ancre à 6.10 h (sans prendre de douche, ni de petit déjeuner ) ! « Laurence » était pour sa part, parti bien plus tôt.

A la sortie de « Marigot Bay », pas un pet de vent … exactement comme la saison passée. Nous en avons profité pour prendre très proprement, deux ris dans la GV et, au moteur, nous avons été jusqu’au canal.

Comme au départ de la « baie Sainte Anne », le canal s’est d’abord présenté sous les meilleurs auspices : +/- 15 nœuds de vent réel, dans le 70-80°,vitesse dans l’eau de 7 à 9 nœuds suivant les moments, mer très praticable … petit bémol, nous avons eu droit toute la matinée, à quelques  petites pluies.

Au milieu du canal, le vent réel est monté jusque 20-25 nœuds (je me suis fait deux ou trois fois bien arroser). Rien de très extraordinaire mais par je ne sais quel pressentiment, alors que nous arrivions à hauteur de « Saint Vincent » (nous marchions alors à 10 – 11 nœuds dans l’eau), nous avons réduit le génois à 1/3. Quelques instants plus tard, le vent grimpait jusque 35 nœuds !! Une fois sous la protection de l’île, nous avons dû marcher au moteur …

Plus loin … à l’entrée du canal séparant « Saint Vincent » et « Bequia », le vent nous a pris d’un coup ! La mer était blanche de gros moutons. Même si l’anémomètre n’indiquait que 20 à 23 nœuds dans le 50°, l’atmosphère était toute autre et ceci m’incita à sortir la trinquette.

Bien évidemment, au départ, nous avions l’impression d’être sous-toilés ce qu’avait tendance à confirmer notre speedo qui indiquait une vitesse dans l’eau, de 7 à 8 nœuds. Mais par la suite, nous avons trouvé la situation fort confortable et le speedo est remonté à  9 – 10 nœuds.

Au cours de la traversée, nous avons eu à faire face(oui … bon … sur le côté bâbord)  à un cargo qui venait d’Atlantique. Dans le doute de sa trajectoire, Ann a pris contact avec son capitaine et manifestement, celui-ci a dévié sa route pour nous passer loin devant. Sympa mais coutumier.

Quand nous avons atteint la baie de « Bequia » (15.10 h), nous pensions pouvoir profiter d’un bel abri et au lieu de cela, il faisait quasiment plus venteux dans la baie qu’en mer !!!! La prise de bouée ne fut donc pas des plus simple malgré l’assistance d’une responsable locale car le bateau, sous l’effet du vent, valsait d’un bord sur l’autre bord.

Le temps de mettre de l’ordre sur le pont et « Laurence » faisait son apparition.

Une heure plus tard, le calme plat s’établissait sur la baie et une petite pluie bienfaitrice venait laver le pont !!! J’aurais souhaité une pluie plus drue mais cette petite pluie a eu le mérite de nettoyer nos grands hublots panoramiques que le sel rendait opaques. 

Dimanche 20.

Superbe journée qui m’a donné l’envie de prolonger notre séjour sur place d’autant que le mouillage ne manquait pas d’animation : il y avait foule.

Le soir, nous prenions l’apéro, à bord, en compagnie de Didier & Aline de « Laurence ». Aline est la coéquipière qui devait aider Didier à traverser l’Atlantique jusqu’à ce qu’il décide de modifier son programme.

Comme « Laurence » nous avait fait part de son intention de partir le lendemain pour les « Tobago Cayes », j’ai été très tenté de le suivre pour nous familiariser avec un lagon dont l’accès nous paraît sinon difficile du moins dangereux. Malheureusement, comme nous n’avions pas fait notre clearance d’entrée, il nous était impossible de nous y rendre puisque  les « Tobago Cayes » dépendent de « Saint Vincent – Bequia ». Bien entendu, il était possible de remédier à la situation en réalisant notre clearance d’entrée le lundi matin mais Ann n’était pas tentée par l’expérience.

Lundi  21.

Comme nous avions décidé la veille, de rester une journée supplémentaire sur place … nous sommes partis de grand matin pour « Carriacou » (Grenade) : 38 NM. Que voulez-vous … nous sommes libres comme le vent et la météo annoncée pour mardi, ne nous convenait pas : trop de vent !

Bien que nous étions debout à 8 heures, il était près de 9 heures lorsque nous avons lâché les amarres sans prendre de douche, ni de petit déjeuner !!  La veille, en l’honneur d’Aline qui souhaitait visiter le bateau, nous avions tout ressorti et donc, il a fallu tout ranger avant de pouvoir démarrer.

Le plan d’eau était calme, le vent agréable et le soleil brillait de mille feux … tout nous portait à rester sur place.

Une fois que nous avons contourné la pointe sud de l’île, nous avons éteint le moteur et sommes partis sous génois avec deux ris dans la GV. Avec un vent réel de 12 à 15 nœuds dans le 70° et une mer belle, la tentation fut grande de relâcher un ris ou deux mais la prudence est la reine des vertus …

Effectivement, une bonne heure plus tard, le vent réel passait subitement  à +/- 18 nœuds et la mer se montrait plus agressive. Mais, contrairement à mes prévisions, on retrouvait les conditions de départ à hauteur des premières îles rencontrées.

Au niveau de « Union », nous avons eu droit quasiment coup sur coup, à deux grains (le vent réel est monté jusque 25 nœuds) qui nous ont obligés à jouer avec le génois.

A hauteur de « Carriacou »,nous nous tapions un troisième et un quatrième grain nettement plus féroces et plus étendus que les deux premiers ! Non seulement, le vent mollissait dans un premier temps pour se renforcer ensuite brutalement mais de surcroît, nous avons eu droit à de véritables déluges rendant toute visibilité sur l’avant, impossible. Si déjà en plein océan, c’est flippant … le long des côtes, cela l’est encore plus.

Malgré toutes mes bonnes résolutions, après le quatrième grain, nous avons enroulé le génois pour marcher au moteur sous GV : je n’avais aucune envie de me prendre au passage, les « Sisters Rocks » toutes proches.

Nous sommes arrivés à « Tyrell bay » pou 15.30 heures. La baie était encombrée de bateaux et en voulant s’assurer un minimum d’intimité, nous avons jeté l’ancre derrière tout le monde par -6m de fond.

Après tout ce qui était tombé durant les grains, nous ne fûmes pas surpris qu’il ne pleuve plus  …

Mardi  22.

Après une bonne nuit de sommeil – sans la moindre pluie – nous avons été en annexe jusqu’au petit chantier à côté duquel se trouve le bureau des douanes et de l’immigration pour notre clearance d’entrée sur « Grenade ». « Carriacou » dépend de « Grenade ».

Ensuite, nous sommes partis à la recherche de Philippe & Imelda de « Pilhaouer » dont nous avions fait l’agréable connaissance à « Jacaré » (Brésil). Nous savions qu’après y avoir passé 18  mois, ils avaient élu domicile à « Carriacou ».

Après les avoir trouvés et passé un moment en leur compagnie, nous sommes retournés au bateau pour nous plonger dans les aventures passionnantes du Prince Morosini … « Les enquêtes d’Aldo Morosini » de Juliette Benzoni.

Le soir, Philippe & Imelda venaient prendre l’apéro, à bord.

Mercredi  23.

En fin de matinée et alors que « Laurence » faisait son apparition sur le mouillage, nous sommes partis découvrir le nouvel hypermarché, « Alexis food stores », qui s’est établi en décembre 2017, le long de la plage. On y accède par la baie mais il n’y a pas encore de débarcadère. Aussi, j’ai déposé Ann sur la plage et je suis allé l’attendre au débarcadère des ferrys où j’ai trouvé un escalier en béton parfaitement adapté. Notre annexe est trop lourde (+250 kg) pour être tirée sur le sable comme le font les autres plaisanciers.

Après cette course, nous sommes rentrés au bateau où une fois de plus, nous nous sommes immergés jusqu’au soir, dans notre lecture.

Le va-et-vient des bateaux sur la baie, y est nettement moins important qu’à « Béquia » au point qu’il est souvent difficile de distinguer les nouveaux arrivants … sans parler de ceux qui sont partis et dont on ne s’en rend compte que beaucoup plus tard.

Jeudi  24.

Ce matin, nous avons visité l’île … en taxi. Cela nous a pris deux heures et il n’en fallait pas plus pour s’en faire une idée générale. Il n’y a rien d’exceptionnel à voir hormis quelques très belles vues sur la mer mais il s’agissait surtout d’ambiance et de coloris. Si la végétation est aride (!), l’île nous a paru très propre.

En retournant au débarcadère où nous avions laissé notre annexe, Ann a eu l’idée d’aller déjeuner au restaurant de plage « Lazy Turtle Pizzeria » qui fait également centre de plongée, le « 5 Stars ». Nous y avons dégusté une excellente pizza.

De retour à bord, nous avons pu constater que c’était la journée de toutes les arrivées et en peu de temps, notre bateau était littéralement encerclé.

Le soir, nous avons été prendre l’apéro à bord de « Pilhaouer » de Philippe & Imelda.

Vendredi  25.

Comme nous en avions décidé quelques jours au préalable, nous avons levé l’ancre pour 8.10 heures et à 8.30 heures, la GV sous 2 ris était levée. Nous voulions atteindre « Clark’s Court Bay » (au sud de « Grenade ») :  42 NM.

Il faisait beau et la mer était très praticable. Durant les 23 premiers milles, nous avons marché à la voile : +/- 17 nœuds de vent réel dans le 130-140° puis +/- 20 nœuds dans le 90° et à l’approche du nord de « Grenade », le vent réel est monté à certains moments, jusque 24 nœuds dans le 60° !!

Une fois la pointe de « Grenade » dépassée (11.45 heures), le vent réel est tombé à 12-13 nœuds et comme notre vitesse en souffrait pas mal (moins de 6 nœuds) , nous avons mis le moteur jusqu’à l’arrivée.

Comme Ludovic de « I.D.S. » nous a conseillé de monter dans les tours de moteur (jusqu’à 2.000 tours) et que cela fait depuis 8 ans que nous ne dépassons jamais 1.700 tours, nous augmentons le régime de manière très progressive et prudente … aussi, notre vitesse dans l’eau est passée de 7 à 9,5 nœuds !

A la pointe sud-ouest de l’île, le vent est passé de plus en plus au près pour terminer sur le nez, le long de la côte sud. Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la mer était plus calme une fois le cap passé.

Comme il y a pas mal de hauts-fonds tout le long de cette côte, nous sommes restés prudemment au large pour n’obliquer vers la baie qu’en toute dernière minute (14.30 heures) . Le balisage lumineux n’est pas renseigné par les cartes car celui-ci n’est pas « officiel ».

Vu du large, celui-ci n’est pas aisé à repérer en sorte qu’il faut oser s’avancer vers la côte … mais une fois qu’on l’a en vue, l’accès est aisé.

Un peu avant « Whisper Cove Marina » (marina canadienne), nous avons jeté l’ancre sur tribord en entrant … pour relever avec horreur qu’elle dérapait joyeusement dans la vase ! Nous l’avons donc jetée à un autre endroit tout proche qui nous mettait moins, selon moi, dans l’axe médian du chenal.

Comme il s’agissait de vase, nous n’avons pas osé tirer sur la chaîne … le temps que l’ancre s’enfonce correctement. Tout l’après-midi, nous avons vérifié que nous ne dérapions pas mais le vent, à l’intérieur de la baie, était assez faible.

Samedi  26.

Vers 4 heures du matin, Ann avait le sentiment que le bateau dérapait !!!!  A 4.45 heures, elle n’y tenait plus et me réveillait … je ne vous dis pas le réveil !

Si nous étions tentés d’attendre que le jour se lève, nous nous rapprochions trop dangereusement de notre voisin arrière et avant que tout ne tourne à la catastrophe, nous remontions, sous la pluie et dans le noir le plus absolu,  l’ancre et nous faisions mouvement …

Comme je n’avais pas mes binocles sur le nez, je ne voyais pas l’écran d’ordinateur et je dirigeais donc le bateau à l’aveuglette, sous les ordres d’Ann : « plus à bâbord … encore un peu plus en avant … plus à bâbord … oui, d’accord, un peu sur tribord … ». Stressant au possible … non pas à cause du noir absolu mais d’avoir à se fier à une femme !

Après avoir jeté l’ancre là où nous étions encore la veille, nous avons à nouveau dérapé. Changement de position  et plus de 50 mètres de chaîne plus tard (par une profondeur de -10 m), la position semblait tenir …

N’ayant que trois heures de sommeil, je me suis écroulé sur le lit tandis qu’Ann veillait dans le cockpit (le jour s’était levé). La pauvre a subi pas moins de trois grains avec le sentiment à chaque fois que le bateau était sur le point de déraper … mais, contre toute attente, il a tenu.

En matinée, nous avons encore subi sans problème, quelques grains mais notre confiance dans notre ancrage était trop fortement atteinte. Aussi, Ann a pris contact avec « Whisper Cove Marina »  et l’un de ses préposés nous a aidés à prendre une bouée.

Entre-temps, « Laurence » avait fait son entrée dans la baie et s’était immédiatement mis à une bouée.

Dimanche  27.

Après une délicieuse nuit de sommeil, l’esprit tranquille, nous avons profité pleinement de cette belle journée ensoleillée en allant « bruncher » avec Aline de « Laurence » au restaurant « Whisper Cove Marina » où j’ai été subjugué par le cadre : c’est propre, net, accueillant et la vue sur la petite marina est romantique au possible … et par le buffet aussi simple que délicieux. Bref, l’endroit que je vous recommande vivement si vous passez par là.

Farniente sur le bateau et ensuite, apéro à 17.30 heures, sur « Laurence ». Une journée de rêve.

Lundi  28.

Comme la météo prévoyait une nuit idéale pour naviguer, à contrecœur, nous avons décidé de traverser sur « Trinidad » (92 NM) quand bien même nous arriverions avec une grosse semaine d’avance sur notre programme ! Quand une occasion comme celle-là se présente, il vaut mieux ne pas hésiter sous peine de rester bloqué sur place durant plusieurs jours.

« Laurence » était de la partie de même que quatre autres bateaux qui sont partis largement en avance sur nous.  C’est seulement grâce à leurs AIS que j’ai pu m’en rendre compte ! Certains considèrent en effet que les « pirates » étant trop pauvres pour avoir des récepteurs AIS, il n’y a pas de crainte de le laisser fonctionner … « aux innocents, les mains pleines ».

Nous nous sommes détachés de notre bouée pour 17 heures alors que le vent réel soufflait généreusement à plus de 20 nœuds !!! De quoi se poser la question de savoir s’il était intelligent de partir … Ce n’est qu’une fois la baie derrière nous que nous avons retrouvé des conditions normales :  12 à 15 nœuds dans le 40°.

Après une bonne heure de navigation sous GV à deux ris et génois, force fut de constater que nous dérivions davantage que nous n’avancions (6 nœuds)  ! A ce rythme là, il nous aurait fallu à un moment donné, tirer un bord à contre courant pour éviter de passer entre les plates-formes pétrolières !! C’est au niveau des plates-formes qu’ont lieu le plus souvent, des actes de piraterie imputés aux  pêcheurs vénézuéliens !

Lorsque nous sommes arrivés à hauteur de « Laurence » qui marchait sous voile et moteur pour compenser le courant et le peu de vent, nous avons enroulé le génois et mis le moteur à 1.820 tours … + 9 nœuds dans l’eau. Nous avons laissé sur place, nos copains et nous sommes remontés au vent pour retrouver progressivement la « route idéale » que nous n’avons plus quittée par la suite.

Comme, nous détestons marcher au moteur (les mouvements du bateau sont beaucoup moins harmonieux et puis, c’est bruyant), deux heures plus tard, nous avons remis la voile par un vent réel de 15 à 20 nœuds et un angle de 50° puis 60° puis 70° au fur et à mesure de notre avancée sur la « route idéale », qui nous propulsait à 9.5 nœuds dans l’eau. Rien ne semblait pouvoir arrêter le bateau … une vraie locomotive.

Mardi  29.

Si naviguer par pleine lune est très agréable car on y voit presque que comme en plein jour, en le cas d’espèce, nous aurions préféré une nuit bien noire dans laquelle nous aurions pu nous fondre … d’autant qu’il y avait foule sur l’eau ! A hauteur des plates-formes, nous avons compté pas moins de cinq bateaux de pêche ainsi que quelques cargos …

Cela nous a incités à éteindre nos feux de navigation par précaution (notre AIS était coupé depuis le départ). Malgré cela, nous avons eu la frousse de notre vie lorsqu’un bateau de pêche dont nous n’avions pas deviné la présence, a subitement allumé un gros phare alors qu’il n’était distant que de 400 mètres sur notre tribord !

Par bonheur, nous marchions à 9.5 nœuds et après être un peu remonté au vent pour mieux l’éviter, nous avons poursuivi notre route  … en serrant encore un peu plus fort les fesses. Il est passé derrière nous, tous feux à nouveau éteints, mais  n’a fait aucune manœuvre pour nous suivre. Ouuuuuf.

A la perpendiculaire des plates-formes, nous n’avons plus vu de bateau ou alors au loin, en sorte que nous avons remis nos feux de navigation. J’ai bien pensé qu’il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué mais naviguer sans feux, était décidément trop dangereux.

Nous sommes arrivés à 15 milles de « Trinidad » (j’ai rebranché notre AIS) qu’il était passé 2 heures du matin ! A cette allure là, nous allions faire une entrée de nuit … Pour éviter cela, nous avons poursuivi à la voile car, à l’approche de la côte, le vent avait sensiblement molli et donc, l’allure également.

Lorsque nous avons embouqué la passe qui mène à « Chaguaramaz », le jour était levé depuis peu. Toujours aussi tumultueuses les eaux à l’approche des terres (3  nds de courant contre)!!

Si  la saison dernière, nous avions eu la désagréable surprise de constater que nous n’étions pas les premiers sur la ligne d’arrivée (!!!), cette fois-ci, nous étions non seulement les premiers mais de surcroît, pas la plus petite voile à l’horizon. Une superbe navigation … un peu gâchée par le stress provoqué par le danger des pirates.

Une fois encore nous avons regretté l’absence des « Coast Guard » sur la zone alors que pourtant ils avaient été informés par nos soins notamment, de l’arrivée d’une petite flottille en provenance de « Grenade ». Il faut croire qu’ils ont mieux à faire que de protéger les plaisanciers qui constituent pourtant une  source de revenus non négligeable pour l’île.

Malgré notre fatigue (nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit … maudits pirates), nous avons été faire notre clearance d’entrée et ici, ce n’est pas une sinécure (à l’immigration, ils sont carrément chiants … attention à votre tenue vestimentaire) d’autant qu’il faut payer des droits en la monnaie locale et que l’ATM du coin est le plus souvent en panne … mais cela nous a permis de rencontrer quelques-uns de nos malheureux « poursuivants » arrivés plus de trois heures après nous.

Nous avons passé notre journée … à ne rien faire ! Trop crevés pour fut-ce passer un tuyau d’arrosage sur le pont ! Par bonheur, nous avons été en mesure d’amarrer le bateau le nez vers la mer et de surcroît, sur le bord extérieur de la marina privée de « Peake » (en principe, réservé aux catamarans en raison de leur largeur). Le bateau ne bougeait pas beaucoup alors que nos voisins dansaient la danse de Saint Guy à chaque passage d’un bateau.

Mercredi  30.

Jour férié !! C’est l’arrivée des indiens (d’Inde) qui est fêtée. Ceux-ci étaient très attendus à l’époque, comme main-d’œuvre dans les plantations de l’île.

Après une merveilleuse nuit d’un sommeil aussi lourd que le plomb, nous avons eu le bonheur de voir Kawby qui a attaqué le nettoyage de nos inox. Travail d’autant important qu’il a fallu dans un premier temps, tout rincer à l’eau claire … le bateau n’était plus qu’un énorme bloc de sel !

Pendant ce temps là, nous en avons profité pour établir la liste (longue comme le bras) de tout ce qui devait être fait sur le bateau. S’il y a un certain nombre de choses que j’aurais pu faire moi-même, le soleil, les températures élevées et l’humidité ambiante m’ont poussé à laisser faire le travail par d’autres.

Mais, par contre, pour nos bouteilles de plongée, nous ne pouvions confier ce travail à d’autres. Il ne s’agissait, en fait, que de les ouvrir pour en vérifier l’état intérieur et notamment, la présence éventuelle d’eau de condensation. Avec un peu d’étonnement mais énormément de satisfaction, nos bouteilles sont parfaitement « clean ». Il faut reconnaître que depuis que nous avons failli les voir être déclassées il y a deux ans, j’ai pris des précautions draconiennes lors des gonflages et cela paie.

Jeudi 31.

Jour férié !! La fête vise le massacre des indiens arrivés sur l’île … non, il paraît que c’est une fête chrétienne mais Mark de « Dynamite Marine Limited » ne savait plus de quoi il s’agissait.

Si la musique a fait trembler le mouillage jusque 5 heures du matin, nous n’en avons rien entendu tant le bateau est bien insonorisé. Ann en a pris conscience uniquement en ouvrant nos capots de pont restés fermés jusque là puisque notre airco avait fonctionné admirablement toute la soirée.

Aujourd’hui, Kawby a terminé les inox du bateau et s’est attaqué ensuite, au polish des surfaces blanches du pont … tandis qu’Ann et moi, nous attendions qu’il ait fini pour nous mettre à notre tour au travail sauf que quand il est parti, nous n’en avions plus le courage ! De toute manière, un autre problème nous avait assailli : la tension des batteries du « parc service » était bien trop basse et une alerte s’était déclenchée !

Pas une grosse surprise puisque nous savons que nos batteries sont quasiment mortes. Non, la surprise est venue du fait que notre switch automatique Mastervolt ne s’enclenchait plus en sorte que si le GE tournait, il ne chargeait pas pour autant les batteries …

Vous ne pouvez pas imaginer combien cela a occupé notre temps et nos pensées … jusqu’à ce que après un énième essai, le switch a fonctionné, nous autorisant une soirée paisible avec l’airco. Ouf.

Vendredi  01.

L’électricien est passé à 9 heures et a changé le switch défectueux, en un tour de main. Après un tour du monde, nous commençons par un peu connaître notre bateau et ses installations. Aussi, nous avons quasi immédiatement identifié l’origine de la panne et comme nous avions la pièce en réserve …

Que les gens s’extasient sur la beauté de notre voilier … nous entendons cela depuis près de 8 ans et cela fait toujours autant plaisir mais que personne ne veut croire au vu de son état, qu’il a fait un tour du monde, reste le plus beau compliment que l’on puisse nous adresser, à l’heure d’aujourd’hui.  Il s’est même trouvé un anglais propriétaire d’un Oyster 72’, qui pensait que nous avions fait repeindre la coque et que notre bateau était plus grand que le sien … celui-là, j’en conviens, ferait bien d’aller consulter un ophtalmologue.

Bien que l’endroit soit chaud, humide et particulièrement bruyant, cela ne manque pas d’ambiance. Aussi et depuis quelques temps, je me contente de vivre l’instant présent sans me projeter dans le futur alors que nous sommes à quelques jours seulement de rentrer au pays et de découvrir notre nouvel appartement après rénovation ! Par contre et cela me contrarie, je ne trouve pas le moindre courage pour réaliser l’un et l’autre bricolage qui m’attend.

Pour sa part, Ann n’a pas arrêté de courir de tous les côtés pour mettre en œuvre tous les travaux que nous avons décidés : à chaque carénage, son lot.

Samedi  02.

Journée venteuse comme cela arrive de temps en temps mais la protection naturelle est tellement efficace que l’on s’en rend assez peu compte.

Tandis que Mary, notre « tornade blanche », était chargée d’illuminer l’intérieur du bateau comme elle sait si bien le faire, Ann assurait l’entretien de nos coussins en cuir blanc (un sacré travail) et votre serviteur parait à quelques courses. Pour l’occasion, l’airco a fonctionné toute la journée.

Le soir, nous avions à dîner à bord, Emmanuelle & Christophe de « Lifesong » … ainsi que leur bout chou Raphaël. Très agréable soirée où nous avons appris à un peu mieux  les connaître (nous venons de  faire leur connaissance):  ils ont acheté un Garcia 68’ de 97 qui a subi le cyclone Irma à « Saint Martin » … ils sont occupés à le retaper.

En revenant au bateau avec eux, je découvre que notre énorme bouée ronde qui nous a déjà maintes et maintes fois servis, a crevé sur une tête de vis ! Grrrrrr. Décidément, les marinas sont nettement plus dangereuses pour nos bateaux que le mouillage …

Dimanche 03.

Je me suis réveillé à 7 heures du matin avec l’idée tout aussi subite que fixe que je devais remplacer notre feu de navigation tribord qui avait rendu l’âme !!! Je serais bien incapable d’expliquer ce qui m’a pris mais c’était une très étrange réalité !

Joignant l’acte à la pensée, nous nous sommes lancés dans ce petit bricolage un peu rébarbatif car bien entendu, le point de connexion se situe … dans la baille à mouillage qui n’est accessible que l’intérieur.

Il s’agit de feux LED qui ont un très joli design et c’est bien la seule raison pour laquelle je ne les ai pas remplacés par quelque chose de plus « ordinaire ». En effet, les LED sont coulés dans la résine en sorte qu’il n’y a jamais moyen de les réparer ou de les bricoler ! Et donc, périodiquement, il nous faut les remplacer …

Lundi  04.

Ayant apprécié de pouvoir bricoler en des conditions « agréables », nous avons remis ce matin, le couvert avec la sirène de l’alarme du bateau, perchée dans le mât … hélas, pas du tout  avec le même succès ! Non seulement lorsque j’ai voulu enlever l’ancienne beuglante, l’une des deux vis de l’étrier de support s’est cassée net, me faisant lâcher ma clef de 10 qui est tombée sur le pont en frôlant la tête d’Ann … mais de surcroît, la nouvelle beuglante ne correspond pas à l’installation en sorte qu’elle beugle et  il n’y a plus moyen de l’arrêter !!!

Après quelques montées/descentes dans le mât, nous sommes donc aujourd’hui dépourvu de beuglante … pour le plus grand bonheur d’éventuels voleurs ! J’en ai des frissons d’horreur même si, en principe, le chantier est bien gardé. Inutile de préciser qu’il est impossible de trouver ce type de sirène sur l’île …

Après cela et parce que nous sommes totalement masos, nous avons procédé à l’entretien de notre GE alors que les températures extérieures étaient à leur maximum. On se serait cru en pleine fournaise africaine … l’horreur. De surcroît, pour vidanger il faut faire tourner le moteur pour que l’huile soit bien chaude.

A 13 heures, nous reprenions enfin notre farniente quotidien … qu’il commençait à pleuvoir ! Et après cela, je connais au moins un de nos amis qui ose nous dire que nous vivons au paradis !

Dans l’après-midi, nous avions la visite du « spécialiste du teck » qui devait nous faire un devis pour une rénovation/réparation de notre pont en teck qui a son âge … 17.000 $ ! Qui dit mieux ? Il est certain que celui-là nous a vu venir de très loin et nous verra repartir aussi loin.

Mardi  05.

Nous avions demandé à ce que le technicien Yamaha (moteur d’annexe) passe nous voir pour lui dire ce que nous souhaitions cette année (un entretien normal) mais nous ne nous attendions pas à qu’il vienne nous réveiller à 8 heures du matin …

Dans l’après-midi, c’était au tour du technicien Volvo Penta de venir prendre la commande (un tout gros entretien).

Entre-temps, il faisait horriblement chaud et rester à l’intérieur était pénible. Aussi, nous sommes restés le plus possible à l’extérieur et il faut avouer que le spectacle du chantier en pleine ébullition (le chantier fait le plein, cette année), était assez distrayant.

Mercredi  06.

Si notre emplacement au « dock privé » nous plaît énormément car nous avons une vue imprenable ainsi que de l’air, à l’expérience, nous relevons que des trois emplacements … c’est le plus dangereux pour le bateau !!!

L’emplacement sur l’extérieur est doublement mauvais  car  le vent pousse le bateau contre le ponton et  il n’y a aucun point d’attache permettant de tenir éloigné le bateau du ponton ! Le meilleur emplacement est celui du milieu mais bien entendu, c’est le premier qui est occupé ! Enfin, le troisième emplacement, près du bâtiment, a pour inconvénients de n’avoir aucune vue et de manquer d’air !

En tout état de cause, il faut impérativement positionner le bateau en marche arrière pour avoir l’avant vers le large … meilleure façon de prendre les vagues formées par le passage des bateaux.

Comme nous étions à la veille du jour J, il nous fallait commencer à tout préparer et en premier chef, à retirer les voiles d’avant. En profitant de l’absence de vent et de la fraîcheur de l’aurore, nous avons réalisé le travail en une demie heure !

Visite de Mark de « Dynamite » pour la mise au point des travaux à prévoir durant notre absence.

En fin d’après-midi, nous procédions au nettoyage et à l’entreposage dans la cabine VIP, des coussins de cockpit. Auparavant, on les laissait en place mais ceux-ci sont touts neufs …

Le soir, nous vidions et nettoyons les frigos … avant de nous écrouler dans notre lit.

Jeudi  07.

Nous étions attendus sous la grue pour 8 heures mais au moment où nous allions lâcher les amarres,  Daniella de « Peake » venait nous avertir que la grue était en panne !!! L’année passée, nous avons vu décoller les avions pour « Tobaggo » jusqu’à ce soit notre tour … notre avion connaissait un problème technique et nous avons raté notre correspondance. Cette année, pendant plus de 8 jours, nous avons vu des dizaines de bateaux être sortis de l’eau et quand c’était notre tour …

Nous avons attendu fiévreusement jusque 13 heures avant de voir la grue revenir du fin fond de l’esplanade du chantier. Notre peur était le vent car si à 8 heures, il n’y en avait pas … nous avions pris entre-temps deux grains ! Par bonheur et même si  les hommes de « Dynamite » chargés de nous aider, n’avaient pas été prévenus en temps utile, nous avons pu rentrer en marche arrière dans la darse sans la moindre difficulté.

En-dessous d’une certaine taille, les bateaux rentrent en marche avant dans la darse et sont conduits à leur emplacement au moyen d’un chariot hydraulique. En le cas de notre bateau, nous devons rentrer en marche arrière et c’est la grue qui se déplace en personne !

Après la sortie de l’eau, c’était « opération Karcher » et notre homme s’y entendait bien pour rendre notre coque plus belle qu’un sous-neuf … au détail près que quand il passait son jet sur le franc-bord, il projetait par la même occasion, de la poussière d’antifouling sur tout le pont (notre antifouling est érodable ) ! Le résultat des courses est que nous avons dû faire (re)nettoyer entièrement notre pont par Kawby.

Notre nouvel emplacement est situé quatre emplacements plus loin que celui de l’année dernière. Chaque bateau est positionné en fonction de critères bien précis qui nous échappent totalement.

Alors qu’Ann courrait de tous  les côtés, je suis resté au bateau pour mettre de l’ordre sur le pont (rangement des défenses et des amarres) ce qui m’a permis de relever avec beaucoup de déplaisir, que nous avions une seconde défense trouée !!! C’est la liaison entre le corps et la tête de la défense qui a craqué sur 1cm de long : jamais vu pareille chose.  

C’était ensuite au tour de l’électricien du chantier de me prendre la tête avec notre fil électrique ! Il a absolument voulu nous faire acheter un nouvel embout  (et un de plus …) pour la borne électrique du chantier qui ne correspond d’ailleurs, pas à celle du ponton (!) pour relever que le courant n’arrivait pas jusqu’au bateau !

Il s’en est suivi toute une série de contrôles où il fut question de changer notre gros câble électrique de 50 m jugé défectueux … pour en arriver, en finale, à brancher notre câble en directe sur la borne principale et cela maaaaarche.

Le soir, nous avons été mangé au « Zanzibar of sea » situé sur le chantier. On n’y mange pas spécialement bien mais la première fois, on peut s’y laisser prendre.

Vendredi  08.

Après une nuit passablement dégueulasse (Ann par contre, a bien dormi), nous nous sommes occupés des formalités administratives pour notre retour en Belgique : à l’immigration, ils sont tout bonnement chiants !  Je sais, je sais que je l’ai déjà dit mais cela fait du bien de le répéter.

Tandis que Kawby, au moyen d’un échafaudage, nettoyait au vinaigre blanc le franc-bord (les traces de sel, cuites par le soleil, commençaient déjà à être difficile à nettoyer !), les hommes du chantier  attaquaient l’installation de  l’immense cover du bateau.

Le soir, le chantier organisait un barbecue réunissant de nombreux plaisanciers. L’ambiance était très bon enfant, les plaisanciers-musiciens s’étant organisés pour faire un orchestre qui somme toute, ne se défendait pas trop mal. Bien évidemment, hormis nous et un autre couple de Français, Philippe & Renée de « Manta » qui se rappelait nous avoir vus en « Martinique », tout le monde parlait anglais …

Nous avons malgré tout, pu apprendre que l’on parlait beaucoup de notre bateau sur le chantier et que tout le monde, le considérait comme de loin, le plus beau. Le fleuve de compliments ne s’en arrêtait pas là pour autant puisque plusieurs techniciens nous ont affirmé être très fiers de pouvoir travailler sur notre bateau !!  Je ne m’en lasserai jamais …Il faut reconnaître que cela fait d’autant beaucoup de bien que nous sommes à nouveau, à la veille de dépenses importantes.

Samedi  09.

A 17.30 heures, nous prenions notre taxi pour l’aéroport où nous sommes arrivés bien dans les temps : notre avion décollait pour minuit. Il faut être très prudent car la circulation sur l’île peut se révéler très difficile et le trajet est très long !

Comme il n’est plus question pour nous, de voyager avec « Condor »  et encore moins, avec « Carribean Airlines » (cfr. article spécial), nous avions choisi de voyager avec « Air Canada » jusque « Toronto » et « Brussels Airlines » jusque « Bruxelles ».

Dimanche  10.

Arrivés à « Toronto » à 5.30 heures, nous avons été pris en charge par nos amis québécois, François & Josiane de « Umialtak » (nous avons fait leur connaissance aux « Canaries » en 2011) « qui étaient venus passer la nuit en ville pour nous voir. Cela nous a beaucoup touchés.

Notre avion pour Bruxelles, ne décollant qu’à 18 heures (en fait, il est parti à 19.30 heures) , nous avons passé la journée avec eux.

Si l’aéroport de « Toronto » est assez sympathique, les embarquements sont à chaque fois « bordéliques de bordéliques » : il devient urgent que quelqu’un leur apprenne comment il faut procéder car cela devient grave !

Comme l’année précédente, nous avons cru embarquer à bord d’un avion-hôpital !! Ce sont généralement des femmes et surtout, des hindoues qui ont trouvé le « truc » pour embarquer avant tout le monde. Elles arrivent toutes en chaise roulante (il y en avait une dizaine) alors qu’elles ne cachent même pas qu’elles marchent aussi bien que vous ! C’est choquant et irritant mais le personnel de l’aéroport ne semble pas s’en émouvoir le moins du monde.

Lundi  11.

Après 7.30 heures de vol, nous sommes arrivés à Bruxelles à 7.30 heures (heure locale) pour relever avec déplaisir que nos deux sacs de voyage ne nous avaient pas suivis ! Ils nous seront rapportés le vendredi et on aurait pu croire qu’ils étaient passés dans une machine à lessiver !

 

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Mardi  01.

Cela faisait déjà depuis quelques jours que nous aurions dû aller plonger mais pour les raisons les plus diverses, nous avons laissé passer les occasions, non sans mauvaise conscience. Mais voilà qu’aujourd’hui, il y avait du soleil et que décidément, nous ne pouvions manquer cela.

Mais devinez où nous avons été plonger (-18.60 m – 60’ – 27°). Je vous aide un peu … nous avons été plonger au B……..  au Bou…… au « Boucanier » ! Mon Dieu quelle surprise ! Cela faisait depuis si longtemps ! C’est à peine si j’ai reconnu le site, dis donc ! Que voulez-vous … Ann ne jure plus que par ce spot de plongée et reste surtout traumatisée par notre dernière plongée au « Grand Mur ».

Il faut reconnaître que le spot est proche, facile, agréable et magnifique. Le « Club Med » y plonge avec ses GM, deux fois par jour ! Contrairement aux autres fois, nous avons connu un très léger courant qui ne disait pas son nom.

Nous avons vu quantité de murènes dont plusieurs en pleine eau, de gros tourteaux et même, une petite langouste bien cachée sous l’aplomb d’un rocher. Par contre, je ne parviens plus à trouver trace de mon petit poulpe.

Mercredi  02.

Le grand jour tant redouté est finalement arrivé : nous avons rendez-vous au « Marin » pour le remplacement de nos 6 batteries gel de 200A constituant notre parc « électronique ».

Déjà quand nous arrivons au quai de « Caraïbe gréement », notre place nous est soufflée par un autre client ! Cela commençait bien d’autant que je ne suis pas trop fan de manœuvres dans la marina.

Le temps de repartir en marche arrière jusqu’au ponton à essence et un autre emplacement nous était libéré. Notre prise d’emplacement se révéla plus aisée que je ne le craignais sauf que nous commettions l’erreur d’amarrer la pendille sur l’arrière bâbord en sorte que notre bateau portait de travers sur la vedette de la SNSM ! Pour les photos, ce n’était pas top …

Chaque batterie pesant 75 kg. il faudra trois bonnes heures aux deux hommes de « Caraïbe Marine » pour retirer les anciennes batteries et amener à bord, les nouvelles. Malheureusement, les batteries étant logées dans un compartiment  où tout est calculé au millimètre près, il leur faudra trois heures supplémentaires pour parvenir à recaser les nouvelles batteries.  Les batteries ne sont pas bêtement rangées les unes à côté des autres … des moules et des cloisons les maintiennent écartées les unes des autres. Du très beau travail, encore fallait-il trouver l’ordre juste en lequel les cloisons devaient être remontées …

J’aurais préféré les laisser travailler seuls mais j’ai immédiatement compris que j’avais grand intérêt à surveiller les opérations voire à leur suggérer les bonnes manières de procéder ! De bonne volonté, ils étaient mais il manquait un chef compétent pour les diriger. J’aurais certainement pu réaliser moi-même le travail mais dès l’abord, j’avais été rebuté  par tous les branchements électriques à démonter (le couvercle du parc de batteries sert de support à divers appareillages) et d’autre part, par le poids incroyable des batteries à manipuler.

Si à la baie « Sainte Anne », il y a du vent (sans doute même un peu de trop …) rendant les températures agréables, dans le fond de la marina, il fait étouffant et pas question de faire fonctionner l’airco puisque nous avions coupé toute l’électricité du bord.

Lorsque vers 15.30 heures, nous avons enfin pu nous échapper de cette fournaise, nous avons immédiatement pris la poudre d’escampette … après un passage obligé par le ponton d’essence (817 litres à 1.24 €/litre).

Cette fois, nous avons ancré beaucoup plus près du débarcadère : nous sommes juste dans son alignement mais sur le bord extérieur malgré tout. J’adore cet emplacement d’autant que j’ai pu constater qu’un mètre plus en avant, nous aurait fait jeter l’ancre sur un fond de corail !!!

Le soir, je ne demandais pas mon reste et j’étais dans mon lit pour 20.20 h !!! Il ne s’agissait pas d’une « bonne fatigue ». J’étais plutôt fourbu et j’ai connu de sérieuses difficultés à trouver le sommeil.  

Jeudi  03.

Il fait superbe et j’aurais bien pensé aller plonger mais nous avions d’autres petites priorités à régler. Assez étonnamment, le bateau a assez bien roulé durant toute la journée ! Bien calé dans le cockpit, c’est à peine si on s’en rend compte. Dans le carré, on ne s’en rendrait même pas compte si nous n’avions pas les hublots de coque mais c’est surtout quand on arrive en annexe que le phénomène se visualise le mieux de l’arrière. Un peu impressionnant tout de même.

Vendredi  04.

Réveil matinal, nous sommes partis au « Marin » pour diverses petites courses dont le nécessaire avitaillement chez « Leader Price ». A chaque fois, je joue le rôle de « chauffeur » et comme tout bon « chauffeur », j’attends « Madame » en double file.

Je sais, je sais cela peut vous paraître idiot mais je déteste faire les courses d’avitaillement,  je surveille l’annexe et surtout, je contemple mes contemporains et c’est très amusant … c’est surtout de mon âge !

Si nous n’avons pas trouvé « Tahaa Tiva » au « Marin » … c’est « Eutikia » que nous avons vu débouler à la baie « Sainte Anne » après un long séjour passé à la marina pour un problème de moteur.

Et encore un transport de bateaux pour l’Europe ! Il n’était pas encore bien parti, qu’un autre transporteur pointait déjà le bout de son nez ! Nous n’en aurons jamais vu autant que cette saison.

En fin d’après-midi, nous avions un catamaran de location qui venait jeter l’ancre sur notre flanc bâbord, juste à hauteur de notre cockpit … bien trop près, of course !

Nous n’avons rien dit car nous étions persuadés que dès le lendemain matin ils seraient partis et en finale, ils sont partis … une heure plus tard !!! Si ce n’était quand même que pour un peu barboter dans l’eau, pourquoi venir jeter l’ancre au beau milieu de tous les bateaux !

Le soir, nous avions à l’apéro, Marina & Gianni de « Eutikia » ainsi que leur coéquipier pour la traversée de l’Atlantique. Nos amis retournent en Méditerranée dès que les conditions météo le permettront et mettront plus tard, le cap sur la « Grèce » … comme « Maeva » ou « Wink » ! Il semblerait qu’il s’agisse de la nouvelle destination de substitution aux « Antilles ».

Alors que nous bénéficions d’une connexion satellitaire (TV) parfaite depuis plusieurs semaines  … nous avons eu droit à de nombreuses micros coupures, en fin de soirée !! Comme quoi il ne faut jamais se réjouir trop vite.

Samedi  05.

Nous n’avons pas descendu l’annexe …

En cours d’après-midi, nous avions le déplaisir de voir un catamaran américain venir jeter l’ancre sur notre bâbord. Que dire ? A la fin, nous finirons par nous faire passer pour deux petits vieux acariâtres que nous sommes, à ne pas en douter. Il n’empêche que s’ils avaient jeté l’ancre un peu plus en avant, nous aurions pu éviter toute promiscuité dérangeante mais allez vous en leur faire comprendre cela. 

Dimanche 06.

Surmontant toutes ses appréhensions, Ann a marqué son accord pour aller plonger (-40 m – 51’ – 27° – 3’ à 3 m) sur le « Grand Mur ». Par bonheur, nous en avons été récompensés puisque la visibilité y était excellente.

En arrivant sur le tombant, nous avons eu droit à plonger avec une grosse tortue ! Si les petites et moyennes tortues sont nombreuses sur le mouillage, c’est la première fois que nous en rencontrons une, en plongée, en « Martinique ». En d’autres endroits du globe ,nous avons déjà eu le bonheur de plonger avec ces extraordinaires animaux. 

A l’apéro, nous étions à bord de « Tahaa Tiva » avec Martine & Christian … sans oublier leur chien Gatun.

Lundi  07.

Le catamaran américain est parti et il fait très beau. Farniente au menu du jour.

Le soir, nous sommes partis avec Martine & Christian de « Tahaa Tiva » au « Zanzibar » où nous avons excellemment dîné. Sur le trajet aller, alors que nous longions le ponton ski nautique du « Club Med » , nous sommes tombés nez à nez avec un skieur dans l’étroit passage … moment d’effroi pour mes passagers et échange d’une bordée d’injures. Il m’étonnerait que les vedettes de ski nautique puissent évoluer dans ce passage, en tirant un skieur mais ce dernier souhaitait, semble-t-il,  se faire prendre en photos par des amis postés sur le ponton …

Mardi  08.

Jour férié !! Nous l’avions un peu beaucoup perdu de vue et nous sommes donc allés jusqu’au « Marin » … pour des prunes. Grrrrrr.

Mercredi  09.

Même si  je n’en avais pas particulièrement envie mais comme ce jeudi c’est « l’Ascension » et donc, à nouveau, jour férié, nous sommes repartis au « Marin » pour acheter de nouvelles élingues pour l’arceau de notre annexe.

L’arceau amovible auquel est attaché l’annexe, descend et monte hydrauliquement par le biais d’élingues de 12mm en Dynema qu’il faut remplacer périodiquement en raison de leur usure due au frottement. C’est surtout l’élingue bâbord qui est la plus mise à mal car elle supporte tout le poids du moteur.

De retour à bord, nous relevons que les anciennes élingues sont de 12mm alors que nous pensions qu’elles étaient de 10 mm et que de surcroît, elles sont en Dynema alors que celles achetées sont en simple polyester !

Si je ne suis plus partant pour retourner au « Marin », Ann prend son courage à deux mains et part, seule, acheter de nouvelles élingues. En finale, c’était sans doute mieux ainsi …

Alors que sur le retour, elle longe la plage du « Club Med », elle se fait arrêter par la Gendarmerie pour … excès de vitesse !  Coût de l’amende … 500 € !! Mais comme elle est blonde (va sérieusement falloir qu’elle repense se faire une coloration), elle s’en est sortie avec un simple avertissement. Ouf.

Le long du rivage, jusqu’à 300 mètres de la côte, la vitesse maximale autorisée est de 5 nœuds ! Règlementation très, très loin d’être respectée et certainement pas par les vedettes  de ski nautique du « Club Med » mais bien entendu, la Maréchaussée sait fermer les yeux quand il le faut … à moins bien entendu que le « Club Med » dispose d’une dérogation spéciale d’autant arrangeante  que la zone éventuelle de dérogation n’est nullement délimitée !

De retour à bord, nous avons procédé, non sans quelques chipotages et réglages pas toujours aisés à trouver, au seul remplacement de l’élingue « moteur » … l’autre élingue étant encore en très bon état.

Jeudi  10.

Météo en demi-teinte avec de splendides périodes ensoleillées alternant avec des périodes aussi nuageuses que pluvieuses. Il n’en fallait pas moins pour ne pas me donner envie d’aller plonger.

Sur le plan d’eau, nous avons assisté à une véritable invasion de « nuisibles » que la perspective d’un long week-end avait attiré. Par bonheur, nous n’en avons pas eu à subir et d’ici à lundi matin, ils seront tous repartis !

Vendredi  11.

Météo toujours en demi-teinte. Rien de très étonnant à cela car c’est bien cela, le climat dans les « Antilles » ! Si les températures sont toujours assez agréables, le vent toujours assez soutenu, le ciel se partage souvent entre soleil et nuages et les grains alimentent les conversations.

Miracle de la journée … nous sommes parvenus à établir un mini programme pour les jours à venir !! Pourquoi autant de brutalité dans un programme de vie si paisible ? Parce qu’il va bien falloir un moment donné, se mettre en route pour « Trinidad » et comme la saison passée, nous souhaitons descendre à notre train de sénateur habituel.

DONC … nous partons mercredi prochain sauf empêchement. Donc … il nous faut tout prévoir avant de partir et donc … un programme s’imposait. CQFD.

Le programme prévoyait une dernière plongée au « Boucanier », ce vendredi ! S’il nous a fallu nous mettre un coup de pied au cul, celui-ci se révéla salvateur car la plongée nous a profondément emballés.

Au début de la plongée (-20m – 60’ – 27°), nous n’avons étrangement rien vu ! Puis Ann a découvert nos chers tourteaux, ce fut ensuite un énorme casier contenant une vingtaine de poissons ainsi qu’une très belle murène passablement énervée et sur le retour, je découvrais une langouste particulièrement bien cachée.

En fait, je passais à 4 ou 5 mètres du trou de la langouste lorsque mon œil a été attiré par des minuscules arceaux de coraux rouges. J’ai beaucoup hésité à y regarder de plus près car je devais me déplacer jusque là mais le détour en valait réellement la peine : mes minuscules arceaux étaient en fait les pattes de la langouste !

Si nous avons bien été tentés de libérer les pauvres bêtes du casier, nous ne l’avons même pas touché car je n’ai vu aucune possibilité de les libérer sans endommager le casier ! Quant à la murène, elle n’était pas à prendre avec des pincettes …

Samedi  12.

Comme il fallait bien aller chercher les couques aux raisins qu’Ann avait commandées pour moi, nous avons mis l’annexe à l’eau …

Est-ce cela ou autre chose mais je me suis convaincu qu’il fallait attaquer le nettoyage de la coque et comme je ne savais pas très bien par quel bout commencer … j’ai nettoyé la ligne de flottaison. On pourrait croire l’opération aisée mais rien qu’avec un masque et un tuba, on s’essouffle vite à rester en surface, en devant de surcroît, lutter contre le courant et les vagues.

Pendant ce temps là, Ann faisait le ménage à l’intérieur.

En milieu d’après-midi, un catamaran américain venait se planter sur notre tribord … cockpit en face de cockpit ! Même plus le courage de s’énerver !

Dimanche 13.

Journée farniente entièrement consacrée à la lecture.

Mauvaise nouvelle de la journée : les batteries du parc « service » (1.000 A en 24V) doivent également être remplacées (un coût de 11.000 € pour 12 batteries de 2V pesant chacune 68 kg !!). « I am happy » dirait Droopy.

Lundi  14.

Un « chipotage » en amenant un autre, j’ai passé l’heure du midi, à remplacer les filtres du déssal, à nettoyer divers autres filtres, à rechercher d’où venait l’odeur d’essence que l’on sentait dans le « local technique » etc. etc.

Nous sommes passés à deux doigts de la catastrophe ! Lorsque nous avons changé l’élingue « moteur » de l’arceau de l’annexe, j’ai été amené à faire un nœud simple à chaque extrémité.

Depuis lors, je m’énerve à constater que l’élingue « moteur » (c’est elle qui supporte tout le poids du moteur de l’annexe) est toujours un peu distendue par rapport à l’autre !!! Si je n’en comprenais pas la cause, loin de moi l’envie de recommencer les réglages déjà suffisamment fastidieux comme cela.

Aujourd’hui et alors que je remontais « à vide » l’arceau (ouf), l’élingue « moteur » se distend carrément !!!! En y regardant de plus près, je relève que l’un de mes nœuds simples était tout bonnement en train de lâcher … si cela était arrivé en cours de levage de l’annexe, l’arceau amovible se serait tordu voire, se serait cassé et le moteur de l’annexe serait venu percuter violemment la coque …

Comme nous avions abandonné l’idée de faire des courses au « Marin », nous avons revêtu nos combinaisons de plongée pour aller gratter la coque qui commence à se salir de manière fort conséquente. L’antifouling (Trilux 33 de International) a très bien tenu jusqu’il y a peu. Mais depuis lors, les salissures sont apparues en grand nombre.

Il s’agit d’un travail extrêmement pénible et désagréable (nous sommes remontés à bord, couverts de plancton grouillant) mais nécessaire si on ne souhaite pas ralentir le bateau (cela peut aller jusqu’à la perte de plus d’un nœud)!

Sur le coup de 18 heures, nos voisins américains partaient pour le « Marin ». Pas trop tôt …

Mardi  15.

Veille du grand départ, Ann a loué une voiture pour aller au centre commercial de « Génipa ». Au retour, sa voiture était  pleine à craquer mais il faut dire que notre nouveau chauffe-eau de 75 litres prenait pas mal de place sans oublier les 30 litres d’antifouling que nous avons achetés au « Marin » car nous y faisons près de 400 € (!) d’économie par rapport à « Trinidad ». Contrairement à une idée reçue, il est souvent plus intéressant d’acheter en « Martinique » qu’à « Trinidad » !!!

De mon côté, je m’occupais de Ludovic de « I.D.S. » chargé de réparer notre fuite de diesel localisée à hauteur de la pompe d’injection. Si j’avais pris bien soin de surtout ne pas m’emmêler, j’ai parfaitement eu raison car en dévissant un boulon, le joint intérieur s’est totalement abîmé et d’une très légère fuite, on était passé à un véritable geyser !

Petite cause … grands effets, nous nous retrouvions le soir, sans GE pour charger nos batteries et notre départ s’en trouvait retardé. Joie.

Mercredi  16.

Passage à bord de Ludovic de « I.D.S. » nous ramenant notre pompe d’injonction dont tous les joints ont été changés.

Ensuite, nous sommes allés au « Marin » pour y réaliser diverses courses comme notre clearance de sortie ou prendre des nouvelles de notre antenne Mini C en réparation chez « Diginav » depuis novembre … en finale, elle est définitivement HS et comme ce modèle d’antenne n’existe plus, nous nous en passerons sans doute tout aussi définitivement.

Cela fait depuis des semaines que chaque fois que je vois une publicité à la télévision pour « Mac Do », j’en bave d’envie !  Comme un fait exprès, il y a un « Mac Do » juste à côté du « Leader Price » où nous allons faire nos courses très régulièrement. Malgré cela et jusqu’à aujourd’hui, nous n’y avions jamais mis les pieds !! Nous avons donc réparé « l’erreur ».

 

Demain, nous entamons notre lente transhumance vers « Trinidad ».

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Lundi  16.

Alors qu’il faisait si beau hier, aujourd’hui, une brume tenace et menaçante couvre tout le « Marin ». Pas réellement jojo comme météo d’autant que le vent souffle de manière soutenue.

Je ne suis pas encore familiarisé avec notre nouvel emplacement qui est situé en arrière de tout le monde alors que nous étions beaucoup plus en avant. Positif … je pense que personne ne viendra nous enquiquiner en cet endroit d’autant que le plan d’eau s’est encore considérablement clairsemé.

Nous étions invités à prendre l’apéro sur « El Nido » avec  Franki & Joss mais vers  16 heures, j’ai estimé que la météo tournait vinaigre et que nous allions nous faire méchamment doucher. Nous n’avons eu que le temps d’aller en annexe prévenir nos amis que nous ne viendrions pas, de retourner au bateau et de remonter l’annexe avant que le déluge ne s’abatte sur nous !

Nous avons carrément eu droit à notre premier orage dans les « Antilles » qui a causé de nombreux dégâts sur la côte est de l’île ! Le vent déjà bien soutenu, est encore monté d’un bon cran, rendant l’ambiance assez lugubre. Heureusement, vers 21 heures, le soufflé retombait et les conditions météo redevenaient plus « normales ».

Mardi  17.

Ann avait rendez-vous avec son esthéticienne, au « Marin » et j’en ai profité pour faire reprendre par « Incidences », une couture qui lâchait sur notre cover de barre à roue. Même si la saison n’est pas encore terminée, toute activité semble un peu en berne comme si nous étions déjà en « basse saison ». J’avais ressenti la même chose la saison précédente … après les vacances de Pâques, tout le monde déserte les lieux !

Bien que je sois ravi de savoir que notre mouillage repose sur un beau fond de sable exempt de tout corail, je ne m’habitue pas à notre nouvel emplacement ! J’ai le sentiment profondément ancré en moi que nous sommes plus exposés à la houle. J’essaie de me convaincre qu’au moins ici, on nous fout  la paix mais je n’en suis pas plus convaincu car nous avons déjà eu des voisins !!

Mercredi  18.

Depuis le début de la semaine, il fait nuageux à couvert et le vent est assez soutenu … quand le vent ne l’est pas, la houle s’engouffre dans la baie et les bateaux roulent  … et quand le vent est moyen, la houle vient frapper bruyamment la jupe arrière !! « I am happy » dirait Droupy.

En ces conditions, j’ai beaucoup hésité à aller plonger mais Ann en avait envie et je me suis finalement décidé. Bien évidemment, nous ne l’avons pas regretté que du contraire. Nous avons adoré cette plongée « bio » (-20m – 60’ – 27°) d’autant que nous avons revu nos gros tourteaux !!! Par contre, à la sortie de l’eau, nous avons eu un peu froid … une première.

Jeudi  19.

Le soleil est plus généreux aujourd’hui que les autres jours et cela fait du bien au moral.

Nous avons appris que nos batteries commandées auprès de Mastervolt (Nl) n’arriveraient que ce dimanche en lieu et place de ce vendredi car le cargo qui les transportait, a heurté un autre bateau à la sortie du « Havre » et avait un trou en-dessous de la ligne de flottaison … évidemment, il marchait moins bien après l’accident.

Nous sommes en plein débat pour la signature d’une nouvelle police d’assurance depuis que « Delta Lloyd » (Nl)  a décidé de ne plus assurer les bateaux d’une valeur supérieure à  500.000 €. Premier constat : alors que la valeur assurée de départ a été revue à la baisse, les primes proposées sont toutes largement supérieures à ce que nous avons payé jusqu’à présent !!!!  Selon un courtier, les primes ont littéralement explosé après le passage du cyclone Irma.

Second constat : notre courtier nous appâte avec  une prime en omettant de signaler les taxes à y inclure … et, dans le même tonneau, la compagnie d’assurances diminue la couverture d’assurance en cours de négociation : « Yacht & Co » (Nl)  nous a proposé une prime couvrant les cyclones … puis a décrété qu’elle ne couvrait pas les cyclones si nous allions chez « Peake » (Trinidad) … et enfin, dans le projet de police que nous avons finalement reçu, elle ne couvre pas plus simplement, les dégâts causés directement ou indirectement par un cyclone !!!!

Le soir, nous avons eu droit à une coupure générale de courant ! Immédiatement, nous avons regardé chez le voisin et comme il n’y avait aucune lumière, nous en avons conclu qu’il s’agissait d’une panne de secteur … no panique. Heureusement, très rapidement, le courant est revenu.

Vendredi  20.

Journée à grains mais nous avons malgré tout, trouvé un créneau pour aller et revenir du « Marin » sans se faire rincer. Le mouillage étant des plus calme, ces petites sorties constituent autant de petites distractions fort appréciées.

Nouvelle « grande première » (c’est l’année !) … à peine démarré, le GE s’éteint (cela arrive). Je vérifie l’arrivée d’eau de mer et constate que le débit n’est pas normal (cela arrive). Je démonte la vanne mais ce n’est qu’en sortant la bille en plastique de son logement que la touffe d’herbe bloquée  s’évacue avec l’eau de mer qui envahit nos fonds !

Le débit d’eau étant trop important, je ne parviens pas à remettre la bille en plastique dans son logement et l’eau continue d’envahir nos fonds … en clair, nous avons une voie d’eau et nous couloooooooooooons !

Ne voyant pas d’autre solution, je demande à Ann d’aller placer une pinoche de l’autre côté de la vanne c’est-à-dire sous l’eau (une grande première). Mon épouse est contente mais contente, vous n’imaginez pas. D’ailleurs, elle n’est pas « contente » … elle est « h-eu-r-e-u-s-e »!

Après un premier essai un peu chaotique, en apnée, elle me demande une bouteille. Je lui demande si elle préfère la bouteille d’eau pétillante ou d’eau plate mais ne semble pas apprécier mon humour !

Une fois  la pinoche en place, je parviens après quelques tâtonnements (!), à remonter la vanne et à tout rebrancher. Merde, j’ai oublié de dire à Ann qu’elle pouvait retirer la pinoche et remonter à bord …qu’est-ce que je fais ? Je lui dis ou pas ?

Samedi  21.

Passage à bord de Frédéric de « Electrotechnique services » (je vous le recommande très vivement) pour notre problème électrique. Je le dirige immédiatement vers nos coupe-batteries électroniques qui depuis la construction du bateau, sont toujours les grands responsables de nos coupures généralisées de courant ou de baisse de voltage !!!

Cela fait depuis près de huit ans que ces coupe-batteries me font périodiquement chier sans que jamais je n’ai eu le bon sens de me renseigner sur leur utilité ! En fait, j’ai appris que leur fonction était de couper l’arrivée de courant en provenance des batteries en cas de court-circuit. Utile.

Après examen, il diagnostique qu’un des coupe-batterie électronique est défectueux, que deux câbles doivent être remplacés suite à surchauffe et que d’une manière générale, de nombreux écrous sont desserrés ce qui pourrait expliquer la surchauffe relevée. Au passage, les broches des fusibles sont nettoyées à la brosse métallique.

Dimanche 22.

Je n’en crois pas mes yeux mais le plan d’eau est calme et le bateau ne roule pas !!!!! C’est Noël … non, c’est Pâques … Evidemment comme on ne peut pas tout avoir en même temps, il fait cra-cra à souhait : brume, crachin, pluie et ciel couvert.

Nous sommes invités pour midi sur « Laurence » où nous sommes super bien accueillis par Yvette & Didier.  Nous avons reparlé du « bon temps » passé à « Breskens » (Nl) et nous avons bien ri de nos pitreries de l’époque … aaaaaaaaaaaaaah, de vrais gamins !

En revenant à bord, nous constatons la présence d’un nouveau « radeau de la méduse » italien qui n’a rien trouvé de mieux que de venir jeter son ancre en parallèle à nous ! Si on ne peut rien dire car l’écart entre les bateaux est raisonnable, pourquoi diable avait-il besoin de venir se coller à nous alors que nous avons ancré en retrait de tout le monde … pour avoir la paix !

Lundi  23.

Ciel nuageux à couvert, vent soutenu, plan d’eau agité … notre météo depuis plus d’une semaine ! Par bonheur, en fin d’après-midi, nous avons souvent droit à une accalmie. Une heureuse nouvelle dans toute cette grisaille … le « radeau de la méduse »  italien est parti.

En ces conditions, nous avons opté pour le farniente et la lecture. Rendons à César ce qui appartient à César … Ann n’a pas que farniente, elle a aussi géré par téléphone, divers petits problèmes et a nettoyé  l‘intérieur du bateau.

Mardi  24.

Le temps idéal : plan d’eau calme, vent faible, le bateau qui ne roule pas … manquait seulement le soleil mais cela fait tellement de bien de ne pas avoir à subir les assauts du vent ! La présence d’un vent bien soutenu est une des caractéristiques des « Antilles » … en manière telle qu’il est assez rare de naviguer sans prendre des ris dans la GV !!

Après un passage par le « Marin », nous sommes allés plonger au « Boucanier » (-30 m – 61’ – 27° – 3’ à 3 m). J’avais proposé d’aller plonger au « Grand Mur » mais Ann avait peur que l’eau ne soit trouble et à vrai dire, la visibilité était déjà assez mauvaise au « Boucanier » c’est-à-dire 4 à 5 mètres ! Très belle plongée même si  je n’y ai pas trouvé tout mon plaisir habituel … sans réel motif !

Mercredi  25.

Comme nous avions mis l’annexe à l’eau, la veille, nous avons préféré rester tranquillement à bord. La météo n’était déjà plus la même que hier et la matinée fut même assez pluvieuse. L’après-midi fut par contre, très engageant.

Nous les attirons comme des aimants, ce n’est pas possible. Nous sommes encerclés sur l’avant et sur l’arrière, par des voisins ! Difficile de dire quelque chose dès lors qu’ils sont arrivés alors que nous étions encore dans notre lit (!) et que les distances de sécurité ont été respectées mais enfin pourquoi toujours vouloir nous coller. Serions devenus le « centre du mouillage » ?

Après avoir regardé un reportage sur les méfaits de la sédentarité sur le physique, je me suis senti subitement attiré par une petite natation qui m’a entraîné assez loin du bateau. Si seulement, j’avais le courage de faire cela tous les jours mais cela ne sera pas demain la veille si j’en crois mes dernières inclinations !

Jeudi  26.

Si j’en crois justement mes dernières inclinations, c’est le « farniente » qui a la cote ces derniers temps. De toute manière c’est cela ou … « arbeid , arbeid ». Nous avons donc cultivé ce principe de vie si cher à mon cœur. Il est bien connu que quand on a atteint un certain âge, c’est avant tout le cœur qu’il faut préserver.

Vendredi  27.

C’était notre journée des « B.A. » ! Cela a d’abord commencé en nous dirigeant vers le « Marin » !!

Si  je suis toujours très concentré sur ma conduite en sorte que je ne fais jamais attention aux personnes qui sont sur les bateaux que nous dépassons, Ann aime jouer à la star et fait signe bonjour à tout le monde … et bien entendu, cela nous a valu de nous faire héler par le skipper d’un catamaran de location qui avait perdu sa gaffe.

Bon … quand nous avons appris qu’il s’agissait de Bruxellois comme nous et que de surcroît, Ann avait lu leur blog (parce qu’ils tiennent un blog !), nous avons mis du cœur à l’ouvrage pour retrouver le précieux objet qui flottait la tête en l’air … entre les bateaux au mouillage !

Après toutes nos petites courses, nous sommes rentrés à bord et alors que nous farnientions dans le cockpit, Ann me demande si comme elle, j’ai l’impression que le « radeau de la méduse » (un très ancien modèle) qui nous gâche la vue sur l’arrière, est en train de couler !

Même si je n’y avais pas fait attention jusque là, à la réflexion, il me semblait bien qu’il piquait du nez. Que faire ?

Prévenir le propriétaire du bateau ! Excellente idée encore que difficile à réaliser car nous n’avons jamais vu personne sur cette méduse … non, sur ce radeau.

Prévenir l’assureur du bateau !  Peu probable que ce type de radeau soit assuré.

Prévenir le « Cross » ! Réflexe de bon sens mais la dernière fois que nous les avons appelés pour leur signaler qu’un voilier dérapait sur notre bateau, leur réaction fut très, très décevante puisqu’en fin de compte ils se contentèrent « d’en prendre acte » …

Solliciter un autre avis ! Nous avons effectivement demandé à notre plus proche voisin ce qu’il en pensait et à vrai dire … il n’en pensait rien mais, à la réflexion, nous avions peut-être raison.

Par malheur pour eux, le bateau de la douane avait jeté son ancre à quelques encablures de là !! Nous y avons donc fait un saut en annexe tandis que trois douaniers bavassaient sur le pont avant. Alors que je pensais recevoir un accueil mitigé, nous avons reçu un accueil … mitigé.

Le plus âgé des trois se campa immédiatement derrière la position du fonctionnaire qui ne peut rien faire (!!) tandis que son collègue plus jeune nous rassura en affirmant qu’ils avaient le bateau à l’œil … je suppose qu’ils attendaient qu’il n’y ait plus que le mât qui ressorte de l’eau pour être certains qu’il coulait.

Toujours est-il qu’une dizaine de minutes plus tard, la douane était à notre bord et procédait à une fouille complète de notre bateau !!! Mort aux vaches.

Il ne faut pas toujours croire tout ce que je raconte … non, une dizaine de minutes plus tard, ils étaient trois à monter sur le « radeau de la méduse » et après une inspection qui nous a paru interminable, le bateau de la douane est venu s’ancrer juste derrière nous !!! Bonjour, l’intimité. J’ai bien demandé à Ann de leur dire d’aller jeter l’ancre un peu plus loin mais elle n’a pas osé.

Une pompe passa alors d’un bord à l’autre bord et nous avons eu le plaisir de constater qu’après deux bonnes heures de pompage, le « radeau de la méduse » reprenait des couleurs. C’est le presse-étoupe qui  fuitait … et a continué de fuiter par la suite !.

Après tous ces efforts, le bateau des douanes a mis les voiles à toute vapeur vers des horizons plus enchanteurs …

Samedi  28.

Ce matin, nous avons été tirés du lit par « Tahaa Tiva » qui est arrivé de nuit, en provenance de « Jacaré » (Brésil). Nous avons rencontrés Christian & Martine au « Tonga » (Pacifique) et nous avons parcouru ensemble «  l’Indonésie », en le cadre du rallye « Sail Indonesia ». Si après, nos routes ne se sont plus croisées, nous sommes toujours restés en contact. Il s’agit d’un des cadeaux merveilleux de faire un tour du monde : on rencontre énormément de personnes intéressantes voire attachantes.

Comme ils avaient un problème de frigo, nous leur avons renseigné Olivier qui est venu les dépanner dans la matinée ! La panne n’était pas grave … il s’agissait seulement d’une résistance qui avait sauté. Le thermostat dû également être changé par la suite parce que le compresseur ne s’arrêtait plus.

Nous avons partagé très agréablement la fin de matinée avec eux. Au débarcadère de « Sainte Anne », nous leur avons présenté Erwin & Larissa de « Axsika »  (le remplaçant de « Larwin » coulé au large du « Belize » en début d’année).

Comme je le pensais, c’est une vie sociale un peu plus étoffée qui nous a manqué cette saison même si nous avons pu compter sur pas mal de copains malgré tout. Malheureusement, c’est toujours de parfaits  étrangers qui veulent faire copain-copain avec nous en mouillant l’ancre très près de notre bateau …

A l’apéro, nous avions le bonheur d’accueillir Christian & Martine de « Tahaa Tiva » qui nous ont beaucoup amusé en racontant qu’ils avaient un sérieux problème avec leur WC Jabsco : le tuyau étant bouché, Christian a forcé sur la pompe à main et après quelques efforts, il fut heureux de constater que le bouchon avait pu être évacué … sauf que, et il ne le savait pas, il n’avait réussi qu’à démancher le tuyau bouché ! Je vous laisse imaginer la suite … il leur a fallu près de deux jours pour en venir à bout du nettoyage des fonds de leur bateau.

Dimanche 29.

Nous étions en train de petit déjeuner tranquillement lorsqu’un bateau de pêche du « Marin » rase notre bateau à vive allure pour stopper quelques encablures plus loin ! C’est son changement de régime de moteur qui a alerté Ann qui s’est relevée pour voir ce qui se passait. Le pêcheur était en train de couper au couteau, le filin qui relie notre orin (petite bouée ronde et rouge)  à l’ancre avec l’intention manifeste de nous le voler !!! Difficile de faire croire qu’il ignorait qu’il s’agissait d’un orin alors que le nom du bateau est inscrit sur la bouée …

Sur base du principe « qui vole un œuf, vole un bœuf », nous aurions dû déposer plainte mais nous avions récupéré notre orin et son contrepoids et nous n’avions pas plus envie de nous mettre tous les locaux à dos.

Lundi  30.

Cela fait depuis quelques mois que j’avais remarqué que mon matelas s’affaissait en son centre. Dans un premier temps, nous avions pensé en changer mais comme il ne s’agit pas (of course) d’un modèle standard, l’opération s’est vite révélée, en « Martinique »,  extrêmement complexe et onéreuse !

Par la suite, nous avons compris que c’était, en fait, notre latoflex qui avait besoin d’être remplacé : certaines lattes de convexes étant devenues concaves ! En appelant ce matin, le fabricant  « Bedflex », il nous été donné d’apprendre qu’il fallait tout simplement  retourner (jamais fait) les lattes tous les deux à trois ans … ce que nous nous sommes empressés de réaliser. J’attends ce soir avec impatience pour connaître le nombre d’heures de sommeil que je vais gagner …

Le succès nous mine !! Tous nos fans veulent obtenir un autographe ! C’est du moins ce que je traduis de cet engouement incroyable à vouloir jeter la pioche tout autour de notre bateau alors qu’il y a tant de meilleures places de mouillage …

Nous avons eu un bref entretien avec le propriétaire du « radeau de la méduse » en train de couler il y a quelques jours. En finale, nous avons été soulagés qu’il ne nous engueule pas d’avoir éviter à son radeau de reposer par le fond …je dis cela parce que nous ne l’avons pas entendu nous dire le plus petit « merci ». Il semblerait être un copain de « radeau de la méduse 1 » … doivent sans doute tous être membres d’une Confrérie quelconque de la méduse.

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