Publié par : Ann & Stéphane | 4 juin 2021

16 au 29.05.21 – Retour au pays.

Dimanche 16.

Martinique – Grenade : 156 NM

Réveil à 7 heures, départ pour 8 heures (Nancy & Marc de «Mana » avaient très gentiment mis leur annexe à l’eau pour nous saluer), nous sommes allés faire le plein (1.070 litres) au « Marin ». Cela nous a pris une grosse heure. Durant ce temps, Ann s’est vue contrainte de partir à pied jusqu’aux bureaux de la marina pour la clearance de sortie parce que l’appareil était en panne au ponton essence …

A 10.10 heures, la GV était établie avec ses deux ris habituels et le génois déroulé aux 2/3. Un vent d’Est soufflait à +/- 18 nœuds de vent réel. Nous sommes partis vers un waypoint situé fort au large avec l’idée de descendre en se tenant à bonne distance des côtes (+/- 8 NM).

La traversée du canal Martinique/Sainte Lucie fut des plus agréables avec soleil, mer calme et vent dans le secteur 100°. Nous marchions à une vitesse dans l’eau de 8 à 9 nœuds. Assez rapidement, nous avons aperçu les « Deux Pitons » que nous avons mis une éternité à laisser derrière nous !!!

Nous étions seuls sur l’eau à l’exception, devant nous, d’un catamaran polonais de 13 mètres dont nous n’avons jamais aperçu que l’AIS.

J’ignore pourquoi mais nous n’avancions pas sur le fond : 3 à 4 nœuds tout au plus !!!! Si au début, nous nous en sommes pas rendus compte, l’écart de distance entre le catamaran et nous restait incroyablement stable : 10 NM.

Notre moral a commencé à flancher quand nous avons compris que nous n’atteindrions pas Saint Vincent avant la nuit ! Pire, l’ETA indiquait des valeurs totalement farfelues comme une arrivée à Grenade, le même jour, pour 21 heures !!!! Le mystère sur ce point  reste toujours entier.

A la sortie de Sainte Lucie, nous avons été contraints de mettre le moteur car le vent s’estompait comme l’avait prévu la météo. Je me voyais déjà traverser le canal … au moteur ! Cela aurait été une grande première.

Le temps d’avaler une lasagne vers 17 heures, le vent repartait de plus belle dans le secteur 70°. Du secteur 70°, il est passé au secteur 100° à 120°, le vent réel montant jusque 29 nœuds. Du même coup, la vitesse dans l’eau n’a pas mis longtemps à stagner à plus de 10 nœuds.

Nuit étoilée mais sans lune. Sous GV à deux ris et génois totalement ouvert, le bateau ne donnait nullement l’impression de souffrir. Il glissait littéralement sur l’eau bien que la mer était devenue beaucoup plus agitée.

Lundi  17.

A hauteur de Saint Vincent, j’ai cru que le vent allait faiblir mais nous avons continué à supporter des claques à 29 nœuds. Si l’anémomètre ne vous avait pas indiqué la présence de ces surventes, on ne s’en serait même pas rendu compte tellement le bateau restait imperturbablement doux. C’était l’un des points essentiels du cahier des charges et l’architecte, Vincent Lebailly, a su admirablement en tenir compte.

A la sortie de Saint Vincent, nous avions dépassé le catamaran polonais qui est resté sur l’île. Nous avons dû relancer le moteur durant une petite heure !!!! C’est ensuite reparti avec des vents de +/- 22 nœuds.

Nous avons croisé deux cargos durant la nuit : le premier nous est passé sur notre bâbord, le second, très largement sur notre tribord. Seul, le premier a nécessité une attention particulière et prolongée de notre part.

Nous avions passé « Carriacou »  lorsque le jour s’est levé vers 5 heures. A partir de là, le vent est venu plus sur l’arrière et avec une mer fort agitée, le génois a commencé à battre de temps en temps. Pour les 21 derniers milles, j’ai décidé de mettre le moteur qui m’a cassé les oreilles jusqu’à l’arrivée. Ce fut, sans conteste, la seule partie pénible du voyage.

Nous étions au mouillage, toujours aussi rouleur, de « Saint Georges » à 8.30 heures. Le temps de mettre un minimum d’ordre et de descendre l’annexe, nous nous sommes présentés à l’antenne sanitaire pour notre enregistrement, à  10 heures.

Sur un plan plus personnel, je retiens de cette petite navigation, de n’avoir eu aucun appétit mais plus encore de m’être tapé un sacré coup de soleil sur la figure qui m’a empêché de dormir durant la nuit ! Je ne me sentais physiquement pas dans mon assiette en sorte que la position allongée n’était pas agréable ! J’ai donc passé la plus grande partie de la nuit en position assise, à somnoler.

Nous ne faisons plus de quarts depuis des années. Quand l’un de nous deux prend la position allongée, l’autre prend une position assise. Cela se fait naturellement sans grandes concertations.

Pour notre plus grand plaisir, nous n’avons subi aucun grain.

Mardi 18.

Le mouillage comporte depuis peu, une petite vingtaine de bouées blanches – obligatoires pour les bateaux jusque 40’ – situées le long de la côte. Peu de plaisanciers semblent vouloir leur faire confiance et pourtant, peu après notre arrivée, un « responsable » est venu nous trouver à leur propos. D’un seul coup d’œil, il aurait pu voir que nous ne rentrions pas dans les critères d’attribution obligatoire …

Il n’y a pas foule, j’ai compté 15 bateaux. Nous sommes loin de la très grosse cinquantaine de bateaux de l’année passée. Il est vrai que nous étions fin mai, début juin et que jusque là, les frontières étaient fermées à cause de la pandémie.

Mercredi  19.

Depuis notre arrivée, le soleil est toujours de la partie que cela en est un vrai bonheur.  Aujourd’hui toutefois, nous avons eu droit durant une bonne partie de la journée, à de fortes rafales de vent. J’en ai donc profité pour vérifier notre ancrage : malgré la dureté du sol, l’ancre est parvenue à s’enfoncer en grande partie.

Si je m’étonnais depuis lundi qu’aucun autre bateau n’avait pointé son nez, nous avons été servis aujourd’hui avec trois arrivées : un Norvégien et deux Américains. Par bonheur, le Norvégien est parti directement à la marina tandis qu’un des deux Américains allait ancrer à bonne distance. Pour notre malheur, le second Américain s’est senti contraint de nous coller …

Juste avant d’aller me coucher, j’ai assisté à l’arrivée d’un voilier qui par bonheur, s’est ancré de l’autre côté du mouillage. Ils ne sont pas rares ceux qui arrivent de nuit sur le mouillage.

Jeudi  20.

Nous sommes allés faire notre test PCR d’après quarantaine. Cela nous a pris une heure : 40’ de retard pour les deux infirmières , 15’ de paperasserie et moins de 5’ par personne pour se faire enfoncer un goupillon dans le fond de la gorge + un goupillon dans la narine ! Nous étions quatre équipages présents.

Pour nos poubelles, nous l’avons eu dans l’os car de bien entendu, nous n’avons pu les déposer dans le container de la marina. Il aurait fallu aller de l’autre côté de la route et payer 5 EC$.

A notre retour à bord, nous avions, comme hier déjà, un pêcheur dans une barque à quelques mètres seulement de notre tribord. Il faut croire que nous attirions les poissons pour comprendre pourquoi ce crétin tenait tellement à notre compagnie. Difficile d’aller dire quoi que ce soit à un local …

Vendredi  21.

Depuis ce matin, nous avons des problèmes avec notre routeur et donc … plus d’internet !

Nous sommes à la veille du week-end  et surtout, il ne fait pas beau (gris et fort venteux). J’ignore pourquoi mais c’est le type même de conditions qui incite les crétins à naviguer ! Le mouillage compte ainsi  plusieurs nouveaux arrivants dont pas un seul n’arbore le pavillon jaune.

Alors que nous étions dans le cockpit, un monocoque sans pavillon national est venu jeter son ancre tout près de notre tribord (après avoir dérapé, il se trouvait juste derrière nous). En réponse à nos objections, nous avons cru comprendre (il parlait anglais) qu’il nous faisait reproche en retour de ne pas mouiller dans la zone de quarantaine !!! Comme si cela changeait quelque chose à l’affaire si tant est que le fait soit établi.

Une demi-heure plus tard, sans raison apparente, il relevait l’ancre et partait mouiller à l’autre extrémité du mouillage. Nous n’avons pas répondu à ses marques d’amitié ironiques.

En fin d’après-midi, nous avons eu droit à un monocoque américain et à un catamaran lituanien, « Hiva Oa ». C’est ce dernier qui, en finale, nous emmerde le plus. A son corps défendant lorsqu’il a jeté son ancre, personne n’aurait pu prévoir qu’il se trouverait un peu trop proche de notre avant tribord.

Samedi 22.

« Hiva Oa » est parti au chantier, se faire sortir de l’eau. Ouf.

Après quelques énervements, nous avons reçu les résultats de notre test PCR : négatifs. Aussitôt, nous avons sauté dans notre annexe pour recevoir notre certificat santé et de là, nous avons été à l’Immigration et à la Douane. Là, cela fut nettement plus long avec une unique employée qui s’occupait des deux services ! Inutile de préciser qu’elle pestait.

Les équipages des bateaux arrivés bien après nous, furent libérés de la quarantaine en même temps que nous ! Parmi eux, un catamaran canadien « So What » qui arrivait en droite ligne de « Sainte Hélène », après un tour du monde express, en deux ans. Après 28 jours de mer, les autorités ont considéré qu’ils n’avaient pas à subir de quarantaine. Logique. Pour « Agna Dulce », les propriétaires étaient vaccinés depuis plus de 14 jours. Normal. Il nous manquait une semaine pour être dans les mêmes conditions.

Question météo, cela ne s’arrange guère avec de fortes rafales en cours de journée et de la pluie dès la fin d’après-midi. On est loin des conditions idylliques que nous avons connues lors de notre arrivée.

Dimanche 23.

Météo peu amène avec toujours autant de vent.

Profitant d’une accalmie, Ann est partie à la marina pour y rencontrer un jeune couple qui attendait que nous leur apportions de Martinique, une pièce que nous avions été chercher pour eux, auprès d’un catamaran de Sainte Anne. Question solidarité, le système marche pas mal entre Grenade et la Martinique .

 Vers 17 heures, nous avons eu la très désagréable surprise d’avoir une sterne perchée sur notre antenne TNT, en haut du mât. Si j’avais espéré qu’elle ne s’incrusterait pas, j’en ai été pour mes frais, car elle y a passé toute la nuit !!!!!!!!

Nous avons tout essayé pour l’en déloger jusqu’à imiter le miaulement du chat mais rien n’y a fait. La seule solution aurait été d’avoir une carabine mais là encore, j’ai craint de faire plus de dégâts à notre mât qu’autre chose. Pour bien faire, j’aurais dû monter au mât et y passer la nuit mais Ann n’aurait pu se passer de moi dans notre grand lit et je ne pouvais lui imposer une telle souffrance …

Nous avons pas mal roulé durant la nuit … ce qui ne semblait pas déranger notre sterne.

Lundi  24.

Le lendemain matin et alors que notre sterne était partie dès les premiers rayons du jour, nous avons comptabilisé les dégâts : toute la partie arrière du bateau avait été bombardée de fiente. Une horreur.

Le soleil a refait son apparition et cela nous manquait. Le plan d’eau connait une certaine activité en raison du week-end prolongé mais pour l’instant du moins, nous avons su conserver notre intimité.

Nous avons attaqué nos valises et en finale, nous sommes assez contents de relever que nous allons pouvoir ramener à Bruxelles, quantité de vêtements parfaitement inutiles sous ces latitudes ainsi que nos deux vélos pliables Brompton et notre chargeur Mastervolt  défectueux.

Il y a encore d’autres « encombrants » (machine à coudre ou isolateur Mastervolt défectueux) à rapporter mais ce sera pour une prochaine fois.

Ann aurait souhaité commencer immédiatement le désarmement du bateau mais je tenais à conserver notre confort jusqu’à la dernière minute.

Vers 17 heures, notre maudite sterne avait repris son perchoir !! Déjà toute une nuit, j’avais eu du mal à la supporter mais alors deux nuits consécutives … grrrrrrrr.

Mardi  25.

Au matin, nous ne pouvions, une fois de plus, que constater les dégâts et sortir le tuyau d’arrosage. Si sur  le teck et la coque, cela part encore facilement, sur les tissus (bimini, capote, cover de l’annexe, prélart de GV) c’est une horreur.

A 6 heures du matin, nous avons descendu (1 heure de travail) le génois et le tourmentin avant que le vent ne se lève. Nous avons fait cela comme des pros ! Il faut reconnaître que nous avons une certaine habitude en la matière. La GV nous la laissons en place dans la bôme canoë. Elle y est bien et ne dérange personne. En principe, les chantiers exigent que toutes les voiles soient enlevées …

Vers 17 heures, notre monstre aérien était de retour sur son perchoir !! Par deux fois, je l’ai vue plonger en partant de notre tête de mât, pour attraper un petit poisson nageant près de la surface. A chaque fois, elle a fait un petit tour avant de regagner son désormais « pigeonnier ». Sale bête.

Je dois bien avouer qu’elle m’a totalement gâché mes dernières heures sur l’eau. Une fois de plus, j’ai regretté la douceur de vie de la baie Sainte Anne (Martinique) où l’on ne connait pas ce type de désagrément.

Mercredi  26.

A 7.30 heures, notre taximan attitré, Jeffrey, nous attendait sur le parking de la marina pour nous conduire à l’hôpital pour y subir un test PCR (123 €/test). Comme il n’y avait qu’une seule personne avant nous, cela a été rapide : un écouvillon dans l’une et puis l’autre narine … horrible.

Le petit problème était que la secrétaire n’était pas encore arrivée et que selon l’infirmière, elle pouvait arriver d’ici une heure ou jamais ! C’est donc le moral dans les chaussettes que nous avons patiemment attendu. En fait, elle est arrivée pour 8.15 heures.

De retour au bateau, nous avons nettoyé les fientes de notre copine puis nous avons déjeuné. Alors que je pensais avoir toute la matinée devant moi, je fus surpris de relever qu’il était déjà  11.15 heures et qu’il nous fallait s’apprêter à partir pour « Clarkes Court Boatyard ».

Pour ne pas changer, nous avons eu un sérieux problème avec notre Navnet (programme de navigation) !  Ce n’était pas exactement le moment de se pencher sur le problème et en finale, j’ai tracé ma route sur MaxSea (autre programme de navigation), en deux minutes … Il semblerait que ce soit notre panneau de commande de la table à cartes qui ne réagit plus ! J’aurais du me servir du panneau de commande du cockpit mais j’étais trop énervé pour encore perdre mon temps avec ce programme absolument pas convivial.

Il faisait beau, la mer était belle quoique fort agitée au niveau du cap et tout le long de la côte sud de Grenade. Nous avons parcouru les 11 NM qui nous séparaient du chantier en un peu plus de 1.30 heures.

Au moteur, sans voiles d’avant et avec une GV ferlée, j’ai angoissé toute la navigation à l’idée que le moteur tombe en panne … C’est une de mes hantises.

 Avec un vent apparent de 25 nœuds sur le nez, nous avons pas mal tapé dans les vagues. Autant dire que j’avais l’impression de ne pas avancer !

A un moment donné, j’ai failli avoir une crise cardiaque en n’entendant plus le moteur ronronner alors que nous venions de taper dans une vague ! Mon premier réflexe fut de regarder notre compte-tours pour découvrir que nous ne marchions plus qu’à 1.300 tours !! Alors de qui de la vague ou d’un mouvement de coude d’Ann, j’ai failli mourir ?

Si en pénétrant dans la baie, la mer s’est immédiatement calmée, le vent, lui, restait plein de vigueur !

C’est la première fois que nous faisons sortir notre bateau à ce chantier et c’est donc avec une bonne dose d’appréhension que je me suis présenté, nez en avant !!!!, dans la darse. Si le personnel ne manquait pas pour nous accueillir, Ann avait compris qu’il fallait nous amarrer sur tribord alors que tout indiquait sur place, qu’il fallait impérativement s’amarrer sur bâbord …

Ce fut donc un peu le bordel avec un vent qui me déportait méchamment sur tribord, Ann qui s’emmêlait royalement les pinceaux et le personnel du chantier qui ne tirait pas suffisamment sur les amarres bâbord. Grâce au ciel, nous n’avons rien touché ou endommagé. Ouf.

Alors qu’un plongeur positionnait les sangles (5, en principe, c’est 4), Ann me rappela qu’il y avait encore le problème de l’annexe !! Il fallait absolument la désolidariser du bateau puisqu’il faut la réparer : un problème de qualité de colle est à l’origine de l’arrachement de la bande de protection de la liaison coque alu/boudin. La société ne fait aucun problème pour réparer en garantie d’autant que nous ne sommes pas les seuls à avoir connu ce désagrément.

Le plus râlant c’est que j’avais rincé à l’eau douce, le moteur de l’annexe, le matin même, et qu’en finale, il a fallu le remettre en marche pour la conduire au quai des annexes …

Sortir le bateau de l’eau, le nettoyer au Karcher, le conduire à son emplacement pour enfin, le stabiliser, a pris un temps fou ! Chez « Peake » (Trinidad), cela prend la moitié du temps. Je ne suis pas encore convaincu que le chantier maîtrise parfaitement cette taille de bateau même si en apparence, tout le laisse penser.

Comme je le redoutais, la prise de courant 220V qui nous a été attribuée, ne donne que du 16A alors qu’il nous faut minimum du 32A. Le bateau est donc ce soir, sans courant électrique.

Pour ne pas dormir inconfortablement dans le bateau en raison de la chaleur suffocante(notre airco ne fonctionne que lorsque le bateau est dans l’eau), nous avions réservé une chambre au chantier comme nous le faisions chaque année chez « Peake ».

Sur ce point, les comparaisons s’inversent :  pour le même prix (80 €/nuit), nous avons droit chez « Peake » à une chambre 2* alors qu’ici, elle mérite largement les 4* !

Le soir, nous sommes littéralement tombés sur nos lits (la chambre comporte deux lits de 1.5 personne) et nous nous sommes endormis sans même dîner.

Jeudi 27.

A 8.30 heures, nous étions à pied d’œuvre sur le bateau pour le préparer à son « hivernage ». Il y avait énormément à faire et les corps de métier se sont succédés pour prendre note des travaux que nous avions envisagés.

Comme il faisait une chaleur torride, nous avons fait une pause à 10.30 heures. Le seul moyen d’étancher ma soif en ces conditions, était de boire du lait très froid …  des litres et des litres de lait ! Le problème c’est qu’en fin de journée, Ann devait me traire sinon j’explosais.

A midi, nous reprenions le travail pour nous arrêter à nouveau à 14 heures, morts, épuisés.

A 15.30 heures, Jeffrey, notre taximan attitré, nous ramenait notre « laundry ». Sans lui, nous aurions sans doute un peu retarder notre reprise du travail …

A 17.30 heures, le bateau était fin prêt et son intérieur, tout propret.

Vendredi 28.

Départ pour Bruxelles via New-York et Madrid. Nous avons voyagé avec « Jet Blue » jusque New-York et « Iberia » par la suite. Hormis le vol Madrid/Bruxelles, nos avions n’étaient qu’au ¾ plein. Port obligatoire du masque du début à la fin.

Nous avons connu des aéroports totalement désertés et à Bruxelles, nous avons même parcouru tout l’aéroport sans le moindre contrôle !!!

De ce voyage, nous conservons l’image d’une gestion catastrophique de la question sanitaire avec notamment, des QR codes différents pour chaque pays ! Quand nous sommes arrivés à Bruxelles, nous avons même été astreints à recommencer toute la procédure du QR code que nous avions pourtant entreprise peu de temps auparavant, avant de subir un nouveau test PCR !!!

La publication de nouveaux articles ne reprendra qu’avec notre retour au bateau dont la date n’est pas encore fixée. Ce ne sera certainement pas avant novembre 2021.

Samedi  01.

Dans la grande darse du « chantier Carenantilles » de Martinique.

Quand on nettoie son pont en teck , la coque est systématiquement zébrée de coulures blanches … une horreur ! De surcroît, comme nous avons droit de temps en temps à des vagues qui éclaboussent la coque au-dessus de la ligne de flottaison … bonjour les marques blanches dues au sel !  Un nettoyage de la coque, au vinaigre blanc, s’imposait donc.

Toujours commencer par le plus dur ou le plus désagréable a toujours été ma devise. Aussi, avons-nous attaqué le flanc bâbord après avoir déplacé le bateau sur le bord opposé de la darse. Une fois le travail terminé, nous l’avons à nouveau déplacé sur le bord de départ. En cette saison, le vent vient principalement de l’est voire du sud-est. Donc, quand nous entrons dans la darse, nous positionnons toujours le bateau sur le bord au vent car de cette manière, le vent l’éloigne du quai. CQFD.

Après ce travail harassant sous le soleil, nous n’avons plus eu le courage que de farniente.

Comme nous regardons TF1 le plus souvent, je ne l’avais pas remarqué mais dans la grande darse, nous avons des difficultés à capter A2, FR3, FR4 et FR5 alors que nous n’avons pas de problème avec les autres chaînes !!! La mauvaise réception se traduit par une image et une bande son qui se figent de temps en temps … le pied, quoi.

Dimanche 02.

Même météo que la veille avec toutefois, un peu plus de vent ! Nous avons nettoyé le flanc tribord.

Nous en étions de nos petits nettoyages sur le pont qu’une charmante dame est venue nous poser des questions sur … notre aspirateur à main Dyson !!! La première question qu’elle nous a posée, fut de savoir si nous comprenions le … français !!!

Cette dame et son mari (anciens viticulteurs)  venaient d’acheter un catamaran 39’, de 1986, à un allemand en sorte qu’ils battaient encore, pavillon allemand. Les Français étant mauvais en géographie, ils avaient pris notre pavillon belge … pour un pavillon allemand ce qui en leur cas particulier, était un double  comble !

 Lundi 03.

La météo s’est dégradée et le vent s’est raffermi ce qui ne nous a pas empêchés d’avoir trop chaud durant la nuit ! A cause des moustiques, nous ne pouvions rien ouvrir … Vous avez raison ! Tous les hublots et capots de pont sont munis de moustiquaires mais lorsque vous les installez, le maillage est tellement fin que l’air ne passe quasiment plus !

Notre préoccupation du jour consistait à savoir si Mavric de « Caraïbe Métal » en aurait ou non fini avec son travail de remise en état du système de levage hydraulique de notre annexe avant que « Sharlou » (42.60m en carbone) ne soit mis à l’eau avec la marée haute (10-11 heures). En la négative, nous aurions été bien embêtés car il n’y avait aucune place de libre pour caser le petit « S.A.S.³ » à la marina du chantier, le temps de parachever le travail.

Vers 11 heures, nous avons quitté la grande darse pour le mouillage de « Sainte Anne ».

A peine avions nous quittés le chenal d’accès au chantier que je relevais que notre grosse défense ronde  (la plus petite des deux) n’était plus à bord : Ann l’avait déposée sur la teughe arrière sans l’assurer à la filière …

Rapidement, j’ai vu au loin, qu’elle dérivait vers la caille ! Par bonheur et au moment où j’allais entreprendre la mise à l’eau de notre annexe, une petite embarcation en aluminium se dirigeait à toute allure sur elle.

Dans un premier temps, j’ai craint que les deux jeunes de l’embarcation ne la considèrent comme une belle prise de mer. Aussi, en donnant de la voix, j’ai pu attirer leur attention et leur faire comprendre qu’elle appartenait au bateau. Très gentiment (et sans doute avec un peu de déception), ils sont venus nous la rapporter alors que nous avions entre-temps, fait demi tour.

Le mouillage est toujours aussi calme et se vide de plus en plus. Que du bonheur, donc.

Nous avons repris notre place initiale mais un peu plus en arrière de notre copain « Mana ».

Mardi 04.

Nous aurions sans doute beaucoup mieux fait de rester au lit de toute la journée …

Les coutures de notre cover d’annexe ayant une méchante tendance à se faire bouffer par les UV, nous avons été le déposer chez « Incidences » pour réparation. Sur le retour et alors que nous étions au beau milieu du mouillage de « Sainte Anne », nous avons eu droit à une véritable sirène provenant de … notre commande déportée de moteur Yamaha !!!!

N’osant pas couper le moteur de peur qu’il reste en rade, nous avons continué jusqu’au bateau à demi régime. Appelé par nos soins, Marc de « Mana » nous a gentiment escortés jusque là. Il semblerait que la baisse de régime du moteur ne soit en fait, qu’une sécurité à la suite d’un problème de surchauffe, d’un manque d’huile ou d’une défectuosité de la bougie.

Avant de remonter l’annexe, nous en avons profité pour remplacer l’élingue bâbord de l’arceau amovible. L’opération s’est révélée étonnamment très aisée et le bon réglage quasi immédiat !! Juste quand même une petite difficulté à mettre en place la sécurité bâbord.

L’annexe à poste, nous avons constaté avec beaucoup de déplaisir que la plaque d’aluminium 5mm fraîchement remplacée, s’était tordue autour du point d’ancrage du pied de vérin hydraulique !!! Celle du chantier Garcia (même épaisseur) n’a pas bougé durant 10 ans mais nous supposons qu’il s’agissait d’une autre qualité d’aluminium …

Mercredi  05.

Ne disposant pas de notre annexe, nous avons renoncé à aller plonger et nous avons farniente à bord.  Mon moral était aussi sombre que la météo était fort venteuse.

Jeudi  06.

Dès 7 heures, nous avons remonté l’ancre pour nous rendre à nouveau, à la grande darse du « chantier Carenantilles ». Effet de la pandémie ou meilleure organisation du chantier, toujours est-il  que la darse nous était totalement réservée. Curieusement, nous n’avons assisté à aucune mise ou sortie d’eau alors que d’ordinaire, cela n’arrête jamais !

Sans perdre de temps, « Caraïbe Métal » venait démonter notre plaque en aluminium de 5 mm pour la remplacer par une autre de … 12 mm. Pour 14 heures, le travail était expédié ! D’après nos essais, cette nouvelle configuration serait satisfaisante.

Pour le moteur Yamaha 40CV de notre annexe, Ludovic de « I.D.S. » nous avait recommandé Renan de « Loca Yacht » car c’est lui qui entretient les gros moteurs Yamaha de la Douane … Le dealer officiel de Yamaha est situé au Lamentin !!

Ce dernier s’est pointé vers 8.30 heures pour décréter  qu’il ne voyait pas le problème d’autant qu’après un petit essai, il n’avait rien constaté d’anormal. Pour son « déplacement », il nous a taxés de 30 € ce qui n’était pas très commercial (nous avions pensé un moment, lui confier l’entretien annuel de notre moteur) d’autant qu’il a reconnu lui-même n’avoir rien fait.

Peu convaincu par sa prestation, nous sommes allés voir « Obione » ancré à « Caritan », histoire de faire tourner le moulin. Tout le trajet, à fond les manettes, s’est passé sans le moindre problème … l’alarme ne se mettant en route que quelques secondes avant que de couper le moteur !!

Persuadés qu’il nous faudrait un temps considérable pour revenir au chantier à bas régime, nous sommes repartis sans plus attendre. Si je craignais ne pouvoir mettre un peu les gaz, nous avons fait le trajet à vitesse raisonnable, sans la moindre alarme !

Renan étant indisponible pour la journée, la secrétaire de « Loca Yacht » nous a envoyé Alex, « le mécanicien ». Enfin, quelqu’un qui y connaîtra quelque chose, nous nous sommes dit.

Nous l’attendions pour 13.30 heures … il s’est pointé vers 15 heures quasiment en même temps que Renan. Alex en profita pour se débiner et nous n’eûmes pas le sentiment d’une grosse perte !

Au matin, Renan n’avait pas trouvé le moyen de brancher son PC sur notre moteur … cet après-midi, après avoir compris où le brancher, il n’a rien compris au diagnostique posé par le computer en sorte qu’il en a abandonné son utilisation ! Déjà qu’il ne comprenait rien au système d’alarme pourtant monté d’origine …

Après s’être demandé à quel Saint, il devait faire appel (il a appelé un certain Yves, indépendant et mécanicien de son état …), il a démonté une petite valve qui semblerait être la cause de tous nos ennuis !

Cette valve doit s’ouvrir quand le moteur chauffe pour permettre un débit plus important d’eau de refroidissement. Le test à réaliser consiste à placer la valve dans une casserole et de faire chauffer l’eau. Avec l’augmentation de la température, la valve doit s’ouvrir. Sur internet, Ann avait trouvé cette recommandation mais nous n’avions pas osé la mettre en pratique.

Ne disposant pas de cette pièce, il nous a fallu attendre quelques jours que Renan aille en chercher une à Fort-de-France.

Mais qui est « Loca Yacht Eurl » ?? Cette société a son bureau au rez-de-chaussée des bâtiments de la marina. Mon attention avait été attirée en son temps, par la photo d’un grand moteur Yamaha placardée à l’entrée, avec la mention que la société vendait et réparait ces moteurs. Pour le reste, il ne s’agit que d’un bureau, sans show-room, ni atelier et surtout, la société semble plus axée sur la « location -maintenance – réparation » que la vente et l’entretien des moteurs Yamaha.

Sur le chantier, nous avons vu Christian & Martine de « Tahaa Tiva » en provenance de France métropolitaine. En principe (le bateau est au sec depuis deux ans …), ils font le trajet de retour vers l’Europe, en juin, avec un couple d’amis.

Pour 16 heures, nous étions de retour au mouillage de « Sainte Anne ».

Vendredi  07.

Il fait beau mais toujours aussi venteux. Après notre journée de hier, le farniente s’imposait.

Vers 21.30 heures, alors qu’il faisait nuit noire, un Lagoon, « Ami Coquette », s’est glissé entre nous et « Mana » pour jeter l’ancre un peu plus loin. Au vu de la manière cavalière de procéder, j’ai immédiatement supputé qu’il devait s’agir d’un « Alternative Sailing » (société de location) … et j’avais raison !

Cela fait depuis longtemps que j’observe à l’œuvre cette société de location de bateaux qui n’ayant pas de places suffisantes à la marina pour tous ses catamarans, n’a rien trouvé de mieux que de les ancrer dans la baie, à proximité proche d’autres bateaux. De cette manière, elle assure une surveillance de ses bateaux par le biais des plaisanciers.

Samedi  08.

Temps maussade, venteux et pluvieux. Pas de quoi nous donner l’envie d’aller plonger ! Nous avons donc fait de « l’administratif » comme dirait Marc de « Mana ».

Alors que cela fait des semaines que le plan d’eau est d’un calme mort, aujourd’hui, nous avons eu droit à de la compagnie … « collante ». En quelques minutes, nous étions ceinturés de bateaux sur tous les bords ! Grrrrr.

Parmi eux, « Doudou 2 », un Ovni 395 battant pavillon français, sur le départ pour l’Europe … si la boîte de réas du tourmentin ne s’était pas faite la malle ! Le pauvre est venu à la nage jusqu’à notre bateau pour solliciter un rivet de 5mm que nous n’avions pas. Il faut dire que sur « S.A.S.³ » nous n’avons pas l’usage de rivets !!! Pour son malheur, c’était  jour férié en Martinique … En finale, après un appel sur la VHF, un plaisancier lui apportera les fameux rivets et en fin d’après-midi, il était parti pour sa grande traversée. Bon vent à lui.

La place encore chaude, « Plan B », un catamaran allemand, connaissance de Marc de « Mana », venait remplir le vide. Grrrrr. Par bonheur, le lendemain en fin de matinée, il partait lui aussi pour un retour … en Baltique ! En fait, les propriétaires ont pris un avion pour l’Allemagne tandis qu’un skipper prenait possession du bateau avec six guests. Une manière comme une autre de limiter les frais de rapatriement du bateau.

Dimanche 09.

Si la météo était un tantinet plus agréable que la veille, le vent était toujours fort soutenu. Comme chaque jour, celui-ci faiblissait en milieu d’après-midi !

Nous avons été plonger (-27.60 m – 54’ – 27°) au « Boucanier ». La visibilité étant très bonne au mouillage, je me doutais qu’il n’en irait pas de même pour notre plongée. Effectivement, nous avons eu droit au smog londonien au-delà de -15 mètres.

Chouette plongée mais pas exceptionnelle :  Ann m’a reproché d’être resté en première partie de plongée, près du fond … mais j’y étais si bien. Pour ma part, j’ai été heureux de retrouver ma vieille gazinière qui était plus profonde que prévu avec -27 mètres ce qui explique sans doute pourquoi je ne la retrouvais plus.

Lundi  10.

Nous avons été faire notre seconde injection Pfizer concernant le Covid-19, à l’hôpital du « Marin ». Ensuite, nous avons été voir Christian et Martine de « Tahaa Tiva » au chantier de Carenantilles. Sur place, nous avons également retrouvé Michel & Maël de « Obione ». Très chouette ambiance.

Nous avons fait la connaissance de « Tahaa Tiva » aux Tonga et maintenu depuis lors, un lien d’amitié.

Après quelques courses d’avitaillement, nous sommes rentrés au bateau.

En principe, les bons joints étant enfin arrivés, notre passerelle hydraulique devrait être réparée cette semaine et la pièce pour notre moteur d’annexe devrait arriver de Fort-de-France, ce mardi. Plus rien ne devrait donc nous retenir en Martinique … mais comme dirait Ann : « on verra ».

Alors que le gonflage de la bouteille d’Ann arrivait à 320 bars et que je guettais le moment de couper le compresseur, j’ai eu droit à un bruit assourdissant créé par une très puissante fuite d’air au niveau du trou de sécurité du premier étage !!!

Idéalement, après avoir éteint le compresseur, j’aurais dû fermer le robinet de la bouteille mais le jet d’air était tellement puissant que je n’ai pas pu atteindre le robinet. Si la bouteille n’avait été placée dans son râtelier, j’aurais sans doute pu l’atteindre …

Totalement déconfit, j’ai été contraint d’attendre que la bouteille soit quasiment vide pour fermer ce maudit robinet. En cause ? Le joint de l’embout de gonflage qui s’est rompu !

Mardi  11.

Il fait cra-cra à souhait. Décidément, cette saison  n’aura ressemblé à aucune autre ! Nous étions habitués aux grains voire à des chapelets de grains mais pas à de la pluie comme nous la connaissons trop bien en Belgique. L’ensoleillement est également plus pauvre que les autres saisons selon mon souvenir. De ce point de vue, les Antilles ne sont pas l’Afrique où le soleil brille en permanence.

Nous en avons profité pour essayer d’y voir plus clair dans nos préparatifs de retour au pays.

Pour nous faire vacciner à l’hôpital, nous nous sommes pointés sur place sans rendez-vous et en moins d’une demi-heure, le tour était joué. Mais pour réaliser un test PCR, il faut prévenir et remplir un document deux jours à l’avance …

Pour rentrer à Grenade, il faut un test PCR de moins de 72 heures, réaliser une quarantaine de 4 jours et subir un second test PCR sur place (124 €/test). Soit. Mais où cela devient ridicule c’est lorsqu’on est vacciné (14 jours après la seconde injection), il faut un test PCR de moins de 72 heures et à l’arrivée, un nouveau test PCR est réalisé …

Comme nous avons le plus souvent droit à une météo de merde (pluie et vent), la question qui se pose, est maintenant de savoir quand quitter la Martinique. Si encore, nous avions pu nous arrêter à « Marigot Bay » (centre de Sainte Lucie), nous aurions pu faire le trajet en trois étapes mais nous ne pouvons nous arrêter qu’à « Rodnay Bay » (nord de Sainte Lucie) ou aux « Deux pitons » (sud de Sainte Lucie, à la réputation sulfureuse) à cause de la pandémie. L’étape jusqu’à « Bequia » au départ de « Rodnay Bay » devenant du même coup, un peu trop longue pour une navigation diurne, nous en sommes réduits à tout réaliser en une seule étape.

Une fois sur place et libéré de toute quarantaine, il nous faut sortir le bateau de l’eau, prendre toutes les dispositions en ce qui le concerne et enfin, trouver un avion. Difficile de prendre ses tickets d’avion quand on ne sait pas quand le bateau sera sorti de l’eau.

Mercredi  12.

Nous avons pris notre décision : nous partons dimanche matin pour Grenade. Il faut maintenant espérer que la météo ne changera pas d’ici là car tout est arrangé en ce sens.

Nous avons réellement désespéré de le voir  mais, en finale, Christophe de « Caraïbe Marine » s’est pointé au bateau vers 14 heures,  avec les deux vérins de notre passerelle hydraulique dont les joints ont été changés. Cela lui a pris un peu de temps mais il est parvenu à tout remettre en place et tout fonctionne à nouveau, correctement. Ouuuuuuuuuuuuf.

Entre-temps, Ann s’occupait de faire remplacer la pièce défectueuse de notre moteur d’annexe, de renouveler notre abonnement TV à Canal+ et de ramener 30 litres d’antifouling Trilux 33 car nettement moins cher en Martinique !!!

Le soir, j’ai essayé de gonfler la bouteille de Ann mais par deux fois, le compresseur s’est mis en sécurité … bonjour, les nouveaux emmerdements !

Jeudi  13.

Notre passerelle hydraulique étant enfin réparée, il était plus que temps de remettre en ordre le coffre bâbord. « Remettre en ordre ! » En effet, en janvier, lorsque Christophe a entamé le démontage de la passerelle, j’ai été contraint, au préalable, de démonter tous les ameublements du coffre qui encombraient depuis l’une de nos deux cabines avant.

J’en ai profité pour démonter définitivement un rangement fort utile pour les écoutes de spi ! Pourquoi  ? Cela fait depuis longtemps que je déplore que la configuration d’origine ne permet pas d’avoir une vue sur le local technique situé entre les deux coffres. Or ce « local technique » comporte le secteur de barre, les deux pilotes automatiques et le propulseur arrière soit des éléments importants du bateau qu’il est préférable d’avoir à l’œil. Par ailleurs, du fait de ce rangement, si l’accès au « local technique » a été prévu, il n’en est  pas moins un peu « lourd ».

Après cela, j’ai juste eu le temps de vérifier que le condensateur et la courroie d’entraînement du compresseur de plongée n’étaient pas en cause avant que Marc & Nancy de « Mana » viennent nous faire leurs adieux puisque nos chemins se séparent désormais : nous descendons sur Grenade alors qu’ils partent sur Antigua puis sur Bonaire avant sans doute, la traversée du Pacifique. Une soirée très touchante.

Vendredi  14.

En vue de notre départ sur Grenade, nous avons été passer au « Marin », un test PCR. Ensuite, nous avons été faire des courses dans le centre de l’île avec une voiture de location. Comme à chaque fois, j’en suis revenu en me disant « plus jamais ». La circulation est impossible : on passe d’un embouteillage à un autre embouteillage. On roule pare-chocs contre pare-chocs. C ‘était une horreur.

Nous avons quitté le bateau à 8.30 heures … nous étions de retour à 17 heures !!

Samedi  15.

J’avais essentiellement prévu de passer l’après-midi à me familiariser avec notre nouveau programme Navnet qui est tout sauf convivial ! Pourquoi ne pas en rester alors au programme MaxSea Time Zéro ? Tout simplement parce que ce programme Navnet est beaucoup plus performant.

Comme Louis, le technicien Bauer de Saint-Pierre, nous avait donné rendez-vous au quai des annexes à « Sainte Anne » pour  14 heures, nous avons retiré notre compresseur de plongée de son logement pour le porter au quai. Marc de « Mana » s’était joint à nous.

En raison des embouteillages, nous n’avons vu arriver Louis que pour 15 heures. Il s’est immédiatement mis au travail, à même le sol. Il nous a remplacé quatre clapets (110 €/pièce !) soit ceux des cylindres deux et trois à la manière d’un professeur nous expliquant ce qu’il faisait. Nous avons beaucoup appris.

Nous sommes ensuite repartis avec le compresseur, au bateau pour relever que le problème ne venait pas de là !!!! Le temps d’aller rechercher Louis, de l’amener au bateau puis de faire encore un aller/retour pour prendre un nouveau thermostat dans son 4×4, l’après-midi était passée !

En finale, Louis en concluait que le problème ne pouvait venir que d’un des deux condensateurs qui présentait effectivement une petite fuite de liquide. Comme il n’en avait pas de rechange, il nous faudra attendre notre retour de Belgique pour obtenir confirmation ou infirmation de ce brillant diagnostique.

Le seul point positif de cette intervention est que désormais notre sécurité qui n’a jamais fonctionné depuis son origine, n’autorise plus le gonflage au-delà de 330 bars.

Vendredi  16.

Il fait radieux, la mer est calme et le vent faible … seul bémol, les bateaux pointent vers le sud en sorte que cela roule un peu.

Sans prendre le temps de petit déjeuner, nous sommes partis au « Marin » pour réaliser d’importantes courses d’avitaillement. Nous en avons profité pour acheter  une « VHF antenna splitter » chez Diginav. Pourquoi ? Parce qu’apparemment, il s’agit de la seule solution à notre problème de AIS !

Pour rappel, en remplaçant un des modules de notre antenne RR pour obtenir à nouveau la TNT, nous avons perdu la possibilité d’émettre notre signal AIS !! Parfaitement incompréhensible mais un malheureux état de fait.

Nous espérons qu’à cette suite, nous allons enfin pouvoir solutionner définitivement le problème.

Du côté de notre passerelle hydraulique (tombée en panne en juillet 2020 …), nous avons enfin reçu les bons joints sauf que … il y a deux vérins et seulement des joints pour un seul !!!!

Samedi  17.

Très belle météo avec toutefois un tantinet trop de vent pour me lancer dans le remplacement de l’un nos Led de mât. Ces Leds ont tenu durant des années et maintenant que nous les avons tous changés, ils sautent à qui mieux mieux !

Hormis donc la question lancinante de savoir si je montais ou non dans le mât … nous avons farniente.

Dimanche 18.

Grand jour pour Toto de « Broceliande » puisque son Dufour 485 sera chargé sur cargo pour un retour à Ijmuiden (NL).

Le cargo, « Saimaagracht », ayant eu du retard pour arriver en Martinique, le rendez-vous de 10 heures avait déjà  été postposé à 14.30 heures. Nous avions été prévenus la veille. Nous sommes donc partis avec notre annexe à 13.30 heures pour rejoindre « Broceliande » amarré au « Marin ».

En bons petits soldats, nous nous sommes mis en marche pour être sur place une demie heure avant 14.30 heures comme demandé : Toto, seul sur son voilier, moi, Ann et Josse sur notre annexe pour assurer le service de presse.

Devant nous, un catamaran TS attendait d’être chargé. A 14.30 heures … une grue sur trois commençait enfin à se remuer les puces. Tout semblait poser problème et il fallut être extrêmement patient pour qu’enfin le petit catamaran virevolte dans les airs.

Une fois sur le pont du cargo, visiblement, rien n’était prévu pour poser le catamaran … !!!  Nous avons donc tourné autour du cargo de 14 heures à … 17.30 heures pour se faire entendre que le catamaran n’avait pas encore pu être correctement stabilisé en sorte que « Broceliande » serait chargé le lendemain matin … De ce que j’en ai vu, j’en ai gardé la leçon qu’il valait mieux éviter autant que possible d’avoir recours à de pareils abrutis.

Lundi  19.

Quand nous nous sommes quittés la veille, personne n’avait pu nous dire à quelle heure, « Broceliande » serait chargé sur le cargo ! C’est donc ce matin à 8 heures que nous avons appris qu’il était attendu pour 8.30 heures … Nous n’avons eu que le temps de sauter dans nos shorts pour arriver au cargo avant lui.

Pour une fois, premier de la liste, il n’a pas dû tourner des heures autour du cargo …

Josse est monté à bord de notre frêle esquif pour assurer « en direct » le reportage. Mais une fois les sangles passées sous la coque, il est remonté à bord en sorte de pouvoir accéder au pont du cargo : la passerelle n’était pas suffisamment abaissée que pour y monter au départ de notre annexe trop basse sur l’eau !

Il leur a fallu à ces abrutis, pas moins de trois essais pour encore monter « Broceliande », le nez piquant vers le bas !!! A la place de Toto, j’aurais été vert. J’ai admiré le calme et le professionnalisme avec lequel ce dernier a géré tout seul la manœuvre.

Quand nous sommes repassés plus tard après avoir été prendre de l’essence et réalisé une course chez « Caraïbe Marine », « Broceliande » était toujours dans les élingues … Toto et Josse ne descendront du cargo que pour midi ! Encore une chance qu’ils n’avaient pas déjà pris leurs billets d’avion retour ?

Mardi 20.

A 6.30 heures, « Saimaagracht » quittait le « Marin » et un autre cargo transporteur de bateaux faisait son entrée quelques heures plus tard. Le même jour, il repartait pour le Brésil (!!) sans que je n’aie eu l’occasion de le prendre en photo !

Nous avons eu droit à quelques grains salvateurs !! Grâce à ceux-ci, le bateau a été débarrassé de la solide couche de sable qui le recouvrait. Nous en avons profité pour procéder au nettoyage du cockpit. Pas trop le courage de se relancer dans un nettoyage en profondeur du teck qui pourtant, le nécessiterait.

Mercredi  21.

Météo superbe même si elle s’est rembrunie par la suite. Le vent est depuis quelques jours, bien présent sans être pour autant dérangeant.

La plongée nous manque mais nous sommes astreints à une période d’abstinence de 7 jours en raison de notre vaccination. En principe, vendredi, nous pourrions reprendre nos plongées.

Le mouillage reste étonnamment calme depuis des semaines et si on ne peut parler de départs en masse, force est de constater qu’une décantation s’opère. Même s’il est vrai qu’après Pâques, le phénomène est habituel, en raison de la pandémie, le mouvement se présente sous une forme différente. Agréable mais déconcertant.

Jeudi  22.

Heureux soit ce jour où nous avons enfin retrouvé notre AIS ! Olivier de « Caraïbe Marine » est effectivement venu connecter notre splitter d’antenne VHF et cela maaaaarche … De premier abord, le branchement n’était pas compliqué mais j’ai tout de même constaté que malgré le plan établi par Christophe, Olivier a malgré tout, dû téléphoner au Grand Maître. Rien que pour la RR, j’ai compté trois boîtiers différents et maintenant, ils sont quatre avec le splitter ! De quoi largement perdre son latin.

Après le départ d’Olivier, nous sommes partis à « Sainte-Anne » pour réaliser quelques courses d’avitaillement avec un passage par la pharmacie.

Vendredi  23.

Pas un jour de plus que nécessaire, nous aurons attendu pour aller plonger (-23.70 m – 53’ – 28°) au « Grand Mur ». L’eau était cristalline ce qui nous a permis de nous rincer les yeux avec toutes ces merveilles subaquatiques. C’est surtout la palette de couleurs qui est magnifique. Plongée d’autant plus tranquille que nous avons fait attention à rester dans la courbe de sécurité (plongée sans palier obligatoire).

J’aimerais tellement vous faire partager ces splendeurs … mais je ne suis pas cinéaste et un très piètre photographe. De surcroît, sous l’eau, il faut une solide expérience pour réaliser des clichés qui rendent compte exactement de ce que l’on voit. Pour ma part, après quelques essais assez navrants, j’ai définitivement abandonné.

En surface, il y avait nettement plus de vent que ne laissait penser le mouillage ! Par contre, nous étions tous seuls. Nous avions proposé à Marc et Nancy de « Mana » de nous accompagner mais en finale, ils avaient renoncé.

Samedi  24.

Cela fait depuis maintenant quelques semaines qu’une des deux bouées blanches délimitant le goulet étroit entre deux bancs de coraux, s’est déplacée !!! Ce « passage » permet d’éviter de longer le club Med où la vitesse est réglementée à 5 nœuds, en rejoignant le chenal balisé.

Même si on peut se contenter d’une seule bouée blanche, la présence de l’autre bouée blanche à quelques encablures de là, est de nature à semer la confusion dans les esprits. Personnellement, j’ai déjà failli prendre l’une pour l’autre …  Aussi puisque personne ne se dévoue pour remédier à la situation, j’avais envisagé une opération commando.

Dans un premier temps, je comptais aller rechercher la bouée baladeuse et la ramener au bateau pour l’examiner plus attentivement. Dans un second temps, avec une bouteille sur le dos, j’envisageais de la repositionner idéalement.

Notre première difficulté fut de s’approcher de la bouée dérivante qui avait échoué en plein milieu de la caillasse … Sincèrement, il y avait déjà de quoi nous faire renoncer sans autre forme de procès.

Guidés par Ann, nous avons trouvé un chenal (profondeur moyenne -3.5 m) qui nous a amenés jusqu’à la bouée (bien plus grosse que nous l’imaginions jusque là).

La deuxième difficulté fut de soulever la bouée pour la mettre dans l’annexe ! Comme elle ne bougeait pas d’un pouce, j’ai  été contraint de me jeter à l’eau avec masque et tuba pour relever qu’elle était attachée par une solide chaîne à un bloc de béton circulaire !! Je ne vous dis pas le stresse de se jeter à l’eau quand on n’est pas sûr de ne pas avoir que du corail pour amortir sa chute  …

Ne pouvant la soulever, j’ai imaginé qu’avec un bout passé dans l’œilleton du bloc en béton, nous pourrions la tirer avec l’annexe jusqu’à sa position initiale. Possible ou pas possible, je l’ignorerai toujours car Ann, paniquant réellement à l’idée de jeter notre annexe sur le corail environnant, ne tenait plus en place au point que j’ai bien cru qu’elle allait me laisser sur place en me laissant le soin de rejoindre notre bateau à la nage …

De retour au bateau, je me suis fait la réflexion que la bouée n’était nullement dérivante et que si elle avait trouvé un nouvel emplacement, il y avait peut-être une raison … Plouf l’opération commando.

A 15 heures, nous étions invité sur « Mana » à manger des gaufres en compagnie de Michel & Isabelle de « Thésée » (Lagoon 380). Nous n’avions fait jusque là qu’entrapercevoir nos sympathiques Liégeois à la marina « Port Louis » de Grenade.

A 18 heures, nous recevions à bord, à dîner, Michel & Maël de « Obione ».

Dimanche 25.

Arrivée d’un troisième transporteur de bateaux.

Nous avions rendez-vous à 9 heures au quai des annexes de « Sainte Anne » pour y prendre livraison de notre commande :  12 délicieux éclairs au chocolat …

Comme nous avions eu un samedi bien chargé et que de surcroît, un fort vent, non prévu par la météo, secouait le mouillage, de retour à bord, nous avons décidé de farniente après avoir remonté notre annexe.

Hier soir, en remontant l’annexe, nous avons entendu un crac sinistre sans pouvoir en déterminer l’origine. En descendant l’annexe ce matin, nous avons entendu un second crac sinistre sans autre conséquence visible. En remontant l’annexe un peu plus tard, nous avons entendu un troisième crac sinistre et cette fois, la barre amovible s’est effondrée peu après, dans l’eau !!!

En ouvrant les coffres arrières, nous avons relevé divers dégâts au niveau du système mécanique de levage de l’annexe. Par bonheur, le vérin hydraulique ne présente aucun dégât. En fait, je pense avoir compris que ce qui a cédé, c’est la plaque de 5 mm en aluminium sur laquelle était fixé le pied du vérin.

Cette plaque était vissée (et non pas, boulonnée) sur trois lisses différentes. Les trois cracs entendus correspondent selon moi, à l’arrachage par étape, des vis des lisses. Du coup, la plaque de soutien arrachée sur un côté, s’est tordue sous l’effort à quasiment 90°. Du même coup, le vérin est parti en avant en cassant  au passage la liaison entre l’axe du vérin hydraulique et la poulie mécanique des élingues.

Lundi 26.

Sous le crachin, je suis parvenu à démonter la rampe de support du vérin hydraulique qui n’est pas tordue comme je le craignais. J’aurais dû le faire ce dimanche mais sur le coup, j’avais eu l’impression que je n’y arriverais pas.

Nous avons passé notre après-midi au « Marin » à flâner bien que l’ambiance soit assez tristounette. Nous avions tous les deux rendez-vous chez notre coiffeur, « La Tèt à l’env’hair », à 16 heures mais nous avons quitté le bateau à 13 heures …

Mardi  27.

Départ du transporteur de bateaux.

Il fait magnifique mais nous n’avons pas trop trouvé le courage d’aller plonger ! Oh !

Assez curieusement, en fin d’après-midi, je trouvais un fond de courage pour remonter et renforcer l’ancrage de la rampe de support du vérin hydraulique de l’annexe. Je peux vous assurer que l’ouvrage ne risque plus de bouger d’un mini poil …

Mercredi  28.

Hélas, nous n’avons plus eu droit au soleil et à une embellie. Il faisait couvert et nous avons même eu droit à un grain ! Ce n’est pas cela qui nous a donné l’envie d’aller plonger et pourtant, nous y étions bien décidés. Nous en avons profité pour proposer à Marc de « Mana » de nous accompagner.

Nous sommes aller plonger (-21.20m – 50’ – 27°) au « Grand Mur » et nous en avons profité pour ajouter un bidon vide à l’amarrage en surface du spot de plongée. Ce sont les clubs de plongée locaux qui devraient veiller au bon entretien de ces amarrages mais nous avons pu entendre que tout le monde se plaignait que les autres ne faisaient rien mais profitaient des initiatives des plus courageux … « c’est pas moi, c’est l’autre ».

Une fois sur le « Grand Mur », Ann m’a signalé que nous avions le courant avec nous ! J’ai donc décidé de partir dans l’autre sens pour avoir le courant contre nous, en début de plongée. Perso, je n’ai pas ressenti de courant mais Marc partageait l’avis de Ann.

La visibilité n’était pas terrible mais malgré cela, nous avons eu une plongée f-o-r-m-i-d-a-b-l-e. Il est rarissime que nous ayons une mauvaise plongée mais nous connaissons quand même des degrés dans notre bonheur de plonger.

A la sortie de l’eau, Ann a été aider Marc à remonter son bloc dans son annexe. C’est évidemment le problème de ces stabs dans les poches desquelles sont glissés les plombs. Il suffit, il est vrai, de les retirer mais en pratique …

Jeudi 29.

Nous avions rendez-vous au chantier de Carenantilles. Il était un peu plus de 8 heures quand nous nous sommes amarrés dans la grande darse qui était étonnamment totalement libre.

Le premier à venir nous voir, fut Philippe de « Basilic » qui est en train de passer son brevet niveau 4 en le cadre de l’ANMP (Association Nationale des Moniteurs de Plongée). Son Dufour 34’ est en vente et s’il n’est pas vendu d’ici l’obtention de son brevet de plongée, il fera la traversée de retour sur l’Europe.

Ce fut ensuite le tour de Serge de « Caraïbe Menuiserie » qui est venu nous changer une latte de teck qui présentait une affreuse tâche dans sa structure ! Lorsqu’il l’avait placée, nous n’avions pas relevé le défaut …

Pour finir, c’est « Caraïbe Métal » qui est venu voir notre problème de vérin hydraulique de l’annexe. Une solution a été trouvée pour renforcer le système d’ancrage existant. Il reste maintenant  à la mettre en œuvre …

Comme nous sommes là pour … travailler, l’horrible mot de vocabulaire, nous avons entrepris le nettoyage – en profondeur – du teck de notre pont. Par bonheur, il n’y avait pas de soleil et ceci explique peut-être que nous y sommes arrivés après 6 heures d’acharnement !

Vendredi  30.

Mavrick de « Caraïbe Métal » a passé sa matinée, à nous confectionner une nouvelle plaque de soutien pour l’ancrage du pied de notre vérin hydraulique. Malheureusement, à midi, le travail n’était pas terminé et un vendredi, veille du 1er mai …

L’après-midi, nous l’avons consacré pour Ann, à faire quelques courses d’avitaillement et pour moi, à remplacer la lampe Led de notre premier étage tribord, face supérieure, de barre de flèches. Cela m’a pris un temps fou. Chaque fois, je prends la décision de changer de système d’éclairage mais quand je vois qu’un autre système reviendrait à +/- 260 € par Led, je tique !

Publié par : Ann & Stéphane | 20 avril 2021

01 au 15.04.2021 – Vaccination en Martinique.

Jeudi 01.

Belle journée mais une fois encore, fort venteuse. Comme hier, c’est en fin d’après-midi que le vent s’est calmé.

Avant le long week-end de Pâques, nous avons été faire nos courses d’avitaillement au « Leader Price » et chez « Carrefour ». En rentrant à bord, nous nous sommes étonnés de ne pas retrouver d’importuns tout autour de nous. Hélas, c’est quand en fin d’après-midi, je me suis mis à l’eau pour ma baignade quotidienne que nous y avons eu droit …

Vous êtes français, vous habitez  en Martinique et vous avez loué avec des amis, un catamaran chez « Star Voyage » pour les fêtes de Pâques. Comment résister au besoin impérieux de venir se coller (complexe du HLM) à un voilier de rêve. C’est donc ainsi que nous avons de nouveaux voisins (3 couples avec trois enfants) aussi encombrants que paysans, sur notre arrière tribord. Ils sont tellement proches que nous pouvons presque entendre leurs conversations …

Vendredi 02.

En nous réveillant, nous avons eu le plaisir de constater que nos encombrants voisins étaient partis. Malheureusement, en milieu d’après-midi, « Kalence », un monocoque Bénéteau, prenait exactement leur place … Nous avons appris plus tard qu’il s’agissait de Gaston, une connaissance  de Toto … Comme il s’agissait de surcroît,  de Martiniquais (2 couples), nous n’avons pas osé leur demander d’aller ancrer plus loin.

Un peu plus tard, c’est un Sun Oyssey 41’ « Symphonie »  skippé par des jeunes, qui venait jeter l’ancre à hauteur d’un Lagoon 380 ! Le pauvre … il s’agit d’un solitaire qui aime comme nous, sa tranquillité et son intimité. Avant-hier, c’était un crétin d’Autrichien qui en venant s’ancrer trop près, l’a obligé à changer d’emplacement  et aujourd’hui, rebelote avec ces jeunes !!! Et pourtant, il y a de la place et il est facile de comprendre qu’il souhaite rester un peu isolé.

Le plus incroyable dans l’histoire est qu’à peine ancrés, les jeunes décidaient de changer d’emplacement !!! Sauf que leur guindeau a catégoriquement refusé son concours … Notre solitaire, après avoir longuement patienté, n’a eu d’autre choix que de refaire mouvement alors que la nuit tombait !

Si nous avons eu droit à un beau et large soleil, le vent soufflait encore avec pas mal d’intensité jusqu’en milieu d’après-midi. Est-cela ou le fait que nous ayons fait des courses la veille mais si nous avions prévu d’aller plonger, je n’en ai pas trouvé exactement le courage. Nous avons donc farniente tout à loisir … enfin quand je dis « farniente », je devrais plutôt dire « stresser » tout l’après-midi !

Imaginez la scène : vous êtes confortablement installé dans votre cockpit qu’à votre horizon, vous voyez un crétin pointer le museau. Le « crétin » est facilement reconnaissable : il navigue à moins d’un nœud (ce qui rend son approche très, très lente et donc, irritante), sa trajectoire est hésitante voire zigzagante (impossible de savoir s’il vient vers vous),  vous avez à tout moment, le sentiment qu’il va rendre l’âme (quand il arrive à votre hauteur, vous espérez toujours qu’il va rendre son dernier souffle … juste  un peu plus loin) et bien entendu, il fait l’impossible pour que vous ne compreniez pas qu’il vous a pris pour proie (certains vont jusqu’à faire un énorme détour en mer pour mieux vous prendre par surprise). Estimez maintenant, le nombre de plaisanciers qui prennent un mouillage de cette manière (peut-être vous !)  et vous comprendrez notre stress.

Samedi 03.

Il fait beau mais une fois encore, le vent souffle assez fort alors que pourtant la météo n’arrête pas de prévoir une baisse généralisée du vent …

Nos Martiniquais sont partis en milieu de matinée ainsi que notre solitaire en Lagoon 380. C’est à nouveau un peu le désert tout autour de nous mais jusqu’à quand ?

Cela fait des semaines que je bassine Ann pour aller plonger au « petit voilier » situé un peu plus loin que le « grand mur ». Aujourd’hui, je suis parvenu à m’infiltrer dans une faille de sa défense pour nous y rendre. Je n’en crois pas encore d’y être arrivé.

Sur place, cela secouait pas mal et j’avais conscience de mener Ann à l’abattoir mais je tenais trop à varier notre petit quotidien et surtout, à sortir de notre zone de confort. En fait, il s’agit plutôt d’un spot pour débutants car le petit quillard de 7 m, en état de démembrement avancé,  repose par -13m de fond sur un vaste plateau.

Tous les coraux sont abondamment recouverts de plantes brunâtres dont je serais bien incapable de dire à quelles familles elles appartiennent. Cela donne à l’ensemble, une ambiance particulière, genre la forêt interdite. En descendant le long du mouillage, nous n’avons pas vu de suite le voilier en sorte que nous nous sommes interrogés de savoir si nous étions au bon endroit …

En un périmètre assez restreint, on peut distinguer trois mouillages un peu fantasmagoriques dont l’un n’a pas de flotteur en surface !!!  Il y a aussi les carcasses de deux ou trois paniers qui contribuent à créer l’ambiance. Une fois la surprise passée, on tombe rapidement sous le charme de l’endroit.

Comme le voilier est couché sur son flanc, il ne se détache pas beaucoup du paysage. Attention donc à conserver une vue sur le voilier ou sur son cap car on peut se perdre très facilement. Après une première inspection des lieux, nous sommes partis plein nord rechercher le tombant dont on nous avait parlé. Au passage, nous avons croisé une très belle tortue.

En fait de « tombant », il s’agit d’un plan incliné en pente douce qui débouche sur le sable. J’ai malgré tout été surpris de relever que nous étions descendus jusque -25m !! Nous sommes donc remontés jusqu’au voilier avant d’entamer une inspection plus approfondie des alentours.

En finale, nous avons eu une excellente plongée : -25.10 m – 54’ – 26°.

De retour à bord, nous avons eu notre moment de stress lorsque « Symphonie » est parvenu (intervention de deux locaux) à faire fonctionner son guindeau et a commencé à se rapprocher dangereusement de nous. En finale, il a fait tout au plus, un bond en avant de 50 mètres . Ouuuf.

Dimanche 04.

Belle journée ensoleillée avec toujours plus de vent que la météo n’en prévoyait …

Le plan d’eau était toujours exceptionnellement calme pour un dimanche de Pâques. Seul un Oyster 57’ battant pavillon américain et skippé par une seule personne, « Untethered », a pimenté notre journée parce qu’il n’a rien trouvé de plus intéressant que de descendre tout le mouillage en longeant la côte et en se faufilant entre tous les bateaux ancrés !! En finale, il s’est ancré (après quatre essais infructueux) très près du rivage, au beau milieu des autres bateaux.  Le plus incroyable réside en ce que le lendemain aux aurores, il levait l’ancre pour Sainte Lucie !! Pour une seule nuit, était-il nécessaire d’enquiquiner tout son monde, en prenant autant de risques ?

Le soir, nous étions invités à dîner à bord de « Broceliande » (Dufour 485) où Toto et Josse nous ont reçus avec beaucoup de gentillesse. Il était pas loin de 20 heures (nuit noire) quand mon attention fut attirée par « Khelios » (RM13.70) battant pavillon français, qui arrivait sur le mouillage en provenance de la « anse du four » toute proche !! Connaissant le voilier pour l’avoir déjà vu plusieurs fois, je me suis rassuré en étant certain qu’il jetterait l’ancre du côté de « Caritan ». Sauf que cette fois-ci, à peine avait-il remonté notre bateau, qu’il jetait son ancre !!!!!! Une distance de 65 mètres séparait les deux embarcations selon Toto.

Ce qui peut paraître une distance raisonnable sur le papier, s’est révélée ridicule une fois que nous sommes arrivés avec notre annexe, à hauteur de « Khelios ». Poussé par Ann, nous avons été leur demander d’aller jeter l’ancre plus loin. A notre plus grande surprise (nous avons plutôt l’habitude d’être reçus avec des doigts d’honneur), son skipper n’a pas fait d’histoire pour se déplacer  et prendre un autre ancrage plus conforme à nos souhaits. Il est manifeste que pour la plupart des plaisanciers, être collés les uns aux autres comme le font les campeurs, ne posent pas de problème !!!

Il devrait être institué une sorte de pavillon déclarant si vous êtes favorable à un rapprochement ou au contraire, si vous ne demandez que la paix et l’intimité. Même sans pavillon, il est aisé de deviner aisément les choix de chacun mais comme cela ne semble pas être limpide dans l’esprit de nombreux crétins …

Si nous pensions que nous en avions fini de nos émotions pour la soirée, nous étions encore loin du compte. Tout d’abord, nous avons relevé avec étonnement que « Loumaran », Sun Odyssey 49’ DS battant pavillon chilien, était ancré sur notre arrière tribord ! Celui-là, nous ne l’avions pas vu arriver de nuit.

Le clou du spectacle nous fut donné par  « Milanto » (un vieux Swan de 16 mètres), battant pavillon anglais mais avec un équipage italien et venant en droite ligne du Brésil !! Celui-là nous avons bien eu  le temps de le voir arriver, nous remonter à faible vitesse (2.5 nœuds) sur notre tribord pour ensuite nous passer devant, en frôlant au passage notre orin, se diriger vers l’avant du mouillage pour décider subitement de faire demi-tour (!), nous longer sur notre bâbord pour passer sur notre arrière et aller jeter l’ancre entre deux voiliers ancrés !!! Ce n’est qu’à cause d’un problème de guindeau qu’il ne s’est pas ancré à hauteur des deux voiliers mais un peu derrière. Celui-là il mérite la palme de la crétinerie.

Bien entendu, « Loumaran » comme « Milanto » ne battaient pas pavillon jaune (Q).

Lundi 05.

Sans doute parce que le vent est tombé et que le soleil brillait de mille feux (en matinée seulement), ils sont tous partis : « Loumaran », « Thi, the, tho », « Khelios », « Untethered » et « Milanto » !!!

Le parcours de « Loumaran » est pour le moins, surprenant ! Dans un premier temps, il a d’abord remonté tout le mouillage en longeant la côte pour jeter l’ancre quelque part à proximité du club Med, non sans réaliser quelques circonvolutions bizarres. Beaucoup plus tard dans l’après-midi, il nous prenait totalement par surprise, en nous remontant sur notre côté bâbord !!!! Il est remonté jusque « Sainte Anne » pour redescendre le mouillage en longeant la côte et jeter l’ancre à hauteur de « Caritan », non sans une nouvelle fois, réaliser quelques circonvolutions bizarres. Le lendemain, il avait déjà quitté son emplacement …

La douane est passée ce matin mais ne s’est pas arrêtée pour autant au voilier chilien !!! Amusant mais je croyais les frontières étaient fermées et à double tour vis-à-vis des non-Européens. Il faut croire que nos douaniers l’ignorent.

Mardi 06.

Il fait gris, gris. Une journée idéale pour procéder à l’entretien du GE … quatre heures de travail ! Au demeurant, il fait d’un calme sur le mouillage !!! On se croirait en plein week-end. Pas désagréable du tout mais nous n’y sommes pas habitués.

Mercredi  07.

Vers 9.30 heures, nous avons vu arriver Olivier et Mano de « Caraïbe Marine » pour notre problème de TNT (télévision locale par antenne émettrice). Christophe de « Caraïbe Marine » avait diagnostiqué en son temps, que c’était un des trois modules composant l’antenne RR qui était défectueux et avait à cette suite, commandé un nouveau. Nos deux techniciens venaient pour réaliser le remplacement.

Pour monter Olivier dans le mât, il nous fallait prendre la drisse de GV sauf que la manille s’est montrée tellement récalcitrante qu’il a fallu la disquer !!! Cela commençait bien …

Dans un premier temps, Olivier a descendu l’antenne RR. Sur le pont, nous avons constaté avec horreur que le nouveau module ne correspondait pas exactement à l’ancien : son appendice était totalement différent et d’un modèle quasiment identique à celui qui équipe le module n° 2 !!! De premier abord, l’erreur de livraison semblait manifeste.

Après examen et réflexions, il a été décidé de tenter le coup et de remonter l’antenne RR … avec deux appendices quasiment identiques. Redescendu du mât, Olivier m’a dit : « je crois très moyennement que cela va marcher ».

Contre toute attente, tout fonctionne parfaitement bien et nous avons retrouvé la TNT soit dix chaînes locales dont A2 à A5 … contre une petite trentaine avec un abonnement basique à  Canal+.

Nous avons la télévision par satellite, à quoi donc nous sert la TNT, en Martinique ? A rien dans l’absolu sauf que nous avons deux télévisions à bord (carré et chambre arrière) et un seul décodeur. Donc, une seule des deux télévisions capte Canal + . Comme notre antenne nous permet d’avoir deux télévisions, il suffirait d’avoir un second décodeur mais Ann n’en voit pas l’utilité !

Après cette matinée fort chargée en émotions, nous sommes partis faire quelques courses au « Marin ». Premier constat : depuis la fermeture l’après-midi du ponton essence, la fermeture des magasins à l’heure du midi, la fermeture des bars et des restaurants, le couvre-feu, il n’y a plus un chat au « Marin », c’est carrément mortel  ! Deuxième surprise : toute l’équipe de « Caraïbe Marine » ne travaille plus qu’à mi-temps !!! Pas étonnant qu’il fasse si calme au mouillage de « Sainte-Anne ».

Sur le retour, nous avons été dire bonjour à « Obione » et prendre le verre de l’amitié sur « Mana » qui depuis deux mois, campe au ponton du chantier Carénantilles !  Nous allions partir que Nancy revenait d’avoir fait des courses à Génipa. Le caddy chargé à ras bord, je me suis proposé d’aider à le décharger avec Marc. : Nancy sur le ponton, Marc et moi sur le catamaran.

En voulant prendre un troisième rouleau de papier, je sens que celui-ci va m’échapper des mains et tomber dans l’eau ! Je fais donc un mouvement vers l’intérieur du bateau pour qu’il tombe sur le pont. Nancy comprend la manœuvre et se penche pour pousser le ballot vers l’intérieur mais se faisant, elle déséquilibre son chariot … qui valse à l’eau. Il s’en est fallu d’un cheveu que Nancy prenne un bain forcé à son tour.

Hormis un sac contenant des pots de compote de pomme et de cerises que je repêcherai avec mon filet, sur le fond, tout flottait allègrement à la surface ! Le désespoir compréhensible de Nancy … le pire c’est que dans un premier temps, c’est Marc qui a eu à subir les foudres de son épouse !

Marc et moi, nous nous sommes mis à tout repêcher, à rincer à l’eau douce et à essuyer. En finale, les emballages en carton jetés, il n’y avait aucun dégât à relever sauf peut-être un ensemble de mouchoirs en papier. J’ai assuré Nancy de mon aide si elle avait encore des caddys à décharger … elle l’a pris avec humour.

Jeudi  08.

Vent faible, mer calme, temps légèrement brumeux. Le plan d’eau est toujours aussi calme même si comme de bien entendu, nous avons toujours l’un ou l’autre crétin qui doit venir jeter la pioche à proximité de nous.  Nous avons ainsi eu une bonne partie de la journée, « Moune », catamaran Nautitech 47’ battant pavillon français dont la place fraîchement libérée, a été prise par « Philosoft », Océanis 411 battant pavillon canadien. Sur notre avant bâbord, nous avons « Tomahawk », un catamaran TS battant pavillon français.

Mais cela n’est rien au regard de notre plongée au « grand mur » :  -31.80 m – 54’ – 27°. Un réel moment de bonheur un peu perturbé, il est vrai,  par le constat que notre annexe connaissait à nouveau, un problème !

En fait, l’année passée, nous avions constaté que la bande protectrice recouvrant  la liaison coque/boudin se décollait. Après une réparation provisoire qui avait très bien tenue (!) , nous avions chargé une société de Grenade de procéder au remplacement de la bande protectrice. C’est cette dernière qui s’est décollée d’un coup ,sur toute la longueur d’un boudin !!!

Au cours de notre plongée, nous avons vu grâce à Ann, une toute jeune langouste, le signe qu’il faut espérer en l’avenir. Elle semblait bien seule dans son trou à moins qu’elle ne se confinait  …

Mano de « Caraïbe Marine » m’avait demandé s’il y avait beaucoup de poissons à pêcher. A cette suite, je me suis fait la réflexion que si nous avions vu beaucoup de petits poissons colorés, les poissons d’une taille « assiette de table »  étaient assez rares !

Au palier de sécurité (5’ à – 5m), nous avons été surpris par le passage d’une palanquée de quatre plongeurs qui se baladait prudemment sur le bord du plateau : des débutants plus que vraisemblablement. Et lorsque nous avons quitté notre bouée, un autre bateau de plongeurs venait en prendre possession !! En fait, nous sommes partis plonger plus tard que d’habitude : il était 15 heures lorsque nous avons sorti la tête de l’eau alors que d’ordinaire, nous plongeons sur l’heure de midi.

Vendredi 09.

Le ciel est couvert et chargé. Nous avons eu beaucoup de crachin, en matinée. Comme nous avions prévu de faire des courses d’avitaillement  et que notre annexe est HS temporairement, nous avons fait appel à la gentillesse naturelle de Toto de « Broceliande » pour conduire Ann au débarcadère de « Sainte Anne » où elle avait réservé une voiture de location.

Quand Ann fut de retour au bateau, nous étions tous les deux pris de bouffées de chaleur (absence quasi totale de vent). Il nous a donc fallu un peu de temps pour retrouver une température corporelle acceptable …

A la suite de quoi, nous avons entrepris le fastidieux travail de nettoyer les surfaces à encoller. Après trois heures de travail, nous avons nettoyé 1.36 m de bande isolante … il en reste 2.10 m !!!! Pour avoir accès au boudin tribord, au départ de la jupe arrière du bateau, nous avons dû remonter l’annexe en le sens inverse : une toute grande première ! Contrairement à toutes nos craintes, nous n’avons rencontré aucune difficulté !

Un sens ou l’autre sens n’est pas exactement la même chose puisque d’une part, l’arrière avec son moteur est plus lourd que l’avant et d’autre part, parce que la console se situe du côté tribord.

En fin d’après-midi, un Alernative Sealing (société de location de catamarans), « Ami Caquette », venait se placer à notre hauteur avec l’intention évidente de jeter l’ancre. Après lui avoir fait comprendre par gestes que le plan d’eau était grand et qu’il y avait de la place partout, le skipper italien est parti dans une diatribe dont je n’ai pas compris un mot, tout en allant jeter l’ancre près du débarcadère à annexes. Comme je n’ai pas eu l’occasion de le remercier, j’en profite au travers de ce blog pour lui préciser combien son geste nous a touchés.

Samedi 10.

A 2 heures du matin, « Pegasus », un catamaran Nautitech 40 open, bien connu sur le mouillage, venait jeter l’ancre sur notre proche arrière tribord !!! Chaque fois que nous l’avons vu, il était assez loin sur notre arrière et plus près de la côte. Pourquoi avoir choisi de se coller à nous, en pleine nuit ? Mystère. Incroyable de ne pas parvenir à effectuer une arrivée de jour alors que les îles sont en vue les unes des autres …

Pour le jour anniversaire d’Ann, elle n’a pas été gâtée : ciel bas, vent fort soutenu, plan d’eau agité et … tous les restaurants et bars de l’île sont fermés ! Pour la consoler, nous avons passé une bonne partie de la journée à gratter la colle de notre annexe … Petit moment de distraction, elle est partie en matinée, avec Josse de « Broceliande » acheter du décapant et … de la colle. Rien de tel que d’user ses ongles à décaper de la colle pour mieux en remettre une couche par la suite.

Assez curieusement, j’ai nettoyé l’identique longueur de bande isolante que hier soit 1.36 m ! Il ne reste plus grand chose mais bien évidemment, ce qui reste, est le moins accessible.

Dimanche 11.

La météo  a un peu évolué positivement avec un soleil encore timide et moins de vent. Nous en avons profité pour gratouiller notre colle mais sans réel entrain en sorte qu’après une heure de travail, nous avons décidé de passer à la phase de l’encollage. Sur une si grande surface, c’est assez fastidieux d’autant qu’il faut imprégner les deux morceaux de deux fines couches de colle : le pot de colle entier y est passé ainsi qu’un restant de pot de colle qui nous restait ! Le travail est plutôt pas mal si on ne tient pas compte d’un début d’encollage un peu chaotique. Il reste à espérer que cette erreur de départ ne portera pas à conséquence.

Si nous devions remplacer notre annexe AB 13’ (sans moteur) par une identique – disponible comme par enchantement chez « Clipper Ship » – il nous en coûterait 10.300 € … Nous espérons ne pas avoir à devoir recourir à cette solution car à ce montant, il faudrait encore ajouter les « faux frais » comme ceux du transfert de notre moteur Yamaha et autres petits accessoires.

Quand on pense que si nous étions encore à Grenade, nous aurions tout simplement repassé la patate chaude à la société qui a mal fait son travail … mais pas question de redescendre juste pour cela !

Quand j’en ai l’occasion, je me force un peu à aller nager (+/- 500 mètres). Ce faisant, j’ai toujours une vue exacte du degré de saleté de la coque et celle-ci n’est guère enthousiasmante :  de petits bâtonnets s’accumulent ici et là, en mini bûchers. S’il suffisait de faire un tour en mer pour les éliminer, je n’hésiterais pas un seul instant mais d’expérience, je sais que cela ne servirait à rien ! Si je laisse aller, demain ce sera une forêt vierge d’autant plus dur à enlever. Il va donc falloir se mettre une bouteille sur le dos …

Lundi  12.

Il fait cra-cra à souhait ! Il crachote sans arrêt, le ciel est bas et menaçant et de temps à autre, nous avons droit à une poussée de vent. Le plan d’eau est par contre, assez calme.

Nous avons un rendez-vous pour nous faire vacciner à l’hôpital du « Marin », le mercredi 21 avril. Seulement voilà qu’Ann vient de découvrir qu’en l’état actuel des études sanitaires, il est vivement recommandé de ne pas plonger durant un délai de 7 à 14 jours selon les cas, après chaque vaccination !!! Jamais nous n’aurions pensé à cela mais il est évident que nous respecterons cette consigne de sécurité à la lettre même si elle nous afflige déjà énormément.

Mardi  13.

Si le soleil a enfin réapparu, la journée fut des plus démoralisante !!!

Tout d’abord, notre problème d’antenne RR ne fait que se compliquer : nous pensions en avoir fini avec la restauration de la TNT sauf qu’inspiré par Ann, nous avons découvert que du même coup,  nous n’avions plus d’AIS !!!!  Je vous passe les détails techniques mais notre antenne RR, en sa nouvelle configuration, est incapable d’émettre un signal AIS !!! Parfaitement incompréhensible.

Comme de bien entendu, c’est la faute à personne mais nous serons les seuls à en supporter les frais supplémentaires … Déjà, au départ, on m’avait annoncé un coût de +/- 1.000 € pour recevoir en finale, une facture de 2.100 € (on avait oublié de me mentionner les frais de transport, les taxes et le coût de la main-d’œuvre). Et maintenant, il va encore falloir trouver une solution pour notre AIS !

Du côté de notre passerelle hydraulique Opacmare, nous avons – enfin (plus de 15 jours avec  DHL) – reçu les joints commandés par notre canal mais ce ne sont pas les bons !!!! Cela fait des semaines que nous attendons les joints commandés par « Caraïbe Marine » en sorte que nous sommes passés par notre propre filière avec le résultat que l’on connaît.

Après beaucoup d’énervements au téléphone relatif à notre problème d’AIS, je me suis lancé dans le nettoyage de la coque sous-marine : il était plus que temps ! Ce fut beaucoup plus dur que prévu (1.30 heure de travail) en sorte que j’ai été contraint de demander l’aide de Ann et malgré cela, il reste encore le tiers avant du bateau  à terminer …

Mercredi  14.

Le vent est faible en sorte que les bateaux tournent dans tous les sens : ce matin, la proue du bateau pointait plein ouest. Mais notre pire problème depuis quelques jours, reste que nous avons à faire front contre du sable venant d’Afrique et des cendres venant du volcan de Saint Vincent. Le bateau est sale et dégueulasse et cette poussière s’insère à l’intérieur du bateau.

Tandis qu’Ann nettoyait notre cockpit et ses alentours immédiats, je me suis occupé de terminer le nettoyage de la coque sous-marine. Au finale, nous aurons descendu, à deux, deux bouteilles de 300bars/10 l. Quand on pense que nous avons caréné fin janvier …

Après tous nos efforts, nous n’avons plus eu le courage d’aller au « Marin » et nous avons farniente le restant de la journée.

Le soir, il n’y avait plus un pet de vent et donc, il faisait un peu étouffant à l’intérieur.

Jeudi  15.

 Mer calme, vent faible, soleil.

Nous nous sommes décidés d’aller au « Marin » pour faire le plein d’essence de notre annexe et réaliser diverses courses. Parmi celles-ci, nous souhaitions passer à la clinique pour être certain que notre rendez-vous du 21 avril, pour la vaccination au Covid-19, était toujours d’actualité.

Comme on est très loin de se bousculer au portillon pour se faire vacciner en Martinique (la population locale y est globalement opposée alors que les mesures de confinement viennent d’être renforcées !!), nous avons eu le privilège de nous faire vacciner (1ère injection Pfizer) immédiatement ! Du même coup, nous gagnons du temps. La seconde vaccination est prévue à partir du 10 mai.

Au mouillage, nous avons retrouvé nos amis de « Mana » qui est venu s’ancrer assez près de nous. Si cela avait été d’autres qu’eux …

Dès que nous aurons reçu notre seconde injection, nous prendrons nos dispositions pour rentrer au pays … vraisemblablement plus tôt que prévu !

Mardi  16.

Quand j’entends des voix venant de l’extérieur, c’est toujours le signe qu’un crétin ou l’autre vient de jeter son ancre trop près de nous et une fois de plus, j’avais raison : « FourV II » (Sun Odyssey  44’) avait jeté son ancre sur notre avant bâbord, entre notre voisin et nous. Grâce au ciel, il est resté seulement un petit ¼ heure, le temps de ferler sa GV et ensuite, il est parti au « Marin ». Il aurait pu jeter son ancre au milieu de nulle part plutôt que de venir faire chier le peuple.

Une fois encore, pas de pavillon national, pas de port d’attache indiqué ! C’est incroyable le nombre de bateaux qui en sont dépourvus. J’en ai même vu un qui ne portait aucun nom ! C’est comme de rouler en voiture sans la moindre plaque d’immatriculation. En principe, c’est interdit mais vu le grand laxisme des autorités, cela n’a sans doute rien d’étonnant. En pleine mer, il n’est pas obligatoire d’arborer son pavillon national mais dès que l’on rentre dans les eaux intérieures d’un pays, c’est en principe,  obligatoire.

Même s’il y avait un peu plus de vent que la veille, nous avons décidé d’aller plonger au « Grand Mur » : -29.10 m – 60’ – 26°. L’endroit est très riche en couleurs et nous prenons un plaisir évident à en découvrir chaque fois un peu plus, de sa topographie générale. Pour ce faire, nous nous concentrons sur la zone  proche du mouillage.

C’est en farfouillant partout que je suis tombé sur une cigale de mer que j’avais prise dans un premier temps pour un … concombre de mer !! Ce n’est qu’en la plaçant en bonne position (elle avait la tête en bas) que j’ai relevé mon erreur. Il paraît qu’il s’agit d’un animal lent et j’ai pu constater combien ses réactions étaient leeeentes. Fascinant à observer, par contre.

La visibilité était hélas moins bonne que lors de notre plongée précédente mais par contre, nous n’avons pas eu à lutter contre un quelconque courant.

Mercredi  17.

Depuis quelques jours, j’ai le sentiment que le mouillage est en quelque sorte figé ! Il y a bien quelques bateaux qui circulent mais on est loin de la frénésie habituelle qui anime le mouillage. C’est d’autant plus étrange que les conditions météo se sont plutôt améliorées même si aujourd’hui, il fait à nouveau, un peu plus venteux et pluvieux. Ce qui est en tous les cas, certain c’est que tous nos voisins proches ne décollent plus. Grrrr. Comme quoi il vaut mieux sélectionner ses voisins directs car par la suite, c’est « à la vie et à la mort ».

Départ surprise de « Tintin on the sea » (Lagoon 380) … remplacé peu de temps après par un autre Lagoon 380 qui, lui, heureusement s’est ancré  largement sur notre avant bâbord.

Une bonne part des plaisanciers du mouillage soit, ne savent pas barrer soit, tirent un peu trop sur la bibine ! Nous les voyons toujours arriver de loin et trop souvent, il nous est impossible de savoir s’ils vont passer devant ou derrière nous tellement leur trajectoire est … scabreuse. Pour nous, le plus court chemin (pour de courtes distances) entre les points A et B reste la ligne droite mais d’évidence ce n’est pas le cas pour  tout le monde. Parfois, cela zigzague tellement qu’on a un peu l’impression qu’ils s’imaginent être à un salon nautique où les badauds circulent dans les allées ! A moins, à moins qu’il ne s’agisse seulement que du principe de « voir et être vu » ! Mais qu’ils sont bêtes.

Jeudi  18.

La journée était trop belle pour ne pas aller plonger (-31 m – 62’ – 27° – 2’ à -3m) même si mon envie n’était pas débordante. Le temps de petit déjeuner et nous avions la visite de Renée & Patrick de « Saltimbanque des flots » qui avaient été plonger la veille, sur le « petit voilier ».

C’est donc sans trop grande surprise que lorsque nous sommes arrivés sur le « grand mur », nous avons vu l’annexe de « SDF » amarrée à la bouée du club Med.  Nous leur avions parlé de notre projet et de la beauté de ce spot de plongée.

Renée avait déjà réalisé sa bascule arrière que nous commencions à peine à nous équiper. Par contre, Patrick ne s’est mis à l’eau que quelques minutes avant nous ! Les deux bouées étant un peu distantes ,nous n’avons fait que nous croiser sous l’eau.

Nous avons poursuivi notre examen minutieux des lieux, en découvrant un belle grosse murène blanche et noire, deux petites langoustes, un beau crabe et surtout, un bébé squille ou du moins que nous avons pris pour tel. Elle était mignonne comme tout et s’était réfugiée dans une petite éponge-barrique bleue.

De retour à la surface, l’annexe de « SDF » n’était déjà plus visible !

Nous étions en train de prendre notre douche sur la jupe arrière que nous avons eu la visite impromptue de Michel & Maël de « Obione » … la gêne !

Vendredi  19.

Il a pas mal plu durant la nuit et la météo prévoit d’autres pluies pour la fin de semaine. Ce ne sera pas la plus belle saison que nous aurons connue. Il n’empêche que l’endroit reste malgré tout paradisiaque.

Nous devions faire des courses d’avitaillement et l’idée de retrouver la civilisation ne me déplaisait pas. Une des conséquences indirectes de la pandémie, la fermeture des magasins à l’heure du midi et la station d’essence qui n’ouvre désormais plus que le matin depuis le 1er mars !!!!

Pour un vendredi, il fait très calme sur le mouillage ce qui reste également surprenant sauf si l’on considère que toutes les sociétés de location de bateaux sont à l’arrêt … ce qui est une excellente chose.

Samedi  20.

N’ayant pu faire hier, le plein d’essence de notre annexe,  nous avons été jusqu’au « Marin » juste pour cela. Ensuite, nous sommes passés par « Sainte Anne » pour l’une et l’autre course d’avitaillement.

Comme hier, nous avons été rechercher chez « Incidences », nos deux dossiers de siège et l’accoudoir de la table à cartes, recouverts de nouveau cuir blanc, Ann a eu envie de nettoyer en profondeur, les autres coussins du carré. Travail fastidieux s’il en est car il s’agit davantage d’un traitement des cuirs que d’un simple nettoyage.

J’en ai profité pour avancer dans mon roman policier (l’histoire d’une prise d’otages sanglante) et en milieu d’après-midi, j’ai été nager. Dans toute la mesure du possible, j’essaie de conserver une bonne condition physique car il est facile de se laisser aller sous ses latitudes.

Si vendredi, il faisait très calme sur le plan d’eau, tous les crétins s’étaient donné rendez-vous ce samedi : en quelques heures, nous étions ceinturés de tous les côtés !

En soirée, nous avions à dîner à bord, Michel & Maël de « Obione ». Ambiance toujours aussi sympathique et décontractée.

Dimanche 21.

Ce matin, Ann lui a pris l’envie subite de jouer aux éboueurs communaux !! Elle  a donc été chercher avec Valérie de « Panamby », les encombrants déposés aux poubelles de « Sainte Anne » … pour aller les déposer à la déchèterie du « Marin ».

Tout a commencé il y a quelques temps par des récriminations des autorités de « Sainte-Anne » à l’égard de plaisanciers qui venaient déposer leurs encombrants (WC, annexe, bouteille de gaz, bouteille de plongée, huile usagée  etc.) alors que ceux-ci doivent impérativement être déposés au « Marin » où il existe des infrastructures dédiées à cet effet. Seulement voilà, il faut aller jusque là et il est tellement plus facile de les déposer aux poubelles de « Sainte Anne » …

Comme il est dans l’air du temps de rendre les plaisanciers responsables de tous les maux de la terre …  Ann s’est convaincue toute seule, de démontrer aux autorités locales que tous les plaisanciers n’étaient pas à mettre dans le même sac. Malheureusement, alors qu’ils devaient être quelques-uns à partir en guerre contre les encombrants, en finale, ils étaient très peu nombreux. En fait, Ann était même toute seule … c’est sans doute pour cela que je l’aaiiiiiiiiiime.

Lundi  22.

La météo étant clémente ces derniers temps, nous en profitons pour aller plonger. C’était au tour du « Boucanier » cette fois : -22.60 m – 58’ – 26°.

Plongée extrêmement cool avec une très bonne visibilité. Nous n’aurons jamais autant vu de petites murènes noires et blanches. Il est vrai que nous finissons par connaître le spot de plongée par cœur et quand la visibilité se met de la partie …

Mardi  23.

Journée de courses et d’avitaillement. Nous en avons profité pour aller faire un petit coucou à Lyria de passage, sur « Mai’tai ». Nous avions fait sa connaissance lorsqu’elle était cook sur « Wing ». Sur le chemin, nous avons bavardé avec « Obione » et « Mana ».

Une fois de retour à bord, je me suis occupé de notre orin qui avait bien sérieusement besoin d’être regonflé.

Mercredi  24.

Le super beau temps se maintient et c’est drôlement agréable. Cela ne signifie pas pour autant que l’on ne puisse pas avoir un peu de pluie de temps en temps mais c’est toujours passager.

Je n’avais pas spécialement envie d’aller plonger mais comme Ann m’avait déjà demandé deux fois la veille si on allait plonger aujourd’hui (!) , et encore ce matin (!), je n’ai pas eu le courage de dire non. Nous sommes donc partis pour le « petit mur ». Selon Ann, je baptise de « grand mur », le « petit mur » et vice et versa. Etant jeune, j’étais dyslexique. Ceci explique peut-être cela. En tout état de cause, je conserve mes qualifications car autrement, ce serait le bordel.

Au pied du mouillage, nous sommes donc partis NO et sur le bord du tombant (-13 m), nous avons accroché notre « amer fait maison ». Sur de courtes distances, la visibilité était très bonne mais dès que l’on voulait avoir une vue d’ensemble, c’était le brouillard.   

Plongée (-28.50 m – 47’ – 27°) très sympa dont le point culminant fut sans conteste, la découverte par Ann, du « HLM aux langoustes » : 5 petites langoustes réparties sur deux étages. Comme quoi, il y en a encore quand même quelques-unes … dans les restaurants, il n’y a plus moyen de déguster une langouste ce qui témoigne à l’évidence de leur raréfaction.

Si au niveau du mouillage, le plan d’eau était assez calme dès que l’on pénétrait dans la partie « mouillage sauvage », on a eu droit à de  sérieuses vagues !!! Cela chahutait pas mal. Rien de bien méchant mais quand même.

En revenant de notre plongée, nous avons été dire bonjour à Toto et Josse de « Brocéliande » qui depuis hier, est amarré à quelques encablures de notre bateau. 

Alors que nous profitions tranquillement de notre fin d’après-midi, « Thi, the, tho » pointait à nouveau son museau et bien entendu, jetait son ancre dans nos parages. Nous ne pouvons rien dire et je suis convaincu qu’ils seraient surpris de savoir que je les ai pris profondément dans le nez sans raison particulière si ce n’est qu’ils ont le chic de me gâcher ma vue et ma bonne humeur. Si encore, ils avaient la bonne idée de bouger fréquemment. Mais non, ils sont indéboulonnables … grrrrrrrrr.

Jeudi 25.

Belle journée mais un peu plus venteuse. De toute manière, nous avions décidé de farniente … ce qui ne m’a pas empêché de consacrer un peu de temps au bricolage : refixation d’un flotteur de pompe de cale dans le coffre arrière bâbord.

A noter que lors de ma natation quasi quotidienne, la visibilité était tellement mauvaise que je n’ai pu voir le fond (-6 m) !!! Une première.

Vendredi 26.

Il fait super beau mais un peu beaucoup trop venteux que pour être parfait. Ann est partie ce matin avec Toto et Josse de « Broceliande » faire diverses courses au « Marin ». J’ai donc le bateau pour moi tout seul et j’en ai profité pour mettre de la musique dans le cockpit : fallait quand même bien que je vérifie si nos quatre nouveaux haut-parleurs fonctionnaient toujours …

La grande majorité des bateaux du mouillage joue à l’incruste même si de bien entendu, il y en a quelques-uns qui ne peuvent viscéralement s’empêcher de faire des aller/retour incessants avec le « Marin ». Les fermetures de frontière en raison de la pandémie, découragent évidemment  tout le monde de vouloir faire du cabotage ce qui est une excellente chose dans une certaine mesure. La perfection n’étant pas de ce monde, il est malheureusement impossible d’avoir le beurre et l’argent du beurre.

Nous avons depuis quelques jours, sur notre arrière tribord, un voilier … marocain, « Houria » !! Visiblement il s’agit d’un voilier « cycloné » si en juge par l’importance des travaux de réfection de sa coque. C’est tellement rare que cela méritait de le signaler.

Les pays de l’Est sont eux, surtout représentés par les Polonais ! Ils n’arborent pas souvent le pavillon polonais (en passe pourtant, de devenir le pavillon de complaisance le plus couru pour le moment !!!) mais il est facile de voir le pavillon polonais à hauteur des barres de flèches. Autre signe significatif … ils se regroupent facilement.

Pour le surplus, il s’agit essentiellement d’une saison très « franco-française » pour mon plus grand plaisir, par ailleurs. Rien que pour cela, je souhaiterais que la pandémie se poursuive. Oh !

Samedi 27.

En pensant aux copains qui, en Belgique, doivent faire la file (réservation obligatoire,  nombre de plongeurs limité à quatre, protocole très stricte etc.) pour aller plonger en carrière, il m’a semblé que malgré un vent un peu fort, nous ne pouvions décemment pas, ne pas aller plonger( -25 m – 59’ – 26°).  Qu’auraient-ils pensé de nous ?

Aussi, sommes nous partis pour le « Boucanier ». Assez étonnamment, la mer était plus calme que lors de notre précédente plongée au « Grand Mur » !!! Par contre, question visibilité ce n’était pas le top : on aurait dit qu’une vielle teuteuf venait de pétarader un gros nuage bleu juste devant nous ! Nous avions cependant une excellent visibilité sur une dizaine de mètres.

Le « Boucanier » fait de plus en plus partie de notre patrimoine génétique de plongée. On s’y sent aussi à l’aise que dans une carrière où par définition, on ne peut pas se perdre ! Cela n’empêche pas les débutants de ne pas retrouver la sortie …

Un superbe moment de détente et de beauté.

Sans se soucier le moins du monde de notre présence (en fait, le couple de propriétaires avait manifestement des œillères qui leur interdisaient de regarder de notre côté …)  « Mathusalem II », catamaran  battant pavillon français et immatriculé à Fort-de-France, s’est ancré sur notre avant tribord. Certes, nous ne pouvions rien dire mais au vu de la place disponible, il aurait été plus sympathique d’ancrer plus loin.

Le soir, nous recevions à dîner à bord, Toto et Josse de « Broceliande » : un grand moment de bonne humeur.

Dimanche 28.

Alertés par les réseaux sociaux, nous avons presque assisté à la collision, en direct, entre « Deima » (Venezia de Fountaine Pajot) immatriculé à  Fort-de-France et « Thi, the, tho », mes grands copains. Aucun des propriétaires n’étaient évidemment à bord …

Hier soir quand Toto et Jos arrivaient à notre bord, j’avais à l’œil « Deima » qui nous remontait sur le flanc bâbord à une vitesse d’escargot cacochyme ! Selon le principe :  « montre moi comment tu barres et je te dirai qui tu es », je vous laisse imaginer la haute estime en laquelle je tenais déjà le skipper de « Deima ». L’histoire devait me donner raison puisque ce matin, le catamaran dérapait tranquillement sur « Thi, the, tho ».

Si les propriétaires de « Thi, the, tho » sont arrivés comme la cavalerie d’Offenbach , celui de « Deima » se trouvait de l’autre côté de l’île … Ce sont des amis de ce dernier qui se sont occupés de remonter l’ancre (un panier y était attaché …) et de le ré-ancrer.

Ils ont d’abord essayé de l’ancrer un peu plus en avant des bateaux ancrés (!!) … pour finalement, opter pour un ancrage plus prudent derrière les bateaux ancrés … soit à hauteur de notre flanc bâbord ! Grrr.

Le propriétaire de « Deima » est revenu très tranquillement  à bord pour … 20 heures. Sur les réseaux sociaux, il a bien invité (sans préciser de jour et d’heure …) tous les intervenants à venir prendre l’apéro à bord mais il n’a pas été foutu d’aller s’excuser auprès de « Thi, the, tho » …

Lundi  29.

Journée fort venteuse et plutôt maussade. Grâce au ciel, il n’a pas plu ou si peu, durant la journée. Nous avons donc farniente toute la journée.

En fin d’après-midi, « Mathusalem II » est parti au « Marin ». Ouuuf.

Le Lagoon 380 est un catamaran que j’ai pris sérieusement en grippe !! Pourquoi ? Parce qu’il s’agit très majoritairement du catamaran préféré des solitaires et que les solitaires sont les tous premiers à venir se coller à vous … manque d’affection, sans doute.

Comme durant toute la soirée, nous avons eu droit à des pluies intermittentes, il n’a quasiment pas été possible d’ouvrir les hublots avant en sorte qu’il faisait désagréablement trop chaud à l’intérieur du carré.

Mardi 30.

Un long séjour en mer peut-il ronger les neurones ? C’est ce que nous finirons par croire quand on se rappelle que nous avions été emboutis, il y a un an, par un Oceanis 411 « Sacre bleu » (GB) qui venait  juste de traverser l’Atlantique.

Cette fois, il s’agissait de « Pitchounet » (immatriculé à Aurey, France) parti le 27 février de Ténériffe et arrivé ce matin seulement, au mouillage de « Sainte Anne ». C’est parce que ces deux crétins de 70 ans (info via les réseaux sociaux) ont essayé de mouiller l’ancre trop près de nous qu’Ann a eu son attention attirée. Il était 6 heures du matin …

Se rendant compte que leur ancre ne tenait pas, ils l’ont relevée sans se rendre compte qu’ils remontaient du même coup, un panier ! Ils se sont donc ancrés en l’état … pour commencer à déraper tranquillement sous les effets du vent qui soufflait en diable. Les deux  crétins étaient bien évidemment, entre-temps, allés se coucher ! Le minimum aurait été que l’un des deux se mette à l’eau pour vérifier l’état de son ancrage ou à tout le moins, assurer une veille ou enclencher une alarme.

« Pitchounet » a ainsi dérapé – par à-coups – jusqu’à venir emberlificoter son ancre dans celle de « Caromille ».Nombreux furent ceux qui essayèrent de prévenir par téléphone, Jean-Philippe, qu’un voilier dérapait sur lui mais comme il ne répondait pas …

Il s’en est suivi un véritable ballet aquatique entre les deux bateaux : « Pitchounet » tournait à plein pot, autour de « Caromille » avec  de furieux retours de manivelle. On se serait cru revenu au temps des cow-boys et des indiens.  Perso, je me serais mis à l’eau pour déterminer exactement l’étendue du problème avant de faire quoi que ce soit.

Après plusieurs essais plutôt catastrophiques, « Pitchounet » est parvenu, on ne sait comment, à se libérer de la chaîne de « Caromille ». Il est parti alors, toujours plein pot, tout devant le mouillage !!! Perso, je me serais ancré derrière tout le monde pour éviter une seconde catastrophe si mon bateau dérapait à nouveau.

Du même coup, la densité de crétins au m² sur le mouillage, déjà phénoménale, a encore augmenté !!

Mercredi  31.

La journée a débuté de manière très maussade avec un vent toujours désagréablement trop fort. Heureusement, en fin d’après-midi, le vent baissait sensiblement d’intensité. « Deima » en a profité pour aller jeter l’ancre plus près du quai aux annexes. Avec un peu de chance, nous le retrouverons à nouveau, à notre hauteur quand il aura fini de déraper. Pas foutu d’ancrer correctement son catamaran, il n’a pas été plus foutu de lever l’ancre : cela lui a pris une bonne demie heure !

Sans doute pour pas longtemps mais tous nos voisins se sont rapprochés de la côte d’une manière ou d’une autre. Nous avons maintenant peur de l’appel d’air ainsi provoqué surtout à la veille du week-end de Pâques.

Lors de ma natation quasi quotidienne, j’ai évité de peu d’être heurté par une annexe qui heureusement n’était pas équipée d’un gros moteur ! En fait, en relevant la tête, j’avais vu qu’une annexe venait en ma direction. En ces conditions, je me suis arrêté de nager et j’ai attendu patiemment qu’il me passe devant sauf que plus il se rapprochait et plus il me fonçait dessus !!!

Il y avait deux hommes à bord : l’un à la barre et l’autre sur le boudin avant, qui lui bouchait la vue mais regardait vers l’arrière, le con. Arrivés à quelques mètres, j’ai du crier pour qu’ils prennent conscience de ma présence. Le barreur a immédiatement coupé les gaz puis s’est écarté légèrement sans s’excuser pour autant … la densité de crétins au m² sur le mouillage …

Depuis notre arrivée en décembre sur le mouillage, nous n’avons pas vu un seul bateau des douanes, de la gendarmerie nationale, des affaires maritimes ou de la police communale ! En cette période de fermeture des frontières et de pandémie, cela en était franchement consternant. Les autorités semblent avoir remédié à la situation puisque depuis une dizaine de jours, nous avons droit à la visite régulière des douanes ou de la gendarmerie nationale.

Publié par : Ann & Stéphane | 20 mars 2021

01 au 15.03.2021 – Peinards à Sainte-Anne (Martinique).

Lundi 01.

Les météorologues l’ont constaté, le mois de février 2021 a été beaucoup plus venteux et pluvieux que « normal ». Je l’avais remarqué également même si on a un peu vite tendance à oublier les fâcheux moments pour ne retenir que les meilleurs.

Comme en matinée, il y avait toujours beaucoup de vent et que l’otite d’Ann la faisait toujours souffrir, nous avons donc prudemment décidé de ne pas quitter le bateau. Une journée supplémentaire de farniente.

Mardi 02.

Depuis hier, le vent a amorcé une descente, en force. Il était temps ! Pas mal de plaisanciers en ont profité pour sortir de leurs coquilles en sorte que ce matin, le mouillage n’avait jamais aussi été clairsemé !! Si seulement cela pouvait perdurer …

L’otite de Ann n’étant plus qu’un mauvais souvenir, nous avons été plonger au « Grand Mur » (-31 m – 54’ – 26°). Pour une fois, la visibilité était bonne, pas exceptionnelle mais suffisamment bonne que pour retrouver nos amers sans trop de difficultés. Cela change évidemment tout.

Ayant ressenti un léger courant positif (notre palmage était manifestement plus efficace dans un sens que dans l’autre), nous avons fait demi tour plus tôt que prévu. Nous avons compensé en dépassant notre amer pour repartir un peu « épaule gauche ».

Autre difficulté du spot de plongée, il faut retrouver son mouillage une fois que nous sommes sur le plateau. Contrairement au « Boucanier », il faut palmer quelques minutes avant de tomber dessus et si vous n’y faites pas attention, vous passez à côté, sans le voir …

A chaque fois, je prends un cap SE et le mouillage est systématiquement trop sur ma droite. Cette fois, j’ai essayé un cap S et le mouillage était trop sur ma gauche. La prochaine fois, il faudra que j’essaie un cap SSE …

Alors que les tourteaux ont totalement disparus, que les langoustes se font de plus en plus rares et que les murènes commencent à leur tour, à faire grise mine, nous sommes tombés nez à nez avec un superbe crabe qui avait trouvé refuge dans une anfractuosité juste à côté du corail où nous avions attaché notre amer !! Une vraie sale gueule mais quels pinces !

Mercredi 03.

Il fait magnifique et le vent est faible avec de temps en temps une petite montée en puissance, histoire de rappeler qu’il ne faut pas l’oublier pour autant.

Depuis bien trop longtemps, je me suis privé de ma natation quotidienne en raison de l’état de la mer. Aujourd’hui, je n’ai pu résister et je me suis donc mis à l’eau. Toujours, ce frisson lorsqu’on rentre dans l’eau et toujours, ces efforts violents pour nager contre le vent et le courant de surface mais quel plaisir absolu. Dommage que la visibilité était réellement médiocre (j’ai constaté qu’une visibilité médiocre sur le mouillage équivalait souvent mais pas toujours, à une bonne visibilité en plongée !!!).

Ici aussi, on a le sentiment que la faune a déserté la région ! Par contre, il y a quelques temps, des plongeurs, partis de la « Grande Anse d’Arlet », ont affirmé avoir vu au large, un requin marteau !

Au cours de la soirée, nous avons eu droit à nous faire un peu secouer par une houle venue de nulle part. Impossible d’affirmer avec certitude qu’elle vient du large comme je le pense ou qu’elle résulte d’un phénomène météorologique ou l’autre. Plutôt désagréable, en tout état de cause.

Jeudi  04.

Il fait un peu moins beau que hier et le mouillage est  toujours secoué par la houle ! Ceci ne m’a pas empêché d’aller nager et j’ai eu droit, sur le retour, à la compagnie d’une grosse tortue : elle nageait sur le fond et moi, en surface. Il n’y a pas à dire mais elle nage mieux que moi !

En nous réveillant ce matin, nous avons eu la désagréable surprise de relever que « Thi The Tho », un monocoque de 38’, était venu s’ancrer sur notre avant bâbord !! Quand j’ai été me coucher, je ne l’ai pas vu. Difficile de dire quoi que ce soit maintenant qu’il est ancré et à distance raisonnable, de surcroît. Certes, nous aurions préféré qu’il aille jeter son ancre n’importe où autre part et au mieux, sur notre côté tribord (je regarde toujours vers bâbord car l’horizon y est beaucoup plus plaisant).

Le plus dingue de l’histoire reste que ce jeune couple n’a qu’une toute petite annexe et que donc, ils seraient  mieux inspirés d’aller s’ancrer plus près du quai des annexes … Mieux même, nous avons pu relever qu’ils avaient passé toute la journée, à bord d’un catamaran ancré à la « anse Caritan ». Pourquoi donc,  ne pas avoir l’intelligence d’aller ancrer leur voilier tout près de leurs amis …

Nous avons profité de la journée relativement calme pour aller faire quelques courses au « Marin » et sur le retour, nous avons été dire bonjour à « Mana » qui est toujours au quai de « Carénantilles ».

Le soir, nous avons eu une nouvelle fois, droit à l’arrivée de nuit, d’un voilier qui par bonheur, s’est ancré à « Caritan » en passant devant notre étrave. Grrrrr.

Vendredi  05.

Si nous avions espéré que « Thi The Tho » allait faire mouvements vers leurs amis, nous en sommes pour nos frais. Le bateau n’a pas quitté sa place. On finira par s’y faire à cette tâche sur notre horizon.

La météo étant relativement bonne (nous subissons depuis quelques jours et de manière sporadique, de la houle) pour aller plonger, nous nous sommes décidés pour le « Grand Mur ». Sur place, nous avons été étonnés par la quasi absence de houle !

Nous nous sommes mis à l’eau comme à l’accoutumée et après avoir attaché l’annexe directement à la chaîne du mouillage, nous sommes partis NO pour rejoindre le tombant incliné.

Le mouillage est constitué de plusieurs chaînes enroulées autour d’un gros bloc de corail. Au bout des chaînes, il y a un vieux pneu qui sert d’amortisseur. A l’autre extrémité du pneu, une grosse aussière part vers la surface où un flotteur l’empêche de couler. Le problème réside en ce que nous avons constaté que le pneu se déchirait ! La liaison chaînes/aussière risque ainsi de se rompre à tout moment …

Au tout début du tombant incliné, nous avons attaché à un corail, notre amer constitué de deux petits flotteurs jaunes. Ensuite, nous sommes descendus sur le fond de sable à -31m. Sur la descente, Ann s’est plainte à plusieurs reprises, d’avoir de l’eau dans son masque :  cela peut arriver notamment lorsque le masque emprisonne des cheveux. En le cas d’espèce, je n’ai rien vu d’anormal mais qu’y faire ?

Nous avions décidé de remonter  en serpentin en manière telle d’explorer au mieux toute cette zone bien précise. Pourquoi pas ? Ann semblait y tenir.

Nous avions à peine commencer « épaule droite » qu’Ann tire sur ma jambe ! Je me retourne et je vois … un lapin sans oreille mais les yeux pris dans les phares d’une voiture !! Comment mieux décrire le visage de Ann, stupéfaite d’avoir perdu en un coup, les deux verres de son masque Xvision ! J’ai pu récupérer le cerclage défectueux mais pas les deux verres correcteurs.

Ayant immédiatement compris la situation, je l’ai prise fermement par le bras et nous sommes remontés calmement sur le plateau. Au passage, j’ai défait l’attache de notre amer qui un peu plus tard, m’a échappé des mains. A la boussole, je me suis dirigé vers le mouillage.

A hauteur de celui-ci, j’ai mis l’aussière entre les mains de Ann tandis que je défaisais notre bout, de la chaîne de mouillage. Ensuite, j’ai repris Ann par le bras et nous sommes remontés jusqu’à la surface en respectant la vitesse de remontée.

Comme à chaque plongée, je suis remonté dans l’annexe en premier pour constater que j’étais en train de perdre mon couteau … qui, heureusement, est tombé dans l’annexe. En retirant ma palme, j’ai cassé une de mes sangles …

Sur le chemin du retour, nous avons récupéré notre amer qui flottait à la surface.

De tout cela, j’ai retenu la leçon qu’il pouvait être utile d’avoir un masque de secours dans sa stab. Je sais que cela peut faire sourire et je sais aussi que ce fut ma réaction quand un ami m’avait fait part de cette sécurité. Et pourtant …

En début de soirée, la houle avait fait sa réapparition et avec elle, les crétins de tout poil dont le seul plaisir consiste à faire chier les autres plaisanciers, en déboulant sur le mouillage à toute heure de la nuit : deux monocoques ont eu l’intelligence de jeter l’ancre derrière nous, deux catamarans ont du jeter l’ancre devant « Thi, The, Tho » et un dernier catamaran a jugé plus intelligent encore d’aller slalomer entre tous les bateaux ancrés devant la plage.

Sur un des deux catamarans devant « Thi, The, Tho » c’était manifestement la fête : cela gueulait à tue-tête.

Samedi  06.

Il fait super beau et la mer est calme. Nous avons donc déjà  droit à deux monocoques français devant notre étrave : « Anaïs » et « Mohican ».

« Mohican » (un ketch rouge en acier) est le plus éloigné mais aussi le plus sur notre trajectoire en cas de dérapage, aussi j’ai nagé jusque là (pas tout près …) pour voir discrètement comment était son mouillage : ancre Delta bien positionnée mais pas enfoncée dans le sol. J’ai bien pensé en faire la remarque aux propriétaires mais je m’en suis abstenu car j’ignore quelle aurait été leur réaction et qu’en cas de coup de vent, l’ancre ne pourrait que s’enfoncer plus profondément dans le sol.

C’est le week-end et il fait beau … il faut donc que tous les crétins viennent prendre le bon air à « Sainte Anne ». C’est un peu comme partir en week-end, à la campagne !!

Parmi les plaisanciers, il y a ceux qui retournent invariablement à leur emplacement habituel  comme cet Amel 54 battant pavillon allemand, « Vela Nautica II » (qu’il y aie de la place ou non, ne change rien à l’équation pour eux …) et les autres qui changent de place lors de chaque déplacement. Des deux, je ne sais pas très bien ceux qui m’irritent le plus … les deux sans doute. Le « bon » plaisancier selon mes critères, est le plaisancier qui ne vient pas m’enquiquiner  à « Sainte Anne ».

Dimanche 07.

J’avais pensé aller plonger hier mais Ann avait la flemme et la météo annonçait un temps identique pour ce dimanche. Oui mais voilà, ce dimanche s’il fait superbe, cela souffle beaucoup !!!! En principe, le vent doit mollir en cours de journée …

J’ai déjà vu des vicieux mais ce First 405 battant pavillon français bat quelques records ! Que je vous explique … En sortant la tête dans le cockpit, je vois un First 405 qui nous remonte sur notre bâbord. Immédiatement, je suis en alerte et je le suis des yeux.  Après nous avoir dépassés, monsieur reprend la barre, met des gaz et tourne à 180° en passant devant nous !! Au moteur, je le vois partir vers le large !!! Si je m’en étonne, je reste sur mes gardes car j’en ai déjà vu d’autres …

Après dix minutes d’observation, je me résigne à croire qu’il est parti vers le « Diamant ». Je rentre à l’intérieur et je me préoccupe de la vaisselle du petit déjeuner.  Lorsque je ressors dans le cockpit, ce vicieux était revenu sur ses pas et jetait l’ancre un peu derrière nous !!!! En fin d’après-midi, il quittait étonnamment le mouillage …

A défaut de plonger, j’ai été nager. J’étais un nageur de fond, à l’aller … et un sprinter, au retour ! J’ai d’abord du éviter un gros catamaran qui me fonçait dessus, ensuite, ce fut un bateau à moteur dont le skipper était distrait par son gsm et en finale, une grosse vedette de pêche qui traversait le mouillage à fond les manettes.

Lundi  08.

Soleil, soleil mais également vent relativement fort. De quoi nous faire hésiter à aller plonger … en fait, c’est surtout moi qui hésitait. Par bonheur, sur le coup de midi, le vent s’est essoufflé !! Quand nous avons été certains qu’il ne s’agissait pas d’une accalmie toute passagère, nous nous sommes mis en branle.

Direction le « Boucanier » : -17.90 m – 41’ – 27°. Visibilité assez faible, l’impression désagréable d’avoir un léger courant contraire, je la sentais pourtant bien cette plongée … jusqu’à ce qu’Ann me montre son manomètre :  100 bars après même pas un quart d’heure de plongée !!!!!!

Et pourtant, il y avait 280 bars dans sa bouteille lorsque nous l’avons équipée. Durant toute la plongée, nous nous sommes cassés la tête à comprendre comment il était possible qu’alors que j’avais encore 250 bars dans ma bouteille, Ann n’en avait plus que 100 bars ! Et pourtant, nos deux consommations sont généralement identiques avec même un léger avantage pour Ann. Normal, les femmes ont une capacité thoracique plus faible que les hommes.

Quand Ann m’a montré son manomètre, nous sommes retournés sur nos pas pour partir « épaule gauche », une fois à hauteur de notre amer. Quand sa réserve fut atteinte, elle est passée sur mon détendeur de secours. Lors de mon stage de moniteur fédéral, j’ai appris qu’il fallait toujours garder de l’air dans sa bouteille pour le cas où en surface, il faille par exemple, palmer jusqu’au bateau. Nous sommes donc remontés bras dessus, bras dessous.

Ce n’est que lorsque nous avons rincé notre matériel que nous avons compris que le détendeur de secours de Ann fuitait alors qu’il revient de la révision et que nous sommes déjà retournés au magasin de plongée pour ce problème récurrent. Nous aurions pu y penser plus tôt mais lors de la vérification du matériel avant de partir, il ne fuitait pas.

En fin d’après-midi, je n’en ai pas cru mes yeux quand « Mohican » est parti s’ancrer plus près du débarcadère à annexes. Cela me paraissait l’évidence même puisque leur annexe est dépourvue de moteur mais qu’il leur aie fallu 3 jours entiers pour le comprendre … enfin, chez certains, c’est parfois un peu lent. J’en ai encore deux ou trois autres autour de nous dans une situation assez semblable mais pour eux, cela mettra sans doute encore plus longtemps avant que le franc ne tombe.

Le plus important reste que « Mohican » est parti car il était le seul à nous menacer sérieusement en cas de dérapage.

Mardi  09.

La météo avait annoncé de la pluie et hormis deux grains, nous avons pourtant bénéficié d’un très beau temps. Le vent quant à lui, relativement fort en matinée, s’est calmé en cours de journée.

En matinée, je me félicitais du départ de trois crétins … alors qu’en fin d’après-midi, je me désolais de leur retour, à leur ancien emplacement ! Comme quoi, il ne faut jamais se réjouir trop tôt … Le pire reste que les crétins reviennent souvent à leur ancien emplacement ce qui n’empêche nullement d’autres crétins de venir gonfler la meute !!

Mercredi  10.

Il fait beau mais il y a du vent. Rien que de très normal me direz vous, au détail près que pour une fois, le vent est monté sérieusement dans les octaves au moment précis où je comptais aller plonger … Ann n’étant pas enthousiasmée par l’idée, nous sommes restés peinards au bateau. Il faut dire que la vidéo d’un monocoque en train de couler ce matin, au « Marin » , m’a plutôt douché à l’idée de laisser seul le bateau.

Jeudi  11.

Le bateau qui a coulé est un Sun Odyssey 42’ cc, immatriculé en Allemagne, et dont le propriétaire serait actuellement, en Métropole. Le bateau, amarré à une bouée, était, semble-t-il,  sous la surveillance d’une société de gardiennage. C’est son voisin de mouillage qui a signalé un peu tardivement le naufrage, aux autorités. Le voilier a été renfloué par les services de la marina et mis au sec au « chantier de Carénantilles ». Toujours selon « radio ponton », ce serait une vanne qui a cassé, qui a provoqué le naufrage. (Cfr. photos).

Nous avons quitté notre mouillage pour la grande darse du chantier de « Carénantilles » à 7.30 heures. Pour une fois, il faut le souligner tellement c’est exceptionnel, lorsque nous sommes arrivés sur place, la grande darse était totalement libre !!!!!!! « Mana » et « Obione » étaient présents pour nous accueillir.

A peine arrivés, nous avons eu la visite de Denis et Patrice de « Caraïbe Réfrigération » pour le remplacement de notre ice maker. Celle d’Olivier et de Lucas de « Caraïbe Marine » pour le remplacement de notre groupe hydrophore.  Celle de Serge de « Caraïbe Menuiserie » pour son travail d’étanchéité de nos capots de pont.  Celle de Daphnée pour le remplacement de notre écoute de tourmentin. Celle de « Incidences » pour le recouvrement en cuir blanc, de deux dossiers du carré et d’un accoudoir du siège de la table à cartes. Celle de Christophe de « Caraïbe Marine » pour notre problème de TNT. En bref, nous n’avons vu personne …

Nous avons également eu droit à de nombreux compliments sur notre bateau comme à chaque fois que nous accostons une côte.

Si vous ajoutez à tout cela que j’en ai profité pour nettoyer le flanc tribord du bateau, au vinaigre blanc, et que j’ai été stoppé dans mes œuvres  par une coupure d’eau (remplacement du groupe hydrophore). Vous aurez une petite idée de ma journée de farniente …

Le soir, nous étions invités à dîner, au restaurant le « Zanzibar » par Michel et Maël de « Obione ».Nous avons ultra bien mangé dans une ambiance aussi chaleureuse qu’amicale. Merci encore à eux.

Vendredi  12.

Christophe de « Caraïbe Marine » nous avait demandé si  7.30 heures ce n’était pas trop tôt pour nous . « Bien sûr que non » que nous lui avons répondu avec beaucoup d’aplomb (en général, nous ne nous levons pas avant 10 heures …) . Pour une fois, il était à l’heure !!!

Nous l’avons monté dans le mât et il en est redescendu avec notre antenne RR, en mains. Là, nous avons craint ne plus le revoir avant le week-end … Après un passage par son atelier, il est revenu sur l’heure du midi avec notre antenne mais malheureusement, nous ne captons toujours pas plus la TNT.

Serge de « Caraïbe Menuiserie » a terminé son travail.

Aidés par Michel et Maël de « Obione », nous avons déplacé le bateau d’un bord au bord opposé de la darse pour nous permettre de nettoyer le flanc tribord. J’en ai profité pour me taper un sérieux coup de soleil sur les épaules.

Il était 14 heures quand nous avons mis les voiles pour le mouillage de « Sainte Anne ». Nous avons repris notre ancienne place mais légèrement plus vers le « Caritan » en manière telle d’avoir sur notre avant, le Grand Bank suédois ! Ce dernier ne bouge jamais et nous savons par expérience, qu’il est solidement amarré au fond. Ceci devrait nous éviter d’avoir à passer des nuits blanches à nous demander si le bateau qui est venu s’amarrer devant nous, généralement par calme plat, ne va pas déraper durant le coup de vent de la nuit.  C’est ce que nous avions essayé déjà – en vain- de faire la fois précédente …

Samedi 13.

Durant la nuit, nous avons été bien secoués par la houle !! De facto, nous nous en sommes beaucoup mieux sortis que d’autres dont nos plus proches voisins ! Le phénomène de houle est un peu spécial cette saison : d’ordinaire, on peut avoir de la houle pendant deux ou trois jours mais en dehors de ces périodes, c’est très calme alors que cette saison, la houle est plus fréquente (surtout la nuit) mais très limitée dans le temps !

Si le soleil était absent, la mer était calme et le vent faible : une météo presque idéale pour aller plonger. Nous sommes donc partis au « Grand Mur » : -28.20 m – 61’ – 26°.

Nous avions décidé de rester sur zone et de remonter lentement en arpentant chaque m² de terrain. Assez rapidement, nous avons abandonné l’idée de rechercher les verres correcteurs du masque de Ann : impossible de définir avec assez de précision, où ils s’étaient détachés du masque.

Une fois sur le fond de sable, ce fut un peu la confusion entre nous, quant à la DP à tenir mais dès que nous avons rejoint la profondeur de -20 m, nous avons échappé à un courant qui nous poussait vers le fond et tout naturellement, nous nous sommes concentrés sur tout ce qu’il y avait à voir. Ce fut tellement agréable qu’encore un peu et je prenais le parti de vider nos bouteilles avant de remonter sur l’annexe ! Pour le gonflage des bouteilles, il est plus aisé de commencer avec 100 bars …

La visibilité était tellement exceptionnelle que nous sommes restés continuellement en vue de notre amer et que j’ai compris que je faisais une grosse erreur en partant NO au départ du mouillage alors qu’en prenant un cap plein N, je retrouvais le tombant bien plus rapidement !!! Quand je pense au nombre de plongées qu’il m’a fallu pour comprendre cette évidence …

Quand nous sommes remontés sur le plateau, plus du tout protégés par le tombant, nous avons eu droit à un courant assez fort dirigé plein N !!!!!! Du jamais vu à ce spot de plongée (peut-être un effet des marées d’équinoxe).Au palier de sécurité, nous étions carrément « en drapeau » !

Evidemment, en surface, nous avons dû sérieusement nous tenir à l’annexe pour ne pas être emportés par le courant !! La remontée à bord fut donc un plus sportive que d’ordinaire …

Dimanche 14.

Durant toute la nuit, ce fut la pétole au point qu’en regardant la télévision, j’ai senti l’impérieux besoin de faire fonctionner notre ventilateur Dyson ! Au matin, un petit vent sympa avait fait son apparition mais le soleil s’est refusé obstinément à nous montrer le bout de son nez. Dimanche très, très calme.

Selon nos informations, il n’y a pour ainsi dire, personne dans les Grenadines alors que Grenade et ses alentours connaissent des concentrations élevées de bateaux. Le motif en est assez simple : il n’y a pas de cas de Covid à Grenade et dès lors, tout bateau pénétrant dans la zone doit montrer patte blanche (quarantaine et test PCR assez coûteux).

Après ma natation quotidienne et un bon petit déjeuner, je me suis attaqué à notre compresseur de plongée : changement de la cartouche de filtrage et de l’huile (tous les 2 ans, en le cas d’espèce). Le changement de l’huile impose de retirer le compresseur de son cocon isophonique … J’étais pas très chaud pour ce travail mais quand il faut, il faut.

Lundi  15.

Durant toute la nuit, ce fut la pétole et la pluie. Grrrr. C’est l’horreur, le bateau tourne dans tous les sens et surtout, il n’y a pas d’air.

Au matin, il faisait tellement cra-cra que malgré ma grande envie d’aller plonger, j’ai dû y renoncer. Nous avons eu droit à de fortes pluies qui n’en finissaient pas. Horrible. Au moment même où enfin, on pouvait commencer à respirer, un crétin en passant sur notre orin, nous a coupé le filin ! Sur le coup, notre orin s’est fait la malle … il s’agit incroyablement d’une première.

Lorsque j’en fus alerté par les cris d’Ann, l’orin passait tranquillement à bonne distance du bateau … Fallait-il descendre l’annexe pour aller le récupérer ou était-il possible que je le ramène à la nage ?

J’ai opté pour la nage et après un crawl fort énergique, je suis arrivé à l’attraper. Oui mais voilà, j’étais parti sans palmes car il m’aurait fallu trop de temps pour les enfiler et maintenant, j’étais tout essoufflé et fort gêné par mon orin que je devais tenir à la main !

Par signes, j’ai fait comprendre à Ann qu’il fallait qu’elle vienne me chercher avec l’annexe. Le temps que celle-ci soit à l’eau et j’avais finalement entamé ma nage de retour vers le bateau. Il n’empêche, qu’à contre courant, j’ai été bien heureux qu’elle vienne à ma rencontre.

Ensuite, je me suis équipé de ma bouteille pour aller remettre à l’ancre, un nouvel orin. Malheureusement, malgré mes recherches (26’), je n’ai pas trouvé trace de notre contrepoids ! C’est méchant de penser cela mais j’espère que le contrepoids et son filin se sont enroulés autour de l’axe d’hélice du crétin …

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publié par : Ann & Stéphane | 6 mars 2021

16 au 28.02.2021 – Grand vent sur « Sainte Anne » (Martinique).

Mardi 16.

J’avais pris la résolution d’aller plonger après deux jours de farniente mais la météo des plus maussade m’a vite convaincu de ne rien en faire. C’est une des plus grandes richesses de notre situation : nous faisons ce que nous avons envie quand nous en avons envie … quand la météo le permet !

Troisième journée donc, de farniente !

Mercredi 17.

Troisième et dernier jour de carnaval ! Demain, les magasins devraient être ouverts normalement. C’est surtout une météo moins tempétueuse que nous souhaiterions connaître car si entre les violents grains, il fait bon vivre, durant les violents grains, on serre malgré tout un peu les fesses devant la violence des vents.

Jeudi 18.

Après un très long week-end de carnaval, aujourd’hui, on sent diffusément que « l’activité » a repris. Mais comme demain, on est déjà vendredi, il ne s’agira que d’un fétu de paille.

La météo ne s’est guère améliorée depuis plusieurs jours en sorte que nous restons calfeutrés sur le bateau. Encore quelques violents grains.

Ce matin, quelques-uns de nos voisins directs étaient partis pour mon plus grand bonheur. Cet après-midi, pour mon plus grand malheur, ils sont revenus reprendre leur exact emplacement ! Nous avons également droit à quelques nouveaux …

Vendredi 19.

Guillaume de « Caraïbe Marine » est passé pour donner un coup de gonflette à notre groupe hydrophore en attendant que le nouveau veuille bien arriver ! Nous connaissons les symptômes par cœur : tout d’abord, le groupe a des hoquets et un peu plus tard, notamment quand on prend une douche, on a droit à de l’eau bouillante qui succède à de l’eau gelée et ainsi de suite, à l’infini. Une vraie jouissance.

Du côté de la météo, j’ai parfois le sentiment de me retrouver dans une turbine à air ! Là aussi, il s’agit d’une succession de vents violents et de périodes d’accalmie toute relative. A chaque fois, on se raccroche à l’espoir de retrouver une météo plus abordable mais les jours passent et se ressemblent.

Samedi  20.

Soleil, vent très abordable, mouillage relativement calme, il n’en fallait pas plus pour que nous décidions d’aller plonger au « Grand Mur ». Il est vrai que j’avais hâte de voir si mon amer (une vielle lampe de plongée UK400 sans la batterie, au bout d’un filin) était encore en place.

Amarrés à notre bouée, Ann me dit que le bateau de plongée amarré à hauteur du spot de plongée « le petit voilier » soit un peu plus loin, nous fait des grands signes !! Comme il semble vouloir insister, nous quittons notre amarrage pour savoir ce qu’il nous veut. En m’approchant du bateau de plongée, un grand escogriffe barbu me fait des signes de ralentir et de nous déporter sur notre tribord ! En nous rapprochant à petite allure, nous comprenons que nous allions passer au-dessus de plongeurs qui faisaient surface sans parachute !!! En fait, nous n’avons aperçu qu’une tête qui a ensuite disparu sous la surface. C’est à peine si nous ne nous faisions pas engueuler par le grand escogriffe barbu ! En finale, il semblerait que les signes perçus par Ann ne nous étaient tout simplement pas destinés !!!

De retour à notre bouée, nous avons repris tous nos préparatifs de plongée tandis que le bateau de plongée jaune repartait à sa base de « Sainte Anne », sans explications, ni un mot d’excuses.

Comme la plupart du temps en cette saison (!), la visibilité n’était pas bonne en sorte qu’au-delà de quelques mètres, l’eau est tellement chargée que l’on fait face à une sorte de brouillard.

Après avoir dépassé le plateau, pas de UK400 en vue sur le tombant incliné. Invisible pour nous ou disparue pour une raison ou une autre ? Face à cette situation, j’invite Ann à descendre sur le fond de sable (-27 m) pour y rechercher un panier qui peut faire un excellent amer. Pour toute certitude, je plante mon couteau tout à côté comme je l’avais fait lors de ma plongée avec Philippe de « Basilic ».

Oui mais voilà … ce n’était pas un bon jour pour Ann qui préfère abréger la plongée. Frustré comme vous pouvez l’imaginer, j’ai décidé malgré tout de l’aider à remonter dans l’annexe et de voir ensuite.

Ensuite … j’ai décidé de remettre à une autre fois, ma plongée (-28.20m – 23’ – 27°)

Il n’est pas toujours facile de se résoudre à abréger sa plongée mais il est de la responsabilité du chef de palanquée de ramener celle-ci à bon port et pas seulement, en surface mais bien sur le bateau.

Comme nous avons passé une semaine entière terrés sur le bateau, nous sommes allés au « Marin » réaliser quelques courses et sur le retour, nous en avons profité pour faire un petit coucou à « Brocéliande », « Mana » et « Obione ».

Au ponton des annexes, nous avons eu droit à un « contrôle des annexes » par deux gendarmes ! En notre cas d’espèce, ce contrôle ne fut pas très poussé et s’est borné à donner mon nom, celui du bateau et ma date de naissance. En fait, ils voulaient surtout rappeler que la vitesse dans la marina qui s’étend jusqu’aux premières bouées de chenal, était limitée à 2 nœuds. Nous ne sommes pas toujours respectueux des règlements mais cette limitation de vitesse, nous la respectons scrupuleusement pour éviter de faire des vagues tellement désagréables pour ceux et celles qui y ont leur bateau.

Dimanche 21.

Matinée des plus cra-cra avec même des températures frisquettes ! L’après-midi s’est révélée nettement plus agréable avec des températures de saison et des rafales de vent périodiques. La nébulosité était surtout très dense mais extraordinairement, il n’a pas plu ! Pas de quoi vous donner l’envie d’aller se baigner mais bien, de farniente dans son cockpit. Il faut dire que le spectacle sur le mouillage est permanent comme l’arrivée du remorqueur « Friendship » et de sa barge de travail.

Selon nos informations, ce mardi à 15 heures, il devrait être procédé au dépeçage d’un vieux voilier échoué sur la plage depuis 2017. Son propriétaire ayant déclaré ne pas avoir les fonds nécessaires pour le remettre à flot, les autorités de « Sainte Anne » ne savaient plus à quel saint se vouer pour être débarrassé de cette coque encombrante. Il a été question un moment qu’une asbl quelconque allait se charger de son démembrement mais nous n’avons rien vu de concret sauf peut-être l’enlèvement des mâts. Perso, je trouve que cette coque ferait un superbe spot de plongée … il suffirait de la tirer juste au-delà du mouillage et de la laisser couler : -40 mètres me conviendrait bien.

Lundi 22.

Surprise, à notre réveil, la barge de travail était déjà amarrée à l’épave !!! Par la suite, nous avons compris que si la barge de travail était tractée par un remorqueur, elle était parfaitement capable de se déplacer en toute autonomie et donc capable de se faufiler parmi la multitude de voiliers et de catamarans à l’ancre, qui bouchent notre horizon !

Autre surprise, si nous avons profité durant ce week-end d’un vent modéré, la soufflerie s’est visiblement remise en route avec des vents à nouveau de plus de 20 nœuds … et le pire c’est que nous en avons une fois de plus, pour toute la semaine !! Et moi qui croyais que nous allions pouvoir plonger tous les jours …

Dernière surprise, le remorqueur s’est déplacé en matinée, pour ancrer en plein milieu des bateaux de plaisance !!! Nous supposons que lui aussi en a eu marre de se faire rouler dans tous les sens. Il faut dire qu’il s’était ancré en plein mouillage « sauvage ».

Curieux de nature, nous avions décidés de mettre pied à terre pour aller voir au plus près, le démembrement de l’épave. Hélas, à la jumelle, j’ai pu relever que le chantier était caché aux yeux du public par un ensemble de palissades et que de la mer, la barge cachait tout.

Mardi 23.

Ce matin, Ann m’a réveillé en sursaut en me disant que cela gueulait sur le mouillage ! Il s’agissait de « Jaisalmer », un Grand Bank suédois, ancré là, à demeure et de « Show de vent », un vieux voilier français qui plus que vraisemblablement avait dévissé au cours de la nuit (il était loin devant nous, hier soir). Ce dernier essayait de jeter l’ancre sur l’arrière du premier mais manifestement beaucoup trop près. Nous avons également du donner de la voix sinon c’était nous qui nous le prenions par notre travers.

Depuis peu, les bateaux tournent autour de nous comme des mouches autour d’un morceau de sucre !! En finale, nous avons quatre bateaux qui ceinturent tout notre arrière en sorte que si nous devions dévisser, il est certain qu’au moins l’un des quatre nous prendrait en plein poire …

Si les Alizés soufflent toujours avec intensité, le ciel est radieux. Malgré un plan d’eau relativement agité, nous nous sommes décidés à aller plonger. Mais où aller ? Question hypocrite puisqu’avec Ann, invariablement, nous allons plonger (-21.30 m – 53’ – 27°) au « Boucanier » … mais bon, de se poser la question donne l’illusion que nous sommes en permanence à la recherche de nouveaux spots de plongée !

Pour malgré tout un peu sortir de notre zone de confort, j’ai proposé de réaliser tout le retour sur le bord du plateau mettant ainsi de côté, tous nos amers habituels. Pari osé car le plateau est plutôt vaste …

Mon premier constat fut de relever que le « plateau » ne se démarquait pas du « tombant incliné » ! Second constat, en suivant une ligne de fond de -11m, j’ai un moment donné, trouvé -14 m !! Troisième constat, nous sommes passés assez près d’un ancrage au tout début de notre retour alors qu’en surface, les trois ancrages sont assez proches les uns des autres !!! Et pour finir, un courant parfaitement inhabituel, nous poussait joyeusement !!! Le tout avec une visibilité très moyenne que la buée dans mon masque n’arrangeait pas.

Depuis quelques temps, mon verre droit s’embue sans qu’aucun remède ne puisse en arriver à bout jusqu’à présent. J’ai beau faire vidage de masque sur vidage de masque, rien n’y fait. Je vais essayer la pâte à dentifrice.

En finale, tout le retour s’est réalisé sur une ligne de fond de -11m, ennuyeuse comme tout à suivre mais sans cela, je ne serais pas tombé « nez à nez » sur notre amer constitué de deux petits flotteurs jaunes et nous aurions sans doute joué à « tourner manège » autour du plateau de corail.

C’est Ann qui m’a fait prendre conscience comme il était important de tenir compte de la profondeur de l’amer que l’on veut atteindre.

Sur le retour, nous avons fait un détour par l’épave de la plage. De ce que j’en ai vu, il semblerait que le voilier a été ouvert comme une boîte à sardines. En suite, tout son intérieur a été mis en pièces  (sans doute à coups de pelleteuse) et vider complètement. Lors de mon passage, la coque reposait droite sur son fond.

En milieu de soirée, notre GE s’est éteint subitement : système de refroidissement par eau, obstrué ! Cela arrive périodiquement sans que l’on sache pourquoi ce jour là et pas un autre. Perso, j’aurais bien réglé le problème immédiatement mais pas question pour Ann d’aller mettre une pinoche, de nuit …

Nous avons donc été contraints de faire tourner le moteur principal durant toute la soirée pour recharger nos batteries mais impossible de continuer à gonfler nos bouteilles …

Mercredi  24.

Ciel nuageux, vent fort, pas de pluie ! On a beau croire que cela va finir par se calmer, tous les jours, le vent est un peu plus fort que la veille !

Nous devions aller au « Marin » pour mon rendez-vous chez le coiffeur. De retour à bord, nous nous sommes attelés à désobstruer notre système de refroidissement. En fait, il suffit de mettre par l’extérieur, une pinoche dans le bon trou, de démonter la vanne obstruée, de la nettoyer, de remonter l’ensemble et d’aller retirer la pinoche.

Tous les bricoleurs savent par expérience que lorsqu’on commence un travail par les mots « il suffit de … », il s’agit de l’épilogue d’une suite ininterrompue d’emmerdements en tous genres. Et bien évidemment, nous n’avons pas fait exception à la règle !

Cela a commencé avec la pinoche qu’Ann n’est pas parvenue à mettre correctement en place malgré plusieurs essais. Vous me direz que c’est une femme et que donc, il ne s’agit pas de son occupation de prédilection. Il est vrai mais tout de même … En finale, il m’a fallu m’équiper complètement à mon tour pour donner un tour de vis à la pinoche récalcitrante.

Après quoi, c’est la vanne qui a montré toute sa mauvaise volonté au point que j’ai été contraint de la changer complètement ! Et le bateau me direz-vous ? Il n’a pas coulé à cause de la vanne mais il s’est considérablement rempli d’eau lors de nos multiples aller/retour en combinaison de plongée toute détrempée.

En conclusion, j’ai commis une grave erreur en fermant la vanne obstruée avant de la démonter car se faisant le mécanisme intérieur s’est grippé et il n’a plus été possible de tout remettre judicieusement à sa place ! Ce n’est que plus tard, au calme dans mon atelier, que j’ai compris comment remonter idéalement la vanne.

Vainement, j’ai attendu que le vent s’estompe temporairement comme tous les jours entre 16 et 19 heures mais aujourd’hui comme nous avions les poubelles à aller porter, il n’en fut rien : les trompettes de Jéricho n’ont pas arrêté de souffler à nos oreilles.

Jeudi 25.

Cela souffle, souffle et souffle ! On se demande quand les Alizés vont enfin se calmer.

Très mauvaise journée, en vérité ! On les a vus arriver l’un après l’autre, le plus souvent à vitesse d’escargot, vous longeant tellement près que l’idée m’est venue de leur donner un chiffon pour polisher notre coque, au passage. Alors bien sûr, ils ne se sont pas tous ancrés autour de nous mais plus la journée passait et plus notre espace vitale était irrémédiablement envahi ! Un vrai désastre.

Il faisait quasiment nuit qu’un catamaran est venu s’ancrer sur notre bâbord avant. Après avoir dérapé, il a remis le couvert au même endroit. Merde.

Alors que nous pensions en avoir assez pour la journée, en sortant dans le cockpit lors du JT de 20 heures, je découvre la présence, juste sur notre avant, d’un vieux catamaran espagnol, « Sultans of swing » en provenance de Guadeloupe !!

Le MRCC de Madrid avait émis un « Be On Lookout » (BOLO) à propos de ce catamaran parti pour la traversée de l’Atlantique, en raison de problèmes de moyens de communication.

Par malchance, lorsqu’il s’est ancré, le vent était complètement tombé, nous laissant craindre dès lors qu’il dérape dès que le vent se remettrait à souffler ! Autant dire que nous avons passé une très mauvaise nuit, toujours à l’écoute du vent. Par bonheur, hormis quelques pluies diluviennes, le vent s’est montré très modéré durant toute la nuit !!

Quand on pénètre dans un mouillage, de nuit, le bon sens impose de s’ancrer derrière le premier bateau aperçu. De la sorte, vous ne risquez pas de rentrer en collision avec un bateau à l’ancre et si vous dérapez car vous n’avez pas eu l’occasion de vérifier votre ancrage, vous n’heurterez personne. Dès que le jour se lève, il vous sera alors loisible de choisir un emplacement plus adapté à vos besoins.

Vendredi 26.

Avec une grosse annexe dont un des boudins était crevé, et une autre petite annexe sans moteur, difficile de rester au mouillage avec 7 personnes à bord. Nous avons donc attendu patiemment que « Sultans of swing » dégage. Ce qu’il a fait vers 10.30 heures. Ouf.

Coïncidant quasiment avec son départ, les trompettes de Jéricho sont venues nous rappeler que nous étions toujours en février et qu’il ne fallait rien attendre des Alizés, en cette saison. Avec un ciel bas et nuageux, l’atmosphère générale n’était pas à l’euphorie. Alors que ce jeudi, nous avons eu droit à une « circulation d’un vendredi », aujourd’hui, la journée fut étrangement calme ! Me serais-je trompé de jour ?

Samedi 27.

Ila plu durant la nuit comme trop souvent mais le vent est resté exceptionnellement calme … jusqu’à ce matin, où nous avons été réveillés en fanfare. Nous avions rendez-vous au quai des annexes de « Sainte-Anne » avec une gentille Madame qui prépare de succulentes lasagnes. Ann en a profité pour réaliser quelques courses d’appoint.

Plutôt sportif l’aller en annexe, de quoi vous faire oublier vos projets de plongée. Bien entendu si nous avions eu une plus petite annexe, la seule solution aurait été de se rapprocher au maximum du rivage et mieux encore, du quai aux annexes. Si seulement, tout le monde réagissait de manière raisonnée … nous aurions moins à nous énerver sur tous ces crétins qui viennent jeter l’ancre trop près de nous.

Le pire est peut-être cela … stresser tout le temps à la pensée qu’un crétin ou l’autre ne profite de notre inattention pour venir ancrer devant nous ou trop près de nous en tout état de cause ! Cela peut paraître absurde et pourtant, c’est malheureusement, le cas de figure le plus courant.

Le soir, nous avions à diner Michel & Maël de « Obione ». Alors que nous terminions la soirée dans le cockpit, « Pegasus », catamaran Nautitech 40’, traversait tout le mouillage et nous passait devant pour aller prendre un emplacement un peu plus loin !!

Dimanche 28.

« Quoi ? Qu’est ce que tu dis ? » « Parle plus fort. Avec ce foutu vent, je ne t’entends pas ! » Voilà qui résume bien la journée.

Durant la soirée, nous assisterons à l’arrivée de nuit, de pas moins de trois bateaux ! Alors que je me réjouissais que la pandémie et la fermeture des frontières avaient comme bienfait d’avoir mis fin aux arrivée de nuit sur le mouillage, je me désole à relever que plus les jours passent et plus je dénombre un nombre plus important de crétins qui ne peuvent s’empêcher de traverser de nuit, tout le mouillage.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Lundi 01.

La bonne nouvelle du jour est que Mavrick de « Caraïbe Métal » est venu (enfin, enfin, enfin) placer nos nouvelles enceintes de cockpit, Fusion, ce qui impliquait d’agrandir à la scie sauteuse, les trous existants ! Il en a profité pour refaire la soudure de la filière inférieure bâbord et nettoyer notre mèche de safran. Où par contre, il nous a fait très peur c’est qu’il se pose beaucoup de questions sur la manière de remonter notre safran muni de ses nouvelles bagues d’étanchéité !!! Quand je pense que nous sommes venus en Martinique spécialement parce que le fabriquant des bagues, JP3, nous a conseillé cette société  …

Je me dois d’être honnête et surtout complet, en précisant que la société JP3, contactée par téléphone, nous a apporté une aide technique aussi efficace que sympathique.

Si tout semble confirmer que nous retournons à l’eau ce mercredi, il est maintenant établi que nous aurons à faire preuve d’encore beaucoup de patience avant d’en terminer avec notre longue, longue liste de problèmes techniques à résoudre.

Pour Serge de « Caraïbe Menuiserie », nous devrons revenir vers le 20 pour qu’il puisse terminer son travail d’étanchéité des capots de pont ! En fait, il lui manque du teck pour remplacer l’encadrement du capot de la cabine arrière. Tout cela pour quelques centimètres de teck. Grrrrrr.

Christophe de « Caraïbe Marine » devra passer au mouillage pour remonter les vérins de notre passerelle hydraulique dont les nouveaux joints sont en commande … Il en profitera pour régler notre problème de TNT ainsi que pour remplacer, en garantie, notre groupe hydrophore. Ce dernier n’a que quelques mois et présente problème sur problème : un très mauvais numéro !

Mardi 02.

Je l’avais pressenti et j’ai malheureusement une fois de plus raison … notre mise à l’eau est postposée à vendredi ?? En fait, le bateau est prêt mais sans safran, ce serait compliqué. Ce n’est que ce matin que j’ai enfin compris la problématique : « Caraïbe Métal » ne parvient pas à déloger la bague supérieure du safran, de son logement !! Si moi, je n’ai compris cela que ce matin, « Caraïbe Métal » en est conscient depuis la sortie de l’eau du bateau mais a laissé passé le temps sans réagir, nous plaçant dans la situation de ne pouvoir remettre le bateau à l’eau …

Ce matin, ils ont bien essayé d’arracher la bague supérieure mais celle-ci n’a pas bougé d’un millimètre et bien entendu, cet après-midi, ils devaient « impérativement »  se rendre à Fort-de-France. La notion des priorités est souvent très étrange dans les îles …

Christophe de « Caraïbe Marine » n’est arrivé qu’en début d’après-midi alors que nous l’attendions aux aurores … Toujours aussi efficace, il a remonté la passerelle hydraulique (privée de ses vérins) qui est à nouveau, en son logement. Elle est donc inutilisable mais en place jusqu’à ce que les nouveaux joints des vérins soient arrivés.

Frank de « Infologeek » nous a fait la surprise (nous l’attendons depuis vendredi …) de venir en fin d’après-midi, réaliser le nettoyage de l’ordinateur du PC de communication.

Le seul qui est toujours ponctuel, est « Technic Marine Services » qui a du postposer le nettoyage du bateau en raison du retard des autres intervenants.

Mercredi  03.

Nous avons été réveillés à 7 heures du matin par quelques coups de marteau bien sentis, venant de la salle de barre. Mavrick essayait une fois encore, de déloger la dernière bague du safran. C’est alors qu’il comptait déclarer forfait que la bague est sortie « toute seule ». Nous n’aurions pu rêver mieux que cette sortie tout en douceur.

Nous aurions donc pu être mis à l’eau mais Pierre-Loïck de « Caraïbe Métal » en a, semble-t-il, décidé autrement !! Toujours est-il que quelques soient les motifs, légitimes ou non, la mise à l’eau est postposée à vendredi midi.

Nous avons donc passé notre journée à regarder passer les trains comme les vaches dans leur pré.

Jeudi 04.

Journée beaucoup plus animée que prévu avec l’équipe de « T.M.S. » venu procéder au nettoyage du bateau (pont et coque). Nettoyage très « industriel » mais nettoyage tout de même. Disons que le bateau est maintenant prêt pour un nettoyage plus méticuleux …

Une équipe de deux hommes de « Caraïbe Métal », est venu mettre en place les deux bagues du safran. Quand nous avons vu comment la bague supérieure avait du mal à se placer en son logement, nous comprenons beaucoup mieux pourquoi il a été si difficile de l’en extraire. Par contre, nous avons eu la confirmation que nous avions droit à la Rolls Royce des Rolls Royce en matière de bague de safran.

En fin d’après-midi, nous sommes allés dîner au « MacDo ».

Vendredi 05.

A 6.45 heures, nous étions debout en attente de la grue qui est venue vers 7.30 heures. Entre-temps, les équipes de « T.M.S. » et de « Caraïbe Métal » étaient sur place. Sans quitter son emplacement, le bateau a été monté aussi haut que les élingues de la grue l’ont permis … impressionnant.

On m’avait demandé de rester à bord, au winch du mât, pour la remise en place du safran. Nicolas était dans la salle de barre tandis que Mavrick et Pierre-Loïck étaient restés au sol. Si le safran s’est placé en son logement sans la moindre difficulté, les derniers réglages ont pris plus de temps et à maintes reprises, on m’a demandé de laisser un peu de jeu sur la « drisse d’homme » à l’extrémité de laquelle la tête de safran était attachée … pour ensuite, remettre de la tension.

A 10 heures, le bateau était mis à l’eau mais le travail pour Nicolas n’était pas encore terminé : il lui fallait remettre en place la nable du safran ! Dès qu’il eut terminé, nous sommes partis alors qu’un vent soutenu était bien présent et que des bateaux attendaient de pouvoir être mis à l’eau … Il était 11.15 heures et nous avions encore le temps de faire le plein de diesel.

Au ponton diesel, il restait encore une petite place de libre, tout devant, et la prendre en marche avant, sans nos propulseurs aurait été impossible. Nous l’avions à peine prise que 6 autres bateaux faisaient la file pour faire le plein !

Est-il utile de préciser qu’une fois de plus, nous avons eu pas mal de compliments sur notre bateau comme à chaque fois qu’il « touche terre ».

Tandis que les tanks se remplissaient (773 litres), Christophe de « Caraïbe Marine » est venu pour tenter de résoudre un problème persistant de fuite de gasoil au niveau de la jauge Vega 14 du tank journalier. Nous venons de changer la  jauge et depuis lors, le gasoil suinte à hauteur de la liaison de la jauge et de la vanne en laquelle elle est vient se visser. Avant de faire appel aux bons soins de Christophe, je m’y suis moi-même sérieusement cassé les dents !!

Il était passé midi lorsque nous avons mis le cap sur le mouillage de « Sainte Anne ». Dans le chenal, j’ai failli par inadvertance, passer du mauvais côté de la bouée verte qui balise un très beau haut-fond … il faut savoir que dans l’hémisphère sud, le balisage est inversé !

Bien décidés à ancrer cette fois, du bon côté de la ligne de démarcation entre le mouillage « sauvage » et le mouillage « protégé » (nullement renseignée sur les cartes marines), nous avons été un peu plus en avant mais surtout, plus près du rivage, toutes proportions gardées. Le résultat ne s’est pas fait attendre puisque depuis lors, nous roulons très nettement moins fort. Sans la pandémie, il nous aurait été sans doute impossible de jeter l’ancre en cet endroit sans avoir à subir la trop grande proximité d’un crétin ou l’autre.

En allant vérifier à la nage, la bonne tenue de l’ancre, j’ai eu la désagréable surprise de relever que nous étions en plein champ de patates de corail  alors que plus du côté du rivage, un vaste champ d’herbe s’étendait ! Nous nous sommes donc déplacés en conséquence.

Samedi 06.

C’est le pied, un super chouette mouillage, un véritable paradis, un éden merveilleux, nous n’en revenons pas encore d’être là ! Nous avons pourtant connu l’un de nos meilleurs carénages, aussi incroyable que cela puisse paraître. Mais là, c’est tout simplement trop bon et en plus, nous avons droit à une très belle météo quoique venteuse. Mouais … je l’avais à peine écrit que le mauvais temps nous montrait le bout du nez !

Pas à dire mais ce mouillage, le club Med fermé, sans les étrangers (surtout, américains) et les bateaux de location (peu nombreux), est tellement plus agréable que je souhaiterais presque que la pandémie ne s’arrête jamais !!!!!! Maintenant, il ne faut pas croire que tous les étrangers respectent la fermeture des frontières (pour rappel, nous avions demandé l’autorisation de venir en Martinique) mais il y en a nettement moins. Hier encore, au ponton diesel, on a bien failli se faire emboutir l’arrière par un russe qui manifestement ne savait pas barrer son voilier. Par bonheur, c’est le ponton diesel qui a tout pris.

Déjà entrepris hier, nous poursuivons nos divers nettoyages comme après chaque carénage. C’est essentiellement nos coussins de cockpit qui ont retrouvé, grâce à Ann et un produit anti-moisissure de Cif, une véritable nouvelle jeunesse.

A la fin de mon programme de télévision, j’ai été surpris par un gecko jaune qui se baladait tranquillement sur l’épis de la table à cartes !! C’est le troisième du genre encore que le premier avait eu le bon goût de rester à l’extérieur. Une fois de plus, j’ai fait appel aux services de la SPA qui est venu me débarrasser de l’intrus.

Au vu de la répétition des intrusions, je me pose la question de savoir si ce n’est pas toujours le même ! Enfin … pas le premier car celui-là nous avons retrouvé son cadavre quelques temps plus tard. La prochaine fois, je le marquerai au Stabilo indélébile …

Dimanche 07.

Curieusement depuis notre retour au mouillage, nos nuits sont beaucoup plus agitées ou en tous les cas, peuplées de rêves stupides !  Le résultat des courses en est que nous nous rendormons quand il faudrait se lever …

Si nous avions envisagé d’aller plonger, une météo des plus maussade (bruine, pluie, bruine, pluie) et un réveil fort tardif nous en ont dissuadés. Durant tout notre carénage, nous aurons profité d’une météo exceptionnellement sèche, ce qui ne manque pas de nous surprendre encore aujourd’hui.

 Lundi 08.

Toujours autant de rêves stupides mais manifestement, nous reprenons le rythme, aidés en cela par une nuit parfaitement calme et l’absence de pluie.

Nous avons été plonger (- 23 m – 56’ – 27°) sans surprise au « Boucanier » où nous avons retrouvé le skipper de « Little Cloud » qui ne nous a manifestement pas reconnus puisqu’il nous a dit gentiment bonjour !! L’autre jour, je me suis rendu compte avec horreur qu’il était ancré à notre perpendiculaire, plus près de la côte !! Je vous jure que si je pouvais en envoyer un sur la lune, ce serait celui-là, sans hésiter. Normalement, il aurait dû repartir en Méditerranée mais nous supposons que la pandémie a modifié son programme. Saleté de Covid.

Si la visibilité était moyenne, les paysages restent à chaque fois, magnifiques. Par contre, comme tous les clubs de plongée se retrouvent à ce même spot, la faune se fait de plus en plus rare ! Aie. Cela fait déjà quelques saisons que nous ne voyons plus jamais de tourteaux. Quant aux langoustes, elles deviennent de plus en plus difficiles à trouver. En cherchant bien, on trouve encore des petites murènes noires et blanches.

Situé à proximité de la bouée rouge du chenal, ce spot de plongée est très couru car il n’y a quasiment jamais de courant, il peut convenir aussi bien pour les débutants qui préféreront le plateau que pour les plongeurs plus avertis qui pourront trouver -30 mètres. Il y a au moins trois ancrages différents permettant à plusieurs bateaux de s’y amarrer en même temps. L’endroit n’est pas très éloigné du club Med et surtout, il est mieux protégé que d’autres. Il est plus petit que le « grand mur » et surtout, moins piégeur. C’est le spot où tout le monde se sent à l’aise.

Mardi 09.    

La matinée a été émaillée par un chapelet sans fin de grains ! Beurk.

Sur le coup de midi, nous avons aidé « Mana » à prendre un emplacement peu commode à la marina du chantier de Carenantilles. Avec beaucoup de maestria, Marc a mené son catamaran de 50 pieds, là où il le fallait. Grâce au ciel, il a profité d’une belle éclaircie pour ses manœuvres. Du même coup, son moral était bien plus élevé que lorsqu’il attendait le feu vert du chantier pour se mettre en mouvement : l’emplacement était occupé par un bateau de plongée, « Boucanier Diving », peu enclin à partir …

Après quelques courses d’avitaillement au « Leader Price », nous sommes retournés au bateau où nous avons entrepris l’entretien du GE. Comme il nous manquait un filtre à huile, nous avons redescendu l’annexe et Ann est partie en chercher un. Pendant ce temps là, je continuais à jouer dans l’huile et le diesel …

Mercredi 10.

Journée harassante de courses avec une voiture de location. Mais bon, quand il faut … il faut. On n’en apprécie que plus encore, le confort du bateau et la tranquillité du mouillage.

Jeudi 11.

Il fait venteux mais ensoleillé alors on pardonne tout à la météo. Par petites touches, le cercles des bateaux autour de nous se restreint ! Pour le moment, on ne peut encore rien dire mais comme toutes ces places sont prises … Et pourtant, il y a un énorme « trou » devant nous mais on a l’impression que personne n’ose s’y ancrer !!

Nous avons décidé de farniente par divers petits bricolages et la confection de gaufres au sel. Ann a résolument décidé d’essayer une nouvelle option en confondant sel et sucre et le résultat est assez surprenant. Tout-à-fait immangeable mais ne lui dite surtout pas car elle est tellement fière de ses « gaufres de Liège » …

Selon Ann, c’est entièrement ma faute si le sel se trouvait en une armoire où il n’avait pas sa place. Dont acte.

A diner, nous recevions Michel & Maël de « Obione ». Très sympathique soirée.

Vendredi 12.

Si le soleil est bien présent, le vent semble encore un peu plus soutenu que hier. Devant nous, « Mythra » qui bien que suffisamment éloigné, m’a fortement inquiété ce matin car il me semblait avoir dérapé !! Nous avons été réellement traumatisés par notre accident avec « Sacre Bleu » que nous aurions pu éviter si seulement nous n’avions pas fait confiance à son crétin de skipper anglais.

Le vol de moteur d’annexe est un sport fort répandu. Toutefois, cette année, en Martinique, les vols prennent l’allure d’une vaste razzia à laquelle même, la grosse annexe de « Incidences » n’a pas échappé ! En arriver à voler de si gros moteurs ne peut pas être le fait d’un petit voleur occasionnel mais bien celui d’une filière bien huilée. Que fait la Police ? Rien sans nul doute. Sur le plan d’eau, aucune autorité (Gendarmerie, Douanes, Affaires maritimes, Police communale) n’est visible depuis notre arrivée sur l’île. Incroyable.

Nous craignons donc pour notre propre annexe même si nous prenons certainement plus de mesures de sécurité que beaucoup de monde mais rien n’est impossible pour des voleurs aussi déterminés. Quant à l’assurance … il ne faut pas croire au Père Noël.

Journée de courses et au passage, nous sommes allés dire bonjour à « Mana » à la marina du chantier Carenantilles.

Samedi 13.

Nous étions au « paradis » et déjà, nous ne sommes plus qu’au « purgatoire » !  C’est un peu comme si nous avions donné le signal de départ : depuis notre retour du chantier, le mouillage se remplit comme un œuf et bien entendu, notre voisinage semble très recherché …

Il y a les « intelligents » qui, d’initiative, conserve une distance d’intimité, les « gentils pas futfut » qui acceptent d’aller jeter l’ancre plus loin, en bougonnant ou pas, et puis, les connards (la majorité) du genre « Tara » qui pour rien au monde, ne remonterait leur ancre une fois que celle-ci est en train de descendre. A noter que ceux-ci réalisent un effort incroyable pour surtout, surtout, rester concentrer sur leur manœuvre et ne pas regarder autour d’eux ! Je suppose que ces derniers perdraient la face en acceptant d’aller ancrer un peu plus loin.

Aujourd’hui, nous avons rencontré les trois catégories et toutes semblent considérer que s’aventurer plus avant dans le mouillage les exposeraient à de très graves dangers ! En fait, il faudrait que nous allions ancrer tout devant et juste avant le coucher du soleil que nous revenions à notre place …

Malgré un vent tempétueux (25 nœuds) et un plan d’eau assez agité, nous sommes allés plonger (-20 m – 59’ – 27°)  après quelques hésitations. C’est la météo qui nous y a décidé car elle prévoit encore plus de vent pour les jours à venir mais à chaque fois, en fin d’après-midi, le vent se calme pour mieux reprendre en milieu de soirée.

J’avais envie de redécouvrir le « garden » mais d’une part, la mer était assez forte à ce spot de plongée mais surtout, il n’y a pas d’ancrage … il faut jeter l’ancre ! Nous nous sommes donc rabattus sur le « Boucanier » (épaule gauche). Très chouette plongée, tout en douceur et tranquillité.

Quand nous avons quitté le spot, deux bateaux de plongée arrivaient sur zone …

Dimanche 14.

Météo de merde par excellence … la météo l’avait prévu. On se calfeutre et on farniente.

Départ surprise de « Tara » pour le « Marin ». Joie. Et comme une bonne nouvelle ne vient souvent pas seule, notre voisin sur notre bâbord avant, un Amel allemand, est également parti. Re-joie.

Lundi 15.

Toujours autant de vent mais un soleil bien présent.

Comme dirait Ann, on a besoin de temps en temps de relâcher totalement la pression en ne se préoccupant de rien. On se laisse vivre simplement.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

Samedi  16.

Incroyable comme la météo évolue rapidement dans les Antilles ! Ce matin encore, quand nous sommes partis faire des courses d’avitaillement au « Marin », nous avons eu droit à pas mal de vent et un plan d’eau assez agité. Mais quand nous sommes rentrés, le soleil brillait de tous ses feux et le plan d’eau s’était calmé d’un coup !

Nous avons passé l’après-midi  sur « Mana » en compagnie de Nancy & Marc. L’occasion de prévoir une plongée ensemble pour le lendemain …

Dimanche 17.

Superbe journée ensoleillée avec quand même un vent soutenu. Nous avions convenu d’aller plonger au « Boucanier » (- 25 m – 49’ – 27°). Très chouette plongée même si malheureusement, la visibilité était très moyenne voire carrément exécrable en milieu de plongée.

Pour Marc, il s’agissait d’une première puisque c’est la première fois qu’il plongeait au départ d’une annexe et de la sienne, en particulier. Autre première … revenir à son point de départ ! La plupart du temps quand on plonge avec un club local, le bateau vient vous chercher là où vous émergez la tête de l’eau.

Un peu plus tard dans l’après-midi, Ann est allée prendre livraison de la voiture de location commandée … pour aller la déposer au « Marin ». De mon côté, après avoir débarqué Ann à « Sainte Anne », je suis parti avec Marc lui faire découvrir quelques coins intéressants. Au passage, nous avons été faire un petit coucou à Michel & Maël de « Obione » et Philippe de « Basilic ».

Nous avons été prendre Ann au « Marin » avant de rentrer à bord. De cette manière, nous gagnerons demain matin, un précieux temps pour nous rendre à la clinique Saint-Paul où nous devons passer notre ECG. Le problème n’est pas tant la distance que les traditionnels embouteillages.

Lundi  18.

Réveil à 5 heures du mat ! En pleine nuit noire, nous avons été jusqu’au « Marin », en annexe. Nous avons démarré avec la voiture à 6.05 heures et à 6.30 heures, nous étions déjà dans les embouteillages !!! Grâce au ciel, cela avançait quand même et nous sommes arrivés à la clinique pour 7 heures alors que notre rendez-vous était à 8 heures.

Sur place, les locaux sont modernes et fonctionnels mais il n’y a pas le téléphone en sorte qu’il faut se déplacer jusque là pour prendre un rendez-vous … aberrant.

Après cette corvée médicale, nous sommes allés chez « Madinina Plongées Services » où nous avons retrouvé nos bouteilles carbone de plongée en piteux état : je ne les avais pas reconnues !! Robinetterie ouverte, poignée défaite, filet de protection abaissé, culot en plastique décollé … on aurait dit deux épaves. Bien évidemment, le « responsable » (Clément) n’était pas présent et inatteignable (!!) par téléphone. Son aide, quoique bien gentil, ne savait, off course, rien de rien.

Rien de ce que nous avions commandé, n’était arrivé …  Nous sommes repartis de là (avec nos bouteilles) fort déçus du service et nous serions certainement partis à la concurrence si seulement nous connaissions sur l’île, un autre magasin de plongée.

De retour au bateau, je me suis appliqué à poncer le culot en acier de nos bouteilles de plongée. En finale, je constate qu’il n’y a que le corps central de la bouteille qui est en carbone et encore, il ne s’agit que du recouvrement/renforcement du cylindre central, lui aussi en acier !!! Ensuite, j’ai appliqué trois couches d’une peinture à deux composants qui prend 7 jours de séchage avant remise à l’eau !

Nous avions confié au magasin de plongée, le soin d’éliminer les taches de rouille que nous avions relevées sur le fond extérieur des bouteilles mais leur peintre s’était débiné.

Mardi  19.

A 8.05 heures, nous étions à nouveau en route pour « Madinina Plongées Services » à bord d’un véhicule de location !!!! Il y a un adage qui affirme que « seuls les ânes ne changent jamais d’avis ! » Comme le bateau sort de l’eau jeudi et que nos bouteilles de plongée ne seront opérationnelles avant une semaine, nous avons décidé de porter tous nos détendeurs, à l’entretien.

Nous en avons profité pour passer au chantier nous assurer que la sortie de l’eau aurait bien lieue jeudi comme prévu.

Sur le coup de midi, nous étions de retour à bord avec un vent toujours fort soutenu. Durant la nuit, nous avons eu droit à quelques violents grains !

Mercredi  20.

En principe, nous devons être demain matin, sous la petite grue du chantier de Carenantilles ! Pourquoi ? Mais simplement parce qu’il nous faut changer les bagues de la mèche de safran et que pour ce faire, le bateau doit rester dans les élingues le temps de procéder au remplacement. Pour éviter de « bloquer » trop longtemps la grue, il nous a été demandé d’être sur place à 7 heures.

Comme notre propulseur avant ne peut plus être descendu que manuellement, nous avons requis l’aide de Guillaume de « Caraïbe Marine » pour cette opération délicate : je m’y suis bien essayé mais je n’ai eu droit qu’à provoquer une infiltration d’eau …

Deux options s’offraient à nous : soit, aller dans la darse de la grue, mercredi en fin après-midi soit, se rendre au chantier, le jeudi matin aux aurores.

Pour plus de sécurité et pour éviter à Guillaume de se lever à la pointe du jour, nous avons décidé de déplacer le bateau jusqu’au chantier, ce mercredi. A cette fin, nous sommes passés mardi, voir la responsable du chantier et nous lui avons téléphoné ce jour, après 15 heures, pour obtenir la confirmation que la darse était bien libre. Il nous a été confirmé que la darse serait libre … pour 18 heures (!!).

Première déconvenue car mardi il était question que nous pouvions arriver après 16 heures. Explication donnée : une dernière mise à l’eau était prévue pour 17 heures mais les plaisanciers partaient immédiatement …

Comme j’en étais persuadé, lors de notre arrivée à 18.04 heures, la darse était occupée par un vieux Hunter 44 dont les propriétaires français étaient absents. A Guillaume qui était parvenu à les trouver, ils ont déclaré ne pas vouloir libérer la darse, vouloir y passer la nuit et ne partir le lendemain matin que pour … 8.30 heures.

Par une chance inouïe, le grand ponton était libre sur un côté ! Nous y avons donc amarré notre voilier. Si nous pensions pouvoir laisser notre propulseur en position descendue jusqu’au lendemain, nous avons bien vite constaté que le système se bloquait totalement et que donc, Guillaume était de corvée pour revenir le lendemain matin aux aurores …

Deux connards comme les propriétaires de « Imandja », ne sont malheureusement pas une exception mais plutôt une règle générale ! Par le simple fait qu’ils se baptisent « plaisanciers », ils estiment avoir tous les droits, être au-dessus des lois et des règlements et ne se conjuguent que par le « je » et le « moi ».

Jeudi  21.

A l’inverse de la responsable du chantier, Anne,  qui n’a pas la moindre autorité et se laisse, en permanence, marcher sur les pieds par tout le monde, le responsable de la grue sait se faire entendre … après avoir dit aux deux connards : « dans 5 minutes, vous êtes partis », ceux-ci ne se sont pas fait prier et 4.30 minutes plus tard, ils quittaient la darse. Il était  7.04 heures.

Comme Guillaume était arrivé sur ces entrefaites, nous sommes rentrés en marche arrière dans la petite darse libérée par les deux connards. Le plus frustrant reste que le propulseur avant est descendu sans intervention extérieure, cette fois !!! Sorry, Guillaume.

Nous avons attendu 9 heures pour qu’enfin, la grue vienne embrasser « S.A.S. ³ »  et 10 heures pour que « Caraïbe Métal » ne s’attelle à l’enlèvement du safran. Selon le fabriquant, JP3, des bagues de safran, cette société était très habituée à leur produit sauf que des confessions recueillies, nous apprenions qu’il s’agissait d’une grande première pour eux (avec ce type de bague !) … de quoi vous stresser un bon coup.

Après la pause de midi et un entretien téléphonique avec Antonio du chantier Garcia, le safran se décidait – enfin – à quitter son logement. Il était près de 15 heures.

Contrairement à ce que je pensais, l’opération de remontage est postposée … à la mise à l’eau pour éviter que le chantier ne facture deux manutentions !

Dès lors, plus rien ne s’opposait à caler le bateau sur ses tréteaux. « Techni Marine Services » s’est alors immédiatement mis en charge du nettoyage de la coque, au karcher.

La soirée fut un peu chaude (le vent était complètement tombé) malgré nos deux ventilateurs Dyson mais c’est surtout une lourde fatigue qui m’a assailli.

La nuit fut bien meilleure que je ne l’avais craint mais comme le bateau a été calé trop incliné vers l’arrière, nous avons dormi la tête un peu plus basse que les pieds et c’est assez désagréable même si c’est, parait-il, bon pour la santé. C’est surtout dans la coursive de la cuisine que nous avons perpétuellement l’impression de gravir une montagne ! Mais en gros, nous n’avons pas à nous plaindre de nos nouvelles conditions de vie.

Vendredi  22.

S’il a plu beaucoup durant la nuit, ce matin, le ciel était serein.

Dès 8.30 heures, « T.M.S. » (2 hommes)  s’occupait de poncer la coque et de recouvrir tous les endroits abîmés, de primer.  Vers 10 heures, Guillaume de « Caraïbe Marine » s’attelait à notre problème de propulseur avant. Malheureusement, il n’a pu terminer son travail avant le week-end.

Pour le surplus, la chasse aux techniciens était ouverte et il s’agit dune occupation à temps plein en laquelle Ann excelle. C’est qu’en matière de nautisme, on ne connait ni le chômage, ni la pandémie … ni les délais. La seule catégorie qui échappe à cette règle, ce sont les « mandays » à la recherche permanente de travail.

Samedi  23.

Nous avons passé une seconde nuit parfaite !! Il fait juste un peu limite dans le carré, le soir lorsque nous regardons la télévision mais dans la chambre, la température est très agréable grâce à nos deux ventilateurs Dyson.  Le plus gros inconvénient reste les sanitaires du chantier qui, quoique raisonnablement propres, constituent une ruche à moustiques !!! Ma toilette de ce matin m’a valu à elle seule, une dizaine de piqûres ! Je ne sais pas ce que je vais faire mais il va me falloir trouver une solution …

Bien que nous soyons samedi, un courageux de « T.M.S. » a accepté de peindre la première couche d’antifouling. Il est essentiel que le temps de séchage soit le plus long possible (idéalement + 3 semaines !) alors que nous souhaitons écourter le plus possible notre période au sec … dilemme.

A 19 heures, nous avons quitté le chantier pour le « MacDo » tout proche. Mais en sortant, nous avons vu que le « Sextant » était étonnamment ouvert ! Aussi, avons-nous décidé de modifier nos plans en conséquence.

Toutes les tables étaient déjà dressées et même si le restaurant était totalement désert, il s’en dégageait une sympathique ambiance. Alors que nous pensions nous attabler, nous avons appris  que le restaurant affichait « complet » … Il est vrai qu’à minuit et demi, le restaurant était bondé et un orchestre endiablé  y mettait une ambiance d’enfer mais quand même cela nous a fait tout bizarre sur le coup !

Dimanche 24.

Difficile de ne pas se rendre compte que nous étions dimanche : à deux ou trois exceptions près, il n’y avait pas âme qui vive sur le chantier. Il y régnait un calme mortuaire incroyable alors qu’en semaine … Comme pour accompagner l’atmosphère, nous avions droit à un ciel nuageux.

J’en ai profité pour graisser à mon aise, notre hélice MaxProp.

Lundi  25.

Ce matin, c’était une vraie fourmilière sous le bateau ! Apparemment, ils réaménageaient les espaces de carénage. L’après-midi fut un peu plus calme.

En ce qui concerne « S.A.S.³ », la seconde couche d’antifouling a été mise malgré des conditions quelque peu pluvieuses absolument guère souhaitables. « Caraïbe Marine » a pour sa part, procédé au remplacement de notre filière tribord, du bas. Pour le surplus, il faut partout maintenir la pression …

Comme quasiment chaque jour, nous avons eu la visite de Michel & Maël de « Obione » ainsi que celle, plus exceptionnelle, de Marc de « Mana ».

Mardi 26.

A nouveau, nous avons eu droit à la fourmilière : 6 petits bateaux ont été calés tout autour de nous ! Nous sommes véritablement encerclés et toute la journée, nous avons eu droit aux karchers des uns et des autres … le super pied. De surcroît, il s’agit de monter la garde car si vous n’y faites pas attention, tout le monde pompe eau et électricité  sur votre compteur !

Quand je pense que nous avons hésité à faire caréner le bateau au vu du fait que nous sommes déjà fort avancés dans la saison et que tous ces bateaux sont sortis exclusivement pour le carénage …

Frank de « Infologeek » est venu pour tenter de remédier au problème d’ordinateur du « local communication » mais il doit repasser. Marcus de « Caraïbe Marine » est venu régler le problème de notre éclairage de compas (faux contact) et retirer nos enceintes Bose du cockpit qui sont HS. L’équipe de « T.M.S. » a poursuivi son travail d’antifouling (3è couche, hélice et safran). En fin d’après-midi, Guillaume de « Caraïbe Marine » terminait (enfin) son travail sur notre propulseur d’étrave avant.

Si on avance, il faut constamment être derrière tout le monde sauf avec « T.M.S. » qui est irréprochable.

Je dois bien avouer que mon côté agoraphobe pointe à nouveau son nez et que je regrette nos tous premiers jours sur le chantier où nous étions tous seuls dans notre petit coin. C’est amusant mais nous avons parfois le sentiment d’être en quelque sorte une sorte de leader en bien des domaines : il suffit que nous entamions quelque chose pour que tout le monde nous imite !!

Mercredi  27.

Serge de « Caraïbe Bois » a entamé le travail d’isolation de nos capots de pont, par le grand capot de la « cabine VIP » et celui de la cabine arrière (côté tribord). Si le capot de devant a pu être enlevé, celui de derrière était trop bien collé pour être retiré.

Jeudi 28.

Après avoir fulminé toute la matinée car aucun technicien n’était en vue sur notre bateau, l’après-midi a vu Christophe & Guillaume de « Caraïbe Marine » s’occuper – enfin – de notre passerelle hydraulique – Serge & Stéphane de « Caraïbe Bois » poursuivre leur travail d’étanchéifier nos capots de pont et Railey de « Caraïbe Métal » venir voir la question d’agrandir la découpe pour nos nouvelles enceintes Fusion, avant de prendre ses jambes à son cou …

Notre safran était en parfait état de fonctionnement mais sa couverture antifouling était plus attaquée que le restant de la coque. J’ai donc demandé à « T.M.S. » qu’après un sérieux ponçage, on enduise les endroits plus abîmés.

Il semblerait que cela arrangerait bien tout le monde si notre mise à l’eau avait lieu mercredi prochain !! Perso, nous n’y voyons aucun inconvénient si tant est que tous les travaux programmés soient terminés car une fois à l’eau, il n’y a pas de place pour notre bateau à la marina du chantier …

Vendredi 29.

Journée des mauvaises nouvelles par excellence : tout d’abord, Christophe de « Caraïbe Marine » qui devait venir à 8.30 heures, nous a avertis qu’il ne pourrait venir qu’en début d’après-midi. Ensuite, après avoir un peu bricolé sur notre passerelle hydraulique, nous avons été informés que lundi, notre passerelle serait enlevée pour réparation des vérins.

Je déteste les vendredis car on sent bien que pour beaucoup, vendredi = week-end. Par ailleurs, tout cela augure à plein nez que notre remise à l’eau sera postposée ! Cela fait depuis des semaines que nous réclamons le passage de Christophe pour notre passerelle mais bien évidemment, à chaque fois, le rendez-vous annoncé est remis ou considérablement écourté.

Frank de « Infologeek » (PC du local communication) nous a fait faux bond toute la journée …

Guillaume de « Caraïbe Marine » est passé assurer la révision de notre propulseur arrière mais après, il s’est taillé au plus vite.

Railey de « Caraïbe Métal » a bien essayé d’agrandir le trou pour nos nouvelles enceintes Fusion mais après dix minutes, il s’est taillé ne se sentant pas à la hauteur de l’ouvrage !!!

Serge de « Caraïbe Bois » a poursuivi son travail sans parvenir à décoller d’autres capots de pont ! En bref, sur quatre capots, il n’est parvenu qu’à en décoller un seul. Même s’il nous assure que leur nouvelle étanchéité n’aura pas à en souffrir, nous aurions préféré un travail « plus en profondeur ».

Mais le plus énervant reste ce bruit de sablage d’un bateau totalement bâché, situé tout-à-côté de nous. Cela fait deux jours que cela dure et on ne s’entend plus à l’extérieur ! Nous pouvons, bien entendu, nous réfugier à l’intérieur mais en journée avec un soleil qui tape, ce n’est pas toujours évident.

Si Michel & Maël de « Obione » passent tous les jours, nous faire un petit coucou, plus étonnamment, nous avons eu la visite de Philippe de « Basilic ». Il faut dire que les voiliers de nos amis sont ancrés à proximité du chantier.

Samedi 30.

Journée très chaude … trop chaude en raison de l’absence de vent. Comme tous les samedis, il y a encore une certaine animation au chantier mais nous la fuyons !  En fait, nous avons fait la sieste dans notre cockpit après nous être levés déjà fort tard mais il faut bien dire que nous avons eu une semaine fort chargée.

Le soir, nous sommes partis à pied avec Michel & Maël de « Obione », dîner au  « Le double V » situé juste en face du bureau de la marina du « Marin ». Chouette ambiance, service impeccable, plats délicieux, nous avons passé une excellente soirée.

Dimanche 31.

Le ciel est très menaçant, le vent se fait ressentir de temps en temps et pourtant, il fait incroyablement sec !

Profitant du calme du chantier, nous avons procédé au changement des anodes des deux propulseurs et de l’hélice soit au total, cinq anodes: un peu plus de travail que l’on ne pourrait imaginer de prime abord mais pas de difficulté particulière.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publié par : Ann & Stéphane | 21 janvier 2021

01 au 15.01.2021 – Il était une fois au paradis …

Vendredi  01.

Nous sommes au mouillage de Sainte Anne en Martinique et je n’en reviens toujours pas d’être là !!! Pour ceux et celles qui ont suivi nos aventures jusqu’ici, je crois qu’ils comprendront aisément mon sentiment.

Quoi qu’il en soit, nous sommes bel et bien là et tant qu’un crétin ou l’autre n’aura pas la mauvaise idée de venir se coller à nous, nous continuerons à baigner dans le plus pur bonheur. La tempête de fin d’année ? Cela a certes bien soufflé durant toute la journée mais cela restait dans des limites très acceptables, avec des hauts et des bas.

Journée de farniente après une semaine bien chargée.

Samedi  02.

Malgré un vent fort soutenu (et donc, un plan d’eau agité), nous avons été plonger (-19.70 m – 52’ – 27°) au « Boucanier » comme la grande majorité des clubs de plongée locaux. Par bonheur, lorsque nous nous sommes mis à l’eau, les plongeurs déjà sur site, sortaient de l’eau.

Nous sommes partis « épaule gauche »,  histoire d’une fois changé et alors même que d’habitude, nous sommes souvent déçus par ce tombant s’enfonçant dans le mouillage. Ce fut notre jour de grâce car nous avons beaucoup aimé, une bonne visibilité étant peut-être une explication.

Comme nous plongeons avec des 12 l./200 bars acier de location, nous devons nous adapter à leur encombrement, à leur poids (!)  mais aussi à leur moins grande capacité en air que nos carbones 10 l./300 bars . En clair, nous avons grande hâte de récupérer le plus rapidement possible nos deux petits bijoux.

Dimanche 03.

Même si on pensait en se réveillant que la « tempête » était derrière nous, elle était encore bien présente au point d’abandonner toute idée de nager, de plonger ou de remplacer l’élingue avant de notre annexe, qui montre des signes inquiétants d’usure. En bref, nous nous apprêtions à passer une journée de farniente … jusqu’à ce qu’en milieu d’après-midi, le vent soit tombé !!

Du même coup, le mouillage se calmait et nous entamions notre travail « élingue ». Pas évident mais nous y sommes arrivés avec une pause imposée par le passage d’un grain. Reste maintenant à savoir si nos réglages resteront bon, dans le temps : en principe, oui car il s’agit de dynema mais avant de couper le bout, nous attendrons 24 heures.

Pour le surplus, nous envisageons de moins en moins de perdre du temps à caréner le bateau d’autant que plus le temps passe et moins le carénage présente de l’intérêt (nous sortons le bateau à Grenade, le 07 juin). Il s’ensuit que nous allons postposer la sortie de l’eau du bateau jusqu’à ce que nous soyons en possession de toutes les pièces de rechange nécessaires pour le propulseur avant. Nous sommes vraiment trop bien au mouillage pour nous pourrir la vie au sec.

Lundi  04.

Très belle journée avec un vent encore légèrement soutenu.

Nous attendions deux techniciens et en finale, celui de l’airco n’est pas venu en raison d’une côte cassée en cours de journée et d’un Patrice (le patron) opéré des genoux !! Décidément … déjà Craig de « Grenada Marine » s’était fait opérer récemment d’une hanche. Nous n’avons plus droit qu’à des éclopés !!

Jean-Emmanuel dit Mano de « Caraïbe Marine » est venu remplacer les membranes de notre déssalinisateur. Ensuite, il a regardé notre problème d’éclairage du compas (ampoules à remplacer)  et notre problème d’enceinte extérieure Bose (enceinte à remplacer … aie, cela va faire mal).

Avec tout cela, notre journée fut totalement bloquée !

Mardi  05.

En voulant descendre l’annexe, Ann en a oublié une élingue diagonale ! La seule solution aurait été de remonter l’annexe ce qui aurait détendu l’élingue mais au lieu de cela, elle l’a défaite sous tension. Résultat des courses, Ann est tombée à l’eau en se heurtant au passage, le dos sur le rebord de la jupe arrière. Aie. Très, très douloureux.

A 8.20 heures, Guillaume de « Caraïbe Marine » était à bord pour jeter un œil de professionnel à notre passerelle hydraulique : pas de verdict certain mais de fortes chances qu’il s’agisse d’un problème d’électrovanne. A ce stade, Guillaume ne voit pas l’utilité de commander de nouvelles pièces …

En le cadre de la plongée, nous devons pour notre fédération, impérativement passer chaque année (au-delà de 55 ans), un électrocardiogramme à l’effort  ! Nous l’aurions réalisé à Grenade si cela avait été possible mais nous n’en avons pas trouvé le moyen ! Aussi, attendions nous avec impatience d’arriver en Martinique.

Oui mais voilà, réaliser cet examen s’avère beaucoup plus ardu que nous ne le pensions car il nous faut prendre rendez-vous auprès d’un service de cardiologue qui n’a pas le téléphone (si, si, je vous assure que c’est vrai  et pourtant, ce service est installé dans une petite clinique privée, la clinique Saint Paul, et son secrétariat dispose d’un PC) … il ne reste plus que la solution de se rendre sur place, ce qui nécessite la location d’une voiture !!!

En finale, Ann décidait de faire la démarche aujourd’hui même tandis que je restais au bateau n’ayant aucune envie de me taper cette corvée. Pour l’accompagner, nous sommes passer prendre  Valérie dont le mari ,skipper professionnel, est parti en mer pour 10 jours. Une occasion pour elle de se changer les idées.

La mer étant belle même si le ciel se partageait entre nuages et soleil, j’ai décidé d’aller plonger (-24.40 m – 48’ – 27°) une nouvelle fois, au « Boucanier » avec A. Lone qui le moins que l’on puisse en dire, n’est absolument pas contrariant. En début de plongée, nous avons eu droit à une visibilité exceptionnelle mais peu avant de faire demi tour, un « brouillard sous-marin » a fortement restreint la visibilité !!!

Sur le retour, la problématique demeurait de ne pas louper l’amer qui indique le moment où il faut bifurquer à 90° pour remonter sur le plateau et retrouver l’amarrage de l’annexe. En le cas d’espèce, il n’est pas difficile à trouver pour autant tout de même que l’on plonge avec un peu de méthode. Or, pas plus que A. Lone, je ne reconnais jamais les paysages que j’ai pourtant vus à l’aller ! Il faut dire qu’à chaque profondeur, le décor est différent et que trop souvent, j’ai le nez collé sur le fond …

Je vous rassure de suite, malgré un petit pincement au cœur, j’ai retrouvé du premier coup, mon amer. La suite de la plongée n’a pas posé le moindre problème et nous retrouvions le bord avec le sentiment agréable du « je l’ai fait » … euh non, « nous l’avons fait ».

Mercredi  06.

Il fait beau et il y a du vent. Ma hantise quotidienne est de voir arriver au mouillage de nouveaux bateaux. J’ai d’ailleurs, constamment l’impression qu’il y a plus de nouveaux arrivants que de départs et cela me préoccupe. Mais, ma seule vraie hantise reste que l’on nous fiche la paix en ne venant pas mouiller trop près de nous. J’ai été traumatisé (au point de réfléchir à abandonner définitivement ce mouillage) par la saison passée où tous les jours, nous étions enquiquinés par l’un ou l’autre. De surcroît, j’ai vu l’autre jour, au ponton essence, « Little Cloud » qui nous a gâché l’existence la saison passée, durant des mois ! Il est donc toujours dans le secteur alors que je le croyais reparti en Méditerranée. Grrrr.

Jeudi  07.

Il fait beau avec du soleil, quelques nuages et de temps en temps, une petite ondée : une météo de Martinique. Le vent est moyen à fort comme le plus souvent en cette saison.

Je pensais aller plonger avec A. Lone mais Ann a pris contact avec Philippe de « Basilic » que nous avions rencontré à Grenade, en le cadre de la plongée avec « Scubatec ». Excellent plongeur, nous avons convenu d’aller plonger ensemble ce vendredi.

Journée très calme à bord … Ann souffre toujours autant du dos suite à sa chute et aucune amélioration n’est en vue !

Vendredi  08.

Nous continuons à nager dans le bonheur … enfin, plus pour moi que pour Ann qui est bloquée du dos depuis sa chute en voulant descendre l’annexe. Pour ma part, je suis plus souvent sous l’eau qu’au-dessus de l’eau. Le dream.

Et pourtant ce matin, la météo maussade me poussait à annuler ma plongée avec Philippe !!! Mais comme je devais passer chez le bijoutier du « Marin », j’ai fait le petit détour par son bateau pour avancer l’heure de notre rendez-vous. En effet, comme « Basilic » est amarré au « Marin », le plus simple consistait à le prendre avec moi, sur le retour. Son annexe est trop petite pour venir avec elle jusqu’au spot de plongée.

Une fois de retour à notre bord, je me suis préparé et j’ai chargé mes affaires de plongée dans l’annexe sans plus réfléchir à la météo. Nous sommes ensuite partis à deux pour le « Grand Mur » que je n’ai plus visité depuis le 28.01.20 !!!

Pas à dire mais il s’agit d’un niveau technique de plongée bien supérieur au « Boucanier » mais quelle plongée ! Profitant d’une visibilité extraordinaire, nous avons pu apprécier à sa juste valeur, la palette de couleurs caractéristique de ce (tombant). Seule ombre au tableau, notre amer a totalement disparu ce qui m’a obligé à planter mon couteau dans le sable (-27 m) pour disposer d’un point de repère sur le retour. Je réfléchis à confectionner un nouvel amer mais le problème réside en ce que tout ce qui se gonfle, supporte mal la pression …

Ne disposant plus que d’une bouteille de location de 12l. j’ai eu le sentiment de devoir abréger bien trop tôt notre plongée (-30.80 m – 48’ – 27° – 5’ à -3m) mais évoluant quasi constamment à -27 m, nous n’avons pas eu d’autre choix. Merci à Philippe de m’avoir accompagné car il s’agit d’une plongée très facilement piégeuse.

En regardant la télévision, j’ai senti que quelque chose me chatouillait avec insistance, le bas de la jambe !! Par la suite, j’ai découvert qu’il s’agissait d’un gecko jaune qui s’était réfugié dans un coin des marches d’escalier !!! C’est la seconde fois que nous avons à bord,  un tel passager clandestin sauf que le premier était resté sur le pont et était mort de faim. Nous avions retrouvé son corps desséché quelques semaines plus tard.  En le cas d’espèce, j’ai appelé la SPA qui est venu le prendre un peu plus tard.

Samedi  09.

Le vent souffle en tempête et du même coup, le plan d’eau est agité. N’écoutant que mon courage, je suis allé chercher au débarcadère de « Sainte Anne », les lasagnes que nous avions commandées. Et comme une lasagne se déguste avec une bonne baguette tradition, je suis passé par la boulangerie.

Sur le coup de midi, c’est Olivier que j’ai été cherché au débarcadère. Nous avons des capots de pont à l’avant dont l’étanchéité laisse parfois à désirer et Olivier s’était présenté comme l’homme de la situation lors d’une précédente intervention.

Ensuite, ce fut au tour de Ann d’aller voir son ostéopathe qui lui a remis en place son bassin. Il ne reste plus qu’à espérer que maintenant, elle est sur la voie de la guérison.

Au total, j’ai réalisé pas moins de cinq aller/retour bateau/débarcadère !

Dimanche  10.

Les conditions météo ne se sont pas améliorées et il semblerait qu’on en aie pour toute la semaine. Ce type de temps est caractéristique de la région jusqu’en mars ! La saison passée fut l’exception qui confirme la règle.

Si j’avais envisagé timidement d’aller plonger avec A. Lone, je pense lui préférer une petite journée de farniente. Il n’est pas évident de mettre l’annexe à l’eau en ces conditions et encore moins, de se déplacer seul à bord. Déjà, hier, j’en ai eu un petit aperçu.

Lundi  11.

Ann a passé sa matinée à appeler tous azimuts et sa moisson fut assez bonne : on progresse dans tous les domaines techniques mais les problèmes n’en sont pas réglés pour autant.

Nous avons eu la visite du technicien Webasto (airco) qui a confirmé que si le fusible sautait, le compresseur n° 2  en était bien le coupable. Sans être un grand spécialiste en la matière, j’avais déjà compris cela depuis longtemps … Comme l’installation a l’âge du bateau (10 ans), il reste maintenant à savoir s’il est encore possible de trouver un compresseur de ce modèle ou s’il faut modifier l’installation car ce n’est plus le même gaz qui est utilisé actuellement … C’est déjà assez moche comme cela de vieillir mais quand en plus, on vous dit que l’on ne fabrique plus ce modèle, c’est un peu un double enterrement.

Malgré un plan d’eau assez agité, je me suis fait mon 100 mètres brasse à contrevent : pas une sinécure ! Sur le retour, j’ai aperçu Toto (barracuda d’un bon mètre) qui montait la garde sous la coque. Cela m’a fait plaisir de le revoir car toute vie aquatique semble avoir déserté le mouillage !!

Comme Ann m’a fait part le matin même qu’une nageuse s’était fait bouffer la jambe par un requin à Nevis alors que l’autre jour, c’était une attaque de squale à Saint Martin qui était à déplorer, je n’avais pas l’esprit tranquille en nageant. Sans cesse, je faisais attention à mes arrières tout en me demandant l’attitude à adopter en cas de mauvaise rencontre. Sous l’eau, on peut toujours se défendre d’autant que les attaques de squale sur plongeur sont extrêmement rares mais en surface …

Mardi  12.

Pour une fois, le plan d’eau n’était pas trop agité et le vent modéré. Seule ombre de taille au tableau … toute la matinée fut animée de grains en chapelet ! L’envie d’aller plonger était bien présente et puisque Ann, toujours fort handicapée du dos, assurait la sécurité en surface, j’ai entrevu la possibilité de faire un « one way ». Pourquoi ne pas explorer le « petit mur » et voir où il menait ??

Si Ann n’était pas très chaude à mon idée, A. Lone, lui, estimait qu’il s’agissait d’une occasion unique de « plonger autrement ». La majorité l’emportant, le cap a été mis sur le « petit mur » entre deux grains. Avant que le grain suivant ne nous arrose, je me suis mis à l’eau avec  A.Lone …

Au passage, à-17.80 m, j’ai mis en place un nouvel amer de ma conception qui je l’espère, résistera au temps … et aux autres plongeurs !

La visibilité n’était pas bonne : le brouillard londonien obscurcissait l’horizon ! Dommage car le spectacle en valait réellement la peine : magnifique enfin … tant que je suivais le « petit mur » car après, je ne savais plus très bien où j’en étais ! C’était à la fois, lunaire et inquiétant à la fois : difficile de se raccrocher à quelque chose de « bien définissable » comme un tombant  ou un plateau. Cela m’a fait davantage penser à un « garden » encore qu’il ne s’agissait pas à proprement parler d’un « garden ». La visibilité limitée n’aidait pas à se faire une idée précise de la topographie des lieux. En ces circonstances, il n’y avait réellement plus que mon fidèle compas pour ne pas me faire perdre totalement la boule.

Quand je me suis rendu compte  que j’avais la fâcheuse tendance à descendre (-27.30 m – 47’ – 27°), j’ai résolument pris la décision de remonter pour éviter d’avoir des paliers obligatoires. Oui mais … en quelle direction aller pour retrouver un peu moins de profondeur alors que tout semblait plane ! J’ai donc finalement pris plein Est et un peu plus tard, le fond remontait enfin. Je retrouvais d’ailleurs, du même coup, les coraux.

A – 10 m. j’ai lancé mon parachute. La question n’était pas de l’envoyer mais de savoir si quelqu’un le verrait en surface. Pendant tout le palier de sécurité (-5 m – 5’), j’ai eu le temps de stresser tranquillement car manifestement, il n’y avait pas une seule coque en vue en surface ! Mais en fait, ma plus grande préoccupation résidait à éviter que le courant ne m’emporte trop loin au large.

Quand j’ai crevé la surface, je suis tombé quasi nez à nez avec … le tableau arrière d’un bateau de plongée qui avait pris notre emplacement à la bouée !!!! Eh oui, j’étais parvenu comme un bon vieux cheval, à retrouver tout seul le chemin de l’écurie. Sauf qu’avec une si médiocre visibilité, je ne m’étais même pas rendu compte que j’en étais revenu à mon point de départ ! Mais chuuuuuuuuuut.

Quand Ann qui était dans mon dos, m’a appelé, je fus extrêmement soulagé. Par contre, remonté à bord de l’annexe s’est révélé beaucoup plus physique que je ne l’aurais cru, tout simplement parce que le courant m’éloignait constamment de l’annexe.

Mercredi  13.

Vent faible à modéré, grains peu nombreux … que nous faut-il de plus ?  Oui … bon … cela bouge un peu beaucoup mais il est évident que nous ne sommes pas exactement dans le secteur le mieux protégé du mouillage ! Il  y a de la place plus près de la côte mais le risque d’être importuné par un voisin est aussi beaucoup plus grand, aussi comme nous sortons le bateau de l’eau, mardi prochain, nous restons à notre emplacement.

Matinée « courses techniques » fort chargée : nous progressons, nous progressons. Cette fois, ça y est … nous avons commandé notre nouveau ice maker. L’ancien réfrigère très bien mais l’eau coule de partout !

Petit détour par « Brocéliande » amarré à la marina du « Marin » où notre ami Toto nous attendait avec les affaires que notre fille, Marie-Charlotte, lui avait remis pour nous, au départ de Bruxelles. Il y en avait tout de même pour  11 kilos de marchandises diverses. Toto est une crème d’ami toujours prêt à vous rendre service.

Nous aurions encore dû faire quelques courses d’avitaillement mais Ann avait trop mal au dos et pour ma part, j’étais pressé de rentrer au bateau pour déballer tous nos cadeaux du Père Noël.

Jeudi  14.

Journée « technicien » avec l’arrivée en début d’après-midi de Jean-Emmanuel dit « Mano » de « Caraïbe marine ». Avec beaucoup d’habilité et un sens certain de l’équilibre, il nous a changé deux leds défectueux de barre de flèches du mât (à hauteur de la 3è et 1ère barre de flèche). La prise d’eau de la jupe qui coulait, a été remplacée ainsi que le mitigeur de la cuisine qui rêvait de prendre sa retraite. Pour ma part, j’ai remplacé la sonde Vega 14 du tank journalier. Une bien belle journée avec ce sentiment de satisfaction du service accompli.

La bonne nouvelle du jour reste que nos bouteilles carbone ont passé avec succès le test de la réépreuve. Ouuuuf.

Vendredi  15.

Ce matin, « Mana »  après une « horrible remontée » (gust à 35 nœuds, pluie et risques de collisions avec des pêcheurs), est arrivé à « Sainte Anne ». Nous aurions normalement dû les voir mais la météo exécrable (grains, bruine, pluie) ne l’a pas autorisé.

En constatant que notre sonde Vega 14 suintait de gasoil, je me suis mis en devoir de recommencer mon travail et comme malgré tous mes efforts, il m’a été impossible de visser suffisamment la sonde en le logement de la vanne, j’ai entrepris d’agrandir l’accès à ladite vanne. Après ce travail fastidieux, tout s’est révélé beaucoup plus simple.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Older Posts »

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :