Publié par : Ann & Stéphane | 18 avril 2022

23 au 30.11.2021 -Le grand départ pour les Antilles.

Avec le temps qui passe, il m’a semblé désormais possible de publier les instants qui ont précédé l’AVC de Ann. A me relire, je reste assez songeur. Fallait il y voir un avertissement quelconque ?

Mardi  23.

Réveil à 6 heures – départ de l’appartement à 7 heures – arrivée à l’aéroport à 7.30 heures – départ de l’avion à 12 heures. Nous devions être sur place trois heures avant l’embarquement et avec les embouteillages habituels sur le ring, mieux valait être prudent.

8 heures de vol avec « United » !!! C’est plutôt long, long, long mais pour notre plus grand bonheur, l’avion (Bruxelles – Washington DC) n’était plein qu’au tiers !!!!! La plupart du temps, nous avons droit à des avions surchargés et c’est réellement pénible.

Si nous avions de la place à ne plus savoir qu’en faire (nous disposions chacun de trois sièges), mon nerf sciatique m’a fait endurer le martyre durant tout le vol. Je ne vous dis pas la partie de plaisir que ce fut : pas moyen de réchauffer ma jambe droite et je ne parle pas des pieds.

A Washington DC, nous n’avons pas été reçus avec des mitraillettes comme nous l’avons parfois connu par le passé. L’accueil fut normal même si, bien entendu, nous avons dû établir preuves à l’appui, que nous n’y passions qu’une nuit avant d’embarquer pour Toronto (Canada).

Au sortie de l’aéroport, nous avons dû attendre, dans le froid (nous n’avions évidemment pas de manteau …), le shuttle de l’hôtel Marriott et bien évidemment, il fut le tout dernier à se pointer. Grrrrr.

A l’hôtel, nous avons pris l’ascenseur pour nous rendre au second étage sauf que sur le panneau de commande, il n’y avait pas de chiffre 2 !!!! Après nous être perdus à tous les étages, il nous fut renseigné qu’il fallait appuyer sur la lettre L !!!! Ils sont fous ces Américains !

Une fois dans notre chambre, la seule chose qui pouvait me soulager efficacement de ma sciatique, fut un bain brûlant et je ne m’en suis pas privé. Je revivais enfin.

Si  nous avons atterri à 14 heures (heure locale), il était déjà 22 heures à notre heure biologique. Nous avions donc faim et surtout, nous devions nous réveiller à 3 heures du matin (heure locale) pour être à l’aéroport à 4 heures soit deux heures avant le décollage. Aussi, nous avons été manger un morceau au bar de l’hôtel. Nous n’avons pas été très bien inspirés dans nos choix mais cela restait mangeable et au moins, nous avions l’estomac plein.

C’est à ce moment là que nous avons compris que le rez-de-chaussée était, en réalité, … le second étage et que nous n’avions donc pas à utiliser l’ascenseur …

Mercredi 24.

Après une bonne nuit réparatrice, nous avons pris un petit coucou de « Air Canada » pour Toronto. Mais avant cela, nous avons dû passer la réelle épreuve de l’enregistrement des bagages :  on ne comprend pas un mot de leur américain et tout pose problème (vaccination, test négatif, billet d’avion de retour, green carte !!!!, visa pour Grenade alors que l’île ne délivre plus de visa, paiement d’un test PCR à l’arrivée alors que cette obligation n’est plus d’application à Grenade depuis quelques jours et en finale, le crétin de service nous a fait payer pour nos bagages car il a enregistré les deux bagages au seul nom d’Ann !!!!).

Comme la seule chose qui comptait réellement, demeurait qu’il ne nous bloque pas à Washington DC, je lui ai filé ma carte Visa.

Je n’aime pas beaucoup voler (une petite heure) avec des « petits » coucous et nous en avons été pour notre petite frayeur lorsque ce con de pilote a réduit fortement les gaz pendant quelques minutes pour remettre ensuite toute la sauce. Lors de l’atterrissage, nous avons également eu droit à de petites variations de poussée de quoi s’interroger sur les capacités du pilote …

A l’aéroport de Toronto que nous connaissons assez bien, nous avons dû attendre trois heures, notre vol pour Grenade.

Je sais que vous vous posez tous la question de savoir pourquoi nous ne prenons pas une ligne directe pour Grenade. En fait, il n’y a que « British Airways » qui opère une telle ligne directe mais ses tarifs se montent au double et surtout, avec le Covid, on n’est jamais sûr que le vol ne soit pas annulé en dernière minute.

Autre possibilité : Paris voire Charleroi avec « Air Belgium » – Fort-de-France (Martinique) mais ensuite, c’est la grande galère pour rejoindre Grenade : les îles sont mal desservies entre elles à moins d’avoir recours à des petits avions privés à des tarifs exorbitants.

La seule vraie solution serait de laisser le bateau en Martinique mais vous pouvez être certain que si nous le faisons un jour, ce sera justement durant cette période qu’un cyclone ravagera l’île.

Le vol sur Grenade avec « Air Canada Rouge » (low cost) a duré environ 5 heures et fut particulièrement agréable bien que l’avion, un Boeing 737, ne soit pas particulièrement grand. L’appareil était une fois encore, à moitié vide en sorte que non seulement, nous étions à hauteur d’une porte de secours mais de surcroît, nous avions trois emplacements pour nous deux.

Sur nos trois vols, nous avons fait le constat alarmant que les sièges d’avion avaient été considérablement allégés au point que nous avons bien cru que le passager assis devant moi sur le dernier vol, allait casser son siège sous son poids et sa taille : plus d’une fois, son siège s’est littéralement tordu sous l’effort, du jamais vu !!!

A Grenade, nous avons eu peur que la douane essaie de nous taxer honteusement sur tout ce que nous avions apporté (très nettement moins que les autres années) mais elle joua normalement son rôle … en ne s’inquiétant pas de la situation.

Certains « moralistes » un peu cons estiment qu’il faudrait établir à l’avance, une liste de ses derniers achats (encore faudrait-il s’entendre sur la notion de « derniers achats ») avec une copie des factures en annexe !!! J’ai beau me creuser la tête mais je n’en vois pas la raison dès lors que nous ne sommes qu’en transit sur l’île et que de surcroît, nous avons déjà supporté une tva en Europe. Enfin, pour des plaisanciers comme nous, je pense que nous contribuons suffisamment à l’économie de l’île avec les sommes ahurissantes que nous dépensons au chantier pour encore venir nous emmerder, excusez-moi le terme, avec de pareilles babioles.

A l’extérieur, Jeffrey nous attendait avec son taxi pour nous conduire au « Sea Brize », un des hôtels retenus par les autorités pour réaliser une quarantaine en attente des résultats du test PCR que nous aurions dû subir si nous étions arrivés quelques jours plus tôt. Comme nous avions réservés une chambre pour deux nuits, nous n’avons pas décommandé.

Jeudi  25.

Assez curieusement, nous n’avons quasiment pas fermé l’œil  de la nuit alors que nous sommes toujours réglés sur notre horloge biologique (le décalage horaire est de -5 heures) !!! C’est à ne rien y comprendre alors que nous avons dormi comme des loirs à Washington sur le même principe.

Ce matin, nous étions donc debout à 7 heures (heure locale) et pour ma part, j’avais la mâchoire comme prise dans un étau !! C’est assez douloureux et vous empêche de dormi r… Notre petit-fils Léon nous a passé sa crève et cela fait maintenant quelques jours que nous devons sans cesse renifler, éternuer intempestivement et que nous avons une patate à la place du nez. Joie. Je suppose en conséquence que j’ai (dormi ) la bouche ouverte entraînant une crispation de la mâchoire. Je vous dois combien pour la consultation, docteur ?

Comme notre chambre-appart est logée au second étage sans ascenseur de l’hôtel, nous avons redescendu nos deux grands sacs par l’escalier étroit pour tout amener au bateau. Ce n’est décidément plus de notre âge.

Nous avons attendu patiemment (c’est bien vrai ce gros mensonge ?) à l’extérieur que Jeffrey nous conduise au chantier par une route d’accès dont raffolerait Indiana Jones ! Sur Grenade, l’état des routes n’est pas spécialement une préoccupation majeure mais pour se rendre au  chantier, mieux vaut avoir un tout-terrain  !!!

Après un rapide tour d’horizon du bateau qui nous a satisfait globalement, nous sommes allés prendre notre petit déjeuner au restaurant du chantier : c’était simple mais très bon.

Le plan d’eau était très calme et le chantier déjà à moitié vide !!! « S.A.S.³ » trône devant les ateliers.

Quand nous avons rassemblé le peu de courage que nous avions encore, il a commencé à pleuvoir gentiment. Par la suite, nous avons eu droit à quelques très beaux déluges ! En somme, nous avons quitté la Belgique parce qu’il pleuvait trop … pour nous retrouver à Grenade où il pleut tout autant : cherchez l’erreur !

L’intérieur du bateau est comme nous nous y attendions, d’une saleté relative. J’aurais aimé qu’Ann s’en occupe tandis que je puisais en moi, un peu de courage pour graisser, sous la pluie, notre hélice Maxprop pour ensuite vérifier les anodes et en changer deux mais ce fut au-dessus de ses forces : la fatigue du voyage, le décalage horaire, une nuit blanche et les chaleurs accablantes ont eu vite raison de sa volonté et je ne valais guère mieux.

Durant toute la journée, nous avons tous les deux, risqué le vrai malaise : la transition est trop brutale et à nos âges, nos facultés d’adaptation sont amoindries. Ce n’est qu’une fois de retour vers 15 heures, à notre chambre-appart, que nous avons repris quelques couleurs.

Notre nuit à tous les deux, fut bien meilleure que la précédente sous la réserve de cette envie irrésistible d’un « coq au vin ». Ce n’est pas par amour du « coq au vin » que je n’ai par ailleurs, jamais goûté mais c’est davantage le spectacle de coqs rôtissant à la broche qui me faisait fantasmer !

Au pied de notre hôtel, de l’autre côté de la route, plusieurs de ces gallinacés évoluent en toute liberté ce qui n’est pas pour me perturber en soi sauf que vers 4 heures du matin, ces stupides volatiles se mettent à chanter. Evidemment, quand on n’est pas confronté directement au problème, on a une normale tendance à s’en amuser mais venez passer une nuit avec ces sales bêtes et votre amour des animaux connaîtra sa première exception.

Vendredi 26.

Nous avions donné rendez-vous à Jeffrey pour 7 heures et pour une fois, il était en avance !

Au chantier, nous avons de suite compris que les ouvriers de Terry, venus la veille, nettoyer notre coque salie par des coulissures d’eau, avaient décampés dès que nous avions eu le dos tourné ! Mais pas question pour nous d’aller à l’eau avec une coque sale.

Vous payez une petite fortune pour faire repeindre la coque de votre bateau et quand vous arrivez, vous trouvez une coque assez terne par endroits ! Nous avions connu le même désappointement lors de la première remise en peinture réalisée deux ans plus tôt, à Trinidad.

A 8 heures comme convenu, la grue est venue jusqu’à notre bateau alors que les hommes de Terry avaient repris leur travail de nettoyage … Hormis nous, personne ne sembla s’offusquer de la situation et la grue repartit s’occuper d’un autre bateau.

Profitant de cet intermède, le peintre de Terry est venu réaliser les deux « anti-slip » oubliés, à hauteur des portes pratiquées dans les filières. Même rengaine deux ans plus tôt, à Trinidad !!

A nouveau, très vite accablés par la chaleur, nous nous sommes étendus dans notre cabine arrière avec nos ventilateurs Dyson, particulièrement appréciables. De temps en temps, nous allions voir ce qui se passait au-dehors.

Notre annexe ayant fait l’objet de réparations et son moteur, d’un bon entretien, nous ne savions pas exactement comment procéder pour la récupérer avant de quitter le chantier avec le bateau. En finale, nous avons demandé à ce qu’elle soit remise à l’eau immédiatement et nous l’avons amarrée au ponton des annexes.

Il restait encore à récupérer notre génois porté au nettoyage en fin de saison. Selon « Turbulences », notre voile se délamine à deux ou trois endroits et il nous était vivement conseillé d’en commander une nouvelle … chez eux, bien évidemment. Nous ignorons ce qu’il en est exactement mais si nous avons une nouvelle voile à commander, ce sera chez North Sails.

Nous avons retrouvé notre voile au pied du bateau. Par cette chaleur accablante, j’ai bien cru laisser mon cœur accroché à la manivelle de winch qui m’a aidé à la hisser sur le pont avant.

Tout commençait gentiment à se mettre en place sauf que personne ne nous avait indiqué quand nous irions à l’eau !!! En finale, c’est Terry qui nous indiqua 13 heures.

Quelques minutes avant la mise à l’eau tant attendue, nous sommes appelés au secrétariat de la marina pour y apprendre que nous devions encore au chantier, un montant de plus de 5.000 Isi $ !!! Un grand classique : c’est le jour même de la mise à l’eau du bateau que l’on vous présente les dernières factures à régler cash sous peine de voir la mise à l’eau retardée jusqu’à complet paiement ! Sauf que cette fois-ci c’est le secrétariat qui a commis une erreur en ne retrouvant pas la trace de l’un de nos paiements. En tout état de cause, nous aurions pu en être avertis au moins, la veille.

Après ces dernières palpitations cardiaques, nous avons vu arriver la grue de son pas de sénateur arthritique.

Dans les élingues, nous avons pu constater que les pattes de ber étaient déjà peintes ce qui en soi, n’était pas une mauvaise chose sauf que pour arriver à ce résultat, nous avons maintenant 16 pattes où l’antifouling fait de vilaines arabesques. Grrrrrr.

Nous mettant à l’ombre d’un bâtiment, nous avons attendu une éternité que la grue arrive avec notre bateau. On s’est même demandé s’ils comptaient faire le tour du chantier avec notre bateau tant il est vrai que nous avons eu, une fois de plus, droit à de très nombreux compliments. C’est décidément un voilier qui plaît énormément et encore, ses admirateurs ne l’ont pas vu à l’intérieur et surtout, son comportement à la mer.

Comme il n’y avait pas de vent, nous avons pu sortir de la darse, après avoir récupéré notre annexe, sans le moindre encombre. Nous sommes alors allés nous amarrer à la bouée n° 7 de la « Whisper Cove Marina » située sur le côté opposé de la baie. Nous ne sommes pas des fanatiques de bouées de mouillage, nous leur préférons notre ancre, mais en cette baie, la tenue dans la vase est très mauvaise. Il nous est arrivé une fois, d’y déraper … en pleine nuit !

Si nous pensions pouvoir enfin jouir de notre séjour, nous en fûmes pour nos frais avec des températures très élevées (+ 34°) et une totale absence de vent. Nous étions donc tellement à la ramasse que nous n’avons pas été en mesure de faire quoi que ce soit de fort constructif hormis Ann qui est parvenue à remettre en activation, notre abonnement TV à Canal+.

N’ayant aucune provision à bord, nous avons été manger un succulent steak de thon braisé au restaurant de la « Whisper Cove Marina ». Le cadre et l’ambiance valent réellement le détour.

De retour à bord, dans un désordre et une crasse pas possible, nous nous sommes allongés sur notre lit. Si notre airco avait fait descendre la température intérieure de 34° à 30°, j’ai été un peu déçu de ses performances qui me semblaient bien meilleures ! A vérifier.

Nous avons donc démarré notre nuit de manière fort chaude … pour nous retrouver à nous les geler en pleine nuit !!! Rien ne nous sera épargné. A la fin de chaque journée, je pense innocemment que le « plus dur » est derrière nous …

Samedi 27.

Après une nuit un peu chaotique, je pensais que nous serions en super forme pour mettre le bateau en état mais c’étaient bien évidemment, se faire de douces illusions. En fait, après dix petites minutes de travail, il nous faut récupérer pendant près d’une demi-heure !!!!

Le plus dur reste le nettoyage intérieur du bateau. Cela me fait penser au légionnaire romain dans je ne sais plus dans quel Astérix Obélix, qui après avoir balayé la moitié d’une dalle, devait se reposer pour attaquer ensuite la moitié de la moitié restante de la dalle avant de finalement, s’endormir sur son balai.

Ann avait prévu de faire des courses d’avitaillement dès jeudi après-midi … postposé à vendredi après-midi … postposé à ce samedi matin. Nous disposons donc à nouveau, d’une base nous permettant de nous alimenter – enfin – normalement.

Les autres années nous laissions à bord, une base alimentaire mais nous avons connu trop de problèmes en raison de la chaleur. Par bonheur, nous avons retrouvé un stock d’eau providentiel qui nous a permis de tenir durant ces trois jours d’horreur.

Nous avons passé la soirée dans notre cockpit car la température y était agréable. Ensuite, nous avons rejoint notre cabine arrière vers 23 heures pour y connaître une nuit calme et agréable.

Dimanche 28.

Une forme sournoise de mal de mer ? La crève qui ne nous quitte plus depuis une semaine ? Les températures accablantes auxquelles nous ne sommes plus adaptés ? Le manque d’air et de vent, en particulier (déjà beaucoup plus de vent que la veille) ? L’accumulation de fatigues diverses ? Nous l’ignorons mais le résultat est là : nous sommes incapables de faire deux pas sans nous écrouler !!! Il nous a fallu toute la journée pour passer une simple serpillère dans la cuisine, le coin table à cartes et le carré !!

Nos estomacs restent également fermés. Nous passons notre journée à dormir dans le cockpit et ingurgiter tous les liquides qui nous passent sous la main ! C’est réellement handicapant et surprenant mais par bonheur, nous n’avons aucune obligation de quelque nature que ce soit. Nous prendrons donc le temps nécessaire pour ce que nous devons faire, en espérant évidemment que nous allons retrouver la forme.

Une fois de plus, nous avons passé la soirée, au frais, dans le cockpit.

Lundi 29.

Il nous fallait procéder à l’entretien du GE. En nos conditions actuelles, j’avais décidé de nous réveiller à 6 heures du matin pour profiter de températures malléables. En conséquence de quoi, nous avons dormi en pointillés, me réveillant plusieurs fois en croyant que j’en avais terminé de mon entretien de GE …

Le vent souffle assez fort et le plan d’eau est un peu agité mais nous sommes super bien protégés.

En milieu de journée, sans prévenir, j’ai ressenti le « déclic » salvateur : j’étais à nouveau pleinement sur les rails ! Ce n’est pas la première fois que je suis affecté de ce genre de malaise causant une terrible somnolence. Ensuite, le « déclic » et c’est à nouveau, à fond la forme. Selon moi, il s’agit d’une forme sournoise de mal de mer.

A partir de ce moment précis, je ne suis plus le même homme qui traînait des pieds depuis plusieurs jours. Certes, je continue de subir les températures élevées et je vaporise plus que je ne transpire mais je peux envisager avec sérénité de poursuivre la liste interminable des « petites choses » à réaliser avant de penser pouvoir mettre les voiles.

Signe évident que j’avais retrouvé la forme, j’ai passé ma soirée à regarder la télévision …

Mardi 30.

Tous les jours, la liste des « ennuis techniques » s’allonge un peu plus ! Jusqu’à présent, nous avons la batterie de notre aspirateur à main Dyson, qui a rendu l’âme, les deux tableaux de contrôle de la Navnet (programme de navigation) qui sont HS, l’ordinateur du « local communication » qui ne veut plus s’allumer et depuis hier soir, nous rencontrons des problèmes avec le déssalinisateur.

Comme nous buvons énormément, Ann s’est astreinte à un complément d’avitaillement tandis que je procédais à un nettoyage en profondeur, de notre armoire à verres.

Par la suite, nous nous sommes escrimés à essayer de ressortir les deux taquets rétractables de la jupe arrière. En fait, ils n’ont de « rétractable » que le nom et bien évidemment, le peintre n’a rien trouvé de mieux que de les rétracter … à fond : plus moyen de les sortir de leur logement malgré tous nos efforts.

C’est alors que nous allions définitivement abandonner … que nous sommes parvenus à les décoincer ! Encore une chance car ils occupent une position très stratégique et j’aurais eu beaucoup de peine à devoir les « oublier ».

Alors que nous avions droit à une nouvelle ondée, un Moody 38’ (sans nom, sans port d’attache, sans pavillon national, sans indication du modèle) avec un Anglais et sa « nièce asiatique » essaya de prendre la bouée de mouillage juste à côté de nous.

N’ayant sans doute pas encore eu le temps de lui apprendre la navigation, c’est avec une indicible horreur que j’ai vu le voilier, Madame à la barre, partir beaucoup trop rapidement en marche arrière pour entamer brutalement un tournant à 90°et foncer  sur notre avant bâbord qu’elle ne manqua que de quelques mètres !!!!!!!!!!!!!!!!!! Parfois, je me dis que nous sommes maudits.

Pas complexés pour un sou, ils sont venus un peu plus tard, avec leur annexe, m’expliquer tout un charivari dont je n’ai pas compris un mot. J’en ai profité pour lui faire doubler ses amarres à la bouée …

Mercredi  01.

AVC de Ann …

Publié par : Ann & Stéphane | 25 janvier 2022

Cela fait depuis un peu plus d’une semaine que Ann est rentrée à l’appartement et que nous avons retrouvé un certain équilibre. Perso, je suis aux anges de pouvoir un peu dorloter mon épouse qui mérite amplement toutes mes attentions. Ce n’est pas du dévouement mais plus simplement, de l’amour. Nous sommes mariés depuis plus de 40 ans et nous avons à notre actif, trois merveilleux enfants ainsi qu’un splendide tour du monde sur notre voilier. Après avoir pensé que je l’avais perdue, je savoure chaque instant passé en sa compagnie et je vous invite à savourer la vie.

Publié par : Ann & Stéphane | 14 janvier 2022

En forçant un peu (…) la main au corps médical de Saint Luc qui l’aurait volontiers bien gardée encore quelques mois (!), Ann est rentrée ce vendredi 14 janvier 2022 à la maison après un mois et demi d’hospitalisation.

Il était temps pour son équilibre psychologique car à raison d’une seule visite autorisée par semaine (une honte !), tout être humain finit très vite par perdre tous ses repères et tous ses espoirs de retour à une vie normale. Déjà,  les conditions d’hospitalisation ont pour effet pervers de vous dépersonnaliser voire de vous déshumaniser, l’absence de relation avec vos proches renforce encore ce sentiment d’isolement.

Ann n’ayant pas encore retrouvé une validité complète, il était à craindre que ce retour à la vie normale ne pose quelques problèmes. C’est sans doute encore trop tôt pour l’affirmer mais cette nouvelle entrée en matière s’est réalisée tout en douceur et Ann se montre beaucoup moins dépendante que je n’aurais pu le penser au départ.

Dès lundi commencera le ballet des rendez-vous et autres examens médicaux. L’agenda de Ann se transforme déjà en un « agenda de ministre ».

Dans un premier temps, les visites ne me paraissent pas conseillées mais soyez assurés qu’elle répondra avec beaucoup de plaisir à vos appels téléphoniques.

Publié par : Ann & Stéphane | 4 janvier 2022

Au travers de vos commentaires, je me rends compte que plusieurs d’entre vous se posent des questions d’ordre pratique. Pour votre parfaite information, je peux vous signaler qu’au vu des progrès réalisés par Ann, elle est maintenant en mesure de répondre à son GSM (pas encore Facebook). Si vous connaissez son numéro, vous pouvez l’atteindre mais il est préférable de le faire en fin d’après-midi. Elle dispose également d’un téléphone fixe mais ne peut que recevoir des appels.

Pour pénétrer dans Saint Luc, il faut montrer « patte blanche » c’est-à-dire passe sanitaire et carte d’identité contrôlés par un service de sécurité pour ensuite, passer au guichet où il est vérifié que vous avez bien un droit de visite ce jour là.

Le port du masque est bien entendu obligatoire et je me suis fait rappeler à l’ordre parce que je l’avais enlevé dans la chambre de Ann (nous sommes tous deux vaccinés (3 doses Pfizer).

En principe, la visite ne peut excéder une heure mais sur ce point, on m’a toujours royalement laissé faire et je n’hésite jamais à en profiter. Malheureusement, sa chambre est divisée en deux et elle la partage donc indirectement avec une autre personne.

Jusqu’à présent, nous n’avons pas utilisé le Wifi de l’hôpital car je n’ai pas été fichu de pouvoir me connecter …

Publié par : Ann & Stéphane | 3 janvier 2022

Si les progrès réalisés par Ann sont indéniables, ils ne sont parfois que temporaires ! Dimanche matin, elle avait retrouvé une vue normale mais malheureusement, le soir, sa vision latérale était à nouveau mauvaise. Elle garde toutefois le moral.

Pour ma part, je ne conçois toujours pas de ne pouvoir aller la voir qu’un seul jour par semaine et je m’en suis ouvert au médecin du centre de revalidation de Saint Luc. Sa réaction fut plutôt vive et tellement embarrassée qu’il a préféré écourter notre entretien téléphonique ! Au demeurant, il ne s’agit que d’un  » fonctionnaire  » qui obéit aveuglément aux directives de sa Direction auprès de laquelle il m’a par ailleurs, renvoyé.

Quand j’ai évoqué que face à un règlement aussi inhumain, l’intervention d’une psychologue serait nécessaire, il m’a été répondu qu’elle était en vacances durant la période des fêtes … je vous laisse apprécier.

Publié par : Ann & Stéphane | 31 décembre 2021

Bonne Année à toutes et tous et surtout, nous vous souhaitons d’avoir la santé.

Le passage du service neurologique à celui de revalidation de l’hôpital universitaire Saint Luc de Bruxelles, ne s’est pas réalisé pour Ann, sans heurts, ni frustration !! Il a fallu un temps d’adaptation qui semble aujourd’hui, acquis … jusqu’au prochain grain.

Si la vie est une longue tartine de merde dont on mange chaque jour, un bout avec certains jours, de la merde sur les deux faces, ce que nous vivons, ressemble beaucoup à un toboggan avec quelques hauts et de nombreux bas. En cause … l’inhumanité avec laquelle Saint Luc traite ses patients sous couvert de Covid: une visite par semaine !!! Inhumain et contre-indiqué médicalement mais allez expliquer cela à des médecins qui pensent davantage règlement qu’au bien-être de leur patient. C’est honteux et il n’y a pas un jour qui passe, que je me pose la question de la légalité de ce règlement.

Publié par : Ann & Stéphane | 28 décembre 2021

Une étape importante vient d’être franchie puisque Ann a quitté ce lundi 27 décembre, le service de neurologie pour le service de revalidation de l’hôpital universitaire Saint Luc de Bruxelles. Nous aurions souhaité qu’elle parte pour le centre de revalidation réputé de William Lennox d’Ottignies mais un clusters Covid s’y est déclaré et a empêché ce transfert.  

Depuis le jour de son AVC, Ann a toujours été consciente et a toujours conservé l’usage de la parole. Elle connaît une hémiplégie partielle du côté droit (insensibilité, mobilité réduite), des problèmes de vue et des problèmes de mémoire instantanée.

Combien de temps durera cette hospitalisation ? Dans trois semaines, un bilan pluridisciplinaire sera établi avec Ann et la famille. Saint Luc prône pour une hospitalisation la plus longue que possible sur base de l’idée que c’est uniquement en ce cadre qu’elle peut recevoir un maximum de soins. Cela ne va évidemment pas dans le sens de la famille car en raison du Covid, les visites sont limitées à une seule personne, une fois par semaine, ce qui est parfaitement inhumain.

En l’état actuel des examens cliniques, le corps médical n’a pas été capable de déterminer la cause de l’AVC ! D’autres examens sont programmés.

Au niveau de sa mobilité, Ann a fait d’énormes progrès tout relatifs bien entendu. Elle se meut toute seule depuis quelques jours mais une chute, ce mardi matin, va sans doute la contraindre à plus de prudence.

Publié par : Ann & Stéphane | 25 décembre 2021

Joyeux Noël.

Ce samedi 26 décembre 2021, j’ai pu exceptionnellement aller voir Ann à l’hôpital universitaire Saint Luc de Bruxelles. Elle ronge littéralement son frein tant elle a de la volonté à revendre. C’est plaisir à voir les progrès qu’elle réalise depuis qu’elle est rentrée au pays. Ce n’est évidemment pas suffisant à ses yeux et elle souhaiterait en faire davantage mais le système a ses limites.

Nous sommes toujours en l’attente de son transfert dans un centre de revalidation. La date n’est pas encore fixée mais, en principe, celle-ci devrait être proche. Nous espérons seulement que cela ne tarde plus trop car elle a un peu l’impression de perdre son temps à Saint Luc.

Publié par : Ann & Stéphane | 20 décembre 2021

Le retour de Ann en Belgique, fut des plus perturbant pour elle mais aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre et elle a enfin commencé sa rééducation. Normalement, son passage par l’hôpital universitaire Saint Luc de Bruxelles devrait être assez bref ! Il est même question qu’elle n’y passe pas la semaine encore faut-il lui trouver une place dans un centre de revalidation.

On parle d’une quinzaine de jours avant qu’elle puisse rentrer à la maison pour y poursuivre une revalidation externe mais battante comme elle est, je dois bien avouer que j’escompte sur un délai nettement plus court.

A l’heure des présentes, le plus dur réside en ce que nous ne pouvons pas aller la voir !! En raison du Covid 19, une seule visite est autorisée par … semaine ! Nous vivons cela, Ann et moi, comme une cruauté insupportable.

Publié par : Ann & Stéphane | 17 décembre 2021

Après quelques péripéties de dernière minute dont je me serais bien passé, nous avons pu être rapatriés, Ann et moi, ce jeudi 16 décembre. Nous sommes partis de Fort-de-France (Martinique) avec Air France sur un vol commercial ordinaire, Ann allongée sur une civière et accompagnée de deux médecins. Le vol s’est déroulé sans problème.

A Paris, l’assurance m’avait organisé un rapatriement sur Bruxelles via Thalys tandis qu’Ann a été prise en charge par une ambulance venue de Belgique. Elle est actuellement hospitalisée à l’hôpital universitaire Saint Luc de Bruxelles tandis que j’ai retrouvé mes pénates.

Dès que j’aurai d’autres informations, je vous en ferai part.

Tous vos messages de soutien nous ont beaucoup aidés. Merci.

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