Publié par : Ann & Stéphane | 13 juin 2019

02 au 11.06.2019 – La vie à Chaguaramas (Trinidad)

Il s’agit du dernier article de la saison ! La tenue du blog ne sera reprise qu’en décembre, après la remise à l’eau du bateau.

Dimanche 02 juin.

Si hier, il faisait superbe, aujourd’hui, il fait nettement plus venteux et surtout, fort couvert. Après une excellente nuit de sommeil, nous avons retrouvé un peu de force et de courage pour procéder à un dessalage en profondeur du pont. Il était plus que le temps de le faire !

Lundi 03 juin.

Du soleil, du vent, un peu de pluie, le chantier est resté très calme et hormis Mark de « Dynamite Ltd », personne n’est venu nous voir !  Nous avons donc commencé à  préparer sereinement  notre retour au pays.

« Chantier très calme » ne signifiant pas pour autant qu’il n’a pas fait le plein de bateaux ! Au contraire, il y a foule mais ils sont déjà tous sortis !! Evidemment, durant le mois de mai, il y a eu pas moins de trois « convois sécurisés » (minimum 10 bateaux) vers « Trinidad » dont le dernier remonte au 20 mai.

Mardi 04 juin.

Nous avons connu aujourd’hui, un véritable défilé de « techniciens » venus à bord pour évaluer l’ampleur des travaux envisagés : nous envisageons de repeindre la coque ainsi qu’une partie du pont et de rénover entièrement notre pont en teck !

Reste à savoir si je ne ferai pas un AVC en prenant connaissance des devis qui doivent nous être adressés …

En début d’après-midi, Kirby, notre copain mandai, est venu faire nos inox comme chaque année et cela brille.

Mercredi 05 juin.

Il fait toujours aussi chaud et humide qu’à l’accoutumée. Aujourd’hui, c’est la fête de la fin du ramadan. Comme dirait une employée du « chantier Peake », à « Trinidad » on prend les jours fériés de toutes les religions.

Pour notre part, nous continuons d’établir des listings de choses à faire … Je devrais procéder à quelques bricolages mais les jours passent et je remets toujours au lendemain.

Kirby est venu poursuivre son travail de lustrage des inox.

Jeudi 06 juin.

Depuis ce matin, nous avons eu un peu d’accompagnement avec l’arrivée de trois nouveaux bateaux. Je finissais par me demander si tout le monde était déjà sorti de l’eau ! Déjà, que nous avions réalisé  la traversée en orphelins …

 

 

J’ai quasiment passé ma journée dans le mât ! Il faisait beau et malgré un peu de clapot, la position était assez confortable !! J’en ai profité pour changer la beuglante de l’alarme ainsi que deux Led qui éclairent le mât. C’est bien entendu ce dernier bricolage qui m’a posé le plus de problèmes d’autant que j’ai été contraint de « jouer » avec du silicone …

Le soir, la beuglante se mettait à beugler sans raison et par deux fois, de surcroît !! Nous avons compris par la suite que c’était chaque fois que notre voisin utilisait sa télécommande pour allumer ou éteindre ses feux extérieurs …

Vendredi 07 juin.

Alors que j’espérais pouvoir profiter raisonnablement de ma nuit, Ann m’en a tiré à 5.30 heures du matin sous le fallacieux prétexte qu’il n’y avait pas de vent !! Pourquoi donc vouloir m’arracher aux bras de Morphée ? Ben … simplement pour affaler sans difficulté, nos deux voiles d’avant. Si le prétexte était bon, il n’empêche que l’heure était franchement indue et que nous aurions pu attendre 8 heures. Vous ne le croirez sans doute pas mais ma bonne humeur habituelle s’en est trouvée fort contrariée …

Arrivée de nos amis Thierry & Françoise de « Symi » et de « Mr. Curly » que nous avons abondamment vu en « Martinique ».

Il fait merveilleusement beau mais aussi chaud (32,4° à l’intérieur du bateau) et humide. Nous avons comme voisin, depuis deux jours, un petit bateau de pêche sportive. Son propriétaire est plutôt sympathique mais les « techniciens » qu’il a à son bord, sont assez bruyants et sur un aussi petit bateau, cela fait très « désordre ».

Sur l’autre bord, nous avons le bateau de pêche de Mr. Peake, le propriétaire du chantier. Je m’abstiendrai donc de tout commentaire désagréable quant au bateau mais ce n’est pas exactement une bonne publicité pour le chantier. Le plus ennuyeux reste que nous sommes « coincés » sans vue, ni air entre cette grande barcasse et un hangar à bateau … de quoi devenir claustrophobes. Enfin, courage, encore quatre fois faire dodo et nous sommes partis.

En fin d’après-midi, nous avions la visite de Thierry & Françoise de « Symi ». Ils n’ont pas eu une très bonne traversée avec beaucoup trop de moteur et une mer pas toujours très agréable.

Samedi 08 juin.

Nous avons un nouveau voisin en la personne d’un catamaran canadien de 40’ qui sort de l’eau également lundi.

Tout ce qui n’avait pas été fait la veille, se devait d’être réalisé aujourd’hui ! Nous avons donc totalement désarmé le pont du bateau et en avons profité pour dessaler les cordages. Il n’y parait pas mais quel boulot d’autant qu’il vaut mieux se souvenir comment tout était positionné … motif pour lequel nous avons pris quantité de photos.

Le pompon de la journée a constitué à changer l’élingue « moteur » de l’arceau de l’annexe. La remplacer en tant que tel n’est pas un bien lourd travail mais son réglage consécutif a eu de quoi nous rendre dingue ! Il faut bien évidemment que la tension entre l’élingue tribord et l’élingue bâbord soit parfaite et malgré toutes nos mesures, elle était soit un peu trop longue soit un peu trop courte.

Pendant tout ce temps, « Mary » nettoyait l’intérieur du bateau : une vraie tornade blanche  !  Si seulement, elle habitait le « Marin » …

En fin d’après-midi, Kirby venait terminer son travail des inox.

Dimanche 09 juin.

A 10.30 heures, un water-taxi venait nous prendre à la marina pour nous conduire sur « Gaspar Grande », l’île d’en face, chez Mark & Erica de « Dynamite Ltd ». Il s’agit de leur seconde résidence qu’ils aménagent petit à petit depuis déjà plus de trois ans. Ce besoin de « seconde résidence » surprend par la proximité des deux résidences mais le fait de passer d’une île à une autre, semble suffire à apporter le dépaysement recherché !

Le chalet a les pieds dans l’eau et est bordé d’un terrain de 50ares. On aurait pu croire qu’il s’agissait de la résidence de « Mac Giver » tant les astuces sont nombreuses pour rendre ce petit pied-à-terre excessivement convivial.

Nous y étions invités à déjeuner et nos hôtes nous ont démontré des talents culinaires insoupçonnés. C’était absolument parfait.

Lundi 10 juin.

Aujourd’hui, nous sortons le bateau de l’eau en sorte qu’il est préférable de tout faire avant. Aussi tandis que je m’occupais de nettoyer le frigo … Que dis-je ? Nettoyer ? Lécher serait plus exact … Ann se tapait les formalités en douane car comme nous laissons le bateau sur place, il fallait que le chantier se porte garant pour lui …

Vers 13 heures, nous sommes partis vers la darse alors que le vent soufflait trop fort et surtout, qu’un mauvais courant nous déportait latéralement ! S’il n’avait tenu qu’à moi, j’aurais postposé le moment mais deux membres de l’équipe de « Dynamite Ltd » étaient venus spécialement pour nous aider.

Quitter la marina ne posa pas de problème particulier … par contre, devant rentrer dans la darse, en marche arrière, il me fallait trouver un peu d’espace pour entamer ma manœuvre bien avant d’atteindre la darse et c’est là que tout a failli très mal tourner !!

Contrairement aux saisons précédentes, des voiliers étaient amarrés  juste dans le prolongement de la darse en sorte que « S.A.S.³ » se trouvait coincé entre deux bateaux lorsque j’ai enclenché la marche arrière avec pour résultat … que notre avant s’est trop déporté vers l’étrave d’un « Amel ».

Ayant perçu le danger, j’ai eu le temps de crier à Ann de repousser l’étrave menaçante avant de causer des dégâts aux deux bateaux. Par bonheur, nous n’avons rien touché et pas davantage pris la ligne de la bouée dans la quille ou dans l’un ou l’autre propulseur.

Une fois dans la darse, j’ai poussé un énorme soupir de soulagement. J’avais la bouche aussi sèche que du carton-pâte.

 

Le bateau est resté amarré dans la darse durant une petite heure, le temps que la grue revienne s’occuper de lui. Ce fut ensuite le nettoyage au karcher  et la pose du bateau en un endroit temporaire !  Normalement, il est stocké dans l’allée principale mais un autre bateau devait partir et le chantier a préféré attendre qu’il soit parti.

Alors que tout semblait baigner dans l’huile, une catastrophe nous guettait : le courant électrique du chantier arrivait jusqu’à notre tableau électrique du coffre arrière mais pas au-delà en sorte que nos précieux chargeurs ne fonctionnaient pas !!! Impossible de laisser nos batteries se décharger durant cinq mois sans les abîmer de manière irrémédiable …

Comme nous devions prendre notre avion le lendemain matin, le temps imparti pour solutionner le problème avant notre départ, se comptait … en heures !

Le soir, nous prenions l’apéro au « Zanzibar » avec Thierry & Françoise de « Symi ».

Mardi 11 juin.

Grâce à Mark de « Dynamite Ltd », son électricien était sur place dès 7 heures du matin ! Mais sans la perspicacité d’Ann, l’électricien aurait sans doute mis des jours avant de trouver. Disposant de plusieurs sources possibles d’électricité (quai, moteur principale, groupe électrogène), un switch est nécessaire. Sur la plupart des voiliers, celui-ci est manuel mais sur « S.A.S.³ »  il est automatique … et cause de nombreux soucis.

Une fois la panne localisée et comme nous avions la pièce de rechange en réserve, ce ne fut plus qu’un jeu d’enfant auquel je me prêterais bien volontiers si je n’étais aussi mal à l’aise avec l’électricité.

Notre problème électrique étant solutionné, nous sommes partis à l’aéroport, le cœur léger. Nous nous y sommes rendus avec le shuttle du chantier, indéniable précieux service à la clientèle. Le malheur réside en ce que le chauffeur ne travaille que durant les heures syndicales alors que les avions atterrissent à toutes les heures et notamment, le dimanche …

Comme nous sommes beaucoup moins rancuniers que je ne le pensais (!), nous avons voyagé avec la compagnie aérienne allemande « Condor » dont nous avions gardé un affreux souvenir (cfr. article spécial).  Mais après ce vol fort mitigé, je ne suis pas certain que nous ne chercherons pas la prochaine fois, une autre alternative.

Tout d’abord, quand je parle de « vol », je devrais plutôt parler de « vol omnibus » : Trinidad – Tobago (changement d’avion et réenregistrement des bagages) – Barbade – Francfort (changement d’avion)  et enfin,  Bruxelles … avec chaque fois  un contrôle de sécurité ! A chaque contrôle, nous avons été enquiquiné pour un problème différent !

A la « Barbade, nous avons failli péter un câble lorsqu’ils nous ont fait descendre de l’avion … juste pour nous faire passer un contrôle de sécurité interminable !! Mouais … bon … ce n’est sans doute pas l’exacte vérité mais il n’empêche que nous avons dû sortir de l’avion avec tous nos bagages à main, passer ce maudit contrôle qui a pris une éternité (plus d’une heure) et encore patienter devant la « gate » avant de pouvoir reprendre notre place dans l’avion !

Sur le vol Tobago – Barbade, nous avons eu droit à un équipage de cabine fatigué dont l’amabilité était très limite. Quant au service de bord, il est tout simplement de plus en plus limité et cela se ressent.

Comme il fait extrêmement froid dans tous ses avions, cette fois, j’avais pris mes précautions en enfilant mes Moon Boots, ma salopette de ski, mon  bonnet en laine et mes gros gants. J’ai eu mon petit succès même si certains ont cru nécessaire de me préciser que la saison des sports d’hiver était dépassée comme si je l’ignorais. Il n’empêche que je suis le seul à avoir dû mettre la climatisation au maximum pour ne pas fondre sur place. En finale, je me demande si je ne l’ai pas rêvé celle-là …

Nous sommes arrivés à « Bruxelles », mercredi 12 juin avec une heure de retard soit à 15.25 heures (heure locale) en étant parti de « Trinidad » à 12.30 heures (heure locale). Il  y a six heures de décalage.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Juin 2019.

Aurions-nous enfin compris les tenants et aboutissants de la piraterie dans la région !! On a du mal à y croire et pourtant, à y regarder de plus près, l’explication qui nous a été fournie, semble être corroborée par les éléments en notre possession. De quoi s’agit-il ? Selon nos informations, ce ne sont pas les pêcheurs vénézuéliens qui attaquent les plaisanciers mais la « Guardia » vénézuélienne qui réalisent de brèves incursions dans les eaux territoriales, avec des canots à moteur surpuissants. Leur forfait commis, ils retournent tout aussi rapidement dans les eaux territoriales du Venezuela tout proche où ils jouissent de l’impunité. Cela expliquerait que les attaques n’ont lieu que de jour !

Lorsqu’on trace la frontière maritime entre Trinidad et le Venezuela, on se rend compte que la plate-forme pétrolière « Hisbiscus » ne se situe qu’à 3.5 milles de la frontière entre les deux pays ! Or c’est à hauteur de cette plate-forme que l’on enregistre le plus d’attaques !!

Les faits semblant parfaitement établis, il est difficile de comprendre pourquoi les « Coast Guard » ne patrouillent jamais le long de cette frontière … à moins qu’ils n’aient peur d’avoir à affronter la « Guardia » vénézuélienne !

En mai 2019, trois « convois sécurisés » (sous protection des « Coast Guard ») ont été organisés au départ de « Carriacou ». Un autre « convoi sécurisé » sera organisé le 20 juin ce qui nous semble fort tard dans la saison.  Le principe reste qu’il faut un minimum de dix bateaux et un « pigeon » pour tout organiser.

Quand les autorités de « Trinidad » vont-elles enfin éradiquer  le problème à la racine ?? Nul ne le sait et aucune volonté politique ne se dessine. L’organisation de « convois sécurisés » est une nouveauté de cette année 2019 et n’a été mise en place qu’en raison d’un réel vent de panique survenu après une dernière attaque en plein jour où des coups de feu ont été tirés ! Mais il ne s’agit selon moi,  que d’une emplâtre sur une jambe de bois et il est à craindre que cette « protection » disparaîtra aussi vite qu’elle est apparue.

Les « Coast Guard » pour leur part, demandent qu’on leur adresse un plan de navigation avant chaque traversée pour leur permettre de nous « surveiller à distance ». Si nous le faisons, je n’en vois pas trop l’utilité dès lors qu’en cas d’attaque, le temps de réaction (à supposer encore que quelqu’un ne vienne à votre secours) serait bien trop long. Par ailleurs, nous avons réalisé à ce jour, cinq traversées et au grand jamais, nous n’avons vu un bateau des « Coast Guard » en mer … par contre, nous avons à chaque fois, pu relever que tous leurs bateaux étaient tranquillement amarrés à leur base de « Chaguaramas » !

Et les pêcheurs vénézuéliens dans tout cela ??  En principe, ils ne peuvent pas pêcher dans les eaux territoriales mais dans la réalité, ils ne s’en privent pas comme il est aisé de le constater mais là encore, les « Coast Guard » restent parfaitement invisibles. Ensuite, ils viennent à « Chaguaramas » pour écouler le produit de leur pêche et repartent chez eux avec des biens de consommation introuvables dans leur pays. Ceci explique leur présence en grand nombre à « Chaguaramas ».

Qu’en est-il des assurances ?  Il semblerait sous réserve de la « perle » des polices d’assurance (mais quand c’est trop beau, il faut toujours se méfier des conditions écrites en tous petits caractères)  qu’un acte de piraterie soit assimilé à un « fait de guerre » et n’est donc pas couvert !

Nous avons donc sollicité une extension de notre garantie et voici les conditions qui nous ont été posées par notre compagnie d’assurance:

  1. Extension de garantie valable uniquement durant une période bien précisée d’une dizaine de jours soit la période de la traversée envisagée !
  2. Surprime de 1.600 € !
  3. Franchise de 20.000 € !
  4. Présence obligatoire des « Coast Guard » …

Est-il nécessaire de préciser que nous n’avons pas souscrit à cette extension de garantie. En tout état de cause, ne perdez jamais de vue que la qualité d’une police d’assurance ne s’apprécie qu’en cas de sinistre ! Nombreux sont les plaisanciers qui pensaient être si bien couverts avant sinistre qu’ils nous en donnaient des complexes …

Publié par : Ann & Stéphane | 2 juin 2019

20.05 au 01.06.2019 – Transhumance.

Lundi 20 mai.

Normalement, nous aurions dû entamer aujourd’hui notre transhumance vers le sud mais en plus d’un vent déjà bien soutenu, nous avions droit à des grains qui n’étaient pas prévus la veille, par la météo. Aussi avons nous sagement décidé de rester bien tranquilles au mouillage.

L’après-midi, le vent se calmait mais il était un peu tard pour se mettre encore en mouvement.

Mardi 21 mai.

La météo étant fort changeante ces derniers jours, nous n’étions pas plus convaincus que cela de partir aujourd’hui  mais comme il faisait beau, nous nous sommes décidés à lever l’ancre pour 9.30 heures. Les voiles furent d’abord hissées avec un ris dans la GV mais comme au sortir de la baie, on sentait que le vent pourrait encore monter, nous avons pris très rapidement un second ris que nous n’avons plus lâché par la suite.

La météo prévoyait un vent réel de 15 à 20 nœuds et c’est à peu près ce que nous avons eu. Par +/80° le vent s’est établi entre 16 et 18 nœuds. La mer était bien sûr un peu formée mais sans excès. Nous étions surtout quasiment les seuls sur l’eau. Sur la journée, nous avons dû voir pas plus d’une grosse dizaine de bateaux.

Notre vitesse dans l’eau était au départ de +8 nœuds  mais par la suite, elle est passée à +9 nœuds sans que l’on comprenne bien pourquoi.

A l’abri du vent derrière l’île de « Sainte Lucie », la mer était beaucoup plus calme mais plutôt incroyablement, le vent réel est monté de 19 à 22 nœuds !!!  Je suppose que le vent dévalant des collines, sa force s’en est retrouvée renforcée.

Au mouillage de « Marigot Bay » (30 NM) où nous sommes arrivés pour 14 heures, il y avait du monde et de suite, de l’ambiance. Il est fort à parier que tout ce petit monde sera parti aux aurores. C’est du moins ce que nous avons prévu de faire contrairement à la saison passée où nous étions restés deux nuits. Ce n’est pas que nous soyons pressés mais nous supportons mal les moustiques …

Mercredi 22 mai.

Après une nuit trop courte durant laquelle, tout à loisir, nous avons pu comparer les moustiques martiniquais à leurs cousins de « Sainte Lucie », nous avons largué notre bouée de mouillage alors que tout le monde semblait encore dormir ! Une prouesse que je tenais à signaler …

A 6 heures, la GV était hissée juste à la sortie du chenal. Il n’y avait pas grand vent et la mer était calme … comme d’habitude. Evidemment, une fois que nous avons laissé derrière nous « Sainte Lucie », les choses ont pris assez rapidement une autre allure avec un vent réel de 17 à 19 nœuds dans le 80° et une mer un peu formée.

Le « canal » séparant « Sainte Lucie » de « Saint Vincent » avec ses 30 NM, est le plus large à traverser  et malgré nos +9 nœuds dans l’eau, cela prend du temps. Malgré tout, la navigation fut fort agréable.

La seconde partie de la traversée fut plus musclée avec un vent réel de 20-25 nœuds  et une vitesse dans l’eau à  +10 nœuds. J’ai  cru pendant tout un temps que le speedo était calé sur 10 nœuds !

Jusque là, nous avions tenu avec une GV arrisée à 2 ris et le génois grand ouvert. Même si « S.A.S.³ » semblait très à l’aise à cette allure, la puissance qu’il dégageait, m’a rappelé qu’il serait inconvenant d’arriver à « Bequia » en pleine heure de table ! Aussi nous avons réduit le génois au 1/3 (je n’aime pas les demi  mesures).

Si j’avais relu mes notes de la saison passée (nous aurions sans doute  attendu une journée sans vent pour traverser …) , je me serais rappeler qu’à l’approche de la pointe nord de « Saint Vincent », cela pouvait méchamment « déménager ». Si nous n’avons pas eu les 35 nœuds de la saison passée, l’anémomètre est quand même monté jusque 29 nœuds. C’est fou ce que l’on est content quand on arrive dans la zone sans vent … et puis c’est tellement bon de se dire que les bateaux qu’on croise, n’imaginent pas un seul instant combien ils sont à deux doigts de déguster. 

Après un vif soulagement,  j’en ai fini par regretter l’absence de vent et toute mon attention s’est concentrée sur le bruit du moteur : le bruit est-il normal ? N’ai-je pas ressenti une vibration anormale ? Mon Dieu … pourvu que maintenant celui-là ne tombe pas en panne ! Selon mon psy, je garderais quelques petits traumatismes de mon expérience nautique ! En clair, il vaut mieux faire du bateau tant qu’on a aucun vécu en la matière.

Tout le long de « Saint Vincent », nous avons eu droit à un vent venant de notre tribord c’est-à-dire d’ouest !!!!! Ce n’est qu’après avoir entamé la traversé depuis quelques milles qu’enfin, la situation est redevenue normale avec un vent d’est de 17 à 20 nœuds … et une mer assez agitée pour ne pas changer.

Nous étions à peine remis de nos interrogations qu’un cargo, le « Luzon Strait », qui venait de quitter « Kingstown Bay », nous fonçait dessus !  L’accent anglais d’Ann n’était-il pas le bon, nous avons eu beau l’appeler sur la VHF, il ne nous pas répondu (!!) mais par bonheur, il a bifurqué vers le nord et nous est passé sur notre arrière.

Nous sommes arrivés au mouillage de « Bequia » (62NM) juste pour la fin de la pause déjeuner (13h40) et contrairement à la saison passée,  nous y étions à l’abri du vent. Nous nous sommes mis à la bouée avec une cinquantaine d’autres bateaux de plaisance dont la plupart étaient à l’ancre.

Jeudi 23 mai.

Nous avons carrément fait le tour de l’horloge tant nous étions en manque de sommeil ! Après cela, la décision fut vite prise de passer la journée à « Bequia » … alors que sur le trajet, j’avais fermement l’intention que de n’y passer que la nuit avant de poursuivre sur « Carriacou ». Comme dirait feu mon père « il n’y a que les ânes qui ne changent jamais d’avis ».

Nous avons donc réalisé les formalités d’entrée sur l’île après avoir mis l’annexe à l’eau. Comme hier encore, nous hésitions quant à nos intentions, nous n’avions prudemment pas mis pied à terre en restant sous le couvert du pavillon jaune (= demande de passage de la douane).

Vendredi 24 mai.

Le ballet des bateaux qui partent et qui arrivent, est toujours incessant avec peut-être un plus grand nombre de départs ce matin.

Pour notre part, nous avions pris la décision de visiter l’île en taxi ce qui nous a pris tout juste trois heures. Cela valait certainement le déplacement même si l’île n’est pas très grande et les routes épouvantables, les points de vue sont à vous couper le souffle.

Bien entendu, j’aurais aimé un taxi un peu plus confortable mais le sort nous a fait opter pour le « pittoresque ». Je n’aurais tout de même pas supporté une heure de plus dans cette carriole.

Ensuite, nous avons été manger au « Mac’s Pizza » situé en bord de mer, juste en face de notre mouillage. Si la pizza n’était pas mauvaise, elle était assurément trop garnie en sorte que nous ne sommes arrivés péniblement qu’à la moitié ! Entre les trois tailles disponibles, je vous suggère vivement la plus petite …

De retour à bord, nous avons profité de la fin d’après-midi pour aller nous baigner. L’eau est vraiment bonne et limpide. Par contre, les fonds descendent très rapidement en s’éloignant du bord. Juste sous notre safran, j’ai vu une longue serpentine qui se mouvait sur le fond et une toute petite murène qui est passé d’un trou à un autre avec toute la vitesse du désespoir.

Samedi  25 mai.

Il  y a énormément de bateaux de location ou de charter … nous sommes dans les « Grenadines ».

La météo depuis notre arrivée, est très agréable avec pas mal de soleil et un vent très modéré.

« Symi » nous a rejoints mais malheureusement, il a jeté l’ancre à l’autre extrémité de la baie.

Dimanche 26 mai.

Décidément notre séjour sur place se prolonge plus que prévu mais nous sommes tellement bien …

Ce midi, nous avons été déjeuner avec « Symi » au « Porhole » situé un peu plus haut sur la grève. Un peu de vie sociale fait toujours du bien.

Lundi 27 mai.

A 6.26 heures, nous avons été brutalement réveillés par le klaxon énergique d’un des ferrys qui relient l’île à « Saint Vincent » ! Une vraie plaie.

Comme nous avions décidé de partir pour 8-9 heures, nous avons tenté de nous rendormir … sans nous rendormir trop profondément. Très frustrant.

A 8 heures, nous étions debout et après une bonne douche, nous avons préparé le bateau pour notre petite croisière du jour qui devait nous mener aux « Tobago Cayes » (26 NM). Une première pour nous !

8.42 heures, la GV était hissée et arrisée à 2 ris. De fait, nous n’avions pas enlevé les ris de la GV lors de notre arrivée à « Bequia ».

Alors que nous nous dirigions, au moteur , jusqu’à la pointe sud de l’île, nous avons assisté à l’étrange ballet d’un catamaran américain, « L’Acadienne » (Nautitech 441) dont on ne parvenait pas à comprendre l’itinéraire. En fait, il attendait que nous ayons établi la voile pour nous prendre en chasse !!

Pour autant que fut désagréable de se voir dépasser par une caisse à savon, nous n’avons pas répondu à l’incitation à la régate en le laissant seul faire tout son petit manège. En hissant haute la GV, nous n’avions absolument rien à gagner mais au contraire, tout à perdre.

« S.A.S.³ » marchait dans l’eau à +8 nœuds par un vent réel de 17 nœuds à 75°. Tout ce qu’il y a plus de honorable pour un monocoque de cette taille. Face à un adversaire de même catégorie, nous aurions certainement relevé le gant mais pas question de faire le jeu de ce petit crétin.

Si nous n’avions pas eu à l’esprit que nous nous allions nous engager dans des eaux inconnues (les Tobago Cays), nous aurions sans doute mieux profité de l’instant idyllique mais insidieusement, nous nous posions la question de savoir s’il ne serait pas plus aisé de faire l’impasse sur les « Tobago Cays » et de nous rendre directement à « Carriacou » voire à « Trinidad » …

Mais comment s’avouer que nous aurions renoncé à notre projet … par simple couardise !! Appelons un chat … un chat même s’il est vrai que l’une et l’autre mésaventure avec du corail peut expliquer une certaine réticence à s’aventurer au milieu des patates de corail.

L’approche des « Tobago Cays » se révéla particulièrement stressante car ce que je voyais … ne correspondait nullement à l’idée que je m’en étais faite au départ de la carte ! C’était tout simplement paniquant : de l’eau à perte de vue avec des dangers invisibles plus sournois les uns que les autres.

C’est en gardant la tête froide et en se fiant totalement à notre carte électronique (!) que nous avons finalement jeté l’ancre juste devant les deux ilots, sur un fond de sable par -5.40 m d’eau. Il était 12.30 heures.

Certes, l’endroit est magnifique et mériterait certainement que l’on s’y attarde un peu mais ce sera pour une prochaine fois car nous n’avons pas trouvé le plus petit courage pour mettre l’annexe à l’eau ! Encore un peu et nous aurions poursuivi notre route jusque « Union » pour y faire notre déclaration de sortie …

Durant la nuit, la mer fut beaucoup plus clapoteuse et dans ce noir absolu, j’aurais préféré être en un autre endroit ! L’endroit ne me paraît pas assez « save » à mon goût car la barrière de corail ne m’a pas semblé pouvoir casser  la houle contrairement à ce que nous avons connu en Australie, en remontant  la « Grande Barrière de corail »! Cela ne m’a pas empêché de passer une excellente nuit !

Mardi 28 mai.

Je me suis réveillé naturellement (?) à 7.30 heures ! Comme nous n’avions aucune envie de nous éterniser sur place, nous avons pris la passe sud et au moteur, nous avons été jusque « Union » pour y  faire notre clearance de sortie. Même s’il est vrai qu’avec une bonne cartographie électronique, on peut se balader dans les « Tobago Cays » sans trop de difficultés, je regrette malgré tout que des chenaux n’aient pas été balisés ou à tout le moins, une petite bouée pour signaler un haut-fond dangereux.

Au moteur, jusque « Union » nous avons été un peu ballotés par les flots mais la distance (4 NM) n’étant pas excessive, nous n’avons pas eu le courage de mettre la toile.

A la différence des « Tobago Cays », le chenal d’accès à « Union » est bien balisé par des pieux rouillés bien visibles et mieux vaut car il faut faire un sérieux détour par le large avant de pouvoir braquer vers le mouillage.

Plutôt que mettre l’annexe à l’eau, nous avons fait appel à un « boat boy » qui nous a aidés à prendre une bouée.  Ensuite, il a été conduire Ann à terre. Tous les « boat boys » que nous avons rencontrés dans les « Grenadines » sont charmants et ils n’insistent jamais si vous ne leur achetez rien. En comparaison, certains plaisanciers sont carrément odieux avec eux dont et comme par hasard, notre « crétin » venu jeter son ancre à une encablure de notre bateau !!!

Les formalités accomplies (les autorités locales sont très accueillantes), nous avons pris notre petit déjeuner. Ensuite, nous avons quitté le mouillage pour « Carriacou » (10NM) que nous avons atteint pour l’heure du midi après une traversée sous voiles (GV à 1 ris).

Sur ce court trajet, le vent est assez capricieux (14 à 20 nœuds).  Il s’agit essentiellement de rafales de vent … tout ce que je déteste même si « S.A.S.³ » réagit très doucement face à ces augmentations brutales de vent.

Au mouillage, nous avons jeté l’ancre sur un fond de sable par -6.40 m. La visibilité était parfaite ce qui me semble être une première depuis que nous avons découvert cet endroit bien protégé. Nous étions en train de mettre le prélart (taud) sur la GV que le « crétin » faisait son entrée dans le mouillage pour aller jeter l’ancre à une encablure de notre avant !!

Je finirai par croire qu’il a été payé pour nous suivre à la trace ! A l’opposé, nous avons « Nereyade » (Hans 63’) que nous voyons un peu partout mais qui semble vouloir éviter toute confrontation sur l’eau en ne partant jamais en même temps que nous.  

Mercredi  29 mai.

Journée de farniente avec un petit passage par le supermarché local où Ann n’a quasiment rien trouvé !

Jeudi 30 mai.

En nageant dans le mouillage, j’ai vu deux « Grondin volant » ou « Rouget volant » en plein évolution … superbe mais aussi quelque peu inquiétant ! Une première pour moi.

Soleil radieux mais en présence d’un vent peu soutenu, nous avons eu droit à rouler toute la journée ! « Il n’existe pas de rose sans épine ».

Autre conséquence du vent faible, nous avons relevé très peu de trafic !! J’ai souvent remarqué que plus le vent était fort et plus les plaisanciers avaient la bougeotte !!!

Vendredi 31 mai.

Comme nous avions pris la décision de quitter « Carriacou » pour « Trinidad » – en ligne directe (112 NM) – il nous fallait faire notre clearance de sortie à … « Carriacou ». Quand nous sommes rentrés de ces formalités qui ont pris un temps fou, un catamaran américain « Anejo » n’avait rien trouvé de plus intelligent que de jeter son ancre juste devant notre étrave alors qu’il y avait toute la place voulue !!!

Les plaisanciers américains auront été toute cette saison, une véritable plaie en raison de leur sans-gêne légendaire. J’espère que nous en verrons moins la saison prochaine car sinon, il y a de quoi désespérer.

Par chance, le « crétin de service » était encore à bord en sorte que nous avons pu obtenir de lui que pour 14 heures, il aurait quitté son emplacement. Si je ne m’attendais pas à ce qu’il soit de parole, force m’est de reconnaître qu’à 13.30 heures, il était à nouveau à son bord !

Ne nous tenant plus de partir, nous le lui avons signifié et nous avons eu droit en retour à tout un discours dont nous n’avons pas compris un mot sauf qu’il ne bougeait pas !! La moutarde me montant au nez, j’ai mis le moteur et nous avons commencé à relever notre ancre fichée dans le sable juste en-dessous de sa coque …

Notre manœuvre étant sans équivoque quant au fait que quitte à lui rentrer brutalement dedans, nous comptions bien relever notre ancre, en toute hâte, il a mis son moteur et a avancé largement sur sa chaîne. Nous pensons qu’il a eu la frousse de sa vie en voyant « S.A.S.³ » lui foncer résolument dessus.

ll était 13.45 heures lorsque la GV fut hissée à un ris. Difficile de savoir à quelles conditions de vent nous avions droit tant ce dernier jouait au yoyo … qu’en finale, nous avons préféré prendre le second ris.

Doublant « Grenade » par la face atlantique, nous avons eu droit à une mer formée et à un vent réel (10 à 14 nœuds) quasiment sur la tranche du nez de quoi me faire regretter amèrement d’avoir opté pour cet itinéraire. Cela tapait copieusement et de surcroît, nous avions un courant traversier qui nous poussait vers les ilots … le pied !

Une fois à hauteur de la grande île, cela allait un peu mieux mais nous étions toujours au moteur avec un vent réel qui ne parvenait pas à s’établir !! Ce n’est que lorsque nous avons atteint les grandes profondeurs que le vent s’est fait ressentir de manière très nette( 12 à 17 nœuds dans le 50°) et que nous avons pu marcher à la voile.

Si l’angle du vent est resté constamment le même, sa force a augmenté en seconde partie de nuit jusqu’à afficher très brièvement 22 nœuds !  Mais c’est la vitesse dans l’eau qui a été des plus déconcertante tombant à certains moments à 4 nœuds alors qu’il y avait plus de 13 nœuds de vent réel !! En moyenne, nous marchions d’abord péniblement à +7 nœuds. Puis comme par miracle, les vagues ont été prises sous un autre angle et la moyenne est montée à +8 nœuds et plus tard, à +9 nœuds.

Nous n’avons pas eu le plaisir de voir la lune sans pour autant que la nuit soit trop noire. Le ciel était dégagé et constellé d’étoiles. Le plus important reste que nous n’avons pas vu le plus petit bateau. Le premier (un cargo) fut aperçu à une quinzaine de milles des côtes de « Trinidad » que l’on distingue assez facilement après le passage du puits de pétrole.

Passé les puits de pétrole (il était minuit), nous aurions pu théoriquement abattre sérieusement mais en raison d’un fort courant qui nous poussait vers l’ouest, nous avons tenu le même cap … et marché en crabe. Il nous restait 33 NM à parcourir jusqu’à l’entrée du plan d’eau intérieur de « Chaguaramas ». Jamais trajet ne me parut aussi long d’autant que la fatigue se faisait de plus en plus cruellement ressentir.

Bien que l’on distinguait déjà fort bien le contour de la côte, le vent s’est mis à souffler de plus en plus fort en sorte que même avec la trinquette, nous ne sommes pas parvenus à calmer la « bête » qui avait littéralement pris le mors aux dents. Assez effrayant car nous allions arriver avec deux voire trois heures avant le lever du jour !!!!

Ce n’est que dans les tous dernier milles que le vent est tombé et que nous avons été contraints de relancer le moteur. Un comble après avoir fait l’impossible pour réduire notre vitesse. Et comme de bien entendu, nous avons mis encore plus d’une bonne heure après le lever du jour pour atteindre l’entrée de la passe …

Nous l’avions à peine franchie que nous avions à faire face à quatre bateaux de pêche vénézuéliens qui sortaient !! La présence de témoins gênants  les a certainement dissuadés de nous aborder mais si nous les avions croisés un peu plus tôt en mer, je ne me fais aucune illusion quant à leurs intentions.

Je ne comprends pas les autorités de « Trinidad » qui permettent à ces pirates de venir faire escale, en toute liberté, en leurs eaux !! Si au moins, les autorités en profitaient pour établir des contrôles et les ficher. Quand je pense que nous avons stressé toute la nuit et que d’autres plaisanciers n’ont été d’accord de venir sur l’île qu’en « convois sécurisés » à la seule idée de rencontrer lors de la traversée, l’un de ces maudits pêcheurs vénézuéliens, je suis réellement écœuré. Il n’y aurait pas le problème des cyclones et des assurances, nous ne mettrions plus les pieds à « Trinidad » pour cette seule raison.

Le « private dock » de chez « Peake » tombe littéralement en ruine (attention aux clous qui dépassent …) mais cela reste pour nous, la seule option en raison du nombre de corps de métier qui doivent passer à bord. Un bruit avait couru que les bornes électriques seraient uniformisées (elles ne sont pas les mêmes au quai  et sur le terre-plein !!) mais là non plus, rien n’a changé.

Si les autorités locales sont toujours aussi complaisantes avec les « pirates », elles se montrent toujours aussi chiantes avec les plaisanciers : on n’en finit pas de remplir des tonnes de documents et d’en exhiber d’autres. Evidemment, nous avons eu un droit à un surcoût important de taxes parce que nous sommes arrivés un week-end …Tous les moyens sont toujours bons pour vous faire banquer.

En milieu d’après-midi, nous avons été dîner au « Zanzibar » (resto de Peake). On peut choisir n’importe quel plat, tout est frit dans la chapelure et les quantités sont astronomiquement insupportables. En clair, c’est dégueulasse.

Quoi que j’en dise, nous sommes quand même très contents d’être là après une traversée « sublime » avec une petite pensée pour « Symi » qui se trouve encore de l’autre côté alors qu’une dépression tropicale approche …

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publié par : Ann & Stéphane | 22 mai 2019

01 au 18.05.2019 – Il était une fois un groupe électrogène …

Au chantier de « Carenantilles » (Martinique) où « S.A.S.³ » est amarré en l’attente de la réparation de la fuite d’huile de son GE.

Mercredi 01 mai.

Comme nous sommes privés de GE depuis lundi, nous nous sommes branchés à la borne électrique du ponton. Nous aurions bien aimé pouvoir faire marcher notre airco car les températures frisent l’insupportable mais malheureusement, la borne électrique ne donne que du 32A. Il y a bien une prise de 60A mais pas moyen de trouver dans le commerce locale, la fiche correspondante !

Par manque de chance, toutes les nuits, il pleut … nous empêchant d’ouvrir en grand, nos capots de pont. Soupir.

Comme personne n’est venu travailleur aujourd’hui  à bord (fête du travail), nous en avons profité pour nettoyer le GE devenu plus accessible sans son cocon isophonique.

Avant de nous mettre au travail, Thierry & Françoise de « Symi » sont venus nous raconter leurs déconvenues successives avec « Caraïbe Gréement ». Il serait  fastidieux de vous narrer leur histoire mais leur problème tourne autour d’un enrouleur de GV dans le mât et du manque de disponibilité de « Caraïbe Gréement » qui les fait tourner en bourrique depuis plusieurs semaines.

Jeudi 02 mai.

Comme je le prévoyais, Ludovic de « I.D.S. » en avait fini avec le remontage du GE pour  11 heures. Il s’agissait assurément de la partie la plus agréable du travail. Le seul problème est que nous avons trouvé une flaque d’huile en-dessous du GE un peu plus tard … laissant planer la question de savoir s’il ne faudrait pas recommencer tout le travail !!!

Pour 11.30 heures, nous avons quitté le ponton de « Carenantilles » pour aller prendre du diesel (1.040 litres) à la marina. Malgré les années qui ont passé, nous rencontrons toujours beaucoup de succès avec notre voilier dès que nous pointons le nez en marina ou à un ponton fuel ! Surprenant.

Ensuite, nous sommes partis pour le mouillage de « Sainte Anne » où un vent réel de 25 nœuds nous attendait de pied ferme. L’occasion d’obtenir la confirmation que notre chaîne d’ancre « super luxe » livrée en novembre, présentait déjà des tâches inadmissibles de rouille !!!!

Au stade où nous en étions et pour nous éviter de nettoyer notre intérieur pour recommencer le lendemain, nous avons décidé de procéder à l’entretien de notre GE. Malgré les lourds travaux dont celui-ci a fait l’objet durant trois jours, il n’avait pas été procédé à son entretien.

En début de soirée lorsque nous l’avons mis en fonctionnement, nous avons eu droit à notre troisième crise cardiaque de la journée : après avoir démarré, il a commencé à brouter de plus en plus fort ! Evidemment quand on coupe l’arrivée de diesel et qu’on oublie ensuite de rouvrir …

Vendredi 03 mai.

Comme je l’avais pressenti, notre petit problème de flaque d’huile sous le GE n’était pas anodin mais la démonstration que la dernière intervention de Ludovic  sur notre groupe, était parfaitement inutile !!!

Journée plus que merdique donc, agrémentée d’une météo à la fois venteuse et maussade. Et comme si tout cela ne suffisait pas, la beuglante de notre alarme juchée dans le mât, a dû être déconnectée par suite de signes manifestement inquiétants ! C’est Ann qui s’est collée à la corvée.

A part ces quelques bricoles, « tout va très bien Madame la Marquise »

Samedi  04 mai.

Ce matin, nous avons été sollicités par « Hokulea » pour les conduire sur la plage. Eric & Chantal avaient en effet, loué une voiture pour se rendre chez des amis, le week-end et ne souhaitaient pas laisser au quai, leur annexe sans protection.

Nous en avons profité que l’annexe était à l’eau pour nous débarrasser au « Marin », de nos encombrantes poubelles (résultats de l’entretien du GE) et  de faire quelques courses au « Leader Price ».

Dimanche 05 mai.

Chaque jour qui passe, confirme que la fuite d’huile de notre GE est plus importante que ce que nous avions pensé ! Le moral est donc dans les talons et toutes nos conversations durant ces trois derniers jours, tournent inlassablement autour de la question : nous craignions par dessus tout qu’il faille extraire le GE du bateau …

Lundi 06 mai.

Une éclaircie dans un océan de merde ? Peut-être …

Ludovic est passé ce matin et il a diagnostiqué cette fois … un problème au niveau du reniflard ! Travail nettement moins conséquent et onéreux que le joint de vilebrequin … d’un côté, nous en serions largement soulagés, d’un autre, il y aurait une facture qui aurait un peu de mal à passer !

Mardi 07 mai.

Si nous avons l’impression que le GE pisse un peu moins d’huile, il n’empêche que la situation reste intolérable. Ludovic est repassé ce matin, pour changer notre reniflard mais cela ne semble pas avoir apporté d’améliorations. Il  va falloir réouvrir le GE et placer une « bague » au niveau du vilebrequin en manière telle que le joint ne soit plus repositionné au même endroit …

Le problème réside en ce qu’il faut commander la « bague » auprès de « Northern Lights » et que l’agenda de Ludovic ne lui permet pas de revenir sur le bateau avant le 27 mai … En finale, c’est Romain de « I.D.S. » qui va se charger du travail et nous avons rendez-vous chez « Carenantilles », mardi prochain.

Cela devient « chaud patate » car nous sommes censés participer au convoi surveillé par les Coastguard,  qui doit partir le 20 mai de « Cariacou » pour « Trinidad ». Jusqu’à présent, la traversée s’effectuait à nos risques et périls mais la dernière attaque par des pêcheurs vénézuéliens, a fait grand bruit et les autorités ont – enfin – pris la décision de faire quelque chose en faveur des plaisanciers. Il était temps parce que nombreux étaient ceux qui refusaient de traverser sans protection.

Mercredi 08 mai.

Rien de tel que d’aller plonger pour reprendre une « vie normale » tant il est vrai que cette histoire de GE nous perturbe depuis trop longtemps. Comme par ailleurs, nous connaissons une météo plutôt venteuse, nous avons décidé d’aller plonger (-30m – 57’ – 28°) à la bouée du « Club Med ».

Si la visibilité n’était pas très bonne en raison de nombreuses suspensions, en partant « épaule droite »,  nous sommes partis contre un léger courant peu habituel en cet endroit !

Nous n’avons pas vus nos tourteaux et seulement, une unique murène mais quantité (en les voyant à l’aller et au retour, cela en double le nombre …) de langoustes toujours aussi bien cachées. Magnifique plongée qui nous a donné l’envie de remettre le couvert dès le lendemain.

En milieu d’après-midi, « Symi » faisait son apparition sur le mouillage équipé de ses deux mâts (ils avaient dû démâter et deux fois, de surcroît, pour leur problème d’enrouleur).Nous avons été les aider pour hisser leur tourmentin. Après l’effort … le verre de l’amitié.

Jeudi 09 mai.

Pour une fois, le vent est plus faible et donc plus agréable … encore qu’avec la hausse générale des températures (la température de l’eau est passée de 26° à 28° !), ce que la nature donne d’une main, elle le reprend de l’autre.

Nous devions aller plonger mais notre envie s’était quelque peu émoussée et surtout, nous avions envie de « prendre notre journée » à farniente.

Vendredi  10 mai.

Météo agréable sans être super extra mais suffisamment bonne que pour nous pousser à  aller plonger. J’avais envie d’aller explorer le nouveau spot de plongée que nous avons découvert du côté du « Grand Mur » mais Ann n’avait aucune envie de partir à la découverte de nouveaux horizons . Ce fut donc … la bouée du « Club Med » et grand bien nous en a pris.

Ce fut une plongée e-x-t-r-a-o-r-d-i-n-a-i-r-e (-18.20 m – 60’ – 28°). Difficile de vous expliquer pourquoi mais celle-ci surpassait de loin toutes les autres alors que pourtant, elles sont toutes géniales ! Il y avait certainement un bien-être général mais le clou de la plongée fut ce gros caillou qu’Ann m’a montré avec beaucoup d’insistance.

Un caillou reste un caillou aussi beau puisse-t-il être mais quand le caillou commence à bouger sur ses 8 pattes, j’en suis resté bouche bée ! L’animal était caparaçonné comme un char d’assaut de la première guerre mondiale et malgré cela, il se déplaçait avec une agilité déconcertante. Aucun obstacle aussi raide puisse-t-il être, ne lui résistait ! Une fois à bord, nous avons appris qu’il s’agissait d’une « grande cigale de mer » que je découvrais pour la première fois !!! Il paraît que c’est très bon à manger voire même meilleur qu’une langouste à la famille de laquelle il appartient.

Après cette plongée, nous sommes restés sur notre petit nuage jusqu’au soir.

Samedi  11 mai.

La météo est à nouveau beaucoup plus maussade et le vent bien présent. Malgré cela, j’ai convaincu Ann d’aller plonger. En ces conditions … pas d’autre choix que d’aller plonger (-18.60 m – 604 – 28°) à nouveau, à la bouée du « Club Med ». Nous pourrions aller plonger tous les jours à ce spot qu’à chaque fois nous avons droit à des sensations différentes.

A l’heure de l’apéro, nous étions sur « Hokulea » pour un apéro-dînatoire aux accras de crevettes … on s’en est mis plein la cravate. Très sympathique ambiance à quatre.

Dimanche 12 mai.

De très venteuse, la journée est devenue beaucoup plus acceptable en cours d’après-midi. « Laurence » en a profité pour quitter le mouillage pour la « Guadeloupe », avec son nouvel équipage  fraîchement arrivé … une occasion d’un peu les tester au cours d’une navigation de nuit avant la traversée de l’Atlantique.

C’était également le départ de « Atlantic back cruising » (15 bateaux) de « Guadeloupe » justement. Perso, je n’aurais pas hésité un seul instant à participer à ce rallye malgré un tour du monde en solo car un petit coup pouce psychologique n’est jamais inutile quand il faut s’attaquer à une traversée redoutée de nombreux plaisanciers et que le choix de rester aux « Antilles » est une option toute aussi valable.

Le mouillage est quasiment déserté tant les départs se sont accumulés ces derniers temps. Le nombre de bateaux-transporteurs est d’ailleurs en nette augmentation depuis fin avril. J’ai compté qu’approximativement, nous étions encore environ 150 bateaux … une misère pour l’endroit.

Si Toto le barracuda montait la garde sous le bateau, je n’ai plus vu ma petite raie pastenague de l’autre jour. Par contre, hier soir, j’ai aperçu à l’arrière du bateau, un beau tarpon qui s’était rapproché en raison de l’éclairage de la jupe.

La soirée pourtant bien commencée, se terminait mal avec une « alarme électricité » dont nous n’avions pas la moindre idée de quoi il s’agissait ! Nous avons juste constaté  que notre chargeur « électronique » fonctionnait correctement mais ne chargeait plus … ce qui était plutôt assez ennuyeux pour un chargeur.

Lundi  13 mai.

Christophe «le Belge » a rapidement détecté qu’il s’agissait  bêtement d’un fusible de 80A qui avait sauté et a procédé à son remplacement. Seuls, nous n’aurions jamais trouvé l’emplacement de ce maudit fusible. Pourquoi  a-t-il sauté ? Vraisemblablement parce que nous avons changé, en son temps, notre chargeur 60A par un chargeur 100A sans penser à changer également le fusible …

Nous sommes allés plonger (-21 m – 61’ – 28°) à la « bouée du club Med » pour qu’Ann puisse réaliser sa 600è plongée ! Histoire de changer quand même un peu de parcours, nous sommes partis cette fois, « épaule gauche ». Hormis deux splendides petites murènes qu’Ann a découvertes, nous n’avons pas vu nos copains habituels. Il n’empêche que j’ai adoré cette plongée.

Le soir, nous avions à dîner Eric & Chantal de « Hokulea » avec qui nous avons passé une excellente soirée.

Mardi  14 mai.

Nous sommes partis faire des courses au « Marin » où nous avons rencontré Thierry & Françoise de « Symi » tout heureux de voir la fin des travaux à bord de leur voilier. Il reste bien entendu la délicate période des essais en mer mais avec un peu de chance, cela devrait aller.

En fin d’après-midi, j’ai essayé de gonfler notre bouteille mais c’est maintenant notre compresseur de plongée qui est tombé en panne ! Ann a de suite pensé qu’il pouvait s’agir de la courroie … et elle avait raison !! Celle-ci est fortement abîmée en plusieurs endroits. Il ne reste plus qu’à en trouver une nouvelle …

Mercredi  15 mai.

La météo est toujours aussi maussade avec un vent fort variable. Nous attendons toujours la pièce pour notre GE et en attendant, on nous fait lanterner avec de fausses promesses. Nous finirons par quitter la « Martinique » sans réparation !

Le convoi sécurisé pour « Trinidad » part lundi et les probabilités d’y participer s’amenuisent de jour en jour. J’ignore s’il s’agit d’une bonne ou d’une mauvaise chose car rien qu’en parcourant les consignes données pour cette traversée sous haute surveillance, j’ai l’impression que les organisateurs en font de trop. Le mot d’ordre est en effet, de rester « groupés » et rien que l’idée de brider « S.A.S.³ » m’est tout simplement insupportable.

A l’apéro de midi, nous avions la visite de Simon-Pierre & Nathalie ainsi que les parents de cette dernière. Nathalie est une cousine par alliance d’Ann.

Jeudi  16 mai.

Si le grand jour de la réparation de notre GE est enfin arrivé … il n’en est pas de même de la « bague » qui doit solutionner notre problème de fuite d’huile !!! Elle devait arriver en provenance des USA, avec Fedex, vendredi passé (!) et ensuite, tous les jours de la semaine ! En principe, elle doit atteindre nos côtes, ce soir …

Entre-temps, nous nous sommes amarrés sur le coup de midi, dans la grande darse du « chantier Carenantilles » à défaut  d’une autre place libre. Ludovic de « I.D.S. » est venu en début d’après-midi procéder à l’ouverture de notre GE.

Après un passage presque obligé par le « Mac Do », nous avons passé une nuit oppressante à bord, sans airco. Par contre, pour la multitude d’espèces de moustiques locaux que nous avons embarqués, ce fut « open bar » toute la nuit. Au matin, j’ai même vu des moustiques qui avaient carrément la gueule de bois.

Vendredi  17 mai.

Si les moustiques avaient la gueule de bois, nous étions pour notre part, sur les rotules d’avoir servi à boire toute la nuit.

Vers 11.30 heures, nous avons vu arriver avec soulagement, Ludovic chargé du kit délivré par « Northern Lights » … et comme un miracle ne survient jamais seul, Gilles du chantier « Carenantilles » nous avait dégoté une fiche de 60A qui nous a permis enfin, enfin, enfin de pouvoir jouir de notre airco.

17 heures, Ludovic quittait le bord satisfait de son travail. Il apparaîtra par la suite que la réparation était maintenant parfaite.

Durant cette journée beaucoup moins stressante que la fois précédente car nous avons totalement laissé faire en nous cantonnant dans le cockpit, nous avons assisté à des mises à l’eau successives comme si nous étions en début de saison !!! Tout le monde n’a pas apparemment la même approche de la période cyclonique.

Samedi 18 mai.

La nuit fut délicieuse grâce à notre airco qui alimenté par le quai, a pu tourner constamment . Est-ce pour cela que nous sommes restés une nuit de plus au chantier ? Quelque part, sans doute  … Mais nous n’avions qu’une hâte de retourner à notre mouillage … loin des moustiques dont nous avions fait le plein !

Sur place, nous étions accueillis comme à chaque fois, par un bon coup de vent. Ann aurait eu besoin de passer par la pharmacie pour chercher du dentifrice Parodontax  mais nous n’avons pas eu le courage de mettre l’annexe à l’eau.

Dimanche 19 mai.

Un peu comme tous les jours, la journée a commencé par être un peu venteuse … ce qui n’a pas empêché la tenue de régates locales d’Optimist, de planches à voile et de Laser . Et comme les organisateurs n’avaient rien trouvé de mieux  que d’ancrer les bouées de régate à proximité de notre bateau … nous avons eu droit à pas mal d’animation tout autour du bateau.

A partir de maintenant, nous n’attendons plus qu’une bonne météo pour entamer notre transhumance vers le sud.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publié par : Ann & Stéphane | 5 mai 2019

16 au 30.04.2019 – Sebastian & Sonia à bord.

Mardi  16 avril.

Les affaires sérieuses ont repris avec le passage de Marcus de « Caraïbe Marine » pour regonfler le ballon de notre groupe hydrophore (grosse pompe à eau) qui plus que vraisemblablement fuite ! Nous avons commandé un nouveau groupe mais le temps qu’il arrive, on pare au plus pressé …

Du même coup, nous avons constaté avec horreur que la présence importante d’huile sous le GE !!! Il y a un mois nous avons consenti des frais importants pour changer divers joints du groupe et aujourd’hui, il pisse encore plus !

Nous avons donc procédé à un nettoyage en profondeur, du local technique.

Après, nous avons entrepris le nettoyage du pont en vue de l’arrivée de nos amis, Sebastian et Sonia, la semaine prochaine. Jamais un travail aussi basique ne nous aura autant mis sur les rotules et le mot est faible au point de remettre en question tout le programme de nettoyage de la semaine.

Mercredi  17 avril.

Passage de Ludovic de « I.D.S. » qui pense que notre problème de fuite d’huile pourrait venir cette fois, du joint du vilebrequin … ce qui serait une réelle catastrophe ! Devant l’importance des travaux à envisager, il souhaite confirmer son diagnostique en examinant la question sur la durée. Il est vrai qu’au vu des travaux exécutés, nous n’avons pas vérifié si le problème de fuite était ou non résolu et donc, l’huile s’est accumulée  dans le bac de rétention situé sous le GE et ceci pourrait expliquer cela.

Après son passage, nous nous sommes attaqués au nettoyage du franc-bord (la partie de la coque au-dessus de l’eau) … en des conditions de clapot et de vent épouvantables. Nous avions à peine nettoyé avec du vinaigre blanc qu’une vague éclaboussait tout le travail réalisé. Nous étions également ballotés dans l’annexe comme si nous affrontions une tempête … un dream, quoi.

Si le travail est donc très loin d’être satisfaisant, nous avons pu relever que la coque n’était pas sale hormis la crasse qui était dégringolée du pont lors du nettoyage de la veille. Quant aux traces blanches laissées par le sel, il semblerait que les pluies abondantes de ces dernier jours, aient remédié au problème !

Mais cette journée restera marquée par les péripéties d’un voilier norvégien « Klaus Stortebecker » (ketch de 19 m). A peine arrivé sur notre avant bâbord, il jetait l’ancre et aussitôt après, tout le monde partait avec l’annexe, à « Sainte Anne ».

Comme il était prévisible, le voilier s’est mis à déraper copieusement ! J’ignore quand l’annexe est revenue à bord mais il était largement sur notre arrière bâbord, lorsque nous avons vu quelqu’un aller à l’avant du voilier, observer le mouillage puis retourner à l’intérieur …

Par la suite, notre homme a sauté dans l’annexe et à peine s’était-il éloigné que le voilier recommençait à déraper de plus belle.

Le voilier était déjà bien loin lorsque deux annexes se sont portées à son secours. Le skipper ? Nous supposons qu’il continuait de profiter tranquillement de sa promenade à « Sainte Anne » car nous ne l’avons pas vu ! Tout au plus, une personne de son équipage s’est pointée peu de temps après les deux autres annexes.

Ce n’est que bien plus tard que le skipper s’est montré pour jeter l’ancre,  à notre hauteur. Vous pensez qu’il aurait mis un « amortisseur » sur son mouillage, qu’il se serait mis à l’eau pour vérifier son ancrage, qu’il aurait fait une bonne marche arrière pour vérifier que cela tenait bien … que néni ! Par contre, il a jeté un second mouillage composé d’une ancre et d’une longue aussière (corde) sans le moindre bout de chaîne !! Un crétin. Un parfait crétin.

Jeudi  18 avril.

Vent faible, mer belle mais assez nuageux en début de journée. Par bonheur, l’après-midi nous avions droit à un éclatant et beau soleil.

Quand faut y aller … faut y aller. Nous avons mis nos combinaisons et nous nous sommes équipés de nos bouteilles pour le second nettoyage de la saison, de la coque sous-marine. C’était sans doute moins sale que la fois précédente mais tout est parti avec une relative facilité au point que nous avons pu en terminer en une seule opération !!!!! Il n’empêche que je suis sorti avec zéro bar dans ma bouteille … Merci à mon épouse pour son aide précieuse.

Dans un autre registre, nous avons eu droit au ballet énigmatique de « Free Spirit » (Oyster 81’ – 23.88 m – 1993) qui a réalisé pas moins de deux aller/retour entre le mouillage et la pointe sud de la « Martinique » … sous seul génois ! Il avait pourtant bien démarré sous GV haute mais arrivé à la pointe sud, il l’a affalée. Chacun fait bien entendu ce qu’il lui plaît et comme il lui plaît mais quand on possède un 81’ on n’hésite pas à lever la toile et à pousser chansonnette jusque « Sainte Lucie » au lieu de faire des aller/retour entre deux points rapprochés. Enfin, pour ce que j’en dis …

Au demeurant, je suis parti à la poursuite en annexe, d’un « bidon rouge » à la dérive que je comptais accrocher à l’un ou l’autre spot de plongée (le rouge est nettement plus visible que le blanc). Je fus fort surpris de relever que le « bidon rouge » était en fait, une nourrice (bidon d’essence) d’annexe ! Nous avons mis une annonce à l’attention de son propriétaire mais cela n’a rien donné ! En finale, nous nous en sommes débarrassés entre les mains de deux jeunes rencontrés au « Marin » en allant aux poubelles …

Vendredi  19 avril.

Jour férié pour de nombreux commerces mais mon coiffeur était ouvert et donc …  j’ai la boule à zéro. Ouf … ras le bol d’avoir la tête en montgolfière.

Nous avons passé la journée (très venteuse) à préparer l’arrivée de dimanche, de nos copains.

Samedi 20 avril.

Toujours autant de vent mais en compensation, nous avons eu droit à un éclatant soleil.

Comme il nous fallait une voiture pour aller chercher nos amis à l’aéroport le lendemain, Ann en a profité pour faire des courses au centre commercial de « Genipa » en compagnie de Françoise de « Symi » tandis que je continuais d’astiquer le bateau en son absence.

Dimanche 21 avril.

Alors qu’Ann était partie à l’aéroport, « Hokulea » de Eric & Chantal faisait son apparition sur le mouillage en provenance en ligne directe de « Sainte Hélène » (25 jours de navigation). Nous nous connaissons depuis « Curaçao » en 2012, nous avons plongé ensemble aux « Galápagos » et  traversé le « Pacifique » de conserve. Cela crée des liens …

Vers 16 heures, j’allais chercher au débarcadère de « Sainte Anne », Ann, Sebastian & Sonia. Curieusement, le vent jusque là plutôt bien établi, s’était radouci.

Installation tranquille de nos invités.

Lundi  22 avril.

Avec d’aussi belles conditions météo, il aurait été un crime de ne pas faire une petite sortie en mer : direction « Sainte Lucie ».

Au départ, nous avions l’intention d’aller passer la nuit à « Marigo Bay » puis nous avons décidé de passer la nuit à « Rodnay Bay » pour ne pas avoir à réaliser les clearance de sortie et d’entrée ! En finale, nous avons parcouru un peu plus de la moitié du trajet avant de faire demi-tour et de revenir à la baie « Sainte Anne » !!!

Le ciel était bleu, la mer belle et le vent réel soufflait de 13 à 15 nœuds … LE rêve par excellence d’autant que « S.A.S.³ », toutes voiles dehors,  marchait à un train d’enfer avec sa coque super propre. Malheureusement,  Seb n’a pas résisté au mal de mer et de « cachet d’aspirine » il est passé à l’état de « branche morte » ! Par bonheur, Seb avait récupéré quelques couleurs avant même que nous ayons jeté l’ancre.

Pour une raison que j’ignore, Ann a voulu mouiller un peu plus près de la côte alors que pour ma part, il m’avait semblé voir des patates de corail à l’endroit choisi … mais ce que femme veut, Dieu le veut.

Quand Seb, parti vérifier le bon ancrage de l’ancre, a confirmé mes craintes, nous avons remonté l’ancre avec en prime un gros morceau de corail bloqué dans la anse de l’ancre. Cela n’a pas été une mince affaire pour se débarrasser de cet encombrant passager clandestin !

Ensuite, nous avons jeté l’ancre à l’endroit précis où nous étions auparavant …

Mardi  23 avril.

Cela faisait depuis des semaines que je mourrais d’envie de montrer à Seb, notre terrain de jeu. Aussi avons nous décidé d’aller plonger (-23 m – 58’ – 27°) au « Grand Mur » en se laissant aller dans un « one way ». Tout cela n’était possible que parce qu’Ann a eu la bonté de rester dans l’annexe et de venir nous récupérer là où nous avons sorti la tête (emploi du parachute). Sonia était restée au bateau car tout de même plus confortable pour elle que de passer une heure dans l’annexe, exposée au ciel.

Conséquence de l’absence de vent ou non, nous avons eu droit à une excellente visibilité, à des décors majestueux dont une partie m’était inconnue jusque là et à un petit courant porteur qui nous aurait posé problème si nous avions dû revenir sur nos pas.

Nous avons vu une murène, une langouste, un tourteau, une crevette, un ptéroïs … tout à l’unité !!!

L’après-midi, Seb & Sonia sont allés se balader  à « Sainte Anne ».

Mercredi 24 avril.

Ann devait plonger avec Sonia à la « bouée du Club Med » mais finalement, Sonia a préféré plonger avec  Seb ( -22.90 m – 51’ – 27°). J’ai fait la sécurité dans l’annexe pour nos deux amoureux. Belle plongée si  j’en crois les propos tenus par nos invités.

Jeudi 25 avril.

Tandis qu’Ann et moi avons farniente sur le bateau, Seb & Sonia sont partis faire une longue ballade (13 km)  jusqu’aux « Salines » en empruntant le sentier longeant la côte.

On ressent de plus en plus une augmentation progressive des températures !

Vendredi 26 avril.

Au matin, Ann est partie avec l’annexe pour montrer le « Marin » à nos amis qui ont poussé la promenade jusqu’au marché.

Anniversaire de Sonia. Pour l’occasion, Seb nous a invités au restaurant « Les Pirates » de la « Anse Caritan » où nous avons une nouvelle fois, délicieusement déjeuné.

Nous comptions aller manger des accras chez « Martine » en début de soirée mais repus comme nous l’étions, nous avons fait l’impasse pour nous contenter d’un apéro amélioré.

Samedi 27 avril.

Comme nous avons loué une voiture pour conduire nos amis demain matin, à l’aéroport, nous leur avons proposé de profiter de la voiture pour aller visiter l’île … tandis que nous allions plonger avec Eric & Chantal de « Hokulea » sur le « Grand Mur » (-23 m – 56’ – 1’ à – 3m- 27°).

Magnifique plongée pleine de couleurs, sans le moindre courant, une bonne visibilité et langoustes au rendez-vous !

En fin d’après-midi, Seb & Sonia étaient de retour et nous en avons profité pour aller manger tous les quatre, des accras chez « Martine ».

Dimanche 28 avril.

A 8.30 heures, j’allais déposer Ann, Seb & Sonia ainsi que Chantal de « Hokulea » au débarcadère pour que nos amis puissent prendre leur avion tandis qu’Ann et Chantal comptaient passer sur le retour, par « Genipa » pour faire des courses.

Pour ma part, j’allais dire bonjour à nos amis, Philippe & Imelda de « Pilhaouers », arrivés quelques jours plus tôt. J’ai ainsi appris avec tristesse qu’ils retournaient le soir même en France tandis que leur voilier embarquait sur le prochain transporteur de bateaux pour l’Angleterre ! Leur dérive est bloquée en position basse et ils ont décidé de faire réparer au chantier de construction du bateau.

Il  a fait particulièrement chaud ce dimanche alors que le vent n’était pas absent pour autant ! Grâce au ciel, le soir il faisait plus frais.

Lundi 29 avril.

Cela a un peu été la course car il fallait rendre la voiture de location et être présent au ponton de « Carenantilles » pour 9 heures.  Quatre techniciens devaient passer à bord !

Ce fut tout d’abord Marcus de « Caraïbe Marine » qui est venu remplacer notre groupe hydrophore (pompe à eau). Si le travail était assez simple, Marcus a perdu du temps à essayer de positionner le nouveau groupe sur ses attaches. Ensuite quand tout était en place … il n’y avait pas d’eau au robinet ! Après quelques balbutiements, il est parvenu à réamorcer le système.

Sur ces entre-faits, c’est Raymond de « Incidences » qui est revenu prendre des mesures pour la confection de notre nouveau prélart (taud de GV) .

En début d’après-midi, c’est Ludovic de « I.D.S. » qui s’est attelé (très gros travail) au démontage de notre GE en vue du remplacement du  joint défaillant du vilebrequin.

Mardi 30 avril.

Quand j’ai vu ce matin, Ludovic arriver au bateau, j’ai bien cru qu’il allait à un enterrement ! Le moins qu’on puisse en dire c’est qu’il ne ressentait aucun plaisir à continuer à désosser notre GE et il est vrai qu’il y a sué eau et sang pour y arriver avec beaucoup de méthode.

A l’heure de midi, il était pratiquement arrivé au joint défectueux mais en début d’après-midi, ce fut la douche froide lorsqu’il est apparu que le joint que nous avions en stock et bien que sa référence soit la bonne … était légèrement trop petit !!!! Si nous avions dû commander la pièce, cela aurait été la fin des haricots …

Par bonheur, Ludovic a trouvé le bon joint … chez Volvo Penta ! Restait alors à le changer et à commencer le remontage. Lorsqu’il a fallu lever l’arrière du GE pour le désolidariser de l’ensemble, son collègue  Romain est venu prêter main forte. Ces deux là forment une merveilleuse équipe.

En tout début de soirée, le GE avait retrouvé la forme même s’il fallait encore remonter quelques accessoires et tout le cocon isophonique.

Raymond de « Incidences » est venu nous livrer notre nouveau prélart de GV et Fred l’électricien est venu nous remplacer le fusible de nos feux de navigation conformément aux souhaits du fabriquant qui estime qu’il s’agit là d’un incontournable à la garantie de son produit.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Lundi 01 avril.

Nous avions constaté une concentration inhabituelle de grands yachts à moteur au « Marin ». Ann en avait déduit  qu’un transporteur de bateaux allait faire son apparition et ses suppositions s’avérèrent exactes . Le transporteur est arrivé hier soir et ce midi, tous les bateaux étaient déjà à bord ! On les retrouvera d’ici une quinzaine de jours … en Méditerranée.

Mais notre déplacement au « Marin » n’était pas justifié par notre simple curiosité mais parce que la pompe de cale de notre annexe ainsi que ses feux de navigation ne fonctionnaient plus ! Etrangement les deux phénomènes étaient liés … ce qui m’a fait penser à un fusible sauté.

Mais j’ai eu beau regarder de tous les côtés, je ne suis pas parvenu à trouver le fusible et avant de tout mettre en pièces détachées, nous avons appelé Jean-Marc qui nous avait été renseigné par « Clippers Ship », concessionnaire des annexes AB.

Finalement et comme je l’avais pensé un moment, il s’agissait bien d’un simple fusible sauté dont je connais désormais l’emplacement.

Le soir, nous avions Didier de « Laurence » à dîner.

Mardi 02 avril.

Au secours ! Les « nuisibles » sont de retour et nous encerclent petit à petit ! Au secours !

Après la molaire qui s’était désagrégée … ma pauvre épouse a  maintenant perdu la dent pivot de la dent voisine !! Ne souhaitant plus se rendre chez le dentiste de « Sainte Anne », un de ses confrères nous ayant été renseigné aux « 3 Ilets », Ann a loué une voiture pour s’y rendre. Nous aurions pu aller jusque là en bateau mais le mouillage y est loin d’être romantique !

Etant déjà sur la route, elle a poussé jusqu’au centre commercial de « Genipa » où elle a réalisé quelques courses d’avitaillement. Pendant ce temps là, j’étais seul à me morfondre sur le bateau … en écoutant  de sublimes morceaux de musique ! Mais chuuuuut.

Mercredi 03 avril.

Si nous avions projeté d’aller plonger, il faisait magnifique quoique un peu plus venteux, comme je suis du caractère à ne jamais remettre au lendemain ce qui peut être fait le jour même, je me suis attelé avec l’aide d’Ann, à la correction du bail locatif transmis par notre fille aînée et à l’élaboration d’une convention de résiliation amiable de bail. De quoi me projeter en mon ancien monde …

Après cette débauche incroyable d’énergie, nous nous sommes vautrés dans notre cockpit … vivement la pension ! L’année prochaine c’est la quille !

Le soir, nous avions à dîner Francki et Joséliade (« Joss »).

Jeudi 04 avril.

Comme nous manquons un peu de vie sociale, nous invitons périodiquement un technicien pour « garder le contact ». Aujourd’hui, c’est Fred, l’électricien, que nous avons convié et si de surcroît, il pouvait nous expliquer pourquoi nous avons eu droit ce matin, à une panne générale d’électricité (la seconde) nous aurons justifié pleinement notre besoin de « garder le contact ».

Après avoir ausculté notre installation électrique, le pronostique ne changea pas des fois précédentes : les coupe-batteries automatiques sont à remplacer. Manifestement, ils sont trop faibles et deviennent des « consommables » ! Généralement, ils ne tiennent pas plus d’une saison.

Et voilà encore une journée qui est passée comme un pet sur une toile cirée.

Vendredi  05 avril.

La météo n’était pas très engageante (nuageux et venteux) mais profitant d’une belle éclaircie, nous avons trouvé le courage d’aller plonger (-21.30 m – 58’ – 27°).

Notre escapade n’avait pas bien commencé avec l’envol d’un des tapis de protection dont nous nous servons pour protéger le cover de l’annexe alors que nous étions déjà enchaînés à la bouée ! Ceci  m’a contraint à me jeter à l’eau pour le récupérer. Si sous l’eau, il n’y a jamais de problème, le quarante mètres nage en surface n’est tout simplement plus de mon âge ! Cela m’a vidé plus de 30 bars de ma bouteille …

Magnifique plongée comme à chaque fois avec pour particularités : un petit poisson traînant derrière lui, un fil de pêche (j’ai bien essayé de l’en débarrasser mais il m’a glissé entre les doigts), un gros barracuda qui m’a frôlé sans que je ne m’en rende compte et une plongée écourtée parce qu’au détour d’un tournant, nous nous sommes trouvés face à une sorte de mur de brouillard (la visibilité était quasi nulle).

Sur le retour, nous n’avons plus retrouvé qu’une seule langouste sur les quatre que nous avions vues à la base de l’ancrage, quelques jours plus tôt !!  Ce n’est pas la première fois que des langoustes disparaissent entre deux plongées mais nous avons sans doute eu aujourd’hui la réponse à nos questionnements.

En remontant sur notre annexe, nous avons relevé la présence d’une autre annexe dont les propriétaires français (un couple au demeurant très sympa) ont fait surface peu de temps après nous. Bien qu‘équipés tous deux de bouteilles, Monsieur tenait à la main, un harpon …

En milieu d’après-midi, nous avions droit à l’arrivée du petit frère de « S.A.S.³ ». Le petit frère s’appelle « State of Grace » et mesure 39.40 m …

Comme il s’est ancré parallèlement à nous, nous avons été en mesure de l’observer tout à loisir et nous avons bien ri lorsque nous avons vu la famille de guests  jeter dans l’eau, de gros appâts ! Sur le coup, nous n’avions pas compris mais en voyant sur internet, des photos du bateau, nous avons compris qu’il s’agissait de  «pêche au gros » …

Une fois que les guests se sont lassés d’attendre la grosse prise qui ne risquait pas de se pointer … l’équipage a été de corvée pour nettoyer avec la dernière énergie, les taches que les appâts avaient laissées sur le pont  en teck !

Samedi  06 avril.

Aux petites heures du matin (10.30 heures), nous avons été réveillés par un voilier qui manifestement avait pris « S.A.S.³ » pour un rond-point ! Intrigués par ce manège, nous sommes sortis dans le cockpit tandis qu’une personne sur l’autre voilier, nous faisait des grands signes d’amitié !!!

Comment aurions nous pu imaginer un seul instant qu’il s’agissait de Christian de « Anneka One » (Garcia 75’) dont nous avions fait la connaissance lorsque nous étions tombés amoureux de son « Anneka »(Garcia 62’) qui  a servi de modèle à la construction de « S.A.S.³ » !

« La S.A.S.- S.M. à l’écoute … Que pouvons-nous faire pour vous ?  …Une annexe en perdition, vous dites  ! Nous sautons dans notre embarcation légère et nous vous la ramenons dans le quart d’heure ».

Voilà bien une conversation que nous aurions pu avoir aujourd’hui. Tout a commencé par une annexe qui me semblait déraper au loin puis par une autre annexe qui, elle, manifestement dérivait et enfin, par l’annexe de notre voisin australien qui prenait librement le large …

C’est le second incident qui nous a poussés à réagir en mettant « en mode commando » (c’est à peine si nous n’avons pas coupé les élingues pour aller encore plus vite …) notre annexe à l’eau. Dans un rugissement de moteur, nous sommes partis à la poursuite de la fuyarde. Je me voyais bien dans la peau du Chevalier servant partant défendre la veuve et l’orphelin sauf qu’encore un peu, nous privions un pauvre snorkeleur de son seul moyen de locomotion pour revenir sur la terre ferme …

Même si nous avions échoué lamentablement la première fois, nous avons eu beaucoup de chance que notre annexe soit encore à l’eau lorsque l’annexe de notre voisin australien, « Ta » (Océanis 41’), partit en ballade. Le plus amusant reste que nous étions trois (!) bateaux à nous en être rendu compte en même temps tandis que son propriétaire écoutait de la musique à l’intérieur de son bateau tellement fort que nous avons eu toutes les peines du monde à l’en faire sortir !

Lors de ce sauvetage, la seule obsession d’Ann fut que l’on n’arrive pas les premiers sur place …

Dimanche 07 avril.

Très belle journée quoi que un peu venteuse. Ann aurait eu envie d’aller plonger mais je le sentais moyennement en sorte que nous sommes restés farniente sur le bateau.

Visite de courtoisie surprise de Dirk de « Kythera » (Amel 54’) qui en fait, était présent sur le mouillage depuis quelques jours alors que nous l’ignorions ! Dirk se prépare à traverser en solitaire, l’Atlantique nord … Il n’en est pas à son coup d’essai mais à sa cinquième traversée sauf erreur de ma part. Il fait partie de cette catégorie de plaisanciers qui ne font pas un tour du monde mais passent leur temps à traverser l’Atlantique dans un sens et puis l’autre. Nous avions fait sa connaissance à « Lanzarote » (Canaries).

Lundi 08 avril.

Alors qu’on le pensait en mer, Christian de « Anneka One » est venu avec son ami Marcel, nous faire une petite visite de courtoisie.

Après leur visite et malgré que la matinée aie déjà touché à sa fin, nous avons décidé d’aller plonger tellement les conditions météo étaient idéales : mer calme, soleil et petit vent.

Nous nous sommes équipés et avant de rejoindre notre spot de plongée, nous avons fait un petit crochet par le voilier de Marcel ancré tout à côté, pour leur dire un dernier « au revoir ». En remettant les gaz, nous avons eu droit à de drôles de hoquets en provenance de notre moteur d’annexe !!!!

Directement, nous nous sommes dirigés vers « S.A.S.³ » avant de nous faire emporter par le courant. La catastrophe … Qu’allions nous faire si notre moteur d’annexe commençait à déconner ? Après examen, nous n’avons rien trouvé d’inquiétant et conclu que le moteur avait aspiré une crasse qu’il avait recrachée entre-temps  …

Après quelques essais pour nous rassurer que notre moteur d’annexe avait retrouvé toutes ses couleurs, nous sommes partis plonger à notre spot habituel car il y a beaucoup plus de passage à cet endroit au cas où …

Plongée exceptionnelle (-23m – 57’ – 26°) malgré une visibilité qui se limitait à quelques mètres ! C’est en voulant trouver un peu de profondeur que je me suis éloigné du (tombant) et que je suis tombé nez-à-nez avec un banc d’une dizaine d’individus, de Tarpons ! Généralement,  c’est la nuit que je les vois à l’arrière du bateau lorsque je gonfle nos bouteilles mais en plongée, il s’agit d’une première en « Martinique ».L’animal est assez impressionnant et de loin, se confond avec le requin en raison de sa taille. De près, il n’y a pas la moindre ressemblance et reste très reconnaissable.

Lors de notre retour au bateau, nous avons encore eu quelques palpitations cardiaques lorsque le moteur d’annexe s’est arrêté sans raison !! En fait, j’avais oublié de relever un bout que nous laissons pendre à l’arrière de l’annexe lorsque nous sommes en plongée, pour attacher le matériel au cas où nous devrions remonter dans l’annexe, en catastrophe. Le bout s’était pris dans l’hélice lorsque j’ai ralenti …

Mardi 09 avril.

Le temps idéale  pour faire un petit tour en mer mais … nous sommes restés sur place comme des gros fainéants que nous sommes. On est tellement bien …

Le mouillage se clairseme de plus en plus et ce n’est que du bonheur. De moins en moins, nous avons de problèmes de proximité et par bonheur, nos voisins australiens sont partis en cours de matinée. Ils étaient quand même un peu trop proches à notre goût …

Avec l’expérience, je constate que les plaisanciers se classent en plusieurs catégories :

Les « pitons » qui pitonnent toute l’année sur place, sans jamais bouger. Leurs bateaux prennent vite l’allure d’épaves flottantes.

Les « crampons » qui comme nous, passent des mois sur le mouillage en ne bougeant qu’épisodiquement. Pour la période cyclonique, les crampons migrent le plus souvent vers le sud.

Les « voyageurs du dimanche » sont ceux qui pensent échapper à la catégorie des « crampons » en allant passer quelques jours en d’autres mouillages mais au finale, ils ne peuvent échapper à l’attraction de la baie « Sainte Anne ».

Les « indécis » qui passent le plus clair de leur temps à passer de la baie « Sainte Anne » au « Marin » et vice et versa. On ne sait jamais s’ils parviendront un jour à se décider pour l’un ou l’autre mouillage.

Les « hyperkinétiques » qui ne passent qu’au maximum, une nuit sur place avant d’aller voir plus loin si l’herbe n’y est pas plus verte. Rien ne les arrête et il faut toujours qu’ils soient en mouvement.

Enfin, les « touristes » qui ne font que passer après avoir pris en main, leur voilier de location et que l’on revoit huit ou quinze jours plus tard juste avant de restituer leur bateau.  Ce sont de loin les plus dangereux car ils n’ont souvent qu’une expérience de navigation très limitée et en tout état de cause, personne à bord ne se préoccupe jamais du bateau.

Mercredi  10 avril.

Anniversaire d’Ann ! Eh oui, si vous l’avez oublié et bien … c’est trop tard pour le lui souhaiter.

Comme mon épouse est en « mode plongée » depuis quelques temps, il aurait été normal que nous allions plonger mais la météo était pour le moins assez déroutante :  ciel gris sans la moindre éclaircie mais c’est surtout le vent qui jouait de caprices ! Pendant plus d’une demi-heure nous avions droit à un vent à décorner un bœuf suivi d’une belle période d’accalmie et puis le vent remettait le couvert. A chaque fois évidemment, le plan d’eau se transformait en bouilloire. Nous sommes donc restés prudemment sur le bateau.

Comme en cours d’après-midi, nous avons eu droit à un vent enfin calmé, nous avons mis l’annexe à l’eau pour porter nos poubelles. L’envie d’aller manger des accras chez « Martine » s’était évanouie entre-temps  … quant au restaurant choisi, les « Pirates » de la « Anse Mitan, il était fermé !

Jeudi  11 avril.

Une météo très cra-cra qui vous cloue plus souvent à l’intérieur de votre bateau qu’autre chose. Joie. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous avons connu une accalmie toute relative.

Si cela fait depuis quelques temps que nous jouissons d’une tranquillité, elle aussi toute relative, un connard de compatriote, « Blue Marine » (Super Maramu – Amel),  a traversé l’Atlantique pour avoir le plaisir de nous emmerder en venant planter son ancre juste devant notre étrave !!!!!!! Selon nos informations, il vient juste de traverser …

Notez que quand je l’ai vu arriver sur notre arrière, à l’allure d’un escargot asthmatique, j’ai senti  qu’il allait s’arrêter juste devant notre étrave. Encore un peu et il couvrait notre orin ce qui nous aurait permis de gueuler mais là c’est juste « limite, limite » Il me tape tellement sur les nerfs que s’il doit s’incruster, j’ai bien l’intention de changer d’emplacement.

Vendredi  12 avril.

Vu la météo maussade, nous avions renoncé à aller plonger mais une bonne heure plus tard, le ciel s’est découvert et nous avons sauté sur l’occasion pour aller plonger (-28.70 m – 52’ – 26°) … au « P’tit Mur » ! Ce n’est pas tous les jours que nous allons de ce côté là mais j’en avais envie et Ann ne s’y est pas opposée.

Sur place, un petit pêche-promenade était attaché à la grosse bouée du « Club Med » !! Une personne était restée à bord  tandis que trois « locaux » étaient partis à la pêche au harpon. Même si nous nous sommes amarrés à notre bouée habituelle située un peu plus loin, je n’ai pu effacer de mes préoccupations que d’une part, je ne tenais pas à servir de cible et que d’autre part, je ne tenais pas non plus à leur indiquer où créchaient nos copains … 

Une fois sous l’eau, nous ne les avons plus vus et un quart d’heure plus tard, nous avons entendu très distinctement le boucan de leur moteur hors-bord.

Pour une raison que j’ignore alors que notre vitesse de progression était toujours aussi lente, nous avons été beaucoup plus loin que nous n’en avions l’habitude en sorte que nous sommes tombés sur un paysage totalement déconcertant ! Nous devions être arrivés à la fin du « mur » qui se prolonge par une sorte de plateau. Si c’était dépaysant, la question qui demeurait, restait de savoir si nous ne risquions pas de nous perdre sur cette immensité …

Ann n’était manifestement pas très à l’aise et comme elle a une confiance aveugle en mes compétences, elle a « induit » le moment de faire demi-tour …

Superbe plongée qui nous a fait comprendre que nous étions encore très loin d’avoir tout vu ! Les saisons précédentes, j’étais plus enclin à partir à la découverte de nouveaux spots de plongée mais cette année …

Le soir, nous pensions aller dîner aux « Pirates » mais depuis ce mercredi où nous les avions eu en ligne, ils ont décidé de ne plus ouvrir que le midi … En finale, nous avons été manger des acras chez « Martine » et nous sommes rentrés au bateau suffisamment tôt pour regarder le JT et « Khoh-Lanta ».

Samedi  13 avril.

Plus question de remettre encore au lendemain, les courses d’avitaillement. Aussi après ma petite natation quotidienne où j’ai eu le bonheur d’observer une fois de plus, ma « raie aigle » (envergure d’un mètre à un mètre cinquante) évoluer sur le fond, nous sommes partis au « Leader Price » du « Marin ».

Le soir, nous avions à l’apéro, Thiery & Françoise de « Symi » (F). En fait, nous avons fait leur connaissance en cette occasion pour découvrir que le courant passait très bien entre nous au point que nous avons passé six heures à bavarder !

Dimanche 14 avril.

Nous avions convenu la veille, que nous irions plonger (-20.60 m – 61’ – 26°) ensemble à la bouée du « Club Med ». Bien qu’ils soient tous les deux plongeurs expérimentés, ils n’avaient pas encore eu l’occasion d’aller plonger à la baie « Sainte Anne ». Ce fut donc une découverte pour eux et un bonheur pour nous de leur faire partager ce spot de plongée que nous finissons par connaître un peu … En ce domaine également, nous sommes sur la même longueur d’onde ce qui s’explique sans doute, par un nombre équivalent de plongées !

Nous n’avons – évidemment – pas eu l’occasion de leur montrer notre bande de copains habituels mais par chance, nous avons quand même pu leur montrer une murène, deux tourteaux et quatre langoustes dans le même trou. Ouf, notre honneur était sauf.

Lundi  15 avril.

Belle météo quoique venteuse mais on ne peut pas tout avoir ! Nous étions invités à déjeuner  bord de « Symi » en sorte que nous avons passé une grande partie de l’après-midi en compagnie de Thierry & Françoise et que nous n’avons rien fait d’autre de notre journée.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Vendredi  15 mars.

Nous avions décidé qu’il s’agirait d’une journée calme bien que nous ayons été contraints d’aller au « Marin » pour des courses d’avitaillement.

Un peu avant de partir, nous voyons débouler trois Oyster « Meteorite » (65’-GB) « Sea Flute » (56’-GB) et « Altaïr » (47’-USA) arborant un pavillon de rallye autour du monde en deux ans, comportant … 31 participants !! Au secours …

Au retour de nos courses, nous avions un voilier néozélandais à l’exacte place où un crétin de voilier hollandais  avait jeté l’ancre la veille … et pourtant le mouillage est immense, très, très clairsemé, nous sommes assez loin du quai de « Sainte Anne », en plein fetch et vent,  et de surcroît, à l’extrême périphérie de tous les bateaux. Alors pourquoi mais pourquoi vouloir venir se coller à nous ???

Profitant que quelqu’un pointait enfin son minois dans le cockpit du voilier néo-zélandais, par signes, Ann a fait comprendre qu’ils étaient trop près et contre toutes attentes, une quinzaine de minutes plus tard, ils allaient jeter l’ancre plus loin ! Youpiiiiiiiie. Comme quoi il ne faut jamais désespérer de l’humanité.

Le soir, nous étions invités par Didier de « Laurence » aux « Pirates » situés à la « Anse Caritan ». L’endroit est spacieux et sympa, le quai à annexes est pratique, le service impeccable et nous avons divinement bien mangé. Petit bémol : la carte n’est pas très étoffée.

Samedi  16 mars.

Ce matin, nous avons vu arriver un gros Zodiac tout neuf, 60 CV, trois martiniquais à bord (deux femmes et un homme d’âges respectables) qui ont tourné autour du bateau. Rien de très extraordinaire en cela, nous sommes habitués aux admirateurs. Une des dames s’adresse à moi (sans doute pour me demander des renseignements sur notre bateau)  mais avec le vent qui souffle plus fort que hier, je ne comprends pas ce qu’elle essaie de me dire. Je descends donc sur la jupe arrière pour que le Zodiac puisse se rapprocher de nous sans abîmer notre coque. En fait, la dame souhaitait me remettre un dépliant publicitaire …

Là dessus, j’entends Ann qui se marre comme une baleine derrière moi car elle avait compris qu’il s’agissait de surcroît, de … témoins de Jehovah !!!! Même à des milliers de kilomètres, ils parviennent encore à venir nous emmerder … avec beaucoup de gentillesse et de courage, faut-il le reconnaître.

Le soir, nous avions un catamaran espagnol « Bonzo »  (« sur le départ pour un tour du monde » … c’est très, très à la mode ces derniers temps … c’est « tendance » diraient certains) qui venait jeter l’ancre trop près sur notre bâbord. Ann a bien essayé de les faire partir mais ou le skipper était particulièrement con (hypothèse à ne pas écarter trop rapidement) ou il a joué à la perfection, le con parfait. En tout état de cause, il n’a pas bougé mais le lendemain matin, il avait quitté notre horizon déjà bouché.

Dimanche 17 mars.

Cela souffle plutôt pas mal ce qui n’empêche pas le plan d’eau d’être assez animé. « Sea Flute » et « Altaïr » en profitent pour partir tandis que deux autres Oyster feront leur apparition en cours de journée :  « True Blue » (66’ – GB) et « Red Cat » (62’ – D).

D’après les blogs que nous avons pu consulter, beaucoup de  ces Oyster font  l’objet d’une copropriété et ils ont tourné autour du monde avec quatre voire cinq personnes à bord ! Je me pose sérieusement la question de savoir si leur mérite réside en le fait d’avoir fait le tour du monde ou de ne pas s’être entre-tué au cours de ce tour du monde …

En fin de matinée, nous aurons l’immense plaisir d’assister au départ de « Vela ».Un  crétin de catamaran allemand qui nous bouchait notre horizon depuis trop longtemps.

Malgré les vagues, nous avons été plonger (-21,30m – 55’ – 26°) à la bouée du « Club Med » qui était nettement plus agitée que la dernière fois ! J’ai d’ailleurs, trouvé la visibilité particulièrement mauvaise cette fois-ci. Ceci ne nous pas empêché pour autant de savourer cette plongée comme toutes les autres.

A ceux qui s’étonneraient que nous allions plonger chaque fois au même endroit, je leur répondrai simplement … Alzheimer.

Lundi  18 mars.

Comme chaque lundi, quelqu’un avait enlevé la bonde de l’évier et dans le mouvement, les Oyster « Red Cat » et « Meteorite » ont levé l’ancre.

Superbe journée au point que j’ai regretté de nous être privés d’un petit tour en mer comme la fois passée mais bien évidemment, nous nous sommes levés bien trop tard …

Au cinquième ou sixième passage, je ne sais plus exactement, Ann est sortie de ses gonds à l’égard d’un Bavaria 41’, « Miaw », loué par l’école de voile de la Trinité, qui traversait à la voile, dans un sens et puis dans l’autre,  le mouillage. Nous étions devenus leur bouée de régate …

Cela les amusait beaucoup de nous frôler sur tous les bords mais comme il s’agissait  de débutants, il ne fallait pas être grand prophète pour voir qu’à un moment ou un autre, ils rateraient leur manœuvre et nous rentreraient dedans ! Aussi comme le coup de gueule d’Ann n’avait pas suffi, nous avons envoyé un mail à la société de location du voilier … efficace car depuis lors, ils n’ont plus osé s’approcher de nous.

Chaque jour, j’essaie de profiter de cette superbe immensité d’eau, pour faire quelques brasses. Si la visibilité était aujourd’hui, exécrable, j’ai pu voir notre copain « Toto » (le barracuda) se tenir tout près de notre quille. Il n’est pas tous les jours là mais bien souvent.

Mardi  19 mars.

Si la journée avait bien débuté avec un ciel bleu et un petit vent agréable, cela s’est dégradé au cours de l’après-midi au point de nous faire douter de notre envie de faire un petit tour en mer le lendemain comme prévu …

Nous avons connu quelques moments difficiles lorsque nous avons eu l’impression que le mouillage était pris d’assaut par un grand nombre de « nuisibles » mais par bonheur, aucun n’est venu jeter l’ancre trop près de nous et surtout, le mouvement s’est calmé de manière aussi abrupte qu’il avait débuté !

Le pire moment de tension en ces cas là, est lorsqu’ils approchent avec une lenteur d’escargot et que vous voyez quelqu’un à l’étrave, prêt à lâcher l’ancre. Notre rythme cardiaque s’emballe alors et nous prions … « avance », « mais avance donc, crétin », « par pitié, avance encore un peu ».

Arrivée discrète de « Oyster Blew » (56’ – GB)  faisant également partie du rallye Oyster.

Comme il fallait faire tourner le moteur de l’annexe (pour éviter que le sel ne se cristallise dans les conduites d’eau de mer), nous l’avons mise à l’eau avec pour objectif de déposer les poubelles et d’essayer une nouvelle fois, de faire un coucou à nos amis Franki & Josse de « Monoï ».

Par chance, ils étaient à bord et nous avons ainsi pu visiter leur catamaran (Lagoon 47’). Comme tous les propriétaires d’un bateau, ils connaissent des problèmes techniques mais leur moral semble être au beau fixe et ils espèrent pouvoir reprendre le charter d’ici quelques temps.

Mercredi  20 mars.

Eh non, nous ne sommes pas partis en mer ! La météo n’annonçait rien de très extraordinaire et déjà la veille au soir, nous avions pris la décision de ne pas nous réveiller plus tôt que d’habitude … condition sine qua non pour Ann pour faire un tour en mer !

Nous n’aurons pas eu l’occasion de nous pencher sur le cas de « Oyster Blew » qu’il était déjà reparti … à l’image de son tour du monde en deux ans !! Etonnamment, nous avons trouvé qu’il ressemblait beaucoup plus à « S.A.S.³ » que les autres Oyster !

Jeudi  21 mars.

Journée courses au « Marin » sous un ciel menaçant. Sur le retour, nous n’avons d’ailleurs, pas pu éviter un petit grain. Il fait réellement cra-cra !

Nous avons vu Didier de « Laurence » qui est actuellement au « Marin » pour divers petits travaux.

Vendredi  22 mars.

Ann avait rendez-vous à 15.15 heures avec le dentiste de « Sainte Anne » à la suite de la brisure d’une de ses molaires. La dent se désagrégeait tellement que la seule solution fut de l’arracher ! Selon Ann, ce n’est ni un doux, ni un tendre. Nous espérons qu’au moins son diagnostique était exact et qu’il n’y avait rien d’autre à faire …

De retour à bord, Ann n’a eu d’autre choix que de se mettre au lit en espérant que la douleur allait s’atténuer. Joie.

Samedi 23 mars.

Avec ce qu’Ann avait enduré, il ne fut évidemment question que de farniente. Il faisait très beau.

Dimanche 24 mars.

Journée très cra-cra avec une succession sans fin de grains. « Tout le monde aux abris » était la consigne du jour.

Lundi 25 mars.

C’est décidé, nous allons changer le nom du bateau ! Nous allons dorénavant l’appeler … « au bon repos ». Ce nom lui correspond tellement bien qu’effectivement, si nous n’y prenons pas garde, nous resterions cloîtrés à bord. Mais bon, nous devons penser à évacuer les poubelles …

Journée de courses et d’avitaillement : notre jardin potager a un rendement extrêmement faible …

Mardi 26 mars.

Comme hier et les jours précédents, les débuts de journée sont souvent très venteux et cela s’adoucit en cours de journée. En ce début de soirée, il fait paisible et cela fait énormément de bien. Je déteste le vent même si parfois, je l’appelle de tous mes vœux pour faire avancer le bateau ou pour faire baisser les températures.

Qu’il  y aie du vent ou pas, rien ne semble arrêter les clubs de plongée locaux de faire le plein ! En comparaison lorsque nous voulons plonger en Mer du Nord, il faut s’inscrire à trois ou quatre sorties pour avoir la chance de pouvoir plonger ! Les inscriptions se prennent des mois à l’avance et le plus souvent, la sortie est annulée à cause du vent.  Le problème ne réside pas tant dans la mise à l’eau des plongeurs mais bien dans leur récupération …

En ce qui nous concerne, il est certain que nous plongerions plus souvent si les conditions météo étaient plus « agréables » … trop de vent ne donne pas spécialement envie de sortir tout le matos. Et pourtant, lorsque nous passons outre comme en ce jour, nous ne le regrettons jamais d’autant que le temps de plonger et le plus souvent, la mer est plus malléable à la sortie de l’eau !

Nous comptions aller plonger à la bouée du « Club Med » mais comme notre bouée était déjà occupée par un autre bateau de plongée, nous avons décidé à la dernière minute, d’aller plonger (-28 m – 57’ – 26°) au « Grand Mur » nettement plus exposé au vent et à la houle.

Nous sommes partis « épaule gauche » et mon Dieu, quelle plongée !! Ok, nous n’avons pas vu nos copains habituels mais un cousin à « Toto » qui était en embuscade ainsi qu’une serpentine dorée toute mignonne. C’est surtout le cadre qui était splendide et fort différent des autres spots de plongée. Mais attention aux courants très, très locaux qui peuvent réellement déboussoler le plongeur non averti.

La visibilité était bien meilleure que lors de notre dernière plongée et cela a certainement contribué à l’excellence de notre sortie.

Arrivée de « Venture », Oyster 53’ américain faisant partie du rallye autour du monde … c’est le 7è participant à jeter l’ancre en « Martinique ». Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup d’autres car même s’ils étaient nombreux sur la ligne de départ (31 candidats), ils sont généralement nettement moins nombreux à l’arrivée …

Mercredi 27 mars.

Quand nous nous sommes réveillés, le bateau roulait. A l’heure du midi, il roulait. Durant tout l’après-midi, il a roulé et le soir, les mouvements de balancier se sont encore accentués ! Horrible et terriblement exaspérant. C’est surtout quand on est dans le carré que le roulis se fait le plus ressentir.

Et tout cela à cause d’un vent plutôt faible de sud ! Le bateau se met alors perpendiculaire à la houle et la force du vent n’empêche pas la houle du large de rentrer dans la baie. Et pour notre malheur, cela devrait être ainsi jusqu’à la fin  de la semaine …

« Venture » n’aura fait qu’une apparition puisque ce matin, il était parti. L’arrivée du rallye est prévue à « Antigua » en avril 2019, sans autre précision.

Jeudi 28 mars.

Ce matin, on aurait pu croire que le roulis avait disparu ou du moins, qu’il s’était nettement  atténué car le vent avait repris quelques vigueurs mais en cours d’après-midi, le vent est retombé …

Depuis quelques temps déjà, nous avons de temps en temps droit à des journées de « grand calme » sur le mouillage ! Parfaitement inexplicable, cela correspond généralement à des vents plus faibles. On pourrait même penser que plus le vent est fort et plus cela pousse les plaisanciers à se déplacer !!!

Nous n’avons pas déroger à la règle en profitant d’une seconde journée de farniente très agréable.

Vendredi 29 mars.

Comme j’avais rincé la veille, à l’eau douce, le moteur de l’annexe, il n’y avait aucune raison impérieuse de mettre l’annexe à l’eau … nous en avons profité pour une journée de farniente supplémentaire !

Si le soleil a été de la partie toute la journée, nous avons continué de rouler dans tous les sens …

Samedi 30mars.

Quatrième jour de roulis … le pied ! Je commence à en avoir plus que ras-le-bol. La journée, bien calés dans notre vaste cockpit, cela reste supportable mais en soirée … L’idée d’aller au « Marin » faire quelques courses, fut donc bien accueillie.

Le soir, nous étions invités sur « Laurence » à prendre l’apéro et à manger une délicieuse pizza. Tous les week-ends, nous avons un catamaran « pizzaiolo »  qui vient jeter l’ancre dans la baie.

Dimanche 31 mars.

Cinquième et on l’espère, dernier jour de roulis ! Grâce au ciel, nous connaissons de temps à autres, une petite période de répit. Il n’empêche que  je ne me rappelle pas avoir connu un phénomène aussi long à la baie « Sainte Anne ».

L’envers de la médaille est que nous connaissons un temps très sec et généralement bien ensoleillé. Au finale, je ne sais pas ce que je préfère entre un temps plus humide et venteux mais sans roulis et un temps plus sec et moins venteux mais avec roulis !

Comme toujours, au réveil, je n’ai qu’une seule envie : farniente encore et toujours. Mais bon, il faut de temps en temps se bouger un peu le cul … aussi, nous avons été plonger (-22.40 m – 58’ – 27°) à notre spot habituel.

Nous avons eu la chance de voir nos copains habituels (murènes, tourteaux, langoustes) mais également deux « calmars de récif » en pleine eau. Une première …  sans doute parce que nous avons en permanence notre nez sur le fond.

Lundi 01 avril.

Nous avons décidé de repartir pour un nouveau tour du monde. Nous espérons passer le canal de « Panama » pour la mi-avril. Nous ne rentrerons donc  pas cette année en Belgique !

Pour fêter l’événement, nous avons décidé de manger du poisson, au dîner du soir.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

 

Vendredi 01 mars.

Même si nous avions prévu la veille, de partir pour la « Grande Anse d’Arlets » soit une navigation de 13 milles nautiques … , en ce tôt matin de premier mars rien n’était encore joué ! Pire, comme nous étions secoués par une houle venue du large (!), l’idée que cela ne pouvait être que pire à la « Anse d’Arlets »,  a bien failli assurer un enterrement de première classe à notre beau projet.

En finale, c’est Ann qui a insufflé le bon mouvement et sans plus attendre (pas de douche, pas de petit déjeuner), nous avons relevé l’ancre et sommes partis au moteur jusque là.

Navigation peu agréable en raison d’une houle toujours bien présente jusqu’au « Diamant » et d’un large grain qui couvrait tout le pourtour côtier. Mais par bonheur, à la « Anse d’Arlets », le plan d’eau était très calme et étonnamment clairsemé ! Nous avons donc trouvé sans difficulté une très bonne place, en retrait des autres bateaux, où nous avons pu mouiller 50 mètres de chaîne par -10m.

En cours de journée, quelques « nuisibles » nous ont rejoints sans marcher sur nos plates bandes … sauf le dernier, « Love Love »,  qui a eu la bêtise de venir jeter l’ancre juste devant notre nez ! Mais, son propriétaire est venu, à la nage, nous assurer que notre ancre se trouvait 4 à 5 mètres derrière son tableau et que si nous voulions partir avant eux, il suffirait de les en avertir. Superbes manières de savoir- vivre dont beaucoup feraient bien de s’en inspirer.

Samedi 02 mars.

Ce matin, ils étaient nombreux à partir et en cours de journée, les départs ne furent pas comblés par les arrivées !!! Et pourtant, la nuit passée fut un modèle de calme et de quiétude.

Magnifique journée ensoleillée avec malheureusement un vent assez fort soufflant au départ,  en rafales puis, de manière plus continue, en tourbillonnant. Assez impressionnant. Grâce au ciel, le vent a peu à peu cédé le pas en cours d’après-midi.

On est  aux antipodes de la baie « Sainte Anne ». Le mouillage est assez restreint et enfermé dans une cuvette, il n’y a pas fetch mais la houle peut se révéler redoutable lorsqu’elle est présente, il n’y a pas internet, pas le moindre technicien à l’horizon, pas de magasins à l’exception d’un ou deux petits commerces , les clubs de plongée sont hyper actifs mais se cantonnent généralement aux abords immédiats de la anse, c’est assez champêtre, les moustiques sont d’ailleurs, nettement plus présents et la plupart des plaisanciers hormis quelques crampons comme partout ailleurs, ne s’y attardent pas.

Si je trouve l’endroit super chouette, je n’ai pas le même sentiment de sécurité que celui que je peux avoir à la baie « Sainte Anne », l’absence d’internet se fait cruellement sentir, la promiscuité avec les autres bateaux peut se révéler très dérangeante selon les voisins. Quant à la houle, si elle est présente, il vaut mieux s’enfuir.

Il ne manque généralement pas d’ambiance avec le passage des nombreuses vedettes à moteur venues de « Fort de France » et les plaisanciers qui cherchent pendant des heures, le bon endroit pour jeter leur ancre. Généralement, on ne peut être rassuré que quand ils ont jeté leur ancre loin de vous mais justement, il ne faut pas relâcher son attention car ô surprise, ils surgissent comme par enchantement, tout à côté de vous !

Dimanche 03 mars.

Contre toutes attentes, le mouillage s’est encore clairsemé peut-être en raison de la houle qui s’est méchamment invitée … Par bonheur, en début d’après-midi, un vent fort la chassait pour laisser la place à un plan d’eau idyllique !

Sur base du principe que « l’herbe du voisin est plus verte », j’ai essayé vainement de convaincre Ann qu’il nous fallait prendre un emplacement plus en avant et un peu plus au centre. N’y tenant plus après qu’un voilier canadien aie fait mine de prendre l’emplacement que je convoitais, je levais l’ancre sans plus attendre le feu vert de mon épouse.

Après cela, nous aurions dû en profiter pour aller plonger comme prévu mais Ann décida qu’il était déjà trop tard ! Comme nous pensions pouvoir remettre au lendemain, je n’ai pas plus insisté n’ayant aucune envie de désangler l’annexe. Tant qu’elle est sanglée, on peut partir dans la minute.

En fin d’après-midi , quelques « nuisibles » ont fait leur apparition pour venir s’ancrer tout autour de nous ! Parmi eux « Sine Secura II », un Océanis 50’ suédois, qui nous a fait stressé toute la soirée car à certains moments, notre tableau arrière était réellement très près de son étrave …

Lundi 04 mars.

Depuis le départ, j’étais nostalgique de la baie « Sainte Anne » et de sa sécurité. Notre connard de suédois ne fut, en finale, que la grosse goutte qui fit donc déborder un vase déjà bien rempli. Il faut reconnaître que la résurgence de la houle ne fut pas non plus du style à me donner envie de rester.

J’ai sans doute vieilli mais je n’aspire plus qu’à ma tranquillité et donc, à l’absence de tout stress. Oui, je sais, vous avez parfaitement raison, je suis bon pour la « maison de repos ».

En discutant avec Ann de notre programme pour les jours à venir, la question étant de savoir quand nous quitterions les « Anses d’Arlets », elle comprit que la situation ne me plaisait pas du tout et lorsqu’elle m’a proposé de partir immédiatement, j’ai sauté sur la proposition à pieds joints …

Comme la météo annonçait plus de 30 nœuds de vent, notre projet de faire le détour par « Sainte Lucie » avant de rejoindre la baie « Sainte Anne », fut oublié instantanément. L’idée même de lever la toile nous révulsait également : on ne quittait pas le mouillage de gaieté de cœur (Ann n’avait d’ailleurs aucune envie de partir), on fuyait à toutes jambes, une promiscuité suédoise devenue insupportable !

A peine sorti de la anse, on s’est fait cueillir par une mer très formée et un vent (- 20 nœuds) quasiment sur la tranche du nez ! Très rapidement, « S.A.S.³ »  se transformait en sous-marin ! Super ! Chouette ! On raffole !

Le passage du « Diamant » se révéla carrément angoissant car nous étions au moteur … et que nous prenions toutes les vagues de face.

Plus loin et alors que j’avais le sentiment que nous n’avancions pas, le moteur a commencé par brouter pour s’arrêter définitivement en même temps qu’une alarme stridente nous vrillait les oreilles !!!!!

En ces conditions, point d’intérêt de se préoccuper d’un moteur qui vous joue un de ses tours de cochon, il fallait d’abord et avant tout, assurer au bateau un peu de vitesse pour ne pas dériver dangereusement vers la côte ou sur un autre bateau.

Si nous avions été plus prudents, la GV aurait été hissée avec deux ris mais nous sommes partis tellement rapidement que le prélart ou taud de GV était toujours en place et toujours aussi difficile à enlever …

Nous avons pu mettre un peu de génois et voyant que le bateau réagissait positivement, nous avons commencé par tirer un bord vers le large. C’est alors qu’Ann a eu l’idée de génie de téléphoner à Ludovic de « Inboard Diesel Service » qui a pu diagnostiquer que nous étions en panne de diesel !!

Maudit réservoir journalier (90 l) qui était à sec parce que son remplissage automatique ne s’était pas enclenché ! Depuis plusieurs jours, la jauge dudit tank journalier déconnait grave mais nous ignorions jusque là qu’elle commandait également le remplissage automatique !

La bonne nouvelle était que nous avons pu rejoindre sans autre encombre, le mouillage … au moteur. Ceci étant dit, notre petit quart d’heure sous voile nous a montré combien nous avions eu tort de ne pas hisser la GV car même à tirer des bords sans fin, nous y aurions trouvé beaucoup de bonheur.

Mardi 05 mars.

Le mouillage était décidément fort clairsemé même si on retrouvait la plupart des crampons habituels. Déjà hier, la météo n’était pas « jojote » mais aujourd’hui, elle n’était guère plus attrayante donnant à l’ensemble, une impression un peu lugubre ! Bienvenue au bercail …

Grâce au ciel, en fin d’après-midi, le ciel se dégageait et faisait place à une belle embellie.

Nous avons vu passer « Sine Cura II » qui se dirigeait vers le « Marin ». S’il avait fait mine de venir en notre direction, nous étions prêts à l’accueillir …

Mercredi 05 mars.

Pas de changement du côté météo, le vent est toujours bien présent, il fait relativement beau et le bateau roule un peu mais sans exagération. Le mouillage est toujours très clairsemé et nous profitons en conséquence, d’une paix royale.

La question du jour était de savoir où était située la jauge « Vegabar 14 » du tank journalier, responsable de notre panne d’essence de l’autre jour. La trouver nous a pris beaucoup d’énergie et d’appels téléphoniques tous horizons mais presqu’un peu par hasard, nous l’avons découverte. Elle était bien cachée mais il ne faut rien démonter pour l’atteindre. Ouuuuuuuuuuf.

Comme nous étions encore dans le timing, nous avons été plonger à la « bouée du Club Med » (-20.80 m – 55’ – 26°). Toujours aussi sympa même si la visibilité n’était pas extraordinaire (mais à 5 – 6 mètres, on y voyait très bien). Hormis deux murènes, nous n’avons pas vu nos copains habituels mais quantité de crevettes et autres petits poissons multicolores.

A l’heure de l’apéro, nous avions Didier de « Laurence » et Edouard, son coéquipier. Nous avons passé une partie de la soirée à nous narrer nos problèmes techniques respectifs …

Jeudi 07 mars.

Journée très cra-cra avec pas mal de pluie.

Comme Ann avait un rendez-vous chez le coiffeur pour ses mèches, nous n’avons pas eu d’autre choix que de braver les éléments pour nous rendre au « Marin ». En attendant Ann, je suis tombé sur Franki  & Jos de « Monoï » qui m’ont fait part de leurs problèmes avec leur nouveau GE …

Il  a énormément plu durant la nuit.

Vendredi 08 mars.

Pas d’amélioration au niveau de la météo durant la matinée. En cours d’après-midi, nous avons eu droit à un mieux plus sec.

La grande particularité de cette journée a été le vol de l’annexe de « Laurence ». Notre pauvre Didier se trouvant du même coup, sans moyen de locomotion, nous l’avons aidé à aller au « Marin » pour faire sa déclaration de vol à la Gendarmerie et plus tard, à ramener à son bateau, la nouvelle annexe qu’il s’est vu contraint d’acheter.

Il doit encore maintenant récupérer son moteur d’annexe qui est en réparation depuis quelques jours. Le moteur qui équipait son annexe lors du vol, lui avait été loué …

Samedi 09 mars.

Météo superbe quoique venteuse mais superbe tout de même. Nous avons donc décidé d’aller plonger (-24 m – 61’ –  26°) à notre spot habituel mais en partant « épaule droite ». Et ce fut une fois de plus, l’émerveillement devant le spectacle qui s’offrait à nous. C’était comme si nous étions dans un aquarium géant ! Dans notre objectif, nous avons « pris » quatre tourteaux, deux petites langoustes et deux murènes.

Comme nous lisons énormément, j’ai commencé à  m’imaginer en cours de plongée, me retrouver dans un monde inquiétant baignant dans le brouillard où vivaient des créatures hideuses. Si nous avions rencontré l’un de ces monstres marins, qu’aurions-nous fait ? Beau sujet de réflexion à notre palier de sécurité (5’ à – 5m) …

Avec le recul, j’ai regretté de ne pas avoir profité de cette belle journée pour faire un tour en mer mais assez curieusement, nous étions tous les deux affectés par un sérieux mal de dos ! Si pour ma part, le sujet est très ancien, en ce qui concerne Ann, cela remonte précisément à notre arrivée sur « l’île Maurice ».

Nous étions amarrés le long d’un quai en pierre pour l’accomplissement des formalités douanières. En pleine nuit, nous avons été sortis de notre sommeil par les mouvements du bateau qui frottait dangereusement contre le quai suite à la survenance d’une grosse houle. En jouant « amortisseur » pour protéger le bateau , Ann s’est faite très mal au dos et depuis lors, connait des problèmes de dos que j’étais le seul à subir jusque là !!

Dimanche 10  mars.

Cela fait depuis de nombreux jours que le mouillage est très clairsemé et que du même coup, nous jouissons d’une quiétude merveilleuse à notre emplacement. J’ignore pourquoi mais ce dimanche, les « nuisibles » nous sont tombés dessus par vagues successives et à un moment donné, j’ai même dû donner de la voix pour éviter qu’une crétine ne vienne jeter l’ancre à une encablure de notre flanc bâbord ! A se demander ce qu’ils (elles) ont dans la tête quand ils (elles) sont derrière leur barre alors que le mouillage est un des plus grands que je connaisse.

Evidemment, si déjà, les loueurs prévoyaient un petit cours de « savoir vivre » à l’attention de leurs clients, nous y gagnerions tous énormément. Coup sur coup, nous avons eu droit à un voilier de location qui a tellement dérapé qu’il a bien failli entrer en collision avec un autre bateau et à un nageur inconscient d’un autre voilier de location qui a failli se faire scalper par un jet-ski qui l’a d’ailleurs copieusement engueulé.

Lundi  11 mars.

Ann a été voir l’ostéopathe de « Sainte Anne » qui lui a fait faire tout une série d’exercices qui l’ont soulagée mais aujourd’hui, c’était repos forcé pour elle. Pour ma part, je connais toujours de sérieuses douleurs dans le bas du dos au point que je me demande si je ne vais pas également devoir consulter l’ostéopathe ! Mais cela ne fait que trois jours que j’endure …

Le mouillage a retrouvé d’un coup, sa quiétude inhabituelle mais qui s’en plaindrait ?

Mardi 12 mars.

C’est un jour un peu spécial pour moi car c’est mon anniversaire … 64 ans ! Pour l’occasion, il me fallait trouver quelque chose « d’original » et j’ai donc choisi de passer ma journée … au lit ! En fait, ce n’était pas de gaieté de cœur mais le seul remède que j’ai trouvé pour me faire oublier mon mal de dos et espérer que cela irait mieux après cette journée de repos forcé.

Ludovic de « I.D.S. » est passé ce matin. Il était temps car notre groupe pissait de l’huile de toutes parts !! Nous avions dans nos pièces de rechange, un kit de joints à cet effet.  Si je n’en ai rien vu, Ann m’a raconté que pour arriver à remplacer tous les joints, il avait dû démonter quasiment tout  le GE !

Mercredi 13 mars.

Nous avons attendu une bonne partie de la journée, le passage de Christophe « le Belge » qui devait venir voir notre problème de jauge de carburant. L’excellente nouvelle fut que la jauge n’avait rien mais que par contre, elle était encrassée comme jamais je n’aurais pu le croire si je ne l’avais vu de mes yeux. Cela laisse malheureusement présager que le tank journalier est assez sale malgré ses filtres (!) et que l’opération devra sans doute être renouvelée dans le temps …

Nous en avons profité pour lui demander de remplacer notre Masterview Easy (instrument de contrôle placé sur le panneau de commande) par le nouveau que nous avions récupéré chez Pochon sa. C’était surtout la question de son calibrage qui nous inquiétait. En fait, il n’y a avait aucun calibrage particulier à réaliser mais Christophe a ajouté une « page de préférence » qui nous donne six informations sur une seule et même page. Un plus indéniable.

Jeudi  14 mars.

J’étais prêt à me défiler sous le moindre prétexte et l’état de mon dos (toujours un peu problématique) aurait pu en être un excellent mais Ann avait décidé de m’offrir comme cadeau d’anniversaire, une ballade en mer et aujourd’hui, toutes les conditions étaient réunies : soleil, mer belle et petit vent sympa. Difficile à refuser.

Nous avons donc levé l’ancre à 9.30 heures, pour « Roadnay Bay » (Sainte Lucie, l’île d’en face) soit 20 NM de « canal » souvent venteux et  agité. Mais cette fois-ci, le « canal » était calme et nous avons eu droit à un vent réel de 15 à 18 nœuds par un angle de +/- 90°. Nous avons donc hissé toute la toile.

Beaucoup de monde sur l’eau mais par bonheur,  nous n’avons pas été obligés de nous dérouter une seule fois !

Une fois à hauteur de « Sainte Lucie », nous avons décidé de retourner sur nos pas d’une part, pour profiter au maximum de ces conditions exceptionnelles  (on n’est jamais certain de quoi sera fait le lendemain quoi qu’en dise la météo) et d’autre part, parce que nous souhaitions passer une soirée en toute tranquillité et en toute sécurité.

Alors que nous pensions que le retour se réaliserait par un angle de vent de 80°à 90° (ce qui aurait été logique), nous avons eu droit à un près très, très serré qui ne nous a pas permis d’arriver au mouillage sans tirer un bord !

Le vent réel était tombé (!?) à 11 – 12 nœuds ce qui ne nous permettait pas de faire un près extraordinaire : + /- 7 nœuds dans l’eau par 35°- 40°.

Aux deux tiers du trajet, le vent réel est monté à 13-14 nœuds et le bateau a immédiatement bondi à +8  nœuds dans l’eau par 30°-32°. De surcroît, le vent adonnant, notre nouveau cap nous amenait droit sur l’entrée du chenal. Le pied.

Mais une fois arrivé à hauteur des terres martiniquaises, le vent s’est montré beaucoup plus capricieux et est redescendu à 11 -12 nœuds en devenant « refusant » !

A quelques encablures du mouillage, je ne suis pas parvenu à convaincre Ann de tirer un bord. A la suite de quoi, nous avons tout affalé et sommes rentrés au moteur. Il était 15 heures.

Au mouillage, nous avons repris notre place habituelle quoi que légèrement un peu plus en avant mais toujours résolument en dehors de la masse  … ce qui n’a pas empêché un crétin de petit  catamaran allemand « Vela » de venir jeter l’ancre sur notre bâbord, au crépuscule ! En cours d’après-midi, Ann avait réussi à faire fuir un Hollandais qui jetait l’ancre sur notre tribord ! Mais bon Dieu, est-ce si difficile de laisser à chacun un peu d’intimité !! A terre, ces mêmes personnes ne savent jamais comment ériger un mur de végétation assez haut et assez touffu pour s’abriter des regards du voisin …

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

Samedi 16 février.

A l’occasion de mes petites baignades quotidiennes,  je suis le premier témoin de l’évolution des salissures sur notre coque et cette saison, notre antifouling (Trilux 33 de International) me semble nettement peu performant !!

N’ayant pour autant aucune envie de nettoyer notre coque tous les quinze jours, j’ai laissé aller et sans doute, j’aurais dû réagir un peu plus vite mais j’étais persuadé que seul le tiers arrière verdissait anormalement !

Je suis un peu catastrophé que nous ayons déjà dû procédé à un nettoyage de notre coque alors que je ne me souviens pas de l’avoir fait les saisons précédentes ! Généralement, ce nettoyage n’intervient qu’en mai,  juste avant de descendre sur « Trinidad » !

N’y tenant plus, je me suis lancé dans le nettoyage de la coque sous-marine en pensant que j’y arriverais seul en une plongée d’une bonne heure … c’est beau l’optimisme !

Dimanche 17 février.

Pour nous distraire … nous avons réalisé une plongée « originale » : – 3m – 41’ – 27°. Nous étions accompagnés par une multitude de petits poissons très attirés par tout ce qui se décrochait de notre coque dans un nuage d’antifouling blanc !

Il s’agit d’un travail beaucoup plus pénible qu’il n’y paraît au premier abord. Ann s’est ainsi essoufflée à deux ou trois reprises en ne parvenant pas à attacher sa ventouse ! En raison du vent, nous devons faire face à un petit courant de surface difficile à maîtriser.

Enfin,  le travail est fait mais pour combien de temps avant la nécessité d’un nouveau nettoyage (soupir) ????

Lundi 18 février.

Comme organisé fin de la semaine passée, nous avions rendez-vous avec notre frigoriste au quai du « chantier Carenantilles »  pour le remplacement complet de notre frigo de table de cockpit.

A 8.15 heures, j’ai voulu lancer le moteur pour relever une fois de plus, que nos deux batteries « moteur » étaient en rade ! Par chance, nous avons pu remédier à la situation grâce à la batterie du  groupe électrogène. Notre bateau a toujours été pensé de manière très pragmatique par le chantier Garcia.

Il ne faisait ni vraiment cra-cra, ni vraiment beau et le vent adonnait gentiment dans les +15 nœuds. Sous l’œil très curieux de nos voisins les plus proches, nous avons levé l’ancre et sommes partis plein pot vers le chantier.

A hauteur du chenal d’accès au chantier, j’étais plus stressé que j’aurais normalement dû l’être car je me doutais que nous aurions des problèmes avec notre réservation d’emplacement. Et bien évidemment, le bateau qui aurait dû partir, n’était pas parti en sorte que nous avons été contraints de trouver refuge dans la grande darse !

Il ne s’agit nullement d’une première au point de se demander si cela vaut la peine de réserver. Je suis toujours perplexe quand on nous affirme qu’un emplacement nous est réservé mais que l’on ne peut pas préciser celui-ci.

Si la grande darse valait mieux qu’un retour forcé au mouillage, l’endroit n’était guère propice pour y séjourner … notamment, en raison de l’absence de taquets ou de bittes d’amarrage !! L’amarrage du bateau restait donc plus qu’aléatoire. De surcroît, n’ayant pas bien calculé mon coup (nous aurions dû rentrer en marche arrière), le vent et la pluie, venaient de l’arrière …

J’avais relevé qu’un quai était occupé par un Ovni 43’ qui en squattait l’avant ! Il me semblait y avoir la place pour caser « S.A.S.³ » mais la responsable du chantier doucha mes espérances en m’indiquant que l’emplacement était réservé pour un autre bateau … apparemment, certaines réservations prévalent sur d’autres réservations !

Un peu plus tard, elle revenait pour nous dire que l’emplacement était finalement libre car son client avait indiqué (très tardivement) qu’il ne comptait pas venir …

En faisant déplacer l’Ovni 43’ vers le fond du quai, nous avions un superbe emplacement que nous nous sommes empressés d’occuper. N’étais-je pas en forme ou avais-je perdu la main mais ma manœuvre en marche arrière ne se révéla pas être un modèle du genre et encore un peu, notre aile arrière bâbord heurtait violemment le quai. Grâce au ciel, in extremis, je rattrapais le coup. J’ai connu des moments plus exaltants dans ma vie …

Par la suite, nous ne pouvions que nous féliciter de notre proximité avec la marina. Nous avons ainsi eu à bord, nos deux jeunes frigoristes puis Raymond de « Incidences » pour la prise de mesures d’un nouveau prélart de GV et enfin, Marcus de « Caraïbe Marine » pour le placement de deux nouvelles batteries Optima (batteries moteur).

Au point où nous en étions, j’en ai profité pour remonter en fin d’après-midi, notre penderie à cirés … démontée en son temps (!)  pour accéder plus facilement à la pompe de douche arrière.

Le soir, comme nous étions sur place, nous avions décidé de dîner en tête-à-tête au « Zanzibar » … du moins est-ce là où Ann se serait bien vue. Pour un dîner en amoureux, je lui ai préféré l’ambiance feutrée du « Mac Do » totalement désert à cette heure là ! Je me demande si ce n’est pas plutôt mon portefeuille qui m’a guidé vers ce choix …pour ma défense, est-il nécessaire de préciser que ma carte de crédit avait chauffé toute la journée !

Contrairement à nos habitudes, nous n’avons même pas allumé la télévision en rentrant à bord vers 21 heures !  Nous nous sommes contentés de nous installer confortablement dans notre cockpit pour lire.

Mardi 19 février.

Après le passage de Raymond de « Incidences » venu nous rapporter notre ancien prélart, nous avons immédiatement lâché les amarres pour … le mouillage de la baie « Sainte Anne ». Nous avions conçu le projet de nous rendre aux « Anses d’Arlets » voire même de pousser la chansonnette jusque « Sainte Lucie » mais devant une météo pluvieuse et surtout très venteuse, nous y avons rapidement renoncé.

Nous aurions pu reprendre notre ancien emplacement mais pour nous retrouver une fois de plus, cernés de tous les côtés par des crétins de tout poil, nous avons préféré jeter l’ancre à un jet de pierre en arrière de notre ancien emplacement … pour nous retrouver cernés quelques heures plus tard, par d’autres encore plus crétins ! Il n’y a rien à faire, nous les attirons comme des mouches.

J’ai beaucoup apprécié en fait, notre petit passage par la marina du chantier. Seul bémol … le vent n’y arrive que difficilement alors que par contre, nous avons eu le sentiment que les nuages de pluie s’y concentraient !

Mercredi 20 février.

On attendra encore avant de pouvoir bénéficier à nouveau, d’une météo « agréable ». C’est, malheureusement, plutôt un temps de saison avec un vent soutenu (20 à 25 nœuds) et donc beaucoup de fetch sur le mouillage. Les grains et la pluie se concentrent eux, davantage durant la nuit et en matinée. Ces conditions ne refroidissent cependant pas  les ardeurs de nos intrépides plaisanciers qui ne tiennent jamais en place.

Comme la semaine passée, nous sommes à nouveau dans le creux de la vague avec un mouillage fort clairsemé ! Le bon côté de la chose est que pour une fois, nous n’avons plus personne autour de nous depuis la fin d’après-midi … pourvu que cela duuuuuuuuuuure. On peut toujours rêver.

Loi des vexations oblige, l’alarme de la pompe de douche arrière s’est remise à beugler ce matin !!!!!! Le comble reste que cette fois-ci, plus rien ne semblait pouvoir la remettre en route !!

Au bord de la dépression nerveuse, malgré une centaine de neuvaines et alors que je demandais à Ann de nous réserver un avion pour « Lourdes » (F), je réussissais au prix de contorsions acrobatiques,  à retirer la pompe de son support. La trappe de visite est à peine assez grande pour laisser passer ma grosse tête …

Ce faisant, la cale que j’avais placée pour maintenir en position haute, le flotteur incorporé à la pompe, tombait … libérant du même coup le fonctionnement de la pompe !! Ce petit bricolage s’était avéré nécessaire pour pouvoir faire fonctionner la pompe en « mode forcé » mais par la suite, j’ai compris que lors du montage, je m’étais trompé dans mes connexions et que ceci expliquait cela.

Après avoir décidé dans un premier temps, de remettre au lendemain, nos courses au « Marin », le ciel se dégageant enfin, nous avons mis l’annexe à l’eau et nous sommes partis braver les éléments en fureur. Jusqu’au « Marin », nous avons joué à saute mouton avec les vagues mais au moins sommes nous arrivés le cul sec. Peu de personnes sur les autres annexes, pouvaient en dire autant …

En début de soirée et comme tous les jours, le vent se calmait un peu.

Jeudi 21 février.

Quand nous nous sommes réveillés et rendus compte que le vent soufflait toujours de manière aussi soutenue, nous avons très vite réalisé que nous ne quitterions pas le mouillage … alors que pourtant cela ne semblait pas poser problème à d’autres mais bon, il en faut pour tous les goûts.

Malgré notre envie d’aller plonger, ce foutu vent qui nous vrillait les oreilles, ne nous donnait aucune envie de bouger. Aussi, nous avons farniente toute la journée.

En milieu d’après-midi, nous avons eu la visite surprise mais fort sympathique, d’Alain de « Pulsion ». Il envisage de rentrer, en mai, en France avec son bateau car son épouse Catherine se détache de plus en plus du bateau.

Vendredi  22 février.

Bien que nous soyons vendredi, le mouillage continue de se clairsemer ce qui est assez étonnant. Par contre, à 3 heures du matin, nous avons eu droit à l’arrivée en droite ligne des îles du « Cap Vert » selon les infos données par Marine Trafic, d’un catamaran suisse de  35 mètres, Ciliam », que nous avons souvent vu en Martinique. Il avait jeté l’ancre un peu sur notre arrière bâbord.

A 11.45 heures très précisément, nous étions invités à l’apéro, sur « Laurence » de Didier & Yvette en compagnie de Luc & Brigitte de « Balaruc ». Nous avons pu relever en cette occasion combien on était protégé du vent et du fetch à la « Anse Caritan » … avec l’inconvénient que les bateaux sont les uns sur les autres à un point que même dans mes pires cauchemars, je ne pourrais imaginer.

En fin d’après-midi, profitant d’une accalmie toute passagère du vent, nous sommes partis au « Marin » avec au programme, le coiffeur pour moi et la pédicure pour Ann. Nous sommes rentrés au bateau avec les toutes dernières lueurs du jour.

Samedi  23 février.

Si nous avions pensé aller plonger, la force du vent entraînant un fetch important, nous en a dissuadé une fois de plus. «  Ce n’est que partie remise » comme on dit en ces circonstances mais cela fait une grosse semaine qu’il en est ainsi et je dois bien avouer que cela finit par me taper sérieusement sur le moral …

Consolation … le mouillage continue de se vider et nous bénéficions du même coup de beaucoup d’espace autour de nous. Mais alors que nous regardions paisiblement le magazine « 50’ Inside » sur TF1, deux catamarans venaient jeter l’ancre, en toute discrétion, nous enserrant dans un carcan !!!! Eh merde …

Dimanche 24 février.

Très tôt ce matin, nos deux emmerdeurs avaient levé le camp ! Bon débarras. En finale, nous étions seuls sur le mouillage … enfin, si on ne tient pas compte des +/- 200 autres bateaux qui nous entourent.

Côté vent … pas de changement ? Si, un petit changement  … il souffle encore un peu plus fort que hier (25 à 30 nœuds) ! De quoi vous dégouter pour la vie, des Antilles.

Le bon côté des choses c’est que le beau temps persiste en la même mesure que le vent.

Lundi 25 février.

Si on ne peut pas dire que le vent s’était quelque peu apaisé, il ne s’était pas renforcé non plus et comme les autres jours, il faisait dans l’ensemble, très beau. Nous avions donc décidé d’aller plonger (-21 m – 60’ – 26°) car cela commençait réellement à bien faire de ne plus quitter le bord.

Nous sommes étonnamment arrivés sans encombre jusqu’à notre spot favori de plongée … la « bouée du Club Med » et sur place, nous étions même étonnés qu’il n’y avait pas plus de vagues qu’à l’habitude !!

Bon, la prise de bouée fut le résultat d’un cafouillage sans nom mais il n’y avait personne pour rire de nous et une fois, bien amarrés (dans un premier temps et alors que nous pensions être amarrés, nous avons constaté que nous dérivions car notre amarre avait été passée dans une mauvaise boucle de l’amarrage …),nous avons pu nous équiper sans être chahutés.

Une fois la tête sous l’eau, un merveilleux monde sous-marin nous est apparu et nous avons encore pris plus de temps que d’habitude pour en apprécier toutes les beautés … nous ne sommes donc pas allés très loin. Malgré cela, nous sommes parvenus à débusquer pas moins de sept langoustes dont cinq dans le même trou , trois tourteaux et deux petites murènes bien dissimulées.

Je dois bien avouer qu’avec ma combinaison 2.5 mm, je n’ai pas spécialement chaud sans pour autant avoir froid mais je suis un grand frileux.

Nous en avons profité plus tard que l’annexe était à l’eau pour aller déposer les poubelles à « Sainte Anne ».

Mardi 26 février.

« Quand faut y aller … faut y aller ». Ann souhaitait faire quelques courses d’avitaillement et comme nous avions prévu de partir le lendemain pour les « Anses d’Arlet », nous n’avions pas le choix de postposer au lendemain.

Comme souvent, où nous avons le plus galérer, c’était à l’entrée du « Marin » ! Des vagues assez courtes et dures venaient en effet, frapper assez brutalement la coque en aluminium de l’annexe mais en réduisant un peu les gaz, on parvenait à passer.

Au ponton du « Leader Price », j’ai attendu sagement Ann qui était allée faire ses courses. Je vois défiler beaucoup de monde et je m’amuse énormément .

Un peu plus tard dans l’après-midi, Frank & Jos de « Monoï » venaient nous dire bonjour. Ils avaient pris livraison sur la Côte d’Azur, de leur nouveau catamaran (un ancien Lagoon 47’) avec lequel ils venaient de traverser l’océan Atlantique.

Si notre soirée s’était déroulée de manière parfaitement normale, juste avant d’aller nous coucher,  le ciel nous tombait sur la tête ! Cela a commencé par une panne généralisée de courant (absolument plus rien ne fonctionnait à bord) pour se conclure par une panne du GE !!!

Connaître coup sur coup, deux pannes importantes qui  n’avaient aucun lien entre elles, relevait d’une incroyable coïncidence.

Mercredi 27 février.

Si je suis parvenu à dormir d’un sommeil paisible, il n’en fut pas de même pour Ann … il faut reconnaître que même  les WC électriques ne fonctionnaient plus !

Si nous avions compté sur un passage rapide de Christophe « le Belge », nous en avons été pour nos frais puisqu’à 13 heures, il nous indiquait ne pas disposer d’une annexe pour venir jusqu’à notre bateau … seul Ludovic de « Inboard Diesel Service » avait répondu présent. Sans lui, je ne sais pas ce que nous aurions fait puisque toute l’hydraulique étant en panne, nous ne pouvions plus remonter l’ancre, ni même descendre l’annexe …

Comme par enchantement et sans rien avoir fait d’autre que de prendre la tension aux bornes des coupe-batteries électroniques du « parc service », tout s’est remis normalement en route !!!! Pour le GE, Ludovic a immédiatement diagnostiqué un problème au niveau de l’arrivée du fuel et en finale, c’était la pompe de gavage qui était responsable de nos ennuis. C’est incroyable mais il suffit que nous projetions de quitter notre mouillage pour qu’une tuile nous en empêche !

Jeudi 28 février.

L’heure de la maintenance (toutes les 250 heures) du GE ayant sonné, nous avons retroussé nos manches. Cela nous a pris plus de 3 heures de travail sans compter le grand nettoyage qui s’impose chaque fois après et la rédaction de mon rapport d’entretien.

Depuis le début, je tiens un cahier de maintenance très détaillé de toutes nos interventions pour en garder le souvenir. C’est bien pratique d’autant qu’avec le temps qui passe, on oublie énormément.

Après cela, nous nous sommes encore tapés le « Marin » pour y déposer nos huiles usagées et autres filtres.  Près de la Capitainerie, il y a un dépôt spécialement prévu à cet effet.

Le lendemain, nous partions  pour les « Anses d’Arlets » … 13 milles plus loin !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Vendredi 01 février.

Journée courses au « Marin » où nous espérions pouvoir trouver un nouveau bac récupérateur des eaux de douche pour remplacer le nôtre qui fuitait de tous les côtés. Hélas et comme il fallait s’y attendre, nous avons fait chou blanc. En lieu et place, nous avons acheté un ensemble bac récupérateur/pompe/flotteur tout mignon mais peut-être un peu riquiqui pour notre bateau. Mais avions nous réellement le choix dès lors qu’il n’y avait que deux modèles dont l’un ne pouvait de toute manière pas convenir.

Un peu d’avitaillement au « Leader Price » et nous étions de retour à bord. Home sweet home.

Samedi 02 février.

Nous avons occupé notre journée à réfléchir si nous allions ou non installer notre nouveau bac récupérateur/pompe/flotteur pour en finale … opter pour conserver notre ancien bac récupérateur !

Nous avons alors démonté entièrement toute notre installation, nettoyé à fond chaque pièce séparément, réfléchi longuement à la meilleure manière d’assurer l’étanchéité de notre bac récupérateur pour, en finale … nous casser les dents sur les connexions électriques !!!! J’ai bien cru que je n’y arriverais jamais mais à force de persévérance, je suis parvenu à découvrir pourquoi cela ne fonctionnait pas.

Alors que tout était superbe, propre et net … nous avons compris que notre pompe de douche avait de sérieuses difficultés pour s’amorcer et cela malgré, le changement du clapet anti-retour défectueux !  Il était près de 19 heures quand nous avons donc pris la décision d’acheter dès le lendemain matin, une nouvelle pompe.

Dimanche 03 février.

Le dimanche, « Caraïbe Marine » est ouvert seulement le matin … juste le temps pour Ann d’aller échanger notre récupérateur/pompe/flotteur par une pompe de douche toute simple, sans flotteur incorporé sauf qu’en revenant au bateau, elle ramenait une 500W … au lieu d’une 800W !

Avant la fermeture, nous sommes retournés au magasin, cette fois à deux, pour voir si nous n’allions pas, en ces conditions, prendre la 1.100W ! Le choix était le suivant : 500W avec une puissance sans doute un peu faiblarde, 800W seulement en ensemble récupérateur/pompe/flotteur ou 1.100w pour un tuyau d’évacuation avec un diamètre plus important. Après moultes hésitations, nous sommes repartis totalement bredouille …

A l’apéro, nous avions Christian & Martine de « Tahaa Tiva ». Nous les avons rencontrés pour la première fois aux … « Tonga » (îles du Pacifique) et depuis lors, nous avons gardé fidèlement  le contact.

Lundi 04 février.

Si ce matin, une grande partie des bateaux désertait le mouillage et nous donnait du même coup, un bol d’air … il ne fallut pas attendre bien longtemps pour qu’ils soient remplacés par d’autres emmerdeurs encore plus « polluants ». Eh merde …

Comme il fait splendide, nous en avons profité pour aller plonger (-20 m – 56’ – 26°) à la « bouée du Club Med », notre spot super favori. A notre sortie de l’eau, un bateau de plongée avec sa cohorte de plongeurs débutants, avait pris l’autre bouée …

Même si la visibilité était relativement faible pour l’endroit, nous avons vu nos habituelles langoustes, murènes et tourteaux. Même si cela peut paraître monotone à la longue, le fait de devoir les chercher dans les trous les plus improbables, rend la « chasse » toujours aussi passionnante d’autant que le site est superbe.

Le soir, nous étions invités par « Tahaa Tiva » à aller manger de délicieux acras chez « Martine ». ll y avait foule ce jour là.

Mardi 05 février.

Chaque jour qui passe, voit mon envie d’aller voir ailleurs, fondre comme neige au soleil. Chaque jour qui passe, je trouve de nouvelles raisons de surtout ne pas quitter notre mouillage. Chaque jour qui passe, je me félicite d’avoir trouvé le paradis sur terre.

Bien entendu, je suis conscient que beaucoup doive nous critiquer de ne plus bouger, de ne plus naviguer, de ne plus partir à l’aventure mais à tous ceux là, je les invite à d’abord réaliser un tour du monde pour ensuite revoir la question. Quand on trouve SON « paradis sur terre », je ne vois pas pourquoi il faudrait le quitter si ce n’est pour mieux saisir l’étendue de la sottise de l’avoir quitté.

Le mouillage de la baie « Sainte Anne » en Martinique n’est pas  le « paradis sur terre » pour « monsieur tout le monde », loin de là. Il est notre paradis parce que nous sommes de langue et de culture française, que nous n’avons pas un voilier mais un luxueux appartement sur mer, que nous passons la période cyclonique à la montagne, que nous sommes plongeurs, que nous avons fait un tour du monde et que nous chérissons notre mode de vie actuel. De surcroît, la saison est exceptionnelle du point de vue de la météo.

Mercredi 06 février.

Le frigo de la table de cockpit ne donne pas le froid auquel nous étions habitués. Le problème n’est pas nouveau puisque déjà la saison passée, nous avons essayé d’y remédier avec Olivier mais pour charmant qu’il soit, le problème semble le dépasser. Nous nous sommes donc résolus à faire appel au grand spécialiste du froid du « Marin » qui refuse catégoriquement de venir à « Sainte Anne » ! Il nous faut donc impérativement aller avec notre bateau jusque là.

Comme nous avons connu une expérience désastreuse en voulant y jeter l’ancre, il nous faut soit un emplacement à la marina et de préférence avec un catway  soit une bouée. Ce fut le prétexte de nous rendre sur place pour en discuter avec les marineros.

Il ne fut pas aisé de les trouver (canal 9) et, apparemment, la veille du week-end n’est pas le meilleur moment mais bon, on verra bien vendredi …

Depuis deux jours, nous avons droit à un vent assez faible de sud en sorte que le bateau roule un peu mais par contre, il fait splendide. Est-ce pour cela ou non mais de manière tout-à-fait inhabituelle, nous n’avons pas subi en fin de journée, l’arrivée d’une nuée de « nuisibles ». C’est tellement déconcertant !

Jeudi 07 février.

Toujours un vent de sud … toujours une météo super agréable … juste un peu de roulis.

Comme la mer était calme, nous sommes allés plonger (-25 m – 62’ – 26° – 5’ à -3m) au « Grand Mur ». Pour être honnête et même si je savoure toujours autant le merveilleux paysage sous-marin, j’ai été un peu déçu car il me semblait que les coraux étaient plus abondants lors de notre dernière plongée.

Je dois bien avouer que j’ai été surpris par mes paliers obligatoires alors que nous avions justement décidé de plonger dans la courbe de sécurité (= sans palier obligatoire). J’ai une tendance naturelle à « descendre » et comme j’ai le nez plongé sur le sol à la recherche de l’insolite, je ne fais aucune attention à la profondeur …

Vendredi 08 février.

Aux petites heures du matin, nous étions prêts pour aller au « Marin » retrouver notre frigoriste sauf qu’avant de lever l’ancre, nous avons pris contact avec les marineros pour apprendre qu’il n’y avait pas de place pour notre bateau ! On s’en doutait un peu mais cela reste râlant car nous avons mal dormi pour des prunes.

Plutôt que de glander tranquillement, j’ai convaincu Ann de nettoyer avec du vinaigre blanc, le franc-bord du bateau. C’est toujours un travail aussi chiant bien que le plan d’eau était un peu plus calme que d’habitude.

Si la coque était très sale, assez étonnamment, il n’y avait que très peu de sel !! Par contre, le soleil tapant toujours aussi dur, nous nous sommes fait rôtir sur tranche alors que nous pensions stupidement être immunisés !

En début d’après-midi, nous sommes retournés à la marina pour tenter d’avoir un emplacement. Une réservation a été prise pour mardi prochain … sans que personne n’aie été en mesure de nous préciser quel serait notre emplacement !! Nous pensions prendre une bouée mais il semblerait que notre bateau soit à la fois, trop grand (évitage) et trop lourd.

Samedi 09 février.

Il y avait un peu plus de vent que d’habitude par contre, les connards de tout poil partis en cours de matinée, étaient aussitôt remplacés : nous sommes ceinturés de partout mais il faut bien comprendre que nous sommes ancrés au seul endroit où il est de bon ton d’être ancré …

Il ne me semble pas l’avoir constaté de manière aussi évidente les saisons précédentes mais les « crampons » de toute espèce sont légion cette saison ! Aurions-nous fait des émules ? Par ailleurs, j’ai constaté avec effarement que la grande majorité des bateaux du mouillage avaient tous un gros élastique attaché à leur poupe ! Comment expliquer autrement qu’à peine ont-ils quitté le mouillage qu’ils y reviennent encore plus vite ?

Le soir, nous avions le déplaisir de voir les bateaux de la régate engagés dans le tour de l’île, débouler sur le mouillage ! Grâce au ciel, il n’y avait pas beaucoup de vent en sorte qu’il n’y a pas eu d’accident mais parcourir le mouillage surencombré, sous voiles et de nuit, n’était pas des plus intelligent.

Dimanche 10 février.

Le vent soufflait sacrément fort avec pour résultat que le Feeling 486 français ancré depuis la veille, sur notre avant tribord, a commencé à déraper dangereusement sur le catamaran ancré juste derrière lui !

Alors que nous étions en train de nous demander s’il nous fallait réagir ou non, son skipper a finalement fait son apparition dans le cockpit. Malgré cela, il a encore pris une bonne demi-heure avant enfin de mettre son moteur et de lever l’ancre ! Il semblerait qu’il attendait Madame qui prenait tranquillement sa douche à l’intérieur …

Quand nous les avons vus partir pour « Fort de France », nous avons prié le ciel que leurs foutus copains à bord de leur Sun Odyssey 42.1 battant pavillon belge mais à coup sûr des « faux Belges », prennent le même chemin car ils n’avaient rien trouvé de mieux que de s’ancrer à proximité de notre orin (bouée qui signale l’emplacement de l’ancre)! Ce qu’ils firent deux heures plus tard.

Il y avait pas mal d’ambiance sur le plan d’eau avec le départ de la régate pour sa troisième et dernière étape.

Alors que nous nous félicitions de retrouver un peu de quiétude, c’est « Song » battant pavillon américain  à qui il prenait l’idée saugrenue de changer d’emplacement alors que le vent était trop fort pour manœuvrer seul son voilier ! Il s’est repris à plusieurs fois d’affilée avant de terminer par ancrer derrière nous alors que jusque là, il était toujours sur notre avant. En fait, j’ai constaté qu’il change souvent d’emplacement … encore un insatisfait perpétuel !

Lundi 11 février.

Avec un vent toujours aussi soutenu, nous n’avons pas eu le courage de descendre l’annexe et d’aller plonger. Aussi, nous avons farniente toute la journée sous un soleil de plomb.

La veille au soir tandis que nous étions distraits par un bon programme de télévision, un voiler australien n’avait rien trouvé de mieux que de s’ancrer le long de notre flanc bâbord. Grrrrrr.

Ce fut un grand soulagement de les voir partir en fin de matinée … pour être remplacé par un voiler français qui finissait par céder sa place à un catamaran français !!!!  En moins d’une journée, nous avons eu droit à trois crétins qui ont tous pris le même emplacement de mouillage !!!! Ils s’étaient donné le mot pour nous emmerder à tour de rôle et je ne vous parle pas du catamaran canadien sagement ancré derrière nous depuis quelques jours, qui n’avait rien trouvé de mieux que de venir s’ancrer péniblement sur notre avant tribord ! Mais Bon Dieu qu’est-ce que nous leur avons fait ?

Mardi 12 février.

Rien ne nous sera épargné ! Nous avions rendez-vous à la marina du « Marin » avec notre frigoriste pour remplacer le réfrigérateur de notre table de cockpit sauf que quand nous avons commencé à lever notre ancre … nous n’avions plus de barre !!!

Par bonheur, l’ancre n’avait pas encore décroché du fond en sorte que nous avons pu remettre  toute notre chaîne sans le moindre dommage. Rétrospectivement et alors que le vent soufflait à plus de 25 nœuds, nous avons imaginé la scène en plein chenal  … Christophe « le Belge » a eu beau  nous dire que les pilotes automatiques étaient toujours en état de fonctionner, je me voyais mal manœuvrer et prendre un emplacement en marche arrière en de telles conditions.

En catastrophe, j’ai été vérifié que le safran n’était pas bloqué et que l’ancre était toujours à sa place.

En finale, notre problème de barre n’était pas grave en ce que l’axe de barre s’était « bêtement » désolidarisé du secteur de barre ! En cause … un stupide écrou qui s’était fait la malle. Trois fois rien, une broutille …

Dans l’ignorance de l’importance de notre problème de barre, nous avions décommandé la marina et le frigoriste qui a malgré tout, envoyé deux jeunes techniciens pour se faire une idée plus précise du travail et ce fut une chance parce qu’ils n’ont pas voulu prendre la responsabilité de désolidariser la « cuve » de son support. A dire vrai, nous savions par avance que ce point allait poser problème mais nous pensions pouvoir nous en remettre à eux  … fatale erreur évidemment !

Une fois de plus, nous nous sommes retrouvés confrontés à devoir parer à un problème d’apparence insoluble … sauf à tout détruire. A la fin de la journée, après beaucoup de patience et d’opiniâtreté, la cuve bougeait un peu et s’était même laissée remonter de deux ou trois millimètres ! Victoiiiiire.

  1. Le « crétin n° 3 » a été remplacé en milieu d’après-midi par le « crétin n° 4 ». Plus nécessaire pour nous, de regarder « tournez manège » à la télévision …

Mercredi 13 février.

Ce matin, c’était le « grand exode » : le mouillage s’est littéralement vidé alors que le vent souffle depuis dimanche de manière assez soutenue !

On aurait pu se demander pourquoi nous avons couru jusqu’au « Marin » voir le frigoriste pour s’entendre dire que nous pouvions couper sans problème tous les tuyaux ou fils électriques qui nous embêtaient pour sortir la cuve … un simple appel téléphonique aurait suffi. Sans doute, avions nous espéré secrètement que le travail ayant été déjà bien entamé, notre frigoriste aurait préféré terminer la phase délicate. Désillusion d’autant plus totale qu’il nous a bien été spécifié que tant que la cuve ne serait pas sortie, il ne pouvait rien faire …

Comme il est toujours difficile d’avoir un emplacement à la marina du « Marin », nous en revenions à l’idée de jeter l’ancre dans la zone de mouillage comme tant d’autres le font ! Rien de tel en conséquence qu’une petite reconnaissances des lieux avec notre annexe munie de son échosondeur sauf que c’est bien évidemment quand on en a besoin … que l’appareil vous fait défaut : plus moyen de l’allumer !! Après avoir fait tester notre échosondeur chez « Diginav », nous avons acheté un nouveau fil d’alimentation …

De retour au bateau, Ann me signifiait qu’il ne fallait même pas en rêve, penser me saisir du plus petit tournevis ! Mais enfin bobonne …

Le soir, nous prenions l’apéro à bord de « Kythera » (Amel 54’) de Dirk & Greta. Très sympa comme soirée.

Jeudi 14 février.

Ce n’était plus ce matin, un exode mais carrément le « sauve qui peut » !!! Enfin, je me console car bientôt avec quelques autres bateaux, nous allons constituer « l’association des vieux crampons » et peut-être demander à l’Etat français, des allocations en le cadre de la restauration des monuments et des sites.

Pour notre « Saint Valentin », je me suis glissé dans ma salopette (super sexy …) pour dans un premier temps, faire faire des pompes à notre cuve. Jamais vu cela … à croire que cette maudite cuve était collée à son support ! En finale, c’est en établissant un palan prenant appui sur la bôme que nous sommes parvenus par petits à-coups successifs à extraire le bébé. Nous avons beaucoup regretté l’absence de Dirk qui dans une autre vie, était gynécologue.

Après ce véritable coup d’éclat, nous avons passé beaucoup de temps à tout nettoyer pour en finale, procéder à quelques petites retouches de peinture.

Jamais à court d’idées stupides, je me suis ensuite lancé dans le remplacement du fil d’alimentation de l’échosondeur de l’annexe. Assez étonnamment, je n’ai pas rencontré de problèmes particuliers !

Vendredi 15 février.

Nous sommes grands-parents pour la troisième fois … notre fille aînée a accouché d’un petit Gaspard. Grâce à la technologie et bien que nous soyons distants de plusieurs milliers de kilomètres, nous avons pu le découvrir comme si étions sur place. Merveilleux.

Comme notre frigoriste ne nous donnait plus signe de vie, nous avions décidé d’aller le voir au « Marin » et d’en profiter pour nous trouver un emplacement où il accepterait de venir travailler …

Nous avons sondé le mouillage des « grands bateaux » mais comme nous le pensions, il n’est pas aisé de trouver une profondeur raisonnable car on passe assez abruptement de -20m à -2m. Quant au mouillage situé du côté du chantier naval, il nous paraît trop encombré pour se risquer à y jeter l’ancre. Ce dernier mouillage correspond d’ailleurs mieux pour des bateaux de taille moyenne. Nous sommes certainement un peu frileux sur la question.

Nous nous sommes donc résolus à regarder du côté du chantier naval qui dispose de pas mal d’emplacements à quai. A cette suite, nous avons réservé pour lundi matin … reste maintenant à voir si notre frigoriste si sympathique pourra se libérer en conséquence ou s’il nous faudra attendre mardi  pour le voir!

Sur le mouillage de « Sainte Anne », les « nuisibles » de toutes espèces s’infiltrent de tous les côtés  comme un poison qui se répand. On ne les voit pas toujours arriver mais d’un coup, ils sont là tout à côté de vous ! Ils sont tellement heureux du mauvais coup qu’ils vous ont joué, qu’on se sent mal à l’aise de rouspéter.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Older Posts »

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :