Lundi 01 avril.

Nous avions constaté une concentration inhabituelle de grands yachts à moteur au « Marin ». Ann en avait déduit  qu’un transporteur de bateaux allait faire son apparition et ses suppositions s’avérèrent exactes . Le transporteur est arrivé hier soir et ce midi, tous les bateaux étaient déjà à bord ! On les retrouvera d’ici une quinzaine de jours … en Méditerranée.

Mais notre déplacement au « Marin » n’était pas justifié par notre simple curiosité mais parce que la pompe de cale de notre annexe ainsi que ses feux de navigation ne fonctionnaient plus ! Etrangement les deux phénomènes étaient liés … ce qui m’a fait penser à un fusible sauté.

Mais j’ai eu beau regarder de tous les côtés, je ne suis pas parvenu à trouver le fusible et avant de tout mettre en pièces détachées, nous avons appelé Jean-Marc qui nous avait été renseigné par « Clippers Ship », concessionnaire des annexes AB.

Finalement et comme je l’avais pensé un moment, il s’agissait bien d’un simple fusible sauté dont je connais désormais l’emplacement.

Le soir, nous avions Didier de « Laurence » à dîner.

Mardi 02 avril.

Au secours ! Les « nuisibles » sont de retour et nous encerclent petit à petit ! Au secours !

Après la molaire qui s’était désagrégée … ma pauvre épouse a  maintenant perdu la dent pivot de la dent voisine !! Ne souhaitant plus se rendre chez le dentiste de « Sainte Anne », un de ses confrères nous ayant été renseigné aux « 3 Ilets », Ann a loué une voiture pour s’y rendre. Nous aurions pu aller jusque là en bateau mais le mouillage y est loin d’être romantique !

Etant déjà sur la route, elle a poussé jusqu’au centre commercial de « Genipa » où elle a réalisé quelques courses d’avitaillement. Pendant ce temps là, j’étais seul à me morfondre sur le bateau … en écoutant  de sublimes morceaux de musique ! Mais chuuuuut.

Mercredi 03 avril.

Si nous avions projeté d’aller plonger, il faisait magnifique quoique un peu plus venteux, comme je suis du caractère à ne jamais remettre au lendemain ce qui peut être fait le jour même, je me suis attelé avec l’aide d’Ann, à la correction du bail locatif transmis par notre fille aînée et à l’élaboration d’une convention de résiliation amiable de bail. De quoi me projeter en mon ancien monde …

Après cette débauche incroyable d’énergie, nous nous sommes vautrés dans notre cockpit … vivement la pension ! L’année prochaine c’est la quille !

Le soir, nous avions à dîner Francki et Joséliade (« Joss »).

Jeudi 04 avril.

Comme nous manquons un peu de vie sociale, nous invitons périodiquement un technicien pour « garder le contact ». Aujourd’hui, c’est Fred, l’électricien, que nous avons convié et si de surcroît, il pouvait nous expliquer pourquoi nous avons eu droit ce matin, à une panne générale d’électricité (la seconde) nous aurons justifié pleinement notre besoin de « garder le contact ».

Après avoir ausculté notre installation électrique, le pronostique ne changea pas des fois précédentes : les coupe-batteries automatiques sont à remplacer. Manifestement, ils sont trop faibles et deviennent des « consommables » ! Généralement, ils ne tiennent pas plus d’une saison.

Et voilà encore une journée qui est passée comme un pet sur une toile cirée.

Vendredi  05 avril.

La météo n’était pas très engageante (nuageux et venteux) mais profitant d’une belle éclaircie, nous avons trouvé le courage d’aller plonger (-21.30 m – 58’ – 27°).

Notre escapade n’avait pas bien commencé avec l’envol d’un des tapis de protection dont nous nous servons pour protéger le cover de l’annexe alors que nous étions déjà enchaînés à la bouée ! Ceci  m’a contraint à me jeter à l’eau pour le récupérer. Si sous l’eau, il n’y a jamais de problème, le quarante mètres nage en surface n’est tout simplement plus de mon âge ! Cela m’a vidé plus de 30 bars de ma bouteille …

Magnifique plongée comme à chaque fois avec pour particularités : un petit poisson traînant derrière lui, un fil de pêche (j’ai bien essayé de l’en débarrasser mais il m’a glissé entre les doigts), un gros barracuda qui m’a frôlé sans que je ne m’en rende compte et une plongée écourtée parce qu’au détour d’un tournant, nous nous sommes trouvés face à une sorte de mur de brouillard (la visibilité était quasi nulle).

Sur le retour, nous n’avons plus retrouvé qu’une seule langouste sur les quatre que nous avions vues à la base de l’ancrage, quelques jours plus tôt !!  Ce n’est pas la première fois que des langoustes disparaissent entre deux plongées mais nous avons sans doute eu aujourd’hui la réponse à nos questionnements.

En remontant sur notre annexe, nous avons relevé la présence d’une autre annexe dont les propriétaires français (un couple au demeurant très sympa) ont fait surface peu de temps après nous. Bien qu‘équipés tous deux de bouteilles, Monsieur tenait à la main, un harpon …

En milieu d’après-midi, nous avions droit à l’arrivée du petit frère de « S.A.S.³ ». Le petit frère s’appelle « State of Grace » et mesure 39.40 m …

Comme il s’est ancré parallèlement à nous, nous avons été en mesure de l’observer tout à loisir et nous avons bien ri lorsque nous avons vu la famille de guests  jeter dans l’eau, de gros appâts ! Sur le coup, nous n’avions pas compris mais en voyant sur internet, des photos du bateau, nous avons compris qu’il s’agissait de  «pêche au gros » …

Une fois que les guests se sont lassés d’attendre la grosse prise qui ne risquait pas de se pointer … l’équipage a été de corvée pour nettoyer avec la dernière énergie, les taches que les appâts avaient laissées sur le pont  en teck !

Samedi  06 avril.

Aux petites heures du matin (10.30 heures), nous avons été réveillés par un voilier qui manifestement avait pris « S.A.S.³ » pour un rond-point ! Intrigués par ce manège, nous sommes sortis dans le cockpit tandis qu’une personne sur l’autre voilier, nous faisait des grands signes d’amitié !!!

Comment aurions nous pu imaginer un seul instant qu’il s’agissait de Christian de « Anneka One » (Garcia 75’) dont nous avions fait la connaissance lorsque nous étions tombés amoureux de son « Anneka »(Garcia 62’) qui  a servi de modèle à la construction de « S.A.S.³ » !

« La S.A.S.- S.M. à l’écoute … Que pouvons-nous faire pour vous ?  …Une annexe en perdition, vous dites  ! Nous sautons dans notre embarcation légère et nous vous la ramenons dans le quart d’heure ».

Voilà bien une conversation que nous aurions pu avoir aujourd’hui. Tout a commencé par une annexe qui me semblait déraper au loin puis par une autre annexe qui, elle, manifestement dérivait et enfin, par l’annexe de notre voisin australien qui prenait librement le large …

C’est le second incident qui nous a poussés à réagir en mettant « en mode commando » (c’est à peine si nous n’avons pas coupé les élingues pour aller encore plus vite …) notre annexe à l’eau. Dans un rugissement de moteur, nous sommes partis à la poursuite de la fuyarde. Je me voyais bien dans la peau du Chevalier servant partant défendre la veuve et l’orphelin sauf qu’encore un peu, nous privions un pauvre snorkeleur de son seul moyen de locomotion pour revenir sur la terre ferme …

Même si nous avions échoué lamentablement la première fois, nous avons eu beaucoup de chance que notre annexe soit encore à l’eau lorsque l’annexe de notre voisin australien, « Ta » (Océanis 41’), partit en ballade. Le plus amusant reste que nous étions trois (!) bateaux à nous en être rendu compte en même temps tandis que son propriétaire écoutait de la musique à l’intérieur de son bateau tellement fort que nous avons eu toutes les peines du monde à l’en faire sortir !

Lors de ce sauvetage, la seule obsession d’Ann fut que l’on n’arrive pas les premiers sur place …

Dimanche 07 avril.

Très belle journée quoi que un peu venteuse. Ann aurait eu envie d’aller plonger mais je le sentais moyennement en sorte que nous sommes restés farniente sur le bateau.

Visite de courtoisie surprise de Dirk de « Kythera » (Amel 54’) qui en fait, était présent sur le mouillage depuis quelques jours alors que nous l’ignorions ! Dirk se prépare à traverser en solitaire, l’Atlantique nord … Il n’en est pas à son coup d’essai mais à sa cinquième traversée sauf erreur de ma part. Il fait partie de cette catégorie de plaisanciers qui ne font pas un tour du monde mais passent leur temps à traverser l’Atlantique dans un sens et puis l’autre. Nous avions fait sa connaissance à « Lanzarote » (Canaries).

Lundi 08 avril.

Alors qu’on le pensait en mer, Christian de « Anneka One » est venu avec son ami Marcel, nous faire une petite visite de courtoisie.

Après leur visite et malgré que la matinée aie déjà touché à sa fin, nous avons décidé d’aller plonger tellement les conditions météo étaient idéales : mer calme, soleil et petit vent.

Nous nous sommes équipés et avant de rejoindre notre spot de plongée, nous avons fait un petit crochet par le voilier de Marcel ancré tout à côté, pour leur dire un dernier « au revoir ». En remettant les gaz, nous avons eu droit à de drôles de hoquets en provenance de notre moteur d’annexe !!!!

Directement, nous nous sommes dirigés vers « S.A.S.³ » avant de nous faire emporter par le courant. La catastrophe … Qu’allions nous faire si notre moteur d’annexe commençait à déconner ? Après examen, nous n’avons rien trouvé d’inquiétant et conclu que le moteur avait aspiré une crasse qu’il avait recrachée entre-temps  …

Après quelques essais pour nous rassurer que notre moteur d’annexe avait retrouvé toutes ses couleurs, nous sommes partis plonger à notre spot habituel car il y a beaucoup plus de passage à cet endroit au cas où …

Plongée exceptionnelle (-23m – 57’ – 26°) malgré une visibilité qui se limitait à quelques mètres ! C’est en voulant trouver un peu de profondeur que je me suis éloigné du (tombant) et que je suis tombé nez-à-nez avec un banc d’une dizaine d’individus, de Tarpons ! Généralement,  c’est la nuit que je les vois à l’arrière du bateau lorsque je gonfle nos bouteilles mais en plongée, il s’agit d’une première en « Martinique ».L’animal est assez impressionnant et de loin, se confond avec le requin en raison de sa taille. De près, il n’y a pas la moindre ressemblance et reste très reconnaissable.

Lors de notre retour au bateau, nous avons encore eu quelques palpitations cardiaques lorsque le moteur d’annexe s’est arrêté sans raison !! En fait, j’avais oublié de relever un bout que nous laissons pendre à l’arrière de l’annexe lorsque nous sommes en plongée, pour attacher le matériel au cas où nous devrions remonter dans l’annexe, en catastrophe. Le bout s’était pris dans l’hélice lorsque j’ai ralenti …

Mardi 09 avril.

Le temps idéale  pour faire un petit tour en mer mais … nous sommes restés sur place comme des gros fainéants que nous sommes. On est tellement bien …

Le mouillage se clairseme de plus en plus et ce n’est que du bonheur. De moins en moins, nous avons de problèmes de proximité et par bonheur, nos voisins australiens sont partis en cours de matinée. Ils étaient quand même un peu trop proches à notre goût …

Avec l’expérience, je constate que les plaisanciers se classent en plusieurs catégories :

Les « pitons » qui pitonnent toute l’année sur place, sans jamais bouger. Leurs bateaux prennent vite l’allure d’épaves flottantes.

Les « crampons » qui comme nous, passent des mois sur le mouillage en ne bougeant qu’épisodiquement. Pour la période cyclonique, les crampons migrent le plus souvent vers le sud.

Les « voyageurs du dimanche » sont ceux qui pensent échapper à la catégorie des « crampons » en allant passer quelques jours en d’autres mouillages mais au finale, ils ne peuvent échapper à l’attraction de la baie « Sainte Anne ».

Les « indécis » qui passent le plus clair de leur temps à passer de la baie « Sainte Anne » au « Marin » et vice et versa. On ne sait jamais s’ils parviendront un jour à se décider pour l’un ou l’autre mouillage.

Les « hyperkinétiques » qui ne passent qu’au maximum, une nuit sur place avant d’aller voir plus loin si l’herbe n’y est pas plus verte. Rien ne les arrête et il faut toujours qu’ils soient en mouvement.

Enfin, les « touristes » qui ne font que passer après avoir pris en main, leur voilier de location et que l’on revoit huit ou quinze jours plus tard juste avant de restituer leur bateau.  Ce sont de loin les plus dangereux car ils n’ont souvent qu’une expérience de navigation très limitée et en tout état de cause, personne à bord ne se préoccupe jamais du bateau.

Mercredi  10 avril.

Anniversaire d’Ann ! Eh oui, si vous l’avez oublié et bien … c’est trop tard pour le lui souhaiter.

Comme mon épouse est en « mode plongée » depuis quelques temps, il aurait été normal que nous allions plonger mais la météo était pour le moins assez déroutante :  ciel gris sans la moindre éclaircie mais c’est surtout le vent qui jouait de caprices ! Pendant plus d’une demi-heure nous avions droit à un vent à décorner un bœuf suivi d’une belle période d’accalmie et puis le vent remettait le couvert. A chaque fois évidemment, le plan d’eau se transformait en bouilloire. Nous sommes donc restés prudemment sur le bateau.

Comme en cours d’après-midi, nous avons eu droit à un vent enfin calmé, nous avons mis l’annexe à l’eau pour porter nos poubelles. L’envie d’aller manger des accras chez « Martine » s’était évanouie entre-temps  … quant au restaurant choisi, les « Pirates » de la « Anse Mitan, il était fermé !

Jeudi  11 avril.

Une météo très cra-cra qui vous cloue plus souvent à l’intérieur de votre bateau qu’autre chose. Joie. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous avons connu une accalmie toute relative.

Si cela fait depuis quelques temps que nous jouissons d’une tranquillité, elle aussi toute relative, un connard de compatriote, « Blue Marine » (Super Maramu – Amel),  a traversé l’Atlantique pour avoir le plaisir de nous emmerder en venant planter son ancre juste devant notre étrave !!!!!!! Selon nos informations, il vient juste de traverser …

Notez que quand je l’ai vu arriver sur notre arrière, à l’allure d’un escargot asthmatique, j’ai senti  qu’il allait s’arrêter juste devant notre étrave. Encore un peu et il couvrait notre orin ce qui nous aurait permis de gueuler mais là c’est juste « limite, limite » Il me tape tellement sur les nerfs que s’il doit s’incruster, j’ai bien l’intention de changer d’emplacement.

Vendredi  12 avril.

Vu la météo maussade, nous avions renoncé à aller plonger mais une bonne heure plus tard, le ciel s’est découvert et nous avons sauté sur l’occasion pour aller plonger (-28.70 m – 52’ – 26°) … au « P’tit Mur » ! Ce n’est pas tous les jours que nous allons de ce côté là mais j’en avais envie et Ann ne s’y est pas opposée.

Sur place, un petit pêche-promenade était attaché à la grosse bouée du « Club Med » !! Une personne était restée à bord  tandis que trois « locaux » étaient partis à la pêche au harpon. Même si nous nous sommes amarrés à notre bouée habituelle située un peu plus loin, je n’ai pu effacer de mes préoccupations que d’une part, je ne tenais pas à servir de cible et que d’autre part, je ne tenais pas non plus à leur indiquer où créchaient nos copains … 

Une fois sous l’eau, nous ne les avons plus vus et un quart d’heure plus tard, nous avons entendu très distinctement le boucan de leur moteur hors-bord.

Pour une raison que j’ignore alors que notre vitesse de progression était toujours aussi lente, nous avons été beaucoup plus loin que nous n’en avions l’habitude en sorte que nous sommes tombés sur un paysage totalement déconcertant ! Nous devions être arrivés à la fin du « mur » qui se prolonge par une sorte de plateau. Si c’était dépaysant, la question qui demeurait, restait de savoir si nous ne risquions pas de nous perdre sur cette immensité …

Ann n’était manifestement pas très à l’aise et comme elle a une confiance aveugle en mes compétences, elle a « induit » le moment de faire demi-tour …

Superbe plongée qui nous a fait comprendre que nous étions encore très loin d’avoir tout vu ! Les saisons précédentes, j’étais plus enclin à partir à la découverte de nouveaux spots de plongée mais cette année …

Le soir, nous pensions aller dîner aux « Pirates » mais depuis ce mercredi où nous les avions eu en ligne, ils ont décidé de ne plus ouvrir que le midi … En finale, nous avons été manger des acras chez « Martine » et nous sommes rentrés au bateau suffisamment tôt pour regarder le JT et « Khoh-Lanta ».

Samedi  13 avril.

Plus question de remettre encore au lendemain, les courses d’avitaillement. Aussi après ma petite natation quotidienne où j’ai eu le bonheur d’observer une fois de plus, ma « raie aigle » (envergure d’un mètre à un mètre cinquante) évoluer sur le fond, nous sommes partis au « Leader Price » du « Marin ».

Le soir, nous avions à l’apéro, Thiery & Françoise de « Symi » (F). En fait, nous avons fait leur connaissance en cette occasion pour découvrir que le courant passait très bien entre nous au point que nous avons passé six heures à bavarder !

Dimanche 14 avril.

Nous avions convenu la veille, que nous irions plonger (-20.60 m – 61’ – 26°) ensemble à la bouée du « Club Med ». Bien qu’ils soient tous les deux plongeurs expérimentés, ils n’avaient pas encore eu l’occasion d’aller plonger à la baie « Sainte Anne ». Ce fut donc une découverte pour eux et un bonheur pour nous de leur faire partager ce spot de plongée que nous finissons par connaître un peu … En ce domaine également, nous sommes sur la même longueur d’onde ce qui s’explique sans doute, par un nombre équivalent de plongées !

Nous n’avons – évidemment – pas eu l’occasion de leur montrer notre bande de copains habituels mais par chance, nous avons quand même pu leur montrer une murène, deux tourteaux et quatre langoustes dans le même trou. Ouf, notre honneur était sauf.

Lundi  15 avril.

Belle météo quoique venteuse mais on ne peut pas tout avoir ! Nous étions invités à déjeuner  bord de « Symi » en sorte que nous avons passé une grande partie de l’après-midi en compagnie de Thierry & Françoise et que nous n’avons rien fait d’autre de notre journée.

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Vendredi  15 mars.

Nous avions décidé qu’il s’agirait d’une journée calme bien que nous ayons été contraints d’aller au « Marin » pour des courses d’avitaillement.

Un peu avant de partir, nous voyons débouler trois Oyster « Meteorite » (65’-GB) « Sea Flute » (56’-GB) et « Altaïr » (47’-USA) arborant un pavillon de rallye autour du monde en deux ans, comportant … 31 participants !! Au secours …

Au retour de nos courses, nous avions un voilier néozélandais à l’exacte place où un crétin de voilier hollandais  avait jeté l’ancre la veille … et pourtant le mouillage est immense, très, très clairsemé, nous sommes assez loin du quai de « Sainte Anne », en plein fetch et vent,  et de surcroît, à l’extrême périphérie de tous les bateaux. Alors pourquoi mais pourquoi vouloir venir se coller à nous ???

Profitant que quelqu’un pointait enfin son minois dans le cockpit du voilier néo-zélandais, par signes, Ann a fait comprendre qu’ils étaient trop près et contre toutes attentes, une quinzaine de minutes plus tard, ils allaient jeter l’ancre plus loin ! Youpiiiiiiiie. Comme quoi il ne faut jamais désespérer de l’humanité.

Le soir, nous étions invités par Didier de « Laurence » aux « Pirates » situés à la « Anse Caritan ». L’endroit est spacieux et sympa, le quai à annexes est pratique, le service impeccable et nous avons divinement bien mangé. Petit bémol : la carte n’est pas très étoffée.

Samedi  16 mars.

Ce matin, nous avons vu arriver un gros Zodiac tout neuf, 60 CV, trois martiniquais à bord (deux femmes et un homme d’âges respectables) qui ont tourné autour du bateau. Rien de très extraordinaire en cela, nous sommes habitués aux admirateurs. Une des dames s’adresse à moi (sans doute pour me demander des renseignements sur notre bateau)  mais avec le vent qui souffle plus fort que hier, je ne comprends pas ce qu’elle essaie de me dire. Je descends donc sur la jupe arrière pour que le Zodiac puisse se rapprocher de nous sans abîmer notre coque. En fait, la dame souhaitait me remettre un dépliant publicitaire …

Là dessus, j’entends Ann qui se marre comme une baleine derrière moi car elle avait compris qu’il s’agissait de surcroît, de … témoins de Jehovah !!!! Même à des milliers de kilomètres, ils parviennent encore à venir nous emmerder … avec beaucoup de gentillesse et de courage, faut-il le reconnaître.

Le soir, nous avions un catamaran espagnol « Bonzo »  (« sur le départ pour un tour du monde » … c’est très, très à la mode ces derniers temps … c’est « tendance » diraient certains) qui venait jeter l’ancre trop près sur notre bâbord. Ann a bien essayé de les faire partir mais ou le skipper était particulièrement con (hypothèse à ne pas écarter trop rapidement) ou il a joué à la perfection, le con parfait. En tout état de cause, il n’a pas bougé mais le lendemain matin, il avait quitté notre horizon déjà bouché.

Dimanche 17 mars.

Cela souffle plutôt pas mal ce qui n’empêche pas le plan d’eau d’être assez animé. « Sea Flute » et « Altaïr » en profitent pour partir tandis que deux autres Oyster feront leur apparition en cours de journée :  « True Blue » (66’ – GB) et « Red Cat » (62’ – D).

D’après les blogs que nous avons pu consulter, beaucoup de  ces Oyster font  l’objet d’une copropriété et ils ont tourné autour du monde avec quatre voire cinq personnes à bord ! Je me pose sérieusement la question de savoir si leur mérite réside en le fait d’avoir fait le tour du monde ou de ne pas s’être entre-tué au cours de ce tour du monde …

En fin de matinée, nous aurons l’immense plaisir d’assister au départ de « Vela ».Un  crétin de catamaran allemand qui nous bouchait notre horizon depuis trop longtemps.

Malgré les vagues, nous avons été plonger (-21,30m – 55’ – 26°) à la bouée du « Club Med » qui était nettement plus agitée que la dernière fois ! J’ai d’ailleurs, trouvé la visibilité particulièrement mauvaise cette fois-ci. Ceci ne nous pas empêché pour autant de savourer cette plongée comme toutes les autres.

A ceux qui s’étonneraient que nous allions plonger chaque fois au même endroit, je leur répondrai simplement … Alzheimer.

Lundi  18 mars.

Comme chaque lundi, quelqu’un avait enlevé la bonde de l’évier et dans le mouvement, les Oyster « Red Cat » et « Meteorite » ont levé l’ancre.

Superbe journée au point que j’ai regretté de nous être privés d’un petit tour en mer comme la fois passée mais bien évidemment, nous nous sommes levés bien trop tard …

Au cinquième ou sixième passage, je ne sais plus exactement, Ann est sortie de ses gonds à l’égard d’un Bavaria 41’, « Miaw », loué par l’école de voile de la Trinité, qui traversait à la voile, dans un sens et puis dans l’autre,  le mouillage. Nous étions devenus leur bouée de régate …

Cela les amusait beaucoup de nous frôler sur tous les bords mais comme il s’agissait  de débutants, il ne fallait pas être grand prophète pour voir qu’à un moment ou un autre, ils rateraient leur manœuvre et nous rentreraient dedans ! Aussi comme le coup de gueule d’Ann n’avait pas suffi, nous avons envoyé un mail à la société de location du voilier … efficace car depuis lors, ils n’ont plus osé s’approcher de nous.

Chaque jour, j’essaie de profiter de cette superbe immensité d’eau, pour faire quelques brasses. Si la visibilité était aujourd’hui, exécrable, j’ai pu voir notre copain « Toto » (le barracuda) se tenir tout près de notre quille. Il n’est pas tous les jours là mais bien souvent.

Mardi  19 mars.

Si la journée avait bien débuté avec un ciel bleu et un petit vent agréable, cela s’est dégradé au cours de l’après-midi au point de nous faire douter de notre envie de faire un petit tour en mer le lendemain comme prévu …

Nous avons connu quelques moments difficiles lorsque nous avons eu l’impression que le mouillage était pris d’assaut par un grand nombre de « nuisibles » mais par bonheur, aucun n’est venu jeter l’ancre trop près de nous et surtout, le mouvement s’est calmé de manière aussi abrupte qu’il avait débuté !

Le pire moment de tension en ces cas là, est lorsqu’ils approchent avec une lenteur d’escargot et que vous voyez quelqu’un à l’étrave, prêt à lâcher l’ancre. Notre rythme cardiaque s’emballe alors et nous prions … « avance », « mais avance donc, crétin », « par pitié, avance encore un peu ».

Arrivée discrète de « Oyster Blew » (56’ – GB)  faisant également partie du rallye Oyster.

Comme il fallait faire tourner le moteur de l’annexe (pour éviter que le sel ne se cristallise dans les conduites d’eau de mer), nous l’avons mise à l’eau avec pour objectif de déposer les poubelles et d’essayer une nouvelle fois, de faire un coucou à nos amis Franki & Josse de « Monoï ».

Par chance, ils étaient à bord et nous avons ainsi pu visiter leur catamaran (Lagoon 47’). Comme tous les propriétaires d’un bateau, ils connaissent des problèmes techniques mais leur moral semble être au beau fixe et ils espèrent pouvoir reprendre le charter d’ici quelques temps.

Mercredi  20 mars.

Eh non, nous ne sommes pas partis en mer ! La météo n’annonçait rien de très extraordinaire et déjà la veille au soir, nous avions pris la décision de ne pas nous réveiller plus tôt que d’habitude … condition sine qua non pour Ann pour faire un tour en mer !

Nous n’aurons pas eu l’occasion de nous pencher sur le cas de « Oyster Blew » qu’il était déjà reparti … à l’image de son tour du monde en deux ans !! Etonnamment, nous avons trouvé qu’il ressemblait beaucoup plus à « S.A.S.³ » que les autres Oyster !

Jeudi  21 mars.

Journée courses au « Marin » sous un ciel menaçant. Sur le retour, nous n’avons d’ailleurs, pas pu éviter un petit grain. Il fait réellement cra-cra !

Nous avons vu Didier de « Laurence » qui est actuellement au « Marin » pour divers petits travaux.

Vendredi  22 mars.

Ann avait rendez-vous à 15.15 heures avec le dentiste de « Sainte Anne » à la suite de la brisure d’une de ses molaires. La dent se désagrégeait tellement que la seule solution fut de l’arracher ! Selon Ann, ce n’est ni un doux, ni un tendre. Nous espérons qu’au moins son diagnostique était exact et qu’il n’y avait rien d’autre à faire …

De retour à bord, Ann n’a eu d’autre choix que de se mettre au lit en espérant que la douleur allait s’atténuer. Joie.

Samedi 23 mars.

Avec ce qu’Ann avait enduré, il ne fut évidemment question que de farniente. Il faisait très beau.

Dimanche 24 mars.

Journée très cra-cra avec une succession sans fin de grains. « Tout le monde aux abris » était la consigne du jour.

Lundi 25 mars.

C’est décidé, nous allons changer le nom du bateau ! Nous allons dorénavant l’appeler … « au bon repos ». Ce nom lui correspond tellement bien qu’effectivement, si nous n’y prenons pas garde, nous resterions cloîtrés à bord. Mais bon, nous devons penser à évacuer les poubelles …

Journée de courses et d’avitaillement : notre jardin potager a un rendement extrêmement faible …

Mardi 26 mars.

Comme hier et les jours précédents, les débuts de journée sont souvent très venteux et cela s’adoucit en cours de journée. En ce début de soirée, il fait paisible et cela fait énormément de bien. Je déteste le vent même si parfois, je l’appelle de tous mes vœux pour faire avancer le bateau ou pour faire baisser les températures.

Qu’il  y aie du vent ou pas, rien ne semble arrêter les clubs de plongée locaux de faire le plein ! En comparaison lorsque nous voulons plonger en Mer du Nord, il faut s’inscrire à trois ou quatre sorties pour avoir la chance de pouvoir plonger ! Les inscriptions se prennent des mois à l’avance et le plus souvent, la sortie est annulée à cause du vent.  Le problème ne réside pas tant dans la mise à l’eau des plongeurs mais bien dans leur récupération …

En ce qui nous concerne, il est certain que nous plongerions plus souvent si les conditions météo étaient plus « agréables » … trop de vent ne donne pas spécialement envie de sortir tout le matos. Et pourtant, lorsque nous passons outre comme en ce jour, nous ne le regrettons jamais d’autant que le temps de plonger et le plus souvent, la mer est plus malléable à la sortie de l’eau !

Nous comptions aller plonger à la bouée du « Club Med » mais comme notre bouée était déjà occupée par un autre bateau de plongée, nous avons décidé à la dernière minute, d’aller plonger (-28 m – 57’ – 26°) au « Grand Mur » nettement plus exposé au vent et à la houle.

Nous sommes partis « épaule gauche » et mon Dieu, quelle plongée !! Ok, nous n’avons pas vu nos copains habituels mais un cousin à « Toto » qui était en embuscade ainsi qu’une serpentine dorée toute mignonne. C’est surtout le cadre qui était splendide et fort différent des autres spots de plongée. Mais attention aux courants très, très locaux qui peuvent réellement déboussoler le plongeur non averti.

La visibilité était bien meilleure que lors de notre dernière plongée et cela a certainement contribué à l’excellence de notre sortie.

Arrivée de « Venture », Oyster 53’ américain faisant partie du rallye autour du monde … c’est le 7è participant à jeter l’ancre en « Martinique ». Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup d’autres car même s’ils étaient nombreux sur la ligne de départ (31 candidats), ils sont généralement nettement moins nombreux à l’arrivée …

Mercredi 27 mars.

Quand nous nous sommes réveillés, le bateau roulait. A l’heure du midi, il roulait. Durant tout l’après-midi, il a roulé et le soir, les mouvements de balancier se sont encore accentués ! Horrible et terriblement exaspérant. C’est surtout quand on est dans le carré que le roulis se fait le plus ressentir.

Et tout cela à cause d’un vent plutôt faible de sud ! Le bateau se met alors perpendiculaire à la houle et la force du vent n’empêche pas la houle du large de rentrer dans la baie. Et pour notre malheur, cela devrait être ainsi jusqu’à la fin  de la semaine …

« Venture » n’aura fait qu’une apparition puisque ce matin, il était parti. L’arrivée du rallye est prévue à « Antigua » en avril 2019, sans autre précision.

Jeudi 28 mars.

Ce matin, on aurait pu croire que le roulis avait disparu ou du moins, qu’il s’était nettement  atténué car le vent avait repris quelques vigueurs mais en cours d’après-midi, le vent est retombé …

Depuis quelques temps déjà, nous avons de temps en temps droit à des journées de « grand calme » sur le mouillage ! Parfaitement inexplicable, cela correspond généralement à des vents plus faibles. On pourrait même penser que plus le vent est fort et plus cela pousse les plaisanciers à se déplacer !!!

Nous n’avons pas déroger à la règle en profitant d’une seconde journée de farniente très agréable.

Vendredi 29 mars.

Comme j’avais rincé la veille, à l’eau douce, le moteur de l’annexe, il n’y avait aucune raison impérieuse de mettre l’annexe à l’eau … nous en avons profité pour une journée de farniente supplémentaire !

Si le soleil a été de la partie toute la journée, nous avons continué de rouler dans tous les sens …

Samedi 30mars.

Quatrième jour de roulis … le pied ! Je commence à en avoir plus que ras-le-bol. La journée, bien calés dans notre vaste cockpit, cela reste supportable mais en soirée … L’idée d’aller au « Marin » faire quelques courses, fut donc bien accueillie.

Le soir, nous étions invités sur « Laurence » à prendre l’apéro et à manger une délicieuse pizza. Tous les week-ends, nous avons un catamaran « pizzaiolo »  qui vient jeter l’ancre dans la baie.

Dimanche 31 mars.

Cinquième et on l’espère, dernier jour de roulis ! Grâce au ciel, nous connaissons de temps à autres, une petite période de répit. Il n’empêche que  je ne me rappelle pas avoir connu un phénomène aussi long à la baie « Sainte Anne ».

L’envers de la médaille est que nous connaissons un temps très sec et généralement bien ensoleillé. Au finale, je ne sais pas ce que je préfère entre un temps plus humide et venteux mais sans roulis et un temps plus sec et moins venteux mais avec roulis !

Comme toujours, au réveil, je n’ai qu’une seule envie : farniente encore et toujours. Mais bon, il faut de temps en temps se bouger un peu le cul … aussi, nous avons été plonger (-22.40 m – 58’ – 27°) à notre spot habituel.

Nous avons eu la chance de voir nos copains habituels (murènes, tourteaux, langoustes) mais également deux « calmars de récif » en pleine eau. Une première …  sans doute parce que nous avons en permanence notre nez sur le fond.

Lundi 01 avril.

Nous avons décidé de repartir pour un nouveau tour du monde. Nous espérons passer le canal de « Panama » pour la mi-avril. Nous ne rentrerons donc  pas cette année en Belgique !

Pour fêter l’événement, nous avons décidé de manger du poisson, au dîner du soir.

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Vendredi 01 mars.

Même si nous avions prévu la veille, de partir pour la « Grande Anse d’Arlets » soit une navigation de 13 milles nautiques … , en ce tôt matin de premier mars rien n’était encore joué ! Pire, comme nous étions secoués par une houle venue du large (!), l’idée que cela ne pouvait être que pire à la « Anse d’Arlets »,  a bien failli assurer un enterrement de première classe à notre beau projet.

En finale, c’est Ann qui a insufflé le bon mouvement et sans plus attendre (pas de douche, pas de petit déjeuner), nous avons relevé l’ancre et sommes partis au moteur jusque là.

Navigation peu agréable en raison d’une houle toujours bien présente jusqu’au « Diamant » et d’un large grain qui couvrait tout le pourtour côtier. Mais par bonheur, à la « Anse d’Arlets », le plan d’eau était très calme et étonnamment clairsemé ! Nous avons donc trouvé sans difficulté une très bonne place, en retrait des autres bateaux, où nous avons pu mouiller 50 mètres de chaîne par -10m.

En cours de journée, quelques « nuisibles » nous ont rejoints sans marcher sur nos plates bandes … sauf le dernier, « Love Love »,  qui a eu la bêtise de venir jeter l’ancre juste devant notre nez ! Mais, son propriétaire est venu, à la nage, nous assurer que notre ancre se trouvait 4 à 5 mètres derrière son tableau et que si nous voulions partir avant eux, il suffirait de les en avertir. Superbes manières de savoir- vivre dont beaucoup feraient bien de s’en inspirer.

Samedi 02 mars.

Ce matin, ils étaient nombreux à partir et en cours de journée, les départs ne furent pas comblés par les arrivées !!! Et pourtant, la nuit passée fut un modèle de calme et de quiétude.

Magnifique journée ensoleillée avec malheureusement un vent assez fort soufflant au départ,  en rafales puis, de manière plus continue, en tourbillonnant. Assez impressionnant. Grâce au ciel, le vent a peu à peu cédé le pas en cours d’après-midi.

On est  aux antipodes de la baie « Sainte Anne ». Le mouillage est assez restreint et enfermé dans une cuvette, il n’y a pas fetch mais la houle peut se révéler redoutable lorsqu’elle est présente, il n’y a pas internet, pas le moindre technicien à l’horizon, pas de magasins à l’exception d’un ou deux petits commerces , les clubs de plongée sont hyper actifs mais se cantonnent généralement aux abords immédiats de la anse, c’est assez champêtre, les moustiques sont d’ailleurs, nettement plus présents et la plupart des plaisanciers hormis quelques crampons comme partout ailleurs, ne s’y attardent pas.

Si je trouve l’endroit super chouette, je n’ai pas le même sentiment de sécurité que celui que je peux avoir à la baie « Sainte Anne », l’absence d’internet se fait cruellement sentir, la promiscuité avec les autres bateaux peut se révéler très dérangeante selon les voisins. Quant à la houle, si elle est présente, il vaut mieux s’enfuir.

Il ne manque généralement pas d’ambiance avec le passage des nombreuses vedettes à moteur venues de « Fort de France » et les plaisanciers qui cherchent pendant des heures, le bon endroit pour jeter leur ancre. Généralement, on ne peut être rassuré que quand ils ont jeté leur ancre loin de vous mais justement, il ne faut pas relâcher son attention car ô surprise, ils surgissent comme par enchantement, tout à côté de vous !

Dimanche 03 mars.

Contre toutes attentes, le mouillage s’est encore clairsemé peut-être en raison de la houle qui s’est méchamment invitée … Par bonheur, en début d’après-midi, un vent fort la chassait pour laisser la place à un plan d’eau idyllique !

Sur base du principe que « l’herbe du voisin est plus verte », j’ai essayé vainement de convaincre Ann qu’il nous fallait prendre un emplacement plus en avant et un peu plus au centre. N’y tenant plus après qu’un voilier canadien aie fait mine de prendre l’emplacement que je convoitais, je levais l’ancre sans plus attendre le feu vert de mon épouse.

Après cela, nous aurions dû en profiter pour aller plonger comme prévu mais Ann décida qu’il était déjà trop tard ! Comme nous pensions pouvoir remettre au lendemain, je n’ai pas plus insisté n’ayant aucune envie de désangler l’annexe. Tant qu’elle est sanglée, on peut partir dans la minute.

En fin d’après-midi , quelques « nuisibles » ont fait leur apparition pour venir s’ancrer tout autour de nous ! Parmi eux « Sine Secura II », un Océanis 50’ suédois, qui nous a fait stressé toute la soirée car à certains moments, notre tableau arrière était réellement très près de son étrave …

Lundi 04 mars.

Depuis le départ, j’étais nostalgique de la baie « Sainte Anne » et de sa sécurité. Notre connard de suédois ne fut, en finale, que la grosse goutte qui fit donc déborder un vase déjà bien rempli. Il faut reconnaître que la résurgence de la houle ne fut pas non plus du style à me donner envie de rester.

J’ai sans doute vieilli mais je n’aspire plus qu’à ma tranquillité et donc, à l’absence de tout stress. Oui, je sais, vous avez parfaitement raison, je suis bon pour la « maison de repos ».

En discutant avec Ann de notre programme pour les jours à venir, la question étant de savoir quand nous quitterions les « Anses d’Arlets », elle comprit que la situation ne me plaisait pas du tout et lorsqu’elle m’a proposé de partir immédiatement, j’ai sauté sur la proposition à pieds joints …

Comme la météo annonçait plus de 30 nœuds de vent, notre projet de faire le détour par « Sainte Lucie » avant de rejoindre la baie « Sainte Anne », fut oublié instantanément. L’idée même de lever la toile nous révulsait également : on ne quittait pas le mouillage de gaieté de cœur (Ann n’avait d’ailleurs aucune envie de partir), on fuyait à toutes jambes, une promiscuité suédoise devenue insupportable !

A peine sorti de la anse, on s’est fait cueillir par une mer très formée et un vent (- 20 nœuds) quasiment sur la tranche du nez ! Très rapidement, « S.A.S.³ »  se transformait en sous-marin ! Super ! Chouette ! On raffole !

Le passage du « Diamant » se révéla carrément angoissant car nous étions au moteur … et que nous prenions toutes les vagues de face.

Plus loin et alors que j’avais le sentiment que nous n’avancions pas, le moteur a commencé par brouter pour s’arrêter définitivement en même temps qu’une alarme stridente nous vrillait les oreilles !!!!!

En ces conditions, point d’intérêt de se préoccuper d’un moteur qui vous joue un de ses tours de cochon, il fallait d’abord et avant tout, assurer au bateau un peu de vitesse pour ne pas dériver dangereusement vers la côte ou sur un autre bateau.

Si nous avions été plus prudents, la GV aurait été hissée avec deux ris mais nous sommes partis tellement rapidement que le prélart ou taud de GV était toujours en place et toujours aussi difficile à enlever …

Nous avons pu mettre un peu de génois et voyant que le bateau réagissait positivement, nous avons commencé par tirer un bord vers le large. C’est alors qu’Ann a eu l’idée de génie de téléphoner à Ludovic de « Inboard Diesel Service » qui a pu diagnostiquer que nous étions en panne de diesel !!

Maudit réservoir journalier (90 l) qui était à sec parce que son remplissage automatique ne s’était pas enclenché ! Depuis plusieurs jours, la jauge dudit tank journalier déconnait grave mais nous ignorions jusque là qu’elle commandait également le remplissage automatique !

La bonne nouvelle était que nous avons pu rejoindre sans autre encombre, le mouillage … au moteur. Ceci étant dit, notre petit quart d’heure sous voile nous a montré combien nous avions eu tort de ne pas hisser la GV car même à tirer des bords sans fin, nous y aurions trouvé beaucoup de bonheur.

Mardi 05 mars.

Le mouillage était décidément fort clairsemé même si on retrouvait la plupart des crampons habituels. Déjà hier, la météo n’était pas « jojote » mais aujourd’hui, elle n’était guère plus attrayante donnant à l’ensemble, une impression un peu lugubre ! Bienvenue au bercail …

Grâce au ciel, en fin d’après-midi, le ciel se dégageait et faisait place à une belle embellie.

Nous avons vu passer « Sine Cura II » qui se dirigeait vers le « Marin ». S’il avait fait mine de venir en notre direction, nous étions prêts à l’accueillir …

Mercredi 05 mars.

Pas de changement du côté météo, le vent est toujours bien présent, il fait relativement beau et le bateau roule un peu mais sans exagération. Le mouillage est toujours très clairsemé et nous profitons en conséquence, d’une paix royale.

La question du jour était de savoir où était située la jauge « Vegabar 14 » du tank journalier, responsable de notre panne d’essence de l’autre jour. La trouver nous a pris beaucoup d’énergie et d’appels téléphoniques tous horizons mais presqu’un peu par hasard, nous l’avons découverte. Elle était bien cachée mais il ne faut rien démonter pour l’atteindre. Ouuuuuuuuuuf.

Comme nous étions encore dans le timing, nous avons été plonger à la « bouée du Club Med » (-20.80 m – 55’ – 26°). Toujours aussi sympa même si la visibilité n’était pas extraordinaire (mais à 5 – 6 mètres, on y voyait très bien). Hormis deux murènes, nous n’avons pas vu nos copains habituels mais quantité de crevettes et autres petits poissons multicolores.

A l’heure de l’apéro, nous avions Didier de « Laurence » et Edouard, son coéquipier. Nous avons passé une partie de la soirée à nous narrer nos problèmes techniques respectifs …

Jeudi 07 mars.

Journée très cra-cra avec pas mal de pluie.

Comme Ann avait un rendez-vous chez le coiffeur pour ses mèches, nous n’avons pas eu d’autre choix que de braver les éléments pour nous rendre au « Marin ». En attendant Ann, je suis tombé sur Franki  & Jos de « Monoï » qui m’ont fait part de leurs problèmes avec leur nouveau GE …

Il  a énormément plu durant la nuit.

Vendredi 08 mars.

Pas d’amélioration au niveau de la météo durant la matinée. En cours d’après-midi, nous avons eu droit à un mieux plus sec.

La grande particularité de cette journée a été le vol de l’annexe de « Laurence ». Notre pauvre Didier se trouvant du même coup, sans moyen de locomotion, nous l’avons aidé à aller au « Marin » pour faire sa déclaration de vol à la Gendarmerie et plus tard, à ramener à son bateau, la nouvelle annexe qu’il s’est vu contraint d’acheter.

Il doit encore maintenant récupérer son moteur d’annexe qui est en réparation depuis quelques jours. Le moteur qui équipait son annexe lors du vol, lui avait été loué …

Samedi 09 mars.

Météo superbe quoique venteuse mais superbe tout de même. Nous avons donc décidé d’aller plonger (-24 m – 61’ –  26°) à notre spot habituel mais en partant « épaule droite ». Et ce fut une fois de plus, l’émerveillement devant le spectacle qui s’offrait à nous. C’était comme si nous étions dans un aquarium géant ! Dans notre objectif, nous avons « pris » quatre tourteaux, deux petites langoustes et deux murènes.

Comme nous lisons énormément, j’ai commencé à  m’imaginer en cours de plongée, me retrouver dans un monde inquiétant baignant dans le brouillard où vivaient des créatures hideuses. Si nous avions rencontré l’un de ces monstres marins, qu’aurions-nous fait ? Beau sujet de réflexion à notre palier de sécurité (5’ à – 5m) …

Avec le recul, j’ai regretté de ne pas avoir profité de cette belle journée pour faire un tour en mer mais assez curieusement, nous étions tous les deux affectés par un sérieux mal de dos ! Si pour ma part, le sujet est très ancien, en ce qui concerne Ann, cela remonte précisément à notre arrivée sur « l’île Maurice ».

Nous étions amarrés le long d’un quai en pierre pour l’accomplissement des formalités douanières. En pleine nuit, nous avons été sortis de notre sommeil par les mouvements du bateau qui frottait dangereusement contre le quai suite à la survenance d’une grosse houle. En jouant « amortisseur » pour protéger le bateau , Ann s’est faite très mal au dos et depuis lors, connait des problèmes de dos que j’étais le seul à subir jusque là !!

Dimanche 10  mars.

Cela fait depuis de nombreux jours que le mouillage est très clairsemé et que du même coup, nous jouissons d’une quiétude merveilleuse à notre emplacement. J’ignore pourquoi mais ce dimanche, les « nuisibles » nous sont tombés dessus par vagues successives et à un moment donné, j’ai même dû donner de la voix pour éviter qu’une crétine ne vienne jeter l’ancre à une encablure de notre flanc bâbord ! A se demander ce qu’ils (elles) ont dans la tête quand ils (elles) sont derrière leur barre alors que le mouillage est un des plus grands que je connaisse.

Evidemment, si déjà, les loueurs prévoyaient un petit cours de « savoir vivre » à l’attention de leurs clients, nous y gagnerions tous énormément. Coup sur coup, nous avons eu droit à un voilier de location qui a tellement dérapé qu’il a bien failli entrer en collision avec un autre bateau et à un nageur inconscient d’un autre voilier de location qui a failli se faire scalper par un jet-ski qui l’a d’ailleurs copieusement engueulé.

Lundi  11 mars.

Ann a été voir l’ostéopathe de « Sainte Anne » qui lui a fait faire tout une série d’exercices qui l’ont soulagée mais aujourd’hui, c’était repos forcé pour elle. Pour ma part, je connais toujours de sérieuses douleurs dans le bas du dos au point que je me demande si je ne vais pas également devoir consulter l’ostéopathe ! Mais cela ne fait que trois jours que j’endure …

Le mouillage a retrouvé d’un coup, sa quiétude inhabituelle mais qui s’en plaindrait ?

Mardi 12 mars.

C’est un jour un peu spécial pour moi car c’est mon anniversaire … 64 ans ! Pour l’occasion, il me fallait trouver quelque chose « d’original » et j’ai donc choisi de passer ma journée … au lit ! En fait, ce n’était pas de gaieté de cœur mais le seul remède que j’ai trouvé pour me faire oublier mon mal de dos et espérer que cela irait mieux après cette journée de repos forcé.

Ludovic de « I.D.S. » est passé ce matin. Il était temps car notre groupe pissait de l’huile de toutes parts !! Nous avions dans nos pièces de rechange, un kit de joints à cet effet.  Si je n’en ai rien vu, Ann m’a raconté que pour arriver à remplacer tous les joints, il avait dû démonter quasiment tout  le GE !

Mercredi 13 mars.

Nous avons attendu une bonne partie de la journée, le passage de Christophe « le Belge » qui devait venir voir notre problème de jauge de carburant. L’excellente nouvelle fut que la jauge n’avait rien mais que par contre, elle était encrassée comme jamais je n’aurais pu le croire si je ne l’avais vu de mes yeux. Cela laisse malheureusement présager que le tank journalier est assez sale malgré ses filtres (!) et que l’opération devra sans doute être renouvelée dans le temps …

Nous en avons profité pour lui demander de remplacer notre Masterview Easy (instrument de contrôle placé sur le panneau de commande) par le nouveau que nous avions récupéré chez Pochon sa. C’était surtout la question de son calibrage qui nous inquiétait. En fait, il n’y a avait aucun calibrage particulier à réaliser mais Christophe a ajouté une « page de préférence » qui nous donne six informations sur une seule et même page. Un plus indéniable.

Jeudi  14 mars.

J’étais prêt à me défiler sous le moindre prétexte et l’état de mon dos (toujours un peu problématique) aurait pu en être un excellent mais Ann avait décidé de m’offrir comme cadeau d’anniversaire, une ballade en mer et aujourd’hui, toutes les conditions étaient réunies : soleil, mer belle et petit vent sympa. Difficile à refuser.

Nous avons donc levé l’ancre à 9.30 heures, pour « Roadnay Bay » (Sainte Lucie, l’île d’en face) soit 20 NM de « canal » souvent venteux et  agité. Mais cette fois-ci, le « canal » était calme et nous avons eu droit à un vent réel de 15 à 18 nœuds par un angle de +/- 90°. Nous avons donc hissé toute la toile.

Beaucoup de monde sur l’eau mais par bonheur,  nous n’avons pas été obligés de nous dérouter une seule fois !

Une fois à hauteur de « Sainte Lucie », nous avons décidé de retourner sur nos pas d’une part, pour profiter au maximum de ces conditions exceptionnelles  (on n’est jamais certain de quoi sera fait le lendemain quoi qu’en dise la météo) et d’autre part, parce que nous souhaitions passer une soirée en toute tranquillité et en toute sécurité.

Alors que nous pensions que le retour se réaliserait par un angle de vent de 80°à 90° (ce qui aurait été logique), nous avons eu droit à un près très, très serré qui ne nous a pas permis d’arriver au mouillage sans tirer un bord !

Le vent réel était tombé (!?) à 11 – 12 nœuds ce qui ne nous permettait pas de faire un près extraordinaire : + /- 7 nœuds dans l’eau par 35°- 40°.

Aux deux tiers du trajet, le vent réel est monté à 13-14 nœuds et le bateau a immédiatement bondi à +8  nœuds dans l’eau par 30°-32°. De surcroît, le vent adonnant, notre nouveau cap nous amenait droit sur l’entrée du chenal. Le pied.

Mais une fois arrivé à hauteur des terres martiniquaises, le vent s’est montré beaucoup plus capricieux et est redescendu à 11 -12 nœuds en devenant « refusant » !

A quelques encablures du mouillage, je ne suis pas parvenu à convaincre Ann de tirer un bord. A la suite de quoi, nous avons tout affalé et sommes rentrés au moteur. Il était 15 heures.

Au mouillage, nous avons repris notre place habituelle quoi que légèrement un peu plus en avant mais toujours résolument en dehors de la masse  … ce qui n’a pas empêché un crétin de petit  catamaran allemand « Vela » de venir jeter l’ancre sur notre bâbord, au crépuscule ! En cours d’après-midi, Ann avait réussi à faire fuir un Hollandais qui jetait l’ancre sur notre tribord ! Mais bon Dieu, est-ce si difficile de laisser à chacun un peu d’intimité !! A terre, ces mêmes personnes ne savent jamais comment ériger un mur de végétation assez haut et assez touffu pour s’abriter des regards du voisin …

 

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Samedi 16 février.

A l’occasion de mes petites baignades quotidiennes,  je suis le premier témoin de l’évolution des salissures sur notre coque et cette saison, notre antifouling (Trilux 33 de International) me semble nettement peu performant !!

N’ayant pour autant aucune envie de nettoyer notre coque tous les quinze jours, j’ai laissé aller et sans doute, j’aurais dû réagir un peu plus vite mais j’étais persuadé que seul le tiers arrière verdissait anormalement !

Je suis un peu catastrophé que nous ayons déjà dû procédé à un nettoyage de notre coque alors que je ne me souviens pas de l’avoir fait les saisons précédentes ! Généralement, ce nettoyage n’intervient qu’en mai,  juste avant de descendre sur « Trinidad » !

N’y tenant plus, je me suis lancé dans le nettoyage de la coque sous-marine en pensant que j’y arriverais seul en une plongée d’une bonne heure … c’est beau l’optimisme !

Dimanche 17 février.

Pour nous distraire … nous avons réalisé une plongée « originale » : – 3m – 41’ – 27°. Nous étions accompagnés par une multitude de petits poissons très attirés par tout ce qui se décrochait de notre coque dans un nuage d’antifouling blanc !

Il s’agit d’un travail beaucoup plus pénible qu’il n’y paraît au premier abord. Ann s’est ainsi essoufflée à deux ou trois reprises en ne parvenant pas à attacher sa ventouse ! En raison du vent, nous devons faire face à un petit courant de surface difficile à maîtriser.

Enfin,  le travail est fait mais pour combien de temps avant la nécessité d’un nouveau nettoyage (soupir) ????

Lundi 18 février.

Comme organisé fin de la semaine passée, nous avions rendez-vous avec notre frigoriste au quai du « chantier Carenantilles »  pour le remplacement complet de notre frigo de table de cockpit.

A 8.15 heures, j’ai voulu lancer le moteur pour relever une fois de plus, que nos deux batteries « moteur » étaient en rade ! Par chance, nous avons pu remédier à la situation grâce à la batterie du  groupe électrogène. Notre bateau a toujours été pensé de manière très pragmatique par le chantier Garcia.

Il ne faisait ni vraiment cra-cra, ni vraiment beau et le vent adonnait gentiment dans les +15 nœuds. Sous l’œil très curieux de nos voisins les plus proches, nous avons levé l’ancre et sommes partis plein pot vers le chantier.

A hauteur du chenal d’accès au chantier, j’étais plus stressé que j’aurais normalement dû l’être car je me doutais que nous aurions des problèmes avec notre réservation d’emplacement. Et bien évidemment, le bateau qui aurait dû partir, n’était pas parti en sorte que nous avons été contraints de trouver refuge dans la grande darse !

Il ne s’agit nullement d’une première au point de se demander si cela vaut la peine de réserver. Je suis toujours perplexe quand on nous affirme qu’un emplacement nous est réservé mais que l’on ne peut pas préciser celui-ci.

Si la grande darse valait mieux qu’un retour forcé au mouillage, l’endroit n’était guère propice pour y séjourner … notamment, en raison de l’absence de taquets ou de bittes d’amarrage !! L’amarrage du bateau restait donc plus qu’aléatoire. De surcroît, n’ayant pas bien calculé mon coup (nous aurions dû rentrer en marche arrière), le vent et la pluie, venaient de l’arrière …

J’avais relevé qu’un quai était occupé par un Ovni 43’ qui en squattait l’avant ! Il me semblait y avoir la place pour caser « S.A.S.³ » mais la responsable du chantier doucha mes espérances en m’indiquant que l’emplacement était réservé pour un autre bateau … apparemment, certaines réservations prévalent sur d’autres réservations !

Un peu plus tard, elle revenait pour nous dire que l’emplacement était finalement libre car son client avait indiqué (très tardivement) qu’il ne comptait pas venir …

En faisant déplacer l’Ovni 43’ vers le fond du quai, nous avions un superbe emplacement que nous nous sommes empressés d’occuper. N’étais-je pas en forme ou avais-je perdu la main mais ma manœuvre en marche arrière ne se révéla pas être un modèle du genre et encore un peu, notre aile arrière bâbord heurtait violemment le quai. Grâce au ciel, in extremis, je rattrapais le coup. J’ai connu des moments plus exaltants dans ma vie …

Par la suite, nous ne pouvions que nous féliciter de notre proximité avec la marina. Nous avons ainsi eu à bord, nos deux jeunes frigoristes puis Raymond de « Incidences » pour la prise de mesures d’un nouveau prélart de GV et enfin, Marcus de « Caraïbe Marine » pour le placement de deux nouvelles batteries Optima (batteries moteur).

Au point où nous en étions, j’en ai profité pour remonter en fin d’après-midi, notre penderie à cirés … démontée en son temps (!)  pour accéder plus facilement à la pompe de douche arrière.

Le soir, comme nous étions sur place, nous avions décidé de dîner en tête-à-tête au « Zanzibar » … du moins est-ce là où Ann se serait bien vue. Pour un dîner en amoureux, je lui ai préféré l’ambiance feutrée du « Mac Do » totalement désert à cette heure là ! Je me demande si ce n’est pas plutôt mon portefeuille qui m’a guidé vers ce choix …pour ma défense, est-il nécessaire de préciser que ma carte de crédit avait chauffé toute la journée !

Contrairement à nos habitudes, nous n’avons même pas allumé la télévision en rentrant à bord vers 21 heures !  Nous nous sommes contentés de nous installer confortablement dans notre cockpit pour lire.

Mardi 19 février.

Après le passage de Raymond de « Incidences » venu nous rapporter notre ancien prélart, nous avons immédiatement lâché les amarres pour … le mouillage de la baie « Sainte Anne ». Nous avions conçu le projet de nous rendre aux « Anses d’Arlets » voire même de pousser la chansonnette jusque « Sainte Lucie » mais devant une météo pluvieuse et surtout très venteuse, nous y avons rapidement renoncé.

Nous aurions pu reprendre notre ancien emplacement mais pour nous retrouver une fois de plus, cernés de tous les côtés par des crétins de tout poil, nous avons préféré jeter l’ancre à un jet de pierre en arrière de notre ancien emplacement … pour nous retrouver cernés quelques heures plus tard, par d’autres encore plus crétins ! Il n’y a rien à faire, nous les attirons comme des mouches.

J’ai beaucoup apprécié en fait, notre petit passage par la marina du chantier. Seul bémol … le vent n’y arrive que difficilement alors que par contre, nous avons eu le sentiment que les nuages de pluie s’y concentraient !

Mercredi 20 février.

On attendra encore avant de pouvoir bénéficier à nouveau, d’une météo « agréable ». C’est, malheureusement, plutôt un temps de saison avec un vent soutenu (20 à 25 nœuds) et donc beaucoup de fetch sur le mouillage. Les grains et la pluie se concentrent eux, davantage durant la nuit et en matinée. Ces conditions ne refroidissent cependant pas  les ardeurs de nos intrépides plaisanciers qui ne tiennent jamais en place.

Comme la semaine passée, nous sommes à nouveau dans le creux de la vague avec un mouillage fort clairsemé ! Le bon côté de la chose est que pour une fois, nous n’avons plus personne autour de nous depuis la fin d’après-midi … pourvu que cela duuuuuuuuuuure. On peut toujours rêver.

Loi des vexations oblige, l’alarme de la pompe de douche arrière s’est remise à beugler ce matin !!!!!! Le comble reste que cette fois-ci, plus rien ne semblait pouvoir la remettre en route !!

Au bord de la dépression nerveuse, malgré une centaine de neuvaines et alors que je demandais à Ann de nous réserver un avion pour « Lourdes » (F), je réussissais au prix de contorsions acrobatiques,  à retirer la pompe de son support. La trappe de visite est à peine assez grande pour laisser passer ma grosse tête …

Ce faisant, la cale que j’avais placée pour maintenir en position haute, le flotteur incorporé à la pompe, tombait … libérant du même coup le fonctionnement de la pompe !! Ce petit bricolage s’était avéré nécessaire pour pouvoir faire fonctionner la pompe en « mode forcé » mais par la suite, j’ai compris que lors du montage, je m’étais trompé dans mes connexions et que ceci expliquait cela.

Après avoir décidé dans un premier temps, de remettre au lendemain, nos courses au « Marin », le ciel se dégageant enfin, nous avons mis l’annexe à l’eau et nous sommes partis braver les éléments en fureur. Jusqu’au « Marin », nous avons joué à saute mouton avec les vagues mais au moins sommes nous arrivés le cul sec. Peu de personnes sur les autres annexes, pouvaient en dire autant …

En début de soirée et comme tous les jours, le vent se calmait un peu.

Jeudi 21 février.

Quand nous nous sommes réveillés et rendus compte que le vent soufflait toujours de manière aussi soutenue, nous avons très vite réalisé que nous ne quitterions pas le mouillage … alors que pourtant cela ne semblait pas poser problème à d’autres mais bon, il en faut pour tous les goûts.

Malgré notre envie d’aller plonger, ce foutu vent qui nous vrillait les oreilles, ne nous donnait aucune envie de bouger. Aussi, nous avons farniente toute la journée.

En milieu d’après-midi, nous avons eu la visite surprise mais fort sympathique, d’Alain de « Pulsion ». Il envisage de rentrer, en mai, en France avec son bateau car son épouse Catherine se détache de plus en plus du bateau.

Vendredi  22 février.

Bien que nous soyons vendredi, le mouillage continue de se clairsemer ce qui est assez étonnant. Par contre, à 3 heures du matin, nous avons eu droit à l’arrivée en droite ligne des îles du « Cap Vert » selon les infos données par Marine Trafic, d’un catamaran suisse de  35 mètres, Ciliam », que nous avons souvent vu en Martinique. Il avait jeté l’ancre un peu sur notre arrière bâbord.

A 11.45 heures très précisément, nous étions invités à l’apéro, sur « Laurence » de Didier & Yvette en compagnie de Luc & Brigitte de « Balaruc ». Nous avons pu relever en cette occasion combien on était protégé du vent et du fetch à la « Anse Caritan » … avec l’inconvénient que les bateaux sont les uns sur les autres à un point que même dans mes pires cauchemars, je ne pourrais imaginer.

En fin d’après-midi, profitant d’une accalmie toute passagère du vent, nous sommes partis au « Marin » avec au programme, le coiffeur pour moi et la pédicure pour Ann. Nous sommes rentrés au bateau avec les toutes dernières lueurs du jour.

Samedi  23 février.

Si nous avions pensé aller plonger, la force du vent entraînant un fetch important, nous en a dissuadé une fois de plus. «  Ce n’est que partie remise » comme on dit en ces circonstances mais cela fait une grosse semaine qu’il en est ainsi et je dois bien avouer que cela finit par me taper sérieusement sur le moral …

Consolation … le mouillage continue de se vider et nous bénéficions du même coup de beaucoup d’espace autour de nous. Mais alors que nous regardions paisiblement le magazine « 50’ Inside » sur TF1, deux catamarans venaient jeter l’ancre, en toute discrétion, nous enserrant dans un carcan !!!! Eh merde …

Dimanche 24 février.

Très tôt ce matin, nos deux emmerdeurs avaient levé le camp ! Bon débarras. En finale, nous étions seuls sur le mouillage … enfin, si on ne tient pas compte des +/- 200 autres bateaux qui nous entourent.

Côté vent … pas de changement ? Si, un petit changement  … il souffle encore un peu plus fort que hier (25 à 30 nœuds) ! De quoi vous dégouter pour la vie, des Antilles.

Le bon côté des choses c’est que le beau temps persiste en la même mesure que le vent.

Lundi 25 février.

Si on ne peut pas dire que le vent s’était quelque peu apaisé, il ne s’était pas renforcé non plus et comme les autres jours, il faisait dans l’ensemble, très beau. Nous avions donc décidé d’aller plonger (-21 m – 60’ – 26°) car cela commençait réellement à bien faire de ne plus quitter le bord.

Nous sommes étonnamment arrivés sans encombre jusqu’à notre spot favori de plongée … la « bouée du Club Med » et sur place, nous étions même étonnés qu’il n’y avait pas plus de vagues qu’à l’habitude !!

Bon, la prise de bouée fut le résultat d’un cafouillage sans nom mais il n’y avait personne pour rire de nous et une fois, bien amarrés (dans un premier temps et alors que nous pensions être amarrés, nous avons constaté que nous dérivions car notre amarre avait été passée dans une mauvaise boucle de l’amarrage …),nous avons pu nous équiper sans être chahutés.

Une fois la tête sous l’eau, un merveilleux monde sous-marin nous est apparu et nous avons encore pris plus de temps que d’habitude pour en apprécier toutes les beautés … nous ne sommes donc pas allés très loin. Malgré cela, nous sommes parvenus à débusquer pas moins de sept langoustes dont cinq dans le même trou , trois tourteaux et deux petites murènes bien dissimulées.

Je dois bien avouer qu’avec ma combinaison 2.5 mm, je n’ai pas spécialement chaud sans pour autant avoir froid mais je suis un grand frileux.

Nous en avons profité plus tard que l’annexe était à l’eau pour aller déposer les poubelles à « Sainte Anne ».

Mardi 26 février.

« Quand faut y aller … faut y aller ». Ann souhaitait faire quelques courses d’avitaillement et comme nous avions prévu de partir le lendemain pour les « Anses d’Arlet », nous n’avions pas le choix de postposer au lendemain.

Comme souvent, où nous avons le plus galérer, c’était à l’entrée du « Marin » ! Des vagues assez courtes et dures venaient en effet, frapper assez brutalement la coque en aluminium de l’annexe mais en réduisant un peu les gaz, on parvenait à passer.

Au ponton du « Leader Price », j’ai attendu sagement Ann qui était allée faire ses courses. Je vois défiler beaucoup de monde et je m’amuse énormément .

Un peu plus tard dans l’après-midi, Frank & Jos de « Monoï » venaient nous dire bonjour. Ils avaient pris livraison sur la Côte d’Azur, de leur nouveau catamaran (un ancien Lagoon 47’) avec lequel ils venaient de traverser l’océan Atlantique.

Si notre soirée s’était déroulée de manière parfaitement normale, juste avant d’aller nous coucher,  le ciel nous tombait sur la tête ! Cela a commencé par une panne généralisée de courant (absolument plus rien ne fonctionnait à bord) pour se conclure par une panne du GE !!!

Connaître coup sur coup, deux pannes importantes qui  n’avaient aucun lien entre elles, relevait d’une incroyable coïncidence.

Mercredi 27 février.

Si je suis parvenu à dormir d’un sommeil paisible, il n’en fut pas de même pour Ann … il faut reconnaître que même  les WC électriques ne fonctionnaient plus !

Si nous avions compté sur un passage rapide de Christophe « le Belge », nous en avons été pour nos frais puisqu’à 13 heures, il nous indiquait ne pas disposer d’une annexe pour venir jusqu’à notre bateau … seul Ludovic de « Inboard Diesel Service » avait répondu présent. Sans lui, je ne sais pas ce que nous aurions fait puisque toute l’hydraulique étant en panne, nous ne pouvions plus remonter l’ancre, ni même descendre l’annexe …

Comme par enchantement et sans rien avoir fait d’autre que de prendre la tension aux bornes des coupe-batteries électroniques du « parc service », tout s’est remis normalement en route !!!! Pour le GE, Ludovic a immédiatement diagnostiqué un problème au niveau de l’arrivée du fuel et en finale, c’était la pompe de gavage qui était responsable de nos ennuis. C’est incroyable mais il suffit que nous projetions de quitter notre mouillage pour qu’une tuile nous en empêche !

Jeudi 28 février.

L’heure de la maintenance (toutes les 250 heures) du GE ayant sonné, nous avons retroussé nos manches. Cela nous a pris plus de 3 heures de travail sans compter le grand nettoyage qui s’impose chaque fois après et la rédaction de mon rapport d’entretien.

Depuis le début, je tiens un cahier de maintenance très détaillé de toutes nos interventions pour en garder le souvenir. C’est bien pratique d’autant qu’avec le temps qui passe, on oublie énormément.

Après cela, nous nous sommes encore tapés le « Marin » pour y déposer nos huiles usagées et autres filtres.  Près de la Capitainerie, il y a un dépôt spécialement prévu à cet effet.

Le lendemain, nous partions  pour les « Anses d’Arlets » … 13 milles plus loin !

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Vendredi 01 février.

Journée courses au « Marin » où nous espérions pouvoir trouver un nouveau bac récupérateur des eaux de douche pour remplacer le nôtre qui fuitait de tous les côtés. Hélas et comme il fallait s’y attendre, nous avons fait chou blanc. En lieu et place, nous avons acheté un ensemble bac récupérateur/pompe/flotteur tout mignon mais peut-être un peu riquiqui pour notre bateau. Mais avions nous réellement le choix dès lors qu’il n’y avait que deux modèles dont l’un ne pouvait de toute manière pas convenir.

Un peu d’avitaillement au « Leader Price » et nous étions de retour à bord. Home sweet home.

Samedi 02 février.

Nous avons occupé notre journée à réfléchir si nous allions ou non installer notre nouveau bac récupérateur/pompe/flotteur pour en finale … opter pour conserver notre ancien bac récupérateur !

Nous avons alors démonté entièrement toute notre installation, nettoyé à fond chaque pièce séparément, réfléchi longuement à la meilleure manière d’assurer l’étanchéité de notre bac récupérateur pour, en finale … nous casser les dents sur les connexions électriques !!!! J’ai bien cru que je n’y arriverais jamais mais à force de persévérance, je suis parvenu à découvrir pourquoi cela ne fonctionnait pas.

Alors que tout était superbe, propre et net … nous avons compris que notre pompe de douche avait de sérieuses difficultés pour s’amorcer et cela malgré, le changement du clapet anti-retour défectueux !  Il était près de 19 heures quand nous avons donc pris la décision d’acheter dès le lendemain matin, une nouvelle pompe.

Dimanche 03 février.

Le dimanche, « Caraïbe Marine » est ouvert seulement le matin … juste le temps pour Ann d’aller échanger notre récupérateur/pompe/flotteur par une pompe de douche toute simple, sans flotteur incorporé sauf qu’en revenant au bateau, elle ramenait une 500W … au lieu d’une 800W !

Avant la fermeture, nous sommes retournés au magasin, cette fois à deux, pour voir si nous n’allions pas, en ces conditions, prendre la 1.100W ! Le choix était le suivant : 500W avec une puissance sans doute un peu faiblarde, 800W seulement en ensemble récupérateur/pompe/flotteur ou 1.100w pour un tuyau d’évacuation avec un diamètre plus important. Après moultes hésitations, nous sommes repartis totalement bredouille …

A l’apéro, nous avions Christian & Martine de « Tahaa Tiva ». Nous les avons rencontrés pour la première fois aux … « Tonga » (îles du Pacifique) et depuis lors, nous avons gardé fidèlement  le contact.

Lundi 04 février.

Si ce matin, une grande partie des bateaux désertait le mouillage et nous donnait du même coup, un bol d’air … il ne fallut pas attendre bien longtemps pour qu’ils soient remplacés par d’autres emmerdeurs encore plus « polluants ». Eh merde …

Comme il fait splendide, nous en avons profité pour aller plonger (-20 m – 56’ – 26°) à la « bouée du Club Med », notre spot super favori. A notre sortie de l’eau, un bateau de plongée avec sa cohorte de plongeurs débutants, avait pris l’autre bouée …

Même si la visibilité était relativement faible pour l’endroit, nous avons vu nos habituelles langoustes, murènes et tourteaux. Même si cela peut paraître monotone à la longue, le fait de devoir les chercher dans les trous les plus improbables, rend la « chasse » toujours aussi passionnante d’autant que le site est superbe.

Le soir, nous étions invités par « Tahaa Tiva » à aller manger de délicieux acras chez « Martine ». ll y avait foule ce jour là.

Mardi 05 février.

Chaque jour qui passe, voit mon envie d’aller voir ailleurs, fondre comme neige au soleil. Chaque jour qui passe, je trouve de nouvelles raisons de surtout ne pas quitter notre mouillage. Chaque jour qui passe, je me félicite d’avoir trouvé le paradis sur terre.

Bien entendu, je suis conscient que beaucoup doive nous critiquer de ne plus bouger, de ne plus naviguer, de ne plus partir à l’aventure mais à tous ceux là, je les invite à d’abord réaliser un tour du monde pour ensuite revoir la question. Quand on trouve SON « paradis sur terre », je ne vois pas pourquoi il faudrait le quitter si ce n’est pour mieux saisir l’étendue de la sottise de l’avoir quitté.

Le mouillage de la baie « Sainte Anne » en Martinique n’est pas  le « paradis sur terre » pour « monsieur tout le monde », loin de là. Il est notre paradis parce que nous sommes de langue et de culture française, que nous n’avons pas un voilier mais un luxueux appartement sur mer, que nous passons la période cyclonique à la montagne, que nous sommes plongeurs, que nous avons fait un tour du monde et que nous chérissons notre mode de vie actuel. De surcroît, la saison est exceptionnelle du point de vue de la météo.

Mercredi 06 février.

Le frigo de la table de cockpit ne donne pas le froid auquel nous étions habitués. Le problème n’est pas nouveau puisque déjà la saison passée, nous avons essayé d’y remédier avec Olivier mais pour charmant qu’il soit, le problème semble le dépasser. Nous nous sommes donc résolus à faire appel au grand spécialiste du froid du « Marin » qui refuse catégoriquement de venir à « Sainte Anne » ! Il nous faut donc impérativement aller avec notre bateau jusque là.

Comme nous avons connu une expérience désastreuse en voulant y jeter l’ancre, il nous faut soit un emplacement à la marina et de préférence avec un catway  soit une bouée. Ce fut le prétexte de nous rendre sur place pour en discuter avec les marineros.

Il ne fut pas aisé de les trouver (canal 9) et, apparemment, la veille du week-end n’est pas le meilleur moment mais bon, on verra bien vendredi …

Depuis deux jours, nous avons droit à un vent assez faible de sud en sorte que le bateau roule un peu mais par contre, il fait splendide. Est-ce pour cela ou non mais de manière tout-à-fait inhabituelle, nous n’avons pas subi en fin de journée, l’arrivée d’une nuée de « nuisibles ». C’est tellement déconcertant !

Jeudi 07 février.

Toujours un vent de sud … toujours une météo super agréable … juste un peu de roulis.

Comme la mer était calme, nous sommes allés plonger (-25 m – 62’ – 26° – 5’ à -3m) au « Grand Mur ». Pour être honnête et même si je savoure toujours autant le merveilleux paysage sous-marin, j’ai été un peu déçu car il me semblait que les coraux étaient plus abondants lors de notre dernière plongée.

Je dois bien avouer que j’ai été surpris par mes paliers obligatoires alors que nous avions justement décidé de plonger dans la courbe de sécurité (= sans palier obligatoire). J’ai une tendance naturelle à « descendre » et comme j’ai le nez plongé sur le sol à la recherche de l’insolite, je ne fais aucune attention à la profondeur …

Vendredi 08 février.

Aux petites heures du matin, nous étions prêts pour aller au « Marin » retrouver notre frigoriste sauf qu’avant de lever l’ancre, nous avons pris contact avec les marineros pour apprendre qu’il n’y avait pas de place pour notre bateau ! On s’en doutait un peu mais cela reste râlant car nous avons mal dormi pour des prunes.

Plutôt que de glander tranquillement, j’ai convaincu Ann de nettoyer avec du vinaigre blanc, le franc-bord du bateau. C’est toujours un travail aussi chiant bien que le plan d’eau était un peu plus calme que d’habitude.

Si la coque était très sale, assez étonnamment, il n’y avait que très peu de sel !! Par contre, le soleil tapant toujours aussi dur, nous nous sommes fait rôtir sur tranche alors que nous pensions stupidement être immunisés !

En début d’après-midi, nous sommes retournés à la marina pour tenter d’avoir un emplacement. Une réservation a été prise pour mardi prochain … sans que personne n’aie été en mesure de nous préciser quel serait notre emplacement !! Nous pensions prendre une bouée mais il semblerait que notre bateau soit à la fois, trop grand (évitage) et trop lourd.

Samedi 09 février.

Il y avait un peu plus de vent que d’habitude par contre, les connards de tout poil partis en cours de matinée, étaient aussitôt remplacés : nous sommes ceinturés de partout mais il faut bien comprendre que nous sommes ancrés au seul endroit où il est de bon ton d’être ancré …

Il ne me semble pas l’avoir constaté de manière aussi évidente les saisons précédentes mais les « crampons » de toute espèce sont légion cette saison ! Aurions-nous fait des émules ? Par ailleurs, j’ai constaté avec effarement que la grande majorité des bateaux du mouillage avaient tous un gros élastique attaché à leur poupe ! Comment expliquer autrement qu’à peine ont-ils quitté le mouillage qu’ils y reviennent encore plus vite ?

Le soir, nous avions le déplaisir de voir les bateaux de la régate engagés dans le tour de l’île, débouler sur le mouillage ! Grâce au ciel, il n’y avait pas beaucoup de vent en sorte qu’il n’y a pas eu d’accident mais parcourir le mouillage surencombré, sous voiles et de nuit, n’était pas des plus intelligent.

Dimanche 10 février.

Le vent soufflait sacrément fort avec pour résultat que le Feeling 486 français ancré depuis la veille, sur notre avant tribord, a commencé à déraper dangereusement sur le catamaran ancré juste derrière lui !

Alors que nous étions en train de nous demander s’il nous fallait réagir ou non, son skipper a finalement fait son apparition dans le cockpit. Malgré cela, il a encore pris une bonne demi-heure avant enfin de mettre son moteur et de lever l’ancre ! Il semblerait qu’il attendait Madame qui prenait tranquillement sa douche à l’intérieur …

Quand nous les avons vus partir pour « Fort de France », nous avons prié le ciel que leurs foutus copains à bord de leur Sun Odyssey 42.1 battant pavillon belge mais à coup sûr des « faux Belges », prennent le même chemin car ils n’avaient rien trouvé de mieux que de s’ancrer à proximité de notre orin (bouée qui signale l’emplacement de l’ancre)! Ce qu’ils firent deux heures plus tard.

Il y avait pas mal d’ambiance sur le plan d’eau avec le départ de la régate pour sa troisième et dernière étape.

Alors que nous nous félicitions de retrouver un peu de quiétude, c’est « Song » battant pavillon américain  à qui il prenait l’idée saugrenue de changer d’emplacement alors que le vent était trop fort pour manœuvrer seul son voilier ! Il s’est repris à plusieurs fois d’affilée avant de terminer par ancrer derrière nous alors que jusque là, il était toujours sur notre avant. En fait, j’ai constaté qu’il change souvent d’emplacement … encore un insatisfait perpétuel !

Lundi 11 février.

Avec un vent toujours aussi soutenu, nous n’avons pas eu le courage de descendre l’annexe et d’aller plonger. Aussi, nous avons farniente toute la journée sous un soleil de plomb.

La veille au soir tandis que nous étions distraits par un bon programme de télévision, un voiler australien n’avait rien trouvé de mieux que de s’ancrer le long de notre flanc bâbord. Grrrrrr.

Ce fut un grand soulagement de les voir partir en fin de matinée … pour être remplacé par un voiler français qui finissait par céder sa place à un catamaran français !!!!  En moins d’une journée, nous avons eu droit à trois crétins qui ont tous pris le même emplacement de mouillage !!!! Ils s’étaient donné le mot pour nous emmerder à tour de rôle et je ne vous parle pas du catamaran canadien sagement ancré derrière nous depuis quelques jours, qui n’avait rien trouvé de mieux que de venir s’ancrer péniblement sur notre avant tribord ! Mais Bon Dieu qu’est-ce que nous leur avons fait ?

Mardi 12 février.

Rien ne nous sera épargné ! Nous avions rendez-vous à la marina du « Marin » avec notre frigoriste pour remplacer le réfrigérateur de notre table de cockpit sauf que quand nous avons commencé à lever notre ancre … nous n’avions plus de barre !!!

Par bonheur, l’ancre n’avait pas encore décroché du fond en sorte que nous avons pu remettre  toute notre chaîne sans le moindre dommage. Rétrospectivement et alors que le vent soufflait à plus de 25 nœuds, nous avons imaginé la scène en plein chenal  … Christophe « le Belge » a eu beau  nous dire que les pilotes automatiques étaient toujours en état de fonctionner, je me voyais mal manœuvrer et prendre un emplacement en marche arrière en de telles conditions.

En catastrophe, j’ai été vérifié que le safran n’était pas bloqué et que l’ancre était toujours à sa place.

En finale, notre problème de barre n’était pas grave en ce que l’axe de barre s’était « bêtement » désolidarisé du secteur de barre ! En cause … un stupide écrou qui s’était fait la malle. Trois fois rien, une broutille …

Dans l’ignorance de l’importance de notre problème de barre, nous avions décommandé la marina et le frigoriste qui a malgré tout, envoyé deux jeunes techniciens pour se faire une idée plus précise du travail et ce fut une chance parce qu’ils n’ont pas voulu prendre la responsabilité de désolidariser la « cuve » de son support. A dire vrai, nous savions par avance que ce point allait poser problème mais nous pensions pouvoir nous en remettre à eux  … fatale erreur évidemment !

Une fois de plus, nous nous sommes retrouvés confrontés à devoir parer à un problème d’apparence insoluble … sauf à tout détruire. A la fin de la journée, après beaucoup de patience et d’opiniâtreté, la cuve bougeait un peu et s’était même laissée remonter de deux ou trois millimètres ! Victoiiiiire.

  1. Le « crétin n° 3 » a été remplacé en milieu d’après-midi par le « crétin n° 4 ». Plus nécessaire pour nous, de regarder « tournez manège » à la télévision …

Mercredi 13 février.

Ce matin, c’était le « grand exode » : le mouillage s’est littéralement vidé alors que le vent souffle depuis dimanche de manière assez soutenue !

On aurait pu se demander pourquoi nous avons couru jusqu’au « Marin » voir le frigoriste pour s’entendre dire que nous pouvions couper sans problème tous les tuyaux ou fils électriques qui nous embêtaient pour sortir la cuve … un simple appel téléphonique aurait suffi. Sans doute, avions nous espéré secrètement que le travail ayant été déjà bien entamé, notre frigoriste aurait préféré terminer la phase délicate. Désillusion d’autant plus totale qu’il nous a bien été spécifié que tant que la cuve ne serait pas sortie, il ne pouvait rien faire …

Comme il est toujours difficile d’avoir un emplacement à la marina du « Marin », nous en revenions à l’idée de jeter l’ancre dans la zone de mouillage comme tant d’autres le font ! Rien de tel en conséquence qu’une petite reconnaissances des lieux avec notre annexe munie de son échosondeur sauf que c’est bien évidemment quand on en a besoin … que l’appareil vous fait défaut : plus moyen de l’allumer !! Après avoir fait tester notre échosondeur chez « Diginav », nous avons acheté un nouveau fil d’alimentation …

De retour au bateau, Ann me signifiait qu’il ne fallait même pas en rêve, penser me saisir du plus petit tournevis ! Mais enfin bobonne …

Le soir, nous prenions l’apéro à bord de « Kythera » (Amel 54’) de Dirk & Greta. Très sympa comme soirée.

Jeudi 14 février.

Ce n’était plus ce matin, un exode mais carrément le « sauve qui peut » !!! Enfin, je me console car bientôt avec quelques autres bateaux, nous allons constituer « l’association des vieux crampons » et peut-être demander à l’Etat français, des allocations en le cadre de la restauration des monuments et des sites.

Pour notre « Saint Valentin », je me suis glissé dans ma salopette (super sexy …) pour dans un premier temps, faire faire des pompes à notre cuve. Jamais vu cela … à croire que cette maudite cuve était collée à son support ! En finale, c’est en établissant un palan prenant appui sur la bôme que nous sommes parvenus par petits à-coups successifs à extraire le bébé. Nous avons beaucoup regretté l’absence de Dirk qui dans une autre vie, était gynécologue.

Après ce véritable coup d’éclat, nous avons passé beaucoup de temps à tout nettoyer pour en finale, procéder à quelques petites retouches de peinture.

Jamais à court d’idées stupides, je me suis ensuite lancé dans le remplacement du fil d’alimentation de l’échosondeur de l’annexe. Assez étonnamment, je n’ai pas rencontré de problèmes particuliers !

Vendredi 15 février.

Nous sommes grands-parents pour la troisième fois … notre fille aînée a accouché d’un petit Gaspard. Grâce à la technologie et bien que nous soyons distants de plusieurs milliers de kilomètres, nous avons pu le découvrir comme si étions sur place. Merveilleux.

Comme notre frigoriste ne nous donnait plus signe de vie, nous avions décidé d’aller le voir au « Marin » et d’en profiter pour nous trouver un emplacement où il accepterait de venir travailler …

Nous avons sondé le mouillage des « grands bateaux » mais comme nous le pensions, il n’est pas aisé de trouver une profondeur raisonnable car on passe assez abruptement de -20m à -2m. Quant au mouillage situé du côté du chantier naval, il nous paraît trop encombré pour se risquer à y jeter l’ancre. Ce dernier mouillage correspond d’ailleurs mieux pour des bateaux de taille moyenne. Nous sommes certainement un peu frileux sur la question.

Nous nous sommes donc résolus à regarder du côté du chantier naval qui dispose de pas mal d’emplacements à quai. A cette suite, nous avons réservé pour lundi matin … reste maintenant à voir si notre frigoriste si sympathique pourra se libérer en conséquence ou s’il nous faudra attendre mardi  pour le voir!

Sur le mouillage de « Sainte Anne », les « nuisibles » de toutes espèces s’infiltrent de tous les côtés  comme un poison qui se répand. On ne les voit pas toujours arriver mais d’un coup, ils sont là tout à côté de vous ! Ils sont tellement heureux du mauvais coup qu’ils vous ont joué, qu’on se sent mal à l’aise de rouspéter.

 

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Mercredi 16 janvier.

Nous avions décidé d’aller plonger mais nous avons reçu le matin même, la réponse de « Kent Marine » (distributeur ne travaillant pas avec les particuliers) qui accordait – enfin – à notre revendeur, sa garantie « par geste commercial » (!) pour le remplacement de notre chauffe-eau défectueux.

Pour en arriver à ce résultat, il m’avait fallu en recourir à une nécessaire « petite mise au point » avec le rigolo qui gère le SAV chez « Kent Marine ». C’est le type de personnage qui pour se faire bien voir de sa hiérarchie, refuse systématiquement toute garantie sous les prétextes les plus débiles.

Bien évidemment, son « chef » s’est cru obligé de prendre la défense de son rigolo en des termes aussi inutilement méprisants qu’insultants à mon égard !! Ayant toujours eu les doigts de pied extrêmement sensibles … à la lecture de sa réponse, je suis sorti de mes gonds. A la suite de quoi, nous avons décidé prudemment de remettre notre plongée au lendemain … le temps pour moi, de lui répondre. En finale, mon courrier n’est jamais parti car je me réserve pour la prochaine fois … il faut préciser que ce n’est pas la première fois que nous avons eu à faire à ce petit rigolo.

Jeudi 17 janvier.

Encore une journée superbe … ce n’est pas encore aujourd’hui que nous allons quitter notre petit coin de paradis alors que la météo de « Sainte Lucie » ou de la « Dominique » est loin d’être aussi resplendissante !! Je sais que cela peut paraître tendancieux mais, en réalité, le sud de la « Martinique » profite d’un microclimat des plus agréable sans doute en raison de sa topographie particulière.

Comme convenu la veille, nous avons été plonger (-20 m – 63’ – 27°) à la « bouée du Club Med », notamment pour permettre à Ann de tester son tout nouvel ordinateur de plongée (G2 de Uwatec). Dès le départ, cela commençait mal … avant de mettre tout le matos dans l’annexe, nous avions oublié de paramétrer le manomètre de l’ordinateur ! Au spot de plongée, ce fut pire … pas moyen de lire les indications de l’ordinateur à cause du soleil et pas moyen d’enclencher le paramétrage indispensable !!

Sous l’eau, les informations affichées ne correspondaient nullement à nos attentes !

Et la plongée dans toute cela ?? Le site est toujours aussi magnifique pour qui sait prendre le temps de regarder mais nous devions avoir de la merde dans les yeux car, à l’exception d’une belle murène que je suis le seul à avoir vu, l’horizon était particulièrement  bouché !

De retour au bateau, nous nous sommes plongés dans nos modes d’emploi pour découvrir après quelques énervements que l’ordinateur était en mode « profondimètre » ou « apnée » et que dès lors, toute une série d’indications propres à la  « plongée bouteille », ne s’affichaient pas !!! Malheureusement, il nous a fallu attendre 48 heures (!) pour pouvoir passer au mode « scuba » …

Vendredi 18 janvier.

Nous sommes réellement gâtés par la météo … en trois saisons en « Martinique », c’est la première fois que nous voyons cela ! Un vrai temps de carte postale que nous avons mis à profit pour … farniente. C’est ce que nous faisons le mieux …

Mouais …  bon … ce matin, c’est encore l’alarme de la pompe de douche arrière qui nous a une fois de plus, vrillé les oreilles mais avec un peu de chance, Ann a trouvé ce qui clochait et empêchait notre pompe de fonctionner correctement : en cause, un surplus de silicone qui obstruait !

Nous sommes vendredi et donc, le mouillage a été pris d’assaut toute la journée par une myriade de catamarans et quelques « indésirables » comme ce Baltic 56’ norvégien « Alexine » qui est venu se coller à notre flanc bâbord. Enfin, au moins celui-là avait une jolie esthétique.

Samedi 19 janvier.

Superbe journée et aucune envie de bouger ! Il y a tellement toujours plein de petites choses à faire à bord …

Arrivée sur le mouillage de « Taboo » (goélette de 26 m) qui était déjà là la saison passée et qui a passé la période cyclonique chez « Peake » … un « VC » (voilier connu) quoi. Pour une fois, il s’est montré raisonnable en n’essayant pas d’aller jeter l’ancre au beau milieu de tout le monde comme la saison passée !

Dimanche 20 janvier.

Eh non … ce n’est pas encore aujourd’hui qu’Ann pourra tester son nouvel ordinateur de plongée bien qu’il soit « débloqué » depuis hier après-midi ! Non … l’alarme de la pompe de douche arrière s’est une nouvelle fois, remise à gueuler comme un putois comme elle le fait régulièrement depuis la mise à l’eau du bateau !!! Nous avons donc une énième fois, démonté la penderie à cirés et tripatouiller cette saleté de pompe … sans résultat probant.

Par contre, nous avons maintenant la confirmation que notre groupe hydrophore (pompe à eau) est bel et bien défectueux !

Autre réjouissance, la confirmation de la présence d’une fuite d’air à notre annexe ! Toutefois, nous avons découvert qu’en fait, notre réparation du 16.06.2015 (île Maurice) que nous pensions « à vie », ne l’était tout simplement pas …

Pour clôturer cette journée « technique », nous avons procédé à la vidange de l’huile du déssalinisateur. Une merveilleuse journée, en clair.

Lundi 21 janvier.

Ce matin et alors que nous l’attendions beaucoup plus tard dans la journée, Christophe « le Belge » venait voir notre problème de groupe hydrophore. Si j’avais eu peur que notre groupe fonctionne parfaitement juste pour sa visite, une erreur de manipulation des vannes peu de temps avant son arrivée, et nous n’avions plus d’eau du tout !!!! Cela ne fut pas une mince affaire de réamorcer le groupe hydrophore …

Quant à notre pompe de douche arrière … l’alarme s’est mise à hurler lorsqu’Ann a pris sa douche !! Notre bateau est maudit, ce n’est pas possible autrement.

Après notre journée merdique de hier et le passage de Christophe, nous n’avions plus le courage d’entreprendre quoi que ce soit. Nous avons donc farniente.

Mardi 22 janvier.

Bon … nous sommes totalement rassurés, le passage de Christophe n’a absolument rien changé à nos problèmes : le groupe hydrophore déconne toujours autant ainsi que notre pompe de douche arrière.

Nous avons retrouvé une « météo de saison » c’est-à-dire des grains et du vent ! Nous n’en pouvions plus de cette météo « carte postale » … trop c’était trop !

Comme nous n’avions pas pu plonger ce week-end … nous avons été plonger aujourd’hui à la « bouée du Club Med »: -31.30 m – 58’ – 27°.

Magnifique plongée avec la découverte d’un véritable monstre dans un trou ! C’est la première fois que je débusque un tourteau dans un trou alors que d’ordinaire, ils se cachent dans le feuillage d’un « hydraire arborescent » (?).

Au programme de la plongée : tourteaux et langoustes à gogo.

Le soir à l’apéro, nous avions le bonheur d’avoir Dirk de « Kythera » (Amel 54’) dont nous avions fait la connaissance à « Lanzarote » (Canaries) … en juillet 2011 ainsi que son coéquipier, Jo. Le monde est très petit et les « amitiés bateau » résistent très bien au temps qui passe.

Mercredi 23 janvier.

8.15 h du matin (je suis dans mon avant-dernier cycle de sommeil) … dring, dring, dring, dring, dring … Christophe de « Caraïbe Marine » à l’appareil : « vos batteries sont arrivées et il y a une place pour votre bateau, à notre ponton ! ». Comme de bons petits soldats, nous sautons dans nos shorts et je n’ai pas encore remonté ma braguette que l’ancre est levée et que nous sommes partis comme un pet sur une toile cirée, au « Marin ».

Notre bonheur est vite affecté par l’information qu’il y a déjà un Dufour 500 à notre ponton. En fait, il ne restait que 6 mètres de ponton pour caser les 20 mètres et les 40 tonnes de « S.A.S.³ » … une aberration  !

Ensuite, nous apprenons que nous devons apponter en marche arrière ce qui ne me plaît qu’à moitié mais bon, nous n’allons pas faire les chochottes quand on sait que nous attendons ces foutues batteries depuis mai 2018 …

Quand nous arrivons en vue du ponton, il y a deux annexes dans le chemin ! Si l’une a le temps de partir, pour la seconde, Christophe ne parvient pas à en défaire l’amarre … Tant pis, je suis engagé et pas question de stopper la manœuvre jusqu’à ce que … « BOUM » : le bateau est stoppé net et je valse en avant sur la barre à roue !!!

D’un seul coup, je deviens livide et je me sens mal.

Nous avons beau regarder de tous les côtés, nous n’avons rien heurté !!! J’entends quelqu’un qui me dit de faire marche avant et après quelques secondes de perplexité totale, je réagis enfin. L’échosondeur indique 2.70 m … à l’avant du bateau !

Alors qu’il nous avait été assuré que nous avions -3m d’eau au ponton, c’est notre safran qui en touchant le fond, a stoppé net le bateau alors que nous en étions encore éloignés de 3 ou 4 mètres !!!!! Avec un autre bateau, notre mèche de safran « suspendu » aurait été tordue …

En repartant vers le ponton fuel pour y faire le plein, en attente d’une solution, je suis contraint de passer la barre à Ann car je ne me sens pas bien du tout. Mais pour la manœuvre d’appontement, Ann me repasse la barre quelques minutes plus tard.  Par bonheur, j’avais récupéré !

Ann nous dégote une superbe place avec catway  (il n’y a quasiment aucun catway à la marina !) où nous sommes autorisés d’apponter pour la nuit. Ouf.

A peine amarré, Marcus et ses deux jeunes aides de « Caraïbe Marine » sont arrivés en poussant péniblement un chariot avec nos 12 batteries gel de 2V de 68 kg. chacune … Mais d’abord, il a fallu sortir les 12 anciennes batteries … un travail de titan que Marcus a réalisé pour ainsi dire seul !

Un très beau travail et une surprise de taille : la plupart de nos batteries avaient leurs électrodes qui sortaient comme des champignons en pleine éclosion tandis que la coque de la batterie ne présentait aucune boursouflure. Tout-à-fait surprenant.

Premier bémol : en manutentionnant une vieille batterie avec la drisse de spi, Marcus la laisse s’échapper et celle-ci  atterrit  violemment contre la coque … une chance que celle-ci soit solide !

Second bémol : on s’est tapé grain sur grain durant quasiment toute la journée. En début de soirée, cela s’est calmé.

Marcus n’était pas encore parti que Jean-Emmanuel de « Caraïbe Marine » venait à bord pour notre problème de groupe hydrophore et de pompe de douche. Après son passage, tout semblait fonctionner à nouveau normalement mais il était encore bien trop tôt pour crier réellement victoire. C’est d’ailleurs pour ce motif que nous avions décidé de passer la nuit, à la marina. De toute façon, nous n’avions plus le moindre courage pour retourner au mouillage de « Sainte Anne ».

Pour le groupe hydrophore, il était question de réglages et de pression du vase d’expansion. Pour la pompe de douche, Jean-Emmanuel avait découvert que la connexion électrique n’était pas franche !!!

Après cette journée éreintante, nous avons – enfin – pris notre douche et nous avions tellement faim que nous sommes allés dîner au « Kokoarum » situé sous la Capitainerie. Repas très correct, service rapide et surtout, beaucoup d’ambiance. Nous nous serions par contre, volontiers passés de la chanteuse et de son accompagnement mais bon cela meublait notre conversation : « Que dis-tu ? » « Parle plus fort avec tout ce boucan, je ne comprends pas un traître mot »  etc.

Jeudi 24 janvier.

J’ai personnellement passé une  nuit dégueulasse car orientés comme nous l’étions (cul au quai), l’air ne rentrait pas par nos capots de pont. Il faisait donc étouffant … et puis, cette impression insupportable d’être en cage.

Au matin, lorsqu’Ann a pris sa douche, l’alarme de la pompe de douche s’est mise en route. Par contre, quand j’ai pris la mienne, elle est restée muette ! Je suis convaincu que notre nouvelle pompe de douche est misogyne … je ne vois pas d’autre explication.

Nous avons donc rappelé Christophe qui a très vite déclaré forfait en prétextant ne pas avoir le temps pour poursuivre ses investigations … là, notre « petit génie » nous a quand même un peu déçu.

Devant quitter notre emplacement pour midi au plus tard, nous serions partis immédiatement mais nous avions devant nous, un voilier hollandais « White Dog » qui avait annoncé partir un peu avant midi. Alors autant attendre un peu …

Comme de bien entendu, un peu avant midi, il n’y avait personne à bord et le bateau n’était absolument pas prêt à partir … à certains comportements ,on reconnait souvent la nationalité. « White dog »  a finalement rejoint le mouillage de « Sainte Anne » qu’il était 14.45 heures …

Comme il ne nous bloquait pas à proprement parler, nous avons décidé de ne pas attendre plus longtemps. Lorsque nous avons voulu démarrer notre moteur, celui-ci n’a pas bronché tandis qu’un drôle de bruit se faisait entendre du côté des relais ! Après un petit moment de vraie panique, nous avons découvert que le rupteur de courant n’était pas enclenché à fond !! Le choc.

Au mouillage, un petit voilier norvégien battant pavillon de l’ARC, occupait notre emplacement !! Nous avons bien pensé signifié une déclaration de guerre à la Norvège mais nous y avons finalement renoncé et avons pris un emplacement plus en avant.

Vous expliquer le bien-être que nous avons ressenti depuis que nous étions à nouveau au mouillage, serait trop long mais nous continuons à penser que la marina n’est décidément pas faite pour nous.

Vendredi 25 janvier.

Journée de courses au « Marin ».

Samedi 26 janvier.

La journée « merdique de merdique » par définition avec les grains qui se sont succédés toute la journée et toute la nuit. Je ne vous parle plus de l’alarme de la pompe de douche … c’est d’un banal incommensurable. Pas plus que des connards qui doivent venir se coller à vous pour être heureux … d’un banal incommensurable, une fois de plus.

Et malgré tout cela, une superbe journée à nous deux.

Dimanche 27 janvier.

Il ne faut jamais abuser des bonnes choses comme des journées « merdiques » et pourtant, c’est ce que nous avons fait.

Mais qu’avons nous donc fait au bon Dieu ? Cela a pissé toute la matinée, en fin d’après-midi et en soirée. C’est bien simple, le niveau de la mer a monté d’un bon 50 cm ! Nous avons donc farniente plus contraints et forcés qu’autre chose.

Lundi 28 janvier.

J’ai été sorti du lit par Ann excitée comme une puce par la vue d’une grosse annexe en train de se balader toute seule. Rien de très extraordinaire … vous en conviendrez aisément. Enfin … bon … Madame ne tenant plus en place … nous avons donc mis l’annexe à l’eau pour courir sus au « bateau en détresse ».

Alors que nous étions en pleine manœuvre de mise à l’eau, une autre annexe est passée non loin du bateau. Pas moyen de la calmer, il a fallu qu’elle lui fasse de grands signes. Imaginez la scène : le pauvre type qui retourne tranquillement retrouver bobonne tandis qu’une folle, les nichons à l’air, lui fait un moulinet des bras.

Proche de la crise d’apoplexie, le brave gars s’est approché de notre bateau, ne comprenant pas un traître mot de ce que lui racontait Ann … moi pendant ce temps là, je m’occupais de faire descendre l’annexe en faisant remarquer à ma tendre épouse qu’elle était à moitié à poil ! Oups !

Un peu remis de ses émotions, le brave gars est allé chercher l’annexe baladeuse mais au lieu de nous la ramener, il est parti à son bateau situé plus loin sur notre arrière. Sur ce, nous l’avons pris en chasse avec notre annexe …

De retour à notre bateau, sans l’annexe baladeuse, nous prenions conscience que cette dernière appartenait au catamaran ancré un peu plus loin devant nous ! Nos voisins découvrant que leur annexe s’était faite la malle, étaient en train de remonter leur ancre en catastrophe …

Ma folle (un peu plus habillée) s’est précipitée à la proue du bateau pour leur faire de grands gestes de bras. Par bonheur et avant que tout le mouillage ne s’affole, ils la virent et comprirent son message … Ouf.

Aux grands maux … les grands remèdes, rien de tel qu’une bonne plongée pour calmer les ardeurs de mon épouse. Nous sommes donc partis au « Grand Mur » : -40 m – 58’ – 26° – 6’ à -3m.

Les 6 ou 7 murènes que nous avons vues, étaient toutes très bien cachées mais elles n’ont pas échappé à l’œil aiguisé d’Ann.  Nous avons également dégoté deux langoustes dans un même abri, une petite sole à pointes bleues et deux grosses étoiles de mer. En d’autres lieues, je dirais que la sole et l’étoile de mer sont très communes mais, ici, c’est la première fois que j’en vois !

Malgré  une journée déjà bien remplie, nous nous sommes mis en devoir de refaire la réparation à notre annexe qui avait pourtant si bien tenue jusque là !

Mardi 29 janvier.

Pas question d’utiliser notre annexe puisque notre collage de la veille, nécessitait de 48 à 72 heures (suivant les modes d’emploi) de repos total !

Nous en avons profité pour faire de « l’administratif » … par bonheur, il faisait beau et calme.

Mercredi 30 janvier.

C’est décidé … je vais procéder au remplacement de notre pompe de douche arrière ! Nous avons consulté Nostradamus, les astres, le mare de café et la boule de cristal de Madame Irma et tous les indices convergent vers un problème d’amorçage de la pompe !! Je sais que cela peut paraître incroyable pour une « pompe de cale » mais il n’y a pas d’autre explication.

Grâce au Ciel tandis que nous étions en train de déjeuner, Ann prenait  l’initiative de sortir de notre coffre des pièces de rechange, notre pompe de secours achetée en décembre … pour relever avec effroi qu’il s’agissait d’une 12V alors que le bateau fonctionne en 24V ! Sans cette initiative, j’aurais commencé par tout démonter avant de prendre conscience de notre méprise …

Consolation (?) au cours de ma petite natation quotidienne, j’avais le plaisir de voir évoluer une raie aigle d’environ 1 mètre d’envergure. C’est la seconde ou la troisième fois que je la vois à hauteur de notre chaîne d’ancre. Magnifique.

Jeudi 31 janvier.

Il s’agit d’une de ces journées pour laquelle la météo prévoit de « rares averses ». En clair, cela pisse toutes les cinq minutes soit le temps nécessaire à chaque fois, d’essuyer consciencieusement les coussins du cockpit. Une chouette journée, quoi.

Notre délai de 72 heures pour notre annexe, prenait à fin … 16.45 heures ! Vu la belle météo dont nous jouissions, de toute manière nous n’avions aucune envie de batifoler sur l’eau. La mise à l’eau de notre annexe était donc remise au lendemain.

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Publié par : Ann & Stéphane | 19 janvier 2019

01 au 15.01.2019 – Retour en Martinique.

 

Mardi  01 janvier.

Pour un « jour de l’an », nous avons été servis … bruine, pluie et grains à volonté, toute la journée. Cette baie est maudite ce n’est pas possible autrement.

La journée aurait même été franchement moche si nous n’avions pas eu un gros trafic qui m’a distrait agréablement. Parmi les pièces importantes, « Omega » (80,49 m) qui me conviendrait bien pour mes vieux jours puis en fin d’après-midi, un gros bateau à moteur dont il nous a été impossible de lire le nom (!!!)  bien qu’il soit venu planter son ancre juste sur notre arrière … et un CNB 76’ battant pavillon hollandais qui n’a rien trouvé de mieux que de venir en parallèle à nous … Ann m’a fait remarquer  que je ronchonnais nettement moins lorsqu’il s’agissait de grands bateaux ! Serais-je devenu snob avec le temps ???

Comme cela faisait déjà plusieurs jours que j’avais la nostalgie de la baie « Sainte Anne » (Martinique),  je serais bien parti le jour même comme d’autres mais devant la météo exécrable et l’heure tardive de notre réveil, le projet fut remis au lendemain.

Mercredi  02 janvier.

Avant de partir, je me suis habillé de pied en cap (pantalon et veste de ciré + bottes). Le résultat parfaitement prévisible, fut que nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie … vous noterez que je n’ai pas osé me déshabiller avant d’être arrivé !

Réveillés à 6 heures, nous quittions le mouillage (GV à 2 ris) pour 6.30 heures … au moteur, faute de vent. Nous avons ainsi descendu toute la côte jusqu’au « canal » où nous avons trouvé un vent réel de 18 à 23 nœuds dans le secteur 60° à 70°. Autant dire que cela déménageait à +10 nœuds. Par bonheur, la mer était un peu moins agitée qu’à l’aller.

Durant toute la traversée, un essaim de sternes nous tournaient autour comme si nous étions un bateau de pêche !! Ces sales bêtes virevoltaient de si près que plus d’une fois, j’ai cru que nous allions entrer en collision. En tant que tel, il n’y aurait pas eu de mal si seulement elles ne chiaient pas à tort et à travers … Etonnamment, nous avons connu le même phénomène lors de la traversée en sens inverse.

Alors que je pensais que nous aurions à mettre le moteur une fois protégés par la côte martiniquaise, le rêve s’est poursuivi avec un vent réel de + /- 15 nœuds jusqu’à l’immense baie du « Fort de France » … à l’exception d’une mini période de 25’ de moteur.

Une fois à hauteur de la baie, ce fut une autre paire de manche avec un vent plus fort et irrégulier mais surtout, au près serré ! Cela m’a d’ailleurs obligé à prendre la barre si je souhaitais conserver une vitesse de 8 à 9 nœuds … et éviter de nous faire dépasser par un catamaran qui longeait la côte jusque là. Une fois que je l’avais vu, il n’était plus question pour moi que d’arriver de l’autre côté de la baie, avant lui.

S’il était difficile d’évaluer nos vitesses respectives puisque nous étions fort éloignés l’un de l’autre, au fur et à mesure de la traversée, le catamaran se rapprochait de « S.A.S.³ » (un cata ne sait pas remonter au vent) au point que nous nous sommes retrouvés quasiment bord à bord !

Nous étions sous son vent mais pour mon plus grand bonheur, « S.A.S.³ » est parvenu à faire la différence en sorte que notre adversaire coupait notre route loin …  sur notre arrière.

A hauteur de la « Petite Anse d’Arlet » (où il y avait foule), le vent a commencé à devenir très capricieux en sorte qu’en vue du « Diamant », nous avons affalé la GV et terminer notre navigation, au moteur. Nous étions trop pressés par le temps pour commencer à tirer des bords …

Nous sommes arrivés à notre mouillage, à 17 heures précises … ce qui nous a donné le temps de jeter l’ancre, de vérifier sa bonne tenue et de mettre de l’ordre sur le pont. Je revenais de ma petite vérification qu’un voilier jetait son ancre juste sur notre arrière !!! Un peu plus tard, c’est un catamaran qui venait ancrer sur notre avant tribord !!! On les attire comme des mouches, c’est pas possible autrement. Serions-nous, sans le savoir, une sorte « d’aimant marin » ?

Notre petit apéro a eu le don de mettre au jour, notre fatigue . C’est donc crevé, mort que je me suis mis au lit après le JT de TF1.

Jeudi 03 janvier.

Manifestement, quelqu’un a retiré ce matin, la bonde de l’évier car en un temps record, le mouillage qui m’avait semblé « bondé » la veille, est devenu beaucoup plus clairsemé. Peut-être l’approche de la fin des vacances scolaires en est il la cause. Le très bon côté de la chose est que notre horizon s’est considérablement agrandi avec le départ de quasi tous nos voisins proches. Mouais … il n’aura pas fallu longtemps avant que nos voisins soient remplacés par d’autres encore plus collants ! Mais chuuut … restons Zen ! On ne s’énerve pas, on reste tranquille, on prend la position du Lotus et on rentre en méditation … on expire lentement et à fond … et on respire  … on expire lentement et à fond … et on respire.

Je l’avais constaté quand nous étions encore à « Portsmouth » (Dominique) mais cela se confirme depuis notre retour en « Martinique » : les heures s’écoulent avec une lenteur désespérante en dehors de la baie « Sainte Anne » ou au contraire, elles filent comme l’éclair ! Notre séjour en « Dominique », bien que très agréable, m’a semblé duré toute une vie …

Vendredi 04 janvier.

Nous le savions, nous le redoutions mais il fallait en passer par là : c’était l’heure de l’entretien de notre GE (+/- 4 heures de travail). Mais avant … nous avons fait la nique au crétin qui n’avait rien trouvé de mieux que de venir la veille, mouiller son ancre le long de notre bâbord !  Le con nous avait fait croire ce matin qu’il partait en retirant son diabolo … mais c’était pour mieux le réinstaller ensuite. Grrrr.

De toute manière je n’aimais pas comment notre ancre avait croché le fond (trop en biais  et pas assez enfoncée) et je n’aimais pas non plus notre emplacement que je trouvais trop en arrière du mouillage (depuis le temps, j’ai fini par trouver mon endroit « idéal »). En conséquence, nous avons levé l’ancre et sommes allés la planter une bonne centaine de mètres devant lui. Je n’ai pas regardé sa tête mais j’espère que le message était assez clair …

Au cours de ma natation quotidienne, j’ai revu mon ami « Toto » , un barracuda d’un petit mètre qui monte de temps en temps la garde sous la coque du bateau ! Mais le plus incroyable c’est qu’il a bougé avec le bateau car je l’ai retrouvé à notre nouvel emplacement ! Il n’est pas rare que nous ayons un barracuda qui monte la garde sous la coque. Ce n’est pas propre à la « Martinique » mais plutôt au bateau !

Je n’ose pas l’écrire mais nous connaissions le beau temps en quittant la « Martinique » et nous retrouvons le beau temps en même temps que la « Martinique » … « micro climat » ?? En tous les cas, en « Dominique »,  c’est certain : il y a un « micro climat … pluvieux ».

Samedi 05 janvier.

En revenant d’avoir été faire les courses au « Marin », nous avions la désagréable surprise de constater  que « Space Between » (catamaran américain que j’exècre) était revenu de la marina du « Marin » pour jeter cette fois-ci, prudemment l’ancre bien loin derrière nous. Voilà ce que c’est les réseaux sociaux … Ann ne s’était pas gênée à l’époque, d’en dire tout le bien dont nous en pensions quand il avait planté sa barcasse juste sur notre avant tribord pour ensuite, l’y abandonner ! Je ne vous raconte pas le raffut que cela avait provoqué … il faut savoir que tous ces Américains ont créé un site propre à la baie « Sainte Anne » !

Nous avons l’affreux sentiment que « Space Between » est du genre à prendre racine à la baie « Sainte Anne » … un concurrent, en d’autres termes , pour le rôle de « bateau-phare » de la baie que nous jouons depuis trois saisons. De surcroît, mon regard peut porter dans n’importe quel azimut, je tombe toujours sur un voilier américain à un tel point que j’ai bien envie d’écrire au Président Trump pour lui demander de construire un autre mur pour éviter que ses concitoyens ne s’évadent dans les Antilles …

En allant ce matin, chez mon coiffeur, j’ai appris que je faisais dorénavant partie des « tamalous » !! Il est vrai que quand je rencontre quelqu’un de mon âge, la question qui revient habituellement, est « tu as mal où ? » … enfin, quand je parviens à entendre la question ! Articule … je n’entends pas !

Dimanche 06 janvier.

Depuis le nettoyage « mortel » de notre machine à pain, nous avons évidemment dû en changer. Meilleure recette ou meilleur appareil, Ann nous fait un pain splendide tous les deux jours depuis lors ! Fini la bonne baguette française et les couques aux raisins mais c’est bien meilleur pour notre ligne.

Nous sommes gâtés par la météo (plein soleil) ces derniers jours … même si de temps en temps, nous devons faire face à un grain. Nous en avons profité pour aller plonger (-30m – 60’ – 27°) à la « bouée du Club Med », notre spot fétiche. Même si nous avons vu langoustes, murènes et tourteaux, ces derniers se font plus rares ou surtout, plus discrets ! Non seulement, il ne faut pas avoir les yeux dans les poches mais surtout, il faut savoir chercher au bon endroit et avoir un peu de chance …

Malgré cela, nous sortons toujours la tête de l’eau plus émerveillée que la fois précédente ! Nous prenons tout notre temps pour laisser notre rétine s’imprégner de décors magnifiques en des conditions de plongée, très, très cools. Ce n’est certainement pas la Mer Rouge mais il n’empêche que cela en vaut largement le détour si vous ne partez pas avec des a priori négatifs.

Après la « pause lecture »  incontournable, je me suis contraint au changement de l’huile de notre compresseur de plongée ce qui suppose, au préalable, de le sortir de son caisson isophonique … J’en ai profité pour remplacer la cartouche du filtre.

Lundi 07 janvier.

Journée de farniente, au soleil, dans notre généreux cockpit. Que vouloir de plus ou de mieux ?? J’en ai malgré tout profité pour réparer le faux contact dans notre éclairage LED de bôme. Il était impossible de voir que le fil électrique était abîmé dans sa gaine et c’est bêtement, en voulant dénuder son extrémité, que le fil s’est cassé, révélant du même coup, sa faiblesse.  

Mardi  08 janvier.

Journée de courses au « Marin ». L’annexe était pleine … 40 litres d’huile moteur, 20 litres d’eau glycolée, 6 mètres de tuyau transparent etc. etc.

Mercredi 09 janvier.

Il fait toujours magnifique que cela en est à peine croyable … et de surcroît, le vent était faible aujourd’hui. Nous ne pouvions pas … ne pas aller plonger sur le « Petit Mur » (-27m – 40’ – 27°). Nous avons vu pas moins de six langoustes (de véritables monstres marins) à une profondeur inhabituelle que je n’indiquerai pas car je ne souhaite pas que l’information profite à des braconniers ! Je me pose pas mal de questions quant à la disparition mystérieuse de tous nos petits copains.

Malheureusement, nous avons dû écourter la plongée parce que le détendeur d’Ann prenait l’eau en lui provoquant un petit essoufflement ! J’ai eu quelques sueurs froides pour elle  …d’autant qu’elle me l’a signalé (fort tardivement) alors que nous étions assez éloignés de l’annexe !

A la mise à l’eau, nous sommes tombés sur une petite tortue qui se promenait tranquillement. Superbe.

Jeudi 10 janvier.

Nouvelle journée de farniente. Dans le tréfonds, je serais assez tenté par une petite navigation jusqu’à « Marigot Bay » (Sainte Lucie) et retour, le surlendemain mais j’ai trop peur de perdre notre excellente place au mouillage ! Assez étonnamment, nous sommes ceinturés à distance parfaite, par d’autres bateau-phare (!) qui font en quelque sorte « barrière » contre d’autres intrus mais, bien entendu, la « barrière » pourrait très bien ne plus être étanche…

Le seul petit bémol c’est qu’avec un vent faible de SSE, le mouillage a une légère tendance à être rouleur.

Vendredi 11 janvier.

On roule toujours mais cela reste très « acceptable » même si nous serons heureux quand cela prendra fin lorsque le vent tournera plus E … ce qui est prévu pour la fin de journée. Le ciel est également plus couvert et ce matin, nous avons même eu droit à une grosse drache.

Pour le surplus, les « crampons » sont toujours aussi nombreux autour de nous et nous avons même un nouveau crétin venu nous barrer notre horizon sur l’avant. Il faut reconnaître qu’il est plus facile de venir se coller comme une sangsue à un bateau déjà mouillé que de jeter l’ancre au milieu d’une immensité aquatique. Par contre, nous avons « G Force » (32.90m), ex « Gitana », maxi multicoque ayant participé au Trophée Jules Verne et reconditionné pour le charter en 2014, qui est venu mouiller juste derrière nous. Je le trouve splendide et sa présence est très agréable.

Le soir, je me suis laissé prendre par une série policière (Chérif) sur TF1 et j’ai été me coucher à près de 2 heures du matin ! Oh !

Samedi 12 janvier.

Alors que le bateau a roulé durant toute la nuit, ce matin, après encore quelques hésitations, le vent a finalement tourné plein E et enfin, nous avons cessé de rouler. Ouf.

Alors que nous étions dans le cockpit à partager notre temps entre lecture et « conciergerie », l’un de nos « crampons » s’est littéralement volatilisé sous nos yeux ! Incroyable … il était là et puis tout d’un coup … pffft plus de bateau !!! Nous ne l’avons pas vu préparer son départ, nous ne l’avons pas entendu remonter son ancre, nous ne l’avons pas vu passer devant le bateau pas plus que nous ne l’avons vu s’éloigner … pffft !

Dimanche 13 janvier.

Il faisait toujours magnifique (ce qui est inhabituel pour la saison) malgré un vent un peu plus soutenu que la veille. Pas question donc de nous dérober à notre plongée dominicale même si à chaque fois se pose la question de savoir si on ne préférerait pas continuer à se laisser absorber par son bouquin …

Nous avons été plonger à la « bouée du Club Med » parce qu’il y fait toujours plus calme et que si Ann devait encore avoir un problème avec son détendeur, nous y serions plus à l’aise.

Ce fut LA plongée à ne pas manquer (mouais, on pourrait dire cela de toutes nos plongées …) : -20 m – 61’ – 27° avec langouste, tourteau, murènes et … poulpe !  Il était splendide, posé sur le sol à côté d’un bloc de corail comme s’il en faisait partie à tel point que j’ai bien failli m’y laisser prendre ! Malheureusement, ces animaux sont cardiaques et jouer avec eux n’est certainement pas quelque chose à faire.  Nous l’avons revu au retour de plongée … toujours au même endroit, preuve que nous ne l’avions pas trop dérangé.

Même si sa rencontre n’est pas exceptionnelle, on voit peu de murènes javanaises … à moins qu’elles se cachent mieux que les petites murènes tachetées. Celle-ci  est sortie de +/- 50 cm après le passage d’Ann au-dessus de son trou au point que je me suis demandé si elle voulait l’attaquer !  Elle était superbe et gardait étonnamment la gueule fermée. Elle est ensuite redescendue tranquillement dans son trou et elle a disparu à ma vue !

Lundi 14 janvier.

« Isadora » qui nous barrait stupidement l’horizon sur notre tribord avant, est enfin parti ce matin. Bon débarras. La météo est  … il est peut-être mal venu d’en parler, cela porte malheur … mais c’est le paradis sur terre ! Avec tout cela, je n’ai plus très envie de mettre les voiles et d’aller voir ailleurs …

Mardi 15 janvier.

Ayant découvert que le tuyau MP (moyenne pression) de ma stab de plongée était fort endommagé à l’endroit de son sertissage, nous nous sommes résolus à louer une voiture pour nous rendre au magasin de plongée « Madinina » situé à l’intérieur des terres. Nous avions bien essayé, la veille, le magasin de pêche/plongée du « Marin » mais leur «« expert plongée »» avait vite décrété qu’il ne pouvait rien faire après nous avoir soutenu le contraire, au téléphone …

Nous en avons profité pour acheter à Ann, le tout dernier modèle de l’ordinateur de plongée d’Uwatec (le G2) en remplacement de son Smart Com déclaré « irréparable ». Je regretterai ce bon Smart Com car il permettait de modifier aisément son niveau de sécurité (augmentation des paliers obligatoires) et ainsi de provoquer quelques surprises auprès de mes élèves qui avaient l’imprudence de ne pas me demander si je n’avais pas de palier obligatoire avant de sortir la tête de l’eau …

Le centre commercial « Genipa » étant sur le chemin, nous nous y sommes évidemment arrêtés pour faire des courses.

Le soir, nous recevions à l’apéro, le double équipage de « Louise » (72’) mouillé un peu plus loin sur notre arrière. Le voilier était arrivé la veille alors qu’il faisait déjà nuit et nous avions été très surpris par la présence totalement inhabituelle, de feux de navigation supplémentaires à l’extrémité des barres de flèches du premier étage !!!

Le propriétaire de « Louise », absent, est un ami d’enfance d’Ann. En fait de « double » équipage, il s’agit de l’ancien équipage qui quitte le bateau à la fin de la semaine et le nouvel équipage qui se familiarise doucement avec sa nouvelle unité.

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Publié par : Ann & Stéphane | 3 janvier 2019

23 au 31.12.2018 – Sans en avoir l’air, cela bouge !

Dimanche 23 décembre.

Profitant d’une matinée plutôt belle, nous avons pris la clef des champs pour échapper à l’étouffeur de la « baie Sainte Anne » ! En très peu de temps, nous nous sommes vus encerclés de toute part par des Américains dont le sans-gêne est légendaire. Le dernier en date, « Space Between » n’avait rien trouvé de mieux que de venir planter son catamaran juste sur notre avant tribord (sur notre ancre….) et de quitter son bateau pour plusieurs jours, sans autre forme de procès.

Notre escapade du jour devait nous mener jusque « Saint Pierre » situé au nord de la Martinique (29 NM) .

Partis pour 9.30 heures, la GV était hissée (1 ris) pour 10 heures. Comme d’habitude, le vent soufflait imperturbablement de la « baie Sainte Anne » vers le « Diamant » c’est-à-dire que nous l’avions dans le dos … sans oublier une belle houle poussant notre tableau arrière. En ces conditions, nous marchions au moteur avec une moyenne dans l’eau, d’un bon 10 nœuds.

Les 10 milles jusqu’au « Diamant » furent avalés en 1 ½ heure , après quoi nous avons marché à la voile quasiment jusque « Saint Pierre ». Evidemment, il s’agissait d’un vent de terre et donc, il était souvent irrégulier et imprévisible. Il fallait de temps en temps avoir le cœur bien accroché parce qu’il pouvait monter haut dans les tours pour se calmer très peu de temps après !

Alors que nous traversions la profonde baie de « Fort de France », nous avons croisé à une dizaine de mètres sur notre tribord, un cachalot !!! Alors que nous poursuivions notre route à plus de 10 nœuds, je l’ai vu s’arrêter, faire demi tour et  lever le « museau » en regardant dans notre direction !!! J’avoue que je n’étais pas spécialement à l’aise à l’idée qu’il veuille jouer avec nous …

C’est avec soulagement que je vis qu’il se décida à faire une pause en surface … pour ne plus l’apercevoir par la suite.

En arrivant sur le mouillage de « Saint Pierre » pour 13.50 heures, nous avons eu droit à une alarme « niveau de liquide de refroidissement du moteur » auquel pour une fois, nous nous attendions car en changeant de chauffe-eau, nous n’avions pu remplir correctement le réservoir (présence de bulles d’air).

A mon plus grand étonnement, il y avait tout au plus cinq petits voiliers et un catamaran. En soirée, nous étions tout au plus une dizaine c’est-à-dire personne ! C’était tellement bon d’enfin pouvoir mouiller son ancre sans vis-à-vis que j’ai bien été tenté d’y passer une seconde nuit. L’eau y était d’une douceur exceptionnelle.

Au  JT de 20 heures de TF1, nous apprenions le tsunami qui venait de dévaster le « détroit de la Sonde » situé entre « Java » et « Sumatra » en Indonésie (nous avons emprunté ce détroit pour rejoindre l’Océan Indien) . Le reportage expliquait qu’aucune alerte n’avait été possible car il s’agissait de l’effondrement d’une paroi du volcan localisé entre les deux îles. Les victimes avaient été surprises dans leur sommeil et pour illustrer le propos, nous avons eu droit aux images d’un concert de musique subitement balayé par le raz de marée. Horrible.

Or …  nous étions justement mouillés au pied du volcan formant la « Montagne Pelée » qui en mai 1902 a fait 30.000 morts et coulé de très nombreux bateaux ancrés dans la baie … Après cela, vous vous étonnerez encore que j’ai passé une mauvaise nuit !

Si par bonheur, personne n’est venu troubler notre superbe tranquillité, la nuit, le vent est tombé et nous avons commencé un peu à rouler. La proximité de la route (nous étions mouillés sur un fond de -10m situé un peu plus au sud) ne nous a pas non plus fort plu et après une nuit aussi courte (réveil à 6 heures) que pluvieuse, nous avons relevé l’ancre.

Lundi 24 décembre.

La météo prévoyait pas mal de pluies pour cette journée et nous aurions sans doute dû mieux peser le pour et le contre avant de partir pour le nord de la « Dominique » : 56 NM.

La traversée du « canal » ne fut pas particulièrement une partie de plaisir tant nous avons pris grain sur grain .  Grâce au Ciel, sans compter quelques minis périodes de moteur, nous avons pu marcher à la voile (2 ris). La force du vent réel s’échelonnait de 10 à 25 nœuds avec un angle d’attaque variant de 110° à 70°. Les vagues venaient de tribord et secouaient de temps en temps plus sérieusement le bateau.

La seconde moitié du « canal » (25 NM de large) fut plus ensoleillée mais, hélas, un grain nous tomba dessus alors que nous nous dégagions du « canal ».

Par la suite, nous en avons été quittes des grains mais nous avons eu droit à un vent de terre particulièrement capricieux, sur une mer belle. Généralement, nous marchons au moteur sur les 20 milles correspondant à la longueur de l’île mais cette fois, dès que possible, nous mettions la voile. Pensant marcher au moteur, nous avions hisser la GV complètement haute pour la sécher … bonjour, les sensations fortes lors des surventes.

Quand on plonge vers le mouillage de « Portsmouth » de « Prince Rupert Bay », invariablement, nous avons droit à un bon coup de vent … et cette fois n’a pas échappé à la règle ! Malgré cela, nous sommes parvenus à affaler la GV et à la plier dans les formes. Mais dans le même temps (!), nous avions droit à une alarme stridente de « pompe de douche arrière » … A l’examen, il est apparu que le flotteur était resté calé en position haute ! Elle le cherche c’est pas possible autrement.

Alors que nous n’étions qu’à l’entrée de la baie, Martin (ils étaient deux ou trois en standby) est venu avec sa barque, nous souhaiter la « bienvenue en Dominique ». Si la saison précédente, nous avons cru que pas encore arrivés, nous nous faisions déjà alpaguer, nous avons vite compris qu’il s’agissait d’une marque de sympathie pas désintéressée bien évidemment mais malgré tout, fort sympathique. Du moins, nous l’apprécions beaucoup car elle n’est absolument pas agressive comme elle peut l’être à « Marigot Bay » (Sainte Lucie).

Une fois arrivés à hauteur des bouées, Martin nous a demandé si nous voulions ancrer ou prendre une bouée (25 EC$/jour soit +/- 8 €). Nous préférons ancrer mais par souci de facilité, nous avons demandé une bouée. Toutefois, quand j’ai précisé que le bateau faisait 40T, il nous a conseillé de jeter l’ancre !

Le fond est parfait pour ancrer : sable maintenu par de petites plantes vertes, fond relativement dégagé, l’eau est très douce mais la visibilité était assez médiocre le jour de notre arrivée ce qui m’a contraint à mettre une bouteille sur le dos pour m’assurer que l’ancre avait correctement croché. Il arrive que l’ancre croche à la base d’un caillou ou d’une patate de corail qui ne demande qu’à céder …

J’ai compté une quinzaine de bateaux de plaisance, deux vieux Clippers et un gros yacht à moteur qui a essayé de jeter l’ancre juste derrière nous avant d’aller ancrer (furibard ?) de l’autre côté de la baie : Ann m’a pourtant assuré n’avoir rien dit, ni rien fait pour le faire s’éloigner. Et je dois croire cela …

Pour réaliser notre clearance d’entrée/sortie auprès des « Customs », il faut se rendre de l’autre côté de la baie … Pour éviter d’avoir à mettre notre annexe à l’eau, Ann est partie avec Martin tandis que je mettais de l’ordre sur le pont.

Comme ils ne revenaient pas, je me suis décidé à me mettre à l’eau pour aller voir – en la tenue d’Adam –  la tenue de l’ancre sauf que j’étais à peine parti qu’ils revenaient …

Si Ann n’avait pas demandé à Martin de prendre nos poubelles, le timing aurait pu être bon mais là, je me suis trouvé coincé comme un con, à la chaîne d’ancre à attendre que notre « guide » veuille bien s’éloigner … le tout sous l’œil amusé de nos voisins qui ont certainement très bien compris mon petit manège consistant à étudier avec un soin excessif, l’état de notre coque.

Pour notre réveillon de Noël, nous avons fait bombance : foie gras sur une tranche de pain d’épice et après le JT de 20 heures sur TF1, nous nous sommes écroulés sur notre lit, vannés, crevés, claqués, morts, lessivés. Merry Christmas.

Mardi 25 décembre.

Ce matin, le mouillage s’est vidé comme un lavabo dont a retiré la bonde. Il ne reste plus qu’une petite dizaine de bateaux de plaisance. La mer est belle, le vent plutôt faible et le plan d’eau serait idyllique s’il y avait un peu moins de petits passages pluvieux !

En début d’après-midi, alors que nous avions déjà enregistré l’arrivée de plusieurs bateaux, Martin (barque « Providence ») apportait à Ann, un splendide bouquet de fleurs exotiques(oiseaux du paradis et alpinia purpurata) que nous avons déposé dans un premier temps, dans la cuisine où s’en est échappé, un gros criquet … brrrr.

Mercredi 26 décembre.

A 9 heures, Martin (de son vrai nom, Martin Carrier) venait nous chercher au bateau pour une visite du nord de l’île. Ceci m’a permis de constater que le dernier cyclone avait emporté avec lui, l’un des petits débarcadères à annexes.

Nous sommes directement partis à bord de son Van sur la face « atlantique » de l’île où nous avons découvert des paysages à vous couper le souffle. Bien entendu, avant d’en arriver là, nous avons traversé une région montagneuse aussi verdoyante qu’une forêt tropicale, notre guide ne ratant jamais une occasion de nous entretenir sur le véritable jardin botanique (thym, cannelle, laurier, citronnelle, carambole, corossol, bananier, ananas, avocat, mandarinier, pomme anone, mangue, papaye, sucre de canne, noix de coco, arbre à pain, divers espèces de fougères, orchidées etc.etc.) que constitue l’île. Tout pousse naturellement et il suffit de se baisser pour moissonner généreusement.

A signaler que les routes de montagne sont souvent bordées de plantations entretenues par un bataillon de jardiniers de l’ombre. C’est propre, c’est magnifique.

Comme quoi il fait bon vivre sur l’île, Martin nous a demandé son âge. En toute sincérité, nous lui donnions 28 ans et 30 ans … il en a 50 (carte professionnelle à l’appui) !!!!

Martin qui est guide professionnel, nous a fait partager merveilleusement l’amour de son île et de sa population. Comme il s’exprime en anglais mais aussi très correctement en français, nous avons pu pleinement profiter de son enseignement fort tourné sur la botanique.

Il a su marier avec beaucoup d’habilité, le plaisir des sens avec le contact de la population. Si on devait l’en croire, toutes les personnes rencontrées sont de sa famille …

A midi, il nous a amenés à un petit restaurant de plage, le « Coral Reef Restaurant » de « Calibishie », où dans un cadre somptueux, nous avons dégusté une assiette de poulet pour moi et de poisson pour Ann accompagné de divers légumes locaux. Un vrai petit régal.

En septembre 2017, la cyclone « Maria » est passé sur l’île en détruisant tout sur son passage et en faisant de nombreuses victimes. Ce n’est pas si ancien et pourtant la nature a déjà repris tous ses droits (!) ne laissant qu’ici ou là quelques stigmates (palmiers sans tête, pans de colline effondrés, bâches  de l’USAID, habitations sans toit) de son passage.

Ce fut une très belle expérience (nous avons eu de la chance avec la météo car il a fait beau) qui occupa quasiment toute la journée et que je vous recommande vivement car nous n’aurions jamais découvert tous ces endroits insolites sans les connaissances de notre guide. Bien entendu, louer une voiture pour la journée coûte moins cher mais vous risquez fort de passer à côté de bien des merveilles mal balisées.

En revenant vers le bateau, nous sommes passés par l’ATM de « Portsmouth » situé à l’extrémité sud de la Mainstreet !

Jeudi 27 décembre.

Par bonheur, il n’a pas plu de la journée … et nous avons pu profiter du spectacle  de l’arrivée de nombreux bateaux dont « HoldFast » (Oyster 62’) ou « Sapphire Knight » (85’ – 26 m) ou encore de « Gliss » (32m) qui est une vieille connaissance à nous. Nous l’avons rencontré la première fois dans les Antilles en 2012 pour le retrouver dans le Pacifique et la dernière fois, en Thaïlande et puis … plus rien ! Nous avions appris, à l’époque, que son propriétaire souhaitait en faire construire un plus grand.

A l’époque, « Gliss »  était peint en turquoise. Il m’a toujours fait penser à une vieille américaine des années 1950 non seulement par ses coloris (turquoise et blanc) mais également par son roof qui pourrait être celui d’une voiture ! De surcroît, son franc-bord semble anormalement élevé. En deux mots, je l’ai toujours trouvé très laid.

Mais le clou du spectacle nous a été donné par « Coeur de Lion » (Swan 65’ de plus de 30 ans, gréé en ketch)  battant pavillon norvégien, qui est arrivé plein pot dans le mouillage pour se faufiler entre les bateaux sur bouée et jeter son ancre juste devant leurs étraves ! Il faut pas mal de culot et surtout, une bonne dose de sans-gêne pour oser une telle manœuvre d’autant que quand tout était fini, plus personne n’était visible sur le pont ! Je me dois d’être honnête pour préciser que j’ai déjà assisté à la baie « Sainte Anne » (Martinique) à la même manœuvre de la part de deux autres malotrus du même acabit. L’apanage des grands voiliers ?

Vendredi 28 décembre.

Vous ne l’auriez sans doute pas deviné mais « Cœur de Lion » était dans les premiers à quitter le mouillage ! Cela valait bien la peine de tout son manège de la veille. D’autres ont également suivi comme « Gliss » mais ils ont été assez vite remplacés par d’autres bateaux aux proportions plus communes.

Malheureusement, cette journée comme la nuit écoulée, était placée sous le signe de forts grains d’un type différent de ceux de la baie « Sainte Anne » car ils dégringolent des montagnes toutes proches qui enserrent la baie.  Le bon côté c’est qu’ici, il n’y a pas ou peu  de fetch car nous sommes mouillés trop près de la côte.

Depuis que nous sommes là, c’est la seconde fois que j’assiste au remorquage d’un monocoque jusqu’au mouillage ! Jusqu’à présent, il s’agit toujours de voiliers de petites tailles … encore une chance.

Samedi 29 décembre.

Journée merdique par excellence tant les grains se sont succédés toute la journée. Cela ne donne pas spécialement envie de se bouger. Malgré les mauvaises conditions météorologiques, cela n’a pas empêché l’un et l’autre de quitter le mouillage ou d’y arriver mais le trafic était malgré tout plus restreint que d’habitude.

Dimanche 30 décembre.

Si la visibilité dans l’eau était nulle, hier … elle était parfaite aujourd’hui malgré un vent qui avait forci à plus de 30-35 nœuds ou peut-être, à cause de cela !  Cela m’a fait apparaître que la chaîne d’ancre s’était déplacée latéralement en sorte qu’alors que le mouillage immergé de Martin se trouvait sur notre tribord, nous étions maintenant juste dessus !

Rien ne l’indiquait et au départ, la visibilité dans l’eau n’était pas assez bonne pour que j’en prenne seulement conscience mais nous avions jeté l’ancre parallèlement au mouillage « bricolé » de Martin. Il s’agit de deux blocs moteur reliés entre eux par des cordes et (assurés) par deux ancres  posées sur le fond. A la fin de la saison, le flotteur est immergé et depuis lors, il attendait qu’un plongeur (votre serviteur) se propose de le ramener à la surface …

Voir notre nouveau mouillage s’emberlificoter autour des blocs moteur, m’avait évidemment fendu le cœur en sorte qu’à peine revenu de ma petite natation matinale, nous avions décidé de changer d’emplacement. Comme de surcroît, un voilier français était venu s’ancrer juste sur notre arrière bâbord …   

L’opération s’est révélée un peu délicate en raison de la force du vent mais aussi parce que notre ancre s’est prise dans l’un des nombreux cordages du mouillage « bricolé » de Martin. Par bonheur, je n’ai eu aucune difficulté à libérer le cordage emberlificoté à notre ancre. Ouf.

Alors que nous avions exceptionnellement branché au mouillage, notre VHF, nous entendons « Galaad » qui appelle les « PAYS » ( Portsmouth Association of Yacht Service) pour signaler que son voisin, un ancien bateau de pêche adapté pour la plaisance, était en train de déraper dangereusement. Il avait déjà parcouru une centaine de mètres …

Il a fallu qu’Ann relaie l’information auprès de Martin qui était à ce moment là, à terre pour qu’enfin trois « PAYS » viennent prendre en remorque le bateau et l’ancre à nouveau, à son point de départ. L’opération ne fut évidemment pas facilitée par le vent, le poids apparent du bateau et l’absence du propriétaire négligent qui ne s’est pointé que le soir …

Pour le surplus, nous avons été contraints de faire le « gros dos » durant toute la journée et il y a beaucoup plus marrant, vous pouvez me croire. En fin d’après-midi, nous avons eu droit à une belle accalmie qui n’a tenu le temps que d’y croire pour mieux repartir dans une sarabande infernale. Vers 21 heures, le vent est enfin retombé … et j’ai, enfin, pu me libérer de mon stress ! A la « baie Sainte Anne » (Martinique), j’ai une confiance aveugle en notre ancrage (-6m) mais, ici, ma confiance est toute relative d’autant que le fond est plus important (-9m) … nous aurions peut-être mieux fait de nous rapprocher un peu plus du rivage mais alors, bonjour la promiscuité !

Le seul point positif de cette journée reste qu’il n’a, pour une fois, pas plu !

Lundi 31 décembre.

Quel que soient les conditions météo, quel que soient les circonstances, il y a toujours des plaisanciers qui ont un besoin impérieux de bouger (en ce qui concerne les bateaux de location, je peux mieux comprendre) ! Hier n’a évidemment pas échappé à la règle bien qu’il s’agissait d’un  jour de réveillon … que du contraire, semblait-il même ! Nous avons donc eu droit à l’arrivée de nombreux bateaux dont trois Clippers (deux grands et un plus petit). Nous étions une cinquantaine. Le soir,  les deux grands Clippers quittaient la baie en même temps … tout illuminés. Splendide spectacle.

Comme je l’avais promis, nous avions convenu avec Martin que pour 11.30 heures, je plongerais pour « libérer » ses mouillages immergés. Plutôt que de faire les choses à moitié, nous avons mis les petits plats dans les grands en descendant  notre annexe et en m’équipant comme pour une plongée normale.

En vrais pros, nous avons trouvé le premier site et je suis descendu sur le fond (-9m) tandis que Martin semblait nous avoir posé un lapin !!! Grrrrr. Finalement, Ann est parvenue à l’atteindre par VHF et le temps de libérer le bout maintenu au fond par une grosse pierre, il était sur place.

Trouver le second site s’est révélé « mission impossible » tant les indications de Martin étaient floues et surtout, inexactes. Mais à force de persévérance, il a fini par retrouver l’emplacement sauf que le temps de me rééquiper (j’avais poursuivi les recherches en snorkeling) et le morceau de béton armé servant de mouillage, était à nouveau introuvable ! Enfin, bon, j’ai fini par le dénicher et j’ai remonté le bout en surface. Une heure plus tard, un Bénéteau 40’ y était amarré.

Le problème des mouillages reste que le plus souvent, nous n’avons aucune idée de ce qui sert comme ancrage et que trop souvent, si on le savait, on prendrait ses jambes à son cou …

Comme nous avions réservé pour le soir de réveillon, au restaurant de plage le « Madiba » tenue par une Française, Sandrine (Sandy), il nous fallait du cash. Nous avons ainsi  appris qu’en fait l’ATM du bout de la Mainstreet, se trouvait situé à quelques mètres de l’embouchure de « l’Indian River » et que de surcroît, il y avait un quai en béton où on peut amarrer facilement l’annexe !!!

Seul petit détail qui m’avait totalement échappé lors de notre arrivée sur place (sans doute parce que j’avais arrondi fortement mon angle d’attaque), est qu’il faut aborder l’embouchure de la rivière … par le sud ! Par bonheur, je n’avais pas mis les gaz en sortant de la rivière alors que nous étions, sans le savoir,  sur un plateau rocailleux … Ce sont les sifflets et les signes des personnes restées à quai, qui nous ont alertés des périls que nous encourrions.

Le soir, nous avons commandé un water taxi  pour 19 heures (Martin n’était pas libre). Bien évidemment, il n’était pas là à l’heure et tous nos appels VHF sur le 16  se soldaient par des réponses bidons du style « il arrive », « je ne vois pas le bateau » dont le mât était pourtant illuminé, « je conduis un autre client et puis j’arrive » etc.

Exaspéré, j’avais interdit à Ann d’encore appeler sur le 16 pour éviter de nous rendre encore plus ridicules que nous l’étions déjà et d’attendre patiemment jusque 19.45 heures. Le cas échéant, nous remettions notre annexe à l’eau et on les envoyait à la gare. A 19.20 heures, nous en avions deux à l’arrière du bateau …

Sur place, nous faisions la connaissance de Sylvie et Michel de « Galaad » (RM 10.50) avec qui nous avions été mis à table par Sandrine.

En compagnie de nos nouveaux amis, nous avons passé un délicieux réveillon sans les excès habituels. En fait, il semblerait que la plupart des plaisanciers s’était donné rendez-vous au barbecue couvert organisé par les « PAYS » du mouillage. L’ambiance y était en tous les cas, fort festive lorsque nous y avons été chercher Antony qui devait nous reconduire à notre bateau (20 EC$ soit +/- 5 €).

Nous étions dans notre cockpit, confortablement installés, plongés dans nos bouquins lorsque les douze coups de minuit ont sonné. Nous étions vraiment, vraiment bien …

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Publié par : Ann & Stéphane | 25 décembre 2018

11 au 22.12.2108 … et les emmerdes continuent !

 

Mardi  11 décembre.

Allez vous en comprendre quelque chose … mais, en me réveillant ce matin,  j’avais une folle envie d’aller aux « Saintes » (Guadeloupe) ! Pourquoi ? Parce qu’à tort ou à raison,  je pense que ce n’est pas encore les grandes foules et que si nous attendons ce sera le même fiasco que la saison précédente.

Le projet semblait tenir la route et le départ était fixé à demain matin. Mais en réalisant nos courses au « Marin », nos belles intentions ont glissé sur une peau de banane : l’arrivée surprise de notre nouveau chauffe-eau (le numéro 4 …).

Lorsque nous étions en tour du monde, Ann réalisait des courses pour plusieurs semaines en sorte que nous avions constamment des réserves à bord : le congélateur était toujours full. Depuis lors, les réserves ont totalement disparu et nous vivons au jour le jour avec des avitaillements incessants. Je préférais de loin, la situation antérieure.

Au ponton du « Leader Price » où je passe le plus clair de mon temps, à attendre Ann, j’ai assisté à une scène qui m’aurait plutôt bien fait rire si une heure auparavant, Ann n’avait pas laissé tomber mon portefeuille à l’eau …

Arrivant à fond la caisse, une annexe rigide comme en utilisent les maîtres de port et la plupart des techniciens, venait heurter violemment toutes les annexes du ponton. A l’occasion d’un second choc, Madame, penchée à l’avant pour amortir l’impact, se trouve déséquilibrée et plonge la tête la première dans l’eau glauque … avec son sac à dos contenant deux GSM et sans doute des papiers de valeur ! Si je me suis bien gardé de la moindre réflexion, j’ai malgré tout relevé que c’est d’abord le sac à dos que le mari a sauvé du désastre …

Mercredi 12 décembre.

Je pense que je n’ai jamais autant ri de ma vie face aux événements que nous avons connus aujourd’hui …

Puisque notre chauffe-eau n°4 était arrivé … il fallait le placer. J’aurais pu une nouvelle fois, faire appel à un technicien ou l’autre mais comme dit l’adage : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même ».

Le démontage du n°3 ne fut pas simple mais j’y suis arrivé sans casse.

Bien évidemment et s’agissant pourtant de modèles parfaitement similaires, les raccords n’étaient pas les mêmes car le n°4 dispose d’un système de mélangeur qui permet de régler la température de l’eau chaude à la sortie que le n°3 ne possédait pas. Il m’a donc fallu un peu « chipoter » mais j’en ai l’habitude ce qui ne m’a pas empêché de casser net un raccord … qu’Ann a du aller chercher dare-dare au « Marin ».

Lorsque nous avons descendu l’appareil en son logement situé sous la table du carré … toutes les connexions étaient en place ou du moins, je le croyais. Vous l’avez déjà compris, j’ai été contraint de procéder à de nouveaux chipos et comme de bien entendu, sur les quatre connexions, l’une fuitait …

Il m’a donc fallu vider l’installation (75 litres) ce qui prend du temps.

La connexion remise en place, le boiler rempli à nouveau d’eau … et la connexion fuitait encore ! C’est là que j’ai commis ma plus grave erreur …

Comme l’installation ne se vidait pas assez vite à mon goût et que quand elle était vide … elle était loin d’être vide (!), j’ai défait le raccord belliqueux … et j’ai eu droit à un geyser d’eau qui a éclaboussé notre inverter de 5.000W  (appareil qui transforme le 24V des batteries en 220V). Après un petit claquement sévère, j’ai vite compris que notre appareil connaissait un problème d’allumage …

Alors que nous pensions pouvoir trouver de l’aide face à une situation franchement dramatique (la grande majorité de nos appareils comme frigo, congélateur, TV, prises de courant, cuisinière etc. etc. fonctionne au 220V), tous nos interlocuteurs n’ont pu que nous dire qu’il n’avait pas ce type d’appareil en stock ! Pas un seul n’était disposé à venir au moins voir la question … très sympa comme attitude. Un grand merci, notamment, à Philippe de Pochon sa.

Le seul à répondre « présent » fut Christophe surnommé « le Belge » qui en fin d’après-midi, venait examiner le problème. Selon lui, il était possible qu’il dispose de la pièce endommagée mais il lui fallait prendre l’appareil avec lui.

Une fois sur son annexe (même type que celle de la malheureuse du « Leader Price »), je lui passe sa lourde valise à outils et ensuite, notre appareil. En voulant aller sur l’arrière, Christophe est déséquilibré et tombe la tête la première dans l’eau … avec notre appareil dans les bras !! Si après ce bain forcé, notre inverter fonctionne à nouveau, je croirai à nouveau en Dieu.

 Jeudi 13 décembre.

J’ai perdu la foi en réalisant notre tour du monde et je ne suis pas prêt de la retrouver puisqu’il est maintenant établi qu’il nous faut un nouvel inverter. Entre-temps, nous vivons à l’âge de la pierre puisque assez curieusement même en mettant notre GE, nous n’avons pas du 220V aux prises électriques ! Christophe a bien bidouillé notre tableau électrique pour que les prises du frigo, du congélateur et de la cuisinière soient alimentées en 220V avec le GE mais pour le reste, rien ne marche car tout semble passer par l’inverter !

Pour le surplus, Ann et moi vivons d’amour et d’eau fraîche. Nous en arrivons même à nous demander si nous avons besoin de tout ce confort et si un retour aux sources ne serait pas une bonne idée. Nous sommes si bien sur notre bateau …

Comme vous le constatez, j’ai décidé de me montrer plus positif, de ne voir que le beau côté des choses et de faire l’impossible pour que vous puissiez continuer de vous bercer de vos douces illusions sur la vie à bord d’un bateau.

Vendredi 14 décembre.

Journée blanche.

Samedi 15 décembre.

Maintenant que le soufflé est quelque peu redescendu, nous avons pu reprendre plus sereinement les choses en mains en nettoyant les fonds de cale, en mettant de l’ordre, en tenant à jour notre « tableau de maintenance », en classant notre paquet de factures … bref, en essayant de redonner un semblant de normalité à notre pauvre bateau. Il était temps parce que ces trois derniers jours furent des journées de grandes tempêtes et de grandes décisions.

Qu’on le veuille ou non mais le mouillage se couvre d’un nombre de bateaux en constante augmentation. Et comme il fallait s’y attendre, ce matin, un crétin est venu jeter l’ancre à une encablure de notre tribord … mais il ne resta pas !!! Il a expliqué à Ann qui lui faisait comprendre par signes que l’espace qui nous entourait, était grand … qu’ils avaient quelque chose dans l’hélice. C’est amusant mais ce n’est pas la première fois que nous avons un bateau qui vient s’ancrer juste à côté de nous parce qu’il s’est pris un bout dans l’hélice : nous prendraient-ils tous pour une station de sauvetage ou peut-être pour un bateau-phare …

Dans nos grandes résolutions, j’ai invité Ann à ne plus s’exciter sur tous ces bateaux qui n’ont aucun sens des convenances. Pourquoi ? Parce que nous perdons beaucoup trop d’énergie en énervements inutiles et que je finis par me dire qu’à l’exception de la « baie Sainte Anne », c’est partout la même chose : on est les uns sur les autres comme au camping alors autant s’en faire une raison.

Dimanche 16 décembre.

Comme un clin d’œil malicieux, l’alarme de la pompe de douche de la cabine arrière s’est mise à hurler ce matin !! Parfaitement incompréhensible d’autant que cela fait quelques jours déjà que tout était rentré dans l’ordre. De surcroît, il a suffi de mettre la pompe en mode forcé pendant deux ou trois secondes pour que tout redevienne normale. Etrange …

Tellement passionnés par nos lectures respectives, nous avons été à deux doigts de ne pas quitter le bord ! Mais les poubelles ne pouvaient pas attendre davantage et puis, il fallait quand même un peu s’ébrouer  que diable.

Une fois l’annexe à l’eau et un aller/retour jusqu’aux poubelles, je me sentais plus enclin à aller plonger (-30 m – 61’ – 27°). Nous sommes dimanche et nous ne pouvions nous soustraire à notre messe bihebdomadaire … Aussi, nous avons préparé le matos, enfilé nos combinaisons et sommes partis à la « bouée du Club Med ».

Sur place, j’ai eu quelques sueurs froides en constatant que le cordage auquel nous attachions l’annexe,  était à moitié, usé !! Il finira bien un jour ou l’autre par se rompre et je souhaiterais que ce ne soit pas précisément le jour où nous irons plonger à ce spot. Aussi, prudemment, j’ai attaché un bout un peu plus bas sur l’amarre au cas où … la prochaine fois, nous placerons une sécurité directement sur l’ancrage, sur le fond.

Si nous n’avons pas vu autres choses que deux petites murènes, le spectacle de ces coraux et de ces poissons de toutes les couleurs, nous ravit chaque fois, au-delà de toute limite. C’est réellement magnifique et le côté « accessible » de la plongée rend encore les choses plus belles puisque nous n’avons pas à nous soucier du courant, de la direction, de la profondeur, du temps, de notre consommation (nous sortons toujours avec 100 bars dans nos bouteilles) etc.

Lundi 17 décembre.

Je relève avec beaucoup d’intérêt que contrairement aux saisons précédentes, les bateaux mouillent de manière plus dispersée qu’auparavant voire parfois même, assez loin du rivage. Sur ce dernier point, j’ai souvent constaté que certains bateaux ancrent franchement à l’écart du monde … ce n’est donc peut-être pas une nouveauté.

Je n’évoque jamais les températures alors que celles-ci sont toujours très agréables soit 30° à l’ombre. A l’intérieur du bateau, il fait également fort bon. Nous devons principalement cet état de fait à un climat plutôt venteux qui rafraîchit l’air. A terre, il fait légèrement plus chaud mais cela reste très supportable. Evidemment quand il n’y a pas un pet de vent (rare)

Mardi 18 décembre.

Nous nous sommes enfin décidés à nous rendre au centre commercial de « Génipa » après un détour par le magasin de plongée « Madinina Plongée », « Darty » (pour l’achat d’une machine à pain après avoir mis en l’air celle que nous possédions en voulant la nettoyer à fond …) et « Décathlon ».

Ce qui m’a frappé comme les rares fois où j’accompagne Ann en ce périple à l’intérieur des terres, ce sont les incessants embouteillages qui fleurissent un peu partout ! J’ai toujours autant de mal à considérer qu’il peut y avoir autant de véhicules sur un territoire aussi petit. Le phénomène s’est  retrouvé dans toutes les petites îles que nous avons visitées de par le monde !

Il  n’est pas aisé de circuler sur les routes secondaires martiniquaises tant celles-ci sont mauvaises, leurs ronds-points minuscules et leurs casses-vitesses monstrueux ! Question panorama … j’en ai apprécié de bien plus beaux. En bref … je me suis fait chier.

Comme je n’étais pas très rassuré de laisser notre belle annexe au quai de « Sainte-Anne » exposé à la houle et à la sauvagerie des autres plaisanciers, après avoir déposé Ann sur la plage jouxtant le  « Club Med » (c’est le chemin le plus court pour se rendre à la société de location de voitures), je suis parti au « Marin » où  nous nous sommes retrouvés au pied de la Capitainerie. Expérience concluante que nous réitérerons.

Mercredi 19 décembre.

Comme prévu, Christophe « le Belge » est venu nous brancher notre nouvel inverter et nous avons retrouvé tout notre confort. Le bonheur ! Et vous y croyez ??? Je sais que bientôt le Père Noël devrait descendre du ciel pour apporter plein de cadeaux mais arrêtez d’être naïf et de penser que le Père Noël existe … grandissez un peu, bon dieu !

Bien entendu que notre inverter n’est pas arrivé malgré le délai de 5 jours ouvrables, écoulé. Il est même « bloqué » à Roissy (France) notre inverter ! On nous l’annonce cette fois, pour vendredi mais par prudence, on n’a pas précisé la semaine. C’est sempiternellement la même histoire mais « cool, my friend, you are in Martinique ». Entre-temps, on se fait chier à mettre le GE deux fois plus souvent que d’habitude, on se prive de toute télévision et on court à l’avant dès qu’on a un urgent besoin d’électricité mais à part cela … « I am happy » comme dirait Droopy.

On pensait bien aller plonger, histoire de tester les nouveaux jouets que nous avons achetés mais face à une météo fort changeante et un ciel devenu subitement menaçant, on a préféré remettre cela à demain.

Assez curieusement, j’ai constaté que les bateaux au mouillage formaient une sorte de fer à cheval et que nous étions … au centre du fer à cheval !  Mais le temps d’écrire ces quelques lignes (j’aurais bien mieux fait de fermer ma grande gueule) et comme par enchantement, notre centre se comblait de bateaux  dont deux venaient se coller à notre tribord. On ne s’énerve pas, on reste tranquille, on prend la position du Lotus et on rentre en méditation … on expire lentement et à fond … et on respire  …on expire lentement et à fond … et on respire.

Autre constatation, les bateaux de l’ARC sont de plus en plus nombreux à venir jeter l’ancre à « Sainte Anne ». Il faut dire que « Sainte Lucie » est juste à côté et que la « Martinique » est quand même plus attrayante.

Comment les reconnait-on ? Mais le plus simplement du monde car ils arborent avec fierté le pavillon de l’ARC qui ne suscite généralement que le dédain de la part des autres plaisanciers !! Ils ne le savent pas mais ce côté « voyage organisé », « suivez le guide » provoque le même effet désastreux qu’un car déversant ses touristes. Il faudrait peut-être qu’un jour quelqu’un se dévoue de leur expliquer.

Jeudi 20 décembre.

On se rapproche des fêtes mais ce n’est pas encore l’époque des cadeaux. On se contente donc d’être infiniment patient et de regarder son prochain avec empathie : si on mouille sur ton tribord, tu proposes au suivant, de mouiller sur ton bâbord …

Notre nouvelle adresse si vous voulez nous adresser un colis … boîte à sardines n° 8, allée centrale, rayon n°22b. Quand nous sommes arrivés, nous étions sur le périphérique. Aujourd’hui, nous sommes sur le ring intérieur et demain, nous serons au centre ville et tout cela sans changer de place ! C’est dire si la foule arrive.

Bien que le ciel fut gris et bas, nous sommes allés plonger (-40.30m – 54’ – 27°) au « Grand Mur ». C’est nettement plus en mer (à l’extrémité du chenal) et à notre arrivée sur la bouée, un catamaran nous a coupé la route tout en nous faisant de joyeux signes en passant … crétin ! C’est vrai que cela manque d’empathie … gentil garçon !

Même si cela ne me paraissait pas nécessaire sur ce spot de plongée, nous avons attaché notre annexe, en sécurité, directement au mouillage sur le fond. Génial … quand nous sommes revenus de notre petit tour, mon nœud de chaise s’était complètement défait !!!

La plongée est plus « sauvage » qu’à la bouée du « Club Med » mais tellement belle. On aurait cru plonger dans de l’eau d’Evian tant la visibilité était extraordinaire. Par contre en-dessous de -30m l’eau devenait plus trouble.

Ce sont les paliers obligatoires (4’ à -3m) qui nous ont contraints à écourter un peu notre plongée. Une fois que ces maudits paliers s’affichent, il faut déjà beaucoup remonter pour voir la courbe s’inverser  et sur le plateau, il n’y a pas grand chose d’intéressant.

Nous ne sommes plus en veine de langoustes ou de tourteaux mais nous avons vu deux serpentines tout-à-fait adorables. A mon avis, il y a surpêche et sans doute même braconnage. A « Bequia » (Saint Vincent), nous avons vu un local pêcher au harpon avec une bouteille sur le dos …

En milieu d’après-midi, la nouvelle tombait que notre inverter était arrivé finalement plus tôt que prévu dans un second temps et que l’on viendrait nous le placer ce vendredi matin. Et moi qui ne croyais plus au Père Noël …

Pour fêter la bonne nouvelle, nous sommes allés manger des accras chez « Martine ». Nous aurions mieux fait de nous prémunir contre les nonos et autres sales bêtes qui piquent atrocement en fin de journée  … Il  y avait d’autant foule qu’un groupe d’une trentaine de Québéquois s’y était donné rendez-vous. Au quai, il était difficile de trouver une place pour son annexe …

Vendredi 21 décembre.

Depuis les aurores, nous attendons Christophe « le Belge » avec notre nouvel inverter. Son passage nous avait été annoncé pour ce matin et depuis lors, nous attendons sans ressentir le moindre agacement croissant. On ne s’énerve pas, on reste tranquille, on prend la position du Lotus et on rentre en méditation … on expire lentement et à fond … et on respire  … on expire lentement et à fond … et on respire.

C’est fou comme quand on reste Zen, le temps passe si vite que quand il est arrivé passé 15.30 heures, on avait l’impression que nous nous étions levés juste un peu plus tôt. Je me demande quand même si je n’exagère pas un peu beaucoup dans « l’optimisme béat ».

Depuis que tout est revenu à la normale, nous avons allumé la télévision que nous ne regardons pas … mais cela fait tellement du bien de savoir qu’elle fonctionne à nouveau. Toutes les prise de courant sont occupées par des appareils en charge et j’ouvre le frigo toutes les cinq minutes pour me rassurer  que la température intérieure descend correctement. C’est Byzance.

Samedi 22 décembre.

En principe, nous devions partir dans le courant de la journée pour les « Anses d’Arlet » mais le temps passer voir Julien de « Caraïbes Marine », de faire la clearance de sortie, de faire le plein d’essence de l’annexe, l’une et l’autre course d’avitaillement … et Ann ne se sentait pas la forme pour lever l’ancre.  Mon Dieu, nous avons tout notre temps même s’il est vrai que depuis quelques jours, j’étouffe à la « baie Sainte Anne » avec tous ces crétins qui viennent se coller à nous, de tous les côtés … et puis peut-être bien qu’un petit déclic s’est produit chez moi, ce genre de petit déclic qui vous faire dire que vous avez à nouveau besoin d’un peu d’aventure ou tout simplement de changer d’air.

Quoi qu’il en soit, cela faisait déjà depuis un certain temps pour ne pas dire un temps certain que j’avais envie de bouger … en pleine « Martiniquisation ». Incroyable mais vrai !!!

Le lendemain matin, nous quittions « Sainte Anne » pour aller vers le nord !!

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 19 décembre 2018

Fiche technique: compresseur de plongée à bord d’un bateau.

Si je n’ai qu’une expérience limitée en la matière, après plus de 8 ans d’utilisation, je m’autorise à vous faire part de ma propre expérience et de quelques conseils qui m’ont été prodigués par un ami versé en la matière.

Notre voilier est équipé d’un Bauer Junior II de 6 m³ , électrique, qui gonfle à 300 bars.

Bauer … la marque est considérée comme la Rolls en la matière et le prix est un peu en conséquence mais pour moi, je vous la conseille chaleureusement.

6m³ … le gonflage d’une bouteille de 10l à 300 bars (l’équivalent d’une 15l à 200 bars) prend 35’ ce qui n’est pas excessif.

Electrique … ses avantages : beaucoup plus silencieux, pas de réservoir à essence, pas de gaz d’échappement, facilement transportable et sans doute prend-t-il moins de place. Ses inconvénients: une alimentation électrique suffisamment importante que pour nécessiter un GE ! Donc, plus difficile à la revente …

300 bars … il est évidemment possible de le trouver en 200 bars voire de l’équiper des deux options mais cela a un coût … Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’option 300 bars ne permet pas de gonfler en 200 bars en raison d‘embouts de gonflage différents!  Toutefois, on trouve sur internet, un adaptateur 200 bars (+ /- 200 €) que l’on peut placer entre la bouteille 200 bars avec robinet DIN et l’embout de gonflage.

Pourquoi des bouteilles carbone 300 bars ? Parce qu’elles sont plus petites à caser, beaucoup moins lourdes lorsqu’il faut les extraire du coffre arrière du bateau, plus facile à manier (transbordement dans l’annexe) et à transporter. De surcroît, en plongée, elles sont d’un confort incomparable. Les grincheux affirmeront qu’il faut se lester davantage mais cela n’est pas totalement exact et surtout, le lestage peut être adapté et positionné selon les envies (sur la bouteille, dans les poches de la stab, en ceinture) .

Les inconvénients de la bouteille carbone 300 bars. Prix élevé (+/- 600 €), on les dit plus fragiles, possibilités de gonflage plus restreintes au niveau des clubs de plongée (pas de problème avec les magasins de plongée), plus difficile à atteindre la pression maximale en raison de la surchauffe (idéalement, gonflage en deux ou trois étapes).

Lorsque nous nous sommes équipés de notre compresseur, nous n’avions aucune expérience en la matière et donc, notre modèle est assez basique. Ce serait à refaire, j’opterais pour la purge et l’arrêt automatiques (attention … encombrement un peu plus important et (à vérifier) ces options n’équiperaient que les modèles électriques).

Purge automatique … le problème rencontré avec notre compresseur, reste les condensats d’eau qui s’accumulent en cours de gonflage et qui finissent par être rejetés dans la bouteille. C’est ainsi que nous avons abîmé l’intérieur de nos bouteilles …

N’ayant pas de purge automatique, c’est toutes les 10’ environ qu’il faut procéder à des purges (il y a trois purges). S’il m’a été assuré que cela pouvait se réaliser en cours de gonflage, cela ne m’a pas paru évident, ni très efficace. Aussi, pour préserver au maximum l’intérieur de nos bouteilles, de toute humidité, je ne gonfle que de 10 à 12’ (= 100 bars) avant d’éteindre le compresseur, de tout bien purger (tuyau de gonflage compris) et d’attendre un temps de refroidissement égale à 2 voire 3 fois le temps de gonflage ! Cela rend évidemment le gonflage plus fastidieux d’autant que je ne gonfle qu’une bouteille par jour pour donner le temps au compresseur de se refroidir totalement mais avec cette rigueur, l’intérieur de nos bouteilles était super, super sec en fin de saison. CQFO.

Eau à l’intérieur d’une bouteille … il ne faut pas hésiter à changer  de cartouche selon le nombre de gonflages (+ /- 25). Il existe des tableaux qui renseignent la fréquence sur base d’un certain nombre de paramètres dont la température extérieure. Une cartouche surchargée laissera passer les condensats dans la bouteille !!

Eau à l’intérieur d’un bouteille … il faut toujours penser à purger le robinet du 1er étage de la bouteille juste avant d’y introduire l’embout de gonflage. Cela évite d’introduire dans la bouteille, de l’eau indésirable même en quantité infime. De même, on évitera de placer l’embout de gonflage sur la bouteille sans en avoir purger au préalable, l’air vicié qui pourrait se trouver prisonnier dans le tuyau HP.

Arrêt automatique … en principe, l’appareil est équipé d’une soupape de sécurité mais l’arrêt automatique à une pression donnée, éviterait d’avoir à se préoccuper constamment de l’avancement du  gonflage. Perso, je déclenche mon chronomètre dès le commencement du gonflage. Pour les 200 premiers bars, le risque d’une surpression est inexistant. Pour les 100 derniers bars, le risque est d’autant plus présent que le gonflage par suite de l’augmentation de la température, est plus rapide …

L’installation de la prise d’air du compresseur doit être étudiée en manière telle de ne pas aspirer de l’air vicié en provenance notamment, du moteur principal, du GE, du chauffage etc.

Si vous plongez de manière plus ou moins régulière et pas seulement pour inspecter votre coque, la présence d’un compresseur à bord est plus que souhaitable : faire gonfler sa bouteille auprès d’un club de plongée, peut se révéler un véritable parcours du combattant tant les horaires d’ouverture de ces centres, sont aléatoires … et vous ne serez pas nécessairement accueillis les bras ouverts (cela ne leur rapporte financièrement rien et le gonflage est davantage considéré comme un service rendu à la clientèle).

Le prix d’un gonflage varie énormément d’un endroit à l’autre et selon la capacité de la bouteille (en Belgique: 4 à 6 € pour une 15l.). A une époque bénie mais quasiment révolue, les magasins de plongée offraient le gonflage aux moniteurs … en l’espoir que ceux-ci leur enverraient leurs élèves pour s’équiper. Nous avions également droit à des entrées gratuites en carrière  car nous amenions du monde avec nous !

Si vous disposez à bord, d’un GE, n’hésitez pas un seul instant à vous équiper d’un électrique car vous pourrez gonfler n’importe où sans avoir à vous préoccuper des voisins. En le cas contraire, attendez-vous à vous faire engueuler car c’est le genre de bruit dur à supporter …

 

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